‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 88 sur 97 · CM · texte numérisé non relu

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monarque, il résolut de l'avouer publiquement. Il

fit déclarer au doge et à h république de Venise que son intention était de s'allier a eux par le» nœuds les plus étroits, en prenant pour épouse une fille de St-Marc ; et les mêmes magistrats qui avaient diffamé Blanche Capello, et mis à prix la téte de son mari , s'empressèrent alors de la combler d'honneurs. Une déclaration des Prfgadi, du 10 juin 1579, la nomma fille véritable et particulière de la république ; deux ambassadeurs, suivis de quatre-vingtdix nobles, furent envoyés à Florence , pour solenniser en même temps l'adoption de St-Marc et le mariage. Ces deux cérémonies furent célébrées avec une grande pompe le 12 octobre 1579, et le mariage de Blanche coûta 800,000 ducats à la Toscane, dans un temps où la disette et des calamités de tout genre accablaient les peuples. Cependant le gouvernement du grand-duc devenait tous les jours plus odieux par l'abus que Blanche faisait de son I mu voir, et par l'arrogance et la cupidité de Vitterio Capello , son frère , qu'elle avait appelé à Florence, et qui élait désormais le seul ministre et le seul favori du prince. Vittorio excita enfin tant de haine et de mécontentement, que François prit le parti de l'éloigner. Blanche , qui ne pouvait plus avoir d'enfant, cl qui rencontrait beaucoup de difficultés à faire appeler a la succession don Antoine , son fils supposé, feignit par deux fois une nouvelle grossesse ; mais, soit qu'elle craignit «le | passer outre, ou que la vigilance des frères du grand-duc mit obstacle à ses artifices , elle déclara autant de fois s'être trompée, et elle chercha enfin à se réconcilier de bonne toi avec le cardinal Ferdinand de Médicis, le plus proche héritier du trône. Celui-ci, en 1587 , céda aux instances de son frère et de sa belle-sœur; au commencement d'octobre, il se rendit au Potrgio a Caiano, maison de campagne des Médicis ; il y fut accueilli avec une grande tendresse par François et par Blanche; il paraissait y être sensible, lorsque tout à coup , le 8 octobre , le grand-duc tomba malade; le 10 octobre Blanche fut atteinte de la même maladie qu'on nomma lièvre intermittente. Le premier mourut le 19 octobre, A quatre heures du matin, et sa femme le lendemain a trots heures après midi. Ferdinand, qui déposa l'habit religieux pour succéder à son frère, et qui régna en Toscane d'une manière glorieuse , n'a pas échappé à l'accusation d'avoir empoisonné son frère et sa belle-saw. En vain leurs corps furent ouverts publiipiemenl par les médecins , en vain on indiqua des causes naturelles pour une maladie aussi subite : la mémoire de Ferdinand reste encore souillée par ce soupçon, et sa haine pour sa belle-sœur, qu'il appela dans quelques actes public Ja détestable Blanche, a été considérée , par beaucoup de gens , comme confirmant l'accusation du peuple. Sicbenkees a écrit une vie de Bianca Capello , d'après les sources originales , Gollia, 1739, in-8"; cette vie a été traduite en anglais par Ludger. Nous avons YHiUoire de la vie et de la mort de Bianca Capello, traduite de l'italien de Sanscverino, Lausanne, 1779, in-8". Meissner a lait des aventures de Blanche un roman en diato-

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Mi qtri t M traduit de l'allemand" m français pat

Rauquil-Lîeutand, Paris, BMW, 1790, S vbl. ln-ïtj et par le marquis de Lttéhet, IWd., et même ânriéê, 5 vol. in-12, lig. S—

CAPELLO. Vofés Ca^pemo.

CAPELUCHE , bourreau de Paris , fameux péf ses crimes, sous le règne de Charles Vî. Digne Chef d'une vile populace que In faction des Bourguignons encourageait au meurtre et au pillage, Capeluche ordonnait les exécutions, dictait ses lois dans Paris, et l'on obéissait. 11 se Ht livrer les prisonniers de Vincennes t qu'il promit de conduire an Châtelet, et qui furent bientôt égorgés sous ses yeux. 11 força les portes du palais, le duc de Bourgogne Jean -sans- Peuf vint an-devant de lui , et, tandis qu'ils conféraient ensemble, le Imurreau, se croyant devenu l'égal du prince, lui frappa dans la main en signe d'amitié. Cependant le due , inquiet de Voir croître de jour en jour les troubles qu'il avait excités lui-même , et redoutant l'empire que Capeluche avait pris sur la multitude , lit marcher des troupes qui se saisirent des principaux chefs. Capeluche fut arrêté , jugé sommairement et condamné à mort. L'échaftmil était dressé aux Halles. Le valet dn bourreau, devenant MM Successeur, s'apprêtait à lui trancher fa téte ! c'était son coup d'essai ; Capeluché lui donna froidement une leçon sur les mesures qull devait prendre pour ne pas le manquer. Il sê mit ensuite I genoux , et reçut le coup mortel sans avoir montré la plus légèré émotion. (Fby. l'flttfefr* de Charlet VI par Jean Juvénal des Ursins. ) V— rt .

CAPET (llrbbBS). Feyex HtcuES.

CAPETAL (Henm), originaire de Picardie, prévôt de Paris sons le règne de Philippe V, se rendit coupable d'un crime atroce qne les lois punirent, et que l'histoire a retracé pour flétrir d'un éternel opprobre ce magistral prévaricateur. Un richè homicide, détenu dans les prisons dn Châtetêt , fut condamné a mort d'une Voix unanime. Il Offrit un* somme d\>r considérable au prévôt , s'il voûtait ta soustraire au supplice. Le prévôt elmisit tm prisonnier Innocent, sans fortune et sans appui, te Ht pendu- sons le nom de l'homicide , et remit ce dernier en liberté sous lé nom dé l'innocent supptMé; mais cette grande iniquité ne tarda pas a être découverte. Le roi indigné lit faire le procès A Capetal, et il tM pendn, en 15Î1, au même glbèt bû il axait fait pendre la vlcUme de sa cupidité. V~vb;

CAPILA. Voyet K \ ht \ .

CAP1LUPI (Camille), de Mantow, s'est rendu fameux dans le 16* siècle par an ouvrage intitulé : lo Stratagema di Carolo IX, eontra gli vgonotti, Home, 1572, in-4°, imprimé m Italien et en français en 1574, in-8*, augmenté dans la version d'un avertissement du traducteur. C'est une relation de l'horrible massacre de la St-Barthélemy, dans la» quelle, l'auteur rend compte des motifs qui déterminèrent cette affreuse journée, des préparatifs qui la précédèrent, et des suites qu'elle eut. On doit être en garde contre les faits qu'il raconte ; mais on y trouve des choses curieuses. Captlupi, croyant faire beaucoup d'honneur à Charles IX et a son conseil,

s'attache dans sa. préface i prouve? que la St-Barthélemy était méditée. Le cardinal de Lorraine, qui se trouvait $ Home quand cet écrit parut, l'avait d'abord approuvé ; mais quand il sut qu'on avait honte en France de ce massacre, et que ridée d'une telle boucherie préparée paraissait atroce même aux Italiens les plus forcenés, il chercha à en empêcher le débit. T— o.

CAPILUPl fl.Ki.io!, frère du précédent, ne É Mantoue le 19 décembre 1498, se lit quelque nom par des centons qu'il composa avec les vers de Virgile, qui se tromeut ainsi appliqués à des matières dont ce grand poète n'a pu avoir idée. Lélio Capilupi mourut à Mantoue, le 3 janvier 1560, deux jours après son ami Joachim du Bellay. Parmi les centons de Lélio, on remarque : 1° Cenlo Yirgilianut <jte vila tnonachorum quot vulgo fratret oppellant, imprimé d'abord à Venise, 1543, l :>.'»( i. în'-b"; Home, 1373, etc., réimprimé dans l'ouvrage intitulé : Varia doctorum piorumqu» virorumde eorruplo Eccletia$ialu Pœmata, Bâle, 1530, in-8% dans le Regnum papittkum de Thomas Kirchmuier, et encore dans les Mémoires de littérature de Sellengre, t. 2, 2e partie. S4 Ctnlo Yirgilianut in faeminat, imprimé dans les Amoret de Baudius ( voy. ce nom ), et encore dans les Sckediasmala de eruditit caslibibus de God. Wagner, 1717, in-8°. 3* t'enta Yirgilianut in siphUlim, etc. Les vers et centons de Lélio Cupilupi ont été réunis avec ceux de ses frères, sous ce titre : Capiluporum Carmina et Cenlonet, ex edilione Jot- CatlaltionU, Home, 1590, in-4", rare : on a retranché de celte édition les centons obscènes et ceux contre les moines. — Uippolgte Capjlcpi, évéque de Fano, mort en 1580, à 08 ans, et Jules Cafillti, tous deux frères de Lélio, s'exercèrent à diverses sortes de |>oésies. — Juïet Capilijpi, leur neveu, lit aussi des centons qui, au jugement de Possçvin, sont meilleurs que ceux dé Lélio. ( Yoy. Olaus Borrichius, Dxsserl. 3 de Poet. ht. ; Baillet, JugÇmenlt det tavantt, etc. } À. B— T.

CAP1STHAN ( Je »fj de ), ainsi appelé de la. petite ville de ce nom dans l'Abruzze, où il vit le jour en 13s:,, était fils d'un gentilhomme angevin, qui, ayant suivi Louis, duc d'Anjou, lorsque ce prince devint roi de Maplcs, avait fixé son séjour dans cette ville. 11 alla faire son cours de droit civil et canonique à Pérouse, prit le bonnet de docteur dans l'une et Pautre faculté, s'y lit tellement estimer qu'on lui donna un emploi de judicature, dont il remplit les fonctions avec autant d'intégrité que d'intelligence. Ces qualités réunies à sa fortune lui procurèrent un mariage riche et honorable. Chargé par la ville de Pérouse d'aller négocier la paix avec Ladishs, roi de P>aplcs, on l'accusa de favoriser, daus cotte négociation, les intérêts de son ancien souverain. A son retour, il fut enfermé au château de Brutta, et traité dons sa prison avec la plus extrême rigueur, pour avoir tenté de se sauver par adresse. La mort de sa femme mil le comble à ses malheurs. Les tristes réflexions qui l'occupèrent alors sur l'instabilité des choses humaines lui firent preudre la résolution de se consacrer a Dieu dans t'ecdre de St- François. B tralla dé sa rançon, vendît

CAP m

ses biens pour la payer, distribua ce qui lui restait aux pauvres, et alla, en 1415, se présenter chez les franciscains de Pérouse. Il n'y fut admis qu'après qu'on eut éprouvé sa vocation par des humiliations qui le donnèrent en spectacle dans une ville où il avait autrefois brillé par ses talents, sa fortune et ses emplois. Capistran s'acquit une grande considération parmi ses confrères, par la pratique exacte des vertus et des observances qui avaient formé le caractère primitif de l'ordre. Ses succès dans cette partie du ministère évangélique étendirent au loin sa réputation : on le rccherclia pour les stations les plus renommées. Il prêcha avec éclat dans les princqtales villes d'Italie, d'Allemagne, de Pologne, de Hongrie, laissant {Kirtout des monuments de son zèle et de sa charité. Il sut faire servir la grande confiance qu'il inspirait à rapprocher les cœurs désunis, 4 réconcilier les familles, à calmer les séditions populaires. Il rétablit la bonne harmonie entre la ville d Aquila et le roi Charles d'Aragon. 11 délivra la Marche d'Ancoue des restes des Fralicelies, connus sous les noms de Frerolt et de Bërochet. Nommé deux fuis vicaire général des observantins, il lit rédiger, dans un chapitre général, de sages constitutions pour le maintien de la discipline régulière, contribua à affermir la réforme de St. Bernardin de Sienne, dont il fut le disciple et l'apologiste contre ses calomniateurs. Les papes Martin V, Eugène IV, ISicolas Y, Calixte 111, l'employèrent dans les affaires les plus importantes de l'Eglise. 11 fut député par eux en Orient, pour y rétablir la discipline dans les maisons do son ordre. Il travailla efficacement à prévenir les suites du schisme occasionné par la translation du concile de Bàle à Florence, et se trouva, dans ce dernier concile, du nombre des théologiens employés à la réunion des Grecs. 11 remplit, à la satisfaction des souverains pontifes, les nonciatures de Lorabardic, de France, et de Sicile. Envoyé légat en Allemagne, à la réquisition des princes, il parcourut la Bohême, la W ravie, la Hongrie, la Pologne, agitées par les hussites, combattit le fameux Hockysana, et convertit plus de 4,000 de ses sectaires. Mahomet II, après la prise de Constantinople, en 1453, menaçait

I Italie et l'Allemagne d'une invasion prochaine, picolas V cl Calixte lll chargèrent Capistran de prêcher une croisade contre ce farouche conquérant.

II s'enferma, en 1456, avec le brave Uuniadc, dans Belgrade, assiégée par le sultan en personne, avec une armée lière de sou nombre et de ses victoires. On fe vit partout aux premiers rangs, sur la brèche, bravant tous les dangers, animant les soldats, un crucifix à la main, et ue quittant jamais le champ de bataille qu'après que l'ennemi avait été repoussé. Tous les historiens lui attribuent la gloire (l'avoir, dans cette occasion mémorable, autant contribué par son zèle à délivrer la ville, qu'Huniade par son courage et ses belles dispositions. Capistran survécut peu à ce triomphe. Il fut attaqué à Willach, en Carinthie, de divers maux à la fois. Les princes se firent un devoir d'aller le visiter dans sa maladie, et il termina, sjj carrière le » octobre IHHL II Fut béatifie en 1690. par Alexandre VII, et canonisé en

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i724, par Benoit XIII. Parmi les ouvrages qui nous restent de lui, on distingue . 1° de Papa et Concilii rive Ecelesiœ Autoritate, Venise, 1580, in-4° : ce traité est contre le concile de hâle; 2" Spéculum clerieontm, ibid ; 9 Spéculum conscieniia-, ibid; !° de Cunone pamitentiali. ibid., 1381; 5» Aliquol Repetilionet in jure cirili, ibid., 1587; 0* des traites du Jugement dernier, de l' Antéchrist, de la Guerre spirituelle, du Mariage, de l'Excommunication, de la Conception immaculée, etc. Ses ouvrages contre les liussites n'ont jamais clé imprimés. ( Voy. les Fin de» Saints de Baillet, octobre.) T— D.

CAPISUCC11I (Jean-Antoine), savant jurisconsulte, cardinal, évèque de l.odi. naquit à Home, d'une famille ancienne, le 21 octobre 1515. Il fut «l'abord cbnnoinc du Vatican, ensuite auditeur de rote. Pie V le lit préfet de la signature de grâce, le mit au nombre des cardinaux |>ré|tosés pour le tribunal de l'inquisition, cl le nomma gouverneur de Gnaldo, avec le caractère de légat a|>ostolique. Il mourut à Home, le 29 janvier 1509, âgé de 53 ans. On a de lui des Constitutions, qu'il publia dans son diocèse de Lodi, où il tint un synode. — Paul Ca- P1SCCCHI, oncle du précédent, fut, comme lui, chanoine du Vatican et auditeur de rote. Nommé évolue de Neocastro et vice-légat en Hongrie, il se distingua dans plusieurs négociations importantes qui lui furent confiées par les papes Clément VII et Paul III. Il calma les factions qui déchiraient la ville d'Avignon, et mourut a Home, le 5 août 1639, âgé de lit) ans. V — ve.

CAPISI CCIII ( lUiMONn), né à Home en 1610, entra dans l'ordre des dominicains, et professa dans celte ville la théologie et la philosophie. Son mérite lui valut plusieurs emplois importants. En Hi"» i. il fut fait inailre du sacré palais; Innocent XI le lit cardinal en 1681, et il mourut à Home le -22 avril 1691. Jl a laisse plusieurs ouvrages de théologie, entre autres : Controversiœ Iheologicœ sclcctœ , Home, 1677, in-lbl. ( Voy. les PP. Echard ctyuétif, Script, nid. Pra-dic.) — Camille Capislcchi et Biaise Ca- MSDCCIII, deux frères, de la même famille que les précédents, suivirent la carrière des armes. I.e premier, après avoir donné des preuves de valeur à la bataille de LépMte, en ISTI, commanda un corps de quatre cents gentilshommes à l'expédition de Tunis. H se signala souvent dans les guerres des Pays- Bas, où le «lue de Parme lui donna un régiment d'infanterie, en 1584. H commanda avec distinction les troupes du pape en Hongrie, où il mourut en novembre 1397, dans sa 66» année. Niaise Capisucchi, sou frère, marquis de Monterio, se distingua dans les guerres civiles de France, sous Charles IX, en coupant les cables d'un pont que les calvinistes avaient jeté sur la rivière du Clain, devant Poitiers, en 1569. Ce pont fut entraîné par les eaux. Pendant In ligue, Biais*; Capisucchi commanda la cavalerie du duc «le Parme, et ensuite les trou|>es papales dans le comtat Venaissin, en 139 !, et mourut à Florence après l'année 1613. Le P. Annibal Adam, jésuite, a fait en italien les éloges historiques de ces deux frères, Rome, 1685, in-4». C.T— vctV-vE.

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CAPITEIN (Pierre), né à Middelbourg en Zélande, vers 1511, étudia la médecine à Louvain et à Paris, prit le l>onnct de docteur à Valence en Dauphiné, fut professeur à Rostock et à Copenhague, deux fois recteur de L'université de celte dernière ville, et médecin de Christian III. Il mourut le 6 janvier 1357. On a de lui : 1° de Potenliit anima, 1530. 2» Calendaria. C'étaient des médecins presque toujours partisans de l'astrologie judiciaire, qui faisaient des almanachs dans les 15e et 16e siècles. 3" Prophylacticum concilium anti-pcstilentiale adeives llafnicnses anno M. D. LUI, impr.dansla Cista medica llafniensis de Th. Iiartholiu. A. B — T.

CAPITEIN ( Jacol es-Élisa-Jeax), nègre, né en Afrique, fut acheté, à sept ou huit ans, sur les bords de la rivière St-André, amené en Hollande, où il apprit la langue du pays, et se livra à la peinture. Il lit ses premières éludes à la Haye, apprit le latin et les éléments du grec, de l'hébreu et du clialdéen de mademoiselle Hoscam, passa à l'université de Leyde, où il étudia la théologie dans l'intention d'aller prêcher la foi à ses compatriotes. Après avoir pris ses grades, il partit, en 1742, pour Elmina en Guinée. Les uns prétendent que Capitein y reprit ses mœurs idolâtres; d'autres révoquent ce fait en doute Grégoire, qui a rapporté Unit ce qu'on sait de ce personnage, ne donne pas la dale de sa mort ; il se contente de parler de ses écrits, qui sont : I» une élégie eu vers latins sur la mort de .Manger, son maître cl son ami. Grégoire en rapporte le commencement avec la traduction libre dans son ouvrage intitulé : de la Littérature des nègres. 2° De Yoeatione Ethnicorum, dissertation qu'il composa pour sonentréeà l'université de Leydc. 3° Dissertalio polilico-lheologica de servitude libertali chrislianœ non contraria, quant sub prwride J. van der Honert publicœ disquisitioni subjicit J. E, J. Capitein, Âfer, Leyde, 1742, in-4*. 11 est assez singulier que ce soit un nègre qui ait soutenu cette thèse. Elle a été imprimée quatre fois, et traduite eu hollandais par Wilheiiu, Leyde, 1742, in- 5°. 4° Des sermons en hollandais, Amsterdam, 1742, in-4°. On trouve le portrait de Capitein par Heynolds, dans le Manuel d'histoire naturelle de Blumenbach, traduit en français. A. B — T.

CAP1TO (Ateius), jurisconsulte romain, sous le régne d'Auguste. Son père avait été tribun, et fut un de ceux qui signèrent l'accusation contre Cassius. Atéius Capilo, dit Tacite dans le livre I" de ses Annales, fut un des plus liabiles jurisconsultes de Rome : il devint tribun avec Aquilius Gallus, et fut consul avec Germanicus, l'an 746 de Home. Il obtint, sous Tibère, des emplois considérables. On l'accuse de superstition, parce qu'il prétendait, quoiqu'il fût très-verse dans ce qu'on appelait alors le droit des pontifes, qu'il n'était pas permis de graver les images des dieux dans des anneaux. Flatteur adroit, il eut pour Tibère une honteuse complaisance. Cet empereur s'étant servi, dans un édit, d'un mot peu usité, quoiqu'il se piquât de parler avec élégance, manda les personnes qui passaient pour s'exprimer avec le plus de pureté, et, entre

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autres, Atéius Capito, pour les interroger sur cette nouvelle expression. « Seigneur, lui dit celui-ci ,

• personne à la vérité ne s'est encore servi «le ce « mot ; mais nous nous en servirons à l'avenir, par « le respect que nous avons pour ce qui vient de « vous. » Pomponius, moins courtisan, prenant la parole, dit : « Vous pouvez, César, donner aux

• hommes le droit de bourgeoisie, mais non aux «mots.» Disciple d'Oflilius, Atéius Capito suivit constamment les opinions de son mailre, et il a laissé des ouvrages qui sont cités avantageusement par Aulu-Gellc, Macrobe, Augustin, etc. Ses écrits étaient : 1 0 Commtniaria ad duodecim tabulas ; 2° Conjectaneorum lib. 270 depontificio jure; 3" de Jure taerificiorum lib. 10; 4* de Senatoris Officia, et un grand nombre de jugements. 11 mourut l'an 23 de J.-C. M— x.

CAPITOLIN (Jules), Julius Capitolinus, historien romain des 3* et 4* siècles de J.-C, est l'un des écrivains île l'histoire auguste. ( Voy. Spautien.) Jules Capitolin a laissé les vies d'Antonio le Pieux, de Marc-Antonin le philosophe ( Marc-Auréle), de Lucius Yérus, de Perlinax, d'Albin, de Macrin, des deux Maxime, de Maxirain le Jeune, des trois Gordien, de Maxime et Balbin, qui sont imprimées avec les œuvres de Spartien. Les autres vies qu'avait composées Capiloliii ne sont pas venues jusqu'à nous. La plupart des écrits de Capitolin sout dédiés à Dioctétien cl à Constantin. J.-G. Moller a publié : Diiserlaiio de Julio Capilolino, Altorf, 1089, in-4°. Dallhasar Bonifacio, dans ses additions au Judieiumdehittoricii qui res Roman, scripserunt, blâme Charles Sigonio d'avoir reproché trop durement à Capitolin l'incorrection de son style, et les détails dans lesquels il entre : « C'est, dit-il, être in- « juste envers un écrivain qui mérite notre recon- « naissance ; car il est quelquefois utile de connaître « les détails, surtout lorsqu'il s'agit de grands « hommes, dont les moindres discours ou les parc ticularilés de leur vie privée sont toujours dignes « d'être conservés. » H a été traduit en français, ainsi que les autres auteurs de l'histoire auguste, par G. de Moulines. ( Voy. ce nom. ) — Corneille Capitolin, auteur du 3* siècle, dont nous u'avons aucun écrit, est cité par Trébellius Pollion, dans sa Vie d'Odenat, qui fait partie de ses Trente Tyrans. ( Voy. Pollion.) A. B— t et D— n— r.

CAPITOL1NUS (ïms QotHCTlOS ) , frère du célèbre Cincinnatus, fut élu consul, pour la première fois, l'an de Home 283 ( 471 ans avant J.-C. ) , avec Appius Claudius, père du décemvir. Quoique les plébéiens le regardassent comme un des chefs du parti de la noblesse, ils lui portaient une affection sincère, parce qu'ils connaissaient son pencliant poulies mesures de douceur. Capitolinus était en cela très-opposé à son fougueux collègue, aussi le peuple l'eu aimait-il davantage. Toutefois Capitolinus rendit à Appius le service signalé de l'arracher à la vengeance de la multitude, et proposa d'ensevelir toutes les haines dans un éternel oubli. Il fit ensuite adopter la loi de Voléron, qui portait que les tribuns seraient désormais élus par les curies, et non par

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les tribus. Ensuite Capitolinus marcha contre les Eques, et ces peuples, n'osant combattre un général dont les troupes préféraient sa gloire à leur propre vie, se tinrent cachés dans les forêts. Capitolinus ravagea leurs terres, et revint à Home chargé d'un riche butin. Au milieu de leurs acclamations, les citoyens lui décernèrent le surnom de père des soldais, tandis qu'Appius n'était connu que sous celui de tyran de l'armée. Trois ans plus tard, Capitolinus fut nommé consul avec Q. Servilius Priscus, et ils surent adroitement occuper de guerres étrangères la multitude, toujours remuante. Vainqueur des È«|ues et des Volsques, Capitolinus fut honoré du triomphe. Le sénat et le peuple formèrent son cortège, et se rendirent nvec lui au Capitule. Ce fut sans doute à cette occasion qu'il obtint le surnom de Capitolinus. L'an 280 de Rome, on le nomma consul pour la troisième fois, et il combattitavec avantage les Êques. Dans l'affaire de son neveu Céson, il prit en vain le parti de ce malheureux jeune homme. {Voy.Ct&av.) Le quatrième consulat de Capitolinus eut Heu l'an 308 de Rome, et fut remarquable par l'acharnement que les nobles et le peuple mirent dans leurs querelles politiques. Les Eques et les Volsques, empressés de proliter de ces dissensions, recommencèrent leurs courses sur le territoire «le la république. On vit alors combien le |ieuple avait pour Capitolinus de respect et d'attachement. Les tribuns ne voulaient pas permettre «pie les citoyens prissent les armes ; Capitolinus harangua la multitude pour l'y déterminer, et les levées furent complétées dans le jour même. Les consuls battirent l'ennemi ; cependant ils n'osèrent pas demander le triomphe, parce «pi'ils n'avaient vaincu que dans une seule action. Us ne purent empêcher que, cette même année, le |ieuple romain ne donnai une preuve éclatante de cupidité et d'injustice. Les Ardéates et les Ariciens se disputaient un territoire : ils prirent les Romains pour arbitres, et ceux-ci s'emparèrent du terrain contesté. Les interminables dissensions entre le sénat et le peuple s'étant encore renouvelées, Capitolinus se fit constamment remarquer par un caractère doux et modéré. Il fut nommé inlerroi, pour décider si l'on élirait des consuls ou des tribuns militaires. Son cimjuiéme consulat se rapporte à l'an 31 < de Rome. Depuis dix-sept ans, il n'y avait point eu de cens, ou dénombrement; Capitolinus et son collègue firent alors adopter l'établissement de la magistrature des censeurs. L'an 313 de Home, il fut encore consul une sixième fois, et le sénat le chargea de nommer dictateur son frère y uinctius Cincinnatus, afin d'opposer une autorité toute-puissante i Sp. Mélius, accusé d'avoir voulu se faire roi. ( Voy. Cinclnnatls et Mélils. ) Capitolinus eut ensuite le litre de lieutenant général du dictateur Manierais JEmilius, pour combattre l'armée des Falis«|ues, des Fidénates et des Véicns, qui furent vaincus. Il mourut probablement peu de temps après celte époque, puisque l'histoire ne fait plus mention de lui. D— T.

CAPITON ( Wolfg asc-Fabrice1), originairement nommé Wolff Koepslein, naquit en 1478 ou 80, d'un des premiers magistrats, de Hagueoau. Il

fu ses éludes * pâle, prit le grade de docteur en médecine' par complaisance pour son père ; en théologie , par goût pour celte science ; en droit, par circonstance. Ses talents, son savuir, ses manières agréables, lui procurèrent successivement la confiance de l'évéque de Spire; la place de prédicateur de celui de Baie, et celle de secrétaire du cardinal Albert de Brandebourg, archevêque de Maycnce, qqi, par considération pour sou mérite, lui (it donner, en 4323, de* lettres de noblesse pour lui et pour toute sa famille II était dans ce dernier poste, avec {'espérance foudée de pousser sa fortune beaucoup

S lus loin, lorsqu'il embrassa la nouvelle reforme, ont il répandit les premières semences à Baie, et devint ensuite ministre « Strasbourg. Capiton se lia tfès-étroitement avec CEcolampade et Buccr. Il fut député ayee le dernier à presque toutes les diètes de l'Empire, convoquées pour paciUer les différends de religion ; à toutes les conférences qui eurent lieu pour t ruiner les moyen» de reunir les luthériens et les sacraipeutaires- \u<a> la seconde conférence de Zurich, en 11(23, il t'apposa à l'abolition violente du catlioliçjsuiç, cl proposa d'opérer la réforme par la yoje d'instruction; il se trouva aussi au colloque de Marpurg en 1529. Réputé en 1530 a la diète d'Augsbonrg, jl présenta à l'Empereur, de conecri avec Èqcer, la confession de foi des sacramentaircs, qu'ils avaient eu*- mêmes dressée et fait approuver par le sénat de Strasbourg. Il s'aboucha cinq a us après » Bàle avec Calvin, porta les ministres à modifier leurs expression», sur la cène et sur l'eflicacilé des sacrements., aliu d'aplanir les voies à une réunion avec ceux de la coiife*sio« d'Augsbourg, d'où résulta l'accord simulé et éphémère de W ittemberg. Dans toutes ces démarches, et plusieurs autres de la même espèce, Capiton et Bucer se rendirent suspecta aux zwiuglieus sans gagner la cou liai m des luthériens, ce qui arrive ordinairement à tous les auteur* de transactions en fait de doctrine religieuse. Ou a de Capiton une lettre à Farci, parmi celles de Calvin, où il déplore amèrement les désordres qui régnaient dès lors dans les églises réformées , qu'il représente éuergiquelueut comme une suite nécessaire du principe qui avait brisé le frein de toute autorite dans l'Église. Les subtilité», les modifications en matière de doctriue, auxquelles Capiton avait été obligé de plier son esprit pour concilier ensemble les luthériens et les zvtiugliens, l'avaient disposé à |H>us.ser encure plus loin sa complaisance. Ses liaisons avec Martin Cellarius eu tirent un prosélyte de l'arianisme : du motus, c'est l'idée qu'on s'en forme, en lisant sa lettre, qui sert do préface au livre de son ami, de Qperikus Uei, Albc-Julie ( Carlsbourg ) , 4568, in-4», cl qui lui valut, de la part des ministres unitaires de Transylvanie, l'honneur d'élre nommé le premier de leurs hommes illustres. Il mourut de la peste à Strasbourg, en 154 1 , avec la réputation d'uu des plus habiles théologiens de son parti. Ses ouvrages sont : 4 * Institutions kebraïca\, libri duo ; 2" Enarratiaucs m Uabacuch, Strasbourg, la*» et 1528, in-8", fort rare; 3* 111 Oteam, ibid , 1528, in 8» ; 4° Aesponsio * muta, malrimouia ci }urt maaistralus t» reli-

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gxonem, ibid., 4539 et 1540, in-8» ; 3° Vila OEcolam-

padii, de concert avec Sim. Grynams, 461 T, hs-8*; 6" Uexameron Iteiopus explicatum, ibid., 4539, in-8°, etc. Sa seconde épouse, nommée Agnès, femme savante, le suppléait daus sa chaire de théologie lorsqu'il était malade. T — n.

CAP1VACCIO, ou CAPO DI VACCA ( Jérôme), médecin du 46* siècle, né à Padouc, d'une famille noble, mourut en 4589, après avoir professé la médecine pendant trente-sept ans daos sa patrie, et s'être surtout adonné au traitement de la maladie vénérienne, avec lequel il avouait avoir gagné plus de 18,000 ducats. Ses œuvres ont été recueillies et imprimées à Francfort en 4603. I vol. iu-fol. On en peut voir le détail daus la Uibliotheca mcd. de Manget. C. T — r.

CAPMATVI ( don Anto.mo de), né en Catalogne vers le milieu du 48* siècle , fut, dans ces derniers temps, un des meilleurs philologues espagnols. Après avoir passé une partie de sa* vie à Barcelone, il vint s'établir à Madrid, fut reçu membre de plusieurs académies, et mourut en 1810. On a de lui plusieurs ouvrages estimés, dont les principaux sont : I* Théâtre historique et critique de l'éloquence, Madrid, 4780-4794, 5 vol. in-4» ; 2° Philosophie de f éloquence, ibid., 4777, in-8* ; 3«/'^4r< de bien traduire du français eu espagnol, ibid., 4776, in-4°, précédé d'un savant discours sur le génie des langues , et suivi d'un dielionnaire figuré do la phrase dans les langues esfiagnole et français; 4* Dictionnaire français-espagnol, Madrid, 4805, in-4», précédé dune bouno dissertation sur les deux langues comparées ensemble ; 5° Discours analytique sur la formation des langues en général, et particulièrement de la langue esjtagnote. Parmi les autres ouvrages de Capmani, on distingue des Mémoires historiques sur la marine, le commerce et les arts de Barcelonex Madrid, I779-U2, 4 vol. in-4°, publiés par ordre et aux frais de ja junle du commerce de Itarcclone. On ailribuc au même auteur un IHscours économique et politique en faveur des artisans , qui fut publié en 4778, in-4», sous le nom de don Ramoii-Mfguej Pa? laccio, et qui traite de l'influence des associations et clés maîtrises sur les mœurs du peuple. V— ve.

CAPNION. Foy« RuocHUK. 1

CAPOB1ANCO, né dans un village de la Calabre vers 4785, fut affilié de bonne heure à fameuse association des carbonari , qui s'étendait alors dans toutes les provinces du royaume de Naplcs et'j acquil une si grande influence que le gouvernement alarmé résolut d'employer tous les moyens pour s'en défaire. Le général Jannclli fut chargé de l'arrêler, et il réussit, par des promesses et par des invilalions, à le faire venir à Cosenza , comme etn pilaine de la garde urbaine de son pays , sous prétexte de prendre part à une fête offerte aux autorités «le la province Après avoir assisté au banquet donné par le général dans son hôtel, et au moment où dallait rejoindre les hommes qui l'avaient accompagné". Caimbianco Tut arrêté par des gendarme!} et livré à une commission militaire qui le condamna à mort. 11 fut décapité sur la place de Cosenza II était doué

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d'nne étonnante facilité de remué!1; par le talent de la parole. Jet passions populaires. Le goUverhemént le refardait comme le cher le plus militent et le plus redoutable des raroorutrt, et son nom, cité dans toutes les histoire* modernes du rovBUrtie de Naples, vit encore, après lui, entouré des plus terribles souvenirs. G— nr.

CAPODISTRIAS (Jean, comte pe), naquit à Corfou, en '780, d'une famille roturière, mais riche. Son père était boucher, et, ce que Ton trouvera sans doute bizarre, c'était une notabilité dons cé paya. Jean se destina d'abord a la profession de médecin, et alla étudier à Venise. Il fut même quelque temps chirurgien dans les armées françaises ; mais les événements politiques changèrent bientôt ses projets. Lorsque la république des Scpt-Ilesse forma sous la protection russe, le père de Capodistrias reçut de l'amiral Ouchafcow, qui vendait tout, une place dans le sénat des Sept-Ucs et le titre de comte. Jean revint alors à Corfou ; et, lorsque le traité de Tilsitt rendit les Sept-Ucs i la France, il passa au service de la Russie. On lui donna d'abord un emploi secondaire daris les bureaux du comte de Romanzow, mais bientôt son avancement fut rapide. Après avoir été envoyé prés de l'ambassadeur hisse à Vienne, il fut chargé de la partie diplomatique à l'armée du Danube dont Tchitchagow avait le commandement, et il eut le bonheur de préparer le traité de Bukharest, qui, en établissant la paix entre Alexandre et Mahmoud, rendait au premier la libre dis]iosilion de forces considérables. Lorsque ces forces vinrent se joindre à la grande armée russe, en 1813, Capodistrias se rendit avec Tchitchagow au quartier d'Alexandre, et il se livra sous ses yeux aux fonctions diplomatiques. Ce fut l'origine de sa fortune. Le czar appréeia ses talents, aima sa maniéic de voir qui s'accordait parfaitement avec la sienne ; et dès lors le nom de Capodistrias fut attaché aux divers traités d'alliance que la Russie contracta en Allemagne. Il eut beaucoup de part avec le comte de Metternich aux conférences de Prague, aux plans de coalition contre la France, et à l'accession de l'Autriche. A la lin de cette même année il fut un des commissaires envoyés en Suisse pour y annoncer que l'intention îles alliés était de ne point déposer les armes avant d'avoir fait rendre tout ce que la France avait enlevé à ce pays. Cette déclaration fut suivie d'une noté qui engagea la nation helvétique à se donner une constitution adaptée à ses mœurs et à ses usages. Cette démarche eut un plein succès ; et le goureraient suisse, s'il n'autorisa pas le passage, n'ajrnorta du moins aucun obstacle a ce qu'il s'exécutât. Après le triomphe des allies, Capodistrias resta en Suisse jusqu'au 27 septembre 1814 (I), et il y exerça sur les actes généraux du gouvernement la part d'Influence naturellement acquise aux Russes par les derniers événements. Il fat ensuite ap-

(1) C'Hl a «lie epoqne qu'il publia son Rapport prétenlt à S. M- trmptreur Xtrxondrt sur les èiatlitstmeutt de M. de Ftll nàtrt A /fi>y, en |S||. Ce rapport eoi dcot éditions, la

lufue •«*-, Gertre et Parts, 1SU, kfrV, D-H-S.

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: petê au cônçrtà de Vienne ; et b<tH principalement d'après ses Instructions que furent terminées les affaires dé la Suisse. Il eut plus d'une fois en cette circonstance à lutter contre les prétentions de quelques cours allemandes, et surtout de l'Autriche. Lé retour de Bonaparte vint couper court aux arrangements diplomatiques; mais cette interruption Hit de peu de durée. Lé 50 juin 1813, Capodistrias se trouvait à la suite de l'empereur russe à Hagiiènau, lors de l'arrivée des plénipotentiaires français cliargés de conclure un armistice avec les puissances alliées. Chaque souverain nomma un commissaire pour s'entendre avec ces envoyés, auprès desquels Ca|>odistrlas représenta Alexandre dans une conférence dont le résultat fut le renvoi des plénipotentiaires avec une note qui, entre autres conditions de la paix, exigeait que la personne de Napoléon fflt remise a la garde des monarques alliés. Capodistrias suivit Alexandre à Paris, et fut un des ministres chargés de la paix définitive avec la Franéè. 11 signa en conséquence le traité du ÎO novembre 1815. A la fin de cette même année il revint en Russie, où il fut créé secrétaire d'État au département des affaires étrangères. En 1818, tandis que le général d'Auvray était chargé de régler la démarcation des frontières de Pologne entre la Russie et la Prusse, Capodistrias eut à déterminer les liquidations cl compensalions à opérer entre les deux puissances. La faveur dont il jouissait ne fit dés lors que s'accroître. Seul il partageait avec le comte d'Armfeldl le privilège de prendre vis-A-vis d'Alexandre, dans certaines circonstances, une initiative que ne se serait permise aucun ministre. F.n 1818, Il assista aux conférences de Carlsbad, et il eut encore part à toutes les décisions du congrès d'Aix-la-Chapelle. L'état de la France et la propagande libérale excitaient alors l'inquiétude des souverains. Alexandre surtout se crut appelé a contenir cet esprit qui caractérise le lu* siècle. Il eut dans Capodistrias un homme qui comprit parfaitement ses tues et qui les servit de tous ses talents. Cependant tout ce que la France demandait des monarques h Aix-la-Chapelle lui fut accordé. Il convenait à la RuSsië que cette puissance reprit, sinon un grand ascendant, dn moins assez de forcé |H)ur balancer la puissance des deux grandes monarchies germaniques. A la lin du congrès, Capodistrias se rendit a Vlerthe, puis en Italie, et enfin à Paris on le soin de sa santé sembla d'abord l'occuper exclusivement, mais où les circonstances de son séjour produisirent une vive sensatioh. Voyant du reste fort peu de monde, il recevait fréquemment des membres du corps diplomatique. Il dépêchait des courriers à St-Pétersbourg et en Italie. Il eut aussi des conférences avec le président du cortselt et le ministre en laveur, Decazcs. La censure et te changement de la loi des élections qui surtinrent bientôt parurent n'être que le résultai des insinuations de l'envoyé russe. Une liaison plus marquée entre les cours de Paris et de St-Pétersbourg suivit et changement total du système politique de la France. L'Angleterre ne vit pas ce concert entre V* deux.

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cabinets, sans quelques alarmes ; aussi de Paris Capodislrias passa-til a Londres. Il y arriva sur une fort belle frégate russe, montée par trois cents hommes de la garde. Son voyage cependant passait pour n'être qu'une simple visite au régent. Les explications qu'il donna calmèrent un peu la susceptibilité britannique, sans toutefois l'endormir complètement. Le cabinet de St-James, dirigé par Castlereagh, n'élait que trop porté a se foire illusion sur les dangers de la prépondérance russe, à cause des dangers plus grands encore qu'il voyait dans le propagandisme libéral. Bientôt pourtant l'Espagne, ISaplesel d'autres Etats cédèrent à ce propagandisme, et firent des révolutions dans un sens contraire à la sainte alliance, tandis iju'Ypsilanti levait l'étendard de Undépendance en Moldavie, et que la Grèce s'apprêtait également à secouer le joug musulman. 11 y a tout lieu «le croire que ces deux derniers événements ne furent pas étrangers au cabinet «le St-Péterstxwirg, et que* le comte Capodistrias. qui «le Londres revint par Dantzick rejoindra Alexandre à Varsovie, y eut «|uel<|ue |>art. Toutefois il «lut prêter appui à l'insurrection hellénique plutôt qu'à la tentative des principautés, ainsi <|ue le prouve la froideur avec latpielie lu Russie répondit aux ouvertures d'Ypsi-. lanti. Ce chef aventureux tenait encore la campagne lorsque Capodislrias parut au congrès de Laybacli. \a question d'Iassi n'y occupa pour ainsi dire que la Russie; et l'on sait <|uelle réponse fut faite, par Alexandre aux demandes d'Ypsilanli. Le confident du czar ne prit jtas une part moins importante et moins impérieuse aux événements de l'Italie, et il rédigea un mémoire sur les modifications du gouvernement représentatif «mi rendraient cette forme convenable aux I i.ik de la Péninsule. L'année suivante (1822), des bruits de guerre entre la Russie et la Sublime Porte coururent ; et, lors du retour tic Talichev, le baron de Strogonow et Capodislrias furent spécialement consultes. Tous deux étaient supposés favorables aux Grecs (I). .Mais le résultat «les conférences fut que les Grecs n'eurent à espérer de l'autocrate russe d'autres secours, ostensibles du moins, que des souscriptions. Ca|>odistrias y contribua pour de fortes sommes. Il ne parut point au congrès de Vérone, et dirigea le département des affaires étranpendant l'alisence du comte de Nessclrode. Il

continua ensuite à siéger au conseil d'Ëlat, toujours investi de la confiance de son maître et consulté sur tous les objets de quelque importance, il usa alors de beaucoup de rigueur contre les jésuites. Malgré le peu de sympathie «pie lui inspiraient les doctrines de liberté, il ne cessa fias de protéger la cause des Grecs, et il parut se souvenir que lui-même était lunien. D'ailleurs, comme membre du cabinet russe, il ne pouvait que voir avec plaisir tout ce qui tendait à circonscrire la puissance ottomane. Il souffrait donc qu'on le comptât au nombre des principaux phil-

(1) Ou* mfme innée panirrnt, a Paris, An Itemarqurt kitlorifM* tl politique» iur /« Grttê (in-8*), que l'on attribua lu t nmle de CjrwdUunii. l.'»Bieur du DictiMMin dti t*muM<» ne balance

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hellènes, et il était en correspondance avec M. Eynird. Devenu empereur par la mort de son frère, Nicolas ne témoigna pas moins d'estime à Capodistrias que son prédécesseur. A cette époque, le diplomate ionien, qu'Alexandre avait fait comte et «|u'il avait décoré lui-même, en 1817, de la croix de son ordre en brillants, était de plus grand'eroix de SI- Vladimir, chevalier de Ste-Anne, et enfin grandcroix de St-Léopold d'Autriche, et de l'Aigle rouge de Prusse. Les républiques même avaient cru devoir lui faire leur offrande; et le 27 mai 1816 le grand conseil de Lausanne l'avait déclaré citoyen du canton «le Vaud. L n champ plus vaste, mais plus difficile, allait s'ouvrir devant lui. Enfin trois puissances européennes, la Russie, la France et l'Angleterre se réunirent pour la cause tics Grecs; et l'on ne peut douter que les efforts de Ca|>odistrias n'aient été pour beaucoup dans cette détermination. Mais, en déférant ainsi au v«?u de l'Euro|>e, et jusqu'à un certain point à celui de la nation russe, qui voit dans les Grecs ses coreligionnaires, l'intention des trois cabinets n'était ni tle faire de la philanthropie sans utilité pour la Russie, ni de donner des encouragements aux révolutions. Il fut même insinué de leur part aux hommes influents de la Grèce que l'Europe enliu | Minuit intervenir en leur faveur, s'ils donnaient des garanties en adoptant un gouvernement stable. Jamais peut-être la Grèce n'avait été si loin de cet accord, de cet ordre que lui demandaient les puissances. Deux partis, deux congrès ( l'un dans Égine, l'autre à Castri ), se disputaient le pouvoir. L'activité de deux philhcllénes anglais, Gochraue et Chureh, nouvellement arrivés en Grèce, assoupit ces divisions ; et un congres «lélinilif, où les députés «les deux partis furent réunis, ouvrit ses séances dans Trczcne. Une des premières opérations de cette assemblée fut l'élection «l'un président qui dut avoir la puissance executive. Il avait été posé en principe que, puis«|uc des rivalités funestes armaient les familles le.s unes contre les autres, le président serait élu ! ..ii mi tics étrangers. Cependant il était bien naturel que le choix tombât sur un homme qui connût la langue et les usages du pays. Tous ces motifs, et plus tpic cela sans doute l'appui de la Russie, concoururent à faire tomber le choix sur Capodislrias ( 14 avril). On invita aussitôt le noble comte a se rendre au poste d'honneur qui lui était confié; et en attendant un installa un gouvernement provisoire composé de George Mavromikbali, J. Marki, Milaïki et Janet Maxo. En même temps lord Cochranc fut nommé grand amiral, et Chureh généralissime des forces de terre. Bientôt les puissances protectrices signèrent le célèbre traité du 6 juillet 1827, que suivit la bataille de Navarin; et l'on apprit que le nouveau président, après avoir obtenu l'assentiment tle l'empereur Nicolas, assentiment non" douteux comme on peut le supposer, avait accepté le jioste éminent que lui décernaient les Grecs. Ce- |>en<lant il ne mit pas à s'y rendre beaucoup de célérité. De St-Pétcrsbourg il s'était rendu à Vienne, à Berlin, à Paris, s'occupant sans doute de gagner la

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rer sur l'ambition moscovite. Un objet non moins important, c'étaient les linances du nouvel Etat. I<e délicit était complet, et le président lit tous ses efforts pour provoquer de nouveau les dons volontaires, stimuler la munificence des gouvernements, et enfin réaliser un emprunt. Le congrès de Trczène, peu de jours après la nomination du président, avait décrété un emprunt de 5,000,000 de piastres , hypothéqués sur les domaines nationaux, et chargé Capodislrias de le négocier partout et aux meilleures conditions possibles. Cet emprunt, le troisième que contractait la Grèce, devait avoir, entre autres emplois, celui d'assurer les intérêts des deux premiers. On comprend d'après cela que le» contraclanls ne durent |>as être nombreux. La victoire de Navarin et l'influence personnelle du président donnaient pourtant quelques espérances. Enlin ou le vit arriver à Naupli de Homanie sur un vaisseau anglais, le 18 janvier 1828. II était temps. De nouvelles discussions avaient éclaté ; les deux partis de Grivas et de Fomorata s'étaient canonues dans Naupli ; Corinthe était aux Rouméliotes ; Samos, Hydra, Spczzia, formaient comme des républiques indépendantes. Enfin on parlait hautemtiit de regarder les délais du comte comme une abdication, d'élire un autre président, et de se brouiller ainsi avec les puissances, lorsque Capodistrias parut. Quoique la réception fût pompeuse et brillante, le président se rendit à Egine, où il reçut la démission des gouvernants provisoires. La question vitale alors, pour l'existence du nouveau gouvernement et pour la marche générale des affaires, était le plus ou moins de fidélité qu'on mettrait dans l'exécution de la constitution décrétée à Trézène l'année précédente. Capotlblrias s'eiait entretenu sur ce sujet avec les chefs qu'il avait trouvés à Naupli. Après plusieurs conférences avec les membres du gouvernement provisoire et avec le sénat, il commença par établir un conseil de vingt-sept membres, lequel dut partager avec lui la direction et la res[K)usahi]ité des affaires jusqu'à l'ouverture de rassemblée nationale. Ce conseil, qualifié de panhellénique (ou pour toute la Grèce), fut divisé en trois sections, finauecs, intérieur, armée et marine, chargées de préparer les travaux ou objets des délibérations générales. La convocation du congrès était fixée au mois d'avril. Mais le lendemain ( 31 janvier ) un autre décret annonça (pic la situation critique de la Grèce et la continuation des hostilités ne permettaient pas encore de mettre en vigueur dans son entier la constitution, que le gouvernement provisoire serait réglé conformément au Panhcllénion, et qu'en conséquence le sénat abdiquait ses fonctions de corps législatif. Cette violation des lois fondamentales lit assez prévoir que le président s'appliquerait toujours à mettre plus ou moins artihcieusement sa volonté à la place de celle de la majorité. L'histoire doit dire que jusqu'à un certain point cette détermination était juste et consciencieuse. La crise de la Grèce était de celles où la dictature seule peut sauver l'État, pourvu que cette dictature tombe aux mains d'un homme aussi ferme qu'habile. Ces deux avantages, le président les réunissait. Ses ta-

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lents, nul ne les révoquait en doute; son amour du bien était sincère : et par le bien, il entendait le bien-être des individus , la richesse sociale, l'ordre qui en est la base, et le développement des industries, qui en est la conséquence. Il tenait moins aux libertés, et priuci|>alement à celle du port d'armes qu'il détestait, et à celle de la presse, que tout ce qui s'était passé en Europe lui faisait redouter. Avec de telles idées, avec l'habitude de ce mécanisme gouvernemental moderne si puissamment développé par Napoléon et importé depuis par tous les souverains dans leurs Étals, on conçoit combien il devait sentir d'éloignement pour ces chefs indisciplinables, toujours rivaux, toujours aux prises, fiers de leurs sauvages exploits et entourés chacun d'une bande, au milieu de laquelle ils étaient comme des rois ou des chefs de clans dans le moyen âge. Ces restes de la vieille féodalité, Capodistrias voulait les abattre définitivement. L'homme qu'on a représenté comme le fauteur de l'aristocratie était au contraire un de ses ennemis les plus redoutables. S'il eut vécu, peut-être aurait-il été le Richelieu de cette petite terre de Grèce. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on ne peut qu'approuver cl admirer sa fermeté, son désintéressement, ses hautes lumières et sa constance. Ses proclamations ne cessaient de rappeler aux Grecs l'union, la modération, gages nécessaires et au prix desquels seuls les souverains de l'Europe consentaient à envoyer des secours. L'économie la plus stricte régnait dans toutes les parties du service, en attendant les subsides promis et sur l'arrivée ponctuelle desquels il avait la prudence de ne pas trop compter. Des écoles d'enseignement mutuel semaient les germes de l'instruction sur l'antique terre des beaux-arts et des lettres. Une banque nationale fut créée ; et le président contribua [KMir une forte somme aux premiers fonds. La marine et l'armée réorganisées, ou plutôt organisées pour la première fois, furent façonnées eu même temps à la discipline et aux manœuvres. Un décret ordonna la levée d'un homme sur cent pour l'armée régulière. La piraterie, qui avait flétri le nom grec dès l'ouverture de la guerre, fut sévèrement réprimée ; et la destruction du repaire de Carabuse intimida au moins pour un temps les corsaires. Une commission mixte remplaça le tribunal des prises dont les jugements entachés de partialité avaient excité de trop justes réclamations. La Moréc fut divisée en sept épitropies ou préfectures. L'Ile de Poros eut un arsenal et une fonderie. Les familles ruinées par la guerre furent secourues. L'agriculture fut encouragée, et elle reçut de grands développements. Des routes furent percées ou réparées ; les villes iufectes et bilieuses, de temps immémorial, commencèrent à s'assainir, à prendre quelques embellissements. Des indices de peste s'étant manifestés dans certains cantons, principalement dans les Iles d'Hydria et de Spezzia, des mesures sévères prévinrent l'extension du mal, mais en même temps profitèrent singulièrement à l'autorité du président. Des cordons sanitaires dans les districts continentaux , une force maritime autour des lies infectées ou suspectes préludèrent au desar-

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