‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 89 sur 97 · S GAP · texte numérisé non relu

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mettent de tous mit qui ne fclstlem point baHIC

de l'armée* M par là tous les partis furent mil hors d'état de tien entreprendre contre le président. Ils s'en aperçurent lorsque le danger fut passé ; mais leurs réclamations furent vaine* et le décret resta. Du reste, les puissances alliées appuyaient ces mesures civilisatrices et bienfaisantes. L'effet en devenait plu» frappant de jour en jour. Un agent français apporta ."(00,000 francs, en promettant sons peu des tommes considérables ; et il fût assuré de la part de la Hussie que l'empereur personnellement avait souscrit dans l'emprunt national pour 2,000,000 de francs. La guerre aussi se faisait avec assex d'avantages. Les corsaires grecs prenaient grand nombre de bâtiments chargés de Tarines et de munitions de guerre pour l'armée d'Ibrahim. Tripolitza depuis longtemps avait été évacué. Les ports de Coron, Modon, Navarin, les golfes de Pairas et de Lépante étaient bloqués par les Grecs. Une flottille croisait devant Arta et le golfe Ambraclque pour seconder les mouvements de Churcli. Toutefois, de ce cOté, le défaut d'ensemble ftuisit. Enlin pourtant l'amiral Codrington parut, et l'armistice du 6 août, entre Ce commandant britannique et Méliémet-Ali, stipula l'évacuation de la Morte et la restitution des prisonniers. Un événement plus décisif encore vint combler l'espoir de ceux qui voulaient l'affranchissement de la Grèce. Une expédition française apportant des sommes importantes et donnant l'assurance d'ûn subside, parut devant Naupli. Alors toutes les garnisons égyptiennes qui restaient en Morée capitulèrent ; et la péninsule entière fut libre du joug ottoman. Malheureusement l'intervention française se bornait à la péninsule ; des conférences furent entamées à Poros, où l'on invita la Porte a envoyer un agent ; mais les Grecs, abandonnés a leurs propres forces, ne réussissaient qu'imparfaitement à conquérir la portion de leur pays au nord de Corinthe et des golfes de Naupli et de Lépante. Cependant, grâce à la diversion des Russes alors en guerre avec la Porte, grâce aussi i l'activité du président pour les levées, l'instruction et l'organisation des troupes, D. Ypsilantl était maître de là Livadic, de la province de Tala-nti, de Salone ; Kctso Tsavellas battait les Turcs à Lomotico ; Trctxel occupait les défilés d'Agrypnos. Cet état de choses était a lui seul l'éloge le plus flatteur du président. L'année 1828, en Unissant, voyait sur vingt points différents des écoles, des maisons d'orphelins, des hôpitaux. L'isthme de Corinthe était hérissé de redoutes. 20,000 familles étaient revenues de Zaute et des lies voisines dans le Pélopotlêse. Les troupes françaises, en commençant leur évacuation, laissaient des chevaux, des munitions, un matériel de guerre. L'impôt était perçu régulièrement pour la première fois, et les charges diminuées rendaient pourtant un produit quadruple. L'année 1829 vit enfin un budget de dépenses et de recettes régulier. Le produit quadruple se montait à 25,000,000 de piastres turques. Six épitropies maritimes avaient été créées , et l'on comptait en tout trefce départements. Le protocole

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dtf iB hrtvembrl» qui, en déclarant rpie les pûtssahcéi

prenaient la Morte et les Cyclades Sous leur protection , avait en quelque forte limité lu Grèce libre I ces deux contrées, semblait être reconnu insuffisant et attendre une modification que le temps et M guerre amèneraient. Effectivement, àu commencement de 1820, Missolohglri, Vonitsa, Lépante, pas^ sérent des mains des Turcs à celles des Grecs. Mais pendant que tout semblait annoncer l'aurore des beaux jours de la Grèce, des dissentiments Se manifestaient parmi quelques ambitieux. L'oppositlott des trois membres de l'ancien gouvernement provisoire était devenue si menaçante que le président së crut Obligé de lcs'chfermcr dans un fort. Beaucoup de leurs créatures étalent de même on Incarcérées ou consignées dans leurs maisons. Les nobles voyaient avec indignation les emplois civils, les grades militaires conllés à des étrangers, ou à des hommes de naissance Inférieure qu'ils traitaient hautement d'incapables. Us haïssaient surtout le frère du président. Augustin de Ca|K><listrias , commandant de l'armée de Lépante, ët une émeute fût organisée contre lût parmi ses propres troupes. Un autre frère dû président, Nério de Capodistrlas, dirigeait la police, et â l'aide d'un conseil , dont il était le chef, découvrait sans cesse des complots et de noires intrigues. L'assemblée nationale, remise de jour en jour soûs deâ prétextes divers, était invoquée par les ennemis du président que sa répugnance à la cohvoqucr rendait suspect. Enllh il fut forcé d'en ordonner la convocation; mais ses batteries avaient été si bien dressées (pie cette chambre fut presque entièrement à lui. H ne lui fut pas aussi facile de rallier quelques philhellèncs qui ne pouvaient supporter l'idée d'avoir tout sacrifié poiir donner une nouvelle province à là Russie. Le général Church , les colonels Heydeck, Fahvier et d'autres personnages encore se retirèrent, ne pouvant pas marcher avec le président. En un sens leur départ fut pour lui une heureuse circonstance : c'étaient des obstacles. Mais combien it était fâcheux que de luis défenseurs fussent devenus des obstacles! Sur ces entrefaites arriva la ratification dû protocole des conférences de Londres, qui modifiaient le protocole du 16 novembre, en substituant a la limite formée par l'isthme de Coriuthe et les deux golfes adjacents une ligne du golfe de Volo à celui de l'Ai ta , et annexant Négrcpont aux Cyclades. Mais elles condamnaient la Grèce à rester sous la souveraineté de la Porte ; et au fond , ajoutait le diplomate chargé de faire connaître ce changement, les puissances ne doutent pas que le président ne Tasse incessamment rentrer les troupes grecques dans les limites du territoire placé sous leur garantie par l'acte du 16 novembre 1828. Le président répondit â cette étonnante communication avec autant de fermeté que de noblesse , et sans attendre l'avis du congrès. « Jamais, dit-il dans sa réponse à l'envoyé britannique, le protocole du 16 novembre ne m'a été signifié. Il n'est pas plus en mon pouvoir aujourd'hui qu'à la fin de l'année précédente, de transporter d'Athènes en Morée et dans les Cy-

provinces

situées au pQ^ de rqlfcinq deporipluc. U gouvernement n'obtiendrait cette réparation ni par les voies de la ] icrsuasiqn , ni par celles de la force, etc. v Çe» remontrances produisirent leur effet, et les diplomates de ^ondrés cherchèrent un antre biais. Tandis qu'ils s'épuisaient sur ce travail, le président recevait les félicitations du congrès, lui soumettait le budget de l'année qu'il obtenait saqs peine , faisait l'abandon complet de son traitement de 462.000 francs, et engageait tousses employés à bien comprendre que la Grèce ne pouvait encore donner que de faibles indemnités et non do véritables appointements. Au Fanhclléniou le congrès substituait vingtet un membres, choisis par le président sur une liste dressée par le congres, et six membres au choix du président seul. Ces vingt-sept membres formeraient tut sénat [gerutie). Le gouvernement provisoire ainsi constitué devait préparer la loi délinjlivq *m les bases précédemment arrêtées, mais avec cette modjliratiun importante que la puissance législative se conq>oscrait t)e deux clwrubrcs et du chef du pouvoir exécutif. De nouvelles écoles, des récompense» pour les militaires et les marins , un ordre (le clvcvalerie , un système monétaire furent ensuite votés, l u nouveau projet d'emprunt occupa aussi l'assemblée , et fut adopté. Mais de toutes les mesures c elait peut-être la plus difiicile a réaliser. D'énormes dépenses , des pertes effroyables à réparer après huit ans d'une guerre d'extermination, une stagnation cruelle d'afraires commerciales dans une contrée tans capitaux, sans limites et sans souverain définitif, creusaient sans cesse rabime du déficit cl de la misère publique, malgré d'incontestables améliorations, dans|« sort des peuples et dans les revenus du gouvernement. Le présidcnisnt obtenir de la France, qui avait manifesté l'intention de discontinuer son subside mensuel , tout le complément de 1820, avec l'espérance de nouveaux bienfaits lorsque ceux-ci auraient porte leurs fruits; et 700,000 francs de M. Eynard allégèrent encore les embarras pécuniaires. Les puissances avaient promis leur garantie pour l'empruut , mais cette garantie se faisait attendre, et cependant les besoins devenaient plus pressants. La conférence de Londres , toujours occupée des limites et du choix du monarque qu'elle donnerait à la Grèce {car il avait été décide par les cabinets que déiinitivement la Grèce serait monarchique ) , avait imaginé de faire tomber la couronne sur la tète du prince Léopold de Saxe-Cobourg. En même temps la limite occidentale de la Grèce, dégagée cette mis de tout vasselage, eût été l'Aspropotamo (ancien Achéloùs). Le président se récria sur cet arrangement qui enlevait à la Grèce l'Acamanie et PAlhamanie , et sur le silence que Ton gardait relativement au point le plus urgent, renvoi de fonds. II écrivit au prince pour lui donner quelques instructions sur la marche I suivre en Grèce, lùi demandant s'il était décidé à changer de religion pour n'être pas antipathique à ses nouveaux sujets , et lui conseillant d'apporter au moins un million d'argent. Celte lettre détermina le prince à refuser le sceptre j et certes ceux qui lui èn ont fait un reproche n'ont pas voulu comprendre

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les faits. AH re*le, i( est clair que Oapqdislyia^ parlait ici en ministre russe autant qu'en président de la Grèce ; il trouvait cruel que iam de sacrifices n'aboutissent en dernière analyse qu'à, enlever à son gouvernemeut une région sj pleinement a sa convenance. L'effet des lettres du président fut donc de forcer les pléni|»otentiaires de Londres à reprendre la double question qu'ils croyaient avoir terminée. Il eut à peine le temps d'en voir le dénomment ; car les dispositions eu faveur du prince Qtlion et d'une ligne du golfe de Volo à PAr|a , sans suzeraineté de la Porte , n'étaient encore que des confidences diplomatiques, lorsqu'une vendetta digne des temps de barbar ie trancha les jours du président. Longtemps il avait contenu les partis à force d'adresse et d'argent ; mais l'argent manquait, l'adresse devenait iuutile. Les soldats mal payés murmuraient ; et l'on se plaignait surtout que ie congrès ne fût pas convoqué. L'opposition acquérait ainsi cliaque jour de nouvelles forces, et des complots se tramaient dans l'ombra. Le président fut averti de se tenir sur ses gardes. Çe|>endant il prit peu de précaution»: le dimanche 0 octobre 1831, en se rendant à l'église de Kaupli , il aperçut deux hommes Vêtus de riches costume-s albanais dont le velours disparaissait sous les dorures. C'étaient George et Constantin Mavroinikhali, l'un lils, l'autre frère de Pétro Mavromikhali, détenu depuis le mois de janvier dans la prison de la citadelle. Le premier lui tire un coup de pistolet dans la tète , le secoud lui plonge son yatagan dans le bas-ventre. Capodistrias tomba mort sans pouvoir proférer une parole. Ses gardes tuèrent Constantin sur la place. George se réfugia dans la maison du résident français, qui refusa de le livrer à la fureur du peuple, mais qui le remit aux magistrats : ceux-ci le condamnèrent à mort .— On peut consulter sur Capodistrias un grand nombre de lettres pour et contre lui insérées dans les journaux allemands, anglais et français à l'occasion de sa mort ( M. Kynard se distingua parmi ses défenseurs ) . et de plus : JYoftre sur le comte J. Capodistrias, \m Stamati Bulgari, Paris, 1832; Détail* de la correspondante de U. Dutrone avec le président Capodistrias , Paris, 1831 , in- 8°; lettre* et Document* officiel* sur le* dernier* événement* de la Grèce qui ont précédé la mort de Capodistrias, Paris, 1831, in-8». Val. P.

CAPON (Guillaume ; artiste anglais, né à Norwich, le 6 octobre 1757, commença par étudier l'art de peindre le jiortrait sous la direction de son père, qui était un artiste de quelque mérite. Mai.* bientqt sa vocation pour l'architeetnre se déploya si fortement que ses parents le confièrent aux soins de l'habile Kovosielskî. Sous la direction de ce maître , Capon, après avoir assisté à la construction du théâtre de l'Opéra de Londres, dessina la salle de'spectacle et quelques autres bâtiments des jardins du Ranclagh , et peignit un grand nombre de décors tant pour ceux-ci que pour l'Opéra. Ses relations lui lirent connaître beaucoup d'Italiens , et en se perfectionnant dans leur langue, il puisa dans ses - conversations avec eux des notions $ur le caractère

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des monuments d'Italie. Ces notions compensèrent en quelque sorte le tort qu'il avait eu comme artiste de ne point visiter la péninsule, qui reste encore, en dépit des variations que la mode (ait subir au goût, le plus beau musée d'architecture connu. 11 faut ajouter que les occupations de Capon ne lui laissèrent guère le temps de ce voyage. Parmi ses ouvrages d'architecture, nous devons mentionner le l»eau théâtre qu'il éleva pour lord Allwrough à Bclan- House (comté de Kildarc), en 1794 ; mais ce qui lui assure un rang des plus élevés , ce sont surtout les décors magnifiques dont il enrichit les théâtres de Drury-Lane et de Covent-Garden. Le célèbre acteur Kemble, qui présidait par lui-même au premier de ces deux établissement , s'était proposé d'opérer une révolution scénique dont son génie supérieur embrassait simultanément toutes les parties ; et , pour arriver a ce grand but, il fallait élever, élargir les idées , rectifier , épurer le gont du public. Entrant dans les mêmes vues , Capon seconda son ami de la manière la plus utile , et l'on peut dire sans exagération que personne plus que lui, parmi les enlours de Kemble , ne put s'attribuer une aussi large part dans les améliorations que l'art dramatique reçut à cette époque. Rien de plus beau comme art, rien de plus fidèle comme imitation que les décors de cet architecte. Cette fidélité qu'il poussait au plus haut degré n'était pas chose vulgaire et facile. Capon parlait de ce princi|>e , bien simple en théorie , mais sujet à beaucoup de difficultés dans la pratique , qu'un lieu quelconque , palais ou prison, campagne ou place publique, doit être représenté par le décorateur tel qu'il existait à l'époque à laquelle l'auteur dramatique place son action. Or, après des siècles écoulés, il peut se faire que la physionomie du pays ait subi des changements graves ; et des monuments souvent il ne reste que des ruines. Tel a presque toujours été le cas pour les décors de C-ripon. Dans ces occasions, ce qui subsiste encore des débris d'un monument, et ce qu'on peut recueillir de renseignements descriptifs dans les écrits du temps et quelquefois par des plans ou des dcssin.s, \oila les seules ressources que l'artiste ait à sa disposition. Les travaux continuels de Ca|>on et la disposition particulière de son esprit lui avaient donné une connaissance si profonde de l'ancienne manière d'être des hommes et des choses; il la sentait si vivement, que , sur des bases fragmentaires , il reconstruisait magnifiquement par la pensée , et bientôt par le pinceau , les monuments et les sites qui n'existent plus. Si l'on veut comprendre comment Capon avait acquis ce tact divinatoire par lequel il ressuscitait les monuments anciens à l'aide de quelques pierres, comme Cuvier à l'aide d'os épars reconstruisait le squelette, décrivait les formes et constatait la vie des races détruites, il faut savoir qu'il ne sortit jamais sans album et sans crayons, et qu'il esquissa dans sa vie peut-être 40,000 vues de vieilles ruines ou de paysages animés par quelques fabriques. Chaque fois qu'il le pouvait , il prenait exactement les mesures des débris qu'il soumet- JUil à rinvesUgauon ; et autant Carier, son ami , se

montrait inexact et superficiel dans cette partie des reelterches, autant Capon y mettait de soins minutieux et de méticuleuse fidélité. Capon mourut à Londres, le 26 septembre 1828. Il s'occupait alors <les plans d'une église d'ordre dorique avec un portique tétrastylect une coupole. Ses préférences pourtant n'étaient point pour rarchitecture classique : amateur enthousiaste du genre improprement nommé gothique , c'est de ce dernier qu'il aimait à reproduire les niasses imposantes, les colonnettes et les pointes qui s'élancent dans la nue. Peut— être est-ce par suite de cette circonstance qu'il fit plus de décors que de constructions. Ne pouvant donner la liste des décorations exécutées par Capon, nous nous bornerons à rappeler les plus remarquables. Ce sont : une salle du conseil du palais de Crosby pour la représentation de Jane Shore, 1794; une résidence baroniale du temps d'Edouard IV; l'hôtel Tudordo . temps de Henri VII ; le vieux Westminster, tel qu'il était il y a trois siècles; la cour de Londres dans son état primitif, pour Richard III. Malheureusement le feu qui consuma le théâtre de Drury-Lane a détruit ces ouvrages , et les plus beaux monuments de Capon ne pourront plus être jugés par la postérité. Val. P.

CAPONI (Augustin), entra, en 1513, dans une conjuration avec Pierre-Paul Harcoli et le célèbre Machiavel, pour enlever aux Médicis l'autorité qu'ils avaient recouvrée, l'année précédente, avec l'appui d'une année étrangère. Le? ciloyens les plus distingués de Florence, et l'archevêque lui-même, prenaient pari à ce complot; mais Caooni, le plus zélé de tous, fut celui qui perdit les autres. L u jtapicr, qui contenait la liste des conjurés, écliappa de sa poche et fut porté aux magistrats : tous ceux qui y étaient nommés furent aussitôt arrêtés et mis à la torture. Caponi et Barcoli eurent la tète tranchée; les autres, condamnés à une prison perpétuelle, reçurent ensuite leur grâce de Léon X. S— S— t.

CAPONSACCH1 (Piehre), religieux franciscain, né dans les environs d'Arezzo, en Toscane, au 15* siècle, a publié quelques ouvrages peu connus: 1e In Johannii apoitoli Apocalypsim Observatio, Florence. 1573, in-4". Ce commentaire sur l'Apocalypse, dont il existe une 2° édition, publiée dans la même ville en 1586, in-4», est, par une singularité très-remarquable, dédié a Sélim II, empereur des Turcs. 2" De Juslitia et juni Audition*, Florence, 1575, in-4». 3° Discom intorno alla cansone del Pelrarea che incomincia : Vergine bella che di sol vettita, Florence, 4567 et 1590. in-4*. C'est une des productions de la jeunesse de l'auteur, qui, comme on l'a vu, se livra, par la suite, a des études plus conformes à la gravité de son état. Le P. Lclong parle de cet ouvrage «fans la Biblioth. tacra; mais, trompé par le lilrc, qu'il avait trouvé cité d'une manière peu exacte, il a cru qu'il était question du Cantique des cantiques, et n'a pas manqué «le dire que notre auteur en avait publié un commentaire. \V— s.

CAPORALI (César), né le 20 juin 1551, a Pérouse, d'une famille originaire de Vicencc, membre

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de l'académie des insensati, fut un des poètes italiens qui'se distinguèrent le plus dans la satire burlesque. 11 écrivit de meilleur goût, et surtout avec plus de décence qu'on ne le fait communément dans ce genre. Après d'excellentes études, il se rendit à Rome, et s'attacha successivement à trois cardinaux : Fulvio de la Cornia, dont l'humeur brusque et difficile ne lui permit pas de rester longtemps auprès de lui ; Ferdinand de Médicis, bientôt après grandduc de Toscane, et Octave Aquaviva. Ce dernier le fit gouverneur d'Attri, ville de l'Abrozze, et duché appartenant à sa famille; mais, quoique très-heureux avec lui, Caporali se trouva encore plus libre auprès d'Ascagne, marquis de la Cornia, petit-neveu du cardinal, et il y resta jusqu'à la (in de sa vie. Il mourut de la pierre, à Casliglione, près de Pérouse, en 1601, après avoir longtemps souffert avec patience, et même sans perdre de sa gaieté. Ses satires, à l'exception de deux capiloli sur la cour, délia Corle, et de deux autres contre un pédant, sont des poèmes en action. Le premier est son Voyage du Parnasse, suivi d'un autre moins considérable intitulé : Avis du Parnasse (Avvisi di Parnaso). Dans un autre poème, il feint que les obsèques de Mécène sont célébrées tous les ans sur le Parnasse, et la description de ces obsèques, Esequie di Mecenale, est, pour lui, un nouveau cadre satirique qu'il remplit d'une manière aussi piquante que le premier. Celui-ci lui donna l'idée d'un autre poème, dont la vie entière «le Mécène est le sujet. Cette vie y est arrangée selon la fantaisie du poète, et c'est encore uniquement un moyen d'amener toutes les gaietés satiriques qui lui viennent à l'esprit ; mais c'est une satire un peu longue : ce poème n'a pas moins de 10 chants. Knfin les Jardins de Mécène sont un dernier |>etil poème conçu dans le même esprit et écrit avec la même originalité. La Vila di Meeenale fut publiée après la mort de l'auteur, par AntimoCaitorali, son (ils, Venise, 1604, petit in-12. Ces poésies, qui se distinguent surtout par la facilité, l'élégance et par un respect pour les mœurs auquel l'auteur manque rarement, ont été réimprimées plusieurs fois. On cite ordinairement comme la première édition de ces poésies celle qui parut sous ce titre : Raccolta di alcune rime piacevoli, Parme, 1582, in-12; mais ce petit volume ne contient que le Voyage au Parnasse, les Obsèques de Mécène et les deux capiloli delta Corle. Le reste du volume est rempli par des poésies du même genre et de différents auteurs. Il est inutile de citer les nombreuses éditions de celles du Caporali ; la meilleure et la plus complète est celle de Pérouse, 1770, in-4% sous le simple titre de Rime. On a faussemeut attribué au Caporali deux comédies, il Pazzo, ou plutôt lo Sciocco, et la Berceuse : ce sont deux comédies de l'Arétin, la Corligiana et la 'lalanta, tronquées et défigurées, imprimées à Venise, in-12, la première sous le titre de lo Sciocco, en 1628; la seconde sous celui de la Ninella, en 160Î. Elles ont été portées, sous ces deux titres, dans plusieurs catalogues de comédies italiennes. Baillet, n'entendant point apparemment le nom de Ninetla, qui est l'abrégé de CatarinetUi, l a

rendu par la Berceuse ou l'Enfant bercé, qui n'y a pas le moindre rapport, et les dictionnaires qui prennent leur érudition dans ttaillet l'ont répété d'après lui. ( Yoy. la Bibliolh. Limbria de I.ouis Jacobilli.) G — É.

CAPPEL (GUILLAUME}, fils d'un avocat général au parlement de Paris, se trouvait recteur de l'université en 1491, époque à laquelle le pape Innocent VIII venait d'imposer une décime sur ce corps. Cappel en interjeta ap|>el comme d'abus, dans une assemblée des quatre facultés, et défendit,, par un décret, à tous les sup|>ols de l'université, sous peine d'en être exclus, de payer ladite décime. Ayant ensuite pris le bonnet de docteur, il remplit une chaire de théologie avec tant de réputation, qu'on accourait de touk's part pour assister à ses leçons. Il devint curé de Sl-Comc, et mourut doyen de la faculté de théologie. Dans sa dispute avec le pape Innocent VI 11, il avait publié un ouvrage in-fol. pour soutenir son appel. T — d.

CAPPEL (Jacques), neveu du précédent, fut avocat général au iiarlemcnt de Paris, charge qu'avait uussi possédée son grand-père. Nous avons de ce savant magistrat : 1° Fragmenta ex variis autoribus humanarum lilterarum candidalis ediscenda, Paris, 1517. in-4°. Ce recueil, qui est comme un abrégé de toute l'antiquité païenne, renferme un discours plein de bon sens, prononcé à ses élèves lorsqu'il enseignait dans l'université de Paris. 2° ln l'arisiensium laudem Oratio, Paris, 1520, in-4". C'est une harangue qu'il avait débitée à la tenue des grands jours de Poitiers, en recevant le bonnet de docteur en droit dans celle ville. S« Ln plaidoyer célèbre prononcé en 1537, le roi séant en son lit de justice, accompagné du roi d'Ecosse, des princes et des grands du royaume. Ce plaidoyer tendait à faire dé|H>uiller Charles Quint, comme vassal rebelle, des comtés de Flandre, d'Artois et dé Cliarolois. 4° Mémoire pour le roi et l'Eglise gallicane contre la levée des deniers au profit de la cour de Home, dans le Traité des libertés gallicanes des frères Dupuy. Il y fait monter a 5 ou 600,000 livres cette levée, et y soutient que le concordat est un ouvrage de circonstance et de nécessité ; (pic la nomination ravale aux évèchés et autres grands bénéfices est fondée sur l'ancien droit du royaume et indépendante de ce traité; que le roi peut, dans une assemblée des princes du sapg et de l'Église gallicane, rétablir les métropolitains dans leur droit primitif d'instituer les évéques nommés par lui (I). T — D.

CAPPEL (Louis), dit I'Ancien, et surnommé Moniambert, naquit à Paris, le 15 janvier 1534, fut régent d'humanités à seize ans au collège du cardinal Lemoine. Appelé à Bordeaux pour occuper une chaire de langue grecque, il y fréquenta les nouveaux reformes de cette ville, embrassa leurs dogmes et se rendit à Genève pour se fortifier dans la doctrine de Calvin. Ses parents voulaient qu'à l'exemple de ses ancêtres il suivit la carrière du barreau ;

(t) On trouve dans les maniiMTlts de Du|i«y an Arrêt contre les InthMcn», en 1553, net te flasdoner ie Jtcqnu Csp/tl, ndtocnt

du TOf.

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mais son goût et ses nouveaux engagements le déterminèrent pour l'étude de la théologie. Il ne larda pas a devenir un personnage important dan» son parti. Les réformes de Paris le chargèrent de faire insérer dqns les cahiers du bailliage de cette ville leur requête, tendante a obtenir des états d'Orléans je libre exercice de leur culte. Il échoua dans celte démarche, et n'en fut pas moins député aux États. Echappé à la St-Barthélemy, il se retira à Sedan, fut envoyé en Allemagne pour solliciter les secours des princes protestants. Guillaume, prince d'Orange, l'appela, en la".'», à Leyde, pour être professeur de théologie dans la nouvelle université de cette ville. £tant depuis rentré eu France, il fut quelque temps ministre dans les troupes protestantes, cl huit par retourner à Sédan, où il exerça le ministère, professa la théologie, et mourut le G janvier 1581». Le P. Kiçeruu lui attribue quelque» ouvrages qu'il croit n'avoir jamais été imprimes, si ce n'est la harangue inaugurale qu'il avait faite pour l'ouverture tic l'université de Leyde, et qui se trouve imprimée à la téte des Athenee Balavct de alcursius, où l'on trouve aussi sa vie cl son portrait, — Son frère, Guillaume C ut j. [ . homme de lettres, docteur et professeur en médecine, mort eu I " 81, a publié les mémoire» de du Bellay, traduit Machiavel en français, et composé divers autre» ouvrages. T— p.

ÇAPPEL (Akpe), seigneur du Lual, frère du précédent, fut secrétaire du roi et traduisit : I » la Vie d'Agrkola, par Tacite, Pari», Denis Dupré, sans date (t574, selon Barbier), in-4« de 35 feuillets; 2° le traité de la Clémence, par Sénèquc, ihid., 1578; i" le 1" livre des Bienfaits du même, ihid., 4580; 4° divers morceaux sur la vertu, qu'il intitula le Formulaire de la vie humaine, Paris, 1582. l a Croix du Maine dit qu'il avait aussi traduit les IH$tuire$ du même auteur, mais que, dans son temps, elles n'avaient pas encore vu le jour. L'ouvrage le plus curieux d'Ange Cappel est son Avis donné au roy sur l'abbréviation des prooM (Paris!, 1502, in-fol.; il le publia dp nouveau, avec de grands changements, sous ce litre : YAbut de» plaideurs, Paris, 1604, infol., dédié au roi Henri IV. Il propose de punir par des amendes tous ceux qui plaidraient témérairement et perdraient leurs procès. Ange Cappel se fit graver sous la forme attribuée aux anges, au commencement de ce livre, avec un quatrain conteuant un éloge bien digne de l'orgueil du costume. Cet orgueil fut puni par cet autre quatrain, altrihué au satirique Rapin, et qui peut donner une idée des aménités littéraires de ce |cmps-la :

De peur que cet ange s'élèfc Comme Lucifer autrefois.

Il le faut faire ange de Grève, Et charger son dos de gros bois.

— Ysouard Cappel , un des Seize , signa la lettre que le conseil des seize quartiers de Paris envoya au roi d'Espagne Philippe II , par le P. Matthieu, jésuite, et dans laquelle Philippe était prié de donner à la France un roi « de son estoc et de sa main.» Apré. la, réduction de Paris , Ysouard Cappel fut

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chassé de celte vj||e. « C'éfajf, dit rj£lqj|e, un grand « ligueur et un vraj Espagnol. » V — y|.

CAPPEL (JApot.Es), seigneur du Tjlloy, petitfils de Louis, et lijs aine! de Jacques Cappel, conseiller au parlement de Hennés , mort le 21 mai 1580 à Sedan, où les fureurs, de la ligue l'avaient obligé de se réfugier, naquit à Repnes en niars I57U. Il fut d'ahord ministre dans }c ljeu de sa naissance , puis prpfesseur d'hébreu et de théologie jusqu'à sa mort, arrivée le 7 septembre 162t. 11 est auteur des ouvrages suivants : 1° Èpocharum illus- (rium Thematismi cum explicationes eleelorum aliquot difficilium §çriplurai locorum, Sedan, 1601, in-40. 2' De Pondcribyt et Ifummis libri 2, Francfort, 1606, in-r. 5° De Mensurîs libri 3, ibid., 1607, in-4\ Cet ouvrage forme la suite du précédent qui avait été publié suis la jwrlicipatipn dp l'auteur- Ce dernier est i>cut-ètre l'ouvrage de ce genre le plus méthodique et le plus exact quj eut paru ji^squ'alors; il est accompagné de seize tableau* et d'une planche où on a gravé en taille-douce la longueur exacte des II pieds qu'il a regardés comme les plus usités ou les plus importants. 4° 5a- mi motuum in Gallia nuper excitalurum , Virgilianis et fiomerieis versibus expreisq, 1616, in-8". i»J Vindjtim pro Isaaco Casaubonn , çontra Roiwcydum, etc., Francfort, 1619 : cet ouvrage produisit une querelle entre le professeur de Sedan et le savant jésuite, qui donna lieu à plusieurs écrits de part el «l'aune. 6° De» notes estimées sur l'Ancien Testament , qui se trouvent à la suite des commentaires de Louis, son frère , sur les mêmes livres. 7» Plagiariut «|pulans, contre |e P. Cotton, Genève, 1620. On peut voir, dans JNiccron, la liste de ses autres ouvrages. T— p.

CAPPEL (Loujs), dit le Jeuke, le plus célèbre des Cappel, frère cadet du précédent, naquit à Sedan, le 15 octobre 1585, alla faire ses éludes à Oxford, rentra en France, devint ministre, profefseur d'hébreu et de théologie à Saumur, et remplit ces différents emplois avec distinction pendant fout le cours de sa vie. 1J se reojftj surtout célèbre par un nouveau système de critique sacrée, itonliljeta les fondements dans son Arcanum punetuationis revelatum. Cet ouvrage éprouva Jes plus grandes contradictions de la part de ceux de la communion de l'auteur, nu point qu'il fut obligé de l'envoyer à Iirpenius , qui le lit jTn primer à Leyde en 1624, in-4". Trota opinions partageaient les hébraïsantt sur l'origine des points voyelles. Les uns la dataient de celle de la langup hébraïque même; les aulres en attribuaient l'invention à Esdras. Le savant rabbin Elias Lcvita en avait fait honneur aux masserètes, qui existaient dans le 6* siècle de l'ère chrétienne. C'est à ce dernier sentiment que s'attacha Cappel ; il allait mémo plus loin qu Elias. Non-seulement il prouvait que les points voyelles étaient inconnus avant je» massorèlcs, mais encore que ces Critiques avaient ponctué les livres saints sans être guidés par des traditions authentiques , "et que , par conséquent, la ponctuation du texte hébreu est une [ftveniion tout uum,aiRt ! qu'ut) |$ut wmWt a I»

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critique, il è*tayâ ion système de preuves si monstratives qu'il a enfin prévalu parmi les plus doctes hébraïsants. Il avait envoyé son manuscrit à Buxtorf le père, qui en parut ébranlé; mais vingt ans après qu'il eut été imprimé, Buxtorf le fils, héritier des préventions de son père en faveur îles points voyelles, l'attaqua vivement, et lit tousses efforts pour rétablir l'antiquité de ces points. Il prétendit que c'était F.sdras lui-même nui les avait introduits dans le texte original, et qu'il fallait leur rendre l'antiquité et l'authenticité qu'Elias et Cappel leur avaient enlevées. Cappel prit la défense de son livre dans un écrit qui ne paru! qu'après la mort des deux combattants, et qui lui a assuré un triomphe complet sur son adversaire. Le savant professeur de Saumur profiosail en même temps deux projets, l'un d'une grammaire hébraïque sans points voyelles, exéculé depuis |»ar Masclef ( roy. ce nom ) ; l'autre d'une reforme du texte original de la Diblc par le moyen des anciennes versions, des paraphrases chaldaiques , des commentaires des juifs, de la collation des textes correspondants des divers livres de l'Écriture , et de ceux de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ce projet reçut un plus grand développement dans sa Critica sacra ( Paris, 1650. info!.). Ce nouvel ouvrage éprouva encore plus de contradictions de la part des protestants que n'en avait éprouvé le premier; elles ne purent êlre vaincues qu'au bout de dix ans par Jean Cappel, son fils aîné, prêtre de l'Oratoire, qui, soutenu du crédit îles PP. Morin, Pclau et Mersennc, obtint enfin le privilège du roi, et en dirigea l'édition, qui parut en 1050, in- fol. Cappel y prétendait que tous les exemplaires du texte hébreu, tel que nous l'a\ons aujourd'hui , sont postérieurs à la révision qui en fut faite pr les massorètes , et qu'ils sont tous calqués sur l'unique exemplaire de Ben-Asser, i|ui s'était occupé pendant plusieurs années à corriger le texte et à en fixer le sens au moyen- des points nouvellement inventés. 11 concluait de là que nos exemplaires sont très-inférieurs aux anciennes versions, faites originairement sur ceux qui étaient antérieurs à la nouvelle critique des massorètes. C'est d'après ce système qu'il proposait le plan d une Bible hébraïque corrigée et d'une version latine, plan qui a été exécuté au bout d'un siècle par le P. Houbigant de l'Oratoire. On a reproché à Cappel d'avoir trouvé entre les anciens interprètes et le texte hébreu des différences, ou qui n'existent pas réellement, ou qui sont de peu d'importance; d'avoir fait dans ce texte des corrections qui ne valent pas mieux que les fautes qu'il y relève ; de n'avoir pas mis assez d'exacliludê à recueillir les variantes. On ne lui contestait [«s d'être de beaucoup supérieur à Buxtorf dans la connaissance des règles de critique, mais on soutenait qu'il lui était quelquefois inférieur dans l'application de ces règles ; enfin, on disait qu'ayant appris la langue hébraïque avant de s'exercer à la munie , il donnait trop de confiance aux rabbins qui lui avaient servi de maîtres ; que ses ouvrages auraient été plus parfaits s'il eût consulte davantage les manuscrits, si les grandes po-

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lygîoltei dé Paris et de Londres eussent été1 imprimées de son temps. Bootius l'accusa de s'être entendu avec le P. Morin pour ruiner le texte original de la Bible. Cappel n'eut pas de peine à prouver, dans sa lettre apologétique à L'sserius, qu'il avait fortement attaqué le sentiment du docte oratorien ; mais qu'en considération du sen icc que Morin lui avait rendu en procurant l'édition de son livre , il avait cm devoir retrancher celte partie qui ne fut pas perdue, puisqu'il l'imprima dans sa lettre. Nous nous sommes étendus sur ce point important de philologie , parce que Cappel doit être regardé comme le père de la véritable critique sacrée , et que ses ouvrages font époque dans cette partie. Ce savant homme mourut à Saumur, le 18 juin 1658. Jacques-Louis Cappel , son (Ils et son successeur dans la chaire d'hébreu à Saumur, né dans la même ville en 1639, publia en It 89, in-fol., à Amsterdam, ses commentaires sur l'Ancien Testament, à la suite desquels il mit l'^rcanum puncluatioms, corrigé et augmenté , avec la défense de cet ouvrage qui n'avait pas encore mi le jour. Parmi les autres pièces que renferme cette collection , on distingue l'histoire de la famille «les Cappel , à laquelle il faut ajouter le supplément qui se trouvé dans le t. 3 des Singularités historiques de D. Liron ; un traité de l'Etat des âmes après la mort, où l'auteur soutient que celles «les justes, aussi bien que celles des réprouvés , ne seront couronnées ou punies qu'après avoir repris leurs corps au jugement dernier ; qu'en attendant, les premières jouissent d'un doux repos qui n'est altéré que par le pieux désir de la suprême béatitude, et que les dernières sont déchirées par le regret du passé et la frayeur de l'avenir ; de Yeris et anliquis Uebrœorum Litleris , Amsterdam, 1615, iii-8", pour prouver, contre Buxtorf le fils, que les caractères hébreux d'à présent sont différents des anciens caractères dont les juifs se servaient avant la captivité de Bahylune. On trouve dans le même recueil, ou dans les Critiques sacrés, plusieurs autres pièceâ de ce savant homme, qui déposent toutes en faveur de sa profonde érudition, de sou l»n goût pour une critique saine , dégagée des préventions vulgaires, en tout ce qui ne concerne pas la controverse avec les catholiques. Indépendamment de ses traités de philologie sacrée, nous avons encore de lui, en lalin , une histoire apostolique tirée des apôtres et des Epllres de St. Paul, précédée d'un abrégé de Y Histoire judaïque de Josèphe, Genève, 1654, în-4*; des Thèses théologiques sur le juge des controverses, Saumur, 1655, iii-4" ; deux écrits sur la Pâque de Notre Seigneur, dans les œuvres de Cloppcnbourg, et Amsterdam, 16(3, in-12; une chronologie sacrée à la tète de la Polyglotte d'Angleterre, et imprimée à part, Paris, 1655, in-4°. Ce savant homme, quoique naturellement pacifique et porté, par caractère, à des voies de conciliation , était très-attaché à son parti ; car, après avoir longtemps disputé contre son fils Jean, devenu catholique , et qui entra dans l'Oratoire , il le mit hors de sa maison. 11 chercha, avec Àmyrault ei Laplace, ses collègues, a modifier Va dureté,

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des décrets de Dordrecht sur la grâce et la prédestination. Il eut un digne successeur dans son fils cadet Jacques-Louis, qui, dés l'âge de dix-neuf ans, . possédait à fond la langue hébraïque. La révocation de l'édit de Nantes l'obligea de se réfugier en Angleterre , où, après avoir professé le latin dans une école , afin de se procurer des moyens d'existence, il mourut en 17*21! , âgé de 83 ans. En lui finit la famille des C appel, qui, pendant deux cents ans, s'était fait un nom illustre dans la magistrature et dans les leitres. T— D.

CAPPEL ( Guillaume - Frédéric ) , médecin, né à Aix-la-Chapelle, en 1754, devint professeur de médecine à Hclmstaedt et conseiller aulique du duc de Brunswick. Il mourut en 1800. Ses écrits sont : 1° Programma de chirurgiat usu in medieina, Helmslacdt, 1763, in-4"; 2* Programma de hyporautlo anatomico cum Furno , itiid., 1770, in-4"; 3" Medic. Responta < Altenbourg, 1783, in-1°; 4° Observaliones analomica, decas 1", llelmslaed, 1783, in-i« ; 5° Dissertatio de spina bifida, Helmstaedl, 1793, in-4*. Ce médecin a encore traduit du latin en allemand les Institutions de médecine de Boerhaavc , avec des commentaires , Helinstaedt, 1783-1794 , 3 vol. in 8-. 11 a aussi public le 2" volume des Observations analomico - chirurgicales d'Ueister (en allemand), Rostock, 1770, in-f. — J.-F.-L. Cappll, autre médecin allemand, né en 1739, mort en 1799, a publié un Essai sur le rachitisme (en allem. ), Berlin , 1787, in-8", cl a traduit de l'anglais en allemand : Recherches sur les moyens de prévenir la petite vérole par Ilaygartli , Berlin, 1780, iii-S". — Louis-Christophe-Guillaume Cappei. , professeur de médecine à Goelingue, né en 1772, et mort en 1804, est auteur de : !• de Pneumonta thyplmlc , seu nervosa , Goctttingue, 1798, ln-8° ; 2° Programma disquisilionis de viribus corporis humant quœ mcdicalriccs dicunlur, ibid., 1800, in-4". 3° Essai pour servir à juger le système de lirotcn { en allem. }, ibid., IKOO, in-8° ; 4» Observations de médecine (en allem. ;, ibid., 1801, iii-W"; il n'a paru que le 1" volume de cet ouvrage: 5» Traité théorique et pratique sur la scarlatine (en allem.), ibid., 1803, in-8°. Cappel a donne une nouvelle édition du traité des maladies vénériennes de Girtanner, auquel il a ajouté des notes, Coelliiigue, 1793-1803, 3 vol. in-8". G — T — a.

CAPPELER (Mal uice- Antoine ) , né à Luccrne en 1085, mort le 10 septembre 1769, s'appliqua dés sa tendre jeunesse à la médecine, à la philosophie, a l'histoire naturelle et aux mathématiques, et obtint des succès dans toutes ces sciences. Médecin attaché à l'armée impériale qui conquit le royaume de IS'aples en 1707, ses connaissances dans le génie militaire le firent employer dans cette partie. Il revint dans sa patrie, et servit de même comme officier du génie dans la guerre. civile de 1712. Bientôt après il se voua exclusivement aux sciences et à la médecine. En 1717, il donna l'analyse des eaux minérales de Russwyl, prés de Lucerne. Les cristaux découverts sur la montagne du Grimsel, canton de Berne, l'engagèrent à des recherches éten-

dues et a la composition d'un grand ouvrage, sous le titre de Cristallographie, dont il n'a publié qu'un chapitre ( Prodromus crystallographia, de crystallis improprie sic dictis), Lucerne, 1723, in-4". 11 écrivit une lettre savante sur l'étude de la lithographie, sur les entroques et les bclemnites. Klein l'a publiée à la téle de son Nomenclateur des pierres figurées, Dantziek, 1740, in-4*. Le fameux mont Pilate fut l'objet le plus constant de ses rccherclics. La description qui] a publiée en latin : Pilali montis Bistoria, Baie, 1767, in-4", avec sept planches, contient des observations très-curieuses, et, pour ainsi dire, un abrégé de l'histoire naturelle du canton de Lueerne. Ses talents et la douceur de son caractère le firent généralement estimer. On trouve son Eloge historique, pur Balthasar, dans le Nouveau Journal helvétique, novembre 1769. U— I et D— P — s.

CAPPELLARI (J a.nvier-Antoine) naquit à Naplcs, le 10 avril 1635. Doué d'une facilité vraiment extraordinaire, il avait a peine quinze ans, quand il lit son cours de philosophie sous le savant jésuite de Benedictis, et il entra peu de temps après dans cette société . où l'on fut très-empressé de le recevoir. 11 y continua ses études avec ardeur, et donna des preuves de son savoir et de ses talents dans un cours de rhétorique dont il rédigea ensuite les leçons en italien. Il avait fait une étude approfondie de la langue latine, dans laquelle il écrivait également bien en vers et en prose ; il la parlait si élégamment, et avec une telle facilité, nul étonnait tous ceux qui venaient l'entendre. La faiblesse de sa santé le força de quitter l'institut qu'il avait embrassé. Après avoir passé quelque temps à Rome, où il se lia d'amitié avec les cardinaux Pic de la Mirandole et Ottoboni, ainsi qu'avec la plupart des savants qui y (Unissaient, il retourna dans sa patrie, et publia divers ouvrages, parmi lesquels on doit distinguer : 1" de Ixtudibus philosophiœ, traité en forme de dialogue, dans lequel l'auteur examine les diverses opinions des philosophes anciens et modernes. Il y joint des considérations ]>olitiques aux richesses d'une vaste érudition grecque et latine, cl la noblesse dù style ' ù la clarté. 2" De Fortunes Progressa ; il y explique i a la manière des érudits, par de nombreuses citations des anciens historiens et des Pères, ce que c'est que la fortune. 3e En poème latin sur les comètes de 1664 et 1063, imprimé à Venise en 1675. 4° Il écrivit aussi en latin l'histoire de l'académie des Arcadicns, dans laquelle il avait été reçu en 1694 : on la conserve dans les archives de cette société. Son talent et sa facilité à écrire en latin lui firent attribuer les satires de monsignor Sergardi, publiées d'abord sons le nom de Quintus Sectanus. C'est avec plus de fondement qu'on lui attribue la traduction de ces mêmes satires en tercets, ou tersa rima, publiée sous ce titre : le Satire di Q. Seltano tradotle da Sesto Settimioadi stanxa di Ottavio Nonio, etc., Païenne, 1707. Cette traduction est faible, et ne vaut pas, à lieaucoup près, celle qui parut à Zurich en 1760, in-8", et dont on croit que Sergardi lui-même est l'auteur. ( Voy. Sergardi. ) Capellari avait encore composé des draines, des sonnets et

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des cmxoni, dont Crescimbeni a parlé dans «m Iitoria délia rolgar poesia. Se trouvant à Païenne lorsque le cardinal del Giudice gouvernail la Sicile, Cappellari fut faussement accusé d'un crime de lése-majesté, et condamné à porter sa tête sur I échafaud. Ainsi périt le 29 mars 1702, à l'âge de 47 ans, et victime d'un jugement inique, un écrivain élégant et laborieux, qui méritait un meilleur sort. — Michel Cappellarj fut secrétaire de Christine, reine de Suéde, pendant le séjour de celte princesse à Rome, «publia à sa louange, sous le lire de Chmlina, un poème latin. On a encore de lui quelques épigrammes et autres poésies. R. G.

CAPPELLE {Jean-Pibbrb van), naquit à Fles- «ngue en 1785. Il débuta par être lecteur en sciences mathématiques, agricoles et maritimes, à l'académie de Groningue, consacrée a leur ensei-mement et à celui du dessin. En 1804, il remporta une médaille d'or au concours de la société scientilique de Harlem, par son mémoire sur les Miroirs ardents d'Archimide, inséré dans le V volume du recueil de celte compagnie, 2* partie, p. 70-114 Dés 1 année 1812, en publiant les Questions micaniques d Anslole, dédiées à ses maîtres van Swinden et van Leiinep, il prouva qu'il unissait la connaissance des antiquités à celle des découvertes et des théories modernes. Cet ouvrage, où le texte grec est accompagné d'une traduction latine et de notes nombreuses, fut imprimé à Amsterdam, 1 vol. m-8-, de xiv et 288 p., avec 4 planches. Le commentaire va de la page 123 à la 282*. L'éditeur s'est ouïe d un manuscrit de Leyde, de deux de Paris, et d un grand nombre d'imprimés. Il déclare avoir des obligations à MM. van Swinden, van Lennep, Jérôme de Bosch et J.-H. van Reenen. L'année 4815 fut marquée par sa nomination à la chaire de littérature nationale à YAthénée illustre d'Amsterdam, et il entra en fonctions en prononçant un discours tur les services rendus par les habitants d'Amsterdam, tous le rapport de la culture et du perfectionnement de la langue hollandaise. La même année, il donna au public des Recherches sur la connaissance que les anciens avaient de la nature. Après la mort d'Herman Bosscha, arrivée en 1819 il fut chargé du cours d'histoire nationale ; ce qui lui donna l'occasion de prononcer un nouveau discours dont le sujet était l'Esprit qui doit présider aujourd'hui à l'étude de l'histoire du pays. L'éclat de ses leçons et de sa réputation de savant et de littérateur le fit recevoir membre de la première et de la seconde classe de l'Institut. Dans l'espace de sept ans, il mit au jour les ouvrages suivants, composés en hollandais : I» Recherches pour l'histoire des sciences et des lettres aux Pays-Bas Amslcrdam, 1821, in-8». L'auteur y traite de Simon Stev.n, de Drebbel et du prince Maurice, examine I influence de la littérature néerlandaise sur celle de l'Allemagne, et parle de G.-A. Bredero, Boerhaave et S'Gravesande. 2» Recherches sur Vhistoire des Pays-Bas, Harlem, 1827, in-8*. 5- Philippe-Guillaume, prince d'Orange, ibid., 1828, in-8«. Enfin d travailla avec MM. Siegenbeck et Simons a une

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nouvelle édition de Hooft. ( Voy. ce nom ) Le roi des Pays-Bas !e décora de la cro£ du L^.^ Il mourut a Amsterdam, le 28 août 1829 Le 37' numéro du Letlerbode de la même année, p. 149-15* contient une notice sur cet écrivain. R G 1

„«.Î.APELL' (V!arc-Awt°ike), de l'ordre des mineurs conventuels, naquit à Este, dans le Padouan,

Z , .£■ !?\?U <6 SiéC,e- 11 Prit r*r,i PO'»" '* ffiST^nl^' d0nl 11 é,ait né Wt, contre I interdit de Paul V, et publia, à cette occasion, deux écrits assez vife, l'un en italien, inUtulé : Avis sur la controverse, etc., Venise, 1606, in-4»- et

LarH««Tn ,atin;.rfe Interdkl° Pav,i F' «c> F™

ion, ibOT, m-4 ; ,„ais son (JU,on luj eû[ fe.t menaces, comme le prétend l'auteur de la Tie de Fra Paolo soit de lui-même, il se rétracta dîns t

, . a- eip*ee d'abiur*«i<"i à Bologne, ue^ant le cardinal Justiniani, et assura la sincérité de son changement par un traité de Absolula rerum sacrarum Immunitate a potestate principum laicorum, qui ne fut point imprimé ; mais tous ses autres ouvrages se ressentirent plus ou moins de sa palinodie. Capel h passa par toutes les charges de son ordre. dev.nt qualificateur du saint-office, et mourut a Rome, en 1625. Il était savant dans l'hébreu dans le grec et dans les antiquités ecclésiastiques' Ses ouvrages sont : 1» Adversus prœlensum régi, Angliœ prmatum, liber, Bologne, 1610, in-4» 2° Ditputationes dua de summo pontifier, etc Co^ logne, 1621. in-4«; dans la première dissertation, il établit la primauté de St. Pierre contre un ouvrage atlnbué à Antoine de Dominis; et dans la seconde H prouve, contre Jacques Godefroi, que les pontifes romains lui ont succédé en cette qualité. 5* De Appeilationibus Ecctesiœ Africanœ ad Romanam «. dem. Pans, 1622, in-4ô; 5* édition, Rome 1722 m-8% avec la vie et la liste des écrits de l'auteur' par Jean Bontoni. 4» De Cœna Christi suprema Paris, 1625, in-4*. Le savant Vecchiclti avait soutenu, dans son traité de Anno primitivo (Auesbourg, 1621, in-fol.), que Jésus-Christ n'avait point mangé l'agneau pascal la veille de sa mort, ni institué I eucharistie avec du pain azyme. C'est « rétuter cet ouvrage, condamné au feu par l'inquisition que Capclli a consacré le sien, où il prouve que la dernière cène de Jésus-Christ a été une céne [«iscale, et qu'elle a été célébrée le lendemain du 14 de la lune de mars. L'ouvrage est bien écrit et rempli de recherches ; mais le fond de la question a été mieux traité par le P. Bernard Lamy. L'auteur en a composé d'autres qui attestent son érudition. j „

CAPPELLO (Bbrwahoo), poète italien, naquit au commencement du 16' siècle, a Venise, d'une famille patricienne. Étant à Padoue, il se lia d'une étroite amitié avec le célèbre Berabo, qui avait une telle estime pour son goût qu'il lui communiquait tous ses ouvrages avant de les publier. Ses études terminées, Cappello revint a Venise; et, après avoir rempli diverses charges de magistrature , il fut admis au conseil des quarante (la quaretuia). Il partageait son temps entre les devoirs de cette

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place et la culture des lettres, lorsque en 1K40 (1), une sentence du conseil des dix le bannit à perpétuité dans l'Ile d'Arbo. Les historiens ne s'expliquent pas clairement sur le motif d'une punition si rigoureuse; mais on devino que Bernardo s'était attiré la haine des dix en proposant des mesures qui tendaient à limiter leur pouvoir (2). 11 subissait son exil depuis deux ans, quand un nouveau décret le cita devant le conseil pour y rendre compte de sa conduite. Ne jugeant pas prudent d'obéir il s'enfuit à Home avec sa famille. Ses talents lui méritèrent bientôt l'amitié du cardinal Alex. Farnèse, qui mit beaucoup de zèle à le servir, et finit par lui obtenir la charge de gouverneur d'Orvietle et de Tivoli. La cour du duc d'Urbin réunissait alors les plus beaux esprits de l'Italie. Cédant aux invitations de ses amis, Bernardo alla les visiter. Mais le climat de Pesaro ne convenant pas à sa santé, il revint à Rome, où il mourut le 18 mars 1565, avec le regret de n'avoir jamais pu revoir sa patrie. Les Rime de Cappello furent imprimées pour la première fois à Venise en 1560, in-4°, parles soins d'Atanagi qui les fit précéder d'une dédicace nu cardinal Farnèse. Cette édition est rare et recherchée. Mais on doit la préférence à celle de Bergame , 1748 53 , 2 vol. in-8*, publiée par Serassi ( voy. ce nom); elle est augmentée de plusieurs pièces et enrichie de notes et d'une vie de l'auteur. Les Canxonede Cappello sont, au jugement des critiques italiens, autant de petits chefs-d'œuvre. 11 n'a pas moins bien réussi dans les compositions sérieuses que dans celles où l'amour est le sujet de ses chants ; et Tiraboschi n'hésite pas à le présenter comme un des plus parfaits modèles qu'on puisse suivre dans les divers genres où il s'est exercé. (Voy. la Storia délia Letterat. Ital., t. 8, p. 1155.) W— s.

CAPPELLO (Marc), poète Italien, né, le 22 mars 1706, à Brescia, y reçut les premières leçons de rhétorique du célèbre Frugoni, et y étudia le grec sous Panagioti de Siitopc. A vingt-cinq ans il passa à Padouc pour achever ses études, et y fut dirigé par les conseils de Dominique Lazzarini, qui avait rempli avec le plus grand honneur la chaire d'éloquence de l'université. Cepeudant Cappello ne montrait encore aucune disposition pour la poésie, mais il devint amoureux, et le langage des vers lui parut le seul dont il dut se servir pour en faire la déclaration. Ainsi l'amour le rendit poète, et il exerça ensuite son talent sur d'autres objets. Mais, dans ses vers, il n'aborda jamais des sujets graves et sérieux. De jolis sonnets sur une indisposition de sa Nice, et sur les remèdes qu'on lui administrait, sont la preuve de son talent en ce genre. Dégoûté de l'amour à trente ans, il embrassa l'état ecclésiastique ; et sa muse , revenant à la tendresse, en devint plus vive et plus féconde. Se trouvant un jour â Bologne, dans une société de beaux esprits qui se communiquaient leurs productions, et y ayant entendu Laurc Bassi

(ii Le M mm, «uiunl Tirabotebi ; et le ttnai, s«l»int Dam.

(S) y 'il. l'icr. Gluiinlanl, Siorie de Yntêi*. 1. 13, p. S7S ; tes note» d'Aposiolo Zeno sur la Btbliolhtqw de FonMoini, U 2, p. OS, et Di.ru, Uttttire ée Feule*, t. S, p. «3, édU. de IS19.

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réciter un sonnet qu'elle avait composé la veille, Cappello se sentit inopinément doué du talent de l'improvisation, et il riposta par un autre sonnet sur les mêmes rimes que le précédent. Devenu dans sa patrie avec les avantages d'un improvisateur, il y fut recherché des meilleures sociétés, dont il faisait les délices autant par l'affabilité de ses manières et de sa conversation, que par l'agrément de ses vers improvisés. Les ridicules, les travers de la plupart des hommes frappant de plus en plus son esprit observateur et naturellement caustique, à mesure que l'âge mûrissait en lui la réflexion, il tourna son génie poétique vers la manière satiriquement burlesque de Berni. Il s'y voua avec une ardeur telle, que, pour recueillir parmi le peuple de Florence et les paysans de la Toscane tous les idiotismes dont ce genre de poésie tire un grand parti, il en fit exprès le voyage. Revenu amplement pourvu des expressions qu'il avait été chercher, il s'en servit d'nne manière trèsheureuse , dans quatre poèmes burlesques dont le premier, qui fut le seul imprimé de son vivant, avait pour titre : la Morte del Barbetta célèbre ludimagiitro Bretciano dcl $ecolo panato, compianla in Bretcia in una privata letleraria accademia J'anna 1739, Brescia, 1740 et 1759. Le second est intitulé la Befana (Épouvantail) ; le troisième , la Frittnia (Omelette) ; le quatrième i Gatti (les Chats). On vante encore six de ses sonnets dans le dialecte des paysans florentins et le style du Lamento di Cecco de Varliengo, où l'un d'eux est censé parler à sa nultresse. Ils sont intitulés A Menichina. Fécond en saillies spirituelles, d'un caractère jovial et facétieux, Cappello fournissait chaque jour quelque aliment aux conteurs d'anecdotes. Consulté par un mauvais poète, qui lui portail deux sonnets sur le même sujet, pour savoir lequel était le plus digne de l'impression, Il ré|»ondit, après avoir lu le premier et sans regarder le second : « Imprimez l'autre. — Mais « quoi 1 vous ne le connaissez pas I — C'est qu'il o n'est pas possible qu'il y en ait un aussi mauvais o que celui que je vous rends. » Brescia est encore plein du récit de ses bons mots et de ses joyeuses mystifications. Il comptait parmi ses nombreux amis Jean Gaston, le dernier rejeton de l'illustre famUie des Médicis, et le pape Benoit XIV. Il eût pu profiter de l'intérêt qu'il leur inspirait pour accroître sa fortune; mais, exempt d'ambition, il se trouvait heureux dans l'honnélc aisance dont il jouissait. La mort l'enleva aux muscs et à ses compatriotes le 21 juillet 1782. On regrette qu'il ne se soit fait aucune édition complète de sesrcuvres. Le professeur Zola qui s'était chargé de les recueillir est mort avant d'avoir rempli le voeu du public à cet égard.

CAPPER (Jacques), voyageur anglais, entra au service de la compagnie des Indes et parvint au grade de colonel, puis à l'emploi de contrôleur général de l'armée et de la comptabilité des fortifications de la côte de Coromandel. De retour en Angleterre en 1777, il fut expédié aux Indes en 1778, à l'époque de la guerre avec la France. S'étant embarqué à Livoume le 29 septembre, U débarqua le 2V octobre à Lalakié, sur la côte de Syrie i te 4 novembre

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il était à Àlcp ; il y conclut an arrangement avec un cbcik arabe qui devait le conduire à Basra, et se mit en route le 1 1 : il avait avec lui deux autres Anglais et trois domestiques; l'escorte des Bédouins était de quatre-vingt-un hommes. On voyagea dans le désert à la droite de l'Euphrate; le 18 décembre on entra dans Basra. Capper en repartit le 31 ; le 8 février il était à Bombay. Rovcuu en Angleterre, il vécut dans la retraite, et mourut le 6 septembre 1825 à Ditchingham-Lodge , âgé de 82 ans. On a de lui en anglais ; 1 ' Ob$ervaliont sur le trajet d' Angleterre aux Indes par r Egypte, et aussi par Tienne et Constantinnplc à Alep, et de là à Bagdad, et directement à travers le grand désert à Basra, avec des remarques sur les pays voisins et une notice des différentes stations, Londres, 1782, in-4° ; ibid., 1785, 111-8" ; 1784, ibid., avec cartes et planches. Cette relation, un peu aride, contient de bonnes observations sur différents points du pays que l'auteur parcourut, et une description de la ville de Mecbed-Ali. Elle est précédée d'une lettre adressée à sir Eyre Coole, commandant de l'armée britannique dans l'Inde (roy.CooTE), pour lui exposer l'avantage que présente la route d'Europe aux Indes par l'Egypte. On reconnaît, en lisant celte lettre, que Capper parle d'après sa propre expérience ; mais il n'a pas donné son itinéraire. Ces divers morceaux ont été traduits en français par Théophile Mandar à la suite du Voyage de Hotcell, Paris, an 5 (1796), in-4", avec cartes. Celte version, écrite Incorrectement, et parfois inlidélc, annonce peu d'iustruclion de la part de l'homme qui l'a entreprise. Les noms de lieux de l'Asie, écrits avec l'orthographe anglaise, sont méconnaissables pour les lecteurs français (I). Capper a inséré dans son volume un Voyage de Constanlinople à Vienne et un autre de Cons/aniinop/e à Alep, par George Baldwin, agent de la compagnie des Indes au Caitc. Cet opuscule contient des détails très-curieux, et dans leur temps absolument neufs, sur l'intérieur de l'Asie Mineure ; car Baldwin parcourut une route peu fréquentée. 11 donne la description et le dessin d'un monument antique situé à Kosra-l'acha-Kaneli, vu depuis et représenté de nouveau par M. Leake dans son Voyage en Asie Aft'neure. 2° Observations sur les vents et Us moussons, Londres, 1801, in-8». 3» Observations sur la culture des terres en friche, adressées aux propriétaire* et aux fermière du comté de Glamorgan, ibid., 1805, in-8". On a encore de Capper : Traité de météorologie et Mélanges, applicable* à la navigation, ou jardinage et à l'agriculture, ibid., 1803, in-8°. E — s.

CAPPEKONMER (Clacdb), né A Montdidier, te l" mai 1671, élail destiné a l'état de tanneur, qu'exerçait son père. 11 apprit sans maître les premiers éléments de la langue latine, et Ch. de St- Légcr, son oncle, bénédictin, en ayant été instruit, obtint qu'on envoyât te jeune homme au collège de Montdidier. Il y fit de très-grands progrès, et ne

(I) Oa trwnre août un «mit dm *«jsfe de J. Capper, avec a lettre à sir Eyre Coote, a la fin do t. a des Vei<igts de Muiim»sk, tradneflon frauçaise, l'aris, I7M, in-s». A— r.

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se distingua pas moins à Amiens, où il acheva ses

études. Il vint à Paris, en 1688, faire ses cours de philosophie et de théologie au séminaire des Trente- Trois. Il avait cultivé les langues grecque et latine, et s'occupait des langues orientales, lorsqu'en 1694, on l'envoya à Abbeville pour guider les ecclésiastiques qui s'appliquaient A l'étude de la langue grecque. L'année suivante, il professa les humanités et la philosophie & Montrcuil sur-Mer. Sa santé ne lui permit pas d'y rester : il revint k Paris, y vécut du produit de quelques répétitions, alla en 1698 recevoir les ordres à Amiens, et revint reprendre ses répétitions, qui, avec te revenu très-modique d'une chapelle de l'église St-André, faisaient toute sa fortune. CohVsson, professeur en droit, A qui il enseignait le grec, lui offrit et le força d'accepter chez lui, en 1700, la table et te logement. Il donna sa démission de la chapelle. Viol, recteur de l'université , Pourchol , syndic , et Billet, ancien recteur, obtinrent pour lui, de la facullé, en 1706, une pension de *«0 fr., à condition qu'il veillerait à la correction des livres grecs qui s'imprimaient poulies classes. Capperonnier enseigna le grec à Bossuet en 1704, l'année même de la mort de ce prélat. Il resta dix ans chez Collesson, et ce fut dans cet intervalle qu'il refusa les offres lucratives et honorables que lui fil l'université de Baie pour l'engager â venir professer la langue grecque. II consentit, en 1711, a être instituteur des enfants Crozat, dont la famille lui fit, six mois après, une pension viagère de 1,000 fr. A la mort de l'abbé Massieu, en 1722, il lui succéda dans la chaire de professeur de grec au collège de France. « Non-seulement, ditGoujet, « il possédait parfaitement cette langue, il était de « plus versé dans l'hébreu, le grec vulgaire, l'italien « et l'espagnol, et il n'ignorait rien de ce qui peut « former la connaissance la plus profonde de la lan- « gue latine. C'était un «les plus habiles philologues « qui aient paru depuis longtemps. » Il se faisait un plaisir de communiquer ses recherches, et, parmi les savants qui en ont fait usage, on doit citer Bernard de Montfaucon, Baudelot de Dairval, Boivin le cadet, Kustcr, le P. Tournemine, etc., etc. En 1732, Claude Capperonnier appela auprès de lui son neveu Jean, et acheva son instruction. Il obtint la faveur de l'avoir pour successeur dans sa chaire en 4743, peu de temps avant sa mort, qui eut lieu le 24 juillet 1744. On a de lui: 1* Illuttrissimœ académies Parisiensi, Francorum regum primogenilee /Mes H litterarum matri ac nutrici, atque amplissimo ejusdem reclori Petro Vielgratiarum Actio, Paris, Thiboust, 1708, in-1". C'est un petit poème en vers grecs, où il témoigne sa reconnaissance pour la pension qu'on lui avait faite. La version latine en vers de cette pièce est de P. Billet, et non de Viel luimême, comme le dit le Moréri de 1750. 2° Apologie dt Sophocle contre la lettre de Voltaire, 1719, in -8*. La lettre de Voltaire, à laquelle Capperonnier réplique, est la troisième de celles qu' on tronve à la tète d' Œdipe. 3° Marei Fabn Ownfiiiant de Oraforia fnHUulioiw U&ri duttdecim, Paris, 4723, infol. U revit tout te texte, te corrigea en plusieurs

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passages, y ajouta des notes extraites des divers critiques, en mit quelques-unes de nouvelles. Cette édition lui valut une pension de 800 fr. de la part du roi, à qui elle est dédiée, et une querelle avec P. fiurutann. ( Voy. ce nom.) Capperonnier n'a pas fait imprimer la réponse qu'il fil à ce savant. Au jugement d'Ernesti et de Spalding, Capperonnier est resté inférieur à Burmann pour la partie critique et philologique ; mais on fait cas de ses explications des termes techniques de la rhétorique. 4° Traduction de la dispute de Nicéphore Grégoras avec Cabaiilas, insérée dans l'édition de Nicéphore Grégoras donnée par Boivin. Capperonnier était licencié en théologie, et ses connaissances dans cette science le rendirent plus propre qu'un autre à bien entendre et bien traduire la dispute théologique de Grégoras et de Cabasilas. 5° Explication et Justification du sentiment de Longin, touchant le sublime d'unpassagt de Moïse, imprimée dans l'édition des œuvres de Boileau, donnée par Sl-Marc. C'est d'après ces manuscrits qu'a été faite l'édition des Rhetores anti- <ï«i, Strasbourg, 1756, in-K Ses remarques sur la traduction de {Juintilien, par Gédoyn, avec quelques-unes de son neveu, ont été publiées par Jean- Augustin Capperonnier, dans l'édition de cette traduction, Paris, Karbou, 1803,4 vol. in-12, et dans des éditions postérieures. 11 a fourni un grand nombre d'observations pour l'édition du Thésaurus lingual latina de Robert Estienne, faite à Baie, 1740-13, 4 vol. in-fol. Dans l'édition de Basnage des Antiques Lectiones de Cani&ius, on trouve île Capperonnier : Observations et Corrections sur la version latine des fragments d'Hippalyle par Anastase, sur un passage des fragments de Clément d'Alexandrie, mal traduit par D.Nourry. et sur la version de l'apologie d'Eunomius. Il avait commencé, avec Tournemine et Bupin, une édilion des oeuvres de Photius; Dupin s'était chargé de la direction de tout l'ouvrage. Capperonnier faisait une nouvelle version des ouvrages déjà traduits, et devait traduire ceux qui ne l'avaient pas encore été; Tournemine composait la plus grande partie des notes; on avait déjà imprimé cinquante feuilles de la Bibliothèque, quand l'exil de Dupin suspendit leur entreprise. Il a laissé en manuscrit beaucoup de travaux philologiques, sur lesquels on peut consulter l'Histoire littéraire de Mont-Didier du P. Daire, et surtout l'éloge de Capperonnier que St-Marc a fait imprimer dans son édition de Boileau. A. B — t.

CAPPERONNIER (Jean), neveu du précédent, né à Montdidier, le » mars 1716, n'avait pas achevé ses études quand il perdit son père. Un de ses parents, curé de la Hérelle, le prit chez lui , continua son éducation, et voyant ses progrès, le lit envoyer à Amiens. Jean quitta cette ville en 1732, que son oncle Claude l'appela à Paris. Il entra en 1733 à la bibliothèque du roi, et, dix ans après, succéda a son oncle dans la chaire de grec. Après avoir été commis en second à la garde des livres de la bibliothèque du roi, puis garde des manu.«crils, il fut enfin bibliothécaire, en remplacement de l'abbé Sallier. L'académie des inscriptions l'avait admis dans son

sein en 1749. Il est mort le 30 mai 1775. Capperonnier a été éditeur de YHisloirt de Si. Louis, par Joinville, 1761, in-fol., édition que Mellot et Sallier avaient disposée. Il copia, sur le manuscrit que possédait la bibliothèque du roi, le Lexique de I nuée, et c'est sur cette copie que Rubnkenius mit au jour son édilion de cet ouvrage. Il a donné, chez Barbou, les éditions de Jules-César, 1754, 2 vol. in-12 ; de Justin, 1770, in-12; de Plaute, 1759,3 vol. in-12. Il avait fait imprimer avec Mensnicr Querlon une édition grecque d'Anacréon, accompagnée de la traduction de Gàcon, Paris, Grangé, 1754, in-46. Enfin il a fourni quelques secours a Wesselutg pour son édition d'Hérodote, 1765. 11 avait fait imprimer un Sophocle, mais cet ouvrage ne fut publié qu'après sa mort par J.-F. Yauvillicrs, qui est auteur des notes; il porte ce titre : Sophoclis Tragadia septem cum interprelatione latina et tcholiis veteribus et novis, Paris, 1781, 2 vol. in-4° : cette édition était attendue avec beaucoup d'impatience; elle ne répondit pas à l'attente du public. Capperonnier a donné trois mémoires à l'académie des inscriptions, entre autres un sur les ilotes. Il établit des différences entre les esclaves domestiques des Spartiates et les ilotes ; c'était, par exemple, du nombre des premiers que les Lacétlémoniens tiraient ceux qu'ils forçaient de boire jusqu'à s'enivrer, pour inspirer à la jeunesse l'horreur de l'ivrognerie. Les ilotes n'étaient pas renfermés dans les villes, et étaient employés a divers travaux. Ils étaient encore destinés a suivre les funérailles des rois lacédémoniens, à s'y frapper la poitrine, et à s'écrier, comme le font les orateurs funèbres, que le roi qu'on pleurait était le meilleur qu'on eût encore perdu (4). — Claude-Marie Capperonnier, né en 1758, Hls de Jean, attaché à la bibliothèque du roi, devait, lorsqu'il aurait atteint vingt-cinq ans, succéder à son père dans ses places de garde de la bibliothèque du roi et de professeur de grec; il avait même la moitié des appointements de la cliaire grecque, mais il périt en 1780. Il était allé à St-Cloud avec neuf de ses amis dans une petite nacelle qu'il avait fait enjoliver en forme de gondole j craignant, à leur retour, de n'arriver que trop tard à Paris en n'employant que les rames, ils attelèrent un cheval au mât de leur petit bateau ; mais l'effort du cheval dominant à plomb de la barque la renversa du premier coup : cinq des jeunes gens sont culbutés dans la Seine; Capperonnier. le seul qui sut nager, était prés de gagner le bord, quand il fut saisi et entraîné par uu de ses camarades d'infortune. A. B — T.

CAPPERONNIER (Jean-Augustin), philologue et bibliographe , naquit, le 2 mars 1745, a Montdidier, d'une famille qui compte trois générations de savants, comme on peut le voir par les articles précédents. Après avoir terminé ses études, Capperonnier prit l'Iiabit ecclésiastique, mais il ne reçut que

(I) Ce second mémoire est Intitulé : Oitervaiieni tur l ouvrage de Denii fHalycarnaue intitulé 11 ipi : r,; } ; mx* ; A tu60*rt»we fcnttinc, on de tBzetUeme* de VètoeiUiom de DemMhei (t. M. <7S8)î le trotwéme est on Mtnoére sur PeregHn U Cim^x (t. *», Wl).

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les ordres mineurs. En 4565, il fut appelé par son oncle, Jean Capperonnier (voy. Part, précéd.), a la bibliothèque royale, et dés lors il partagea sa vie entre ses modestes fonctions et l'étude des auleurs latins. De Paulmy le choisit, en 1780, pour son bibliothécaire ; et dans la même année il fut nommé censeur royal, place regardée alors comme tréshonorable. Peu de temps après il fut fait sous-garde des livres imprimés de la bibliothèque du roi (1). La révolution éclata, sans l'atteindre au milieu de ses livres. Dans les moments les plus critiques il continua de donner, avec le même calme, ses soins à la jolie collection des classiques latins publiée par bar bou, dont il a fait réimprimer plusieurs volumes. A la réorganisation de la bibliothèque royale en 1796, il devint l'un des conservateurs des livres imprimés. 11 reçut en 1816 la croix d'honneur, et mourut le 16 novembre 1820. M. Raoul Rochctte, un de ses collègues à la bibliothèque, prononça un discours sur sa tombe. Capperonnier a revu, pour la colleclion de Barbou, les ouvrages suivants : le Prœdium rusliatm du P. Vaniére, 1774, vol. in -8- ; et 1796, in- 12, Virgile, 1790, 2 vol. Catulle, Tibulle et Prnpercc, 1792. Eutropc et Aurclius Victor, 1793. On lui doit encore une bonne édition des Acadi nuques de Cicéron avec la traduction de David Durand [voy. ce nom), et celles des Commentaire philosophiques de P. de Valentia, par Castillon, 1796, 2 vol. in-12. Enfin, avec Adry {voy. ce nom), il a donné celle de la traduction de Quintilien par Gédoyn, 1803 , 4 vol. in-12, revue et augmentée de passages omis par le traducteur, d'après un mémoire de Claude Capperonnier, son grand-oncle (2). VV— s.

CAPPONI (AfTGtwnn). Voyez Caponi.

CAPPONI (Gi\o), appartenait à la haute bourgeoisie qui dominait à Florence au milieu du 14* siècle. 11 fut témoin de l'insurrection des ciompi (ou cardeurs de laine), dirigée contre son parti en 1378, et il nous a laissé un récit de celte révolution, que Muratori a inséré dans le t. 18 de ses Rerum Italie. Saiplores. Ce morceau est écrit sans agrément et sans art, mais sa simplicité dénote un homme de grand sens, rompu aux affaires et consommé dans la politique. Cependant Capponi était trop jeune, et peut-être aussi d'un caractère trop modéré pour éprouver aucune persécution personnelle, lorsqu'un parti contraire au sien avait le dessus. 11 rentra dans le gouvernement en 1382, avec Pierre des Albizzi (voy. Albizzi), et l'ancien parti guelfe ; mais il s'occupa moins de l'administration intérieure que de l'état militaire de la république. 11 se lia d'amitié

(4) La place de bibliothécaire do toi fat longtemps possédée par un membre <le la famille Bignon [roy. ce nom) jusqu'en 4784. Elle fut donnée alors a l'ex-lieutcnaui général de police Le noir, qui eut pour successeurs, en 1790, le |>resjdeut d'Onnesson ; en 1703, Cbamfori,ct en 4791, Lcfebvre de Villebrane, jusqu'en 479V Le bibliothécaire avait sous lui ciuq gardes pour rhacun des cinq departcmenis : médailles, lirres Imprimes, maunsrrits, estampes, titres et généalogies ; et il y arail en outre des souvgardes.

(«) Une iwurelle édition duQuintilirn a été donnée a Paris, rbei Val lard, «840, 6 toI. iu-8°. La préface n'est signée que par Adrj ; j'ai son exemplaire chargé d'un millier de notes de sa main, et qui d«»ait serara use édition qa ij projetait encore de publier. V-vs.

avec les principaux condottieri qui servaient alors en Italie. Il fut presque toujours chargé de traiter avec eux, lorsque les Florentins voulaient les prendre à leur service , ou de suivre les armées comme commissaire de la république, lorsqu'elles entraient en pays ennemi. Il élait revêtu de celte dignité, et en même temps décemvir de la guerre, en 1405 et 1406, lorsque les Florentins firent la conquête de Pise. Il réussit à faire agir de coucert Sforza et Tartaglia, deux généraux alors ennemis et prés de se combattre. La république lui dut plus qu'à personne la complète de Pise : aussi fut-il le premier gouverneur donné a celte ville, et il s'efforça de réconcilier, par sa modération, le peuple conquis au joug qu'il délestait. Gino Capponi mourut en 1420. honoré des larmes de ses concitoyens. Nous avons encore de lui un fragment historique sur la conquête de Pise, plein d'intérêt et écrit avec uue grande simplicité. S — S — i.

CAPPONI (Néri), lilsdu précédent, et, comme lui, un des premiers magistrats de la république florentine, hérita tics vertus et de la forluue de son père. Il fut contemporain de Renaud des Albizzi et de Corne de Médius ; mais quoique sa naissance et ses relations l'attacbassent aux Albizzi, il n'embrassa point leur cause avec, chaleur , et il fut plutôt considéré comme neutre par eux et par leurs adversaires. Capponi, ainsi que son père, s'était attaché de préférence à la carrière militaire. 11 fut commissaire des Florentins au siège de Lucques, en 1429 et 1450. Il est vrai que ses avis n'ayant point été suivis, l'armée près de laquelle il se trouvait éprouva uue suite de revers. 11 fut plus heureux en 1444». La victoire d'Angbieri, remportée par les Florentins sur Nicolas Ptccinino, fut attribuée presque uniquement à son habileté. Il était devenu enfin l'égal, en réputation, de Corne de Médicis, et, lorsqu'il lui arrivait d'embrasser un avis contraire à celui de ce citoyen célèbre , il balançait les décisions de la république; mais ces deux grands hommes li ornèrent leur intérêt l'un et l'autre à demeurer unis jusqu'en 1457, que Néri Capponi mourut, le 21 novembre, âgé de 69 ans, après avoir exercé quarante ans les emplois les plus importants de l'Etat, sans exciter ni haine ni jalousie. 11 a écrit des commentaires sur son administration, imprimés par Muratori dans le t. 18 des Aeruin Jlaliearum Scrtptores, à la suite des commentaires de Gino, son père ; ils sont écrits avec lieaucoup d'élégance, et on reconnaît dans son style un homme de goût et d'érudition. Le célèbre Barthélémy Plalina a écrit sa vie politique : elle est imprimée dans le t. 20» de la même collection. S— S — i.

CAPPONI (Pierre), petit-fils du précédent. Il occupa comme lui les premiers emplois de la république florentine, et il fut , entre autres, chargé de plusieurs ambassades, soit en Italie, soit en France. Charles VIII étant entré à Floi-cnce en 1494, à la tète de sa gendarmerie et la lance à la main, prétendait avoir fait ainsi la conquête de la république, et demandait qu'elle le reconnût pour souverain. Les Florentins n'avaient vu en lui qu'un allié qui

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lit l'hospitalité; ils lui avaient ouvert leurs portes ; mais ils avaient eu soin de rassembler dans les maisons des princqtaux citoyens tous les soldats de la république et un grand nombre de paysans armés. Charies VIII eut plusieurs conférences avec Pierre Capponi, qui le connaissait déjà, et avec d'autres magistrats florentins. Enfin il fit lire devant eux, par son secrétaire , son ultimatum. Les conditions en étaient toutes contraires à la dignité de Florence. Pierre Capponi arracha ce papier des mains du secrétaire, et le déchira sous les yeux du roi : «Avant « que nous accédions à des demaudes déshonnélcs, « sonnez vos trompettes, dit-il, et nous sonnerons « nos cloches. » En même temps il sortit , et il fut $uivi par les trois commissaires, ses collègues. Cette intrépidité étonna les Français ; ils rappelèrent Capponi, et lui proposèrent des conditions plus douces. On assure que Charles VIII, en le prenant par la main, lui dit en italien : Cappon, Cappon, lu slrilli corne un Gailo. Un traité fut conclu entre le roi et la république, et Charles reprit la route de Naples. pierre Capponi fut tué en 1496, d'un coup d'arquebuse, devant Sciano , petit château des montagnes de Pise, qu'il attaquait avec l'armée florentine, dont il était commissaire. S — S — l.

CAPPONI (Séraphin), savant dominicain, né dans le bolonais, en 1536, passa sa vie à étudier la théologie, et à la professer dans différentes villes d'Italie. II mourut à Bologne, le 2 février 1614. lia composé une multitude d'ouvrages sur l'Écriture sainte et sur la théologie, tous imprimés à Venise; on peut en voir la liste dans les Scriptoresord. Prœâical. par les PP. Quétif et Ectiara. Sa vie a été écrite par J. Midi. Pio, et imprimée en 1625, in-4\ — Jean-Baptiste Cappom , médecin de Bologne, mort le 16 novembre 1626. Il envoya au cahinctdes médailles du roi de France une médaille en bronze de l'empereur Olhon, bien conservée, avec une légende grecque , et 11 lit un traité latin |>our en soutenir et prouver l'authenticité, Bologne, 1669, in-V. Outre plusieurs ouvrages posthumes sur la médecine, et différents ouvrages de critique en italien, on a encore de lui : Imprese e Ritratti de gli académie! gelait di Bologna , Bologne, 1622, in-4°. — Dominique -Joseph Capponi, dominicain italien, et docteur en théologie du 18* siècle, a publié pour la première fois le recueil des lettres latines de Jean- Antoine Flaminio d'Imola, Bologne, 1741, in-8*. L'éditeur y a joint des sommaires, des notes, la vie de l'auteur, et le catalogue de ses ouvrages, tant Imprimés que manuscrits. C. T — r.

CAPPONI (le marquis Grégoire-Alex asore), patricc romain, né a Rome, vers la lin du 17* siècle, s'est acquis une assez grande célébrité , non par ses ouvrages, mais par son gortt éclairé pour les livres et pour les antiquités, et par le soin qu'il prit de former dans ces deux genres de riches collections. Il occupait à la cour de Rome la place de forint maggiore, on de grand maréchal des logis. Quand îe pepe Clément XII lit rassemblerai! Capitolc ce beau recueil d'antiquités qui a été regardé depuis un des principaux ornements de Rome , ce

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fut le marquis Capponi qu'il chargea d'y foire disposer les statues, bas-reliefo, inscriptions, bustes des grands hommes, et autres monuments. L'ordre et la symétrie bien entendue qu'il mil dans la disposition de ces richesses de l'art obtinrent l'approbation des plus savants antiquaires et liront l'admiration des étrangers. Il possédait lui-même un musée précieux, composé de camées , de médailles et d'autres antiquités, qu'il légua en mourant au P. ConluocioContucci, savant jésuite, l'un des antiquaires les plus instruits qui fussent alors à Rome. Celui-ci plaça depuis cette collection dans une salle à part du musée Kirchcr, dont il était conservateur, cl qu'il a considérablement enrichi. La bibliothèque du marquis Capponi était du meilleur choix, et remplie des éditions les plus rares. Il ne voulut poiut qu'elle fût démembrée après sa mort, et la laissa par son testament, à la bibliothèque du Vatican. Monsignore Giorgi en fît imprimer séparément le catalogue, avec de savantes notes , où l'on trouve un grand nombre de renseignements et de faits intéressants pour l'histoire littéraire ; il est intitulé : Calalogo délia libraria Capponi, otsia de' itori ilaliani del fu marchese Alessandro Gregorio Capponi, patriskt roman o, etc., Rome, 1747, in-4". C'est un des livres de ce genre que les bibliographes recherchent le plus. Le créateur de cette belle bibliothèque, le marquis Capponi, était mort à Rome l'annéo précédente, septembre 1746. G — É.

CAPPOT DE FEUiLLIDE. Voyts Fevilude.

CAPRA (Galeazzo Flavio). Voyez Capella.

CAPRA (Marcel), médecin sicilien, originaire de l'ilc de Chypre, exerçait son art avec succès à Palermc et à Messine à la fin du 16* siècle. On lui doit un traité , en latin, sur une maladie épidémique dont la Sicile fut affligée en 1591 cl 1592 (Messine, 1593, in-4"), et quelques ouvrages de philosophie péripatéticienne, oubliés depuis longtemps. — Le comte Ifallhasar Capra, médecin et philosophe milanais, mort le 8 mai 1626, s'appliquait aussi s l'astronomie et même a l'astrologie. Ses principaux ouvrages sont : |« Tyrocinia aslronomica, in quibus calculus telypsis tolaris a Tychone restitutus explicatur, et Iradilur melhodus erigendi et dirigendi thema ad l'Iolemcei mcnlem, Padouc, 1606, in-4"; 2° Considerazione atlronomica sopra la nuova Stella del 1601 ( 1605, in-f ) ; 3* de Vsu tl Fabrica cireini eujusdam proporlionis , Padouc , 4607, in-8e. Dans cet ouvrage, il cherche à enlevei à Galilée l'honneur de l'invention du compas de proportion, et, dans le précédent, il l'attaque avec aigreur, relativement aux observations de la nouvelle étoile qui parut en 1604. Galilée répliqua par une Uifesa conlro aile calumnie ed itnposlure di Baldatsare Capra, Venise, 4607, in-4». Ces deux opuscules se trouvent dans le tome 1" des œuvres de Galilée, Padoue, 4744, in-4\ — Alexandre Capra, architecte de Crémone, publia, de 1672 a 1683, en 3 vol. in-4°, un grand traité de géométrie et d'architecture civile et militaire, qui est encore un peu recherché à cause des planches. — Dominique Cap&a, de Crémone, s'occupa de l'ar-

CAP

cbitMtore hydraulique, et publia, sur l'art de cou* struirc les digues, uu ouvrage sous ce titre : il vero Riparo, il facile, il naluraU, ptr ovviare, e rime Juive ogni corrosions e rovine di fiume, benchè giudicala irremediabile, Bologne , 4685, in-4°. On ignore l'époque do sa mort. G. M. P.

CAPRA1S (Saint), né à Agcn dans le 5« siècle, s'était retiré dans une caverne de la montagne voisine de cette ville pour y mener la vie érémilique. Un jour que, du haut de la montagne, il regardait ce qui se passait dans la ville , il aperçut , diton, le supplice de Ste. Foy. 11 courut aussitôt se présenter à Dacien, gouverneur de l'Espagne tarragonaise, qui était alors a Agen (vers l'an 287 de J.-C.), et il se déclara chrétien. Saisi , chargé de chaînes , il se montra Insensible A l'appareil des tortures et à l'offre d'une place à la cour des empereurs, 11 eut la tète tranchée le 6 octobre, avec Ste. Foy. Les chrétiens enlevèrent leurs corps pendant la nuit, et, dans la suite, m le milieu du S* siècle, lorsque la |iaix eut été rendue à l'Église, Dulcide ou Dulcice, évéque d'Agen, lit bâtir une église sous l'invocation de St. Caprais. Ce martyr est nommé le 2u octobre dans Adon, Usuard, dans le maripologe attribué à St. Jérôme, et dans le romain. Uu chanoine de la collégiale de St-Caprais d'Agen, Bernard Labeuazie, publia dans celte ville, en 1714, in-12, un volume intitulé : Praconium divi C'apratii Aginnensit ejusque episcopalis dignilas , seu disiertaiio de antiquilaU eeeletia S. Caprasii Aginnensis. Labeuazie et quelques autres auteurs font de Caprais un évéque d'Agen ; mais Baillet dit que cette opinion est sans fondement. V — vk.

CAPBAIS (Saint), que plusieurs agiogrephes appellent Capraisk, pour le distinguer du précédent , avait étudié l'éloquence et la philosophie ; ma is pressé du désir de renoncer au monde, il vendit son bien, le distribua aux pauvres, cl se relira vers les montagnes qui séparent la Gaule belgique et la Germanie, dans une des solitudes des Vosges. Il y vivait depuis plusieurs années dans le silence, lorsqu'un jeune seigneur, Honorât, qui fut depuis évéque d'Arles, vint, avec son frère Yenance, consulter le solitaire sur le projet qu'ils avaient formé de se consacrer à Dieu. Caprais les accompagna dans divers pèlerinages. Ils arrivèrent enfin dans l'ile de Léritis, ou Honorât jeta les fondements du célèbre monastère de ce nom. Caprais se lit alors le disciple de celui dont il avait été le maître ; mais Honorât ne voulut gouverner que sous sa direction et par ses conseils. Caprais mourut le 1 ,r juin 430. Rucher de Lyon, Sidoine Apollinaire et H i la ire d'Arles, ses contemporains, font un grand éloge de sa vertu. Tous les martyrologes latins lui donnent la qualité j d'abbé de Lérins. ( Voy. Chronol. monast. Lirinen* lis, et Baillet, Vus det saints , V juin. ) V— VE. CAPRALIS. Voyez Cabhal.

CAPRANICA (DottiMQOK) (1), cardinal, un des i les plus distingués du 15* siècle , naquit le

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M sis /#», eoaneio disent Puuer «i f$m* bibUe- j

31 mai H 400, dans un château près de Palestine,

dont sa famille avait pris le nom. Après avoir achevé ses études à Home, il alla suivre à Padoue les leçons de Julien Cesarini, et a Itologne celles du Jean d'imola, deux célèbres jurisconsultes. A dix-neuf ans il reçut le laurier doctoral ; et peu de temps après, le pape Martin V, l'ami de sa famille, le lit son camérier, puis son secrétaire, et remploya bientôt dans des affaires qui demandaient de la prudence et de l'iiabilelé. Impatient de lui donner de nouvelles marques do sa bienveillance, il le créa cardinal en 1423 ; mais il ajourna sa promotion à deux années. Gapranica fut eliargé d'accompagner Léonard Dati, général des dominicains, au concile que la peste avait fait transférer de l'avie à Sienne, et il y défendit en plusieurs occasions les prérogatives de la cour de Rome, attaquées par les évéquts. A son retour il fut fait évéque de Fermo, et l'année suivante Martin V le déclara cardinal ; mais il se réserva de lui remettre plus tard les insigues de celte dignité. Capranica obtint ensuite le gouvernement de Forli et d'imola que le duc de Milan venait de restituer au tainl-siége, et il rétablit promptement la tranquillité. Les Bolonais s'étant révoltés contre l'autorité ponlilicale, il eut lé commandement des troupes chargées de faite le siège de celte ville, qui ne rentra dans le devoir qu'après une longue résistance. Nommé depuis gouneur de Permise, il sut par sa sagesse et sa fermeté se concilier l'estime de tous les habitants. A la mort de Martin V (1431 ), ses ennomis lui refusèrent Tenlrée du conclave, sous prétexte qu'il n'était point reconnu cardinal, puisqu'il n'en avait pas les insignes ( la barrette et l'anneau ), et on lui enjoignit de retourner à Pérouse. Il protesta contre cette violence, et dès qu'il connut l'élection d'Eugèno IV, il s'empressa de lui demander l'autorisation de revenir à Rome, pour y faire valoir ses droits. En attendant la réponse du pontife, il se rendit à Monlefaicone, où il courut risque de tomber dans les mains des bandits qui le cherchaient. 11 y reçut la nouvelle que son palais de Rome venait d'être pillé. Ne pouvant plus douter de l'intention de ses ennemis, il se retira d'abord au Montserrat ; mais, ne s'y croyant pas en sûreté, et sachant d'ailleurs que le pape refusait de reconnaître ses droits, il résolut de se rendre à Baie pour y réclamer du duc Philippe Visconti les moyens de continuer son voyage. Pendant ce temps, on instruisait son procès à Rome, et, sur le rapport de deux commissaires, il fut déclaré coupable et dépouillé de toutes ses dignités, même de l'évêclié de Fermo. Les Pères du concile, au contraire, après un mûr examen, le reconnurent cardinal légitimement élu, et lui donnèrent de nombreux témoignages d'estime en le chargeant de commissions importantes. A cette nouvelle, le pape, indisposé par les ennemis de Capranica, fit saisir ses revenus; mais il ne tarda pas à lui rendre plus de justice. Eugène l'invita lui-même a venir à Florence, où il l'accueillit de la manière la plus gracieuse, et il ne négligea rien pour lui faire oublier les torts qu'U avait eus a sou égard. Càpranica s*

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proposait de rester étranger aux affaires et de consacrer ses loisirs à la culture des lettres ; mais il ne put résister aux instances du pontife, qui le pressait de raccompagner à Florence, où il venait de transférer le concile chargé de travailler à la réunion des Églises grecque et latine. En 1443, il fut nommé légat de la Marche d'Aucône, dont François Sfona s'était emparé. Après avoir obtenu quelques avantages, les troupes papales furent mises en déroute dans une bataille donnée contre l'avis deCapranica. Blessé lui-même dans le combat, il fut obligé de se déguiser pour échapper i l'ennemi. Mais Sforza s'empressa de le rassurer, et, sur sa demande, relâcha ses prisonniers. Chargé, deux ans après (1445), du gouTernement de Pérouse et du duché de Spoléte, Capranica purgea ces provinces des bandes d'aventuriers qui les infestaient depuis longtemps, et leur rendit le calme dont elles étaient privées. Alphonse, roi d'Aragon, se tenait à Tivoli, sous prétexte d'être plus à la portée de proléger Rome et le sainl-siége, qu'il faisait trembler. Capranica reçut la mission délicate d'engager ce dangereux voisin à s'éloigner, et il eut le bonheur d'y réussir. Renvoyé dans la Marche, il y remit en vigueur l«*s sages règlements de Jean XXII, et pan mi à détruire, dans cette belle province, tous les germes de division. A la nouvelle de la prise de Constanlinople, étant chargé de réunir les princes d'Italie dans une ligue contre les Turcs, il se rendit à Naples, • près du roi d'Aragon ; il vint ensuite à Gênes, apaisa les troubles excités par les factions des Campofregosi et des Fieschi ; et, de retour à Naples, il y signa le fameux traité qui rétablit enfin la paix dans l'Italie. Son indignation contre les courtisans avides, qui se partageaient les trésors amassés pour faire la guerre aux Turcs, accrut le nombre de ses ennemis. Ils cherchèrent à l'éloigner de Rome, en lui faisant donner la mission d'aller recueillir des subsides en Angleterre. Ils essayèrent ensuite d'indisposrr le pape contre lui ; mais tous leurs artifices ne servirent qu'à relever le mérite de Capranica. Ses talents pouvaient longtemps encore être utiles au saint-siége, lorsqu'il mourut d'une dyssenterie, le 1" septembre 1458. Il fut inhumé dans l'église de la Minerve, où son frère, le cardinal Angelo, lui lit élever un monument. Zélé protecteur des lettres, plusieurs savants lui furent redevables de leur fortune, entre antres le célèbre A£neas-Sylvius Piccolomini, depuis pape sous le nom de Pie II, et Jacques Ammanati, qu'il avait employé comme secrétaire. L'université de Ferrare lui dut sa restauration. 11 légua son palais de Rome pour en faire un collège, auquel il assigna des revenus considérables et, en outre, sa bibliothèque, composé de 2,00» volumes, nombre étonnant pour l'époque. Son frère «'étant réservé le palais fit construire un collège magnifique, qui porte le nom du fondateur. On a de Capranica : 1* Acta eoncilii BatHientit, pari 1* ; 2* Documenta, teu Prœeepla vivendi ; 5° Manipulut officii epitcapalit, tru ContliluUonet tunndi Firmiani; 4* de Arle moriendi; 5° de Optimi régit Officia; ad Utaditlaum, regem Hungaria; 6° de Paee

italien contlituenda , ad Alfontum regem, dans Vttitpania illuitrata d'André Schott, t. 1"; 7° de Ratione pontificatus maximi adminitlrandi ; 8« de Ac~ lione belli contra Turcot gerendi ; 9» de Contemptu mundi. De tous ses ouvrages, le plus connu est le de Arte moriendi. Imprimé pour la première fois à Florence, en 1477, in-4', il a eu, dans le 156 siècle, un grand nombre d'éditions, dont quelques-unes sont très-recherchées pour les figures en bois. Il a été traduit en italien, Florence, 1477, in-4*; Venise, 1478, même format. On en cite des traductions en anglais et en hollandais. La vie de Capranica, par Baptiste, fils du célèbre Pogge, a été publiée sur le manuscrit par Balnze, dans ses Mitcellanea, t. 3, p. 263, et reproduite a la tète des ContliluUonet cotlegii Capranicentù, Rome, 1705, in-4»; elle est très-intéressante. Une seconde vie de ce prélat, également en latin, par Michel Catalan!, Fermo, 1793, in-4°, est augmentée de document* historiques W— s.

CAPRARA (Albert, comte db), seigneur de Siklos, général de cavalerie, chevalier de l'ordre de la Toison d'or, gentilhomme de la chambre de l'empereur Léopold, naquit à Bologne en 1631. Neveu du fameux général Piccolomini, il entra au service de l'Autriche , fit quarante-qualre campagnes, fut battu par Turenne, et se distingua dans les guerres de Hongrie. Il commanda souvent en chef les armées impériales, prit d'assaut sur les Turcs la ville de Neuhausel, en 1685; assiégea Tékéli dans Cassovie, lit lever le siège de TituI, coupa les Turcs qui voulaient se jeter dans Bude, et en fit un horrible carnage. Il rendit de grands services à l'Empereur, en découvrant diverses conspirations, et en maintenant dans la soumission les pays conquis. Non moins bon politique qu'habile capitaine, il fut envoyé deux fois ambassadeur extraordinaire à la Porte en 1682 et 1685. Il avait servi plusieurs années en qualité d'envoyé dans les Pays-lias, et avait assisté à la conclusion de la paix deNimèguc. Sa première ambassade à Constantinople n'eut aucun succès. Il était chargé d'obtenir la prolongation de la trêve; mais la Porte éleva si haut ses prétentions (entre autres conditions était celle d'un tribut annuel de 500,000 florins ), que le comte Caprara ne put rien obtenir. Le grand vizir le renvoya à Bude, et vint mettre le siège devant Vienne. ( Voy. Cara-Moustapha.') Jean Bcnaglia, qui avait été secrétaire des chiffres dans l'ambassade de Conslantinople, publia une Relations del viaggio fatlo a Conttantinopoli, e ritorno in Germania dell itlutlr. conte Alberto Caprara, per tratiarc la continuaxione délia Tregua, Bologne, 1684, in-12. Cette relation est curieuse et intéressante. On a du oomle Albert Caprara diverses traductions : Seneca, délia Clementa, Lyon, 1664, in-4*; Seneca, délia Cotera, parafrate, Bologne, 1666, in-12; Seneca, délia Rrtvita de la vita, perafrate, Bologne, 1684, in- 12; l' Uto delli pattioni, traduit du français du P. Senault, Bologne, 1662, in-8"; il Detinganno,ovv«ro U pattort delta nottefelice, traduit de l'espagnol, Venise, 1681, in-12. Le général Caprara composa aussi plusieurs opuscules et pièces de circonstance qu'on peut voir

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BibUolheca volante de Cinelli. — Enie Caprara, frère d'Albert, était général comme lui, et se distingua dans les guerres de Hongrie. Adelung s'est trompé en lui attribuant l'ambassade à Constanlinople. V — ve.

CAPRARA ( Jean-Baptiste) , cardinal-prêtre, du titre de St-Onuphre, archevêque de Milan, légat a lalere du saint-siege, comte et sénateur du royaume d'Italie, grand dignitaire de l'ordre de la Couronne de fer, naquit à Bologne, le 29 mai 1753, de François, comte de Montecocolli, et de Marie-Victoire, dernier rejeton de la maison Caprara. Il prit dans le monde le nom de sa famille maternelle, entra fort jeune dans l'état ecclésiastique, et se livra particulièrement à l'étude du droit politique. Benoit XIV ne tarda pas à distinguer son mérite, et le nomma vice-légal a Bavenne avant qu'il eut atteint l'Age de vingt-cinq ans. En 1767, Clément XIII l'envoya, en qualité de nonce, à Cologne; il y mérita, par son urbanité, l'estime de l'impératrice Marie-Thérèse, qui demanda pour lui la nonciature de Lucerne. Elle lui fut conférée par Pie VI, en 1775. Dans ce poste difficile, il éteignit les dissensions, et se fit généralement estimer. Nommé, en 1785, à la nonciature de Vienne, il fut honorablement accueilli par Joseph II, et par ministre, le prince de Kaunitz. Biche de son pa- ! et des biens de l'Eglise, il appliqua ces derniers è leur véritable destination, en les distribuant aux pauvres, et surtout aux habitants de l'un des faubourgs de Vienne, qui fut submergé par une inondation. Il reçut le chapeau de cardinal le 18 juin 1792, et fut rappelé à Rome en 1795(1). Témoin des troubles que la révolution française excita dans cette ville, il en fut affecté jusque dans sa santé, et l'on craiguit même pour ses jours. Il fut nommé, en ixuo évéque d'Iési. Son diocèse était en proie à la plus affreuse disette ; il part de Borne le 7 janvier, par un froid rigoureux, parcourt les villes et les campagnes, fait vider ses greniers, se dépouille de tout sou argent, emprunte des sommes considérables pour acheter des grains et des farines, qu'il fait distribuer à tous les indigents. C'est au milieu de ces travaux vraiment apostoliques que, par un bref du 4 septembre 1801, il fut nommé légat a lalere près le gouvernement français (2). Sa mission avait pour

(I) Le cardinal Caprara, depuis son reiour a Rome, avait rendu de grands service* a la chose publique. Au mois de septembre 1796. il fut appelé par le pape Pie VI a faire partie de la congrégation des cardinaux chargées d'examiner les conditions de paix proposée* par le directoire. Kit ni», il eut mission d'aller a Florence réclamer les secours en argent dont avait besoin le gouvernement romain. Il ste. même parmi les révolutionnaires de France, d'une lion d'habileté. On peut citer a cet égard le passage tiré du Moniteur du <S brumaire an 8 : « Nous terminerons « cette liste, déjà un peu longue, par l'éloge du cardinal Caprara : « voici ce qu'en dit l'auteur des Mèmcim it Pie VI (Bourgning) « qui parait avoir été bien informé : « Il s'est consl animent oppose ■ aux mesures Insensées qui eurent le vota de la majorité des ear- « dinaux. Il a de l'esprit, de la sagacité, autant d'honnêteté qne « pt-ui en avoir un cardinal iialicn, et plusieurs des qualités quifor- « ment 1 homme d'feiat ; » niais il est a Venise ; nuis il a ele long- « temps nonce auprès de la cour de Vienne. Nous ne répondrions « pas de soa impartialité dans le conclave » I)— r -r

J£ ,°n * h circonspection que le cardinal Caprara mil

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