‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 72 sur 97 · CAL 4M · texte numérisé non relu

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deux tonneaux de vin, et jamais il ne reçut rien au delà. La valeur entière de sa succession, en livres, meubles, argent, etc., n'excéda pas 125 écus, d'après l'inventaire fait après sa mort ( Bist. Un. ds Genève, t. 1", p. 833). 11 sollicita plus d'une lois pour les autres, et son crédit auprès des princes d'Allemagne procura des secours d'argent aux réforme'» de France, aux Vaudois du Piémont, aux malheureux échappés des massacres de Cabrières et Merindol ; mais jamais il ne demanda ni n'accepta rien pour lui ou pour sa famille. Son frère, qu'il avait attiré à Génère, y gagnait sa vie en faisant le métier de relieur. Calvin n'eut jamais, dans l'église de Genève, d'autre litre que celui de pasteur, et ne fut admis à la bourgeoisie qu'après un assez grand nombre d'années de séjour. Son caractère était impatient et ennemi de toute contradiction. «Je n'ai pas, écrivait- « il à Bucer, de plus grands combats contre mes «* vices qui sont grands et nombreux, que ceux que « j'ai contre mon impatient*. Je n'ai pu vaincre en- « core celle bète féroce, » Aussi le ton de ses écrits ]>ulemiuues est-il presque toujours dur et insultant ; partout s'y montre un dédain amer contre ses adversaires, et bien souvent le titre seul est une grossière injure (4). 11 cherche en vain à cacher le sentiment qu'il a de sa supériorité. Son orgueil, habituellement contenu, s'écliappe de temps en temps comme par force, et lui faire écrire sur lui-même des choses qui n'ont pas de mesure. Comme Ui«ologien, Calvin fut au premier rang des hommes de son siècle par ses profondes conitaissances, par sa sagacité, et comme il s'en vantail, par l'art de presser un argument. Comme écrivain, il mérite de grands éloges. Ses ouvrages latins sont écrits avec beaucoup de méthode, de noblesse et de correction. Plusieurs de ceux qu'il publia en français ont précédé de sept ou huit aux les premières traduction* d'Amyot: il n'est donc pas étonnant qu'on les trouve bien inférieurs. Calvin fut aussi un grand jurisconsulte et un politique très-habile. Nos meilleurs publicistes ont vanté les ordonnances ecclésiastiques et les édita civils de Genève ; mais ce n'est pas a toux ces titres qu'il doit sa plus grande célébrité : il est surtout connu comme chef d'un parti de la réforme. Ses décisions seules sur des points de doctrine n'auraient peut-être pas suffi pour en faire le chef d'une secte disUncte, sans la liardiessc avec laquelle il rejeta dans la pratique toute espèce de cérémonies. Les luthériens avaient retenu celles qui n'étaient pas formellement en opposition avec leurs nouveafix dogmes ; mais Calvin les proscrivit toutes comme une idolâtrie. Son culte, nu et dépouillé, parut, aux yeux de plusieurs, avoir élevé la religion au-dessus du vulgaire, en lui étant tout ce qui n'a pour objet que de frapper les sens. Ce motif lui concilia un grand nombre d'hommes d'un esprit distingué, tandis qu'une portion considérable des gens du peuple, entraînée par l'amour des nouveautés et par l'esprit de parU, trouva

(I) En toki qMhjnes ewmpfcw : RèfornuUtom pour impeter si- ItMt a u cariai* béiUrt, iSBS ; Contre /a teele f<t*aitq*t et fvwue 4(4 littrUM Q»i it dutnt spirilut^ 1X44,

précisément dans cette absence de toute cérémonie le moyen le plus commode de marquer sa séparation d'avec le parti opposé. Il était en effet bien plus aise d'appeler idolâtres ceux qui vont à fa messe ou qui placent des images dans leurs temples, que do disputer avec eux sur la foi justifiante ou sur la présence réelle. Ainsi Calvin rendit l'hérésie plus facile et plus populaire que son prédécesseur. Ou a souvent com|taré Luther et Calvin ; nous nous contenterons de rappeler ici les principaux traits du parallèle que Bossuel a fait de ces deux I lommes : « Luther eut quelque chose de plus original et de « plus vif; Calvin, inférieur par le génie, sem- « ble l'emporter par l'étude. Luther triomphait de « vive voix ; mais la plume de Calvin était plus cor- « recte ; son style plus triste est plus suivi et plus « châtié. Ils excellaient tous deux à parler la langue « de leur pays; ils étaient l'un et l'autre d'une véhé- « menée extraordinaire. Luther, «'abandonnant à son « humeur impeiiu u se sans jamais se modérer, se « louait lui-même comme un emporté ; les louanges « que se donnait Calvin sortaient du fond de son « cœur, malgré les fais de modération qu'il s'était « prescrites... Le génie de Calvin eût été moins pro- « pre que celui de Luther à échauffer les esprits et u émouvoir les peuples; mais après les mouvements « excités, il a pu s'élever au-dessus de lui. • On a vu en effet, par tout ce que nous avoua rapporté, comment Calvin, en suivant une autre roule, raarebant constamment à son but sans être détourné par aucun événement ni par aucun obstacle, surmontant toutes les difficultés par la persévérance et par le travail, parvint à des résultats semblable* a ceux qu'avait obtenus Luther, et s'est fait un nom égal au sien. La liste de ses ouvrages, dont nous avons fait connaître les plus importants, et de leurs diverses éditions, occuperait ici trop de place. On peut, sur ce point, consulter {'Histoire littéraire de Genève, t. V p. 248 et suivantes. Calvin fut souvent obligé, en les publiant, de prendre un autre nom que le sien, et ses adversaires lui ont amèrement reproclié ces déguisements : ces pseudonymes sont depuis longtemps connus et rectifiés. La meilleure édition du recueil complet de ses œuvres est celle d'Amsterdam 166T, et ann. suiv., 9 vol. in-fol. On y trouve, dans le t. 8, un grand nombre de lettres de Calvin, qui sont utiles à consulter pour l'histoire de sa vie, et quelquefois pour celle de son temps. Il en a été public séparément plusieurs recueils, soit français, soit latins. On voit à la bibliothèque de Genève une collection considérable de lettres originales qui n'ont pas été imprimées. La bibliothèque royale ( n«» 8585 et 8580 ) et la plupart des grandes bibliothèques en possèdent aussi. La vie de Calvin fut publiée en français, en 1564, par Théodore de Bèze, qui la traduisit en latin, et y lit plusieurs additions l'année suivante. Cet ouvrage manque absolument d'impartialité, et n'est pas exact même dans les faits indifférents, lorsqu'ils sont antérieurs à l'époque où Bèie lit connaissance avec Calvin, en 1549. Une toute d'antres écrivains ont depuis ce temps parlé avec beaucoup d'étendue de la vie, des ouvrages

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et de la doctrine de Calvin ; mais il y en a bien peu qui dans leurs jugements, ou même dans le simple récit, se soient montrés exempts de faveur ou de haine. L'éloge de Calvin, imprimé parmi les Êloge$ et sous le nom de Papire Masson, n'est pas de cet auteur, mais de Jacques Gillot, conseiller-clerc au parlement (ii. B— e p.

CALVINO (Joseph-Marc), poète sicilien, naquit en 1785, à Trapani, d'une famille riche, et se livra des l'enfance à l'étude des belles-lettres , particulièrement à celle de la poésie. Plein de vivacité et de verve, il s'annonça d'abord par quelques morceaux de peu d'importance et qui furent bientôt oublie*. Plus tard, en 1825, il publia un poème plus digne d'être remarqué et qui annonçait un véritable talent sous ce titre : Indtulria Trapane$e, dans lequel il montra de la finesse et du goût. En 1826, il donna encore deux volumes de poésies légères qui furent également bien accueillis; et enfin, l'année suivante , une traduction en patois sicilien de la Balracliomyomachie d'Homère, qui eut beaucoup de succès parmi les compatriotes de l'auteur, mais qui essuya cependant quelques critiques. Calvino composa aussi, à l'imitation de Delille et du Dante, un poème intitulé Dio nella natura , qui est trèsestimé. Il mourut a la fleur de l'âge, membre des académies de Trapani , de Rome , etc. , le 22 avril 1835, au moment où il allait achever un poème hérof-comique intitulé tternardo Capeee , et une version des Odes d'Anacréon ; il avait aussi l'intention de revoir le dictionnaire sicilien de Pasqualino. On a encore de Calvino plusieurs compositions dramatiques : Ifigenia in Aulide , opéra publié en 1819, et une comédie, il Calsolajo d'Aleuandria délia Paglia, dans laquelle, a l' uni talion de Goldoni , il s'est soumis strictement aux régies des grands maîtres , évitant surtout les écarts du genre romantique. G— (i— Y.

CALVISIUS SABINUS (Caius), consul avec Cn. Cornélius Lentulus Geticulus, l'an 777 après la fondation de Rome, fut, l'an 783, déféré au sénat comme coupable de lèse-majesté. Les témoignages à son égard étant favorables, il fut renvoyé absous. ( Voy. Tacite, Annal. , 6 , 9. ) — Calvisics Sabikus , client de Junia Silana , joua avec lturius un

(I) On a sor Calvin une t>io«rai>h>e par M. C ni tôt, dans le Mutée 4e* Protestant* ctttort* ; une Histoire 4e la rie, de* outrage* et de* doctrine* de Calrin, par M. Audïn, Paris, ISAi, in-H. — On penl consulter enrore sur te réformateur X'HMnrt de ftloquence politique et religieuse en France, H\ 18*. IS", U* el \!f levons ilu cours professe a la faculté des lettre* de Pans par M. Geruici, su|>pleant de M. Villemain. Calvin, dan» ces leçons remarquables, est appreei* avec une haute Impartialité, cl omis Mère sous des rapports qui jusqu'alors avalent entièrement échappe a U critique. Nous citerons encore une notice sur la vie et les travaux de Calvin par Bretscbelder. traduite de l'allemand par G. de FéHce sous ce litre : Calrin et rÊqli*e de Centre , Genève et Paris, I8U, In 8", et un H/mcuetur rttaHiuement de ta rt (arme à Centre, In cn «854 par M. Mignet à l'académie des sciences morales el politiques. Des nombreux ouvrages du réformateur de Genève, on n'a réimprime, depuis le commencement du iV siècle, que le Traite de* relique* insère par 5». Collin de Plancy dans son Dictionnaire critique de* r clique*. et VlnUUutum de la religion chrétienne, traduction de Ch. Icard, pasieur, imprimée h Brème ea 1715, réimprimée, * Genève el Paris, IMI, S «et ln-f\ D — n— ».

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rôle dans le complot tramé par celle-ci pour perdre Agrippine auprès de INéron (an 808 de Rome; de J.-C, 55). Tous deux lui imputèrent le dessein d'élever à l'empire Rubelliug Plautus, qui, par Julie, sa mère, fille de Drusus, comptait, aussi bien que Néron, Auguste pour trisaïeul, et de remonter ellemême sur le trône en l'épousant. Agrippine étant parvenue à se justifier, Iturius et Calvisius furent déportés. Après la mort d'Agrippine, ils furent rappelés. On peut croire que c'est ce Calvisius dont Sénèque parle dans sa 27' lettre comme d'un homme riche et bizarre. « Nous avons connu, dit-il, le riche « Calvisius Sabinus. Avec les biens d'un affranchi, « il en avait le caractère. Je n'ai pas vu d'homme et en qui la fortune eût plus mauvaise grâce. Sa roé- « moire était infidèle, au point d'oublier les noms « d'Ulysse, d'Achille et de Priam, d'autres noms « aussi familiers pour lui, que pour nous ceux de « nos pédagogues. Ces vieux nomenclateurs, qui « font les noms au lieu de les dire, n'ont jamais « estropié ceux des passants, comme Sabinus ceux « des Troyens et des Grecs , et cependant il avait « la manie de faire le savant. Il acheta à grands « frais deux esclaves , pour retenir par cœur, l'un « Homère et l'autre Hésiode. Les poètes lyriques « étaient autant de départements assignés à neuf « autres esclaves. J'ai dit qu'il les avait payés fort « cher : rien de plus simple; il ne les avait pas « trouvés tout faits , il les avait commandés. Avec « cette recrue il se mettait à harceler les convives, a Voulait-il citer un vers? il se trouvait à ses pieds « à qui le demander. Mais le malheur, c'est qu'au mi- « lieu de la citation souvent la mémoire lui manquait. « Salellus Quadratus, un de ces hommes qui vivaient a aux dépens des riches imbéciles qui les applaudis- « sent cn se moquant d'eux, lui conseilla d'acheter « encore des esclaves pour ramasser les miettes de « sa mémoire. Un jour Calvisius disait que ces « esclaves lui revenaient chacun à 100,000 sester- « ces. — Les manuscrits vous auraient moins coûté, « répondit le parasite. — Néanmoins noire riclie a croyait de bonne foi savoir tout ce que savaient a ses esclaves. 11 était maigre, pâle, infirme. Satel- ■ lius lui conseilla de s'exercer à la lutte. — Et le c moyen ! à peine ai-je la force de vivre. — Ne « dites pas cela, répliqua le parasite ; regardez cette « foule d'esclaves bien portants qui sont â vous. ■ — C'est à tort que quelques auteurs ont confondu ce Calvisius avec un autre Calvisics Sabincs, lieutenant de T. yfnnius, général d'armée. La femme de ce Calvisius tint la conduite la plus déshonorante. Elle eut la coupable curiosité de visiter l'intérieur d'un camp ; elle y pénétra de nuit en habit de soldat; après avoir monté la garde et fait les autres fonctions militaires avec la même impudence , elle se prostitua dans l'enceinte même des aigles, et T. Vinnius fut accusé d'être son complice dans celte infamie. (Tacite, Histoire, liv. 1". ) Ceci se passait l'an 825, sous le règne d'Othon. — Caics Calvisius |Tullils, consul avec A. Cornélius Palma, l'an 882 après la fondation de Rome. 11 vi-

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wit nus le règne de Trajan et était contemporain de Pline le jeune, qui lui adresse plusieurs de ses lettres et qui l'appelle son contubernalit. Il était aïeul maternel de Marc-Aurèle. — Calvisius Nepos était le fils de la sœur du précédent. C'était un jurisconsulte et un orateur. Pline le vante et le propose pour le tribunat ( Epist. 4, 4 ). D — h— r.

CALVLNUS (Jean), dont le vrai nom était Kahl, professeur à Heidelberg, a fait un Lexicon juridicum utile et estimé. II comprend toutes les parties de la jurisprudence, dont il donne des définitions très-claires et très-exactes. La 1r* édition est de Francfort, 1600, in-4°. Il y en a eu un grand nombre dans la suite. Les meilleures sont celles de Genève, 1750, 1754, 1759, 2 vol. in-fol. On doit aussi au même auteur : Themis Hebrœo-Romana, seu Jurisprudentia motaica et Romana , Hanau, 1593, in-8«, et quelques autres ouvrages de jurisprudence. B î

CALVISIUS (Seth), astronome, astrologue, musicien et poète saxon, né à Groschleben en Thuringe, le 21 février 1556, était fils d'un simple paysan. La musique, qu'il apprit de bonne heure, lui procura des ressources dont il profita pour aller étudier à Helmstaedt. Il se rendit bientôt fort habile dans les langues , dans la chronologie et l'astronomie. Il fut directeur des écoles de musique à Pforte et à Leipsick, et mourut dans cette dernière ville, le 25 novembre 1617, après avoir refusé la chaire de mathématiques qu'on lui offrait à Francfort et à Wittemberg. Il se laissa entraîner aux visions de l'astrologie, et crut lire dans le ciel qu'il était menacé d'un grand malheur un certain jour de l'an 1602. Troublé peut-être par l'excès même des précautions qu'il prit ce jour-là, il fit une chute, et se cassa une jambe , dont il demeura boiteux le reste de sa vie. C'est probablement à son goût pour l'astrologie qu'il dut la place qui lui fut donnée dans YIndex librontm prohibilorum de 1667, in-fol. Ses principaux ouvrages sont : 1* Optu chronologicum ex auctorilale potissimum tanet. Scriptura et historieorum fide dignissimorum, ad motum luminarium cœleslium Umpora et annoi distinguenlium..., Leipsick, 1605, in-4«; ibid., Francfort, 1685. On n'avait point encore fait de traité de chronologie aussi savant, et où cette science fût appuyée sur le calcul des éclipses. Calvisius suit à peu près les principes de Scaligcr. Sa chronologie est aussi utile pour l'histoire d'Allemagne que pour l'histoire ancienne. L'édition de 1650 et celle de 1685 sont préférables à celles qui les avaient précédées. 2° Elenchus calendarii Gregoriani et duplex calendarii mêlions formula, Francfort, 1612, in-4». 5» Formula calendarii novi, ealendario Grtgoriano expeditior, melior et certior, Heidelberg, 1613, in-4°. Quoique son projet de correction du calendrier ne fût pas sans mérite, aucun état protestant ne jugea à propos de l'adopter, et ils s'en tinrent fous à l'ancien style ou au calendrier julien , jusqu'à la paix d'Utrecht en 1715. 4° Enodatio duarum quœslionum circa annum nativitatis et tempus minislerii ChrUti, Erfurtb, 1610, in-4». 5° Une I

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réduction des psaumes en vers allemands, Leipsick, 1618, in-8». 6» Thésaurus latini sermonis; Exercitatto musica, Leipsick, 1611 , in-8», etc. — Son peut-fils, né à Quedlimburg en 1659, y exerça le f min.stére évangélique, et y mourut en 1698, après avoir publié des sermons et autres ouvrages ascé- 1 tiques en allemand, et laissant un fils, Seth-Henri qui Ail second pasteur à Magdebourg en 1725, et a* fit connaître par des sermons et d'autres ou- i

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