‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 79 sur 97 · RA1RE · texte numérisé non relu

RA1RE

CAMPOLONGO (Emile), né à Padoue, en iS50, y étudia la médecine, et devint, à l'Age de vingt-huit ans, professeur de médecine de l'université de cette ville. U conserva cette place jusqu'à sa mort, en 1604. Ses principaux ouvrages sont : 1» de Arlhridide liber tmtuj de Yarioli» liber alter, Venise, 1586 et 1596, in-4*. 2« Nova eognoeeendi morbos Methodut, ad analystot Capivaetianee normam expreesa, Vitterbc, 1601, in-8», publié par Jean Jessen. 5° De Lue votera libella», Venise, 1683,

(I) La première édition de» OF.ntre» it Cempietrou «st de Pari», 171 S i iJ en fol fait une contrefaçon en Hollande m <7tt. Nulle da ce* dent édition» n'est au»M correcte qae telle de «731, Pari», 2 «d. ln-12. C'est sur relle-ci qu'a été faite telle de 1739, laquelle es! également estimée. Le premier volume fondent les tragédies de Virginie, Arm'nint, Andronte, AlciUade. Vkorim , toute* en S acte»; tome second ; Adrien, tragédie chrétienne en S artet; Tiridote, tragédie en 3 actes ; le Jalonx dttabniê, comédie en 3 aetea et en vers ; f Amante amant, remédie en 8 actes et en prose • Semonce prononcée è Vocatif mie de» Jenx fiorvnx en janvier 1719 • trois èpltres en vers : a u princesse des l'ralaa, an roi de Strile et au doc de Yeuddne. Vient ensuite la meilleure et la plu* complète des éditions des (T.nrrtt Je CampUtnm, deja indiquée dan» le eoors du présent artirlc; elle fut faite par les soins de Courdon de Haeq, parent de I auteur, el de Ennnevil, Paris, I7S0, 5»ol. iiMS. Outre des Mémoire* »irr la rie de fauteur, on trouve encore dans cette édition Pompèia, tragédie ru 3 Kir*, el piusirur» morceaux de poésie qui ne se figurent point dans les précédentes - Quant aux édition* des (K»rn-i r*«iffe», toici 1rs pnnripales : Cheft-dirarre dramatique de Camptxtren, précédés d une vie de l'auteur et suivis d on catalogue raisonne et anerduUqnc de «es pu-re» de théâtre, Pari<, 1791, â vol. in-tS, avec portrait. t>» deux volume» ne renferment que le Jatonx de*ain»ê, roni< die ; Andronit et Tiridate, tragédies, avec de» jugement* el de» anerdole* qni y sont relatif! (Entre* ckeinie* de Cantpitirvn. préred. e» d'une notice (par Augerl édiiion *térvot„ Pin», 1810. « vol. m |J, o* in-is. CaeftiTitmrrt irnmat.quei de Campulron, »vec des remarques Nir le plan, l.i ront le MTle de te» ouvrée*, par Lcpaii. Pans, 4819. in-fj.

i dan» le recueil de laeade-

WU.| avec 1m discours de Paul Bentua. 4* Da Yermibut ; de ut m Afftctibui deque Morbit cutaneis

Paris, 1634, in-4«, avec la Hideeine pratique dè Fabricio d'Aquapcndentc : ces dfux derniers ouvrages n'ont pani qu'après la mort de l'auteur.

5° Plusieurs consultations. S— v r.

CAMPOLONGO (Emmanuel), poèje et archéologue, naquit le 50 décembre 1738, A Naples, de parent» riches et qui ne négligèrent rien pour lui procurer une bonne éducation. Après avoir achevé ses éludes littéraires, il suivit un cours de philosophie, fréquenta les écoles de droit et de médecine, et acquit ainsi des connaissances très-variées. La fortune qu'il espérait lui permettant de se livrer a aon goat pour la poésie, il parvint bieotôt A faire des vers avec une extrême facilité , et II ne laissa guère passer l'occasion d'en composer. La mort de son onde, médecin du pape Benoit XIV, l'ayant obligé de se rendre A Rome pour régler les affaires de sa succession, il y fut promptement connu de tous les amis des lettres. Le cardinal Passionei témoigna le désir de voir le jeune poète en particulier ; il lui donna le sujet d'une pièce, et hit très-content de la manière dont il l'avait traité. Les poètes sont assez ordinairement de mauvais ménagera : Campolongo, qui ne s'était jamais mêlé de l'administration de sa fortune, s'aperçut un jour que ses revenus ne lui refusaient plus; il voulut s'occuper du droil et de la médecine; mais ser

— On a de Camiditroa quelque» portes Btic de» ieax «oraux.

. malgré lui A la littérature, et, en 1763, il accepta la chaire d'humanités au collège de Naples. Les talents qu'il développa dans cette place attirèrent à ses leçons une foule d'élèves ; mais les efforts qu'il était obligé de taire pour soutenir sa réputation comme professeur ne l'empêchèrent pas de publier successivement un grand nombre d'ouvrage» qui décèlent beaucoup d'invagination et une rare fécondité. Plus tard, l'académie Héracléenne l'admit au nombre de ses membres; et l'étude approfondie qu'il avait faite des inscriptions antiques le mit A mente de rendre A ses collègue» de grands service». Occupé de perfectionner plusieurs ouvrais qui devaient mettre le sceau à sa réputation, il ne prit aucune part aux troubles que Naples éprouva dans les dernières années du 18" siècle, et mourut du typhus au mois de mars 1801. On connaît de lui : 1° la Polifimeide, eonetli, Naples, 1759, in-8«; eoJid parafnui latine, ibid., 1763, in-4". Dans cette suite de sonnets, l'auteur s'est proposé de peindre le délire de Polyphème. Son biographe Roberti dit qu'il tient de Campolongo que cet ouvrage fut réimprimé dans toute l'Europe, et que les académiciens de Paris lui demandèrent son portrait pour le placer dans leur bibliothèque. 2" La Mertjellina, opéra peicatoria, ibid., 1761, in-8«. Cet ouvrage, dans le genre de l'irradia de Sannazar, est en prose mêlée de vers. Il est très-rare. B« La Gal- Itidê, ibid., 1T66, in-8\ 4» Il Proteo, ibid., 1768, in.8"; nouvelle édition, 1819, in-8?, avec la vie de l'auteur en latin, par Michel Roberti. C'est un recueil de vers italiens et latins dans lesquels Campolongo, niveau Protée , prend tour A lotir la forme

et modernes. La-

CAM

)a»dt trouve qu'il a complètement réussi. ( Voyait en r«wï#,édit. de 1790, t. 5, p. 465.) S" La Yolcaneide, |bid., 1776, in-8». 6* Le Smanie di Pluto, ibid., 1776, in-8*. Dans ce recueil du même genre que la PoUfemeide, l'auteur a peint la fureur de Satan, lorsqu'il voit une aine près de lui échapper. 7° Polifcmo ubbriaco, dittirambo, ibid., 1778, in-4°. 8° // peccatore continlo; quaresimale, ibid., 1778, 3 vol. in-12. Ses sermons offrent une peinture énergique des vices du siècle. Les critiques italiens, en convenant que l'auteur a beaucoup d'esprit et de vivacité, lui reprochent de tomber souvent dans l'enflure et l'exagération. 9° Cur$ut philologieus, ibid., 1778,

4 vol. in- 12. iW Sepulcretum amicabile, ibid., 1781,

5 t. in-4°. \\°L»thole*icon intentatum, ibid., 1782, tn-4° ; ouvrage utile aux archéologues. 12° Sereno tevenato, o tia idea tcoperta di Quinto Samonica, ibid., 1786, in-8* ; celle édiUon do Sanionicus, inconnue en France, a la même date que celle publiée à Leipsick par le savant Ackermanu, et qui est la meilleure que Ton ait de ce n>édecin-poëte. ( Yoy.

tÙUGMlXS.) W — s.

CAMPOMANÈS (don Pedro Rodrkjuez, comte de), célèbre ministre espagnol, directeur de l'académie royale, fondée en 1758 par Philippe V, et grand'eroix de Tordre de Charles III, naquit dans les Asturies, au commencement du 18° siècle. Il servit et illustra sa patrie par ses talents et son érudition, par ses vues élevées en administration et en politique, en même temps que ses ouvrages étendirent sa réputation dans toute l'Europe, et le mirent au premier rang des écrivains de sa nation. Il fut nommé correspondant de l'académie des belles-lettres de Paris, et, sur la présentation de Francklin, membre de la société philosophique de Philadelphie. Les auteurs espagnols du 18' siècle louent a l'en v i ses talents, sa probité, sa bienfaisance. Caharrus disait qu'il n'avait jamais vu un homme plus instruit, ni qui fût doué d'une plus étonnante mémoire, a Quelle louange, dit Cavanilles , n'est point a au-dessous de celle qu'a méritée cet excellent ci- « toyen, ce grand magistrat, ce savant sS éclairé 1 « Voy ez-le, comme directeur de l'académie de l'Iùs- « toire, donner l'exemple, dans ses ouvrages, du « bon got'it et de la critique. Voyez l'homme d'État a et le patriote instruire le |>euple , encourager sou « industrie par les écrits les mieux pensés ; démenti lier aux uns leur intérêt dans les progrès de l'a- « griculture et des fabriques, prouver aux autres « l'abus d'un genre de culture ou de commerce, « et leur apprendre à en substituer un autre plus « utile. Considérez-le eiiOn comme magistrat, et lift scz les ouvrages qui l'immortalisent. » (Obtervations sur l'article Espagne de ? Encyclopédie, Paris, 178S, p. 61 et suiv.) Les étrangers ne furent pas motos justes envers Campomanès. Hougainville, qui travaillait sur le Périple d'Hannon lorsque le savant Espagnol en publia une traduction en 1756, parla de ce travail avec beaucoup d'éloges. Robertson, dans son Histoire d'Amérique, juge en ces termes les écrits de Campomanès sur l'économie politique « Il y S peu d'auteurs, même parmi les

CAM

« plus versées dans le commerce, qui aient poussé

a si loin leurs recherches, avec une connaissance a aussi approfondie de ces différents objets, et avec a un plus parfait mépris pour les préjugés nationaux « et populaires, ou qui aient uui plus heureusement o le calme des recherches philosophiques avec le « zèle ardent d'un citoyen animé par l'amour du * bien public. » (T. 4, p. 415, note 88.) Campomanès s'éleva par son propre mérite. Il s'était acquis la réputation du jurisconsulte le plus habile et le plus désintéressé de toute l'Es|iagne, lorsque Charles III le nomma, en 1765, fiscal du conseil royal et suprême de Castille. Ce Ait par ordre de ce conseil qu'il publia plusieurs discours ét mémoires, entre autres ceux qui ont pour titre : Diteurta tobre el fomenta de la induitria popular, Madrid, 1774, in-8', cl Ditcurso sobre la éducation popular de lot artuanos y su fomento, Madrid, 1775, in-8*. Robertson dit, en parlant de ces deux ouvrages : « Presque tous les points de quelque importance a toucliant la police intérieure , les impôts, l'agric culture, les manufactures , le commerce, tant do- « mestique qu'étranger, s'y trouvent discutés. » Campomanès rédigea aussi , par ordre du conseil, un Mémoire $ur let approvisionnements de Madrid, 1768, 2 vol. in-8"-', et un autre Mémoire relatif aux abus de la mesta \), Madrid, 1791. Ce fut encore par un ordre du conseil que Campomanès publia un Mémoire en réponse aux lettrée écrites par Isidore de Carvajal, évëque de Cuença, Madrid, 1768, in-fol. Ce prélat avait écrit à l'archevêque de Thébes, confesseur de Charles III, que l'église d'Espagne était attaquée dans ses biens, dans ses immunités et dans ses ministres. Campomanès confondit aisément le zèle inconsidéré de l'archevêque. Il avait déjà publié, en 1765, un savant Traité sur l'amortissemeut ecclésiastique, 1 vol.in-fol„ et avait démontré I>ar l'histoire l'intervention constante de l'autorité civile pour empêcher les aliénations illimitées en des mains mortes. Cet ouvrage, S la suite duquel on trouve une notice des lois publiées à ce sujet en Espagne depuis les Gollis, fut traduit en italien, par ordre du séuat de Venise, et il en parut la même année, en 1777, deux éditions, l'une à Venise, 2 vol. in-4°, l'autre à Milan, 3 vol. in-8". Campomanès avait secondé le comte d'Aranda dans la difficile entreprise de l'expulsion des jésuites d'Espagne. Il avait aussi fait établir la liberté du commerce des grains, en publiant à Madrid en 1764 un mémoire sur ce sujet. Il s'était occupé des impdts, en rédigeant un mémoire sur les abus existants dans leur reparution, Madrid, 1757, in-4". Il avait travaillé à

(I) Ob appelle mutais réunion d'entiron »0,009 betr» a hine, roî*es sous la condaite d'an mjronil, qai s mus loi cinquante lier- «ers et cinquante (biens- Chique inc.su etl dinUec en dit twnpa gniw, dont les mérinos qui le composent appartienne!)! 1 diflérems propriétaires. On fait remonter a 1 ,200 ans l'usage de faire toTager le* mestas doux fois par an. Klles funl de rem tingl a cent qoaranle lteae», intimai M»,UW> homme » S l'ajrrieuiuire, el cassent des dcraattiioiis rentiderables sur les proprieua particulière», lloarjoing et de Uounle évaluent à 5 militons le nombre de» nouons voyagea». Les carie* ont loajonn en demande la snppresetOH d

Si 6 CAM

détruire la mendicité, en faisant imprimer, en 1763 et 1764, deux mémoires sur la police relative aux bohémiens; sur les moyens d'employer utilement les vagabonds et autres gens sans aveu. A l'avéncment de Charles IV, en 1788, Campomanès fut nommé président du conseil de Castille, et ensuite ministre d'Etat. A cette époque, il présida les cortès du royaume, et son crédit paraissait établi sur des bases inébranlables ; mais lorsque le comte de Florida-Blanca s'éleva dans la faveur du roi, Campomanès fut écarté du conseil et perdit tous ses emplois. Il supporta sa disgrâce avec courage et dignité, et mourut dans les premières années du 19* siècle, et non en 1788, comme on le dit dans le Dictionnaire universel, tout en lui faisant d'ailleurs composer un livre en 1791. Il nous reste à faire connaître quelques autres ouvrages de Campomanès : I* Dissertation historique sur l'ordre et la chevalerie des Templiers, Madrid, 1747. L'auteur traite «le l'origine, des progrès, des régies et de l'extinction de cet ordre. On trouve, dans le même ouvrage, des recherches historiques sur les ordres de St-Jean-de-Jérusalem , tic St-Jacques de Calatrava, d'Alcantara, de Montesa, du Christ, etc. 2* Antiquité maritime de la république de Carthage, avec le Périple dUannon , traduit du grec, avec des notes, Madrid, 1756 Campomanès a traduit le Périple d'Hannon sur l'édition d'Hudson, 1608. Il réfute, dans les notes, Henri Dodwcll, qui a nié l'authenticité de l'ouvrage du capitaine carthaginois, et donne une notice de toutes les éditions qui en ont été faites en Espagne et ailleurs. 3° Noticia geografira del reyno y caminos de Portugal, Madrid, 1702, in-8°. 4' Itinéraire des routes de poste, tant d'Espagne que de* pays étrangers, Madrid, 1762, in-S4, composé par ordre du roi Charles III. 5* Appendice à l'éducation des artisans, Madrid, 1775-77 , 4 vol. in H'. Campomanès expose dans cet ouvrage les motifs qui ont occasionné la décadence des arts et des métiers en Espagne. Le gouvernement envoya un grand nombre d'exemplaires des écrits de l'auteur sur l'industrie populaire et l'éducation des artisans aux évéques et aux gouverneurs de province, en leur ordonnant de les propager. 6« Avis sur la formation des lettres, Madrid, 1778. Campomanès, réfléchissant sur le mécanisme des lettres, crut reconnaître qu'elles pouvaient toutes se réduire à ces quatre signes, /, C, J, S, et cette observation devint la hase de son traité. On a encore de lui un discours historique sur les Droits de l'infante Marie à la couronne de Portugal, et sur ceux qui en émanaient en faveur de Charles 111 ; un discours sur la Chronologie des' rois Goths; une dissertation latine sur V Etablissement des lois et sur l'obligation de s'y conformer (I). Ce dernier ouvrage fut adressé à l'académie de Bastia en Corse, où il ne parvint qu'après la clôture du concours : il obtint cependant une mention hono-

(») Il » Uissê en outre : Jugement impartial fr le* lettre» de la c»ur de Hume m forme de fref, tendantes A déroger è certaine édite d* duc de Parme, et à lu duputer iuut et prétexte la tauterai- «etê temporelle, induit de Ye^»fm\ par d'HernIlly. P»ri» et Madrid, 177». S ,ol. tB-II. D-»-«.

CAM

rable. Campomanès traduisit encore de l'arabe, en 1751, avec don Miguel Casiri, deux chapitres do Livre d'Agriculture d'Ibn-el - Awam. 11 publia depuis une traduction du Traité des dieux et des hommes, attribué à Salluste, préfet des Gaules dans le 4* siècle. Il donna une édition de» ouvrages du célèbre bénédictin Fiejoo, dont il a écrit la vie, et une édition, avec des notes, du Projet économique de Bernard Ward. Enfin il a laissé manuscrite une Histoire générale de la marine espagnole. Tous ses ouvrages sont estimés, mais on préfère ceux qu'il composa sur l'économie politique. V — vk.

CAMPRA ( André), musicien célèbre, naquit à Aix, le 4 décembre 1660. Nommé maître de la chapelle du roi, il s'acquit une grande réputation par ses motets, qui lui méritèrent la place de maître de musique de la maison professe des jésuites et ensuite la maîtrise de la métropole ; mais bientôt, trouvant les bornes de la musique sacrée trop étroiles pour son génie, il s'unit aux premiers poètes de son temps et travailla pour l'Académie royale de musique, dont il fut un des plus fermes soutiens. On a de lui : 1° des cantates françaises, longtemps estimées ; 2° Recueils de motets à une, deux et trois voir, 1706, 1710, etc. ; 3° (tragédies-opéras) Hésione, 1700 ; Tancride, 1702; Télémaque, 1704 ; Alcine, 1705; Hippodamie, 1708; Iphigénic en Tauride, 1711 (en société avec Desmarets); Wotnénée, 1712; Télèphe. 1715; Camille, 1717; Achille et Déidamie, 1735 ; 4* les ballets suivants : l'Europe galante, le Carnaval de Venise, le Destin du nouveau siècle, Aréthuse, fragments de Lully, le Triomphe de l'Amour, tes Fêles vénitiennes, les Amours de Mars et de Vénus, les Ages, la Féte de l'Isle-Adam, les Muses rassemblées par l'Amour, et le Jaloux désabusé. Intermédiaire entre Lully et Rameau, Campra ne contribua pas moins puissamment qu'eux à tirer de la barbarie la musique française. Ses compositions, sans être aussi savantes que celles du créateur de l'harmonie, ont plus de naturel, plus de vérité que celles du Florentin, et présentent un progrès sensible vers le but indiqué au génie. Aujourd'hui elles seraient illisibles. Campra mourut à Versailles, le 29 juillet 1744, âgé de 84 ans. D. L.

CAMPS (François de), né à Amiens, le 31 janvier 1643, fut élevé auprès de son parent, M. de Serroni, premier archevêque d'AIbi, qui le choisit pour son grand vicaire et lui procura ensuite l'évechéde Pamiers; niais, n'ayant pu en obtenir les bulles, il en fut dédommagé par l'abbaye de Signy, diocèse de Reims. Il mourut à Paris, le 15 août 1723, âgé de 81 ans. Appliqué de bonne heure aux études historiques, sous la direction de Boutcroue, de du Cange, du P. Lecointe et de D. Mabillon, il commença à se faire connaître par sa Dissertation sur une médaille d'Antonin Caracalla, Paris. 1677. Le succès de cette dissertation le détermina a se livrer tout entier a l'étude des médailles; il en (it une collection, qui devint bientôt une de* plus belles de la France, et qui passa ensuite au maréchal d'Estrées, et de là au cabinet du roi. ( Voy. ni

CAM

Boze. ) Vaillant a publié l'explication des pins beaux médaillons en grand bronze de ce cabinet, sous ce titre : Selecta Numismata in are mas mu moduli, Paris, 1693, in-4°. L'abbé de Camps a été l'éditeur des Entrelient effectif de l'àtne avec Dieu sur Ut cent cinquante ptaumet, composés par de Serroni, auxquels il a joint un éloge de ce prélat. (Parts, 1688, S vol. in-8«; ibid., 1702, ibid.) Il avait aussi beaucoup travaillé sur l'histoire ; on a de lui un grand nombre de dissertations, soit imprimées, soit manuscrites, sur l'histoire de France, et dont un grand nombre ont paru dans le Mercure galant et le Mercure de France; la dernière édition de la Bibliothèque historique de la France en donne un catalogue qui en coiitient quatre-vingt-onze, mais on en trouve la liste la plus complète dans Y Histoire littéraire d'Amiens, par le P. Daire; elle y occupe 8 pages in-4«. B. M. P.

CAM PI LE. Voyes Léon III.

CAMULOGÈNE, général gaulois, dont César parle dans ses Commentaires, liv. 7. Il commandait en chef les Parisiens, dont le chef-lieu était Lutétie, lorsque Labiénus, lieutenant de César, s'approcha de cette ville. Camulogène, alors avancé en âge, mais ayant la réputation d'un habile capitaine, rassembla une armée nombreuse et se couvrit d'un grand marais qui était sur la gauche de la Seine et versait ses eaux dans celte rivière, au-dessus de Lutétie. Labiénus n'ayant pu forcer le passage, marcha sur Melodunum ( Melun ), dont la plupart des habitants étaient accourus à la défense de Paris, et se trouvaient dans l'armée de Camulogène. Le lieutenant de César passa la Seine à Melun, remonta la rive droite, et s'avança de nouveau vers Lutétie. Décidé à ne pas sortir de son camp, et craignant que Labiénus ne se fortifiât dans Lutétie, Camulogène mit le feu à la ville, en fit rompre les ponts, et garda sa position défendue par le marais, n'étant séparé des Romains que par le fleuve. Cependant, quelque temps après, on eu vint aux mains. La bataille se livra dans la plaine d'Issy et de Vaugirard. Les Gaulois combattirent avec un grand courage : Camulogène leur en donnait l'exemple, et, malgré son grand âge, se portait partout où ciait le danger. Le combat fut vif et opiniâtre ; mais enfin le chef des Gaulois tomba dans la mêlée et périt les armes à la main. V — ve.

CAMUS DE BEAUL1EU (Nicolas le), succéda au seigneur de Giac dans la faveur de Charles VIL Loin d'être effrayé de la fin tragique de son prédécesseur, que Richemont avait fait enlever et exécuter sans forme de procès, il abusa de son crédit avec une insolence inouïe, au point que les princes et les courtisans, indignés de l'arrogance du nouveau favori, prièrent le connétable de les en délivrer. Le Camus de Beaulieu fut assassiné près de Poitiers en 1426, et Richemont, servant son souverain malgré lui-même, et le défaisant, dit le président Hénault, d'une manière à la vérité bien audacieuse, des mauvais sujets dont il se laissait obséder, lui dit, pour toute justification, qu'en faisant bonne justice de Giac et de le Camus, il n'avait eu

Page 1