‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 75 sur 97 · GG · texte numérisé non relu

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réponse, d'une énergie grossière et soldatesque, ne ressemblait en rien à la phrase qu'on lui prétait. Cainbronnc d'ailleurs n'était point mort, comme on l'avait cru d'abord ; mais blessé, et voyant que la résistance était impossible, il s'était rendu aux Anglais, qui le comluisireut en Angleterre. 11 y apprit la défaite de Napoléon, son abdication, et écrivit alors à Louis XV11I la lettre suivante. «Sire, major au « I " régiment de chasseurs à pied de la garde, le « traité de Fontainebleau m'imposa le devoir de MM* « vre l'empereur à l'Ile d'Elbe ; cette garde n'exis- « tant [dus, j'ai l'honneur de prier Votre Majesté de « recevoir ma soumission et mon serment de lidê— * lité. Si ma vie, que je crois sans reproche, me « donne des droits à votre conlianec, je demande a mon régiment . en cas contraire, mes blessures « me donnent droit à la retraite, qu'alors je solli- « citerais, regrettant d'être privé de servir ma patrie, a Je suis, etc. » Quand celte lettre arriva en France, Cambronne était déjà porté sur la liste des généraux qui, ayant attaqué la France et le gouvernement du roi à main armée, devaient être arrêtés et traduits devant un conseil de guerre. Il écrivit alors le 10 octobre, au ministre de la guerre, qu'il se rendrait devant ses juges aussitôt que le traité de paix lui permettrait île rentrer en France. 11 arriva en effet à la nu de septembre à Calais, et se présenta aussitôt au commandant de place, qui le fit conduire à Paris, où il fut enfermé a l'Abbaye. Traduit devant un conseil de guerre le 26 avril 1816, il y déclara qu'il n'avait agi «pic comme sujet de l'empe— rcur de l'Ile d'Elbe. M. Berryer lils présenta sa défense, et il fut acquitté a l'unanimité; mais, comme le rapporteur, loin de faire valoir les moyens d'accusation, avait plutôt plaidé pour l'accusé, l'exécution du jugement fut suspendue, et l'affaire soumise le 4 mai à un conseil de révision, qui confirma le premier jugement H). Cambronne se relira d "ttlrord prés de Sautes, dans sa famille; mais, quelques années après, il fut nommé, comme maréchal de camp, au commandement de la place de Lille (1820). Mis plus tard à la retraite (2) , Il est mort à Nantes en 1812, nprés avoir reçu de la manière la plus édifiante les sacrements de l'Église. T.-P. F.

CAMBRIDGE [ Kichard-Owes), né à Londres, le 14 février 1714, étudia d'abord au collège d'Eton, ensuite à Oxford, et au collège de Lincoln, à Londres; H eut toujours une forte passion pour l'hydraulique, et inventa un bateau double formé de

(I) Dam le eotratil du mime mois, ou publia in-ffle PrœH du général Cambronne, contenant touics les pitees, inleiTogaioIre*,

débats, elc. D — a — h.

(*} tw-s le mon de septembre l»2t, il demanda sa retraite, et l'ordre da jour Uiivanl l'annonça dan* lonte h 46* dirision Militaire : « M. le maréchal de camp vicomte de Cambronne «fit»/ prié Son ti thttUmt le ministre de la guerre dt lui [tire otténit m retraite « iln hmth J* roi, elle l'a aiiiurix? a se rendre a Nantes, lien de a *on domicile, pour y attendre que sa pension puisse lui être aca cordée et liquidée. Jusqu'à unuvel ordre, et en allrndant le rem- ■ | iarrnient de M. le gênerai Cambronne dans le commandement a de la première subdivision, je reiiiin.il re ruimuaiideiiient à celui « de la AvktiOP. — Le lieutenant génital rommandinl la 44* I « dhUiou militaire. Signe. : le murant dt Jnmilkt. m

deux bateaux de 50 pieds de longueur et de

18 pouces seulement de largeur, unis parallèlement par un pont, à uue distance de 12 pieds : ce qui offre l'avantage de ue jamais être exposé à sombrer par un coup de vent. Ce bateau passe pour très-bon voilier, et capable de porter un fort chargement. Les principaux écrits de Cambridge, en anglais, sont : 1° la Scriblériade, poème, 1744, in-8°; 2° l'Hiitoire de la guerre de rinde de 1753 à 1701, entre /es Anglait el let Françaie, sur la roïr de Coromandel, Londres, 1762, in-8*: cette histoire est la continuation des JUimoiret du colonel Lai te* rence, publiés par Cambridge avec plusieurs autres documents historiques sur la même guerre. Eidous a traduit le tout en 1760, 2 vol. in-12, tous le dernier titre. 3° Vingt et un numéros de la feuille périodique intitulée : Ihe World. Cambridge mourut en 1802. Ses œuvres ont été publiées en 1809, 2 vol. in-4», avec aa vie, par son lils George Owen Cambridge. B — R j.

CAMBHY (Jacques), né à Lorient en 1749» prit d'abord l liabit ecclésiastique , sans toutefois être engagé dans les ordres , et fut instituteur des enfants de Dodun, receveur général des états de Bretagne, dont il épousa ensuite la veuve. Il lit, ver* 1787, un voyage en Angleterre. Il était, en 1795, président du district de Quimperlé, département da Finistère, et fut chargé de parcourir les neuf districts de ce déparlement. En 1799, il devint administrateur du département de Paris, et fut ensuite nommé préfet du département de l'Oise, fonction qu'il remplit jusqu'en 1803. 11 avait été administrateur du Prytanée. Retiré des affaires publiques, il s'adonna tout entier aux lettres. L'un des fondateurs de l'académie celtique, il en fut le premier président, et mourut a Cachaut, près de Paris, d'une attaque d'apoplexie, le 31 décembre 1807, au moment où il venait d'élre nommé président du collège électoral du déparlement du Morbihan, et candidat au sénat conservateur. On a de lui : 1» Euai «r lu vie ei lei tableaux du Pouttin, 1783, in-8» ; V édit., beaucoup plus ample et avec nom d'auteur, an 7 (1790), in-8*. 2° Conlrt et Proverbe», tuieit d'une notice sur le$ troubadours, 1784, in-18 (et non in-12 ni in-8°). Les Conte* el Proverbe» avaient paru dans le Journal de lectures. La A'oftre sur le» troubadour» est un recueil dé traita épars dans Fauchet, Pasquier, Nosiradamus, la Cume de Ste- Palaye, le Grand, Millot. Ce petit volume a été traduit en allemand par Ch.-Fr. Schutze, Leipstek, \' 9i . in-8'. 5« L* Curé Jeannot et ta terrante, Bruxelles, 1784, in-12. 4» Trace» du magnétisme, 1784, ln-8«. 5" 06servaifont sur la compagnie des Inde», 1781, in-8». 6» Promenade» d'automne en Angleterre, Paris, 1788, in-8°; 2* édit., Paris, Poincot, 1T91, in-8* ( roy. ci -âpre» ). 7« De Londres H de m rnvf* rons, Amsterdam, 1788, 1789, ln-8*. 8° Réponte mt mémoire de M. de t alonne, 1790- 9° Catnhgne de» objets échappés au vandalisme dans le Finistère, Ouimper, an 3 (1798), in-4*. C'est le résiliât de h mission qui lui avait été conliée dans ce défravtemcnt. Cambry y fait preuve de grandes connaissances ; il

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est malheureux qu'il n'en ait pu corriger les épreuves ; les erreurs typographiques y sont sanB nombre. 10» La Meture des rois, brochure piquante, ne portant point de date, que Ton croit imprimée en 4797, W»i» qui peut l'avoir été avant. L'auteur a voulu imiter la manière de Voltaire dans ses romans, mais il en est resté bien loin, il* Rapport mr \e* tépulturet, 1790, in»4*. 12° Voyag* dan* le finittère, ouUtat de ce déparlement en 1794 el 1795, Paris, 1799, 3 vol. in-8°, IL. ; il passe pour être un des premiers ouvrages statistiques qui aient paru en franc*. 13' Voyage pittoretque en Suiue t( en Italie, 1800, 9 vol. in-8». 14» Description du département de l'Oiie, 1803, 2 vol. in-8", et un atlas de planches jn-fol. ib° Monununt* celtique*, ou Rechercket sur h culte de* pierre*, précédée* d'une notice sur le* Celle* et sur le* druide*, et tuivie* d'étymologitt celliquet, 1805, iu-8\ lig. La moitié de cet ouvrage est de M. Eloi Jolianueau, qui a aussi revu l'autre moitié. 10° Manuel interprète de corretpondance. ou Vocabulaire* polyglotte», alphabétique» et numérique*, en tableau*, pour le fronçait, l'italien, l'eipaf no/, l'allemand, l'anglais, le hollandais et le cellobrelon, 1805, en six tableaux, in-4° oblong; ouvrage curieux , et qui met en pratique, quoique d'une manière trés-bornée, une médiode souvent proposée en spéculation {voy. Bechbh et Kihchkb ), et qui peut être de la plus grande utilité. 17» Mut ire sur l'agriculture des Celtes el des Gaulois, Paris, 1806, in-8°. Cambry a donné divers mémoires dans le recueil de l'académie celtique. Plusieurs bibliographes lui ont attribué un ouvrage intitulé Voyage en Angleterre, de la première édition duquel Ub n'indiquaient pas la date, et dont ils indiquaient la seconde à l'année 4787 ; il parait que cet ouvrage n'exitle pas. Ce qui a donné lieu à celte erreur, c'est que le libraire Poinçot, qui, dés 1787, avait publié un Voyage philosophique en Angleterre, lait en 1783 et en 4784 (par de la Coste), 8 vol. in-8», ajouta en 1791 à ces 8 vol. : de Londres et de ses environ», par Cambry, et le* Promenade* tCa\ttomne, du même. À. B — T.

CAMBYSE, fils de Cyrus, fils d'un autre Cambyse, fils d'Achvmenès, était roi dos Perses, qui étaient alors dans la dépendance des rois de Médic ; il épousa Mandane, fille d'Astyagcs, roi des Mèdes, et en eut un (ils, qui fut le célèbre Cyrus. ( Voy. CvRts. } — Cambyse, fils de Cyrus et de Cassaudane, fille de Pbaraipe, devint roi des Perses et des Mèdes après la mort de son père, l'an 530 avant J.-C. Peu de temps après son avènement, il entreprit la conquête de l'Egypte. Hérodote dit que cette idée lui fut suggérée par Nitéti*, fille d'Apriés, et voici comment il raconte la chose. Amasis, à qui Cambyse avait demandé une de ses filles en mariage, craignant qu'il ne voulût en faire sa concubine, et non aa légitime épouse, lui envoya la bile de son prédécesseur, qu'il avait déshonorée. Mais Cambyse n'étant monté sur le trône que dans la dernière année de la vie d'Amasis, qui avait régné 44 ans, la fille d'Apriés ne devait plus être assez jeune pour qu'il pnt l'envoyer à Cambyse. L'am-

bition de ce prince fut donc la seule cause de cette guerre. Tandis qu'il Taisait ses préparatifs, Amasjs mourut, et Psamménite, son lils, ayant rassemblé une armée, se porta vers Péluse pour défendre l'entrée de son royaume; mais les Egyptiens, peuple peu belliqueux, lurent défaits par les Perses, et Psamiiiénilc, qui s'était réfugié dans Mempbis.avec les débris de son armée, ayant laissé prendre celle ville après une assez faible résistance, le reste de l'Egypte suivit le sort de la capitale. Celte conquête, qui n'avait pas exigé plus de six mois, étant terminée, Cambyse forma de nouveaux projets. 11 voulait envoyer une escadre pour soumettre Cartilage, conquérir l'Ethiopie, et s'emparer du temple de Jupiter Aramon. N'ayant pu donner de suite au premier de ces projets, parce que les Flténiciens, qui formaient son escadre, ne voulurent pas aller attaquer une de leurs colonies, il envoya quelques troupes contre l'oasis où était le temple de Jupiter Ammon, et marcha lui-même contre l'Ethiopie avec des forces considérables. Ces deux expéditions furent on !><;.[,"■ u i pas plus malheureuses ; l'armée qu'il avait envoyée contre les Ammonites se perdit dans les sables du désert, sans qu'il en revint un seul homme, et celle qu'il commandait lui-même périt en grande partie par la famine, dans les déserts qui séparent l'Ethiopie de l'Egypte, ce qui l'obligea a revenir sur ses pas. En rentrant à Memphis, il trouva les Egyptiens célébrant des fêtes, parce qu'ils venaient de découvrir le bœuf Apis ; il crut qu'ils se réjouissaient de ses désastres, et, s'élant fait amener ce boeuf, il lui donna à la cuisse un coup de sabre dont il mourut, el il fit battre de verges les prêtres. 11 était, dès son enfance, sujet à l'épilepsie, et le goût du vin, auquel il se livra pour faire diversion à ses chagrins, en ayant rendu les accès beaucoup plus fréquents, il perdit le peu de raison qui lui restait, et se livra à toutes sortes de cruautés. 11 fit mourir Smerdis, son frère, sur des craintes qui lui furent inspirées par un songe ; peu «le temps après, Atossc, sa tueur et son épouse, alors enceinte, ayant témoigné du regret de cette mort, il lui donna dans le ventre un coup de pied, dont elle mourut. Prexaspe, son favori, lui ayant fait des représentations sur son goût pour le vin, il fit placer le (ils de cet officier à une certaine distance, et lui tira une flèche dans le cœur, pour prouver qu'il avait le coup d'œil juste et la main sûre. Il voulut aussi faire mourir Crésus, qui lui donnait quelques avis ; ceux qu'il avait chargés de cette exécution, pensant qu'il en serait fâché par la suite, se contentèrent de le cacher, et Cambyse ayant paru le regretter quelque temps après, ils lui avouèrent qu'ils n'avaient pas exécuté ses ordres, et firent reparaître Crésus. Il fut bien aise de le revoir ; mais il n'en fit pas moins mourir ceux qui l'avaient sauvé, pour les punir de leur désobéissance. Ces actes de fureur ayant aliéné de lui tous les esprits, un mage qui avait quelque ressemblance avec Smerdis, que Cambyse avait fait tuer, mais dont on avait tenu la mort secrète, profita du mécontentement général pour usurper le trône. Cambyse se disposait à aller à Suse pour le punir, lors-

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qu'il se blessa à la cuisse avec son sabre. Il mourut peu de temps après à Ecbatanc, dans l'Assyrie, des suites de cette blessure, l'an 542 avant J.-C. Il ne laissa point d'enfants. C — H.

CAMDEN ( Guillaume) , célèbre antiquaire, naquit à Londres, en 1581, de parents pauvres, cl reçut une éducation gratuite, à ce qu'il parait, dans l'bôpiUl de Christ. Les dispositions qu'il montra de bonne heure pour l'étude lui procurèrent, en 1566, une place à Oxford , où il fut soutenu par la générosité du docteur Thornton , l'un de ses maîtres. Soit, comme on l'a prétendu, que son attachement au protestantisme lui attirât l'an imad version des catholiques, qui avaient encore alors un parti assez fort dans les universités, soit par toute autre cause, il parait que l'avancement de Camden ne répondit pas d'abord à son mérite ; mais il trouva des protecteurs généreux , qui l'aidèrent de leur bourse et de leur crédit ; et il fut enlin nommé, en 1575, second maître de l'école de Westminster. Ce fut alors que, dans les moments de loisir que lui laissaient les fonctions de sa place, il commença à se livrer à l'étude des antiquités de son pays , et forma le projet de son ouvrage, intitulé : Britannia Dftcriplio, recueil qui est devenu la source où, depuis celte époque, ont puisé tous les historiens d'Angleterre. Cet ouvrage . dont le perfectionnement a été l'occupation de toute sa vie, parut, pour la première fois, en 1586; c'était le fruit de plusieurs années d'études, de recherches, de voyages dans l'intérieur de l'Angleterre , entrepris pour la plupart avec le secours de ses amis, mais dont la durée était bornée par les devoirs de sa place. Le succès de la première édition lui donna les moyens de perfectionner les autres, en augmentant ses relations avec les savants de tous les pays. Il s'était particulièrement lié, dés l'année 1582 , avec le président Brisson , chargé â cette époque, par la cour de France, d'une négociation en Angleterre. (Voy. Brisson.) En 1595, il fut nommé premier maitre de l'école de Westminster. Il avait déjà publié trois éditions de son ouvrage, 1586, 1587. 1590. En 1594, il donna la quatrième, avec de telles augmentations qu'elle formait , pour ainsi dire, un nouvel ouvrage (I). Sa réputation était alors au plus haut degré. Il avait pour amis les hommes les plus puissants , aiusi que les plus savants du royaume, entre autres le lord trésorier Cécil. Il fut nommé, en 1597, roi d'armes de Clareuce. Cette place lui laissa la liberté de se livrer entièrement à ses travaux, auxquels fut extrêmement utile l'intime amitié qui le liait avec sir Bobert Cotton , fondateur d'une des plus célèbres bibliothèques d'Angleterre. Ce fut en

(I) U 5e édition est de «00, 1*4* ; la f>' et b meilleure a paru a Londres, 1007, in-ful.; une 7* (ut donnée a Francfort, avec nue iiMnm de» Annula dn rtgne iTÊIttalrfth, 4616, In-S". Cet outrage a (ait appeler Camden le Ynrron, le Slraton. le l'tu*ania$ anglais. t.a description qu'il donne de l'Angleterre eut plus estimée que u de*tnpiion de l'Ecosv, et celle-t i plus esliuMe que m description de l'Irlande ; ce qui explique le distique suivant :

Vnlu.ir*» Aagtn, oo.li,, C«*»J«fi#, 4wofciu, t'M mU ScaUi, tmum U i,. . t „, .

1606 qu'il entra en correspondance avec le président de Thou , et cette correspondance continua avec une grande activité pendant onze ans, c'est-àdire jusqu'à la mort du président, à qui les notes de Camden ont été fort utiles pour la composition de son histoire , relativement aux affaires d'Angleterre. En 1615, il publia la première partie de ses Annales du règne d'Elitabeik. Cet ouvrage eut un grand succès ; mais l'histoire d'un temps si récent intéressait de trop près des familles alors existantes pour ne pas élever contre l'auteur un grand nombre de réclamations. Ce fut , dit-on , aQn de ne pas s'y exposer davantage , qu'il se résolut à ne point publier de son vivant la seconde partie ; on peut cependant penser qu'il ne prit pas cette résolution absolument de lui-même, puisque l'on voit dans ses lettres qu'il soumet cette seconde part ic à la judicieuse censure de Sa Majesté ( le roi Jacques 1" }, selon le bon plaisir de laquelle clic sera ou imprimée, ou supprimée , ce qui lui est , dit-il , indifférent ; et il ajoute : « Je n'ai pas de répugnance à ce qu'elle « .soit imprimée de mon vivant, mais je n'en ai pas « le tlcsir ; » et les précautions qu'il prit pour qu'elle ne fût pas mutilée ou totalement supprimée indiquent quelque crainte à cet égard. Après avoir terminé cette seconde partie, en 1617, il fut plusieurs années indécis sur le choix de la personne à qui il conlierait son manuscrit. Ses amis le pressaient de l'envoyer en pays étranger ; mais gardant l'original, qui a été depuis déposé dans la bibliothèque Cottonienne , il en envoya une copie à Paris , a son ami Dupuy, qui, selon la promesse qu'il lui en lit alors, l'a fait imprimer à Leyde , en 1625 , 2 vol. in-8*. Elle a été réimprimée à Londres en 1627, in-fol.; à Leyde, en 1659, in-8*, et plusieurs fois depuis; 1a meilleure édition est celle que Thomas Ilearne a faite de l'ouvrage entier, sur une copie corrigée de la main de Camden (Annalet rerum Anglicarum et Uibemicarum, régnante Elixabetha, Oxford, 1717, 5 vol. in-80 ). Ces annales ont été traduites du latin en français par Paul Belligent, avocat au parlement de Paris , Paris, 1627, in-4", et du français en anglais, par un nommé d'Arcy. Cette dernière traduction est remplie de fautes : il y en a plusieurs autres, mais aucune de bonne. On a cru qu'un peu de complaisance pour Jacques 1" , fîls de Marie Sluart , avait légèrement altéré l'exactitude de l'historien sur quelques faits relatifs à cette princesse. But net a prétendu , mais sans preuves, que plusieurs passages avaient été changés par ordre du roi Jacques , et que c'était pour échapper à de pareilles corrections que Camden avait envoyé son manuscrit dans un pays étranger. Quoi qu'il en soit, cet ouvrage offre le même genre de mérite que les autres ouvrages de Camden , une fidélité généralement scrupuleuse , des recherches curieuses , beaucoup d'ordre et de clarté, un style simple et convenable, enfin tout ce qui rend la science véritablement utile. Outre les ouvrages cités, Camden en a laissé plusieurs autres, dont les principaux sont : 1" Grainmatiea grœca tnstitutio, etc., Londres, 1597, in-8»; réimprimée en 1624 ; 2° un recueil, en anglais, ù>

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titulé : Reste»... (1604, 1614, 1657, in-4°), etc., qui contient ceux des matériaux qu'il avait rassemblés pour sa Britannia Descriptio, et qu'il n'a pas cru devoir y faire entrer. Cet ouvrage, qu'il ne donne, dit-il, que comme le$ balayures de l'autre, et qu'il n'a signé que des lettres M. V, contient, parmi des choses insignifiantes, un grand nombre de particularités curieuses et piquantes. Il a composé pour la société des antiquaires plusieurs traites séparés sur les antiquités anglaises, dont quelques-uns ont été recueillis par Thomas Hearne , et d'autres se sont perdus. Il a composé aussi quelques vers latins , et fait, par ordre du rai Jacques, une relation de l'affaire concernant la conspiration des poudres. Il a donné une collection des anciens historiens anglais, écossais, irlandais et normands, sous le litre d'^ngliea, Normanica, Cambrica a veteribvs Seripta, etc., Francfort, 1602 et 1605, in-fol. Il mourut le 9 novembre 1625, et fut enterré à l'abbaye de Westminster, i côté de Casaubon, et en face du tombeau de Chaucer. On lui a élevé un monument de marbre, sur lequel on voit sa statue, dont le nez a été cassé parmi jeune homme, offensé de quelques passages des Annales du règne d'Elisabeth, qu'il regardait comme contraires à la réputation de sa mére. On a encore de Camden : Elogia Anglorum , Londres, 1655, in-8° ; de Batione et Methodo legendi hittorias, Londres, 1625; Reget, Regina, Nobites, etc., in ecclesia B. Pétri Westmonasltrii sepulti, usque ad annum 1506, una cum ejusdem ecclesia fondation c, Londres, 1606, in-4u ; (MU. Camdeni et ad Camdenum Epislolm , Londres, 1601 , in-4°. On trouve dans ce volume une vie de Camden, par Tltomas Smith. On publia à Oxford, immédiatement après la mort de Camden, un recueil intitulé : Casndeni lnsignia, 1624, in-4* contenant un discours sur la mort de ce savant, par Z. Tovvnley, son éloge historique par D. Whear, et un grand nombre de pièces de vers à sa louange, composées par divers auteurs nationaux et étrangers. ( Voy. le Diclionn. hist. et critiq. de Bayle. ) S— o.

CAMELI (François ) , clianoine de Rome, fut garde du cabinet des antiques de Christine, reine de Suéde , pendant son séjour à Home , jusqu'à ce que , devenu aveugle , il fut remplacé par Bellori. 11 s'était lié avec le célèbre antiquaire Foy-Vaillant, dans les voyages que celui-ci lit en Italie pour visiter les cabinets de médailles. Camcli a publié : Nummi antiqui, aurei, argentei, arei. primai, seeundœ seu média, minima et maximœ forma, lalini, graci, consulum, Augustorum, regum elurbium, in Thesauro Christina regina Suerorum asservait, a Francisco Camelo, ejusdem majestatis anliquario, per seriemredacti, Rome, 1690, in-4»; ce catalogue est rare, et c'est tout son mérite , quoique Vaillant appelle l'auteur Princeps rei nummaria. Les descriptions n'y sont |>as exactes, les légendes y sont tronquées , et plusieurs types omis. Cependant , si l'on veut connaître de quoi se composait le cabinet de la reine Christine , Cameli est bon à consulter, parce qu'Havercamp n'a décrit que les médailles de grand et moyen bronze des empereurs romains, et

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que Cameli indique toutes les médailles de cette collection. T — N.

CAMELICS, ou CAMILLITJS. Foyes Brctus ( Décimus Junius).

CAMELLI , ou KAMEL ( Geobge-Joskph ), né à Brunn en Moravie, jésuite, missionnaire aux Iles Philippines vers la fin du 17» siècle , fit une élude particulière des plantes et de tous les objets d'hisloirc naturelle de ces différentes Iles, et principalement de celle de Luçon , qui est la plus grande. Il est, de tous les voyageurs, celui qui en a le mieux fait connaître les diverses productions des trois règnes. Il les a décrites dans plusieurs mémoires envoyés à la société royale de Londres; quelquesuns ont été présentés à cette compagnie par Petivcr, qui les avait rédiges d'après les notes et les objets qui lui avaient été envoyés par Camelli. Tous ont été insérés dans les Transactions philosophiques ( t. 21 a 27 ) ; mais ceux qui concernent les plantes ont été réunis et publiés par Ray , dans le tome 5 de son Histoire universelle des plantes en forme d'appendix , sous ce titre : Herbarum aliarumque stirpium in insula Lusoni Philippinarum primaria nascentium, Syllabus. L'auteur y décrit les propriétés économiques et médicinales de ces diverses plantes, et donne tous les noms indiens car lesquels les peuples indigènes les désignent. Linné a dédié à Camelli un genre de plantes sous le nom de Camellia : ce sont des arbustes du Japon, cultivés dans nos serres pour la beauté de leurs fleurs. Camelli avait joint des figures à ses descriptions de plantes ; mais Ray ne pouvant subvenir aux frais de leur gravure, elles sont restées manuscrites , et il en existe une copie dans le cabinet de M. de Jussieu. Leur peu d'exactitude , surtout dans les parties de la fructification, est cause qu'on n'a pu en reconnaître jusqu'à présent qu'un petit nombre. D — P — s.

CASSER AR IUS ! BaktmÉUMT), natif de Rénovent , après avoir professé le droit pendant vingtquatre ans à Naples, devint, en 1529, président de la chambre royale. Voyant que le \ice-roi Pierre de Tolède cherchait à le perdre dans l'esprit de Charles-Quiut, il s'attacha au roi de France, qui le Ht son conseiller, fut déclaré rebelle, et puni par la confiscation de ses biens. Il quitta la Fiance en 1557 pour aller se fixer à Rome , où Paul IV le traita avec distinction , et le nomma commissaire général de l'armée pontificale. Lorsque la paix fut rétablie dans le royaume de Naples , Camérarius retourna dans la capitale, où i) mourut en 1564. Son profond savoir dans la théologie et dans le droit civil est attesté par les ouvrages suivants : 1° de Pradcttinatione, de Gratia et Libero Arbilrin, contra Calvin u m . Paris, 1556. Dans ce traité, écrit en forme de dialogue , il expose les variations de Calvin et traite le fond des questions d'après les principes de St. Augustin. 2' De Jejunio, de Oratione et Eteemosina, Paris, 1556, in-4". Ce livre est adressé à Diane de Valentinois, qui, durant le séjour de l'auteur à Paris , l'avait consulté sur ces matières. Les décisions en sont sages , modérées , et contiennent la réfutation de la doctrine des protestants. 5" tk

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P urgalorio igue. nome, 1357. 4« Dç Prœdicalione. 5° De Matrimonio. Tous ces ouvrages sonl écrits »vcc beaucoup de simplicité , et supposent une grande lecture des Pères et de l'Écriture sainte. Cawérarius a aussi composé divers traites sur le» matières féodales, imprimés à Veuisc en 1570, etc. U | passa trois ans à purger les commentaires d'André d'isernia , sur la même matière , des faute* nombreuses et grossières par lesquelles des copistes ignorants les avaient défigures, au point qu'ils étaient devenus inintelligibles. T— D.

CAMERARIUS (Guillaume). Foy« Chal-

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