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CAPRÉOLE, ou CAPRÉOLUS, que le diacrt Ferrant! appelle un glorioux pontife et un célèbre docteur de l'église de Cartilage, en était évéque en 631, époque à laquelle se tint )e concile d'Ephèse, auquel il envoya le diacre Yésulas avec une lettre qui se voit parmi les actes de ce concile. II en écrivit une autre à l'empereur Théodose sur lu mort de St. Augustin. Il ne nous reste qu'un fragment de cette épltre, dans laquelle il pose ce principe , qu'il n'y a rien d'assuré dans le sacré comme dans le profane , si dans les siècles postérieurs on donne atteinte aux décisions des Pérès. 11 a encore composé un petit traité pour répondre à Vital et à Tonontius, chrétiens d'Espagne, qui l'avaient consulté sur quelques points de doctrine. Ce traité a été publié par le P. Sirmond, avec quelques autres traités dogmatiques, Paris, 4650. 'l-o.
CAPHÉOLI ou CAPRIOLUS (Jean), natif d'un village près de Rodez, pris l'habit de St-Dominique dans le couvent de cette ville. 11 enseignait à Paris en 4409, et après avoir tait sa licence eu 441 1, fut envoyé par ses supérieurs pour présider aux études du couvent de son ordre à Toulouse , et se retira ensuite à son couvent de Rodez, en 4444. Il soutint si constamment la doctrine de St. Thomas, qu'on le surnomma le prince des Thomitle$. On a de lui des Commentaires sur le Mailre des tentencet, et une Défente de la doelrine de St. Thomat, imprimés à Venise en 4483 et 4488, 4 vol. in-fol.— Caphéolï ou Capréolus, de Brescia, religieux carme, vivait au commencement du 46* siècle. On a de lui un Traité des cas qui regardent let ecclésiastiques , imprimé à Brescia en 4574. Z — o.
CAPRÉOLUS (Éub Caviiolo, plus connu sous le nom de ) , jurisconsulte, né a Brescia , dans le 45* siècle, a publié l'histoire de cette ville sous le litre suivant : Cftroniea de rr6ui Brixianontm ad u nui. populumque Brixianum opue. La première édition est in-fol., très -rare, et sans date; mais comme elle ne contient que le récit des événements qui se sont passés depuis la fondation de Brescia jusqu'à l'année 4500, on conjecture de là, avec raison, qu'elle a paru à Brescia vers celte époque. Burm&nn a inséré cette histoire dans son Thésaurus Antiqviiat. Italia, et a ajouté aux douze premiers livres qui avaient paru, les 43* et 44' restés manuscrits, et qui en renferment la continuation jusqu'en 4510. Patricio Spini a traduit cet ouvrage en italien, Brescia, 4685, in-4° : cette traduction ne contient que les douze premiers livres. On connaît encore de Capréolus un traité de Con/irmatione chrUtianes fidei, imprimé avec différents opuscules du Mantuan, Brescia, 4499, in-4"; Defentio Ualuli Brixientium ; de ÀmbUiotu et Sumplibui funerum minuendis. Cet écrivain est mort en 4519, dans un âge avancé. W — s.
CAPRE! i A (Gaudekxio Ericii), né à Venise, le 22 novembre 4730, Centra d'abord au couvent de la Praglia, et alla achever ses éludes à Rome , puis alla professer la théologie à Florence et à Pavie. Il fut nommé en dernier lieu professeur de droit canonique à l'uuiversité de Parme. C'est U qu'il fut chargé de complimenter Gustave III, roi de Suède,
CAP
lors de son passage dans cette ville. 11 lui offrit un
écrit imprimé avec luxe et intitulé : (iusiavus lll Suecia rex, regia polttlatit reetitutor oc public* tranquillitatit autrlor, l'arma, 4784. Dans cet ouvrage, il décrit la révolution mémorable de 4772, et ne pressentait pas assurément qu'elle contribuerait à faire périr de mort violente le héros qui l'avait opéré. La république de Venise, qui comptait Capretta parmi ses nobles, le récompensa en lui accordant le traitement aunuel et le litre d'abate. Pie VII, qui avait été avec lui dans un même couvent, le nomma abate di governo. Ce savant et pieux ecclésiastique est mort le 44 novembre 4806, au couvent de San-Giovanni-Evangelista, à Parme. Son oraison fuuébre, prononcée par L. Bcllomo, a été imprimée la même année, à Venise. D — r— n.
CAPR1ATA ( Pierre-Jean ) ? citoyen et historien de Gènes, qui florissait dans le 17* siècle, a composé sur les affaires de son temps plusieurs mémoires historiques fort estimés par la sagesse, l'impartialité et la droiture avec lesquelles ils ont été rédigés. Capriata divisa son histoire d'Italie en 2 parties ; il publia la 1 " à Gènes en 2 livres, 4 vol. iu-8% en 4626, ou, selon le catalogue de de 1 hou, en 4627. Il la lit réimprimer à Gènes en 4658, in-4% et y ajouta dix livres qui, joints aux précédents, contiennent l'histoire d'Italie, depuis 4645 jusques et compris. 4654. I-a 2* partie, divisée en 6 livres qui offrent quelques événements militaires hors de l'Italie, et comprennent depuis 4634 jusqu'en 4644, fut publiée à Gènes, 1649, in -4*. Ces deux parties, réimprimées à Genève, in-8°, furent traduites en anglais par Henri, comte de Monmoulh, Londres, 1663, in-4*. Capriata était mort quelque temps auparavant. Il laissa une 5' partie en 6 livres, contenant la suite de la guerre en Italie jusqu'en 4660; elle fut publiée après sa mort par Jean - Baptiste Capriata, son (ils, Gènes, 4665, in-4*. Cet auteur était aussi un habile jurisconsulte. Il aurait voulu, dans l'histoire comme au barreau, arranger tout par arbitrage ; son système était de tenir la balance égale entre les puissances, et d'être franc et véridique en toutes choses. C'est par suite de cette franchise que Capriata ne voulut jamais dédier son ouvrage à aucun prince, pour que sa plume restât libre, et que la flatterie ou la complaisance n'altérassent point en lui la vérité. R. G.
CAPRONA (Archange), capucin, né à Païenne d'une famille noble , prêcha avec fruit dans les principaux endroits de la Sicile , et surtout à Trapano, où il érigea trois confréries, et travailla à faire bâtir un hôpital pour les pauvres. Lui-même allait de maison en maison, tous les dimanches, recueillir pour eux des aumônes. Il mourut en 4577. 11 a peu écrit : sa vocation était la chaire évangélique. On a de lui : Slaluta et Documenta pro confralernUatibus domut hotpitalie Montitpielalie et Mitericordiœ in civitale Drepanenti. Z — O.
CAPTA L DE BLCIL Voyex Gràilly.
CAPLA (Barthélémy oa), qui occupa, dans le 12* siècle , les premières dignités du royaume de Naples, est auteur du ouvrages suivants ; |« Sinj*
- CAR
laria jurit , Francfort, 4596, 2 vol,; 2° Glost* ad eonstUutiunes rcgni Ncapolilani, Lyon , 1553 ; Venise , 1394 , à ta suite des Comment, in capilula regni Keapolilani de J.-A. de Ni«ris, Naples, 1605, in-fol. Il mourut en 1300. — André da Cavv\ , de la mémo famille que le précédent , écrivit aussi sur le Digeste et sur le Code, et sur les constitutions du royaume de Naples. Il était avocat fiscal à Naples en 1282. — Quelques autres écrivains du même nom et du même paya ont laissé des écrits de peu d'importance. V— ve.
CAPLA ou CAPOA (L£omam> de), en latin C.iplamjs, médecin, né en 1617 , à Bagnuolo, dans le royaume de Naples, étudia chez les jésuites la philosophie et la théologie, puis se livra à la jurisprudence, qu'il abandonna pour la médecine. Persuadé que les traductions n'offrent qu'imparfaitement les traits de l'original, il apprit la langue grecque , afin de lire Hippocrate, Galien, Arétéc cl les autres principes arlii nttdicte. H puisa dans ces lectures lo germe du scepticisme médical dont toutes les juges de ses écrits portent l'empreinte. A vingt-deux ans, il revint à Bagnuolo ; mais ayant été impliqué dans un assassinat, il fut obligé de retournera Naples: cette ville d'ailleurs lui offrait un théâtre plus propre A faire briller ses talents. Professeur de l'université , dont d remplit les premières chaires , il fut un des plus ardents propagateurs de la philosophie cartésienne en Italie. Telle est probablement la principale eauso de l'estime que lui témoigna la reine Christine de Suède. Il fut aussi l'un des fondateurs de racadémie degli Inttstiganti, et celle degti Arcadi l'admit au nombre de ses membres , sous le titre de Alcesto Cillenio. Capua mourut le 17 janvier 1695 , après avoir publié les ouvrages suivants: I* Parère, dititalo in otlo raggionamenli , ne' quali parlitamente, narrandoti l'origine c't pragresso délia médian a, chiaramente l'xncertaisa dcllu nudeiima si fa manifesta, Naples, 1681 , in-4"; 2° Raggionamenli intorno ail' incerlessa de' medieamenti , Naples , 1689, in-4° ; 3" Leiioni intorno alla nalura délie Viofete, Naples, 1G83, iu-4*. Ces trois ouvrages ont été réimprimés, en 3 volumes in-8*, à Naples, sous la date de Cologne, en 1714. On doit encore à Capoa la Fie du cardinal Cantelmo, Naples, 16!)3, in-4*. Il avait composé eu ouue plusieurs comédies et divers opuscules de littérature, dont les manuscrits lui furent volés dans un voyage de Bagnuolo à Naples. La vie de ce médecin a été écrite par Nie. Amenta, et son éloge, par Hyacinthe Gimma et Nicolas Crcsccnzio. C.
CABA (Pierre) , né à St-Gcrmain , diocèse de Vcrceil , mourut en Piémont avant 1a lin de 1502, ainsi qu'il est prouvé par l'investiture du fief donnée à Scipion son fils. Il devint, en 1473, conseiller du grand-duc de .Savoie et son avocat fiscal , puis entra au conseil résidant prés du prince. Il fut envoyé en ambassade à Venise en 1475 , ensuite prés de Sixte IV et d'Alexandre VI, et plusieurs fois vers le duc de Milau, avec qui il renouvela, en 1490, l'alliance au nom de son souverain. Il fut encore député au roi Charles VJiJ , lors de m paasage à
Turin en 1494 ; et en 1496, à Maxirailien, roi des
Romains. Quelques-uns des discours latins qu'il composa A l'occasion de ces missions ont été impri. niés à Venise, à Rome, à Lyon, et réimprimés A Turin, après sa mort, dans un recueil où le mérite de ses ouvrages est beaucoup affaibli par le manque d'ordre et de goût de l'éditeur. L'édition de Lyon , publiée par un compatriote de l'auteur, parut sous ce titre : Pétri Carat, juritconsulti clarissimi et in Pedemonte tenaloris et illustrissimi duci Sabaudim consiliarii, Orationes et Epislolœ, 1407, in-4». Dans une oraison latine qu'il prononça à l'ouverture annuelle de l'université de Turin, Pierre Cara , jeune encore , déploya une -grande connaissance de l'histoire littéraire. Sa correspondance lui fait également honneur. Il fut lié avec Jason Mayno, Hermolaûs Barbarus, Jean Simoneta, le cardinal Dominique de la Hovère, Ange Carleti de Chivasso, et avec plusieurs grammairiens. Quelques livres lui out été dédiés ; et il méritait ces hommages , soit par son savoir et son crédit a la cour, soit parce qu'il fut un de ceux qui favorisèrent l'introduction de l'imprimerie i Turin dans le 15* siècle. L'historien Denina dit que Pierre Cara avait, par ordre de son souverain et par les conseils du chancelier Romagnano, entrepris de mettre en ordre les édils des ducs de Savoie, mais que 1a mort ne lui permit pas d'achever ce travail. B-— be.
CARA-MOUSTAPHA , grand vizir de Mahomet IV, était fils de Ouredj-Bcy , capitaine des spahis, qui périt lors de la prise de Bagdad. 11 naquit a Merzifour, ville de la Turquie asiatique, en 1014 de l'hégire (163V). Le fameux Kioprouly-JMou» hammed, ami intime de son père , se chargea de la fortune de Moustapha , et le lit élever avec son lils Ahmed. Lorsque kioprouly Mouhammcd fut devenu grand vizir, il lui donna la place de telhysdjy (porteur des rapports du vizir au Grand Seigneur ) , et peu de temps après , il l'envoya à Constantinople avec la nouvelle de la prise de Janik ; le sultan le gratina de la place de grand écuyer. En 1070, U devint pacha de Silislria ; amiral en 1072, et caûnmecam en 107S. Enlin, en 1077, il succéda à Kioprouly-Ahmed-Pacha dans la place de grand vicir. Ce fut lui qui détermina Mahomet I V à faire la guerre a Leopold I", en 1074 de l'hégire (1664). Il marcha à la léte des troupes ottomanes , prit plusieurs forteresses sur les impériaux , et donna des secours A Tékéli et aux mécontents de la Hongrie ; mais, sans égard pour les représentations des pachas composant son conseil, et qui s'étaient formellement opposés à, l'attaque de Vienne , avant que l'on fût maiire des autres places, qui, par cette entreprise, allaient rester sur les derrières de l'armée , il laissa une petite partie de ses troupes pour faire le siège de ces places, et se dirigea sur Vienne. U arriva A la vue de cette ville le mardi 18 de redjeb de l'an 1094 de l'hégire (14 juillet 1685) , et l'assiégea pendant soixante jours. Enlin, le dimanche 20 ramazan (18 septembre) de la même année , l'armée impériale, réunie A celle des Polonais et d'autrea princes chrétiens de l'Allemagne, wm les ordre» de Soto***» ,
CAR
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arriva sur une éminence à douze lieues de la ville. Elle fondit à l'improviste sur l'armée de Cara-Moustapha, qui fut totalement battue et forcée de prendre la fuite, abandonnant tous ses bagages a l'ennemi. Cara-Moustaplia distribua l'argent qui lui restait aux soldats, et se retira avec les débris de son armée à Bude, et de là à Bagdad , où il eut la téte trancbée, par ordre de son maître, le 6 mouliarrcm l'an 1095 (36 décembre 1683). Le grand vizir, sans être un homme extraordinaire, n'était pas dépourvu de moyens; successeur des Rioprouly au vïzirial, il remplit celte place avec beaucoup d'éclat. Les historiens orientaux, tout en plaignant son sort , rendent justice à son dévouement aux intérêts de son pays, et vantent sa politique ; mais ils avouent sa cruauté et son injustice envers quelques jmehas qu'il tâcha de sacrilicr après l'affaire de Vienne, pour justilier sa conduite. L'un des plus riches personnages qui eussent jamais existé en Turquie, il avait amassé ses richesses dans les différentes places lucratives qu'il avait occupées pendant vingt-quatre ans. 11 lit construire des mosquées et des fontaines dans les villas de Constantinople, d'Andrinople et de Djeddah, et dans le faubourg de Galata. Merzyfour. sa patrie, s'embellit à ses frais d'un grand marché, de belles mosquées , et devint , disent les historiens turcs, une des plus belles villes de la Turquie asiatique. R — s.
CARA-YAZYDJY- ABDOL'LHALYM , chef de rebelles, contemporain de Mahomet III, parut, pour la première fois, à la téte de quelques hordes, aux environs de Roha, en l'an 1600. 11 donna asile à Hocéin-Pacha, proscrit par la Porte, et s'enferma avec lui dans la citadelle de Roha ; mais, ne pouvant pas résister longtemps aux forces de Mouhammed- Pacha, il livra la forteresse, sous la condition que Hucein serait rendu au pacha, et que, quant à lui, il serait investi du gouvernement d'Amassie. Cara- Yazydjy, persistant dans sa rébellion, mais battu et réduit à prendre la fuite vers les frontières de Sywas, s'enfonça dans des montagnes inaccessibles. Au printemps de la même année, Mouhammed- Pacha reçut, pour la seconde fois, ordre de marcher contre les» Djclalys ( c'est ainsi que s'appelaient Cara- Yazydjy et ses partisans ) ; mais, d'après le témoignage de Mahmoud, pacha de Sywas, qui s'était rendu caution pour lui, le gouvernement lui pardonna, et lui accorda le sandjacat de Tchourm. Quelque temps après, il fut envoyé, conjointement avec le même Mahmoud-Pacha, contre les brigands qui s'étaient réfugiés dans la province d'Itch-YI. L'année suivante, Cara-Yazydjy se révolta de nouveau, et deux pachas reçurent ordre de marcher contre lui. Celui-ci attendit l'armée ottomane dans la plaine de Césarée avec une armée de 20,000 hommes. Hadjy-Ibrahim-Pacha, qui reçut l'ordre le premier, ayant eu l'imprudence de l'attaquer seul, fut battu, et les Djelalys poursuivirent les Ottomans et en tuèrent à peu près 16,000. Le pacha s'enferma dans la citadelle de Caïsaryé. On rapporte la défaite d'Ibrahim-Pacha en 1000 de l'hégire (1601). Has-
qui devait réunir ses efforts à ceux d'Ibrahim pour
exterminer Cara-Yazydjy, marcha sans différer contre le rebelle le 12 sarcr de l'an 1010 de l'hégire, le rencontra à Lypedlan, et, après un combat opiniâtre, le mit en déroute, et tua à peu près les deux tiers de son armée, composée de 30,000 hommes. Cara-Yazydjy ramassa les débris de ses troupes, et se retira dans la province de Djanyk. Il y mourut en ramazan 1010 (1602 . Schah-Vcrdy, son kyahya (intendant), raconte qu'après sa mort, on mit en pièces son cadavre, et qu'on l'enterra par morceaux dans des endroits différents, afin que les Ottomans ne le brûlassent pas. Après sa mort, Dcly-Hassan, son frère, lui succéda, et fut unanimement reconnu par tous les chefs des Djelalys. Il marcha sur les traces de son frère, et eut longtemps à lutter contre les efforts des pachas que le gouvernement ottoman envoyait pour le réduire. Enfin, voyant qu'on ne pouvait en venir à bout par la force, la Porte chercha à le gagner par la douceur, et lui donna le gouvernement de Bosnie; mais, sur les plaintes réitérées des habitants, il fut envoyé au gouvernement de Témcswar. Ce fut là, en 1014 (1605), qu'un jour, étant à la classe, il se trouva assailli par des gens qui l'attendaient dans une embuscade; toute sa suite fut passée au (il de IV| nv et lui-même se réfugia à Belgrade. Le gouverneur de cette place, Geizy-Hassan-Pacha, le fit enfermer, et écrivit à la Porte Ottomane pour demander ce qu'il en devait faire. Il reçut, pour toute ré[»onse, l'arrêt de mort de Dely-Hassan et de son frère : cet ordre fut aussitôt exécuté. R— 8.
CARA-YOTJSOUF, premier prince de la dynastie des turcomans, dite du mouton noir, parce qu'ils portaient la figure de cet animal sur leurs enseignes, était lils de Cara-Mohammed, chef d'une des hordes de ce peuple. Ce dernier résista longtemps aux trotqtes de Tamerlan, et mourut, laissant son fils en possession de ses grades militaires. Cara-Yousouf entra au service d'Avéis II ( voy. Avéis), et, comme il était plus habile guerrier et meilleur politique que ne l'est ordinairement un barbare, il parvint en trèspeu de temps à se rendre puissant dans le Diarbekr et l'Arménie, cl poussa ses conquêtes jusqu'à Tauris. L'arrivée de Tamerlan vint y mettre un ternie, et le forcer à prendre la fuite. 11 alla chercher un asile en Egypte, où il trouva Avéis, fugitif comme lui, et avec qui il s'était précédemment brouillé. Le malheur les réconcilia, et ils se jurèrent une étroite amitié. En 807 de l'hégire (1401 de J.-C.), la mort de Tamerlan les tira de la prison où le sultan Faradj les avait jetés jwur complaire au conquérant tartare, et ils reprirent la route de leurs Étals ; mais le serment qu'ils s'étaient juré fut bientôt oublié, et ils ne songèrent plus qu'à satisfaire leur ambition. Cara-Yousouf, plus habile, sut profiter des débauches de son ennemi et des querelles des enfants de Tamerlan pour se former un royaume. H s'empara de l'Irak, d'une partie de la Mésopotamie et de la Géorgie, prit Tauris, vainquit et fit prisonnier Ahmed, et entra triomphant dans Bagdad. Il menaçait déjà la Syrie et l'Asie Mineure, lorsque l'arrivée de
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Schah-Rokh le força à songer à sa propre défense. Fort de ses succès, et maître d'une armée aguerrie, il ne redouta pas un si puissant ennemi ; mais au moment où une bataille allait décider du sort des deux empires, il tomba malade, et mourut dans son camp prés de Tauris, en 823 de l'hégire (1420 de J.-C.) On jugera facilement du trouble que jeta sa mort parmi des troupes indisciplinées, et que le seul appât du butin attachait à leur chef : elles se débandèrent ; les tentes de Cara-Yousouf furent pillées; son corps resta quelque temps sans sépulture, et quelques soldats lui coupèrent les oreilles pour en avoir les pendants. Ce prince avait régné dix-neuf ans. Il eut trois successeurs : Iskender, qui débuta sur le trône par le meurtre d'un de ses frères, fut vaincu trois fois par Scliah-Rokh , et périt assassiné par son lils, digne châtiment du fratricide dont il s'était souillé. Djchan-Schah, son frère, qui, soutenu par Schah- Rokh, l'avait vaincu, lui succéda, et devint tréspuissant ; mais il fut vaincu et tué par le célèbre Csun-Cassan (coy. Lsix-Cassan ) en 842 de l'hégire f 1406 de J.-C). Ali, son fils, eut le même sort, et en lui finit la dynastie du mouton noir, à laquelle succéda celle du mouton blanc. J — k.
CARA HANTES (Joseph oe), capucin espagnol, né en 1828. Enflammé du désir de prêcher l'Évangile aux nations sauvages du nouveau monde, il s'embarqua pour aller parcourir d'immenses déserts, se rendit célèbre par de pénibles travaux, et mourut en 1694, avec la réputation d'avoir opéré des prodiges. On lui donna, après sa mort, le titre de nouvel apôtre du royaume de Galice. Il fit aussi des missions en Europe. Son biograplie l'appelle : Mitionario apoilolico en la America y Buropa. 11 publia quelques ouvrages intitulés : \' Art additeendi atçue docendi pro miuitmariit ad convertionem Indorum abeuntibui ; 2* Lexicon s eu Vocabularium ad meliorem inlelligentiam tignificationemque verborum Indorum; IfPraelica de mitiione; A" Praelicat dominicain. Ce dernier ouvrage fut imprimé à Madrid. 1686 et 1687, 2 vol. in-4°; les autres avaient été publiés, dans le même format, à Léon et à Madrid en 1674 et 1678. Les Pratique* dominicale! contiennent des explications sur les principaux points de l'Evangile, et furent si estimées en Espagne, que Michel de Fuentes, évèque de Lugo, en ordonna des lectures publiques dans tout son diocèse. Diégo Gonzalez de Quiroga a publié en espagnol la Vie, les Verluâ, les Prédication* et let Miracles du P. de Carabantes, Madrid, 1705, in-4*. V— vu.
CAKACALLA, empereur romain, ainsi nommé d'un habillement gaulois qu'il se plaisait à porter, s'appelait d'abord Bassiani's, du nom de son grandpère maternel : il est aussi quelquefois appelé Sevebls dans les médailles grecques et les monuments. Il naquit à Lyon en avril 188. L'empereur Sévère, son père, lui donna les noms de Marc-Aurèle-Antonin, en le créant César à l'âge de huit ans; le lit proclamer Auguste dans sa onzième année, et se l'associa au consulat avant qu'il eût quatorze ans. A U mortde Sévère, le 4 février 211 (964 de Rome J, Car «alla lui succéda, conjointement avec Geta. Ces
deux frères se portaient une haine mutuelle qui datait de leur enfance. Ils régnèrent cependant quelque temps ensemble. Caracalla mena Géta à une expédition contre les Calédoniens ( en Ecosse). Après une paix assez honteuse, ils revinrent et firent solennellement une entrée dans Rome. Tous deux concoururent à l'apothéose de leur mère. Ils n'en cherchaient pas moins les moyens de s'entre-détruire. Un uniment ils s'arrêtèrent a un parti qui les accordait : c'était de partager l'empire. Caracalla aurait eu Rome, 1 Occident, etc. Julie, leur mère, et les grands de l'Etat s'opposèrent à ce partage. Caracalla, dans l'impatience de régner seul, ne songea plus qu'à se débarrasser de son collègue par l'assassinat. Les occasions lui manquant, il feignit de désirer une réconciliation, et pria sa mère de lui ménager dans son appartement une entrevue avec son frère. Le jeune prince s'y rendit sans défiance. A |>eiue fut-il entré, que des centurions placés en embuscade l'assaillirent. Il se sauva dans les bras de Julie, où il fut percé de plusieurs coups L'impératrice fut couverte de son sang, et blessée à la main. La cruauté de Caracalla s'étendit jusqu'à sa mère : il ne lui fut fias permis de pleurer la mort de son fils, et elle fut même obligée d'en paraître satisfaite. Pour régner seul, Caracalla avait besoin du consentement des soldats prétoriens. 11 feignit d'abord de n'avoir échappé qu'avec |>eiue à un complot formé contre sa vie ; mais bientôt la promesse qu'il leur fit de 10,000 sesterces par tète et d'autres largesses, promesse effectuée sur-le-champ, lui gagna tous les cœurs. Les prétoriens le proclamèrent seul empereur, et déclarèrent Géta ennemi public. Assuré des soldats, il se rendit au sénat, armé d'une cuirasse sous sa toge, et entouré de ses gardes. 11 se plaignit des embûches dressées contre sa vie par son frère, et s'efforça de présenter sa mort comme l'effet d'une défense légitime. Pour en imposer au sénat par un graud acte de clémence, il ordonna que tous les exilés et déportés, pour quelque cause que ce fût, eussent la liberté de revenir à Rome. Depuis lors la vie de Caracalla ne fut plus qu'un enchaînement de cruautés et de folies. Il fit périr tous ceux qui avaient été attachés à Géta, à quelque titre que ce fut, n'épargnant pas même les enfants. L'historien Dion fait monter à 20,000 le nombre des victimes, parmi lesquelles on comptait une fille de Marc-Aurèle, dont le crime était d'avoir pleuré Géta ; une petite-fille de cet empereur ; le célèbre jurisconsulte Papinien ( voy. ce nom ), etc. Par une contradiction qui tenait de la folie, il fit mettre à mort plusieurs des complices du meurtre de son frère, et demanda au sénat un décret pour placer Géta au rang des dieux. Il parut même souvent le pleurer. Sylla, le plus sanguinaire des Romains, au temps de la république, était son idole : il fit chercher et reconstruire son tombeau. Personne n'imita mieux ce dictateur dans la manière de payer ou plutôt d'enrichir ses soldats. L'augmentation de paye qu'il leur accorda se montait à 28D millions de sesterces par année, ou 55 millions de livres tournois. « Je veux, disait-il, « qu'il n'y ait que moi dans l'univers qui aie de Var-
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i « gent : je veux lout avoir pour en faire des lar- « gesse* aux soldais. » Ses extorsions el ses rapines
it sos cruautés. H obligeait les provinces de ituileinent toutes les provisions nécessaires à l'entretien et à la subsistance de ses armées. Quand il était bors de Rome pour ses voyages et ses expéditions militaires, il fallait que les riebes citoyens construisissent à leurs frais, sur tous les chemins par lesquels il pouvait passer, des maisons magnifiques, garnies de tout ce qui était nécessaire pour le recevoir. Dans Jcs villes où il devait prendre ses quartiers d'hiver," on était tenu d'élever des amphithéâtres pour des comtois de bétes, et des cirques pour des courses de chars. Ces constructions dispendieuses étaient détruites sur-le-champ. Aussi cruel que Caligula et Néron, mais plus fort que ce* deux empereurs, il confondait dans la même haine et le même mépris le sénat et le peuple. Il les attaquait par des invectives qu'il publiait en forme d'édits ou de harangues. Il se plaisait surtout a ruiner des sénateurs. Ce fut lui qui rendit commun à tous les hommes libres de l'empire le droit du citoyen romain (I), et il admit, le premier, des Égyptiens dans le sénat. Mais de toutes ses folies, la plus grande fut sa passion pour Alexandre. Dès l'enfance, il en lit son modèle, et le copia en tout ce qui était facile à imiter. Parmi les statues qu'il lui éleva à Rome et dans toutes les villes, il y en avait plusieurs dont le visage était moitié d'Alexandre, moitié de Caracalla. Jl avait une phalange macédonienne composée de • 6,000 hommes tous nés en Macédoine, et commandés par des officiers qui portaient les noms de ceux qui avaient servi sous Alexandre 11 se croyait luimême un autre Alexandre, et se faisait aussi donner le titre de grand. Il était convaincu qu'Aristote avait trempé dans la conspiration d'Antipater, et, clans son enthousiasme pour le roi de Macédoine, il lit brûler partout les ouvrages d'Aristote. Enthousiaste d'Achille avec folie, comme il l'était d'Alexandre, il se rendit à Ilium pour y honorer le tombeau du héros de la Grèce. Voulant copier Achille jusque dans l'excès de sa douleur, il lui fallut un Pat roc le ; il le trouva dans Fcslus. le plus cher de ses affranchis, qui venait de mourir, ou qu'il avait fait empoisonner pour son objet, comme on le soupçonna. Il célébra ses obsèques avec la pompe la plus extraordinaire ; lui dressa un bûcher ; lui fit des sacrifices, des prières, des offrandes. C'est surtout dans ses expéditions militaires qu'il faut voir Caracalla. Il commença par visiter les Gaules, et fit tuer le proconsul de la Gaule narbonnaise. Il exerça toutes sortes de cruautés dans la province sur le peuple et sur les dépositaires de l'autorité. Il porta ensuite la guerre en Germanie, au delà du Rhin, contre les Cannes ou Cattes, et contre les Allemands. Les Cennes se battirent avec courage, et ne lui permirent de se
(i) « Il était Weau, Était-il. ite réunir mm nn seul nom loi* les « peuple» de li terre, el de faire de Homo li pain* commune de» « habitant! de l'univers. » C'était le nréievta ipécieat qu'il iW- **atl ; son vérilaU* motif était Isujmeiitallon de» revenus do U*c : les chiens liaient assojeuisa pissumrs droits qo« D< p,uU.„, p», lu étrapgers.
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reçu de lui beaucoup d'or. 11 entra comme ami et allié sur les terres des Allemands, et y fit construire des forts, dont ce peuple ne s'alarma point. Quand il compta bien sur sa sécurité, il rassembla toute sa jeunesse, comme pour la prendre à sa solde, et la lit massacrer par ses troupes, dont il l'avait enveloppée. Pour cette grande victoire, il prit le nom d' l/< mannieut. S'étant porté sur le Danube, il rencontra les Goths dans une partie de la Dacie , et eut sur eux quelques avantages. La guerre que Caracalla méditait contre les Partbes l'appela à Antioche. Artabane, qui régnait alors, effrayé de ses menaces, le satisfit, et en obtint la paix. Abgare, roi d'fcdeste, était allié des Romains; Caracalla l'invita à venir le trouver à Antioche, et, lorsqu'il l'eut en sa puissance, il le fit charger de chaînes, et s'empara de ses Étals. Même perfidie à l'égard de Vologése, roi d'Arménie, qui s'était rendu avec ses enfants auprès de lui, comme auprès d'un médiateur. Les Arméniens prirent les ormes pour venger leur prince et leur libellé : ils battirent et repoussèrent les Romains. L'empereur vint ensuite à Alexandrie, dans l'intention secrète de tirer vengeance de plaisanteries malignes que le peuple de cette ville, naturellement léger et railleur, s était permises contre lui. Il annonça qu'il venait visiter le tombeau d Alexandre, et rendre ses hommages au dieu Sérapis. Il se rendit en effet au leinple du dieu, et y offrit des hécatombes, de là au tombeau d'Alexandre, où il déposa, en forme d'offrandes, ses vêlements impériaux et ce qu'il portait de [dus précieux. Ce fut ainsi qu'il prépara le massacre qu'il fit faire des habitants d'Alexandrie. Les historiens ne sont pas d'accord sur les moyens qu'il employa. Il parait que ses soldats, répandus dans In ville, firent main basse, pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, sur les liabitants et les étrangers, et mirent tout au pillage. Caracalla contemplait cet affreux spectacle du haut du temple de Sérapis. Il termina en consacrant dans ce temple le fer dont il s'était servi, quelques années auparavant, poui ordonner ou peut-être pour consommer lui-même le meurtre de son frère, comme il était accusé d'avoir, dans sa jeunesse, attenté à la vie de son père. Le désir qu'il avait toujours eu de triompher des Partîtes, et le dépit de voir qu'Artabane, leur roi, lui avait. refusé sa fille en mariage, lui firent rompre la paix qu'il avait faite avec ce prince. Il 6e mit aussitôt en uiarchc, trouva le plat pays sans défense, ravagea les campagnes, prit des villes, parcourut la Médie, et s'approcha de la ville royale. Il viola les tombeaux des Arsacides, et jeta leurs cendres au vent. Les Partîtes, retirés dans des montagnes au delà du Tigre, se préparaient à tomber avec toutes leurs forces sur les Romains, l'année suivante : Caracalla ne les attendit pas; il revint en Mésopotamie, fier de sa victoiro sur les Parti»*, qu'il n'avait pas même vus. Dans une lettre qu'il écrivit an 6énat et au peuple, il se vanta d'avoir subjugué l'Orient. Le sénat lui décerna le triomphe, et le titre de Parlhique. Instruit des préparatifs que faisaient les Partbes, il se disposait lui-même à m-
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commencer U guerre, quend il trouva le terme de
ses folies et de ses cruauté*. Maerin, préfet du prétoire, baissait Caracalb, qui lui protlîifuait, en toutes occasion*, les outrages et le mépris; il crut avoir a craindre pour sa vie des soupçons que l'empereur avait conçus contre lui, et résolut d« le prévenir : en conséquence il s'assura de Martialis, un des officiera dea gardes, sa créature, pour tuer leur ennemi commun, quand roccasion se présenterait. Caraealla. d'Edesse où il était, voulut se rendie a Carrue* pour y uffrir un sacrifice dans le temple du dieu Luttas ; sur la route Macrin trouva Le moment favorable, et le frappa d'un coup qui le tua le 18 avril 217. Ainsi périt ce prince, jeune encore, après avoir régné un peu plus de six ans. Les liistoriens Dion et Hérodicn ne s'accordent pas avec Spartien, son biographe, sur son âge. Avec des dispositions naturelles qui avaient été cultivées par 1 éducation, Caraealla montra toujours de l'ignorance cl du mépris pour les lettres. Quoiqu'il eût toujours véeu dans la débauche, il affectait du léle pour la pureté des mururs : il voulait même qu'on le crût religieux . Il condamnait à mort les adultères, et ordonna le supplice de quatre vestales dont le crime n'était pas avéré. Ennemi de toute dignité et de toute retenue, et passionne pour les jeux du cirque et de 1 amphithéâtre, il prostituait
des sangliers, soit en guidant des chars, vétu en cocher, avec la livrée de la {action bleue. U choisissait ses principaux ministres parmi les plus vils des hommes : c'étaient un eunuque, un fils d'esclave, etc. Il avait épousé Fulvia Plaulilla, tille de Plautianus. préfet du prétoire, qui jouissait d un très* grand crédit auprès de Sévère, et qui fut mis a mort par Caraealla. Le régne de ce prince, l'un de ceux qui contribuèrent le plus à soudler le trône des Césars, est remarquable par les grands monuments qu'il lit élever dans Rome, par les thermes magnifiques qui portèrent son nom, et par un |»oriique ou étaient représentes les victoires et les triomphes de Sévère, son père. Malgré ses crimes, Caraealla fut mis au rang des dieux par un sénatus-consulie, et par Macrin lui-même, qui l'avait tué. Ses médailles attestent sa consécration ; on en a de grecques et de latines, en tous métaux. On trouve, sur ces médailles, la même légende que sur celles d'Antonin le Pieux, quoique ces deux empereurs ne se ressemblassent guère: ajctoxuls fui adg. (Foy. Dion, Hérodien, Eusébe, et l ift*, itt Empereurs, par Tillemont. ) Q— H— r
CA1UCC10 (Amoi.m. . baron de Corn», poêle italien du 17' siècle , naquit à Kardo . au mois de juillet 1630. Dans sa jeunesse tl fut secrétaire de différents cardinaux, et ensuite gentilhomme du prince Parapluie, général de l'Église romaine. Il s'était fait connaître, dès l'âge de vingt ans, par des poésies lyriques, qui commencèrent m réputation. Son grand poème , intitulé ilmperio vendiemto , y mit le sceau , et il fut compté de ton vivant parmi les poètes épiques qui fout le plu* d'honneur à 1*1talie. Le temps a beaucoup diminué de sa renommée. U mourut à Rome, le 14 février 17» Sa tète
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s'était affaiblie dans ses dernières années, et 11 l'avait même entièrement perdue. Ses ouvrages imprimés sont : 1' Fosforo , eanzont rpitalamica, Lucques, 1650, în-4*. 2* Poésie liriehe. Rome, 1689, in-4». 5» II Corradino, Iragedia, Rome, 1694, in-;. On ne distingue point cette tragédie parmi les siennes , comme Ta dit un dictionnaire, car cet auteur n'a pas laissé d'autres tragédies. 4* L'Imperio rendicalo, poema eroieo, eogîi argomenti e chlave delC allegoria, Rome, 1690, in-4«. Ce poème est en 40 chants; il n'en avait («ru que les vingt premiers dans une première édition, Rome, 1679, in-4". Le sujet est la fin du schisme de l'empire d'Orient et la réunion de l'Eglise grecque à l'Eglise romaine, par la conquête de l'empire et par l'établissement de la dynastie latine, dans la personne de Baudouin, comte de Flandre, en 1504. Une partie de la fable est historique ou fondée sur l'histoire; une autre est purement allégorique. Un magicien nommé Hasilago, qui tache par les moyens de son art de défendre les Grecs contre les Latins, devient l'emblème vivant du schisme, et les enchantements qu'il emploie représentent allégoriquement les principales opinions qui divisaient les deux Eglises. Cela parut sans doute fort ingénieux et fort beau à tous les barons romains, aux cardinaux protecteurs ou amis do poète, et au général de l'église auquel U était attaché ; mais ces fictions alambiquées et essentiellement froides était une mauvaise machine poétique, et le style n'était pas capahle de les soutenir. On nous dit dans un avis au lecteur que I auteur avait prouvé, par d'autres poésies, que le style grand et sublime ne lui était point étranger, mais qu'il en avait employé un médiocre dans son poème comme plus propre à des récits faits pour instruire le peuple Homère, Virgile, l'Arioste et le Tasse n'eurent point cet éloignement pour le grand et le sublime, et leurs poèmes n'en instruisent pas moins. Crescimbeni a consacré deux dialogues entiers à vanter les beautés de YImperio rmdicato: ce sont le V et 8* de ses neuî dialogues délia WZrxsa dtUa tolgar poesia : ce qui prouve que les meilleurs critiques se laissent quelquefois aller par indulgence, ou par de petits intérêts particuliers, à prononcer sur des ouvrages médiocres des jugements que U postérité ne confirme pas. G — É.
CARACC10LI (Seb Gu.nm), gentilhomme napolitain de la brandie cadette d'une maison dès longtemps illustre et puissante, fut le favori de Jeanne 11, qui le combla de ses dons, et le laissa maître absolu de sa personne et de son royaume. Caraccioh', pour affermir son pouvoir, fit arrêter, en 1416, Jacques de la Marche, mari de la reine, et il le contraignit ensuite i s'enfuir. H trouva un rival dangereux dans Sforza de-CotignoIa, qui hii disputa, sinon le cœur de la reine, du moins la puissance ; mais l'ambition qui les divisa les réunit aussi à plusieurs reprises, et lorsque Caraccioli fut arrêté le 22 mai 1423 par Alfonse d'Aragon, fils adoptif de la reine, qui voulait se défaire de lui, il dut sa délivrance à ce même Sforza, qui céda aux Aragonais , pour le racheter, le* vingt rjriàorjniera
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les plus illustres qu'il eût faits sur eux à la bataille des Formelles. Caraccioli n'était plus jeune; mais la reine était plus vieille que lui, et, quoiqu'elle ne lui fût point fidèle , elle continuait à l'aimer, à le craindre et à se laisser gouverner par lui. L'ambition et l'orgueil du favori étaient sans bornes; il avait allié sa famille aux plus puissantes du royaume; il s'était surtout assuré l'appui des gens de guerre et de Caldora, le condottiere le plus renommé parmi les sujets de la reine. Il s'était fait nommer grand sénéchal , duc de Vénuze , comte d'Avellino , seigneur de Capouc, quoiqu'il ne portât pas le titre de cette principauté. 11 demandait encore a la reine la principauté de Salcrne et le duché d'Amalli ; mais Jeanne , lassée de l'humeur violente et impérieuse de Caraccioli , avait été obligée de chercher une conlidente ; c'était Cobella Ruffa , duchesse de Suesse, fille d'une tante de la reine. Elle engagea cette princesse à résister aux instances de Caraccioli pour avoir occasion de le perdre. Le favori, ne pouvant obtenir les fiefs qu'il demandait , s'emporta en effet à ce refus d'une manière si violente et si injurieuse que Jeanne fondit en larmes. La duchesse lui arractia aussitôt un ordre d'arrêter Caraccioli. On choisit, pour l'exécuter, la nuit qui suivit le mariage de son fils avec la fille de Caldora, le 17 août 1452. Des assassins se présentèrent à sa porte avec un message supposé de Jeanne , et , feignant que le grand sénéchal avait fait résistance , ils le tuèrent sur son lit à coups d'épée et de liache. La reine ne se contenta pas de pardonner à ses meurtriers, elle conlisqua tous ses biens. Dès qu'on apprit dans Naples la mort de Caraccioli, toute la ville se précipita dans son palais pour voir un homme devant qui le mari de la reine, ses deux fils adoplifs, ses généraux, toute la noblesse et tout le peuple avaient tremblé pendant dix-huit ans. Son cadavre était couché par terre, à moitié couvert de ses habits. Une seule jambe était chaussée, et personne n'avait pris soin de l'habiller et de le remettre sur son lit. S— S— i
CARACCIOLI ( Robert ) , de la même famille que le précèdent , mais plus connu sous le nom de Roberti s DE Llcio , parce qu'il était de Lecoe, dans la province d'Otrante, au royaume de Naples, naquit en 1425, et entra dans l'ordre des mineurs observantins , d'où il passa dans celui des conventuels; il y fit de grands progrès dans les sciences ecclésiastiques et profanes , professa la théologie, et se distingua surtout par son talent pour la prédication dans les principales villes d'Italie. Le luxe de la cour romaine n'échappa pas à ses censures, sans que les papes devant lesquels il prenait cette liberté lui en sussent mauvais gré. Calixte II le chargea de la nonciature dans l'Ombric; Paul II lui donna une commission importante à Ferrare, et le nomma prédicateur apostolique; Sixte IV léleva eu 1471 sur le siège d'Aquino, et ensuite sur celui de Leccc; mais Sixte étant mort avant l'expédition de ses bulles , Caraccioli garda son premier siège, et il mourut à Lccce, le 6 mai 1 495. Si nous en croyons Erasme, son ami, Caraccioli avait commis quelques
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infractions à la règle de St-Françoîs sur l'article de la chasteté. On cite de ses sermons des traits assez semblables à ceux qu'on attribue au petit père André , et même des saillies dignes des Menot , des Barletlo et des Maillard. Ces sermons, dont la première édition est de Venise, 1472, in-4*, ont été souvent réimprimés, et ses deux carêmes ont été traduits en italien. On a encore de lui : 1* de Hominii Formalione liber, Nuremberg, 1479, in-fol.; 2° Tractatu* de incarnatione Ckruti; 3* Spéculum fidei Christianœ, Venise, 1555, in-fol. ; 4* Trac lai us de ImmortalUale anima, ibid. , 1496, in-4»; 5* de mterna Bealitudine, ibid., 1496, in-4». Sa vie a été composée par Domenico de Angelis, Naples, 1705, in-4». T — d.
CARACCIOLI (Jean), fils du précédent, et, comme lui, prince de Melphc, duc de Venouse, d Ascoli et de Sora, grand sénéchal du royaume de Naples, s'attacha au parti français sous le régne de Charles VIII ; il y demeura fidèle sous le règne de Louis XII , et se trouva même à la bataille de Rayonne, en 1512; mais depuis, les changements arrivés dans le royaume de Naples lui tirent embrasser le parti espagnol, et il se déclara pour l'empereur Charles-Quint. En 1528, lorsque Lautrec tenu vainement la conquête du royaume de Naples, il fit prisonnier a Melfi le duc Caraccioli et toute sa famille. L'empereur Charles-Quint ayant refusé le secours dont il avait besoin pour sa rançon, François 1*', jaloux de se l'attacher, lui rendit la liberté, et le fit chevalier de son ordre. Quelque temps après il le nomma lieutenant général de ses armes; et, en considération de la perte de ses terres en Italie, il lui en donna plusieurs en France, comme Romoranlin, Nogent-le-Rotrou et Brie-Comle-Robert. Jean Caraccioli se distingua en Provence, l'an 1536, lorsque Charles-Quint tit une invasion dans cette province. L'année suivante , ii se trouva à la prise du château d'Hesdin, et continua de servir François I,f avec zèle, malgré les efforts que tenta Charles-Quint pour le ramener à sa cause. En 1545, il secourut contre les impériaux Luxembourg et Landrecies. Le bâton de maréchal fut, en 1544 , la récompense de ses services. Nommé l'année suivante lieutenant du roi en Piémont , il rétablit la discipline parmi les troupes. 11 mourut A Suze, en 1550, comme il retournait en France, après avoir donné sa démission. H avait 70 ans. — Son filsatné, Trajan Caraccioli, avait été tué, en 1544, à la bataille deCérisolcs. D— R — I.
CARACCIOLI (Antoine), second fils de Jean, naquit à Melphe au commencement du 16* siècle. Après avoir reçu une éducation distinguée sous les plus habiles maîtres , il se produisit à la cour de François I - , mais il se dégoûta promptement d'un séjour où le rôle que lui imposait sa naissance l'obligeait à des dépenses au-dessus de sa fortune. Un accès de dévotion le conduisit dans le désert de la Ste- Baume, en Provence , où il mena pendant quelque tempe une vie pénitente chez les dominicains qui habitaient cette solitude. De retour à Paris, il prit l'habit de chartreux ; mais, avant d'avoir fini son novi-
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ciat, U passa, en 4538, chez les chanoines réguliers de St-Victor, dont , au bout de cinq ans, H fut fait abbé : c'est le dernier régulier qui ait possédé cette abbaye. Brantôme rapporte qu'à l'arrivée de Charles-Quint à Paris, l'abbé de St-Victor leva deux régiments, l'un d'écoliers, l'autre de moines, afin de reliausser la magnificence de sa réception. Son esprit inquiet et ambitieux lui suscita de fâcheuses affaires avec ses religieux, et le jeta dans les cabales de la cour. On prétend même que, pour complaire à Diane de Poitiers, il intrigua pour faire dépouiller son père du gouvernement de Piémont. Ayant permuté son abbaye avec Louis de Lorraine, pour l'évéché de Troyes, il obtint des lettres de Henri II, adressées au chapitre, pour qu'il lui fût permis d'en prendre possession sans être obligé de se faire couper la barbe , atin de pouvoir être envoyé en ambassade dans les cours étrangères. Caraocioli, devenu évêque, se montra favorable à la nouvelle réforme, la prêcha même en chaire, et finit par en faire profession ouverte ; mais le peuple , indigné de cette apostasie , le força à une abjuration publique. Il entreprit en 1557 le voyage de Rome, pour solliciter auprès de Sixte IV, son parent, le chapeau de cardinal et quelque riche bénélice. Déçu dans ses espérances, il reprit le chemin de la France, et s'arrêta à Genève , où il eut avec Calvin et Théodore de Bèze des conférences qui réveillèrent son penchant |>our la réforme. Il dissimula néanmoins tant que Henri II vécut ; il assista même au colloque de Poissy ; ce fut l'un des six évéques qui, après ce colloque, entrèrent en conférence avec le même nombre de ministres , chargés de trouver quelque moyen de conciliation, projet qui n'eut aucun succès. Caraccioli ne fut pas plutôt de retour à Troyes, qu'il leva entièrement le masque, et prêcha le calvinisme avec beaucoup de chaleur. On assure même qu'il mit le sceau à son apostasie, en se mariant; mais ce fait n'est pas suffisamment prouvé. Forcé d'abandonner son évéché , moyennant une retenue de 4,500 livres de pension , il reprit son titre de prince de Melphe, et se retira à Chàteauneuf-sur- Loire, où il termina sa carrière en 1569. Quelques auteurs disent, sans fondement, qu'avant sa mort, il était rentré dans le sein de l'Église. Théodore de Béze eu fait un portrait qui n'est pas à son avantage : « C'était, dit-il, un homme qui avait beaucoup « plus de paroles que de science, un esprit léger, a ambitieux, et menant une vie impudique. » De Thou assure cependant qu'il ne manquait pas de littérature. Après son apostasie, il continua à prendre le titre d'évêque, quoiqu'il eût renoncé a l'épiscopat, et celui de ministre du saint Évangile, quoiqu'on eût refusé de le recevoir ministre , surtout à cause de sa conduite équivoque après la bataille de Dreux, où il était allé faire sa cour à Catherine de Médicis et au connétable de Montmorenci. On a de lui : 1* Mirmër de la vraye religion, Paris, 4514, in-16; 2* une lettre à Corneille de Muis, évêque de Bitonte, pour justifier Montgommeri de la mort de Henri H, dans le recueil des Epitres des Princes, de Ruscelli ; 3» une autre lettre *ux ministres d'Or*
léans, pour dissiper leurs soupçons sur le peu de sincérité de sa conduite , par rapport à la religion réformée ; elle se trouve dans les Mémoires de Condé; 4'unc traduction italienne de I éloge latin de Henri H, par Pierre Paschalius. Il se mêlait de poésie française et italienne , comme on le voit par quelques pièces peu importantes. On a souvent imprimé sous son nom un traité historique et politique, de Republica Venelorum , qu'on sait être de Tritone Gabricli, noble vénitien. T — d.
CAHACCIOLI (Antoine) , de la même famille que les précédents, entra dans l'ordre des théatins, et s'y distingua au 17* siècle |>ar un grand nombre d'ouvrages qui font honneur à son érudition. Les principaux sont : 1» Synopsis velerum religiosorwn riluum, etc., cum notis ad constituâmes clcricorum regularium comprehensa, Rome, 1610, in-4«, réimprimé à Paris en 1628, in-4°, par les soins du cardinal de Bérulle ; 2° Xomcnclatoret Propylca in quatuor anliquos ekronologos, ISaples, 162G, in-4", rare : ces quatre chroniqueurs sont Hérenipcrt, moine du Monl- Cassin, auteur de V Histoire des princes de Binèrent, depuis 185 jusqu'en 880; Lupus Prolospata, qui a fait une chronique du royaume de Naples, depuis 800 jusqu'en 1102; l'anonyme du Mont-Cassin, qui a écrit une autre chronique du même royaume , depuis l'an 1000 jusqu'en 1202; enfin , Falcon, notaire du sacré palais, a qui l'on doit une relation des événements du même pays, depuis 1102 jusqu'en 1250, écrite avec exactitude, mais d'un style barbare; tout cela est enrichi des notes estimées de l'éditeur. Ces pièces ont été réimprimées dans le t. 5 du recueil de Muralori, avec les additions et corrections de Camille Peregrini. Les autres ouvrages du P. Antoine Caraccioli sont : Biga illuslrium controversiarum ; de S. Jacobi aecessu ad Uispaniam et de funere S. Martini S. Ambrosio procuralo, INaples, 1618, in-8»; Colleclanea vitœ Pauli ; B. Cajetani et soeiorum Vitœ, Cologne, 1612, in-4»; de sacris Ecclesia Napolitana Monumenlis, IVaples , 1645, in-fol , ouvrage posthume; S. Basilii magni Oraliones de jejunio ; Apologia pro psalmodia in choro; Vila S. Antonini. T — d.
CARACCIOLI (Tristan), de la branche cadette dite d'Alleone, naquit vers l'an 1439. Il était homme fait et même marié lorsque le désir de s'instruire lui fit commencer à étudier la grammaire et la langue latine, dont il n'avait aucune teinture. On ne connaît pas la date exacte de sa mort ; mais on voit par ses écrits qu'il vivait encore en 15(7. On a de lui des opuscules latins, que Muralori a insérés dans le t. 22 des Rerum Jtalicarum Scriptores. Tristan y est en général d'une telle réserve, que l'on y apprend rarement des choses particulières. — Métellus Caraccioli , jésuite, professeur de théologie et d'Écriture sainte à Naples, en 1595, a laissé un Commentaire sur le prophète Isole. — Octave CanACCiott , né en Sicile , avocat , et ensuite juge à la cour royale de Palerme , publia en latin un recueil des décisions de cette cour, et un autre intitulé : de Fori privUegiorum Remissione. 11 mourut en 1671. — On cite encore un Michel Caraccioli de
Francavilta, jarisconsultc et poète, qui p'a rjen pu^ j blié, et dont on a seulement conserve* en manuscrit des ouvrages de sa profession , et quelques poésies italiennes ; et un Ferrante Caraccioli , comte de Biccari.qui publia en italien, en loâl,des commeutaircs des guerres de don Juan d'Autriche contre les Turcs, Florence, 1881, in-4°, et qui a laissé en manuscrit dans la même langue, une vie de ce même don Juan d'Autriche; un discours sur les maisons, Caracciola et Carafu; un autre sur le décret du concile de Trente, relatif au duel, etc. C. T— Y.
CARACCIOLI (le marquis Douimque), ambassadeur napolitain prés la cour de France, fut un des hommes les plus spirituels du 18e siècle. Né a Naples en 1"t5, de l'illustre et ancienne famille de ce nom ( vuy. les articles précédents ), il occu|>a de bonne heure les emplois le» plus élevés de la diplomatie, et fut envoyé, en H 63, comme ambassadeur à la cour de Londres, où il séjourna longtemps, quoiqu'il fit profession de n'aimer ni les Anglais ni leur capitale. Regrettant vivement le beau climat de l'Italie, il disait souvent que le soleil tic l'Angleterre ne valait pas la lune de Naples; qu'il n'avait jamais vu sur les bords de la Tamise d'autre fruit mûr que des pommes cuites; et, ce qui était encore plus choquant pour les Anglais, il ajoutait que chez eux on ne connaissait de poli que l'acier, a Comment, disait-il encore, pourrait-on aimer un « pays où l'on parie sur tout, comme sur ma vie, « par exemple ! Un jour mon cheval m'emporte : a II se tuera. — Il ne se tuera pas, disent deux Au- «jjlais. — Cinquante guinées. — Tope. 11 y avait « une barrière ; j'espère que les commis m'arrêle- « ront ; point du tout, mes Anglais crièrent : Il y a « gageure. Mon chapeau tombe d'un coté, ma per- * nique de l'autre, et moi fU terre, ne sachant qui « avait gagné ou perdu ; car j'ignorais si j'étais « mort ou en vie. » Étant passé, eu 1770, de l'ambassade de Londres a celle de Paris, Cariaçciuli trouva le sol français moins froid et les fruits plus murs; mais ce qui le clianna encore davantage, ce fut la société des encyclopédistes et des gens de lettres, tels que d'Alembert, Helvétius, olarmonte", l'ahhé Delille et Neckcr, avec lesquels il se lia cher mesdames Gcoffriu et du Deffant, où il passait toutes ses soirées. Ses amis lui demandèrent un jour comment il faisait jiour suflire en même temps aux soins de la diplomatie. « Rien de plus facile, leur « dit il : c'est le soir, lorsque tout le uioqde est parti, « et qu'il ne reste plus que deux pu trois bavard» «les plus infatigables; je me range avec eux dans « un coin du salon, je les laisse parler, et mes de> « pèches se font, p Louis XV lui ayapt un jour demandé s'il faisait l'amour : «Non, sire, lui répou- « dit-il ; je l'achète tout fait. » D'Alembert a tracé son portrait d'une manière extrêmement piquante et vraie. Voici l'extrait de celui qu'eu a fait tyarmontcl. « Caraccioli, au premier coup d'tfil, avait «l'air épaifl et massif qui annonce la bêtise; mais « sitôt qu'il parlait, ses yeux s'animaient, ses traita « se débrouillaient, son imagination, vive, perçante « et lumineuse se réveillait, g l'on «a \ay.ail comme
% jAilliV $liflfif*H^^* ^-*^ finisse, 1a fyHictôf Qû£i|0H
« pal i lé de sa pensée, le naturel de l'expression, «la grâce de son rire, la sensibilité du regard, « donnaient à sa laideur un caractère aimable, in- « géniçux et intéressant. Peu exerce dans notre lan- « gue, mais éloquent dans la sienne, lorsque le mo( «< français lui manquait, il empruntait de l'italien « les tenues, les tours hardis et pittoresques dont il «enrichissait son langage, et il ranimait si bien du « geste napolitain, qu'où pouvait dire qu'il avait de « l'esprit jusqu'au bout des doigts. Caraccioli avait a étudié les hommes, mais en politique, en homme «d'État, plutôt qu'en moraliste satirique; avec un « grand fonds de savoir et une manière aimable et « piquante de le produire, il avait de plus le mé- ■ rite d'être un excellent homme, et tout |c monde v ambitionnait son amitié. • Il quitta la France avee de très -vifs regrets, en 1780, pour se rendre en Sicile, où il venait d'être nommé vice-roi ; et il alla résider à Païenne d'où il écrivit à ses chers amis de Paris , surtout à d'Alembert. « Depuis que je « suis sorti du corps diplomatique, lui disait-il, je ne « me soucie plus de la politique : tous les gouver- « ucu.|e,Q{s voit égaux ; depuis le Grand Turc ju*- «qu'« l'Angleterre, c'est le despotisme et la tyrannie...* Cependant, quant 4 lui, il menait très* bien son administration de la Sicile, et il en rendait la population fort heureuse, en y pratiquant les systèmes des économistes. Gorani même lui a rendu à cet égard une justice complète. Caraccioli sembla cependant démentir les principes philosophiques qu'il avait professés à Paris, dans les discussions entre son souverain et le pape, où il se montra favorable au saint-siége, et joua le rôle de médiateur. 11 fut néanmoins appelé par Acton, en 17 Mi, ap ministère des affaires étrangères, et mourut en 1789. On trouve dans Grimm, dans les correspondances de d'Alembert, et dans plusieurs recueils, un grand nombre de lettres et d'anecdotes relatives à cet homme si remarquable par son esprit cl ses bons mots. Sans doute on lui en a attribué beaucoup qui ne lui appartenaient pas ; mais, comme on l'a dit, en Eût d'argent et d'esprit, on ne prêle qu'aux riches. (Foy. ci -après Louis- Antoine Caraccioli. A— t et M— d j.
CARACCIOLI (le prince François), de la même fomille que le précédent, naquit à Naples vers 4748, et fut dès l'âge de seize ans consacré au service dfl la marine. U se distingua de bonne heure, notamment dans la guerre de l'indépendance américaine, où, réunis aux ÛoUes do France et d'Espagne, les Napolitains eurent à combattre les Anglais. Le prince Caraccioli servit aussi avec distinction à l'époque où le roi des Deux-Siciles devint l'allié de la Grande - Bretagne contre la révolution française. Revenu dans sa patrie, il s'y montra fort opposé aux intrigues du ministre Acton. En M98, il commandait un vaisseau faisant partie du convoi qui accompagnait le roi et la famille royale en Sicile, sous les ordres de l'amiral anglais Nelson, et il parait que son heureuse navigation, au milieu de ht tempête qui dispersa ce couvoi, excita la jalousie
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de Nelson, au point gue Ton a cru plus lard que cette jalousie avait été la principale cause de ta inort de Caraccioli. En 4799, de retour à Naples avec l'assentiment du roi, il crut ne pouvoir refuser le commandement de la flotte de la république napolitaine, ni la mission de s'emparer de Procida et d'Ischia, expédition qui n'eut pas un heureux résultat, mais qui n'en augmenta pas moius l'estime que la nation portait à Caraccioli. il repoussa ensuite une flotte anglo-sicilienne qui avait tenté un débarquement entre Cumes et le cap de Misent. Le cardinal Ruffo vint, à la (été des Calubrois, rétablir l'autorité royale, et le prince crut devoir prendre la fuite. Il fut arrêté, par la trahison d'un doniestique, dans les montagnes où il s'était réfugié, et amené par des paysans devant l'anglais Nelson, qui se trouvait dans le |>ort de N i pies. Cet amiral,, au mépris de la capitulation accordée par le cardinal Ruffo, convoqua aussitôt ix bord de son vaisseau un conseil de guerre compose de marins napolitains, cl présidé par le comte de Tliurn, qui eut ordre de se prononcer sur cette question : a François Caraccioli est-il coupable de rébellion « pour avoir combattu Ia«£régatc napolitaine la SU- « nerve ? » L'accusé affirma qu'il y avait été contraint ; mais, ne pouvant en fournir la preuve, il fut condamné à mort. Nelson décida qu'il serait pendu au grand màt de la Minerve, et son cadavre Jeté dans la mer. Cet arrêt fut exécuté malgré les prières de Caraccioli , qui supplia vainement Nelson, non pas de lui faire grâce, mais de ne pas le faire mourir de la mort des malfaiteurs. Deux heures après on vit le cadavre de l'infortuné pendn à l'une des antennes de la frégate; et ce triste spectacle du i a jusqu'à la nuit. Le cadavre, jeté ensuite à la mer, reparut quelques jours après à la surface de l'eau, et Tut poussé par le vent contre le vaisseau ci jusque sous les yeux du roi, qui, l'ayant reconnu, s'écria Caraccioli! et ajouta : Que me veuf ce mort? — Une sépulture chrétienne, répondit l'aumOnier du vaisseau qui en ce moment se tenait prés de Ferdinand : Eh bien, qu'on l'enterre, dit le roi ; et les restes de Caraccioli furent recueillis et déposés dans la petite chapelle de Santa-Maria, à peu de distance du rivage. 11 n'avait que .V2 aus. G — ky.
CARACCIOLI (Loijis-A.vrooiB r>E,| naquit a Paris, en 1721, d'une branche de l'illustre maison napolitaine de ce nom, et d'un pore dont la fortune avait été ruinée par le système de Law . Après avoir fait ses études au Mans , où son père était établi, il entra en 1739 dans la congrégation de l'Oratoire ; il s'y distingua par sa facilité et son go&t pour les belles-lettres, par In gaieté de son caractère^ les agréments de son esprit, et par le talent singulier pour imiter, de la voix et du geste, toutes sortes de personnes, au point qu'on s'imaginait converser avec les originaux dont il n'était que la copie. Aprèsavoir rempli sa carrière classique avec succès dans le collège de Vendôme, son goût pour les voyages et le désir de connaître la patrie de ses ancêtres le conduisirent en Italie. Le nom qu'il portait, ses qualités aimables, ses connaissances littéraires, lui valu-
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rent un accueil distingué. Benoit XIV, et ensuite Clément XIII, le reçurent avec honneur, et il conserva des relations épislolaires avec plusieurs membres du sacré collège. Étant passé en Allemagne et de là en Pologne, il devint gouverneur des enfants du prince Rewski, grand général et premier sénateur du royaume. 11 y fut décoré d'un brevet de colonel, afin d'être admis à la table du grand général. Celte place lui valut une pension viagère de 3,000 livres, qui lui a été régulièrement payée jusqu'à la révolution de Pologne , et il témoigna sa reconnaissance cnTers son bienfaiteur, en composant la vie de Wenceslas Rewski, le plus illustre personnage de cette famille. Lorsque sa mission fui terminée, Caraccioli rentra en France, il résida quelques années à Tours , et vint eufin se fixer à Paris. Il sut se rendre intéressant dans plusieurs sociétés par uneconversation gaie, nourrie d'une foule d'anecdotes qu'il avait recueillies dans ses voyages, et qu'il racontait d'une manière piquante. Mais comme sa modique fortune suffisait a peine à son entretien, il chercha à y suppléer par la composition d'un grand nombre d'ouvrages qui se succédèrent rapidement sous sa plume féconde. On ne doit y chercher ni des vues profondes, ni un style brillant ; mais ils respirent tous un grand respect pour la religion et pour la saino morale; ils sont d'ailleurs écrits avec une clarté qui les met à la portée de lotit le monde; ils eurent surtout beaucoup de vogue parmi les ecclésiastiques de province, qui trouvaient dans plusieurs d'abondants matériaux pour leurs sermons, quelquefois même des sermons tout faits. On en traduisit la plupart en italien, en allemand, quelques-uns en anglais. Caraccioli n'avait jamais été dans l'aisance ; les troubles do la Pologne le privèrent de la |>ension que lui faisaient ses anciens pupilles. Il perdit, peu après, une autre pension que lui avait laissée l'impératrice Marie-Thérèse. La ré* volution française lui ravit encore des secours du même genre. Il reçut de la convention nationale, en 1795, un traitement annuel de 2.000 livres. Enlin il mourut à Paris, le 29 mai 1803, ne laissant à son fidèle domestique que 24 francs pour tout héritage , et la recommandation de ses amis. On doit à Caraccioli un grand nombre d'ouvrages, presque tous publiés sous le voile de l'anomme. Sous ne nous flattons pas d'en donner ici la liste complète. Ie Dialogue entre le siècle de Lmis XIV et le sièrle de 2Mi XV, la Haye, 1731, in-12. 2° Caractères de l'amitié, Paris, 1734; ibid., 1760, et Francfort , 1760, in-12. La \" édition est anonyme. 3° Jouissance desoi-mvme, Paris, 1738 et 4701 ; Liège, 1700, in-12. Cet ouvrage, le meilleur peut-être de Caraccioli, offre nn véritable mérite de conception et de style ; 11 embrasse tous les devoirs du chrétien ei de l'homme du monde. On y trouve d'heureux emprunts faits à Montaigne, à Charron et surtout à Sénèquc. A" Le Véritable Mentor, Paris, 1789, In-12. 5° l Iniveri énigmoiiqve, Avignon , 1759 ; Paris, 1766, in-12. 6" Le IJvn à la mode, nouvelle édition marquetée, polie èl têtnUtée. eh Eftrope ( Piris), 100070039 (1759), petil in-12. V La Con-
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versation avec toi m/ me, Paris, 1760; Francfort, 1766, in-12. 8° le Livre det quatre couleurs, aux quatre éléments, de l'imprimerie des quatre saisons en 4444 (Paris, Ducliesne, 1760), in-12. 9° f-e Tableau de la mort, par l'auteur de la Jouittance de toi-même, Francfort (Paris), 1761, in-12. 10" La Grandeur d'âme, Francfort, 1761, in-12. Réimprimé depuis avec le nom de l'auteur. 11° De la Gaieté, Paris, 1762, in-12. 12» le Langage de la raison, Avignon (Paris), 1763, in-12. «3° Vie du R. P. de Condren, général de la congrégation de l'Oratoire en France, Paris, 1764, in-12. 14* Vie du cardinal de Bérulle, fondateur de la congrégation de l'Oratoire en France, Paris, 1764, in-12°; attribuée faussement à l'abbé Goujcl, dans le dictionnaire de Cliaudon et dans celui de Fcller. 15* Esprit des œuvres du marquis de Caraccioli, Liège et Paris, 1764, in-12. Rien n'est moins certain que cet ouvrage soit de Caraccioli lui-même. L'esprit religieux des ouvrages de cet écrivain lui valut l'animadversiou du parti pbilosopliique. Aussi faut-il voir en quels termes de mépris s'expriment sur son compte Voltaire, Grimm et Laharpe. D'un autre côté, Caraccioli avait ses partisans, et l'on publia l'Esprit de ses œuvres. «Je « ne sais, dit Grimm dans sa Correspondance, quel « est l'indigne compilateur qui a osé publier cet « Esprit, c'est-à-dire la quintessence de M. le mar- « quis, colonel au service du feu roi de Pologne, et « un des plus détestables auteurs de ce siècle. » Par une circonstance singulière, cette publication coïncidait avec l'arrivée à Paris (1764) du marquis de Caraccioli, ambassadeur de Naplcs, lequel n'avait aucun rapport avec le marquis de Caraccioli, Tourangeau, si ce n'est une origine commune pour le berceau de leur famille, « Le marquis de Caraccioli « qui vient d'arriver d'Angleterre comme ministre « du roi des Deux-Siciles , disait encore Grimm a (l«r février 1764), n'a vu personne à son passage « qui n'ait frémi à son nom. On était tenté de lui « fermer toutes les portes, dans l'idée qu'il était a l'auteur de tous ces beaux écrits sur la Jouissance a de soi-même, sur la Gaieté, etc. ; et un bomme de « beaucoup d'esprit et de mérite a pensé être con- « fondu avec l'écrivain le plus plat et le plus en- « uuyeux du monde cbrélicn. Aussi ceux qui le pré- « sentaient dans les maisons, criaient d'avance : Ce « n'est pas lui. » ( Voy. ci-dessus Dominique Camaccioli.) 16- Le Cri delà vérité contre latéduclion du tiède. Florence et Paris, 1763, in-12. 17» Le Chrétien du tempt confondu par les chrétiens des premiers siècles, Paris, 1766, in-12. l H" La Heligion de C honnête homme, Paris, 1766, in-12. 19" Eloge historique de Benoit XIV, Paris, 1766, in-12. 20° Lettres récréatives et morales sur les mœurs du temps. Paris, 1767, 4 vol. in-12. M* Derniers Adieux de la maréchale D"* à ses enfants, Paris, 1768, in-12. 22" Dictionnaire critique, pittoresque, sentencieux, propre à faire connaître les usages du siècle ainsi que ses bizarreries, Lyon, 1768, 3 vol. in-12. 23° L'Agriculture simplifiée selon les règles des anciens, Paris, 176!), in-12. 24° Voyage delà Raison en Europe, par l'auteur des Lettres récréatives et morales, Paria, 1771 ;
Lyon, 1773, in-12. 25» Lettres à une illustre morte déeédée en Pologne depuis peu de temps, par l'auteur des Caractères de l'amitié, Paris, 1772, in-12. 26° Les Nuits Clémentines, poème en 4 chants, traduit de l'italien de Bertola, Paris, 1773, et 1778, in-12. 27° Vie du pape Clément XIV, Amsterdam (Paris), 1775, in-12. « Ouvrage utile, dit Laharpe; « on y fait connaître ce pontife, et il y a des anecdotes « curieuses : l'auteur, qui a voyagé en Italie, qui a « même connu le feu pape, et qui a eu de plusieurs « cardinaux des mémoires sur sa vie, écrit en homme « assez instruit des faits. » 28* Lettres intéressantes du pape Clément XIV, Paris, 1775, ibid., 1776, 2 vol. in-12. Une philosophie douce, une morale tolérante, des maximes de conduite sagement exprimées, des préceptes de littérature pleins de goût, qui forment le caractère de ces lettres, sous la plume d'un pape auquel l'opinion publique attachait un grand intérêt, leur donnèrent une vogue extraordinaire. La critique forma des doutes sur leur authenticité ; en effet, elles paraissaient si supérieures à tous lesouvrages de Caraccioli, qu'on ne pouvait se résoudre à les lui attribuer. On le somma de produire ses originaux. Il les lit imprimer en 1777. On crut n'y apercevoir qu'une traduction italienne de l'original français. C'est ainsi que Caraccioli est resté malgré lui l'auteur du meilleur ouvrage qui soit sorti de sa plume, ayant constamment protesté jusqu'à sa mort qu'il n'en était que le traducteur; et, lorsque l'illusion a été dissipée, ces lettres ont encore conservé une partie de leur première vogue. Quoique apocryplies en grande partie, il y en a quelques-unes qui sont indubitablement dcGanganelli. Cette question d'authenticité donna lieu à une polémique, et il parut alors un volume de 5 à 600 pages, intitulé : le Tartufe épislotaire démasqué, ou Epitre très-familière à AI. le marquis de Caraccioli, colonel in partibus, éditeur et comme qui dirait auteur des lettres attribuées au pape Ganganelli, etc. On attribue aux jésuites, ennemis de Ganganelli, ce volumineux factum écrit sans mesure ni convenance. 29« L'Europe financière. Paris, 1776, in-12. Cet ouvrage a reparu la même année sous ce titre : Pari* le modèle des étrangers, ou l'Europe française. 30* Remerciment à l'auteur de l'Année littéraire, de la part de l'auteur des Lettres de Ganganelli, Londres et Paris, 17"fi, in-12. 31* Lettres du frère François, cuisinier du pape Ganganelli, sur les lettres de ce pontife à un Patisien de ses amis, Paris, 1776, in-12. 32* La Vie de Laurent Ricci, dernier général de la compagnie de Jésus, la Haye, 1776, in 12. 33° l'Ecu de six francs, Genève (Paris), 1778, in-12. 54* Lettre historique à madame la duchesse de ***, sur la mort de S. Ml'impératrice reine de Hongrie, Paris, 1781, in-8*. 35* Jésus-Christ, par sa tolérance, modèle de* législateurs, Paris, 1784, in-12. 36* Us Entretiens du Palais-Royal, Paris, 1786,4 parties petit in-42. 37* Vie de madame de Maintenon, institutrice dt la royale maison de St-Cyr, Paris, 1788, 1 vol. in-12; ibid., 1788, 2 vol. in-12, la 1" édition était anonyme. WDiogèneà Porw.Paris, 1787, in 12. 39° La Vraie
manière u cicrrr m yrincr* tir *itr\f s a reywrr . a>tx
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des notes historiques, Paris, 1788. 2 vol. in-12. 40" Lettres d'un Indien à Paris, par l'auteur des Lettres récréatives et morales, Paris, 1788, 2 vol. in-12. 41" Notice intérêt • te et curieuse des ouvrages satiriqw s qui parurent à l'époque des états généraux de 1614, 1789, in-12. 42* Qui mettet-vous à sa place f 1789, in-8° ; c'est une apologie de Necker. 45° Des prérogatives du tiers état, 1789, in-8°. 44* Le Magnificat du tiers état, 1789, in-8". AS9 Anecdotes piquantes relatives aux états généraux, Paris, 1789, in-8°. 46* La Passion de notre vénérable clergé, selon l'évangile du jour, 1789, in-8*. 47° Lettre d'un paysan à son curé, sans date (1789), in-8° de 25 p. 48» La Petite Lutéce devenue grande fille, ouvrage oïl Ton toi» ses aventures et ses révolutions, Paris, 1790,2 vol. in-12. 49» Vie de Joseph II, empereur d'Allemagne, suivie de notes instructives, Amsterdam, 1790, in-8\ 50° La Constitution française, nouvelle édition à laquelle on a joint le Catéchisme de la constitution, Paris, 1791, in-24. 51" Lilasie, ou la Beauté outragée par elle-même, 179S, in-12. 52" Paris, métropole de l'Univers, Paris, 1802, in-12. On attribue encore à Caracrioli: l'Année sainte, ouvrage instructif sur le Jubilé, suivie de la paraphrase de plusieurs psaumes et cantiques choisis, Paris, 1776, in-12 (I). (Voy. le Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes île Barbier.) ï— n et I)— r— r.
CARACCIOl.O (François), religieux qui vivait sur la fin du 16» siècle, fonda l'ordre des clercs réguliers mineurs. Béatifié par Clément XIV, il fut canonisé en 1807 par Pie VII, qui nomma procurateur de la canonisation du nouveau saint, son parent, le cardinal Diégo Innico Caracciolo, né à Naples le 15 juillet 1759, mort en 1819. . Z—o.
CARACTACUS, roi des Silures (peuple de la Grande-Bretagne dans la principauté de Galles) , était l'un des princes les plus puissants qui régnaient dans cette Ile, lorsque le proprétcur Publius Ostorius y fut envoyé par l'empereur Claude contre les ennemis qui s'étaient jetés sur les terresdes alliés de Rome. Caractacus, dit Tacite, s'était élevé, par beaucoup de revers et beaucoup de succès, fort audessus des autres cbefs de la Grande-Bretagne. Il se défendit longtemps, et opposa une grande résistance au général romain. Enfin, son armée s'étant renforcée de tous ceux qui craignaient la paix avec ce peuple, il choisit son champ de bataille, harangua ses troupes, et se décida à une affaire générale. Du côté des Romains, le soldat demandait aussi le combat. Ostorius marcha aux retranchements de l'ennemi, le mit en déroute, et le poursuivit sur les montagnes ou il s'était réfugié. Caractacus fut vaincu; on prit sa femme et ses enfants, et ses frères se rendirent. Quant à lui, il crut trouver un asile auprès de Casiimandua, reine des Brigantes (peuple du duché d'York); mais elle le livra au vainqueur. Il fut conduit à Rome, où son nom avait quelque célébrité:
(<) On a encore de lnk te Langage de ta rtlifio», par l'antrar do langage de la rtiton. Pari». W>, in U; ta Pologne telle qu'elle uetè, Mit qu'elle et et telle qu'elle doit être. Paris, <T75. iiHJ. H a ttè publie en 1771, sous le nom de Cararcioii, une Ultra è * Altmitri, qui a pour auteur le comte de Gruooard. D — n — r.