‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 87 sur 97 · COI · texte numérisé non relu

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lis; Capèce s'érigea d'accusé en accusateur, traita ses juges du haut de sa dignité ëpiscopale, et ne leur ménagea pas les plus dures vérités. Il déclina la eonipéience de la junte, et flétrit en termes énergiques les actes illégaux, arbitraires et barbares dont elle se rendait chaque jour coupable : « Vous m'accusez de rébellion , ajouta-t-il , mais sacbez qu'on n'est pas rebelle quand on respecte le droit de conquête. Des Français ont conquis le royaume, et Ferdinand l'a reconquis. Ceux-la seuls doivent subir la rigueur des lois qui ont tenté de renverser le sou- ▼ernement établi. Mais, après une capitulation, il ne faut pas se livrer à de nouvelle» recherches. I,e roi, par l'entremise de ses représentants, a signé une capitulation avec ses sujets, et cette capitulation a été, contre toutes les lois, indignement violée. En vain direz-vous qu'une vile femme (lady Hamilton) a induit Nelson à un acte aussi honteux : ce sera toujours un crime pour le gouvernement de ne pas avoir tenu ce qu'il avait juré. Ensuite le roi ne devait pas se dire reconquérant dans une publication imprimée, répandue dans tout le royaume, et dont voilà une copie. C'est ainsi qu'il a usé de tous les droits d'une conquête nouvelle, en abolissant la justice seigneuriale, en donnant une nouvelle forme à l'administration municipale , en détruisant tous les privilèges qu'il avait juré de respecter 4 son avènement au trône ; il a fait tout cela en vertu des mêmes droits qu'avait son père conquérant le royaume sur les armées autrichiennes. Comme Charles, conquérant, ne parla jamais de rébellion , Ferdinand ne devait pas en parler, à sa reconquête. Notre patrie a été occupée successivement par presque toutes les familles princières de l'Europe ; on devrait donc compter autant de rébellions que de nouveaux maîtres. » Ce langage liardi , ferme , logique , déconcerta les juges qui , no sachant que répondre, donnèrent immédiatement des ordres pour la mise en liberté de l'archevêque. L'un d'eux alla jusqu'à lui demander le secours de ses prières: «Oui, oui, répondit malignement le prélat; car vous n'en avez que trop besoin. » Peu de jours après, il reparut à la cour, où il fut plus en faveur que jamais; la reine l'accueillit avec bienveillance et lui montra un exemplaire de son Interrogatoire, qui avait été imprimé et se trouvait alors dans toutes les mains. Cependant il ne put obtenir la réparation officielle qu'il croyait nécessaire à sa dignité avant de rentrer dans son diocèse. Sous le règne de Joseph Bonaparte , Capèce lit partie du conseil d'Etat, et s'y montra constamment le défenseur des droits de l'Église. 11 empêcha la suppression de quelques évêchés, proposés par le ministre des cultes ; mais il ne put , malgré tous ses efforts , prévenir l'abolition des ordres religieux. Selon lut , de pareilles mesures devaient , dans l'état actuel du royaume , entraver les progrès de la civilisation, cl l'expérience prouva qu'il ne s'était point trompé. Appelé par le nouveau roi , Joachim Murât, au ministère de l'intérieur, il sut acquérir des titres à la reconnaissance publique daus ce poste éminent, où le comte Miot, son prédécesseur, avait laissé les plus honora-

bles souvenirs. Naples lui dut l'organisation des musées, la fondation du collège de musique et de trois établissements pour l'éducation des jeunes filles, qui jusque-là avait été si négligée, même dans les plus grandes familles. Mais le tourbillon des affaires convenait peu au caractère )tacifique de Capèce, et il donna bientôt sa démission. Joachim le nomma alors premier aumônier de la reine, président des institutions dont nous venons de parler ; et plus tard, il lui conféra le titre de grand officier de la couronne et la grand'eroix de l'ordre des Dcux-Siciles. Toutes ces distinctions ne détruisirent point l'attachement de l'archevêque pour les membres de la dynastie exilée. Quanti il eut appris la mort de Caroline d'Autriche, il alla, les yeux mouillés de larmes, porter cette nouvelle à Caroline Bonaparte, et lui fit ingénument l'éloge de cette princesse. Sur ces entrefaites, Napoléon, ayant convoqué un concile à Paris, voulut que Ca|>èce y assistai. Celui-ci s'excusa d'abord sur son âge, sur la longueur de la route; mais pressé de nouveau par la reine, il écrivit, devant elle et dans son cabinet même, la lettre suivante à l'empereur : a Sire, plus l'honnpur que vous me faites « est grand, plus ma reconnaissance doit être grande. « Mais il ne faut pas cacher la vérité aux souverains « Le concile ne sera peut-être pas d'accord avec vos « vues; et quand même il le serait, quelle autorité a auront les décisions d'un concile national célébré « dans votre palais et sous votre inspection? Si un « besoiu politique vous suggère ce moyen, vous réo nantirez quelque ombre sur votre toute-puissance. » Il annonça que ce concile avorterait : « Un prêtre « pris à part, dit-il, peut être un poltron; mis en pre- « sence d'autres prêtres, il sera inébranlable et sup- « portera le martyre. » Napoléon reconnut depuis la justesse de celle observation. Apres la chute de Mural, Capèce, lidêle à sa doctrine sur le pouvoir établi, s'empressa d'aller au-devant du prince de Palcrme, second lils du roi, qui entra à Naples en même temps que les troupes autrichiennes commandées par Neipperg. Il lui fit hommage de ses statuts pour les maisons déjeunes lillcs, et, grâce à cette démarche, il conserva sa présidence que le minisire Medici voulait lui retirer. A cette époque, il appela l'attention du gouvernement sur sa conduite en 1799, demanda de nouveau une réparation publique, et écrivit à cette occasion une lettre à Pie VU, pour résigner son évèché. Depuis lors il ne quitta plus sa maison de Cappella-Vecchia, sur les hauteurs de Chiaja, et ne s'occupa plus qu'à cultiver les lettres et à former des collections d'objets d'art. Tous les étrangers de distinction, sans excepter les souverains, allaient le visiter dans sa retraite, ce qui fit dire au prince Henri de Prusse ( et selon d'autres à l'infortuné Gustave (II de Suède ) , la première fois qu'il lui fut présenté : « Quand on vient a Naples, il faut voir trois choses, « Pompéi, le Vésuve et l'archevêque de Tarente. » Sans le livre sur la Ivaquenée, Capèce aurait été certainement revêtu de la pourpre romaine-, et les explications qu'il en donna, dans une lettre adressée en 4833 au souverain pontife actuel, ne suffirent pas pour le justifier complètement. On lui reprochait en

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outre d'avoir émis des opinions peu conformes à la discipline de ('Église, entre autres sur le mariage des prêtres, auquel il inclinait. Capêce-Latio mourut du choléra le 2 novembre 183(5, à l'âge de 92 ans. ïl avait publié : I* des Fêtes des chrétiens, en italien, tapies, 1766, et Rome, 1772. 2° De Legatis il Fidei eommitsis, Home, 1775, in-4». 3° Lettre à Callurine ii, tur la Conchyologie de la mer de Turenle, Naples, 1*80, in- r, en italien. L'impératrice lui envoya en réponse une magnifique croix d'or. 4° Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des droits du clergé tur les biens temporels, en italien, flapies, 1788 et 1820. Cet ouvrage, écrit au sujet du tribut de la haquenée, est en même temps un abrégé de l'histoire des Deux-Siciles. 3° Instruction canonique sur le baptême conditionnel, Naples, 1793, et 1817, in-8% traduite en français par l'abbé Clcmaron. 6- Éloge de Pie VII, en italien, Naples, 1799, in-8*. Capécc le composa étant au château St- Elmc. 7* Une dissertation sur les Peintures du temple d'itis à Pompéia. 8* De Antiquiiale et varia Capgciorum fortuna, Naples, 1830, in-4». C'est l'histoire de cette illustre famille. 9" Genethliacon Jesu Chrisli, poème de Scipion Capèce, précédé d'une préface latine de l'éditeur, Naples, 1851, in-4°. 10° Une traduction italienne de Y t loge de Frédéric II, par Guibert, avec des notes, Naples, 1851, in-4*. Ceux qui désireraient plus dé détails sur Capèce- Lalr© pourront consulter la notice que lui a consaciee le cnanoine i.an<ua, son ancien secrétaire, sous le titre d'Elogio slorico, etc., Naples, 1837, in-8*, et les Curiosités et Anecdotes italiennes, Paris, 18(2, in-8», par M. Valéry, qui l'avait connu pendant ses voyages en Italie. A — r.

CAPEL (Arthur), fils du chevalier Henri Capel, se fil remarquer par ses excellentes qualités dés ses premiers pas dans le monde, et fut éîn membre du parlement en 1640. 11 présenta, en arrivanr, une pétition des propriétaires dn comté de Hartford, ses commettants, contre la chambre étoilée, les commissions extraordinaires et autres institutions de ce genre. Le parlement où il siégeait ayant été soudainement dissons, Capel fat nommé a celui qui commença le 3 novembre 1640, et qui devint si fameux sous le nom de long parlement. Lorsque la cité de Londres promit d'avancer 100,000 liv. sterl. pour payer tes armées anglaises et écossaises et demanda des sûretés pour cette avance, Capel offrit d'être caution pour 1,000 livres, et pins de cent membres de la chambre l'imitèrent. Il vota ensuite l'accusation dit comte de Staflbrd, démarche dont i* témoigna, par la suite, un repentir sincère. Jusqu'alors il avait été opposé à la cour ; mais, soit que le roi Petit gagné, soit que les mesures adoptées par les communes lui parussent trop violentes, il changea de sentiment. R fut fait baron en 1044. Plusieurs lords, parmi lesqnels il se trouvait, signèrent à Yorck, le 13 juin 1642, une déclaration par laquelle ils attestèrent que le roi n'avait pas l'intention de faire la guerre au parlement. Detnc jours après, Capel s'engagea à lever im corps de cent cavaliers pour te roi, et lui avança 42,000 frvres en

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argent et en vaisselle. L'année suivante < Charles l'envoya en qualité de lieutenant général dans la partie septentrionale du duclié de Galles et dans les provinces voisines. Capel ne tarda pas à y former une petite armée, qui donna beaucoup d'embarras aux troupes du parlement. La même année, le roi M nomma un des conseillers du prince de Galles; il parut, eu 4645, comme un des commissaires du roi pour le traité d'Uxbridge, et fut ensuite employé dans l'ouest de l'Angleterre, surtout à Bristol, fa Exeter et au siège de Taunton. R déjoua un projet formé pour se saisir du prince de Galles, qu'il sauva encore dans deux autres occasions, notamment aux Iles Sorlingues, d'où il l'emmena i Jersey. Capel fat alors envoyé i Paris, avec lord Colpe|»cr, pour engager la reine Henriette i ne pas retirer son (ils de Jersey. H était si fort opposé au projet de faire passer le prince de Galles en France, qu'il offrit d'aller à Nevrcaule, où le roi était alors prisonnier des Écossais, pour y prendre ses ordres positifs sur ce point ; mais nonobstant les motifs plausibles qu'il alléguait, et dont le principal était (pie la cour de France n'avait pas fait la moindre démarche efficace pour venir au secours du roi, l'avis de la reine prévalut. Capel, après le départ du prince, était resté à Jersey, lorsque les communes votèrent la vente de ses biens. En 4647, il alla à Paru, et obtint dn prince de Galles la permission de retourner en Angleterre. Il s'embarqua en Zélande, et, après avoir fait sa paix avec le parlement, il se retira dans ses terres, où ii vécut tranquille et se concilia l'affection générale. Quelque temps après, u saisit une occasion ae se renarc auprès du roi à Hamptoncourt, et l'instruisit de tout ce qui s'était passé fa Jersey avant que le prince de Galles quittât cette lie, des raisons qui engageaient les membres du conseil a y rester, et de tieaucoup d'antres particularités que Charles ignorait encore. Ce prince lui communiqua ses espérances et ses craintes, ninsi que les ouvertures que lui avaient faites les Écossais, ajouta que leur diversion en Angleterre ne pourrait obtenir quelque succès qu'autant que ses partisans la seconderaient, et invita Capel fa ne pas négliger cette occasion et à réunir ses amis. Capel le Itri promit, et, lorsqu'il jogea que le projet des Écossais allait s'exécuter, il écrivit à Paris pour que Ton envoyât le prince de Galles à Jersey, mit beaucoup d'ardeur fa rallier dans le HertfordsWre des soldats pour le service du roi, et alla avec sa troupe joindre le comte de Norvvich et le chevalier Cliarles-Lucas dans le comté d'Essor. Ayant réuni un corps de 4,000 hommes, ces fidèles Anglais s'enfermèrent dans Colchester, où Ils soutinrent en 1648 un siège de soixantè-dix-sept jours, durant lequel Capel déploya une énergie et une activité incroyables. La place, réduite aux extrémités, et déchirée par des divisions , ayant ouvert se* portes, Capel fut oblige de se rendre à discrétion au général Fairfax, qui, après lui avoir donné l'assurance d'avoir la vie sauve, Fenvoya au château de Windsor, où il fut mis à la disposition du parleuient, et occrerc a accusation par les communes.

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Instruit de cette mesure, Capel écrivit aux communes que Fairfaix, après lut avoir, promis la vie sauve, en avait informé la chambre. On demanda une explication au général, et Fairfaix répondit que la promesse de la vie sauve n'était relative qu'au traitement que les prisonniers auraient pu essuyer', suivant les lois de la guerre, à l'instant oit ils se rendirent à discrétion; rosis qu'il n'avait pu Ils garantir de l'action des lojs civiles. La parlement vota le bannissement de Capel et de quelques autres prisonniers ; mais cette punition ne paraissant pas assez sévère, on renferma dans la Tour de Londres, et, le !" lévrier 1640, on décréta que les lords Capel et Goring, et d'autres prisonniers, seraient les premiers auxquels on ferait lu procès. Capel s'évada le mente jour; mais des recherches rigoureuses, et la promesse d'une récompense de 100 livres sterling offerte à quiconque le ramènerait, le lireut découvrir deux jours après. Amené devant la baulc cour de justice, il fut accusé de liauto trahison, ba défense roula principalement sur la promesse qui lui avait été faite lorsqu'il se rendit; mais ce motif ne fut pas admis, ilaïqené devant la cour, la partie publique conclut à ce qu'il fût pendu, et son corps partagé en quatre; et, A la cinquième comparution, il fut condamné à être décapité. Sa femme présenta alors au parlement une pétition qui occasionna de grands débats. (Plusieurs membres, et Gromwell même, firent le plus grand doge des belles qualités de Capel ; mais Crourwell ajouta que celait précisément ce qui le rendait un boippie dangereux, et qu;en conséquent* il voterait contre la pétition - Yretqn en parle aussi comme d'un homme dout il avait peur. Le 9 mars, jour fixé pour l'exécution, Capel, qui depuis sa condamnation était enferme au palais de St-James avec le duc 4e Hanulton et le comte de Holland, fut conduit arec eux à l'écliafaud dressé devant Westroinslerhall. Sep deux compagnons furent frappés avant lui. Capel, après avoir adressé aux spectateurs un discours touchant et reuipli de sentiments de piété, présenta avee calme sa tétc au bourreau. Tous les historiens se sont accordés pour rendre justice aux vertus émjnentes de Capel, et surtout à son courage et k sa iidélité. 11 laissa quatre fils et quatre lilles. E— S-

CAPEL ( Abthub), fils aîné du précédent, naquit en 1SS5. 11 ne reçut d'abord, a cause du désordre des guerres civiles, qu'une éducation assez négligée ; mais, parvenu a l'*dole*ccucc, il se livra à l'étude des langues savantes et des sciences avec tant d'ardeur, qu'il fit de très-grands progrés, surtout dans les lois et les mathématiques. Chutai lit lors de son rétablissement, ayant égard a ce que je père avait souffert pour sa fidélité, créa le fils vicomte de lialden, et, en 1661, comte d'Essex. Cependant il se montra opposé à la cour : Charles, imputant cette conduite à quelque ressentiment secret, résolut de l'employer. 11 l'envoya, en 1070, en ambassade en Danemark. Le gouverneur du château de Cronenbourg voulut exiger le salut du vaisseau qui portait le comte; celui-ci le refusa; 1« gouverneur lit tirer su* mi. Arriné à Gopwiltague, h> comte

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se plaignit ; le gouverneur fut condamné à lui ad/esser des excuses. Cette affaire mit Essex en grand cr£dit à la cour. Oc retour en 1672, fo roi le nomma membre du conseil privé et vice-roi d'Irlande. 6a coin lutte dans son gouvernement le lit généraleroeuj chérir. Il fut rappelé eu 1677, parce qu'il se plaignait de ce (me 1# régularité ne présidait pas à lu gestion des nuances de ce royaume. De retour en Angleterre, sa profonde connaissance des lois, son éloquence, sa réputation, le rendirent un des membre* influents de la chambre haute. U cul dans le conseil privé formé à Ja retraite du comte de Dauby une grande part a la conduite des affaires, et devin} un des commissaires do la trésorerie. En 1070, lorsque l'on agita dans le parlement la question relative a l'exclusion du duc d'York, le comte d'Essex vqta contre cette mesure ; mais sa haine bicu prononcée contre je pouvoir arbitraire et contre les principes religieux de ce prince lui firent proposer, pour te cas où il hériterait de la couronne, des restrictions qui rçropécbenuent 4e rien innover dans l'État nj dans l'Iiylise. 11 resta néanmoins altaclu} au paru de la cour jusqu'au moment où il jugea qu'elle prenait des moyens violents. Désigne alors comiife complice du complpt du baril de farine (pojf. Cfifules 1(), il résigna son emploi, et, depuis celle époque, se montra constamment opposé à la cour. Lorsque l'on présenta le bill d'excfosion pour la seconde fois, il le soutint avec chaleur, et proposa, dans le cas où on ne l'adopterait pas, dp former une association çntrp les mains de laquelle on remettrait, durant la vie dq rot, certaines villes comme sûretés des mesures que |'oq prendrait. Ep 1661, il se réunit à quiuze autres pairs pour présenter au roi que pétition, qu'ils avaient tous signée, pour supplier ce prince de ne pas assembler le parlement a Oxford, comme il l'avait annoncé. 11 eut aussi des entrevues avec les personnes mécontentes du gouvernement. Toutes ces démarches le rendirent si odieux à la pour qu'il fut rayé de la liste <ju coijscjf privé- Acçusé, au moi» de juin Hitf.». de complicité; dans la conspirât i u de Ryp-House, ou le complut protestant, on l'envoya à la Tour, et, le 13 jqillet, oq l'y trouva la gorgé coupée avec un rasoir. Le magistrat décida qu'il s'était donné la mort ; mais on crut généralement qu'il avait été assassiné par son domestique, instrument d'hommes puissants. 11 laissa sa femme, qui était fille du comte de INorthumberland, un fils et une fille. 1 .—

CAPEL-LOFF1, savant et poète anglais, naquit à Londres, le 14. novembre 17'ii ; et, après a\oir étudjé dix ans a Éton, un an à Cambridge , se mit sur les bancs de Lincoln's Inu, a\ail (é projet «le continuer U carrière judiciaire que son père suivait avec ltonneur ; ce qui ue l'empêchait pas de consacrer la plus grande partie de ses luisirs à des éludes, diffcrenlcs, le français, l'hébreu, l'ancien saxou. 1| se. délassait aussi des. lois de Wood et des commentaires de lllackstune par la poésie, faisant îles odes, et essayant des tragédies- Lu 1775, deux an* après avoir perdu son père, le jeune Capcl-Lqfft

tut porté m b m 4* vmtov m wïm !! x

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acquit de la considération plus comme légiste que comme orateur. Il maniait pourtant la parole avec facilité, et souvent il occupait la tribune à Westminster-Forum ou à d'autres clubs. Champion décidé de la cause de l'indépendance, il se donna beaucoup de peine pour empêcher la guerre lors du soulèvement des anciennes colonies d'Amérique. Il courut quelques risques lors de l'émeute de 1780 en essayant pour sa paît de calmer ou de prévenir le itimulle. Sur ces entrefaites, la mort d'un de ses oncles, en lui donnant l'e*i»ectati\c d'un accroissement de fortune , lui fit prendre la résolution de résider à Troston (comté de Suffolk). C'est dans ce manoir héréditaire que dès lors il passa la meilleure partie de sa vie, partageant son temps entre ses études favorites et les fonctions de juge de paix qu'aiment tant a remplir les propriétaires d'Angleterre, et de temps à autre prenant part aux discussions politiques. 11 fut ainsi amené à proposer, dans des assemblées de comté, deux adresses antiministérielles, l'une qui sollicitait réloignemcnl des conseillers qui avaient suggéré au rot l'idée de la guerre contre les Américains, l'autre qui plaidait la cause de la réforme. Ces deux pétitions furent envoyées aux chambres. Peu de temps après, l'opinion sage et généreuse qu'il manifesta pour l'abolition de l'esclavage des nègres le fit recevoir membre de la société qui se formait à Philadelphie, dans le but d'accélérer l'instant de cette mesure si vivement réclamée. Il se déclara aussi contre la tyrannie avec laquelle on exigeait le serment du test, et contre les exagérations de Hurke dans ses lettres sur la révolution de France. Ses principes déplurent à l'autorité supérieure ; et il ne faut point chercher ailleurs la cause de la sévérité avec laquelle, en 1800, un ordre d'en haut biffa son nom de la liste des juges de paix. Une jeune femme sous le poids d'une sentence de mort lui avait, par les circonstances extraordinaires de son crime et par sa conduite depuis qu'elle avait été juridiquement convaincue, inspiré assez de pitié pour qu'il crût pouvoir, afin de demander et d'obtenir sa grâce, surseoir à l'exécution. Le résumât de cet effort inutile fut une injonction péremptoire de procéder au supplice , que la jeune condamnée subit avec un courage exemplaire ; et, aux suivantes assises d'été (1800), la radiation dont nous avons parlé lui fut signifiée. Rendu dés lors à la vie privée, Capcl se remit à plaider; et le public, par ses applaudissements, sembla vouloir l'indemniser de ce qu'il perdait, et protester contre la décision brutale qui venait de le frapper. Il eut aussi plus de temps pour ses travaux littéraires ; et c'est à cette époque qu'il enrichit d'un grand nombre de morceaux plusieurs revues et magazines. L'établissement de Vincome lax vint lui imposer un travail nouveau : nommé commissaire du commerce pour surveiller l'exécution de cette mesure financière, il s'occupa principalement d'asseoir el de répartir l'impôt de manière à le rendre le moins onéreux, le moins injuste possible. En 1814, il fut nommé commissaire rapporteur du bourg d'Aldborough. Les facilités qu'il espérait trouver sur le

continent, pour l'éducation de ses filles, l'engagèrent, en 1816, à y passer avec elles. 11 se rendit d'abord à Bruxelles, de là dans le voisinage de Nancy, puis, après un long séjour dans cette partie de la France, il se retira à Lausanne, et ensuite aux bains d'Allier prés de Vevai. Dans l'automne de 18*23, il vint séjourner à Turin, et n'en repartit qu'au printemps suivant. Déjà le germe de sa mort était dans sou sein. Il expira le 26 mai 1824, àMont- Calier. Capel-Lofft fut souvent une véritable providence pour les littérateurs. Il en aida beaucoup de ses conseils, de ses démarches, de son argent. Bloomiield surtout lui fut redevable de sa fortune littéraire ( roy. Bloomfield } ; et la promptitude avec laquelle le critique de Troston sut apprécier les beautés originales du Garçon de ferme, qui avaient échappé i des Aristarqiics de Londres, ne fait pas moins d'honneur à son goût, que la chaleur avec laquelle il s'occupa des intérêts matériels du jeune poêle ne décèle en lui d'obligeance et de bonté. Celte bienveillance pour des Iiommes que d'autres eussent pu regarder comme des rivaux ne fut pas le seul mérite de Capel-Lofft. Véritable ami des lettres, il réalisait dans toute la force du terme le mot du peintre : Nuila dies rine linea. Son instruction était variée : les mathématiques, la jurisprudence, la poésie, la philologie, la critique, la musique, avaient cliacune à son tour occupé l'activité de son esprit, et il pouvait parler de tout avec facilité. De là le charme des articles qu'il donna dans diverses publications périodiques, entre autres le Miroir mensuel. Il versifiait avec élégance, et alors, sans peut-être qu'il fût véritablement poète, son langage se distinguait de la prose par une abondance d'images assez vives, et par ce style précis et ferme qui semble en quelque sorte encadrer la pensée dans 1rs vers. Ce genre de talent devait eu effet le rendre sensible aux beautés du poème de Bloomiield. Il aimait particulièrement le sonnet; el son enthousiasme pour cette menue variété du genre poétique lui mettait souvent à la bouche le vers connu de Boileau. Byron, avec son amertume ordinaire, caractérise ainsi qu'il suit le protecteur de Bloomfield : « Capel-Lofft, esq., le Mécène des corci donniers, le grand faiseur de préfaces pour tous les « faiseurs de vers dans le malheur : c'est une sorte « d'accoucheur gratuit pour tous ceux qui désirent « se délivrer d'une quantité quelconque de poésies, « mais qui ne savent comment les mettre au jour. » Outre ses poésies, Capel-Lofft a publié plusieurs brochures de circonstance, et des ouvrages de droit dont quelques-uns ne sont que des réimpressions. Nous n'indiquons que les principaux : {• la Davidéide, poème épique en vers blancs, dont il n'écrivit que quelques chante. 2" Eudosie, poimesur l'univers (en vers blancs) 1780. 5" Traduction de YÂthalie de Bacine. 4° Traduction des livres 1 et 2 des Giorgiques de Virgile, 1784. 5« Laure, ou Anthologie de sonnets sur le modèle de Pétrarque, en anglais, italien, espagnol, portugais , français et allemand, avec traductions, préface, critique, etc., notes bio-

tiens appartiennent a Capel-LofTt. Beaucoup de ces morceaux étaient jusque-là inédits. %• Principia cum jurii univenaiit tum pracipue anglicani, 1 771), 2 vol . : c'est une collection de maximes jurisprudentielles qu'il essaye, suivant sa propre expression, de réunir en un système de principes généraux et municipaux. 7° Eléments de la loi universelle. C'est une traduction fort libre de l'ouvrage latin qui précède. 8° La Loi de l'évidence, par Gilbert, avec des additions considérables, 1792, 2 vol. in-8". 9° t'as judiciaires, principalement au banc du roi ( recueil de causes, motifs et décisions de 1772 à 1774). 10° Trois brochures sur la question anglo-américaine : 1» Tableau des plans principaux à l'égard de l'Amérique; 2* Dialogue sur les principes de la constitution; 5* Observations sur l'adresse de M. Wesley. 11° Essai sur la loi des pamphlets. 12» Trois Lettres au peuple d'Angleterre sur la question de la régence ( 1789 ). Il soutient que dans le cas où le monarque, devenu inhabile au gouvernement, n'aura point d'avance pourvu à cette vacance en désignant un régent, c'est au parlement à lu nommer. 13* Remarques sur les Lettres de M. Burke touchant la révolution de France, 1790, et Observations sur l'appel de M. Burke, 1791. 14» Lel" et le 2e livre du Paradis perdu, avec des notes qui portent princi|»alcuient sur le rhyUimc. Cette édition se distingue par une ponctuation nouvelle qu'avait imaginée l'annotateur. 15* Aphorismes tirés de Shakspeare, 1812, 1 vol. Val. P.

CAPELL (Éoouakd), savant critique anglais, né en 1713, a Troston, dans le comté de Suffolk. On a fort peu de détails sur sa vie, absorbée par une élude infatigable des ouvrages de Shakspeare. H entreprit le premier de donner une édition fidèle de ce poêle. Cette édition, qu'il publia en 10 vol. in-8°, est précédée d'une introduction écrite dans le vieux langage anglais, et qui est regardée comme un morceau très-curieux. II promettait de faire imprimer par la suite quelques autres volumes pour servir de commentaires aux œuvres du tragique anglais; mais comme il s'écoula beaucoup de temps avant l'accomplissement de cette promesse, plusieurs écrivains le prévinrent, en donnant des éditions de Shakspeare avec des commentaires qui rendaient les siens moins intéressants. Ils parurent cependant après sa mort en 1783, en 3 gros volumes in-i", sous le titre de Notes et Variantes de Shakspeare, suivies de C École de Shakspeare, ou extraits de divers livres anglais qui existaient imprimés de son temps, par lesquels on voit d'où il avait tiré ses fables, etc. Cet ouvrage était le fruit de près de quarante ans de recherches et de travail. Capell est aussi l'éditeur d'un volume de poésies anciennes appelées Protiisions. II mourut en 1781. X— s.

CAPELLA ( M wiTiAxus Minei s Feux), auteur d'une espèce de petite encyclopédie en latin, mélangée de prose et de vers. L'époque à laquelle il écrivit n'a pas encoie été bien déterminée ; quelques-uns la fixent à l'an 474 ou 490 avant J.-C., tandis qu'un critique récent recule le temps de son existence jusqu'au milieu du 5' siècle, sous les deux

Gordien. Cassiodorc nous dit qu'il était né à Madaure en Afrique, et lui-même se nomme nourrmon d'Elice, ville de l'Afrique propre (1). Sur les manuscrits de son ouvrage, il a le surnom de Carthaginois et le titre de proconsulairc, rïr proconsularis. Il est probable qu'il a résidé quelque temps à Home. L'ouvrage qui nous reste de lui est intitulé Satyricon, et est divisé en 9 livres. Les deux premiers, qui forment une sorte d'introduction aux sept autres, sont remplis |»ar un petit roman philosophique et allégorique assez bien imaginé, mais dont le style est dur, obscur et barbare. Il est intitulé : des Noces de la Philologie et de Mercure. On y trouve uue description du ciel, qui prouve que les idées mystiques de la philosophie platonicienne se rapprochaient singulièrement, à cette époque, des vérités du christianisme. Les autres livres sont consacrés aux sept arts libéraux. Le 3e livre est intitulé : Grammaire; le 4*. Dialectique. Ce livre est divisé en 2 parties, dont la 1re comprend ce que nous nommons la métaphysique, et la 2e la logique. Le 5* livre traite de la rhétorique ; le 6* de la géométrie, et Capella emploie ce mot suivant son sens étymologique; car ce livre contient un petit traité de géographie qui n'est qu'un court extrait de Pline et de Solin, et ce n'est qu'à la fin qu'on trouve quelques courtes généralités sur les lignes, les figures et les solides. Le 7e est intitulé : Arithmétique , et roule principalement sur les propriétés des nombres. Le 8* livre est consacré a l'astronomie ; il y fait tourner Vénus et Mercure autour du soleil, et, suivant l .a lande, c'est la que Copernic a pris la première idée de son système. Le 9* traite de la musique, et n'est guère qu'un extrait d'Aristide Quintilien. L'édition la plus estimée de cet auteur est celle de Grolius, Lcydc, 1599, in-8°. Elle est au nombre des prodiges littéraires, puisque Grotius, lorsqu'il l'entreprit, n'avait que quatorze ans, et seulement quinze lorsqu'elle parut. 11 est probable qu'il fut aidé dans ce travail par Joseph Scaliger, qui le lui avait indiqué; mais il est certain qu'il le fut par son père lui-même, comme il nous l'apprend : elle est d'ailleurs, quoique très-vantée, insuffisante, et pleine de fautes typographiques. Une bonne édition de cet auteur est encore à donner, et, comme il n'est pas tout à fait indigne de trouver un éditeur, nous croyons devoir indiquer toutes les éditions qui sont parvenues à notre connaissance : 1° Yeditio princeps est in-fol., imprimée a Viccnce en 1499, cura Francisci Vitalis Bodiani; cette édition fut réimprimée à Modène l'année suivante (1500), sous le même format ; Raie, chez H. Pierre, 1532, in-fol. La même a été réimprimée à Lyon en 1339, in-8°; Râle, 1599, in-fol. ; Bàlc, cum «oriis leclionibus et scholiis D. Vulcanii, 1577, in-fol., imprimée avec les Origines d'Isidore ; vient ensuite,

(I) Ne pourrait-on pu aussi, par U ville qu'indique Maruanus Capella dans re vers :

BwU .lamnm tttfc. Kli... q>rm »;,!.«,

entendre Carlhagr, et supposer qu'il » simplement voulu dire qu'il avait reçu son éducation a Cartilage, optuion qui se concilierait tresbleu avec celle de Gassiodore ? D-*-*-

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par ordre de date, l'édition de Grolius, dont nous avons parlé, et dont le titre est ainsi rju'il suit : Martiani Minci Fclicis Capella, Carlhaginicnsis, viri proconsularis, Satyrieon, in quo de nupliis Philuhgia el Mercurii libri duo, et de seplem artibus librralibus libri singulares omîtes et cmendali et notit sire februis llug. Grotii illustrati : tx officina Planliniana, 1599, in-8" ; Lvon, apud hœredes Simonis Vineenlii, 1019, in-8°"; le 9e livre a été inséré dans le recueil dos anciens auteurs relatifs a la musique, par Meiboni, Amsterdam, 1032; Lyon, 1058, in-8°; Berne, 1763, iu-8-, cura L. Walihardi. Celte édition ne renfernic que les deux premiers livra, c'est-à-dire l'ouvrage de ^'upliis inter Mercurium et Philologiam, Nuremberg, in-8°, 1794, edenle Jo. Ad. Goct:. Cette édition, de même que la précédente, tic renferme que les deux premiers livres. Hein» US semble avoir fait une étude particulière de Marlianu» Capella, el a proposé, dans ses notes sur Ovide, beaucoup de corrections heureuses sur cet auteur. Munker, dans ses noies sur Hygin, etc., a donné beaucoup de variantes importantes prises d'un manuscrit de Leyde. — CaPBLL*, poêle élegiaque, a été mentionné avec éloge par Ovule (de Pvnto, 4, 16, 36). Il ne nous reste rien de lui. W— n.

CAPELLA ( Galeazzo-Flavio-Cahia . plus connu sous le nom de), né à Milan en 1 487, se distingua dans les lettres. Phil. Picinelli dit que son nom de famille était Caimia, et que ce fut à raison dp la purclé de se* mu tir« et de l'étendue tic ses connaissances qu'on lo surnoumia Capella. Son rare savoir lui mérita l'estime et l'amitié de François Sf<»rze, due de -Milan, qui lui donna la place de secrétaire d'Etat , el le chargea d'écrire son bisloire. Il l'employa aussi dans plusieurs négociations importantes. Capella. fut orateur de l'enq>creur Maximilicn, et conservé dans ses fonctions , loisque Cbqrles-Quiut devint maître de Milan. La fidélité de Capellu envers son premier inailrc est digne d'être remarquée dans les diverses révolutions qu'éprouva sa patrie. Il mourut d une c|mfe de cheval dans une rue de Milan, après (Jeux ans de souffrances, le 23 février ' 1557. On a de cet écrivain : 1° de Rebm nuper in Ituda gestitet de Bi flo Ucdiolanensi libri H, Nuremberg, 1532, in-i°; Paris, 1333, in-S0 ; Venise, 1333, in 4° Cet ouvrage a été réimprimé encore plusieurs fois. Ou le trouve aussi dans le Thésaurus Antiqm'L de Gncvius, t. 2, et dans les Scriptores Ifcrum Gcrmanicarum de .Simon Schard, t. 2. Il a été traduit en allemand, et en italien par Fr. Philipopoli, Venise, 1339, in-!°. C'est l'bistoire des guerres du Milanais, de 1321 à 1330. Elle est écrite avec intérêt; mais on sent qu'il aurait été difiicile à l'auteur d'être impartial. 2* Uittoria belli Mussiani; c'est l'histoire de la guerre faite prés de Musso, sur le lac de Corne , par le fameux capitaine Jean-Jacques de Médicis ; elle fait suite a l'ouvrage précédent, el fut imprimée dans l'édition de Strasbourg, 1538 , m S ■ ; on la trouve aussi dans le Thésaurus de Gnrvius, t. 3, et avec VHistoirt des Médicis de Henri Dupuy , Anvers, 1051, in- 12. 3* Vienna

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Auttria a iullano Solimanno Titrcorum lyranno obsessœ Historia, Augsbourg, 1530, in-4». 4» De Rébus gestis Franc. Sfortiœ II, dueis Mediolani, Venise, 1353, in-4*. S' Antropologia orero ragionamento delta Jiatura umana : la quale contiene te lodi e exeellenza degli uomini, la dignità délie donne; la miseria d'amenduc , et la vanità degli studj toro, Venise, Aide, 1553, in-8°, ouvrage rare et recherché. On a encore de Galeazzo Capella même des harangues militaires imprimées à Francfort, en 1573. W-R et V— M.

CAPELLE (le baron Guillaume- A.ntolne- BenoIt) - ancien ministre, était, par la |K>rtée de son talent , destiné à être un habile el heureux administrateur du second ordre, lorsque, pour son malheur, les événements qui précipitèrent la fin du règne de Charies X le portèrent aux honneurs dit portefeuille , pour lesquels il n'était pas fait , et que sans doute il n'avait jamais beaucoup désirés. 11 naquit à Sales-Curan dans leRouergne, le 9 septembre 1773, d'une famille honorable, qui avait exercé des emplois dans la magistrature. Quoique i peine âgé de quatorze ans, en 1780, il embrassa et proclama avec enthousiasme les principes du nouvel ordre de choses qui se développait a cette époque, et qui donnait à toutes les aines honnêtes cl 'franches des espérances sitôt déçues. Ce premier élan patriotique le lit distinguer de ses concitoyens , dans le district de Milhaud , et il hit élu député de celte ville à la fédération de juillet 1790. Nommé lieutenant de grenadiers dans le V bataillon des Pyrénées-Orientales, il y servait pendant ïes années 1792 et 93, et fut destitué en 1794 pour cause de fédéralisme. De retour a Milhaud, il s'y maria et commanda ta garde nationale de celte ville jusqu'au 18 brumaire. Le gouvernement consulaire ayant été proclamé , il fut envoyé en députntion à Paris |»ar ses concitoyens. Il était en même temps chargé île solliciter pour sa ville quelques établissements qui lui manquaient. Capelle, sans négliger de foire les affaires de ses concitoyens, ne négligea point les siennes : il était recommandé au mjpistrc Cliaptal, qui lui donna un emploi dans ses bureaux au commencement de l'an 9. A la fin tic la même année, le ministre le lit nommer secrétaire général du déparlement des Ali>es maritimes, d'où il passa en l'an 13, en la même ||ualité, dans le dé|tartcmcnl de la Slura. Mais il lui fallait un poste tle première ligne et où il put déployer les talents qu'il se sentait pour l'administration. Après être resté à peine quelques mois à Coni, chef-lieu de la Slura, il se rendit à Paris j>our solliciter une préfecture. Ses vtvnx ne furent accomplis qu'au bout de deux ans, el en février 1808, il devinl préfet de la Méditerranée (Livournc). Cette nouvelle mission n'était pas sans diriiculté : sa préfecture confinait avec les États, tle la princesse de Lucqucs et de Piombino qui était extrêmement jalouse de son autorité. Capelle, qui était doué de grands avantages extérieurs, trouva le moyen de se concilier la bienveillance tle la princesse, sans rien sacrifier de ses devoirs d'administrateur. La plus parfaite intelligence régnait

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entre eux; cette intimité déplbt k .l'empereur, qui hit sur le point de destituer l'heureux préfet. Cependant il se contenta de le transférer à la préfecture du Léman ( 1810). Il y succédait i M. de Barante, père de celui qui siège Aujourd'hui à la clumpre haute, et qui s'était attire la considération des Genevois, population assez difficile pour 1rs administrateurs que lui envoyait Napoléon. Le baron Capelle l'éprouva : il fut d'abord d'autant plus mal vu de ses administrés qu'ils regrettaient yivcmeul son prédécesseur. Ils inventèrent mille fables sur le chef qu'on leur donnait si inopinément. Une des plus accréditées fat qu'il avait été acteur ambulant. Cependant on finit par armer Capelle, qui , bien qu'homme de plaisir^ ee qui choquait la pruderie genevoise « était après tout un administrateur aussi habile que bienveillant. 11 eut cependant quelque peine à se filtre à certains usages des Genevois. 11 y a eu toujours dans leur ville un grand nombre de réfutions cenmies sous le nom de Ctrclet, et chaque ccrele a son titre particulier. Il en existait un sous le titre de Cetcle de l'Egalité. Celle dénomination déplut au préfet : il invita les membres a le danger, et comme ils s'y refusaient, il fallut un acte de l'autorité pour les y contraindre : ils prirent alors le titre de Cercle dtt mémtt. A la fin de 1813, les troupes alliées arrivèrent devant Genève le 29 décembre, et y entrèrent par capitulation le 50. Par suite de l'aveuglement dont Napoléon paraissait frappé, cette place était restée sans garnison et sans défense, malgré les fféqnents avis du préfet, qui n'avaient servi qu'à l'irriter contre celui qui osait prévoir de* malheurs et exprimer de* craintes. Après avoir fait toutes les dispositions commandées par les eireoTKMnees, le baron Capelle se retira le 2» de Genève et le 81 du département, dont tout le territoire était déjà au pouvoir des Autrichiens. La défense de Genève était èxctosivemerrt confiée au général qui y commandait : mais le préfet avait blessé l'orgueil de Napoléon : on décret du 5 janvier 1814 le suspendit de ses fondions et ordonna sa mise en jugement. Ce décret était accompagné d'une note officielle qui dénaturait les faits, et tendait à rendre les préfets responsables des événements militaires qui frappaient lettre département*. Une commission composée de trois conseillera d'État (Lacnee, Real et Fâure), rot chargée d'examiner les griefc imputés au baron Capèltè , et cette commission, «kfiw Faute fût le rapporteur, eut le courage dé M décWrer «otl coupable. Cependant il ne recouvra sa liberté qu'à l'époque de la restauration. Le 10 juin 1814, Louis X VI II le nomma préfet de l'Ain j et dans Rs mois d'octobre suivant. Monsieur, comte d'Artois, passant à Bourg, lut J donna la croix d'officier de la Légion d'honneur. Capelle administrait paisiblement son département, lorsque l'enthousiasme qu'exritait le retour de Napoléon se communiqua dans les journées des 12 et 13 mars à ta garnison de Bourg et â une partie de la population. Après avoir inutilement lutté contre l'incendie, il partit le 15 au soir poufr aller joindre le mareclml Ney qui ceramandait à Lousie-Saulriicr

une armée en marche contre Bonaparte : 11 arriva auprès de lui le 14 à quatre heures du matin, et entendit de sa propre bouche des protestations de fidélité. Le maréchal ayant, quelques heures après, abandonné la cause royale et proclamé Napoléon, manda le baron Capelle et ne négligea rien pour l'amener à imiter son exemple : celui-ci, s'étant refuse aux instances et aux ordres du maréchal, partit aussitôt de Lons-le-Saulnier par la Suisse, et de là se rendit à Gand , où il arriva peu de jours après le roi. Pendant le séjour de Louis XVllI dans celte ville, il fut chargé d'un travail pour la créalion do commissaires extraordinaires dont la mission eût élé de suivre , dans l'invasion qui se préparait, Chaque grand corps d'armée , d'employer tous les moyens propres à atténuer les maux de la guerre, â secourir les Français frappés par ces maux inévitables, et à rétablir Tordre public et l'autorité royale. Il fut lui -même nommé commissaire auprès de l'armée du duc de Wellington ; mais cette mesure, n'ayant pas été agréée par tous les cabinets, resta sans exécution. Capelle, rentré en France à la suite du roi, fut nommé préfet du Doubs, et peu de temps après conseiller d'État honoraire. 11 vint à Paris, en décembre 1815, faire dans le procès du maréchal Ney une déposition fort étendue , et fut un des témoins dont les éclaircissements parurent les plus importants à la chambre des pairs. Nommé conseiller d'État en service ordinaire, section de l'intérieur, le I*' janvier 1816, il fut très-souvent cliargé de soutenir à la tribune les projets de loi présentés par les ministres, et put dès lors aspirer aux emplois les plus élevés. Par ordonnance du 24 août, il lit partie de la commission chargée : 1° d'examiner, de concert avec les délégués des puissances alliées, le montant des payements à faire en vertu de la convention du 20 novembre, à partir du 1" décembre 1815 jusqu'au 1" juin 1816; 2° de vérifier les payements faits pendant le même espace de temps; 3" de constater la libération de la France envers les puissances étrangères pour les six derniers mois de l'exécution de la convention. 11 devint en 1822 secrétaire général du ministre de l'intérieur; puis, quand des combinaisons ministérielles l'éloignèrent de cette place en 1828 , préfet de Versailles. Au mois de mai 1830, lorsque M. de Polignac jugea à propos de reconstituer le cabinet en substituant à MM. de Chabrol et de Courvoisier, démissionnaires, MM. de Peyronnct et de Ghantelauze , un nouveau département fut créé, celui des travaux publics, et confié au baron Capelle. La dissolution de la chambre venait d'être prononcée, et il fallait agir pnissamment sur les élections. Capelle passait pour avoir souvent exercé une habile influence dans les collèges électoraux ; et, sans être orateur, il savait exposer clairement à la tribune les affaires d'administration. On sait quel fut le résultat de celte combinaison ministérielle : l'adresse hostilement respectueuse des deux cent vingt et un amena les fameuses ordonnances. Dès ce moment, il n'y eut plus ni royauté légitime ni ministère ; il n'y eut qu'insur- I reelion, puis rétablissement de la dynastie du 0

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aortt. Capellc disparut nu milieu de tous ces grands événements : il eut le bonheur de se soustraire aux recherches de la police, et subit, le U avril 1831, un jugement par contumace qui le condamnait à la prison perpétuelle, à la conliscalion de ses biens, à la perte de tous ses titres. Il obtint il y a quelques années la permission de rentrer en France, et mourut dans l'obscurité en 1843. I) — a — k.

CAPELLLÎN de M.vHscii ( Robert -Gaspard Buiine de), l'un des chefs du parti patriote, qui se prononcèrent avec le plus d'énergie pour le maintien de l'ancienne constitution hollandaise , était né le 30 avril 1743 à Zulphen, dans le duché de Gueldre. Elevé dans l'amour des lois , pour lesquelles ses ancêtres avaient sacrifié leur repos et leur fortune, il soupirait après l'époque OU, devenu membre d'une assemblée délibérante, il pourrait demander le redressement des abus qui s'étaient introduits par la négligence des citoyens dans les diverses branches de l'administration. H n'avait pas encore complété ses études, et déjà la politique l'occupait entièrement. Lui-même nous appprend ( Mémoires, p. 12) qu'à l'université d'L'trecht, s étant lié d'une étroite amitié avec son parent Gapellen de Poil, toutes leurs conversations roulaient sur les intérêts de la Hollande et sur les moyens d'assurer son indépendance. A la sortie tic l'école, il obtint une compagnie de dragons ; mais en 176!), ayant voulu donner sa démission, il éprouva, dit-il, un traitement qui lui fit connalU'e que l'on tloit peu compter sur les promesses des princes. ( lbid., p. 20.) Il n'en conserva cependant aucun ressentiment contre le prince d'Orange, qui, dans cette circonstance, avait été trompé , puisqu'il avoua plus tard qu'on avait commis une injustice .■ l'égard deCapellen. Membre, par sa naissance, de l'ordre équestre de Zutphen, il fut admis en 1771 aux états de Gueldre; et dès lors , ainsi qu'il en avait pris rengagement , il ne laissa passer aucune occasion sans réclamer la suppression des abus et des mesures propres à soulager les paysans. En 17*8, il mit au jour les mémoires d'Alexandre de Capcllen , son trisaïeul ; cl il y joignit une préface dans laquelle il développe le plan de gouvernement qu'il jugeait le plus favorable à la Hollande. Dès qu'il fut évident que le prince d'Orange songeait à l'emparer du pouvoir absolu , Gapellen n'hésita pas à se mettre à la tête de l'opposition, sacrifiant ainsi tous les avantages auxquels il pouvait prétendre en servant les projets de la cour. Également ennemi du despotisme et de l'anarchie, il n'avait pas, comme on le lui a reproché, l'intention de faire abolir le stathoudéral ; au contraire, il jugeait essentiel au bonheur de la Hollande d'affermir cette autorité tutélaire, en réglant mieux ses attributions. Plusieurs fois il écrivit au prince d'Orange pour lui donner des conseils dictes |iar le désir d'épargner au pays les malheurs qui le menaçaient ; mais toutes ses lettres restèrent sans réponse. Voyant que ce prince continuait de favoriser le commerce des Anglais, malgré toutes les représentations qui lui avaient été faites à cet égard , il décida les états généraux à conclure avec la France

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un traité d'alliance défensive qui fut signé en 1785. Loin d'apaiser les partis , l'approche des Français suffit pour les enflammer davantage. Dans plusieurs provinces les orangistes et les patriotes en vinrent aux mains. Quelque temps les avantages se balancèrent de part et d'autre ; mais les Français s'étant retirés au moment même où le roi de Prusse faisait entrer en Hollande une armée de 30,000 hommes , il ne resta d'autre ressource aux patriotes que de chercher un asile dans les pays étrangers. ( Voy. Guillaume Y. ) Capellen, cité devant la cour de Gueldre, fut déclaré coupable des crimes de rébellion et de lése-majcsté, et condamné, pour servir d'exemple et porter l'effroi , à perdre la vie sur un échafaud par le glaive de l'exécuteur de la justice. Cet arrêt fut rendu le 8 août 1788 ; mats, heureusement pour lui, Capellen était en France. Il crut devoir à lui-même et à sa famille de réclamer contre cette sentence dans des Mémoires écrits en laugue néerlandaise, et qui furent traduits en français, Paris, 1791, in-8* de 528 p Cette traduction est de Capellen ; mais le style en a été retouché par Jean-Etienne Chappuis de Genève, l,es pièces justificatives imprimées à la fin des Mémoires forment un recueil de documents précieux pour l'histoire des derniers temps de la république de Hollande. Capellen ne prit aucune part à la révolution de France , dont avec tous les vrais patriotes il dut déplorer les excès; il partagea les débris de son immense fortune avec ses compagnons d'exil, réfugiés en France, et mourut aux environs de Paris, vers 1798. W— s.

CAPELLEN (Th .-François tan), vice-amiral, de la même famille que le précédent, né vers 1750, entra au service de la marine en 1772 , et y obtint, en 1778, le grade de lieutenant de vaisseau. S'étant signalé en 1782, dans un combat qui eut pour résultat la prise d'une frégate anglaise , il fut nommé capitaine. C'est en cette qualité qu'il fut employé en 1795 dans la guerre conu-e la France, et qu'il commanda plusieurs croisières sur les cotes de Hollande, pour les garantir des entreprises des Français. 11 eut encore dans cette guerre plus d'une occasion de se distinguer par son courage, et parvint au grade de contre-amiral. U commandait, en 1799, une flotte de la Hollande devenue l'alliée des Français, lorsque les Anglais se présentèrent pour l'attaquer. Entraîné par ses équipages et cédant aux malheureuses circonstances ou se trouvait sa patrie , il se rendit sans combattre avec toute sa flotte, et il passa en Angleterre , où se trouvait alors le statbouder, qui lui Ht accorder une pension par le ministère anglais. Capellen ne revint eti Hollande qu'en 1815 avec le prince d'Orange. Nommé vice-amiral , et cliargé d'aller prendre possession des colonies bollandaises des Indes orientales , qui étaient rendues par la paix de 1814, il y resta avec le titre de gouverneur général. Il commanda ensuite une escadre dans la Méditerranée , cl se joignit en août 1816, avec six frégates et un brick, à l'escadre britannique qui , sous les ordres de lord Exmouih ( voy. ce nom ) , allait attaquer Alger. L'amiral

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hollandais seconda puissamment les efforts des Anglais dans cette mémorable expédition. Placé dans un poste important, il rendit presque nul l'effet des batteries ennemies , et entretint longtemps contre elles le feu le plus vif. L'amiral anglais rendit ainsi justice à ses efforts dans le rapport qu'il lit à son gouvernement : a Je dois de la reconnaissance « et des remerciments à tous ceux qui étaient sous « mes ordres, notamment au vice-amiral Capellcn « et aux ofiieiers de l'escadre de Sa Majesté le roi a des Pays-Bas. Le souvenir de leurs services ne « cessera qu'avec ma vie. Jamais je n'ai vu plus o d'énergie ni de zélé. » De tels éloges ne restèrent pas sans effet. Capellcn reçut la décoration de l'ordre du Bain et une épée d'honneur qui lui furent envoyés par le duc de Clarence ; enfin la chambre des communes lui vota presque à l'unanimité d honorables remerciments. D'un autre coté, le roi des Pays- Bas, son souverain, le décora de la grande croix de l'ordre de Guillaume. Cet illustre marin est mort en avril 1824. M— »j.

CAPELLO (Blanche), seconde femme de François de Médicis , grand-duc de Toscane. Elle était tille de Barthélémy Capello , un des nobles les plus considérés de Venise, nièce de Grimani. patriarche d'Aquilée, et alliée à toute la première noblesse; mais en 1 .">< ~> elle fut séduite par Pierre Bonavaaturi, jeune Florentin qui apprenait le commerce à Venise dans la maison de banque de Salviati. L'oncle de Bouaventuri était le chef du comptoir de Salviati ; sa maison était tout proche de celle des Capello , et Bonavcnturi , qui n'avait ni foHune ni famille , se donna pour parent des Salviati, et pour associé à leur commerce. Les charmes de sa ligure et son adresse séduisirent Blanche , d'autant plus facilement qu'elle était alors sous l'empire d'une belle-mère qui la haïssait. Les deux amants se donnèrent, a l'aide de fausses clefs, plusieurs rendezvous nocturnes; mais, craignant ensuite d'être découverts, ils s'échappèrent de Venise au mois de décembre 1565, emportant avec eux les joyaux les plus précieux de la maison de Capello. Les parents de Blanche , et plus encore ceux de sa helle-mèrc , manifestèrent l'indignation la plus violente, lorsqu'ils apprirent cet enlèvement. Ils prétendirent que tout le corps de la noblesse vénitienne avait été insulté en eux; ils tirent arrêter comme complice Jean-Bap» tiste Bonaventuri , oncle du ravisseur, qui mourut en prison; ils obtinrent du sénat un ordre de courir sus à Pierre, avec une récompense de 2,000 ducats pour celui qui le tuerait ; en lin ils envoyèrent sur ses traces des assassins qui le suivirent à Florence, où Bonaventuri s'était retiré avec sa maitresse. A cette époque, Cosme l,T de Médicis régnait encore; mais dégoûté du pouvoir suprême qui avait été pour lui un constant exercice de dissimulation et de perfidie, il avait conlié tous les soins du gouvernement à son fils François, dont le caractère était plus sombre encore, et plus sévère que le sien. François devait épouser Jeanne, archiduchesse d'Autriche ; mais cette princesse avait trop d'orgueil et de froideur pour inspirer de l'amour. Bonaventuri ,

dès la première semaine de son arrivée à Florence, se mit sous la protection de François, et l'ambition ou l'avarice faisant taire en lui tout autre sentiment, il permit entre ce prince et sa femme une liaison scandaleuse. François chercha cependant à la dérober aux yeux du public jusqu'à son mariage avec l'archiduchesse, le 16 décembre 1565; mais dès lors, croyant n'avoir plus rien a déguiser, il introduisit Blanche dans son palais, en nommant Bonaventuri son intendant. La liaison de François avec Blanche blessait également, et Cosme l*r et la cour d'Autriche que les Médicis devaient ménager, et le peuple qui se plaignait de l'insolence et de l'avidité de la favorite. Son mari, dont l'arrogance devenait insupportable aux courtisans, et gênante pour ellemême , fut assassiné en 1570, par des gens que François avait aposlés. Blanche cependant savait captiver toujours davantage le prince, par les charmes de son esprit , le piquant de ses manières , et l'enjouement «le son caractère. Plus Médicis était sombre et sévère, plus il avait besoin d'être distrait par la vivacité et les grâces de la Vénitienne. Cosme I"r mourut en 1071; François avait deux frères qu'il détestait, et auxquels ii craignait de devoir laisser son héritage; sa femme ne lui avait donné (pie des lilles, et Blanche, qui avait eu aussi unelille de Bonaventuri. n'avait plus d'enfants depuis sa liaison avec le prince. Celui-ci désirait ardemment avoir un fils, même illégitime, dans l'espérance de le faire reconnaître pour son héritier. Blanche , désespérant d'en avoir elle-même , se décida à supposer une grossesse, et toutes ses mesures étant prises pour cela, elle parut délivrée , dans la nuit du 20 août 1576, d'un enfant qu'une femme du peuple avait mis au inonde la veille : on le nomma don Antoine de Médicis. Le grand-duc, au comble de la joie, redoubla d'affection pour sa maîtresse; et celle-ci, pour n'être pas trahie, fit assassiner presque tous ceux qui avaient eu part à cette supposition ; mais, contre l'attente du puhlic et de Blanche, l'archiduchesse à son tour donna , l'année suivante , un lils à son mari ; bientôt elle parut grosse de nouveau, et elle mourut en 1578, en cou ches d'un second enfant. François, touché de la mort de sa femme, et ébranlé par les représentations de ses frères et de quelques gens de bien, s'éloigna pour quelque temps de Florence , avec l'intention de rompre avec Blanche ; il donna même à celle-ci l'ordre de quitter la Toscane ; mais Blanche, pour conserver le coeur de son amant, mit en usage toute son adresse et tous ses moyens de séduction ; elle gagna le confesseur du grand-duc , pour qu'il l'encourageât dans sa passion, et, moins de deux mois après la mort de l'archiduchesse , elle parvint à se faire épouser secrètement par François , le 5 juin 1578. Un mariage secret ne satisfaisait ni l'ambition de Blanche, ni les espérances du grandduc, qui , ayant perdu son lils peu après sa première femme, en attendait un autre de \a seconde. Il communiqua d'abord son mariage à PVùWppe II, roi d'Espagne , dont il recherchait la protection, plutôt que l'amitié, et, l'ayant fait approuver par ce

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