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l'histoire : une reine de Sicile, un duc de Calabre, du canon et des boulets dans le 7' siècle 1 une imagination déréglée, mais aussi des traits admirables et des beautés sublimes. On a longtemps agité la question de savoir si Calderon imita VHéraclius de Corneille, ou si Corneille imita VHéraclius de Calderon, comme il avait imité le Cid de Guilhem de Castro, et le Menteur de Lopez de Vega. Corneille déclare que sa pièce est a un original dont il s'est fait depuis « de belles copies. » Mais Voltaire, qui a traduit littéralement V Héraelius espagnol dans le dessein de le faire trouver ridicule, ne croit pas que Corneille ait voulu désigner la pièce de Caldcron comme une de ces belles copies. D'ailleurs, ajoule-t-il, quoiqu'on ne sache pas précisément en quelle année parut la Famosa Comedia, elle est antérieure de plus de vinirt ai» à la pièce de Corneille ; on la cite dans des romances de 1641, et VHéraclius français ne fut joué qu'en 1647. Calderon n'a donc pu Imiter Corneille, et d'ailleurs aucun écrivain espagnol n'imita jamais un auteur français avant le règne de Philippe V. On trouve dans la pièce de Calderon le sens de ces vers fameux de Corneille :
Mon trône est-il pour toi plus honteux qu'un supplice? O malheureux Plmeas! o trop heureux Maurice! Tu retrouves un Bis pour mourir après toi. Je u'en puis trouver un pour régner «près moi.
La pièce intitulée : Ab <it hurlas eon el amor, parait avoir fourni à Molière l'idée des Femmes savantes. Scarron a déiiguré, dans sa comédie de la Fausse Apparence, lu pièce de Calderon qui a pour titre : ^iunca la peor es cierto (1) ; mais Scarron, qui avait le malheur de gâter tout ce qu'il touchait, est lias, rampant et ordurier, où Calderon n'est souvent que naturel et familier. Le fameux Collot-d'Herbois fit jouer avec un certain succès, eu 1777, sur les théâtres de province, et en 1789 à Paris, sur le Théâtre- Français, le Paysan magistral, imité de la pièce do Calderon (2) iutitulée l'Alcade de Zalamea. Le docteur F.mmaiiuel de Guerra, juge ecclésiastique, travailla avec Calderon à la plupart de ses pièces, et révisa son théâtre en 1680. Son ami, Juan de Vera 'J'assis y Villarocl, entreprit, en 168o, une édition plus complète de toutes ses œuvres (15 vol. in-4°). Son frère, Joseph Calderon, avait déjà donné une édition des comédies en 1640, mais il n'en parut que 4 volumes. Ses œuvres furent publiées avec l'approbation d'un docteur en théologie; mais un autre docteur, nommé Cayorcy Fonséca, conq>osa, à celte occasion, un ouvrage ]>our faire remarquer l'iusuflisancc de celte approbation, et l'on dit qu'après avoir lu le livre de Fonséca, les pieux magistrats de Burgos liront démolir le théâtre de leur ville, qui avait coûté -20,000 ducats. On remarquera, non sans quelque surprise, que les deux premiers auteurs coniques espagnols aient été deux prêtres, Caldcron, clianoine de Tolède, et Lope de Vcga, chapelain et docteur en théologie. Le théâtre
(I) Lktgect l'a traduite suu< ce liirc : St- tli'flcr Jc$ affurtarts. (i) Collot n'a travaille que d j|.ro U lr*lutiion <lt- Lwgucl, qui a utlilulc cette pi*cc : lt Vm r*»'.
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du premier a été imprimé à Madrid, 1760-65, 10 vol. petit in-4», et celui du second forme 36 vol. in-4\ Indépendamment de ses comédies, Calderon avait Fait un grand nombre d'au/o< sacramenlales (actes sacramenlaux) : c'est le nom que donnent les Espagnols à des pièces saintes, qui sont, pour eux, ce que, dans le 16' siècle, étaient en France les mystères, les actes des saints et les moralités. L'édition de Vera Tassis donne cent vingt-sept comédies et quatre-vingt-quinze auloi ; mais il est constant que beaucoup de ces pièces ne sont pas de Calderon, qui, retiré du grand monde et insensible à toute gloire littéraire, ne voulut prendre aucune part à ces éditions. 11 n'attachait alors de prix qu'à ses autos, et, dans sa lettre au duc de Yéragua, qui le priait de lui en envoyer la liste", il n'en compte que soixantehuit. « Quant à mes pièces mondaines, ajoutait-il, « il est assurément malheureux qu'outre mes pro- « pres ouvrages, déjà si défectueux, on m'en impute « d'autres , et qu'on ait tellement défiguré mes « propres pièces, que je ne les reconnais plus que c par leurs litres. Toutefois, je ne veux pas m'op- « poser à ce que font les libraires, ni traiter mes « comédies avec plus d'égards qu'ils n'en ont eux- « mêmes. Mais j'attache une plus haute importance a à mes autos, et cela dans l'intérêt de la religion. » On en jouait encore à Madrid vers le milieu du siècle dernier. L'un de ces autos de Calderon, imprimé à Valladolid. sans date, est intitulé : la Dévotion de la Missa. On dit en effet une messe sur le théâtre, et, pendant la messe, on livre bataille : les acteurs sont un ange, le diable, un roi de Cordoue mahométan, une vivandière et deux graciosos, ou soldats bouffons. La pièce est terminée par le mariage de la vivandière avec un gracioso, et par l'éloge de la messe. En Allemagne, où les idées sur l'art dramatique se rapprochent plus qu'en France du goût espagnol, Calderon commence à jouir d'une grande réputation. Schlegel, dans ses leçons sur la littérature et l'art dramatique, n'hésite pas à proclamer Calderon comme le pére du genre romantique. « Il était poêle dans toule l'acception du a mot, dil-il, et autant qu'il esl possible de mériter « ce uom. Sa sensibilité est profonde, son imaginait lion est audacieuse, son langage est noble, pur et « harmonieux, ses images sont saisissantes et pein- « tes avec des couleurs vives et éclatantes. 11 émet brasse toute la création avec un amour intime et « profond, et sa poésie n'est qu'un hymne inces- « sant qui chante |<erpétuellcment les œuvres du « Créateur. 11 rapproche ce qui est le plus loin de ce « qui est le plus près, ce qu'il y a île plus grand de . « ce qu'il y a de plus petit, les étoiles des fleurs, les o diamants des goultcs de rosée, et lors même que « ses images favorites reviennent souvent, elles ré- « jouissent toujours, comme une belle fleur quand « nous la retrouvons différemment disposée. » Schlegel a traduit ses meilleures pièces, et l'on a donné avec un grand succès, sur le théâtre de Weimar, son Prince constant et sa Vie est un songe. I^a première de ces pièces, dont le héros est don Fernand, prince de Portugal, passe pour le chef-d'œuvre de Calde-
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ron. Elle a été aussi traduite en français par Gueullelle, Paris, 1717, in-12, et plus récemment une seconde fois en allemand par le professeur Petz. Les œuvres de cet auteur ont été réimprimées à Madrid en 1726 et 1760, 10 vol. in-4*. Un recueil de ses autos sacr amentales & paru à Madrid en 1759,6 vol. in-4* (I). Goethe a également porté sur Calderon l'attention publique ; plusieurs éditions critiques et autres des tomedia* ont été entreprises en Allemagne, et d'excellentes traductions ont été faites par MM. Gries et Malsbourg. En 1819, |le libraire de Boeckhaus, à Leipsick, entreprit la publication, en espagnol, des œuvres dramatiques de Calderon. Celle édition, dans le format in-12, est imprimée en beaux caractères. Au lieu de l'ancienne orthographe, on y a adopté celle de l'académie de Monrid de 1792. Les plus importantes variantes des éditions sont indiquées à la fin de chaque volume. C'est M. Kcil, savant philosophe, spécialement versé dans la langue espagnole, qui a dirigé cette entreprise. Le 1" volume est orné du portrait de Calderon, gravé par Coupé, à Paris, et précédé d'une notice biographique écrite en espagnol parD. Juan de Vera Tassis y Villarroel. En France, le libraire Baudry a donné une édition des œuvres choisies de Calderon sous ce titre : Calderon de la Barca, Piesas escogidas, Paris, 1843, in-8°, avec portrait (2). Outre ses comedias et ses autos, Calderon a composé encore deux cents loas (préludes), cent sainettes (divertissements) et un grand nombre de sonnets, de chansons, de romances et d'autres petites poésies dont la plupart n'ont pas été imprimées. On a encore de lui les ouvrages suivants, qui ont été publiés à part et en dehors de ses œuvres : I» Èntrada de la augusta lieyna madré, 1640 ; 2» Diseurso sobre los quatro novisimos, en octaves ; 3" Tratado de la nobteza de ta yinlura ; 4' Tratado en defenia de la comedia. Les lettres manuscrites de Calderon sont conservées dans les archives de la maison de Calderon. On voit par le fragment d'une de ces lettres, publié récemment dans un journal espagnol, et dont un passage se trouve cité plus haut, que les pièces de ce poêle furent horriblement défigurées, de son vivant, par les copistes et par les imprimeurs. Calderon a trouve en Espagne beaucoup de détracteurs, parmi lesquels on peut citer don Blas Nasara et don Ignacio Luzan, enfin don Marlilo Gaditano, directeur de la Cronica cienlifica y litteraria de Madrid. Un Allemand qui habite Cadix depuis plusieurs années a publié l'apologie de Calderon sous ce titre : Pasati empocrilico, en que se velilan los meritos de Calderon, y el lalenlo de su delractor, etc., Cadix, de l'im-
(1) Liugoel, qui puh'ia en 1771 son Théâtre espagnol, en 4 toI. In-li, y comprit su pièces de Catderun el Irois seuleaieot de Lope de Ycga.
(2) Uans les Cheft-d' autre des théâtres elramfert, on trouve dent tuluurs contenant la traduction, par Esineuard el .U Beautnclle, des pièces suivantes de Calderon, précédées d'une \\t de l'auteur : Gnrdei-ram de f eau qui dort, comédie ; — le Peintre di stn desionnenr, corn die ; — te dernier Une! en Espugne, coinedie ; — l'A tende Je Zamniia ; — te Prince constant ; — Ltuis Pères 4* Gaine ; — Il ne faut pas toujours enter n» pire; — tt Sa je dt t'AlfnJnrrn. C«-f.
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primerie de Carrcno. — Un autre Calderox de la Barca (don Fernando), de la même famille, écrivit sur la lidélilé que les peuples doivent aux rois, et publia son ouvrage sous le titre suivant : El sanocoruejo y efficaz auxilio con que toto vattalo para ter leala debe terbiràtul Rey y seAor, Madrid, 4715, in-fol. A cette époque, Philippe V, dont le régne avait eu les armes pour appui et venait d'être cousolidé par la paix, avait besoin que ses nouveaux sujets se rattachassent à lui par le sentiment de leurs devoirs, et ces devoirs, Caldcron de la Barca les lit connaître aux Espagnols. — L'Espagne a eu plusieurs écrivains du nom de Calderon. Nous citerons ici les principaux. — Calderon de Montalvan, dont on a uu recueil intitulé Comediat de variot ingéniât, Madrid, 16.33, 3 vol. in-4*. — Don Gabriel Diat Varea Calderon, évéque de Cuba, auteur d'un ouvrage qui a pour titre : Grandeiat y Maravillat de la inclyla y tanla cindad de Itoma, Madrid, 1077, in-fol. — Jean Calderon de Houles publia le recueil des privilèges de l'ordre d'Alcantara : Privilégia telectiora militia S. Juliani de Pereiro, hodic de Alcaniara, a tummit pontificibut concetta, Madrid, 1627, 1662, in-fol. — Antoine Calderon, né à Bac^a, chanoine et professeur de théologie à Salamanque, fut chargé de l'éducation des infants d'Espagne, nonuité ensuite à I evècué de Grenade, et mourut, avant de prendre possession de son diocèse, le 12 janvier 1654. Il composa cinq ouvrages sur l'immaculée conception, et 5 vol. in-fol. sur l'histoire de St. Jacques, patron et capitaine général des Espagne», Madrid, 1657 et 4658. — Jean Calderon fut le premier éditeur des Fourni chroniquet de Flavius- Lucius Dcxter, de St. Braulion et d'Hélécan. Ces ouvrages supposés qu'on croit avoir été fabriqués par Jérôme Romain de la Higuera, étant tombes entre les mains de Calderon, il ressentit une joie extrême de les avoir retrouvés, et il les publia de bonne foi à Saragosse, en 1619, in-4*, comme des histoires authentiques qui avaient été cachées au monde savant depuis le 5', le 7e et le 9e siècle. V— ve.
CALDEKON DE LA BARCA (Vincent), peintre et paysagiste, probablement de la même famille que le poète de ce nom, naquit à Guadalaxara en 1762. Il rut élève de François Giosa et peignit dans la manière de ce maître ; mais enlevé aux arts à l'âge de 32 ans (1798), il n'eut que le temps de donner de brillantes espérances. Ou a de lui de bons portraits. Son ouvrage capital est un tableau d'église qu'il fit pour les prémontrés d'Avila. Z— o.
CALDEKWOOD , ou CALD WOOD ( David ) , théologien écossais du commencement du 17» siècle. Destiné dès sa jeunesse au ministère de l'Évangile, il se livra avec beaucoup d ardeur et de succès à l'étude de la théologie. Il fut nommé , en 1604, ministre de Crelliug , paroisse située dans le midi de l'Ecosse ; il y acquit une grande considération par son savoir et la pureté de ses mœurs. Le roi Jacques VI d'Ecosse (Jacques 1" d'Angleterre), voulant réduire l'Église écossaise à la couformité de rÉglise anglicane , Calderwood s'op|>osa avec une à toutes les
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prendre à cet égard , et que soutenait la présence du roi lui-même. Calderwood ayant signé , ainsi que plusieurs autres ecclésiastiques , une protestation , fut cité à comparaître devant une haute commission présidée par le roi. Il déclara qu'on pouvait attendre d'eux obéissance passive aux ordres de la cour, mais non obéissance active, c'est-à-dire qu'ils étaient décides à tout souffrir et à ne rien faire. Après un long interrogatoire, qu'il soutint avec autant de présence d'esprit que de fermeté, le roi lui demanda : « Si vous êtes mis en liberté, obéi- « rez-vous? — J'obéirai , répondit Calderwood, ou « je dirai mes raisons pour ne pas obéir. » Il fut mis en prison , dépouillé de son bénélice , puis condamné au bannissement. Il parait qu'il avait déjà été emprisonné pour la même cause. Il passa en Hollande, où il publia en 4623, sous le nomd'/sdtrardiu Didoctavxut, son livre intitulé : AUare Damateenum , in-4*, regardé par son parti comme un ouvrage capital , et auquel les épiscopaux n'ont jamais entièrement répondu. Cet ouvrage , devenu fort rare , a été réimprimé en 1708 , sous ce titre : AUare Damatccnum, teu Eceletim Angtieanœ Polilia , Ecclesiœ Scotieana obiruta , a formalitla quodam delineata , itluttrata et examinata tub nomine olim Edwardi Didoetavii , i<«dio et opéra Davidii Calderwood , etc. 11 produisit alors un grand effet. Calderwood y traite de tout ce qui regarde le gouvernement et l'Église anglicane. C'est véritablement un coq» de controverses sur les points qui divisent en Angleterre les calvinistes eu puritains et en anglicans. Peu de temps après, Calderwood ayant été 'malade, on le crut mort, et un nommé Patrick Scot publia en son nom une rétractation sup|K>»ée, faite sur son lit de mort. Celle pièce, à ce qu'il a prétendu depuis, lui avait été commandée par le roi , qui en avait même fourni les matériaux. La fraude ayant été bientôt reconnue, Scot, à ce qu'on assure, passa en Hollande dans l'intention de se défaire de Calderwood ; utais c'est Calderwood lui-même qui transmet ce fait, et il est permis de n'en pas croire un homme de parti persécuté. Scot ne trouva point Calderwood en Hollande. Il était repassé secrètement eu Ecosse, où il demeura caché plusieurs années. On lui attribue plusieurs écrits qui parurent alors dans le sens tlu parti prébystérien. Ce fut probablement a celte e|>oque qu'il s'occupa de rassembler et de rédiger les matériaux d'une Histoire de f Église d'Ecotte depui$ la réformation. Cet ouvrage, précédé d'une épltre au lecteur, où Calderwood rapporte les principales circonstances de sa vie, existe manuscrit, en 6 vol. in-fol. , a la bibliothèque de Glascow. L'auteur en lit imprimer, en 1618, un extrait en trois volumes, suus le titre de Véritable Uitloire de l'Eglite d'Ecotte. L'ouvrage est estimé. Calderwood mourut sous le règne de Charles l". X— s.
CALDlliRA, ou CALDER1A (Jean ), d'une ancienne famille , professeur de médecine à Padoue , était natif de Venise, et vivait au 15* siècle. Les circonstances de sa vie ne nous sont point connues. On sait seulement qu'après avoir longtemps étudié la I médecine et la philosopbie, il obtint une claire à Pa-
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doue eu 1424 , qu'il se retira depuis dans sa patrie, où il mourut dans un âge fort avancé, vers 1474 , s'il faut en croire le P. Jean degli Agoslini. Il avait été marié , et entre autres enfants , il eut une fille nommée Caitaruzsa , ou Catherine , nou moins bavante que sou père , et qui composa un traité de Laudibut sanctorum. 11 ne parait pas que cette production ait été publiée. Anloino Vincigucrra, qui a dédié à Caldicra la 3* de ses satire* , loue beaucoup le mérite de celte dame, dont il déplore la perle récente. Le seul ouvrage de Caldicra ost un livre singulier et rare, mais dont l'exécution typographique est peu soiguée ; il est intitulé : Concvrdantiet poetarum, philotophorum et theohgorum, J '. Calderia phytico aulhore, opue vtre aureum , Venise, 1547 , in-8°. L'éditeur fut Michel-Ange Biondo, docteur en médecine. Ce livre, que Caldiera avait composé pour sa llllc, est un vrai traité de théologie mystique. L'auteur y rapporte aux mystères de la religion chrétienne toutes les fables grecques et romaines. C'est ainsi que dans le mythe des noces de Thélis et Pélée, Proléc, suivant lui , est Dieu le père ; Jupiter, le Christ ; Pélée , le peuple chrétien ; Thétis, l'Église romaine; Pallas, Vénus et .lu non, les (rois Vertus théologales, à savoir Junon , la Foi, Pallas, l'Espérance , et Vénus, la Charité ; la Discorde est le Diable, et le berger Pàris, St. Paul. Ce livre est imprimé rum privilegio iliuilrise. Sen. Yeneliarum in deeennium. Catdiera a laissé plusieurs autres ouvrages manuscrits dont quelques-uns se conservaient a Venise dans la bibliothèque Sagrcdo , d'où ils ont passé A celle d'Apostolo Zeno : ce sont des discours, des traités d'astrologie, de morale et de politique, etc. Philippe de Riuiini , dans son Banquet de {a pauvreté, donne beaucoup d'éloges à Caldiera, qu'il fait un des trois interlocuteurs de ses symposiaques , aous le nom û'Ipoeratide. Les deux autres sont André Contrario, qu'il appelle il Tiburtino, et AréophUe, l'auteur lui-même. Z.
CALDORA (Jacqles), condotliére, né dan* le royaume de S'aplcs , avait servi avec distinction sous Ladislas, mais ce fut surtout pendant le règne de Jeanne 11, et après sa mort, qu'il se fit un grand nom et qu'il jouit d'un grand crédit. La reine, jalouse de Sforza et de Braocio «le Montone , élevait Caldora pour l'opposer a l'un et à l'autre. Quoiqu'il fut bien inférieur en talents a ces deux généraux-, son habileté lui méritait encore un rang distingué, et il avait comme eux le talent de s'assurer l'affection des troupes. L'inconstance avec laquelle il changea plusieurs fois de parti , et son exlréme avarice qui lui faisait toujours préférer un gain immédiat à toute considération de gloire et d'honneur, nuisirent à son avancement. Après la mort de Sforza, il fut envoyé contre Draccio , et il remporta sur lui , le 2 juin 1424, la grande victoire d'Aquila, où ce général fut tué. Caldora fut ensuite élevé A de plus hautes dignités. Il unit sa famille , par un double mariage, à celle de Ser Gianni Caraccioii, le fuvori de la reine. Ce dernier fut tué au milieu des fttes qu'il donnait jtour les noces de son fils. Après la mort de la reine Jeanne, Caldora embrassa le parti
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de René d'Anjou, et fut nommé par lui grand connétable du royaume. Il mourut subitement le 45 octobre 1430, lorsque René attendait de lui les plus grands services Son fds Antoine fut arrêté par ordre du roi français, mais ses soi data le délivrèrent ; alors, il abandonna le parti d'Anjou, et , avec toute son armée, il passa au service d'Alphonse, qui bientôt devint maître absolu du royaume. S— S — i.
CALDVVALL , ou CHALDWELL ( Richard ) , médecin anglais, né dans le comté de StafTort, en 1513, un des élèves les plus distingués de la faculté du Christ en 1547, reçu docteur en celte facullé, fait ensuite censeur du collège des médecins à Londres, eu 1570, nommé président de ce collège, et mort en 1586, jouit d'une très-grande réputation pendant sa vie. On dit qu'il a traduit eu anglais un ouvrage do chirurgie d'Horace More , de Florence, ayant pour litre : Tabla de chirurgie , imprimé à Londres en 1585 ; mais il mérite surtout d'être cité pour avoir fondé dans le collège de médecine de Londres une cluurc de chirurgie. C. et A — y.
CALEB , de la tribu de Juda, lils de Jépboné, naquit Tan 1530 avant J.-C. Il fut envoyé avec Josue et dix autres députés choisis dans les douze tribus d'iraél, pour reconnaître la terre de Clianaan. Le peuple murmurant et se soulevant sur ce que la plupart de ces envoyés lui disaient qu'ils ne pourraient jamais se rendre maîtres du pays qu'ils avaient parcouru, Caleb et Jotué, déchirant leurs vêtements, encourageaient les Israélites en disant : « Le pays que « nous avons vu est excellent. Si Dieu est avec nous, a nous pouvons aisément en faire la conquête. Ne vous « soulevez |>oinl contre le Seigneur; nos ennemis sont « sans secours, nous les dévorerons comme le pain. » Mais le peuple en fureur se mit à crier et prit des pierres |iour les lapider. Alors le Seigneur, par un signe, menaça d'exterminer toute celle multitude. Moïse l'ayant ajiaisé par sa prière, le Seigneur se contenta de prolester qu'aucun de ceux qui avaient murmuré contre lui ne verrait la terre de Chauaan et qu'ils mourraient tous dans le désert. « Mais. « ajouta-t-ll, |»ur mon serviteur Caleb, qid m'a ■ suivi fidèlement, je l'introduirai dans ce pays, et « il le possédera lui et ses enfants. » Quaranic-cinq ans après , lorsque Josué eut fait la conquête de ce pays, Caleb, alors âgé de quatre-vingt-cinq ans , rappela aux Israélites la promesse du Seigneur de lui donner la possession de la terre qu'il avait visitée. Il demanda et obtint en partage la ville d'Hébron, où habitaient les géants d'F.nacim. Il assiégea cette ville, l'emporta, et tua trois géants, nommés Scsaî, 1 holmai et Ahiman. 11 marcha ensuite contre la ville de Dabir, qu'on appelait aussi Cariath-Seplier. c'est-à-dire la cité des lettres, parce que les Philistins et les Chananécns y avaient établi une espèce d'académie pour l'instruction de la jeunesse. La résistance des habitants fut si opiniâtre, que Caleb, ne |iouvant les soumettre, offrit sa fille Axa pour épouse à celui de sa tribu qui, le premier, monterait sur les remparts de Dabir. Ot hou ici, fils de son frère, remporta ce prit de la valeur. Caleb mourut â l'âge de 114 ans, vers
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l'an 1416 avant J.-C. Le premier livra des Paralipomimi lui donne trois enfants, Ilir, Ela et Naham. V— vb et D-r— n.
CALÉCA ( H Alton.) , moine grec, de l'ordre des dominicains, vivait vers le milieu du 14' siècle. C'était une époque de querelles tliéologiques ; et la procession du St-Esprit occupait bien plus l'attention publique que les progrès des Turcs. Les Latins croient que le St-Esprit procède du Père et du Fils; les Grecs sont persuadés qu'il ne peut procéder que du Père. Ce sont des diflicultés de théologie transcendante, des énigmes épineuses, qui devraient tout au plus occuper les écoles et les monastères. Mais comme alors il n'y avait presque plus en Grèce de littérature que la tliéologie, tous les esprits prenaient part à ces disputes des ecclésiastiques et des moines. Les empereurs même et les hommes politiques n'y restaient pas étrangers, cédant en cela à l'influence du goflt général, et surtout sans doute parce qu'à cés questions d'une importance secondaire se rattachaient les plus grands intérêts. La suprématie du pape, la réunion des deux Églises, la dorée même de l'empire, du toutes parts menacé par les troupes victorieuses des Ottomans, tenaient à la solution de ces difficultés tliéologiques. En effet, les papes promettaient aux Grecs réunis, aux Grecs orthodoxes, le secours des armées européennes; les Grecs schismatiques pouvaient tout au plus compter sur leurs prières. Manuel Caléca entra dans le parti asse* peu nombreux des Grecs qui désiraient la réunion , et il adopta sur la procession du St-Esprit les opinions de l'Eglise latine. Ses ouvrages de controverse, destinés désormais à l'oubli le plus complet, ont été loues par les théologiens catholiques. I-e plus considérable est intitulé : Quatre livret contre let erreurs des Grecs touchant la procession du St-Esprit. Le P. Pélau, grand théologien, dit que c'est un excellent livre, où la matière est discutée avec infiniment d'exactitude et de soin; il ajoute qu'il est impossible •le rien écrire de plus savant et de plus subtil. Ambroise le Camaldule le traduisit en latin par ordre du pape Martin V. Cette traduction , publiée pur P. Stevart ( lngolstadt, 1610, in-4») , a rc|iaru dans le t. 26 de la Bibliotheca Patnim de Lyon. On trouve dans ce même tome la traduction latine de deux autres traités de Caléca sur V Essence et l'Opération de Dieu, sur la Foi, tt les principes de la foi catholique. Le P. Combefls est auteur de cette traduction, qui avait paru pour la première fois en 1673; il l'avait jointe alors au texte grec. Un gros volume sur la sainte Trinité, deux homélies, quelques discours Idéologiques, quelques lettres, quelques opuscules de petite grammaire , sont en manuscrit dans les bibliothèques d'Italie, d'Allemagne et de Paris, attendant un éditeur qui pourra bien ne pas se présenter. Caléca mourut A Mitylène, en 1410. B — ss.
CALED. Voue: Khaled.
CALEF (Robert), négociant américain , mort i Boston en 1720. On lui doit les Merveilles encore plus étonnantes du monde invisible, pour réfuter un pamphlet théologique publié sous le même titre par le docteur Cottou, Londres, 1700. Z— o.
CALEMARD DE LAFATETTE, président de chambre a la cour royale de Lyon, député de la Haute-Loire, fit partie de la majorité royaliste de la chambre septennale et de la commission chargée du projet de loi relatif à l'indemnité à accorder aux émigrés. Le 2 mai 1820, comme il passait sur la place Louis XV, il reçut un coup de pistolet d'un ancien officier nommé Gineste Pagniol , avec lequel il avait eu des discussions d'intérêt et qui se brflla sur-le-champ la cervelle. Calemard de Lafayctte expira le lendemain. D — r — r.
CALENDARIO ( Philippe ) , architecte et sculpteur italien, florissail à Venise en 1554. La république le cliargea de construire ces superbes portiques, soutenus de colonnes de marbre, qui décorent la vaste enceinte de la place St-Marc, et sur lesquels s'élèvent des bâtiments uniformes ornés de bas-reliefs et de riches peintures. Co grand ouvrage fut généralement admiré. La république décerna «le grands biens à l'architecte, et le doge même l'honora de son alliance. On voit à Venise d'autres ouvrages de Calendario. V — ve.
CALENTYN (Pibrrb), auteur du 16* siècle, natif/ou tout au moins habitant de Louvain, mort vers 1503, a donné une édition en flamand de l'ouvrage de Paschasius, intitulé : Méthode pour faire un pèlerinage spirituel dans la terre sainte, avec une indication exacte de la situation des lieux saints, Louvain, 1663, in-12. Paschasius (né A Bruxelles dans le 15* siècle, mort après 1552) n'avait jamais mis le pied dans la terre sainte, quoi qu'en dise Adrlchomius, et ce n'est pas une relation de son voyage qu'il nous a donnée, mais un livre de dévotion. Il suppose un pèlerin qui, ne pouvant se rendre personnellement à Jérusalem, veut du moins y aller en esprit. La roule et le retour sont divisés en autant de stations qu'il y a de jours dans l'année. Le voyageur imaginaire, parti de Tirlemont, arrive en cent vingt-cinq jours à la terre sainte, et est rendu A Tirlemont le 31 décembre. On a deCalcntyn : 1° Fit» crucis a domo Pilati usque ad montera Calraria, Louvain, 1368; ce pourrait bieu aussi être un royage imaginaire; Vies Sept Heures de la sagesse éternelle, composées, il y a plus de deux cents ans, par Henri Suso, nouvellement traduites en flamand, Louvain, 1572, in-12; 5" Petite Crèche pour recevoir l'Enfant Jésus , Imprimé à la suite du Ut jonché de fleurs deV.Hensberch, en flamand , Louvain, 1640, in-16. A. B— T.
CALËNUS (QtriNTUS Fcstos), tribun du peuple à Rome, l'an 61 avant J.-C., embrassa le parti de César, lit la guerre aux lieutenants de Pompée, et voulut pénétrer dans le Péloponèsc; mais l'isthme ayant été muré par les soins de Rutilius Lupus, Calénus alla mettre le siège devant Athènes, et s'empara d'abord du Pyrée, dont Sylla avait miné les fortifications. La ville résista. Les Athéniens , qui suivaient le parti de Pompée, ne se rendirent qu'après avoir reçu la nouvelle de la bataille de Pharsale. Ils envoyèrent alors tles députés à César, qui leur fit grâce en disant : « Faudra-t-il donc toujours que, dignes de « périr par voua-mèmes, vous deviet votre salut à h»
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« gloire de vos ancêtres ! » Mégare, loin d'implorer la clémence du vainqueur, osa soutenir un siège contre Calénus. Après une assez longue résistance, près de succomber, les habitants s'avisèrent de lâcher contre les assiégeants des lions que Cassius avait déposés dans leur ville, et qui devaient être envoyés à Home pour les jeux de son édilité ; mais ces animaux se jetant sur les Mégariens eux-mêmes, en déchirèrent plusieurs. La ville ouvrit ses portes, et les vaincus furent réduits en esclavage. Cependant Calénus les vendit pour un prix très-modique, alin qu'ils pussent facilement se racheter. I-a victoire de Pharsale lui ayant ouvert le Péloponèse, il marcha vers Patras, où Caton s'était réfugié avec la plus grande partie de la flotte de Pompée. Caton se relira, et la Grèce entière fut soumise à César. Pour prix des services qu'il avait rendus , Q. Fusius Calénus fut fait consul l'an 47 avant J.-C. Après la mort de César, Calénus suivit le parti de Marc- Antoine. Varron, le plus savant des Romains, qui s'était distingué dans les armes comme dans les lettres, devint odieux aux triumvirs. Il avait été partisan de Pompée, et Marc-Antoine, du vivant même de César, s'était emparé d'une partie de ses biens. Varron fut inscrit sur les listes fatales. Ses amis se disputèrent I honneur de le recueillir dans sa disgrâce, et Calénus obtint la préférence. Il le cacha dans une maison de campagne où Marc-Antoine allait souvent, sans se douter qu'un proscrit de cette importance logeât avec lui sous le même toit. Lorsqu'Uctave acheva de ruiner le parti de Marc-Antoine, Calénus se trouvait du côté des Alpes avec une armée forte de plusieurs légions. Il mourut à cette époque, et son (ils remit lui-un-. ne à Octave ces légions privées de leur commandant. ( Voyez César, de Bell. Gall., t. 8; et de Bello eivili, t. 5. ) V — ve.
CALÉNUS. Voyez FLahle.
CALENZIO (Eusse), en latin, Éusius Ca- ; î m i i s . né dans la Pouille, fut compté parmi les bons poètes latins du 15" siècle. Lié d'amitié avec Pontcanus, l'Allilio et Sannazar, il joignit à la poésie des études philosophiques. 11 fut nommé précepteur du prince Frédéric, (ils de Ferdinand II, roi de Naplcs, et lui donna d'excellents principes de politique et de morale. Il mourut vers l'an 1503, en recommandant à sou frère Lucio Calenzio de placer sur son tombeau l'épitaphe qu'il s'était composée lui-même. Ses ouvrages latins furent publiés a Borne en 1503, in-fol., Tannée même de sa mort, et ont été réimprimés plusieurs fois ; ils contiennent des élégies, des épigramracs, des épi très, l'apparition d'Hector, la satire contre les poètes, etc. ; l'édition originale est la plus recherchée, parce qu'elle contient plusieurs pièces trop libres, qui ont élé supprimées dans les réimpressions. Dans un recueil de Fables choisies de la Fontaine, mises en vers lalins et publiées à Rouen par l'abbé Saas en 1738 ( I vol. in-12 ) , on trouve le Combat des rats et des grenouilles, imité du poème de la Batrachomyomachie d'Homère, par Calenzio, qui le composa étant à peine âgé de dix-huit ans, et le termina en sept jours. Ce poète était doué de plusieurs belles qua-
lités, mais sa passion déréglée pour les femmes, i
laquelle il sacriliait tout, le lit toujours vivre d'une manière voisine du besoin. R. Q.
CALEP1NO, ou DA' CALEPIO (Ambroise), naquit à Bergame, le 6 juin 1455. Son père, le comte Trussardo, était issu de l'ancienne famille des comtes dcCalepio. Ambroise entra en 1451 dans l'ordre des augustins. 11 se rendit célèbre par son grand Dictionnaire des langues latine, italienne, etc. , connu sous le nom de Calepin (I), qu'il publia pour la première fois à Reggio (1502, in-fol.), et depuis en 1505 et 1509. Toute sa vie fut consacrée à cette grande entreprise; il ne laissa passer aucun jour sans revoir son travail, sans l'accroître et le corriger. Calepino, parvenu à une extrême vieillesse, devint aveugle sur la lin de ses jours, et mourut le 30 novembre 1511. Les diverses éditions de son dictionnaire en prouvent assez le succès et le mérite. H en a été de ce livre comme du Dictionnaire de Moréri, et comme de la plupart de ceux de ce genre. L'auteur l'avait publié en un volume assez mince ; depuis ce temps, il a élé bien augmenté, en passant par les mains de Passerai, de la Cerda, de Laurent Chifllet et d'autres compilateurs. En convenant des défauts qui devenaient inséparables d'une pareille entreprise, on doit rendre justice à la vaste érudition de Calepino et à ses connaissances dans les langues latine, grecque, hébraïque, dont il avait fait une profonde étude. L'édition la plus complète de ce dictionnaire est celle de Baie, 1590, ou 1627, in-fol. ; elle est en onze langues, y compris le polonais et le hongrois. On estime aussi celle de Lyon, 1386, 2 vol. in-fol. , qui est en dix langues, et celle de Lyon, 1681, 2 vol. in-fol., en huit langues; celle-ci' était déjà la 19* édition. Facciolati en donna une, aussi en huit langues, Padoue, 1758, 2 vol. in-fol. L'édition la plus récente est en sept langues, Padoue, 1772, 2 vol. in-fol. La plus commode est l'abrégé donné par Passerai en huit langues, Leyde, 1654, 2 tom. , ou 1 vol. in-4*. R. G.
CALES (Jean-Marie), conventionnel, était médecin à Toulouse à l'époque de la révolution, dont il embrassa les principes avec chaleur. Nommé colonel de la garde nationale de St-Béat à son organisation, il ne tarda pas à se démettre de cette fonction pour entrer dans la partie administrative. Député en 1791, par le département de la Haute-Garonne, à la législature, il ne s'y lit remarquer que par ses liaisons avec les plus ardents révolutionnaires. Devenu membre de la convention, il y prononça, dans le procès du roi, un discours très-violent, qu'il (il imprimer : « Mes regrets, dit-il en finissant, se- « raient prostitués, s'ils prêtaient un intérêt adula- « teur et déplacé au sort des bêtes féroces qui dans « tous les temps ont ravagé l'espèce humaine. » Lorsqu'il dut exprimer son opinion sur la peine , il
(tj Le mol calepin r-st pjssé dins notre langac poor exprimer m retutil de noies el d'exiniu, témoin ces vers de itoilean, mi. V :
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dit: « Je vote pour la mort ; tout mon regret est de n'avoir pas à prononcer sur tous les tyrans (1). » Le 15 juin 1793, il fut envoyé prés de l'armée des Ardennes pour surveiller les opérations des généraux et assurer l'approvisionnement des troupes (2). Défi) Ce fut no des qoaranle on cimtoante conventionnels qui firent Imprimer des projets de constitution, concurremment avec eelut qui fut proposé par Condoreet au nom d'au comité, avant le SI mai. C'est sous le titre modeste de .Veto tur le plan de constitution, et de Suite 4e notet, que Cales lit imprimer deux brochures formant ensemble 63 pages ln-«*. Il se plaint, dans un avant-pro[*«, de ■'avoir encore pu obtenir nue teule foit lu parole, quoique s'élant inscrit »ix foit nonr parler tnr direnei matière» S intérêt publie : «t La unique malheureuse, dit-il, qu'on a adoptée pour fermer les « discussions avant qu'elles aient commencé, a livré le temps de « nos séances a un babil éternel, sans cesse entretenu par sept à
« batt dépotés, toujours les mêmes Ils ont tant parlé que tous
« leurs collègues les connaissent, et qu'ils ne connaissent aucun de « leurs collègues, u Puis il manifeste son intention de prendre part a la discussion du projet constitutionnel. « pourvu toutefois, dit-il, « que les orateurs ordinaires en tus, en t et en au veuillent me le « permettre. » 11 trouve d'ailleurs que le plan de discussion est manque, et qu'il pècbe par le fondement eu reniant absolue la république qui ne doit tire que repretentatite. Il vcul dans l'Étal quatre dearè» fntmneur ainsi classes : Y Agriculteur, le Guerrier, le Sarant et V Artisan. Knfio il termine par se plaindre encore de n'avoir pu obtenir la parole tout eut demandée etjamau obtenue. Encore s'il pouvait se natter que ses Strie» seront lue* ! mais «je « suis sur, dit-il. que mes noies ne le seront seulement pas d'un « sixième de nos députés. » Et c'est ainsi qu'on prétendait alors e! V-ve.
mission, il prononça, le 10 août, a Sedan, un i qu'il fit Imprimer dans celle ville (in-»« de 15 p.). Voici le débat : « Quel spectacle pour l'univers !» Et il exprime le vœu que la Divinité veuille « interrompre le cours des astres pour les en « rendre les témoins. » Tout ce qui snil est de la même force : c'est one amplification faite |dans un temps on
■ toujours du délire. Louis XVI était un /|fra«, tout
et la France n'était plus habitée par des hommes; car l'homme ne l'Hait plut. Pais Cales justifie les /m/m tendance» du peuple. « Ceux de qui il a saisi les propriétés n'avaienl-ils pas ailao qué celle qui lui est la pins chère, ta liberté .' » Le peuple n'a pas assex égorgé : « Croyez- voos que la mort de quelques scelrrals o n'eut pas épargne la rie de plusieurs milliers de bons ritorens !... « Vous vous plaignet de la cruauté du peuple, et moi je vous dis que « vous devriez vous plaindre de sa bonté. Citoyens faibles et li-
• mides, cessons de nous abuser ne calomnions pas 1rs aclions
t nécessaires pour notre bonheur, etc. » Après quatre mois et demi de mission a l'année des Antennes, avec son collègue Perrin, l'un et l'autre rureut rappelés comme trop modères. Dans le rapport de cette mission tait a la convention et qui fut imprimé (in-** de I* p.), Calés raconte ce qu'il a fait dans les départements de la Marne et des Ardrnnes,oa un de ses prédécesseurs (Hentx) disait publiquement : « Tant que vous aurez des propriétaires, vous n aurez point «t de liberté. » Calés se justifie sur les dénonciations envoyées contre lai : Il était accusé d'avoir dit «que les jacobins étaient un tas de « polittons. » II dénonce a son tour les jacobins de Sedan qui r hante représentant du peuple a insère cinq couplets lit
MUIi. il ni
Le aM«4il Ha, façon.
£« MMta Vieege eut peur ipriinM Mnin l I - Ixrar rit U» mtn, et twu| L à— rit Mtlhmé, et trwhbU ruur lou fuja, u litière.
t viennent Robespierre, le dieu dettuMlotle», Camille Dessins, Maral et Chabot, qui sont bafoués. Cales termine en «lisant a la convention : « Si la montagne s'écroule, que deviendra la liberté, ■ que deviendra le peuple, et que détiendront let juges du tyr"* ? » A la même époque il publia une brochure intitulée : S. Marte Colé« à tu collègue» tur let calomniée que quatre ù cinq intrigant t répandent contre lui au nom d'une tocitte populaire (In-»0, de S p.). c On nous accuse, dit-il. d'avoir été constamment dans des orgies <x bachiques -, d'avoir avili la toaterainete nationale, le <0 août, en
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puis son retour à l'assemblée, il garda le silence jusqu'à la chute de Robespierre ( 27 juillet .794); et sa conduite postérieure semble prouver qu'il n'avait point {«triage les opinions du cruel décemvir. Après le 9 thermidor, envoyé commissaire dans le département de la Côte-d'Or, il développa dans cette mission beaucoup de prudence et de fermeté ; il parvint non sans peine à mettre un terme aux excès révolutionnaires, et fit fermer le club de Dijon. Plus tard, élu membre du comité de sûreté générale (mars 4795), il fut continué plusieurs fois dans cette place qui lui donnait beaucoup d'influence. Au 15 vendémiaire ( octobre 1793), il vint annoncer à l'assemblée qu'il avait fermé la salle où les électeurs de la section du Théâtre-Français s'étaient réunis pour protester contre les décrets de la convention. Calés fut du nombre des conventionnels qui passèrent au conseil des cinq-cents. 11 concourut de tout son pouvoir au succès de la journée du 18 fructidor. Le 27 du même mois, il fit, sur le costume des représentants, un rapport dont les conclusions furent adoptées. Le 12 brumaire an 6 ( 2 novembre 1797 ), il en fit un autre sur l'organisation des écoles de santé. Quelques jours après, dans la discussion sur l'école polytechnique, il demauda qu'on n'y admit que des jeunes gens connus par leur civisme. Le 29 germinal (18 avril 1798), il prit |>art à la discussion sur renseignement médical. « Si, dit-il, on donne plus de professeurs et de plus gros traitements à l'école de Paris, il me sera démontré tpie le plan est de n'avoir qu'une seule école en France. En vain, comme on le propose, on formerait des écoles élémentaires dans les départements, chacun dira : Il n'y a que Paris pour apprendre la médecine. » ( Moniteur, an 6, p. 864. ) A la sortie du conseil, Calés revint à Toulouse, où il vécut dans une telle obscurité que plusieurs biographes le crurent mort. Élu dans les cent jours membre de lu chambre des représentants, il Tut exilé, en conséquence de ce fait, au second retour du roi, bien que sa conduite eut été alors fort inoffensive. Il ne revint pas en France, comme il aurait pu le faire, après la révolution tic 1830, et mourut à Liège en avril 1854 , à l'dgc de 73 ans. \V— s.
CAMARI ( Pacl), dit Paul Véiionèsb, peintre de Vérone, naquit en 1330, suivant Ridolfi, et en 1528, suivant un nécrologe cité |>ar Zannetli. Son père, qui était sculpteur, voulut lui faire embrasser sa profession. On lui apprit a dessiner cl à modeler en terre, mais il aima mieux s'adonner à la peinture : alors son père l'envoya étudier chez Badile, son qpcle, célèbre pour avoir présenté le premier des tableaux réguliers, Où il s'était affranchi du vieux
« laissant le peuple exposé a l'ardeur da soleil, tandis que j'étais a « mes plaisirs. > Calés répond que ce jour-ta il dînait chez ane veuve de Sedan qu'il épousa m moi* apret, et qu'il se leva de table, ter» let deux keuret. pour aller prononcer son bean discours. Il ajoute : « Je n'ai jamais roanu des agents de Capel ; je n'ai point « roanu Cnsline, j'étais son ennemi. Quand on parle h la société a populaire de Sedan, on traite d'aristocrates et de contre-révolu- « lionnaires ceux qui toussent, qui se aioaeheni, etc. » Ainsi les conventionnels ont peint eux-mêmes leur époque, et le passé est riche en leçons pour le présent. V— «,
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style, connu sous le nom d'antienne manière, Paul fit bientôt des progrès rapides ; mais l'école vëronaise comptant déjà d'illustres artistes, tels que Forbicini, Giollino, Ligozzi, Brusasorci et Farinato, il eut peu de réputation dans ses premières année». Il gagna cependant un prix à un concours de peinture à Mantoue. Le public de Vérone ne lui étant pas favorable, Paul partit pour Vicence, ensuite il se rendit à Venise. Le talent de ce maître avait quelque ebose de noble et d'élevé, qui ne pouvait être dignement inspiré que dans une ville aussi belle, aussi féconde en grands bommes et en grands souvenirs. Il cberclia d'abord à marcher sur les traces du Titien et du Tinloret, mais, en même temps, il parut s'étudier à les surpasser j«r une élégance plus recherchée et une variété d'ornements plus abondante. On reconnut bientôt à ses ouvrages que Paul avait étudié les plâtres moulés sur les statues antiques, les gravures à l'eau-fortc du Parmesan, et celles d'Albert Durer. Il faut cependant convenir que, dans ses premières compositions d'une grande dimension qui sont à m -Sébastien de Venise, son pinceau est encore timide ; plus tard, une de ses fresques, représentant dans la même église l'histoire d'Esthcr, commença à exciter l'admiration publique, et le sénat crut devoir confier à ce maître d'importants travaux. Paul eut le désir d'aller à Rome ; il y fut conduit par l'ambassadeur de Venise, Grimani, et y vit avec enthousiasme les beaux modèles laissés par Raphaël et par Michel-Ange. A son retour, il peignit sa belle Apolhéo$e de Venue. Toutefois ce travail ne fit pas autant d'honneur à Paul que les différentes Cènes ( ou repas ) qu'on doit à son pinceau, et qu'il a répétées plus de dix fois. 11 y en a & Venise au moins six dans différents réfectoires de religieux ; la plus célèbre est celle qu'on appelle les Xoeet de Cana. Elle fut faite pour le réfectoire de St-George-Majeur, du palais de St-Marc, et fut transportée depuis au musée du Louvre. On a fait un grand nombre de copies de cette composition; Elle contient au moins cent trente figures, des portraits de princes et d'hommes illustres du temps. On ne paya ce tableau que 400 fr. de notre monnaie. Taillasson, après avoir fait un bel éloge de cet ouvrage, ajoute des réflexions critiques très-judicieuses : a Quoi de plus invraisemblable en effet que de « voir toute la pompe asiatique déployée aux noces « d'un simple particulier de la Galilée I Quelle in- « conséquence dans ces costumes de tous les pays ! « Quel singulier assemblage que celui de Jésus- ■ Christ, de la Vierge, des apôtres placés à côté des « poètes, des moines, des musiciens du temps de « Paul Véronèsc ! » Nous voyons au musée du Louvre un autre tableau de Paul qui est aussi d'une grande dimension. Il représente le Repas de Jésus- Christ ches Simon. Louis XIV fit demander ce ta» blcau aux servites de Venise, et, sur leur refus de s'en dessaisir, la république le fit enlever pour en faire présent au monarque. L'altitude de Jésus- Christ eit, au premier coup d'œil, pleine de noblesse ; mais, en l'étudiant avec quelque attention, on y découvre de la fierté. On voit que l'hommage
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de la pécheresse qui a parfumé les piods de l'homme*
Dieu excite chez lui un mouvement d'orgueil peutêtre trop prononcé. On observe aussi avec peine que le personnage principal est dans un coin du tableau, et que le blanc des nappes commence à se confondre trop avec l'architecture du fond. Dans ses Pèlerins d'Emmaûs, qui sont à la même galerie, Paul Véronèse blesse toutes les unités de temps, de Heu et d'action. Perrault ( Parallèle de» anciens et de» modernes) établit des principes qui condamnent celte composition. « Un tableau, dit Perrault, est un poème « muet, où l'unité de lieu, de temps et d'action doit a être encore plus rigoureusement observée que « dans un poème véritable , parce que le lieu y est « immuable, le temps indivisible, et l'action mo- « mentanée. » Mais a coté de tous ces défauts de Paul, que de beautés! que d'esprit dans les physionomies 1 que de noblesse dans les portraits, et de justesse dans la couleur I Le musée, indépendamment des tableaux que nous venons de citer , en a treize autres de ce maître, parmi lesquels quelques-uns ont beaucoup de mérite. Le climat de Vérone étant plus favorable à la conservation des peintures, c'est dans cette ville que se trouvent les ouvrages de Caliari qui ont le moins souffert des injures du temps. Ceux qui restent à Venise ont été en partie restaurés. L'air de Venise détruit facilement les fresques. Paul eut pour élèves Charles et Gabriel ses fils, et Benoit son frère dont nous allons parler, Michel Parrasio, Naudi, Maffei Véroni, François Montemexzano. Il avait une imagination d'une fécondité admirable, des idées neuves et piquantes ; mais , comme nous l'avons dit, il ne respecta pas asses certaines convenances dont un maître ne doit jamais s'écarter. Il ne voulut jamais s'asservir aux lois de la chronologie, et, en cela, ses ouvrages méritent de graves reproches. Le caractère de Paul était doux, aimable cl libéral. On l'accueillit un jour avec bonté dans une villa près de Venise ; en partant, il laissa un tableau représentant la Famille de Darius, et cet ouvrage, quoique fait à la hâte, était plein de charme et de talent. Paul Véronèse mourut en 1588. Ses productions sont d'autant plus précieuses, que, depuis la mort de ce maître, aucun autre n'a peint avec autant de facilité, sans éviter, comme lui, le reproche d'avoir composé trop d'ouvrages. On estime les dessins de Paul, qui sont, en général, arrêtés à la plume et lavés au bistre. Ils sont souvent sur papier très-fin, collé sur un papier plus épais et d'une nuance différente, et quelquefois signés d'un P et d'un V. A — D.
CALIAKI (BkxoIt), peintre, frère de Paul , naquit en 1538. Il vécut dans la meilleure intelligence avec son frère, l'aida en ce qui concernait les ornements, la perspective, l'architecture, et ne refusa jamais ses conseils à ses deux neveux, Charles et Gabriel. Il s'occupa aussi de sculpture; mais ses ouvrages en ce genre sont médiocres. Benoit eut peu d'invention ; dans ce qu'il fit de lui-même, on reconnaît un imitatenr de Paul. On lui attribue une Ste. Agathe, oû l'on trouve de l'élévation et de II vérité s nwin elle h été gravée sous le nom de P«*l ,
CAL
ce qui peut faire croire qu'elle appartient à ce dernier. Ridolfi et Boscltini esuroenl beaucoup les histoires romaines et le* sujets mythologiques peints à fresque par Benoit, dans la cour des AÎocenigki. Ce maître mourut à Vérone, en 4598» deux ans après son neveu Cliarle», qu'il aimait avec la plus vive tendresse. A— d.
CALIARI (CHARLKe ), peintre, connu sous le nom de Carletto, (ils ai ué de Paul, avait reçu de la nature un caractère docile et applique. Il faisait les délices de son pore, et il imitait son style avec succes. Paul désirait que son tils le surpassât, et le disait publiquement. Il ne voulait pas que, travaillant d'après un seul modèle, il linit |»r être un copiste. 11 l'envoya donc à l'école de Jacques Hassan, persuadé inie la force de celui-ci, jointe au goût dont il lui avait donné des leçons, formerait i liez Carlello une manière originale plus savante. Kn effet, Carletto, qui perdit sou pére à l ige de dix-huit ans, avait déjà un talent assez marqué pour achever ses ouvrages, et oser perfectionner ceux que Paul n'avait pas finis. Le musée de Florence possède un tableau représentant Stt. Catherine. On y voit le nom du fils, mais on y reconnaît toute la grâce du pére. Carietto mourut en 1500, à 28 ans, suivant Ridolfi, et à 94 ans, suivant Zannetli. Cet artiste eût peutêtre stir|>assé en quelques points Paul Véronèse luimême, si l'ardeur de l'étude n'eût pas abrégé ses jours. Il a composé un tableau représentant S. Augustin On y remarque le mélange des deux mérites de l'école du Hassan et de celle de son père. Ce mettre manque au musée. — Gabriel Camaiu, ton frère, naquit en 1508. Il travailla d'abord aux mêmes tableaux que Charjcs. On en connaît qui portent cette signature : Hertdes Fault Caliari Veronensis feeerunt. Ces tableaux sont du nombre de ceux que Caliari n'avait pas termines, et que ses fils achevèrent. Ridolfi assure que ce fut Charles qui lit les plus belles ligures de ces ouvrages, et ajoute que Benoit Caliari, frère de Paul, travailla aussi beaucoup 4 la partie de l'architecture. Après la mort de Otaries, Gabriel se livra peu à la peiuture ; il s'adonna presque tout entier au commerce ; cependant il fit encore quelques tableaux de chevalet et des portraits au pastel qui sont fort rares. Gabriel , étant arrivé à l'âge de 03 ans, mourut de la peste en 1631 . On n'a pas au musée de tableaux de ce maltre. On en trouve rarement de 'rés-euthentiques dans los cabinets des curieux. A— D.
CALIDA8A, poète dramatique indien, florissait, suivant l'opinion de MM. Wllkins et Joncs, dans le premier siècle avant J.-C. 11 est unanimement reconnu pour le premier des neuf poètes désignés sous le nom des Neuf Perle», que le rajah Vicramaditya, nommé vulgairement Bicker-MadjU, entretenait a sa cour. Outre le drame de Sacontala, ou l'Anneau fatal, traduit en anglais par sir W. Jones, Londres, in-4° et in-8», 1192(1), on connaît de
(I) Brosuicre de Sortant a donné en français cet ouvrage tons ce litre : Saconula, on l'Anntau fatal, drame traduit de La langue sanscrite en anglais par sir W. Jones, et de l'anglais en français fpar Brugaicre d« Sorsuni\ atet des note» da Inditiew et «ne ex-
lui différentes pièces, entre autres, une en 6 actes , intitulée Ourvoti ; un poê nie épique , ou plutôt une suite de poèmes en un livre, sur les enfants du .Soleil ; un autre, dans lequel on trouve une parfaite unité d'aetion, sur la naissance de Coumara, le d ieu de la guerre ; deux ou trois contes d'amour en vers , et un excellent petit traité de la Poésie tanscrUe, précisément dans le genre du 7Vr**if<anM*. Il passe pour avoir revu les ouvrages de Vyasa et de Valinsikl ; il a corrigé les textes qui ont cours maintenant. Personne ne lui conteste la première place après ces deux anciens poètes. Un savant académicien de Calcutta, M. Bentley ( t. 8, n» « des Aiialick Besearckes ), a élevé des doutes qui paraissent assez fondes sur l'antiquité que l'on attribue à noire auteur, et prétend qu'il ne |wut remonter au delà du 10* siècle de l'ère vulgaire. Les arguments de M. Bentley nous paraîtraient concluants, si les noms des savants cités au commencement de cet article n'claicnt d'un grand poids en faveur de leur opinion. L — s.
CALIGNON (Soffrbt DK), né à St-Jean-de- Voiron, près de Grenoble, en 1550, lut d'abord secrétaire de Lesdiguiércs , puis chancelier de Navarre, sous Henri IV. Employé par ce prince dans les négociations les plus difficiles, Calignon était consomme dans les affaires d'Étal et dans l'usage du monde. H travailla avec de Titou à l'édit de Nantes. Sa vie a été écrite par Gui Allard , Grenoble, 1675, in-12. On a attribué à Calignon VHieloire de» choisi remarquables et admirable! advenue» en ce royaume de France, èt années dernières 1587, 1588 et 1589, par S. C, 1590, in-4°. C'est une des pièces les plus violentes en faveur des Guises contre Henri III. D'après cela, il n'y a guère d'apparence que Calignon, zélé protestant, en soit l'auteur. Cependant on est persuadé, dans la famille du chancelier de Calignon, que cet ouvrage est bien réellement de lui ; que, s'il a parlé quelquefois contre son parti, c'est par esprit de justice. Ses descendants conservent une de ses lettres par laquelle il disait , huit jours avant sa mort, qu'il mourait de douleur de l'abjuration de Henri IV. On a de Calignon : 1 " Journal des guerres faites par François de Donne, due de Lxsdiguières , depuis l'an 1585 jusqu'en 15177, manuscrit in-fol., conservé a la bibliothèque royale ; 2° le Mépris des Dames, satire, imprimée dans la Bibliotfieque de la Croix du Maine et Duverdier; 3« un quatrain inséré dans les Mélanges historiques de Colomiès. Ou lit dans le Journal de Henri IV, t. 5, que « SofTrey Calignon, chancelier « de Navarre, excellent en tout, mourut protestant « à 36 ans et quelques mois, A Paris, au mois de seti- « «embre 1606. » A. B— T.
CALIGNON { Pierre - àmotni d'Ambesibux nE ), descendant du précédent par les femmes, naquit au village de Greemvich, près Londres, en octobre 1729, dans ta religion protestante, sa famille ayant été obligée de fuir après la révocation de l'é-
plieeliun abrégi-e du système mviuoidgûtue des Indiens mise par
ordre alphabétique, et traitait de l'allemand de M. Korskr, Paris, tW3 ln-18. D— R— s.
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dit de Nantes. Rentré en France, en 17S5, avec Suzanne , sa sœur ainée , il fut élevé, ainsi qu'elle , aux dépens de l'Eut, sous le litre de nouveau catholique. Il montra les plus heureuses dispositions, remporta le premier prix de grec à l'université, fut reçu bachelier de Sorboune, ordonné prêtre , puis nommé aumônier du roi à Genève, où il officiait pour les catholiques, chez le résident de France : ce qui parut étonner Voltaire, qui feignait de ne pas concevoir que la foi et la science pussent marcher ensemble. Calignon professa ensuite la rhétorique à Lyon pendant dix ans, après lesquels on lui donna un canonicat à Crépy en Valois, où sa sœur était abbesse de St- Michel. Il se livra à la prédication à Paris, à Lyon et dans plusieurs autres villes, où le choix de ses sujets et 1 élégance de sa diction lui attirèrent de nombreux auditeurs. On regrette qu'il n'ait pas fait imprimer ses sermons. La chaire ne l'occupa point exclusivement; on a encore de lui beaucoup de cantates et des vers de société. Z.
CALIGNY (H le oe). Il y a eu sous Louis XIV et sous Louis XV six ingénieurs de ce nom, d'une ancienne famille de Normandie : une des rues de Caen porte même ce nom. Us ont dirigé des travaux importants, laissé un grand nombre de plans et de mémoires conservés au dépôt des fortifications, et sont souvent cités dans l'histoire du corps du génie ; mais ils avaient été entièrement négligés par les biographes avant que H. Augoyat, lieutenant-colonel du génie, leur eût consacré, dans le Spectateur militaire, une notice qui a été réimprimée à part avec quelques additions. (Paris, 1839, broch. in-8° de Iti piget. ) — Jean-Antênor Hle de CaLIUKV, le plus ancien, portait le nom de de Luc ; -il entra dans le corps du génie à sa formation : il était, en 1GS3, directeur des fortifications de Belle-Ile et de Port-Louis en Bretagne , où il fit exécuter les projets de Vauban. Il mourut en 1704, laissant cinq fils, dont quatre suivirent la même carrière que leur père.— Jean-Anténor Hle de Caligm', né en 1657, fut pendant vingt ans directeur des fortifications d'une partie des places de Flandre, et mourut , en 1731, dhviteur des fortilkalions de Bourgogne et de Franche-Comté. 11 était alors commandeur de M -Louis. Sa famille a conservé sa correspondance avec Louvois et le Pelletier de Souzy, directeur général des fortifications. Ce fut en 1680 qu'il entra dans le corps du génie, ayant fait, en 1677, comme ingénieur volontaire, les sièges de Valenciennes et de Fribourg. En 1683, il assista au siège de Courlrai. Employé ensuite à Ypres, il y fut distingué par Vauban comme un homme capable de conduire en chef toutes sortes d'ouvrages. Il fut nommé ingénieur en chef à Ypres et à la Knocke. Cette première destination décida de toute sa carrière. Il se voua entièrement aux travaux d'Y près, qui furent considérables, et présentèrent plus d'un genre de difficultés, soit dans rétablissement des manœuvres d'eau, soit dans la construction des revêtements en maçonnerie qu'il fallut fonder sur de mauvais terrains, et reprendre plusieurs fois en sousœuvre. Dire que les travaux d' Ypres ont fait l'admi- |
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ration de Bélidor ( Arckiteci. hydraul . , t. 4, p. 232) . pour le parti merveilleux que le génie de Vauban a su tirer d'Yperlec dans les fortifications, c'est faire l'éloge de Caligny, qui a eu la plus grande part a leur exécution. 11 fut mis, en 1692, sous les ordres de BoufUcrs, qui commandait l'armée sur la frontière de la Flandre maritime. N'approuvant pus quelques ouvrages que cet officier général avait ordonnés au fort de la Knocke, il avait écrit au directeur général des fortilkalions qu'il était résolu à se faire mettre en prison plutôt que d'employer si mal l'argent destiné aux travaux. Le Pelletier de Souzy lui répondit avec bienveillance « que sa réso- « lution n'était pas tout à fait prudente, parce que, « lorsque Sa Majesté envoie des officiers généraux « pour commander dans un pays, il est juste qu'ils « aient l'autorité d'y faire faire les ouvrages qu'ils «jugent iudispensablement nécessaires ; mais après «qu'un ingénieur leur a dit ses raisons, s'ils ne «veulent pas s'y rendre, il faut qu'ils exécutent « leurs ordres, et il peut et doit en rendre compte « en même temps à ses supérieurs, afin qu'ils puis- «sent faire savoir les intentions du roi a MM. « les officiers généraux. » Caligny fit le siège de Fumes, au commencement de 1693, en qualité de sous-brigadier. Au mois de novembre de la même année, il eut une direction qui, en outre d'Ypres el de la Knocke, comprenait Calais, Gravelines, Dunkerque, Bergues et Furnes. En 1694, il fut, ainsi que son père, nommé chevalier de St-Louis. 11 fit, en 1693, le siège de Dixmude en qualité de brigadier. Après le bombardement de Calais par les Anglais, en 1694, on construisit sous ses ordres, i l'extrémité de la jetée du clienal, le fort Rouge. Les Anglais ayant de nouveau bombardé cette ville en 1696, Caligny fit également construire le fort Vert à l'extrémilé de la jetée de l'est. 11 aclieva aussi vers ce temps l'ouvrage à corne du fort Nicolaî. A Dunkerque il prolongea les jetées de l'est ; il construisit à Gravelines, eu 1699, la grande écluse sur l'Aa, dont l'objet est de forcer au besoin cette rivière de passer dans les fossés de la place, et d'empêcher en même temps les hautes marées de corrompre les eaux douces qui arrosent les terres des environs ; enfin il lit de Furnes une place neuve, composée de huit forts bastionnés. Tels sont les principaux travaux, en outre de ceux d'Ypres, qu'il exécuta jusqu'en 1700, époque à laquelle sa direction ne se composa plus que des places françaises d'Ypres, la Knocke et Furnes. On y ajouta, au commencement de la guerre de la succession, les places espagnoles de Nieuport, Ostende, Bruges, Gand et Damme. En 1706, après la bataille de RamUlies, il donna une grande preuve de désintéressement en donnant le conseil d'inonder les deux bords du canal de Leftinghes et du canal de Bruges, pour empêcher Marlborough vainqueur d'entrer dans ie Camerlinc-Ambach (1). Or, ces inondations maritimes rendirent improductives pendant trois ans les
(1) S'étrad le k»s de la mer, depuis le cfaenal de Nieuport ju»-
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terres qu'elles ont couvertes, et Caligny avait des propriétés près de Leffinghes. Heureusement la présence de Vauban changea la face des affaires : les alliés, après avoir bombardé Ostendc, qui se rendit le 8 juillet 1706, se dirigèrent sur Menin, et ainsi passa le danger qui avait menacé les places de la Flandre maritime. Après la prise de Lille, 9 décembre 1708, Caligny proposa, en février 1709, de faire sous celle place le camp retranché que Vauban avait indiqué dans son mémoire du 1" juin 10tH>, qui a pour titre Vi$Ue des lignes de Commet; mais cet avis ne fut pas adopté. Il passa bientôt après a la direction des fortifications de Bourgogne, cl s'occupa du canal de celle province. Lorsque le directeur général Lepelletier eut institué des examens mathématiques pour être admis dans le corps du génie, Caligny lui lit des observations sur l'importance qu'il faudrait attacher à ces examens, et sur ce qu'il ne faudrait fus se faire une loi si étroite de ne recevoir que des gentilshommes, qu'on ne la rompit en faveur des sujets distingués. Honoré de l'amitié de Vauban des son admission dans le corps du génie, il se laissa entièrement diriger dans sa carrière par ce grand homme. Sur le désir que lui en témoigna Vauban, il entreprit une Histoire des guerres causées par le partage de la monarchie et par les princes du sang, tant légitimes que naturels, jusqu'en 1703. Cette histoire forme un gros volume manuscrit qui est en ce moment soumis a l'examen du comité historique. On a de lui un Mémoire sur ta Flandre flaminghanle (la Flandre entre la Lys et la mer, où l'on parle flamand). Ce mémoire, qui traite de l'histoire et de la statistique de cette province , se trouve aux manuscrits de la bibliothèque royale sous le n« 2241. 11 fait partie d'une collection de mémoires contenant des descriptions des généralités de France, rédigées pour l'instruction du duc de Bourgogne. — Hercule Hue de Caugkv , frère du précédent, né en tbtxi, admis dans le corps du génie en 4085, portait le nom de Langrune, sous lequel il est cité dans les œuvres de l'ingénieur Gonthey et dans d'AIlcnt. Après avoir été ingénieur en chef à Grenoble, Huningue ri Thionville, il fut, en 1705, nommé directeur des fortilicalions des places de la haute Provence ; en 1710, directeur des places et ports de la Normandie; en 1721 , élevé au grade de brigadier des armées. Il mourut à Valognes, en 1725. Caligny de Langrune avait servi à un grand nombre de sièges, en Piémont , en Flandre et en Espagne, et en 1702 , comme ingénieur en chef à la défense de Rhemberg , qui est citée parmi les belles défenses de places. Divers passages de sa correspondance montrent qu'il jugeait- bien le vice des attaques pendant le siège de Turin , et que ce siège aurait pu avoir un autre résultat si l'on eût suivi ses conseils. Allent, qui le met au rang des premiers ingénieurs, rappelle tous les sièges auxquels Caligny de Langrune avait assisté. A l'un de ces sièges, il sauta et fut brûlé par l'explosion d'un magasin a poudre : il survécut, guérit, et reprit bientôt après du service. En arrivant dans sa direction de Normandie , il (it
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des travaux considérables pour mettre en sflreté la Hogue et l'Ile de Hatehon , qui venaient d'être menacés en 1708 par l'apparition d'une flotte ennemie. — Antoine Hue de Caligny, chevalier de Luc, fit en 1095 le siège de Namur, où il fut blessé. En 4704 , il était lieutenant des maréchaux de France en Touraine. — Louis Rolland Hue de Calignt, connu dans le monde sous le nom de chevalier de Caligny, frère des précédents, né en 1677, admis dans le corps du génie en 1702, fut nommé en 1728 à la direction de Normandie vacante par la mort de son frère Hercule. 11 mourut comme lui à Valognes, en 1748. Il avait en 1705 assisté à la défense de Hagucnau , en 1753 au siège de Kehl, et en 1734 a celui de Philipsbourg. Il commanda en chef les ingénieurs au corps d'année sur la Meuse, en 1741 et 1742, et en 1745 en Bavière. De 1716 à 1725, élaut ingénieur en chef à Landau, il composa des mémoires intéressants sur la défense de celle place. Dans sa direction de Normandie, il a fait exécuter beaucoup de travaux utiles dans les ports de Dieppe, de Honflcur et du Havre. Parmi ces travaux sont les fontaines du Havre, célèbres dans l'hydraulique expérimentale. Cherbourg lui dut un bassin à flot capable de recevoir les plus gros bâtiments; mais, eu 1758, les Anglais pendant les huit jours qu'ds furent maîtres du port de Cherbourg ruinèrent par la mine ces travaux, dont Belidor nous a 'conservé la description. — Anténor Ixiuis Hue de Caliony-Cul VM>onE>, fils du précédent, admis dans le corps du génie en 1754 , mourut en 1772, ingénieur en chef à la Hogue. 11 a laissé des mémoires sur ce poste et sur les Iles anglaises de Jersey , Guernescy et d'Aurigny. « Les lettres lui « doivent M. Dacier (voy. ce nom), dit un biogra-
• plie. H le distingua à Valognes, |>alrie de ce sa- « vant helléniste, le conduisit à Paris, et le présenta « à M. de Foncemagne ( roy. ce nom ), que dans (a « suite M. Dacier remplaça à l'académie des in-
* scriplions et belles-lettres. » (M. Augoyat, notice déjà citée. ) Deux des petits-fils de Caligny-Cruyninghen ont péri dans les guerres de l'empire, l'unàEylau, l'autre à Lutzen. D— r— r.
CALÏGULA ( Cails-César-Augistus-Germa- Mcls), fils de Germanicuset d'Agrippine, vint au inonde le dernier du mois d'Auguste de l'an de Rome 765, à Antium, suivant l'opinion la plus commune. Tacite fait entendre qu'il naquit dans le camp même de son père. .1 est au moins conslant qu'il y fut élevé. Le surnom de Caligula lui fut donné d'une petite bottine qui faisait la chaussure militaire des Romains. Ayant passé son enfance et sa première jeunesse avec les soldats, il en était l'idole. Il fut aussi pour un temps les délices du peuple, à cause des vertus de Gcrmanicus. Caligula vécut pendant plusieurs années à la cour de Tibère, son aïeul adoptif, et sut conserver ses jours par une profonde dissimulation auprès de ce prince soupçonneux, dont il avait étudié le caractère. La fin tragique de sa mère et de ses frères Néron et Drusus ne parut faire aucune impression sur lui. S'il faut en croire quelques historiens, le naturel féroce
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et cruel du jeune Caligula lut pénétré par lo vieil empereur, qui prédit qu'il ferait sa perte et celle du genre humain. Tibère mourut, et Caligula lui succéda à l'âge de vingt-cinq ans. Il fut proclamé empereur par le sénat et le peuple avec le même empressement. La joie publique, à celte occasion, fut si grande dans tout l'empire, que, dans l'espace de trois mois, on immola plus de 160,000 victimes. I>ès qu'il eut rendu les derniers devoir» à Tibère, il alla aux Iles Pendataire et Fonlie recueillir les cendres ou les ossements de sa mère et de Néron son frère, les apporta à Rome, et les déposa avec pompe dans le tombeau d'Auguste. Tous les décrets du sénat rendus contre eux et contre Drusus furent annulés; toutes les pièces à leur charge furent brûlées en présence de l'empereur, après qu'il eut pris les dieux à témoin qu'il n'en avait rien lu. Il rendit la liberté à tous les prisonniers d'État. Tous les exilés et déportés furent rappelés ; mais ce qui causa le plus de joie à tout le monde, ce fut la promesse solennelle qu'il lit de n'écouler aucune délation. Il donna bientôt a ce sujet une preuve de sa bonne foi. On lui présentait la dénonciation d'une trame formée contre lui ; il refusa de la recevoir, disant qu'il n'avait rien fait qui pût le rendre odieux. Quoique le testament de Tibère eût été déclaré nul par le sénat, Caligula en exécuta tous les articles, à l'exception de celui par lequel Tibère, pclit-lils du défunt empereur, était institué son héritier, conjointement avec lui. Élu consul, il prit pour collègue Claude, son oncle, et signala le commencement de son règne par des actes de grandeur, en rendant le royaume de Comagène à Anliochus, fils du souverain qui en avait été dépouillé par Tibère, et ktH faisant compter 10J millions de sesterces, en restitution des revenus de ses États. Il ne fut pas moins généreux envers Agrippa, petit-fils du roi Hérodc. Artaban, roi des Parthcs, qui avait toujours liai Tibère, rechercha l'alliance et l'amitié de son jeune successeur. Caligula chargea Yitellius, gouverneur de Syrie, de négocier avec ce monarque : il en résulta un traité très-avantageux pour les Romains. Ainsi se passèrent les huit premiers mois du régne de Caligula. Ses mœurs seules s'étaient démenties. Austère en apparence sous Tibère, il s'était livré après sa mort <i la débauche cl aux dissolutions. On attribua aux excès qu'il lit en ce genre une maladie grave qu'il eut à l'époque dont il s'agit. L'empire en fut dans la consternation ; des citoyens passèrent des nuits entières aux portes de son palais ; il y en eut même qui se dévouèrent pour lui, et qui tirent aflichcr qu'ils combattraient parmi les gladiateurs, si les dieux lui rendaient la santé. Quelques auteurs ont prétendu que cette maladie avait affecté sa tête, et cela expliquerait le reste de sa vie. Quoi qu'il en soit, après son rétablissement, Caligula prit en uu jour une multitude de titres qu'Auguste n'avait acceptés que les uns après les autres. Il se lit apiwler U trèi-pieux, le filt de$ eampi, U pire det armées , Je puistani, feseellenl Cétar. 11 adopta Tibère, lils de Urusus, qui était dans sa dix-huitième année , avec toutes les démonstrations de la joie la plus vive
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et du plus tendre Intérêt; et, peu de jours après, il
résolut sa non, et lui fit donner l'ordre de se tuer lui-même. Le jeune prince, éperdu, présentait la gorge aux tribuns et aux centurioni qui l'entouraient, les priant d'être eux-mêmes exécuteurs de l'ordre qu'ils apportaient. Sur leurs refus, il tira son épée et se perça lui-même. Débarrassé du seul homme sur lequel pouvaient un jour se porter les yeux, Caligula alla d'excès en excès. Il obligea tous ceux qui , pendant sa maladie, s'étaient engagés à combattre parmi les gladiateurs, à tenir parole. A force d'affronts et d'indignités, il causa la mort de la vertueuse Antonia, son aïeule. ( Voy. Anto.hu. ) ï'n jour qu'il ne se trouvait pas de criminels condamnés & combattre les bêtes féroces, il y fit exposer des personnes qui étaient venues pour assister à ce spectacle. Il visitait fréquemment les prisons, et en tirait des malheureux, coupables ou non, des vieillards, des indigents, comme étant a charge à la société, et les faisait jeter aux bêtes. Un chevalier romain, qui était du nombre de ses victimes, s'étant écrié qu'il était innocent, il lui lit arracher la langue, et ensuite subir son supplice. Il obligeait les parents des condamnés à assister à l'exécution de leurs enfants, et tes faisait presque toujours assassiner la nuit suivante. Il envoya une litière à un malheureux |>ère qui s'excusait sur ce qu'il était malade. Souvent il était présent lui-même aux exécutions. U exigea de Macron, préfet du prétoire sous Tibère, à qui il devait peut-être l'empire et la vie, qu'il se donnât la mort ; et il Ht mourir Silanus, son beau-père, parce que, dans une promenade sur la mer, il avait respiré d'un antidote pour se garantir du poison, disait Caïus. tandis que Silanus voulait seulement prévenir les nausées et les incommodités delà navigation. Il lit mourir Ptolémée, fils de Juba, roi de Mauritanie. Enlin Caligula, pouvant se jouer si impunément de l'espèce humaine, en vint à se croiie un dieu ; il lui fallut un culte : il s'arrogea les honneurs qu'on rendait à Apollon, à Mars, a Jupiter même. Il fit abattre les têtes de leurs statues, et mettre la sienne à la place. Quelquefois II voulait être déesse, être Vénus, etc. ; il se montrait publiquement avec les attributs de ces divinités; et, pour « trouver plus près des dieux, il se lit bâtir un palais dans le parvis du Capitole ; enfin il fit ériger et consacrer un temple â sa propre divinité : une statue d'or l'y représentait au naturel. Plusieurs villes de l'empire s'empressèrent de lui élever des temples. Les habitants d'Alexandrio portèrent l'adulation plus loin que les autres. Les juifs, qui se trouvaient parmi eux en grand nombre, refusèrent de rendre les honneurs divins à la statue de l'empereur ; il en résulta contre eux une longue et atroce persécution. Ceux de Jérusalem opposèrent une égale fermeté, avec plus de succès. (Voy. PÉTBONBet Philo*.) Clique année, c'étaient de nouveaux excès de cruauté ou de folie. Caligula regardait comme un malheur des temps que son règne ne fût pas marqué par des calamités publiques ; il enviait à celui d'Auguste le désastre de l'armée de Varui, et à celui de Tibère , la perte do 50,000 personnes écrasées par la chute
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d'un amphithéâtre à Fidèncs. Plus d'une fois il fit fermer les greniers publics , pour donner au peuple la peur de la famine. Pendant quelques jours, il lui jeta de l'argent du haut de la basilique de Julie. On lui entendit souhaiter que le peuple romain n'eût qu'une tête, pour pouvoir l'abattre d'un seul coup. Il avait souvent à la bouche ce mol d'un ancien poète : Oderinl dum meluani, « qu'ils me laissent , « pourvu qu'ils me craignent. » L'idée lui vint de faire une apologie de Tibère, qui avait toujours été l'objet de sa haine et de ses censures ; il y joignit la satire la plus amôre du sénat, et finit par renouveler la loi de lèse-majesté. Il ne voulait pas qu'on le crut petit-fils d* A grippa, regardant cette origine comme trop ignoble. DÛ de ses plus grands actes de folie fut le pont qu'il fit jeter sur la mer entre Bayes et Pouzzoles. Ce pont fut formé |»r un assemblage immense de bateaux liés ensemble, sur lesquels on posa des planches qu'on couvrit de terre. 11 fit avec la plus grande magnificence l'inauguration de ce monument : placé au milieu sur un tronc, il loua pompeusement cette œuvre merveilleuse et tous ceux qui y avaient étéemployés. Il passa en cet endroit la journée et la nuit suivante dans une orgie continuelle avec ses amis. Écliauffé par le vin, voulant faire quelque chose d'extraordinaire avant de quitter le pont, il fit saisir tout d'un coup et précipiter dans la mer un grand nombre de personnes, sans distinction d'amis ou d'ennemis, d'âge ni de rang. Ceux qui essayèrent de regagner les bateaux à la nage furent repoussés par ses ordres, de sorte qu'il s'en noya beaucoup. Il revint à Rome, où il Ht une entrée triomphale, pour avoir, à ce qu'il disait, vaincu la nature même. Ain* bltieux de victoires et de triomphes, il projeta une expédition contre les Germains, et tout à coup il donna l'ordre de rassembler un grand nombre de légions et d'auxiliaires. Sa marche était celle d'un fou, tantôt précipitée, tantôt très-lento. Il était accompagné par les rois Hérode et Antiochus. Arrivé au lieu où étaient campées les légions, sur les bords du Rhin, il fit la revue de ses troupes, qui montaient au moins à 200,000 hommes ; il passa le Rhin, et, après avoir avancé quelques milles dans le pays, il s'en retourna sans avoir tué, ni vu même un ennemi. Il n'en montra pas moins de la lâcheté. Pendant qu'il était sur son char, et que les rangs de ses soldats s'ouvraient pour le laisser passer, une voix fil entendre ces mots : « Co ne serait pas une « petite consternation, si à cet instant l'ennemi pa- « raissait. » Il fut si effrayé, qu'il descendit en hite de son char, monta à cheval, et regagna le pont pour repasser le fleuve : le pont se trouvant encombré, il se fit porter de mains en mains par-dessus les télés. Revenu de sa frayeur, il ordonna à quelques soldats germains de ses gardes de traverser te Rhin, de se cacher, et de sortir ensuite de leur embuscade avec un grand bruit, afin qu'on pût lui annoncer que l'ennemi approchait. Il était à table quand on vint apporter la nouvelle d'une attaque ; aussitôt il courut avec ses amis et une partie de la garde prétorienne, passa le fleuve, s'avança jusque dans la forêt voisine, et y fit abattre des arbre* pom
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s'ériger des trophées. Au retour de celte expédition, il t rai la de poltrons et de lâches ceux qui ne l'avaient pas suivi, et distribua des couronnes anx compagnons de sa victoire. Ce n'en était pas assez pour sa gloire : il fit emmener secrètement quelques enfants qu'il gardait comme otages, et ordonna qu'où vint ensuite lui annoncer qu'ils s'étaient échappés. La nouvelle lui en étant arrivée, il monta à cheval, poursuivit les prétendus fugitifs! la tète d'un corps de cavalerie, et les ramena chargés de chaînes. Fier de ces succès, Caligula écrivit au sénat une lettre pour se plaindre de lui et du peuple, qui se livraient aux plaisirs pendant que César combattait et s'exposait pour eux aux plus grands dangers. Ses troupes le proclamèrent sept fois imptraior sur les bords du Rhin. Il se transporta dans l'intérieur do la Gaule, qu'il traita en pays ennemi. Comme son avidité n'avait d'égale que sa folle prodigalité, il n'y eut point d'extorsions qu'il n'imaginât à l'égard des malheureux Gaulois. Peu content des présents considérables qu'il arrachait aux villes et aux citoyens, il fit accuser de haute trahison les plus riches habitants de cetto province, pour confisquer leurs biens, qu'il vendit, en personne, aux prix qu'il lui plut de fixer. Ce trafic lui rendant )>eaucoup , il s'attacha à l'étendre, et vendit les meubles, les joyaux, les esclaves, et même les affranchis de ses deux sœurs Agrippine et Liville, qu'il condamna comme coupables d'adultère et complices d'une conspiration con- Ire lui, et qu'il relégua dans l'Jlo Pontie. Pour étendre encore son commerce, il se fit envoyer dans la Gaule tous les meubles de la vieille cour ( vtleri» aula), les robes de Marc-Antoine, d'Auguste, d'Agrippine sa mère, etc. Avant de quitter cette contrée, l'empereur annonça qu'il avait dessein d'envahir la Grande-Bretagne, et fit assembler ses troupes sur le bord de l'Océan. 11 s'embarqua sur une superbe galère, et, après s être un peu éloigné de la côte, il revint aussitôt , ordonna de prépsrer les machines de guerre, de sonner U trompette , et le signal fut donné comme pour nn combat. Personne ne sachant ni ne devinant ce qu'il allait faire, il commanda à ses troupes de ramasser a l'instant des coquilles, et d'en remplir leurs poches et leurs casques, et s'écria : « Yoilà les dépouilles de l'Océan , dues au palais et « au Capitule. » Tout finit par une distribution d'argent qui fut faite aux soldats. Une haute tour, élevée sur le modèle du phare d'Alexandrie, et pour le même usage, resta comme un monument de la conquête do Caligula. Afin de s'assurer un triomphe qui ne fût pas au-dessous de sa gloire, l'empereur écrivit à Rome pour qu'on hii en préparât un qui surpassât en magnificence tout ce qu'on avait vu en ce genre. De son coté, pour en relever la pompe, H choisit dans la Gaule lès hommes de la stature la plus haute ; il leur donna des noms germains, le» obligeant i apprendre la langue de cette nation , à la parler, â laisser croître et â teindre leurs cheveux. Il voulut aussi que les galères qu'il avait montée» fussent conduites à Rome : il y en eut de transportées par terre. Au moment de quitter la Gaule, il | lui prit envie de faire passer au fil de renée les lé-
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gions qui s'étaient mutinées après la mort d'Auguste, et qui avaient en quelque sorte assiégé Germanicus son père. Ce ne rat qu'avec beaucoup de peine qu'il consentit à décimer seulement des coupables dont le crime avait été pardonné depuis plusieurs années. Les légions ayant été rassemblées sans armes, l'empereur les lit envelopper par de la cavalerie; mais s'apercevant que plusieurs légionnaires s'échappaient pour reprendre leurs armes, il s'effraya, prit la fuite, et regagna Rome à la hâte. Ce fut sur le sénat qu'il voulut se venger du bruit que faisait sa honte. H se plaignit de n'avoir pas obtenu le triomphe qu'il méritait, quand, peu de temps auparavant, il avait défendu, sous peine de mort, qu'on s'occupât de lui rendre des honneurs. 11 se contenta pourtant de l'ovation ; mais il résolut dès lors de perdre la plus grande partie des sénateurs , et tout ce qu'il y avait de personnes distinguées dans Rome. On en eut la preuve, après sa mort, par deux livrets qu'on trouva, l'un intitulé le Glaive, et l'autre le Poignard, sur lesquels il écrivait secrètement les noms de ceux qu'il condamnait à périr. 11 se réconcilia cependant avec le sénat, parce qu'il le trouva enfin digne de lui. Il déclara nuls les testaments de tous les centurions qui, depuis le commencement du régne de Tibère, n'avaient pas nommé ce prince ou lui pour leurs héritiers. Aussitôt plusieurs personnes le portèrent dans leurs testaments, {juand il en fut instruit, il fit mourir les plus riches, sous différents prétextes, en disant qu'on se moquait de lui, de vivre après l'avoir fait héritier. Dans tous les procès d'intérêts, la quarantième partie appartenait à l'empereur, il y avait des amendes considérables contre ceux qui étaient convaincus d'avoir terminé leurs différends a l'amiable. Caligula entretenait luimême des lieux de prostitution, des maisons de jeux pour le public, et entrait dans le détail de la recette. Lu jour, manquant d'argent pour jouer, il sortit , fit tuer plusieurs riches patriciens, et rentra en disant qu'il avait gagné 600,000 sesterces. 11 sciait dégoûtant de faire l'énumération de tous les crimes et de toutes les folies de cet empereur. Il y a cependant quelques faits qui doivent encore entrer dans cet article. Caligula avait un cheval nommé Intilatut : il en lit son favori. Ce cheval avait une maison, des meubles, des serviteurs pour recevoir splendidement ceux qui venaient le visiter. Son écurie était de marbre, sa mangeoire d'ivoire, son licol semé de pierreries. On lui donnait à manger dans des vases d'or, et il buvait du vin dans des coupes du même métal. Incilatus était membre du collège des prêtres de Caïus. (Voy. Césonik L'empereur projetait même, dit-on, de le faire consul. Il n'est pas étonnant, après cela, que Caligula fit renverser et briser toutes les statues de grands hommes qu'Auguste avait fait placer dans le champ de Mars. Il eut l'idée d'anéantir les poèmes d'Homère. Peu s'en fallut qu'il ne fit enlever de toutes les bibliothèques les écrits et les effigies de Virgile et de Titc- Live; de l'un, parce qu'il était sans génie et sans savoir, et de l'autre, comme historien verbeux et iucxact. Les niœur de Caligula furent dépravées
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dès sa première jeunesse. Il eut un commerce incestueux avec toutes ses sœurs. Drusille ( voy. ce nom ) fut celle qu'il aima le plus passionnément : il vivait publiquement avec elle, comme avec sa femme. Du vivant de Tibère , il avait épousé Julia Claudilla, ou Claudia, fille de Silanus ; elle mourut en couches. Étant empereur, il épousa d'abord Livia Orestilla, qu'il enleva à son mari Pison, et qu'il répudia peu de jours après ; ensuite Lollia Paulina, femme du consulaire Meinmius Régulus, et la répudia bientôt ; enfin Césonie, femme sans beauté , sans jeunesse, qui sut lui inspirer la plus folle passion : il en reconnut une fille ap|>elée Julia Drusilla. Tant de cruautés, de dissolutions, de folies, d'excès de tout genre, rapportés par Suétone et par Dion, amenèrent enfin une conspiration contre la vie de Caligula. Chéréa ( voy. ce nom ) en fut l'auteur et l'âme. Chéréa, tribun des gardes prétoriennes, rassasié d'affronts et de dégoûts, résolut de se venger, en assassinant le tyran. 11 n'eut pas de peine à faire entrer dans ses "vues Cornélius Sabinus, tribun comme lui, et plusieurs sénateurs distingués. Le nombre des conjurés augmentant chaque jour, il y eut du retard dans l'exécution ; il y eut aussi de l'incertitude dans les moyens ; enfin, Chéréa , trouvant favorable un moment où il venait demander l'ordre à l'empereur, tira son épée, et l'en perça au cou. Sabinus survint avec les autres conjurés: ils se jetèrent tous sur lui, et l'achevèrent en lui portant trente coups. Telle fut la fin de Caligula, a l'âge d'environ 29 ans , après un règne de prés de 4 années. Cet empereur n'attacha son nom à aucun grand monument : il acheva le temple d'Auguste et le théâtre de Pompée, que Tibère a\ait commencés. 11 entreprit des constructions considérables et les laissa imparfaites. Il ne visait en ce genre, comme en tous les autres, qu'au gigantesque, et (tour ainsi dire à l'impossible. Il fit jeter des digues dans la mer, raser des montagnes, combler des vallées, et tout cela avec une célérité incroyable. Il voulut percer l'isthme de Corinthc. Caligula avait négligé la culture des lettres ; mais il s'était adonné avec succès a l'éloquence, â plaider des causes. Sa voix était forte et sonore. Il était d'une stature élevée et forte ; il avait le cou et les jambes grêles, le front large, les yeux enfoncés, le teint pâle, l'air naturellement farouche. 11 metlait de l'art à se donner un visage rébarbatif et effrayant. On a de lui des médailles grecques, romaines, et de colonies, avec son portrait. ( Voy. Suétone, Vie de Caligula; Fl. Josèphe, Anliquil. Judaic, I. 18 et 10 ; deBello Judaic, I. 2 ; Tillemont, Hisl. des empereurî. ) Q— R — y.
CALIPPE, astronome grec, s'aperçut le premier de l'insuffisance et de l'inexactitude du nombre d'or ou période inventée par Méton ; pour y remédier, il inventa un nouveau cycle, dont la durée était de soixante-seize ans , c'est-à-dire qu'il quadrupla la période de Méton, diminuée seulement d'un quart de jour. Par ce léger changement, sa période ramenait les mêmes positions du soleil et de la lune avec plus d'exactitude que celle de Méton ne le faisait au bout de dix-neuf ans. La période calippique corn-
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mença l'an 551 avant J.-C, et fut adoptée surtout par les astronomes, qui l'employèrent pour donner la date de leurs observations : c'est ce qui fait qu'où Ja trouve souvent citée par Ptoléméc. Hipparque reconnut cependant que le cycle de Calippe était trop peu exact, qu'il fallait aussi le quadrupler et y faire une correction pour accorder l'année civile avec les mouvements célestes. Peu content de ce nouveau cycle, Hipparque en imagina un autre beaucoup plus exact, et dont la durée était de 545 ans , ou plus exactement de 126,007 jours et demi , mais la Grèce, accoutumée aux cycles de Méton et de Calippe, n'adopta pas celui d' Hipparque, quoique plus parfait. (Foy. Ptolomée, I. 5; le P. Pélau, de Doctrina lemporum. ) D— L — E.
CALIXTE. Voyez Cal liste.
CALIXTE I" ou CALLISTE (Saint), Romain de naissance, succéda au pape Zéphirin, le 2 août 217, ou 218; il gouverna l'Église pendant cinq ans et deux mois, et mourut martyr, le 12 octobre 222. Ce pontife fut estimé d'Alexandre Sévère, qui, suivant Lampride, dans la vie de cet empereur, proposait son exemple aux officiers et au peuple. Les plus anciens pontificaux écrits d'après les registres de l'Église romaine , les anciens sacramentaires et d'autres monuments attribuent à St. Calixte l'institution du jeûne des quatre-temps. Ce fut sous son pontilicat que les ebrétiens commencèrent à bâtir des églises sous la tolérance des magistrats ; tuais le nom de Calixte est surtout célèbre \m- le cimetière placé sur le chemin d'Ardée, et qui s'étend jusqu'à la voie Appienne. Ce cimetière porta d'abord le nom de Sl-Calliste, et reçut, dans le 4* siècle, celui de Catacombe. Ce lieu sacré est aujourd'hui connu sous le nom de Catacombe de St-Sébastien , parce que ce saint y fut enterré primitivement, et qu'il est patron d'une des sept principales églises de Rome, située à l'entrée de la Catacombe. On lit sur une inscription placée dans l'église : « C'est ici le
« cimetière du célèbre pape Calliste, martyr
« 174,000 martyrs ont été enterrés là, avec quaranle- « six évéques illustres, etc. » Plusieurs auteurs entendent, par ces quarante-six évéques, quarantesix papes. Les historiens en citent au moins dix-sept. ( Voy. Anaslase, fiosius, Aringhi, Artaud, 111a nchini, etc. ) Ce cimetière, le plus renommé de tous ceux qu'on voit autour de Rome, est plus ancien que Calixte, qui ne fit que l'agrandir et l'orner. On y voit un ancien autel de pierre que le peuple dit
< être celui qui servait au saint pontife, mats que Fonseca croit postérieur au temps de St. Sylvestre. Quelques calendriers ne donnent à Calixte que le titre de confesseur; mais celui de Libère le met au nombre des martyrs. 11 parait qu'il fut tué dans une émeute populaire. Une partie de ses reliques est conservée, dit-on, dans l'église de Ste-Marie-Trans-
; tévère, à Rome. Pierre Morelloa composé un grand ouvrage intitulé : de S. Callitlo , ejusque basilica S. Maria Trans-Tiberim nuncupata, Di*quititione$ duœ critico-historicœ , Rome, 1752. 2 vol. in-fol. (Voy. les Annale» de Baronius.) V — ve.
CALIXTE II (Gui de Bourgogne}, fils de
Guillaume iAÉtc-Hardie, surnommé le Grand, comte de Bourgogne, naquit à Ouingey, petite ville de ce comté, vers le milieu du 11e siècle. Élu archevêque de Vienne en 1088, il gouverna cette église pendant plus de trente ans avec beaucoup de sagesse. Le pape Gélase II, obligé de quitter Rome, et de chercher un asile en France contre l'empereur Henri V, vit à son passage à Vienne Gui de Bourgogne, et l'engagea à se rendre à l'abbaye de Cluni, où son dessein était de se retirer ; mais Gélase mourut avant l'arrivée de l'archevêque de Vienne, cl les cardinaux qui avaient suivi ce pontife se hâtèrent de lui nommer un successeur. Gui de Bourgogne fut élu à Cluni, le 1" février 1119. Il était parent de l'Empereur et des rois de France et d'Angleterre, oncle d'Adélaïde de Savoie, épouse de Louis le Gros. Ses vertus et ses talents, qui répondaient à sa haute naissance, le firent choisir dans les circonstances diflicilesoù se trouvait la cour de Rome, et il fut jugé propre à terminer les troubles qui désolaient l'Eglise depuis cinquante ans. L'antipape Maurice Bourdin, qui avait pris le nom de Grégoire VIII, s'était emparé de cette ville et du siège pontifical. Après en avoir chassé Gélase II, il y avait couronné l'empereur Henri V. La querelle des investitures, cause de tous les troubles, était dans sa plus grande effervescence. Calixte craignait que sa nomination ne fut pas ratifiée à Home. Elle y fut cependant reçue avec joie. L'Allemagne elle-même y applaudit, et Henri V, forcé de céder à l'opinion générale, promit de se trouver au concile que Calixte indiqua à Reims pour établir la paix entre l'Église et l'Empire. Le pape envoya des députés à l'Empereur, qui parut disposé à traiter. Le concile s'ouvrit à Reims le -20 octobre ; on y condamna les simoniaques, les prêtres concubinaires, et tous ceux qui exigeaient un salaire pour les sépultures et pour les baptêmes. Dès le lendemain de l'ouverture du concile, Calixte se rendit à Mouzon, pour conférer avec Henri. Ces démarches furent alors inutiles. Le pape revint a Reims sans avoir rien conclu, et ce ne fut qu'en 1122, le 25 septembre, que cette négociation fut terminée à la diète de YVurtzbourg, pur un accord entre les légats du pape et les députés de Henri. L'Empereur, par ce traité, conserve le droit de faire faire les élections en sa présence, et d'investir l'élu des régales par le sceptre, et le pape se réserve l'investiture par la crosse et l'anneau. L'Empereur restitue tous les domaines confisqués sur l'Église depuis le commencement de la discorde, et les deux parties contractantes se promettent mutuellement une paix durable et sincère. ( Voy. l'Histoire ecclésiastique de Flcury, et le Tableau des révoltions par Koch. ) La réconciliation fut solennelle ; l'Empereur communia des mains de l'évêque d'Ostie, qui lui donna le baiser de paix. Au concile de Reims, Louis le Gros, roi de France, était venu se plaindre de l'invasion de la Normandie par Henri, roi d'Angleterre, et des mauvais traitements qu'il faisait subir au duc Robert, vassal de la couronne de France ; Calixte ne prétendit point interposer son autorité; car les conciles alors, par la présence des ambassa-
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deurs et des souverains, se trouvaient souvent transformes en assemblées politiques, où l'on discutait des intérêts temporels ; mais, dans cette occasion, Calixte se contenta d'agir comme médiateur. 11 vint à Rome en 11 20, pour y rétablir le véritable siège pontifical ; il y fut reçu avec les démonstrations les plus sincères de l'allégresse publique. Sa grâce et son affabilité lui gagnèrent l'affection du plus grand nombre. Il alla néanmoins dans la Fouille implorer le secours des Normands contre l'antipape Bourdiu, qui fut obligé de quitter la ville. [Yoy. Itoundi.n. ) Ce fut pendant son voyage dans la Pouilleque Calixte donna l'investiture de ce duché et de celui de Calabrc à Guillaume, qui lui en fit l'hommage lige, ainsi que Robert Guiscard, son aïeul, et Roger son père, l'avaient fait aux pontifes précédents. Le pajx; tint ensuite un concile général, qui est compté pour le neuvième œcuménique, et comme le premier de Latran, où l'on remarque, parmi plusieurs décrets, celui qui annulle toutes les ordinations faites par l'antipape Bourdin, et celui qui défend l'usur- !>aiion des biens de l'Église romaine, et particulierement de la ville de Bénévent, sous peine d';u Millième. Ce fut dans ce concile qu'on décida d'envoyer des secours aux chrétiens d'Asie. Calixte paya luimême la rançon de Baudouin II, roi de Jérusalem, cl lit une partie des frais pour l'équipement de la Hotte que les Vénitiens armèrent pour la défense de ce monarque. Il aida aussi le roi d'Espagne, Alphonse VI, contre les Maures, et fit la guerre à Roger, roi de Sicile, qui s'était ligné avec l'empereur d'Orient contre les Vénitiens; il le vainquit, le lit prisonnier, et lui rendit la liberté peu de temps après. Calixte mourut le 12 décembre 1124. Son pontifical ne fut pas sans gloire. 11 rétablit la paix dans l'Kglise et dans la capitale du monde chrétien ; il détruisit les tours deCcrcio Frangipane et des autres petits tyrans; il soumit quelques comtes qui pillaient les biens de l'Église ; il rétablit la sûreté au dedans et au dehors ; il répara quelques monuments, et donna des aqueducs à la ville de Rome ; il orna et enrichit l'église de St-Picrre, en empêchant des gens puissants de piller les offrandes qui lui étaient destinées. Flusieurs lettres, sermons, bulles, etc., de Calixte II ont été imprimés dans les Miscellanea de Baluzc, le Spicilegium de d'Achéry, la Collection des conciles de 1-abbo, la Floriacensis Bibliotheca de J. du Bosco, la Bibliotheca Patrnm , édition de Lyon, l'if «fia taera d'Ughclli, le Bultarium Cassinente de Mergarini, la Marca Hispaniea, et dans le de Re dtpiomalica de Mabillon. Deux des lettres de Calixte II à Othon, évéquede Bamhcrg, ont été imprimées à Ingolstadt, en 1602, in-4°; et quatre de .ses sermons (sur St. Jacques, apôtre), qu'il avait prononcés en Galice, ont été publiés à Cologne en IfilH. On lui attribue une Yiedet'harletnagne et un imité de Obitn et Vite sanctorum. Sa vie a été écrite par Pandulphe Alatrin, et par Nie. de Roscllis. On trouve ces deux vies dans Muratori. D — s et VV — s.
CALIXTE III, élu pape le 8 avril 1455, s'appelait Alphonse Borgia, et était né à Valence d'une famille illustre. Devenu archevêque de cette ville et
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cardinal, il ne voulut recevoir aucun bénéfice en
commende, en disant « qu'il se contentait d'une « épouse qui était vierge. » Il voulait parler de son Église de Valence. Le pontifical de Calixte 111 est remarquable par un acte de justice bien dter aux Français ; ce fut lui qui donna des pouvoirs à une commission ecclésiastique pour réviser le procès de l'infortunée Jeanne d'Arc. Le jugement solennel qui intervint le 7 juillet 1456 déclara qu'eUe était morte martyre pour la défense de sa religion, de si patrie et de son roi. ( Yoy . Fleury, ifat. cccUs., liv. 105. ) Calixte ne la canonisa point ; mais il autorisa les expiations religieuses qui eurent lieu A Rouen sur le tombeau de cette héroïne. ( Yoy. YHitloirt dt France de Velly. ) Il fil la guerre aux Turcs : ce fut le principal soin de son administration; mais il n'obtint que de médiocres succès. Il appela auprès de lui son neveu, fils de sa sevur, Roderic Lenzuoli, qui prit le nom de Borgia, et fut depuis pape sous celui d'Alexandre VI. Il mourut le 6 août 1458. Il avait montré des vertus et quelque habileté dans sa politique; cependant quelques écrivains l'accusent d'avoir thésaurisé. Ils prétendent que l'on trouva dans ses coffres 50,000 écus d'or. Peut-être ces sommes faisaient-ciles partie des dons gratuits qu'il s'était fait attribuer pour le succès de sa croisade. On trouve plusieurs lettres de ce pape dans le SpieiUgium de d'Achéry , la Collection de» conciles de Labbc ; dans Vliatia sacra d'Ugbelli, et dans le Codex juris gtntium diplomalicus de Leibnitz. On lui attribue l'office de la Transfiguration. D— s.
CALIXTE, antipape en 1150. Yoyes Aleeakdre III, pape.
CALIXTE (George), théologien protestant, né à Medelby, dans le Holstein, le 14 décembre 1ÎÎ88, fit ses études à Helmstaedt, à Iéna, a Giessen, à Tubingen et a Heidelbcrg. Cliargé de l'éducation du jeune Matthieu Overbeek, Hollandais fort riche, il l'accompagna dans ses voyages en Angleterre et en France, où il se lia avec le célèbre historien de Thon. Rentré en Allemagne, il y acquit une grande considération, et fut nommé, en 161 4, professeur de théologie à Helmstaedt. Le duc Frédéric- Ulrich de Brunswick le retint dans cette ville, malgré les offres avantageuses qu'on lui faisait ailleurs, et, peu après, le duc Auguste le nomma abbé de Kœnigslutter. En 1645, à la demande de l'électeur de Brandebourg, il se rendit au colloque de Thorn : mais sa sagesse ne put s'y faire entendre. La modération de ses opinions dans la querelle des catholiques et des réformés l'avait déjà rendu suspect; on prétendait trouver dans son Kpitorne theologia moralis, Helmstaedt, 1654, de dangereuses hérésies; il avait eu déjà à défendre ses opinions et lui-même. Dès qu'il parut à Thorn, des théologiens acharnés, entre autres Hulsemann, Bolsac cl Calov, refusèrent de le reconnaître pour orthodoxe ; les universités de léna, de Strasbourg, de Giessen, de Tubtngcn, de Marbourg, de Grcifswald lui op|K>sércnt une foule d'ennemis, tandis que celles de Helmstaedt, de Rinteln et de Kœnisberg lui fournissaient quelques défenseurs. Il avait indiqué des moyens de réunir
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entre eux les réformes et les luthériens ; il avait proposé des mesures de conciliation. On l'accusa de vouloir fonder une école de synerêtistet, à qui leur douceur ne faisait point pardonner leurs hérésies, et qui se sont aussi appelés calixlins. On disputa sur la nécessité des bonnes œuvres, sur la révélation de la Trinité dans l'Ancien Testament, etc. Vainement les princes temporels s'efforcèrent de ramener la bonne intelligence entre les membres du colloque ; elle ne reparut qu'après la mort des plus opiniâtres d'entre eux. Celle de Calixte survint le 19 mars 1656. On trouve une liste complète de ses nombreux écrits dans sa ConsuUatio de loleranlia reformalorum, Ilelmstaedt, 1688, in-4°; réimprimée dans la même ville en 1667. Les principaux sont : 1* Compendium théologies, cpilome theoiogim moraHs, 1654, in-4*. 2* Disputaliones l.'i de prmeipuit Christian* reiigionit eapilibus, 1611, ta-**. 5° Via ad paeem mler protetttudet rttlaurandam. 4« De t'onjugio ciericorum , 1651, in-4°; réimprimé h Francfort en 1653. 5° De Arte nota contra Nichutium, Ilelmstaedt, 1654, in-4°. 6* Rtsponsum vindiciit theologorum Moguntinorum pro rotnnni pontificit infàllibilitale, 46*4 et 1645, 3 part, in-4"; réimprimées en 1672. 7° Detiderium et Studium coneordiœ eccletiasticœ, Lcyde, 1651, in-4°. 8° Qualuor Evangelicorum teriptorum Coneordia, 1624, in-4°. Cet ouvrage a eu six éditions, même format. 9° Expotilio in Acta Apoetolorum et Pauli Epiitolas, Brunswick, 1654, in-4". 10* De Peecato Tractatut diverti, Helmstaedt, 1659, etc. C'est à Calixte que l'on doit YAnti-Moguntin, Ilelmstaedt, 1644, in-4», ouvrage dirigé contre la faculté de théologie de Mayence. La modération de Calixte est une preuve incontestable de son bon caractère et de ses lumières; Bossuct lui-même a rendu hommage a son habileté. « Le fameux George Calixte, dit-il « dans son Traité de la communion tout let deux csm péces, le plus habile des luthériens de notre temps, « qui a écrit le plus doctement contre nous. » ( Yoy. le Theatrum rirorum eruditione clarorum de Paul Fraher. ) G— t.
CALIXTE (FRÉnBHic-TJLRic), fils du précédent, naquit à Helmstaedt, le 8 mars 1622. et fut desliné d'abord a la médecine, pour laquelle il avait montré de grandes dispositions. En 4640, il alla en Suède; mais, rappelé par son père, il quitta la médecine, et se livra à l'étude de la théologie, on il fit de rapides progrès. Il assista en 1645 au colloque de Thorn, alla ensuite à Dantzick et à Kn?nisbcrg, où il s'arrêta pour soutenir une thèse contre le docteur Myslenla en l'honneur des opinions de son père. Il revint à Helmstaedt, et publia un petit traite de Purgatorio, où il défendit plusieurs propositions qu'il avait avancées dans ses Ditputalionet avec le jésuite Mulmann. Eo 1650, il lut en pleine académie une dissertation intitulée de Baplitmo et antiquis circa Ulum Ritibut, qui eut beaucoup de succès, et lui valut l'honneur de professer la théologie positive. Peu de temps après, il parcourut la Saxe, l'Autriche, la Hongrie, passa en Italie, séjourna quelque temps à Rome, où il vil plusieurs cardinaux et le
pape Innocent X, dont il sut gaguer l'estime, et de la il passa en France. Rentré dans ses foyers, il fut créé docteur en théologie. En 1664, Auguste, duc de Wolfenbûttel, le nomma conseiller de l'église consistoriale. En 1681, il succéda au docteur Tilius dans la chaire de professeur de controverse, et, en 1684, les ducs Rodolphe Auguste et Antoine Ulrich le créèrent abbé de Kœnigslulter. Il s'occupa beaucoup des travaux de son père, et eut des querelles avec plusieurs docteurs sur divers points de théologie. La plus longue fut celle qu'il soutint contre Gilles Slrauch, au sujet d'une petite brochure intitulée Demontlralio liquidissima, qu'il avait écrite en réponse à un ouvrage imprimé dans les Contitia Weriembergensia, sous le titre de Consensus repelilus. Strauch répondit à cette brochure par une autre brochure en quatre-vingt-huit articles. La querelle s'engagea et se prolongea; mais toute l'université de Helmstaedt Unit par se déclarer en faveur de Calixte. Il écrivit un grand nombre de traités, dont on trouve la liste dans l'ouvrage de son père, intitulé : Consultatio de loleranlia reformalorum. Les principaux sont : de Divertit tothts mundi religionibus; de Chiliatmo ; de Spiriluum Discretione ; de Vario hominum Statu; Epicritit ad viam patit, etc. On lit avec surprise dans sa vie qu'il ne sut jamais le latin par principes; l'usage habituel qu'il en faisait dans ses lectures le lui avait seul enseigné; aussi se déliait-il de lui-même, et, lorsqu'il faisait imprimer un ouvrage en latin, il avait soin de soumettre son travail à la révision tic quelque professeur. Il mourut le 15 janvier 1701. G— T.
CALKOEN (Jean Frédéric van Beek), astronome, naquit à Groningue, en 1772. Son père, pasteur distingué qui exerçait le ministère à Amsterdam , dirigea ses premières études. Le jeune Calkoen se rendit ensuite à Utrccht pour faire sa théologie , étude qu'il abandonna plus tard pour se consacrer exclusivement aux mathématiques et à l'astronomie. Plus tard , il suivit les cours des universités de Goetlingue , de Leipsick, d'Iéna, et visita les observatoires de Gotha et de Berlin , et il se lia intimement avec plusieurs savants allemands, entre autres avec le baron de Zach , avec lequel il entretint plus tard une correspondance suivie. Calkoen fut nommé en 1799 professeur extraordinaire d'astronomie et de mathématiques à Leyde, et en 1804 , professeur titulaire de ces sciences, qu'il alla enseigner l'année suivante a Ulrcclit 11 fut chargé du règlement des poids et mesures pour la Hollande , et dans cette mission lit preuve de tant d'activité , que le roi Louis Napoléon lui témoigna publiquement sa reconnaissance et sa satisfaction. Lors de la fondation de l'institut national hollandais, il fut élu membre de cette compagnie. Il mourut en 181 1 . On a de lui, entre autres ouvrages : 1° Euryalus over hcl tchone (Harlem, 1802), dissertation en latin sur les horloges dei anciens; 2° une réfutation de Y Origine de tous les cultct de Dupais, publiée sous ce titre : Naar den oortprong, van den Mozahehen en Christcluken Godtdienl, ouvrage qui a été couronné. Z-o.
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CALL ( Jean van ), dessinateur et ktuvwk-, né à Niméguc, en 1785, était fils d'un horloger, qui, ayant trouvé le secret d'augmenter considérablement le son des cloches, en mélangeant divers métaux, voulait lui transmettre ses talents. Le goût du jeune van Call se prononça pour le dessin, et son père ne s'opposa point à son pencliant. Ses premiers essais furent des copies bien faites des paysages de Brcughcl, de Paul Bril, etc. On remarqua d'autant plus ses succès qu'il n'avait point de maîtres. Ce fut également seul qu'il apprit, avec le secours des Unes, l'anatomie et la perspective. Il prit ensuite le sage parti de voir la nature par ses propres yeux, et fit aux environs de Nimègue des dessins à l'encre de la Chine, qui lui valurent les suffrage des connaisseurs et fureut chèrement achetés. Jl voyagea ensuite en Italie, et vint à Rome, où, dit Descamps, il recueillit une moisson plus abondante que jamais de dessins de toute espèce. Toujours bien récompensé de ses travaux, il revint dans sou pays natal par l'Allemagne et la Suisse, dessinant partout les vues les plus pittoresques. Un de ses plus beaux ouvrages représente, en 72 feuilles, les vues les plus intéressantes du cours du Rhin, depuis la chute de Scliaffhouse jusqu'à Schevelingen. P. Schenck l'a publié sous ce titre : ^dmtrandomn» quadruplex Spectaculum. Van Call s'élant fixé à la Haye, il y grava à l'eau-fortc plusieurs de ses dessins, et vil ses gravures aussi recherchées que les originaux; il peignit aussi en miniature et mourut à la Haye en 1703, à l'âge de 48 ans, laissant quatre enfants, dont deux furent artistes. — Pierre van Call, fils du précédent, s'adonna, comme son père, au paysage. Resté orphelin à l'âge de quinze ans, il ne laissa pas de se former à force de travail et par son goût naturel, au point d'acquérir une grande réputation. S'étant aussi appliqué à l'architecture civile et militaire, il fut beaucoup employé dans sa patrie, et ensuite par le roi de Prusse, qui lui lit dessiner à l'aquarelle toutes les forteresses et les champs de bataille de la guerre de Flandre, sous Louis XV. D— t.
CALLAMAR (Charles-Antoine), sculpteur, né à Paris en 1776, fut élève de Pajou et se livra avec une sorte de passion à la culture de son art, et y lit en peu de temps de très-grands progrès. 11 obtint, en 1797, le premier grand prix de sculpture sur le sujet d' Ulysse enlevant à Philoelile les flèches d'Uercule. Parmi ses nombreuses productions, nous citerons la figure d'Hyacinthe blessé, morceau plein de grâce, de sentiment, et qui a été mis par tous les connaisseurs au rang du Cyparisse de Cltaudet. Il avait été commande par Napoléon. Un admire encore de Callamar l'Innocence réchauffant un serpent, qu'il avait envoyé de Rome en 1HI0. Ces deux statues sont au Musée du Louvre. Il a sculpté â l'Attiquede l'Arc du Carrousel les armes d'Italie, soutenues par la Force et pur la Sagesse. Ce malheureux artiste mit lui-même fin à ses jours en 1821. Depuis plusieurs mois, il était attaqué d'une lièvre nerveuse, qui avait succédé au typhus, maladie cruelle qu'il avail gagnée en allant dans un hôpital prodiguer
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des soins et des consolations à un militaire de ses amis. Il s'occupait, dans les derniers temps de sa vie, du modèle d'une statue pédestre que lui avait commandée le gouvernement, celle du bailli de Suffren. H avait été reçu membre de la société philotechnique en 1811. Z.
CALLARD DE LA DUQUERIE (Jean-Baptiste), professeur de médecine à l'université de Caen et membre de l'académie de cette ville, où il est mort en 1718, âgé de 88 ans, avait le goût des sciences et beaucoup d'érudition. On a de lui : Z>xtcum me dieu m etymolnyiaim. sive tria etymologiarum m M in quas in scholis publicit medicina al tonnas ila postulantes edocuit, Caen, 1675, 1692, in-12; Paris, 1693, in-12; Caen, 1715, in-fol. Cette édition est augmentée. Cet ouvrage fort estimé ne contient cependant que les étymologies des termes de médecine. U en a donné une édition in-fo)., considérablement augmentée, contenant 11,000 étymologies des termes de médecine, chirurgie, pharmacie, botanique, chimie et physique, imprimée à Caen, 1715, in-fol. C'est à Callard que l'on doit le premier établissement d'un jardin de botanique à Caen. Il s'était beaucoup appliqué à connaître les plantes de la Normandie, et il a donné le résultat de ses recherches dans un petit ouvrage rare et peu connu intitulé : Cataloyus ptanlarum in locis pa/udosis, pr aient i bus, maritimis, arenosis et sylvestribus prope Cadomum in Nortmannia nasetntium, Paris, 1714, in-fol. D — P — s.
CALLEJA (Don Félix DEL Rey), comte de Calderon, général espagnol, né, en 1750, en Espagne, passa de bonne heure en Amérique et y devint fiscal du conseil des Indes, ce qui était un emploi considérable. Parvenu successivement au grade de maréchal de camp, il commandait une brigade à San-Luis de Potozi dans le Mexique, en 1810, lorsque le prêtre Hidalgo conçut le projet de révolutionner les provinces de la Nouvelle-Espagne. Dés qu'il apprit les succès qui avaient déjà signalé les opérations d'Hidalgo, Calleja se réunit au comte de la Cadena et marcha au secours de Mexico. Ayant rencontré les insurgés sur une montagne voisine d'Aculeo, il leur livra bataille le 7 novembre 1810, et les tailla en pièces. D'après son rapport officiel, il n'y eut pas moins de 10,000 indépendants tués, blesses ou faits prisonniers dans cette journée. Hidalgo opéra sa retraite sur Goanaxoato; Calleja le suivit de prés, détruisit les batteries de la place le 24 novembre, et s'empara de vingt-cinq canons, I«irmi lesquels était le Libertador americano (1). Les soldats d'Hidalgo, furieux contre les Espagnols, en assassinèrent plus de deux cents, renfermés dans l'Halondiga ; le jour suivant les troupes royales prirent la ville d'assaut, et le soldat eut la permission de piller et de tuer pendant deux heures 1 14,000 personnes, vieillards, femmes et enfants, périrent eu un jour. Le général en chef publia une proclamation par laquelle il ordonnait que dans
II) Ce fanon, jiMljurnim* pir Hidalgo, était le N»l en toln»
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vingt-quatre heures les armes et les munitions de. toute espèce fussent livrées au gouvernement sous peine de mort. La même peine devait être infligée à ceux qui manifesteraient une opinion favorable à la révolution ; enfin l'ordre fut publié de tirer sur tout rassemblement de plus tic trois personnes. Calleja marcha ensuite sur Guadalaxcra, où Hidalgo s'était retiré. Celui-ci eut assez de fermeté pour l'attendre, et lui présenta la bataille le IT janvier 1811, i el Puente de Calderon ; mais il fut complètement battu et obligé de prendre la fuite, abandonnant toute son artillerie et un grand nombre de prisonniers qui tous subirent la dure loi du vainqueur. Hidalgo lui-même, fait prisonnier le 21 mars, fut impitoyablement fusillé. Calleja tourna ensuite ses armes contre Rayon, qui avait formé une junte à Zitaquaro. Il pénéu-a dans cette ville le 2 janvier 1812, la fit raser et ordonna de passer au fil de l'épéc tous les habitants (I). Plus tard, il livra un assaut à Quantila-Amilpas, où commandait Morclos ; mais il fut forcé de le suspendre après un engagement de six heures, et ne s'empara de la ville que le 2 mai. a L'enthousiasme de ces insurges est sans « exemple, disait Calleja dans une lettre à un ami, « datée du 15 mars; Morclos donne ses ordres d'un « air prophétique, et, quels qu'ils soient, ils sont « toujours ponctuellement exécutés. Nous entendons « continuellement les habitants jurer qu'ils s'enler- « rcront sous les ruines plutôt que de nous livrer la « ville ; ils dansent autour des bombes qui tombent, « pour prouver qu'ils ne craignent pas le danger. » Après la prise de Quantila-Amilpas, Calleja se u.it.» poursuivre les indépendants en rase campagne, et il en tua plus de 4,000 ; mais ce fut son dernier exploit dans le nouveau monde. Nommé par la régence pour succéder au vice-roi Vcnégas, il montra dans ces nouvelles fonctions un dévouement qui serait digne d éloges s'il ne se fût pas |K>rté à des actes de cruauté inouïs el qui devraient être inconnus au 19* siècle. On croit que ces excès furent la cause principale de son rappel, qui eut lieu en 1817. Calleja fut alors remplace par don Juan R. d'Apodace, et revint en Espagne, où il fut très-bien accueilli par Ferdinand VII, qui, en 1818, le nomma comte de Calderon, en mémoire de la victoire qu'il avait remportée au pont de ce nom. Le général l'Avisbal s'élant demis, en 1819, du commandement des troupes rassemblées à Cadix et dans
(1) Voir i le lexte d'une espèce de décret que Calleja publia c-inirc ces mal h m mu : .( Les Indiens de Zilaqnaro et de son driartetncnl € seionl prives de leurs propriétés, ainsi que les Américains meric dKuiaux qui ont pris parla l'insurrection, qui ont accompagne les i rebelles dans leur fuite, ou qui ont quitte la vilte à l'entrée des « troupes du roi. St ceux qui sont compris dans ce d<TTel veulent « se présenter devant moi, dunucr des preuves de leur repen'ir, et c travailler a la réparation des roules, ils recevront leur pardon: ( nuis leurs propriétés ne leur seront point rendues, attendu que « les habitants de relie ville criminelle délestent le gouvernement
■ monarchique, qu'ils ont soutenu trois engagements contre les « troupes du roi, qu'ils ont planté sur des poteaux, a l'cntm? de < leurs murs, les télés de plusieurs de nos chefs morts |iour le bien
■ public. Tous les bllimenls de ZiLaquaro seront rases ou détruits « P»r le feu. Il est expressément défendu de rrtaulir celte ville, on « tonte autre qui pourra être rplement détruite, pour «voir parU- « ni* h la rébellion. *
. l'Ile de Léon, qui aevaîent être embarquées pour aller soumettre les indépendants du Paraguay, le comte de Calderon, malgré son grand âge ( il avait soixante etdix ans), fut nommé pour le remplacer. Le roi, eu le chargeant de cette mission, lui dit : « Je « mets en tes mains l'affaire la plus importante de « la monarchie. Toute l'Europe a les yeux fixés sur « cette expédition. J'espère que tu le rendras digne « de ma confiance. » L'armée d'embarquement sous les ordres de Calderon devait être composée de 18,000 hommes. Arrivé à Cadix vers la fin d'août, il adressa, le 8 septembre, à son armée, une proclamation remarquable par les principes de modéra* tion et de sagesse qui y étaient exprimés. II s'occupa ensuite d'y rétablir l'ordre, la discipline, et de compléter les corps décimés par la désertion et l'épidémie qui avait désolé Cadix. Déjà il avait obtenu sous tous ces rapports de très-bons résultats, lorsque le 1" janvier 1820 toute l'armée s'insurgea; et le colonel Hiégo, commandant le bataillon des Aslurics ( voy. Riego ), ayant proclamé la constitution des Cortès à Las Cabezas, lieu de son cantonnement, marcha pendant la nuit vers Arcos de la Frotitcra, quartier général du comte de Calderon, et le fit arrêter lui et plusieurs autres chefs de l'armée et de l'administration. Conduit prisonnier à l'Ile de Léon avec quelques officiers de son état-major, il resta détenu pendant plusieurs mois. Rendu à la liberté lorsque Ferdinand VII eut recouvré sa couronne, le comte de Calderon fut bien accueilli de son souverain , mais il n'obtint aucun emploi et mourut peu de temps après dans la retraite, fort mal vu des libéraux ou constitutionnels, et peu satisfait de la reconnaissance royale. M— n j.
CALLENBERG (Gérard), lieutenant-amiral de Hollande et de Westfrise, né à Willemsladt, en 1«42, dut à son courage et a la fortune son rapide avancement. Il commandait un vaisseau de ligne dans un combat livré par les Français aux Espagnols et aux Hollandais réunis, en 1676, sur la cote de Sicile : le grand amiral de Ruyter fut grièvement blessé et mourut quelques jours après ; les Français, profitant du trouble que la mort de l'amiral jetait dans la flotte ennemie, l'attaquèrent de nouveau à la hauteur de Païenne; de Haan, qui avait pris la place de l'amiral, tomba entre les mains des Français; Callenberg, resté seul chef de la flotte, se distingua, et fit si bien que les Français furent obligés de gagner le large. Peu de temps après il fut nommé vice-amiral, et, en cette qualité,
I il se signala dans plusieurs expéditions, entre autres dans celle que les Hollandais firent, en 1690, sur les eûtes de Normandie. En 1694, étant chargé d'escorter, sous le commandement de l'amiral Wheler, un grand convoi de vaisseaux marchands d'Italie au Levant, il eut le bonheur d'échapper, auprès de Gibraltar, à une affreuse tempête qui anéantit une grande partie de la flotte ; il parvint ensuite à débloquer le port de Barcelone, et reçut, comme témoignage de la reconnaissance de cette ville, des vases de vermeil. Le roi d'Espagne lui envoya une croix de diamants. En 1696, il bom-
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barda la ville de St-Martin, dans l'Ile de Ré, et, l'année suivante, on le vit successivement devant Cadix et au combat de Vigo, si glorieux pour les Hollandais, et où il eut encore le commandement en chef, à cause de l'indisposition de l'amiral Aimonde. En 170}, il escorta Charles d'Autriche à Lisbonne, débarqua avec le prince de Hcssc-Darmstadt sur la côte de Catalogne, et, comme cette tentative n'eut point de succès, il bombarda, avec les Anglais, la forteresse de Gihraltar, qui, malgré sa position formidable, fut obligée de capituler. A peine Gibraltar s'étail-elle rendue que Callenbcrg chercha les Français dans la baie de Cadix. Dans l'engagement qu'il eut avec eux, son vaisseau l'Albemarle fut mis hors de combat ; il en monta aussitôt un autre, et vit le sien sauter en l'air. Ce fut sa dernière expédition ; il revint en Hollande et fut, dans sa vieillesse, bourgmestre de Ylaerdingen, où il mourut l'an 1722. D— G.
CALLENBERG (Jean-Henri), savant orientaliste et théologien protestant, né le 12 janvier 1094, dans le pays de Saxe-Gotha, après avoir fait ses études à l'université de Halle, y fut nommé professeur de philosophie en 1727 et de théologie en 1750. Rien n égale le zèle qu'il déploya pour le succès des missions mie les protestants ont établies dans l'Orient. On sait que, depuis les apôtres, les missions ont toujours existé dans l'Église catholique, qu'elles reprirent une nouvelle ferveur aux 15* et 16e siècles, surtout à l'époque de l'établissement des jésuites. Indépendamment des avantages qu'en recueillit la religion, elles furent très-utiles aux gouvernements de Portugal, d'Espagne et de France. Frappés de ces avantages, les Anglais, les Hollandais et les Danois envoyèrent, dans les pays soumis |«r leurs armes, des prédicateurs pour y annoncer l'Evangile, comme les religieux envoyés |wr les princes catholiques le faisaient, au péril de leur vie, chez des peuples barbares et anthropophages. Cal- • leuberg consacra sou temps et sa fortune a fournir aux missionnaires de sa religion les livres dont ils avaient besoin pour leurs travaux apostoliques. L'alphabet arabe étant assez généralement employé dans les différentes langues de l'Inde, il commença par établir chez lui, et a ses frais, une imprimerie arabe et une hébraïque; car sou zèle s'étendait aussi a la conversion des juifs répandus dans tout le Levant. Il y lit imprimer sous ses yeux des traductions de la Bible, d'autres livres ascétiques, et beaucoup d'autres ouvrages, dont plusieurs ne sont pas sans intérêt pour les Européens. On en peut voir le détail dans Dreyltaupt ( Description du cercle de (a Saala, 2" partie ) ; nous n'indiquerons ici que les principaux ; 1° Scriptarum hisloriat lilterariœ Reeensio tabularis, Halle, 1724, in-8". 2» Prima Rudimtnta lingua arabiew, 1729, in-8°. 5" De l'Etat de la colonie de Surinam (en allemand), 1751, in-8*. 4" hune Ankitung sur Judischleutschen >)'-««•/.<•, 1753, in-8* C'est une grammaire élémentaire de l'hébreu corrompu que parlent les juifs d'Allemagne ; il y joignit, en 4730, un petit diction-
1754, in-8". 6" Spécimen indicit rerum ad (UteratHram arabicam pcrtinenlium, 1755, in-8". 7* Spécimen Ribliothecœ arabica, 1736, in-8*. 8° Locicodicum arabicorum de jure circa christianos JUuhammedico, 1740, in-8". 9" Repertorium literarium topicum, ibid., 1740, in-8". 10" Grammatica lingua grœcce vulgaris, paradigmata ejusdem, 1747, in 8". 1 1° Relation des voyages entrepris pour le bien de l'ancienne chrétienté d'Orient (en allemand), 1757. 42" Traduction arabe du Petit Catéchisme de Luther ( 1729, in- 12), du Nouveau Testament, des livres 5 et 6 du traité de Grotius, de Yehlatc retigionis chrislianœ (1755-1735, in-12), et de 17mitalion de Jésus-Christ ( 1758-39, in-8°). Cette dernière n'est qu'une réimpression de la traduction publiée en 10G3 |«ir le P. Célcstin de Stc-Liduiue, carme, frère du savant Golius, mais de laquelle Callenbcrg retrancha le Ie livre tout entier, et les passages des livres précédents qui ne sont pas conformes aux opinions des protestants. Il continua, avec un zèle infatigable, à s'occuper de la traduction et de l'impression de tous ces livres jusqu'à sa mort, arrivée le 10 juillet 1700. L'institut qu'il avait fondé continua de faire imprimer la traduction des livres religieux, de les distribuer aux juif» et aux musulmans, d'envoyer quelques missionnaires, d'examiner les nouveaux convertis qui se présentaient, et de suivre ainsi l'intention du fondateur ; mais le zèle de ces nouveaux apôtres se refroidit peu à peu, et, vers 1792, l'entreprise fut tout a fait abandonnée. Callenbcrg avait écrit lui-même, en allemand, l'histoire de l'origine de ces missions dans les deux ouvrages suivants : Relation d'une tentative pour ramener le peuple juif aux vérités du christianisme. Halle, 1728-30, 5 vol. in-89; — Relation d'une tentative pour ramener à Jésus-Christ les mahométant abandonnés. Halle, 1739, iu-8*. 11 publia encore suite même sujet : Sylloge variorum scriptorum laças de muhameddanorum ad Christum conversione txpetita, sperala, tentuta, exhibens, Halle, 1743, in-Jf. — Gaspard CalUUHU), jésuite, né dans le comté de la Marck, eu 1078, enseigna la philosophie à Munster et la théologie à Paderborn, a Trêves cl à Aix-la-Chapelle ; il mourut à Cosfeld, le 11 octobre 1742, après avoir publié, sous le voile de l'anonyme, quelques livres latins de théologie et de tirait canonique, d'un intérêt purement local, et dont on peut voir le détail dans la Ribliolheca Colonniensis du P. Hartzheim. C M. P.
CALLENBERG ( GEonor- \ m \ \ n m; i>tlr. m i- Heum^'. comte de), conseiller intime de l'eleclcur de Saxe, né le S février 1744, dans sa terre de Muskau, dans la hante Lusace, annonça de bonne heure les plus heureuses dispositions ; l'éducation qu'il reçut de son père le prépara merveilleusement |>our celle qu'il alla prendre plus tard à Genève, ofi la société des Bonnet, des Saussure, des Tronchiu, et le mouvement que donnait aux esprits le voisinage de Voltaire, ne contribuaient pas peu à former les jeunes gens. Il partit de la pour voyager, parcourut l'Italie, la France, épousa mademoiselle de la Tour du Pin, et la perdit dans la seconde année de son
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mariage. Il se tetnit à voyager, alla en Çuède, en Angleterre, et, retenu ensuite dans ses terres par le désir de soulager la vieillesse de son père et de s'occuper du bonheur de ses vassaux, il y mérita l'estime et l'affection de tous ceux qui l'entouraient, fut un des plus zélés protecteurs de la société patriotique de la haute Lusace, traduisit en allemand quelques ouvrages suédois ou fiançais, et en français la Ligne des princes du célèbre Millier. Le comte de Callcnbcrg mourut le 4 mai 1795, après s'être remarié, en 1773, avec mademoiselle d'Oerzen, lille du général prussien de ce nom. G — T.
CALLESCHROS, architecte grec, vivait à Athènes, dans la 59' olympiade, 511 ans avant J.-C. Il fut un des quatre architectes que Pisistrate chargea de construira le temple de Jupiter Olympien, qui ne fut fini que sept siècles plus tard, sous le règne de l'empereur Adrien. L — S — E.
CALLET (Jean-François), naquit à Versailles le 25 octobre 1744. 11 lit de bonnes éludes, et y prit le gont des matbématiques. 11 vint a Paris en 1708, et il eut occasion de s'instruire plus à fond. En 1774, il forma des élèves distingués pour l'école du génie, où les examens étaient sévères et les réceptions difficiles; en 1779, il remporta le prix que la société des arts de Genève avait proposé sur les échappements; en 1785, il termina son édition des Tables de Gardiner, in-8°, qui était commode et exacte : on y trouve les logarithmes des nombres jusqu'à 102,950 ; en 1788, il fut nommé professeur d'hydrographie à Vannes, ensuite à Dunkerquc. Il revint à Paris en 1792, et fut professeur des ingénieurs géographes au dépôt de la guerre peudaut quatre ans. Cette place ayant été supprimée, il s'occupa à professer dans Paris, où il fut toujours regardé comme un des meilleurs maîtres de mathématiques. En 1795, il publia la nouvelle édition stéréotype des Tables des logarithmes (jusqu'à 108,000), augmentée considérablement, avec des tables de logarithmes des sinus pour la nouvelle division décimale du cercle : ce sont les premières qui aient paru. Vers la fin de 1797, il présenta à l'Institut l'idée d'un nouveau télégraphe et d'une langue télégraphique, accompagnée d'un dictionnaire de 12,000 mots français qui y étaient tous adaptés par une combinaison mathématique. Ces travaux avaient altéré sa santé ; il était depuis longtemps asthmatique, et, malgré son état, il publia encore un mémoire sur les longitudes en mer, sous le titre de Supplément à la Trigonométrie sphérique et à la Navigation de Bezout, etc., Paris, au 6 ' (1798), in-4e. Callet mourut le 14 novembre 1798. — Nicolas Callet, avocat à Guéret, dans le 16" siècle, a laissé un commentaire sur les lois municipales, ou coutumes du pays de la Marche, sous le titre de Collants in leyes Marchiat municipales, Paris, 1575, in-4°. Z.
CALLET (Antoine-François), né en 1741, se destina à la peinture et remporta le grand prix à dix-huit ans, ce qui lui permit d'aller à Rome aux frais du gouvernement. De retour en France, il fut admis à l'académie de peinture. Son talent tenait
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de l'ancienne école, H manquait de style et de coloris , mais ses tableaux sont encore appréciés par quelques amateurs. On lui doit entre autres un Portrait de Louis XVI, gravé par Bcrvic, dont cette gravure passe pour le chef-d ouvre ; le Lever dt f Aurore, au plafond de la galerie du Luxembourg; les Saturnales , Ajax , etc. En 1814, au retour des Bourbons, il manifesta les sentiments les plus royalistes. Il fit un beau portrait du comte d'ArtoU. Entre autres ouvrages qu'il exposa au salon de 1817, on remarqua une allégorie représentant YArrivée de Louis le Désiré. Ce tableau n'est pas dépourvu d'effet et il a quelque chose d'imposant. On doit encore à Callet Marcus Curtius se dévouant pour sa patrie; Ténus blessée par Diomède ; Achille traînant le corps d' Ueclor devant les murs de Troie; Zéphgre et Flore couronnant Cybile de fleurs, au plafond de la galerie d'Apollon. Callet est mort en 1825. 11 était peintre du roi et de Monsieur, depuis Charles X . D — a — a.
CALUACHI (Nicolas), né à Candie en 1645, en sortit à l'âge de dix ans, vint étudier à Rome, et, après dix années d'études, fut reçu docteur en philosophie et en théologie. En 1666, il fut appelé i Venise pour y professer les langues grecque et laline, et la philosophie d'Aristote; en 1677, il alla a PaJoue, où il professa successivement la logique d'Aristote , la philosophie, la rhétorique. Il garda cette dernière chaire jusqu'à sa mort, arrivée le 8 mai 1707. On a de lui quelques discours qu'il prononça en diverses circonstances. Il avait conqwsé plusieurs au très ouvrages, dont il n'a été publié que les suivants: \" de Ludis scenicis mimorum elpantomir morum, edenteM. A. M adero, Padoue, 1715, in-4% et dans le t. 2 du Novus Thésaurus Antiquitatum Rommarum de Sallcngre. Ce traité, qui fait connaître le théâtre grec cl romain mieux qu'on ne l'avait connu jusque-là , était reslé dispersé parmi les |iapiers de l'auteur, qui était mort sans y avoir mis la dernière main ; le dernier chapitre est même demeuré impaiTait. L'ouvrage est curieux, et mérite d'être lu. 2° De Gladialorilms ; de Suppliciis servorum ; de Osiride ; de Sacris Eleusiniis eorumque mysleriis. Ces quatre dissertations ont été publiée* ]>ar le marquis l'oleni, dans le 3' volume de ses Vlriusqui Thesauri Antiquitatum romanarum grœcarumque nova Supplementa. A. C — T.
CALLIAS. 11 est question de plusieurs personnages de ce nom dans l'histoire d'Athènes. I <■ plus ancien que nous connaissions est Cul lias, fils de Phas nippus, de la famille des Eutnolpides. 11 remporta le prix de la course des chevaux en la 54* olympiade (564 avant J.-C), et le second prix de la course dea chars. Lorsque Pisislrala fut cliassé d'Athènes, il fut le seul qui osa acheter ses biens que le peuple avait mis en vente. 11 avait trois filles, qu'il dota richement, ei à qui il permit de choisir ceux qu'elles voudraient pour époux. 11 eut un fila nommé Nippon icus , qui fut père d'un second Callias. Celui -ci était dadouque (porte-flambeau), oc qui était la seconde dignité des prêtres d'Eleusis. Lorsque les Perses débarquèrent à Marathon, il se trouva au
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combat , et un barbare le prenant pour le roi des Athéniens, à cause de sa longue chevelure et des bandelettes dont elle était ornée, lui demanda la vie, en lui montrant une fosse où il avait caché ses richesses ; mais Callias le tua et s'en empara, ce qui lui lit donner le surnom de Laccoploutos (puits d'or). Cette anecdote, qu'on trouve dans Plutarque, ne nous parait pas plus vraie que celle qu'Athénée rapporte, et qu'on trouvera à l'article Hipponicis. Callias fut chef de l'ambassade que les Athéniens envoyèrent à Suze, l'an 469 avant J.-C. Il y conclut avec Artaxcrcés cette paix célèbre, par laquelle ce prince s'engageait à laisser libres les villes grecques de l'Asie, à tenir ses troupes à une journée de distance des cotes, et à ne pas laisser naviguer ses vaisseaux dans les mers qui s'étendent depuis les roches Cyanées jusqu'aux lies Chélidonicnnes. Il fut accusé, à son retour, de s'être laissé corrompre par les présents du roi de Perse; mais il fut absous à cet égard, et il fut seulement, en rendant ses comptes, condamné à payer cinquante talents, ce qui n'empêcha pas qu'on ne lui rendit les plus grands honneurs , et qu'on ne plaçât sa statue auprès de celles des éponymes. (Les héros dont les tribus avaient pris leurs noms.) Il donna aussi le nom d' Hipponieus à son (ils, qui fut père d'un troisième Callias, surnommé, suivant Plutarque, le Riche ou le Prodigue. Il fut dadouque comme ses ancêtres, et commandait les hoplites athéniens à la bataille où Iphicrates tailla en pièces un corps de Lacédémoniens (l'an 392 avant J.-C.) Le repas qu'il donna à roccasion de la victoire au pancrace que le jeune Autolycus avait remportée aux Panathénées, l'an 421 avant J.-C, sera à jamais célèbre par la description que Xénophon nous en a hissée dans son Banquet. Mais ce Callias se rendit surtout fameux par ses prodigalités ; elles épuisèrent tellement sa fortune, que Lysias, dans un plaidoyer prononcé l'an 587 avant J.-C, dit qu'il lui restait à peine deux talents des deux cents que son père lui avait laissés. Il fut nommé, l'an 572 avant J.-C, chef de l'ambassade que les Athéniens envoyèrent à Sparte pour conclure la paix. Il avait alors environ quatrevingt-huit ans, et ne dut pas vivre longtemps après; il ne faut donc pas croire ce que dit Athénée, qu'il tomba, sur la fin de ses jours, dans un tel dénùment, qu'ii ne lui restait plus qu'une vieille femme barbare pour le servir, et qu'il manquait des choses les plus nécessaires à la vie. Cela est démenti d'ailleurs par ce que dit Dion Chrysoslome, d'un procès qui s'éleva au sujet de sa succession. 11 avait d'abord épousé une fille de Glaucon, dont il eut un fils nommé Hipponieus. Il épousa ensuite une des filles d'Istomachus, et la mère, qui était veuve, étant venue demeurer avec lui, il entretint avec elle un commerce scandaleux, ce qui obligea son épouse à le quitter. Il chassa ensuite la mère, quoique enceinte , et , l'ayant reprise bientôt après, il reconnut son enfant. C'est ce troisième Callias qui trouva, l'an 407 avant J.-C, le moyen d'extraire le cinabre des mines d'argent. (Voy. Hérodote, I. 6 et 7.) C— r.
CALLIAS , poète dramatique grec, fil» de
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Lysimaque, fut surnommé Sekœnion, de la profession de son père, qui était cordicr. Il composa des tragédies et des comédies, parmi lesquelles on comptait le» Cyclopet, Âtalante, etc. (Voy. Suidas; Athénée, 1. 10; Vossius, de Hitl. grœc; Scaliger, L i de Repoetica.) — Callias, né à Syracuse, écrivit une Histoire des guerret de Sicile, souvent citée par les anciens. On croit qu'il vivait vers l'an 316 avant J.-C. Diodore lui reproche d'avoir loué la piété et l'humanité d'Agathocle, qui viola si souvent les lois divines et humaines, mais quicombla Callias de présents. (Voy. Suidas; Athénée, I. 12; Denys d'Halicarnasse, I. 1 de Antiq. Rom. ; Macrobe, Saturnol., I. 5.) V-ve.
CALLIAS, architecte grec, était d'Arados, en Plié» nicie, et vivait dans la 1 18* olympiade , 308 ans avant J.-C 11 fut employé par les Hhodieus, et exécuta sur les murs de Rhodes une espèce de grue avec laquelle on (touvait accrocher et enlever en l'air une liélépolc, ou tour roulante, dont se servaient les assiégeants pour battre et ruiner les murailles des villes. Les Rhodiens, enchantés fie cette découverte, transférèrent à Callias une pension sur le trésor public, qu'ils avaient accordée précédemment à Diognète, architecte de Rhodes. Sur ces entrefaites, Démétrius Poliocertes vint mettre le siège devant la ville ; il amena un architecte d'Athènes, nommé Epimaehtu qui, pour détruire l'effet des machines de Callias, lit construire une hélépolc si grande et si lourde, que Callias fut obligé d'annoncer aux Rhodiens qu'il ne pourrait ni l'enlever ni en arrêter l'effet. Il fallut avoir recours à Diognète, qu'on avait d'abord écarté avec mépris; mais, irrité de l'ingratitude de ses concitoyens, il refusa de les secourir ; enfin on lui députa les jeunes filles et les ponlircs. Diognète se laissa toucher |>ar leurs prières, et demanda seulement |K)ur récompense qu'on lui accordât la propriété de l'hélépolc, s'il parvenait à s'en rendre maître, ce qui lui fut promis. Aussitôt il fit mettre la main a l'œuvre à tous les habitants, et on dirigea tous les égouts «le la ville vers le terrain sur lequel l'hélépolc devait passer. Suivant Végécc, au contraire, on creusa une fosse souterraine qui affaiblit le terrain. Lorsque la machine fut arrivée à cet endroit, soit que la terre fût humectée par les eaux des égouts, soit qu'elle fût minée, l'hélépole s'enfonça de manière qu'il fut impossible de s'en servir, et Démétrius, privé de ce moyen, leva le siège. Diognète fut regardé comme le sauveur de sa patrie, et on ne |*aila plus de Callias. (Voy. Vitruve, 1- 10. ) L — S — B.
CALLIBITJS, Spartiate, se conduisit avec beaucoup d'insolence à Athènes, où Lysandre l'avait placé comme harmoste après la bataille d'^Egos-Potamos. Il se permit de lever le bâton pour frapper l'athlète Autolycus (sur lequel Xénophon a composé son Banquet), qui, plus adroit que lui, le prit par les jambes et le jeta à terre. Lysandre, à qui il alla porter ses plaintes, lui dit qu'il ne savait pas gouverner les hommes libres; mais les trente tyrans firent mourir Autolycus pour le satisfaire , et Calllbius leur témoigna sa reconnaissance, en approuvant
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les mesures sanguinaires qu'ils prirent contre ceux de leurs concitoyens dont les richesses tentaient leur cupidité. C — R.
CALLICLÈS, sculpteur grec, était de Mégare, et (ils de Theoscome, qui s'était rendu célèbre par une statue de Jupiter, que les Mégariens regardaient comme le plus bel ornement de leur ville et à laquelle Phidias avait travaillé. Calliclès soutint la réputation de son pére. Un de ses meilleurs ouvrages était la statue de Diagoras, athlète vainqueur au pugilat. Ce sculpteur a vécu environ 420 ans avant J.-C. Pausanias en fait un grand éloge. — Il y eut un autre Calliclès, peintre, qui ne peignait que de petits tableaux ( ils n'avaient, diton, que trois pouces de circonférence), et qui, suivant Van on, aurait pu, dans de grandes compositions, s'élever au même rang qu'Euphranor. (Voy. ce nom.) On croit que cet artiste florissail 320 ans avant J.-C. L-S— e.
CALLICRATES, architecte grec, florissail à Athènes dans la 84' olympiade, 444 ans avant J.-C. Le temple célèbre dit le Parthénon a immortalisé le nom de cet artiste, ainsi que celui d'Ictinus, qui coopéra à la construction de ce monument. Ce fut Périclès qui le lit élever dans l'Acropolis ou citadelle d Athènes, et qui cliargca Phidias d'en diriger la décoration et les sculptures. Ce temple, en forme de parallélogramme, était entouré d'une lile de colonnes d'ordre dorique séparées du mur de la cella ou du corps du temple, par un léger intervalle. Les frontons des deux extrémités étaient supportés -par huit colonnes, et ornés de bas-reliefs, dont l'un représentait la Dispute de Minerve et de ÀS'eptune pour donner un nom à la ville d'Athènes, et l'autre, Jupiter présentant Minerve à rassemblée des dieux. Les métopes ou intervalles qui se trouvent entre les triglyphes de l'ordre dorique représentaient des combats de centaures, et sur la frise, qui régnait tout autour et à l'extérieur du mur de la cella, on avait sculpté la procession mystérieuse (les Panathénées. Les colonnes étaient sans base, et reposaient sur des marches qui entouraient tout l'édifice; il avait 221 pieds de long d'orient en occident, et 9-1 de large. On avait employé, pour le bâtir, un marbre dont la blancheur éclatante relevait encore la majesté de l'architecture, l'élégance des profils et la perfection des sculptures. La construction était si soignée, qu'on apercevait à peine les tissures des blocs. Les siècles et les révolutions avaient respecté un ouvrage si parfait, et le chef -d'reuvre d'Ictinus et de Callicrates existait encore dans son entier en 1(176. 11 avait servi de temple aux Athéniens, d'église aux chrétiens, et de mosquée aux Turcs; mais l'année suivante, pendant le siège d'AUiénes par les Vénitiens commandés par le provéditeur Morosini, une bombe tomba sur le Parthénon , où étaient renfermées les poudres des assiégés ; en un moment cet ouvrage admirable ne fut plus qu'un monceau de ruines. On acheva de gâter les restes des bas-reliefs des frontons en voulant les emporter, et, depuis ce temps, les étrangers et les voyageurs n'ont cessé de dépouiller le Parthénon de ses riches débris. Une
partie de» colonnes, de l'entablement et des frontons, qui subsiste encore, suftit pour exciter l'admiration et pour faire juger de la magnificence de Périclès et du génie de Callicrates et d'Ictinus. — Il y eut un autre Callichates, dont quelques auteurs ont parlé comme d'un habile sculpteur, mais auquel le bon goût refuse cette qualilicalion. Il s'attachait à faire des ouvrages d'ivoire d'une délicatesse et d'une petitesse excessives ; il avait gravé des vers d'Homère sur des grains de millet. De concert avec Mirmecydes, autre artiste dans le même genre, il lit un cliar attelé de quatre chevaux qu'on pouvait cacher sous une aile de mouche , et des fourmis dont on distinguait tous les membres. Il plaçait ces petits ouvrages sur de la soie noire , pour que l'oeil les aperçût plus aisément. On ne s'étonnera pas que les chefs-d'u'uvre de ces artistes ne nous soient pas parvenus ; mais peut-être on sera surpris que l'histoire ait prolongé leur souvenir et leur réputation. (Voy. Pline, I. 7; Plutarque, in Stoîe.; Klien, Hist., 1. i.) L— S— e.
CALLICRATES, né â Léontium, ville de l'Acliaïe, fut, par ses trahisons, l'un des principaux instruments de la ruine de la Grèce. Député â Rome, l'an 179 avant J.-C., pour plaider la cause des Achécns contre les exilés de Ucédémone, il exhorta au contraire le sénat romain à ne pas permettre qu'on délibérât sur les ordres émanés de lui. Le sénat, déjà assez enclin à traiter les peuples alliés comme des sujets, suivit son conseil, et, en le congédiant, le recommanda aux Achéens comme un homme qui avait la confiance du peuple romain, ce qui le lit nommer préteur l'année suivante. Lorsque les Romains eurent défait Persée, et réduit la Macédoine en province, ils envoyèrent dix commissaires pour régler l'administration de ce pays, et les autorisèrent à prendre connaissance des affaires du reste de la Grèce, comme le faisaient les rois de de Macédoine. Callicrates accusa les principaux Achéens d'avoir favorisé Persée. Deux de ces coin-, missaires s'étant rendus dans l'Acliaîe poui examiner la vérité de cette accusation, il eut l'audace d'en introduire un dans l'assemblée générale des Achéens, bien que cela fut expressément défendu ; et, soutenant ce qu'il avait avancé , il prétendit que ceux qui avaient été préteurs étaient tous compris dans son accusation. Xénon, l'un d'eux, qui jouissait de la plus grande considération, répondit qu'il lui serait facile de se justifier, même devant le sénat romain, ce qu'il disait uniquement pour prouver son innocence; car les Achéens, en qualité d'alliés, ne pouvaient être jugésque par leurs concitoyens; mais le commissaire romain profita de cette ouverture pour empiéter sur les droits des Achéens , et renvoya sur-le-champ à Rome tous ceux que Callicrates avait accusés ; il y en avait plus de 4 ,000, et les Romains, les croyant déjà condamnés par les Achéens, les envoyèrent en exil dans la Toscane et dans d'autres parties de l'Italie, d'où ils ne purent faire entendre leurs réclamations qu'au bout de dix- sept ans ( voy. Caton l'ancien) et on permit alors à ceux qui restaient (ils n'étaient pas plus de trois cents) de re-
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tourner dans leur patrie. Callicrates se vit en bulle a l'exécration publique -, mais il en fut dédommagé par l'amitié des Romains. Le sénateur Gallus, étant venu quelque temps après dans la Gréée, le chargea déjuger une contestation qui s'était élevée entre les Argiens et les Lacédémoiiiens, au sujet de leurs limites. Les Oropiens, vers l'an 157 avant J.-C., ayant des sujets de plainte très graves contre les Athéniens, offrirent dix talents A Ménalcidas pour qu'il engageât les Achéens, dont il était alors préleur, i venir A leur secours. Ménalcidas promit la moitié de cette somme à Callicrates, et entraîna de concert avec lui les Achéens dans une expédition conire les Athéniens : elle n'eut aucun succès. Ménalcidas ne s'en fit cependant (tas moins payer, mais il ne voulut rien donner à Callicrates, qui, pour s'en venger, l'accusa, lorsqu'il fut sorti de place, d'avoir cherché à détacher les Spartiates de la ligue achéenne. Ménalcidas, dans l'impossibilité de se justifier, corrompit à prix d'argent Dinœus, son successeur, qui, pour le servir, entraîna les Achéens dans une suite de démarches toutes plus inconsidérées les unes que les autres. Ils se virent obligés d'envoyer, à ce sujet, une nouvelle ambassade à Rome, et Callicrates, qui en faisait partie, mourut en y allant, dans l'Ile de Rhodes, vers l'an 147 avant J.-C. [Voy. Pausanias, I. 7.) C— n.
CALLICRATES. Voyez Callippcs.
CALLICRATIDAS , Spartiate, commença a se faire connaître vers la fin de la guerre du Péloponése, où les Lacédémoniens l'envoyèrent A Ephése prendre le commandement de leur escadre. Il eut beaucoup de désagrément à essuyer de la part de Lysandre, qui, mécontent de ce qu'on lui avait donné un successeur, renvoya l'argent qui lui restait A Cyrus le jeune , qui avait fourni jusqu'alors aux dépenses de l'escadre, et dit A Callicratldas qu'il pouvait aller lui en demander. Il ajouta, en présence des alliés, qu'il lui laissait une escadre maîtresse de la mer. « Puisque cela est, repartit Callicratldas, « conduisez-la à Milet, en laissant Samos à gauche, a et livrez-la-moi dans cette ville. » Lysandre s'en excusa sur ce qu'il n'avait plus le commandement. Après son départ, Callicratidas alla A Sardes pour demander de l'argent A Cyrus. Il se présenta A la porte du palais du prince, on lui dit qu'il était A boire. « J'attendrai qu'il ait bu , » répondit-il avec une simplicité vraiment Spartiate, dont les Perses rirent beaucoup. N'ayant pas été plus heureux une seconde fois, il maudit ceux qui avaient mis les Grecs dans la nécessité défaire la cour aux barbares pour avoir de l'argent, et se promit bien, lorsqu'il serait A Sparte, de faire tous ses efforts pour réconcilier les Lacédémoniens et les Athéniens. Revenu h Milet sans argent, il décida les habitants de cette ville A fournir aux besoins de son escadre, alla aussitôt attaquer Méthymnc dans l'Ile de Lesbos, où il y avait nne garnison athénienne, prit cette ville d'assaut et la mit au pillage. On lui proposa de vendre ha prisonniers qu'il y avait bits : « A Dieu
• ne plaise, répondit-il, que tant que je comman-
* derai, un seul Grec devienne eàdave par mon
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I « fait ! * Il se contente donc de vendre les esclaves, et renvoya les autres. 11 se mil ensuite A la poursuite de Conon, et, l'ayant joint, il le défit et le
Xaursulvit jusqu'à Mityléne, où il l'assiégea. Les thénlens, instruits de cet échec, envoyèrent surle-champ une escadre de cent cinquante vaisseaux pour le dégager. Callicratidas , quoique ses force* fussent bien inférieures, alla A leur rencontre, et voulut risquer le combat, malgré les représentations d'IIermon son pilote. Son devin lui ayant annoncé qu'il était menacé de périr dans le combat , il répondit qu'il serait beaucoup plus facile aux Spartiates de réparer la perte d'un général tel que lui, que d'effacer la honte qu'il y aurait A fuir devant l'ennemi ; ce qui était un propos de jeune 1mm me, comme l'observent très-bien Cicéron et Plutarque , le salut de l'armée, dans un Jour de bataille, dépendant de celui de son général ; l'événement le prouva (1). Le vaisseau qu'il montait ayant été submergé sans qu'il pût se sauver, les Lacédémoniens furent complètement défaits. Callicralldas mourut l'an 406 avant J.-C. Il est un des derniers qui aient conservé l'ancien caractère Spartiate , caractère qui s'était fort altéré pendant la guerre du Pëloponôse, par les habitudes que les Lacédémoniens contractèrent en combattant hors de leur pays, et la plupart du temps dans l'Ionic, dont les habitants, amollis par le luxe, étaient, suivant l'expression de Callicratidas, de très- bons esclaves et de très-mauvais citoyens. — Stobéc nous a conservé un fragment d'un auteur grec également nommé Callicratidas- C— n.
CALLICRETÉ, fille de Cyané, dont on a fait dans un dictionnaire une fille savante dans la politique, était probablement quelque courtisane de l'Ionie. Anacréon parle, dans une de ses chansons, de l'art avec lequel elle savait tyranniser les cœurs. Platon fait allusion à celle chanson dans son Thêagis, et c'est tout ce que nous en savons. C— h. CALL1DIUS. Toyez Loos.
C ALLIER, ou CA1LL1ER (Raoul), poète de la fin du 16e siècle, né à Poitiers, était neveu de Nicolas Rapin. 11 composa, à sou exemple, des vers français mesurés, qu'il lit imprimer avec ceux de Rapin dont il fut l'éditeur. On trouve aussi des vers de sa composition dans les Délices de la poésie française. L'abbé Goujet lui attribue Us Infidèles fidèles, fable boscagère de l'invention du pasteur Calianthe, Paris. 1603 cl 1613. Cette pièce est très-rare. Deauchamps n'en a pas connu l'auteur ; il le désigne seulement de celte manière, F, 0, D, B, ou le Pasteur Calianthe. Ces lettres initiales ne peuvent convenir A Raoul Callier; mais les raisons données par l'abbé Goujet ne laissent aucun doute sur le véritable auteur de la
(I) Hi\fft te* autorité si respectable*, si l'on considère aiienil- Yemenl r.-wii des loi» de LTrurpie rt le rtrarirro de l'jlllrratiiit*, on dernatrira le motif *nbli»e ce Spartiate artompli. Il ne crai- Hiiit|K>iat de conipronu'iir* *a (taire; nuls il ne voulut |u* a'erarler de rc qu'il regardait comme son devoir. Mallirareuscmeot pour lai, il vu .m dans nn lemps ou relte austérité de vertus commençait a être non-seulement tutl rare, nus même a être en politique ptm nuisible qu'aille. Tel devait être plu lard a Home le rôle de Catoa dTtique, qui , ainsi que CallitraUiUs, flt le sacriflr* de s» rie aux !••■> e« » I» Utwrte, l»— n — ».
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1)iéce. 11 avait assisté dans sa jeunesse aux grands ours de la célèbre madame Desroches de Poitiers, et il avait célébré par quelques vers français la puce trouvée sur l'épaule de celte dame. La Croix du Maine lui attribue un Discour* du rien, un de l'ombre, un autre du quatre, et enfin un de famour de toi-même, en prose ; un [Krëme intitule le Çhat, un autre le Pattereau, et un troisième lei Abeilles. Ces ouvrages n'ont point été imprimés. — Suianne Calmer, sa parente, ou même sa fille, suivant Fal- < i mut. se mêlait aussi de poésie. Ou trouve d'elle quelques vers mesurés dans le recueil de ceux de J\ ieolas Rapin . ( Yoy . R a pi x . ) W— s.
CALLIER ( Claude-Ignace ), né dans le Jura, le 6 août 1758, mort le 28 décembre 1810. On a de lui : Dota a Condao obsessa , anno 1630 , Carmen ( cum tersione gallica ; opus potthumum ) , Dole , Joly , 1823. L'éditeur a complété cet ouvrage par quatre-vingt-dix vers. La traduction française est également en vers. Z— o.
CALLIÈRES (François de), né à Tborigny en basse ISorraandie, le 14 mai 164b, fut conseiller du roi, ministre plénipotentiaire k Ryswick en 1093, et l'un des signataires du traité, puis secrétaire du cabinet du roi. 11 avait été précédemment envoyé en Pologne par la maison de Longuevillc, à laquelle son père et lui étaient attachés. Le 10 février 1089, il fut reçu à l'Académie française à la place de <Juinault. On a de Calliéres plusieurs ouvrages, dont voici les principaux : 1° des Mut* à lu mode, 1092, in- 12. 2" Traité du bon et du mauvais usage de t'exprimer, et des façon* dt parler bourgeoises, 16!)3, in- 12. 3» De la Manière de négocier avec le* souverain*, etc., 1710, in-12, dont on donna en 1750 une nouvelle édition en 2 vol. Le second est de l'éditeur, et ne vaut pas le premier. Cet ouvrage a été traduit en anglais, en allemand et en italien. 4" Ilittoire poétique de la guerre nouvellement déclarée entre te* ancien* et le* moderne*, Paris, 1088, in-12, à l'occasion de la querelle entre Roileau et Perrault. 5° Panégyrique historique du roi Loui* XIV, Paris, 1G88, iu-4». On trouve à la suite un Dùcour* au roi, en vers. G" De la Science du monde, et connaissances utiles à la conduite de la vie humaine, RrUxelles, 1719, in-12. 7» Du Bel Esprit, 1095, in-12. 8° Des bons Mots et des bons Contes; de leur usage ; de la raillerie de* anciens; de la raillerie et des railleurs de notre temps, 1002, in-12; 1099, in-12. 9° Des poésies, qui sont faibles. François de Calliéres mourut le 5 mai 1T17. — Jacquet de Calmèiies, son père, maréchal de bataille des armées du roi, et qui mourut commandant a Cherbourg en 1097, que d'Aleinbert appelle un homme d'esprit, avait publié les ouvrages suivants : 1° le Courtisan prédestiné ou le Duc de Joyeute capucin, 1661, 1072, 1683, in-8°. 8° Histoire de Jacquet de Matignon, maréchal de France, et de ce qui t est passé depuis la mort de François f" (Ipi") jusqu'à celle de ce maréchal (1587), Paris, 16C1, in-fol. 5» lettre héroïque tur le retour de M. le Prince, à la duchesse de Longuemlle, St-Lô, 1060, in-4°. A. R— T. CALLIÉRES DE L'ÉTANG (P. -J.-C), «vocal
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au parlement de Paris à l'époque de la révolution,
en embrassa les principes avec toute l'ardeur d'un jeune homme, quoiqu'il fût septuagénaire ; il proposa la formation d'un bataillon de vieillards, dont le plus jeune devait avoir soixante ans , et en fut nommé commandant. Dans la séance du 10 juillet 1792, il demanda à la barre de l'assemblée législatif, au nom de son bataillon et de 40,000 patriotes, la réintégration de Pétition, la destitution du département de Paris et le décret d'accusation coulre Lafayette. Ce vieillard fut aussi l'un des jurés du tribunal révolutionnaire du 10 août suivant. L'année suivante, il fut envoyé en qualité de commissaire de la commune dans la Vendée, et tomba peu dan t quelques jours au pouvoir des royalistes. De retour à Paris, il vint à la convention déplorer la mort de Marat, II mourut à Paris, en 1795. D — R — u.
CALLIERG1 ou CALLOERGI (Zacuauie), né dans l'ilc de Crète, fut de bonne heure envoyé à Venise pour y faire ses études, et ne tarda pas à se faire remarquer par l'étendue et la variété de ses connaissances. C'est dans cette ville, qu'aidé par sou frère Antoine Calloergi, excellent helléniste, et par le savant Musurus, il publia son grand Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Venise, 1499, in-fol., ouvrage digue des éloges accordes à sou auteur. Calloergi fut appelé a Rome pour être à la tète de l'imprimerie grecque élevée par les soins d' Augustin Cbigi. De concert avec Corneille Begnigno de Viterbe, il publia une édition de Pindare, recherchée pour la correction, la beauté de l'impression, et pour les scolics qui l'accompagnent. Les amateurs la préfèrent a celle qui avait été donnée par Aide Manucc deux ans auparavant. Calloergi fit encore sortir de ses presses une édition de Tliéocrile, Rome, 1516, in-4", fort estimée pour la correction du texte ; elle renferme les idylles et les épigrammes. — George Calliergi, contemporain d'Antoine et de Zacharie, et probablement de la même famille, fut professeur de grec à Venise, et passa pour l'un des plus savants Itelléuistes de sou temps. R — T.
C A LUETTE (L.-P.), curé de Grécourt, près de Ham, en Picardie, mourut vers la lin du 18* siècle. Il a publié : Histoire de la vie, du martyre et des miraelet de St. Quentin, bt-Quentin, 1767, et des Mémoirei pour tenir à l'histoire ecclétiattique, civile et militaire de la province de Vermandou, Caaibray, 1771-72, 3 vol. in-12. D — a — a.
CALLIGÈNE, médecin de Philippe V (1), roi de Macédoine, servit utilement l'ambition de Persée, fils de ce prince, et qui, meurtrier de Démétrius, son frère aîné, avait été obligé de prendre la fuite. Philippe étant tombé malade, Calligéne connut qu'il louctiait à sa fin; il dépécha des courriers à Persée, et, jusqu'à son arrivée, U cacha la mort du roi aux grands et au peuple de Macédoine. Par ce moyen, Persée s'empara facilement du trône, dont un lui avait ouvert le chemin. Cet
(1) Cinq Philippe ont ré* né en MwMoln* ! Philippe 1", de 600 1 6T6 Philippe II. Ptr* d'Alcundre. 4e 360 • SU; Philip* III, de Si» i> 517 î PMLppe IV, d« »S » 897 , Cftûa PluUpiKV. dm>l U question dans cet article, de pi * M D-R-*
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événement arriva l'an 479 avant J.-C. ( Voy. Tite- Live, liv. 0, ch. 5«. ) V— ve.
CALLIMACHUS EXPERIENS (Philippe), historien, né a San-Geniiniano, bourg de la Toscane, dans le 15* siècle, était de l'illustre famille des Buonaccorsi, nom qu'il changea ensuite pour celui de Callimaco lorsqu'il forma , avec Ponqionius Latus et autres savants, une académie, dont les membres changèrent leurs noms en noms latins ou grecs. Le surnom d'Esjteriente lui fut ensuite donné à cause de sa grande expérience dans les affaires. Paul II, ayant succédé à Pic II, en 4464, ne vit pas cette académie et ce changement de nom d'un o?il aussi favorable que son prédécesseur. Il crut y apercevoir un mystère dangereux, et persécuta les membres de cette réunion avec beaucoup de rigueur. Callimaco eut le bonheur de se sauver, et, après avoir erré longtemps en diverses contrées, il parvint en Pologne vers 1475. Il y fut accueilli par l'arclievèriue de Léopold ou Lemberg, et mérita bientôt l'estime de Casimir III, roi de Pologne, qui lui confia l'éducation de ses enfants, et, quelque temps après, le fit son secrétaire. Il le chargea dans la suite de plusieurs négociations importantes à Constanlinople, en 1475; à Vienne et à Venise, en i486. En 1488, il eut le chagrin de voir sa bibliothèque consumée par un incendie. La mort de Casimir, arrivée en 1402, ne diminua en rien la faveur dont il jouissait. Jtian Albert, fils et successeur de ce roi, et qui avait été disciple de Callimaco, mit en lui toute sa confiance, et lui fit partager son autorité. Ce haut point de gloire dura jusqu'à sa mort, arrivée à Cracovie, le 4" novembre 1496. Tous les ouvrages historiques de Callimaco sont estimés : I* Attila, ou de Geslis Attila, sans date (probablement Trévisc, 4489), in-4»; Haguenau, 1531, in-4°; Baie, 1541, in-8*; et dans les Rerum Hungaricarum Décades d'Ant. Bonlini. 2« Historia de rege Uladisiao, seu elade Varnensi, Augsbourg, 1519, in-4». Jean-Michel Uni tu ne connaissait pas cette 1r* édition lorsqu'il en donna une nouvelle sur un manuscrit. Il l'intitula : de Rebu$ ab Uladisiao Hungaria et Poloniw i •■je gestù ad Catimirum V libri 1res, Cracovie, 1582, in-4". 11 y a joint une vie intéressante de Callimaco [voy. Bruto), réimprimée à Cracovie, 1581, in-4». On retrouve encore cette histoire dans celle de Pologne de Martin Cromer, 1589, et dans le recueil de Bontini, cité ci-dessus. 3* De Clade Varnensi Epislola, se trouve dans le t. 2 du Chronicon Turcicum de Lonicer, Bàle, 1530, et Francfort, 1578, in-fol. 4* Oratio de bello Turcis inferendo et historia de his qu«e a Venetis tentata sunl, Persis ac Tartaris contra Tureos movendis, Haguenau, 1533, in-4*. 5* Plusieurs ouvrages demeurés manuscrits, entre autres une histoire de ses voyages, des poésies latines, etc. Paul Jove, dans ses Elogia, fait de Callimaco un portrait peu avantageux ; il le représente comme un homme très-adonné au vin. A la vérité, celui-ci avait eu dans sa jeunesse des mœurs déréglés, mais la manière dont il se conduisit en Pologne fit oublier ses premières erreurs, et il est probable que Jove a cédé ici à un
sentiment d'animosité personnelle. '{Voy. le t. 6 de* Mémoires du P. Niceron.) C. T— T.
CALLIMAQCE, capitaine athénien, qui fut le premier revêtu de la charge de polémarque (on donnait ce nom au 3* archonte). Dans un conseil de guerre tenu avant la bataille de Marathon, l'an 490 avant J.-C , Miltiade dit à Callimaquc : « I-e « sort de la patrie est entre vos mains ; un mot sorti o de votre bouche va vous égaler à Harmodius, a « Aristogiton, auteurs de la liberté dont jouit Athé- « nés, et décidera si désormais nous serons libres « ou esclaves. » Callimaque prononça ce mot, et la bataille fut résolue. Hérodote dit qu'il commanda l'aile droite, et qu'il combattit avec beaucoup de valeur. On raconte qu'après la victoire il fut trouvé parmi les morts, percé d'un si grand nombre de traits, que son corps resta debout, quoique privé de vie ; et les rhéteurs s'exercèrent sur ce sujet. 11 fut peint à Athènes dans le Pœcile. Pausanias rapporte qu'il paraissait, dans ce tableau, effacer tous les guerriers qui combattirent à Marathon. V — vs.
CALLIMAQUE, sculpteur, peintre et architecte, naquit à Corinthe, et se rendit célèbre dans les trois arts qu'il cultiva. Vitruve lui attribue l'élégante invention du chapiteau corinthien, dont une rencontre singulière lui donna l'idée. Une jeune fille de Corinthe étant morte, sa nourrice vint, suivant un usage touchant, déposer sur sa tombe un panier rempli des objets dont cette infortunée se servait habituellement. Une acanthe, espèce de chardon à larges feuilles, croissait à cette place. Les feuilles en grandissant entourèrent le panier, et, rencontrant la tuile qui le débordait, furent forcées de se reployer en volutes. Callimaque, qui passait dans ce lieu, fut frappé de la richesse et de la grâce de cet étrangement des feuilles et du panier, et imagina d'en transporter la copie sur les colonnes d'un temple qu'il était chargé de construire i Corinthe. On peut attribuer ce récit à l'imagination vive et mensongère des Grecs; mais l'honneur d'avoir créé l'ordre corinthien doit rester à Callimaque. Comme statuaire, il n'égalait pas les plus célèbres sculpteurs grecs ; mais il portait dans ses ouvrages une finesse et une recherche que ses rivaux n'atteignaient point. Toujours mécontent de son travail, il ne cessait de retouclier ce qu'il avait fait. Ce goût difficile le tourmentait et l'agitait continuellement, au point qu'on l'avait surnommé l'ennemi de son arl. Ce fut sans doute à ce désir de perfection qu'il dut l'invention du trépan, instrument dont se servent les statuaires pour fouiller dans le marbre. Parmi ses ouvrages les plus remarquables, Pausanias cite une lampe d'or qui brûlait jour et nuit devant la statue de Minerve, dans la citadelle d'Athènes. La mèche était composée d'une esjièce d'amiante, et ne se consumait point. Au-dessus de la lampe, une palme de bixinze s'élevait jusqu'à la voûte, et servait A conduire la fumée. On remarquait, en autres statues de Callimaque, des Lacédémoniennes dansant, mais la recherche avait détruit la grâce dans cet ouvrage. Pline et Vitruve parlent du même artiste comme d'un peintre habile, sans désigner aucun de ses ta-
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bteaux. Le nom de Callimaque se trouve sur un bas-relief antique du Capitolc, qui représente un faune nu et trois bacchantes drapées, et qui semble appartenir au plus ancien style grec. On n'est pas d'accord sur le temps où vécut Callimaque ; il est probable que ce fut vers la 83e olympiade, 450 ans avant J.-C. L— S-b.
CALLIMAQUE, célèbre poète et littérateur (-jP«)*jiaTix- , ) , naquit à Cyréne , ville grecque de la Libye. Il enseigna d'abord les belles-lettres à Eleusis, petit bourg prés d'Alexandrie. Ses talents l'ayant fait connaître, Plolémée Philadelphe l'appela auprès de lui, et le plaça dans le musée qu'il avait fondé. Callimaque y continua de se livrer à l'enseignement, et il sortit de son école plusieurs hommes célèbres, entre autres le poète Apollonius de Rhodes, qui, dans la suite, se montra ingrat envers son maître. Celui-ci s'en vengea par un poème en vers élégiaques, célèbre par sa virulence et son obscurité, où il le désignait sous le nom d'Ibis : ce poème a été imité par Ovide. Callimaque mourut vers la 127« olympiade, 270 avant J.-C. Grammairien érudit, critique profond et poète, il se distingua également dans des genres si divers. Il avait célébré Y Arriver <T/o en Egypte, Sémelé, les Colonies argotiques, Glaucus, l'Espérance, la Chevelure de Bérénice, traduite depuis en vers latins par Catulle. 11 avait composé deux poèmes épiques, Galalée et Hécate; des drames satiriques, des tragédies, des comédies, des élégies. Les hymnes et les épigrammes sont la seule portion de ses ouvrages que le temps ait épargnée ; le reste ne nous est connu que par les titres et par les nombreuses mentions qu'en font Atbénée, Slrabon, Etienne de Byzance, Élien, les grammairiens grecs, etc. L'érudit et le grammairien ne furent ni moins féconds, ni moins laborieux que le poète ; outre un poème en 4 livres, intitulé : les Causes, imité dans la suite par Marc. Terent. Varron, et Y Ibis dont nous avons parlé, on doit déjà surtout regretter un catalogue en 120 livres de tous les auteurs célèbres en quelque genre que ce fût : il y donnait un abrégé de leur vie, le titre de leurs ouvrages, avec des remarques sur ceux qui leur étaient faussement attribués, et les jugements qu'on en portait. Callimaque avait également écrit sur la situation des lies, sur les fleuves, les vents, les poissons, les oiseaux ; mais il est vraisemblable que c'étaient moins des ouvrages en forme, que de simples dissertations, des espèces de mémoires sur ces différents sujets, et que celui qui le premier avait dit « qu'un gros livre « est un grand mal, » fil du moins les siens trèscourts, en les multipliant à ce point (1). Comme poète, Quintilien le place a la tète des élégiaquea grecs, et Properce n'ambitionnait que le titre de Callimaque romain. N'ayant plus que des fragments de ses élégies, nous ne sommes plus guère à portée d'apprécier son mérite à cet égard ; mais les hymnes qui nous restent sembleraient prouver qu'il doit
(I) Suida» dit formellement que Callimaque avait composé huit cent* ouvrages, ttentley a donné le catalogue de ses poésie», a recueilli les fragments et les a expliqués. : c'est on des plot beaux morceaux de ce savant.
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beaucoup plus au travail et à l'étendue de ses connaissances qu'à l'inspiration poétique (I); peut-être aussi le ton grave et solennel que le poète était obligé de prendre dans ces sortes de pièces a-t-il contribué à y répandre cette obscurité religieuse qui en rend la lecture pénible, et qui a tant exercé la sagacité des commentateurs. On peut l'attribuer encore i cette foule de traits mythologiques assez peu connus; car sa diction est d'ailleurs simple et claire, quoique laborieuse. Ces hymnes étaient destinés aux solennités du culte public dans la Grèce et en Egypte, et, très-précieux sous ce dernier rapport, ils sont un monument de l'état de la religion à celle époque dans ces contrées, et deviennent ainsi pour nous une source abondante de connaissances historiques et mythologiques. Aussi les savants les plus distingués ont-ils à l'envi consacré leurs veilles à l'étude, a l'interprétation de Callimaque, et il est peu de poètes anciens qui aient été plus souvent et plus heureusement commentés. La première édition des hymnes el des épigrammes fut donnée, in- 4°, à Florence, sans date, mais vers 1494, par Jean Lascaris. Sans parler des éditions d'Aide (1555, in-8°) ; de Henri Estienne (Paris, 1577, in-4#), et de Vulcanius (Plantin, 1584, in-16), Mademoiselle Lefévre, depuis madame Dacier. en publia, en 1675, une édition in-4° qui fait partie des ad usum, et dont le commentaire est estimé. Gnevius publia les œuvres de Callimaque en 2 vol. in-8», à Utrecht, 1697 ; mais la meilleure édition de ce poète est celle de Leyde, 1761, 2 vol. in s ', donnée par Jean-Auguste Ernesti : on y trouve, ainsi que dans celle de Gravius, le commentaire de Spanheim sur Callimaque. 11 faut y joindre les EUgiarum Fragmenta, savamment expliqués par Valckenaer, Leyde. 1799, in-8«. L'édition de Lffsner, donnée à Leipsick, 1774, in-8°, n'est qu'une simple réimpression du texte d'Ernesti, avec la version latine, sans notes. Nous ne citerons celle de Bodoni, Parme, 1792, in-ful. et in-4°, que comme monuments de luxe typographique (2). Callimaque a été traduit en vers italiens par Salvini, Florence, 1765, in-8', réimprimé i Vérone en 1779; en anglais, par Prior et Dodd ; en allemand, par Kùttner, Altembourg, 1784 ; en prose française, avec des notes, par de la Porte du Thcil, Paris, 1775, in-8° (cette traduction a été réimprimée en 1795 en 2 vol. in-8°, dans la collection de Gail } , et en vers latins de même mesure que ceux de l'original, par le docteur Petit-Radel , qui a joint à ce travail une version française de ses vers latins, Paris, Agasse, 18(0, in-8». H.-S.-Th. Poullin de Fleins a imité en vers français trois hymnes de Callimaque, Paris, 1776, in-8% tirés à quarante exemplaires, distribués en présent. — Pline (Hist. nat., I. 2) attribue à un
(l) B*tlU4<< icmper t. .tu mubltvr «ib*
tagraio (i. mi il iwa vtUt, »r«* valet.
Stfibet, dans son édition (Leipsick, 1741 ). cherche a prouver que ces vers d'Ovide sont un éloge complet de Callimaque.
(2) On pent encore ciler l'édition de DlooinDeld, Londres, ISIS. C'est celle d'Ernesti reproduite avec des améliorations. Dans la collection inlilulee fetltrum grtratrum Sythge, se trouvent Ca'/imarkm. ClemUhei, Proc/M , ctratic J.-F. Boiuouade . Paris, Letevre, ISS*, in-M. D— *— r.
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médecin grec du même nom, un traité des Bouqtutê et des Couronnes dont on M servait dans les festins. Cet ouvrage fut composé dans l'intention de prouver que l'odeur des fleurs est nuisible à la santé, et que souvent clic attaque le cerveau. A— D— n.
CALLIMÉDON", orateur athénien, contemporain de Démosthène, bien moins célèbre par son éloquence que par son goût pour la bonne chère, était connu sous le nom de Carabus, parce qu'il aimait beaucoup les crabes. Il était d'une société de soixante personnes, toutes célèbres par leurs talents pour la bouffonnerie, et qui se réunissaient dans le temple d'Hercule à Diomies, bourg de l'Atlique. Philippe, fils d'Amyntas, roi de Macédoine, qui aimait beaucoup les plaisanteries, leur envoya un talent pour qu'ils lui écrivissent ce qui se faisait ou se disait de risible dans leurs assemblées. Calliniédon était du parti des Macédoniens; aussi fut-il exilé après la mort d'Alexandre. Il se rendit vers Anlipater, qui l'envoya dans plusieurs villes de la Grèce pour les retenir dans l'alliance des Macédoniens; mais après la défaite des Grecs en Thessalie, il revint à Athènes, où il eut beaucoup de crédit. Après la mort d'Antipater, Poly|ierchon ayant rendu la liberté aux Athéniens, le premier usage qu'ils en firent fut de faire le procès a Phocion, à Callimédon, et à tous leurs partisans. Callimédon édiapjia |»ar la fuite. Cependant le peuple revint quelque temps après sur le compte de Phocion, et alors il est probable que Callimédon fut rappelé. C— n.
CALLIN1CLS (I), second fils d'Antiochus IV, dernier roi de Comagène et de Jotapé, était encore jeune lorsque son père fut injustement accusé auprès de Ycspasicn, par Césennius P<rtus, gouverneur de Syrie, d'avoir abandonné le parti des Romains pour embrasser celui des Partîtes, et qu'il fut en conséquence obligé de renoncer au royaume de «es ancêtres. Caligula, qui l'avait remplacé l'an 37 avant J.-C, le lui enleva quelque temps après. Claude le lui rendit l'an 41 (2). Néron l'augmenta d'une portion de l'Arménie, cl il en fut entièrement privé par Vcspasien, ver» l'an 72. Lorsque les troupes de Po?tus entrèrent dans la Comagène, Anliochus ne voulut frire aucune résistance, alin de prouver aux Romains qu'ils avaient eu tort de soupçonner sa lidélilé. Il sortit de Samosate avec sa famille, alla canqier A quelque distance de cette ville; et, voyant que P«vlu* marchait contre lui, il se réfugia dans la province de Cilicie qui lui avait été donnée par Caligula, et qui faisait partie de ses États ; mais ses deux fils, Epiphane et Caliiuicus, ne voulurent pas supporter cet affront sans se défendre ; ils réunirent quelques troupes, et se balti-
(I) Calllnieus et Épiphane son frère ne moi connus dans l'histoire que par tes Minium» Il e*t a rrtiire qu'il* priaient le uum d'ABliuchn* ; iWpbe le donne quelquefois à fcpipli.me. Comme leur histoire se trouve liée à telle d'Anlioelius leur père, et qu'il n'* rte question de lui que Mrt-ta1evr*ent «Uns ee dxrtonuaire, mms ne ferons ici qu'an «cul article pour te» trois pi tnees.
<1) Il exiftte me médaille d Autioehss IV, avec la légende I.Y- KAONON, re qui indique qu'outre le> EtaUquo ce roi mil eu
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rent un jour entier avec beaucoup do valeur. Malgré les succès qu'ils obtinrent, Antiochus persista dans son dessein de ne point faire la guerre aux Romains, et ses soldats ayant appris qu'il avait renoncé à la couronne, et qu'il abandonnait ses États, perdirent courage et se rendirent. CaUimcus et Kpiphane traversèrent l'Euphralc, et fc réfugièrent auprès de Vologèsc, roi des parlbes, qui les accueillit avec honneur, et comme s'ils eussent été dans la plus grande prospérité. Il adressa même à Vespasîen des lettres en leur faveur. Cet empereur, apprenant que Pouus avait fait arrêter Autiochus à Tarse, et qu'il le faisait conduire enchaîné à Rome, ne permit pas que son ancien allié, qui l'avait même secondé de tons ses moyens lorsqu'il parvint à l'empire, éprouvât un traitement aussi dur. H ordonna qu'on lui ôtàt ses chaînes, et que, sans l'obliger de venir à Rome, il demeurât a Lacédémone, où il lui assigna des revenus considérables. Ses deux lils ayant connu chez les Partîtes les bonnes dispositions de V espar sien à leur égard, obtinrent la permission d'aller à Rome. Bientôt après, Antiochus s'y rendit avec le reste do sa famille ; ils y vécurent, quoique dans une condition privée, avec tous les égards dus à leur ancien rang. Ils étaient fort attachés aux Romains. Kpiphaue avait combattu pour Othon contre Vitellius, et avait été blessé à une première bataille qui eut lieu près de Crémone. Il avait puissamment secondé Titus au siège de Jérusalem, Les historiens donnent a ce prince le titre de roi ; peut-être son père lui ovail-il cédé cette partie de l'Arménie, qui lui avait été donnée par Néron. Il avait été fiancé à Drusille, fille d' Agrippa le Grand, roi de Judée; mais il refusa de l'epouscr, parce qu'on exigeait de lui qu'il embrassât la religion juive. Nous avons des médailles d'Antiochus, de Jotapé, d'Epipltanc et de Caliiuicus, avec leur portrait. Antiochus y prend les noms à' Epiphane h Grand, et la reine Jolapé celui de Philadelphe ( aimant sou frère ), ce qui a fait présumer à plusieurs savants antiquaires qu'elle avait épousé son frère, comme cela se pratiquait souvent dans l'Orient. Celte princesse n'est connue que par les médailles. T— ».
CALL1N1CUS, sophiste et rhéteur, né dans la Syrie ou dans l'Arabie, vivait sous le règne de l'empereur Gallien, vers l'an 200 de J .-C. Il euseignait l'éloquence â Rome, et il écrivit un discours à la louange de celle ville, où il disait que celui qui ne l'avait pas vue était comme un aveugle qui n'a pas vu le soleil. Il ne nous reste de lui qu'un fragment de celte déclamation, qu'on trouve dans VExcerpla rkeiorum tt sophistarum de Léon Allacci. Suidas nous apprend que Caliiuicus avait composé dix livres de l'histoire d Alexandrie. Il avait aussi écrit sur tes sectes des philosophes , et sur la mauvaise imitai ion de l'art oratoire. C — a.
CALLINIQLE ( Calumcus ). architecte, naquit à Hcliopolis en Égypte , dans le 7* siècle de l'ère chrétienne ; il se trouvait en Syrie en 670, à l'époque où le calife Moaviah menaçait Constantinople, A la tète d'une puissante armée et d'une flotte nombreuse. Callinicus passa secrètement dans la parti
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des nonums , et leur port* la célèbre intention du feu grégeois dont il était l'auteur. C'était un niélange de matières combustibles dont l'eau même ne pouvait éteindre la flamme. Des plongeur» attachaient ces feux à la quille des vaisseaux ;Callinique brûla par ce moyen la Hotte eutière des Sarrasins, auprès de Cyzique, et il parait que celte découverte retarda de plusieurs siècles la chute de l'empire d'Orient (1), en donnant aux Grecs une arme terrible contre la valeur et le nombre de leur ennemis. ( Voy. Constantin Pogonat.) L— S— e.
CALL1NUS , orateur et poète grec, dont Stobée nous a conservé quelques vers, émit né a Éphèsc. Athénée, Clément d'Alexandrie et Strabon font mention de ce poète élégiaque, sans assigner l'é|»oque a laquelle il appartient. Vossius le range parmi ceux dont il ignore la date (incerta atatit). Cependant Callinus avait écrit en vers élégiaques l'histoire de son temps, et il y parlait de l'Irruption des Cimmériens, dont la prise de Sardes fut la suite ; Paul Orosc place cette irruption vers le commencement des olympiades, la 50* année avant la fondation de Rome {2\. L'interprète grec de Nicandre nomme Callinus Callinoût, et lui attribue l'invention de l'élégie ; mais il y a tant de nuages sur l'origine de ce petit poème , qu'il faut laisser, comme Horace , celte grande question aux érudits de profession, qui ne savaient encore à quoi s'en tenir de son temps, et qui ne sont guère plus avancés aujourd'hui. Outre son poème sur l'expédition des Cimmériens, Callinus avait décrit, suivant Strabon, l'histoire fabuleuse d'Apollon Sminthien, c'est-ù-dirc dtilructeur dtt raU. Le fragment de Callinus, inséré par Urunck clans ses Analecta ( 1. 1 \ p. 49 ), est joint, on ne sait trop pourquoi, aux recueils de Tyrléc. A— D— R.
CALLIPATIRA , qu'on nomme aussi Ariitoparira, PnfcnÉNicE ou Bérénice, était fille de Diagoras de Rhodes, célèbre athlète. Mariée â Callianax , elle en eut deux fils , Eudes qui remporta le prix du pugilat aux jeux olympiques , et Pisirrhodus , qui était encore enfant lorsque son père mourut. Callipatira entreprit de le former elle-même aux exercices de la gymnastique , pour qu'il se distinguât dans la même carrière que Diagoraset ses fils. Lorsqu'il fut assez fort pour disputer le prix du pugilat, vers l'an 482 avant J.-C. , elle le conduisit à Olympie , et, vêtue en maître d'exercice , elle se plaça dans l'enceinte destinée aux maîtres des jeux. Son
(1) Les Sarrasins s'approprièrent répondant ce procédé, et te peTfeelirtonéfTnt même; car on voit par le sire de Joinviile, qn'a la funeste croisade de St. Lontsen Ègypu, ce fe« meurtrier était la terreur des chrétiens. « Ce setret perdu a etc retrouve de nos a jours, disent les auteur» de l'Art de ririfier lu dates, et replonge o aussitôt dans l'obscurité par un monarque ami de l'humanité. » L* noitet inventeur était du Daupbiné, et se nommait Donté. Apres en avoir fait l'expérience a Versailles sur le canal, a Paris dans les cours de l'Arsenal, et dans quelques ports, Louis XV, alors en guerre avec l'Angleterre accorda nie peusiuu a Uupre pour qu'il ne pQbliat pas sa découverte. Duprc est mort depuis plus de trente ans; Il a emporté son secret. On a annoncé, il y a quelques années, en Allemagne, une nouvelle découverte du fea gregeols. {Vof. Mauccs GfcBCUh]
(2) Lareber, dans s* Chronologie tiïèrodott, place celle irruption * u 56' olympiade, l'an «sa avant J.-C.
fils ayant remporté le prix, elle se découvrit en franchissant la clôture , et on la reconnut pour une femme. Elle devait être mise à mort , d'après la loi qui interdisait aux femmes l'entrée d'Olympie pendant la célébration des jeux ; mais les hellanodices, ou juges des jeux, considérant qu'elle était fille, v miel mère de plusieurs athlètes, tous couronnés à Olympie , lui firent grâce , et ordonnèrent qu'à l'avenir les maîtres d'exercices assisteraient aux jeux, nus comme les athlètes. Quelques auteurs disent que , s'étant présentée aux hellanodices avant les jeux, elle demanda à y assister en exposant tous ses titres , et qu'on lit en sa faveur une exception à la loi ; mais nous avons cru devoir nous en tenir au récit de Pausanias, qui avait fait beaucoup de recherches sur l'histoire des jeux olympiques. C— r.
CALLIPIDAS ou CALLIPIDÈS, acteur tragique, contemporain de Sophocle , quoique beaucoup plus jeune, jouit d'une très-grande réputation. Myniscus, son devancier dans la même carrière, trouvait cependant son jeu trop affecté, et lui donna le surnom de iinge. On prétendait aussi que ses mouvements n'étaient pas assez nobles ; il se croyait néanmoins un grand personnage , et se vantait de pouvoir, à volonté , faire pleurer les spectateurs. Se trouvant un jour avec Agésilas, qui ne faisait pas grande attention à lui, il lui demanda s'il ne le connaissait pas : « Sans doute , dit Agésilas, n'es-tu pas « Callipidès l'histrion? » Lorsque Alcibiadc revint à Athènes, il amena avec lui Callipidès (pli , revêtu de ses habits tragiques , donnait l'ordre aux rameurs.— Il ne faut pas le confondre avec un autre Callipidès , bouffon de profession , qui s'était exercé à ne pas sortir de sa place, tout en ayant l'air de courir. Son nom avait passé en proverbe pour désigner ceux qui se donnent beaucoup de mouvement pour ne rien faire. C — n.
CALLIPPUS, athénien, disciple de Platon, était ami de Dion de Syracuse, qui logeait chez lui lorsqu'il venait à Athènes. Dion étant parti pour rendre la liberté A sa patrie, Callippus le suivit à la tète de quelques troupes qu'il avait rassemblées. L'ambition le fil bientôt manquer à ses devoirs, et, ayant fait assassiner Dion par quelques soldats Zacynlhicns, il s'empara de l'autorité ; mais il n'en jouit pas longtemps; car, étant sorti avec ses troupes pour aller assiéger Calane, il perdit Syracuse, qui fut délivrée par les amis de Dion. 11 fut ensuite défait devant Messine, et, ne trouvant plus dans la Sicile aucune ville qui voulût le recevoir, il s'empara de Rhégium en Italie. Il y fut bientôt en proie à la famine, et ses troupes s'étant mutinées, deux de ses soldats le tuèrent avec le même poignard qui avait servi h assassiner Dion. Il fut ainsi puni de son crime peu de temps après l'avoir commis;- car il mourut, ainsi que Dion, l'an 551 avant J.-C. Cornélius Népos le nomme CaUicrales, ce qui est sans doute une erreur. C— a.
CALLIPPUS, athénien, fils de Mreroclès, se distingua par sa valeur lorsque lesGaulois firent une invasion dans la Grèce, l'an 279 avant J.-C. Les Grecs, abattus par les guerres malheureuses qu'ils venaient
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de soutenir contre les rois de Macédoine, songeaient . à peine i se défendre, lorsque les Athéniens, quoique I les plus maltraités, ayant choisi Callippus pour général , mirent en mouvement tous les peuples qui étaient en dehors du Péloponèse, et se reudirent surle-champ aux Thermopyles. pour arrêter les Gaulois au passage. Ceux-ci ayant retrouvé le sentier par où avait passé l'armée de Xercès, vinrent prendre à dos l'armée grecque , qui dut son salut à la prévoyance de Callippus : il avait en effet placé auprès des Thermopyles tous les vaisseaux des Athéniens , et les Grecs s'embarquèrent dessus. Nous avons très-peu de détails sur la suite de cette expédition ; mais il est probable que Callippus et les Athéniens contribuèrent aussi à la défaite des Gaulois auprès de Delphes. Les Athéniens firent faire par Olbiades le portrait de Callippus, et le placèrent dans le sénat des cinq cents. C — R.
CALLISEN ( Henri ), professeur de chirurgie à l'université de Copenhague, né à Preetz dans le Ilolstein, le 11 mai 1740, étudia jusqu'à l'Age de treize ans dans la maison de son père, qui était pasteur, puis à l'école de Schleswig , et enfin à Copenhague , sous la direction d'un chirurgien de régiment. Le docteur Kriigert, qui le protégeait, le reçut dans sa maison et lui permit l'usage de sa bibliothèque. La mort de son père, qui eut lieu en 1759, le força de quitter Copenhague, et d aller s'établir à Cronenlwurg , où il exerça la chirurgie. Il revint dans la capitale du Danemark, fut employé en qualité de chirurgien (I) dans un régiment, et ensuite dans la marine, où il se distingua. Pour le recompenser de ses services, on le nomma chirurgien de réserve à l'hôpital Frédéric. Dès lors sa position s'améliora beaucoup. Il continua ses études avec un grand zèle, et obtint, en 1767, l'autorisation de voyager pendant quatre ans aux frais du gouvernement. 11 séjourna deux ans à Paris et autant à Londres, où il se lia surtout avec G. Hunier. De retour à Copenhague, Callisen fut nommé chirurgien en chef de la flotte, et peu après, en 1772, il soutint sa dissertation inaugurale intitulée : de Mtthodo prœsidii clatiit regiœ $anilatem lutndi. L'année suivante, il fut appelé à la chaire de chirurgie à l'uni versitc de Copenhague , et la société royale de médecine, établie en cette ville la même année, le compta au nombre de ses fondateurs. Depuis cette époque, la réputation de Callisen alla toujours en augmentant. Nommé en 1801 médecin de la famille royale , il cessa au bout de quatre ans ses cours de chirurgie, au grand regret de ses élèves (2). Après avoir passé la première partie de sa vie dans une situation précaire, il fut comblé d'hon-
(I) Us chirurgiens de régiment fiaient traites rotnmc les capo- Ttu\, et recevaient 6 écus de paje par mol*. Ayant os* s* couvrir pendant mi grand froid en prtsenee d'un lieutenant, il fat arrus* d'insubordination, ei menace de coups de bâton et de U prison. Degoule de celle position humiliante, il prit son congé d>s le lendemain ; et, par U protection de Kroger, fin nomme chirurgien m chef d'une fregaie royale, b— »— ».
(i) Ils m , mm frapper une médaille d'or a son efngie avec tes mois ponr devise : StnacaM dotlori iuuftUtrum fieitu. C était enisoj D— «-*.
neurs et de dignités dans sa vieillesse. Il était tresattaché à son pays. En 1807, la place de professeur de chirurgie au collège médico-chirurgical de Berlin lui fut offerte ; mais il la refusa, préférant rester a Copenhague. Callisen mourut d'une maladie chronique de poitrine le 5 février 1824 (1). On trouve plusieurs mémoires ou observations de cet auteur dans le recueil de la société royale de médecine de Copenhague. Mais il s'est surtout fait connaître avantageusement par son système de chirurgie moderne, qui parut pour la première fois à Copenhague, en 1777, en un seul volume in-8», sous ce titre : Jnia"tulion« chirurgia hodiernœ. L'auteur l'augmenta considérablement, et en publia une nouvelle édition en 1788 ; il l'intitula alors Principia tystemalis chirurgia hodiernœ, Copenhague , 1788, 2 vol. in-8'; 5« édit., ibid.,17»9-1800, 2 vol. in-8* ; 4«édiL, 1815- 1817, 2 vol. in-8*. Cet ouvrage a été traduit en allemand avec beaucoup d'additions et de notes par Ad.-Ch.-P. Callisen, neveu de l'auteur, Copenhague , 1822-1828, 2 vol. in-8". 11 a été aussi traduit en allemand irar C.-G. Kuhn, 1819, 2 vol. in-8°. Ant. Cappuri, chirurgien de Lucques, en a donné une traduction italienne sur l'édition de 1788; elle est accompagnée de quelques notes et a été imprimée à Bologne, 1798-1800, 6 vol. in-8°. La Chirurgie de Callisen est un ouvrage classique qui se distingue surtout par beaucoup d'ordre et de clarté dans l'exposition des matières. L'auteur fait souvent des excursions dans le domaine de la médecine interne. U a encore publié en langue danoise un ouvrage intitulé : Observation* médico-physiques sur la ville de Copenhague, 1807, 2 vol. in-8*. C'est une bonne topographie médicale de la capitale du Danemark (2). L'éloge de Callisen a été prononcé par le docteur Rahlff, et a paru sous ce titre : laudalio in memoriam Henrici Callisenii, habita in socielale regia medica Hafnienti , die M februar. 1825 , Rahlff, med. dotl., Copenhague, 1825. M. Ad .-Ch.- P. Callisen , neveu de l'auteur, est aujourd'hui professeur à l'académie royale de chirurgie de Copenhague , et s'est fait connaître par une Biographie de$ médecins, chirurgiens et naturalistes écrivains , vivant t, chez tous \rs peuples civilisés (Medicinisches schriflstcller Lexicon der jetz lebenden aerzte, Wundaerzte , etc. , von A.-C.-P. Callisen ), Copenhague, 1850-1854, 18 vol. G— T— a.
CALLISTE, ou CALLIXTE, était un affranchi en grande faveur sous Caligula. On a dit que, craignant pour ses jours et ses trésors, il entra dans la conspiration qui fit périr cet empereur. Sous Claude, il fut une puissance par son crédit et ses richesses. C'était lui qui protégeait Lollia Paulina , l'une des rivales d'Agrippine auprès de son oncle. « Adroit « et tin, il croyait, dit Tacite, qu'il était plus sûr,
M ute foule immense sulvii son convoi. Ochlenschlager et
(») Le ^rirait de Callisen a été grave jusqu'à cinq 'fois. CHut qui a «e exécute par Leps sert de frontispice 1 cet ouvrage. Il aval! été an xele promoteur de la vaccine. Sa ne, écrite |«r le professeur Herboldi, se trouve daos le recueil biographique danois de Lahden. l>-«-*.
« pour se conserver, d'user de précautions que de « mesures violentes. » Il mourut la 8* année du règne de Claude. q r v.
CALLISTHÈNES, né à Olynthe, ville dcThracc, environ 365 ansavantJ.-C., était petit neveu d'Aristote, qui prit soin de son éducation, et le plaça auprès d'Alexandre, plutôt comme compagnon d'études que comme précepteur. Lorsque ce prince partit pour aller soumettre la haute Asie, Aristote, qui ne pouvait pas le suivre, donna des avis très-prudents à Callisthènes avant de le quitter, cl lui rappela l'ancienne maxime, qu'il faut ne parler que très-rarement aux rois, ou ne leur dire que des cIkxws agréables. Callisthènes parvint bientôt au plus haut degré de faveur, ce qu'il dut d l'emploi que lui donna Alexandre, d'écrire l'histoire de ses expéditions, et surtout à la manière dont il s'en acquitta. S'inquiétant peu de la vérité , il ne cherrlia qu'à flatter son héros, et remplit son ouvrage des fables les plus absurdes, pour accréditer le bruit qu'Alexandre cherchait à propager sur sa naissance divine. Il crut probablement que ce prince lui devait beaucoup de reconnaissance pour ses exagérations, et, ne se trouvant pas récompensé d'une manière proportionnée à ses talents, il se permit quelques sarcasmes, et se lia avec le parti macédonien , qui était mécontent des égards qu'Alexandre témoignait aux peuples vaincus et à leurs chefs. On dit que Philotas lui fît part de sa conspiration contre Alexandre, et qu'il ne chercha point à l'en détourner. On ne l'inquiéta cependant pas pour cela ; mais on découvrit bientôt après une autre conspiration qui avait pour chef Ilermolaûs , disciple et ami intime de Callisthènes : cela lit concevoir contre lui des soupçons qui furent confirmés par les aveux de quelques accusés, et Alexandre le fit mettre aux fers. On n'est point d'accord sur la manière dont il mourut. Aristobule dit qu'on le conduisit enchaîné à la suite de l'armée , et qu'il mourut de maladie ; mais , suivant Ptolomée , Alexandre le fit pendre, après qu'on lui eut donné la question ; et comme ce fut Ptolomée qui découvrit la conspiration d'Hertnolaûs, il a du mieux être instruit que les autres de tous les détails qui y ont rapport. Cet événement est un de ceux qu'on a le plus souvent rappelés pour flétrir la mémoire d'Alexandre, et les philosophes , qui formaient déjà un parti considérable dans la Grèce, se déclarèrent de toutes paru contre lui. Ils prétendirent que la liberté avec laquelle s'exprimait Callisthènes, et le courage qu'il eut de s'oprioser aux adorations qu'Alexandre vou-
(!) Celle histoire fabuleuse d'Alexandre eM «on a„„ " les pins repandas, pendant, le moven âge, en Occident" « Orienl. où sa rogne dure encore. Ce roman a eic l'on des premiers « livres multipliés par l'imprimerie dans loues les langues <le l'Eo- « rope sons différents noms. M. l'abbé Mai en a pubhp, sous relui « de Jalius Valerios, un texte latin (Nilan, Ut». in-B«). Toutes ces « différentes versions peuvent être désignées sons le nom générique « de p*tudo-CaU*tkene*, comme se rapportant au texte grec, qui, « d après des rerberrhes rerenies, remun'e jusqu'aux traditions « populaires contemporaines d'Alexandre. Ce texte grec e*t inedn, " " °m question parmi les savants s'il mérite d'être publié. »' (*. Berger de Terrer, Encyclopédie des geni du monde.)
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lait exiger, Turent les véritables causes de s mais quelle idée peut-on se faire d'un écrivain qui avait prostitué son talent à prouver qu'Alexandre était lils de Jupiter, ainsi qu'on le voit par un fragment de son histoire que Strabon nous a conservé ? Peut-on croire qu'il se fin exposé à toute la haine d'Alexandre, pour s'opposer à des adorations qui étaient une conséquent e naturelle de l'opinion qu'il se vantait lui-même d'avoir accréditée? On doit le regarder comme un de ces vils sophistes qui s'attachent aux princes pour les servir dans toutes leurs passions , tant qu'ils y trouvent leur intérêt, et qui sont toujours prêts à conspirer contre eux, aussitôt que leur amour-propre se trouve blessé. La rivalité de Callisthènes avec Anaxarquc, et les égards qu'Alexandre témoignait à ce dernier, furent la véritable cause de sa liaison avec les ennemis de ce prince, et il ne mérite pas qu'on s'appitoic sur son sort, comme l'ont fait Sénéque et quelques autres écrivains. Son histoire d'Alexandre n'avait pas même le mérite de l'exactitude dans les événements ordinaires, comme on le voit par la critique qu'en fait Polybe. Il avait fait plusieurs autres ouvrages historiques, sur lesquels on peut consulter YExamencriliquedtshitUiriensd'AlfjCttndreiavSle-Croix, p. 58-38. Nous avons sous son nom un roman dt» la vie d'Alexandre , en grec barbare , qui n'a jamais été imprimé et ne mérite pas de l'être. { Voy. l'Examen critique, p. 163-166. ) C— K.
CALLISTHENES , orateur athénien , contemporain de Démoslhènc , se signala comme lui par sa haine contre Philippe et tout le parti macédonien ; aussi fut-il un de ceux qu'Alexandre voulut faire chasser d'Athènes, après la prise de Thèbes; mais on parvint à l'apaiser, et Callisthènes resta dans sa patrie. Il fut accusé par la suite d'avoir reçu de l'argent d'IIar|»alus. On ignore ce qu'il devint — Il ne faut pas le confondre avec un autre Callisthènes, général athénien , qui , après avoir vaincu Perdiccas , roi de Macédoine , et fait une paix avantageuse avec lui , fut condamné à mort par les Aihénicns, et sans doute injustement ; car Aristote dit dans sa Rhétorique qu'Ergophile, jugé le lendemain , fut sauvé , quoique coupable , parce que le peuple était fâché du jugement qu'il venait de rendre. C— r.
CALLISTRATE , fils d'Empédus , capitaine athénien, ayant été vaincu prés du fleuve Asinarus en Sicile, se fit jour à tcavers les ennemis, an ha à Catane avec sa troupe , revint, par le chemin de Syracuse, fondre sur les vainqueurs qui pillaient son camp, en fit un grand carnage, et, se dévouant pour le salut des siens, périt glorieusement, après leur avoir donné le moyen d'échapper et de retourner chez eux, comblés de gloire. ( Voy. Pausanias. ) V— ve.
CALLISTRATE , fils de Callicrate, Athénien, fut l'un des plus célèbres orateurs de son temps. Démosthéne l'ayant entendu plaider contre Chahrias, qu'il accusait d'avoir laissé prendre Orope fut si enchanté de son éloquence, qu'il abandonna toutes ses autres études pour se livrer à la carrière
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oratoire , et il convenait lui-même qu'il n'avail jamais pu égaler Callistrate pour le débit. Cet orateur fut député par les Athéniens à une assemblée générale de* Arcadiens , où se trouva aussi Epaminondas , qui voulait les engager à faire une confédération commune avec les Thébains et les Argiens. Callistrate le» sollicita de se liguer avec les peuples de l'Attique ; mais Kpaminondas répondit avec succès à ses déclamations. Timothéc ayant été chargé, l'an 374 avant J.-C. , d'aller au secours de Corcyrc, Iphicrale et Callistrate l'accusèrent d'avoir mis trop de temps à faire ses préparatifs, et peu s'en fallut qu'ils ne le lissent couduinner. Ils lui firent cependant ôter le commandement, et on le donna a Iphicrale, qui emmena Callistrate avec lui, sous prétexte qu'il avait besoin de ses conseils ; mais , dans la réalité , pour qu'il ne put pas l'accuser durant son absence. Callistrate fut aussi employé dans plusieurs ambassades. Il subit à la fin le sort commun à tous les démagogues d'Athènes, et fut exilé. Il se relira dan9 la Thrace, et y fonda une ville, nommée Dalut , où il attira beaucoup d'Athéniens. Il osa par la suite revenir à Athènes sans être rappelé, et il fut misa mort. — CaLUJTUATK, sophiste, \ivait, à ce que croit Hcync , un peu avant Phi lustrale l'ancien, ver* la lin du 2" siècle de notre ère. Nous avons de lui lu description de seize statues , qui, bien qu'écrite d'un style de rhéteur, renferme des détails assez curieux pour l'histoire des arts. Ou trouve cet ouvrage dans toutes les édilious de Pliihistrute. Ileyne a donné quelques ohscrvatious sur cette description dans le 5* volume de ses Opuscules académiques. Elle a aussi été traduite en français par Biaise de Vigenère. — Callistbate, jurisconsulte, dont on trouve des fragments dans les Pandectes, vivait sous les empereurs Sévère et Anlonin Caracalla; c'est tout ce que nous savons de lui. Ou a cru, d'après un pas>age d\Elius Lampridius, dans l'histoire Auguste , qu'il avait été disciple de Papinien , et ami d'Alexandre Sévère ; mais il est reconnu que ce passage est uuc addition faite au texte par des copistes ignorants. On y nomme, en effet, comme disciples de Papiuieu , Alphcnus , Celsus, Proculus, et d'autres jurisconsultes qui liaient morts bien longtemps avant lui. C— u.
CALL1X TE. Voyez Camxte et Calliste.
CALl.OET (Gabriel Querbbat), agronome estimable, mais qui n'est pas aussi connu qu'il mériterait de l'être, était né dans le 17e siècle, d'une famille honorable, a Lanniori, petite ville de la basse Bretagne. Admis en 1612 comme avocat général a la chambre des comptes de Nantes , il se demit de celle charge au Imut de quelques années et fut nommé conseiller d'Etat. Dans ses loisirs il t'était occupé îles moyens d'améliorer les différentes espèces d'animaux domestiques. \ ouluut faire parliciper les agriculteurs aux résultais tle son expérience , il publia successivement les opuscules suhanls: 1° Advis : on peut en Fronce élever des chevaux aussi grands tt aussi bons qu'en Allemagne et toyaumee vsisins, Paris, 1606, in t" de 16 feuillets avec 1 pl. On en conserve a la bibliothèque du toi uu
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• exemplaire sur vélin dont van Praet a donné la
t description dans son Catalogue, t. 3, p. 57. Les observations contenues dans cet opuscule ne sont sans doute plus neuves aujourd'hui : mais en se reportant à l'époque où l'auteur écrivait , on regrettera que ses sages conseils n'aient pas été mieux suivis. 2° Moyen pour augmenter les remua du royaume de plusieurs millions....; on peut faire que le bestial produise deux fois plus qu'il ne fait ; ibid., 4606, in-i° de 36 p. et 3 feuillets prélim- , avec 3 pl. Cet opuscule est dédié a Colbert. L'auteur trouve dans une meilleure méthode de culture la véritable source des richesses de la France. Il parle d'une race de bêles à laine, remarquable par la grandeur et la beauté de ses formes et par ses grands produits en laine, en lait et en agneaux. Les Hollandais l'avaient tirée des Indes ; et quelques agronomes l'avaient introduite récemment en France, où elle prospérait dans les marais de la Charente, de l'Auuis et du Poitou. ( Voy. le Traité tT Agriculture d'Olivier de Serres, introd.j 3° Pour tirer des brebis et des chevaux plus de profil qu'on n'en lire, ibid., sans date , in-4» de 32 p. et 5 feuillets prélim., avec une pl. A* Veaux chevaux qu'on peut avoir eu France, aussi beaux qu'en Espagne, Angleterre, etc., ibid., satis date, in 4» de 45 p. Ces quatre opuscules sont rares et recherchés. \V — s.
CALLON , sculpteur grec, vivait dans la 87* olympiade, 432 ans avant J.-C. Il était de l'Ile d'Égine, et disciple de Tcctée et d'Angcliou, sculpteurs célèbres qui firent i Délos la statue d'Apollon. Gallon avait sculpté en bois dans la citadelle de Corintlie , une statue de Minerve Sténiades. Ou voyait aussi dans la ville d'AmycIée la statue de Pioscrpiue avec un trépied de bronze , de la main de Callou. On croit que ce trépied était un de ceux que les Lacédémoniens envoyèrent en présent au temple d'Apollon Amycléen , après la victoire d'Egos Potarnos. Il s'ensuivrait que Callon a vécu fort âgé, la bataille d'Egos Potamos ayant eu lieu dans la 83* olympiade. Pline et Pausanias comptent parmi tes sculpteurs contemporains de Callon , Agélades , Pbragnion , Gorgias , Lacon , Myron , Pylhagoras, Scopas, Porclius, Mumcchme, et Soidas de Naupacte. — Peu de temps avant, un autre statuaire du même nom, né à Élis, s'illustra, en jetant en bronze les statues de trente jeunes Siciliens qui se noyèrent dans le détroit, en passant de Messine à Rcggio. On voyait à Élis nnc statue de Mercure portant un caducée, de la main de ce même Callon., qui cc- |«ndant fut moins célèbre que le sculpteur d'Égine. L— S— E.
CALLON DE SAINT-REMI (Suioa-Reui I.
ancien secrétaire de l'audjassade du marquis de Senneterrc à la cour de Turin, né à Heiras en 1712, ' mort à Paris, le 10 seplcnduc 1736, est auteur ! iVAngelina, ou Histoire de don AlaUkeo . Milan I (Paris), 1752, 2 vol. petit in-8°. Ce roman bien écrit et bien dialogué , dépeint au naturel le caractère des Milanais. On y trouve une candeur de sentiments el une droiture de cœur qui (uni l'éloge de 1 auteur. 11 est dommage que cette production ait
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été imprimée avec aussi peu de correction. Rémi
Sillon était neveu de Jacques Callon , chanoine éologal de l'église de Reims , et directeur du séminaire de celte ville, né à Reims eu 1626, mort U 2 juin 1714, âgé de 88 ans. C'était un homme d'une grande piété, qui remplit avec distinction le ministère de la chaire, et qui prêchait avec une onction que ne déparait pas la cécité dont il avait été frappé dans un âge pou avancé. C. T — v.
CALLOT (Jacques), né à Nancy, en 159:2, fut à la fois peintre, graveur et dessinateur. Sun nom est devenu le prototype d'un style à la fois facile et burlesque, témoin ce vers de Gresset, dans le Lutrin vivant ;
A livre ouvert le chapler en lunettes Vient entonner : un groupe de mazettes Très-gravement poursuit ce clianl fallût, Concert grotesque et digne de Callot.
La vie rie Callot fut celle d'un véritable artiste, aventureuse et courte, accompagnée de misère et de joie. Son père , héraut d'armes de Lorraine, et d'autant plus entiché de sa noblesse qu'elle était récente, s'opposa vivement au gout qu'annonçait son fils pour les arts, et voulut le contraindre «l'embrasser une autre profession. Le jeune Callot, à peine Igé de douce ans, quitta la maison paternelle, et partit furtivement pour l'Italie sans aucun moyen d'existence; il se vit obligé, pour subsister en route, de se réunir à une troupe de bohémiens qui devaient passer par Florence. Arrivé dans cette ville, Callot fut accueilli par un officier du grand-duc, qui le plaça chec Canta-GaUina, où il s'appliqua à copier les ouvrages des grands maîtres. Reconnu par des marchands de Nancy, dans un voyage qu'il lit a Rome, il fut ramené clic* son père. S'élant échappé de nouveau, et ayant été reconduit à Nancy par son frère aîné, qUl l'avait retrouvé à Turin, il obtint enfin l'agrément de sa famille pour retourner en Italie. Après avoir passé quelque temps à Rome à étudier le dessin chec Jules Parigi , il se livra à la pratique de la gravure, sous la direction de Philippe Thomassin; mais il finit par se brouiller avec ce malire.qui, s'apercevant que sa femme s'intéressait beaucoup trop à la jolie figure du jeune homme, le chassa de son atelier. De retour a Florence, Callot fut présenté au grand-duc Corne II. Ce prince, protecteur des arts , le fixa près de sa personne. C'est à cette époque que, renonçant aux grandes figures lente- ! nient travaillées, Callot commença à dessiner en petit; il quitta le burin pour graver à l'eau-forte, procédé plus expéditif, plus expressif et mieux ap« proprlé a la facilité de sa main, à lu fougue et à la j vivacité de son genre. Après la mort de Cdme, Callot se vit à la fois sollicité par le pape Urbain VIII qui l'appelait à Route, et par l'empereur Ferdinand II qui l'appelait à Vienne ; enfin par son souverain le duc de Lorraine, Henri, qui, dans un voyage j qu'il fit a Florence, avait eu l'occasion d'admirer ses couvres. Callot n'hésita point ; il préféra sa patrie, j où son prince lui donna une pension considérable ; et j Callot, désormais fixé à Nancy, y épousa, en 1723, I
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Catherine Kuttînger, d'une famille noble et ancienne. II avait alors vingt-cinq ans. Son titre de gentilhomme auquel il n'était pas insensible (il sinait souvent ses œuvres : Noble lorrain), la faveur ont il jouissait à la cour de Nancy, enfin l'aménité, la noblesse de son caractère, lui facilitèrent la route vers une réputation qu'il aurait obtenue moins rapidement s'il n'avait pas été si bien posé dans le inonde. Les princes se disputaient les productions de son talent facile. La gouvernante des Pays-Bas, Élisabcth-Clairc-Eugénie, le fit venir à Bruxelles pour dessiner et graver le siège et la prise de Breda par le marquis de Spinola. 11 composa cette œuvre en six grandes feuilles. Louis XIII l'appela en France en 1628, pour dessiner et graver la Vue du siège de la Rochelle et celle de VAltaque de l'Ue de Ré; mais après la prise de Nancy , sollicité d'éterniser par la gravure lo souvenir de cette conquête, Callot sut résister aux offres séduisantes du roi, ainsi qu'aux menaces des courtisans : « Je me cou- « perais le pouce, répondit-il , plutôt que de faire « quoique chose de contraire à l'honneur de mon « prince ou de ma patrie. » Louis XIII , admirant le grand caractère de cet artiste, reçut son excuse; il lui offrit même une pension de 5,000 livres pour l'attacher à son service; mais Callot, préférant la liberté à tous les trésors du monde, n'accepta pas celte offre. La peinture n'a pas manqué de consacrer ce trait si honorable pour l'art. M. Laurent en a fait le sujet d'un tableau que le public remarqua au salon de 1817. Épuisé par le travail, ii mourut à Nancy, le 27 mars 1(155, à l'âge de Ai ans. Il fut enterré dans le cloître des cordeliers de Nancy, à l'endroit où sa famille avait sa sépulture. Il était représenté à mi-corps sur une table de marbre noir. Au-dessus de son portrait, on lisait une épitaphe latine, à la suite de laquelle une main inconnue avait tracé ces quatre vers :
En vain tu ferais des volumes Sur les louanges de Callot, Pour mol je n'en dirai qu'un mot.
Son burin vaut mieux que nos plumes.
Callot était d'un caractère si généreux, que C. Dervet, peintre médiocre , anobli par le grand-duc de Toscane , et dans la plus haute faveur auprès de ce prince, jaloux des talents de cet artiste, ayant fait tout ce qu'il pouvait pour lui nuire, Callot s'en vengea en gravant son portrait et celui de son lils, et en le lui envoyant avec des vers a sa louange. L'œuvre de ce maître contient environ seize cents pièces ; les plus remarquables sont : Ici Supplier* ; les Malheurt et let Misère* de la Guerre; la Grande et la Petite l'attion ; le Mattacre de* Innocents ; let Gueux contrefaits ; les deux 1, ululions de St. Antoine; la Grande Rue ou la Carrière,H le Parterre de Nancy ; la Grande et la Petite Foire de Florence ; le Carrousel, le Pont Neuf, l'Eventail, etc. Callot excellait à faire la charge du soldat, du relire insolent et tapageur ; il possédait une finesse exquise ù saisir le coté plaisant des objets même les plus sérieux. Enfin, celles de ses compilions qui se
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rapprochent le plus du style de la caricature, et qu'on doit qualifier de débauclM» d'esprit, sont du moins les joyeux ébats d'un talent supérieur toujours original, toujours plein de vigueur et de verve. Callot fut d'ailleurs, comme aujourd'hui notre Charlet, un grand peintre de mœurs, et telles de ses compositions qui passent inaperçues ont plus d'une fois défrayé d'idées des peintres et des auteurs. Quoique Callot ait gravé plusieurs morceaux au burin, surtout des portraits, il doit néanmoins toute sa célébrité à ses sujets gravés à l'eau-forte. Doué d'un génie fécond, il était obligé de faire ses ligures très-petites , alîn de pouvoir placer dans ses composi lions tous les épisodes et les conceptions pittoresques que lui fournissait sa brillante imagination. Cet artiste parait être le premier graveur qui ait employé , au moins avec succès , le vernis dur des luthiers , nommé par les Italiens vernice grosso de iignaiuoli, ce qui lui a |>ermis de donner à ses tailles plus de couleur et de fermeté qu'il ne l'eut fait avec le vernis ordinaire ; mais aussi ce qui l a peut-être empêche de mettre dans ses ouvrages autant de légèreté et de goût qu'en a mis Ktiennc de la Belle. Callot se pro|»osa aussi de ne faire souvent qu'un seul trait plus ou moins prononcé pour graver les figures, sans se servir de hachures, en quoi il a été imité depuis, dans de petites figures, par les graveurs à l'eau-forte, et dans de grandes ordonnances par les graveurs au burin. Son œuvre , fort recherché , surtout dans le siècle dernier, s'est vendu fort cher dans les ventes publiques. On en trouve la description dans le Catalogue des estampes de M. de Lorangère, par Gersaint (Paris, 1744, in-12). Ses dessins sont aussi très-courus des amateurs ; on y trouve encore plus d'esprit que dans ses gravures. On a des recueils de Jacques Callot, parmi lesquels nous citerons : 1° Vie de la vierge Marie, mère de Dieu, représentée par figures emblématiques, dessinées et gravées par Jacques Callot, et expliquées par des vers latins et français, 1616, in-{°, quatorze pièces. 2° La Lumière du cloitre représentée, etc., 1640, in-4°. 5" Monnaies de l'Empire en argent et en or, avec d'autres monnaies d Angleterre, des Pays-Bas et d'Italie, dessinées d'après les originaux avec leurs revers, en cent six pièces, sur dix cuivres. 4° Tratlalo délie piante di terra sanla, ou Représentation des saints édifices de la Terre Sainte, Florence , 1620, in-4°, quarante-huit nouveaux exécutés sur trente-cinq planches. 3° Les Images de tous les Saints et les Saintes de l'année, suivant l'ordre du Martyrologe romain, quatre cent soixante-seize sujets gravés sur cent dix-neuf planches, 16311. 0» Varie Figure gobbi di Jacopo Callot, faite in Fiorensa a l'anno 1610, vingt cl une eslampes. 7U La Généalogie de la royale maison de Lonaine, en trois grandes feuilles d'aigle, excessivement rare. Son dernier ouvrage est, dit-on , un Aobiliaire de Lorraine , contenant cent cinquantesix armoiries des principales familles de celte province. Il venait d'achever ce recueil peu de jours avant sa mort, et il eu donna une épreuve à Marivin, commissaire général des guerres en Lorraine
Cet exemplaire, que l'on croit unique, est maintenant dans la bibliothèque de Lyon , manuscrits, n° 867. On n'en tira pas d'autres épreuves, les cuivres ayant été pillés et détruits parles Suédois qui ravageaient la Lorraine ; mais cette histoire pourrait bien être apocryphe. Le premier maître de Callot avait été Claude Henriet; il était ami et compagnon de Israël Henriet, maître de dessin de Louis XIV. V Eloge historique de Callot a été fait par le P. Husson, cordelier, Bruxelles, 1766, in-8*. Son portrait a été peint par van Dyck , et gravé par Vosterman et par Houlonais. P— e et D — r — 1\.
CALLOT ( François-Joseph ), médecin , né à Nancy en 1690, reçu docteur à la faculté de Montpellier, se fit connaître d'abord avec avantage en 1720 et 1723, à l'occasion des concours pour des places de professeurs a l'université de Pont-à-Mousson. Nommé ensuite médecin ordinaire du duc Léopold, et médecin salarié de Rosiéres-aux-Salines, il fut envoyé , en 1726 , pour remédier à une épidémie qui ravageait le territoire de St-Dié. En 1729 , le duc François le choisit pour son second médecin, et ee fut en 1737 qu'il vint habiter ISancy. Ce médecin est principalement connu par deux dissertations latines imprimées en 1715, dont l'une, sur le Diabètes , mérite d'être consultée; l'autre est sur la Médecine. On a encore de lui : l'Idée et le Triomphe de la vraie médecine, Commerci, 1742. in-8». On dit qu'il a laissé un traité d'hygiène manuscrit, et qu'il a aussi publié quelques poésies relatives à son pays et ses souverains, entre autres : Apothéose de la maison de Lorraine précédée de la Noce champêtre, 1714, in-4». C. et A— ».
CALLY (Pierre), né sur la paroisse de Mesnil- Hubert, près d'Argentan, au diocèse de Seez, étudia la philosophie a Caen, en 1633, et l'y professa en 1660. Quinze ans après, il fut nommé principal au collège des arts de cette ville, et, en 1684, curé de la paroisse de St-Martin. Il s'était fait beaucoup d'ennemis en professant le premier, en France, la philosophie de Descartes; il s'en lit encore par les succès qu'eurent les conférences qu'il tint dans son presbytère pour la conversion des protestants. Cally fut, en 1686, exilé à Moulins, et il ne fut rendu a sa cure qu'en 1688; il y mourut le 31 décembre 1709. Il avait été très— lié avec le célèbre Huct. On a de lui : 1° Universœ philosophia Institutio, Caen, 1695, 4 vol. in-4", ouvrage dédié à Bossuet; c'est une 2* édition, ou plutôt le développement d'un opuscule qu'il avait fait imprimer en 1674, sous le titre d'/nstitulio philosophia, in-4». 2e L'édition ad usum Delphini, avec commentaires et notes, du traité de Boéce, de Consolatione philosophia, 1680, in-4*. 3* Durand commenté, ou l'Accord de la philosophie avec la théologie touchant la transsubstantiation de l'Eucharistie, Cologne (Caen), 1700, in-12. ( Foy. DciAKD PE Saint-Poikçain.) Il y a des erreurs dans ce livre, et l'évéque de Baycux le condamna par une instruction pastorale du 30 mars 1701. La retractation de Cally est imprimée avec l'instruction pastorale. Non content d'avoir rétracté son livre, l'auteur en supprima tous les exemplaires qu'il rcu-
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contra 4° Discours en forme d'homélies sur les mystères, sur les miracles et sur les paroles de Noire-Seigneur Jésus-Christ qui sont dans l'Évangile, Caen, 1705, S vol. in-8*. On trouve imprimé, sou» le nom de Cally, un écrit intitulé : Doctrine hérétique et schismalique louchant la primauté du pape, enseignée par les jésuites dans leur collège de Caen, 1644. Si cet ouvrage est de Cally , il devait être bien jeune quand il le composa. A. B — t.
CALMELET (Michel-François), ingénieur en chef au coq» royal îles mines , né à Langres en 1782, mort à Fisc, le 22janvier 1817, n'a publie aucun ouvrage séparé, mais a fourni au Journal des Mines un assez grand nombre de mémoires : 1* Conjectures sur quelques points de la théorie métallurgique (t. 16, 1804). 2° Rapport sur les anciennes mines de plomb, cuivre et argent des environs de Trarbach ( t. 24, 1808). 3* Extrait d'un rapport sur la mine de plomb de Weiden, précédé d'un aperçu de la vallée de la Nahr ( t. 25, 1809 ). 4° Mémoire statistique sur les richesses minérales du département de Rhinei Moselle (ibid.). 5* Notice sur les travaux relatifs aux houillères du département de la Sarre, exécutés par MM. Beaunier et Lalmelet (t. 26, 1809). 6* Description géologique, minéralogique et statistique des minerais de fer de l'arrondissement de Prum (Sarre), (t. 32, 1812). 7» Description géologique, minéralogique et statistique des mines de fer de Commesdorf, ttrrondisement de Prum (Sarre) (ibid.). 8' Description des anciennes mines de plomb de Rescheid (Sarre) (ibid. ). 9* Essai sur les roches Cornéennes (t. 35, 1814). 10* Description des mines de fer des environs de Bergiaban , arrondissement de Weissembourg (Bas-Khin) (ibid.). H" Description des anciennes mines de plomb de Bteyalf, arrondissement de Prum (Sarre) (ibid. ). 12* Description de la mine de manganèse de CreUnich (Sarre), précédée d'un rapide aperçu de la richesse minérale et de la géologie de ce département ( ibid.). 13* Description de la mine de lignite vitriolique alumineux du mont Bastbtrg et de rusine de vitriol et d'alun de Bouxwiller ( Bas-Rlùn) ( t. 37, 1815). 14* Description de la mine de lignite de Lobsann, arrondissement de Weissembourg ( Bas-Rhin ) (ibid. ). Z— o.
C AL M i l (non Augustin), bénédictin de la congrégation de St- Vannes, l'un des savants les plus utiles et les plus laborieux qu'ail produits l'ordre de St-Benoit, naquit le 16 février 1672, à Mesnil-la- Horgne, prés de Commercy, en Lorraine. Il lit ses premières études au prieure de Brcuil, où il puisa, avec le désir d'acquérir des connaissances, ce goût de la retraite et de la vie cénobitique qui décida de sa vocation. Apres avoir prononcé ses vœux dans l'abbaye de St-Mansui, le 23 octobre 1689, il alla faire son cours de philosophie à l'abbaye de Sl-Evre. . et celui de théologie à l'abbaye de Munster. Dans le même temps, une grammaire hébraïque de Iluxtorf étant tombée entre ses mains, il forma le dessein d'apprendre l'hébreu, et se livra à cette élude avec une application et une constance qui lui en firent surmonter les premières difficultés sans le se cours d'aucun maître : il se mit ensuite, avec la per-
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mission de ses supérieurs, sous la direction d'un ministre luthérien nommé Fabre, qui lui procura des livres hébreux, et lui en rendit bientôt la lecture familière. Il étudia aussi la langue grecque, dont il avait appris les premiers cléments au collège, et s'y rendit fort habile. C'est ainsi qu'il se prépara à l'étude des Écritures, où il fit des progrès si rapides, qu'au bout de quelques années il fut chargé de les expliquer à ses confrères dans l'abbaye de Moyen-Mouticr. De cette abbaye, il passa, en 1704, i celle de Munster, où il continua à enseigner les jeunes religieux. Les leçons qu'il composait pour eux servirent de base aux commentaires sur l'Ancien et le Nouveau Testament, qu'il écrivit en latin. D. Mabillon et Dnguet, à qui il les communiqua, lui conseillèrent de les traduire en français, afin d'en rendre la lecture possible à un plus grand nombre de personnes. D. Calmet suivit cet avis, et l'ouvrage parut de 1707 à 1716. Le savant Fourmont et Ricli. Simon l'attaquèrent par quelques écrits dont l'autorité arrêta la publication, par la raison qu'une controverse sur de semblables matières n'était pas sans danger. I). Calmet, débarrassé de ses critiques, n'eut donc plus qu'à jouir du succès de son ouvrage, qui eut, en peu de temps, plusieurs éditions. Son Histoire de f Ancien et du Nouveau Testament, et son Dictionnaire de la Bible, ajoutèrent à sa réputation. Il fut rccotn|iensé de ses grands travaux par sa nomination à l'abbaye de St Léopold de Nancy, en 1718, d'où il fut transféré, dix ans après, à celle de Sénones, où il passa le reste de sa vie laborieuse dans l'exercice des devoirs de son état et la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Encore plus modeste que savant, il écoutait les critiques et en profilait ; il accueillait les jeunes gens qui montraient des dispositions, et les aidait de ses conseils et de ses livres. Le pape Benoit XIII lui offrit un évêché in parlibus, qu'il refusa constamment, prélérant les douceurs de la retraite aux honneurs qu'il aurait pu obtenir dans le monde. Le profond savoir de D. Calmet, attesté par ses importants et nombreux écrits, semblait faire de cet auteur une autorité infaillible. Cependant l'attention de quelques critiques, même bénévoles, fut éveillée peu à peu, et l'on ne tarda pas à reconnaître quelques erreurs plus ou moins graves. On sut bientôt que ces erreurs ne pouvaient lui être imputées, et provenaient de ses collaborateurs, qui, bien que pris dans son ordre et travaillant sous ses yeux, n'apportaient pas le même soin que lui dansleurs recherches. Malgré ces imperfections, le mérite de cet écrivain traversera les siècles à venir, et ses ouvrages seront toujours lus et consultés avec fruit. D. Calmet mourut à Sénones, le 25 octobre 1757. 11 s'était fait cette épilaphe, remarquable par sa modestie et sa simplicité :
Frater Auguslinus Calmet Natione Gallus, religione catholico-romanus. Profession* monacbus, nomine abbas, Mullum le^ii. scripsil, oravit Utinam bene!
On lui doit : 1 0 Commentaire littéral sur tous Us livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, Paru,
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1707-16, 26 vol. in-4° ou 8 vol. in-fol. ; 2* édition, ibid., 1724-26, 8 vol. in-M. lien existe des versions latines imprimées à Venise, à Francfort et à Strasbourg. 2° Histoire de l'Ancien et du Xouveau Testament, pour servir d'introduction à rUiatoire ecclésiastique de M. l'abbi Flcury, Paris, 1718, 2 vol. în-4« avec cartes et plans; ibid., 1723, 7 vol. in-12 ; ibid., h37, 4 vol. in-4e.3- Discours et disserlalinns sur tous les livres de l'Ancien Testament, Paris, 171.",,
5 vol. in 8*. 4° Dissertations qui peuvent servir de prolégomènes sur l'Ecriture sainte, Paris, 1720, 3 vol. in-4\ C'est le recueil des préfaces et des dissertations qui se trouvent répandues dans le Commentaire littéral. L'auteur composa dix-sept autres dissertations imprimées d'abord séparément, et qui furent jointes depuis au recueil primitif, ibid., 1722, 3 vol. in-4*. Il en parut des traductions en latin, en italien, en allemand et en bollandais. S" Histoire de la vie et des miracles de Jésus-Christ, avec cartes et fig., Paris, t720, in-12. 6- Dictionnaire historique, critique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, Paris, 1722, avec un supplément, ibid., J728, en tout 4 vol. in-fol., avec 300 fig. représentent les antiquités judaïques; réimp. (à l'insu de l'auteur), Genève, 4 vol. in-4»; et Toulouse, 1783,
6 vol. in-8", sans fig. Cet ouvrage, le meilleur et le plus important de tous ceux de D. Calmet, a été traduit en latin, en anglais, en allemand et en hollandais. 7° Histoire ecclésiastique et civile de lorraine, Nancy, 1728, 4 vol. in-fol. ; 2» édit., ibid., 1748-37,
7 vol. in-fol. avec cartes et lig. Le 4e se compose de la Bibliothèque de Lorraine, 8' Dissertation sur les grands chemins de Lorraine, Nancy, 1728, in-4° de 28 p. néimpi imé plusieurs fois et, en dernier lieu, a\ ce des additions considérables, dans le t. 7 de la 2* ëdit. de l'Histoire de Lorraine. 0» Abrégé chronologique de l'histoire sacrée et profane depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, Nancy, 1720, in-12; trad. en latin, ibid., 1733, même format. IS9 Traité de la confession générale, Nancy, 1731, in-12; ibid., 1733, même format. Il en existe une traduction en allemand. 11° Commentaire littéral, historique et moral sur la règle de St. Benoit, etc., Paris, 1733, 2 vol. in-4». Cet écrit, justement estimé des savants, devait être orné de ligures représentant les habillements des anciens moines d'Occident. Elles ne furent point gravées. 12a Abrégé de f histoire de Lorraine, Nancy, 1731, in-8". 13° Histoire universelle, sacrée et profane, depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, Strasbourg, 1733-1761, 9 vol. in-4". Cette histoire devait en avoir 13 ou 14 ; elle n'a pas été achevée. Cependant on l'a traduite et imprimée en latin, en italien et en allemand. Les six premiers volumes ont été aussi traduits et publiés en grec vulgaire. 14* Dissertation historique et chronologique sur la suite des médailles des ducs et duchesses de lorraine, gravées par Perd. St- Urbain, Vienne, 1730, in-4*. 13° Histoire généalogique de la maison du ChAlclet, branche puînée delà maison de Lorraine, Nancy, 1741, in-fol., ouvrage imprimé avec luxe aux frais de la famille, avec lig., vignettes, culs-de-lampe, etc. 16' La Bible en latin et en fran-
çais, avec des préfaces, des dissertations et des notes littéraires, critiques et historiques, Paris, 1748 et ann.suiv., 14 vol. in-4°. La traduction est de de Sacy, mais les notes appartiennent a D. Calmet, qui les a tirées principalement de ses dissertations et de son commentaire. 47» Bibliothèque de Lorraine, Nancy, 1731, in-fol. Elle forme aussi le 4* vol. de la 2* édition de l'Histoire ecclésiastique et civile de la Lorraine. On y trouve de savantes recherches, mais on reproche a l'auteur de s'être montré prodigue d'éloges envers des hommes obscurs. 18° Dissertation» sur les apparitions des anges, etc.. et sur les revenants, les vampires, etc., Paris, 1746, in-12; nouvelle édition revue et corrigée, Einsidlen, ou Notre- Damc-des-Ermites , en Suisse, 1749, 2 vol. in-12. Cet ouvrage, qui a fait accuser D. Calmet d'être trop crédule et de manquer de critique, a été réimprimé sous ce titre : Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires, etc., Paris, 1751, 2 vol. in-12; Sénones, 1759, 2 vol. in -8°. Il a été aussi traduit et imprimé en allemand (1). 19" Traité historique des eaux et bains de Plombières, de Bourbonne, de Luxeuil, etc., Nancy, 1748, 1 vol. in-8° avec planches. 20* Kolice de la Lorraine, qui comprend les duchés de Bar, l'électoral de Trêves, les villes principales et autres lieux les plus célèbres rangés par ordre alphabétique, Nancy, 1756-1762, 2 vol. in-fol. avec cartes et lig. L'auteur était mort avant l'impression du t. 2. D. Fangé, son neveu, a revu cette partie de l'ouvrage et l'a beaucoup augmentée. Il est aujourd'hui fort rare. On a encore de D. Calmet des dissertations insérées dans plusieurs recueils. Nous citerons : sur la Xature des perles; — sur les anciens Chiffres ( dans les Mémoires de Trévoux) ; — Dissertation sur quelques jambes d'airain trouvée» à Léomont (dans le Journal de Trévoux, février 1709] ; — sur quelques Monuments d'antiquité (dans le Mercure de France, décembre 1728); — sur la terre de Gessen et sur le royaume de Tanis, en Egypte [ibid., décembre 1730 et janvier 1757 ) ; — sur les Dragons volant» (dans le Journal de Verdun, juin 1751). Il a laissé manuscrit prés de vingt-cinq ouvrages, |>armi lesquels on remarque plusieurs histoires spéciales et locales, et des dissertations intéressantes : sur l'Origine du jeu de cartes; — *wr la Cérémonie du roi-boii ou roi de la fève; — sur Us Divinité» païenne» autrefois adorée» dan» la Lorraine ; — sur quelque» Coutume» et Usages pratiqué» en Lorraine ; — sur la Quetlion de tavoir ti le monde est tiré du néant ou d'une matière préexistante et éternelle. On y trouve enfin un Dictionnaire de» mot» lorrains et autres vieux mots. Plusieurs ouvrages ont été faussement attribués à ce savant bénédictin, entre autres : Histoire de la maison de Sale», originaire de Béarn (par Hugo, abbé d'Etival), Nancy, 1716, in-fol. — Hittoria Mediani Monaittrii, Strasbourg, 1724, in-4°. Cette histoire est de D. Belhomme. ( Voy. ce nom.) — Dissertation tur la sueur
(*) l'u «nnnrme a entreprK de réfuter D. Calmet dans on outrai* l'nhlic de dm jour* «m* rr litre : llhteire des rampirts tt du iptctrtl «f*C VU mmo du rampa- un*. l'artf,
Maî»n, mo, 2 vol. in-IS. avre froaiUpK* |ra%f. Ct-4.
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de Noire-Seigneur Jisut-Christ au jardin des Oliviers, Paris, 1740, in-12. L'auteur de cet écril est iuconnu. Voltaire a fait ce quatrain pour le portrait de D. Calmet (I) :
Des oracles sacres que Dieu daigna nous Son travail assidu perça l'obscurité.
Il fil plus, il les crut avec simplicité, Et fut, par ses vertus, digne de les entendre.
8a vie a été écrite par Fangé, son neveu et son successeur, 1765, in-8*.On y trouvera la liste complète de ses ouvrages. W— s et Cn — s.
CALMETTE (François), médecin de la faculté de Uontpellier, ou il fut reçu en 1684, était né à Illiodez. 11 lit avec succès des cours publics , et publia uu Abrégé de médecine thérapeutique , Lyon, 1690; Genève, 4710. — Louis-Castor- Matthieu de la Calmettb, chanoine de Cambray, né à Mmes en 1713, est auteur de Y Abrégé du Service de campagne, la Haye, 1752, m-8°. On trouve dam le recueil des Elrennes lyriques quelques poésies légères sous son nom. Z— o.
CALMO (André), poète vénitien, qui n'écrivit que dans le dialecte de son pays, naquit à Venise vers 1510, et y mourut le 23 février 1571. Il avait le talent, non-seulement de composer des comédies pleines de sel et de gaieté, mais de les jouer parfaitement. II en a laissé six : la Spagnola, il Sallussa, la Poxione, la Fiorina, il Travaglia, la Rhudiana. Cette dernière lui fut dérobée par des malveillants
fi) Tant qiw vécut D. Calmei, Voltaire téwoig.a respect, drfér«ice el admiration a ce pieux et docte écrivain, que plus tard il osa quaUuer (TfatMeffe. Il alla mime le miter a Scuonci, et, dans la lettre où il lui en demandait la Bermlwiun, il s'exprimait ain>i : « Je « préfère, monsieur, la rclraile a la tour, et les grands hommes am e sots... ic veux m'instiuire atree relui doat les livre* m'ont forme, « et aller puiser à la source... Je n-rai un de vuj moines. Ce sera « Paul qui ira visiter Antoine. «C t«7*«). » On ne sait pourquoi te projet ne fut exécute qu'en I7M. La, Voltaire ne perdu poiut «on temps; M milieu de la bibliothèque, cl avec les indication* de I). Calmet, il trusta de grands secours pour refaire son nullité fflUfriifr, dont une édition fautive venait de paraître. Il genrmaaéa ton tmeitethm, comme il l'écrit lui-même, eu lisant les Pères cl 1rs conciles, les vieux histwieus de France et les C«yitHl«irt* de Clurleuixune. Au bout de six semaine», il quitta Senones pour aller a Plombières, t Je prendrai les eaux, .«iiait-il.cn n'y croyant pa* « comme j'ai lu les Pères. » Il avait bien soin, au reste, de dmimulera M»n r«|ier table bote ses dispositions a l'iuciedulité, témoin cette lettre qu'il loi écrivait de Plombières même : e Je troutais t ehei vous bien plus de secours pour mon ame qne je n'en trouve c a Plombières pour uun corps. Vo» ouvrages et votre bibliothèque « m'instruisaient plus que les eaux de Plombières ne me soûlait tenf, etc. » Il est certain, du moins, que, pour son Ktsai t«r tes tururs rfe» uofieiw. Voltaire doit beaucoup, non-seulement aux lectures et aux recherches qu'il ,,»t faire a l'abbaye de Senon», mais encore aux nombreux eoinr uut* qu'il s'rtt permis, sans aucunement s'en vanter, de commettre cJivers Vilitioiu unirtrteUe, sacrts ei frofane de D. Caîulet. EiiDu, imur ajouter à toutes c er encore cet autre quatrain fur D, à son ami Cldevillc co 17*7 :
Aea antifuet fr.lr*. nt ••ni pat iaufilr*. Il (•■< ifcw |>m« irmpj *• loMo lr. F. . „,,
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et imprimée sous le nom de Rumnte, son contemporaln, et, comme lui, auteur et acteur comique. ( Voy. Beolco. ) Ces pièces, mêlées de padouan, de bergamasque et de vénitien, sont d'un comique bas et fort libre ; le prologue de l'une de celles qui le sont le plus, la Fiorina, est fait par le curé de la paroisse [il prèle de la pieve), qui dit qu'il va faire un petit voyage pendant que des clioses si contraires au devoir se passeront, afin qu'on puisse dire dans l'avenir qu'il n'a point voulu y être présent. Calmo a laissé de plus quatre églogues ou pastorales en action, dont les personnages sont des paysans de l'Etat de Venise, du Bergamasquc, etc. Elles sont divisées eu scènes et même en actes. On a aussi de lui des Rime pescatorie, ou poésies diverses, sonnets, stances, canxoni, capitoli, etc., sur des sujets de ce genre que Sannazar avait mis à la mode, et susceptible, comme la pastorale, de grâce et de naïveté. Enfin, nous avons de cet auteur facétieux et bizarre un recueil de lettres (Venise, 1572, in-8°), Intitulées Piacevoli, écrites cn langage vénitien, comme ses poésies, et qui ne sont pas toutes aussi plaisantes que lo titre le promet. G— É.
CALOGEHA f le Père Ange ), de l'ordre des camn.'dules , célèbre philologue et littérateur italien du tlernier siècle, naquit à Padoue , le 7 septembre 1600, d'une noble et ancienne famille grecque ue Corfbu, mais qui suivit le rite latin. Il fit ses études sous les jésuites, et entra dés l'âge de dix-sept ans dans le monastère de St-Michel de l'ordre des camaldttles, situé dans une Ile entre Venise el Murano. Il s'y livra avec une nouvelle ardeur, nonseulement aux études de son étal, mais à celle des lettres. Envoyé, en 1721, à Ravenne, pour apprendre la théologie, il y trouva pour un autre genre d'instruction une riche bibliothèque et un savant bibliothécaire qui le dirigea si bien, qu'il acquit en pen de temps une grande connaissance des livres. Il conserva toute sa vie beaucoup de reconnaissance pour ce bon religieux, et entretint avec lui jusqu'à sa mort une correspondance littéraire. Ce fut dans cette bibliothèque de Ravenne qu'il fit connaissance avec le célèbre cardinal Quirini, son concitoyen, qui conçut pour lui une vive amilié. Il n'aurait tenu qu'à lui d'en profiter pour sa fortune ; mais, né sans ambition, après avoir passé quelque années à Venise et à Vicence, il retourna dans son couvent de St-Michel, près Murano, et s'y fixa pour le reste de sa vie. Des devoirs de sa religion, les recherches et les travaux littéraires l'occupèrent tout entier. Les savants historiens regrettaient qu'il n'y cfu en Italie personne qui recueillit et publiât les actes de leurs académies, comme en France, en Angleterre, en Allemagne et dans tout le Nord. Le P. Calogera conçut l'idée de donner un pareil recueil. 11 fut aidé dans ce dessein par Pierre Catherin Zeno, frère du célèbre Apostolo Zeno, par Vallisnieri, Facciolati, Manni, Muratori, etc.. et publia eu 1729 les premiers volumes iu-12 de sa collection intitulée : Raccolta d'opuscoli scienlifici e filologici, qui continua de paraître jusqu'en 1766, mais sous deux titres différents. La première collection. ceuUcnt cii>
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quante et an volumes, y compris la table des matières et des auteurs ; la seconde, sous le titre de Kuoea Raccolla, fut commencée par lui en 1755, et continuée après sa mort par le P. Fortuné Mandelli, de la même congrégation. Le choix des opuscules, dans Tune comme dans l'autre collection, aurait pu être plus sévère ; mais on y trouve en assez grand nombre des morceaux précieux et qui ne sont point ailleurs. Ce littérateur laborieux publiait aussi chaque année, en petits volumes in-8", des notices littéraires en forme de lettres écrites, soit par lui, soit par ses amis, sous le titre de Memorie per servire alla storia letferaria ; mais cette publication lui attira quelques désagréments qui l'engagèrent a l'abandonner au 12* volume, en 1758. Il la reprit l'année suivante avec un de ses amis ; mais il ne donna que six volumes de ces Nuove Memorie, et y renonça tout à fait en 1761. 11 eut part a plusieurs autres travaux, entre autres au journal intitulé : la Minerva, auquel travaillaient Apostolo Zeno et d'autres savants littérateurs, 1762-65, in-4°. On lui doit encore une traduction italienne du Télémaque, Venise, 1744, in 4°; iï Nuoco Gulliver, Venise, 1731, in-8*, et plusieurs opuscules biographiques. Il contribua beaucoup aussi à ta nouvelle édition de la Bibliolhtca volante de Cinelli, donnée par Albrizzi. Il avait de plus à remplir les devoirs de rerùore de' libri, emploi qui lui fut confié dès 1730 par les réformateurs de Padoue, et dont il s'acquittait avec autant d'application que d'intégrité. Il termina sa vie laborieuse le 29 septembre 1708. Il a laisse, outre quelques ouvrages inédits, une correspondance littéraire avec plusieurs gens de lettres de ses amis, qui ne comprend pas moins de soixante gros volumes. On en pourrait tirer un choix précieux pour l'histoire des lettres. G — É.
CALONNE (Charles-Alexandre de), né le 20 janvier 1734, à Douai, où son père était premier président du parlement. Après avoir fait ses éludes à Paris, où il suivit le barreau, le jeune de Calonne, destiné a la magistrature, fut d'abord avocat général au conseil provincial d'Artois. De là il passa au parlement de Douai, en qualité de procureur général. En 1763, il fut nommé maître des requêtes, et les rapports qu'il eut occasion de faire dans les affaires qui divisaient alors les parlements et le clergé le firent connaître d'une manière avantageuse. On ne tarda pas à l'employer dans une occasion importante et délicate. Nommé procureur général de la commission créée pour examiner la conduite de la Chalotais, il fut soupçonné d'avoir abusé de la confiance de l'accusé, en communiquant au vice-cliancclier une lettre secrète, dont il était dépositaire. Calonne essaya de se justifier, en disant i qu'appelé un jour chez le minisire de la justice, il avait oublié un portefeuille dans lequel cette lettre était renfermée : cette justification parut faible II est certain, au reste, que cette lettre n'était |>oint une charge Importante contre l'accusé (voy. l'écrit de Carra, intitulé : M. de Calonne tout entier) ; d'ailleurs Calonne était fort éloigné, par son caractère léger, de ce calcul de perfidie qu'on lui sup-
posait. Enfin on assure que la Chalotais lui-même, quelque temps avant de mourir, avoua que ses plaintes contre son juge avaient été fort exagérées. Ce qui ne peut être du moins révoqué en doute, c'est que le jugement de la Chalotais ne fut pas aussi rigoureux qu'on pouvait d'abord le craindre, et cette indulgence fut l'ouvrage de Calonne et Lenoir, les deux membres les plus influents de la commission. ( Voy. la Chalotais.) En 1768, Calonne fut nommé à l'intendance de Metz et ensuite à celle de Lille, où il se distingua par des talents supérieurs dans l'administration. Telle était sa position à la mort de Louis XV. Ses espérances d'élévation ne furent pas favorisées d'abord par le système du nouveau régne. L'ancien ministre Maurepas, revenu d'un long exil, dépositaire d'un pouvoir presque absolu, avait appelé successivement au ministère des finances Turgot et Necker, qui avaient été rapidement remplacés par Fleury et d'Ormesson ; Calonne enfin succéda a celui-ci, le 5 novembre 1783. Maurepas venait de mourir. La confiance de Louis XVI reposait presque entièrement sur le comte de Vcrgennes, ministre des affaires étrangères. Il était consulte surtout dans les nominations ministérielles, et il contribua beaucoup à celle de Calonne. D'autres la virent avec déplaisir, nommément le garde des sceaux Miromesnil. La magistrature parlementaire sentit se réveiller d'anciennes défiances; le public se partagea ; la cour accueillit avec trans- |X»rl le nouveau contrôleur général, qui obtint bientôt le litre de ministre d'État. La paix de Versailles, qui venait d'être conclue, laissait à liquider le restant des dépenses de la guerre et de la marine. Indépendamment des emprunts et des arriérés accumulés sous les ministères précédents, il y avait 176 millions d'anticipations, au remplacement desquels il fallait pourvoir. Calonne ne se laissa point altattre par ces difficultés. Son système était de déguiser la détresse et de prendre l'attitude de la prospérité. Il dédaigna la ressource des économies, solda l'arriéré du moment, soutint les effets publics par des avances secrètes, rapprocha le payement des rentes sur l'État, obtint des bonifications considérables sur les baux des fermes et des régies, assura le crédit de la caisse d'escompte, projeta des fonds d'amortissement, et osa exécuter une refonte des monnaies d'or, comme dans un temps de la plus profonde sécurité. Il suivit d'abord le même système d'emprunts adopté avant lui, et il dil à ce sujet, dans sa lettre au roi du 9 février 1789 : « Je « n'ai pas plus emprunté chaque année que mes « prédécesseurs ; je n'ai emprunté que ce qu'il fal- « lait pour acquitter les dettes contractées avant « mon ministère, etc. » Calonne estimait le montant des emprunts faits depuis 1776 jusqu'à la fin de 1786 a 1,250.000,000, et le déficit annuel à 115,000,000, dont partie devait cependant s'éteindre dans le cours de plusieurs années, de manière qu'en 1797 ce déficit se serait trouvé réduit 4 35.000,000. ( Voy. son discours à l'assemblée de» » i notables. ) Il en résultait que les revenus de l'État, I de 475,000,000, où ils pouvaient s'élever alors, au-
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raient dû être portés à 590,000,000, pour atteindre le niveau. Tous ces calculs de Calonnc ont été vivement contestes dans une multitude de pamphlets, auxquels il répondit plus tard dans des écrits remarquables par la clarté, la méthode et une certaine force de dialectique. Quoi qu'il en soit, le vide du trésor était immense. Les premières opérations de Calonne n'étaient que des ressources momentanées, dont le prestige s'évanouissait à la moindre réflexion. La dette de l'État ne reposait sur aucun gage assuré. Il n'y avait qu'un nouveau système de contributions qui en offrit le moyen, et Galonné le proposa. Ses deux leviers principaux étaient l'établissement de la subvention territoriale, payable eu nature, et l'extension de l'impôt du timbre. Il se flattait d'y trouver le double avantage d'une augmentation de revenus et d'une répartition plus égale entre les contribuables. Ce plan , conçu longtemps avant lui, a été suivi constamment depuis, à l'exception de la prestation en nature, qui a été reconnue impraticable. Le mode d'exécution présentait alors de grandes difficultés; il fallait obtenir des deux premiers ordres de l'État des sacrifices inouïs jusqu'alors. Les parlements, qui étaient en possession d'autoriser la levée des impôts par la formalité de l'enregistrement, avaient souvent été divisés, tantôt avec le clergé, tantôt avec la noblesse, sur des points étrangers aux droits de la magistrature; mais il était vraisemblable qu'ils opposeraient une résistance concertée sur des intérêts qui leur étaient communs. Depuis longtemps les ministres luttaient en vain contre les corps privilégiés; le garde des sceaux Macliaull, trente ans auparavant, n'avait pas seulement pu obtenir la déclaration des biens du clergé ; Turgot avait déplu a la noblesse et aux parlements par ses principes antiféodaux et par le projet des assemblées provinciales ; et Nccker, par l'extension qu'il voulait donner à ces nouveaux corps politiques. D'un autre côté, il était peut-être plus dangereux encore, dans un moment de crise, d'appeler intégralement la représentation nationale, qui aurait pu tenter de se mettre à la place de toute espèce d'autorité. Depuis cent soixante ans, la convocation des états généraux était regardée, et non pas sans raison, comme le parti le plus funeste à la royauté. Placé entre les extrêmes, Galonné se détermina pour un terme moyen qui lui parut réunir toutes les conditions nécessaires pour faire approuver ses projets. Il proposa une assemblée de notables, choisis parmi les membres les plus distingués des deux premiers ordres de l'État, de la magistrature, et dans leschefs des principales municipalités. Ces réunions consultatives n'avaient aucun caractère légal pour délibérer : ou en connaissait peu dans les fastes de la monarchie. Le plan de Calonne éprouva plus d'un obstacle dans le conseil. Ses contradicteurs les plus apparents furent Miromesnil et le baron de Breteuil. Celui-ci était devenu l'ennemi de Calonne, à l'occasion d'une intrigue des amis de Foulon, qui voulaient porler ce conseiller d'Etat au ministère des finances. ( Voy. l'Histoire de la révolution, par Bertrand de MollevilleJ La lente et
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prudente politique du comte de Vergennes le fit ■ hésiter quelque temps avant d'approuver des vues aussi hardies. Il se rendit enfin. Le roi, par un désir sincère du bien, adopta le plan, et la reine l'appuya, par prévention pour le ministre. Cependant Calonne ne se dissimulait pas les dangers qu'il avait à courir. Il écrivait à un ami intime, le 16 août 1786 : « Je viens de lire mon plan au roi ; il m'a « bien entendu, bien écoulé, m'a tout promis; mais « je me fais pitié à moi-même, lorsque je pense au « résultat qu'il peut avoir pour moi. N'importe ; je « crois que c'est le bien, le bonheur du roi et du « peuple ; j'ai bon courage, je l'entreprendrai. » Ce tut sous ces faibles auspices de succès que commença l'assemblée des notables. Vergennes venait de mourir. C'était une puissante protection de moins pour Calonne, qui se trouva ainsi jeté presque seul dans l'arène. La première séance eut lieu à Versailles, le 22 février 1787. On attendait avec impatience le compte du ministre des finances. 11 l'exposa avec toute la dextérité dont il était capable ; mais il ne put empêcher la mauvaise impression de ses fâcheuses révélations. Le déficit de 1 15,000,000 surpassa encore les craintes que l'on avait conçues. Calonne en fit remonter l'origine jusqu'au ministère de Terray, prétendit qu'il était dès lors de 40,000,000, qu'il s'était augmenté depuis 1776 jusqu'en 1785 d'une somme égale, et convint enfin de l'avoir accru lui-même de 55,000,000 jusqu'à la fin de 1786. Ces calculs étaient dans une contradiction trop directe avec ceux de Necker pour ne pas attirer une réponse très-vive de la part de cet ex-ministre, dont les nombreux amis se liguèrent en sa faveur. On reprocha assez généralement à Calonne d'avoir attendu trois ans entiers pour dresser un état de situation aussi alarmant ; on l'accusa même d'en avoir exagéré le triste tableau, qui contrastait si désagréablement avec les illusions précédentes ; enfin, d'avoir confondu et bouleversé toute la comptabilité antérieure, dans le dessein de couvrir ses propres malversations. La première attaque qu'on lui livra fut la dénonciation de l'ccliange du comté de Sancerre, appartenant au comte d'Espagnac, où l'on prétendit que Calonnc avait sacrifié les intérêts du roi à ceux d'un particulier, qu'il avait favorisé pour partager lui-même les bénéfices. ( Voy. les Mémoires du comte d'Espagnac, l'écrit de Carra, et la Requête de Calonne au roi en 1787.) Le marquis de Lafayette se montra à la tète des accusateurs, et Miromesnil fut soupçonné d'être un des instigateurs secrets ; mais le roi parut, dans ce premier moment, soutenir son ministre. Le garde des sceaux fut renvoyé. Cependant ce triomphe ne fut pas de longue durée. Indépendamment des amis de Necker, un autre parti conspirait contre Calonne : c'était celui qui |iortait au ministère l'archevêque de Toulouse, Loménie-Brienne. La cour s'effrayait des longueurs de l'assemblée des notables et de la fermentation qu'elle excitait. La reine, soit par crainte de l'opinion publique, soit par les insinuations de Breteuil, se laissa persuader d'abandonner Calonne, qui fut destitue et exilé en Lorraine. 11 voulait à peine
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croire ft un changement aussi suWt, et se flattait que ce n'était qu'une feinte. Il se consolait par l'idée que m s plans seraient suivis, et qu'ils serviraient un jour a le rétablir en faveur. Sa disgrâce ne fut que trop réelle. On ne lui épargna ni les reproches ni les humiliations. 11 fut obligé de se dépouiller de la décoration du cordon bleu, qu'il portait comme trésorier de l'ordre du St-Esprit. Il •'expatria et passa en Angleterre, où il reçut des consolations flatteuses. Catherine II lui écrivit en ces termes : a J'ai lu les mémoires que vous avez « donnés aux notables. Les ennemis de la France « doivent se réjouir de votre retraite, ses alliés doi- « vent s'en affliger. Par cnnir et par caractère, « j'aime les grandes choses et les grands hommes. « Si vous venez dans mes États, vous y trouverez « protection et jouirez de la considération duc ft vos « talents et à votre mérite. » Calonne, réfugié à Londres, s'occupa de repousser les accusations qui s'élevaient en foule contre lui. Ce fut l'objet spécial d'une requête adressée au roi, vers la fin de 1787, où il passe en revue toutes ses opérations ministérielles, et on il s'efforce de prouver qu'il n'en est pas une seule qui n'ait eu pour objet l'amélioration des finances. L'archevêque de Toulouse, son successeur, lui avait fait connaître par écrit le mécontentement personnel du roi ; les parlements de Grenoble, de Toulouse, de Besançon, l'avaient dénoncé ft l'animadversiou publique ; enfin celui de Paris avait rendu formellement plainte contre lui. Calonne se défend contre toutes ces attaques; il supplie le roi de déclarer que, dans toutes les opérations de son ministère, il n'a jamais agi que par les ordres ou d'après le consentement de Sa Majesté, et, dans le cas de silence, il offre de venir se justifier dans les formes les plus solennelles, devant la cour des pairs, où il était accusé. Cet écrit, rendu public par la voie de l'impression, et remarquable par le ton animé, mais respectueux de la défense, fut vivement attaqué par une foule de pamphlets. A toutes ces inculpations, les amis de Calonne se contentaient d'opposer un fait, qui du moins a le mérite de la vérité, et ne laisse pas d'être de quelque importance auprès de gens non prévenus, c'est que Calonne sortit du ministère dans un tel dénùmcnt, qu'il fut trop heureux d'accepter la main d'une amie généreuse, veuve d'un riche financier (l),qui s'empressa de le consoler des rigueurs du sort par le don de tous ses biens Calonne ne fut pas mieux écouté dans une lettre eu date du 9 février 1789, qu'il adressa également au roi. Celle-ci contient uniquement des réflexions politiques. Necker était rentré en place, et dirigeait tout vers ce système révolutionnaire qui eut de si fâcheux résultats pour l'autorité royale. Calonne combat toutes les opérations de sou successeur ; il essaye d'en démontrer au roi les funestes ronséqueuces ; il finit en annonçant le projet qu'il formail lui-même de venir se présenter comme candidat aux états géuéraux. 11 passa efïecli vcment sur
(t) Mtdanie d llinreUi.
le continent et se présenta ft l'assemblée électorale de la noblesse de Bailleul ; mais il dut renoncer ft l'es(K>ir de se faire élire, et retourna presque aussitôt à Londres, où il s'occupa de nouveau d'écrits polémiques sur la situation des affaires. Des événements d'un autre genre devaient occuper le reste de sa vie. La révolution était commencée. L'émigration des princes, frères du roi, appelait autour d'eux une foule de mécontents, dont la force principale devait être dans l'appui des cabinets étrangers. Calonne vit dans cet état de choses une occasion de reparaître sur le théâtre des événements. Il se lança dans ce nouveau tourbillon avec une ardeur qui semblait désormais au-dessus de ses forces. Ses négociations, ses voyages multipliés en Allemagne, en Italie, en Russie, son zèle, son dévouement, le rendirent précieux au parti dans lequel il s'était jeté. II y déploya de nouveaux talents et l'esprit le plus fécond en ressources; Il y dépensa la fortune qui lui restait de son second mariage ; enfin il y courut risque de la vie. Un jour qu'il était près de rejoindre les princes à Coblenlz, sa voiture fut précipitée dans le Rhin. L'abbé de Calonne, son frère, qui était à ses côtés, eut la présence d'esprit de se saisir du portefeuille, et le tint élevé au-dessus de l'eau jusqu'à ce qu'on vint a leur secours. Tant d'effort* et de sacri lices furent inutiles pour une cause malheureuse et mal défendue. Lorsque les moyens \hAtiques furent épuisés, Calonne voulut encore la servir de sa plume, et ce fut dans cette intention qu'il composa son écrit intitulé : Tableau de l'Europe en novembre 4795. C'est un de ses ouvrages les plus remarquables par la chaleur du style et l'exposé tidèlc des événements. Depuis cette époque, Calonne disparut de la scène politique, et vécut ft Londres* tranquille et principalement occupé des beaux-arts, qu'il avait toujours cultivés avec goût. Il quitta l'Angleterre au mois de septembre 1802, et vint à Paris, où il mourut le '29 octobre suivant. Telle fut la carrière brillante cl désastreuse d'un ministre plus imprudent que mal intentionné, qui donna le premier mouvement à la révolution de son pays. IL excita une tempête qu'il ne fut pas en son pouvoir de calmer. Il composa son assemblée de notables d'éléments discordants qu'il ne sut |>as contenir. Il possédait ft un très-haut degré les qualités d'un grand administrateur; il avait une connaissance exacte de tous les détails; il saisissait l'ensemble avec une précision admirable; il se montra même capable de coucevoir uu plan vaslc ; mais si la sagesse qui mûrit les pensées, si la prévoyance qui devine les obstacles, si l'esprit d'ordre et de suite qui prépare le succès de l'exécution sont les parties constitutives d'un homme d'Étal, Calonne ne saurait prétendre à ce titre. Il n'avait pas étudié les hommes ; il compta trop légércmeul sur des promesses et sur des protections inconstantes, et la vanité l'aveugla sur le bord du précipice. U mit d'ailleurs trop peu de dignité dans sa conduite personnelle et de sévérité dans ses mœurs. La vie trop dissipée d'un homme eu place semble autoriser tks soupçons dlmprobilé ; ils s'attachent surtout au mi-
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nistrc dépositaire des deniers publies. On lui a reproché avec raison du faste et de la prodigalité, de l'imprudence et de la précipitation ; mais son caractère était franc et généreux, et il conserva beaucoup d'amis dans sa disgrâce. Il joignait à d'heureuses disposition- les avantages d'une éducation brillante ; son travail était facile, lumineux, et son application infatigable, même au milieu des amusemenu les plus frivoles. Sa physionomie était spirituelle, sa politesse aisée, ses maiiiércs séduisantes ; il parlait avec grâce ; il savait donner beaucoup de prix à ce qu'il accordait, et mettre beaucoup d'adresse cl même d'obligeance dans ses rems. La reine lui demandait un jour une chose à laquelle elle attachait sans doute de l'importance, puisqu'elle ajoutait, de ce ton qui annonce qfi'on ne veut pas être refusé : « Ce que je vous demande est peut- « être bien diflicile. — Madame, repartit Calonne, « si cela n'est (pie diflicile, c'est fait; si cela est im- « possible, nous verrons. » Son style, toujours clégant, souvent noble et animé, est quelquefois diffus et incorrect. Ses ouvrages méritent d'ailleurs d'être conservés comme documents historiques dans l'administration des finance*. Ses discours et ses mémoires à l'assemblée des notablrs doivent être mis en première ligne. On a de lui : i* Tout pour elle, conte plaisant, 17 GO, in- 12, opuscule attribué aussi à l'abbé de Voisenou, mais que l'on assure avoir été la première production de Calonne. 2° Observations et Jugements sur let coutume» d'Amiens, d'Artois, de iioulogne, de Ponlhieu, sur plusieurs matières du droit civil et du droit coutumier, 178-1, in-4°. 3° Lettre d'un avocat au défenseur du comte de Ch... (à W. de Lacretellc, qui avait pris la défense du comte de Sanois en l'appelant le comte de Ch... ), 4780, in-8\ 4° RequiU au roi, Londres, 1787, in-8-, h" Compte rendu aux nations, etc., Dresde, 1787, in-4*. 8n Correspondance de Nccker avec Calonne. 1787, in-4°. 7" Réponse à la correspondance de
M. C (Cérulti) et du comte Mirabeau. 1788,
in-S» de 30 p. 8° Réponse de Calonne à l'écrit de Aecker. Londres, 1788, 1 vol. in-4° ou 2 vol. in-8°. 9" Lettre de Calonne au roi, 9 février 1789, Londres ( 1789), in-8> de 208 p. 10° Second* lettre de Calonne au roi, 3 avril 1789, Londres (même année), in -H". 11° Motifs pour différer jusqu'à l'assemblé* des états généraux la réfutation du nouvel écrit que Necker vient de publier, 1 789, in-8». De Calonne n'a point iait la réponse qu'il annonçait. 12° Note sur le mémoire remis par S'ecker au comité des subsistances, Londres, 1789, in-4 2. 15* Observations sur les finances, Londres, 1790, in 8°. 11° L'Etat de la France tel qu'il peut et tel qu'il doit être, Londres, 1790, in-8° ; réimprimé la même année, même format. ion Mémoire contre le décret rendu /* 14 février 17 '9 1 par l'assemblée soi-disant nationale, Venise et Paris, 1791, in-8". 16° Lettre d'un publiciste de France à un publieiste d'Allemagne, 1791, in-8°. 17° Esquisse de l'étal de la France, 1791, in-8*. 18» Tableau de l'Europe en novembre 1T95, et Pensées sur ce qu'on a fait et qu'on n'aurait pat dû faire, sur te qu'on aurait dû faire a
qu'on n'a pas fait, sur ce qu'on devait faire et que peut-être on ne fera pas, Londres, 1796, in-12. Cet ouvrage attira à l'auteur une réponse de la part du conseiller d'État de Montyon, qui avait l'avantage d'une érudition immense, et qui montra beaucoup de ménagement pour la personne de son adversaire. Ce fut a cette époque que Calonne se brouilla avec les princes, dont il abandonna le parti. 19° Lettre au citoyen auteur du rapport prétendu fait à S. M. Louis XVIII, 1796, in-8°. 20» Des Finances publiques de la France, Londres, 1797, in-8". 21° Lettre à l'auteur des Considérations sur l'état des affaires publiques au commencement de l'année 17(18, Londres, 1798, in-8°. Dans un volume imprimé en 1773 sous le titre de Mémoires concernant la navigation des rivières de la prorince des Trois-Evéchés et le commerce de Mets, on en trouve quelques-uns de Calonne, alors intendant des Trois-Evéchés. On lui attribue : Réponse à Montyon, des Remarques sur l'Histoire de la révolution de Russie jtar Rhulières, enlin un Traité sur la police, destiné à l'Angleterre. Il parait qu'il a laissé en outre, sur différents sujets d'arts ou d'administration, quelques manuscrits qu'il n'a pas eu le temps de publier. L'édition des œuvres du poêle Lebrun ( Ecouchard) offre deux lettres de Calonne, dont l'une est remarquable par le style et par le sujet. Le ministre engage le poêle à célébrer dans ses vers l'assemblée des notables et la révolution qui se prépare. D — s.
CALONNE ( abbé nE), frère du précédent, se rendit en Angleterre dans les premières année* de la révolution, et y concourut à la rédaction d'un journal intitulé le Courrier de l'Europe. 11 se retira ensuite daus le Canada, et y fonda une petite colonie dont il fut le curé. Il revint en Angleterre en 1807, et repartit presque aussitôt pour le Canada, où il est mort en 1822. Nous reculions ici les erreurs qu'avait commises sur ce personnage la I M édition de la Biographie universelle. D — r — n.
CALONNE (CLvi DE-FnA.Nçois ), savant agronome, de la même famille que les précédents, a publié : f Souhaits d'une heureuse année suivie de plusieurs autres adressés à M. de'" à Abbeville, en réponse au nouveau projet d'un canal dans la Picardie et d'un port à Amiens, qui enlraineraient la destruction d' Abbeville et de Sl-Valery, Amsterdam et Paris, 1763, in-12; 2* Essai d'agriculture en forme d'entretien sur les pépinières des arbres étrangers et fruitiers, etc., par un cultivateur de Vitrysur-Seine, Paris, 1779, in-12. Z— o.
CALOV (Abiuham), en latin Calovks, théologien luthérien, né en 1612, à Mohrungen, en Prusse, lit ses études à Koenigsberg et a Roslock, fut professeur cl prédicateur à Koenisgberg, recteur à Dantzick, et professeur de théologie a VV'illeniberg, où il mourut, le 23 février 1686. La plus grande partie de sa vie se passa en querelles avec les théologiens de son temps, tels que Jean Bergius, Henri Nicolaï, Jean Or-sur, George Calixte, et beaucoup d'autres. Ce fut contre Calixte qu'il s'éleva le plus au colloque de Thorn. Calov y porta une
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aigreur et une animosité rares, même dans les querelles théologiques. Les dissertations, les pamphlets qu'il écrivit contre ses adversaires, les thèses qu'il soutint, les accusations, les réfutations qu'il publia, sont innombrables. On ne remarque guère aujourd'hui, parmi ses ouvrages, que : 1° sa Biblia illustrala, où il attaqua les explications de Grotius; 2° son Sytlema LL. iheol. ; 3' son Tractalus de melhodo et doeendi et ditputandi, Hostock, 1637, in-8°; 4* ses écrits contre les sociniens; 5° ses Coiuideratione$ arminianitmi, seul ouvrage où il ait montré quelque modération. G — t.
CALPHURNICS (Jean), savant critique du 15» siècle, né à Hrescia, d'une famille originaire du Bergamasque, fut professeur de langue grecque à Venise, et ensuite à Padoue, depuis l'an 1478 jusque vers (502. Il a publié : 1° une édition d'Ovide, 1474 ; 2° VHeaulovlimorumenoi de Térence, avec un commentaire, Trévisc, 1474, in-fol. Ce commentaire a été plusieurs fois réimprimé avec ceux que Donat nous a laissés sur les cinq autres comédies du même poète. Westerhove, qui a joint ses commentaires à la belle édition qu'il a donnée de Térence (la Haye, 1726, 2 vol. in-4°; ibid., 1732, in-8°), soupçonne Calphurnius d'avoir tiré son commentaire de celui de Donat, qui existait peut-être encore de son temps, et d'en avoir ensuite supprimé le manuscrit. 3° Catulle, Tibulle, Properce, et les Silve$ île Stace, Vicence, 1181, in-fol. Il y joignit quelques poèmes latins de sa façon, dont un sur le inarlyre de M. Simon, enfdnt massacré par des juifs en 1474. 4° I n dialogue tenu aux Champs-Elysées entre son âme et celle de Lucius Calpurnius Pison, historien romain. 5» Des satires. | Voy. la Lilteratura Brixiana du cardinal Quirini. ). G. M. P.
CALPRENÈDE (Gauthier de Costes, chevalier, seigneur oe la ), né au château de ToIjîou, dans le diocèse de Cahors, a deux lieues de Sarlat, est moins counu aujourd'hui par ses ouvrages que par ces vers de Boileau :
Tout a l'humeur gasconne en un auteur gascon, CalprenHe et Juba parlent le mènie ton.
Après avoir fait ses études à Toulouse, il vint à Paris vers l'an 1632, et entra en qualité de cadet dans le régiment des gardes, où il fut ensuite officier. Depuis, et peu après l'an 1650, il fut fait gentilhomme ordinaire de la chambre. En 1648, il épousa Madeleine de Lyée, veuve en premières noces de Jean de Vieux-Pont, seigneur de Compant, et, en secondes et dernières, d'Arnould de Braque, seigneur de Vaular et de Chàtcauvert. La Calprenède étant, en 1663, au château de MouBaine, y voulut faire voir aux dames des marques de son adresse au fusil ; la poudre enflammée lui sauta au visage, et le déligura. Quelques mois après, revenant de Normandie, il fut blessé au front d'un coup de tète que lui donna son cheval, et mourut au mois d'octobre 1663. La Calprenède a fait des romans et des pièces de théâtre. Les romans sont : 1» Castandre, 1642, en 10vol. in-8*; reimprimés en 1731, 10 vol. in-12. ( Voy. Boissat.) Alexandre-Nicolas de la Rochefou-
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cault, marquis de Surgères, en a donné un abrégé en 1752, 3 vol. in-12. 2° Cléopàire, Paris, 1648 et années suivantes, 12 vol. petit in-8*; Leyde, 1657, 12 vol. même format. Ces deux ouvrages ont été traduits en italien. C'est dans le dernier que ligure Juba, ridiculise par Boileau. On a publié, en 1668, 3 vol. in-12, un abrégé de Cléopàire; Lebret, en 1769, et Benoit, en 1789, en ont publié deux autres. 3° Faramond, ou l'Histoire de France, Paris, 1661, 7 vol. in-8». L'auteur n'ayant pas achevé cet ouvrage, Pierre Dortigue de Vaumoriére en donna la suite en 5 volumes. Une 2* édition de Faramond a paru à Amsterdam, 1664-70, 12 vol. petit in-8*. On préfère celle de Paris, le t. 10 en est très-rare, parce qu'il a été brûlé dans un incendie au collège de Montaigu. De Surgères a donné, en 1753, un abrégé de Faramond, 4 vol. in-12. 4a Silvandre, qu'il composa étant cadet. On dit que, de l'argent qu'il en eut, il s'habilla d'une manière bizarre, et que, comme on lui demandait le nom de son étoffe, il répondit que c'était du Silvandre. Si ce fait était vrai, son Silvandre aurait été imprimé ; cependant on ne sait ce que c'est; on présume que c'était un roman. 5° Les Nouvelles, ou Us Divertissements de la princesse Alcidiane, 1661, in-8°, publié sous le nom de sa femme, mais que Niceron attribue à notre auteur. « Le meilleur de ces romans, dil La- ■ harpe, est, sans contredit Cléopàire, malgré son « énorme longueur, ses conversations éternelles, et « ses descriptions, qu'il faut sauter à pieds joints ; a la complication de vingt différentes intrigues, qui « n'ont entre elles aucun rapport sensible , et qui « échappent à la plus forte mémoire ; ses grands « coups d'épée qui ne font jamais peur, et que ma- « dame de Sévigné ne haïssait pas ; ses résurrec- « lions, qui font rire, et ses princesses qui ne font « |ms pleurer. Avec tous ces défauts, que l'on re- • trouve dans Cassandre et dans Faramond, la Cal- « prenède a de l'imagination ; ses héros ont le front « élevé ; il offre des caractères fortement dessillés, « et celui d'Artaban a fait une espèce de fortune; « car il a passé en proverbe. » On a quelquefois attribua à la Calprenède le roman de Bérénice, qui est de Segrais. Les tragédies de la Calprenède sont : 1" la Mort de Mithridale, 1637, in-f; elle fut représentée, pour la première fois, le jour des Rois, ce qui donna lieu à une plaisanterie. A la (in de la pièce, Mithridale prend une coupe pleine de poison, et, après avoir délibéré quelque temps, il dil en l'avalant :
Mais c'esl trop différer...
Un plaisant du parterre acheva le vers en disant :
Le roi boit, le roi boit
2» Bradamante, tragi-comédie, 1637, in-4*. 5* Jeanne d'Angleterre, tragédie, 1638, in-4°. 4* Le Uarioute, ou le Sacrifice sanglant, tragi-comédie, 1637, in-4*. 5" Le Comte dTEsseï, tragédie, 1639, in-4». Cette pièce fut jouée en 1638; il n'y avait que trente-sept ans que le comte d'Esscx était mort. C'est la meilleure pièce de la Calprenède, et l'on en peut dire
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autant de celle» que Thomas Corneille et Boyer firent jouer tous les deux en 1678, sous le même titre. Ils avaient l'un et l'autre profité de quelques idées de la Calprenéde. De ces trois tragédies, celle de Corneille est seule restée au théâtre. 6° La Mort des enfants d'Bérode, ou Suite de la'Mariamne, tragédie, 1639, in-4*. ( La Mariamne, tragédie de Tristan l'Hermite, avait, en 1636, balancé les succès du Cid. ) 7« Èdouard, roi d'Angleterre, tragédie, 1640, in-4°. 8» Phalanle, tragédie, 1642, in-4e. 9° Hermenegilde, tragédie en prose, 1643, in-4*. 10° Bélisaire, tragi-comédie, non imprimée, jouée en 1659. A l'exception du Comte d'Kssex, toutes ces pièces sont détestables. Il est étonnant que l'auteur, qui, dans ses romans, a fourni matière à tant d'ouvrages dramatiques, ait fait de si mauvaises tragédies. Le cardinal de Richelieu, quoiqu'-admirateur indulgent de la médiocrité, ne put s'empêcher de dire, d'une des tragédies de la Calprenéde, que le moindre de ses défauts était d'être écrite en vers lâches : • Comment « lâches ! s'écria l'auteur ; cadédis, il n'y a rien de « làclie dans la maison de la Calprenéde. » A. B— t.
CALPLRNIUS. Voyez Pisox.
CALPURNIE, fille de Luciua Pison, et femme de Jules-César. La nuit qui précéda le meurtre de «on époux, elle songea qu'on le poignardait entre ses bras, et que le faite de la maison s'écroulait. En même temps, ajoutent quelques historiens, les portes de la chambre s'ouvrirent d'elles-mêmes. Le lendemain, Calpurnie conjura César de ne point sortir de chez lui, mais ses instances et ses larmes furent inutiles. ( Voy. César.) Après la mort de ce grand homme, elle se retira chez Marc-Antoine. ( Voy. Suétone et Phitarque.) Ch— s.
CALPLRNIUS FLAMMA ( MAitccs), a mérité d'être placé auprès des Curtius et des Décius, par un dévouement aussi généreux. L'an de Rome 494, dans la première guerre punique, le consul Alilius ayant engagé son année dans un pays qu'il ne connaissait pas, l'avait mise dans le plus grand danger. Le général cartltaginois, qui avait marché à sa rencontre, s'était saisi des hauteurs, et tenait les légions romaines assiégées dans le vallon qu'elles occupaient. Calpurnius, tribun militaire, épargna à son pays, par sa résolution et son courage, un désastre et une bonté qui auraient rappelé les fourches Caudines. Il prit avec lui trois cents hommes, et alla s'emparer d'une éminence, sans espoir de salut, mais enflammé, ainsi que sa troupe, par l'amour de la gloire et l'ambition de sauver l'armée. On rapporte qu'en conduisant son détachement, il lui dit : « Soldats, s mourons, et, par notre mort, arrachons aux Carci tltaginois les légions qu'ils tiennent assiégées. » Il en arriva ainsi. Pendant qu'ils occupaient les ennemis, le consul eut le temps de dégager son armée. Calpurnius survécut aux siens comme par miracle ; il fut trouvé au milieu des morts respirant encore. N'ayant point reçu de blessures mortelles, les soins qui lui furent donnés le mirent en état de servir encore son pays. Un seul auteur ( M. Calon ), au rapport d'Aulu-Gelle, attribue ce lait à un tribun appelé Q. Caxiitius. Q — R — Y-
CALPURNIUS SICCLCS (TlTts Julics), contemporain de Némésicn, natif de Sicile, vivait dans le 5e siècle. Quelques éditions lui donnent le prénom de Caiusau lieu de Titus; dans d'autres il est désigné sous le nom de Caiphurniut ; mais cette orthographe parait vicieuse, Il était très-pauvre. La pauvreté lui ayant inspiré d'aller en Espagne, il obtint d'un protecteur qu'il avait à Rome une place à la cour impériale. On croit communément que ce protecteur fut Némésien ; mais il est évident que Calpurnius, dans ses poèmes, parle d'un homme qui remplissait une charge importante auprès des empereurs, et rien n'indique que Némésien ait été dans une situation si brillante. Un passage de la 4' égloguc de Calpurnius parait annoncer que son Mécène était maître des offices, magister officiorum. En admettant que son protecteur fût revêtu de cette charge, on peut croire facilement que le poète obtint l'emploi de secrétaire de l'empereur Claude. On a de lui sept églogues ou idylles, qui ne sont pas sans mérite, et qui se rapproclienl de celles de Virgile. Du temps de Charlcmagne, on les mettait entre les mains des écoliers. La 1" édition de Calpurnius se trouve dans celle de Silius Italicus, Rome, 1471, in-fol. Ses eglogues ont été réimprimées la même année à la suite d'Uésiode. Elles ont été imprimées à Leipsick, 1803, in-8», par les soins de M. Ch. D Beck. On les trouve aussi dans les éditions de Némésien, notamment dans l'édition de Mit tau, 1774, in-8 ; dans les Poêlai latini minores donnés par Burmann, Leyde, 1731, 2 vol. in-4°, et dont Wernsdorf a donné une nouvelle édition plus estimée, Altcmbourg, 1780-1799, 6 t. en 10 vol. in-8°. Mairault a fait une traduction de Calpurnius, qu'il publia sous ce titre : les Pastorales de Némésien et de Calpurnius traduites en françois, avec des remarques et un discours sur l'églogue, Bruxelles, 1744, in-8°. Cette traduction est estimée. Quelques auteurs portent à onze le nombre des églogues de Calpurnius. Ce poète a assez bien imite Théocrile et Virgile ; cependant il a su ne pas donner à ses bergers la grossièreté des mœurs de ceux de Théocrile ; il est quelquefois négligé et enflé, et inférieur a Virgile pour l'élégance et la pureté. Le peu que nous savons des circonstances de la vie de Calpurnius est tiré de ses églogues. lien a paru, en 1842, une traduction faisant partie d'un volume qui contient, avec la traduction en regard, les poésies de Sabinus, Gratius Faliscus, Némésien, Valérius Caton, Vestritius Spurinna, Lupercus Servastus, Arborius, Pentadius, Eucheria, et le Pervigilium Veneris. L'auteur de cette traduction élégante et fidèle est M. le professeur Cabaret Dupaty; elle forme le 1,r volume de la seconde série de la Bibliothèque latinefrançaise de Panckoucke. — Calplrmls Flacccs, rhéteur, que l'on croit avoir vécu sous Adrien et sous Antonin le Pieux, est auteur d'un recueil intitulé : Calpumii Flacci excerpla deeem rhelorum minorum Declamationes, que Pierre Pithou a publié en 1580. D— r— a.
CALUSO. Voyez Valperga.
CALVART (Demis), peintre, naquit à Anvers,
en 1563. On l'appelle en Italie Dents le Flamand. 11 vint très-jeune à Bologne; il n'était encore que pc inti e de paysages. Pour apprendre à dessiner la figure, il fréquenta l'école de Fontana et celle de Laurent Sabbatini, qu'il aida à Rome dans ses travaux au Vatican. Apres avoir dessiné quelque temps les peinture» de Raphaël, il revint à Bologne, et y ouvrit une école, dont il est sorti cent trente-sept maîtres, parmi lesquels il faut distinguer l'Allant!, le Guide et le Bominiquin. Denis savait colorer à la manière des Flamands ; aussi les Bolonais le regardaient-ils comme un des restaurateurs de leur école en cette partie de la peinture, qui, chez eux, avait déjà commencé à dégénérer. Il possédait la connaissance des deux perspectives, de l'anatomie et do l'architecture , comme on le voit dans un grand nombre de jtrlils tableaux sur cuivre, représentant des faits de l'Ancien Testament, et dont les religieuses de son icnqis avaient coulume de meubler leurs cellules. Au^tislin (.arrache et Sadelcr ont gravé une partie des ouvrages de Denis. On montre dans beaucoup de portefeuilles des dessins de ce maître, qui sont, pour la plupart, à l'encre de la Chine ou a la pierre noire. On lui a reproché une sorte de manière et d'affectation qui était sans excuse chez un homme de ce mérite. Ses ligures ont quelquefois des attitudes peu nobles et trop hardies. On attribue ce défaut au caractère de Calvart, qui était ardent et porté à la violence Lanzi dit qu'il instruisait ses disciples avec patience cl sagesse. Cependant on sait qu'il eut un jour la brutalité de frapper lo Dominiquin, parce que ce jeune artiste, alois son élève, copiait secrètement des estampes d'Augustin Carraehc. Les meilleurs tableaux de Calvart sont un St-Michel, ù Sic-Pétrone, et son Purgatoire, aile Gratie, à Bologne. Les Carracho ont avoué qu'ils y avalent puisé beaucoup d'iilées heureuses. Cet hommage sincère rendu par les Carrache e*t flatteur pour l'école flamande. Denis mourut a Bologne en 1019 Orctti rapporte l'inscription qui fut placée sur son tombeau, dans l'église des servîtes. A — D< CAL Y KL (l'abbé Ktibn.ne), mort dans un ùge très-avancé, vers 1850, se livra & divers genres de littérature, mais se tit surtout connaître comme agronome. Il débuta par un roman, ce qui n'annonçait jHis assurément les graves éludes auxquelles il devait se livrer plus lard : Bélite ou Itt deux Contint», Paris, 1709, 2 vol. in-12, tel est le titre de cet ouvrage entièrement oublié aujourd'hui. 11 publia ensuite V Encyclopédie littéraire, ou Dictionnaire d'éloquence et de poésie, Paris, 1777, 5 vol iu-8°. L'année suivante, il remporta lo prix d'éloquence au jugement de l'académie des Jeux floraux À Toulouse, pour V Eloge de Gui du Faur de l'ibrac, Paris, 1778, in-8*. Quelques années après il publia un Discourt à l'occation du prix de vertu que l'administration de Touloute fait distribuer chaque année aux pauvret tet plut industrieux et les plut sages, Toulouse, 1^7, iti-.s". Quant à ses ouvrages sur l'agriculture, princi|ialcmrnt sur la culture des arbres à fruit, ils «ont nombreux. Yoiei les litres des principaux : i»dcs Arbret à fruit pyramidaux, vulgairement appelés
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quenouilles, ou Ut manière' d'élever tout cetU farvu
tout Ut arbret à fruit, Paris, 1803, in- 1-2. 2° Trotte complet sur let pipinièret, etc., Paris, 1803; 2* édition augmentée d'un catalogue d'arbres, etc., Paris, 1805, 3 vol. in-12. 3° Contidérationt * ur le glanage, Paris, 1804, in-8°. 4° Manuel pratique det plantationt, etc., imprimé sous les auspices du ministère de l'intérieur, avec fig. Paris, 1801, in-12; nouvelle édition revue et corrigée avec soin, 1824, in-12. 5" ,Y«r '>•• historique sur la pépinière nationale de* Chartreux, au Luxembourg, Paris, 1804, in-12. 6° Du Melon et de ta culture sous châssis, sur couche et en pleine terre, Paris, 1805, in-12; 2* édition, 1810; 3e édition, 1828, in-12. 7° Mémoire tur l'Orme, tur sa diminution et sur Us moyens d'y remédier, 1807, in-8°. 8° Mémoire tur l'ajonc ou genêt épineux, Paris, 1808, in-8". 9" De la Uclteraee et de ta culture, hu is, 1811, in-8°. 10° Principes pratiques sur la plantation et sur la culture du chattelut et autres vignes précoces, Paris, 1811, in-8°. 11* Recherches et Expériences sur les moyens pratiques d'accélérer la fructification des arbres, Paris,
181 1, in-8". 12" Recherches et Expérienctt sur l'éducation et la cutlure du mûrier blanc, etc., Paris,
1812, in-8*. 13» iïepowe à la lettre de M. Rose, inférée dant U Moniteur du 25 décembre 1812, Paris,
1813, in- 8" de 12 p. L'abbé Catvel a été le principal rédacteur do ta rVuiJk ./.< cultivateur cl a eu |«rt à plusieurs journaux entre autres au Journal d'économie rurale. Pendant le séjour du.papc Pie Vil à Paris, en 1804, il eut l'honneur de présenter a Sa Sainteté ses différente ouvrages d'agriculture, et lui adressa en latin un discours dans lequel il prit particulièrement pour sujet d'éloge le zèle éclairé que le pontife apportait a encourager le premier et le plus précieux des arts. Il rappela que c'est dans les murs de Borne qu'ont élé composés les bons ouvrages d'agriculture dont les préceptes s'embellissent des vers immortels de Virgile, ouvrages que Varron, Palladius, Columclle, Pline l'ancien, ces bienfaiteurs de l'humanité, ont transmis à la reconnaissance des peuples. Pie VU accueillil fort bien cet hommage, qui sortait ainsi de la route ordinaire de cette sorte de compliments. D— a— n.
CALVEBT (George), plus connu sous le nom de comte 4e Baltimore, naquit en 1578 à Kyplin, dans le Yorkshire, d'une ancienne famille originaire de Flandre. Après avoir fait ses études dans l'université d'Oxford, et voyagé eu différentes contrées du continent, il devint secrétaire do lord Cecil, l'un des ministres de Jacques 1". Ses vertus et tes talents lui méritèrent la confiance de ce prince, qui le lit suecessi\ement chevalier, lord d'Irlande, sous le litre de ôaro» de Baltimore, et secrétaire d'État eu 1619. Au bout de cinq ans, il déclara ouvertement au monarque qu'il était pressé par sa conscience de faire profession de la religion catliolique, et lui remit les sceaux de sa place, qu'il avait tenus avec une intégrité et une capacité dignes de servir d'exemple. Jacques lui conserva sa confiance cl son rang au conseil privé. Après la mort de ce roi, il alla prendre possession des terres qu'il lui avait
concédé* dans l'Ile de Terre-Neuve, où H forma tuie plantation qui commençait h prospérer, lorsque de Lavade se présenta arec trois vaisseau* de ligne et des troupes de débarquement qui ravagèrent les pêcheries. Calvert amia deux vaisseaux a ses dépens, donna la citasse aux Français, et rétablit les pêcheries. Voyant cependant qu'il ne |>ourrait point garantir sa plantation des insultes de l'ennemi, il l'abandonna, et repassa en Angleterre. Charles V, qui avait pour lui les mêmes sentiments que son père , lui accorda, et à ses descendants, en toute propriété, au nord de la Virginie, un vaste terrain, auquel ce prince donna le nom de Mnryland, en l'Iionneur de la princesse Marie, sa fille. Baltimore se disposait à aller prendre possession de ce pays, et s'y mettre à l'abri de la sévérité des lois contre les catholiques, lorsqu'il termina sa carrière, le 15 avril 4652. Son fils partit d'Angleterre l'année suivante avec deux cents familles catholiques , qui furent bientôt après suivies d'un grand nombre d'autres, fuyant les lois pénales de leur pay^ natal contre leur religion. L'éducation que ces émigrés avaient re<;oc, le culte ponr lequel ils s'expatriaient, les soins vigilants de leur chef, prévinrent les désordres, qui ne sont que trop ordinaires dans les États naissants. I-a nouvelle colonie vit les sauvages, gagnés par la douceur et par les bienfaits, s'empresser de concourir h sa formation. Le spectacle de la paix et du bonheur dont elle jouissait y attira une foule d'hommes qu'on persécutait ailleurs, ou pour la même croyance ou pour d'autres. Elle devint, à la faveur d'une tolérance trés-étenduc , l'asile de toutes les séries indistinctement. Les descendants du fondateur de cette intéressante colonie furent destitués de leur propriété sous Cromwcll, réintégrés dans leurs droks sous Charles II, obligés, sous sou successeur, de soutenir un procès dispendieux avec la couronne; enfin, sons Guillaume 111, ils se virent sur le point d'être entièrement dépouillés; et ils ne trouvèrent d'antre moyen de conserver leur propriété qu'en renonçant a la foi catholique, pour entrer dansle sein de l'Église anglicane. Le changement du chef n'en apporta aucun dans la croyance des habitants. Les catholiques y forment encore aujourd'hui une pojralalion plus nombreuse que celle de toutes les autres religions,- la ville de Baltimore est même devenue, dans ces derniers temps, le centre de la catholicité de tons les Élals-L'nis, par l'érection d'un siège épiscopal en 1780. Eulin Pic \ II. en établissant quatre autres sièges éi>i*co|*ux dans les mêmes tftats , a donné a celui de Baltimore le titre et les droits de métropolitain. Le comte de Baltimore n'était pas seulement un homme d'État , plusieurs productions estimables attestent «pi'il était encore homme de lettres On connaît de lui : Carmen funèbre in D. Untoncm, 4390, in-4»; JLtMref tur le* affaires d'Elat; Discours prononcés ou parlement, pendant qu'il on était membre ; Relation du Mu y f, nui; Lamentations de l'Eglise, 1642. iii-4", en anglais, -etc. — J arques Cam eut, théologien non TOirfowiuata, 'natif d'York, élevé à Cambridge, mort en ItWfi, est auteur d'un ouvrage intitulé ; ÎYejfli- '
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thali, se* Cntiurintio theoiooka de redilu deeem tribuum, conrersione Judeeontm . et mens Bteehielis, Londres, 1672, in-4\— Thomas Calvert, oncle de Jacques, théologien comme lui, et également nonconformiste, naquit en 1600, fit ses études & Cambridge, devint chapelain de Burdett, et mourut en 107». Il a lawwé, sous le titre de Met eali, une explication du chapiue 55 d'Isaïe. On a encore de lui plusieurs ouvrages écrits en anglais. T— n.
CALVKT (Jean-Jaoqces), d'une famille d'ancienne noblesse, servait dans les gardes du corps de Louis XV4 au commencement de la révolution, dont il adopta les principes avec sagesse. Élu par le département de l'Ariége député à l'assemblée législative, on le vit coHsiantment attaquer les véritables ahus, se prononcer pour les améliorations utiles, mais en même temps combattre avec force les jacobins, et tous ceux qui voulaient à tout prix le renversement de la monarchie. Dès les premières séances, il fit décréter la formation de la garde soldée parisienne en deux bataillons de ligne, malgré l'opposition du côté gauche. Le 50 janvier 1702, il repoussa également, et des propositions tendant a erajiêchcr l'émigration, et un arrêté du département do Loir-et-Cher contre les prêtres insermentés. Le 26 avril, il s'éleva contre le crédit de 6 millions demandé par Lhimouriez, alors ministre des affaires étrangères, pour ses dépenses secrètes. Bientôt après, il réclama lu lecture des pièces contre le journaliste Carra, dénoncé par le ministre Montmorin. A la fin de mai, Calvet fut envoyé pendant trois jours à la prison de l'Abbaye, comme coupable d'invectives envers les députés qui avaient |«rlé de complots formés par la nouvelle garde du roi. Le 20 juin, il eut le courage de s'opposer à l'admission des insurgés du faubourg St-Antoine, dans la salle des séances. Devenu successivement membre du comité militaire et du comité de surveillance, il eut souvent occasion de prendre la parole, et ce fut toujours pour manifester des priuci]>es que les progrès de l'anarchie rendaient de plus en plus dangereux. Le 8 août, Calvet faillît être assassiné par la populace, pour avoir mis obstacle au décret d'accusation lancé contre Lafayettc. Il quitta l'assemblée aussitôt après la session, et, grâce h la profonde obscurité dans laquelle il vécut depuis ce moment, il put échapper aux proscriptions révolutionnaires. Calvet ne reparut sur la scène politique qu'en 1815, lorsque le département de l'Ariége le choisit pour député au corps législatif. En 1814, il fut désigné comme candidat pour la place de secrétaire rédacteur de la chambre des députés. Nommé les années suivantes par le même département, il continua de siéger au côté droit de la chambre, où il se fit peu remarquer, et vota presque toujours avec le ministère. Cependant, en 4810, il se rangea du côté des plus ardents défenseurs de la liberté de la presse. Calvet est mort en 1820. Cil— s.
CALVET ( E&patT-CLAtJM-FaAKÇUis ), mede— «in, naturaliste et antiquaire, naquit le 14 novembre 1728, à Avignon, d'une famille honorable. Après avoir temiiué ses éludes dans cette ville et *
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Lyon, sous les jésuites qui lui inspirèrent le goût des lettres, et qui voulurent en vain l'attirer dans leur société, il revint dans sa patrie, y suivit les cours de la faculté de médecine, et, s'étant fait recevoir docteur en 1745, fut agrégé peu de temps après à l'université, distinction qui s'obtenait plus difficilement que le doctorat. Désirant acquérir de nouvelles connaissances, il alla passer un an à l'école de Montpellier, et se rendit en 1750 a Paris, où il vécut plusieurs années dans la société des hommes les plus distingués par leur savoir (1). De retour dans sa patrie, il fut nommé professeur, et ouvrit un cours de physiologie qui fut très-fréquenté, en raison de l'intérêt qu'il sut lui donner, en l'accompagnant de leçons sur l'anatomie comparée. {Voy. Ctitier. ) Sans oublier les devoirs de son état , il cultivait l'histoire naturelle et l'archéologie, recueillant des plantes rares, des minéraux, des médailles, des antiques ; et, de celte manière, il parvint avec le temps à se foi-mer de précieuses collections. Une Dissertation sur les ulriculairet de Cavaillpn, qu'il soumit, en 1765, à l'académie des inscriptions, lui valut avec les éloges de cette compagnie le titre de son correspondant. D'autres académies s'empressèrent de l'associer à leurs travaux. Il aimait la peinture, et dans ses loisirs il s'amusait à manier le crayon et le pinceau ; mais il y renonça lorsqu'au titre de premier professeur de la faculté il joignit celui de médecin de deux hôpitaux. Sa réputation d'habile praticien le faisait fréquemment appeler en consulta» tion, même dans le Languedoc et le Dauphiné. Toutes ses excursions tournaient au profil de son cabinet ; et il ne faisait pas un voyage sans rapporter des bronzes, des ligurines ou quelques médailles récemment découvertes. Au moment où la révolution éclata d'une manière si sanglante dans Avignon (2), Calvet était éloigné de sa patrie, et il se rendit ensuite à Agde, où il attendit que les troubles fussent apaisés. Son attachement à l'ancien ordre de choses était trop connu pour qu'il pût échapper aux proscriptions de la terreur. Il fut jeté dans une prison en 1792, avec six cents de ses compatriotes ; et s'il conserva la vie, s'il recouvra sa liberté avant le 9 thermidor, ce ne fut que parce qu'une maladie contagieuse s'étant déclarée dans les hôpitaux militaires d'Avignon, il fut jugé seul capable d'en arrêter les progréa. On employa utilement ses talents ; mais il acheva de ruiner sa santé, et dés l'année
(4) On peal fitor parmi les" amis de Calvet : Astrne, Pelil, Capperonnier, le* abbés Barthélémy, Poulie, b Bletierir, etc. Réglé dans ses mœurs, il n'avait d'aairc amusement que de passer ses soirées dans des ventes de livres, d'objets d'antiquité et d'histoire naturelle. A— T.
(!) C'esla Tonlon que Calvet vil les premières étincelles de la révolution de 47S». Il ernt y échapper en revenant a Avignon ; mais l'inrendie l'y avait devancé. Toutefois il put y vivre tranquille jusqu'à ce que l'expulsion du légal et les meurtres de juin 47» l'obligeassent a (air a Marseille. Errant de village en village, U se trouvait a Agde pendant les massacres de la Claciére, et il ne revint a Avignon qu'a b Hn de 4791. llaus le tableau qu'il a bit Inl-memc de sa vie aventureuse a celle époque, Il a confondu le» les événements, les lieu», et commis des anachronisme*.
•oit que sa santé délabrée ou b frayeur eût alors brouille ses Wees MU que plus tard sa mémoire se fut affaiblie. A-t.
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1797 il hit forcé de renoncer à visiter les Calvet fit, en 1800, hommage au cabinet royal des antiques d'un marbre récemment découvert à Avignon, portant une inscription en six vers élégiaques (1 ) , et de la tessère de bronze, décrite dans sa Disser talion sur les utriculaires. L'âge et les infirmités l'ayant affaibli sensiblement, il se démit de ses fonctions, et vécut dés lors au milieu de ses livres et de ses collections, n'admettant chez lui que ses anciens amis ou les étrangers attirés par sa réputation; encore n'était-il pas toujours accessible pour ces derniers. M il lin, qui visita son cabinet en 1805, aurait bien désiré prendre une notice des objets les plus intéressants; mais il n'osa pas en demander la permission à Calvet, persuadé qu'elle lui serait refusée; d'ailleurs il n'eut qu'à se louer de son gracieux accueil. (Voyage dans les département* du Midi, t. 2. p. 169.) Calvet mourut le 25 juillet 1810, â 82 ans, et non pas en 1806, comme l'a dit la Biographie des contemporains, qui l'a confondu avec un de ses neveux. (Voy. la fin de cet article.) Par son u-stament olographe (2), il légua toutes ses collections à sa ville natale |>our en faire jouir le public. C'est leur réunion qui compose le mutée Calvet. La partie la plus précieuse est celle des antiques. Le médailler, riche de plus de 12,000 pièces très-bien conservées, est, après celui de la bibliothèque royale, le plus nombreux qu'il y ail en France. Calvet eut beaucoup d'amis ; sa correspondance avec l'abbé Barthélémy, Caylus, Saint-Vincens, Millin, etc., forme 16 vol. in-4». C'est sans son aveu que ses lettres à Caylus ont été publiées en 1802 à Paris dans un Recueil de lettres inédites de Henri IV et de plusieurs personnages célèbres. La traduction.de Florus par l'abbé Paul est dédiée à Calvet. Indépendamment de thèses et de dissertations médicales (en latin), Avignon, 1761-62, in-4% on lui doit: 1» Dissertation sur un monument singulier des ulriculairet de Cavaillon, où l'on éclaircit uu point important de la navigation des anciens, ibid., 1766, in-8°. George-Henri Martini, recteur du collège St-Nicolas à Leipsick, en a donné
(4) Ce marbre est déeril dans le Magatin ncgrltfidiqt, ann.
1800, t. 31, p. 537. Calvet en a bissé noe description plus détaillée dans son Spicilegi*m innrift. antiq.
(i) Ce testament imprime en UI7, in-*0 de 40 p., est un monument de sa piété, de sa bienfaisance, de sa nodeslie. de sa reconnaissance pour sa patrie et de l'originalité de son caractère. Pour subvenir a l'entreiien, a l'accroissement de sa bibliothèque et de soo musée, ainsi qu'aux traitements des fonctionnaires chartes de leur conservation, Calvet donne 4 la ville qui l'a vn naître tons set biens-fonds, renies et capitaux. Il lègue a l'èf lise cathédrale un basrelief en argent et un Christ en ivoire; au vieillard le plus Igé d'Avignon, une rente perpetoelle de M fr. par mois ; au paysan qui aura le pins d'enfants vlvanu, une rente de SOO fr. par an ; une de 240 fr. au jardin botanique d'Avignon t 400 fr. pour on prix annuel de desslu. Il demande que ses funérailles aient lien sans cérémonie, sans cercueil, et a être porté dans un sac par quatre pauvres cultivateurs. Comme Calvet avait témoigné de b répugnance 4 être enterré dans le cimetière prés du Rhône, 4 cause des inondations fréquentes du fleuve et des maladies que ce voisinage peut oerastoner, son corps a été inhumé sur le roeber qui domine Avignon ; et, malgré sa défense expresse, on n'a pas cru pouvoir se dispenser d'y faire graver nue inscription qui rappelle en termes simple* et
pauvres et de sa pairie. k^***"' 4 ta rec0Blu'^J^*
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une traduction latine, imprimée en 1787, dans le recueil intitulé : Antiquorum monumentorum Syllogt , mais cette traduction manque d'exactitude. Calvet avait préparé une 2* édition très-augmen» tée de son ouvrage. 2° Mémoire sur deux inscriptiont grecques dans le genre erotique { dans le Magasin eneyelop., 1802, t. 1, p. 154). 5° Deux Lettres à M. de la Tourelte $ur la jambe du cheval de bronze trouvée dans la Saône en 1766; elles ont été insérées dans les Archives du Rhône, t. 4, p. 486- 490. On conserve dans son musée 6 vol. in-fol. contenant tous ses ouvrages sur la médecine (1), l'histoire naturelle , la philosophie, les antiquités et la numismatique. Millin avait distingué dans ce recueil le Spicilegium Jnscriptionum antiquarum, et il aurait désiré que le gouvernement fit les frais de sa publication. On peut consulter pour des détails la Vie d'Esprit Calvet, publiée par le docteur Guérin, conservateur de son musée, Avignon, 1825, in-18. C'est un abrégé de celle que Calvet, dans les dernières années de sa vie, avait rédigée lui-même , à la demande de ses amis. Calvet n'avait pas été marié. Parmi ses collatéraux nous ne citerons qùe deux de ses neveux : l'abbé Calvet, bibliothécaire d'Avignon, mort vers 1824, et principalement distingué par sa connaissance des titres généalogiques et nobiliaires, et par une Histoire de la république d'Avignon, insérée dans les mémoires de l'Athénée de Vaucluse. L'autre, jeune médecin de grande espérance, né à Avignon vers 1775, vint de bonne heure à Paris, y étudia sous les plus célèbres professeurs, et fut secrétaire de la société médicale d'émulation, membre de la société de médecine clinique, d'instruction médicale, de la société galvanique, de la société académique. Il s'était fait connaître par plusieurs ouvrages, entre autres par un Traité des maladies vtrmineuses, traduit de l'italien de L. Brera et augmenté de notes, Paris, 1804, in-8", composé par Bartholi et reproduit sous le titre de Manuel théorique et pratique des maladie* vermineuses , ibid., 1805, in-8o. Il se disposait à revenir dans sa patrie pour s'y marier, lorsqu'il n janvier 1806. Calvet joignait à des quasolides des connaissances positives, le caractère le plus aimable et le talent de la poésie. Il était correspondant des sociétés de médecine de Montpellier, d'Avignon, etc. A— t et W— s.
CALVl (Lazare), peintre, né à Gènes en 1502, fils d'Augustin Calvi, qui fut le premier dans cette ville à substituer les fonds peintstaux fonds d'or , étudia l'art sous son père, jusqu'à ce qu'il eût vu la belle manière de Périndel Vaga, dont il voulut être élève, quoique déjà âgé de vingt-cinq ans. Périn del Vaga s'attacha tellement à Lazare, qu'il lui dessinait les cartons de ses ouvrages et l'encourageait à accepter les commissions les plus difficiles. Lazare, de concert avec son frère Pantaléon, orna de belles fresques le palais d'Antoine Doria, la façade d'une
(I) « CaWet n'a Jamais en grande confiante aox remèdes, qu'il < redoute, ni aux médecins, qu'il respecte ; et il conseille fortement «tli postérité, d'après son exemple, de recourir plutôt a la nature « qu'a l'art. > [Y»t. sa Vie, ». »J
maison sur la place Pinelli, et deux salles du palais
de Grimaldi, près de l'église de St-François. Sa réputation s'étant répandue en Italie, il fut appelé successivement à Monaco et à Naples. Il obtint dans cette dernière ville la permission d'ajouter une tète de More à ses armes. Au milieu de ses succès, cet artiste montrait un caractère ambitieux et porté à l'envie. Il aurait voulu être le premier de sa profession. Il entendait avec douleur les éloges qu'on pouvait donner aux autres maîtres. Cette dangereuse et cruelle maladie le porta à empoisonner un jeune artiste nommé Jacques Bargone, dont il était jaloux. Bientôt Calvi, s'étant vu préférer le Bergamasque et Luc Cambiaso pour des ouvrages qu'ordonnait le prince Doria, abandonna la peinture, et s'appliqua d'abord à la nautique, ensuite à l'escrime : il réussit particulièrement dans cet exercice, et prit alors l'habitude de porter sous son vêtement une jaque de mailles. Cette précaution singulière lui fut utile un jour qu'un assassin lui donna un coup de stylet. Lazare continua de négliger la peinture pendant vingt ans ; mais, irréfléchi et bizarre , il se livra de nouveau à l'élude de cet art, et continua de peindre jusqu'à quatre-vingt-ciuq ans, toujours avec une certaine sécheresse. Il ne fit plus ensuite rien autre chose de mémorable que de vivre jusqu'à 105 ans. Son frère Pantaléon était mort en 1595, en laissant quatre enfants, qui furent aussi pciutres comme leur père et leur oncle. L'alné , Marc-Antoine, s'éleva seul jusqu'à la médiocrité. Il excella dans l'art de connaître la main des meilleurs maîtres, art difficile, et pour lequel on ne fait pas assez d'études. Le second, Aurile, devint un poète assez distingué. Les deux derniers, Benoit et Félix, tombèrent dans un état d'infirmité, qui les fit renoncer à la peinture. A — n.
CALVI ( Don at ), vicaire général de la congrégation de Lombard ie de l'ordre de St- Augustin, né à Bergame, a publié un ouvrage rare et curieux, intitulé : Scena letleraria de gli scriltori Bergamaschi, Bergame, 1664, in-4», divisé en 2 parties, dont la 1" renferme la notice d'environ trois cents littérateurs de Bergame, avec soixante-trois portraits. La 2« partie, consacrée à l'académie degli Excitati, donne la notice de trente-sept académiciens, avec sept portraits. ( Voy. la Biblothèque curieuse de David Clément.) — Maximilùn Calvi , auteur italien du 16* siècle, a publié un traité de la lier montra, y delAmor, imprimé à Milan, 1576. — Jean Calvi, né à Crémone, médecin de l'hôpital de Florence, et professeur de médecine à Pisc dans le 1 8* siècle, a donné en latin : 1° de l'État actuel de la médecine en Toscane, Florence, 1748, fort estimé; 2* en italien, Ultre sur l'efficacité du sublimé corrosif dans te traitement des maladies vénériennes. Crémone, 1762. etc. (1). C. M. P.
CALVIÈRE (Chaules-François, marquis de), naquit à Avignon, le 22 avril 1695. Il fut reçu page
(I) M. Qaérard, Simon Calvi, né a cew», Intitn de (769 attribue »
la France UtUraire, indiqne Pkilippen Atuois, auteur d'un poème en 4 di$- 1757, in-««, et qne la France Mtéreiru