‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 82 sur 97 · GAU · texte numérisé non relu

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« comme tous avez traduit le Pyittuts 8è Virgile I

« Quel bonheur et quelle consolation pour moi, si je « pouvais vivre plus voisin d'un génie de votre mé- « rite, et qui a tant de qualités I » — Nous n'avons pas parlé du monument élevé en l'honnéur de l'amiral Emo. Les lois de la république de Venise défendaient d'ériger des statues aux patriciens : Canova imagina d'emprunter aux anciens l'usage èt la forme du cippe (demi-colonne sans chapiteau ) ; on n'Ignore pas que ce fut autrefois un monument religieux et funéraire dont les superficies sont propres à recevoir des sujets de bas-reliefs proportionnés i leur étendue, soit en ornements ou en symboles, soit et» figures historiques ou allégoriques. Il donna donc à son cippe une hauteur de 12 pieds y compris le socle fit le couronnement, avec une largeur de 9 à 10 pieds. La face antérieure présente le buste de l'amiral posé sur une colonne rustrate ! à sa gauche est figuré un génie tenant des deux mains une couronne qu'il va poser sur la tête de l'amiral. D'un autre côté, une Renommée écrit, sur le fflt qui porte le buste, Ahgelo Emo. Ce monument de la reconnaissance vénitienne rut placé, par ordre du doge, dans l'arsenal. On n'avait stipulé aucun prix pour cet ouvrage. Zulian ne disait pas assee toutes les précautions qu'il fallait prendre contre la générosité de Canova. Sous prétexte qu'il avait reçu des bienfaits de la république, il ne voulut rien recevoir. Le sénet ne pouvait cotisontir à une telle libéralité : le (ils de St-Marc s'obstinait à refuser, la république céda a un de ses sujets, mais A condition qu'il accepterait une pension Viagère de tOO ducats. Eu outre, elle lui envoya une médaille d'or, de la valeur de lUO sequlns, sur laquelle étaient gravés ces mots : A Antoine Canova, lavant, admirable dam lei art» le* plu* élégants ; en gratitude du monument habilement élevé pour Aiujrto Emo. Tant do travaux avaient fatigué Canova : il tomba malade. Les médecins lui conseillèrent l'air de Crespano, où sa mère l'attendait. Apres avoir donné les premiers moments A la tendresse maternelle, il revit Iletta llinsi, toujours belle. La changeante Domeniea Yolpato ne méritait qu'un souvenir de générosité : mais Betta Diasi était mariée et vivait heureuse. Sou mari avait acquis de l'aisance. Canova les félicita de leur bonheur et s'en réjouit comme du sien propre. Qu'il y avait loin de ce qu'il eut été en épousant Relia Oiasi, â ce qu'il était de* venu en allant à Home chercher la fortune et ht gloire ! Mais un homme comme Ganova ne pouvait oublier l'humble paysotl il avait pris naissance. Possngno voulait le revoir. Betta Biasi se mit a la tête d'un parti formidable. H se forma en un instant on de ces complots dans lesquels toute une masse d'habitants de tout ige, de tout sexe, peut enirer sans que le secret cesse d'être gnrdé. Crespano, appelé dans la confidence, garda le silence le plus absolu. Canota se met en route, presque seul, les larmes dans les yeux, cherchant en quelque sorte les cliemins détournés. A quelque distance du bourg, une fotde de jeunes gens places en embuscade fondent sur lui de toutes parts avec des cris da joie, d'admlràilôrt, et les EvHv* italiens II s'arrête, il ne peut

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parler; on hii ordonne enfin, mais respectueusement, d'avancer. Par caractère, Canova éprouvait une sincère répugnance pour les honneurs et les acclamalions. <„hn:l n'est pas son trouble quand, à vingt pas plus loin, il aperçoit la route couverte d'immortelles, de branches de lauriers cl de roses ! A droite et à gauche du chemin triomphal, Possagno et les environ» s'étaient rassemblés. Lee femme», les enfants ne pouvaient retenir leur émotion. Les cloches sonnaient dans tous les villages ; le curé, les anciens du peuple marchaient au-devant lui : les boites, les mousquets, des hymnes chantées au son d'une musique villageoise le saluaient de toutes parts, et ce cortège le conduisit jusqu'à la maison de faxino destinée à le recevoir. On verra plus tard quelle impression cet accueil laissa dans l'esprit de Canova, et l'événement merveilleux et grandiose qui dut en résulter. Sa santé commença à se rétablir, alors il pensa à Rome, à sa chère Rome, où son atelier était en deuil. De retour dans celle ville, Il reprit .«es compositions en bas-relief. Sur son bureau étaient amassées les lettres que ses amis lui avaient adressées pendant son absence : M. Quelremêre lui écrivait : « Ne travaillez pas taat, écoute* les conseils de l'ami- * tié, conserves votre santé à ceux qui vous aiment, « à la sculpture, au* beaux-arts. Vous êtes arrivé dans « le chemin de l'illustration, à tel point que Vous a n'avez phi» à courir ni à vous fatiguer. » Cette lettre, adressée par l'homme qui, en Europe, comprenait le mieux les arts, et qui avait droit de parler ainsi à Canova, nous a été conservée par M. Missirini, qui a composé un ouvrage intitulé : drlla Vita di Antonio Canota, Hbri quattro, ouvrage que j'ai souvent consulté, et qui est écrit avec une fleur d'érudition, un accent d'amitié et d'Intérêt, une abondance d'anecdotes inédiles propres A en rendre la lecture aussi instructive qu'attachante. Dans son livre intitulé : Canota et ses Outrages, M. Quot réméré a inséré beaucoup «le lettres de Canova ; M. Missirmi, dans le sien, rapporte tes lettres de II. Quntremere : en ne peut donc pas réunir, pour peindre l'artiste vénitien, plus de relations lidèles, plu» de preuve» authentiques. J'ai pris la liberté de joindre à cette riche moisson des faits particuliers que j'ai recueillis moi-même dan» de» rapports assidu» avec Canova pendant tant d'années, et c'est a l'aide de tels secours qnc je continue la tâche qui m'a été confiée. En I71W, Je venais d'armer à Rome, et j'obbaa dès ka premiers jours l'amitié de Canova par de» soins qui lui étaient agréables. Dans se» heures de loisir il apprenait la langue anglaise, se perfectionnait dans la langue Italienne, parcourait le» bon» auteurs français. Son frère du second lit, Jean-Baptiste Savtori Canova, aujourd'hui évêqne de liiodo, savant hellénisle, arcliéokK*ue du premier rang, lui lisait Plutarque. A ce propos, Canova disait que c'était Phocion qu'il trouvait l'homme le plu» magnanime, le plus pénétrant, le phis sévère et le plus modeste. Je voyais souvent Canova; j'allais au moins «ne fois par semaine dans son alener, où l'on admhjah depuis longtemps le plâtre de sa Ma- MrftK et celui $ Hercule jetant Lyca* à la «*r. L»

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