‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 61 sur 97 · GAI · texte numérisé non relu

GAI

■n 12 (1804), in-8*. 6* L'Ermite du mont Pcmrilippe, mélodrame en 3 actes , 1805 , in-8». 7° La Forêt d'Hermansladt, ou la Faune Epouse, mélodrame en 3 actes, Paris , 1805. Celte pièce, qui eut un grand succès de vogue, a été traduite en allemand par madame Weissentiiurn, actrice du théâtre de Vienne, qui l'a offerte à ses compatriotes comme originale. 8° Le Triomphe de David, drame en S actes, 1803, in-8". 9* L'Illustre Aveugle, mélodrame en 3 actes, 1806, in-8°. 10° Le Faux Alexis, mélodrame en 3 actes, Paris, 1807; remis au théâtre et réimprimé sous ce titre : le Faux Alexis ou le Mariage par vengeance, etc., 1812, in-8*. 11° Les Souvenirs des premiers amours, comédie en 1 acte, Paris, 1807, in-8°. 12e Le Volage, ou le Mariage difficile, comédie en 3 actes, 1807 , in-80. C'est le meilleur ouvrage de Caignez. 13* Avec Fontenay , ta Belle-mère et les deux Orphelins, mélodrame en 3 actes, à grand spectacle, 1808, in-84. 14° Les Enfants du Bûcheron, mélodrame en 3 actes, 1809 , in-8*. 15° La Fille adoplive, ou Us deux Mères rivales, 1810, in-8*. 16° Avec Beruliard, Henriette et Adhimar, ou la Bataille de Fontenoy, mélodrame en 3 actes, Paris, 1810, in-8*. M. Draparnaud a remis à la scène le sujet de cette pièce en 1826, sous le titre : Honneur et Préjugé. 17* Le Juif Errant, mélodrame en 3 actes, 1812, in-8*. 18* Edgar, ou la Chasse anglaise, mélodrame en 3 actes, 1812, in-8°. 19° L Enfant de l'amour, mélodrame en 3 actes, 1813, in-8". 20° La Folle de Wolfenstein , mélodrame en 5 actes et à grand spectacle, 1813, in-8*. 21* La Morte vivante, mélodrame en 3 actes , 1813 , in-8°. 22* L'Enfant venu par la fenêtre, mélodrame comique en

3 actes, 1814, in-8*. 23* Jean de Calais, mélodrame en 3 actes, 1615, 24* Avec M. d'Aubigny (Baudouin), te Pie voleuse, ou la Servante de Palaistau, mélodrame historique en 3 actes, 1815, in-8*, plusieurs fois réimprimé. Cette pièce obtint un succès bien rare, même pour les chefs-d'œuvre de la scène française ; elle fut traduite en anglais et représentée avec le plus grand succès sur le théâtre de Drury-Lane à Londres. 25" Avec Louis, baron de Bilderbeck : Imposture et Vérité , mélodrame en 3 actes, 1816, in-8*. 26° Les Corbeaux accusateurs, ou la Forêt de Cercottes, mélodrame historique en 3 actes, 1817, in-8*. Cette pièce eut également un immense succès. 27" Aundai, ou le Nécessaire et le Superflu, mélodrame comique en 5 actes, 1818; 2' édition, 1819, in-8°. 28* La Méprise de diligence, comédie en 3 actes, Paris, 1819, in-8". Celte pièce donnée au théâtre Favart eut peu de succès à la première représentation ; mais â la seconde , grâce â quelques coupures et à la suppression de quelques inutilités qui en entravaient la marche, elle réussit complètement. 29° André, ou la Maison des bois, comédie en 1 acte, 1821, ta-8°. 30° Avec le baron de Bildelberck, le MandarinHoang-Pouf, ou l'Horoscope, folie-vaudeville en

4 acte. 31 • Avec P. Villiers, Rosalba d'Arandès, mélodrame en 5 actes, imité du poème de l'Arioste, 1821, in**. 32* Avec le même, Ugolintoula Tour

de la Faim , mélodrame en 3 actes , 1821 . 33» La Forêt enchantée, ou la Belle au Bois dormant, mélodrame en 3 actes, 1822. 34* Honneur et Séduction , mélodrame en 3 actes , 1822 , in-8*. Caignez a donné en outre, avec le même succès, deux drames imités de Kotzebue : te Fille de la Nature et te Petite Bohémienne. 11 est auteur, avec M. Berlin, d'un opéra présenté à l'Académie royale de musique en janvier 1823, intitulé Idoménée, et qui n'a jamais élé joué. D— r— b.

CAILHAVA BE L'ESTENBOCX (1) (Jean- Frakçois) , auteur dramatique, naquit â l'Estendoux, le 21 avril 1731 . Sa jeunesse fut très-dissipée : un extérieur agréable , un caractère aimable et gai lui procurèrent beaucoup de succès dans le monde provincial; mais les plaisirs et l'art de l'escrime ne l'occupaient pas tellement qu'il ne trouvât le temps de s'exercer dans la carrière du théâtre, qui devint la passion de toute sa vie. Son premier essai, représenté à Toulouse en 1757, fut bien accueilli comme pièce de circonstance : l'Allégresse champêtre, mêlée de chants et de danses, célébrait la convalescence de Louis XV assassiné par Bamien. Fier des applaudissements de ses compatriotes, Cailbava se crut appelé à de plus hautes destinées. Il partit pour Paris, emportant avec son bagage poétique plus d'espérances (jue d'argent. Un premier ouvrage, Crispin gouvernante, fut refusé par les comédiens français. Un second, te Présomption à la mode, comédie en 5 actes et en vers, tomba le 1*' août 1763; mais, â travers les réminiscences et quelques détails de mauvais goût, on y remarqua un style naturel, une versification facile et quelques tirades que le parterre applaudit, surtout celle où l'auteur parle des cabales et deséternumentsqui semblaient alors avoir remplacé les sifflets. Cailhava lit imprimer sa pièce sous le titre de Jeune présomptueux, ou le Nouveau Débarqué. Craignant un second échec, il eut recours â un moyen jusqu'alors inusité. Le Tuteur dupé, ou la Maison à deux portes, comédie en 5 actes et en prose, imitée d'une pièce italienne qui porte ce second titre, fut représenté le 30 septembre 1765, sans avoir été annoncé, et en remplacement de Phèdre que portait l'affiche. Cette ruse réussit ; mais la pièce aurait pu s'en passer, car elle fut également bien accueillie à Fontainebleau devant la cour, et Cailliava y offrit le premier exemple d'un auteur demandé sur un pareil théâtre et saluant un aussi noble auditoire. Cette comédie est fort gaie et dans le genre de Plaute; le valet y joue le principal rôle et conduit l'intrigue qui, malgré son peu de vraisemblance, se noue et se dénoue aisément. Quoiqu'elle soit écrite avec peu de grâce et sans but moral, que les caractères eussent pu en être mieux clioisis, mieux conçus et mieux dessinés, elle fit honneur â Cailhava, auquel on reconnut le talent d'inventer des situations co-

• (0 viU*ge do «ont Languedoc, k quatre Ueoes de Toulon»*. Cailbara eu i le ira vers, encore assez commun, d'ajouter a son nom celui de sou village, comme titre de seigneurie. Ce nom de /'£»/«oW ayant eie l'objet de quelques plaisanteries, Cailbara cessa de le prendre : mais alors il ajouta la fameuse particule a son nom. quoique sa famille fut aussi humble que son village. C'est par erreur que les biographies font de CaMwvi un Toulousain. V— va

miques et d«s saillies piquantes. Elle fut reprise avec succès en 4T73. Cailhava donna, en 4769, le» Sirennes de l'Amour, comédie-ballet en 1 acte, en prose, mêlée de musique, et 1$ Mariage interrompu, comédie en 3 actes, en vers. L'une est un assez plat ambigu allégorique ou l'auteur, voulant imiter le jargon et le persiflage des beaux esprits do l'époque, fit une excursion stérile hors d'un genre qui semblait lui convenir mieux; l'autre, imbroglio assez plaisant, imité de Plaute, fut remise au théâtre avec quelques changements, et réimprimée, en 1785, sous le tire de la FUI* eupposie. Le talent de Préville contribua chaque fois au succès de la seconde. Ce grand comédien aimait les ouvrages de Cailhava, qui lui fournissaient l'occasion de faire briller sa verve comique. Mais Molé, qui excellait dans le marivaudage, le papillotage et le sentiment, suscita des entraves à un auteur qui s'annonçait comme le restaurateur de la comédie antique : il fit retarder la réception, puis la représentation de FEgoïsme, pièce en 5 actes et en vers, sur laquelle Cailhava avait fondé sa réputation ; et l'on accusa la négligence de cet acteur d'avoir aidé, en 4777, à la chute de cette comédie, qui au reste fut généralement jugée au-dessus des forces de l'auteur. Il n'avait su ni tirer parti du sujet , ni l'approfondir, et la faiblesse des caractères y est rarement rachetée prit- quelques détails agréables ; mais Barthe, qui avait eu connaissance du sujet, dont il prolita pour composer l'Homme personnel, ne fut ni plus habile ni plus heureux. Dans cet intervalle, Cailhava avait travaillé pour le Théâtre- Italien. 11 y fit représenter, en 1770, Ar le juin Mahomet, ou le Cabriolet volant, et Arlequin cru fou , Sultane favorite et Mahomet, première suite du CabrioUt volant, drames philosophi-comi-tragiques-extravagants, en 5 actes, en prose et à grand spectacle, tirés des Mille et une Nuilt. Malgré le succès de ces deux parades burlesques, surtout de la première, qui fut jouée plus de quatre-vingts fois par le célèbre Carlin, la seconde suite n'a jamais paru, bien qu'elle ait été citée dans quelques ouvrages bibliographiques, qui ont défiguré, en le divisant, le titre de la première suite. La même année Cailhava donna encore a ce théâtre le Nouveau Marié, ou let Importante, opéra-comique en 4 acte, musique de Baccclli, qui n'aurait peutêtre pas réussi sans le talent de Caillot et de Clairval; maison sut plus de gré à l'auteur, en 4771, d'avoir fait connaître la Bonne Fille, opéra-comique en S actes, Imité de la Buona Figliuola de Goldoni et arrangé par Baccelli sur la touchante musique do Piccinl. Ces neuf dernières pièces. Imprimées séparément, reparurent dans l'édition du Théâtre de Cailhava avee dee mémoires historiques sur chacune de ses pièces, etc., Paris, 4781, 2 vol. ln-89. Dans cen mémoires mis h la suite de la préface, l'auteur fait le naïf et plaisant récit de ses tribulations comiques; cette espèce d'avant-propos, qui n'est pas la plus mauvaise pièce du recueil, n'amusa guère les comédiens. Un 3e volume devait paraître et contenir tes derniers ouvrages dramatiques de Cailliava; mais nous n'en connaissons que le titre , imprimé

comme pierre d'alterne devant le frontfspfce de h pièce suivante '. tes Journalistes anglais, comédie en 3 actes et en prose, reçue en 4778, mais représentée seulement en 4782. Cette satire dramatique, imitée de l'anglais, est' dirigée contre le journalisme français, et spécialement contre Laharpe, qui avait maltraité l'auteur dans le Mercure de France. La lecture en avait été trcs-applaudie au musée dont Cailhava était membre. Elle abonde en saillies et en traite piquants; elle offre deux ou trois bonnei scènes, et l'on ne peut nier que, malgré le vide et la stérilité du fond, l'auteur n'ait trouvé assez de ressources dans son esprit pour rendre sa pièce amusante et gaie ; mais l'action en est mal tissue et le style assex commun. Les allusions injurieuses 4 Laharpe, qui s'y trouvait mis en scène sous un nom supposé quoique facile à deviner, parce qu'on y rappelait plusieurs anecdotes connues et peu honorables de sa vie, passèrent presque inaperçues ; elles avaient perdu le mérite de l'à-propos depuis que ce poète n'était plus journaliste, et la pièce n'obtint pas le succès qu'elle aurait eu trois ou quatre ans plus tôt. Les démêlés de Cailhava avec Molé et les autres comédiens français furent si violents et lui causèrent tant de chagrin, qu'ils le déterminèrent à ne plus travailler pour leur théâtre, et à se priver des avantages que pouvaient lui procurer encore les représentations de ses anciens ouvrages. N'ayant pas, quoique Gascon, le talent de se faire des protecteurs et de mendier les éloges des coteries, il suspendit ars travaux dramatiques, et crut avoir le droit de joindre le précepte A l'exemple, dans un art qu'il avait cultivé, médité, approfondi, et dont il fit tonjours ses plus chères délices. Déjà il avait publié, en 4772, un ouvrage en 4 vol. in-8* sous le titre de l'Art de la comédie, ou Détail raisonné des diverse* partie* de la comédie et de ses différent* genres, suivi d un traité de l'imitation. Cet ouvrage, plein d'excellente principes, mais trop long, trop chargé de citations et négligemment écrit, prouva que l'auteur s'était familiarisé avec les bons modèles, mais que la connaissance des règles ne donne pas toujours le talent de l'exécution; il le corrigea, l'abrégea et en donna une nouvelle édition en 2 vol. ln-8», Paris, 4786, réimprimée en 4795. Quoiqu'il soit un peu permis de rire de la prétention que semblait afficher Cailhava d'être le législateur du théâtre, la lecture de son livre, dans lequel on trouve des choses curieuses, serait fort utile aux comédiens et aux jeunes auteurs, pour les ramener aux vrais principes do Part dramatique, qui, affranchi de toutes les règles de ta vraisemblance, du goût et de la morale, est tombé do nos jours dans le plus triste état de dévergondage et de dégradation, sans Imnneor pour ceux qui l'exercent et sans plaisir pour le publie. Cailhava avait détaché de cet ouvrage plusieurs chapitres qu'il refondit pour en former un autre, inséré dans le second volume de son Théâtre, sous ce titre -. les Causes delà décadence du théâtre et le* moyens de te faire refleurir, dont il publia une nouvelle édition, augmentée d'un plan pour la création d'un second Tliéètre-Françals et pour la réforme

des autre* spectacles, Paris, 1789 , in-8*. Aussi ap* plaudit-il à l'établissement du théâtre de la rue de Richelieu, et *'empreasa-l-il, en 1701, d'y donner Ut Mtncchmti greu, comédie en 4 actes, en prose, précédée d'un prologue. Elle eut beaucoup de succès, et fut imprimée la même année, in- 8* . L'auteur, dan* cette imitation de Plaute, a conservé tout et qui pouvait se transporter sur la scène française, et jusqu'au costume antique des personnages. 11 ses* sa y a avec asses de bonheur au théâtre du Vaude» m Hé dans Zisle et /fie, pièce représentée et imprimée en 1796 , in-8», composée avec l'acteur Léger (voy. ce nom), d'après son ancien opéra-comique les Importun* , et transportée, en 4799, au théâtre dcsTroubaiJ'.urs. Athènes pacifiée, comédie en S actes, eu prose, tirée des onzes pièces d'Aristophane et dédiée a Agathoparte ( Bonaparte), 1707, in-M*, n'a jamais paru sur le lliéâlre, où elle n'aurait pat été moins piquante qu'à la lecture. L'intention de Caillibva fut d'offrir dans cet extrait du poète grec ses beautés, ses défauts, sa lâche complaisance pour le peuple, le peu d'influence qu'il en acquit dnns les affaires publiques, et de prouver que, si ta comédie ne doit pas dépasser le but moral, il n'est pas moins dangereux pour les auteurs de viser au but politique. Plein d'admiration pour le père de notre comédie, il ne s'était pas borné à tacher de l'imiter, et à l'offrir pour modèle, il avait prouvé «on enthousiasme en publiant abus le voile de l'anonyme ; DUcourt prononeé par Molière le four de ta tèetpiion posthume à l'Académie française, Paris, 1779, in-8". Il annonça dans le Moniteur, en (795, qu'il avait rétabli en 5 actes le Dépit amoureux de Molière, mutilé et défiguré par des mains profanes, et il lut la même année, au théâtre de ta rue de Richelieu, cette pièce à laquelle il avait ajouté et retranché. Après s'être démené vainement pendant dix ans pour ta faire jouer, il la Ht imprimer en 4801, in-8*, avec l'épigraphe hommage à Moiièrt. Elle fut enfui représentée en 4809, au théâtre de ta rue de Louvois, où elle ne produisit pas tout l'effet que l'arrangeur en avait espéré; et l'on ne rendit pas assez de justice à ta peine qu'il s'était donnée. Tourmenté du moiièranisme, loin de décliner cet entliousiasme qu'il poussait jusqu'à la manie, il en tirait vanité. 11 avait tait ériger, concurremment avec M. Alexandre Lenoir, un monument à Molière sur la façade de ta maison où l'on a cra, peut-être â tort, que ce grand homme était né. Il ne disait pas quatre mots sans prononcer le nom de Molière ; il montrait avec affectation une bague dans laquelle il avait fait enchâsser une dent de notre illustre comique ; et les malins disaient que cette dent était contre lui. Encouragé par ces vers d'une épïtre de CuWêres-Palmézeaux (tx>y. ce nom), adressée à Molière :

Tel n'ssl point Cailhava, ton plus savant élève ; Sa muse de ton art sonda tous les secrets, Et pour te commenter Dieu le fil naître exprès

Cailhava annonçait une nouvelle édition commentée deMoliare; mais aucun libraire n'ayant voulu se

charger d'en faire les frais, il se contenta d'en ex* traire l'ouvrage suivant : Etudes sur Molière, ou Observation» sur le génie, Us maure tl Us ouvrages de cet auteur et sur la manière de jouer ses piiet*, Paris, 4808, in-80. On ne peut disconvenir que ce livre ne contienne des observations utiles, des faits curieux ; mais l'auteur semble avoir pris à t&clie de le ridiculiser lui-mime par cette formule bizarre, répétée plus de trente fois en forme d'écriteau :

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