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Selques réfugiés français, et surtout par Germain lladon, jurisconsulte très-éclairé qu'il avait autrefois connu à Bourges. Il chercha aussi à faire fleurir les bonnes études à Genève, et c'est à lui qu'est dû l'établissement de cette académie si heureusement dirigée par son ami Théodore de Bèze. ( Voy. BfctE. ) Pour mieux répandre sa doctrine en France, soit par la lecture des livres, soit par la prédication et renseignement des ministres qu'il y envoyait, il n'avait pas seulement besoin d'excellentes écoles pour y former de nombreux disciples, il fallait encore qu'il eût à sa disposition un grand nombre de presses et de libraires. Il encouragea beaucoup de réfugiés français qui avaient besoin, pour vivre, de se livrer à quelque industrie, à embrasser la profession de libraire ou d'imprimeur. Genève, en devenant la métropole du culte réformé, devint ainsi le centre d'un commerce immense de librairie, et l'un des lieux de toute l'Europe où l'enseignement des lettres et des sciences eut le plus de succès. En lisant le détail de tout ce qu'a fait Calvin pendant son séjour à Genève, on ne peut comprendre comment il put suffire à tant de travaux. II prêchait presque tous les jours, donnait trois leçons de théologie par semaine, assistait à toutes les délibérations du consistoire, à toutes les assemblées de la compagnie des pasteurs, était l'âme de tous les conseils. Consulté presque aussi souvent comme jurisconsulte que comme théologien, il répondait également à tous. 11 contenait ou apaisait les troubles inséparables d'un
rvernement naissant, et trouvait encore le temps suivre des négociations politiques au nom de la république de Genève. Tant d'occupations ne ralentirent jamais ta correspondance qu'il entretenait dans toute l'Europe, et principalement en France, où il ne cessa de travailler, par toutes sortes de moyens, à étendre les progrès de la réforme. Il n'en publiait |»as moins chaque année des ouvrages pour l'intérêt de son |>arti, ou pour la défense de ses opinions, et ces livres de controverse ou de circonstance ne forment pourtant que la moindre partie de ses écrits. Les plus considérables de tous sont ses commentaires sur l'Ecriture sainte. Il les publia successivement par parties séparées, mais presque toujours en latin et en français tout à la fois. Outre ses sermons imprimés, qui sont en très-grand nombre, la bibliothèque de Genève en possède 2,025 en manuscrit. On y guide aussi plusieurs traités de théologie qui ne sont |>as imprimés, D'autres sont conservés même dans la bibliothèque de Berne. Ce sont, à ce qu'il parait, des copies faites par quelquesuns de ses écoliers, qui écrivaient tout ce «pie Calvin prononçait à l'église ou dans son auditoire de théologie. Quoique l'Eglise de Genève eût adopté, presque aussitôt après le retour de Calvin, une discipline particulière et une autre liturgie que celle des Églises luthériennes, et qu'elle en differ.it sur plusieurs jwints essentiels de doctrine, ce ne fut cepemlant que fort tard qu'on regarda les protestants de Genève et ceux de France qui leur étaient unis, comme formant une strie distincte de celle de Luther. Ils sont nommés luthérien* dans presque tous
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les édita de François I*r et de Henri II, et même dans Tédit d'Ecouen, en 1559. Calvin était bien considéré par ses sectateurs comme chef d'un nouveau parti; mais ils ne parurent séparés formellement de ceux de Luther qu'après le colloque de Poissy, en 1561. Calvin n'assista point à celte conférence so-' lennelle; maison voit por sa correspondance arec Bèze, et avec quelques autres députés des réformes de France, que rien ne fut fait ni accordé de leur part (pie d'après les instructions et la volonté expresse de Calvin. Le cardinal de Lorraine ayant demandé aux représentants des Églises réformées s'ils adoptaient la confession d'Augsbourg. rédigée, comme on sait, , en 1330, au nom des luthériens, Bèze et les autres députés, pressés par cette interpellation, qu'ils ne purent éluder, rejetèrent expressément l'art. 10, qui est relatif à la cène. La crainte de s'affaiblir, en cessant de faire cause commune avec les protestants d'Allemagne leur fit d'abord ajouter qu'ils étaient prêts à signer tout le reste ; mais ils se montrèrent ensuite, sur d'autres articles, si éloignés de la doctrine des luthériens, qu'à dater de celte époque ils ne sont plus confondus avec eux* et forment une secte absolument distincte, sous le nom de ra/efni$tes. Calvin, après avoir ainsi de son vivant donné son nom à un nouveau parti de la réforme, mourut à Genève le 27 mat 1564. 11 n'avait pas encore SX ans; il était d'une constitution très-faible, et avait été tourmenté pendant toute sa vie par diverses ma* ladies. La migraine et la fièvre quarte étaient pour lui des maux habituels. 11 fut sujet aussi à de fréquents accès de goutte* et, quelque temps avant sa mort, des douleurs atroces de gravelle s'étaient jointes à tant de maux. Il avait épousé a Strasbourg, en 1539, une veuve nommée Id dette de: Bures; il en eut un fils qui moorut jeune : il n'eut jamais d'autres enfants. Il perdit sa femme en 1549, et ne se remaria pas. L'année suivante, dans sou traité de Scandalis, parlant du reproche adressé avec asset de justice aux principaux personnages de la réforme, il disait que ce n'était pas à lui qu'on pouvait imputer d'avoir fait la guerre contre Home, comme les Grecs celle de Troie, pour l'amour des femmes : Fingunt not tnuHerum causa quati bttlnm Trojanum inomete; me sait cm ab hhe probo immunem eue concédant neeetn e*t. Erasme avait remarqué très-plaisamment que cette grande pièce de la reforme se dénouait par des mariage comme les comédies, et aboutissait le plus souvent à défroquer des moines et à leur faire épouser de* religieuses. Bien de tel ne fut applicable I Calvin, qui jamais n'avait été engagé dans les ordres ni Hé par aucun vo?u religieux. Libre, il épousa une femme libre comme lui , et ne songea point, quand il l'eut perdue, à former un autre mariage. Il fut sobre et austère dans ses mœurs, mais d'une humeur triste et iullexible. Il ne connut jamais les douceurs de l'amitié, et n'eut d'autre passion que le besoin de dominer et de faire triompher ses opinions, il y a peu d'exemples d'nn desmtéreasetnent égal au sien. Son traitement annuel était de 150 francs en argent, quinze quintaux de blé et
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