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qui n'était pas son ami ; il lui proposa une onlrevuo qui n'eut d'autre résultat que des discours hautains de part et d'autre. Le sénat alors affecta de combler Brutus d'honneurs; il lui décerna lo triomphe, lui donna le commandement général des troupes de la Gaule cisalpine, et le chargea de poursuivre Antoine comme ennemi public. Brutus le pressa si vivement qu'il lui lit quitter l'Italie, et il écrivit au sénat qu'il Hvaii dispersé son année. Antoine, qui s'était fortifié des troupes de Lépido, marcha contre Brutus : celui-ci, hors d'état de lui résister, se mil en devoir d'abandonner la Gaule cisalpine, et de se rendre par l'Illyrie en Macédoine, auprès de Marcus brutus; mais les passages étaient occupés par les troupes d'Octave, qui, trahissant la cause qu'il avait été chargé de défendre, venait" de se joindre à Antoine. Décimu8 Brutus résolut de passer les Alpes, et d'arriver à son but en traversant le Rhin et la Germanie. La crainte des dangers et des fatigues d'un si long voyage porta ses troupes à l'abandonner. Réduit i quelques escadrons de cavalerie gauloise, Brutus gagna les bords du Rhin, et, se trouvant à la (in sans soldats, il se déguisa en Gaulois pour passer en Italie par la Gaule. 11 fut bientôt arrêté et conduit devant un seigneur du pays, appelé Caméliiu ou Camillus, que, du temps de César, il avait comblé de bienfaits : cet liomrae le trahit auprès d'Antoine, qui lui donna ordre de faire mourir son prisonnier. La plupart des historiens disent (pic Brutus eut recours aux bassesses pour sauver sa vie. Cicéron s'en explique autrement : quoi qu'il en soit, Camillus lui fit trancher la tétc et l'envoya à Antoine. Le triumvir la considéra, dit-on, d'un œil inquiet, et la fit remettre aux amis do Brutus, qui lui donnèrent les honneurs de la sépulture. Telle fut, l'an 709 de Rome, la lin malheureuse d'un homme qu'on ne peut justifier d'avoir joint envers César l'ingratitude à la perfidie. ( Voy. Yellcius Paterculus et Suétone. ) Q— R— v .
BRUTUS (Pierre), né à Venise, non dans le 14* siècle, comme le dit Moréri, mais vers le milieu du 15*, a laissé plusieurs ouvrages, dont on trouvera les litres dans Trilhème (de Script. Eccle».), et qui sont aujourd'hui inconnus, si l'on en excepte celui qu'il écrivit contre les Juifs. Dans sa jeunesse, il avait montré pour leur conversion un xéle dont il avait été récompensé par l évéchc de Cattaro en Dalmatie. Ce fut pendant les loisirs que lui laissait l'administration de son diocèse qu'il composa l'ouvrage dont nous parlons, intitulé : Victoria contra Judaot. Il l'adressa à un prêtre de ses amis, nommé J. Bonavilus, en lui recommandant de n'en pas laisser prendre de copie; mais cet ami, manquant à sa parole, remit le manuscrit à Simon tievilaqua, qui l'imprima en 1489, in-fol. Cetto édition étant la seule de cet ouvrage, on no doit pas être surpris qu'il soit rare. W— s.
BRUCN, surnommé Candidut, moine de l'abbaye de Fulde, peintre et poète du 9* siècle, couvrit de peintures, vers Tan 821, les murs et la vortte du chœur de l'église de son couvent, terminée sous l'abbé OEgil. Il célébra lui-même, dans un poëinc
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en vers latins, publié par D. d'Achéry et Mabillon, la beauté de ce monument, et la magnificence des abbés qui l'avaient élevé. Le portrait de cet artiste, peint en miniature par un religieux du même couvent, nommé Modcslus, se trouve gravé, ainsi que celui do AI odes tu s lui-même, dans l'ouvrage de Christophe Browcr, Fuldcnsium Antiquilat., lib. 4, Anvers, 1612, in-fol. p. 170. Ec— Dn.
BRUXILS ou BRUGH1US (Aoam), médecin silésicn, s'est distingué dans le nombre des savants du 17* siècle qui cherchaient à retrouver l'art de la mnémonique, pratiqué par les anciens, et qu'on a prétendu remettre en vogue de nos jours. Sous le nom emprunté de Scbald Smaragisiu», il publia d'abord le résultat de ses recherches sous ce titre : An reminiicenliœ, Lcipsick, 1008, in-8°. Ce premier ouvrage, qui ne contient guère que des considérations générales sur les avantages de l'art mnémonique, ayant eu du succès, il publia deux ans après son grand ouvrage : Simonida rtdivivu$, scu Ar$ memorim et oblivionis tabulit comprehensa, eu m nomenetatore mnemonko, Lcipsick, 1010, ln-8»; ibid., 1640, in-4°. C'est un des ouvrages les plus complets que nous ayons sur cette matière ; les mots, les phrases, l'ordre chronologique, tout y est réduit en tableaux. Quant au nomenclatcur mnémonique, dont l'auteur vante la grande utilité, mais dont il n'indique pas l'usage, il parait au premier coup d'œil n'être qu'une puérilité : cependant Daniel Morhof pense qu'avec un peu de sagacité l'on pourrait s'en servir utilement. C. M. P.
BRUYÈRE (Jean ns la), naquit près de Dourdan en Normandie, en 1644. C'est A cet écrivain surtout qu'il faut appliquer cette pensée d'un moderne , que la vie d'un homme de lettres est tout entièro dans ses ouvrages 11 nous reste peu de détails sur l'auteur des Caractère*. On sait seulemen. qu'il fut trésorier de France à Caen, et chargé ensuite d'enseigner l'histoire au duc de Bourgogne, sous la direction de Bossuet ; qu'il passa le reste de ses jours auprès de ce prince, en qualité d'homme de lettres, avec une pension de 1,000 écus; qu'il fut reçu à l'Académie française le 15 juin 1693, et qu'il mourut d'apoplexie à Versailles, le 10 mai 16%. L'abW d'Olivet nous représente la Bruyère comme un philosophe qui ne cherchait qu'à vivre tranquillement avec des amis et des livres ; faisant un bon choix des uns cl des autres , ne cherchant ni ne fuyant les plaisirs ; toujours disposé a une joie modeste, et ingénieux à la faire naître ; poli dans ses manières et sage dans ses discours ; craignant toute sorte d'ambition , même colle de montrer de l'esprit. I>e talent d'observation, que la Bruyère possédait au plus liaut degré, lui Ht préférer, parmi les énïls des anciens, In Caractire» de Théophrastc. 11 étudia longtemps cet ouvrage, le traduisit en français, et résolut de poindre son propre siècle, comme le philosophe grec avait peint le sien. S'il est vrai, comme on l'a dit, que Théophraste ail, pour ainsi dire, créé la Bruyère, il faut convenir que c'est la sa plus belle gloire et son plus bel ouvrage, lorsque la Bruyère eut composé son livre des Caractère», il le montra
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à de Malézieux, qui lui dit: « Voilà de quoi vous « attirer beaucoup do lecteurs et beaucoup donne- « mis. » Quand le livre parut (en 1U87), il fut lu avec avidité, non-seulement parce qu'il était excellent, mais parce qu'on supposa a l'auteur des intentions qu'il n'avait point eues : on voulut connaître dans la société les personnages qui sortaient du pinceau de la Bruyère ; on plaça des noms au bas de ses caractères et de ses portraits. Ainsi la malignité contribua d'abord au succès de l'ouvrage, autant peut-être que le mérite réel qu'on y retrouvera toujours, et qui le fera recbereber dans tous les temps. Vn Caractères de la Bruyère durent attirer des ennemis à leur auteur; mais il ne parait pas que la liaine ait été jusqu'à la persécution. La Bruyère se défendit do l'injustice do quelques critiques |>ar son caractère qu'on estimait autant qu'on admirait son livre. Il parait aussi qu'il s'éloigna d'un monde qu'il avait peint avec trop de vérité, ce qui explique le silence qu'on a gardé sur sa vie. Tandis que la malignité de ses lecteurs reconnaissait dans ses portraits satiriques plusieurs personnages de la cour et de la ville, on se plaisait à le retrouver lui-nièmo dans le portrait qu'il trace du vrai philosophe : « Entrez, « dit-il, chez ce philosophe, vous le trouverez sur « les livres de Platon qui traitent de la spiritualité « de l'âme, ou la plume a la main pour calculer les « distances de Saturne et de Jupiter. Vous lui ap- « portez quelque clwse de plus précieux que lar- « gent et l'or, si c'est une occasion de vous obliger, a Le manieur d'argent, l'homme d'affaires est un « ours qu'on ne saurait apprivoiser; on ne le voit « dans sa loge qu'avec peine : l'homme de lettres, au « contraire, est vu de tous et à toutes les heures ; il « ne peut être important, et il ne le veut point être.» La Bruyère eut en mourant la consolation de voir la réputation de son Tivro parfaitement établie, et cette . réputation n'a fait que s'accroître. Cliaque jour, la vérité de ses caractères a été mieux connue, et sa manière plus appréciée. Pour le peindre, il faudrait avoir son génie, et ce talent inimitable qui renferme tant do sens dans uno phrase , tant d'idées dans un mot, exprime d'une manière si neuve ce qu'on avait dit avant lui, d'une manière si piquante ce qu'on n'avait pas encore dit. Son ouvrage est, de tous les livres de morale, celui qui donne lo mieux à la jeunesse la connaissance anticipée de ce monde , où les mêmes passions, les mêmes vices, les mêmes ridicules, malgré quelques changements passagers do costumes , de modes et de meeurs, donnent à la génération présente une grande ressemblance avec celles qui la précèdent ou celles qui la suivent. On n'entend pas ce qu'a voulu dira Boileau dans les quatre vers qu'il a faits pour le portrait de la Bruyère :
Tout esprit orgueilleux qui s'aime Par ses leçons se volt guéri, El dans son livre si chéri, Apprend à se haïr lui-même.
L'auteur des Caractère* a fait une satire ingénieuse cl piquante des vices et des ridicules ; mais il ne doit
point être placé parmi ces moralistes austères et fâcheux qui font liai r l'humanité. On n'a qu'à le suivre au milieu de ce monde qu'il a peint avec des couleurs si vives ; on voit un homme qui entre dans la société sans intérêt et sans prévention ; il en sort sans engouement et sans humeur; il traverse la foula sans la pousser et sans se laisser entraîner par elle ; il passe à côté des préjugés et des opinions reçues sans les heurter ni les caresser ; mais il accorde aux faiblesses humaines toute la condescendance que lui permettent la raison et la vertu. On a comparé if* Caractères de la Bruyère à ceux de Théophraste ; mais la comparaison est tout entière ici à l'avantago du philosophe moderne. Dans les Caractères de Théophraste, le lecteur se trouve souvent en mauvaise compagnie ; l'auteur semble avoir choisi dans les dernières classes de la société les modèles de ses portraits; la volonté y parait sans noblesse, le caprice sans esprit, la fantaisie sans grâce ; & chaque page, on trouve des descriptions dégoûtantes des fonctions les plus communes de la vie populaire, des marchés et des repas d'Athènes. La Bruyère, tantôt dans les sociétés les plus polies, tantôt dans la cour la plus magnifique de l'Europe, entouré de personnes distinguées par de grands noms, de grandes pisces, ou de grandes qualités, d'extravagances et de sottises titrées, tourne autour du crédit, de la puissance et de la gloire, en observe, en saisit le côté faible, et, sans malveillance comme sans flatterie, écrit la plus noble et la plus intéressante partie da l'histoire du monde, peint la ville et la cour mu- • tuellement influencées, l'une par l'envie de dominer, l'autre par la manie bourgeoise de singer les manières des courtisans, et même leurs travers, saisit les rapports des petits et dos grands, et montre tout A coup l'autorité suprémo remettant tous les rangs au niveau, et ramenant à soi toutes les illusions de la multitude idolâtre de la grandeur. Quelle différence entra les sociétés turbulentes de Rome et d'Athènes, et ces sociétés aimables où la France admettait avec plaisir les étrangers les plus recommandablcs par leurs titres et leurs lumières, et qui, s'ils emportaient quelquefois chez eux des mécontentements chagrins et des préventions jalouses contre les formes ordinaires de nos sociétés, plus souvent partaient surpris et charmés de tout ce «nie l'amabilité du caractère, la grâce du langage, la finesse du tact, l'observation délicate des bienséances, les concessions mutuelles de la politesse leur avaient paru jeter d'agréments et de charmes dans les rendez-vous délicieux de ces réunions souvent préférées aux fêtes les plus magnifiques 1 C'est dans ces cercles polis, où tous les rangs, tous les états, tous les âges contribuaient, ou à l'ennui, ou au plaisir commun, que la Bruyère étudia les hommes, choisit ses caractères et forma sa morale. S'il l'emporte sur io philosophe grec, ce n'est pas seulement parce qu'il a vécu dans un siècle parvenu au dernier degré do la 'civilisation; c'est aussi parce qu'il a mis plus d'art dans son style et dans ses portraits. Jamais peintre ne sut mieux disposer ses couleurs que l'auteur des Caraclèra. Dans cliacun de ses tableaux,
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le lecteur, ou plutôt le spectateui, est entraîné de surprise en surprise : chacun des portraits qu'il retrace est comme une petite scène qui a son exposition, son milieu et son dénoûment, où l'intérêt croit, pour ainsi dire, à chaque phrase, où tout est disposé pour l'idée principale. Personne n'a mieux connu l'art de produire de l'effet, de soutenir l'attention par les contrastes, de piquer la curiosité par des suspensions adroitement ménagées, d'attacher le lecteur par la rapidité et la variété des tournures. Boileau félicitait ou plutôt accusait la Bruyère de s'être affranchi de la géne et du travail des transitions. Sou art est de surprendre le lecteur et de se jouer des règles de l'art. Il n'appartenait qu'à un homme de génie d'intéresser de cette manière ; un homme médiocre aurait pu mettre plus d'ordre et de méthode dans un livre ; mais il aurait fait un ouvrage ennuyeux. Le livre de la Bruyère, qui nous représente le monde tel qu'il est et tel qu'il sera toujours, est comme ce monde lui-même, où tout change, tout se renouvelle sans cesse, où tout semble jeté au hasard, où chaque jour amène un nouveau sujet d'observation, de surprise cl d'intérêt (l). On a de la Bruyère : 1» les Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, Paris, 1687, in-12. Il-y a eu des augmentations considérables dans les éditions suivantes, parmi lesquelles nous citerons celles d'Amsterdam, 1720, 3 vol. in-12; de Paris, 1740, 2 vol. in-12, avec les notes de Coste; ibid., 1750, 2 vol. petit in-12, et 1765, grand in-4", port. Bclin de Ballu, qui a donné une édition des Caractères de la Bruyère. Paris, Baslien, 1790, 3 tomes en 2 vol. in-8", a fait aussi imprimer la traduction de Théophraste par la Bruyère, Paris, Basticn, 171)0, in-8°, et y a ajouté la traduction des chap. 29 et 30 de l'auteur grec. L'édition donnée par A.-A. Renouard ( Paris, 1803, 3 vol. in-18 ou 3 vol. in-12, port.) est fort jolie, quoique stéréotype, et fort complète. Les éditions que nous citons contiennent la clef des Caractères. En lin madame de Genlis a publié une édition des Caractères avec de nouvelles notes critiques, Paris, 1812, 1 vol. in-12 (2).
(4) Delille a cm devoir rappeler ici ce qu'il a dit de la Bruyère dans la préface do poème de la Contenatum. Il r a ajout* plusieurs traits et observations qui caractérisent heureusement la vie et les écrits de cet auteur. M-d j.
(2) On a publié depuis un grand nombre d'éditions de l'ouvrage de la Bruyère ; nous n'indiquerons ici que les meilleures : lu Caractère* de la Brutere, précèdes d'une notice par Snard, Paris, P. Didol, 2 vol. io-fc0, faisant partie de la Collection dédite aux amateur» A* fart lypograpfoqw .• — les mêmes, avec la même notice, ibtd., Lefévre, 4SI! ou («22, 9 vol. io-8» : — les mêmes, ibid., Ménard et Desenne, 3 vol. ln-18 oa in-12, port.; — les mêmes, avec la notice de Suard, et accompagnés de note* sor la Bruyère par Auger, et de noies sur Theuphrastc par M. Schwcighauter, ibid., Lefévre. 2 vol. in 32, port., appartenants la Collection de eUtiitue* (rancai* dirigée par Anger \ — les mêmes, ibid., Uftwt, (825, ou Aimé Audré, 1829, 2 vol. in-l». avec port., qui font partie de la Mie Collection de clat*ique* frontal* publiée par M. Lefévre; — les même*, ihid., Weidel et Lequirn, 4827. I loi in-*'; — bj snt-im v, mums ilu ms Al la Bruyère» l' Académie, précédés de la notice de Suard, et accompagnes des notes d'Alger, Ihid., Lefévre, 1841, 4 vol. grand in-18, appartenant ausy a la Bibliothèque Ckarnenlier ; — les mêmes,
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Suard a donné : Maximes et Réflexions morales extraites de la Bruyère, 1781, in-12. Ce petit volume contient un excellent morceau sur la Bruyère, qui a été réimprimé à la tête de l'édition stéréotype; dans le tome 2 des Mélanges de littérature, 1805, 5 vol. iu-8°; dans le t. 1" des Tablettes d'un curieux, 1789, 2 vol. in-12, etc. Philippon de la Madelaine a fait imprimer des Morceaux choisis de la Bruyère, 1808, in-12. 2° Dialogues posthumes du sieur de la Bruyère, sur le quiélisme, continués et donnés au public par Louis Ellies Dupin, Paris, 1699, in-12 (I). Cette querelle était assez étrangère à la Bruyère pour qu'il pût se dispenser d'y prendre pari; mais, ainsi que l'a remarqué de Baussct : o une juste admiration, réunie à la reconnaissance, « ne permettait pas à la Bruyère d'hésiter entre « Bossuct et Fénclon. » L'auteur n'aurait peut-être jamais publié lui-même un ouvrage qu'il n'avait qu'ébauché ; mais si, dans cette circonstance, il fut opposé à l'archevêque de Cambray, il avait su lui rendre justice et en faire l'éloge dans son discours de réception à l'Académie française. Fénelon alors n'avait écrit ni son livre des Maximes des Saints, ni son Télémaque. « La Bruyère le montra à la o France et à son siècle, avant qu'il fût devenu cé- « lèbrc. » Le Catalogue de la bibliothèque du duc de la VaUière, n* 5236, attribue à la Bruyère des Caractères salyriques de la cour de Louis XIV, manuscrit in-4". Dans les Mélanges de littérature de Vigncul-Marville (d'Argonnc), on trouve une aigre diatribe contre la Bruyère, qui a donné lieu à P. Caste de publier la Défense de la Bruyère (2). Brillon, imitateur de la Bruyère, avait déjà fait son Apologie. (Voy. Brillon.) En 1810, la seconde classe de l'Institut proposa pour le concours l'éloge de la Bruyère : le prix fut remporté par M. Victorin Fabre, dont la pièce fut publiée dans la même année, in-8». j. d — E
BRUYERE (Lotis), ingénieur, né le 19 mars! 758 à Lyon, reçut dans cette ville une éducation solide, s'occupa de bonne heure d'architecture, et fut admis, en 1783, à l'école des ponts et chaussées dirigée pai le célèbre Péronnet. Employé pins tard au Mans, il y exécuta, pour l'embellissement de la ville, quelques travaux remarquables. Appelé, en 1799, comme professeur à l'école des ponts et chaussées, il y créa de nouvelles méthodes d'enseignement et forma des élèves qui ont acquis une grande célébrité. Il ajouta bientôt à ces fonctions celles d'ingénieur en chef ;
avec le Diteaurt à l'Académie, la même notice et les mêmes notes, édition conforme a la dernière publiée par la Bruyère, et augmentée d'une table analytique, ibid., Lefévre. 4843, 4 vol. in-8°. — Sons le titre de Choix de Moraliite* fronçai; on a réuni la Caractère* de la Bruyère, la Sagesse de P. Charron, têt l'entre t de Bl. Pascal, ta Maxime* de la Rochefoucauld, et les (Entre* de Vauvenargues, dans I vol. grand in-8' j - col., qui fait partie du Pa«th/on littéraire. c» s.
(4) Les (Entre* complète* de la Brnyere ont èlé publiées : Pari», 1*22, 2 vol. ,in-48; 2» avec relies de la Rochefoucauld et de Vanvinargues, ibid., 4818 on 4820, 4 vol. in-l*; cl Ibid., 4823, 4 fort vol. in-18 avec S port. Cn— s
(2) Cette Dffente, publiée en 4702, a été réimprimée en tète des éditions de la Bruyère données par Coste, Amsterdam, 1720, 3 vol, in-12, et Paris, 4740, 2 vol. ui-42. f.a-4.
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en 1804, de secrétaire adjoint, et, en 1805, de secrétaire du conseil général des ponts et chaussées. En 1808, il fut nommé inspecteur divisionnaire adjoint; en 1809, membre delà Légion d'honneur, et en 1810, maître des requêtes. Ciiargé en cetté qualité de la direction et de la surveillance des travaux publics de Paris, de la machine de Marly, de l'église de St-Denis, etc., et de l'examen de tous les projets de construction, il cessa de faire partie de l'administration des ponts et chaussées. Ce fut lui qui rédigea les premiers plans du canal de Sl-Maur, et la plupart des projets de routes et de canaux qui s'exécutèrent sous le règne de Napoléon. Déployant a la fois le génie d'un grand administrateur et celui d'un habile artiste, Bruyère (it exécuter ou commencer les cinq abattoirs, les marches du Temple, Stllonoré, do la Volaille, de St-Germain-dca-Préa et des Prouvaircs, et surtout l'entrepôt général des vins, si remarquables par le caractère de grandeur et d'utilité qui les dislingue de toutes les mesquines constructions du même genre qui les avaient précédés. Il fut privé de celte place en 1814; mais, en 1816, il fut nommé inspecteur général des ponts et chaussées, membre du conseil et oflicier de la Légion d'honneur. 11 conserva jusqu'en 1820 la direction des travaux de Paris. A celte époque, l'état de sa santé,- gravement altérée par la goutte, l'obligea de donner sa démission. M. le ministre de l'intérieur Lainé refusa longtemps de l'accepter. En quittant la direction des travaux de Paris, le conseil municipal, sur la proposition de H. de Chabrol, préfet, lui accorda une pension viagère de 5,000 fr. M. Becquey, directeur général des ponts et cliaussecs, voulut toujours, malgré l'élal de la santé de Bruyère, le conserver en activité de service; et celui-ci continua de prendre part à l'examen des questions importantes et aux travaux des commissaires. Mis à la retraite par ordonnance du 13 octobre 1830, il mourut à Paris, le 31 décembre 1831 . On a de lui : Éludes relatives à fart des constructions, Paris, 1822 et années suiv., in-fol., ouvrage publié en 12 livraisons, qui traitent chacune des différents travaux de l'architecte et de l'ingénieur. M. Ravier a publié, dans les Annales des ponts et chaussées, une notice sur Bruyère qui a été imprimée séparément, Paris, 1833, broch. in-8" de 24 pages. M. Ad. Jullien, ingénieur, en a également donné une dans le t. 52 de la Revue encyclopédique. A— T et M— d j.
BRUYÈRES ( le comte de ), vice-amiral, né en 1734, d'une ancienne famille du Languedoc, entrafort jeune dans la marine, et acquit, dans cette carrière difficile, une grande habileté. Devenu capitaine, il commanda plusieurs vaisseaux de haut rang dans la guerre d'Amérique, et eut beaucoup de part aux succès du comte d'Estaing et du bailli de Suffren. Ce fut particulièrement sous les yeux de ce dernier qu'il acheva d'établir sa réputation, lorsque, chargé du commandement de l'Illustre, les chances d'une bataille navale ayant séparé les vaisseaux de l'escadre, il resta seul avec le Héros, que montait l'amiral, pour soutenir un glorieux combat contre douze vaisseaux anglais, qui fusent con-