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en vue que le bien de l'État et la gloire du roi. (Foy. Giac. ) V— VE.
CAMUS (Jean-Pierre), évêque de Belley, né à Paris, le 5 novembre 1585, d'une famille originaire d'Auxonne, et connu par le surnom de Pont- Carré. Il se déclara hautement et avec courage contre les moines, â une époque où il n'était pas sans danger de les attaquer, puisqu'ils avaient des protecteurs puissants A la cour et pour appui un lwmme du caractère de Richelieu. L'évèque de Belley, ami de St. François de Sales, et qui se faisait gloire d'être son disciple, n'était ni assez adroit, ni assez courtisan pour calculer la direction la plus convenable à ses iulérêts. 11 était témoin des désordres où vivaient alors la plupart des moines mendiants; il connaissait leurs mauvaises mœurs et leur ignorance absolue, et il n'écouta que son zèle en criant contre ces abus ; mais ce même zèle l'emporta au delà des bornes que la charité aurait du lui prescrire. Dans ses écrits contre les moines, il montra beaucoup d'aigreur et de passion ; il les accablait de railleries et même de turlupinades, suivant le mauvais goût du temps ; il les comparait, avec leurs courbettes, à des cruches qui se baissent pour mieux s'emplir. « Jésus-Cbrist, « disait-il, avec cinq pains et trois poissons, ne « nourrit que 3,000 personnes, et qu'une seule « fois en sa vie ; St. François , avec quelques « aunes de bure, nourrit tous les jours, par un lui- « racle perpétuel, 40,000 fainéants. » Les titres seuls des livres que Camus publia contre les moines annoncent qu'il ne les ménageait pas plus dans ses écrits qu'en chaire et dans la société. C'étaient : le Rabat-Joie du triomphe monacal ; la Détapproprialion rUtuttrale; le Traité de l'ouvrage det moinet; le Directeur désintéressé, etc. Ceux-ci lui répondirent par des injures, et de IA uue lutte qui ne finit que par l'intervention du premier ministre. « Je ne trouve aucun autre défout en vous, lui dit « le cardinal, que cet acharnement que vous avez « contre les moines : sans cela je vous canoniserais, a — Mut à Dieu ! répliqua le pieux évêque, nous « aurions l'un et l'autre ce que nous souliailons : « vous seriez pape, et je serais saint. » Cette réponse peint le caractère de Camus, et suffirait pour le faire connaître. L'évèque de Belley écrivait avec une facilité étonnante ; et malgré les devoirs multipliés de son ministère qu'il remplissait tous exactement, il trouva encore le temps de composer, sur différents sujets, des ouvrages dont le nombre s'élève au-delà de deux cents. Son style se ressent de la précipitation avec laquelle il écrivait; mais il est abondant, vif, animé, plein de méUpliores, aussi ne manquait-il pas de lecteurs. Connaissant le goût de la multitude pour le merveilleux et les aventures où le cœur est intéressé, dans l'intention de remédier au mal occasionné parla lecture de ces sortes de livres, il écrivait des romans spirituels, qui eurent un très-grand succès dans le temps ; ils sont intitulés : Dorothée, Alcime, Daphnide, Hyacinthe, Cardie, Spiridion, Alexis, etc. Ce dernier est en 6 gros vol. in-8». On avait propose A Camus plusieurs été-
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chés, qu'il refusa constamment : « La petite femme
« que j'ai épousée, répondait-il, est assez belle pour « un Camus. • Après vingt annéea de travaux dans son évêché, il s'en démit, de l'agrément du roi , qui lui Ht accepter, en échange , l'abbaye d'Auna y en Normandie , où il so retira. Mais l'archevêque de Rouen, de Harlay, qui connaissait le aéle apostolique de Camus, le détermina i quitter sa solitude pour prendre la direction du diocèse avec le titre de vicaire général. 11 recommença la vie laborieuse qu'il avait menée à Hellay, visitant les pauvres, consolant les malades, tenant dea conférences, établissant des missions , et préchant lui-même très-souvent. Ses sermons se ressentent de sa facilité et du mauvais gont qui, do son temps, déshonorait la chaire, et dont Bourdalotie eut tant de peine à la purger. Les compilateurs d'anecdotes en citent plusieurs trait», dans le nombre desquels nous choisirons le suivant. 11 prêchait pour une prise d'habit, et il commença son sermon de cetic manière : « Messieurs , on recommande à vos charités une « jeune demoiselle qui n'a pas assez de bien pour « faire vo?u de pauvreté. • Camus, sentant renaître en lui le goilt de la retraite, vint établir sa demeure à l'hôpital des Incurables de Paris , dans le dessein d'y consacrer le reste de ses jours au service des pauvres; mais le roi l'ayant nommé à l'évéché d'Arras, il se soumit a cet ordre, et se disposait h se rendre dans son nouveau diocèse, lorsqu'il mourut le £6 avril 16,'iâ, Agé de 70 ans, sana vouloir se rétracter à l'égard dea moines. Il fut inhumé dans l'église des Incurables, comme H l ovait demandé. On a reproché à Camus de manquer île jugement; mais il était lo premier à en convenir, avec cette candeur qui lui était naturelle. I n jour, St. François do Sales se plaignait k lui de son peu de mémoire : « Vous n'avez pas, lui dit Camus, a vous a plaindre de votre partage , puisque vous avez la « très-bonne part , qui est lo jugnnmt. Plut à Dieu « que je pusse donner de la mémoire, qui m'afflige « souvent de sa facilité (car ello me remplit de tant a d'idées que j'en suis suffoqué en prêchant et même « en écrivant!, et j'eusse un peu do votre jugement ; « car do celui-ci je vous avoue que j'en suis Tort • court! a A ce mot. St. François de Sales se mit « rire, et l'embrassant tendrement, lui dit : « En vé- « rilé, je connais maintenant et que vous y allez tout a A la bonne foi. Je n'ai jamais trouvé qu'un homme a avec vous qui m'ait dit n'avoir guère de jugement, « car c'est une pièce de laquelle ceux qui en mnn- € quent davantage pensent en être les mieux four- ■ nis. a Les ouvrages de Camus ne méritent pas, pour la plupart , d'être tirés de l'obscurité ; on en trouvera la liste dans les Mémoire* de Nircron , t. 5«, p. 105-458. Nous nous contenterons d'indiquer comme les plus remarquables : 1° Iri Kvênemenlt singulier*, 6* édition, Paris, 4 Util), in-8". 4* L'Afoi finement des protestants de l'Eglise romaine, Paris, 1010; Itouen. 1618. In-8», réimprimé sou* le titre de Moyen* rit réunir les protestants arte l'Egiite romat'iu», Paris. 1705, ln-12, par le* soins et avec de* additions de Hteh. Simon. « L'ouvrage
« éq lui-même, dit Nlceron, est le meilleur qu'ait « fait l'auteur. (1) a 5° L'KiprU de St. François de Sala, éréqmt 4t Utnève, Paris, 4641, 6 vol. in-**. On doit donner la préférence a l'édition abrégée de 1737, 1 vol. in-8*, réimprimée plusieurs fois ; elle est dégagée de tout ce qui est étranger au sujet, et l'éditeur (Collot, docteur de Sorbonne)a rendu un véritable service aux personnes pieuses, en leur facilitant la lecture d'un livre utile et agréable. Camus prononça trois discours devant les états généraux de 16I4| ils furent imprimés à Paris, 1615, in-80 ; ce livre singulier et curieux est fort peu connu aujourd'hui, et n'est pas même indiqué dans la dernière édition de la Iiibliotkique historique dt la tVanct, ni dans le Moréri de 478», quoiqu'on y trouve une longue liste dos ouvrages de Camus. ( Vny. aussi la Gallia rhn'il.) VV — s.
CAMUS (Etienne le), cardinal, évêque de Grenoble, né à Paris en 1652, d'une illustre famille de robe, qui a produit un célèbre lieutenant civil, plusieurs procureurs généraux et présidents à la cour des aides, mena une vie galante et dissipée à la cour, où il était attaché par une charge d'aumonier du. roi. a On a, remarquait-il dans la suite, dit de «moi plus de nul que j'en avais fait alors, et de- « puis, plus de bien que je n'en mérite. * En quittant In cour, il se mil sous la direction de M. Pavillon, évêque d'Alelh, et il songeait a aller faire pénitenco dans la retraite, lorsqu'il lut nommé â l'évérbé de Grenoble en 1671 . Son premier mouvement le perlait h refîner, mais ses amis lui représentèrent sa promotion comme une faveur de la Providence, qui lui offrait ce moyen de réparer le scandale que sa vie pouvait avoir donné. Il se rendit à leurs conseils. L'arrivée du nouveau prélat dans son diocèse fut marquée par des actes do désintéressement, et il se livra sans réserve au salut du troupeau qui lui était conlié, se mit a la tète des missions, visita chaque année, pendant trois mois, environ cent paroisses, sans être rebuté par la difliculté des eliemins, dans un pays rempli de montagnes eacar|>ê>t et île gorges presque impénétrables. Il animait tout par son zèle, pénétrait les cœurs par l'onction de ses sermons, portait la paix dans les familles par un esprit de conciliation qui terminait tous lea différends, répondait d'uhondaniee aumônes qui excédaient souvent le revenu de son évêché. 8a vie domestique retraçait celle des évéquea do la primitive Eglise. Il couchait sur la paille, portait un cilié*, jeûnait une grande partie de l'année, fllisail une abstinence rontinuelle, ne vivait que de légumes, quoiqu'il fit servir de la viande pour les autres personm squi étaient à sa table. 11 fallut qu'Innocent XI l'obligât a manger du poisson, et que les médecin» le forçassent de se nourrir avec de n viande pour
(I) Hkitird Simon, qak n'ilmait pas Bouart, isslnn, imu «ni
editi..». qnc ce prélat, dtiu YEifmuw Ar la fei «i *><>/<#•;, uVlut (t«iT.'q?i.' If ropMe Je l'eteqne <I« ItelU-x, quoique le» oVtu aiilenr* n'rnwnt d'aolre re«einl>l>nre que d'avoir travaille ?iir le MPMf mjm cl dans ld ■*■>« tue*. L'objet, rte Caium ett it« ^n»averque la miuioo n'e*l pu inn«>»-ibl«. et 4e KfMiitcr Ut iiu>)CM d'i parvenir. Le» remarque* de ;JU>tord Swo» soat auwues ei
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le besoin de sa santé, pendant les cinq dernières années de sa vie. Il fut fait cardinal en 1686. Le chapeau avait été demandé pour M. de llarlay, ar- • chcvéque de Paris. Innocent XI, qui n'aimait pas co prélat , l'envoya de son propre mouvement à l'évéque do Grenoble (I). Ou le manda en cour. M. de Harlay était avec Louis XIV, lorsque le nouveau cardinal parut devant ce prince. Le monarque ayant voulu lui faire des reproches, l'évoque de Grenoble, qui se tirait toujours d'affaire par quelque plaisanterie, lui dit, en montrant son compétiteur ; « Sire, voilà le cardinal camus, et voici le ■ cardinal le Camus, » en se montrant lui-même. Celte plaisanterie lit rire Louis XIV, et la chose n'eut pa» d'autre suite. Lu de ses curés se plaignait un jour à lui de ne pouvoir empêcher ses paroissiens de danser les dimanches et fêtes : « Eh I mon- « sieur, répondit le prélat, laissez-leur au moins la • liberté de secouer leur misère • Le Camus mourut à Grenoble, le 12 septembre 1707 : les pauvres furent ses héritiers. Il avait fondé deux séminaires; l'un dans sa ville épiscopale, pour les ordinaiuls ; l'autre à Si-Marlin-de-Miseré, pour les jeunes gens qui se destinaient a la cléricature. La mémoire de ce saint évéque se conserve encore avec vénération dans le diocèse qu'il édilia par ses vertus et qu'il vivifia par son lèle. Il avait fait imprimer à Grenoble l'ordonnance du cardinal Carpegna, vicaire du pape, contre le luxe des femmes. Ce fut à sa sollicitation que Genest, depuis évéquo de Vaison, composa la Théologie morale de Grenoble. On a de lui un recueil d'Ordonnances synodales estimées; une Défaut de la virginité perpétuelle de la mère de Dieu, Lyon, 1680, in-li; un Traité de l'Eucharistie, pour l'instruction d'une personne de la religion réformée qui pensait à se faire catholique. ( Yoy. Claude. ) On trouve huit de ses leilres parmi celles du docteur Arnauld. Ambroise Lallouelle a donné l'abrégé de sa vie (Paris, 1760, in-ia de 67 p.). Gras-LHivillard, chanoine de St-André de Grenoble, a publié : Discours sur la vie et ta mort de M. le cardinal le Camus, accompagné d'une épitre qui contient l'état des fondations et legs du cardinal dans son diocèse, et un extrait de ses lettres, avec des notes critiques et historiques, Lausanne (Grenoble), 1748, ln-12. Ce discours est une oraison funèbre du cardinal, préchée à huis clos par le P. Molinier de l'Oratoire, dans un couvent de religieuses, parce que le Camus avait défendu qu'on lui décernât aucun éloge public après sa mort. Celte oraison funèbre a été mutilée en divers endroits par l'éditeur. T— d.
CAMUS (Juan le), frèré cadet du cardinal, conseiller de la cour des aides, puis maître des
(4) Le» patinoires du temps ont Milité S Mite occasion piuleur* anecdotes suspectes, au moi us dans leurs circonstance*. L'aube de Choisi raconte qu'an lieu d'attendre de recetoir i.i barrette des matnsda roi. Il la prit impatiemment de la main de l'abbe StrVfcBj, 1 Fr 4t la lui porter dtreclenesl, et que, des ce Même jour. H s'en cIjij pari en nuugtatU sa r«r<x/««. Il ««mi possible que IVpisrarunie des carottes eût aiMnè l'anecdoto de l'impatience peu emjsMe de ia part d'an prélat qol D'sceepla le carduwJal que sur le «o*ii rAraaaM et de Nicole, 4
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requêtes, intendant en Auvergne, et enfin lieutenant civil au Chfltelet de Paris, exerça pendant quarante ans cette dernière charge avec la réputation de l'un des plus intègres et des plus habiles magistrats de son siècle. Il mourut le 28 juillet 1710, âgé de 73 ans. Il a fait des notes sur la coutume de Paris, dont Ferrière enrichit la seconde édition do sa compilation de tous les commentateurs de celte coutume, 1714, 4 vol. in-fol. Le Camus publia aussi les Actes de notoriété du Châlelet, dont Dcnisart donna une nouvello édition, avec des notes, 176», in-4°. B— I,
CAMUS DE MELSONS (Charlotte le), de l'académie des Hicotrati de Padoue, est au nombre des femmes qui ont cultivé avec succès la poésie française; elle mourut le 22 juin 1702. Ses poésies, qui se trouvent éparscs dans divers recueils ou dans les journaux du temps, n'ont jamais élé réunies ; on en trouve quelques-unes dans Y Histoire littéraire des Femmes françaises, Paris, 1769, 2* partie, p. 122. André le Camus, son mari, était conseiller d'Elat. — Nicolas Casiis, docteur et professeur en droit à l'université de Paris, était natif de Troycs en Champagne. On connaît de lui : 1» Academia Parisiensis pro assertione juris sui adversus mancipum factionem Postulatio, ad Pomponium Bellevrœum, ejusdem res geslas carminé panegytico exponens, Paris, 1638, in-4». C'est une requête en vers latins qu'il avait adressée au premier président Porapone de Bolliévrc, pour soutenir quelques droits de l'université de Paris. 2° Ad Joan. Bapl. Colbcri Elegia, ibid., in-fol., sans date. .V il a été l'éditeur du Tércncc, ad usum Delphini , Paris, 107», in-4° ; Londres, 1688, 1709, in-8«. Les notes et commentaires qu'il y a joints font encore un peu rechercher celte édition.— Camus Bonaventure, cordélier, gardien du couvent de Toul, a composé un traité qui a pour litre : Eucharisties sacramentum txplicatum, Toul, 1636 ; Yoy. la Bibl. de Lorraine de D. Calmel. ) C. M. P.
CAMUS ( FitANçois-JosEPH des), né le 14 septembre 1672, à Pichomé, village près de Sl-Mihiel, en Lorraine, fit ses premières études sous les jésuites à Bar-le-Duc, et obtint ensuite, par le crédit de ses parents, une bourse au collège de la Marche, à Paris. Son cours de philosophie achevé, il entra au séminaire de Verdun, et en sortit au bout de deux ans, pour retourner a Paris, où il commença a se livrer à son génie pour la mécanique. Quelques machines de son invention, entre autres un carrosse qui avait ceci de remarquable , qu'il ne pouvait pas verser, et que les cahots y étaient insensibles, furent approuvées par l'académie des sciences, qui ouvril ses portes à des Camus en 1716. Encouragé par cet honneur, il publia un Traité des forets mouvantes (Paris, 1722, in-8°), ouvrage rare et curieux, dont on trouvera l'analyse dans la Bibliothèque de Lorraine, p. 219-223. Le marquis de Serbois attaqua quelques-uns des principes que des Camus y énonce sur le mouvement des corps, par une lettre imprimée dans le Journal des Savante, février 1723. Il lui répondit dans le même totnal,
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juillet 1724. Des Camus eut part à la nouvelle édition de la Mécanique de Varignon, donnée par de Beau fort, Paris, 1725, 2 vol. in -4°. On a encore de lui un Traité du mouvement accéléré par des ressorts et des forces qui résident dans les corps en mouvement, imprimé dans les Mémoires de l'académie des sciences, année 1728. Des Camus, qui n'avait d'autres ressources qu'un bénéfice peu considérable, passa en Hollande pour y faire l'essai d'une machine propre à soulager les rameurs ; il en fut rappelé quelque temps après; mais, ne recevant aucune recompense de ses travaux, il partit pour l'Angleterre en 1752, dans l'espoir d'y trouver un emploi plus utile de ses talents, et y mourut, sans qu'on sache précisément à quelle époque. Il avait été exclu de l'académie pour cause d'absence, le 4 décembre 1723. W— 3.
CAMUS (Charles-Etiknne-Louis), né à Cressy en Brie, le 25 août 4699, montra dés son enfance un goût naturel pour les mathématiques. Ses parents, malgré la modicité de leur fortune, cédèrent à ses instauces en l'envoyant faire ses études à Paris. Il entra au collège de Navarre : en très-peu de temps il surpassa tous ses condisciples. Après les devoirs de la classe, il trouvait encore le loisir de cultiver les mathématiques, et les progrès qu'il fit dans cette science l'ayant mis à même d'en donner des leçons, au bout de deux années il fut en état de se passer des secours de ses parents. A sa sortie du collège, il apprit la géométrie sous Varignon. En 1727, il concourut pour le prix proposé par l'académie des sciences, sur la Manière la plus avantageuse de mater Us vaisseaux. Bouguer remporta le prix ; mais le mémoire de Camus annonçait un talent si décidé, que la société qui n'avait pu le couronner s'empressa d'en recevoir l'auteur. Assidu aux séances de l'académie, il y lut plusieurs mémoires intéressants, dont les plus remarquables sont celui sur les Forces vives et celui sur les Dent* des roues et les ailes des pignons, imprimés dans le recueil de l'académie, années 1728 et 1733. Camus fut du nombre des académiciens envoyés dans le Nord pour déterminer la figure de la terre. De retour en 1737, il s'occupa d'un ouvrage sur l'hydraulique, qu'il communiqua à sa compagnie eu 1759. Des travaux si iiiqxnlanls furent enfin récompensés par la place d'examinateur des écoles du génie et de l'artillerie. La science des mathématiques avait fait d'immenses progrès depuis un siècle, et les livres élémentaires devenaient insuflismls. Camus sentit de quelle utilité serait pour les élèves du génie et de l'artillerie un ouvrage de ce genre, et ce fut pour eux qu'il composa son Cours de mathématiques, livre utile, mais cfracé par ceux qui ont paru depuis, et dont la meilleure édition est celle île Paris, 1766, 4 vol. in-8*. La société royale de Londres avait nommé Camus l'un de ses membres dès l'année précédente : il était déjà professeur de géométrie, et secrétaire |>erpétucl de l'académie d'architecture. Il mourut le 2 février 1768, laissant un grand nombre d'ouvrages manuscrits dont on ignore le sort. Grandjean de Fouchy prononça
son éloge, imprimé dans le recueil de l'académie des sciences, années 1768. W — s.
CAMUS (Antoine le), docteur régent de la faculté de médecine en l'université de Paris, né dans " cette ville en 1722, jouit pendant sa vie d'une assez grande réputation, due à la fois à ses formes aimables, à quelques talents littéraires, au caractère original de quelques-uns de ses ouvrages de médecine, et enfin à son habileté pratique. Il fit ses premières études à Clermont, les acheva au collège d'Harcourt, à Paris, et, à dix-sept ans, était déjà maître ès-arts à l'université. Étant devenu alors disciple de Ferrein, en 1742, il fut reçu bachelier à la faculté de médecine de Paris. Les épreuves de son baccalauréat eurent cela de remarquable, qu'elles fournirent au jeune le Camus prétexte à satisfaire son goût pour la poésie. Quelques-unes furent remplies en vers français. Reçu docteur, il débuta de même par dédier à la faculté un petit poème sur l'amphithéâtre que cette compagnie venait d'élever à ses frais : Amphitheatrum medicum, poema, Paris, 1745. Il se chargea ensuite de la jiartie médicale dans le Journal économique (de 1753 à 1765 ), et la traita avec beaucoup de talent. Le Camus devint célèbre ; les académies de la Rochelle , Châlons-sur-Marne , Amiens, etc., se l'associèrent. En 1762, il fut ap|>elé à professer dans les écoles ; il prononça alors un discours latin sur les moyens de faire avec succès la médecine à Paris. En 1766, chargé de professer la chirurgie française, il ouvrit aussi son cours par un discours français tendant à prouver que la chirurgie n'est pas un art difficile. Il mourut à Paris, le 2 janvier 1772, dans sa 50' année, après avoir publié, outre les ouvrages que nous avons déjà cités : 1* la Médecine de l'esprit, Paris, 1753, 2 vol. in-12; ibid., 1769, in-4", et 2 vol. in-12; 2° Âbdeker, ou l'Art de conserver la beauté, Paris, 1754, 1756, 4 vol. in-12; 3° Mémoires sur différents sujets de médecine. Paris, 1760, in-12; 4° Projet d'anéantir la petite vérole, Paris, 1767, in-4° et in-12; 5* Médecine pratique, rendue plus simple, plus sûre et plus méthodique, Paris, 1769, in-12 : il y en a un tome second,' avec son éloge par Bourru, 1772; il y a aussi une édition iu-1" ; 6° Maladies du district du cœur, Paris, 1772, 2 vol. in-12, ouvrage posthume qui devait être suivi des Maladies du domaine de l'estomac, et de celles des téguments ; 7* l'Amour et l'Amitié, comédie, 1703, in-44. Il avait publié, en 1757, In Amours pastorales de Daphnis et Chloé, traduites du grec de Longus, par Amyot, avec une double traduction, Paris, in-4". Cette double ou seconde traduction est de le Camus. Il lit, avec Dreux du Badier, Lebeuf et Jamct, l'Essai historique, critique, philologique, moral, littéraire et galant sur les lanternes, Dole, Lucnophiie, 1755, in-12. — On doit encore à Antoine le Camus une traduction du Pradium rutticum du P. Tanière, insérée dans différents numéros du Journal économique, années 1755 et 1756. — Louis-Florent, son frère, né le 4 juillet 1723, publia le Négociant, feuille périodique, depuis le 15 novembre 1762 jusqu'au 15 mars 1763, et la Bergère, pastorale, 1769, in-12. C. et A— m.
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CAMUS DE MEZIÈRES (Nicolas le), né à Paris, le 26 mars 1721, architecte, a publié sur son art plusieurs ouvrages utiles, et dont quelques-uns méritent d'être consultés : 1* Recueil* de différents plans et dessins concernant la nouvelle halle aux grains, Paris, 1769, in-fol., rare, 2° Dissertation sur Us bois de charpente ( avec Babuty- Desgodets ), Paris, 1765, in-12. 3° Le Génie de l'architecture, ou f Analogie des arts avec nos sensations, Paris, 1780, in-8\ 4* Le Guide de ceux qui veulent bâtir, Paris, 1781, 2 vol. in-8°; le but de l'auteur est de mettre les particuliers en garde contre les architectes qui leur funt adopter des plans ruineux. 5* 'l'unir de la force des bois, Paris, 1782, iu-8°. On lui attribue encore YKsprit des almanachs, analyte critique et curieuse det almanachs, tant anciens que modernes, publié sous le masque de Wolf dCOrfeuil, Paris (1782), 2 vol. in-12. Le Camus de Mézières • est mort à rage de 68 ans, le 27 juillet 1789. La halle aux blés de Paris a été construite sur les dessins et sous la direction de le Camus de Mézières. Un ouvrage de cette importance devait donner à son auteur une grande et durable réputation ; mais on a reconnu qu'il aurait du lui donner une étendue proportionnée aux besoins d'une ville immense. Alors le milieu du monument serait resté libre pour les voitures. Nous devons ajouter que, sous le rapport de la solidité, l'architecte ne s'y est pas montré assez instruit dans la science de la construction, puisque le gouvernement ayant été depuis obligé de couvrir ce milieu de la halle, et ayant désiré d'y faire exécuter une coupole en pierres, on a constaté les déchirements déjà manifestés dans les voûtes et dans les plates-bandes et les arcades des murs ex* térieurs. On peut cousulter sur cela M. Yiel, l'un des architectes nommés pour en faire l'examen, dans son ouvrage, art. des Voiles, U 3, p. 73, Paris, 1809, sur la halle au blé. W— s.
CAMUS (Armand-Gaston), né A Paris, le 2 avril 1740, avait fait dans sa jeunesse une étude approfondie des lois ecclésiastiques. Devenu avocat du clergé de France, l'électeur de Trêves et le prince de Salm-Sahn le choisirent aussi pour leur conseiller. Cependant il ne se livra pas aux espérances de fortune qui lui étaient offertes. Partageant son temps entre les devoirs de son état et la lecture des grands écrivains de l'antiquité, il aspirait a obtenir une réputation par les lettres. Buffon venait de publier son Histoire naturelle, et tous les esprits semblaient se tourner vers les études de celte science ; la traduction de Pline par Poinsinet avait été favorablement accueillie; Camus pensa qu'une traduction de Y Histoire des animaux d'Aristote, qui manquait encore à notre langue, ne pouvait paraître dans des circonstances plus heureuses, et il en forma l'entreprise sans être effrayé des difficultés, ni rebuté des longueurs d'un pareil travail : il y réussit, sinon parfaitement, du moins de manière à mériter des éloges (I). Cette traduction estimée lui ouvrit les portes
(I) OfM pendant U («erre que Maapeoo avait livrée aux anciens parlements «M Clans, reçu traçai, cl »v«cai fort occupe,
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de l'académie des inscriptions et belles-lettres. Avec un caractère froid et des dehors sévères, Camus était cependant enthousiaste. Il embrassa avec force les principes de la révolution. Député de la ville de Paris aux états généraux, il lut nommé l'un des secrétaires du bureau chargé de la vérification des pouvoirs des députés. La salle d'assemblée de ce bureau ayant été fermée pour les préparatifs de la séance royale, Camus en enleva les papiers, se joignit à ses collèges réunis au Jeu de paume, et prêta, l'un des premiers, le serment de ne point se séparer avant d'avoir donné à la France une constitution. ( Voy. Baii.ly.) Durant la session, il parut souvent à la tribune, présenta différents projets de finance, dénonça le Livre rouge où étaient inscrites les pensions payées par le trésor royal, eut la plus grande part à la constitution civile du clergé, la défendit avec force, et devint par là en butte à tous ceux qui professaient des sentiments opposés, et qui ne lui épargnèrent ni les injures ni le ridicule. Les travaux de l'assemblée constituante terminés, il se renferma dans les devoirs de la place d'archiviste à laquelle il avait été nommé, et rendit un service important aux lettres, en prévenant la dilapidation des papiers et des livres des corporations supprimées Député du département de la Haute- Loire à la convention, il s'y annonça par des mesures rigoureuses, provoqua un décret d'accusation contre les ministres, auxquels il attribua le désordre des finances, fut envoyé en mission dans la Flandre, et, a son retour, nommé membre du comité de salut public (1). Le 30 mars 1793, il proposa de mander Dumouricz à la barre, pour y rendre compte de sa conduite, et fit décréter que cinq commissaires seraient envoyés à l'armée avec le pouvoir de suspendre et de faire arrêter l«s généraux suspects. Camus fut lui-même un des commissaires ; mais, prévenu par Dumouriez, il fut arrêté avec ses collègues et livré aux Autrichiens (2). Détenu successivement a Maêstricht,
trouva le loisir de w livrer a ce Ira rail. Il w rangea du parti des parlementaires, écrivit contre le minisire, puis ferma son cabinet et se retira a AulcuiLDcja époux el prie, il se Irouta alors aux prîtes avec le besoin, et sachant bien le grec, il conçut l'espoir de trouver une ressource dans la connaissance de cette langue. Il alla à pied d'Auteuil chex la veuve Ilesalnt, qu'il ne connaissait pas, lui proposa la traduction qu'il comptait faire, lui demanda le texte, on diction- • naire et des avances : tout fui refilé, et Camus se mit des le Jour même a travailler avec celte ardeur consciencieuse qu'il menait a loot ce qu'il faisait. Sa traduction ne lui valut pas seulement une place a 1'acadrmie des belles lettres : après le relablisseroeiit des parlements, Il fut nommé avocat du clergé, et reçut, sans l'avoir demande, une des pensions que le roi accordait aux anciens avocats. Enttn le parti janséniste, auquel il s'était af&Hé, lui procura une brillante clientèle. D— * — ».
(4) Bien qu'absent pendant le procès de Loais XVI, il ne se montra pas moins acharné a la perle de ce prince. En décembre i79i, il proposa de déclarer Louis XVI coupable et ennemi de la nation; et de la Belgique ou il était en mission en janvier »79», Il écrivit pour voter la mort do tyran. D H IL
(9) Camus a écrit le journal de sa captivité, qoi ecl realé manuscrit, et dont Toulongeon cite un passage dans son Éloge hiêlorique i* A.-G. Ce***, Paris, 1*06, brorb. de ** p. Les commissaires de la convention furent d'abord transférés à Mous, où était le quartier-général du prince de Cobourg. Ce fut le colonel baron de Macs. , depuis général, qui fut chargé de leur déclarer qu'ils étaient retenus en otages pour la reine de France et son ttls et que leurs têtes en répondraient i qu'ils rossent a récrire à la
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Coblenti, Kœnigingratz et Olmûtz, il parvint a te
procurer du papier et des livres, et adoucit les ennuis de sa captivité en traduisant le Manuel d'Fpictète. Échangé contre la fille de Louis XVI, la 25 décembre 1785, il entra au conseil des cinq-cents, et en fut élu président. Nommé par la directoire au ministère des finances, il refusa cette place, resta au conseil, concourut à une foule do résolutions en matière d'administration et de finances, et en sortit le 20 février 1797. A celle époque, il reprit ses travaux littéraires qui ne furent plus interrompus. Il avait été nommé membre de l'Institut à la création de ce corps destiné à remplacer les académies supprimées. Assidu aux séances de la classe à laquelle il appartenait, il y lut plusieurs dissertations, et fut chargé par cette société de faire un voyage dans les départements réunis, pour y recueillir les manuscrits les plus importants pour l'histoire do France. L'oppositiou qu'il montra à l'établissement du gouvernement consulaire n'eut aucune influence sur son sort. Confirmé dans la place d'archiviste (I), il la remplit avec distinction jusqu'à sa mort, arrivée le 2 novembre 1804, à la suite d'une attaque d'apoplexie. Il s'était cassé une jambe quelques mois auparavant, et n'était point encore rétabli. Camus apporta dans toutes les fonctions publiques une grande probité et des intentions droites ; mais il fut entraîné au delà du but par la force des circonstances et la sévérité de son caractère. Il faut avouer que son opiniâtreté et son excès de confiance dans ses propres moyens justifient quelques-uns des reproches qui lui ont été faits. Il éiait d'ailleurs d'une piété sévère, et avait toujours dans sa chambre un crucifix de hauteur d'homme. Très-attaché aux principes du jansénisme, il montra dans toutes les occasions son opposition à la cour de Home. Ce fut lui qui contribua le plus à la réunion du comiat Venaissin, et qui fil éter au pape les annales et tous les autres avantages pécuniaires qu'il avait en France. Camus a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : #• Cotlt tnarrimomal, Paris, 1770,
Ici liort des terres de la république, n'avons aucun avis à donner i la convention. » leur rendit qu il» nYlaieut point la pour délibérer, et que Il république n'existait pas. « Kl tous en idMiculier. monsieur Cj- « mu», vous pourrlet être un peu plus réservé ; votre U'tc pourrait « ne pas être très-ferme sur vos épaule*. Songer que vous èle* ici « <n noire pouvoir. - Oui. dit Camus, tt litre dent ,ot ,•.,,..,(, dlMUMktn, en M prolongeant, finit par de» e>.cu.vs du colonel ; mais tel* étalent les bruits qu'on avait répandus sur leurs personne», qu'un offieier vint leur oVraander lequel d'entre u.\ était Nam: leur indignation répondit. D-»-«
[I) Le trait suivant donuera l'idée de la manière dont il remplit- Mil ses tonnions. Lors de l'établissement du consulat, on eut pour le rrrémonlal besoin d'un pion-s-verlul dont la uiuule était dépotée aux archives, la» premier consul envoya l'ordre de la remettra au porteur. Camus répondit qu'on allait a l'instant en tirer une
an porteur copte reriil
certifiée. L'n secoud messager, plus pressant, recul la réponse, vit les copistes occupes du travail, et de plus Camus lui dit que le premier devoir d'un archiviste était de ne jamais permettre le déplacement d une pièce originale déposée. Vu troisième m«*»çer ajouta avec instaure que, si l'autorité commandait, il faudrait bien ..Camus répondit : <r Lautoiite peut luit sur moi, ex- • cepte me faire manquer au* devoirs de ma place. » Ou attendit; U i-opie fut faite, portée, et Bonaparte cul U sagesse de donner un «toge public a U sivtre eu
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in-4». Le Ridant en avait donné une première édition in- 12, en 1706. Les additions qui se trouvent dans la seconde sont en grande partie de Camus. 2* Lettres sur lu profesiion d'avocat, et Bibliothèque choitie de» livre» de droit. Parts, 1772, in-11 ; 1777, même format; 1805, 2 vol. in 12. Cette édition est la plus complète d'un ouvrage estimé pour la partie bibliographique. L'auteur étant mort pendant l'impression, ce fut le savant notoire Uoulard (voy. ce nom), qui surveilla l'impression des dernières feuillet. 5° Uitioirede» animaux d'Arislole, traduite en français avec le texte en regard, Paris, 1785, 2 vol. in-4». Le texte a été revu sur plusieurs manuscrits. Les sa-
vants n'estiment pas beaucoup la traduction, niais elle est recherchée parce qu'il n'en existe pas d'autres. ( Voy. Ahibtotk. ) 4* Manuel *f Epiait* et Tableau de Cebit, présent d'un pire captif d te» enfante, Paris, 1796, 2 vol. in-18;2* édition, 1805, même format. 5° Notice d'un livre imprimé à Bombera en 1462 {voy. Prurren), Paris, an 7 ( 1709). in-4*, fig., et dans le 2* vol. des Mémoires de l'Institut, classe de littérature. 6* Mémoires sur la collection de* Grands et Petits Voyages {voy. But) et sur la
Collection des Voyages dé Mel Paris, 1802, in-4° ; ces mémoires sont curieux et bien faits, quelques exemplaires ont été imprimes format in-lbl. 1* Histoire et Procédés du polytypage et du itiréotypage, Paris, 1802, in-8», et t. 5* des Mémoires de V Institut* curieux. 8« Mémoire sur un livre allemand intitulé Tbeuer Danck, 1 vol. in-4*. et t. 5* des Mémoire» de l'Institut. ( Voy. Melch. PfMfUM. ) 9* Voyage dans les départements nouvellement réunis, Paris, 1 805, 2 vol . In- 1 8, ou 1 vol. in-4', intéressant pour l'histoire littéraire : c'est la relation de la mission que lui avait donnée l'Institut. Camus a eu part a la nouvelle édition de Denisart, 1785- 90, 0 vol. in-4» $ à celle de la Bibliothèque kittori*. que de France, et au Journal des Savant». On peut consulter les tables du Moniteur, qui contient ses rapports et ses discours aux différentes assemblées législatives ; enfin, pour des ouvrages littéraires, la liste très-complète qu'en a donnée M. Quérard dans la France littéraire (1). W — s.
CAM USAT (Jbas), célébra imprimeur-libraire sous Louis XIII, avait pris pour devise la Toison d'or, avec ces mots : Tegit, et quot tangit inaurat. C'était, |»our nn auteur, un titre à la faveur publique, lorsque Camusat s'était chargé de son manuscrit.
(I) Se» «loge funèbre i été prononcé sur son cercueil par i. 0».
lisle de Raies, qui, laissant de coté la flatterie, s'e»l exprimé ainsi
sur sen compte : « J'ai plus d'une fois dit a la personne d'Armand
S mon coeur, et je la dirai
« encore t sa cendre i i
« celle de Catou, fui loin (du moins dans ses opinions politiques; «traverser par tous les orages de la revolnliwt; ruais U déplu?* « dans quelques occasions Importâmes un grand caractère, mats t jamais un mal Individuel n'celiappa à sa nible*** ; maii tes er- « nnirs. quelque graves que les supposa l'homme qui no sait pat « pardonner, semblent asseï eipices par ses travaux littéraire*, par t son administration lulélaire aux hospices de Parts, et surtout par a trotsans de captivité. » Toulongeon prononça a l'Insiitut l'etoft de Camus, «Irja cité dans une des notes j ,n-8'tWA«n,
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11 dut à ta réputation de ne publier que de bons ouvrages, d'être choisi par l'Académie française pour sun libraire, lors de aa première organisation, au mois de n»rs iti." ï En cette qualité, il était tenu d'assisier aux séances, et d'y servir comme d'huissier. Les académiciens s'assemblèrent plusieurs fois cliez lui avant «l'être reçus au Louvre. Plusieurs fois il fui chargé de faire pour l'Académie des compliments ou des remercimeuts, cl il s'en acquitta fort bien. C'est le seul libraire sans doute par l'organe duquel un corps littéraire ait cru pouvoir s'expliquer dignement lorsqu'il ne le faisait pas luimême. Camusat publia le recueil suivant : JYVffociations et Traité de paix de Cateau-Cambresit, et ce qui s'est passé en la négociation de ladite paix, en 1359, Paris, 1837, in-4a. On y trouve une Remontrance faite sur l'injuste occupation de la Navarre par Ut roi» d'Ktpayne. et l 'Instruction tt ambassade de Jacquet Savary de Ismcoeme en Turquie, par Henri III, en loti.1). ( Voy. db Buèves. ) Camusat mourut en H 30. Il fut arrêté qu'on lui ferait un service, dit Pellis&on dans son Histoire de l'Académie Française i « et ce fut, ajoute- t-il, l'honneur « que cette compagnie rendit à son libraire. » C'était le second service funèbre que l'Académie faisait célébrer. ( Voy. IUudin. ) Le cardinal de Richelieu Ht alors demander la place de libraire pour Cramoisy ; mais l'Académie osa résister à la volonté de son protecteur, et nomma la veuve Camusat, qui fut représentée par son parent Duchesne, docteur en médecine. Ce dernier prêta serment pour elle, et ■ fut exhorté, dit Pellisaon, d'imiter la discré- « tion, les soins et la diligence du défunt. » V— vb.
CAMLSAT (Nicolas), chanoine de Troycs, ou il naquit en 1573 et mourut le 20 janvier 4055. C'était un prêtre vertueux, dont toute la vie fut partagée entre l'étude et les devoirs de son état. II était simple dans son maintien, < Irritable envers 1rs pauvres; la recherche des antiquités de son pays fut surtout l'objet de ses travaux. On en a la preuve dans les ouvrages suivants : 1" Chronologia ab orbit origine ad annum Christi 1 2*20, cuir appendice utque ad annum 4223, Troycs, ICOH, in-4*. Cette chronique, assez exacte, mais plus utile pour l'histoire de France que pour celle des autres royaumes, est l'ouvrage d'un religieux prémonlré, nommé Robert. L'abbé Lebcuf en a fuit imprimer deux suppléments dans ses Piècet jmtificativtt pour l'histoire d'Auscerre. Les prémontres de Lorraine en avaient promis une édition plus exacte que celle de Camusat, mais elle n'a point vu le jour. 2" Promptuarium tacrarum antiquitatum Tricassinm diœcesis, etc., ibid., 1610, in-8». Celte collection contient des pièces curieuses et de savantes notes. Pour l'avoir complète, il fout qu'il y ait à la fin un jlurfwariNm, qui manque dans la plupart des exemplaires. On reproche A Camusat de n'y avoir pas suivi l'ordre chronologique. 3* Hisloria Atbigentium, teu tacri belli in eot, anno tfS9*uscepti, etc , ibid., 1813, in-8». L'auteurde cette histoire, publiée par Camusat, est un moine da Citeaux, nommé Pierre des Vaux de Cernai, témoin oculaire des événements qu'il rapporte.
Sorbin a donné une traduction française de cette
histoire. 4» Mélanges historiques, ou Recueil de plu* sieurs octet, traités, etc., pour servir à l'histoire, depuis iô60 jusqu'en 1580, ibid., 1640, in-8» : il y a des exemplaires qui portent la date de 1644; maia e'esl la même édition. Celte collection renferme des pièces curieuses, parmi lesquelles on distingue las deux suivantes : Recueil sommaire des propositions et conclusions faitet en la chambre ecclésiastique des états de Blois de 4376, par Guillaume de Taix, doyen de l'église de Troycs. L'auteur, ennemi des factions, y découvre les vues secrètes de l'assemblée, et remarque que, parmi les membres dn clergé, les seuls évéques demandèrent la publication du concile de Trente, et que les chapitres, abbés et communautés s'y opposèrent. L'autre pièce est intitulée : Mémoires militaires du sieur de Mergey, gentilhomme champenois. Celait un bon et franc huguenot, qui écrivait simplement, eu 161S, ce qu'il avait vu. Il y a des détails curieux sur la St-Harthélemy, où l'auteur avait couru de grands risques. Camusat publia les Mémoires divers touchant les différends entre ht maitont de Montmorenci et de Chàtillon, etc., composés par Christophe llicher, ambassadeur de François 1" et do Henri II en Suède et en Danemark, Troycs, 1623, in-8°, livre curieux et estimé. Il a fourni à Ducliesne, à d* Achéry et A d'autres savants, beaucoup de pièces qui ont été insérées dans leurs collections. Charles V, en considération du P. de Villiers, dominicain, son confesseur, depuis évèque de Troyes, avait enrichi la bibliothèque des jacobins de cette ville d'un grand nombre de manuscrits précieux, et obtenu de Grégoire XI une bulle d'excommunication contre ceux qui les détourneraient ou les altéreraient ; malgré cette précaution, un prieur, qui en ignorait le prix, les- vendit A un papetier qui los mit dans la cuve; Camusat, instruit, mais trop lard, de ce vandalisme, ne put sauver du naufrage que des fragments de Ht. Prudence, et la charte de l'ancien coutumier de Champagne, qui est aujourd'hui à la bibliothèque royale. T— o.
CAMLSAT (Dkmis-Fbamçois), né A Uesançon, en 1603, était fils d'un avocat.au parlement de cette ville, et il étudia pendant quelque tenqw le droit, pour se mettre A même de suivre la profession de son père. Il s'en débouta promptement, son caractère inconstant ne lui | omettant pas de se livrer A rien qui exigeât de la suite. En 1716, à peine «fié de vingt-deux ans, il fit paraître une Hittoire des journaux imprimés en France. Cet ouvrage, faiblement écrit, supposait cependant dans son auteur des connaissances variées, et du moins celte espèce d'érudition qui consiste A savoir les titres et la date des livres; une seconde édition de cet ouvrage acheva d'en laite connaître l'auteur. Il vint alors A Paris, où il fut accueilli par quelques personnes de distinction, et nommé bibliothécaire du maréchal d'Estrées, qui l'envoya en Hollande pour y acheter des livres. Camusat s'y lia avec des libraires, qui t'engagèrent A se fixer dans co |«ys, pour y faire valoir ses talents. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, il ne se passa pas une année sans qu'il fit paraître
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quelques nouveaux ouvrages. Tous se ressentent de la précipitation avec laquelle il les a composés; mais il n'en est pas un seul qui ne décèle un homme d'esprit. Camusat était prompt à former des projets, mais il les abandonnait facilement, et il n'a même jamais terminé son Histoire critique des journaux, celui de ses ouvrages auquel il parait avoir tenu davantage, et le seul qui lui ait survécu. 11 est mort à Amsterdam, le 28 octobre 1732, dans sa 37« année, et dans un état voisin de l'indigence. On lui doit : 1* Bibliothèque française, ou Hitloire littéraire de la France, Amsterdam, 1723 et suiv., 3 vol. in-!2; Dusauret, Goujet et Grand ont continué cet ouvrage, qui a aujourd'hui 30 vol. 2* Mémoires historiques et critiques ( pour l'année 1732 ), Amsterdam, 1722, 2 vol. in-12. Bruzen de ta Martiniére a eu part i cet ouvrage : c'était une sorte de journal qui se distribuait tous les quinze jours. On y trouve divers morceaux de littérature qu'on chercherait vainement ailleurs, et beaucoup d'anecdotes ignorées. Quelques bibliographes donnent trois volumes a cet ouvrage ; nous n'en avons vu que deux, et Poullin de Fleins assure qu'il n'a en effet que deux volumes. 3° Mélanges de littérature tirés des lettres manuscrites de Chapelain, Paris, 1726, in-12. 4» Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, par feu l'abbé de Choisy, 5* édition, Utrecht, 1727, 3 vol. in-12 : Camusat a tait la préface et a retranché du manuscrit ce qu'il a jugé à propos. 5° Mémoires historiques et critiques sur divers points de V histoire de France et plusieurs autres sujets curieux, par François- Eudes de Méstrai, Amsterdam, 1732,2 vol. in-12. Mczcrai s'y explique avec beaucoup de liberté sur des matières délicates. Camusat, qui a composé la préface de cet ouvrage et une partie du second volume, a encore renchéri sur Mézerai, ce qui a fait proscrire cette édition en France. 6° Poésies de Chaulieu et de la Fare, nouvelle édition, la Haye, 1731 , in-12 : cette édition est précédée d'une lettre fort curieuse de Camusat à Dorville, professeur à Amsterdam, sur les Poètes qui ont chanté la volupté ; elle a été réimprimée dans la plupart des éditions suivantes. 7* Alfonsi Ciacconii Bibltotheta, cum notis, Paris, 1731, in fol. ( Voy. Chacon.) 8* Histoire critique des journaux, 1734,2 vol. in-12, publiés par Bernard. L'auteur, en 1716, avait fait imprimer un essai de cet ouvrage à Besançon, iu-4°, et l'avait fait réimprimer avec quelques augmentations en 1719, in-8"; les deux volumes publiés en 1734 ne parlent que du Journal des Savants, du Mercure galant, des Mémoires de l'académie des sciences, des Mémoires de l'académie des bfltes-iettres, et de quelques livres qui ont du rapport aux journaux. L'Histoire du Mercure galant et les deux notes sur Vertot et Fontenellc sont de l'éditeur, 11 est fâcheux que cet ouvrage n'ait pas été continué ; il est plein de recherches curieuses , et contient des notes précieuses sur plusieurs savants. Boucher d'Argis a donné YHistoire des journaux français de jurisprudence. ( Voy. Boucher o'Ahgis.) On a fait imprimer depuis : Essai sur le journalisme, depuis 1735, jusqu'à l'an 1800, Paris,
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octobre 1811, in-8". Le nouvel auteur s'accuse d'avoir travaillé, non pour son siècle, mais pour les siècles : c'est se donner un tort qu'il n'a pas. Camusat laissa la liste des ouvrages qu'il avait publiés et de ceux qu'il comptait publier jusqu'en l'année 1759, à laquelle vraisemblablement il voulait terminer sa carrière littéraire. L'un de ces ouvrages devait avoir pour titre : de Re futuari a veterum, et former deux volumes in-12 ; un autre intitulé : Système delà religion chrétienne, aurait eu 4 vol. in-12. Les Lettres sérieuses et badines que le Catalogue Faleonet attribue à Camusat sont la Barre de Beaumarchais [voy. Barre) ; mais Camusat y a eu quelque part. La Critique de la charlatanerie des savants, que quelques personnes attribuent à Camusat, parait être de mylord Carie. On attribue à Camusat une édition de Racine, précédée d'un Discours sur le Théâtre ancien et moderne. Il annonçait lui-même comme terminé un Dictionnaire historique, pour faire suite ù celui de Bayle ; mais, a sa mort, il ne laissa, dit Bernard, a que des recueils « en beau papier blanc, où l'on trouvait de temps en « temps quelques lignes qui marquaient la meilleure « intention du -monde, a W— 9
CAMUSET (l'abbé), né en 1740, consacra sa plume à la défense de la religion contre les attaques des philosophes. On a de lui : 1» Pensées antiphilosophiques , Paris , 1770. C'est une réfutation des Pensées philosophiques, de Diderot. 2* Principes contre f incrédulité, à l'occasion du Système de la nature, ibid., 1771, in-12. S« St. Augustin vengé des jansénistes, ou Réponse à la plainte d'un anonyme, au sujet de quelques propositions tirées des Principes contre fincrédulité , ibid., 1771 , in-12. 4» De l'Architecture des corps humains, ou le Matérialisme réfuté par les sens, par l'auteur des Principes contre l'incrédulité, ibid., 1782, in-12. 3* Pensées sur le théisme, ou Défense tTAli-Gier-Ber {Anacharsis Cloots), par l'auteur des Principes contre l'incrédulité. Cette défense prétendue n'est autre chose qu'une perpétuelle ironie, ibid., 1785, in-12. On lui doit encore une traduction de Y Esprit de la congrégation de Noire-Dame par Fournier de Matencourt. Nous ne pouvons assigner l'époque de ta mort de l'abbé Camuset. 'L—o.
CAMLTIUS ( André), médecin italien de Lugano, élève de l'école de Pavie, fut quelque temps professeur de physique et de médecine à cette université, pratiqua ta médecine à Milan, fut nommé, en 1564, médecin de l'empereur Maximilien II, et mourut en 1578. Il est auteur de quelques ouvrages oubliés aujourd'hui, et dont on peut voir la liste dans la Bibliotheca medic. Z.
CAMLZ, ou CAMIS (Philippe), un des plus féconds auteurs ou traducteurs de nos anciens romans de chevalerie, florissail en Espagne dans le 16° siècle. Lenglet Dufresnoy présume que c'était un Français ou un Wallon qui s'était réfugié en Espagne. Voici les titres de ses ouvrages : \» le Roman de Clamades et de la belle Claremonde, livre excellent et piteux, translaté de ryme du roi Adenes, Lyon, Jean de ta Fontaine, 1488, in-4*, gothique.
CAR
La 1™ Mit. est sans indication de lien ni date; on la croit imprimée à Lyon, vers 1430. Ce roman fut réimprimé arec quelques changements dans le titre, à Paris et a Troyes, sans date, in-4* ; et a Lyon en 1U20, in-8*. Ouverdier dit que Cainuz traduisit ce roman de l'espagnol, à la requête et commandement de Jean de Crouy, sieur de Cbimay. 2» L'Histoire d'Olivier de CastUle H Ârlus d'Algarbe, son loyal compagnon, tl de HHeine, fUle au roi d'Angleterre, et de Henry, fils dudit Olivier , qui grands faits dormes firent en leurs temps, translate du latin, édit. in-foi., gothique. 11 en existe une autre traduction, par le Gendre de Ridie bourg : Aventures de Clamades el de Claretntmde, tirets de r espagnol, par M. L G. D. R., Paris, 1733, in-12, fig., très-rare ; Lyon, 1545, in-4*;ibid., Paris, 1587, in-4*. Quoique le titre annonce, et que la Croix du Maine et Duverdier disent ce roman traduit du latin, la Monnoie
naux d'Olivier, de Lancelot. de Tristan, etc., avaient été écrits en cette langue. 5* La Historia de la linda Magalona, y tl tsforsado car aller o Pierro, Raeca.
1628, in-8». 4* Lioro del tsforsado cataUero D. Tristan de Leonisy, de su grandes htehos in armas, Se— ville, 1528, in- Col. Lenglet Dufresnoy croit que ce roman de Tristan est une traduction de faite par Camuz. 4* La Coronica de las rail er os Tablante de Rieamonle y Jofre kijo del tonde de Sason, sacada de las toronicas francesas, Séville,
1629, in-fol. 6» La Vida de Roberto tl Diablo. despues de su conversion Uamado hombre de Dios, Séville, 1629, in-fol. ; le roman de Robert le Diable est très-ancien ; il fut imprimé en français gothique à Paris, dans le 15* siècle, et a Lvon en 1496, in-44; il bit maintenant partie de la Bibliothèque bleue. La plupart des romans de Camuz, ou attribues à Camuz, sont anonymes. Barbier parle, dans son Die-
d'un Philippe Camuz, Poitevin, qui a traduit de Buchanan ï Histoire de Marie, reine d'Ecosse, Edimbourg, 1572, in-12. V— ve.
CANACHUS, sculpteur grec, frère d'Aristodès ( roy. ce nom | , naquit à Sycione, et florissait, suivant Pline, dans la 95* olympiade, 400 ans avant J.-C. Élève de Polydète, il n'égala point ce maître célèbre, parce qu'il conserva toujours dans ses ouvrages la roideur et l'apreié du style qu'on reprochait aux plus anciens sculpteurs. On pourrait conclure d'un passage de Cicéron que Canachus avait adopté et conservait cette manière plutôt par système que par imperfection. Les principaux ouvrages de Canachus, dont Pausanias parle fréquemment, étaient la statue d'Apollon Didyme, qu'il lit pour les Milesiens ; celle d'Apollon Isménien, pour les Thébains ; une l'ému assise, en or et en ivoire ; la statue de Bycellus, qui, le premier, montra aux jeunes gens l'art du pugilat; enfin, une des trois Muses dont il est lait mention dans une épigramme de Y Anthologie, attribuée à Anlipater ; les deux Muses étaient d'Ageladas et d'Aristodès.
fit encore, de concert avec Patrocle, trente et une i de bronze, qui furent érigées dans le temple
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d'Apollon, à Delphes, en l'honneur des chefs grecs vainqueurs des Athéniens au combat d'Egos-Po- Umos. L— S — ».
CAN'ALETTO ( A.ntoike Caxale, dit le), peintre, naquit à Venise en 1697, de Renard Canal, peintre en décorations de théâtre. Il suivit ut prode son pére, et montra dans ce genre une ensèes, une singularité et une promptitude d'exécution qui lui donnèrent bientôt de la réputation. Il se dégoûta de cette profession, et passa à Rome, ou il s'appliqua à étudier la nature et à peindre des ruines antiques. Revenu à Venise, il composa un grand nombre de vues de cette ville, qui sont liès-recherchées. Dans ses perspectives, le Canaletto se servait de la chambre obscure pour ce qui regarde l'exactitude des lignes, et avait soin de corriger les débuts qui en résultaient quant a la teinte de l'air. 11 est le premier qui ait appliqué a la peinture l'usage de cet instrument d'optique, en le bornant à ce qui peut être utile. Canaletto avait une telle liberté de pinceau, que les spectateurs peu instruits ne voyaient que la nature là où les connaisseurs remarquaient toute la profondeur de l'art. Le musée a six tableaux du Canaletto, tous d'un choix Iteureux et d'une finesse exquise. Ceux qui représentent le Palau datai et la Place de St-Marck Venise offrent de* effets admirables. On a publié d'après lui : l'rbis Venetiarum Prospectus célébrions, en 38 pl. gravées par Antoine Vicenlini, Venise, 1742, in-fol. Les principaux élèves du Canaletto sont Bernard Bellotto, son neveu, et François Guardi. Ils ont imité les belles lignes droites des fabriques de leur maître ; mais ils n'ont pas toujours eu son exactitude précise, et cette magie harmonieuse qui n'appartient qu'au Canaletto. S'il est permis de faire un reproche à cet artiste, il faut le blâmer d'avoir négligé une étude importante. (7 est souvent Tiepolo, dit le Tiepoietlo, qui a composé les ligures de ses tableaux ; mais le Canaletto a dû peut-être à cette heureuse défiance de lui-même l'avantage de se perfectionner dans le genre qui lui était propre. 11 est mort en 1768. A — D.
CANALS Y MARTI (Jiax Pablo), fils d'un fabricant d'indiennes de Barcelone, s'adonna à l'étude de l'histoire naturelle et de l'économie politique, et entreprit plusieurs voyages pour acquérir de nouvelles connaissances. Animé du désir de se rendre utile à ses compatriotes, il travailla à encourager et à rétablir en Espagne différentes brandKa d'agriculture et de commerce, et surtout celle de la garance. Ses travaux furent récompensés par la place de directeur général des teintures du royaume, que le roi lui accorda en 1763. 11 publia en 4789 un ouvrage sur la garance, dans lequel il rapporte ce que Duliamel avait écrit sur ce sujet, et ce qu'il avait appris par sa propre expérience. On y trouve aussi les diverses mesures et règlements que le gouvernement espagnol avait adoptes pour encourager la culture et l'emploi de cette plante. Cet ouvrage a pour titre : Colettion de lo pertrnetvnU al Ramo de la rubia o gransa en Espaha, Madrid, io-4*. L — 1E. CAP» AM (Jeaij-Baftute) , i
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qui fit les premiers pu vers la découverte de la circulation du sang, était né a Ferrare en 1515, et parmi ses aïeux comptait un de ces savants Grecs qui, sous le règne des Paléoiogue, vinrent s'établir en Italie. Sa famille a produit plusieurs lu mimes célèbres dans l'art deguérir, entre autres J.-B. Canani, médecin de Mathias Corvin et du pape Alexandre VI ; et c'est afin qu'on ne le prenne pas pour celui-ci qu'il est désigné sous le nom de Canani le June. J.-B. Giraldi, surnommé Cinthio, qui lui donna les premières leçons des lettres grecques et latines, concourut à tourner son goût vers l'anatomie, dont il avait fait lui-même un traité en vers héroïques, intitulé : de Uumani eorporit Pariibus. L'exemple de quelques parents qui se distinguaient dans la profession de médecin aclieva d'entraîner le jeune Canani vers l'étude de la médecine. Il eut pour maître en cette partie Antoine Musa Brasavola, qui était médecin du duc d'Esté, Hercule II ; et Marie Canani, son parent, qui était professeur d'anatomic à Ferrare, l'initia dans cette science. 11 fit sous celui-ci de tels progrès qu'il fut bientôt jugé digne de lui succéder. Ne se bornant point aux études anatomiques auxquelles il se livrait avec ardeur en particulier, il rassemblait chez lui plusieurs médecins des plus instruits pour les consulter dans les dissections qu'il faisait en leur présence; et de ce nombre étaient Marie Canani, François Vesalc, Jean Rodrigucz, connu sous le nom d'Amatus Lutitanut, Archange l'iccolomini, Hippolytc Bosehl, Jacob-Antoinc Boni. Pour s'aider, |»ar la comparaison, à faire des découvertes dans la suurture interne du corps humain, il s'appliqua en même temps à la zootomie , et fut, avant ï'age tic vingt-cinq ans, en état de publier un livre très-curieux, accompagné de vingt-sept planches, sous le titre de Afusculorum humant eorpori$ pic- , turala Dissen t > , in Bartholomœi Xigrisolii Ferrariensis patritii grattant, nune primum in luctm édita. On n'en connaît plus que six exemplaires, dont l'un est dans la bibliothèque publique de Ferrare, trois dans des bibliothèques particulières d'Italie, un dans celle de Dresde, et le sixième, qui avait été donné a Haller, a été acheté 50 sequins par ! milord Bute. Aucun de ces exemplaires n'indique le lieu ni l'année de l'impression, ni le nom de l'imprimeur. Les bibliographes croyaient que l'édition était de 1572, mais il a été démontré par Nicolas Zafferini, professeur de médecine à Ferrare, en 1809, au moyen de plusieurs témoignages d'auteurs contemporains de J.-B. Canani, qu'elle est de 1511 (1). Non-seulement il connut parfaitement j
(t) Ce volume est orné de S7 planches gravai sur cuivre par le fameux Jérôme Carpi. David Clément en hit mentinn dan* h M- | Hiotktqitt cvrieiue, i. 8, p. 191 ; mat* ni ee bibliographe ai **s I snccessciirs n'eu uni connu la irritable date. Ton* Uni cm de *S7J. Il est si rare que IVrul, maljjre louies ses recherches, ne l'a jamai* pn voir ei qn il «'a parle des ijreotivetles de Canani que d'après Aiaalm l.nsttanns {Hnicirr it ttnntonuf, t. «. p. 23}. l.'abbé Marmi dit qi'il ta avait sons Iw yen» on esemplaire ( Artiitlr. juH'f., I. t. p. 400), et cepiuxUat il n'eu a pas cm U date antérieure 4 1572. Tout.futi Vesale, dans VKmme* «henti**. fal- \ hpll, dit qu il avait lu h mjologie de Ca.iani loruiu it mit au jour •nu traité ** Corytri, k*m<$»t f «*< <rt ; et f*i onvraf» fut imprimé 1
réconomie et le jeu des muscles, mais encore, ainsi que l'avoue Fallope, ce fut lui qui découvrit dans la palme de la main celui qu'on appelle palmaire brève, et que Galion n'avait pas même aperçu. Bientôt après, mais avant 1546, où personne encore n'en avait parlé, il remarqua et fit observer a ses disciples, dans quelques veines du corps humain, ces semilunes membraneuses, appelées valvules, qui indiquaient la circulation du sang. Cette observation fut portée à Padoue par Fallope, qui était le grand ami de Canani. Lui-même, vers 154T, fit part de cette découverte au fameux André Vesale, qu'il rencontra a Ratisbonnc, où il venait d'être appelé par le frère du duc Hercule II, François d'Esté, qui y était tombé malade. On ne comprend pas, d'après cela, comment Aquapendcnte, qui fut élève de Fallope, a pu dire, en 1005, que les valvules avaient été primitivement reconnues par Snrpi , quoique tous les disciples de Canani, devant lesquels cdui-cl en avait démontré l'existence, eussent attesté qu'elles leur avaient été manifestées par lui bien antérieurement. Morgagni lui-même, a qui furent dédiées les oeuvres d'Aquapendente, en convient dans la quinzième de ses Epist. anatom., §§ 65 et ©T. Cest un frit que le savant Haller a constaté dans ses Éléments de physiologie, 1. 1", p. 15T. Exercé aux opérations chirurgicales, Canani inventa plusieurs instruments pour faciliter les plus délicates, entre autres, un trèsingénieux, pour perforer le gland à un enfant de deux ans dont le sexe semblait équivoque, parce que les évacuations urinai res se frisaient par une ouverture qu'elles s'étaient forcément procurée. Cest à lui qu'on doit encore l'instrument appelé Rocehem (petite quenouille), pour débarrasser l'abdomen, I l'estomac, ou d'autres parties creuses , des globules qui s'y forment quelquefois, l a réputation extraor-* dinairc que J.-B. Canani avait acquise le fit nommer par le pape Jules III, alors tourmenté de la goutte, son premier médecin. II se rendit a Rome, et |»rvint i soulager le pontife qui, pour le rendre apte aux meilleures récompenses qu'il pût lui donner, l'engagea à entrer dans l'état ecclésiastique. On n'a pas dit positivement qu'il l'ordonna prêtre; mais cela est présumable, car on voit qu'en 1559 Canani était qualilié de révérend, et que l'année suivante il fut promu à la cure et à l'aahiprêtré de Ficarolo dans le diocèse de Ferrare, sans toutefois être obligé à résidence. Depuis la mort de Jules III, il était revenu dans sa patrie, où il s'était remis à exercer la médecine. Pour se délasser de ses travaux, il s'amusait a faire des vers. Le duc Alphonse le nomma l>remier médecin de tout le duché de Ferrare; et en
poor ta première fais en 1513. (IVjr- Vesale.) On Ignore les disons qui détnnraérrnl Canani de publier la seconde partie de mm onvrjfe, laquelle était teuj preste longue la première parut. Il «al vraisemblable que le succès du traie de Vesale lai fit arrêter 1 unpression de rrlle seconde partie, et supprimer Util qu'il le pot les exemplaires de la première, circonstance qui peut servir a es expliquer reitréme rareté. On assure qae Canani avait composé dm i aultes «««rages : l'un contenait se» essais anaiomiqmw sor le* animaux, et l'autre ses observations snr les maladies qu'il avau ea l'occasion ne traiter ; mats II* n'ont pts été publiés depuis u mort, et l'on n'en conseil suenn minnwrii. W— «.
MM qualité, il répondit à l'attente du prince et à celle do public. Parvenu au faite de la gloire, comme médecin, comme anatomiste, comme chirurgien, il termina sa carrière le 29 janvier 4579. Sa réputation était si éclatante et si bien établie, que la plupart des auteurs de ce temps-là crurent se devoir a euxmêmes de le louer dans leurs écrits; et l'on regrette bien vivement que son traité des Muscles, dont il n'avait publié qu'une partie dans le livre que nous avons cité, n'ait pas reçu le complément qu'il s'était proposé de lui donner. C.
CANAPE (Jean), selon laCroix du Maine, médecin de François 1**, vers 1542, et lecteur des chirurgiens de Lyon, mérite que son nom soit conservé parmi les bienfaiteurs de l'humanité, pour avoir, le premier, enseigné la chirurgie en français, et traduit dans cette langue plusieurs ouvrages latins, où ne pouvaient puiser les élèves en chirurgie, alors trop peu instruits. Ces ouvrages sont : r Deux livret des Simplet de Galien, tacoir, le cinquième et le neuvième, Paris, 1555, UH6; 2' Livre de Galien, traitant du mouvement iet muscle i ; y l Anatomie du corps humain, écrite par Galien, Lyon, 4583, 4841, in-8»; 4» Y Anatomie du corpt humain, écrite par Jean Vaste, dit Yassaus, Lyon, 1542; 5° les Tables anatomiquet dudit Vastceiu. ti Commentaire! et Annotations sur le prologue et chapitre singulier de Gui de Chauliae, Lvon, 1532 ; T Opuscules de divers auteurs médecins, Lyon, 1352 in-12. 8" U Guidon pour les barbiers et les chirurgiens, Lyon, 1538, in-42; Paris, 1563, in-8«; 1571, in-12. Z.
CANAPLES (le sire de) , servit avec distinction sous François 1*» et Henri 11. En 1523, sous la conduite du vieux la Trémouille , il contribua à l'expulsion des Anglais de la Picardie, sauva pré* de Corbie le sire de Créqui, son oncle, dont il était le guidon, en le dégageant d'un gros d'ennemis; et, n'ayant garde avec lui que vingt gendarmes, il se défendit dans un défilé contre 2,500 chevaux, pour laisser an sire de Créqui et à sa petite troupe le temps de gagner Amiens ; enfin , accablé par le nombre, il fut fait prisonnier avec sept gendarmes : le reste avait été tué. En 1326, lorsqu'une fusée termina si singulièrement les jours du sire de Créqui, à Hesdin, en entrant par sa bouche et brillant ses intestins, disent les historiens du temps, ie sire de Canaples , qui était à côté de son oncle , eut le visage brnlé et manqua de perdre la vue. Nommé gouverneur de Montreuil , Il obtint en 4525 que le parlement de Parts sacrifiât six mois de ses gages pour l'approvisionnement de cette place. Il y fut assiégé l'an 1537 par les Anglais, que commandait Fions d'Egmond , comte de Bures. On avait retiré de Montreuil presque toutes les munitions, pour les mettre dans la place de St-Pol , que le général auglais venait d'emporter; il avait fait passer au fil tle I'épée toute la garnison , et menaçait du même sort celle que commandait Canaples. Ce guerrier n'avait avec lui «me 1 ,000 légionnaires et deux cents gentilshommes de 1 arriére-ban de Normandie; il manquait de munitions; cependant il attendit, pour demander * capituler, qu'une partie des remparts fut
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renversée par l'artillerie, et il obtint des conditions honorables. En 1552, le sire de Canaples fut un des volontaires qui, avec trois priuces du sang, les deux fils aiués du connétable Anne de Monlmoreuci, les la Trémouille, les Morteruar, les fiiron et un grand nombre de gentilshommes français, vinrent se reunir au duc de Guise pour défendre la ville de Metz contre Charles-Quint, et il se distingua dans ce siège mémorable. — Canaples, uiestre de camp du régiment des gardes , après la mort du niaréclul de Créqui , son père, força, l'an 1027, le duc de Buckingbam , qui avait débarqué dans l'Ile de Ré avec 3,000 Anglais soutenus de cinq cents Rocltelois , à se rembarquer. Canaples n'avait avec lui que 12,000 hommes. Y — ve
CANARD ( Nicolas -François), ancien professeur à l'école centrale, puis au collège de Moulins, mort en 1833, dans un âge avancé, occupa ses loisirs à des ouvrages de mathématiques et d'économie politique. On a de lui : 1* Moyens de perfectionner le jury, Paris, 1802, in-12. 2° Principes d'économie politique, ibid., 1802, in-8«>. 3° Projet d'organisation de la procédure criminelle, précédé de l'analyse des principes de cette procédure, ibid., 4803, in-12. Ces deux ouvrages ont été couronnés par l'Institut. 4° Traité élémentaire du calcul des équations), ibid., 1808, in-8°. 5* Eléments de météorologie, ou Explication de* causes et des effets de la gelée, de la neige, de la pluie, des venu, det trombes, des aurores boréales, de l'arc-en-ciel, du tonnerre, ibid., 1824, \o-l2.Q* Mémoire sur les causes qui produisent la stagnation et le décroissement du commerce en- France, H qui tendent à anéantir /'mduslrii commerciale. Moyen simple de let faire cesser, Paris, 1828, in 8» de 52 p. bans ce mémoire, l'auteur signale les traités avec les États-Unis .d'Amérique et avec l'Angleterre, comme la cause de la décadence commerciale de la France. On a dit que madame Elisabeth Celnart, fille de ce savant et studieux professeur, se proposait de publier les écrits posthumes de son père. L — o.
CAN AVER! (Jean-Baptiste), ôveque de Verceil, naquit le 25 septembre 4753, à Borgomaro, où son père exerçait la première magistrature U commença ses études à Giaveno , et les acheva dans l'université de Turin, où il fut reçu docteur a l'âge de dix-huit ans. 11 entra ebez les oraloriens de la même ville. Aucune science ne lui paraissait étrangère. Il était à vingt-cinq ans l'admiration des savants qui se réunissaient chez lui pour jouir de ses entretiens. Ce fut surtout dans l'éloquence de ht chaire qu'il se distingua; il improvisait tous ses discours. Victor- A médée l'honora de son estime. Caaaveri établit, sous la protection de madame Victoire , sœur du roi, use maison pour les damea nobles qui désiraient se retirer du monde, et fit les plus sages règlements pour cette institution , qui existe encore. Nommé à l'évéché de Bielle en 1797, il fut sacré à Rome le 8 aont. Sur l'invitation de Pie Vil, U s'en deutit, en 1804, à l'exemple de tous les prélats du ci devant Piémont; et, ton de la nouvelle organisation, des diocèses, il lut ulacé . le
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4" février 4805, sur le siège de Verceil , auquel se trouvait réuni l'évèché de Bielle. Bientôt après , il fut nommé premier aumônier de madame Mère, et membre du conseil de la grande aumoncrie. 11 mourut dans son diocèse, le 13 janvier 4811. Son oraison funèbre fut prononcée à Bielle et à Verceil. On a de J.-B. Canaveri des panégyriques imprimés, entre autres ceux de St. Joseph, et de St. Êusèbe, évèque de Verceil ; plusieurs lettres pastorales en latin et en italien , sur VObéissance due aux souverains , etc. ; mais l'ouvrage le plus considérable de ce prélat est celui qui a pour titre : Jfolizia compendiosa dei monaslerj délia Trapa fondait dopo la rivoluzione di Francia, Turin, 1794, in-8". L'auteur, dont le style est estimé , a laissé plusieurs manuscrits qu'on se propose , dit on , de faire imprimer. V— VE.
CANAYE (Philippe, sieur de Fiiesne pe), né à Paris en 1551 , de Jacques de Canaye , célèbre avocat , qui avait été nommé pour travailler à la réforme de la coutume de Paris , fut élevé dans les principes du calvinisme. A l'âge de quinze ans , il voyagea en Allemagne et en Italie, et profita même d'une circonstance favorable pour se rendre en Turquie. H écrivit la relation de son séjour à Constantinople, sous le titre iVEphémérides, et revint a Paris, oh il suivit le barreau pendant quelques années avec une assez grande distinction. Henri III le nomma conseiller d'État, place qu'il remplit de manière à se concilier l'estime des personnes mêmes qui ne partageaient pas ses opinions. Henri IV le fit président de la chambre mi-partie de Castres, et il s'acquitta de ses nouvelles fonctions avec beaucoup d'intégrité. 11 fut ensuite employé à des commissions délicates, tant en Angleterre qu'en Allemagne , avec le titre d'ambassadeur. Chargé d'assister a la célèbre conférence qui eut lieu à Fontainebleau, en 1600, entre Duplcssis-Mornay , pour les calvinistes, et Duperron, évèque d'Évreux, pour les catholiques, Canaye fut ébranlé dans sa croyance, il eut ensuite a Venise, avec le P. Possevin, des conférences qui le déterminèrent a abjurer le calvinisme. Le pape Clément VIII le félicita de sa conversion par une lettre fort obligeante, et ce fut probablement à cette circonstance qu'il dut d'être nommé , l'année suivante , ambassadeur à Venise , avec la commission de terminer les différends survenus entre cette république et la cour de Rome ; il y réussit à la satisfaction des deux parties. Il mourut à son retour en France, le 17 révrier 4610. Philippe de Canaye était un honnête homme, voulant sincèrement le bien ; mais il n'était |>as grand politique ; aussi ses lettres et ses mémoires, relatifs aux diverses ambassades dont il avait été chargé, présentent peu d'intérêt. Ces pièces ont été recueillies par le P. Robert ( Regnault ) , minime, avec une vie abrégée de Canaye, Paris, 4635-36, 5 vol. in-fol. Les pièces les plus importantes sont, au 4*' volume , le procès du maréchal de Biron, rédigé par de la Guesle, procureur général , et au 3*, l'histoire des démêlés de la république de Venise avec Clément VUI et Paul V W— s.
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CANAYE ( Jean de ), jésuite, né à Paris en 4594,
professa les humanités dans cette ville , au collège de Clcrmont , fut ensuite recteur du collège de Moulins, puis de celui de Blois; s'acquit quelque réputation comme prédicateur, et parvint à être nommé supérieur des hôpitaux de l'armée de Flandre. Il est moins connu par ses talents et par les emplois qu'il a exercés que par un petit ouvrage inséré dans les œuvres de St-Evremond , intitulé : Conversation du maréchal d'Hocquincourt el du P. Canaye. Quelques-uns attribuent ce morceau à Charleval. L'auteur a eu pour but de jeter du ridicule sur les principes des jésuites, concernant la grâce. Rien de plus ingénieux que le cadre qu'il a imaginé. Les caractères des deux interlocuteurs sont parfaitement soutenus , et le contraste de la franchise un peu grossière du vieux guerrier avec la circonspection et l'embarras du jésuite est trèsplaisant. Le P. Canaye est auteur : 4* d'un Recueil de lettres des plus saints et meilleurs esprits de l'antiquité touchant la vanité du monde, Paris, 4628, in-8° : l'abbé du Marolles (roy. ce nom ) faisait cas de ce recueil; 2* des vers français et latins, imprimés dans le volume intitulé : Ludoviei XIII triumphusde Rupella capta, Paris, 1628, in-4°. Il est mort à Rouen, le 26 février 1670. W— s.
CANAYE (Etienne de), arrière-petit-neveu de Philippe, et cousin germain de Jean, dont on vient de parler dans les deux articles précédents, naquit i Paris, le 7 septembre 169 i. 11 était fils et petit-fils de deux doyens du parlement. Après qu'il eut fait son cours de théologie au séminaire de St-Magloire, son père le pressa de prendre une charge de conseiller-clerc, et ce fut pour se soustraire à ses import uni tés qu'il entra, en 1716, dans la congrégation de l'Oratoire , dont le P. de Latour, son proche parent , était général. Il professa la philosophie avec beaucoup de distinction au collège de Juilly, en sortit en 1728, pour complaire à sa famille, et fut reçu, la même année , de l'académie des inscriptions. Le recueil de cette compagnie ne renferme que trois mémoires de lui ; ils sont écrits avec un ordre, une précision et une élégance qui les font lire avec le plus grand intérêt, et donnent du regret qu'il n'en ait pas multiplié le nombre. Quand ses amis lui reprocliaient, à cet égard, de ne pas enrichir le public du fruit de ses études : « Je veux toujours deuieu- « rer dans la foule, leur répondait-il. En littérature, « comme au théâtre, le plaisir est rarement pour les « acteurs. » Le premier de ses mémoires est intitulé Recherches sur l'Aréopage. 11 y expose l'origine el la fondation de ce tribunal , examine les qualités des juges , la forme de l'instruction et le jugement des affaires. La connaissance profonde qu'il avait de la langue grecque et son goût décidé pour les matières philosophiques l'avaient déterminé à débrouiller le chaos de l'ancienne philosophie. 11 donna des Recherches sur U philosophe Thaïes , chef de l'école ionienne , et des Recherches sur Anaximandre, son disciple. On y trouve des dissertations intéressantes sur leurs viea , leurs découvertes en astronomie, leur système toucltant les
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causes premières ; et, de l'examen approfondi de ce système , considéré sous tous ses rapports , il tire des conséquences peu favorables à la doctrine de l'école ionienne. Sa paresse naturelle, son indifférence pour la gloire littéraire, le désespoir de jamais pouvoir tirer quelque chose de satisfaisant de l'ancienne philosophie, la crainte peut-être de se voir engagé dans la guerre qui commença vers cette époque entre les philosophes et les théologiens , le déterminèrent a quitter cette carrière, et sa retraite fut l'objet d'un mémoire très-piquant , qu'il lut à l'Académie, mais qu'il n'a pas jugé à propos de rendre public. Cette retraite ne fut pourtant pas entièrement oisive. C'est ce qu'attestent ses livres, chargés de notes savantes, surtout son Homère, pour lequel il avait une telle passion, qu'il le savait presque tout par cœur. L'auteur de son éloge, parmi ceux de l'académie des inscriptions, dit qu'il avait fait dans sa jeunesse, sur Florent Chrétien, des notes intéressantes qui furent perdues, à son grand regret, par la maladresse de ses domestiques, qui n'en connaissaient pas le prix. L'anecdote est rapportée d'une manière bien différente par l'abbé de St-Léger : il dit que Florent Chrétien , grand-oncle de l'abbé de Canayc , avait rempli un tonneau de corrections et de remarques sur les auteurs grecs, écrites sur de petites bandes de papier; que Canaye, enfant et fort espiègle , ayant découvert le tonneau dans le coin d'un cabinet, s'amusa, avec ses frères, à brûler, déchiqueter, faire voler ces morceaux de papier, de sorte que le tonneau fut bientôt vide. L'abbé de Si-Léger ajoute , ce qui supposerait une indifférence peu honorable dans un homme de lettres, que Canaye, a quatre-vingts ans , riait encore aux éclats de cette espièglerie de son enfance , qui avait causé une perte irréparable. Le même bibliographe raconte que d'Alembcrt , ami de l'abbé de Canaye, auquel il a dédié son Estai sur let gent de Utlret, lui ayant présenté le manuscrit du discours préliminaire de ¥ Encyclopédie, l'abbé, après l'avoir parcouru , le jeta au milieu de la cliambre , en disant : « Fi doue 1 cela ne vaut rien ; » qu'ensuite il le révisa, le retoucha, fit des retranchements et de nombreuses additions, lui donna de la couleur, de la vie, et en lit un chef-d'œuvre. (Rem. à ta tuile de la notice de Mercier St-Léger, par M. Chardon de la Rochette. J L'abbé de Canaye portait dans la société les qualités les plus propres à rendre un homme aimable, intéressant, et surtout une singulière indifférence pour tout ce qui n'est bon qu'à flatter la vanité. On rapporte à ce sujet qu'un de ses amis voyant dans la chapelle de son château de Montereau diverses armoiries, et lui demandant quelles étaient les siennes , il lui fallut recourir à son cachet pour satisfaire à la question , et que c'était pour la première fois qu'il avait pensé à l'examiner. Son excellente constitution et la régularité constante de sa vie lui conservèrent une santé ferme et vigoureuse jusqu'à la fin de sa longue carrière.
11 mourut des suites d'une attaque d'apoplexie, .le
12 mars 1782. ï— D.
CANCELLIERI (l'abbé François -Jérôme),
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l'un des philologues les plus féconds de notre époque, était né le 10 octobre 1751 , à Rome, d'une famille honorable, mais pauvre. Doué d'une grande vivacité d'esprit et d'une vaste mémoire , il lit de rapides progrès dans les langues anciennes. Ses cours étant terminés, le P. Cordara (voy. ce nom), charmé de ses talents précoces, le prit pour son secrétaire, mil ses livres et ses manuscrits à sa disposition, et lui donna le conseil de faire une étude approfondie de la langue latine. Sous la direction de cet habile maître , Canccllieri fut bientôt en état de marcher sur les traces des Stay et des Buonamici , regardés en Italie comme les derniers des latins. Le P. Cordara fit plus : désirant procurer à son élève une existence qui lui permit de se livrer entièrement à la culture des lettres, il le conduisit, en 1770, à Sienne, où il l'installa dans le palais des Albani, dont il lui avait ménagé la protection. Quarante ans après , Cancellieri se rappelait encore avec plaisir les moments qu'il avait passés dans celte maison, et les regrettait comme les plus heureux de sa vie (1). Ayant embrassé l'état ecclésiastique , il fut bientôt pourvu de quelques bénéfices. Admis peu de temps après à l'académie arcadienne , il y lut des discours et des vers latins qui jetèrent les fondements de sa réputation ; et ses premiers ouvrages sur les antiquités chrétiennes confirmèrent l'idée avantageuse qu'il avait donnée de ses talents. Dans ces temps-là, Giovenazzi ayant découvert à la bibliothèque du Vatican un fragment du 41e livre de Tite-Live, et l'ayant enrichi de quelques notes, en (it présent à son ami Cancellieri pour qu'il le publiât sous son nom. Le jeune savant y joignit une préface de sa composition, et cette publication lui ht beaucoup d'honneur. Après avoir été successivement attaché à divers prélats, il devint bibliothécaire du cardinal Léon Antonelli ( voy. ce nom ), liomme d'un rare mérite, dont il reçut et auquel il donna des témoignages multipliés du plus tendre attachement. Dans un poste si favorable à ses goûts studieux, Cancellieri continua de se livrer avec ardeur à des recherches d'érudition, moins utiles que curieuses. Malheureusement l'entrée des Français à Home, en 1798, vint troubler ses paisibles occupations. 11 demanda vainement à partager le sort du cardinal Antonelli, et passa tout le temps de leur séparation dans la plus profonde retraite. Déjà revêtu de la dignité de secrétaire de la grande pénitencerie, il fut, en 1802, nommé directeur de l'imprimerie de la propagande, dont il augmenta le matériel de quatre nouveaux caractères qui furent gravés et fondus par le célèbre Dodoni. En 1804 , il accompagna le cardinal Antonelli au sacre de Napoléon. Pendant son séjour à Paris , il s'empressa de visiter les savants et les littérateurs, dont il se concilia l'estime par sa politesse et son amabilité. Ce fut à celte époque qu'il se lia d'une étroite amitié avec Millin ; et le plaisir de le revoir entra pour quelque chose dans le voyage que l'antiquaire français fit peu de temps après en Italie. Lorsque Cancellieri quitta Paris, il souffrait d'une plaio à la jambe, que
(I) ftf. la Letten topra il tarealimo, indiquée sons le u» 17.
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la fatigue de la route aggrava. De retour à Rome,
il fut malade assez sérieusement pour donner à ses ami» des inquiétudes. Il huit cependant par se rétablir} mais il ue put jamais recouvrer entièrement ses forces. La mort du cardinal Antonelli (1811 ) lui causa la plus vive affliction. \'oulaut éterniser ses regrets ot sa reconnaissance pour ce généreux bienfaiteur, il lui fit élever un tombeau dans l'église de St-Jean-dc-Latran. La dépense de ce monument avait épuisé ses modestes épargnes, puisque, dès l'annéo suivante , il se plaignait de ne pouvoir, faute d'argent, publier quelques ouvrage* dont les libraires ne voulaient pas faire les frais. L'idée que Cancellieri ne (touvait survivre à son Mécène (1) accrédita sans doute le bruit de sa mort, qui se répandit quelque temps après dans toute l'Italie. A cette occasion , il écrivit une lettre pleine de raison ét de gaieté. M . do Al ersan en a donné la traduction dans le Magasin encyclopédique, 1812. Ni l'âge ni les infirmité» n'avaient ralenti l'ardeur de Cancellieri pour le travail. Un jour, M. de Funchal, ambassadeur de Portugal, lui pu lait de l'entrée publique qu'il allait faire; trois jouis «près, Cahcellicri lui envoya riiistoirecomplèle de l'entrée de tous les ambassadeurs portugais à Home, sans aucune exception. 11 ne laissait passer aucun événement de quelque Importance sans l'annoncer dans les journaux de Rome, et sans publier à ce sujet des notices, des lettres, des dissertations; mais on doit regretter que le temps qu'il dépensait « ces curieuses bagatelles ne lui ait pas permis de terminer plusieurs ouvrages importants , entre autres une bistoire des Uncei pour laquelle il avait , dit-on , recueilli d'immenses matériaux. Il mourut a Home, le 29 décembre 1820, a 75 ans, et fut Inhumé prés d' Antonelli dans l'église de St-Jean-dc- Lntran, où les cardinaux seuls pouvaient avoir leur tombeau. Le pape lit en sa faveur celte bonorable exception. Toutes les académies auxquelles il appartenait s'empressèrent de publier son éloge. Can* cellicri possédait de* connaissances très -variées, mais ne savait pas toujours en tirer parti. La plupart de ses ouvrages , composes avec trop de précipitation, ofTrent un amas de notes souvent étrangères a l'objet principal , qui se trouve étouffé par les accessoires. C'est ainsi qu'au sujet du baptême de deux cloches, après avoir décrit et commenté les cérémonies usitées en pareil cas , Cancellieri ,
' sous le prétexte que les cloclies servent à sonner les heures , traite fort longuement des horloges et donne la description des plus anciennes et des plus
! compliquées (2). C'est encore ainsi qu'à l'occasion de
(I) Cancellieri, dan* la dédicace de l'omrageh'S, loi applique ce vers d'Horace a Mxrne I
O H frtUi.m tt MM ***•» r>«m |
W Voici re qnt avait donné Met a la publication de tel outrage en 1*07 : il y avait au Capitole deu» cloche* qui mlenl élé de tout temps célèbres et d'un grand usage a Rome. La plus grosse surtout tenait I saluer le pape dans les grandes solennités, a annonrrr sa Mort et l'élection de son successeur, a donner le signal di s assemblas publique», et à marquer le commencement do carnaval. On la regardait comme la reine des cloches romaines, et I on peut dire qu'elle régnait sur un peuple nombreux. On l'a drironee pendant la réTrtdUoa. Elle nu fondue âvee sa compagne, et le métal ca /ui
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la statue de Mofse par Mfchél-Afl^ê , Il doit fié le
catalogué trftt-incomplet, mais encore plus InUtfl* , des ouvrages publiés sur le législateur des Hébreux. Tout en rendant justice au mérite de Cancellieri, on doit donc regarder comme an effet de l'enthousiasme le titre de norit-wm Varron , qui lui fut décerné par ses compatriotes. S'il l'égala par son ardeur pour le travail, Il ne peut lui être comparé sous d'autres rapports. La liste de ses ouvrages remplirait plusieurs colonnes (I). Nous nous bornerons a rappeler ici les principaux : 1* Sagrestta vatimna eretta dal régnante pontiflce Pio tetto , nome, 1784, in-8°. 2» De Secrelariit teltrvnt chriiîiannrnm etteteris ad nova basilicœ Vatican»; promit Htur tyntagma de tecretaHit ethnicorum , Ibid. , 1786, 4 vol. îii-40 , flg. : ouvrage plein d'érudition et recherché des savants. 3* Detcrizione de' tre pon- HfieaU che $i ttîebrano per le fitte Ai Natale , di Pasqua e di tantoPietro, ibid. , 1788, ln-12. Ce curieux opuscule a été imprimé en 1814, et traduit en français par l'auteur en 1818, in-12. Outre le détail des cérémonies qui ont lieu dans la chapelle pontificale a l'époque des grandes solennités, on y trouve des anecdotes' intéressantes sur les vases et ustensiles qui composent le tiésor de cette chapelle , et sur les artistes auxquels on doit ces chefs-d'nuvre d'orfèvrerie. 4<> Detcrisione dette fltnxioni delta tel- Hmana tanla netla capella pontifteia, ibid., 1789, in-12; réimprimé en 1801, 1802 et 1818. Entre autres détails curieux que contient cet opuscule , on citera la liste des prédicateurs du jeudi saint, depuis 1586. 5* Set <u de' tolenni potieui de" tommi pontifici, ibid., 1802, in-44. Cet ouvrage ne lui coût» que cinq mois de travail. Il l'avait entrepris à la demande du cardinal Antonelli, et il le lui dédia. 6* Le due not e Campant di Campidogtio, benedttle dalla S. di JV. S. Pio Vif, Ibid., 1806 , in-4'. 7» Un recueil de dissertations sur la statue connue sous le nom de Discobole, ibid., 1806, in-4°. Cancellieri n'en est que l'éditeur; mais, suivant sa coutume, Il y joignit beaucoup de notes. 8° Lelteru topra l'origine délie parole domiM'S e noviMS; e del litoto di DON che mol darti ai sacerdoti. ibid., 1808, in-8*. 9° Diiserlazlone, etc. ( Dissertation sur les palefreniers de la haquenée,etc.), Ibid., 1809. 10* // Jlfercato, il lago dell'acqua tergine. ed il palazio pamflliano nel circo agonale dttto tolgarmcnte pia:za Navona, Ibid., 181 1, tn-l«.On trouve a la fin du volume la liste des écrits que l'auteur avait publics, au nombre de quarante-quatre. 11 8 Memorit di tanto Medico, martire e cittadino di Otrieoli, con la notizia de' tnedid e délie tnedichette illutlri persanlitâ, Ibid., 1812, ln-8» de 74 p. A celte époque, on ne pouvait rien imprimer a Rome saus en avoir reçu l'autorisation du baron de Pom-
emploré a Taire différent» bijou quieorrntdu pris, parée qn'U entrait une asseï mate quantité d'oc dan* son alliage. Rome étant plus tranquille, et le nouveau pape Ihironlsé, on aongfa i rendre des cloches an Capitole. et ce fut h mois de septembre «RMqn'cUc! furent mises en plare, après avoir été bénites par Sa Sainteté.
(I) l.'abbc Pouiard a donné la liste des lm»n» de Cancellieri dam une letlrc a MlUiu, WtofU., 1W», i. «, p. «M.
mcrenl ( txw. ce nom } , directeur général de la librairie. Il la fit attendre près d'un an , et ne l'accorda aux sollicitations de Millin qu'en le chargeant de conseiller 4 l'auteur de se livrer à d'autres su-
Îets. (Foy. le Magasin encyclopéd. de 1814, vol. 220.) if Le sfttf Cote falali di Roma antica , ibid. , 4812, in-8\ Il dédia cet ouvrage à Millin. 13" Lettera fttico-morale topra la voce tparta dell' irnprovita tua morte, Ibid. , 1812, in-12. On y trouve une liste assez étendue de tous les personnages plus ou moins célèbres dont la mort a été prématurément annoncée. 14" Dcscrizionç dcllc carte cine$i che adornano il palaszo délia villa Valenli, ibid., ^813, in-8*. 15* Ditsertasione inforno agli uomini folali di gran memoria, ed a quelti divenuti tmemorati, etc., ibid., 1815, in-12; 1810, in-8". Cal un des plus curieux opuscules de Cancellieri. L'auteur y a joint en forme d'appendice des catalogues d'ouvrages sur les érudits précoces , sur les savants qui n'ont point eu de maîtres , sur la mémoire ar Uficielle, sur l'art de faire des extraits et sur le jeu da échea. 16° Riblioleca degli tcritlori topra gli scacchi, ibid., 1817, in-12; elle est incomplète. Pillet (roy. ce nom), l'un de nos collaborateurs, a donné dans les Annale* enryelopédiquet, 1817, t. o, p. 214, les titres de plusieurs ouvrages sur les écliecs, oubliés par Cancellieri. 17" Lettera topra il larantitmo, l'aria di Roma e délia tua campagna ; ron la notifia di CastelGandolfo, ibid., 1817, in-12. Cette lettre, adressée au docteur Korcff, renferme beaucoup de détails sur la vie de l'auteur, des extraits des manuscrits du P. Cordara, des notices biographiques, un catalogue des ouvrages sur le café, etc. 18" Ditmtazione epittolare, etc., dissertation épistolairo sur deux inscriptions des martyra Simplicie, mère d'Orse, et d\ine autre Orsc, trouvées avec leurs vêtements et des vases contenant du sang dans le cimetière de Sl Cyriaque et de Sic-Agnès, ibid., 181», in-12. Il « trouvé le moyen de paner, dans cet opuscule, du traité de la République de Cicéron, que M. Mai venait de découvrir d^nslfs manuscrits palimpsestes du Vatican. 19» iVo- (izie ittoriche dclle tlagioni e di mi divmi in eut iono ttati lenuti i conclavineltacittàdiRoma, ibid.. 1823, in-8". Son but est de prouver que l'air n'est point aussi malsain à Rome qu'on le prétend , puis-
Su'il ne s'est jamais déclaré de maladie contagieuse ans le conclave. 20° A»(m'« topra l'origine e l'uto deir anello petcalorio, ibid., 1823, in-8" (1). 21e Lellera topra la tlatura di Mme dei Ruonarotti con la biblioteca motaica, Florence, 1823 , in-4°. 22" Abtisie ittoriche dtlle çhiese di Santa- Maria in Julia < di Sanlo-Giovanni CalibUa, Bologne, 1825, in-4*. Cet ouvrage est orné du portrait de l'autaur.
(4) On iroate w rfaapilre s l'histoire fort foricoec du mariage
des evéqoes de Pisinie avec les abbeases do monastère de Sl- Werre-Majeor de la même ville. Pjrmi les rirronsianees singulières de relie eeremonie. on remarquait on lit dans l'église, où ïeveque, »*u, recevait à m gaothe rabbe«*e, mm epoose, a «.ni il donnait «n anneau prrcienx et le bilon pastoral. I.'abbesse, en retour, lui toit due d« r« lit fichent garni. Cette SUirre ceréaaorde a duré jnvjo ao temps de Grégoire XIII, qui labolil. D^e^-i.
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23« Letteia al eonte Mororini, tuUa cifra dtW «ccarfcmio de' Lincei, Venise, 1829, in-8". 24" Un assez grand nombre d'éloges et de notica biographiques imprimées séparément cl dan» des recueils, entre autres sur Dante , sur Christophe Colomb et sur Gersen, abbé en 1440, que Cancellieri regarde comme l'auteur de V Imitation de Jëtut - Çhritt. L'abbé Baraldi a publié une vie de ce philologue (1). W— s.
CANCER (Jacqçes), jurisconsulte espagnol, né à Balbastro dans le royaume d'Aragon, s'établit à Barcelone, où il mourut vers la lin du 10' siècle, âgé de 72 ans. On a de lui un ouvrage excellent intitulé : Varier Rttolutionet jurit ccetarai pontificit et municipalit principatut Catalauniœ, 1590, 3 VO|. in-fol. ( Fou. la Riblioth. ttitp. de Nie, Antonio, et le Moréri ue 1759. } Fontanella, dans sa Picitions de Mantout, t. 2, p. 105 et 518, appelle Jaoqua Cancer auleur trit-grove, trit-doctt, el un véritable juritcontulle. Son livre faisait autorité dans quelques-uns tle nos parlements de droit écrit. Cancer avait laissé manuscrit un autre recueil de Rctolutiont ou Conteilt, que Joseph Kinot, son parent, évêque de Lérida , chercha vainement à découvrir |icndant qu'il était auditeur de rote a la cour tic Rome. — Jérôme Cancer, poêle espagnol du 47' siècle, était officier de la cour de Philippe IV et mourut en septembre 1055. Son principal talent consistait en équivoques, jeux de mots, plaisanteries et facéties en vers. L'auteur de la Bibliothtea Ilitpana nous apprend que l'ensemble des jeux poétiques de Cancer faisait le délice des oreilles et leur volupté ( tumma cum voluptate auribut txcipitur). Jl ajoute que , comme poète , il cul peu d'égaux ( paret habuit paucot) ; et que, comme auteur facétieux, il a surpassé tous ceux qui ont excellé dans le même genre {reliquat omnet tuperare vitut fuit). Les œuvra de Jérôme Cancer furent imprimées à Madrid, en 1050, in-4". On y trouve une immense profusion de jeux de mou, d'équivoques, de quolibets, plusieurs comédies écrites laudabiliter ; et tout le volume , dit son grave biographo , est plein d'urbanité et de facélia (opéra urbanitate et faceliit plena). Aussi l'auteur facétieux était-il attaché & ta cour do Philippe IV ( Matrili in curia dtgent). Ca courta citations feront connaître le goût et la manière du plus célèbre des biographes espagnols, olianoine et procurateur des affaires d'Espagne en cour de Rome. V — ve.
CANCIAM (Paui.), religieux servite, mort dans les dernières année* du 18* siècle, ^est principalement connu par son édition des lois et coutumes da peuples qui, venus des extrémités de la Germanie, hâtèrent la chute de l'empire romain, en s'emparant des Gaules, de l'Italie et de l'Espagne. Cette précieuse collection, publiée sous les auspices de Léopold, alors grand-duc de Toscane, est inli-
(l)0«i peMié encore en ton bonne.r : VUimi Vffitj alla me-
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tcui&cfà k !• iiuitaoire de rabW Fniiiçois Cancfilieri ), N*plw#
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tulée : Barbarorum Ltget antiquœ.cum nolis et glot- Mrïu, Venise, 1781 92, 5 vol. in-rol. Z— o.
CANCLALX (Jean-Baptiste-Camille, eomte de ), général français, naquit à Paris, le 2 août 1740, d'une ancienne famille de noblesse de robe. Après avoir acquis dans l'école d'équilation de Besançon une instruction très-solide, il partit à l'âge de seize ans comme volontaire dans un corps de cavalerie, et lit toutes les campagnes de la guerre de Hanovre. Sans autre protection que son mérite, il obtint un avancement assez rapide. En 1774 il était chevalier de St-Louis et major du régiment de Conti, dragons, avec le rang de colonel. S'étant rangé, dès le commencement de la révolution, dans la minorité qui en adopta les principes, il fut nommé maréchal de camp en 1791, et lieutenant général le 7 septembre de l'année suivante. Placé sous les ordres de Labourdonnayc dans le Finistère, il y réprima, sans employer de moyens rigoureux, les insurrections partielles que la conspiration de la Kouarie Ht éclater. Il se rendit ensuite à Nantes, et, secondé par la garde nationale, il dissipa tous les rassemblements qui s'étaient formes sur la rive droite de la Loire. Au mois d'avril 1793, nommé commandant de l'armée des côtes de Brest, il s'empressa de faire connaître au ministre sa véritable situation, et de lui demander des secours qui n'arrivèrent point. Rassure cepeudant par quelques succès obtenus sur les insurges de la Vendée, il crut pouvoir quitter Nantes pour aller dans le Morbilian, où sa présence était nécessaire. Mais à la nouvelle que les Vendéens s'étaient emparés de Saumtir et de Machecoul, il se hâta de revenir à Nantes (1). Il établit à St- George un camp de 3 à 4.000 hommes jiour couvrir la ville, et prit d'ailleurs toutes les mesures propres à repousser une attaque. Cependant les Vendéens, maîtres des deux rives de la Loire, s'avançaient au nombre de 80,000 hommes. Ils sommèrent les magistrats de Nantes de reconnaître l'autorité royale, les menaçant, en cas de refus, de passer au lil de l'épée la garnison , qui ne consistait qu'en un régiment «le ligne, et de livrer la ville au pillage. Averti de leur marche, Canclaux avait ordonné la levée du camp de Sl-Georgc, et il venait de rentrer a Nantes avec sa troupe, lorsque l'attaque commença par une vive cannonade sur
(I) Le général Caudaux était membre de la société populaire de Xante*. Il fallait, sous peine d'élre réputé suspect, s'y (aire agréger, el t'est ainsi nue le général Labonrdonnajc eu avait fait partie. Le général Caudaux prenait part aox travaux de la société que j'avais alors le triste el dangereux honneur de présider. 11 me remit, écrit de sa main, le projet suivant, que je lis adopter : « l'riyet de re- « porue de in iceirle populaire Je »*•;<•> « celle de Lunnion : A « Nantes, le 13 niai 17'.'".. l'an 2 de la république française. Citoyens o cl frères, nous recevons avec reconnaissance l'offre repnbliraine n que vous nous (ailes. Nos dangers sont pressants, nous atons « éprouvé des revers, mais nous n'avons pas désespère du salut «le n la diose publique. Avec votre aide nous en espérerons. Vencx « donc, venei bien armes Nous ne vous tendrons pas les bras, ils a sont tons loves contre nos ennemis, mais nous vous donnerons •i place parmi nous aux premiers rangs, el nous vous associerons « I la juste vengeance el a la gloire que nous avons juré d'obtenir. « — Lc-> membres de ta société de Nantes, m Les cilcycni et frère* de Lanuloii n'arrivèrent |»as : les chemins clan. ni ferme* ; et l'ipviwtion rédigée ,«ir le général Canclaux n'eut aucun resultjt. V-rt.
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tous les points. Elle se soutint depuis deux heures
et demie du matin (29 juin) jusqu'à neuf heures du soir, et pendant tout ce temps Canclaux ne quitta pas la porte de Rennes, le poste le plus dangereux. Il eut son habit percé d'une balle qui blessa un de ses aides de camp. On ne peut nier que ce ne soit à ses bonnes dispositions et à son sang-froid que la république, dans cette circonstance critique, ait dù la conservation de cette ville importante. Quelques jours après il se porta sur Anceois, d'où il se rendît à Angers, pour se concerter avec Biron sur les moyens de rétablir les communications entre Nantes et la Rochelle; mais le plan qu'il avait adopté ne put recevoir son exécution par suite de la mésintelligence qui régnait entre les différents généraux. La crainte d'augmenter les difficultés du moment lui fit refuser son adhésion aux projets des fédéralistes. De retour à Nantes, il s'occupa de discipliner et d'exercer le peu de troupes laissées à sa disposition. Au mois | d'août il reprit l'offensive, délogea les Vendéens i de plusieurs postes importants, et se rendit à Saumur pour assister au conseil où devaient être discutés les moyens de mettre promptement un terme à la guerre civile. Il y vit pour la première fois Klébcr et les autres généraux de la garnison de Maycncc, que le comité de salut public venait de placer sous ses ordres; et, les précédant à Nantes, il y fit préparer une fête pour leur réception. Avec des soldats aguerris el dont la réputation de bravoure ne tarda pas à pénétrer jusque dans les rangs des Vendéens, Canclaux remporta plusieurs avantages ; mais, dénoncé par Ronsin, comme désapprouvant la révolution du 3t mai, il fut remplacé le 1" octobre par le général Léchelle dans le commandement de l'armée. Il reçut la nouvelle de sa destitution sur le champ de bataille à St-Symphorien, au moment où il donnait l'ordre de poursuivre les insurgés en pleine déroute. Aussitôt il revint à Nantes et s'empressa de communiquer à son successeur toutes les notions qu'il avait acquises depuis l'ouverture de la campagne, jusqu'au secret de ses fauies(l). Il resta sans emploi jusqu'à la chute de Robespierre; mais alors on se souvint de ses services, et il fut rétabli général en chef de l'armée de l'Ouest. Ses dispositions étaient faites pour recommencer la guerre, lorsqu'il fut autorisé à suivre le projet de pacification. Sa prudence aplanit toutes les difficultés , et il eut la gloire de conclure avec les chefs de l'armée vendéenne [voy. Cbasette) un traité qui rendit momentanément le calme à ces malheureuses contrées. Remplacé bientôt après par Hoc he, Canclaux fut d'abord chargé d'organiser l'armée du Midi. Mais les talents qu'il avait montres comme négociateur le firent désigner pour l'ambassade d'Espagne. Sa santé ne lui permit pas d'accepter ce poste important. L'ambassade de Naples lui fut confiée en 1790, et, pendant le peu de temps qu'il résida dans cette cour, il sut se concilier l'estime générale. Il
(I) Voy. VHitloire 4* U guerre dt lê Vendée par Beaurbamp, i t. I,p. aoa et mit.
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eut pour successeur Treilhard, qui ne s'y rendit pas, et qui fut bientôt remplacé lui-même par Garât. A son retour en France, Canciaux lit partie du comité militaire composé des généraux et des tacticiens les plus habiles. Ayant, au 18 brumaire, offert ses services à Bonaparte, il fut nommé commandant de la 14* division à Caen, puis inspecteur gênerai de cavalerie, grand orticier de la Légion d'honneur (14 juin 1804), et enfin, le 19 octobre suivant, élu membre du sénat conservateur. En 1815, à l'époque où la France était menacée d'une invasion, il Tut envoyé commissaire extraordinaire dans les départements de la Bretagne pour y organiser des moyens de résistance. Il adhéra, comme le plus grand nombre de ses collègues, à la déchéance de l'empereur, fut nommé pair le 4 juin 1814, et commandeur de l'ordre de St-Louis. Ayant été compris par Napoléon dans la nouvelle chambre des pairs qu'il créa en 1815 après son retour de l'Ile d'Elbe, Canciaux s'abstint d'y siéger, et fut réintégré par le roi après son second retour. Il y prononça l'éloge de ses collègues Lespinasse et d'Aboville. Il mourut à Paris, le 50 décembre 1817. Son corps fut présenté à l'église St-Paul, sa paroisse, dont il était administrateur temporel, et transporté à la Saussaye, près de Corbeil, où il possédait un domaine. Canciaux avait publié dans sa jeunesse un ouvrage où les principes de la |«tite guerre sont développés avec une netteté et une précision qui l'ont rendu très-utile pour les officiers d'avaut-garde et les partisans. Il avait été marié deux fois : de son premier mariage il eut une fille, veuve du comte de Colbert, et remariée a M . de la Briffe. Son éloge, prononcé le 8 janvier 1818, par le comte de Muy, a été imprimé par ordre de la chambre des pairs. W — 8.
CASCRIN ou CASCRISUS (Fhasçois-Loiis de), savant minéralogiste, né à Bristenbach, dans le grand-duché de Hcsse-Darmsiadt, le 21 février 1758, fut d'abord contrôleur de la monnaie et des bâtiments civils à Ilanau. ensuite conseiller principal et professeur à l'école militaire à Cassel, puis commissaire du gouvernement à Allen -Kirchen, dans le comté de Sayn. Il ne conserva que pendant une année cette place, dont il se démit pour entrer, en 1785, au service de Russie en qualité de conseiller du collège impérial et de directeur général des mines de sel de Slariala-Roussa, dans le gouvernement de Novogorod. En 1815, il résigna ces fonctions, et mourut trois ans après (1816), membre du conseil des mines et conseiller d'État. Il a publié en allemand uu grand nombre d'ouvrages sur la minéralogie et la métallurgie, et sur l'administration publique; ces écrits sont généralement estimés; quelques-uns sont devenus classiques. 1° Disserlat ton pratique sur l'exploitation et la préparation du cuivre, Francfort, 1766, in-8°. 2° Deteriplion des principales minet situées dans la Hesse, dans le pays de Waldetn, dans le Hars, dans les districts de Mannsfeld et de Saalfield, et en Saxe, ibid., 1767, in-4». 5» Principe élémentaires de la science d<s mmes et in salines, ibid. 1775-1791, 12 vol.
in-8°, avec un grand nombre de planches. Cet ouvrage est regardé comme le plus complet et le meilleur que l'on puisse consulter sur cette matière : tontes les sciences qui ont rapport à celte branche de l'administration, et même la jurisprudence et la police, en tant qu'elles doivent exercer une influence particulière sur l'exploitation des fossiles, y sont traitées dans le plus grand détail. Il a été traduit en partie , ou plutôt judicieusement extrait en français par M. Blavier, sous ce titre : Jurisprudence générale det mines en Allemagne, traduite arec des annotations relatives à la même matière, dans les principaux Etats de l'Europe, et notamment en France, par M. Blavier, Paris, 1825, 5 vol. in-8*. 4° Introduction à la docimasie et à la métallurgie, Francfort, 1784, in-8°, fi g. 5° Mélanges sur l'économie, en 12 dissertations, Riga, 1786-87, in-4*, avec un grand nombre de planches. 6° Histoire et Description systématique des mines situées dans le comté de Hanau-Munzenberg, Leipsiçk, 1787, in-8". T Opuscules technologiques, Giessen, 1788-90, 6 vol. in-8°, pl. 8° Dissertations sur le droit hydraulique (et maritime), Halle, 1789-1800 , 4 vol. in-8», avec planches. 9» Mémoire sur les constructions rurales, Francfort, 1791-92, in-8», grav. 10° Principes de l'architecture civile, conformément à la théorie et à la pratique, Golha, 1792, in -4°, avec 50 planches. 11° Dissertation complète sur les poêles et cheminées en usage dans l'empire russe, et de l'amélioration de leur construction, Marburg, 1807, 8 vol. in-8», avec 10 planches. Le tome 1*r du Journal des Mines renferme la description d'un fourneau à réverbère, inventé par Cancrin , pour convertir la fonte en fer forgé à l'aide du bois de corde, des fagots, de la houille et de la tourbe (1795). Les autres écrits de Cancrin sur la tourbe, sur les fourneaux, sur la construction des puits, etc., offrent tous des idées neuves et instructives. Meuse!, dans son Dictionnaire des auteurs allemands vivants, et Streidcr, dans le 2* vol. de VHisloire littéraire de la Hesse, indiquent en détail les travaux de ce savant laborieux. Il est le père de M. le comte George de Cancrin, ministre des finances de l'empereur de Russie, et auteur de quelques écrits estimés. Z— o.
CASDACE. On donnait ce nom à la mère du roi, dans l'Ile de Méroé, au-dessus de Syéné. Il est question dans l'histoire de quelques reines de ce nom, qui gouvernaient sans doute pendant la minorité de leurs fils. Plusieurs auteurs anciens prétendent que c'était la coutume des Éthiopiens d'être gouvernés par des reines qui s'appelaient Candaces. ( Voy. les ouvrages de Pline, Eusèbc, Strabon, Ptolémée, etc. ) Suidas parle d'une Candace qui fit prisonnier Alexandre le Grand, ce qui est sans doute une fable. — Une autre Candace, privée d'un œil, fit une irruption en Egypte, sous le règne d'Auguste, l'an 20 avant J.-C. Elle prit et pilla toutes les villes sur son passage, jusqu'à Éléphanline ; mais T. Petronius, préfet de l'Égypte, s'étant mis à sa poursuite, pénétra dans ses Etats, qu'il pilla à son
tour, ce qui la força de rendre le butin qu'elle avril fait et de demander la paix. — 11 est question dans les Ac(t$ des apôtres, ch. 8, v. 27, d'une autre Cxsdace, reine d'Ethiopie, dont l'un des eunuques fut baptisé par l'apôtre St. Philippe. Cette princesse embrassa bientôt après le christianisme, C— n.
CANDALE (Henri de Nogarbt p'Efeusqn, d.UC de), fils ainé du fameux duc d'Epernon, fut gouverneur de l'Angoumois, de la Saintonge et de l'Aunis, en survivance de son père, en 1596. En 1612, entraîné par de mauvais conseils, il s'éloigna de son père, et se rendit, l'année suivante, à la cour de l'Empereur. 11 offrit ses services au grand-duc de Toscane, qui armait contre les Turcs, et il s'embarqua sur la Hotte de ce prince, à Civita-Vecchia. II lit des prptliges de valeur à l'attaque d'Agliman, forteresse importante dans la Caramanic : on lui dut Iç succès de celte expédition. La forteresse fut prise, pillée et ruinée par les Florentins. Eu 1614, il fut fait premier gentilhomme de la chambre du roi Louis XIII, Quelques mois après, emporté par le dépit, il prit le parti des princes, parut embrasser le calvinisme, et, dans une assemblée des calvinistes de. Kimes, en 1613, il fut déclaré général des Ccvennes. Rendu bientôt après à sa religion et à sou père, il rentra dans le devoir. La guerre se ralluma en 1621. entre l'Espagne et la Hollande; il servit sons le prince d'Orange, général des Hollandais, en qualité de colonel d'un régiment d'infanterie. En 1622, il se jeta dans Bergue, a*«iégéo par Spinola, et se signala à toutes les attaques où il se trouva. 11 se démit alors des gouvernements d'Angoumois, do Sainion.r et d'Aunis. Il commanda les troupes de la république de Venise dans la Yalteline, en 1634. Il Tut en 4630 général de l'infanterie vénitienne; chevalier des ordres du roi en 1633. Mécontent de n'avoir |tas obtenu le bâton, de maréchal de France, aigri contre le cardinal de Hichclieu, il retourna à Srenise, dont la seigneurie l'élut généralissime de ses armées. Le cardinal de la Valette, son frère, ménagea son raccommodement avec le cardinal de Richelieu. Il revint en France, et fut, en 1036, lieutenant général de l'armée de Guyenne, sous le duc d'Efieruoii, son père, puis de l'année de Picardie, et enfin de celle d'Italie, sous je cardinal de la Valette; il y commanda jusqu'à sa mort, arrivée;'» Casai, le 1 1 février 1639. Il avait 48 ans. p. J,. C.
ÇAISDALE ( Lous-ChauMïs-Gastqm nç pSoqA- RET de Foi Y, duc de), né à Uetz c\\ 1627, était l||s «le Bernard de ïSogarct, duc d'Epernon, c\ de Gabricllc-Angéliqur, légitimée de France, lillo naturelle de |leiiri IV, petit-fils du fameux duc d'Epernon, et neveu du précédent. |l eut en 1649 un régiment d'infanterie de sqn nom, commanda les troiq>cs en Guyenne, sous le «lue d'Epcrnon, soq père, qui consentit en 1632 à lui céder la charge de colonel général de I infanterie française. Il fut pourvu, la même année, du gouvernement d'Auvergne sur la démission du cardinal Mazarin, et commanda l'armée de Guyenne après |e copiie d'Uarcourt en 1,632. Lieutenant général de fariné* de Catalogne *8HS !c Vf m <te Cqnti et |g marççM 4'Hp^jp^u.rt
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en 1634, il concourut à la prise de différentes, villes,
Après le départ du prince de Conti, il commande en chef cette même armée ; mais Je peu de troupes qu'il avait et des pluies continuelles ne lui permettant pas de tenir la campagne, il revint en France, et tomba malade à Lyon, où il mourut le 28 janvier 1038. Son oraison funèbre fut prononcée par le P. Jacques d'Autun (de Chevanes), capucin, Dijon, 1638, în-4°, et par plusieurs autres. On peut voir dans St-Evrciuonl un portrait intéressant de ce brillant chevalier, qui passait pour le personnage le plus galant de son siècle. — Suzanne- llenri«iu Foix de Candalk se rendit rccommapdable par sa piété. Son neveu Jtelsunce a écrit sa vie. ( Foy. BEir* su.vce. ) \), l, C.
CANDAMO ( Francisco Bandes v ) , auteur dramatique espagnol, d'une famille noble dans le royaume des Aslurics, travailla pour le théâtre de Madrid, reçut de Charles H une pension qui cessa d'être payée pendant la guerre de U succession, et mourut dans l'indigence eu 1709, Suivant Vêlas* quez, les pièces de Candamo méritent lo succès qu'elles obtinrent à la lin du 17' siècle ; « La vrai-» « semblance y est, dit-il, conservée; les incidents 1 sont naturels, les caractères bien tracés, le dia-* « logue spirituel et le style élégant, p En deçà des Pyrénées, cet éloge peut paraître exagéré. Lne des meilleures pièces de Candamo est sa comédie héroïque, inUluléc ; ri Etchvo en grillât de oro ( l'Es-* clave aux chaînes d'or); on y trouve cependant de longs et fades discours écrits en vers assez harmonieux, et un mélange ridicule de scènes historiques et de scènes romanesques. Le sujet de la pièce est tiré de l'histoire de Trajan- Linguet a traduit de Candamo, dans le 4' volume de son Théo in- espagnol, une comédie en 3 journées, ou aptes, intitulée ; et Ditelo contra tu dapta. Le théâtre change trois fois dans Je Ier acte; la scène est successivement dans un janlin, dans un palais, dans une forêt; il y a quelques situations heureuses, des intentions comiques, du désordre et du mouvement, V— >'E.
CAiN DAL LE, que les Grecs pomment Muisa», élait lils de Hyrsis, roi de Lydie, de la race des Héraclidcs. il succéda à son père, et, comme lui, fixa son séjour à Sardis. Il mua les arts. Pline dit qu'il acheta fort cher un tableau de Bularque, son contemporain. Sa femme est nommée Abro par Abss, IS'ytsiq par ptolem éç Ephesljon, Tydé ou CltUia par d'autres auteurs; tous s'accordent à dire qu'elle était d'une rare beauté, L'événement qui, suivant Hérodote, amena la piort de Candaule, est ainsi raconté par cet historien. Le roi de LydiCi encore plus vain qu'épris des charmes de la reine, voulut, «m les montrant sans voile à Gygés, l'un de ses gardes et son favori, qu'il comprit bien tout le bonheur de celui qui les possédait. Gygèa s'en défendit', Candaule insista, cl le plaça dans un lieu secret où i| put tout voir ; mais quelques précautions qu'un ont prises, la reine aperçut Gygés, et dis>imula. \kt* le lendemain, ne songeant qu'à se venger de l'injure qu'elle avait reçue, elle toulpt punir, par un crime, U folle imprudence de son époux, fit venir Gygés.et Re lui !«•*• l« thai* qu'entra
•a prompte mort et le meurtre de m rot. Candaule fut assassiné, et Gygés détint possesseur de M femme et de son royaume. Quelques auteurs ont pensé qu'une passion secrète de la reine avait eu autant de part que la faute de Candaule a la subite élévation de Gygés. Quoi qu'il en soit, l'action de la reine de Lydie» vengeant l'affront fait à sa pudeur, a u-ouvé dea apologistes dans St. Jérôme et dans Agathias. Plutarque et d'autres historiens rapportent d'une manière bien différente la révolution rpii plaça Gygés sur le trône de son maître. Il se révolta contre lui, et ce fut les armes a la main, avec le secours des Cariens, qu'il vainquit Candaule, et le tua sur le champ de bataille, vers l'an 710 avant J.-C. Ce prince avait régné 18 ans. Il fut le dernier roi de la maison des Héraclides, qui, suivant Hérodote, régnèrent, sans interruption, pendant un espace de cinq oents années et dans le cours de vingt-deux générations. ( Voy. les Recherche! sur le$ roi* de Lydie et sur le* rois de Carie par l'abbé Sévin, dans les Mémoire* de l'académie dt* belle* - Utlrt» , t. 8, p. 252 et suiv., et t. 9, p. 124-125. ) V— Vfi.
CANDAULE. Voyes Casdollb.
CANDEILLE (Piëiibe-Joskpii), né le H décembre 1744, à Eslaires dans la Flandre française, vint à Paris, où il fut engagé, en 1767, comme bassetaille coryphée dans les eherurs de l'Opéra. Il se retira en 1784, avec une pension, voyagea en Italie et en Allemagne, rentra a l'Opéra en 1800 comme chef du citant et professeur, fut supprimé en 1802. rappelé en 1804, et déiinltivement réformé le 15 mai 1805, avec une pension plus forte. Retiré à Chantilly, il y mourut le 27 avril 1827, dan» sa 85» année. Ses œuvres musicales sont des motels exécutés au concert spirituel, et cinq opéras joués A l'Académie royale de musique : 1° le* Féle* de Thalie, 1778 ; 2- Laure et Pétrarque, 1780; 5* Phone, ou la Conquête du Pérou, en 5 actes, 1785. Cette pièce n'eut que neuf représentations, et fut jouée encore quelquefois en 1791 , réduite en 4 actes. 4" Catlor et PoltuT, en 5 actes, eut cent cinquante représentations de 1791 A 1799, et vingt autres A sa reprise do 1814 A 1817. Candellle, en refaisant la musique de cet opéra de Bernard, n'a conservé que trois morceaux de Rameau. Son ouvrage, ou ligurent des demi-dieux, eut l'honneur de se maintenir au répertoire A une époque où les rois étaient bannis de la scène. VApothêote de Beaurepalre, ou la Patrie reeomaitiante, ne fut joué que trois fois en 1793. Candeille a laissé quatorze autres opéras non représentés (1). A— T.
CANDEILLE ( Amélie- Julie), comédienne, connue aussi dans les fastes de la musique et de la littérature, sous les noms de Simoks-Canoeille et de Pèmk-Cajideille, naquit a Paris, le 51 Juillet 1707. Elle eut son pére pour premier maître de musique {voy. l'article précéd. ), et ses progrès furent
(I) « Dans tous ses ouvrées, dit M. Feti» {Diction. ki$l. itt « MffE.), Candeille ne se monirr pas On MmpwfMaf de génie s « M n'y a pas de erratum teriiabte dans U musique ; mais un y ■ ironie un «émanent Juie do la scène, de ta forte dramatique et « de Waiu tffou de nuées. • l)-jt— s.
ti rapides, qu'a l'Age de treize an* elle se fil applaudir au concert spirituel comme cantatrice, harpiste, pianiste et compositeur, dans une cantate et un concerto dont on la disait auteur. Elle débuta, en avril 1782, à l'Opéra, dans le rôle d'Iphigénie cri Aulide de Gluck, fut immédiatement reçue, et joua l'année suivante celui de Sangaride dans YAtyt de Piccini. Mais une incongruité qui lui échappa, dit-on, un jour sur la scène, la rendit si honteuse, qu'elle en tomba malade, et quitta le théâtre. Toutefois des revers de fortune déterminèrent ses parent! à l'y faire reparaître. Les leçons de Molé l'ayant mise en état déjouer, en 1785, à la Comédie- Française, Hermione dans Andromaque, Roxane dans Bajaset, et AménaMe dans Taneride, malgré les médiocres succès qu'elle y avait obtenus, elle fut reçue sociétaire A quart de part la même année, par la protection du baron de Dreteiiil, ministre de la maison du wjL et sur un ordre de Louis XVI, qui l'avait vue au théâtre de la cour dans Ariane. Quoique mademoiselle Candeille eut bien ht taille imposante de Melpomène, ce|tendant la délicatesse de ses traits, l'expression de sa physionomie, ses cheveux blonds, ses yeux bleus, la blancheur de son teint, la rendaient peu propre au genre tragique. Aussi, cédant aux conseils de Préville et de Monvel, elle crut devoir se borner A la comédie, qui semblait lui promettre des succès plus certains et plus durables. Mais pendant les cinq ans qu'elle passa au ThéAtre-Français, réduite A doubler ses chefs d'emploi et ses rivales , ou à ne jouer que des rôles insigni liants, elle y aurait constamment végété si elle n'eût voyagé et cultivé A la fois ses dispositions littéraires et son talent musical, qui déjà l'avait placée au premier rang des amateurs. Monvel, revenant de Suède, vil A Lille mademoiselle Candeille, ei la détermina, en 1790, A le snivre aux Variétés du Palais-Royal, on elle obtint un traitement double de ce que lui rapportait son quart de part au théAtre du faubourg Si-Germain : ■ elle eut de plus un intérêt dans l'administration du nouveau spectacle, qui, recruté bientôt par l'arrivée de Tahna, Dugaxon, Grandmcsnil, madame Vcstris et quelques autres transfugea dé là Comédie-Française, prit, en 1791, le titre de ThéAtre de la rue de Richelieu, puis, en 1795, celni de Théâtre de la République. Mademoiselle Candeille y parut avec avantage dans plusieurs rôles de coquettes des pièces de Marivaux, de Destouches, etc., dans la rieuse de Y Amant bourru, etc. Elle en créa quelques-uns, entre autres celui de la Jeune Hélène, où elle chantait, en Raccompagnant sur la harpe, un air dont clic avait composé la musique. Ce rôle, un peu faux, fit plus d'honneur à son talent que la pièce n'en avait fait A celui de l'auteur. ( Voy. Flins des OUVIBEI* ) Toutefois, il faut le dire, malgré tous les dons physiques dont la nature avait comblé mademoiselle Candeille, malgré son intelligence, son esprit, sa diction pure et soignée, et l'art qu'elle mettait dans tous ses rôles, elle semblait dépouivue de sensibilité ou du moins des moyens de l'exprimer et de la communiquer sur la scène, Sa voix,
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assez forte et sonore, était un peu sèche, un peu sourde et rarement variée dans ses inflexions. Ses gestes trop en avant, comme ceux de Molé son maître, choquaient davantage, parce que ses bras étaient plus longs. On lui reprochait surtout de s*écarler trop souvent du ton de la nature pour prendre des manières précieuses; et la richesse même de sa taille semblait être un obstacle à la grâce et à la vérité de ses développements. Aussi était-elle peu favorablement accueillie du public, qui, lui soupçonnant l'intention trop marquée de rivaliser avec mademoiselle Contât, ne lui rendait même pas toute la justice qu'elle méritait. Ce fut le 27 décembre 1792 que mademoiselle Candeille se plaça au rang des auteurs dramatiques en faisant représenter, sous le voile de l'anonyme, Catherine, ou la Belle Fermière, comédie en 5 actes, en prose, annoncée et refusée sous le titre de la Fermière de qualité, qui indiquait mieux le sujet et le principal personnage, niais que les circonstances politiques forcèrent de supprimer. Cette pièce, un peu romanesque et dont l'idée parai i empruntée au conte de la Bergère des Alpes, de Marmonlel, eut une vogue prodigieuse, malgré les détracteurs de mademoiselle Candeille. Ils affectaient d'en attribuer la paternité, avec assez peu de vraisemblance, au célèbre conventionnel Vergniaux; et, ne sachant |>as, ou feignant d'ignorer que le second titre de l'ouvrage était une exigence des comédiens, ils le trouvaient d'autant moins modeste, que l'auteur, ajoutaient-ils, s'y était réservé le piin.-ip.il rôle, alîn de recevoir des louanges directes sur sa beauté, son esprit, et sur la variété de ses talents : en effet, elle y chantait en s'accompagnant tantôt sur la harpe, tantôt sur le piano, deux airs de sa composition, ainsi que celui du vaudeville final. Tout Paris alla voir la Belle Fermière, dont le succès s'est soutenu, et qui est constamment restée au courant du répertoire, parce que, au milieu de nombreuses invraisemblances, elle ne laisse pas d'offrir un style naturel et correct, de la gaieté, des contrastes de caractères et des situations intéressantes. Cette pièce a eu, depuis 1795, plusieurs éditions, et elle a été insérée dans tous les recueils et ré|>ertoires dramatiques. Aucun des autres ouvrages que mademoiselle Candeille a donnés au théâtre n'a obtenu le même bonheur. Bathilde, ou le Duo, comédie en 1 acte, où elle exécutait avec Baptiste aîné un duo de piano et violon, fut reçue avec une extrême froideur le 16 septembre 1795, et retirée peu de jours après. Au mois de novembre suivant furent célébrées des fêtes républicaines dans quelques églises qu'on avait transformées en temples de la liaison. Mercier, dans son Nouveau Tableau de Paris, prétend que mademoiselle Candeille y avait figuré avec d'autres actrices que la beauté de leurs formes lit choisir comme elle pour représenter les déesses de la Liberté, de la Raison, etc. Ce fait, répété sans examen dans 17/iitoire du Théâtre - Français par M. Etienne, qui s'en est justifié, et par Martainville, et depuis dans la Biographie des hommes vivants, qui s'est rétractée dans son supplément, mademoiselle Can-
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deille l'a toujours démenti comme contraire à ses
principes et à la vérité. 11 ne parait pas que d'autres femmes que l'épouse de Momoro et des figurantes de l'Opéra se soient montrées sur des chars, en divinités allégoriques. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à cette époque désastreuse, mademoiselle Candeille, ainsi que tout ce qui composait le personnel des théâtres de la République, L'a \ art, Feydeau, Louvois et Montansier, lit partie du cortège d'une fête funèbre en l lionneur tle Marat et LepelleUer de St-Fargeau. Mais loin de leur reprocher cet acte d'obéissance passive et forcée au terrible gouvernement qui existait alors, il faudrait plutôt les plaindre de ce que leur profession les soumettait plus directement à l'influence des agents de la tyrannie révolutionnaire. Décente dans sa conduite ou du moins dans ses amours , mademoiselle Candeille avait toujours visé au mariage. Trois mois après la terreur (5 novembre 1794 ), elle épousa civilement un jeune médecin qui vit encore, et dont elle n'a jamais porté le nom. Cette union ne fut pas heureuse, et un divorce juridique la rompit le 15 février 1797, par consentement mutuel. Mademoiselle Candeille a pris grand soin de laisser ignorer au public cet épisode qu'elle regardait comme le plus triste de sa vie, qu'elle aurait voulu oublier ellemême, et dont elle ne se proposait de parler que dans des mémoires qui ne devaient paraître qu'après sa m. m ; mais, comme elle n'a pas eu le temps d'écrire ces mémoires, et qu'elle n'a pas laissé d'citfanls de ce mariage ni des deux unions qu'elle contracta depuis, son secret ne doit plus être gardé. Ce fut pendant la durée de son premier hymen que mademoiselle Candeille risqua deux pièces au théâtre. Le Commissionnaire, comédie en 2 actes, en prose, fut représenté avec beaucoup de succès le 27 novembre 1794, par les comédiens français récemment sortis de prison, à leur salle du faubourg St-Germain, qui s'appelait alors théâtre de l'Égalité : c'était le trait historique du généreux Cange, commissionnaire de la prison de St-Lazare. L'auteur avait gardé l'anonyme, et l'on attribua la pièce au vicomte de Ségur ; mais Fleury ayant cru pouvoir nommer le véritable auteur, mademoiselle Contât, qui jouait un des principaux rôle, y renonça par haine contre sa rivale, et arrêta le cours des représentations. Celte comédie a été imprimée la même année sous le nom de J. Candeille. La Bayadère, ou le Français à Surate, comédie en 5 actes, en vers, fut impitoyablement -i filée le 24 janvier 1795, au Théâtre de la Bépublique, sans avoir été entendue, sans égards pour l'auteur qui représentait le principal personnage; et pourtant cet ouvrage annonçait de l'imagination, du sentiment, le talent d'écrire; mais les mots indiens trop prodigués sans être expliqués y jetaient de l'obscurité. D'ailleurs le public était prévenu contre la pièce et contra l'auteur, parce qu'on pardonne difficilement des prétentions mises trop à découvert. Une bayadère, belle, spirituelle, brillante de grâce et de talent, bonne, sensible, et qui plus est, malgré son état de danseuse, hère, chaste et vertueuse, parut un per-
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tonnage invraisemblable, fantastique, et Ton trouva mauvais que l'actrice -auteur s'attribuât dans ce rôle tous ces genres de gloire, quand même elle y aurait eu des droits incontestables. Les fades éloges qu'elle s'y faisait prodiguer ne trouvèrent pas '» même indulgence que ceux qu'on avait applaudis dans la Belle Fermière, et la pièce tombée n'a jamais revu le jour. Ce revers, les désagréments attachés a un état pour lequel mademoiselle Candl'ille ne s'était jamais senti une vocation bien marquée, ceux qu'elle avait éprouvés de la part de quelquesuns de ses camarades, la déterminèrent à renoncer au théâtre qu'elle pouvait ators quitter sans danger, et à prendre dans le monde un rang plus convenable à l'élévation de sentiments dont elle a toujours fait profession. Elle abandonna même Paris ; et, pendant son instance en divorce (1796), elle parcourut la Hollande et la Helgique, ou elle donna des représentations et des concerte. Elle connut à Bruxelles le chef d'une célèbre fabrique de voitures, Jean Simons, qui étant venu depuis à Paris, en 1798, pour empêcher le mariage de son fils, Michel Simons, avec mademoiselle Lange, actrice du Théâtre-Français (voy. Lange), revit mademoiselle Candeille, l'épousa le 11 février, et ne s'opposa plus aux vœux de son fil». On prétend que cette aventure a pu fournir le sujet d'une pièce d'Andrieux, la Comédienne. Madame Simons- Candeille avait en quelque sorte pris les rênes d'une maison à peu près ruinée par les faillites de l'émigration. L'aliénation mentale de son mari ayant hâté la décadence de cet établissement, elle fut obligée de se prêter, en 1802, à une séparation volontaire, consentie par les enfante de Simons. Elle leur abandonna, ainsi qu'aux créanciers de leur père, son douaire, ses reprises, ne se réservant que ses deniers dotaux. De retour a Paris auprès de son père veuf et sans place, madame Simons-Candeille, pour le soutenir, se fit institutrice , et pendant dix ans elle donna des leçons de musique et de littérature. Ce fut à cette époque qu'elle forma des baisons d'amitié avec Girodet et Mébul ; il en est résulté avec le célèbre peintre une correspondance dont la publication attendue pourra offrir de l'intérêt (1). Elle se brouilla avec le compositeur, parce qu'elle refusa d'être le prête-nom d'une partition qu'il voulait opposer aux succès de madame Gail (voy. ce nom), dont il était jaloux. En 1807, elle fit représenter, au bénéfice de son père, sur le théâtre Feydeau, Ida, ou l'Orpheline de Berlin, comédie lyrique en 2 actes, dont elle avait fait les paroles et la musique , et qui n'eut que cinq ou six représentations , parce que le sujet , traité avec plus de succès au Vaudeville par Radet (voy. ce nom), n'était plus capable d'exciter la curiosité. Le dernier ouvrage dramatique de madame Simons-Candeille fut Louise, ou la Réconciliation, drame en 4 actes et en prose, tombé au Théâtre-Français , le 15 décembre 1808, au bruit des sifflets de l'école
W Celle etnespondanre, contée à M. Panneiier, sculpteur, doit eue révisée par M. Augustin Souliè.
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Polytechnique (1). De ce moment, le spectacle fut interdit aux élèves de 1" classe de cette école , les\ jours de première représentation ; mais de ce moment aussi madame Candeille, cessant de travailler pour le théâtre, se livra au genre des romans. Elle leur dut des succès plus certains et plus constante, et néanmoins ils seront plus vite oubliés peut-être que sa Belle Fermière. Ses journées employées aux devoirs d'institutrice et ses veilles consacrées aux travaux littéraires suffisaient à peine â son existence et â celle de son père. Elle avait réclamé des secours. Touché de ses efforts et de ses infortunes, Cretet , ministre de l'intérieur, sollicita pour elle, dans un rapport à l'empereur, une pension de 1,500 francs. Napoléon, qui accordait peu aux vieillards, avait oublié l'auteur de Castor et Pollux; et, comme il se piquait de connaître mieux qu'un préfet de police l'intérieur des familles, il déchira la feuille et allégua , pour raison morale de son refus , qu'tï ne fallait pas autoriser les femmes à se passer de leurs maris. Peu satisfaite de Napoléon, madame Simons accueillit en 1814 la restauration; mais un écrit politique, qu'elle était au moment de publier en mars 1815, l'ayant obligé d'aller en Angleterre pendant les cent jours, elle donna à Londres des séances littéraires et musicales auxquelles prirent part plusieurs artistes distingués. Cramer, Violti, Lafont, etc. Elle y reçut, en 1816, le brevet d'une pension théâtrale pour elle et pour son père , et à son retour à Paris , sur la fin de l'année , elle en obtint une de 2,000 francs de Louis XVIII. Elle exhala sa reconnaissance dans des Vers sur la bonté , adressés a ce prince pour l'anniversaire de sa naissance (17 novembre 1816). Fort heureusement elle était alors en position de se passer de son mari qui, enveloppé dans les pertes successives de son fds aîné , Michel Simons , se trouva réduit à un tel état île détresse qu'un de ses neveux eut recours à madame Simons , et son attente ne fut pas trompée. Elle envoya aussitôt une somme assez considérable à son mari , qui jusqu'à sa mort reçut d'elle une pension. Veuve de Simons, en avril 1821 , elle épousa, l'année suivante , Ililaire-Henri Périé , plus jeune qu'elle de quelques années, et natif de Castres. C'était un de ces élèves de David, qu'on avait vus, en 1795, se promener dans Paris , revêtus de l'ancien costume des républicains grecs ou romains. La médiocrité de ses talents comme peintre et dessinateur avait forcé Périé d'entrer dans l'administration des jeux. Quoiqu'il y occupât un emploi très-lucratif, sa femme, qui avait des sentiments plus relevés, n'était nullement flattée du rang où l'état de son mari la laissait dans la société. Elle frappa à toutes les portes pour tâcher de le tirer de l'antre de Cacus , et ses sollicitations, son esprit insinuant, obtinrent, du chargé des
(I) Vu de» cabaleura s'ettnl vanté de cet exjvloit cbei son oncJe Carat : « Eh quoi ! dit le célèbre chanteur, vous avex fait tomber « J'ouvrai de madame SimonvCandeille, de mon amie !... musi- « rienne superbe ! - Ma toi ! mon onde, repond le jeune étourdi, < qu elle Casse donc de la musique, et qu'elle cesse de aou donner t «des drames eu prose.»
beaux-arts à cette époque , la place de directeur du
musée et (te l'école de dessin à ISImes, place plus honorable, mais moins avantageusement rétribuée que celle dont Périé se démit. Leur départ pour Nîmes, en avril 1827 , coïncida avec la mort de Candeille père. Il s'était remarié, et sa lille, qui ne devait rien à une jeune bellc-mèrc, continua do lui payer une pension qui n'a cessé que depuis la mort tle la belle-fille. La résolution de 1830 alarma madame Périé-Candeille , non pas seulement pour les princes auxquels elle était attachée par une juste reconnaissance, mais peut-être aussi pour l'existence qu'elle et son mari tenaient de leurs bontés. Frappée d'une attaque de paralysie en 1831, au moment où elle allait faire lecture d'un ouvrage qu'elle venait de terminer, elle Commençait à recouvrer graduellement sa santé , lorsque la mort de son mari, dans l'automne de 1853, lui causa une nouvelle attaque dont elle ne put se relever. Arrivée A Paris dans le courant de décembre, elle fut conduite A la maison de santé de M. Marjolin , rue du faubourg Poissonnière, où elle mourut le 3 février 1834. Son corps fut porté au cimetière du Père-Lachaise, où elle avait acheté un double terrain quelques années auparavant. Son testament olographe qu'elle avait fait aussi depuis longtemps, qu'elle avait refait postérieurement à sa première attaque , et auquel elle avait ensuite ajouté un codicile , rappelle toujours la Belle Fermière et la Bayadèrt. Cet amour de la gloriole , cette prétention a une éternelle célébrité qui l'avaient occupée toute sa vie , percent encore dans ses dernières volontés. Elle y trace le devis de son monument funéraire qui, faute de fonds, ne pourra pas être exécuté, à moins qu'on ne vende la partie du terrain réservée A son mari, dont les restes n'ont pas été apportés à Paris. Malgré les petits ridicules que s'est donnés madame Candeille en public, dans son ton , dans sa tenue , dans ses manières, en jouant la comédie , eu chantant , en touchant le piano , en pinçant la harpe , en parlant et quelquefois en écrivant, il faut le dire , elle gagnait à être connue. Dans la vie privée, elle était simple, aimable, douce et obligeante, et le suffrage auquel elle tenait le plus , c'était celui des honnêtes gens, pour une assez bonne conduite et quelques sentiments généreux : mais son imagination facile A exalter la rendait très-mobile dans ses affections. Voici la liste de ses autres ouvrages imprimés : 1" Lydie, ou let Mariaget manquit, Paris, 1809, 2 vol. in- 12 , nouvelle édition corrigée et augmentée; roman de mœurs qui fut bien accueilli. 2° Bathilde, reine des Franc», Paris, 1814, S vol. in-12, avec figure* dessinées par Girodel ; ibid., 1815, in s 1 , dont une centaine d'exemplaires vendus en Angleterre valurent 100 guiuées à l'auteur. 3* Rèpome à un article de biographie , ibid., 1817, in-4". C'est sa réclamation contre l'imputation répétée qu'elle avait figuré la déesse de la Maison. A* Souvenir» de Brighlon, de Londre» et de Pari», et quelque» fragment» de llllirulure légère, Paris, 1818, in-8*. C'est le résumé de ce qu'elle a fait , vu çu enseigné durant les trois premières anuées de la
restauration. S" Àgnèt de Frante , ou h if siècle,
Paris, 1821, 6 vol. in-8» et in-11. 8» Generièrt, ou le Hameau, histoire de huit journées, Paris, 1822, in-12; épisode agréable d'un voyage de l'auteur. T Blanche d'Kvreux, ou le Pritonnier de GUor; histoire du temps de Philippe de Valois , Paria, 1824, 2 vol. in-8* et in-12. 8° ÎSittû tut le» filicUie humaine», ou lMctiohnaire du bonheur, dédié aux enfanis de tous les âges, Paris, 4829, 2 vol. in-12, et I vol. in-8". Cet ouvrage qui a reparu en 1832, probablement avec un nouveau frontispice, a fait peu de sensation, sans doute en raison des circonstances inopportunes de sa double publication : il renferme néanmoins des leçons douces et quelques articles assez piquants. Madame Candeille a laissé manuscrites quelques pièces de tWâtre, peu dignes, diton , d'être représentées. Comme musicienne , dès l'année 1788 , elle avait fait graver troll trios pour clavecin et violon. Depuis elle a publié quatorze œuvres de sonates de piano avec ou sans accompagnement, des concerto, des nocturnes, des roman* ces, parole* el musique, etc. A— T.
CANDIAC ( JEAN-LofJUI-PlBR»E-KUSABKTII DB
Mo.ytcaLm pe ) , enfant célèbre , né au rhAteau de Candiac , près de Mme» , le 7 novembre 1719, mort à Paris, le 8 octobre 1726. Sa vie n'eut que sept ans de durée, et cependant, outre sa langue maternelle qu'il connaissait par principes , il avait des notions assez avancées de latin , de grec et d'hébreu ; il possédait toute l'arithmétique , savait la fable, le blason, la géographie, et plusieurs parties importantes de l'histoire sacrée et profane, ancienne et moderne. Candiac attira l'attention et les hommages des savants A Nîmes, A Montpellier, à Grenoble, A Lyon, â Paris. C'est pour lui que fut imaginé le bureau typographique. L'Inventeur de ce moyen d'instruction {voy. Dimas) mit d'ailleurs à développer les facultés de son élève toute l'affection d'un proche parent; car les liens du sang, quoique non avoués, unissaient le mallre et le disciple. A la mort de celui-ci, causée par une hydrepisie de cerveau , l'instituteur désolé exprima ses regrets dans une épilaphe historique, dont H orna la tombe do cet enfant extraordinaire dans l'église de St-Benolt à Paris. V. S— L.
CANDIANO I" (Pierre), doge de Venise, éW le 17 avril 887, après l'abdication de Pierre Parti» ciaccio. Il fit la guerre aux Narentins et aux Esclavons, et il fut tué par eux, après avoir gouverné cinq mois seulement. On loue son courage, sa piété et sa générosité. La famille Sanudo , qui a donné des magistratset des historiens distingués a Venise, prétend être la même qui portait dans les 9' et 10* siècles le nom do Candiano. A la mort du premier doge de ce nom , son prédécesseur, Jean Particiac* cio, qui avait abdiqué , remonta sur le trône , jusqu'à ce qu'une nouvelle élection lui eut donné pour successeur Pierre Tribuno. — Pierre Candiano II, doge de Venise , succéda en 932 A Orso Particlaccio. 11 était fils de Pierre Candiano l*. La république de Venise n'avait point encore secoué la dépendance de l'empire d'Orient, et Pierre Candiano
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brigua ut obtint de la cour de Constant" nople la dignité de proiospatliairc. Il prit Comacchio, il imposa un tribut à Capo-d'Istria, et il lit avec succès la guerre aux Narentins. Il mourut en 939 . et il eut pour successeur Pierre Particiaccio. — Pierre Cakdusq lU succéda, en 942, à Pierre Particiaccio. Pendant le gouvernement de ce doge, les pirates de ïriestc enlevèrent , au milieu de l'église de Caslcllo , douie épouses vénitiennes , qui devaient éire mariées le même jour, la veille de la Chandeleur. Il* pénétrèrent dans l'élise le sabre à la main, et ils les entraînèrent sur leurs vaisseaux ; mais avant qu'ils pussent les conduire à Tricstc , ils furent atteints par le doge Pierre Caudiano, qui les poursuivit avec toutes les galères de la république, et qui leur enleva leur proie , après le combat le plus aeliarné. Une fête annuelle fut instituée en commémoration de cet événemeut. Au jour anniversaire de cette victoire , dou?e jeunes lilles étaient conduites en triomphe dans tous les quartiers de Venise, et mariées aux frais de la république. Un fils de Pierre Caudiano, du même nom que lui , se révolu contre son père; mais il Tut battu sur la place du lliallo, et lait prisonnier. Un décret l'exclut à |tcrpémité des emplois publics-, et, dans sou exil à Ravcnoc, il arma en course contre la république. Cependant, son père étant mort en 959, il fut unanimement élu pour lui succéder. — Pierre Ca,\piaki> IV. U loi portée contre lui n'empêcha pas qu'à la pigrt de sop père on ne le rappelât de Rayonne pour le mettre à la tète de l'État. 11 déploya, pendant un aise? long règne, des talents pour la guerre et pour l'administration ; il obtint des empereurs d'Orient et d'Occident des privilèges pour la république; le pape enfin, a son intercession, augmenta la juridiction du patriarche de Crado; mais, en même tempe, Pierre IV indisposa le peuple par • son faste cl son orgueil ; U s'entoura d'une garde étrangère, et voulut qu'on lui obéit comme à un roi. Lue révolte, dirigée par Pierre Urséolo , éclata en 876; le palais du doge fut attaqué, et, comme les séditieux ne pouvaient en forcer l'entrée , ils mirent le feu aux maisons voisines. Il y en eut plu» de irois cents de détruites. |.e doge, en voulant échapper aux Hommes , fut massacré avec son fils encore enfant. Pierre Urséolo, qui avait dirigé contre lui la sédition, lui succéda.^ Vit al Caxmamo, frère du précédent , succéda, en 978, à, Pierre Urséolo, qui s'était fajl moine. Il réconcilia les Vénitiens avec Othon II, qui était fort irrité contre eu*; mais après 14 mois de règne, il revêtit l'habit de moine, dans le couvent de St-Hilaire, et il y mourut quatre jours après. Tribuno Mémo fut son successeur. S — S— 1.
CANDIDE, prêtre de l'Église romaine, fut envoyé dans la Gaule par St. Grégoire le Grand , au mois de septembre 695, pour y gouverner le patrimoine de 6t. Pierre, précédemment confié aux soins du patricc Dynamius. Candide fut chargé de remettre au roi Childebert de la limaille des chaînes de St. Pierre, afin qu'il portât au cou cette relique. Si. Grégoire écrivit aussi à ce prince et à Brunehaut,
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sa mère, pour leur recommander son nouvel agent. Dans sa lettre à Childebert , le pape disait : « Vous « êtes autant au-dessus des autres rois, que les rois « sont au-dessus des autres hommes. » Suivant les instructions qu'il avait revues, Candide employa les revenus du patrimone de St. Pierre en oeuvres de charité. 11 fournit aux pauvres de quoi se vêtir, 11 acheta plusieurs jeunes Bretons de leurs patents idolâtres , les lit baptiser, instruire dans les monastères, et préparer pour la mission que St. Grégoire avait envoyée en Angleterre sous la conduite de St. Augustin. y— VK.
CANDIDE DE FCUDE. foyei Brun.
CANDIDE DECEMBRIO. Voyez Decembriq,
CANDI DUS, né dans l lsauric et chrétien de religion , avait écrit l'histoire des empereurs grecs , depuis le règne de Uéon de Thracc , l'an 157 de notre ère, jusqu'au commencement de relui d'Anastase, l'an 491. Son style était très-affecté, au jugement de Photiiis , qui nous a donné un extrait de cet ouvrage dans sa Bibliothèque, eod. 79; ou le trouve aussi dans les Excerpla de legalionibus , Paris, 1CJ8, in-fol. Candidus mourut vers la Qjj du "{ siècle. C— H.
CANDIDUS ( Pantaléon), minisire protestant à Deux-Ponts , né en Autriche en 1540 1 mourut la 3 février 1608. Son nom était Weiss, qu'il latinisa suivant l'usage de son siècle ; il a publié : 1* Go(i~ beris, hoc est de gothicit per Uispaniam regibus e Tculonica génie oriundit libri G , Deux - Ponts , 1597, in-4". 2* Annalts seu Tabula chronologica ad annum 1602, Strasbourg, 1602,.iu-S°. 5° Bclgicarum rrrum Epilotne ab anno 742 «d onn. 1003, Francfort, 4606, in-4". 4° Bohemiades, *ive d* ducibus Bohemite libri 3 et de regibus libri 5, carminé complexi, Strasbourg, 1390, in-4». On a encore du même auleur ; Epigrammata et (Jrationes funèbres, 1600, in-8" ; Orationes funèbres ex M continuais, Deux-Ponts, 1006, in-8", et Orationes fune~ bres ex libris S<imuc;i<. Jlegum, etc., concinnatee, Bàle, 1608, jn-8a. — Gerhard Ca.ndiuus est auteur d'une histoire intitulée : de Rébus Belgicis , imprimée à Frapcfort en 1380, et, eu 1583, dans le recueil donné par Arnold Freytag, sous ce titre: Scn'ptorfi 1res d* rébus Belgicis. — Jean CiXPJm s. jurisconsulte, est connu par une histoire de la ville d'Aquilée : Conijncn'ariorufn Aquilciensium libri B, Venise, 1521 , in-fol. Celle histoire a été insérée dans le 1. 6 du Thésaurus Anliquil. de Gra> vius, et traduite en italien , à Venise , 1544 < in 8". Jean Candidus avait aussi composé une histoire des rois de France, depuis Pharamond jusqu'à LouisXl, sons ce titre : <U Origint regum (ium.e. Cette liis tuire était conservée manuscrite dans la bibliothèque des minimes à Paris. Vt-ve.
CANDIOTE. Voyes Bqmpace W.
CANDISU ou CAVENDISU (Thomas), gentilhomme du comté de Suffolk, encouragé par le suçote de l'expédition de Drake dans la mer du Sud, partit de Plymouthle 22 juillet 1386, avec trois vaisseaux. Sa navigation fut heureuse; le 27 de décembre, il relàeha dans un port sur la cote de* Patagons, et
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l'appela port Désiré, du nom du vaisseau qu'il montait. II entra le 6 janvier 1587 dans le détroit de Magellan ; le lendemain, il prit à tord de son vaisseau vingt et un Espagnols, restés seuls de cette colonie, qui avaient été conduits en ce lieu par le capitaine Sarmicnto. Le gouvernement d'Espagne avait cru pouvoir réussir à fortifier et défeudre l'entrée de ce détroit ; mais de quatre cents hommes et de trente femmes, il ne restait que les malheureux qu'y trouva Candish. On voyait encore les restes du fort appelé Philipperille. Le capitaine anglais donna à celte colonie le nom de Port de Famine. Apres avoir passé le détroit et fait de grands dégâts sur les côtes du Chili, du Pérou et de la Nouvelle-Espagne, il fut obligé de brûler un de ses vaisseaux a cause de la diminution de son équipage , et toucha aux Philippines, après avoir été séparé de l'autre, qu'on n'a jamais revu. 11 rentra â Plymouth le 9 septembre 1588. Candish entreprit un second voyage avec une flotte de cinq bâtiments, et partit de Plymouth le 6 août 1591. La traversée fut -assez heureuse ; mais on éprouva une terrible tempête sur la côte des Pulagons. Toute la floue se rejoignit cependant le 8 mars 1592 dans le |x>rt Désiré, et entra dans le détroit de Magellan ; mais les vents furent si constamment contraires, que les vaisseaux ne purent doubler le cap Froward ; bientôt les vivres manquèrent ; les froids excessifs firent périr la plupart de ceux qui étaient descendus à terre ; quelques bâtiments abandonnèrent Candish. Pour comble de disgrâce, les Anglais furent, à leur retour, battus par les Portugais sur les côtes du Brésil. Candish, accablé de fatigues et de chagrin , mourut en route en 1593. M— B.
CAND1TO (Pierre de Witte, dit), peintre, naquit â Bruges vers 1548- Il peignait également bien i fresque et à l'huile, et modelait en terre. Ayant entrepris le voyage d'Italie, il travailla beaucoup â Borne avec Vasari dans le palaisdu pape. Il exécuta aussi â Florence plusieurs patrons de tapisseries et quelques autres ouvrages pour le grand-duc. Maximilien , duc de Bavière , le prit ensuite à son service , et le séjour prolongé que ce peintre lit â Munich a fait croire a de Piles qu'il était né dans cette ville. Cet artiste y peignit presque en entier les ornements du palais du prince. On lui doit aussi les dessins des Ermites de Bavière , gravés, ainsi que plusieurs autres dessins de sa main , par deux des Sadeler ( Jean et Baphaèl ). Gilles Sadeler a gravé d'après lui les Quatre Docteurs de l'Eglise. Les estampes faites d'après Pierre de Witte portait son nom italianisé en celui de Candito, ou Candido. La plupart des biographes ont parlé de lui sous ces derniers nom». D— t.
CANDOLLE (os). Voyez DECANDOLLE.
CANDOBIEB Uean), maire de la Bochelle sous le règne de Charles V, se servit , dit Froissard, d'un singulier stratagème pour chasser les Anglais qui occupaient la citadelle. Il assembla secrètement les principaux bourgeois ; leur fit part de son projet et leur dit : « Nous en viendrons aisé- ■ ment à notre honneur ; car Philippe Mancel (c'é-
« tait le nom du commandant de la garnison an-
« glaise), n'est pas trop malicieux. » Le lendemain, il invita Mancel â dîner , et lui montra un ordre supposé d'Edouard , roi d'Angleterre, portant injonction de passer en revue la garnison avec la bourgeoisie. Mancel, qui, comme la plupart des gens de guerre de ce temps , ne savait pas lire , examina les sceaux qu'il reconnut pour être ceux d'Edouard : ils étaient attachés à d'anciennes dépêches reçues dans une autre occasion. Mancel pria le maire de lire l'ordre prétendu, et Candorier lut ce qu'il voulut. Mancel promit d'obéir. Le lendemain, 8 septembre 1572, il fit sortir la garnison , laissant seulement onze des siens dans la citadelle; mais à peine les Anglais enrent-ils passé les fortifications , que 1 ,200 Bochellois, qui étaient en embuscade, se mirent entre eux et les remparts, tandis qu'un autre corps s'avança pour les envelopper. Mancel fut contraint de se rendre à discrétion. Les onze soldats restés dans le fort, sommés par le maire de se rendre, avec menace d'être décapités sur le pontlevis en cas de résistance, se soumirent sur-le-champ. Candorier ayant informé Duguesclin du succès de sa ruse , le connétable somma les Bocliellois de reconnaître le roi Charles V, comme ils avaient promis de le faire , et ajouta que , s'ils manquaient à leur parole , il brûlerait leur ville. « 11 n'est pas • aussi facile d'y entrer que vous pouvez le croire, » répondit le député envoyé par le maire, et le connétable reprit : « Si les rayons du soleil percent dans « l'enceinte de la Bochelle , Duguesclin saura y ■ pénétrer. » Cependant il consentit a entrer en négociation , et après la conclusion du traité , il se présenta pour entrer dans la Bochelle. Le maire, qui l'attendait hors de l'enceinte, le pria de s'arrêter sur lé seuil de la porte qui était traversée d'un cor don de soie; il lui présenta les privilèges de la ville, et Duguesclin fit serment, au nom du roi, de les conserver. Alors le cordon fut coupé , et les Français entrèrent aux cris de Montjoye au roi de France notre sire ! Candorier fut anobli par Charles V, et reçut du monarque de riches présents. La conquête de la Bochelle sur les Anglais fut rapidement suivie de celle de la plupart des places qu'Us occupaient alors dans l'Aunis, la Saintonge et le Poitou. ( Foy. Froissart.) V— ve.
CANE FACINO. Voyez Y sa sa.
CANEPABI (Pierre-Marie), médecin né à Crémone , ou , selon d'autres , à Crème , dans le 16' siècle, exerça sa profession à Venise, où il publia un ouvrage intitulé : de Atramentis cvjuscumquf generis in sex dcsrriptiones dtrûum, 1619, in-8*. Il y traite des différentes espèces d'encre, et étale sonvent une érudition fort étrangère au sujet. Cet ouvrage a été réimprimé plusieurs fois : Venise, 1629, in-4°; Londres, 1660; et Botlcrdam, 1718, in-4«. L'édition de Londres est la seule qui soit recherchée. W — s.
CANES. Voyez Cannes.
CANETTA ( don André Hcrtado de Mbndoza, marquis de ) , gouverneur de Cuença, envoyé au Pérou en 1555, en qualité de vice-roi, par Phi-
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lippe II, pour y rétablir le calme, fit son entrée publique à Lima au mois de juillet 1557. Uniquement occupé d'affermir l'autorité royale, il proscrivit tous les Espagnols qui avaient été engagés, soit dans les fartions de Pizarre et d'Amalgro, soit dans les révoltes de Sébastien de Castille, de Godinez et de Giron. Ceux qui évitèrent la mort furent bannis et dépouillés de leurs biens. Cet inflexible vice-roi porta ensuite son attention sur les Péruviens, et particulièrement sur les princes Incas, ou enfants du Soleil, qui avaient survécu à la perte de leur empire. Par une négociation habilement conduite, il attira, en ■1588, hors de sa retraite, le prince Sairf-Tapac, fils de Manco 11, et lut assura un établissement honorable dans la juridiction de Cuzco, afin de le tenir plus sûrement sous sa dépendance. Son excessive sévérité à l'égard de ses compatriotes lui ayant suscité des ennemis à la cour, Philippe II lui nomma un successeur, et le rap|iela en Espagne. Le vice-roi fut si sensible a cette disgrâce, qu'il en mourut de chagrin à l ima, en 1560. D — P.
CANEVARI ( Demetrio), médecin, né à Gènes en 1559, mort en 1625, à Home, où il se distingna à la fois comme médecin et comme littérateur. Sous le premier rapport, nous avons de lui : 1* de Ligno tancto commentarixu, Rome, 1602, in-8»; 2» Morborum omnium, qui corpus humanum affligunt , ut decel et ex arle eurandorum aceurata et pleninima Meikodus, Venise, 1605, in-8*; et Gènes, 1626; 5° Art medica, Gènes, 1626, in- fol. 4* De Primii natura faetorum Principiit commenlarius, in quo quœrumqur ad corporum naturam, ortut et interitut cognitionem detiderari pottunt, accurate sed br éviter explicanlxtr, 1 626 ; 5* Commenlariut de hominii Procréation*. Quoiqu'il fût premier médecin du pape Urbain VII, on le taxait d'une avarice sordide, qui ne lui permettait de faire de dépense que pour sa bibliothèque, aussi était-elle fort renommée. Z.
CANGA-ARGU ELLES (don José), député aux cortès d'Espagne, et ministre des finances, naquit dans les Asturies vers l'année 1770. Son penchant le porta de bonne lieure à l'étude des questions d'économie politique. Il s'adonna également a la poésie et traduisit en vers les œuvres de Sapho. Mais les sciences politiques l'attiraient davantage. Membre de la junte insurrectionelle, il se fit remarquer par ses connaissances administratives et fut nommé ministre des finances. Les cortès s'étaient transportées de l'Ile de Léon à Cadix , et travaillaient à la réorganisation de l'Espagne. L'administration des finances n'était pas celle qui offrait le moins de difficulté ; Canga-Argûellés s'y consacra tout entier, et il eut l'honneur de présenter aux cortès le premier budget des receltes et des dépenses. La peinture qu'il fil de l'état de la dette publique était affligeante. Suivant ses calculs, elle s'élevait à 7,194,286,859 réaux, et les arrérages échus à 219,691,473 réaux de Vellon. Il n'y comprenait pas les engagements contractés depuis le commencement de l'insurrection. D'après les mêmes calculs, il portait la dépense annuelle, inpendamment des intérêts de. la dette, à 1 ,200,000,000 de réaux et les revenus à 255,000,000 réaux seule-
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ment. Argûellès fit adopter sans peine son budget des dépenses. Celui des recettes fut l'obj et d'une discussion plus longue, plus difficile, dans laquelle le ministre développa une grande activité. Toutes les mesures qu'il proposait pour augmenter le revenu public ne furent pas adoptées, mais il n'acquit pas moins dans ce débat la réputation d'un économiste liabile et d'un bon citoyen. Peu de temps après le vote du budget, il donna lecture à l'assemblée d'un mémoire sur les finances qui contribua plus tard à amener la reconnaissance de dettes anciennes et de toutes celles qui avaient été contractées depuis 1808 par les autorités nationales. Lors du retour de Ferdinand, Argilellès partagea le sort des patriotes que leur libéralisme rendait suspects à une dynastie pourtant sauvée par leur courage. H fut envoyé aux présides de Ceuta et ne recouvra qu'après deux ans sa liberté. Animé d'une vive sympathie pour les libéraux, il s'associa d'une façon plus ou moins directe à toutes leurs entreprises et suivit leur fortune. La révolution de l'Ile de Léon le ramena au pouvoir. Il fut de nouveau chargé du portefeuille des finances. 11 fit , sur l'état financier du pays , un rapport dont la lecture remplit trois séances des cortès ; il y établissait qu'aucune proportion n'existait entre les receltes et les dépenses, et que l'intérêt de la dette seule absorberait au delà du produit de toutes les impositions existantes si elle était consolidée. Le ministre ne voyait de recours contre cette situation que dans la création de ressources extraordinaires. Ces ressources ne devaient pas consister dans un impôt indirect dont le peuple aurait eu a supporter le fardeau , mais dans un impôt direct qui ne frapperait que le clergé, la noblesse et les employés du gouvernement. La présence d'Argûellès au pouvoir ne fut pas de longue durée, il se retira avec ses amis après une administration d'une année environ. Il prit part aux événements qui suivirent comme député aux cortès, et se signala parmi les partisans les plus exaltés de la constitution. Lorsque la capitulation de Cadix eut enlevé tout espoir à son parti , il accompagna dans l'exil les chefs de la révolution ; il passa en Angleterre où il vécut jusqu'en 1826. A cette époque, il fut amnistié et rentra en Espagne. Depuis ce moment, il n'a plus joué qu'un rôle entièrement insignifiant. Il est mort eu 1815. H. D — z.
CANGE ( Charles du Fresne, sieur nu ) , naquit i Amiens, le 18 décembre 1610. Son père, qui était prévôt royal à Beauquesnc, l'envoya de bonne heure au collège des jésuites d'Amiens, où le jeune du Cange ne tarda pas à se distinguer par son application et par la vivacité de son esprit. Après avoir achevé ses éludes, il alla faire son droit à Orléans, vint ensuite à Paris, fui reçu avocat au parlement, le 11 août 1631. Ayant fréquenté le barreau pendant quelque temps, il revint dans sa patrie, où il se livra à l'élude de l'histoire considérée dans toutes ses parties. Après la mort de son père, du Cange épousa, le 19 juillet 1638, Catherine du Bos, fille du trésorier de France à Amiens, et, sept ans après, en 1645, il acheta cette même charge, dont les occupations
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ne l'empêchèrent pas d'acltever le» grands travaux
qu'il avait entrepris. La peste, qui, en 1668, ravageait la ville, le força d'en sortir pour venir s'établir 4 Paris, où il se trouva à même de consulter les chartes, les diplômes, les titres, les manuscrite, et une Toule d'imprimés qu'il lui aurait été impossible de trouver ailleurs. D'Hérouval, son ami, lui procura beaucoup de pièces curieuses, et l'aida souvent dans ses recherches. Attaqué, en 1688, d'une strangurie, il mourut des suites de cette maladie, le 23 octobre de celte année. Aux titres de bon fils, de bon époux et de bon père, du Cange joignait une douceur, une affabilité et une modestie extrêmes. II a rempli une carrière de soixante-dix-huit ans par une multitude de travaux littéraires, dont le nombre paraîtrait incroyable, si les originaux, tous écrits de sa main, n'étaient encore en état d'être montrés. On trouve réunis dans ses ouvrages les caractères d'un historien cousommé, d'un géographe exact, d'un jurisconsulte profond, d'un généalogiste éclairé, d'un antiquaire savant, et pleinement versé dans la connaissance des médailles et des inscriptions. Il savait presque toutes les langues, possédait à fond les belles-lettres, et avait puisé, dans un nombre infini de manuscrits et de pièces originales, des connaissances sur les mœurs et sur les usages des siècles les plus pbscurs. Les savantes préfaces de ses glossaires font encore preuve d'un génie philosophique, et sont, en leur genre, ce qu'on peut lire du meilleur IKHir le fond et pour le style. Aussi, en parlant de ces glossaires, Uayle a-t-il dit : « Où e*t le savant, parmi a les nations les plus fameuses pour l'assiduité au « travail et pour la patience nécessaire a copier et à « faire des extraits, qui n'admire la-dessus les talents a de M. du Cange, et qui ne l'oppose a tout ce qui « peut être venu d'ailleurs en ce genre-là ? Si quel- < qu'un ne se rend pas à celte considération gêné- « raie, on n'a qu'à le renvoyer ad pœnam libri : « qu'il feuillette ces dictionnaires, et il trouvera, pour « peu qu'il soit connaisseur, qu'on n'a pu les cornet poser, sans être un des plus laborieux et des plus « polieuls hommes du monde, » Du Cange a publié les ouvrages suivants : V Hittoire de l'empire de Conttantinople tout Ut empercurt françoit , Paris, imprimerie royale, 1657, in-fol. Cet ouvrage est divisé en 2 parties; la 1" contient l'histoire do la conquête de Constantinople par les Français et les Vénitiens, en 1304, écrite en vieux français, par Geoffroy de Yille-Hardouin, avec une version à coté; le texte revu et corrigé sur un manuscrit de la bibliothèque royale, enrichie d'observations historiques, et d'un glossaire, avec la suite de cette histoire, depuis 4220 jusqu'en 1240, tirée de l'histoire en vers par Philippe Mousses, chanoine, et depuis évéque do j Touruay. La seconde |>artie contient une histoire de ! ce que les Français et les Latins ont fait de plus mémorable dans l'empire de Constantinople depuis qu'ils s'en sont rendus maîtres, justifiée par les écrivains du temps et par plusieurs chroniques et clwriei. et autres pièces non encore imprimées (1). 2* Traité
fill'ar newlle édition de ret ettrrage, mûrement refondoe
m IM MMOMiM. Ct f .mfrrrac » » MCMMle «M du Cm* rail I
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kitlorique du chef de St. Jean-Baptittt, Paris, l«66,
in-4". 3° Hittoire de St. Lauit, roi de France, écrit*) par Jean, tire de Joinville, Paris, 1668, in-fol. Cet ouvrage, enrichi de nouvelles observations et d'un grand nombre de dissertations curieuses, contiont les EtablittemenU de St. Louis, le Conteil de Pierre des Fontaines, ct plusieurs autres pièces concernant ce règne, tirées des manuscrits. 4" Jœmnit Cinnami Hitloriarum de rebut getlit a Joanne et Manuel* Comnenit libri 6, grmee et latine, eum notit hittorieiê et philologicit, Paris, imprimerie royale, 1670, in-fol. 5* Mémoire tur le projet d'un nowceou recueil des hittorient de France, avec le plan général d* te recueil, inséré dans la Bibliothèque hittorique de la France |»r le P. Lelong. «• Glottarium ad teriptoret média et in/tma latinitalit, Paris, 1678, 3 vol. in-fol.; réimprimé dans le même format à Franc-» fort, 1681, puis en 1710. La meilleure édition est celle que l'on doit aux bénédictins, et dont voici la titre : Glottarium ad teriptoret média H infime» latinitatit, edilio nova locupletior, opéra et tludio, monaehorum ordini* S. Benedicli, 1733 , 6 vol. in-fol. Plus tard on a publié un supplément à cet ouvrage : Glottarium novum, etc., teu Supplément tum ad aucliorem Glottarii Cangiani ediiionem, callegil et digrettit D. P. Carpentier, Paris, 4766, 4 vol. in-fol. Ces deux ouvrages utiles ne doivent pas être séparés (1 ). 7* Lettre du tieur N. conseiller du rai, à ton ami 31. Ant. Wiand'Hérouvol, au tujetdet libellée qui de tempt en lempt te publient en Flandre contre Ici RR. PP. Henttheniut et Papebroch, jétuilct (Paris), 1682, m-'.". 8° Hitlori* tiy tantinet, duplici commentario illutlrata, Lyon, 1680, in.fol. Cet ouvrage, divisé en 9 parties, contient d'abord l'histoire des empereurs d'Orient, de leurs familles, avec la description des médailles frappées sous leur règne, et ensuite une description de la ville de Con*. tantinople , à l'époque où elle était gouvernée par les empereurs chrétiens. 9° Joannit Zonarm Annalet ab exordia mundi ad morte m Alcjii Cornue ni, grmee et latine, eum notie, Paris, imprimerie royale, 1686, 2 vol. in-fol. i(f Glottarium ad teriptoret mediet et infimes graeitalit, Paris, 1688, 2 vol. in-fol. , aussi curieux et aussi recherché que le glossaire latin. Il" Chronieon patekale a mundo eondita ad Heraclii imperatorit annum vigetimum. Parts, 1689. in-fol. Cet ouvrage était à l'impression lorsque du Cange mourut; il fut soigné par fialuie, qui le publia, et mit en tête l'éloge de notre savant. On a publié sous le nom de du Cange ; Ilturieum tjelut
préparé*, a été revue ct pqliiiéc par M. J.-A. |lortn>o, Parl»f I8J6, 8 vol. Ui-8". Olle rrtni|ir«^sii>n fiil partie des Chronique* nnlùtnnlet françabe* «ju'i publiées ce savant éditeur. 0— n— ».
I) On public «>•<• tournent or* nouvelle édttlo» du l.lenaire de du Cange, rtM»ect ao|inieiiiee p»r fM. I|en«hi d/apré* \ct (ravin* de plusieurs «avants, ei qui doit contenir en entier et en an seal corps d'ouvrage n-tiil de dn ('.ange, amélioré par le* bénédictins, et le SHppUment de II. Carpentler : Glosnrium mtdbr H Inftmn l*tiattsNfï ceniiitm « Certlo Dufrenei Omit» 4* Cette, emetm a vnmm-i.n or.Unj* S. Dtneiieti, (mm tnffltme*t(* itltqril 0. P. C«rpenlter, et ajittamentit A\liel*vgli et alhmm, 4ijie*ùl C.-^.-L. ïïenteèei, hrtl, Flrmin Didot frère», IS4« et an«ee» enlv. T CH. ttt~*.
CÀN
KtMviitn, PWsbourf, 1T40, In-rol. Le comte Joseph Kegletlch de Burin en est l'éditeur, et a composé seul la première partie : il a tiré la 2* de Ytiittotri byzantine, citée plus haut. Après la mort de du Gange, ses manuscrits autographes, sa nombreuse et riche bibliothèque, passèrent à Philippe du Frcsne, son fils aîné, homme instruit, et qui mourut quatre ans après son père, sans avoir été marié. François du Fresne, son frère, et deux sœurs, recueillirent sa succession, et vendirent sa bibliothèque : la plus grande partie des manuscrits fut achetée par l'abbé de Camps, qui n'en lit aucun usage, et les céda au libraire Mariette, qui les revendit en partie au baron de Hohendorff. L'autre partie fut acquise par dilozier, le généalogiste. Le gouvernement français, |»énélré de l'Importance de tous les écrits de du Cange, parvint, avec beaucoup de peine, a rassembler la plus grande partie des manuscrits autographes de ce savant, et, quoiqu'ils fussent disséminés à Paris, à Amiens et & Vienne, il en est très-peu de perdus. Voici la notice de ceux qui sont conserves au dépôt des manuscrits de la bibliothèque royale, et qui doivent être divises en trois classes ; la première contient l'histoire de France en général ; la seconde, l'histoire générale de la province de Picardie; la troisième traite de différents sujets. La première contient tout le plan d'une géographie historique ancienne et moderne de tous les pays compris dans l'ancienne Gaule, entre le Rhin, les Alpes, les Pyrénées, l'Océan et la Méditerranée. Plusieurs dissertations qui devaient entrer dans cet ouvrage sont commencées. Les dissertations sur les Bébryces, sur la Gaule narbonnaise et sur l'Aquitaine sont presque achevées. A ce travail, on doit joindre d'abord un volume intitulé Gallia, dont on ne peut concevoir l'érudition qu'en le parcourant, quoique ce ne soit qu'une table de noms avec des citations; puis une histoire de France divisée en sept époques. La plus grande partie des dissertations est achevée, quelques parties même sont complètes, et, pour celles qui ne le sont pas, les matériaux sont considérables et les secours abondants. Ces pièces forment plusieurs volumes et cartons ou portefeuilles. 8,000 articles renfermés dans trois grands portefeuilles pour un nobiliaire de France, ou une histoire des grands fiefs; des catalogues historiques, ou dépouillement par nome de tons les titres originaux de ta chambre des comptes, rangés chronologiquement depuis 1200 jusqu'en 1515; nne histoire des seigneurs, comtes et dues de Guyse; une histoire des comtes de Montagu dans les Ardennes ; un traité du droit des armoiries ; un grand nombre de corrections, remarques ou additions sur l'histoire de St. Louis et sur les chroniques de Monstrclet. La 2* partie des manuscrits de du Cange se compose d'abord de 5 volumes in- fol. , contenant les extraits de tous les titres originaux qu'il avait lus sur la Picardie et sur la Gaule belgique, puis un portefeuille de plus de trois cents pièces originales copiées par lui pour servir de preuves A cette histoire ; ensuite un volume contenant dea renvois pour les noms de lieux, et enfin un autre volume pour les noms de famille, etc. La
3' claswi renferme deux volumes de dissertations sur
toutes sortes de sujets ; un portefeuille de recherches sur l'histoire d'Angleterre, avant le règne de Guillaume le Conquérant ; un autre portefeuille sur les anciens oracles, pris séparément; une généalogie fort avancée des rois de Hongrie ; des matériaux immenses sur les rois de Bohème, les marquis et ducs d'Autriche, les ducs de Moravie, les marquis de Styrie, les marquis, comtes, ducs et rois de Saxe, les ducs de Sclavonie, les ducs de Slcswic, les ducs de Naples et les ducs de Spolete, des recherches considérables sur les anciennes familles de Constantinople, de Jérusalem, et auUes d'Orient. Tout ce qui est relatif aux croisades, partie aussi importante que curieuse, est achevée. Un autre ouvrage non moins intéressant est un volume intitulé : Principautèt d'ou(rt-mer, oufamilUt d'Orient, c'est-à-dire, une histoire des principautés et royaumes de Jérusalem, de Chypre et d'Arménie, et des familles qui les ont possédés (I). Une histoire des familles normandes qui ont conquis la Fouille, la Culture et la Sicile; une nouvelle édition de Ville-Hardouin , tellement retouchée, corrigée et augmentée, qu'elle devient un ouvrage entièrement neur. Enfin un grand nombre de lettres contenant une fouie de projets utiles, et qui demandaient la plus vaste érudition. Tous les livres qui composaient la bibliothèque de du Cange étaient chargés de notes de sa main (2). R — n,
C AN G I AGE ou CABIAZI ( Luc). Vouez Cah- Bjaso.
CANGIAMILA ( Fjunçois-Eiuiakuel ), inqui-
(4) Cet ouvrage est complet. On volt par placeurs lettre* d'Anisttn, qui Hait en correspondance avec du Cauge, en 168$, que cet imprimeur m proposait de le mettre sons presse.
(2; Les unie volumes des manuscrits de dn Cange, qui étaient k Vienne, furent recouvres par les soins du clunceltrr d'Agucsseaa, qui tenta plusieurs fois de faire imprimer 1rs |>ruicipaux de ces manuscrit* ayant la mort dn cardinal de Flcurr. Ce projet fat repris en 4750, et l'on doit regretter qu'il ait M abandonné. Il avait été approuve |>ar Secousse, Foucemagne, I). Houquct, D. Vaisselle, de Dote, le président lleuaull, Carpenllcr, etc. Calait Jean-Chaile* lloffesne d'Aubignv, neveu de du Cange, qui, possesseur d'ane grande partie de ses manascrits, se proposait de les publier, et qui II imprimer t cet effet : 4* Sotirr des outrage* minutent* de M. du Cange, l'aria, 4730, io-V. Cette nuUce, de 23 p., qni parut dans le Journal det Saranli, est divisée eu S parties, dont la C* contient la description des manuscrits qui étaient à Vknine; elle est incomplet». « Les (■nie volumes revrnui « de Vienne, dit d'Aubtguy daus un de ses projets manuscrits, foare iii»ent au delà de ce qui est énonce dans l'imprime » 2* Mémoire hitlérien* sur le* menmeritt de M. du Congé, 47SS, 1b-4°| 3' Mémoire Ueteriene pour terrlf d THoft d> Chérit* Dufresnc rfa Ceege (Paris), 1766, ta-i* et iu-S*. 4* Projet ssr remploi Se» manuscrit t de il. du Cange, comprit, dan* te notée* t ta primée o*\ 47SO, à la tuile du Journal dn Savant* , manuscrit la-fol. tPOntreget de M. du Cotée en ftal etclre imprimts «ou aucune rétleéen, uuaosrht, m-t", qui, avec te prudent, Ml partie dent collection. On peut encore c ohm lier sur du Cange le I'. Nlceron, I. 7 ; Perrault, llômmet illuefre*, I. t ; Ualnie, ilpietole de M/a et merle C. de Cenge ed Eu*. Rcnaudotum, Paris, IGSS, In-IJ ; réunprimée au devant du Cknmieon petrkale. Parts, 1638, lu-fol. ; l'£loge de de Congé, conronné par 1 académie d'Amiens en 4764, pat le Sage deSamine, Amiens, in-li (cet éloge n'a pas été Imprimé). On conserve dans les registres de la même académie plusieurs éloges mtnnsents de du Cange, par Hérissant et antres auteur». On trouve aussi un long article sur du Cau.c dans VUuieirt littéraire, 4< la ri//< s-dwieM, pu laW* Dont. V-VB.
544 CAH
siteur général du royaume de Sicile, el chanoine de l'église de Païenne, né en cette ville, le Ie* janvier 1702, est connu par un ouvrage intitulé : Embryologia sacra, contenant des avis aux femmes sur la conduite qu'elles doivent tenir durant leur grossesse, et aux médecins sur les précautions à prendre dans l'accouchement pour assurer le baptême des enfants. Il publia cet ouvrage en italien, puis le traduisit en • latin, et le fit imprimer, avec des additions, à Païenne. 1558, in-fol. L'abbé Dinouarl (voy. ce nom) en a donné une traduction française abrégée, sous le titre d'Embryologie sacrée, Paris, 1762 el 1766, in-12, à laquelle le médecin Roux a eu part. Cet ouvrage a été traduit encore en différentes langues, et, ce qui est assez remarquable, en grec moderne par le jésuite Velastic II ne méritait pas ce succès, puisque l'auteur montre assez peu de jugement pour attribuer quelques accouchements difficiles au sortilège et à la malice du démon. On a encore de Cangiamila un Discourt sur les moyens de rappeler les noyés à la vie, imprimé dans un recueil d'opuscules de différents auteurs siciliens. Il est mort le 7 janvier 1765. W— s.
CAN1NI ( Ance ), d'Anghiari en Toscane, né en 1521, fut un très-habile grammairien, au jugement de Downe, de G.-J. Vossius, de Lancelot, de Lefèvre, de Scaliger. A la connaissance de la langue grecque, qui lui valut ces honorables suffrages, Canini joignait la connaissance de l'hébreu, du syriaque et des autres laugues orientales. Jl erra longtemps, enseignant toutes ces langues, à Venise, à Padoue, à Bologne, à Rome, en Espagne. François I" l'attira à Paris pour être professeur à l'université, et il est assez singulier que du Boulay et Crévier ne fassent aucune mention de Canini dans leurs histoires de l'université. Ce fut à Paris, et non en Hongrie, qu'il eut pour écolier André Dudith. ( Voy. ce nom. ) Il fut ensuite attaché à Guillaume Duprat, évéque de Clermont, et mourut en Auvergne en 1557. Nicolas Antonio cependant, sur le témoignage de François Forciro, le dit mon à Séville, et, à ce titre, lui a donné place dans sa Bibliotkeca Extero- Hispana, faisant partie de sa Bibliotkeca Uispana nova. Voici la liste des ouvrages de Canini : V de lAxit S. Scripiura hebraicis Commentaria. imprimé avec les Quinquagenm d'Antoine de Lebrija, Anvers, 1600, in-8-»; 2» de JJellenismo, 1555, in-4°; réimprimé avec les notes de Charles Hauboès, Paris, 1578, in-8<\ et Londres, 1615, in-8* ; réimprimé à Leyde, en 1700, par les soins de Thomas Crenius, qui, outre quelques notes, y a ajouté une préface, dans laquelle il donne la liste des hommes et des femmes illustres qui s'appelaient Ange; 5» Inslilutiones linguarum syriacm, assyriacœ et thalmudica una eum aithiopiea et arabica colUuione, quibus addila est ad calcem N. T. multorum locomm historica enarratio, Paris, Charles Estiennc, 1554, in-4° ; 4* Grammatica graca, Paris, in- 4'; 5° une version latine du commentaire deSimplicius sur Epictète, imprimée à Venise, 1546, in-fol.; ibid. , 1569, in-fol. A. B— t.
CANINI (Jérôme), d'Anghiari, était neveu du
CAN
| précédent. Il composa quelques ouvrages et publia
un grand nombre de traductions. Parmi ses ouvrages, nous citerons : 1° Hitloria délia elettione e coronalione del re de' Romani, etc., Venise, les Junte, 1612, in-40 ; 2* Aforismi politici cavati dalV Uisloria di Fr. Guicciardini, Venise, 1625, in-12. Canini traduisit en italien : 1° le traité de la Cour, de Denis du Refuge, et il y joignit des notes, Venise, 1621, in-12 ; 2° les Aphorismes politiques sur Tacite, de l'espagnol d'Alamo Varienti : on les a réimprimés dans la traduction italienne des oeuvres de Tacite donnée par Adrien Politi, Venise, les Junte, 1618, et 1620, in-4* ; 3° YHisloire de Louis Xi de P. Matthieu, Venise, 1628, in-4° : il y joignit un Giuditio polilico topra la vita di esso re ; 4* les Lettres du cardinal d'Ossat, Venise, 1629, in-4*; 5" la Généalogie de la maison de Bourbon, Venise, 1658, in-46. V—ve.
CANINI (Jean-Ange), peintre et graveur, né a Rome dans la même ville, en 1665. Quoique élève du Dominiquin, il profita peu de ses leçons, mais il réussit beaucoup mieux dans le genre des pierres gravées, qu'il dessinait avec beaucoup de finesse. Ayant accompagné en France le cardinal Chigi, légat du saint-siége, il présenta au grand Colbert le projet qu'il avait conçu, d'un recueil de portraits des héros et des grands Itommes de l'antiquité, plan que Visconti a exécuté depuis avec plus de soins et de critique, et avec un grand luxe typographique. Colbert, toujours disposé i favoriser les arts et les lettres, engagea l'auteur à offrir cet ouvrage a Louis XIV. Canini, de retour dans sa patrie, avait déjà commencé avec succès son entreprise, lorsque la mort le surprit. — Son frère, Marc- Antoine Canini, sculpteur, s'étant chargé de terminer cet ouvrage, en lit graver les ligures, au nombre de 1,500, par Étiennc Picart le Romain, et par Guillaume Valet. Il le publia en italien en 4669, in-fol., sous ce titre : Iconografia di Gio. Ang. Canini ; le mot d'iconographie, inventé à cette occasion par Canini, pour désigner la connaissance des portraits des personnages célèbres, a été généralement adopté. Les dix dernières planches n'ont pas d'explication, qui ce fait conjecturer que l'ouvrage n'est pas terminé. Celte collection, accompagnée d'explications savantes et curieuses , dont Jean - Ange n'avait fait que les soixante-trois premières, prouve l'érudition des deux frères Canini; mais on désirerait plus de choix et de critique. Elle a été réimprimée à Amsterdam, en français et en italien, 4751, in-4*. La traduction est de Clievriêres. " P — b.
CANINO ( prince de ). Voyez Bonaparte ( Lucien ).
CANISICS (Pierre), né à Nimégue, le 8 mai 1521, fut d'abord attaché au clergé de Cologne, et entra ensuite chez les jésuites à l'âge de vingt-cinq ans. Il y enseigna la théologie, s'acquit une grande réputation par son talent pour la chaire, surtout à Vienne, où il devint prédicateur de l'empereur Ferdinand, et parut avec éclat au concile de Trente. Son zèle pour la propagation de la nouvelle société lui valut l'honneur d'en être fait le premier provincial
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en Allemagne. Les hérétiques, auxquels il ne cessa
de foire la guerre, l'appelaient, par allusion à son .nom, le chien d'Autriche. Le saint-siège, pour le récompenser, le nomma nonce en Allemagne. Le P. Canisius mourut le 21 décembre 1597, à Fribourg en Suisse, dans le collège qu'il y avait établi. Ses livres ne sont pas profonds, mais ils sont instructifs. Il est principalement connu par l'ouvrage intitulé : Summa doctrinœ chrittitmœ, dont l'édition la plus complète a été donnée par le P. Busée, Paris, 1485, in-fol. Il a été traduit dans toutes lès langues; en illyrien, 1583, in-4° ; en grec par le P. Mayr, Prague, 1612, in-8* ; Augsbourg, grec et latin, 1612, in-8°. L'auteur en donna un abrégé, dont la meilleure édition est celle d' Augsbourg, 1762, par les soins du P. Windehofer; puis un fort bon catéchisme, encore plus abrégé, dont les jésuites faisaient usage dans leurs collèges. Les autres ouvrages de Canisius sont une édition des sermons et des homélies de St. Léon, Louvain, 1566, in-12; des Commenlariade verbi divini Corruptelis, contre les centuriateurs de Magdcbourg, Ingolstadt, 1583,2 vol. in-fol., et divers autres écrits, tant latins qu'allemands, dont on trouve la liste dans Paquot. Sa vie a été composée par Raderus et Joacbiin, en latin ; ' Munich, 1623, in-8* ; par le P. Dorigny, en français, Paris, 1708, in-12; par le P. Langore, en italien; mais la meilleure de toutes est celle du P. Foligatti, dans la même langue. T — 1>.
CANISIUS (Hemii), neveu du précédent, natif de Nimcgue, après avoir fait ses études a Louvain, fut appelé à Ingolstadt, où il professa le droit canon pendant vingt et un ans, et mourut en 1610. C'était un savant modeste et laborieux. Son principal ouvrage est intitulé : Antiqua Lectiones, Ingolstadt, 1601 à 1608, 7 vol. in-4». Comme il Taisait imprimer les pièces de ce recueil à mesure qu'il les découvrait, elles y sont mises sans ordre de dates, et dans une très-grande confusion. Les règles de la critique littéraire n'avaient pas été appliquées de son temps aux monuments ecclésiastiques; de là vient que Canisius n'a pas assez démêle les fausses pièces des vraies, et qu'il s'est quelquefois trompé sur le nom des auteurs auxquels il les attribue. Il avait promis des- notes et des éclaircissements ; mais il mourut sans avoir rempli cette promesse. Basnage a remédié à ces défauts dans l'édition qu'il en a publiée, sous le titre de Thésaurus monumentorum ccclcsiasticorum, Amsterdam , sous la rubrique d'Anvers, 1725, T t. qu'on relie ordinairement en 4 ou 5 vol. )n-fo)., dans lesquels l'éditeur a fondu le supplément de Stevartius. Il mit toutes les pièces dans leur ordre naturel, remplit les lacunes A l'aide de manuscrits, y joignit les variantes, ajouta de nouvelles pièces, orna cette édition de notes pour expliquer les endroits difficiles et obscurs, et d'une savante préface, où il discute plusieurs points intéressants de l'histoire ecclésiastique. Il y fit usage de quelques variantes de Capperonier ; mais il négligea celles qui avaient été recueillies par Gretser, et il parait qu'il ne connaissait pas le supplément au 5* tome, publié par Canisius sous le titre de Promplua-
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rium, qui contenait cinq pièces de plus. Tons ces ouvrages sur le droit canon ont été recueillis par Valère André, Louvain, 1614, in-4°. C'est encore à Canisius qu'on est redevable de la première édition de la Chronica Victoris Tununensis, Ingolstadt, 1600, in-4* ; d'une édition de YHisloria mitcella de Paul Diacre, ibid., 1603, in-12, et de quelques autres ouvrages dont parle Paquot, qui, dans ses Mémoires pour servir à Vhistoire littéraire des Pays-Bas, donne le détail de toutes les pièces contenues dans les Lectiones antiquœ. Le Moréri de 1759 donne aussi cette liste ; mais ils ont l'un et l'autre oublié de mentionner le Promptuarium , et ne donnent que six volumes aux Lectiones antiques. — Jacques Camsics . son neveu, né a Calcar, dans le duché de Clèves, entra chez les jésuites, y enseigna les humanités et la philosophie pendant plusieurs années, et mourut le 27 mai 1647, À Ingolstadt, où son oncle l'avait attiré. Il est auteur d'un traité du baptême, intitulé : Fons salutis. On a aussi de lui : Meditaliones sacra super mysteriis Christs et B. Virginie et super tirtutibus ac viliis, 1628, in-8"; Hyperdualia Mariana, 1636, in-16; Ars nrftum, seu de bono mortis, 1630, in-12. Il a traduit divers sermons de ses confrères, de l'italien et de l'espagnol en latin, ainsi que les Vies des Saints de Ribadencira, auxquelles il en a ajouté beaucoup d'autres, 1630, In-fol. — Henri Camsils, né à Boisle-Duc vers 1694, entra dans l'ordre des ermites de St-Augustin, fut prieur du couvent de Tenremonde, puis à Tirlemont et à Maastricht. Il mourut le 4 mars 1689. On a de lui; I" Carminum Faiciculus ; 2* Manipulus sacrarum ordinationum , Louvain , 1661, in-12; 3* Fax, et una Charitas, per casque, char a unitas. Anvers, 1685, in-fol. T— d.
CANITZ ( FnÉDÉRic-RoDOLPiiE-Locis, baron de), poète allemand, né à Berlin en 1654, fit tes éludes à l'université de Leyde, et manifesta de bonne heure un goût si décidé pour la poésie, qu'il lui arrivait souvent de mettre ses idées en vers, sans y penser. Sa vie ne fut cependant pas consacrée à la poésie; après avoir soutenu, en 1674, une dissertation de Cautelù principum circa colloquia et congressvs mutuot, il fit quelques voyages et entra dans la carrière diplomatique. Le grand électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, le nomma d'abord son chambellan, ensuite conseiller de légation, et lui confia diverses négociations qu'il conduisit avec adresse ; Frédéric I*r lui donna le titre de conseiller intime, et l'envoya en 1698 au congrès de la Haye, pour y suivre les affaires de la succession d'Espagne ; l'empereur Léopold l'éleva cette même année au rang de baron de l'Empire ; mais Canitz ne jouit pas longtemps de ces honneurs ; il mourut à Berlin, le 11 août 1699. Aucune de ses poésies ne fut imprimée de son vivant ; un an après sa mort, le docteur Lange, qui avait été précepteur de son fils, en publia une partie, sans nom d'auteur, sous le titre de Délassements poétiques, Berlin, 1700, in-8». Elles ont été augmentées et rectifiées dans douze éditions successives ; le nom de Canitz ne parut que dans la neuvième, publiée en 1719, et les deux dernière»
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ne «ont que des répétition* de la dixième, dontiéë h Berlin en 1727, par Jean-Ulrich Knrnig. En succès al prolongé semble annoncer un mérite supérieur ; les poésie* du Iwron de Canitz n'ont cependant ni originalité ni verve; On y trouve des odes, des satires, des élégies, des chants religieux, et nulle part de la poésie. 11 eut néanmoins le mérite de rester toujours simple et naturel au milieu du goût bizarre et grossier de ses contemporains ; aussi est-il le seul l*#rc allemand dont le grand Frédéric fit quelque cas. Poh style est pur et facile; mais les seuls objets qu i! ait peints avec quelque rhaleur sont les folies des poètes et la vanité des plaisirs du monde. Son élégie sur la mort de sa première femme, qu'il a appelée Dotis, offre quelques traits de sensibilité as-, fcez tombants; mais, par une singularité plaisante, la plupart de ceux qui ont clianté la femme qu'ils tenaient de perdre en ont épousé tmc seconde : c'est aussi ce une Ht Canitz. Huber, dans son Choix de potsiet allemandes, a traduit quelques-unes de ses satires. Ses œuvres complètes ont été traduites en italien, sous le titre de Componimenti poetici del libéra signor de Canitz, volgarizzali da un accadetniea delta Cntsca, Florence, 1757; mais cet académicien, qui se nommait Lennardo Riceio, savait mal l'allemand, et sa traduction est fort médiocre. La vie de Canitz se trouve en tétc de l'édition de ses trurres donnée par Jean-Flric Kn?nig. G— t.
CANNAMARÈS (Jean', Catalan, né dans la classe des laboureurs, acquit une malheureuse célébrité, le T décembre 149-2, en frap-iaut d'un coup «le poignard le roi Ferdinand le Catholique, qui venait de faire son entrée à Barcelone après la conquête de Grenade. Ce prince sortait de son palais, accompagné d'une suite nombreuse, lorsque Cannamarès, qui se tenait taché derrière une porte, s'élança sur lui et le blessa entre le cou et les éjtaules. Sans le collier d'or que portait Ferdinand, et qui rompit la violence du coup, ce monarque aurait été tué sur la place. Cannamarès fut aussitôt interrogé et mis à la question. On reconnut qu'il avait l'esprit aliéné, et que, s'étant imaginé que le roi lui avait pris la couronne d'Aragon, il avait attenté à la vie de ce prince dans l'csjwMance de la recouvrer. Ferdinand voulait qu'on fit grâce à te misérable, mais la sévérité du cardinal Ximenès s'y opposa. On le condamna à avoir la main coupée, a être tenaillé et tiré par quatre chevaux : la seule grâce qu'on lui lit, à cause de son état de démence, fut de l'étrangler auparavant. B - p.
CANNEGIETER (IiENm), né en IG'M.àSteinfurt, en Wcstphnlic, fut recteur au gymnase d'Arnheim et historiographe des états de Gueldre. Il commença à se faire connaître par uno bonne édition d'Aviunus : Fl. Aviani Faùula, Amsterdam, IWI, in-8". Les ouvrages qu'il donna par la suite eurent principalement pour hjet les antiquités romaines et hollandaises; les plus connus sont ; 1° Dissertatio de Brittenburgo, matribui Brittis, Brilan» niea herba, Brittia. etc., la Haye, 1734, in 4°, lig. Canncgtelcr y a joint quelques remarques où il réfute l'opinion de Munling sur lneroa britannica.
CAS
5* he Mitlàtà HoUhahorum mvninum tub yrincipi-
bus Ratione, Utrecht,1758, in 4». A là suite de cette dissertation, on trouve une histoire critique de l'empereur Postbumus, et l'explication d'un monument découvert a Dodenwcrd. [Yoy. Posthimls ) 5» De Gemma Benlinckiana, item de Iside ad Turnacum inventa, neenon de t)ea Buronina, UtreciiL 176», in -8°. 4° Epistola dearaad Xotiomagum reperla. etc., Arnhcim, I76U, in-S». S» La V* édition des Tristee de Henri Harius, dont le nom hollandais était lienrik ter Daér, Arnhcim, 1766. in-4". 6* Deux lettres latines, dans le Muséum Turîeense de Hottinger, sur différentes inscriptions. Cannegieter mourut en 4770, sans avoir donné les Antiquités de Dombourg et les Monuments de la Balavie romaine, dont il avait plus d'une fois fait espérer la publication. 11 avait aussi pré|>aré urie édition de Festus, que son (ils, Hcrmann Cannegitcr, avait promis de publier, mais cette promesse n'a pas clé tenue. B — ss.
CANNEGIETER (Hemian.n), fds du précédent, naquit à Ai nheim, en 4725. Pendant le cours de ses études, qu'il lit a Arnheim et à Leyde, it publia une dissertation sur la loi de Numa, de Ara Junonit peltici «ori tangenda, Lcyde, 4 7 55, in-4'. L'année suivante, il soutint, pour le grade de docteur en droit, une thèse de Difficilioribus quibtudam jurie Capilibus. Après avoir exercé pendant six années les fonctions d'avocat près le tribunal supérieur de la Gueldre, il fut nommé, en 1750, (wofesscur de droit à Franckcr, à la place de Balck (I), qui venait de mourir. Dans son discours inaugural, imprimé * Franeker, 1751, in-fol., il traita de Multipliei et varia teterum jurisconsultorum Doctrina. Deux autres ouvrages considérables l'ont mis au rang des juriseonsullea les plus éruditfl ; te premier est intitulé : Observationes ad coUalionem legum Mosaicarum et Romanarum, Franeker, 1760, in-4*, réimprimé en 1765 avec des additions très- importantes ; le second est un recueil il' Observations de droit romain, en 4 livres, Leyde, 1772, in-4"; la lr* édition de Franeker, 1768, in-4", n'avait qu'un seul livre. On lui attribue les notes qui accompagnent la 5* édition des Antiquités de ilcincccius, donnée à Leuwarden et Franeker, 4777, in-S*. 11 est mort le 8 septembre 1804. B — ss.
CANNEGIETER (Jean), Oh de Henri et frère de Hermann, fut, comme eux, un jurisconsulte dis* tiugué. H était, depuis 1770, professeur à l'académie de Groningue, où il mourut au commencement de 18' siècle. On a de lui quelques opuscules ; I* Ad difficiliora quœdam juris exipita Animaévertiones , Franeker, 1 754, in-4»; i» Domilii Vlpiani Fragmenta libri tinguiaris Regularum, H interti auetori* Collalio legum Mosaicarum H Romavantm, cm m notis, Utrecht, 1768; Leyde, 1774, in-4'; if Qralto de
(I) flomivetr BalÙ naquit a LeawantHi Ht I6«l, le 11 atril.
Il fat nommé prufeueiir n» druii <taa< laniTersile 4e Frinekw, le 29 mart 170». ti il orru-a ctw place jusqu'à u mort, arrivée le 17 nul 1730. Ou ne connaît Ile lui que lit disscrlalU'ii* acide wiqurt pee hniwunkn sur des lajoM de jdrk|.radenee. Ou en peet totr les Ulres du» iMkc** tntitca de Vricmoet.
tate, Groningue, 1770, in-4° : c'est le discours latin que Jean Cannegicter prononça en prenant possession de sa chaire. A. B— t.
CANNES (François), natif de Valence, religieux franciscain et missionnaire apostolique, passa seize années de sa vie au collège de St-Jean, à Damas, e t s'y appliqua avec beaucoup d'ardeur et de succès à l'élude des langues orientales. De retour en Espagne, il y publia sa Grammalica aràbigo-etpahola, vulgqr, y Hieral, eon on diccionario arabigo-espaHol, en que h pou m las voees mai utualet para una conversation familiar, cm el texlo de la doctmia chrisdana en el idioma arabigo, Madrid, 1775, \n-i*. Douze ans • après, à l'instance du comte de Campomanès, il mit au jour : Dicrionnario espanol latinç-a^rabigo en que siguitndo el diccionario abrexiado de la acadeinia te ponen lai corretpondenciat latinat y arabci, para facilitar el ettudio de la langua arabigo a lot mitiionerot, y a ht que viajuren o eontratan en Africa y Levante, Madrid, 1787, 5 vol. in-fol., ouvrage estimé el reclicrclié. Cannés mourut à Madrid en 1795. Il était membre de l'académie royale d'histoire établie dans cette ville. J — H.
CANNING (GtonoE), bomme d'État, naquit à Londres, le 11 avril 1770, d'une famille originaire de Foxcote, dans le comté de Curaberland, et qui se fixa en Irlande au commencement du 17' siècle. Son père, avocat instruit, mais presque sans biens, puisque toute sa fortune se réduisait a 150 liv. stcrl. de rente, n'eut pas le bonheur de rencontrer une de ces causes qui mettent sur-le-champ en lumière les jeunes talents et leurs créent aussitôt un uom et une fortune. Peut-être aussi la poésie le détourna-t-elle des occupations plus graves du barreau. Sa belle cpllrc de lord 'William lUisscl, la nu) qui précéda son supplice, à lord W illiam Cavcndish ; sa traduction en vers de V Anti-Lucrèce, sa réponse aux reproches de la Revue critique (Crilical Hevicvv) qui avait bldmé, dans sa version, une lidélité trop littérale, prouvent qu'il avait feuilleté d'autres répertoires que les statuts et coutumes d'Angleterre. Il composa aussi plusieurs brochures politiques; mais nul de ses travaux ne le conduisit à la richesse. Bientôt son mariage avec une femme belle cl spirituelle, mais sans fortune, déplut à sa famille, et probablement lui ravit encore quelque appui de ce coté. Quittant alors la. carrière du barreau, il essaya du commerce des vins, où il n'eut pas le temps de réussir. Sa mort, survenue le H avril 1771, un au jour pour jour après la naissance de Canning, laissa sa veuve avec trois enfants et avec de très-faibles ressources. Celle ci, après avoir essayé de mouler une petite école, se lit comédienne, obtint de* succès a Uath et dans diverses troupes de province, épousa successivement l'acteur Bcddish, qui eut asse? de Célébrité dans son temps, puis Hunn, niarcliand de toile d'Exetcr, qui, marié avec elle, abandonna son magasin |KMir le théâtre; et elle survécut encore i ce troisième mari. Pendant ce temps, le futur premier ministre était élevé à Londres sous la surveillance de sqd oncle, qui, connue son père, se livrait an çpminerçe des. vin» : les dépenses de son éduca-
tion étaient couvertes par le revenu d'une petite propriété en Irlande. Il fut placé d'abord à l'école de Hyde-Abbey, près de Winchester, où ses vers enfantins, sa manière de rendre les fureurs .t'u reste, ses exercices mnémoniques le firent remarquer. De Hyde-Abbey, il passa nu collège d'Llon, où il fut, dès le premier instant, regardé comme un enfant de génie. Déjà ambitieux d'une réputation littéraire, Canning, qui comptait a peine seize ans, inspira la même ardeur à quelques condisciples cl arrêta le plan d'une feuille intitulée le Microcosme, publiée sous le pseudonyme de Grëgory Griffin {[), qui eut neuf mois d'existence, du 9 novembre au 30 juillet 1787. Aux quatre jeunes fondateurs, dont les signaturcs étaient représentées par les lettres A, B, C, D, se joignirent quelques collaborateurs étrangers, Joseph Mellish, Benj. Way, etc. Les quatre auteurs principaux étaient John Smith (A), Bob. Smith (C), John Hockbam frère (D), et enfin Canning, qui était le directeur et l'Aine de cette publication, et dont lus articles signés B sont au nombre de onze. Deux de ces morceaux, l'Esclave, de la Grèce, et une critique burlesque de l'innocente ballade la Reine dtt casurt, sont vraiment remarquables, mémo sans se reporter à l'âge de l'auteur. La Revue mensuelle donna des éloges au nouveau recueil, et indiqua les articles «le Canning comme écrits avec beaucoup de gaieté. C'est aussi à l'éiioque où Canning étudiait a Lion que les conférences simulant les débals des deux chambres curent le plus d'éclat. Ces conférences avaient lieu aux heures de récréation, et les professuura les encourageaient. On s'y livrait de la manière la plus sérieuse à des discussions quasi-parlementaires ; une opposition vive y combattait les prétendus fauteurs du pouvoir. Le jeune Canning se mêlait même de la jtolitiquc réelle, et, lors de l'élection de Windsor, il prit un intérêt |iassionné pour l'amiral Keppcl contre le candidat de la cour. D'Élon, où il avait acquis le plus haut poste d'honneur, celui «le capitaine, Canning passa en 1788 I Oxford, comme élève du collège dp Christ : la il rencontra ses antagonistes de Wclsminster, auxquels il n'inspira d'autres sentiments que l'estime el l'admiration. La aussi commencèrent ses utiles liaisons avec des jeunes gons qui, plus tard, devaient être les sommités de l'Angleterre, Banks Jeukinson (depuis comle de Liverpool) et Henri Spencer. Bientôt il sortit d'Oxford, après avoir remporté le premier prix du chancelier par sa pièce latine, lier ad Itieccam religionii causa tutceplum, el avoir pris son premier degré dans oclle université. Stiu but alors était de continuer l'élude des lois ; lirais la conversation de Skérîdan, auquel tenait de près la famille de sa mère, et chez qui Canning ail» passer toute» ses vacances, n'eut pas de peine à triompher de ces velléités Incertaines.
(|) Une biographie dit : u O journal n»rnt pe«d*B« P'** *'*« « an H ne rrssa «inc t^r la mort de son n\*n\ éditeur, Oregmro « r.rifflii. » — « M. Creçolre Cnfllii, dl»aii '» Haut mensuelle « (MouiUly Reviev»), de même <|u« M>n iir«'itece***ur U Sffelêlrnr « el l»u!u «l'autre* de celle fanillc, e*l on tire dum la persounalilé « est «ppove. » L'ediUutr était Charles Knijht. l.a quittance de Canning, du 51 juillet i7»7, iatpritm-e. dans X'OMuaru de iHU, I *rt. Ca»i«i.vj, achève de lever tonte ctfCct de doute a cet egjrd.
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La vie dissipée du grand monde plut beaucoup au jeune homme. Sliéridan l'introduisit dans les sociétés les plus brillantes de Londres, notamment dans celle de la duchesse de Devoushire. 11 y lit connaissance avec lord Robert Spencer, le général Burgoyne, Fox,Tickell, etc. Mais c'est vers le ministère qu'inclinait Canning. Ancien élève d'Oxford, Pitt allait chaque année en écouter les exercices et y préparer, en quelque sorte, des recrues pour le ministère. C'est ainsi qu'il groupa autour de lui dans la chambre des communes Wilberforce, Burkc, Slurge Borne, sir Charles Long. Aussi déjà Pitt et Canning s'étaient-ils rencontres lorsque Jenkinson crut, pour la première fois, mettre le ministre et son ami en présence à un grand repas qui eut lieu dans Addiscombe-House. Canning, malgré les beaux principes de liberté qu'il avait chantés au collège, s'enrôla sous les bannières du premier ministre, et fut |H>rté par lui au parlement comme représentant du bourg de Ncwtown, dans l'Ile de W'ight. C'était en 1793. Peu de temps auparavant, Shéridan, donnant des éloges à Jenkinson sur son premier discours à la chambre des communes, avait proclamé en pleine assemblée « qu'il saisissait cette occasion pour an- « noncer la nouvelle force que son propre parti al- « lait acquérir, grâce au talent d'un autre jeune « gentleman, ami et compagnon d'études de l'orau tcur qui venait de se distinguer. » Ces félicitations adressées aux whigs étaient prématurées, on le voit. Canning, à peu près sans fortune et jusque-là sans consistance dans le monde, ne pouvait guère en espérer en se mettant à la suite d'un ltomme que la véhémence de ses idées politiques et l'irrégularité de sa conduite avaient, en quelque sorte, mis au bati de l'opinion. 11 pouvait, au contraire, tout attendre du ministre qui dirigeait l'Angleterre avec toute l'autorité d'un roi absolu, mais qui avait besoin d'auxiliaires habiles et actifs pour triompher de tant d'obstacles semés sur ses pas. Pitt commença par imposer à son nouveau partisan la condition de n'ouvrir la bouche que lorsqu'il le lui ordonnerait. En effet, le premier discours prononcé par Canning ne le fut que le 31 janvier 1794. Pendant l'intervalle qu'il laissa ainsi écouler sans prendre une part active aux débats, il s'occupa d'acquérir une parfaite connaissance des formes et des usages de la chambre : au moins est-ce l'excuse qu'il donnait à ceux qui s'étonnaient de son silence et lui en demandaient la raison. Le discours du 31 janvier 1794 roula sur le traité de la Grande-Bretagne avec la Sardaigne, par lequel il était sUpulé qu'un subside annuel de 200,000 livres sterling serait payé à celte puissance pendant la durée de la guerre, et que, de plus, on rendrait à la Sardaigne le territoire qui lui avait été enlevé par la France. Pitt eut l'attention de laisser, ce soir-la, le champ libre à son jeune ami, pour qu'il commençât avec éclat sa carrière parlementaire. Néanmoins, malgré le soin avec lequel Canning entra au vif dans les questions générales de l'origine et de l'esprit de la guerre, et dans le problème plus spécial de la comptabilité des clauses du traité avec le, vues avouées et la politique de l'Angleterre, il
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n'excita pas cette haute admiration a laquelle, plus
tard, donnèrent lieu la plupart de ses improvisations. Un critique éclairé {the Inspecter), qui semble avoir connu quelques particularités généralement ignorées de la jeunesse de Canning, attribue ce demi-succès à l'imitation de Burkc. 11 fut bien plus avidement écouté, bien plus vivement applaudi, lorsqu'il ne voulut être que lui-même. Son genre d'esprit différait trop de celui de cet orateur pour qu'il put en imiter les mérites et même les défauts. Il ne ressemblait point, comme Burke, à un être élevé au-dessus de l'humanité, qui fait des lois pour tous les temps, pour tous les lieux cl pour plusieurs peuples; qui croit déroger si, non content de convaincre, il cherche à persuader. Il n'avait pas non plus la morgue dictatoriale de Burke, cette voix aristocratique, ce regard Qxe qui semblait ne voir qu'un objet, la vérité, et ne pas tenir compte de l'auditoire. Une imagination très-vive qui n'excluait point la force et le raisonnement, une ironie spirituelle, plus riante que le sarcasme argumentateur de Burke, eniin le désir de complaire aux auditeurs présents et non à la postérité, l'art de persuader avec grâce de la solidité de ses propres doctrines, tels étaient, au contraire, les caractères du talent de Canning. La mort de Burke fut pour lui un événement heureux, car il est probable que, si cet orateur eût vécu encore quelque temps, Canning aurait continué de se laisser aller à une imitation dangereuse qui eut faussé son talent. 11 parla encore, en 1794, sur la suspension de YHabeas corpus, et, comme on le pense bien, il soutint la mesure ministérielle. L'année suivante, Fox ayant demandé la formation d'un comité sur l'état de la nation, Canning prit la parole pour s'opposer à celte motion. Pitt lui témoigna sa satisfaction en le nommant, en 1796, sous-secrétairc d'Etat aux affaires étrangères, et, un peu plus tard, en lui donnant une direction générale au trésor. Canning réussit encore mieux prés de lord Grenville, alors ministre de l'extérieur. Pitt voulait remettre en œuvre un moyen déjà fréquemment éprouvé de combattre le journalisme : c'était de le combattre par ses propres armes. Un journal, t'AtUi- Jacobin, fut destine à battre en brèche, avec les armes de l'argument et du ridicule, les feuilles qui plaidaient, à l'instar des gazettes françaises, la cause du républicanisme. Canning fut chargé par Pitt de la haute direction de ce journal. C'est lui qui en rédigea le prospectus ; Gifford fut choisi | unir éditeur, Jenkinson et George Ellis frères et quelques autres en furent les collaborateurs principaux. Le journal fut publié régulièrement du 40 novembre 1797 au » juillet 1798. ejwque à laquelle il cessa de paraître. Quelque difficile qu'il soit de distinguer ce qui appartient à chacun dans une publication qui eut simultanément pour collaborateurs tant d'hommes de talent , au nombre desquels il faut compter Pitt lui-même , on sait que presque toutes les poésies semées dans le journal sont dues à Canning, et qu'il y donna aussi, sinon U totalité, du moins une partie des Corsaires, ou U doubU arrangcmenl, plaisanterie burlesque sur le drame
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sentimental allemand. A la tribune, Canning, réélu par le bourg de Wendower, ne se montrait pas plus favorable a la cause de la révolution. En «99, Tierney demanda que Ton prit une résolution déclaratoire du devoir des ministres de Sa Majesté de ne montrer aucune répugnance à traiter de la paix avec la république française. Le discours par lequel Canning répondit à cette demande fut cité comme un modèle d'éloquence, et eut pour effet d'imposer silence i l'opposition pendant tout le reste de la session. Cette ligne de conduite ne l'empêcha pas de soutenir, toujours avec le ministère, le principe de l'abolition de la traite des noirs; mesure qui alors avait l'approbation du gouvernement. La motion que VVilberforce lit à ce sujet , en 1798 , avait trouvé dans le député de Wendower un appui zélé; et, en 1799, il parla encore avec force dans le même sens et contribua au triomphe des amis de l'humanité qui virent enfin la loi proscrire l'odieux trafic de l'homme par l'homme. Du reste, on devine assez que la philanthropie et les principes n'étaient que des mots dans les discours de Canning. 11 soutenait l'abolition parce que Pilt la voulait ; et Pitt la voulait parce qu'il y apercevait la ruine des colonies françaises ! Vint ensuite l'importante question de l'union avec l'Irlande : Canning parla plusieurs fois et longuement pour l'appuyer. La même année, il fut nommé un des commissaires pour la direction des affaires de l'Inde. Le 8 juillet 1800, il épousa la plus jeune des filles du général John Scott de Hali « unie, qui avait amassé une fortune immense dans les Indes-Orientales. Elle lui apporta plus de 100,000 livres sterling, et lui assura ainsi une Itonorable indépendance. Par cette union il devint beau-frère du marquis de Titchfield. Rien d'important ne signale la vie de Canning pendant cette période du ministère Pitt. Il le soutint intrépidement dans toutes les occasions, s'acharnant de plus en plus contre la démagogie française , s'opi>osant , lors des ouvertures pacifiques de Bonaparte, au commencement de Tannée 1800, à toute proposition de paix, et soutenant de toutes ses forces la suspension de VHabeat corput. La chute du ministère, en 1801, amena pour Canning la nécessité de renoncer à tous ses emplois. Deux causes avaient contribué à ce renversement : l'une était la répugnance de Pitt à signer avec la France une paix qu'il jugeait être indispensable pour l'instant ; l'autre la répugnance du roi à remplir à l'égard des catholiques irlandais les promesses qui leur avaient été faites à l'époque de l'union. 11 fut alors question d'une combinaison qui eût replacé lord Grenville au ministère. Cet homme d'Etat y eût amené avec lui Canning et Windham. Mais ce projet échoua. Privé de toutes ses places, Canning reparut au parlement l'année suivante (1802), comme représentant du bourg irlandais de Tralée. Il siégea dans les rangs de l'opposition et fit pleuvoir sans réserve les traits d'une critique acérée contre le traité d'Amiens , contre la révolution française, contre l'administration Addington. Non content de combattre à la tribune le système du nouveau ministre, il eut recours à la presse,
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et entama une guerre de sarcasmes qui continua quelque temps avec beaucoup d'acrimonie. Les addingtonistes ne restèrent pas sans réponse , et pour mieux risposter aux brocards dont les accablait leur fougueux adversaire, ils appelèrent à leur aide quelques-uns de ces condottieri littéraires qui, comme autrefois les Suisses , combattent pour de l'argent. Ceux-ci suivirent les traces de Canning et entamèrent la riche mine des personnalités sur le ministre déchu et sur son faiseur. C'étaient tantôt des détails biographiques dont il est plus aisé de se fâcher que de se défendre ; tantôt des scènes ima- ■ ginaires, des bouffonneries, des satires. Une de celles-ci, intitulée la Conversation et le Docteur, eut beaucoup de vogue. Du terrain de la plaisanterie, Canning passa dans celui du dithyrambe et fit paraître , à la gloire de son grand ami , une ode qu'il intitula : le Pilote qui surmonte l'orage. Cependant au milieu des divergences que laissaient apercevoir entre eux les deux ex-ministres , lord Grenville et Pitt, Canning penchait plutôt pour les opinions du premier et songea sérieusement à prendre parti pour lui. La rentrée de Pitt au ministère , en mai 1804, mit un terme à ces oscillations. Il appela Canning auprès de lui en le nommant à la place de trésorier de la marine que quittait Tierney. Rien de remarquable ne signala personnellement Canning qui fut la même année réélu par Tralee, si ce n'est peut-être le zèle avec lequel, lors des imputations dirigées par Whitbrcad sur la conduite de lord Melville, le trésorier de la marine saisit à plusieurs reprises l'occasion de plaider la cause de cet homme d'Etat. La mort de Pitt, en janvier 1808, disloqua de nouveau le cabinet ; et cette fois un ministère de coalition , composé de Fox et lord Sydmouth d'une part, de lord Grenville, de l'autre, fut mis à la tète des affaires. Canning, quoique l'on ait fait remonter à cette époque le mot qu'il ne prononça que quelques années plus tard dans un discours public à Liverpool : « Ma fidélité politique « est ensevelie dans la tombe de M. Pitt, » était alors trop exclusif dans ses opinions relativement aux mesures à prendre contre la France pour faire partie de l'administration. Réélu par le bourg do Sligo, il prit donc encore rang parmi les opposants, et ayant en tète , outre ses antagonistes habituels, quelques-uns de ses anciens amis, il rompit des lances contre ce qu'il appelait ironiquement tous les talents, toute la sagesse et toute l'expérience d'une armée combinée de whigs et de lorys , de foxistes et de phtisies. Parmi les discours qu'il prononça pendant ce laps de temps doivent être remarquées son adhésion à la motion de Spencer Stanhope sur l'inconvenance de voir Ellenborougb siéger dans le cabinet ; ses critiques des nouveaux arrangements militaires introduits par Windham; enfin ses nom» breuses allocutions au sujet des négociations avec la France (1807). Fox alors venait de suivre au tombeau son formidable rival (septembre 1806), et il avait été remplacé au ministère par lord Howyck (aujourd'hui lord Grey). Canning posa en principe que les négociations étaient illusoires, que l'ennemi,
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selon son usage, les traînerait en longueur sans rien conclure ; qu'en dernière analyse les délais profite* raient à la France et tourneraient au détriment de la Grande-Bretagne. Ces prédictions, qui coïncidaient avec les progrès sans cesse plut* marqués de l'empire français et avec la rupture de l'équilibre européen, fomentaient l'inquiétude dans les hautes classes de la naliou et donnaient du poids aux tons. Le bill en faveur de» catholiques d'Irlande arriva sur ces entrefaites ( avril I mit . en dépit du roi dont la répugnance formelle pour tout ce qui parlait atteinte à la suprématie de l'Eglise anglicane était connue de tout le monde. Le bill , cette fuis, avait des chances en sa faveur, l'our éviter un dé- I noûment que l'on redoutait plus (pie tout , ou lit courir lo huit de captalion exercée par les minis- i très sur les sentiments du roi, pour en obtenir [dus ! que les promesses «le 1800 et la prudence n'ordonnaient d'en accorder aux catholiques. C'est sous l'influence du ressentiment qu'une telle conduite devait inspirer que le roi, décidé depuis longtemps A cette mesure , feignit d'arriver enlln au parti de foi-mer un nouveau cabinet, dont le duc de Portland fut le chef et dont Canning fit partie en qualité de ministre des affaires étrangères. On voit assez que ce changement avait été amené par des intrigues. , Elles n'échappèrent point à la malignité du public, et une foule de brocards et de pamphlets saluèrent l'avènement des nouveaux ministres. On blâmait aussi très- vivement Canning d'avoir accepté une place dans un ministère anti-irlandais , lui qui jusque-là 1 s'était exprimé en faveur des catholiques d'Irlande. Canning se chargea, non de réfuter, niais de contredire ces allégations à la chambre. Des partisans de la nouvelle administration avaient accusé les membres sortants d'avoir taché d'extorquer au roi • une mesure qui aurait sur-le-champ conféré aux catholiques tous leurs droits politique*; un autre orateur ayant proposé de passer à l'ordre du jour sur cette question, Canning saisit l'occasion |K>tir prolester qu'il avait fait tous ses efforts pour prévenir une telle crise ; qu'il avait conseillé par écrit des mesures pour l'empêcher; que ses collègues Kldon et Portland en avaient fait autant ; enlln qu'ils n'avaient accepté que lorsque la détermination royale avait été irrévocablement prise; qu'en effet la question était , non entre ministère et ministère, niais entre l'ancien ministère et le souverain, bu reste, comme il sentait que de semblables déclarations ne pouvaient donner le change aux hommes clairvoyants, et que le gouvernement ne dyvait pas compter sur une majorité dans la chambre , il ajoutait qu'ayant une fois accepte le fardeau que leur imposait le choix du monarque , ses collègues ol lui seraient fidèles à. leur opinion ; qu'en vain ils seraient tourmentés par une suite de motions vexatoires , qu'en vain même ils verraient le parlement se déclarer contre eux, qu'il leur resterait la ressource d'un appel au pays, etc. La menace était du 3 avril : elle fut effectuée le 2T. Tandis que plus que jamais le cabinet travaillait les élections dupt effectivement le résultat lui fut favorable, les
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mesures hostiles contre le gouvernement français prenaient non seulement de l'activité maïs une marche toute nouvelle. Aux sollicitations du prince de Stahrenherg qui recommandait fortement au ministre des affaires étrangères la cessation des hostilités entre la France et la Grande-Bretagne , Canning répondait par des récriminations sur la coalition des puissances continentales pour subjuguer sa patrie et lui inqwser une paix ignominieuse. Une fois résolu à la guerre, Canning pensait qu'jl fallait la faire à la manière de Napoléon , c'est-à-dire par masses et en dirigeant tontes ses forces sur un poiqt vulnérable. C'est ainsi qu'il commanda le bombardement de Copenhague et la prise de la flotte danoise que , en dépit de la neutralité , il regardai^ comme l'auxiliaire de la France (I). Mais bientôt le parti des demi -mesures, non moins hostile sans doute a la France , mais moins habile , l'cpiporla dans le cabinet. Castlereagh , son collègue au département de la guerre , en était le chef. Canning aurait voulu que l'on se portai en Espagne , où la résistance qui se manifestait déjà devait doubler les forces anglaises; Castlereagh préféra une diversion sur Walchcren et tout le groupe de la Zélande. Ces questions et beaucoup d'autres divisaient le cabinet ; et ces dissensions n'étaient pas fout à (ait un secret pour le public. Castlereagh méprisait naissance assez vulgaire de son collègue ; Cannipg dissimulait à peine le peu d'estime que lui iuspira.il la médiocrité laborieuse et routinière dé ÇasUcrcagh. Une intrigue fort compliquée avait même, ajouté à ces dissentiments. : Canning demandait le. portefeuille de la guerre pour lord Wcllesley, et, ejj cas, de refus offrait sa démission : le duc de Purl)an(l, chef du ministère , le lit consentir à suspendre ses, résolutions jusqu'à l'issue de l'expédition contre, lit Zélande. Le résultai de ce malencontreux armement fut connu le 2 septembre. Le duc de Portland »e pressant peu de remplacer Castlereagh par lord Wcllesley, Canning et ensuite Castlereagh envoyèrent leurs démissions : la dernière fut acceptée. Canning reprit son portefeuille. Mais touj n'était pas terminé. Dix jours après celte solution apparente, eut Heu un autre dénoùment. Les deux adversaires politiques eurent une rencontre sur le terrain de Pulney-Ucatb. C'est Casjiereagb qui envoya le cartel. Tous deux tirèrent deux foi$, et Canning reçut dans la cuisse la halle de son cXtCqI,lègue. On allait recommencer lorsqii'Lilis aperçut du sang sur la cuisse de Canning , et lit cesser le combat. La blessure du reste était peu dangereuse; l'os n'avait été qu'effleuré , et Canning, rapporté chez lui, en fut quitte pour quelques semaines dq repos. Mais ce qui dut lui £tre plus sensible, George III exprima très-vivement combien, H desapprouvait un mode si étrange de terminer le» djf? férends politiques , çt accepta les dcwssjon* de
(t) MM opinioB 4a ministère anfbU losil été far II»** p*r la ronimuiiiMilou dei arikl«s wcwU da tr»}l« deTiUui, d'aorte !•»-
quel, |, flous da Qawnaft feait cHr» typa à Nwlft». (N*
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Cànnlng » de Castlereagh et du duc de Portland. Quoiqu'il eut cessé de faire partie du cabinet, tiè , peu après il eut le déplaisir (le voir rappeler Castlereagh , bientôt Canning put dire que la force des choses avait enfin imposé son système an gnmernenient. Les secours de la Grande-Bretagne dans la Péninsule devinrent de plus en plus considérable» , et parmi les discours qu'il prononça dans la chambre , toujours en faveur d'un ministère qui suivait ses plans , on remarqua surtout sa réponse éloquente à Whllbrcad qui avait exprimé des sentiments rie découragement 6 l'égard de l'Espagne. Après avoir démontré la nécessité, le devoir pour la Grande-BrctagnCdé secourir la Péninsule, * l'armée « française, ajoutait Canning d'un ton prophéti- « que» a pu accomplir et accomplira peut-être cn- • « rore la conquête de toutes les provinces les unes c après les antres; mais elle n'a pu parvenir et ne « parvhîrtdra jamais a conserver de telles conquêtes « dans un pays où l'influence du conquérant ne s'é- « tend pas au delà des limites de ses postes mllitai- « res, où son autorité n'est reconnue que dans lés « forteresses et les cantonnements qu'il occupe, où ■ tout ce qui est derrière lui, devant lui, autour « de lui, ne respire que le mécontentement, la « veneeance méditée et la haine inextinguible. Puisse « la lutte être longue 1 et puisse-t-elle continuer à « être aussi fatale au* troupes françaises qu'elle t'a «été jusqu'ici!... Je ne connais aucun principe « d'humanité qui me défende de me réjouit- lorsque «je vois qu'un pareil sort ( l'anéantissement ) est « destiné à ceux qui sont maintenant les instru- « ments de la tyrannie et de la violcncé (13 juin « 1810). s 11 l'ut plus énergique encore le I mars 1811, lorsqu'il adjura la chambre de demander qu'on persévérât dans le parti adopté. Lors de la discussion du bill qui conférait au prince de Galles le titre et les fonctions de régent, il s'efforça de faire diminuer les restrictions imposées an pouvoir du régent : sans doute 11 espérait par là se concilier les bonnes grâces du prince dont personnellement il n'était pas le favori, niais cette conduite ne décida pas encore le prince en sa faveur, et lorsqu'à la mort de Perceval ( 11 mai 1812), il fut question de lui pour réparer la perte que le Cabinet venait de faire, on rappela qu'il avait appuvé chaudement la motion de Grattan en faveur des "catholupies irlandais, Wâlgré le vœu cottlràire de Livcrpool et de Castlereagh. II fut impossible de s'accommoder, soit à causé de ecttfc raison, soit parce «plie l'arrangement proposé lui eût donné, avec les affaires étrangères, la conduite de la chambre des communes. Deux tentatives fUrent encore faites, l'une par le marquis dfe Wdtefley , l'autre bar lortl Moïra, que successivement le prince régoht chargea de comptscr une administration dont Canning cflt fait partie. Mais !*uhè et l'autre échouèrent, et au fond nulle de ces tentatives n'était bien Sérieuse. Repoussé ainsi de toutes les avenues du ministère, Canning se mit à faire contre Castlereagh, qui chaque jour prenait plus d'influence et devenait lo ministre dirigeant, une opposition aussi âpre que Celle à laquelle il
s'était livré contre le ministère Addîngtort. Mais sa position n'était plus si franche, si nette : il était tout au plus le chef d'Un tiers parti, et se tenait entre le gbuvernement et la Vieille opposition whig qui déjà était devenue, chez quelques-uns de ses membres, le pur radicalisme. Le 22 juin 1812, il proposa que la chambre s'engageât à prendre en considération la question catholique dès te commencement de la session suivante, et la puissance avec laquelle il traita plus complément que jamais l'objet en litige Obtint à sa motion une mnjorité de 129 voix. Après une telle résolution, la dissolution du parlement ne pouvait être douteuse : elle eut bientôt lieu ; mait cette mesure extrême n'empêcha pas Canning de reparaître à la session suivante : il était député de Livcrpool, où quatre antagonistes de toutes nuances lui avaient en vain disputé le terrain. Le cabinet renoua ses négociations avec lui, et bientôt on lé vit annoncer solennellement à ses collègues qu'il conliait la grande question sur laquelle il avait été secondé avec tant de succès dans le dernier parlement aux soins du vénérable M. Grattan, qui possédait beaucoup plUs de talent que lui pour la faire triompher. Celte modestie ne pallia qu'imparfaitement sa nouvelle velléité de désertion. Toutefois rien encore ne fut décidé : les arrangements ministériels échouèrent ou furent ajournés, sans que partant il y eût rupture. Aussi n'est-ce que par suite d'un jeu convenu que Canning, après de longs débats qui, en définitive, n'amenèrent que l'ajournement de la question, appuya la motion catholique par un puissant appel aux sentiments de la chambre. 11 prit plus de part aux discussions sur le bill relatif à la compagnie des Indes, ainsi qu'à celles sur le traité avec la Suède. Bien là ne répugnait à ses antécédents. Livrer la Suède à un Français auxiliaire de la coalition, indemniser ce royaume qu'avait entamé la Russie, aux dépens du Danemark, ravir à celte dernière couronne, longtemps amie de la France, l'antique fleuron de la Norvège, c'étaient des corollaires naturels du système conçu depuis quarante ans par les copartageants de la l'ologne, appliqué depuis par ISapoléon, mais à son prolit, et sur le point de l'être en sens contraire par ses vainqueurs. Malgré la forme sentencieuse de son langage, Canning ne fut aussi que très-modérément en opposition ovec la cour sur les tentatives de la princesse de Galles pour communiquer avec la princesse Cliarlottc, sa fille, il déclara que, dans son opinion, les notes du conseil, en 1807, absolvaient pleinement Son Altesse Royale. Quelques antécédents, il faut le croire, lui défendaient moralement de se ranger parmi les persécuteurs de cette princesse. Quels étaient ces antécédents? quel lien unissait Canning à ia femme du régent? Il est assez difficile de le comprendre au juste. Est-ce simplement désir d'une ombre d'opposition, ou bien fatuité, désir de faire songer à une intimité ancienne ou nouvelle ? Ce qu'il y a de certain, c'est que l'excolléguc de Castlereagh passait non-seulement pour plus favorable à la princesse qu'à son mari» mais qu'on lui supposait même beaucoup d'influence sur
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la première. Aussi, lorsqu'cn 1814, après plusieurs tentatives en sa faveur dans le parlement, il fut question de lui faire quitter l'Angleterre en promettant de doubler au moins son revenu, c'est Car»ningqui fut cliargé secrètement de cette mission délicate, et qui la fit réussir. Il en fut récompensé par le titre d'ambassadeur extraordinaire près du prince régnant {ou plutôt de la régence ) de Portugal. Cette nomination élonna beaucoup le public, auprès duquel Canning se crut obligé de prétexter sa santé comme cause d'éloignement. Du reste, il convenait parfaitement et aux ministres de s'affranchir de la présence d'un membre redoutable de l'opposition, et à Canning, dont l'opposition devait tendre à se radoucir, de so trouver éloigné de la chambre où sa position ne pouvait alors qu'être fort embarrassante. Celte ambassade en Portugal ne présenta rien de remarquable. Toutefois il est probable que là, pour la première fois, Canning considéra plus attentivement l'étal des colonies américaines, en envisageant ces deux grandes questions : u Jusqu'à quel point les colonies peuvent-elles se « suflire à elles-mêmes et se passer de leurs metro- « pôles respectives? » et « Quelles ressources, quels « avantages l'émancipation des colonies espagnoles « et portugaises présenterait-elle à la Grande-Bre- « tagne, selon qu'elle tolérerait, accélérerait ou re- « connaîtrait la première cette émancipation? » Mécontent de la tournure des affaires diplomatiques après la seconde chute de Napoléon, il donna sa démission vers la fin de 1815, dans le vain espoir de voir bientôt son ami le marquis de Wellesley (alors duc de Wellington) chef du ministère, cl de faire partie du cabinet ; et en attendant il eut tout le temps de parcourir lentement la France. Il y resta même jusqu'au milieu de l'été de 1816: la santé de sa femme servait de prétexte à celte longue absence. Cependant il la laissa pour retourner en Angleterre se faire réélire à Liverpool. Son triomphe, cette fois, ne fut pas facile : peut-être eut- il été précipité des hustings au son des sifflets, s'il n'eut trouvé moyen de décider la retraite volontaire de ses deux concurrents. Recherché alors de nouveau par le ministère, il fut nommé d'abord président du bureau de contrôle ; puis il s'allia intimement avec son ancien ennemi Casllereagh, et, comme il tenait à s'éloigner de la scène parlementaire, il partit plénipotentiaire prés la république helvétique. Du reste, avant son départ, il avait de nouveau donné des gages de son zèle au gouvernement, en soutenant, entre autres projets ministériels, le bill qui conférait au cabinet des pouvoirs extraordinaires. L'iraminenre des dangers que l'audace révolutionnaire faisait courir à l'ordre social était toujours le texte des orateurs qui défendaient ces projets, et il les développa très-énergiquement encore (24 février 1817). En juillet snivant, de retour en Angleterre, il fut, pour la troisième fois, nommé par Liverpool, après une des batailles électorales les plus vive» et les plus compliquées qui aient jamais eu lieu. Cependant la majorité qui le replaça dans la cliambre fut plus forte que dans les occasions précédentes.
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Devenu, en sa qualité de président du bureau des Indes, partie intégrante du cabinet, il prit une part très-active à presque tous les débats de la session de 1818, notamment à ceux du bill d'indemnité, du bill de restriction de la banque, du bill d'amendement, de l'acte de régence et du bill sur les étrangers. Alors parut contre le président du bureau du contrôle un pamphlet dans lequel à la diffamai ion violente étaient jointes des calomnies. Ce libelle n'avait pas été mis dans le commerce de la librairie, mais on le distribuait sous le manteau. Canning, ne pouvant percer le voile de l'anonyme sous lequel se cachait l'auteur, se contenta d'envoyer, d'une part, & l'éditeur, de l'autre, aux journaux, une lettre à l'anonyme, dans laquelle il le qualitiait de menteur et de lâche. On trouva singulier que celui-ci ne se nommât pas , car la lettre de Canning était un véritable cartel. En 1819, il accueillit la demande de Ticrney, tendait! à la formation d'un comité pour constater l'étal moyen du numéraire en circulation, par un déluge de critiques acerbes et de plaisanteries plus amusantes que ses arguments n'étaient convaincants. Trois mois après, à propos d'une motion de lord Archibald Hamilton, il proclama son opposition prononcée à une réforme parlementaire, soil qu'elle se présentât sous la forme dégoûtante et tyrannique qu'elle avait dernièrement affectée en plusieurs endroits, soit qu'elle empruntât le caractère plus calme et moins offensif, mais non moins daugereux, d'une pétition â la chambre. Même exagération dans la grave question de la révision des lois (tenales d'Angleterre : tout fut approuvé, tout, selon Canning, eut droit aux respects des citoyens dans ce gothique et disparate monument des caprices de dix siècles. Il soutint de même toutes les mesures financières sollicitées par le ministère et contribua beaucoup à faire emporter d'assaut les taxes nouvelles qui élevèrent le budget ordinaire à la somme de 20,477,000 livres sterlings. Son éloquence et sa hardiesse éclatèrent surtout lorsque, dans la séance du 18 mai, Tierney proposa que la chambre se formât en comité pour faire une enquête sur l'état de la nation. « Jamais, « disait Tierney, ministère ne s'est trouvé dans « une situation plus avilissante. » El le reste n'était que le développement de ce thème. Castlereagh altéré avait passé condamnation sur plusieurs des faits relevés par Tierney, et déclaré qu'il céderait la place à celui que l'opinion désignerait comme plus digne. Canning ne recula pas ainsi devant l'ennemi et s'empara de la proposition pour la faire paraître sous un jour tout nouveau. « Je désire, « dit-il, que la motion soit adoptée ; je désire que « le comité d'enquête soit formé sur-le-clamp. Car « ce comité, qu'aura-t-il à faire, si ce n'est de a compter les nations délivrées, les trônes relevés, « les victoires remportées et les triomphes sans pa- « reils dans l'histoire, tant par leur éclat que par « leurs résultats? Ce comité, que verra-t-il dans les « annales des dernières années, sinon les théories « réfutées par de grandes actions, les tristes prédications démenties par de glorieux événement*, et,
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« malgré l'opposition, celte petite lie veillant sur la « tranquillité du monde après l'avoir sauvé. » Ce tableau si batteur pour l'orgueil britannique excita les bravos de tous les côtés de la chambre, et le ministre, après avoir continué quelque temps sur ce ton, vit enfin, dans une séance où jamais les rangs de l'opposition n'avaient été aussi compacts, 557 voix contre 178 rejeter la motion de Tierney. Il ne répondit pas moins intrépidement en 1820 par des sarcasmes, de pompeuses aflirmations et des fins de non-rcccvoir, aux attaques de l'opposition. Toutes ces assertions ministérielles cependant ne pouvaient changer l'effrayante réalité. Ce n'est pas ici le lieu de retracer les effets de la politique dirigée par Casllereagh. Mais on peut penser que Canning commençait à voir entre quels abîmes le .gouvernement était réduit à faire route et à perdre, s'il les avait gardées jusque-là, quelques-unes des illusions politiques de sa jeunesse. Cependant il parla encore en faveur de la liste civile ( demandée pour le nouveau rot George IV), et pour la destruction de la franchise de Grampound. Il garda à peu près le silence dans la discussion pour la prolongation de Valien MU. Comme ses treize collègues, il avait été menacé par la conjuration d'Arthur Thistlewood, conjuration qui devait recevoir son eftet a un dîner chez lord Harrowby. Cet accord ministériel, celte communauté de destinées ne furent rompus que par le malencontreux procès de la reine. La conduite de Canning pendant ce grave incident se ressentit de la fausse position où il se trouvait engagé. Il se réunit aux démarches ostensibles du cabinet, d'une part, pour déterminer la princesse a souscrire aux conditions raisonnables qui lui avaient été offertes, de l'autre, fiour détourner le roi d'un procès scandaleux. lorsque le message de la reine fut présenté à la chambre (7 juin), après avoir avoué qu'il pouvait résulter beaucoup de mal de tout cela et avoir protesté que les ministres avaient fait tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher cet éclat, il ajouta : a J'éprouve un « sentiment d'estime et d'affeciion inaltérables pour m l'illustre personne qui est l'objet de cette investi- « gntion. Si l'on eût médité quelque injustice conc tre elle, aucune considération sur la terre n'au- « rait pu me décider à y participer ou à rester au « poste que j'occupe maintenant... Tout ce qui a été « fait par le gouvernement à l'égard de Sa Majesté « a été fait dans un esprit d'honneur, de candeur, « de justice et de sensibilité. Ayant accompli mon « devoir en faisant ces observations, j'espère pou- « voir, sans me contredire, céder à mes sentiments « particuliers en m'abstenant de prendre part doré- , « navant à ces discussions. » Effectivement, il ne prit la parole qu'une fois au commencement de cette grande enquête, pour déclarer que la reine lut avait toujours semblé être l'àme, la grâce et l'ornement de la société la plus polie. Il quitta aussitôt l'Angleterre et ne revint qu'après la sentence dilatoire de la chambre des lords. Cependant le ministère était décidé à provoquer une autre enquête; et la neutralité n'était plus possible. Déjà, s'il fallait en
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croire les assertions de Canning lui-même, il avait ofTert sa démission au roi qui l'avait refusée, en se réservant de lui faire intimer le parti mitoyen qu'il adopta. Peut-être, en effet, Canning fit-il cette offre, que la nécessité d'avoir au moins un orateur dans le ministère ne permettait guère d'accepter. La nouvelle lutte qui se préparait ne souffrait plus d'incertitudes : les autres ministres firent sentir à Canning qu'il devait se résigner de bonne foi à une démission. Celte résignation lui coûta beaucoup, et il est certain qu'il songea longtemps à passer dans le camp des libéraux. Mais ce brusque changement l'eût déshonoré sans lui être utile. D'autre part il avait encore deux perspectives, celle d'une ambassade et celle de revenir un peu plus lard au ministère. La première espérance ne se réalisa point. Il s'agissait d'aller remplacer au congrès de Troppau sir Rob. Stewart, parent de Casllereagh. C'esl ici le cas de dire que, selon plusieurs personnes initiées au secret des cabinets, le procès de la reine n'était pas la seule question sur laquelle divergeassent Canning et Casllereagh : la politique extérieure était un sujet bien plus fécond de dissensions et de reproches. Quant au bruit plus bizarre encore, qui courut dans le même temps, que Canning allait être cliargé de composer un nouveau cabinet, où pas un des membres de l'ancien, sauf lui, ne serait admis, c'était un simple bruit de parti auquel nul liomme d'État ne put croire. Mais ce bruit montrait combien était alors moins grande la distance qui jadis avait séparé Canning et les partisans de la révolution. Déjà deux questions, la reine et l'émancipation catholique, les avaient rapprochés : un sentiment, la haine contre Casllereagh, haine moins patente, mais non moins intense chez le ministre que chez les antiministéricls, les faisait sympathiser. Canning ne pouvait voir qu'avec dépit un homme qu'il regardait comme lourd et sans moyens tenir le portefeuille des affaires étrangères, qu'il se croyait seul i apable de porter, se donner pour l'héritier du génie et des vues de Pitt, que lui Canning avait secondés avec un enthousiasme qui les lui rendait, en quelque sorte, propres, et l'effacer en abondant dans son sens, en répétant ses paroles, en suivant sou système. Quoi de plus naturel alors que d'examiner s'il n'y a pas une autre position a prendre avec les nouvelles tendauces politiques qui se font jour par toute l'Europe; et si, puisqu'on vise à la gloire d'inventeur, de fondateur, il ne sera pas plus brillant de marcher à la tète des intérêts nouveaux que de se traîner à la suite de Casllereagh? Canning étudiait en silence ce nouveau terrain sans prendre d'engagements avec le parti whig, sans rompre avec Castlereagh. Après un court voyage sur le continent, il reparut à la chambre basse en 4821 ; et, appuyant en général les minisires, excepté dans leur conduite machiavélique à l'égard des révolutions espagnole, napolitaine, piémontaise, ou ne les contrariant que sur des détails et sur la question catholique qu'il traita encore plusieurs fois dans le sens libéral et avec son talent ordinaire, il