‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 68 sur 97 · CAL 5T · texte numérisé non relu

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drame en 5 ai les et en prose par Laya. Quelque! mois après (6 juillet 1701), Chénier donna au théâtre de la rue de Richelieu, Calas, ou l'Ecole dee juges, tragédie en 5 actes et en ver». Enfin, Victor Ducange fit jouer en 1819, sur le théâtre de l'Ambigu-Comique, Calas, mélodrame en 5 actes, qui obtint un succès populaire, et fut repris à la lin de 1850. — La mémoire de Jean Calas avait été réhabilitée par décret de la convention nationale (lé* vrier 1795), et une pétition en faveur de Louis Caljs, seul rejeton de cette famille, avait été présentée, l'année précédente, à l'assemblée législative. D — R — r.

CALASIO (Mario de), est ainsi appelé de la petite ville de ce nom dansl'Abruzze, présd'Aquila, où il naquit vers làoO, de parents pauvres. 11 entra dans l'ordre de St-François. Après avoir fait son cours d'études, il se livra entièrement à l'étude de la langue hébraïque, et s'y rendit tellement habile, que le pape Paul V le créa docteur en théologie, le fit professeur d'hébreu, et lui procura tous les moyens nécessaires pour ses travaux sur le texte sacré. Il publia d'abord une Grammaire, puis un Dictionnaire hébraïque; mais il est princi|>alcincnt connu par ses Concordances hébraïques, qui lui coûtèrent quarante ans de travail ; encore fut-il aidé par des religieux de son ordre et par d'autres savants d'Italie, que Paul V invita à concourir à la perfection de cette entreprise. Calasio était prés de mettre sous presse son ouvrage, lorsqu'il mourut en I6&. Michel-Ange de St-Romulc, son confrère et professeur d'hébreu, fut chargé d'en surveiller l'édition, qui parut en 1621, à Rome, sous ce titre : Concordantia sacrorum Bibliorum hebraicœ, cum convenientiii ling. arab. et syr., 4 gros volumes in-fol. Les frais en furent faits par Paul V, et, après lui, par Grégoire XV, auquel il est dédié. L'auteur y avait suivi, en les perfectionnant, l'ordre et la méthode du savant rabbin Isaac Nathan, qui avait publié le premier ouvrage de ce genre à Venise, en 1524. A la suite d'une belle préface, l'éditeur a mis un petit traité de Luc Guaddinus, professeur de Salamauquc, sur l'origine et l'utilité de la langue hébraïque. Guillaume Romaine a revu tout le travail de Calasio, et en a donné une nouvelle édition à Londres, en 1747, également en 4 vol. in-fol. Le docte franciscain s'était attaché à corriger les fautes échappées à Natlian, a montrer le rapport des racines hébraïques avec celles des autres langues orientales, à marquer les diverses leçons de la Vulgatc. Le nouvel éditeur a exprimé avec plus d'exactitude les noms propres hébreux et chaldécns, ceux des peuples, des idoles, des villes, des fleuves, des montagnes, etc., dont il est fait mention dans la Bible, de sorte que cette partie de son travail est un bon dictionnaire historique et géographique. Calasio s'était contenté de rendre en latin, à la marge, les différentes leçons des Septante. Romaine les a remises en grec, et a aussi conservé celles de la Vulgatc, lorsqu'elles lui ont paru propres à éclaircir le texte original. 11 y a ajouté plusieurs mots qui n'existaient pas dans la première édition, surtout des particules, dont il a placé un traité a la fin du V volume. Au moyen de ces améliorations,

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«s concordances sont devenues l'ouvrage le plus parfait qu'on ait en ce genre. Calasio avait acquis une telle habitude de la langue hébraïque, qu'elle lui était devenue aussi familière que sa langue malernelle. On a encore de lui : Canones générales linguet kebraiea, Rome, 1616, in-4\ Il mourut en cliantant les psaumes en hébreu. ï— D.

CALAU (Benjamin), peintre de la cour et membre de l'académie royale des beaux-arts à Berlin, né à 1724, à Friedriclisstadt, dans le Holstein, bon peintre de portraits, est surtout célèbre pour avoir retrouvé, selon l'avis d'un grand nombre de savants, la cire punique, ou éléodorique, dont les anciens se servaient au lieu d'huile, pour la peinture. Calau donna lui-même un exposé de sa découverte dans la Gaulle lilliraire de Halle (1768, p. 740] ; et, en 1772, Iambert publia la description d'une pyramide des couleurs peinte avec cette cire. Calau obtint de Frédéric II un privilège exclusif pour la vente de son procédé. 11 mourut à Berlin, le 27 janvier 178 ». ( Voy. sur ce sujet le traité d'A. Riem sur la Peinture det anciens, Berlin, 1787, in-4*.) G— T.

CALA VILS PACLVIUS. Voyez Pacuvids.

CALCAGNI (RocEii), né a Florence, entra dans l'ordre des dominicains et fut regardé comme l'un des plus célèbres prédicateurs de son temps en Italie. Le pape Grégoire IX le nomma évèque de Castro en 1240, et premier inquisiteur de la foi dans toute la Toscane. Il se montra très-zélé contre les liérétiques, se trouva au premier concile de Lyon, sous le pape Innocent IV l'an 1245, et assista encore au second concile assemblé dans la même ville, vingt-neuf ans après, en 1274. Après qu'il eut gouverné saintement son église pendant trente-quatre ans, il se relira parmi ses frères dans le couvent d'Arezzo, où il mourut l'an 1290. Plusieurs auteurs lui attribuent un livre intitulé des Vertus et des Vices. Possevin, dans son Apparatus sacer, prétend que Calcagni l'avait composé à la prière du roi de France Philippe III , qui l'engagea à ce travail pendant la tenue du second concile de Lyon. Il est certain cependant que ce traité n'est point de la composition de févéque de Castro , ni d'aucun autre prêtre italien, niais du P. Laurent, de l'ordre des frères prêcheurs, Français de nation et confesseur de Philippe III. Cet ouvrage, d'abord écrit en vieux français, l'an 1279, expliquait les régies des mœurs et les principales vérités de notre religion, avec tant de solidité, d'onction et de méthode, qu'il fut extrêmement recherché. Les copies s'en multiplièrent. On le lisait avec avidité à la cour et dans le public. Il s'en lit plusieurs traductions en langues étrangères ; et Roger Calcagni entreprit de le traduire en langue toscane , non à la demande du roi de France, mais |»ar le seul désir de contribuer à l'instruction et à l'édification de ceux de ses compatriotes qui n'entendaient pas le français. D-R— n.

CALCAGNI (Tiberio ) , sculpteur, né à Florence, vivait dans le 16* siècle. Lorsque Michel- Ange fut devenu vieux et qu'il ne put plus dessiner avec fermeté , il se servit de la main de Calcagni

pour terminer quelques morceaux de sculpture que ce grand homme avait commencés. Ce choix prouve le talent de cet artiste. — Calcagni, surnommé le Ferrarois, né en 1556, mort en 1595, était élève de Jcronimo Lombardi. Il a jeté en moule plusieurs statues des papes , et a exécuté en argent , dans la Casa-Santa de Lorette, les douze apôtres. Z— o.

CALCAGNINI (Céuo), fils naturel d'un ecclésiastique de Fcrrare, naquit en cette ville, le 47 septembre 1479. P. Giovio rapporte, dans ses Elogia, que Célio était né honestissimo paire, sed incerta maire. Ayant achevé ses études, il embrassa la carrière des armes et servit dans les armées de l'empereur Maximilien et du pape Jules IL Pendant ce temps, il eut occasion de parcourir l'Allemagne et la Pologne. Après avoir servi avec distinction, il fut honoré de plusieurs ambassades et de commissions délicates, qu'il remplit avec adresse. Le cardinal Hippolile d'Esté, allant en Hongrie pour assister à l'élection de l'empereur, l'emmena avec lui. Revenu en Italie, il entra dans les ordres sacrés, fut reçu docteur, chanoine de l'église de Fcrrare, enfin protonotaire ecclésiastique, et mourut dans sa patrie, le 7 avril 1541. Ses ouvrages, qui ont été imprimés à Baie eu 4544, in-fol., contiennent plusieurs traités de grammaire, de morale, d'antiquités, d'histoire naturelle et des poésies. Cet auteur écrivait avec facilité, mais sans chaleur, sans grâce ; voulant faire étalage d'érudition, il entassait les unes sur les autres les autorités et les citations. Ses vers, qui ne sont pas en grand nombre, sont supérieurs à sa prose ; on y trouve de l'élégance et de la facilité. Calcagnini avait pris en aversion les ouvrages de Cicéron : il les critiquait sans cesse. L'orateur romain trouva dans Marc- Antoine Majoraggio un chaud défenseur; mais sa défense, remplie d'éloquence et de force, ne parut qu'après la mort de Calcagnini, à qui elle aurait causé beaucoup de chagrin. Il fut enseveli dans la bibliothèque des dominicains de Fcrrare, à la construction de laquelle il avait contribué (1). Il lui légua, par son testament, tous ses livres, ses instruments de mathématiques, et voulut même, après sa mort, reposer dans un lieu où il avait éprouvé, de son vivant, tant de jouissances. BorseUi rapporte, dans son Histoire de l'université de Ferrure, deux inscriptions qui sont gravées sur les portes extérieure et intérieure de celle bibliothèque. .C'est au-dessus de celte dernière qu'est placé le mausolée de Calcagnini, au-dessous duquel on lit une inscription où se trouvent ces belles paroles : Ex diuturno studio hoc didicit : mortalia contemnere, et ignorantiam suatn non ignorare. Célio Calcagnini fut l'un des plus savants hommes du 16* siècle. Les princes de la maison d'Esté lui con lièrent plusieurs fbis des travaux importants; c'est d'après leurs ordres qu'il rédigea le catalogue raisonné des médailles d'or antiques qui se conservaient dans le musée de cette famille, et qui remontaient, dés le temps du duc Her*

(I) Snr U porte de cette bibllotheqne on Ut tes proies : Mes t«m*l, CmlU C*l<xtm< *«i «petite rolwU uh temper rlzU. !>ur u tombe est une la&cripuou plu étendra (ut se trouve ripportte du» Morért D— *—

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cule n, an nombre de plu» de neof cents ; ce catalogue existe manuscrit dans la bibliothèque de Modène. Le P. Nicerou (t. 27, p. 256) donne la liste de tous les traites renfermés dans les œuvres de Calcagnini ; quelques-uns traitent des antiquités, tels que son traité de Hc but Mgyptiaci», où il parle principalement de l'usage et de l'explication des hiéroglyphes ; celui de Re nautica, ou de la marine des anciens ; celui de Talontm, testerarum et calculorvm Ludis, etc. D'autres sont relatifs a la philosophie, à la morale et à la politique. On a encore de Calcagnini un Encomium pulicis, Leydc, 1625 et 1658, in-«". Une chose digne d'être remarquée, c'est que cet auteur a été un des premiers qui aient soutenu la rotation «le la terre sur son axe ; il propose cette hypothèse dans un opuscule intitulé : Quod calum tlet el terra movealur ; on le retrouve p. 580 de ses œuvres (Opéra aliquot)y imprimées à Baie en 1544, trois ans après sa mort, qui avait précédé la publication de l'ouvrage de Copernic. Au reste, Calcagnini ne regarde cette hypothèse que comme une opinion paradoxale qu'il est possible de soutenir, et qui explique mieux les apparences célestes ; mais il n'y est point question du mouvement de translation de la terre autour du soleil, qui fait réellement le principal mérite de l'hypothèse de Copernic. R — G.

CALCAGM ) ( Laurent), en latin Calcaneiis, né à Bresse, en Italie, florissait dans le 1.V siècle ; il mourut en 1478. Il fut un des plus célèbres jurisconsultes de son temps, et s'occupa aussi beaucoup de théologie. 11 composa divers ouvrages : 1° de Commendalione tludiorum ; 2* de Septem Peccalis mortalibut; 5° de Conceptione Sanctœ Maria; 4* Concilia, etc. On peut consulter sur ce personnage Trilhème, de Script, eccles., etLéandre Albert, Detcript. liai. Z—o.

CALCAR (Henri). Voyez Kalcar.

CALCAR ou KALCKAKR (Jean), ainsi nommé parce qu'il naquit à Calcar, ville du duché de Cléves, se rendit fort jeune en Italie pour y étudier la peinture. Raphaël et le Titien furent les modèles qu'il s'efforça de suivre, et auxquels il dut ses talents el sa réputation. Attaché particulièrement au Titien, et devenu l'un de ses principaux élèves, il se pénétra si bien de la manière de ce grand peintre, qu'on vit plusieurs fois les habiles connaisseurs attribuer les ouvrages de Téléve au pinceau du maître. Ses portraits surtout se rapprochent infiniment, par leur beauté, de ceux du Titien, et l'on reconnaît en général, dans ses tableaux, le bon goût et le dessin de l'école italienne. Rubens, qui se plaisait à rassembler dans son cabinet les productions des peintres qu'il appréciait le plus, conserva jusqu'à sa mort une Nativité de Calcar, remarquable par l'effet de la lumière. Ce tableau, acheté ensuite par Sandrart, fut revendu à l'empereur Ferdinand. On doit au crayon de Calcar les portraits qui accompagnent les Vie» de» peintre» el tculpleurt par Yasari, ainsi que les figures anatomiques des œuvres de Vésale. Ce peintre mourut à Naples, dans un âge peu avancé, «n 4546. V-t.

CALCÉOLARI (François), naturaliste et phar-

macien à Vérone, vers le milieu du 16» siècle, plus connu des savants sous le nom latin de Calceolarius, était le disciple de Lucas Ghini, de l'école duquel sortirent tous les naturalistes de l'Italie à celle époque. Il se distingua dans sa profession par des connaissances très-variées, et il en donna la preuve dans la relation qu'il publia de son voyage au mont Baldo. Cette montagne, située sur les bords du lac de Garda, est remarquable par son élévation de 1 ,200 toises au-dessus du niveau de la Méditerranée. Peu de contrées dans le monde renferment autant d'espèces différentes dans un espace aussi borné. Dans tous les temps, elle a élé visitée par les botanistes. Calcéolari la gravit plusieurs fois, et y accompagna les plus illustres naturalistes de sou temps, entre autres Anguilla», Aldrovande, Jean et Gaspard Bauhin. Il publia cette relation en italien à Venise, en 1566, in-4". Suivant Ovide Montalban, il ne fit qu'en fournir les matériaux à Jean-Baptiste Oliva, savant médecin, par qui clic fut rédigée. Sur la demande de Matthiole, il la donna ensuite en latin sous ce titre : lier mcmti» Baldi, Venise, 1571 et 1584, in-4°. Camérarius la réunit a son Epilome Malthiolit Francfort, 1586. in-4». Calcéolari a fait aussi un abrégé latin des commentaires de Matduole sur Dioscorides, Venise, 1586, in-4', avec l'ouvrage précédent ; cet abrégé est peu estimé, et on ne le trouve presque plus. Pona, qui fut aussi apothicaire k Vérone quelques années après Calcéolari, fit encore une relation de son voyage au mont Baldo, qui a été publiée |iar Lécluse dans l'ouvrage intitulé : Hittoria Planlarum rariorum. Calcéolari avait formé un superbe cabinet de raretés de tous genres. Benoit Ccrutus, médecin, en avait commencé la description ; mais il mourut sans l'avoir terminée : ce fui André Cliiocco qui l'acheva. Ce cabinet appartenait alors au petit-lils de notre auteur, nommé, comme lui, F rançoit Calcéolari. Celui-ci dédia cet ouvrage à Ferdinand de Gonzague, duc de Mantoue, el il parut sous ce titre : Mutwum Franci*ci Calceolarii junior, a Bened. Cervtio medico incœplum.,el ab Andr. Chiocco tned. detcriptumel per/eclum, etc., Vérone, 1622, in-fol. de 746 p., avec beaucoup de ligures très-bien exécutées. Ce livre est divisé en 6 parties ; l'impression en est belle, et il est rare et recherché. Le P. Feuillée, en donnant le nom de Calceolaria à un genre de plante qu'il découvrit au Chili, a eu plus en vue d'indiquer la forme singulière de ses fleurs, qui ressentent à un sabot, que d'honorer la mémoire de ce botaniste. D— P — s.

CALCHI (Tristan), historien que l'Argellali nomme le Tile-Live de Milan, était né dans celte ville, vers 4462. Élève de George Merula [voy. ce nom), il fit, sous cet habile maître, de rapides progrès dans les lettres. Ses talents et la protection de Barthélémy Calchi, son parent, lui ouvrirent le chemin des honneurs, ISomiuc secrétaire du duc François Sforza, il remplit les mêmes fonctions auprès des successeurs de ce prince. En 1502, la ville de Milan le créa son historiographe ; et l'année suivante, après la conquête du Milanais par les Français, le roi Louis XII le confirma dans sa charge de secrétaire,

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et y ajouta celle d'architrésorier {proto-scrlniarius) . Après la mort de Merula, Tristan avait formé le projet de continuer son Histoire des Viteonti. 11 avait rassemblé des documents nombreux sur celte famille, en classant les manuscrits de la bibliothèque de Pavie; et c'était une occasion favorable d'en>ployer ses recherches. Mais, en examinant de plus prés l'ouvrage de Merula, il reconnut que l'auteur, privé des secours nécessaires, était tombé dans des erreurs si graves et si nombreuses, que ce serait perdre son temps s'il entreprenait de les corriger. Il abandonna donc son premier dessein pour composer une nouvelle histoire de Milan, qu'il conduisit jusqu'à l'année 1523. On ignore la date de la mort de Calchi *, maison sait qu'il ne vivait plus en 1517. Son histoire de Milan resta cachée plus d'un siècle. La première partie fut mise au jour avec les notes de Guill. Calaveroni, sous ce titre : Historiée patrim libri 20, Milan, 1628, in-fol. Ce volume finit avec l'année 1313. La suite, publiée par J.-P. Furicclli (roy. ce nom), est intitulée: Calehi Residua, hoc est Historiœ patriœ libri 21 et 22, il) , 1614, in-fol. L'éditeur y a réuni trois opuscules de Tristan sur autant de mariages des princes de la maison de Sforza. Cette histoire a été reproduite par Gnevius dans le t. 2 du Thésaurus Anliquilat. Italiœ. Il en existe un abrégé, Milan, sans date, in-8° ; elle a été continuée par Ripamonti jusqu'à la mort de Charles- Quint, sous ce litre : Historiœ palriœ décades, ab anno 1314. quo Calchus desinit, ad excessum Caroli V, Milan, 1648, 5 vol. in-fol. (Voy. Rifamo.vti. ) L'ouvrage de Tristan est le meilleur qu'on puisse consulter pour tout ce qui concerne le Milanais. Le style, élégant et pur, a la gravité convenable. L'auteur s'y montre plus Iiabile critique qu'on n'aurait droit de l'exiger d'un écrivain de cette époque. [Voy. Tiraboschi, Storia delta Letterat. italian., t. 6, p. 751.) On doit encore à Calchi des éditions avec des préfaces de l'Hisloria Vice-comiium de Merula, Milan, 1500, in-8», et du livre de Censorimus, de Die nalali, ibid., 1503. 11 a laissé plusieurs ouvrages manuscrits dont on trouve les titres dans les Scriptores Mediolantnses de l'Argellati, t. 1, p. 427. W— s.

CALCONDYLE. Voyei Chalcoîsoyle.

CAI.DAM ( Léopold-Marc- Antoine), célèbre anatomiste, né à Bologne, le 21 novembre 1725, appartenait à une famille originaire de Modène. On le destinait à la carrière du barreau, mais son gortt l'entraîna vers celle de la médecine, et ses parents cédèrent sagement à une vocation qui paraissait être bien décidée. L'anatomie et la nosologie l'occupèrent bientôt tout entier ; et, dès qu'il eut acquis une certaine masse de connaissances, il s'empressa, pour l'accroître et la perfectionner, de faire des cours à ses condisciples. Le grade de docteur lui fut conféré en 1750; et, malgré sa jeunesse, il ne tarda pas à acquérir la réputation d'un praticien habile. Des travaux recommandantes le firent admettre parmi les membres du célèbre Institut de Bologne, et, cinq ans après, il fut nommé professeur d'an a loin ie. C'est alors qu'il entreprit une longue série

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d'expériences pour vérifier les observations de Htl-

ler à l'égard des parties irritables et sensibles du corps. Mais les succès qu'il obtint comme professeur et comme expérimentateur lui suscitèrent des désagréments, et le déterminèrent à quitter Bologne pour Padoue. Dix ans après, en 1771, il remplaça Morgagni, et ne se montra point indigne de son illustre prédécesseur. Jusqu'à sa mort, arrivée le 20 décembre 1813, H jouit de la confiance de ses compatriotes et de l'estime des étrangers, qu'il méritait également par l'étendue de ses talents et la variété de ses connaissances. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages. 1* m/f Insensitività ed Irritabilité di aleune parti degli animali, Bologne, 1757, in-4". 2* Lettera sopra l'irritabilité ed insensilivilà Halleriana, Bologne, 1759, in-4». 3* Lettera mit uso delmuschio nella idrofobia, Venise, 1767, in-8\ 4° Esame del capitolo sellimo delV ultima opéra di Antonio de Haen, Padoue, 1770, in-8°. 5* Innesto felice del vajuolo, Padoue, 1768, in-8». &> Institutions pathologicœ, Padoue, 1772, in-8»; ibid., 1776, in-8»; Leydc, 1781, in-8»; Venise,

1786, in-8»; Naples, 1787, in -8°. 7» Instilutiones physiologicœ, Padoue, 1773, in-8* ; ibid., 1778. in-8»; Leyde, 1784, in-8*; Venise, 1786, In-8»; Naples,

1787, in-s . Cet ouvrage a été considéré longtemps comme élémentaire. 8* Dialoghi di fisioloçia e di patologia, Padoue, 1778, in-8»; ibid., 1793, in-8». 9° Instilutiones anatomica , Venise, 1787, 2 vol. in-8»; Naples, 1791, in-8»; Leipsick, 1792, in-8». 10» Instilutiones semeioticœ, Padoue, 1808, in-8*. 11" Icônes anatomica», Venise, 1801-1813, 5 tomes en 4 vol. grand in-fol. C'est une collection précieuse de planches fort exactes ; le texte ou l'explication des planches forme aussi quatre parties petit in-fol. La dernière partie a paru en 1814. Caldani a consigné en outre un très-grand nombre de mémoires et d'observations détachées dans divers recueils scientifiques du temps. On peut consulter son éloge par Floriano Caldani, son neveu, dans les Memorie délia société italiana, t. 19. J — n— H.

p CALDANI (Pétiione-Marie), mathématicien, frère cadet du précédent, acheva ses études sous la direction du célèbre P. Riecati, dont il fut un des élèves les plus distingués. Au mois de décembre 1763, il obtint, après un concours très-brillant, la chaire de mathématiques à l'université de Bologne. Il fit imprimer, en 1782, un mémoire délia Proporzime liernoulliana fi é il diametro e la eirconferensa del circolo. D'Alembert, après l'avoir lu, dit que l'auteur était le premier géomitre et algèbriste de ritulie. Ses profondes connaissances dans les diverses branches des mathématiques le firent designer pour accompagner le cardinal Conti dans sa visite des eaux de la Romagne et du Bolonais, et il s'acquitta de cette commission avec beaucoup de zèle. Le sénat, pour l'en récompenser, le nomma secrétaire de l'ambassade que la ville de Bologne entretenait prés du saint- siège. L'ambassadeur étant tombé malade en 1795, Caldani resta seul chargé, pendant quatre ans, des intérêts de sa ville natale. Accablé moins encore par l'âge que par les fatigues,

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il obtint une retraite honorable, et vint demeurer à Padoue, près de son frère qu'il aimait tendrement. Il y mourut, en 1808, à l'âge d'environ 73 ans. Outre le mémoire déjà cilé, Caïdani en a publie quelques autres sur plusieurs questions de hautes maUiématiques. On lui doit aussi divers articles très-remarquables dans VAntologia romand de 1783 à 4787. Enfin il a laissé manuscrits des Elément» d'algèbre, qui, selon toute apparence, ne seront point imprimés. Son goût (tour les sciences ne l'empéclta pas de cultiver la littérature avec succès. On reconnaît un véritable disciple de Pétrarque dans les Rime qu'il composa sur la mort de Ruflina Batloni, membre de l'académie des Arcadiens, sous le nom de Coriniea, Bologne, 1786 ', et avec des augmentations, 1794, in-8'. W— s.

CALDARA (Polv dore), dit Caravage, naquit en 1495 à Caravage, dans le Milanais. 11 alla à Home dans sa jeunesse, et il devint peintre eu voyant travailler Jean da Udine et les autres artistes qui étaient employés aux loges du Vatican. Il se lia d'une étroite amitié avec Mathurin de Florence, qui laida de tes conseils. Cahlara le surpassa en peu de temps, et s'attacha à la correction du dessin; aucun morceau antique ne lui échap|»a. Il fut occupé par Raphaël aux galeries du Vatican, et se distingua dans les frises qu'il fit au-dessous des grands tableaux de cet artiste, dans les chambres de ce palais, cl particulièrement dans celle de Constantin. 11 lit à Messine un grand tableau à l'huile, représentant Jéiut- Ckrùt portant ta rrot*; ce morceau rassemble une multitude de très-belles figures, qui prouvent combien il était capable de représenter les plus grands sujets. 11 s'était appliqué à l'architecture, et fit élever dans cette ville des arcs de triomphe à la gloire de Charles-Quint, lorsqu'il y passa après son expédition de Tunis. Les ligures de Polydore étaient correctement dessinées et bien ensemble. Il s'est approché plus qu'un autre du style et de la manière antiques , mais plus particulièrement encore dans l'imitation des bas-reliefs. Ses dispositions étaient nobles, ses attitudes naturelles, ses airs de tète expressifs et bien caractérisés. Fidèle au costume dans l'ajustement de ses figures, il fit des vases et des trophées dont le style est parfaitement dans le goût des anciens. On reconnaît dans ses différents ouvrages, que s'il se fût livré a de grandes compositions, elles l'auraient rendu très-célébre ; son coloris vigoureux en aurait soutenu le caractère. Il prit le parti, avec son ami, de s'attacher au clair-obscur, et particulièrement à celui qu'on nomme igraffkUo, dont la couleur grise imite l'estompe. Il avait aussi un talent particulier pour le paysage. Étant sur le point de retourner à Rome, il fut assassiné par son domestique en 1343, à l'âge de 48 ans. Il fut enterré dans la cathédrale de Messine, et on lui fit de magnifiques funérailles. On voyait de lui à Versailles une Attemblie dei dieux, et, dans la galerie du Palais-Royal, (e* (rofi Grâce» en pied, peintes sur bois. K.

CALDARA ( Antonio ) , né à Venise , a produit on grand nombre de compositions tant pour l'é-

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glise que pour le théâtre. Son v gine, fut composé pour sa ville natale, en 1689. Après avoir parcouru différentes parties de l'Italie^ en y faisant exécuter douze opéras et oratorio il se fixa à Vienne, où il devint second maître de la chapelle impériale. L'empereur Ourles VI goûtait à un tel point le style grave de ses compositions, que jusqu'à la mort de Caldara, arrivée en 1736, ce prince ne voulut jamais employer un autre compositeur de musique sacrée ou profane. Non-seulement il mit en musique un grand nombre d'opéras d'Apostolo Zeno , mais encore huit opéras et plusieurs oratorio de Métastase, sans compter treize autres oratorio de sa composition, des messes, des motels, etc. La majesté du style, la pureté d'harmonie, la correct ion dans l'ensemble des parties, la connaissance profonde de l'art, telles étaient les qualités qui distinguaient les productions de Caldara pour la musique sacrée ; mais il serait difficile d'asseoir aujourd'hui un jugement précis sur sa musique profane. Métastase se plaint dans ses lettres de son manque d'invention , de goût et d'élégance dans la confection de ses drames; néanmoins sept de ses meilleures pièces, interprétées par Caldara , eurent du succès au théâtre impérial. Mais il faut bien qu'il y ait dans la musique de celui-ci quelque défectuosité capitale ou d'invention , pour empêcher les compositions de re musicien de so répandre dans le reste de l'Europe : car les chefsd'œuvre de Métastase n'y ont été entendus que lorsque la musique en a été refaite par d'autres compositeurs. D— R — r.

CALDARONE ( Jean-Jacques), botaniste, médecin et chimiste, né à Païenne, le 1" janvier 1651, fit uns étude particulière et approfondie des sciences naturelles. Il a publié des lettres sur la botanique dans le recueil de N. Genasi, intitulées : Bizxarie botaniehe di alcuni timplieitti di Sieilia, Palcrme, 1673, in-4», réimprimé à Naples chez Novellus da Bonis en 1674, in-4°. On trouve aussi dans ce recueil des lettres d'Ange-Matthieu Bouton te et de Ange- Marie Bonfantc de Casscrinis. La réputation que s'était acquise Caldaronc par ses connaissances sur la botanique et les diverses parties de la médecine le Ht choisir pour surveiller toutes les apothicaireries de la Sicile. Il composa à ce sujet un ouvrage estimé, qui parut sous ce titre : I*retia timplieiutn ac compotilorum medicaminum ab omnibut obtervanda, Palerme, 1607, in-4*. Ce savant parvint à un âge très-avancé; il vivait encore en 1750. On ignore l'époque précise de sa mort. D — P— s.

CALDAS DE PEREIRA (Jean), jurisconsulte espagnol, natif de Thui, dans la Galice, florissait au commencement du 17* siècle. H a composé divers ouvrages de droit qu'on a réunis en quatre volumes : Quetlione» forentei et Controvertim civile» ; Syntagma de vmivtrto jure emphyteutico, etc. On peut consulter sur lui Nicolas Antonio, Biblioth. HUp. *L—o.

CALDENBACH ( Christophe), professeur d'histoire, d'éloquence et de poésie à l'université de Tubingex», né a Schwibus. dans la basse Silésie, e«

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1613, fit ses éludes à Francfort-sur-l'Oder, et à Kœnigsberg, où il fut quelque temps prorecteur de l'école publique. C'était un savant très-versé dans la connaissance des écrivains latins, surtout des poètes, et qui les jugeait avec autant de goût que de saine érudition; son Compendium rhetorices a été longtemps, dans le pays de Wurtemberg, le manuel des écoles. 11 a laissé un assez grand nombre d'ouvrages sur la littérature ancienne, entre autres des notes sur Horace ; Collegium epittolicum, oratoriwn, analylicum, poeticum, mùclum, in Ci~ ceronem, Ovidium et alios; Commentaritu rhetorieut, etc. Il s'est aussi occupé des progrès de la langue et de la poésie allemandes, et il est auteur de deux dissertations, l'une sur l'olivier, de Olea, Tubingen, 1679, in-4° ; l'autre sur lavigne.de Vite, 1685, in-4». 11 mourut à Tubingcn, en 1698. G— t.

CALDER (sir Robert), amiral anglais, né à Elgin, le 2 juillet 1745, était , par sa mère, petit-fils du contre-amiral Robert Hughes ; sir Thomas Calder, son père, avait obtenu par le crédit du comte de Bute (roy. ce nom), son compatriote, une place à La cour, que ses biographes ne font pas connaître. Après avoir terminé sa première éducation en Ecosse, le jeune Calder fut envoyé en Angleterre, et entra dans la marine royale en qualité d'aspirant (midshipman) ; il parvint successivement au grade de capitaine de vaisseau. Pendant la guerre d'Amérique, il fut employé dans la flotte de la Manche, et il commandait, en 178*2, un bâtiment sous l'amiral sir Charles Hardy, lorsque celui-ci, ayant reçu l'ordre «l'éviter un engagement avec la flotte combinée de France et d'Espagne, chercha un refuge à rentrée de la Manche de Bristol. Les marins anglais, dit un biographe de cette nation, furent si indignés de ce mouvement rétrograde, qu'ils couvrirent avec leurs liamacs le portrait du roi, en jurant que S. M. George 111 ne serait point témoin de leur fuite. Robert Calder avait épousé, en 1779, la fille de John Mitchcll, ancien membre du parlement ; il Tut employé au commencement de la guerre contre la France et nommé premier capitaine de pavillon de l'amiral Rod. En 1794, il commandait le Theteu» de 74 canons, qui faisait partie de l'escadre de lord Howe ; ayant été dépêché avec l'escadre du contreamiral Montague, chargé de protéger un convoi important, il ne put prendre part à la bataille du 1" juin. En 1796, il était à bord de la Victoire, eteontribua au succès du combat naval qui se donna, le 15 février 1797, à la hauteur du cap St-Vincent, sous les ordres de sir John Jervis. Sa belle conduite dans celle affaire, dont il fut chargé d'apporter en Angleterre les détails officiels, lui valut le titre de chevalier. Nommé- à l'ancienneté contre-amiral en 1799, il fut détaché en 1801, avec une petite escadre, a la poursuite de l'amiral français GanUicaumc, que son gouvernement envoyait en Egypte avec des approvisionnements de toute es|>cce pour l'armée qui se trouvait dans ce pays. A la paix avec la France, sir Robert Calder se relira à la campagne ; mais au renouvellement des hostilités , il fut remis inunédiatemeut ea activité. Elevé, eu avril 1804,

au rang de vice-amiral de la Blanche, il fut, en 1805, choisi en cette qualité par l'amiral Cornwallis qui commandait l'escadre de la Manche, pour bloquer les ports du Ferrol et de la Corogne, dans lesquels se trouvaient cinq vaisseaux de ligne français et trois frégates, avec cinq vaisseaux de ligne espagnols et quatre frégates de la même nation. Malgré les manœuvres de la flotte de Brest , et quoiqu'il n'eût avec lui que sept voiles dont le nombre s'éleva néanmoins plus tard à neuf, Calder conserva sa station ; et, lorsqu'il eut été joint par le contre-amiral avec cinq vaisseaux de ligne, une frégate et un lougre, il se mit en mer pour intercepter les escadres française it espagnole des Antilles qu'on supposait consister en seize vaisseaux du premier rang. La flotte combinée (1), qui était composée de vingt vaisseaux de ligne, de sept frégates et deux bricks, fut signalée le 25 juillet. Quoique Calder n'eût que quinze vaisseaux de ligne , deux frégates, un cutter et un lougre, il donna le signal de l'attaque. Après un combat qui dura plus de quatre heures, et qui ne se termina qu'à la nuit, deux vaisseaux espagnols, Rafaël et Firme, tombèrent au pouvoir des Anglab, et Calder donna le signal de la retraite. Il 'tarait que cette conduite fut approuvée de l'amiral Cornwallis, qui l'envoya bientôt après, avec une escadre considérable, pour croiser à la hauteur de Cadix et pour surveiller les mouvements de l'ennemi. Mais les lords de l'amirauté ne portèrent pas un jugement aussi favorable des dispositions prises par Calder, qui fut en même temps attaqué d'une manière virulente dans les papiers anglais, ce qui le détermina à demander, au mois d'octobre 1805, une enquête sur sa conduite. Une cour martiale , présidée par George Montague ayant en conséquence été convoquée, il fut condamné à être tévèrement réprimandé pour n'avoir pas renouvelé l'engagement, et pour n'avoir pas détruit tous les vaisseaux de l'ennemi. Cette cour déclara néanmoins que ce n'était ni par làclieté, ni par désaffection, mais par erreur de jugement qu'il avait agi ainsi. Malgré cette sentence, Calder fut bientôt après nommé amiral de port à Portsmouth. 11 est mortàHolt, dans le comté de liants, le 31 août 1818, avec la réputation d'un excellent officier. D — z — s.

CALDERA (Édodard), jurisconsulte portugais, existait encore en 1610, était disciple de Covarruvias et d'Emmanuel Costa. On a de lui de Erroribus Pragmaticorum libri 4, tut idem van 'tint m lect ion um, et d'autres ouvrages dont le catalogue se trouve iians ic l ontpeciuM nui i ineiauri juris cinu* n eu nom a de Gérard Meerman. Z — o.

CALDERA DE HEREDIA (Gaspard), médecin espagnol, originaire de Portugal, florissait A Séville dans le 17* siècle. Il était ami de Nicolas Antonio, qui, dans la Bibliolheca Hispana, loue son érudition vaste et variée, en disant que l'amitié l'empêche d'ajouter à cet éloge. Caldera est auteur de 2 vol. iu-lol., dont le premier, qu'il dédia au cardinal

(i) L'amiral Graviaa commandait raTant-«ir*>, l'amiral Villeneuve le eenire, et ruunl Dttmuw Iwriere-farde.

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François-Marie Brancaccio, son Mécène, a pour titre : Tribunal medico-magicum et politicum , pars prima, Lcyde, Elzevir, 1658. Le second, intitulé Tribunalii mediei IUustrationes practicm, parut à Anvers en 1663. V— ve.

CALDERARI (Ottone), l'un des plus célèbres architectes du 18e siècle, naquit en 1750, à Vicence, d'une famille patricienne. La vue des chefsd'œuvre de Palladio, en excitant son admiration, développa de bonne heure son goût pour l'architecture. A l'étude des ouvrages de ce grand maître il joignit celle des monuments ; et, tout en les imitant dans ses compositions, il sut se créer une manière qui lui est propre. Les palais dont il orna le Vicentinont la richesse et l'élégance de ceux de Palladio. Vérone lui doit son séminaire, qui passe pour un chef-d'œuvre. II n'était pas seulement grand architecte et habile dessinateur, il aimait et cultivait la littérature avec succès. Les princijales académies de l'Italie le comptaient au nombre île leurs membres; et, plus tard, rinstilutde France se l'associa. Il mourut à Vicencc, le 26 octobre 4805. Diedo, secrétaire de l'académie des beaux-arts à Venise, y prononça son éloge ; mais le éélébre Milizia (voy. ce nom) n'avait pas attendu la mort de Calderari pour rendre à ses talents une éclatante justice. Dés 1779, il avait, dans les Mémorie degli arehitetli, t. 2, p. 595, donné la description des principaux palais élevés d'après ses plans et sous sa direction. Calderari a laissé un TraUi d'architecture complet ; mais il n'a publié qu'un seul mémoire intitulé : Ditcorto tulla copertura da farti al pulpilo del teatro olimpico. Le recueil de ses plans, Opère di architeltura, a été publié par Diedo, Venise, 4808-17. 2 vol in-fol. C'est un ouvrage précieux, dans lequel les nouveaux architectes italiens ont puisé plus d'une inspiration. W — s.

CALDER1N0 (Douizio), né vers l'an 1447 à Torri, près de Caldiero, dans le Véronais, prit son nom de cette ville. Dès l'âge de vingt-quatre ans, il s'était fait un si grand nom dans les lettres, qu'il fut nommé professeur public à Rome sous le pontificat de Paul II ; il conserva cette place sous Sixte IV, qui le revêtit de celle de secrétaire apostolique, et le chargea d'accompagner le cardinal de la Hovère, son neveu, qu'il envoyait apaiser des troubles survenus à Avignon. Il parait que ce voyage, loin d'être profitable à Calderino , nuisit beaucoup à ses intérêts ; car il dit, dans l'épltre dédicatoire d'un de ses ouvrages, qu'il partit pauvre, et qu'à son retour il le fut davantage. Il mourut de la peste, selon les uns, et, selon d'autres, d'une fièvre occasionnée par un excès de travail, en 1478, ayant à peine 52 ans. L'académie de Rome lui fit faire de superbes obsèques, où tous les étudiants assistèrent. Calderino est un de ceux qui, à l'époque de la renaissance des lettres, travaillèrent le plus à donner de bonnes éditions des anciens auteurs, et il passait, avec Valle et Politien, pour un des triumvirs de la littérature. Il a publié, avec des commentaires, Mardal (Venise, 1474, in-fol., édition rare), Suétone (Milan, 4480, in-fol.), Juvénal, Virgile, Stace et Properce. Il avait de plus écrit sur les Hiroïdes et sur les Mélamor-

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phoses d'Ovide, sur le poème in Ibim, qui est attribué à ce poêle; sur Perse, Silius Ilalicus et sur les Epitret de Cicéron ; mais ces travaux se sont perdus ou sont restés inédits. Il avait aussi publié une version latine des deux premiers livres de Pausanias. Il ne s'était pas seulement occupé de la littérature, mais encore de la jurisprudence, delà philosophie et des mathématiques. Il a donné une édition de la Géographie de Ptolémée (Rome), 1478, in-fol. C'est la traduction latine de Jacques Angeli ; mais Calderino la revit lui-même sur un manuscrit grec écrit de la main du philosophe Gémistus. Cette édition est remarquable en ce qu'elle renferme les plus anciennes cartes gravées sur cuivre. ( Voy. Buckinck et Sweynhevm.) Calderino laissa un si grand nombre d'écrite, que Tirat)Oschi avoue qu'il est incroyable qu'un In mime mort à la fleur de l'âge, revêtu d'emplois publics, et qui avait voyagé , ait pu entreprendre un si grand nombre d'ouvrages. Ange Politien, qui écrivit avec beaucoup d'aigreur contre Calderino après sa mort, prétend que c'était un critique très-savant à la vérité, mais présomptueux, fier et dur avec ses égaux , enlin qui n'avait aucune espèce de religion. Ce fut sans doute pour réparer ces accusations injurieuses que le même Politien fit à l'honneur de Calderino deux élégantes épilaphes citées par le marquis Mafféi. — Jean Calderino, jurisconsulte de Bologne, né vers le milieu du 1 4* siècle, mort le 15 juillet 1548, après avoir pris l'habit de Si- Dominique, composa des commentaires sur les décrétâtes et d'autres écrits de droit canonique ; il avait épousé la savante Novella (voy. Jean d'André , et en eut un fils (Gaspard Calderino) qui écrivit aussi sur les décrétâtes, et laissa un traité de Interdicto ecclesiastico. R. G

CALDERIINO (Jean), vivait dans le 16' siècle. 11 publia l'an 1571 un ouvrage intitulé de Hareticis. où il expose les devoirs d'un inquisiteur de la foi. D — r — R.

CALDERON (don Rodrigib de), comte d'Oliva, marquis de Siète-Iglesias, créature et confident du duc de Lerme, secrétaire d'État sous Philippe III, roi d'Espagne, naquit à Anvers, d'un pauvre soldat de Valladolid. qui y était en garnison, et d'une Flamande nommée Marie Sandclen. S'élant fait remarquer de bonne heure par son intelligence pour les affaires et pour la politique, il entra au service du duc de Lerme, dont il devint le favori, avant même l'élévation de ce seigneur au ministère. Calderon eut honte de sa naissance, et renia son père ; mais il effaça bientôt sa faute en le recevant chez lui et en le traitant avec beaucoup d'égards et de respect. Le duc de Lerme, étant devenu premier ministre, enrichit Calderon, lui procura 100,000 ducats de rente, des titres, des honneurs, et lui permit même d'aspirer à la grandesse et à une viceroyauté : jamais le favori d'un autre favori n'avait été si riche et si puissant. Une telle fortune excita l'envie, que l'humeur hautaine et méprisante de Calderon changea bientôt en haine. La disgrâce de son protecteur, en 1618, fut le signal de sa perte. On l'accusa de concussion, d'homicide, de sortilège,

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et d'avoir empoisonné la reine Marguerite. Ses richesses immenses étaient son principal crime. Son procès trainu en longueur pendant deux ans et demi pour entretenir la haine du peuple contre le duc de Lcrme , et prévenir le retour de la faveur de ce ministre. A l'avènement de Philippe IV, ce même motif porta le comte duc d'Olivarès à saeriller Calderon, quoiqu'il eût été absous des crimes dont on l'accusait. Il fut condamné comme coupable du meurtre de deux gentilhomme» espagnols, et décapité le il octobre 1621, mort hitpanieo, c'est-à-dire par devant. Il n'y avait en Espagne que les traîtres qui furent décapités par derrière. « Calderon mou- « rut, dit Saavedra «lans ses Devitei politique*, avec « une constance héroïque qui changea en estime et « en compassion cette haine universelle que sa foro tune lui avait attirée (1). » B— p et V— ve.

CALDERON. Voyet Calleja.

CALDERON DE LA BARCA (Henao y TvIano ou Pedro), célèbre auteur dramatique espagnol, naquit à Madrid, le 1" janvier 1601, d'une famille très-ancienne. A neuf ans il entra dans le collège dra jésuites, où il se distingua tellement qu'à l'âge de treize ans il put se rendre a l'université de Salamanquc. Les mathématiques, la philosophie, l'histoire et l'étude du droit civil et canonique l'occupèrent pendant cinq années, à l'expiration desil revint à Madrid. Dès sa plus tendre jeuï, il montra un talent peu ordinaire pour la poésie, et composa sa première pièce de théâtre (el Carra det Ciclo) avant l'âge de quatorze ans. Ses talents naissants ne demeurèrent pas inaperçus au milieu d'une cour où les arts et les sciences étaient en si grand honneur; il fut bientôt connu de plusieurs grands qui devinrent ses protecteurs ; mais en 1625, par sa libre inclination, il entra au service, devint, à ce que l'on croit, officier d'artillerie, el lit, en cette qualité, quelques campagnes en Italie et dans les Pays-Bas, tout eu se livrant à son gofit pour la poésie dramatique. Philippe IV, passionné pour le théâtre, et qui avait lui-même composé quelques pièces, entendit parler de son talent, et crut avoir trouvé en lui l'homme qu'il lui fallait pour donner le plus grand éclat au théâtre de la cour. Il l'appela à Madrid en 1630, le fit chevalier de St-Jacqucs, fournit à toutes \ef dépenses qu'exigeait la pompe des représentations, et le consulta pour l'ordonnance de toutes les fêtes et solennités publiques. Lorsqu'on 1640 tous les ordres militaires durent assister à l'expédition de Catalogne, le roi le dispensa du service militaire et le chargea de composer une pièce pour le théâtre. Calderon donna la fameuse pièce intitulée : Certamen de amor y zelot, qui fut représentée au Bucn-Reliro avec une pompe sans exemple. Après avoir terminée son oeuvre, il suivit l'armée en Catalogne, où il servit dans la compagnie du célèbre Gaspard de Guzman, comte d'Olivarès. Lorsque la paix fut conclue, il retourna à la cour, où le roi lui donna de nouvelles marques de faveur. Entre

fl) O mmjn ««, on pent le dire, Imi..,,.,,,.^. pim «bi* le romtn de OU »l<u. 1>— r-r.

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autres grâces, il en reçut une pension mensuelle de 50 écus d'or sur la caisse de l'artillerie. En 1649 il conçut l'idée des magnifiques arcs de triomphe qui furent élevés à doua Maria d'Autriche, fiancée du roi , lors de son entrée en Espagne. Cependant des pensées plus graves commençaient â maîtriser l'âme profondément religieuse de Calderon. En 1631, le chapitre de l'ordre de St-Jacques, conformément à la volonté du roi, lui accorda la permission de se consacrer à l'Église, cl le roi lui accorda une place de chapelain de la chapelle de lot Senorei Reget Nuerat à Tolède. Mais comme cette position l'éloignait trop de la cour, pour laquelle il conservait toujours quelque inclination, le roi le nomma chapelain d'honneur à sa chapelle royale, tout en lui laissant sa place de Tolède, et augmenta en même temps son traitement par une pension sur les revenus de la Sicile. Depuis ce moment, il ne s'occupe presque plus du théâtre profane, el appliqua sa verve à des autot tacramentalet, ou actes sacramentaux, qui répondaient bien mieux à ses véritables sentiments que des drames mondains. Sa réputation, comme premier poète dans le genre des pièces religieuses, s'élait tellement répandue, que les principales villes de l'Espagne, Madrid, Tolède, Séville, Grenade et plusieurs autres, le chargèrent d'en composer jwur elles, et l'en récompensèrent généreusement. Pour Madrid seule, il composa pendant trente-sept ans tous les autot qui y furent représentés à l'occasion des fi tes de chaque année. En 1665, la congrégation de l'apôtre St-Picrre, société «le patres à Madrid, le reçut au nombre de ses membres; et en 1666 il devint cliapelain major de cette société, à laquelle, |>ar reconnaissance, U légua toute sa fortune qui était considérable. Il mourut le 2.'» mai 1687, a l'âge de 87 ans, jouissant de l'admiration de ses compatriotes et de la faveur constante de son roi. La congrégation de l'apôtre Sl-Picrre lui lit ériger un magnifique monument dans l'église paroissiale de San-Salvador â Madrid, où il fut inhumé. Ses ouvrages sont très-nombreux, et on ne les a pas tous, puisqu'ou dit qu'il en avait composé plus de 1,500, nombre évidemment exagéré( I ). Aucune nation n'a eu des écrivains plus féconds que l'Espagne. Lopc de Vega lit, dit-on, 2,200 eonw éiat. | I'oy. Lope de Vega.) « Celle inconcevable « fertilité serait moins étonnante, dit Linguet dans son « Théâtre espagnol, si leurs pièces (celles de Calderon « et île Lope ) ressemblaient à celles des Joddlc, des « Hardi, faibles el méprisables créateurs de l'art « dramatique parmi nous. » Mais, â travers le* défauts les plus extraordinaires, brillent des traits d'imagination et de génie qui ne le sont pas moins. Cependant Christophe de Virvez, et surtout Lope et Calderon, avaient commencé, au temps de Cervantes, & corrompre le théâtre. Il parait qu'avant eux, les pièces de Castillejo, de Juan de la Cueva,

H) En effet, M.

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dans son Ifutrtre ê< U Uuhttw wqleniwH I» nombre (If te% c*fl le Mjn>ff«. il etf tnt, «W

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étaient plus régulières, niais aussi plus dénuée* de force, d'esprit et d'intérêt. On vit alors les |>ersonuages, au mépris des unités dramatiques, naître, croître, vieillir et mourir en trois juurnées (c'est le nom qu'on doune, en Espagne, a ce que nous appelons or h. y ; passer de Madrid ou de Tolède en Italie, en Afrique, au Pérou. Le nombre des personnages mis en scène devint prodigieux ; on le vit s'élever jusqu'à soixante-dix, et des comédies se terminer par une procession. Cervantes voulut en vain lutter contre le torrent. On voit, par une pièce de Lope, traduite par Voltaire, qu'il connaissait les régies, et qu'il les sacrilia au goût de la multitude. Calderon lie pouvait guère les ignorer . mais il parait ne les avoir counucs que pour les mépriser. Il n'en fut pas moins regardé comme le dieu du théâtre. Le judicieux auteur de la Bibliothèque espagnole fait de Calderou l'égal do Lope de Vcga, et dit que c'était l'opinion générale chez leurs contcm|K>rains. Linguct, dans son Théâtre espagnol, n'hésite pas a mettre Caldcron au premier rang. Calderou n'imita personne, a ninguno imilo, dit Emmanuel de Guerra, son panégyriste et son collaborateur ; il tira tout de son imagination. Aussi ses portraits sont sans vérité, ses caractères fantastiques. 11 peignit sa ualion comme si elle n'eût été composée que de fous et de chevaliers errants ; mais il montra beaucoup d'esprit cl d'invention, et son style est toujours clair et élégant. Après lui, r Espagne eut des pièces plus régulières, mais qui n'ubtiurent pas le même succès. Caldcron est supérieur, par les denoûments heureux de ses drames, à Solis, a Morelo, et même à Lope de Vega. Néanmoins Linguet exagère beaucoup en disaut ; « Caldcron, génie singulier, dont a ou prononcerait le uoni avec vénération s'il était « né Grec, et qui aurait laissé peu de chose à faire « aux Corneille et aux Racine, s'il était né Fran- « çais. » Ce n'est là qu'une phrase de traducteur enthousiaste, et, de plus, paradoxal ; mais Calderon se fût placé peut être au premier rang des maîtres de lu scène, s'il eût pu assujettir son imagination brillante aux principes du goût et du bon sens. Il n'y a dans ses pièces ni uuité, ni convenances. C'est la nature abandonnée à elle-même ; ce sont des romans sans vraisemblance, des ligures outrées, des saillies bizarres, toutes les extravagances d'un théâtre grossier et barbare, avec des situations neuves et intéressantes, des traits brillants, quelquefois sublimes, un fracas d'action qui ne permet pus à l'attention de se distraire, et, dans l'intrigue, un merveilleux qui plaît encore lorsqu'il n'attache pas. Les pièces de Calderon, comme celles du tliéàtre espagnol, sont toutes divisées en trois journêet ou actes. Naliarro se donne pour l'inventeur de celte division, que Lope de Vcga attribue à Virvcz. Dans Caldcron, le théâtre change souvent d'une scène à l'autre. Ses comédies offrent presque toujours le triomphe du vice, et on ne peut lui appliquer le catligal ridendo moret. La pièce de cet auteur la plus célèbre en France est Héraelius. On y voit deux paysans bouffons, comme dans quelques-uns de nos mélodrames. On remarque dans VHéraclius espagnol une grande ignorance de

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