‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 76 sur 97 · MEUS · texte numérisé non relu

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CAMERARIUS (JOACHIM 1"), littérateur et sa- ! vaut universel , l'un des grands hommes de l'Allemagne, et celui qui a le plus contribué aux progrés des sciences et des belles-lettres dans le 16° siècle, par les bonnes éditions et les versions qu'il a données d'un très-grand nombre d'auteurs grecs et latins, enrichies de commentaires, par divers ouvrages, dont la plupart ont clé longtemps classiques et sont encore aujourd'hui fort estimés, et en donnant une nouvelle organisation aux universités de Leipsick, de Tubingen, et au gymnase académique de Nuremberg. Il eut aussi une grande part aux aflaires politiques et religieuses de sou siècle, cl fut chargé de négociations importantes. L'étendue de ses connaissances , la modération , la sagesse de ses principe» et l'énergie de sou caractère , son éloquence douce et persuasive, lui méritèrent l'estime de tous les personnages illustres, et particulièrement des empereurs Charles-Quint, Ferdinand 1" et Maximilieu II. Tous les savants tinrent à l'honneur d'avoir quelque part à son amitié, Nul homme de son siècle n'a jiossédé aussi parfaitement les langues grecque et latine , et n'a fait des traductions aussi fidèles et aussi élégantes. C'est le témoignage que lui ont rendu les plus erudits de ses contemporains, et qui a été continué depuis par plusieurs auteurs, et entre autres, par le sarant lluet, evéque d'Avranclies. Il était grammairien, poète, orateur, historien , médecin , agronome , naturaliste , géomètre, mathématicien , astronome , antiquaire, théologien. Joachim Camérarius naquit à Hamberg, le 1*2 avril 1500, de Jean Camérarius , sénateur de cotte ville. L'ancien nom de sa famille était Liebhartl ; mais il fut changé en celui de Camérarius . parée que ses ancêtres avaient possétlc à la cour la charge de camerier, ou chambellan, que l'on a|>|telle en allemand commcrmeitlrr. Il commença ses études dans sa patrie, et il y lit tant de progrès eu |»eu de temps, qu'il n'avait que treize aus lorsque son maître déclara qu'il n'avait plus rien a lui apprendre. Son père l'envoya ensuite à leipsick. Richard Crocus, sous lequel il y étudiait la langue grecque , étant obligé de s'absenter, le chargeait quelquefois de faire la leçon a su place , quoiqu'il n'eiïl alors que seize ans. Il avait , en effet, une passion extraordinaire pour celle langue, et il prit la peine de copier une «ramle !'■'> "" d'Homère , d'Hérodote et de quelques autres auteurs. Dans un tumulte qui s'éleva 4 Leipsick contra les étudiants, il abandonna

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au pillago tout ce qu'il avait, et se contenta d'emporter sous son habit uu Hérodote, de la première édition d'Aide. Après cinq anuées de séjour à Leipsick, il alla en 1518 à Erfurlh, où il se lia avec Kobanus. En 1521, il quitta celle ville à cause des troubles qui l'agitaient et de la pote, qui y faisait des ravages. i.a renommée de Luther et de Mélanchthon le détermina à aller à Willemberg où ils résidaient. Mélanchlhon, appréciant son mérite, lui accorda son amitié. Camérarius était âgé de vingtquatre ans lorsqu'il publia son premier ouvrage : c'est la traduction en latin d'une harangue de Demosihènc (laf' Olyuthienne). Un ans après, il publia des remarques sur le* Tutculanet de Cicéron, ce qui le mit en correspondance avec Erasme. En 1525, il quitla Wittemberg, à cause de la guerre qui désolait celte partie de rAllemaguo, el il lit un voyage eu I'russe, où il recul des marques de 1a plus haute considération. L'année suivante, Mélanchlhon ayant été chargé par le sénat de Nuremberg de former un collège dans celte ville, engagea Camérarius à y enseigner les langues grecque et latine. La diéle de l'Empire , qui se tenait à Spire eu 1526, jugeant à propos d'envoyer une ambassade à l'empereur Charles-Quint, nomma Albert, comte de Mausfeld , et lui donna Camérarius pour secrétaire et interprète en langue latine. Celui-ci était fort aise de voir l'Espagne ; mais il n'alla pas au delà d'Eslingen , parce que l'ambassade fut remise à uu autre temps. En 1550, le sénat de Nuremberg le nomma député à la diète d'Augsbourg. H prit une grande part , avec son ami Mélanchthon , aux conférences de cette assemblée, à la suite desquelles ils rédigèrent l'acte célèbre appelé la Cwftsnm d'Augtbmrg , qui est l'exposé des principes de la communion luthérienne, et a été l'acte de sa> garantie dans la constitution de l'empire germanique Camérarius fut adjoint à d'autres membres de cette assemblée pour piésenter cet acte à l'Empereur. Quatre ans après, le sénat de Nuremberg le choisit pour secrétaire ; mais il refusa cet emploi honorable et lucratif, persuadé qu'il serait plus utile au momie par l'enseignement el par ses travaux littéraires. Il fut appelé par lo duc Ulrich de Wittemberg pour donner une nouvelle impulsion à l'étude des belleslettres dans l'université de Tubingen ; et , dans ce but, il composa de* Elément* de Rhétorique, Bile, 1551, in-S" Quelque temps après, il fut chargé par Henri , duc de Saxe, et par son fils Maurice , de donner une nouvelle organisation à l'université de Leipsick : il en rédigea les statuts et règlements avec Gaspard Borner, théologien. Il en hit longtemps le directeur et le doyen. En 1858, 11 fut député de nouveau a la diète d'Augsbourg, et il passa ensuite à Nuremberg avec Mélanchthon , pour y traiter des affaires de la religion. L'année suivante, il accompagna ce savant à la diète de Ratisbonne. En 155T, il perdit une de ses filles, nommée Marthe, qu'il aimait tendrement, et plusieurs de ses intimes amis, entre autres Mélanchlhon. Il a publié en latin la vie de ce célèbre réformateur. Celte vie. dont la meilleure édition es» celle de G.-T. Strobel, Halle,

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4777, in-8#, renferme aussi l'Histoire de la réformation. Camérarius'publia ensuite (Leipsick, 1569, in-8*) les Lettres de Mélanchlhon, avec lequel il avait été en correspondance pendant trente-huit ans; elles sont précieuses pour l'histoire de ce temps-la, et font connaître une foule d'événements qui changèrent la face de l'Allemagne , et auxquels l'un et l'autre avaient pris une grande |>art. Camérarius était âgé de soixante-huit ans , lorsque l'empereur Maximillen II l'invita à se rendre à Vienne pour Contërer avec lui sur plusieurs points de doctrine, et pour apaiser les trouhles religieux ; ce prince le renvoya comblé «le présents. Parvenu à l'âge île soixante-quatorze ans, Camérarius fut attaqué d'une dysurie que l'on crut occasionnée par la pierre; mais quoiqu'il eût écrit sur l'anatomic et la médecine , il ne voulut pas souffrir l'opération , et il défendit même que l'on ouvrit son corps après sa mort, qui eut lieu à Leipsick, le 17 avril 1574. Il avait eu neuf enfants, dont cinq fils : Jean, concilier du duc de Prusse, qui mourut â Kœnigsberg; Joachini , médecin ; Philippe, jurisconsulte et conseiller à Nuremberg; Louis, médecin, et Godefroi, officier de Richard , comte palatin. Melchior Adam dit qu'il était bien fait de sa personne, et adroit à toutes sortes d'exercices. Il a traduit en latin le traité de Xénophon de Re equeslri. Son Uippocomicus (I ) , ou art de dresser les chevaux ( Tubingen, 1539, in-8»), a eu longtemps une assez, grande réputation. Naturellement grave cl sérieux, Camérarius ne parlait que par monosyllabes , même à ses enfants. Il avait une si forte aversion pour le mensonge , qu'il ne pouvait le souffrir même dans les railleries. Il était si assidu à l'étude , qu'il ne la discontinuait pas même eu voyageant. Ce qu'il avait médité pendant la nuit ou à cheval , il le mettait ensuite par écrit. Aussi ses ouvrages sont au nombre de cent cinquante. On peut en voir le catalogue dans les 31 f moires de Niccron, t. 19. Clément, dans sa Bibliothèque curieuse, a relevé quelques erreur» de Niccron. On peut aussi consulter la Jiibliothtea Graca de Fabricius, t. 13; YAdparatus lillerarius de Frcytag, t. 3, et la Bibliograph. hislorico-philologiea crilica de Itocler. La plupart de ces écrits sont des traductions du grec en latin , d'Homère, d'Hérodote, Xénophon, Arislote, Théophrasle, Archytac, Ésope, Sophocle, Thucydide, Démoalhéne, Théocrite , Lucien , Plutarquc , Euclide , Ptolémée de Péluse (l'astronome), de Tbéon d'Alexandrie sur Ptolémée, de Galien , de Théodorct , évéque de Cyr, de Nicéphore , de St. Grégoire de Nysse , de Synésius , de Syrène , etc. , enrichies de scolies et d'explications. On lui doit encore des commentaires et des remarques sur le Nouveau Testament ; sur PUute, Térence,Cicéron, Virgile, Quintilien, etc.

(I) Cri ouvrage en réimprimé 4mm le t. Il du fteManw Anti- «»»/. ie Gronovius. Ibnt le I. S de la même rnllrcliuu, il f a de tlamérarlos Nittorta tel nnnmariir, tire de Sumi>matit gtreit et laiitU*. et dan* le l S, on pelit iralie de Ytnitu eomicU. Ses Symntlcta proUemala, on Q*K*ti«*ei promtsnr, ont ete Insérées dans le I. * du Thewmt criticui de Gntler.

Ses Commentarii des langues grecque et latine ! ( Baie, 1551 , in- fol. ) ont surtout été estimés : il y , donne de grands détails sur les noms qui désignent | les parties du corps. Quelques-uns de ses ouvrages [ ne furent publiés qu'après sa mort par les soins de ses fils. On a aussi de lui des poésies en grec et en latin; Epistolarum familiarium lib. 6, et Kpistolarum familiarium lib. 5, porterions, /Uns edili, Francfort, 1583 et 1595, 5 vol. in-8°; divers ouvrages historiques, etc. Camérarius avait du goût pour les beaux-arts. 11 était l'ami d'Albert Durer, et a traduit en latin ses deux ouvrages élémentaires. (Voy. Durer. ) Cet artiste, de son côté, a peint ses illustres amis, Mclanchthon et Camérarius, dans un de ses tableaux historiques. D— P— s.

CAMÉRARIUS (Joachim II) , fils du précédent, né à Nuremberg, le 9 novembre 1534, est regardé comme l'un des plus savants médecins et des plus grands botanistes de son siècle. D habiles précepteurs dirigèrent ses premières éludes dans la maison paternelle, d'où il passa à VViltemberg, dans la maison de Mélanchlhon. H apprit les éléments de la médecine à Wittemberg et à Leipsick, et alla ensuit* à Brtslau, |iour entendre Jean Craton, l'ami de son père, et médecin de l'Empereur. 11 voyagea ensuite dans toute l'Italie, y suivit les leçons des plus savants professeurs, et fut reçu docteur 4 Bologne en 1562. De retour à Nuremberg en 1564, il s'y livra à l'exercice de son état avec le plus grand succès. 11 abhorrait la multiplicité des médicaments , et, en général , il préférait les plus simples, surtout ceux qui sont tirés des végétaux. Jouissant à Nuremberg de la plus haute considération, il se servit de son crédit pour y faire des établissements utiles ; il engagea les magistrats à fonder un collège de médecine, en 1592, et il en fut doyen le reste de sa vie. Plusieurs princes souhaitèrent de l'avoir pour médecin ; mais il résista à toutes les sollicitations. Aimant beaucoup la botanique, il avait fait le projet de composer plusieurs grands ouvrages sur cette science, et il ne voulut pas en être distrait par le tumulte des cours , ni par des fonctions dont l'assiduité aurait été gênante. Il se forma un jardin particulier aux portes de Nuremberg, où il cultivait un grand nombre de plantes rares, dont les graines lui avaient été envoyées de différentes contrées de l'Europe par des botanistes avec lesquels il était en correspondance : Joseph Casabona, de Florence; Cortusus; Prosper Alpin , de Padoue ; Delechamp , de Lyon ; Glusius. 11 instruisait et entretenait près de lui un ou deux jeunes gens, auxquels il reconnaissait du gont pour l'étude des plântes : c'est ainsi qu'il éleva son neveu Joachim Junjennann, jeune homme plein de talents , mais qui fut enlevé par la peste , dans un voyage au Levant. Camérarius n'épargnait ni peines ni dépenses pour recueillir les matériaux qui pouvaient servir aux ouvrages qu'il méditais II acheta de Gaspard Wolî, médecin de Zurich, la précieuse bibliothèque botanique, et les manuscrits que Conrad Gesner lui avait légués, ainsi que la collection de toutes les figures de plantes gravées sur bois , au | nombre de plus de 1,500. Wolf ne pouvant les

publier, à cause de ses occupations, les lui vendit IKO florins. Camérarius ne tarda pas à en employer la plus grande partie dans un abrégé des commentaires de Matthiole sur Dioscorides, qu'il lit paraître sous ce titre : Epilome ulitiuima Pétri Andréa 3tatihioli. novis iconibut, de$criptionibut plurimis diligenler aueta, accenit iler monti Ifaldi, Francisci Calceolarii, Francfort, 1586, in-i". Cet ouvrage renferme environ 1 .000 plantes représentées par autant de ligures en bois, avec leur description abrégée en marge. La majeure partie a été copiée ou imitée de Matthiole, et Ton y trouve même celles qu'on s'accordait alors à regarder comme supposées; mais ces figures ont été souvent améliorées ; un petit nombre a été ajouté par Camérarius, et ce sont des plantes rares dont on lui doit la première connaissance. 11 n'est pas douteux que, pour les anciennes comme pour les nouvelles, il ne se soit servi des ligures de Gesner, qu'il avait acquises, et il le déclare franchement ; mais cependant il a été obligé d'en faire faire lui-même une assez grande quantité : c'est ce que prouvent plusieurs traits de sa préface ; car d'abord il se plaint des graveurs qu'il a employés, en disant que, si on ne les surveillait pas continuellement , ils tendraient toujours à sacrifier la vérité aux formes pittoresques ; en second lieu, il témoigne son regret d'être obligé de donner des ligures trop réduites dans leurs dimensions, parce que , pour conserver l'uniformité , il ne pouvait se dispenser de suivre le module de planches adopté par Gesner ; mais il aurait dû distinguer par un signe quelconque les planches qu'il avait ajoutées de celles empruntées de Gesner : c'est ce qu'il est impossible de faire maintenant. Trew etSchmidel n'ont pu en venir à bout, en publiant, en 17.10, les ouvrages de botanique puslhumes de Gesner. Au surplus, quel que soit l'auteur de ces figures , il a rendu un grand service à la botanique ; car elles liassent à juste litre jiour les plus parfaites qu'on ait exécutées en liois ; et quoique généralement plus petites que nature, elles sont d'une telle exactitude, qu'on les reconnaît au premier coup d'oeil, et la ligure , détachée et de grandeur naturelle, des fleurs et des fruits, placée à côté de la plante , sert d'échelle pour juger de sa grandeur réelle. C'est un des moindres avantages de cette innovation ; elle eut les plus heureux résultats ; elle fil faire un grand pas à la botanique, et on doit la regarder comme le commencement de la reforme qui s'est o|iérée plus tard dans cette science. Il n'est pas douteux que c'est à Gesner qu'on en dok l'idée et l'exécution ; car Camérftrius le dil expressément : c'était une suite du principe reconnu pu ce grand naturaliste , savoir, que la fleur et le fruit étaient les seules parties d'où l'on devait tirer le caractère essentiel propre à déterminer l'aflinité des plantes. Camérarius joiguil à son ouvrage, comme un morceau curieux , la traduction latine du Voyage de Caleenturiut au mont Baldo. Cet Epitome Tut traduit en allemand par George Ilandsch, et parut à Francfort dans la même année 1580, infol. ; il est connu sous le nom vulgaire de Krauler-

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buch. Camérarius fit des corrections et des additions au texte , el il y joignit les planches qui avaient déjà servi dans VEpitome, Celte traduction allemande cul successivement huit éditions jusqu'en 1026, à Francfort et ailleurs, sans aucun changement. George Handsch avait déjà traduit en langue allemande les commentaires de Matthiole sur Dioscorides, Prague, 1563, in-fol., avec de grandes ligures , ensuite il les publia avec les additions de Camérarius. On en fit aussi une traduction dans l'idiome de la Bohême, par les soins d'Adrien Bûcher et de Daniel Adam , sous le titre d'Herbarium MaUhiolo-Camerarianum, etc., Prague, 1596, infol. Camérarius publia ensuite un autre ouvrage, intitulé : Uortui medicui el philoiophicui. Item : Sylva Hereynica , sive calalogui plantarum sponte nateentium in montibut et locis pleriique Hereynica Sylva , a Joanne Thalio conscriptus , Francfort , 1588, in-4°; 1654, in-i°. C'est le catalogue des plantes de son jardin. Le fonds de l'ouvrage est extrait des écrits de Gesner, de Cordus. d' Anguilla™, de Rauwolf et de l'Fclusc; il renferme beaucoup d'observations curieuses. Les planches, au nombre de cinquante-sept, sont de la plus grande beauté; neuf appartiennent à la Sylva Hereynica : les autres représentent des plantes nouvelles. Camérarius en avait reçu les graines des botanistes avec lesquels il était en correspondance ; en sorte qu'il est évident qu'elles n'étaient pas connues de Gesner, ce qui suflit pour le justifier du reproche qu'on lui a fait un peu légèrement de n'avoir rien publié qui lui Tût propre. Il y a dans ce livre un fait très-remarquable pour le temps : c'est la figure exacte de la germination du (>almicr-datticr ; ce qui prouve que Camérarius était un bon observateur, et qu'il s'e>t élevé au-dessus de son siècle. On y trouve aussi la ' première figure qui ait été publiée de l'avare ( ou aloès d'Amérique } en fleur; le dessin lui en avait été envoyé de Florence, par Casabona. Son zèle pour la botanique le lit céder aux instances de Guillaume, landgrave de llcsse-Cassel , qui l'invitait à se rendre dans sa capitale pour y diriger l'établissement d'un jardin de botanique. Ses ouvrages sont : !• Symbolorum et Emblematum centuria fret, qui but rariorei ttirpium, animalium et inteclorum proprietatet eomplexui est , Nuremberg , in-4». C'est une suite de traits puisés dans l'histoire naturelle, mais le plus souvent fabuleuse, représentés par des plane lies en cuivre assez bien exécutées , puisque , malgré leur petitesse , on y reconnaît très-bien les objets. L'auteur, après les avoir expliqués dans le texte, en tire des leçons de morale. Chaque centurie csi consacrée à une classe d'êtres. La première concerne les plantes; elle parut en 1590. Une circonstance la rend seule digne d'attention : c'est qu'elle parait être le premier essai de gravure en cuivre appliqué à la botanique. Celles du Phytobaianot de Fabius Columna , qui , jusqu'à présent , ont passé pour les premières, sont de deux ans plus récentes, puisqu'elles ne parurent qu'en 1502. U seconde centurie est destinée aux animaux terrestres ; elle parut en 1595; la troisième aux, volatiles, en 1597.

S* Plantarum tam indigenarum quam exoticarvm Icônes, Anvers, 1591. Séguier cite cel ouvrage d'après le catalogue de la bibliothèque de de Thou ; mais Ton doute s'il existe. 3° Eelecta Georgica, sive Opuseula de re rusliea, Nuremberg, 1577, in-{«; 1596, in-8». C'est un recueil très-curieux d'opuscules sur la botanique et l'agriculture, avec le catalogue de tous les auteurs anciens et modernes qui avaient écrit sur ces deux sciences. Un a souvent confondu cel ouvrage avec celui que Joachiin Camèrarius le pére avait publié sous le titre d'Encomium rei rusticm , etc., à la suite des Economiques de Xénophon, à Nuremberg en 1339.4° De Monocerole eliam tive unieornu. 1) traite de la licorne. 5° Synopsii quorumrfam brevium , sed perulilium commentariorum de peste daritsim. virorum Donseliini , Ingrassiœ, Rincii ; odjectee sunt sub finetn, Contrario aulhore , de bolo Armena et terra Ijemnia observaliones, Nuremberg, 1583, in-8". 6° De reela et necestaria iîatione pretervandi a pestis contagio , Nuremberg, 1583, in -8*, avec la pièce suivante : Conslitutionet, Leges et Edicta tempore pestis, anno 1576 et 1577, publiée Venetiis composita. C'est la traduction d'un ouvrage publié en italien par Ingrassias. On y trouve les règlements qui ont servi de modèle à ceux que l'on a faits depuis dans tous les ports de l'Europe, où l'on a établi des lazarets pour faire la quarantaine. Joachim Camèrarius avait toujours eu le projet de publier les travaux de Gesner ; il commençait à s'en occuper plus activement, et avait arrêté le titre sous lequel il voulait les faire

paraître : c'était celui de Reliquiœ , etc. ; mais

des événements vinrent y mettre obstacle. 11 avait reçu des témoignages particuliers d'estime de Christian et d'Auguste, successivement électeurs de Sa\e. Ce dernier, étant dangereusement malade, fit appeler Camèrarius, qui lui rendit très-promptement la santé. De retour à Nuremberg, il tomba malade, et mourut le 11 octobre 1598, à l'âge de 68 ans. Ses manuscrits furent partagés entre ses trois lils : l'atné, qui portait comme lui le nom de Joachiin , eut en partage les travaux de Gesncr; mais, quoiqu'il ' exerçât la médecine avec honneur, il n'en mit rien en lumière. A sa mort, arrivée en 1612, ces mêmes manuscrits passèrent entre les mains d'un quatrième Joachim. De la, ils tombèrent dans celles de Wolkamer, célèbre botaniste, qui ne put encore les faire paraître. Enlin ils vinrent entre les mains dcTrew, qui, par les soins de Schmidel, en a publié une partie, avec beaucoup de planches, dont quelquesunes doivent être de Camèrarius, puisqu'elles représentent des plantes rapportées du Levant par Rauwolf, plusieurs années après la mort de Gesner. On voit que Camèrarius a rendu des services réels à la botanique ; mais peut-être ne sont-ils pas aussi nombreux qu'il eût pu le faire s'il eût puhlié plus d'ouvrages de son propre fonds et d'après ses idées. De là sont venus les différents jugements que l'on a portés sur son compte. Tournefort l'a jugé trop sévèrement. Après avoir rapporté, dans son Isagoge, son éloge fait par Melchior Adam, il le détruit, en disant qu'à le juger sur ce qui est resté

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de lui, il est fort inférieur à sa renommée. Mais ce n'était certainement pas par un motif de jalousie que le savant botaniste français a été entraîné dans sa critique au delà de la vérité : son caractère devrait être assez connu pour le mettre à l'abri d'un pareil reproche. Cependant Heister le lui a fait d'une manière très-dure dans sa préface de la nouvelle édition de la Lettre de Burckhard à Leibnitx. 11 va jusqu'à dire que Tournefort n'a tant déprécié Camèrarius que pour détourner l'attention, et cacher, par ce moyen, les larcins que lui-même avait faits à cet auteur, et il met dans le nombre des larcins l'idée de représenter les caractères des genres t par des ligures détachées ; mais, comme nous l'avons dit plus haut, le fonds appartenait à Gesner; et, de ce côté, personne n'a rendu une justice plus éclatante à ses découvertes que Tournefort; l'on peut même dira que c'est pour exaller davantage sa gloire qu'il lui a sacrifié Camèrarius ; mais Heister juslilic lui-même, sans le vouloir, la sévérité de Tournefort, en disant qu'il y a apparence qu'il ne connaissait pas son meilleur ouvrage, le Kraeuterbuch, parce qu'il était écrit en allemand. Plumier a consacré, sous le nom de cameraria, un nouveau genre de plantes aux savants qui ont porté ce nom : ce sont des arbustes de la famille des apocynées, qui n'habitent que les pays chauds. — Philippe Cauéiiarils, frère du précédent, naquit à Nuremberg en 1537, étudia le droit, fut reçu docteur, et devint un célèbre jurisconsulte. Ayant fait un voyage en Italie, il fut arrêté et mis en prison à Rome par l'inquisition; mais, sur les réclamations de l'Empereur et du duc Albert de Bavière, on lui rendit la liberté. Il fut conseiller de la ville de Nuremberg, où il mourut le 22 juin 1624, âgé de 87 ans. On a de lui un livre intitulé : Ilorarum tubcetivarum centuries très, souvent réimprimé ; mais l'édition la plus complète est celle «le Francfort, 1624, 3 vol. in 4°. Cet ouvrage, qui est aussi connu sous le nom de Meditationes historien, fut traduit en anglais par John Molle, Londres, 1621, et en français par S. Goulart et Fr. de Rosset, Paris, 1608, 3 vol. in-8°; sa vie a été écrite en latin par Jean-George Schelhorn, Nuremberg, 1740, in-4°. — Louis-Joaehim C.uiÉRARiis, fils de Joachim II, et neveu de Philippe, naquit à Nuremberg, le 15 janvier 1566. L'exemple de son père et de son aïeul le porta à l'étude des sciences et de la médecine, et il y fit tant de progrès, qu'après avoir voyagé en Italie, dans les Pays-Bas, la Hollande et l'Angleterre, s'étant fixé dans sa patrie, il fut choisi pour être médecin de Christian, prince d'Anhalt ; mais les sentiments que son père lui avait inspirés sur la vie des gens attachés au service des grands, et le goût qu'il prit pour une existence plus tranquille et plus indépendante, le déterminèrent à quitter cette fonction, et à revenir à Nuremberg, où il fut plusieurs fois doyen du collège de médecine que son père avait fondé. Il y mourut le 15 janvier 1642, après avoir perdu tous ses enfants. C'est lui qui a publié une nouvelle édition de l'un des ouvrages de son père, intitulé : Symbolorum et Emblemalwn cen-

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