‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 92 sur 97 · CAR (MS · texte numérisé non relu

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il avait bravé la puissance des Romains pendant neuf ans. On attacha une grande importance à la prise de Caraclacus ; Claude augmenta les États de la reine Castimandua qui l'avait livré, et on décerna les honneurs du triomphe à Ostorius. On compara cet exploit à la prise de Syphax par Scipion, et à celle de Persée par Paul-Emile. La femme de Caractacus, ses enfants et les grands de sa cour , servirent au triompliede Claude, devant lequel ils s'humilièrent; mais lorsque Caractacus fut amené devant son tribunal, il conserva toute la fierté de son caractère, et lui adressa ce peu de mots que nous a conservés Tacite : « Si dans mes jours de prospérité j'eusse eu « aulant de modération que j'avais de noblesse et « d'éclat, celte ville m'eût vu entrer dans ses murs «l'ami, non le captif des Romains; leur empereur « n'eût pas dédaigné l'alliance d'un prince né d'il- « lustres aïeux et souverain de plusieurs contrées. « Aujourd'hui la fortune vous élève de toute la hau- « leur d'où elle me précipite ; mais j'étais né ayant « des chevaux, des armes, des soldats, des trésors. « Etcs-vous surpris qu'avant de les perdre, j'aie teno té de les défendre ? Parce que vous voulez com- « mander au monde, s'ensuit-il que le monde veuille a vous obéir? Au reste, si je me fusse livré sans dé- « fense à votre discrétion, votre victoire eût été aus-

■ si obscure que mon infortune. Dans ce moment • même, envoyez-moi au supplice, et l'oubli de mon

■ nom va suivre la fin de mes jours. S'il vous plaît « de me laisser vivre, je deviens un monument éter- « nel de votre clémence. — Vivez et soyez libre, » répond l'empereur, moins entraîné par sa propre émotion que par celle qu'il a lue dans les yeux d'Agrippine. Aussitôt c'est a qui détachera les fers de Caractacus, de sa famille, de son cortège. Caractacus, comme les autres, court se jeter aux pieds de l'impératrice ; la reconnaissance obtient de lui l'hommage que la crainte n'avait pu lui imposer. La place publique retentit d'acclamations, et pendant ce jour et pendant ceux qui le suivent, la cour, le sénat, le peuple, l'armée, s'occupent à l'envi d'honorer le courage et d'adoucir le malheur des Bretons. Enfin Claude renvoie Caractacus cliargé de présents exercer encore dans sa patrie une puissance qu'il ne tournera plus contre les Romains. C'était le seul moyen qu'eût le vainqueur de s'égaler au vaincu : la politique l'eut saisi au défaut de la générosité. Les historiens écossais disent que Caraclacus régna encore deux ans sur leurs ancêtres, uniquement occupé du gouvernement intérieur et du bonheur de ses sujets. On ne le vit plus prendre aucune part aux nouvelles insurrections des peuples britanniques contre Ostorius, et les Romains n'eurent pas lieu de se repentir d'avoir voulu.

Essayer désormais Sur ce cœur indompté la force de* bienfaits.

Ces mêmes historiens placent la mort du héros breton dans l'année 54 de J.-C. 11 y a une tragédie anglaise de Caractacus, ouvrage estimé, dont l'auteur est M. Masson. C'est par erreur que Haym a

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attribué uriè ritëdàille S Càractacus ; elle n'est pas de ce prince. . T — n.

CARADËUC t)E LACHALOTÀIS. Voyez LA-

CttALOTAlS.

CARADOG (de LASN-CAnVAN), historien breton, né dans le pays de Galles, florissait sous le roi Etienne, dans le 12' siècle, et mourut fers l'an H 50. Il était contemporain de Guillaume de Malmcsbury et de Henri de Huntington, qui ont aussi écrit l'histoire de leur temps. Il est loué par Gaufrid, ou Galfrid, évéque de St-Asaph , qlll vivait dans le môme Siècle. Caradog écrivit l'histoire des petits rois bretons, qui, lorsqu'à les Saxons étaient maîtres de l'Angleterre , se maintinrent dans les montagnes de Galles et de Cornouaillcs. Cette histoire, qui a pour titre: Brttannorûm Siietcssionet, est conservée manuscrite dans un des seize collèges de Cambridge (celui de St-Renbit). Cette chronique commence à l'an 086, et a été continuée jusqu'en 1280. Caradog composa aussi un livre de Si(u orbls, une vie de St-Gildas l'Ai ho m'en, et des commentaires sur Merlin le Calédonien. Sylvestre Giraldus, qui vivait sous Henri H, avait écrit la vie de Caradog. V— ve.

CARAFFA, maison illustre de Naples, qui se (ht issue de la fontille Sismondi de Pi se. Le premier ijiil porta ce hotn était un gentilhomme pisan qui Sauva l'empereur Henri VI , en se jetant entre lui cl un homme qui voulait le blesser. 11 reçut luimême le coup destiné a son souverain, cl son sang coulant sut son boucticr, Henri l'essuya de la main, èt lit paraître (rois raies blanches sur le rouge; il disait en niêmc temps : Cû\ à fè tti'e la voslra. Telle est l'origine du Çrj de guerre et des .M ines de Sismondi et des Caraffa, qui prirent etix-riiéhies, comme «in nom , les deux premiers mots de leur devisé : tara /?. — Varaffello CvtutTA, un des courtisans de Jeanilé 1", entra dans la conjuration contre André, sort mai l, et fut au nomhre de ceux qui périrent sur I'échafaud.— Antoine CaIiaFFa, surnommé Ilfatiziri, Un des politiques les plus habiles qu'il y éftt alors eh Italie, fut envoyé par Jeanne II en ambassade auprès du pape Martin V, et c'est là qu'il conclut, en 1450, l'alliance entre Jeanne et Alphon>c d'Aragon, en vertu do laquelle le dernier fut adopté comme héritier du royaume de Naptcs. Paul IV, enlin , fait p.ipe en 1555, était de la même famille, ét ses cffol ts pour rendre les Caraffa puissants troublèrent longtemps l'Italie. S— S— i.

ËAnAFFA ((1iiaui.es, Jean et Antoine), neveux du pape Paul IV, et fils de Jean-Alfonsc Caratfa. comte de Mmilorio. Paul IV, ayant été élevé a In èlutire de St-Pierre, le 25 mai 1555, voulut aussitôt faiie jouir ses parents de sa haute dignité. Il créa Charles cardinal , quoique ce seigneur, qui auparavant était chevalier de Malle, fut bien plus fait pour la carrière militaire, qu'il avait suivie jusqu'alors, que pour les dignités de l'Église. Il dépouilla , sous de vains prétextes , les Colonne, de tous les biens qu'ils possédaient dans I Étal de Rome, pour en investir Jean , le second de ses neveux, qu'il créa duc de Palliano, et capitaine général de l'Église; enlin il donna au troisième, An-

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toinc, le marquisat de Montebcllo, qu'il enleva aux comtes Guidi. Comme ces confiscations excitaient le mécontentement de toute la noblesse , et que les Colonne, protégés par le vice-roi de Naples , voulaient recouvrer leur patrimoine , l'élévation des CarafTa engagea les Etats de l'Église dans une guerre sanglante ; elle devint même bientôt générale en Europe ; car, tandis que le duc d'Alhe , vice-roi de Naples, envahissait te patrimoine de St-Picrre , Henri II, roi de France, rompait, pour le défendre, |a trêve qu'il avait fâitc l'année précédente avec les Espagnols. Philippe it faisait à contre -cœur la guerre à l'Eglise ; il proposa des termes avantageux aux Caraffa ; au lieu des biens de la maison Colonne, Il offrit de leur donner l'État de Sienne, nue les armes de Charles-Quint avaient soumis en 1555. Mais Paul I y formait déjà pour ses neveux des projets plus relevés; il soutint la guerre avec l'aide du duc de Guise, qui lui avait amené une armée française , et , lorsque la retraite de ce duc le força enlin à traiter, il trouva Philippe encore disposé à lui accorder des conditions avantageuses. Son traité Tut signé le 15 septembre 1557. Mais Guise en partant avait dénoncé aU pape l'insolence de ses neveux. Leur rapacité et les injustices qu'ils commettaient soulevaient contre eux tous les sujets de l'Eglise , et l'ambassadeur de Toscane vint à son tour porter les plaintes de son maiire contre leur arrogance. Paul IV, qui jusqu'alors avait paru n'écouter que leurs conseils, prit tout â coup contre eux les résolutions les plus violentes; il les dépouilla, au mois de janvier 1559, de toutes les dignités qu'il avait accumulées sur leurs têtes , et il les exila loin de Rome, après avoir déploré , dans une congrégation de cardinaux, les fautes qu'il avait commises pour avoir suivi leurs conseils. Huit mois après a\oir exercé contre sa famille une justice aussi sévère, Paul IV mourut, le 18 août 1559, et le peuple de Rume, ne trouvant point encore que les Caraffa fussent assez punis , effaça de tous les monuments publics leur nom et leurs armes, força les prisons pour en tirer leurs ennemis, et brûla le palais de l'inquisition que Paul IV avait rendue plus sévère. Dans le même temps, le sénat romain abolit, par un décret, la mémoire des Caraffa, et le conclave porta sur la chaire de St-Pierre le cardinal de Médicis, leur ennemi, qui prit le nom de Pic IV. Le nouveau pontife uc larda pas à satisfaire le désir de vengeance que le peuple manifestait. Le 7 juin 1500 il lit arrêter les deux cardinaux Caraffa , Charles et Alfonsc, ainsi que Jeau CarafTa, comte de Monlorioj un procès fut intenté contre eux, 6oit pour les abus dont ils s'étaient rendus coupables dans leur administration, soit pour le meurtre de la comtesse de Monlorio, que son mari avait fait assassiner. Plulippe H pressait leur condamnation pour se venger de Caraffa ; le pape lui-même désirait donner un exemple aux favoris et aux neveux des pontifes à venir. Le procès fut lu aux cardinaux , eu plein consistoire, le 3 mars 1561, ensuite de quoi Charles Caraffa, cardinal, fut dégradé et condamné à mort ; il fut étranglé dans sa prison la nuit suivante. Jean

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Caraffa , comte de Montorio, eut la tête tranchée le même jour, avec le comte d'Allfc et Léonard de Cardine qui l'avaient assisté dans le meurtre de sa femme ; son neveu, le cardinal Alfonse CarafTa , fils du marquis de Montebello, fut relâché, après avoir été soumis i une amende de 40(>,00() écus, et se relira dans son archevêché de Naples, où il mourut de chagrin en 1565. âgé de 25 ans. Mais après Pie IV, Pie V, créature de Paul IV, Tut élevé, en 4566, au pontificat. Ce nouveau pape fit revoir le procès intenté aux Caraffa ; la sentence prononcée contre eux fut déclarée injuste ; le juge rapporteur, Alexandre Pallentiere , eut la tète tranchée , et la maison Caraffa fut restituée dans les honneurs qu'elle tenait de ses ancêtres, et qu'elle a conservés jusqu'à nos jours. S— S— i.

CARAFFA (Antoine), cousin du troisième ou quatrième degré de Paul IV, fut élevé par ce pontife, qui lui donna pour maître le savant Guillaume Sirlet, et le pourvut d'un canonicat de St-Picrrc ; mais à la mort de son parent et protecteur, Antoine partagea la disgrâce de sa famille, fut dépouillé de son canonicat, et contraint de se réfugier à Padoue, où il se livra à l'étude avec le plus grand succès. Pie V le rappella à Rome , et le lit cardinal en 1566 ; nommé bientôt après chef de la congrégation établie pour la correction des Bibles, il fut encore, sous Grégoire XIII , bibliothécaire apostolique, et mourut en 1591. 11 a traduit du grec en latin : Calma peterum Patrum in omnia $acrœ Scriplurm canlica, Cologne, 1572, in-8»; c'est lui qui a recueilli les lettres des papes, depuis St. Clément jusqu'à Grégoire VII, et qui est l'éditeur de la Bible grecque des Septante, imprimée avec la préface et les scolies de Pierre IIorin,Rome, 1587, in-fol., à laquelle il ajouta des notes et une épltrc dédicatoire au pape Sixte V. C. T — v.

CABAFFA (Charles), de la même famille que les précédents, naquit à Naplcs, en 1561, et à l'âge de seize ans, entra chez les jésuites. La faiblesse de sa santé l'en fit sortir après cinq ans. 11 prit alors le parti des armes, et se signala par ses exploits. 11 vint solliciter à Naplcs la récompense de ses services militaires. « Un jour, dit M. de Chateaubriand, a comme il se rendait au palais, il entre par hasard « dans l'église d'un monastère. Une jeune religieuse « chantait; il fut touché jusqu'aux larmes de la « douceur de sa voix ; il jugea que le service de « Dieu doit être plein de délices , puisqu'il donne « de tels accents à ceux qui lui ont consacré leurs « jours. Il retourne à l'instant chez lui, jette au feu « ses certificats de service, se coupe les cheveux, et « fonde l'ordre des ouvrier* pieux, qui s'occupe en « général du soulagement des infirmités humaines. « Cet ordre lit d'abord peu de progrès, parce que, a dans une peste qui survint à Naplcs, les reli- « gieux moururent tous en assistant des (pestiférés , « à l'exception de deux prêtres et de trois clercs. » Grégoire XV approuva , en 1621 , la congrégation des ouvriers pieux. CarafTa mourut le 8 septembre 4633. A. B — t.

CARAFFA (Vincent), frCrcdu précédent, se fit jé-

suite à l'âge de seize ans, parvint, en 1645, à être élu le septième général de sa compagnie, et mourut en 1619, âgé de 74 ans. Il a laissé quelques ouvrages de piété. Sa vie a été écrite en italien par Dan. Bartoli, Rome, 1651 , in - ; ' ; traduite en français par Thomas Leblanc, Lyon, 1652, in-8*. et en latin par Jacques Ilantin, Liège , 1655, in-8*. — Charle$ Caraffa , fils de Fabrice Caraffa, prince de la Boccella, fut évêque d'A versa, nonce apostolique, puis légat en Allemagne prés de Ferdinand II, sous le pontificat d'Urbain VIII , et mourut en 1644. 11 est auteur d'un ouvrage intitulé : Commentaria de Germania sacra resfaurata, Cologne, 1639, in-8°; cet ouvrage, qui a été traduit en français par le président Cousin, concerne l'état de la religion en Allemagne, depuis l'an 1620 jusqu'en 1629; une seconde édition, Francfort, 1641, in-12, contient une deuxième partie ou continuation jusqu'à 1641, faite par un anonyme. — Charles-Marie Caraffa, dernier des princes de la Roccella et de Butero, premier baron du royaume de Naplcs, et grand d'Espagne, fut ambassadeur extraordinaire d'Espagne à Rome en 1684 , et mourut sans enfants en 1695, âgé de 49 ans. C'était un homme très-savant dans les belleslettres, les langues, l'art oratoire, la philosophie, les mathématiques et le droit. On a de lui : Opère politiche ehristiane, 1692, in-fol., divisées en 3 parties, dont la 1 " concerne le prince, la 2* l'amlKissadeur, et la 3* est une critique de la Raison d'htat de Machiavel : les deux premières avaient déjà été imprimées séparément. C. T — I,

CARAFFA (Jean-Baptiste), est auteur d'uue histoire de Naples, Istorie del regno di RapoU, Naplcs, 1572, in-4"; elle est divisée en 10 livres, s'étend depuis l'an 1" de Jésus -Christ jusqu'à l'an 1481 , ci est précédée d'un discours sur l'origine des familles nobles de la ville de Naplcs. Le même publia un traité de Simoniis, 1566, in-8<>. — Placide Caraffa, historien de Sicile, né à Modica au commencement du 17e siècle, a composé: Ie Si* caniœ Descriptio et Delineatio, in qt*a ulterioris remit Siciliœ partes , oppida, bUora, breviler describuntur, Païenne, 1653, in-4". 2° Motucce illustrais Desctiptio site Delineatio, Païenne, 1654, in-4" : c'est la description de la patrie de l'auteur. Burmann a inséré ces deux ouvrages dans sa collection. 3° La Chiave deW Jtalia, compendio istoriev délia citlà di Messina, Venise, 1670, in-4*, raie; cette histoire de Messine remonte à l'an du monde 1974, et s'étend jusqu'à l'an 1670 de J.-C. — Joseph Caraffa, savant italien du 18* siècle, est connu par divers ouvrages estimés, entre autres par celui qui a pour litre : de Gytnnasfo romano, et de ejus professoribut, ab urbe condita usqve ad hac tetnpora, libti 2, Rome, 1751 , in-4*. Il avait publié dans la même ville, en 1749, in-4* ; de Capella régis utriusque Siciliai et aliorum principum liber unu$. — François Caraffa, prince de Colobrano, poète italien du 18e siècle. Ou a de lui : Rime tarie, FVorenc*, VISO, in-4". \— \e.

CARAFFA (Hector) , comte de Ru\o, était 1$ chef de ruiMlie fauùUe d« tfcya $fc^«VW-

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tier de leur nom et de leur fortune. Il naquit à Nazies en 1767. Entre de bonne heure dans la carrière des armes , il l'aurait parcourue avec succès à la faveur de son nom et de son courage , si, entraîné par l'esprit du siècle, il n'eût pas , dès le commencement, pris part aux événements de la révolution. Arrêté, en 1796, à cause de ses opinions libérales, Caraffa fut tellement exaspéré qu'il conçut une insurmontable haine pour les auteurs de son arrestation, ainsi que le plus violent désir d'en tirer vengeance. Échappé du château St-Elme ou il était détenu, il quitta le royaume de tS'aples, et n'y revint qu'en 1799, avec l'armée de Championnet et les révolutionnaires napolitains accourus de toute l'Italie. Caraffa se distinguait entre eux tous par sa bravoure et par une détermination incroyable, qui le poussait à former sans hésiter les entreprises les plus périlleuses. Les hommes de sou parti le regardèrent , dés ce moment , comme un instrument révolutionnaire des plus actifs et des plus puissants, et ils s'empressèrent de lui confier les forces nécessaires pour pu venir à l'accomplissement de leurs vœux. Appelé au commandement d'une légion napolitaine envoyée pour seconder les mouvements du général Duhesme contre l'armée du cardinal Ruffo, Caraffa assista au siège d'Andria , principal fief de sa famille, escalada tout seul ses murailles, y pénétra les armes à la main, s'en rendit maître , cl fut le premier à voter en conseil qu'on livrât celte ville aux flammes. A cette prise succéda celle de Trani ; et CarafTa, le premier à l'assaut, fut encore le premier â voter sa destruction. Rigueurs et cruautés inutiles, car les efforts des insurgés n'arrêtèrent point la marche de RufTo, qui en peu de jours se trouva aux portes de la capitale (1799). Caraffa, ne pouvant plus tenir la campagne, se vit réduit a se renfermer dans la ville de Pescara , dans l'espoir d'opposer sur ce point à l'ennemi victorieux une longue et sanglante résistance. Mais ses prévisions ne furent pas plus heureuses que son expédition. La capitale fut envahie, les châteaux qui la défendent capitulèrent, le parti républicain se dispersa, et les destinées du royaume furent livrées au cardinal Ruffo. Sommé de rendre, conformément à la capitulation intervenue avec les républicains, les places de Civilclla et de Pescara, Caraffa déposa les armes, et il se disposait à quitter le royaume, lorsqu'il se vit arrêté et emprisonné. Traduit devant une commission, il fut condamné à la peine de mort avec beaucoup d'autres. 11 marclia au supplice avec intrépidité, insista pour que le bourreau le frappât sur le devant du cou , voulant, disait-il, voir descendre sur lui le glaive qui devait trancher ses jours; et, fidèle à son caractère, il reçut le coup fatal avec un imperturbable sang-froid. G— ny.

CARAFFE (Armand-Chahles . peintre, élève de David, était à Moine au moment où la révolution éclata. Il vint en France y prendre part, et fut un des membres les plus assidus du club des jacobins. On le vit, dans la séance du 20 août 1794, réclamer pour les seuls patriotes la liberté indélinie de la presse. Mais quelque» jours après il déclara ne pas

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. en vouloir. « La liberté indéfinie de la presse, dît— ' « il, est destructive du gouvernement révolution- , • naire et ne favorise que l'aristocratie : d'ailleurs « elle est inutile, parce qu'elle ne peut atteindre son « véritable but qui est de faire destituer un fonc- « liminaire public et rapporter une loi. » Cette opinion le lit accuser -l'être en contradiction avec lui. I même, et de vouloir rompre l'union qui devait I exister entre la convention et les jacobins. 11 demanda à répondre â cette inculpation, mais l'assemblée passa à l'ordre du jour. Le 3 septembre, il demanda que Lecointre, Tallien et Fréron fussent expulsés de la société des jacobins. Il les représenta comme auteurs d'un système de modérantisme qui avait ouvert les portes aux aristocrates. « Le gouvernement révolutionnaire, dit-il, a été attaqué « par des écrits , le feu a été mis â l'Abbaye, à la « poudrerie de Grenelle. 11 y a eu des signaux faits « à la plaine de Grenelle, et qui se sont répétés 1 « Mcudon le jour de l'incendie de l'Abbaye. L'aris- « tocratie lève audacieusement la tête dans les dé- « parlements, surtout dans celui du Calvados, où « les bustes de Marat et Lepelletier ont été enle- « vés, etc. » Quelques jours après il demanda que l'on engageât la convention â faire une proclamation au peuple pour se porter contre les ennemis connus de la république. Ce démagogue brouillon se vit enlin arrêté le 30 novembre suivant avec quelques autres membres aussi turbulents que lui, et ne fut rcuduà la liberté que quelques jours avant le 13 vendémiaire an 4 ( 18 octobre 1797 ) ; il courut aussitôt se ranger parmi les défenseurs de la convention nationale. 11 abandonna ensuite la carrière politique pour se livrer à son art , auquel il s'entendait un i*u mieux. En 1789, il avait exposé au'Salon des dessins dont les sujets étaient : Popilius traçant tm cercle autour cTAnliockus; Agis rétablissant à Sparte le» lois de Lycurgue, et faisant brûler tous Ut actes tendant à détruire l'égalité. Après sa sortie de prison, il exposa plusieurs sujets peu importants, en général empruntés à l'Orient. Dès l'an 1800, il n'exposa plus. Peu de temps après, Caralfe partit pour la Russie, où il passa quelques années utiles [tour sa fortune, mais funestes à sa santé. De retour à 1*81-18 01 1812, il y languit jusqu'en 1814, époque de sa mort. Il a peint un sujet allégorique que l'on voit à l'hôpital de la Charité, et qui est fort estimé. Le Louvre possède de cet artiste un tableau représentant le Temps brisant les ailes de F Amour qui se console dans les bras de C Amitié. On a aussi de lui une collection de costumes orientaux. D— h — n .

CARAGLIO, ou CAR AL ILS (Giovanni J acquit , surnommé Jacobus Veronensis , dessinateur et graveur au burin, naquit à Vérone dans le commencement du 16" siècle, et fut élève de Marco Antonio Raimondi. Cet artiste a beaucoup gravé d'après Raphaël, Jules Romain, le Titien, le Parmesan , et autres grands maîtres. Ses estampes sont cependant assez rares. Il a gravé aussi avec succès des camées, des pierres fines et des médailles. Il s'occupait encore d'architecture. Sigiamond 1", roi de Pologne, l'appela près de sa personne, et le com-

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bla de bienfaits. Caraglio est mort à Parme, en 1551 P— B.

CARAMAN. Voyes Riquet.

CAR AMAN (Pierre-Paul de Riquet , comte de), lieutenant-colonel des gardes françaises, lieutenant général des armées du roi, et gouverneur de Menin, était ledeuxiéme lilsde Pierre-Paul de Hiquet, créateur du canal de Languedoc. (Voy. HiqtiET.) Ayant eu le bonheur de sauver l'armée au combiit de Wangecn1703, une place de grand'eroix de St-Louis fut créée pour lui , et il y fut élevé sans avoir passé par les grades intermédiaires. Les provisions qui lui furent accordées sont trop glorieuses pour ne pas trouver ici leur place : o Louis, par la « grâce de Dieu, etc. Bien que, par l'édit de créait tion, il ait été statué que les grand'eroix de no- « tre ordre de St-Louis ne pourront être tirés que « d'entre les commandeurs, nous avons estimé de— « voir passer par-dessus cette règle en faveur de « notre très-cher et bien-aimé le sieur de Caraman, « chevalier dudit ordre, etc.; et, sans attendre qu'il « y eût de grand'eroix vacante, l'élever à cette di- « gnité, alin de le récompenser, par cette marque « de distinction, du service important qu'il vient de « nous rendre au combat de VVange, où, avec onze « bataillons, il a soutenu tout l'effort d'une nom- « breuse armée et assuré, par ce moyen, la retraite « de trenle-cinq de nos escadrons . Il avait d'abord « rangé ses onze bataillons sur deux lignes ; sa « droite appuyée aux haies voisines du village de « Wange, que les ennemis occupaient ; et , par le « feu de cette infanterie et de ses once compagnies « de grenadiers postées à la tète des haies, a résisté « pendant un temps considérable , et même poussé « vigoureusement celle des ennemis. Il fut obligé « ensuite de se déposter et de s'avancer dans la « place pour couvrir notre cavalerie , et lui donner « le temps de se rallier, comme elle lit ; mais enfin, « voyant qu'elle était obligée de céder à l'excessive a supériorité du nombre de celle des ennemis , ce « fut dans cette occasion qu'il sut glorieusement « prendre son parti , puisqu'au lieu de se tourner « vers sa droite, où les haies rendaient la retraite de « son infanterie aussi assurée que facile , il ne crut « pas devoir abandonner notre cavalerie, de sorte « qu'il n'hésita pas à marcher au milieu d'une « plaine découverte, où il n'y a ni ravin ni buisson; « et ayant fait mettre tous ses bataillons ensemble , « les drapeaux dans le centre , il se lit jour, par le « feu de la mousqueterie et les baïonnettes au bout

* du fusil , au travers de plus de quatre-vingts es- « cadrons ennemis, suivis et soutenus de toute l'iu- « fanterie de leur armée, et malgré même plusieurs « décharges de canon qu'il eut à essuyer, il traversa « la plaine sans que les ennemis aient pu l'entamer. « Cette retraite, l'une des plus glorieuses qui se « soient jamais vues, ne marque pas moins la capa- « cité du premier ordre dans le chef qui l'a con- ■ duite , qu'une fermeté intrépide et un véritable

* zèle pour le bieh général de l'Etat ; et comme un « service si signalé nous rappelle encore tous ceux « qu'il a rendus depuis plus de quarante ans qu'il

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« entra en qualité d'enseigne dans le régiment de « nos gardes françaises , et nous fait agréablement « souvenir qu'il s'est acquitté de tous lescommande- « ments divers qui lui ont été confiés, d'une manière « qui nous le fait considérer depuis longtemps « comme un des meilleurs officiers généraux que « nous puissions avoir dans nos armées, nous avons « été bien aise , à l'occasion de sa dernière action , « de lui donner un témoignage éclatant de la salis- « faction que nous avons de ses services et de l'es- « time particulière que nous faisons de sa personne, a A ces causes , etc. Fait à Versailles, le dix-liui- « tiéme jour de juillet 1705. Signé LOUIS (1). » Le comte de Caraman, après avoir fait toutes les guerres de ce temps, mourut à Paris, sans postérité, le 25 mars 1750, à l'âge de 81 ans. T— i.

CARAMAN (Victor-Maurice de Riquet, comte de I, ne le 16 juin 1727, arrière-pelil-lils de Pierre-Paul de Riquet, créateur du canal de Languedoc (voy. Riqcet), était fils de Victor-Pierre-François de Riquet, comte de Caraman, lieutenant général des armées du roi , et de Louise-Madeleine Portail, dont le père était premier président du parlement de Paris. Le comte Victor-Maurice reçut, en 1743, le brevet de capitaine dans le régiment de Berri cavalerie, chargea trois fois , à la tète de sa compagnie, à la bataille de Fontenoy, la fameuse colonne anglaise, et se distingua , si jeune encore , par tant de bravoure et d'intelligence, qu'il fut dès lors nommé colonel du régiment de Vibraye dragons, qui prit le nom de Caraman. 11 épousa, en 1750, à Luné vil le. en présence du roi de Pologne, dont il était chambellan, la princesse Marie-Anne deChimay ; lit toutes les campagnes de Flandre, de la guerre de sept ans, et y déploya autaut de talent que de courage. Il contribua surtout à donner une réputation à l'arme des dragons, |>articuliéreinent à son régiment qui, employé presque toujours aux avant-gardes, se rendit très-redoutable. Le 12 décembre 1737, il remporta ù Embeck un avantage éclatant sur le corps de Schullembourg , et reçut des félicitations publiques du général en chef, le maréchal de Richelieu , qui l'envoya porter a la cour la nouvelle de ce succès important. Il fut fait brigadier le 22 décembre de la même année. Chargé de bloquer Dusscldorf avec un corps de 2,000 hommes, il enleva l'arriére-garde ennemie et la caisse militaire. Le 18 octobre 1758, le corps commandé par le duc Je O livreuse ayant été surpris par celui du prince héréditaire de Brunswick , et forcé de faire sa retraite, Caraman , commandant l'arriére-garde, reprit un étendard, deux canons, et protégea cette retraite en arrêtant l'ennemi. Il obunt encore, Je 13 septembre 1761, prés de Neuhaus, un avantage signalé sur la division du général Mansberg, et devint successivement maréchal de camp, lieutenant général, commandant en second de la province des Trois-Évôchés; enfin grand'eroix de St-Louis et comman-

(I) Ccl «aide ecl le seul dan* U Biographie umverulle dont des lettres patentes aient (ait noblement tous les frais ; et quel antre récit vaudrait ce magnifique témoignage donné pu un roi qui. ftand

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dant général de la Provence en 1786. Les devoir? . militaires qu'il remplissait avec tant de zèle ne l'empécliaicnt pas de veiller aux travaux du canal de Languedoc, dont il était principal propriétaire. Aussitôt qu'il avait un peu de liberté, il en profitait pour aller à Toulouse, et il examinait dans les plus grands détails tout ce qui pouvait contribuer à l'amélioration de ce magnifique ouvrage. Il étonnait les gens de l'art par l'étendue de ses connaissances, et ses principes d'ordre et de justice. Le3 nombreuses productions qu'il a laissées entre les mains de ses enfants prouvent la fécondité de son esprit : ce sont des manuscrits sur les matières militaires, administratives, agricoles, etc. (I). Lorsque les premiers troubles de la révolution se manifestèrent, il partit d'Aix pour Marseille, à la tète de quelques troupes, et parvint à y rétablir l'ordre, ce qui lui attira beaucoup de menaces et d'invectives de la |>arl des agitateurs. Forcé bientôt de quitter la France , il se réunit avec sa famille à Bruxelles. Appelé auprès des princes français à Coblcntz, en 179*2, il en reçut le commandement d'une division de cavalerie, et fit avec eux la campagne de Champagne. Au licenciement de l'armée, il se retira en Hollande, ensuite à Munster et à Brunswick, où le duc régnant , qui avait été souvent son adversaire dans la guerre de Hanovre, le reçut avec beaucoup d'égards. Il passa dans cet asile les temps les plus orageux de la révolution. Hentré en France en 1803 , dans l'esjx)ir d'être utile à ses enfants, il ne recouvra rien de son immense fortune. Sa douce philosophie lui lit supporter sans murmure les pertes qu'il ne pouvait réparer et les privations qui en étaient la suite. Se livrant à ses occupations habituelles, il vécut encore heureux au milieu de sa famille; mais, en 1806, sa santé s'affaiblit, et il termina ses jours à Paris, à l'âge de 80 ans , le 24 janvier 1807. Le comte de Caraman a laissé huit enfants, trois fils et cinq filles. Un de ses fils, marié à mademoiselle de Cabarrus, femme Tallien, est devenu prince de Chimay, du chef de sa mère. [Voy. Chimay). T— é.

CARAMAN ( Lotis -Charles-Victor-Riqi:et, marquis, puis duc de), né en 1762, était l'aîné des fils du précédent. Destiné par sa famille à la carrière des ambassades, il quitta la France à l'âge de dix-huit ans pour visiter une grande partie de l'Europe. Protégé par les agents diplomatiques auxquels il avait été recommandé par M. de Vergennes, minisire des affaires étrangères, il reçut des marques de bienveillance de Frédéric le Grand, en Prusse ; de Joseph H, en Autriche; de l'impératrice Catherine, en Russie; de Gustave III, en Suède. 11 vit de près le prince de Kaunilz, Potcmkin, Poniatovvski, l'ill et Fox. Il séjourna quelque temps à Cunstantinople près du comte de St-Prjest, et parcourut la Grèce et l'Asie Mineure. De retour en France en 1785, en attendant une mission diplomatique qui était l'objet de son ambition, il suivit la carrière

(I) L* eoaate il.- Caraman tail membre honoraire des académies de Toulou«i". de Meii et de Be-lers. Il i poMié sous te voite de 1'»- Bonymc : Projet fUttncilon pour ttnr(r la faii parmi le* htmmtt, mus 0*ie, in-*"- P— !«.

milityicç. Vint la révolution do. 1788 ; il partagea

d'abord (es espérances illusoires qu'elle faisait naître. Bientôt découragé par quelques excès, dont il fut au moment d'être personnellement victime à Alençon, où on l'avait envoyé pour maintenir l'or» dre avec un détachement de chasseurs il che relia à mettre sa famille eu sûreté en l'établissant i Bruxelles, où se trouvaient les parents de sa femme. ( Il avait épousé en 178i> mademoiselle Joséphine de Mérodc Werterloo. ) Plusieurs fois il rentra en France, où Louis XVI lui confia différentes missions importantes auprès des souverains coalisés. Placé en 179*2 sur I.» liste des émigrés, il prît du service dans l'armée prussienne, d'abord comme major et ensuite comme colonel de cavalerie. Appelé en France en 1801 par le comte de Caraman son père, qui y était rentré après avoir obtenu sa radiation, il y vint con*nie officier prussien, avec une permission du premier consul Bonaparte. Au moment de retourner en Prusse, il fut arrêté et mis au Temple, d'où il ne sortit que pour être envoyé à Jvréc en Piémont, où il se rendit sur parole. Détenu pendant cinq ans , il reçut enfin la permission de revenir à Paris , mais sous la condition de quitter le service de Prusse et de ne pas sortir de cette capitale. Maintenu d'ailleurs sur la liste des émigrés , il ne recouvra sa liberté entière et set droits qu/l la restauration. Louis XVIII l'envoya comme ambassadeur à Berlin , au mois do septembre 1814. Il y était chargé de l'importante mission de recevoir les nombreuses colonnes de prisonniers français que la Russie, la Pologne et la Prusse renvoyaient dans leurs foyers. Pendant les cent jours, il ne quitta point Berlin. H lut nommé pair de France après le second retour de Louis M III en 1815, et l'année suivante, ambassadeur a Vienne et chevalier des ordres du roi. Au moment de quitter Berlin , il reçut Uu roi de Prusse la décoration de l'Aigle rouge, accompagnée de la lettre la plus flatteuse de la main du roi : « Vous n'ignorez « oas, lui marquait I rédéric-Guillaume , que vous « avez toujours eu, et dans nos temps de. malheur et « dans ceux de prospérité , des litres et des droits « à mon estime : vous les avez retrouvés pendant « votre séjour actuel dans ma capitale , et je ne a veux pas que vous la quittiez sans en em|>orter o un souvenir, etc. » Il assista au congrès d'AUla-Cliapelle, avec le duc de Richelieu , et plus tard fqt premier plénipotentiaire français aux congres de Troppau , de Laybach et de Vérone. Enfin , après quatorze ans de séjour à Vienne, interrompus toutefois à chaque session par son zèle à venir à Paris s'acquitter des fonctions de la pairie , il revint en Fraucq en 1828, et ftt récompenser ses services par le titre de duc héréditaire. Peu de temps après il fit un voyage en Espagne , d'où il revint avant les événements du mois de juillet 1830. Il crut devoir se rallier au gouvernement du 9 août , siégea dans le procès des ministres, mais refusa de prendre aucune place active. La conquête d'Alger divisait alors les esprits dans. |es deux diarnhres ; le due de Caraman, malgré «on grand Agfl, résolut d'aller re-

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cncillir sur les licax les HotiûiM hftès&ire* pour former son opinion (I). Il accompagna le maréchal Clausel dans la malheureuse expédition de Constantine, Où les éléments se conjurèrent contre l'audace et peut-être l'Imprévoyance de l'entreprise. 11 lut assez heureux pour se rendre utile dans ce désastre , et sauva quelques-uns de nos braves. À son retour, il reçut au nom du roi une médaille réservée à ceux qui se dévouent pour le salut de leurs Semblables, et dont te duc fit hommage a la chambre des pairs. Il s'était toujours occupé d entreprises Industrielles, et n'était étranger a aucune question d'économie politique. Au mois de mai 1834, il fut nommé membre (lu jury ]>our l'exposition des produits de l'industrie nationale. Le duc de Caraman est mort à Paris en 1839 (2). — Le marquis Victor de Caram an, son lits, après avoir servi en Prusse et en Hollande comme officier d'artillerie, devint aide de camp 3e Caulaincourt et ensuite officier d'ordonnance de Bonaparte en 1813. Le 6 mars 1814, il prit part en cette qualité à la bataille de Craonnc. S'étant mis à ta tète d'un bataillon de la garde impériale, il tourna Y ennemi et fut cité avec éloge dans le bulletin. Il fut nommé membre de la commission de réorganisation de l'école polytechnique, en mai 1816. Lieutenant colonel d'artillerie dans Ja garde royale depuis 1815, il devint bientôt colonel dans la même année. Il a péri en Afrique sous les yeux de son père, devant Constanliue, où il commandait l'artillerie de siège. Z—o.

CAHAMAN (le comte Maurice-Riquet de), second fils du comte Victor de Caraman, frère puîné du duc de Caraman et oncle du précèdent , était major en second des chasseurs de Picardie, en 1789. lléuiigra en 1791, et après avoir servi dans l'armée des princes , il rentra en France en 1800. il était membre du conseil général du département de Jeramapes, lorsqu'il fut élu par le sénat conservateur membre du corps législatif, en 181 1. Le 20 juillet de cette même année , il fut désigné par ses collègues pour candidat à la présidence; Il obtint la même marque de confiance au mois de février 181 3< et fut, quelques jours après, nommé membre de la commission d'administration intérieure. Fait maréchal de camp en 1814, il commandait â Angodgouléme après le retour du roi, et passa ensuite, en la même qualité, i Arras. En 1824, nommé député par les électeurs du département du Nord, il siège* dans la chambre jusqu'en 1828. Les jdtirnaux rendirent compte 4 en 1829; d'une cérémonie honorable pont sa famille, et qui eut lieu «dus sa présidence. C'était la pose de la première pierre du monument érigé à la mémoire de Pierre-Paul Riquet dans le département de la Haute-Garonne. Le comte dé Caraman est mort en 1 857. Z~o.

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(«NoasMoMwrivi pour eet article »Mi«ikçi|«j se trouve daaa la bugruptue Ta hem»» du jour de jf*. Sarrul et St-Edme.

CAR* f,M

CARAMAN-OGLOtJ-Atî-Bfeir, prince de Caramanie, descendait du prihec de même nom qui , se disant Issu de Kaykobad-Ala-Eddyn, mort en 634 de l'hégire (1236 de J.-C.), avait reçu en partage, lors de la destruction de l'empire d'Iconium par Kandgiatoutkan, empereur des Mogols, la Phrygie, depuis Philadelphie jusqu'à la Cilicic. Il épousa la fille de Mourad 1er, troisième enq>ercur des Ottomans, et profita de l'absence de son beau-père, qui était en Romélic , pottr faire quelques excursions dans les pays ottomans limitrophes de son domaine ; ce qui détermina Mourad 1" a tourner ses armes du coté de l'Asie, et à marcher contre lui. Carainan-Oglou tacha en vain d'apaiser Mourad par des protestations de soumission, qui ne furent point écoutées. H fut complètement battu prés d'Iconium, l'an 788 de J'hégirc (1386 de J.-C). N'ayant plus d'espoir dans le sort des armes, il députa sa femme auprès de Mourad ; elle parvint à désarmer le vainqueur par ses larmes. Caraman Ojrlou ne resta pas jusqu'à la fin fidèle à ses engagements; car, après l'avènement du sultan Bayazyd, il eut l'imprudence de recommencer les excursions dans les provinces des Turcs. Bayazyd marcha contre lui, s'empara des principales villes de la Caramanie, et ne lui accorda la paix que lorsqu'il fut rappelé en Europe par les progrès d'Etienne, prince de Moldavie, Caraman-Oglou crut pouvoir profiter des revers de son ennemi |ioiir se soulever de nouveau ; il marcha contre Tymour- Tach-Paclia, gouverneur d'Ancyre, le vainquit et l'emmena prisonnier avec toute sa suite. Bayazyd, Indigné, repassa en Asie avec son armée. Caraman tacha encore en vain d'apaiser son ennemi , en faisant relâcher Tymour-Tach-Pacha , après l'avoir comblé de présents. Obligé de livrer bataille dans la plaine d'Ac-Tzay, il fut mis en fuite , et atteint avec son fils Mouhammcd-Bey. On les conduisit devant Bayazyd, qui renvoya le fils à Brousse, pour y être enfermé , et confia le père à Tymour-Tach- Pacha. Celui-ci n'avait pointoublié les mauvais traitements qu'il avait endures quand il était son prisonnier. Il profita de celte occasion pour se venger, il le m mourir à l'insu du sultan. Bayazyd feignit d'abord d'être mécontent du procédé du pacha ; mais il finit par réunir les principales villes de la Caramanie à son empire. R— s.

CARAMAN ICO ( François d'Aquwo, prince de), né en 1736, successivement ministre de N&ptet à Londres, puis ambassadeur eii France, succéda au marquis de Caraccioli dans la vice-royauté de Sicile. H voulut essayer plusieurs utiles réformes, mais se vit contrarié dans ses projets par le ministre Acton {voy. ce nom), dont 11 a\aitété le protecteur. Il mourut à Palerme, en 1795. Z-— o.

CARAMUEL (Jean), évèque de Vigevano, naquit à Madrid, le 25 mai 1606, d'un gentilhomme du Luxembourg, et d'une mère de l'illustre maison des Lobkowitz, dont, suivant l'usage des Espagnols, il joignit le nom à celui de son pére. Sa première éducation développa en lui des talents rares pour les madtémaliques, ce qui ne l'empêcha pas de réussir également dans les différentes parties de la litté-

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