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« garde toute sa tête... On ne lui reproclw aucun a fait, soit comme conventionnel, soit comme con- « stituant. Depuis thermidor, envoyé en Hollande , « il s'y est conduit avec dignité et circonspection... « Envoyé à Munich, il donnait au directoire de bons « renseignements et des avis qui furent négligés. • Alquier est patriote ; mais il se voile dans les sa- « Ions, et quelquefois il semble y demander excuse « de la part qu'il a prise à In révolution, dont il « aime les vrais principes et le beau caractère. » 1.0 but de cette note était , comme on le voit , de faire nommer Alquier préfet de police. Bonaparte , qui savait que dans cette place il faut souvent de la force et du courage, lui préféra Ihibois. M— n j.
ALRFJ), ALFRED, ou ALFRED, historien anglais, qui vivait au commencement du 12» siècle, et naquit 6 Beverley, dans l'Yorksliirc. Il étudia à ( lambridgc, et fut nommé clianoinc et trésorier de l'église de St-Jean, à Beverley. Ce fut dans cette ville qu'il écrivit en latin ses Annales, contenant l'histoire des anciens Bretons, des Saxons et des Normands, jusqu'à l'année H 29, 29e du règne de Henri Ouclqucs écrivains ont regardé cet ouvrage comme un abrégé de YHisloire d'Angleterre |*ar Geoffroy de Montmouth ; mais cet historien doit être postérieur à AIred. car, en 1188 H 1151, il fut fait évèquedc St-Asaph ; de plus, Ralph Higden, qui écrivit environ quatre siècles après AIred elGeoffroy, les cite l'un et l'autre comme deux autorités distinctes. Les Annales d'AIred furent imprimées à Oxford, en 1710, par Hearnc, qui y joignit une préface. AIred avait puisé ses matériaux dans de bonnes sources, et son style est à la mis élégant et concis ; il a été appelé, avec quelque raison, le Florus de l'Angleterre ; car, dans le plan et dans l'exécution, il a de grandes ressemblances avec l'historien latin. On peut s'étonner qu'il n'existe nulle part, ni même en Angleterre, aucune traduction de ses Annales. AIred a encore composé : Liberlates Eedesiœ saneli Joannis de Bererlik, cum privilegiis apostoltcis, etc. Cet ouvrage n'a jamais été imprimé. AIred mourut en 1 150, dans sa patrie. D— t.
ALSACE (TiioMAS-Locts DE Hëmn-Liétard, appelé le cardieui. n'), prélat du 18* siècle, plus distingué encore par l'élévation de son caractère et la sainteté de ses mrtnirs, que par 1 illustration de son origine, qui remontait à Tliierry d'Alsace, comte de Flandre, fils puîné de Théodoric le Vaillant, duc de Lorraine. Cadet de sa maison , lorsqu'il s'était voué à l'état ecclésiastique, il devint l'alné par la mort de son frère, Charles- Louis-Antoitie, prince de Cliimai. grand d'Espagne, chevalier de la Toison d'or, et lieutenant général dans les deux services d'Espagne et de France, mort en 1740, sans laisser de postérité. Thomas, alors archevêque de Malincs, primat des Pays-Bas, et décoré de la pourpre romaine, ne retint de cet héritage que quelques fonds destinés à augmenter ses aumônes, et transmit aussitôt la principauté de Chimai, ainsi que la grandesse, à son frère puîné, Alexandre -Gabriel , qui fut gouverneur d'Oudenarde , et le sixième do son nom, chevalier de la toison d'or infirmé , en
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1746, dans Bruxelles, assiégée par les Français, le cardinal d'Alsace s'y montra, pendant tout le temps de la défense, sujet zélé, dans la juste mesure qui convenait à son caractère, et pasteur secourable, dans toute l'étendue que donnaient à ce mot ses vertus et soncuuir. Le moment vint où Louis XV fit son entrée dans la ville en vainqueur; alors le cardinal-archevêque reçut ce monarque à la porte de la cathédrale, et lui adressa ce discours laconique, souvent cité, mais qui ne peut trop l'être : « Sire, a le Dieu des armées est aussi le pére des miséri- « cordes ; tandis (pie Votre Majesté lui rend des acte tions de grâces pour ses victoires, nous lui deman- « dons de les faire heureusement cesser par une « \m\ prompte et durable. Le sang de Jésus-Christ « est le seul qui coule sur nos autels ; tout autre nous a alarme : un prince de l'Eglise peut sans doute « avouer celte crainte devant un roi très-chrétien. « C'est dans ces sentiments que nous allons enton- « ner le Te Deum que Votre Majesté nous ordonne « de chanter. » Harangue vraiment admirable, qui réunissait en peu de mots tout ce qu'on peut exprimer de sentiments plus parfaits dans une telle occasion. Le cardinal d'Alsace, devenu doyen du sacré collège, porta partout avec lui l'édification de ses vertus et les trésors de sa charité. Il mourut, plein de jours et de .bonnes oeuvres, le G janvier 17311, laissant trois neveux : 1° Thomas-Alcxandre- Marc d'Alsace, prince de Chimai , grand d'Espagne, colonel aux grenadiers de France, capitaine des gardes du roi d? Pologne Stanislas, et tué à la bataille de Mindcn, en combattant à la tète de son régiment; 2° Philippc-Gabricl-Maurice, héritier des domaines et dignités de Thomas-Alexandre, chevalier de la Toison d'or, mort à Paris en 1802; 3* Charles-Alcxandrc-Marc-Marcellin, prince d'Hénin, maréchal de camp au service de France, capitaine des gardes du prince second frère de Louis XVI, et victime à I^ris de la hache révolutionnaire, en 170 i. Aucun de ces trois frères n'ayant laisse d'enfants, la ligne des princes de Chimai d'Hénin est éteinte, et il ne reste de la maison d'Alsace que des branches collatérales. L — T—L.
ALSAHARAYU S. Voyez Albocasis.
ALSOP (Antoine), écrivain anglais du 17* siècle. Elevé à l'école de Westminster, il passa au collège du Christ à Oxford , et ensuite à l'université de cette ville. En 1608, il y publia Fabularum AExopicarum Deleclus, in-8°, avec une dédicace poétique au lord vicomte Scudamorc, et une préface où il prenait parti contre le docteur Bentley, dans sa dispute avec Boyle. 11 fut chargé de l'éducation de plusieurs jeunes gens appartenant à des familles distinguées ; ensuite sir Jonathan Trelaunay , évêque de Winchester, le nomma son chapelain, et peu après lui donna la cure de Brightwell, dans le comte de Berks. L'aisance dont Alsop jouit alors lui permit de se livrer à l'étude, et il ne voulut point quitter sa retraite, malgré les sollicitations de ceux qui le croyaient propre à briller dans un rang plus élevé. En 1717, mislrcss Elisabeth AstreydOxford l'attaqua en rupture du mariage contracté en-
tre eux, et obtint contre lui 2,000 livres sterling de dédommagement. Ce fut sans doute ce qui le contraignit à quitter l'Angleterre. On ne sait combien de temps dura son exil. Il mourut le 10 juin 1726, d'une chute dans un fossé creusé près de la porte de son jardin. En 1752, on publia un volume in-4" de sa composition, sous ce titre : Ântonii Alsopi, œdis Ckritli olim alumni, Odarum libri duo. \* collection de Dodley renferme quatre poèmes anglais d'Alsop ; celle de Pearch, un : quelques autres ont paru dans des recueils périodiques. — Un autre Alsop I Vincent), théologien anglais, a publié, dans le même siècle, des sermons, un livre dirigé contre les opinions de Sherlock, intitulé Anlitozzo, et quelques autres écrits de circonstance, qui ont eu du succès. D— t.
ALSODFY, astronome arabe, né à Rey, le 14 de moliarrem, l'an 291 de l'hégire (7 décembre 903 de J.-C.). Il s'adonna de bonne heure à l'étude des sciences, et mérita par ses progrès la faveur d' Adhad- Eddaulah, prince bouïde, qui l'admit dans son intimité. Il a composé une Table astronomique, un Catalogue des étoiles fixes, et un Traité tur la projection des rayons, très-célèbre en Orient. De ces trois ouvrages, nous ne connaissons que sou Catalogue, dont la bibliothèque royale possède plusieurs exemplaires. Uydc en a publié de longs fragments, dans son Commentaire sur Oulough-liey; mais l'ouvrage est si peu connu, qu'on croit devoir en donner une courte notice. Alsoufy dit, dans sa préface, qu'il y a deux manières de connaître le ciel étoilé, celle des Arabes, et celle des astronomes. Il donne l'exposition des deux méthodes, décrit ensuite les constellations en usage parmi les astronomes arabes, et en donne deux figures, l'une sur la sphère, l'autre dans le ciel. Ces constellations sont celles de Ptoléméc, sans aucune différence. L'auteur décrit ensuite les constellations connues anciennement des Arabes, et dont le souvenir se conserve chez eux dans un grand nombre de vers. Alsoufy mourut le 13 de moliarrem 376 de l'hégire (25 mai 086 de J.-C.). J— m.
ALSTEDIUS (Jean-Henri), né à Hcrborn, dans le comté de Nassau, en Allemagne, en 1588, professa d'abord la philosophie et la théologie dans sa patrie, qu'il quitta ensuite pour aller enseigner à VVeUsembourg, en Transylvanie, où il mourut, en 1638, laissant un grand nombre d'ouvrages dont voici les principaux : 1° Syslema mnemonicum duplex, Francfort, 1610, in-8\ 2° Encyclopa-dia, Hcrborn, 1610, in-40, réimprimée en 2 volumes in-fol., Hcrborn , 1630 , et Lyon, 1649. « L'au- « leur s'y est proposé de donner un abrégé métho- « dique de toutes les sciences ; quoiqu'il soit « peu exact en beaucoup d'endroits, dit Nice— « ron, ce livre n'a pas laissé d'être reçu du pu- « blic avec de grands applaudissements. » Les Encyclopédies modernes l'ont entièrement fait oublier. 3° Triumphus Bibliorum sacrorum, seu Encyclopedia biblica, Francfort, 1620, 1625, 1642, in-12. Alstedius prétend prouver qu'il faut clicrcher dan» l'Écriture sainte .les principes et les matériaux de
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toutes les sciences et de tous les arts. 4° Thctaurus chronologiœ, Hcrborn, 1624, 1628, 1637, 1650, in*0. La chronologie était trop imparfaite du temps de l'auteur pour qu'il put faire quelque chose de bon. 5' De Mille Annis, 1627, in-*', traité qui a pour objet de soutenir le système des millénaires. Il y Gxait à l'année 1694 le commencement du régne de Jésus-Christ sur la terre. Sa fille et son gendre furent ses seuls prosélytes. Alstedius était un écrivain infatigable ; ce qui avait fait trouver dans son nom l'anagramme sedulitas (activité). 11 avait composé un trés-grand nombre d'ouvrages, dont on trouve la liste dans le P. Niceron, t. 41. L'événement le plus remarquable de sa vie est d'avoir assisté au synode des théologiens réformés à Dordrccht. A. B — t.
ALSTON (Charles), médecin et botaniste, né en 1683, dans l'ouest de l'Ecosse. Son (iére était médecin, et allié à la famille llamilton. Alston fit ses études avec succès a l'université de Glasgow. A la mort de son pére, la duchesse d'Iiamilton le prit sous sa protection : elle désirait qu'il se destinât au barreau ; niais son goût pour la botanique et la médecine l'entraîna irrésistiblement. 11 se rendit à Leyde, à l'âge de trente-trois ans, pour profiter des leçons de l'illustre Boerhaave. Là, il se lia étroitement avec son compatriote le docteur Alexandre Monro. De retour dans leur patrie, ils réunirent leurs efforts pour laire fleurir l'étude de la médecine dans l'université d'Édimbourg, où ils étaient professeurs. Ils s'associèrent des coopératcurs qui avaient, comme eux, des talents et du zèle, et parvinrent à rendre cette, université une des plus célèbres écoles de médecine de l'Europe. ALston se cliargca d'enseigner la botanique et la matière médicale ; et il coutinua jusqu'à sa mort, arrivée en 1760. Livré entièrement à l'enseignement public, il n'a publié qu'un petit nombre d'ouvrages. Le premier est un Indtx ou Catalogue des plantes cultivées dam le jardin de botanique d' Édimbourg , en 1740; le second, Index medicamenlorum simplieium, 1 vol. in-8". C'est un abrégé de la matière médicale, et un résumé des leçons de l'auteur. En 1733, il publia son principal ouvrage, sous le titre de Tirocinium botanicum Edimburgense , Édimbourg, 1 vol. in-8°. C'était une réimpression de son Index; mais, en téte, il développa des priucipes de botanique remarquables par leur précision, et surtout par leur opposition à ceux de Linné, qui commençaient à prévaloir. Alston fut un des plus redoutables adversaires du naturaliste suédois, parce qu'il l'attaqua en habile dialecticien, en érudit profond, et toujours avec décence et dignité. Il s'opposa fortement aux innovations que Linné introduisait dans la botanique, et il s'obstina à regarder le sexe des plantes comme une hypothèse peu fondée. En cela, il eut le tort de ne pas séparer deux choses très-distinctes : d'abord le fond matériel de cette découverte, entrevue depuis longtemps, confirmée et démontrée tout récemment, sans que Linné y eût aucune part ; secondement, l'application que ce naturaliste en avait faite pour établir son système ; on ne pouvait se disjienser de regarder celui-ci comme très-ingénieux, mais on eut vu sans surprise qu'un vétéran, accou-
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tumé dès son enfance à la manière de procéder de Ray, de ïournefort et de Uocrhaave, trouvât que la science perdait plus qu'elle ne gagnait en adoptant ce nouvel arrangement. Alston , d'un autre côté, montra une grande impartialité en faisant imprimer textuellement dans son ouvrage les Fundamenta botanica de Linné, dont il recommanda fortement la lecture à ses élevés. Il a publié quelques mémoires sur différents sujets de matière médicale, imprimes dans les Essais de Médecine de la société d'Edimbourg ; entre autres, sur l'étain, qu'il regardait comme anthclmintique , et sur l'opium; ensuite mie dissertation sur ta chaux vive, dans laquelle il crut reconnaître de nouvelles propriétés, et qu'il regarda comme excellente |»our dissoudre la pierre de la vessie. En mourant, il laissa le manuscrit incomplet d'un traité de matière médicale, qui fut publié, dix ans après, par les soins du docteur Hope, son successeur, sous le titre de Discours sur la matière médicale. Cet ouvrage est un des meilleurs que l'on ait sur cette partie. Le docteur Mutis, botaniste résidant à la Nouvelle-Grenade, a dédié à Alston un nouveau genre, sous le nom d'Alslonia, qui a été adopté par les botanistes ; il ne contient qu'un arbuste de la famille des guayacanes. D— P— s.
ALSTORPH (Jean), antiquaire, né, vers 1680, à Groningue, apprit les langues et le droit à l'académie deHardwick. Ses cours terminés, il se retira à la campagne pour y consacrer le reste de sa vie à l'étude de l'antiquité. Il mourut en 1719. On a de lui deux ouvrages recherchés des savants : 1° Dissertatio philologica de Lectis ; subjicitur de Lecticis veterum Diatriba, Amsterdam, 1704, in-12, figures. 11 avait soutenu peu de temps auparavant une thèse sur le même sujet; et ce fut par le conseil de Théod. Almeloveen, son professeur, qu'il refondit son premier travail et le mit en état de voir le jour. I .i première dissertation, divisée en 20 chapitres, traite des lits des anciens et de leurs différentes espèces ; la seconde concerne les litières, qui n'étaient que des lits, toujours portés par des hommes, à la différence des voitures couvertes (basternœ), qui étaient portés par des mulets. 2° De Haslis veterum, Amsterdam, 1757, in-4°, figures. L'auteur y recherche curieusement l'origine des piques, dont il décrit les différentes formes, et à celte occasion il entre dans de grands détails sur l'emploi de cette arme chez les anciens et les modernes. L'impression de cet ouvrage était commencée lorsque Alstorph mourut. Les acquéreurs de son manuscrit se décidèrent enfin à le publier; mais ne comptant pas sur un prompt débit, malgré les instances de l'éditeur, ils ne voulurent jamais faire les frais des gravures, pour lesquelles on avait laissé des espaces dans la partie du texte imprimé. La préface est de Christophe Sax. ( Voy. son Onomasticon , t. 6, p. 543.) W-s.
ALSTROEMER (Josas), remarquable par l'influence qu'il eut sur les progrès de l'industrie et du commerce en Suéde. 11 naquit en 1685, dans la petite ville d'Alingsas en Vestrogothie , de parents pauvres. Après avoir lutté longtemps avec courage
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contre le besoin, il se rendit à Londres, s'y livra avec succès à des spéculations commerciales. En contemplant ln prospérité de l'Angleterre, il sentit l'importance des manufactures el du commerce, l-a Suède, pendant plusieurs siècles, occui>ée principalement de la guerre, était encore peu avancée dans les arts industriels, mais elle s'efforçait de les faire Heurir dans son sein. Alstrœmer conçut le projet de diriger les efforts de ses compatriotes, et retourna dans sa patrie. En 1723, il demanda aux états du royaume un privilège pour établir des manufactures dans la ville où il était né ; cette ville devint le foyer d'une activité qui ae répandit dans les autres parties du royaume. Plusieurs voyages firent connaître au zélé |«lriote les inventions et les méthodes des Allemands, des Hollandais, des Flamands. Il appela en Suéde des ouvriers habiles, rassembla des modèles, et publia des mémoires instructifs. En même temps, il dirigeait, avec un citoyen estimable, Nicolas Sahigren, une maison de commerce à Gothenbourg, où il s'étnit Usé; il établissait des raffineries de sucre ; il encourageait les entreprises de la compagnie des Indes et de celle du 1-evatil, et il portait son attention sur le développement de l'économie rurale. Cette branche lui fut redevable de plusieurs améliorations importantes. 11 fit connaître les plantes utiles à la teinture, et contribua a étendre la culture des pommes de terre, nouvellement introduite en Suède. Il s'attacha surtout a perfectionner l'éducation des bêtes à laine, en faisant venir des moutons d'Espagne, d'Angleterre et d'Eydersted. 11 introduisit même des chèvres d'Angora. Les fabriques de drap et d'autres ouvrages en laine prirent naissance, et occupèrent un grand nombre de bras. Elles forment encore maintenant la branche d'industrie manufacturière la plus florissante en Suède, produisant annuellement une valeur de 3 millions et dispensant la nation de recourir A l'étranger. Les autres manufactures, et en particulier celles de soie, ont eu plus de peine a se soutenir. On a reproché à Alstrccmer d'avoir méconnu, dans quelques-unes de ses entreprise*, les circonstances locales, et de s'être laissé entraîner quelquefois par «les idées plus brillantes que solides ; mais ses intentions furent toujours patriotiques, et le résultat général de ses travaux a été très-important pour la prospérité de son pays. Le roi Frédéric lui donna le titre de conseiller du commerce, et le décorn de l'ordre de l'Étoile l>olaire ; Adolphe Frédéric lui accorda des lettres «le noblesse; l'académie des sciences le reçut inrmi ses membres, et les états décrétèrent que son busle serait placé à In bourse de Stockholm. Le buste jwrte pour inscription '. Jona* Alttrœmer. arlium fabrilium in patria instaurator . Alstnr-mer mourut en 1761 , laissant une fortune considéra Me. Ses quatre fils, Claude, Patrick, Jean et Auguste, se distinguèrent par leurs talents et leur patriotisme. I.es trois premiers furent membres de l'académie des sciences de Stockholm. C— au.
ALSTROE*fER (Ct-ACDS), fils du précédent, né en 1736, mort en «794, se livra 4 l'étude de l'histoire naturelle, et fut élève de Linné. Il voyagea
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en diverses contrées de l'Europe, et commença par l'Estjagne, où il recueillit de* plantes qu'il envoya à Linné; celui-ci, en les désignant dans son Sperks Planiarum, cita son élève. En débarquant à Cadix, Alslnrmer vit chez le consul de Suède les Heurs d'une plante originaire du Pérou : frappé de sa beauté, il en demanda et en obtint des graines, qu'il envoya tout de suite à Linné. Elles prospérèrent, et bientôt furent généralement cultivées sous le nom de lis d'Alstrœmer ou des Inrai ; Linné confirma cette dénomination, en nommant Alsirotmeria le genre que cette première espèce avait engagé à établir. Claude Alstnrmer s'est occupé de diverses parties de l'agriculture et de l'histoire naturelle, et il a donné la description du babian, espèce de singe [simia Mammon ), dans les Mém. de l'aead. de Stockholm, 1766. D — P— s.
ALT ( Fhasçois-Joseph-Nicolxs, baron d'), issu d'une ancienne famille patricienne de Fribourg en Suisse, naquit dans cette ville en 1689, et y mourot le 17 février 1771. Capitaine au service d'Autriche en 1718, il rentra bientôt dans sa patrie, qu'il gouverna longtemps, ayant été nommé avoyer en 17.57. Il a publié une Histoire de la Suisse, en 10 vol. in-s'. Fribourg, 1730 à 1753, dont le baron de Zurlauhen, juge aussi compétent qu'impartial, a dit : « L'entreprise de M. le baron d'Alt mérile- « rait de plus grands éloges, si, indépendamment a des fautes trop multipliées contre la langue fran- « çaise, il avait appuyé les faits de son Histoire sur « des preuves et sur une saine critique ; s'il avait « retranché les laits étrangers à l'histoire de la Suisse « qui remplissent une grande partie de son ouvrage; « s'il avait mieux fait connaître le gouvernement de « la Suisse, el plus exactement décrit la topogra- « phie de quelques cantons ; enfin, s'il avait passe a sous silence les événements incompatibles avec le « plan d'une histoire générale , et s'il n'avait fias « épousé avec trop de cl ml eu r la cause des cantons « calboliques. » U— t.
ALT AN I, ancienne et noble famille, appelée autrefois de San-Vito, dans le Frioul, et qui a, depuis, ajouté à son nom celui de comte de Salvarolo. Henri Altani (le jeune) a recueilli le» mémoires des hommes illustres de sa maison, et les a fini imprimer a Venise, en 1717. G—K.
ALTANI (Antoine) florissait au 13» siècle. 11 étudia d'aliord les lois civiles et canoniques; étant ensuite entré dans l'Église , il fut fait patriarche d'Aquilée. Devenu auditeur de rote i Rome en 1431. il fut employé par le pape Eugène IV dans plusieurs affaires importantes, notamment en qualité de nonce au concile de Rdle. Quoiqu'il n'eut pas réussi dans sa mission, le pape, contrat de son télé et de ses talents, le créa auditeur de la clianibre apostolique cl des causes du sacré palais Deux nouvelles nonciatures, l'une on Ecosse, auprès du roi Jacques T', l'autre en Angleterre.cn 1437, lui furent confiées iiar le même pontife, qui, de plus, lui donna l'évèché d'Lrbin. Nicolas V, successeur d'Eugène, envoya aussi Aluni, en qualitéde nonce, en Esfugne,
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déricIII M d'Eléonore, infante de Portugal. Il se préparait ft revenir à Home, lorsqu'il mourut à Barcelone, après plus de vingt ans de services et de lrn\aux Liruti a donné une notice très-étendue de ses ouvrage, dans l'Histoire des Hommet de httree du Frioul, t. 2, p. 301, édit. de Venise, 1762. G— t.
ALTÀNI (AKTotNE)t le jeune, de la môme famille que le précédent, naquit en 4803, dans son château de Salvarolo. Après avoir fait ses études à l'adoue, il revint dans son pays, et vécut paisiblement, livré à l'étude des Pères de l'Église, à laquelle il joignait celle de la poésie latine et italienne. Il mourut en 1570, dans sa terre de Murazro qui, ayant été depuis vendue aux Mocenigo de Venise, a pris le nom de Belvédère. Balthazar Altani, son neveu, avait recueilli ses poésies en un gros volume, qui n'a jamais été imprimé. Il a appartenu depuis au savant Apostulo Zéno, qui le donna, en mourant, avec tous ses livres, aux dominicains réformés de Venise. La même famille a encore fourni d'autres sujets distingués, sur lesquels on peut consulter l'ouvrage de Liruti, cité ci-dessus. G— É.
ALTER (François-Charles), philologue allemand, né à Kngelsberg en Silésie en 1749, mort à Vienne le 29 mars 180-1, était entré dans la société des jésuites, et occupa la chaire de langue grecque au gymttase de Ste-Anne, et à celui qui porte le nom d'Académique, a Vienne, jusqu'à s'a mort. 11 a publié deux cent cinquante ouvrages et dissertations, dont on petit voiries titres dans l'Allemagne Bavante de J.-G. Meusel.'En donnant une édition critique du Nouveau Testament, ilasu encore moissonnerdansun champoù les travaux des Mill, Bengel, Werstein, Matlia'i et Griesbach paraissaient n'avoir rien laissé à glanera l'industrie de leurssuccesseurs. En voici le titre : Novum Teslamentum , ad Codicem Yindubonensem grnee expressum : varietalem leclionis addidil F.—C. Aller, profeasor gymnasii Vindob., t. 1, 1786; t. 2, 1787, in-8° . la base de cette édition est le Codex Lambecii I, de la bibliothèque impériale à Vienne. Les autres manuscrits de cette bibliothèque, et les versions cophte, esrlavone et latine (cette dernière, n'a prés de précieux fragments de la Yulgate antérieure à St. Jérôme ) , y sont collatiounés avec le manuscrit qu'Aller appelle par excellence Codex Vindob. Son travail aurait été plus utile, s'il eût pris pour lase le texle de Werstein ou de Griesbach, et s'il eût plus commodément distribué les précieux matériaux qui rendent son édition nécessaire à la critique sacrée. Ses avantages et ses inconvénients ont été exposés tar M. Herbert Marsh, du collège de St-Jean de Cambridge, dans des Suppléments à Vfnlroduetion deJ.-D. Uichaëtis au Nouveau Testament, p. 447 du 1" volume dé la traduction allemande du docteur E. F. C. Rosenmiiler, Goclt., 1795, in-4c. Parmi les autres om rages d'Aller, voici ceux qui méritent une mention particulière : 1" une traduction allemande de la Bibliographie classique d'Edouard llarwood, avec des notes, Vienne, 1778, in-8°; 2" les variantes qu'il a tirées des manuscrite de la bibliothèque impériale, et donl il a enrichi les