‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 110 sur 129 · T4 AME · texte numérisé non relu

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« fense de la patrie cl de ses lois. Sire , Votre Ma- I • jesté se rappellera, dans les intérêts de la France « et du trône, que la pais qui termina la guerre c civile de la minorité de Louis XIV tint à l'entier « oubli du passé, et que du |>arti de la Fronde sor- « tirent les Turenne, Condé, et des personnages qui « illustrèrent le régne de ce grand roi. Je |x>rte au « pied du trône de Votre Majesté les assurances du ■ plus respectueux dévouement. » Ces assurances ne furent point accueillies ; et le général Ameil, compris dans l'ordonnance du 24 juillet, dut être arrêté et traduit devant un conseil de guerre ; mais il réussit à s'échapper, et , traversant les armées de la coalition , parvint en Angleterre, après avoir été dépouillé par les troupes bavaroises de tout ce qu'il possédait. Il se rendit ensuite dans l'électoral de Hanovre, et fut mis en prison à Hildesheim, malgré les réclamations qu'il adressa au gouvernement anglais. Placé dans l'alternative de rester prisonnier, ou d'être livré a la France pour y subir un jugement, cet infortuné général tomba dans un état complet d'aliénation mentale. 11 fut néanmoins jugé par contumace à Paris, et condamné à mort le 15 novembre 1816. Sa maladie ne fit que s'aggraver, et il y succomba le 16 septembre 1822. M— n j.

AMEILHON (Hubert-Pasc\l), de l'académie des belles-lettres et bibliothécaire i Paris iicndant plus d'un demi-siéele (delà ville, trente-huit ans, de l'Arsenal , quatorze ) , naquit à Paris le 5 août 1750, et mourut dans la même ville le 25 novembre 1811. La longue carrière qu'il a parcourue a été remplie par d'immenses travaux, en général utiles ; mais plusieurs sont anonymes, et les autres s'attachent à des sujets qui font des noms plus connus que célèbres. 11 avait pris, dès sa jeunesse, l'habit ecclésiastique '. c'était plutôt une position qu'un état qu'on se donnait; le manteau court introduisait dans le monde et dispensait de tout autre litre pour y être reçu. Amcilhon se fit bientôt connaître |*ar divers ouvrages, surtout jwr son Histoire du commerce et de la navigation des Égyptiens. Il était dépote longtemps collaborateur du journal de Verdun, qui avait pour premier titre, un peu ambitieux, celui de Clef du cabinet des Souverains, lorsqu'il prit, en 1770, la rédaction entière de cette feuille qu'il continua jusqu'en 1776, é|>oque où elle cessa de paraître (I). Il fonda, avec Houboud, en 1779, le Journal d'Agriculture , Commerce, Arts et Finances, et concourut activement à la rédaction de ce recueil périodique jusqu'aux derniers temps de son existence (1785). 11 fut un des principaux rédacteurs du Journal des Savants, depuis 1790 jusqu'à la lin de 1792. Il était entré à l'académie des belles-lettres en 1766, après avoir remporté trois prix proposés par cette compagnie. Il était membre de la société royale d'agriculture , continuait ['Histoire du Bas-Empire . et pOUT- Miivait des recherches savantes sur lesarts mécaniques des anciens , lorsque la révolution vint cliangcr la

(I) Ce jouait, êlibll pir CUode Jordan, en «70*. forme IÎ0 volumes in-»4. Dreux du Hadu-r en a donne «ne bonne Ud>lc qui ne s étend que jusqu'à 1756 Inclusivement, 9 vol. ltt-«».

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direction de ses travaux. Amcilhon fut nommé députe suppléant à l'hôtel de ville par le district de Sl-l-ouisla-Culture, et c'est un des litres qu'il prend dans la lettre suivante qu'il écrivit, le 22 août 17S9, au président de l'assemblée nationale : « S'il est un dcj»ôt « oïl ceux qui écrivent l'histoire des grandes révolu- « lions (jui s'ojiérent dans cette capitale doivent « trouver tous les matériaux el renseignements né- « cessaires pour remplir cette glorieuse tacite , c'est « sans doute la bibliothèque de la ville, au service « de laquelle j'ai l'honneur d'être attaché depuis « sa fondation (I). En conséquence , messieurs, o j'ose vous prier de me faire adresser , pour être a déposé dans celle bibliothèque , qui est celle de « la commune , et pour y être conservé à la poslé- « rite, un exemplaire de toutes les pièces imprimée* « qui sont émanées ou émaneront de la sagesse « de votre illustre assemblée. » Ameilhon cul le malheur d'entrer, avec un abandon déplorable, dans l'esprit révolutionnaire de 1795. Il était membre de la commission dite des monuments, et commissaire à l'examen des titres de la noblesse. \ji convention avait décrété, le 4 juillet 1795, qu'avant la lin de ce mois la municqialité de Paris aurait à faire effacer ou changer « tous les objets sculptés a ou |>einLs sur les monument* publics, soit civils, « soit religieux , qui présentaient des attributs de « royauté ou des éloges prodigués à des rois. » Ce même décret ordonnait la formation d'une commission executive dont Ameilhon fut un des membres les plus actifs. I n autre décret, du I" août, était énergiquement concis dans cet article unique : « Dans « huitaine, à dater de la publication du présent de- « cret, toutes les maisons, édifices , parcs, jardins, « enclos , qui prieraient des armoiries , seront row- . « fisi/uês au profit de la nation. » Un troisième dé* j cret, du 14 septembre, ordonnait « la suppression « des armoiries et signes de la royauté dans les « églises et tous autres monuments publics dans le a courant du mois. » In quatrième décret, du 5 brumaire an 2, ordonnait (art. .*») « à tous les proprié- « taires de meubles ou ustensiles d'un usage jour- « nalier , d'en faire disjwraitre tous les signes pro- «scrits, sous peine de confitcation. » L'art. 9 prescrivait « d'examiner les médailles des rois de « France , dé|>osées dans la bibliothèque nationale « et dans les autres dépôts publics de Paris , alin de « séparer et conserver celles qui intéressent les arts « et l'histoire, et livrer toutes les autres au creuset. « Telle était la législation sauvage de cette terrible é|)oquc. Voici quelques-uns des actes d'Ameilbon en sa qualité de commissaire à l'examen des titres de la noblesse (2). Il écrivait, le 24 janvier 1795, au procureur général syndic du département de Paris : « Je suis chargé de vous prévenir que les commis- « saires nommés pour l'examen des titres du cabinet a des ordres du ci-devant roi, déposés à la bibliolbé-

(I) Cette bibllolbeque était alors plaree rae de« PrOires Si-PjuI, miison de Si. Louis.

(9) Le* pleres «ïiees mrnl aulosraiJies et signées : elle* foui pu U«, de U collée lion historique de ïaoteur de cet arUcle.

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« que nationale , sont prêts à remettre aux commis- « sa ires du département environ 270 volumes et « cartons qui retient encore à détruire. C'est au Di- « reeioire à fixer le jour qu'il lui conviendra de a choisir pour le brûlement , dont le public doit être « averti par des aniches, etc. Signé Ameiliio.v » Le 1-1 février, il écrivait au même procureur général : « Citoyen je vous envoie l'état ci-joint des divers a articles qui se trouvent encore dans le dépôt des ci- « devant ordres du ci-devant roi, et qui doivent a faire la matière d'un dernier brûlement... Je suis « avec les sentiments de la fraternité républi- « caine, etc. Signé Ameiliio.v » Suit la Noie det divers articles qui retient à brûler : « 12H volumes a reliés et 34 boites contenant des pièces et titres « pour le ci-devant ordre du St - Esprit et autres du « ci-devant roi ; 2 volumes de blasons |>our lesdits « ordres ; r»; volumes de papiers et titres originaux « qui ont servi à composer Y Armoriai général de « France; 166 volumes de la collection dite Collection « de le Laboureur; 2 volumes de lettres tle noblesse « et de grâce; 15 volumes contenant des preuves pour « l'ordre de St - Lazare et pour entrer à l'école nii- « litairc : plus une botte remplie de preuves pour « être admis dans les ci- devant chapitres nobles. * Il résulte de ces pièces originales qu'Ameilhon concourut et présida au brûlement de 632 volumes , boites ou cartons qu'il eût fallu conserver dans la bibliothèque nationale oû ils avaient été déposés. Cet acte de vandalisme, dirigé par un historien , est pour l'histoire une perte irréj>arable. La république ne gagna rien a cette destruction, qui n'empêcha pas, sous le consulat et sous l'empire , la création d'une noblesse nouvelle et le retour de l'ancienne sous la restauration. En sa qualité de membre de la commission dite des monuments. Amcilhon se mit à explorer minutieusement dans Paris, pour les dénoncer à la commune, les sculptures ou les peintures qui présentaient sur l'extérieur des édifices les attributs proscrits, et qui avaient échappé au zélé acerbe des premiers explorateurs. Voici deux notes de sa main, i Attributs et autres traces de royauté a sup- « primer : sous le vestibule de l'une des portes «le « St-Germain-i'Auxcrrois, une pierre noire sur la- « quelle est écrite celte inscription : Sous le règne de « Henri IV ce lieu a été bali , etc.; sur l'église de h Ste-Valère, au haut de la nie de Grenelle, faubourg ■ St-Germain , îles croix fleurdelisées. Le huitième « jour de la 3" décade de l'an 2 île la république, a Signé Ameilhon. » — « Il faut enlever au portail « de l'église des ci-devant religieuses dites de Stc— « Élisal>eth , me du Temple , deux fleurs de lis. Le « 5 du second mois de l'an 2 de la république. Signé « Ameilhon. * C'était là un singulier travail d'académicien. Ameilhon allait jusqu'à vouloir qu'on effaçât sur une pierre noire le souvenir du règne de Henri IV. Ce patriotisme délirant suflirsiil pour peindre une époque. Les maçons et les couvreurs étaient mis surle-champ en réquisition pour enlever les emblèmes dénoncés (l). On sait que les chcfs-d'ieuvrc de l'art

(4) Voici, afce son ortuograptie, une de cm réquisitions dont l'auteur de m article jarde l'ordinal : « Muatctpalue <U Paru.

eux-mêmes n'étaient pas à l'abri de la destruction. Le 1" mars 171», M. Garât, alors ministre de l'intérieur, écrivait à Paré, ministre des contributions publiques : « (Juatre anges d'argent , mon cher col- « lègue, chefs-d'amvre de Sarrazin et de Coustou, « et plus remarquables itar le travail que par la ma- « tière, ont été |>ortés de l'église des grands jésuites « à la monnaie. » Et le ministre demandait que ces objelt précieux fussent ercepiét de la fonte , réunis au Musée des monuments français, rue des Petits- Augustins, et conservés pour la gloire des arlt. On lit sur le haut de cette lettre la note suivante : « Le ministre (Paré) en a fait suspendre la réponse, « attendu que le betoin doit potier arant la cttrio- « tité; » et cette note fait assez connaître ce que sont devenus les quatre chefs-d,o?uvre de Sarrazin et de Coustou. Cependant, malgré ses opinions exaltées, Ameilhon protégea quelques monuments , et rendit des services aux sciences et aux lettres. Il avait reçu la mission de réunir en de vastes dépôts toutes les bibliothèipics des maisons religieuses supprimées. Dans ces temps de vandalisme et de confusion , le ministre de la guerre, Pachc, n'avait donné que trois heures pour commencer et arhever l'évacuation de la grande bibliothèque de St-Vielor ; ce délai passé, tous les livres devaient être jetés par les fenêtres. Ameilhon, qui était chargé de celte expédition, demanda et obtint qu'il lui fût accordé trois jours ; il mit en réquisition les chariots nécessaires, et la bibliothèque fut transférée, à la hâte, dans un hôpital voisin ( la Pitié ). Ameilhon transforma plusieurs églises de Paris , entre autres celle des jésuites, nie St-Antoine, en immenses déilôts où il réunit plus de 800,000 volumes, en y faisant porter , avec les bibliothèques des couvents , celles qu'on avait confisquées sur les victimes de la révolution. Il eut le mérite de sauver ainsi la bibliothèque de Maiesherbes, de Lavoisier et de plusieurs autres, qui furent rendues à leurs héritiers dans des temps plus heureux. Il consacra six ou sept années de sa vie à la direction , au triage et au classement de tous ces livres amoncelés dans les dépôts confiés à sa garde. — Des pétitionnaires avaient demandé à la bai re de la convention le renversement de l'arc de triomphe connu sous le nom de Porte St-Denis. Ameilhon , membre de la commission temporaire des arts , se rendit , en toute hâte , au comité d'instruction publique chargé de faire un rapport sur cette pétition inoufe, et fit adopter qu'on se bornerait à enlever l'écusson royal et l'inscription Ludovico magno. que pins tard Napoléon eut le bon esprit de faire rétablir. Il convient de dire aussi que, tout en poursuivant la destruction des insignes de la royauté,

« itupeditn du hatimnUi it la repuMaue frtmtaite, n« et MM- « tiblt, l e* r, » messidor. Ordre n* SS8T. Citoyen, je le prie de « taire suprimer et enlever sur le champ les nbjeU cjr après savoir « une croix sur la ry devant eglissc Magtoire rue Martin une « autre sur celle de leglisse cj devant Lcn rue Denis et «ne troi- « sleroc sur le clorlu l de Ihnspire dhumanite et prendre a cet effet h tonte les précautions nécessaires. Sifi Umut. • L'adresse esl : « Au moyen Panel, couvreur, quay de la Liberté, ille de la « Fraternité (Sl-Loais) on ebex U citoyenne Dtonis enclos Victor, o rue Victor. »

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Audition l'opposa vivement, et avec un courage qui n'était pas alors sans danger, aux démonstrations furieuses d'un attroupement qui voulait pénétrer dan* l'église des jésuites pour y abattre les Ileurs de lis. La nef et le durur étaient remplis de livics. Ce précieux dé|»6t allait être abîmé |>ar les démolitions: Ameilbon tint ferme ; il refusa de céder aux prières et aux menaces, et alors, pour sauver les livres, il trouva bon que les fleurs de lis restassent sans outrage. Eufin la république tomba sous Cépée d'un soldat beureux. Les sanglantes fureurs des factions populaires ouvrirent une voie facile au des|K)tisinc; et , après tant d'agitations et de malheurs , la France se vit réduite à chercher le calme et le rcjios dans le sacrilicc de ses libertés. Ameilbon reprit alors ses travaux littéraires si longtemps négligés ou interrompus. H put erilin terminer, en 1811 , peu de jours avant sa mort, sa continuation de YHistoire du lias-Empire, dont le premier volume avait paru plus d'un demi-siècle auparavant (1757 ; voy. Leur w: ). Lors de la création de l'Institut, il avait été admis dans la classe de l'histoire et de la littérature ancienne. Ses travaux enrichirent la collection des Mémoires de ce premier corps de l'Europe savante et littéraire. Il avait été nommé, en 1707, conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal , qui dut à l'activité de son zèle une meilleure organisation. Dans un âge avancé, toujours laborieux, toujours infatigable, il suivait, avec une assiduité peu commune, les séances de l'Institut et celles de la société centrale d'agriculture. 11 était un des plus actifs collaborateurs de Millin, dans la rédaction du Magasin encyclopédique. Il était âgé de 81 ans, lorsqu'il mourut marguillier de sa paroisse. Ce n'est pas le nombre qui manque à ses travaux littéraires, d'ailleurs estimables pour la plupart ; en voici la liste : i" Histoire du commerce el de la navigation des Ègyjtticns, *ou* le règne de» Ptolémées, I*aris, 1700, in-8". L'auteur fait connaître combien était étendu le commerce qui se Taisait alors par la voie d'Alexandrie , et quelles étaient les routes par terre et par mer que les «-ommerçants suivaient pour aller aux Indes. 2° Histoire du Bas-Empire. Lebeau avait donné les 21 premiers volumes de cet ouvrage : Ameilbon termina le 2-2', qu'il publia, ainsi que les tomes 24 à 27 et dernier. La publication de cette histoire , commencée en 1757, ne fut achevée qu'en 1811. On y joint des tables par Pluvier, 1817,2 vol. On a dit que Lebeau avait souvent le mérite de Ilollin, et quWmcilhon n'était pas inférieur à Lebeau. On peut adopter ce jugement sans croire néanmoins que la France ait dans ces auteurs trois grands historiens. 3° Remarques critiques sur l'espèce d'épreuve judiciaire appelée vulgairement l'épreuve de l'eau froide. Les sorciers , très-nombreux dans le moyen age, étaient particulièrement soumis à cette sorte d'épreuve. Alors les peuples ignorants et superstitieux croyaient que les sorciers ne pouvaient aller au fond de l'eau , et ceux qui , soumis à l'épreuve, surnageaient étaient condamnés à |iérir dans les llammes. Ameilbon croit que ceux qui se mêlaient de sorcellerie étaient atteints d'affections va-

poreuses et nerveuses , et que daas des tem|w ou cette maladie était |>eu connue, il n'était |ias étonnant qu'on prit les symptômes et les accidents extraordinaires qui souvent l'accompagnent pour des effets surnaturels. Ce mémoire a été inséré dans le 57" volume du recueil de l'académie des belleslettres. 4° Recherches sur Cexercice du nageur chez les anciens el sur les avantages qu'ils en t diraient. On trouve ce mémoire dans le 58e volume du même recueil. Ameilbon avait voulu exciter les |nrenLs et les instituteurs a faire entrer la natation dans l'éducation de la jeunesse. 5° L'art du plongeur chez les anciens (même recueil, tome 40 ). Ameilbon fait voir que, |tai mi les moyens employés par les anciens jwur rester longtemps sous l'eau, il en était un qui |>eul passer pour l'ébauche de notre cloche du plongeur. 0" Sur le Télescopé ( même recueil , tome 42 j. Dutcns prétendait avoir démontré , dans son Origine des découvertes attribuées aux modernes . que l'usage des télescopes avait été connu des anciens. Ameillton combat cette opinion ; il soutient qu'il n'est aucune des découvertes faites dans le ciel |«r les astronomes de l'antiquité , à laquelle la vue simple n'ait pu parvenir. H combat toutes les preuves donuees par Dutcns, et cherche à démontrer qu'il n'a pas saisi le véritable sens des au- I torités sur lesquelles il s'appuie. L'auteur de cette dissertation lixe l'origine des verres optiques. 7° .Sur la I Métallurgie ou l'art d'exploiter les mines chez les an- • tiens. Ce mémoire ne contient que l'exploitation de luT, et fait connaître les travaux immenses entrepris dans l'antiquité |H>ur arracher les métaux du sein de la terre. 8° Sur les couleurs connues des anciens, et sur les arts qui peuvent y avoir rapport. Ce mémoire est imprimé dans le t" volume du recueil de l'institut, classe de littérature et des beaux-arts. 9° L'.4r< du foulon chez les anciens. L'auteur établit que la safionairc est le struthium dont les anciens se servaient pour blanchir les toiles et les étoffes , et que , du temps de Oioscoride , le diptacus ou chardon à bonnetier n'était pas encore en usage dans les ateliers des foulons. 10" Sur différentes espèces de SjHirles , dont il est ptirlé dans tes auteurs grecs et latins. Ce long mémoire, qui lient à l'histoire de l'ancienne botanique , a été inséré, ainsi que les trois mémoires suivants, dans le 2e volume de la classe de la littérature et des beaux-arts. 1 1° Sur la Pèche des anciens. 12° Explication d'une inscription tronquée et gravée en latin sur un cuivre qui a été trouvé dans le voisinage de Tunis. 13° Projet sur quelques changements qu'on pourrait faire à nos catalogues de bibliothèques pour les rendre plus constitutionnels. Ce mémoire contient des observation* sur le caractère, les qualités, les fonctions et les devoirs d'un vrai bibliothécaire. L'auteur n'a eu qu'à se peindre lui-même, et l'expérience d'un demi-siècle, ses longs et utiles travaux donnent à ce mémoire lieaucoup d'autorité. 11° Plusieurs articles sur la collection de manuscrits grecs désignés sous le nom de Chemiri trleres , dans les IS'oticcs et Extraits dr* manuscrits de la bibliothèque du roi, recueil publié i>ar l'académie des belles-

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lettres. 15° Notice d'un poème dont l'auteur, nommé Cotigniet, qui appartenait à la faction bourguignonne, décrit en français , tel qu'on l'écrivait et qu'on le parlait à Namur dans le 15* tiède, les ! troubles qui ont désolé la France sous le règne de Charles VI. Cet ouvrage est curieux par la singularité de la composition. 16° Analyse de l'inscription en hiéroglyphes du monument trouvé à Rosette, contenant un décret des prêtres de l'Egypte en l'honneur de Ptolémée Èpiphanc ; par le comte de Pahlen. On y trouve une traduction latine de celte inscription, faite par Ameilhon, et dans laquelle sont en lettres italiques les mots que l'on croit avoir été exprimés en hiéroglyphes, Dresde, 1804, in-4°. ( Yoy. Akerblad.) 17e Plusieurs morceaux détachés relatifs à l'agriculture et à l'économie rurale des temps anciens, communiqués à la société d'agriculture du département de la Seine, et qu' Ameilhon se proposait de faire entrer dans un corps d'ouvrage complet sur cette matière. 18° Plusieurs notices, articles ou mémoires insérés dans le Magasin encyclopédùfue . [Yoy. les tables de ce journal. ) Nous ne citerons que la Notice des inscriptions rapportées éPÊgypte par les officiers de l'armée commandée var le général Bonaparte [ 1802); sur les Recherches historiques et philosophiques de M. Louis Petit- Radel, concernant le peuple Pélasge, etc. (1802); sur les Fouilles faites dans la plaine eTIsernore, département de l'Ain (1799): Note sur quelques médailles impériales ( 4802 ) , etc. , etc. Historien et archéologue , Ameilhon écrivit aussi sur les arts mécaniques , sur l'agriculture et la bibliographie. Voyez son éloge par Dacier, dans le tome 5 des Nouveaux mémoires de l'académie des inscriptions; la notice biographique publiée par M. le baron Silvestre, dans les Mémoires de la société d'agriculture, 1815, tome 16, et le discours de A. J. Rouelle, ancien conservateur du dépôt littéraire , prononcé le 23 novembre 4811, aux funérailles d* Ameilhon, in-8" de six pages V— ve.

AMELGARD, prêtre à Liège , vivait A la fin du 15* siècle, et a écrit : de Rébus geslis Caroli VII historiarum libri .*> ; et de Rébus gestit Ludovici XI, Francorum régis, historiarum libri 50. Ces deux ouvrages sont encore inédits : le manuscrit se trouve dans la bibliothèque royale de Paris. Charles VII chargea Amelgard de la révision du procès de Jeanne d'Arc , lorsque les Anglais se furent retirés du royaume, et celui-ci composa un Litre de l'examen de cette œuvre d'iniquité. G — t.

AMÉLIE ( Anne ) , princesse de Prusse , sœur de Frédéric II, née le 9 novembre 1753, fut non moins distinguée par ses vertus que par ses talents , son goût pour les arts, et surtout par son habileté en musique : elle fit de tels progrès dans l'étude de la fugue et du contre-point , sous la direction du compositeur de la cour, Kirnberger, qu'elle composa bientôt elle-même des morceaux remarquables. Elle mit en musique , pour lutter contre le célèbre Graun, fa M art du Messie, de Ramier, et cette composition est pleine de verve et d'harmonie : elle excellait sur le clavier. Unissant à des goûts si nobles une piété

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et une bienfaisance rares, elle retranchait continuellement sur ses dépenses de toilette, afin de pouvoir donner davantage aux pauvres. Elle mourut à Berlin , le 30 mars 1787. G— T.

AMELIE, duchesse de Saxe-Wcimar. Voyez Ahalie.

AMÉLIER DE TOULOUSE (GmixEU), troubadour du 12e siècle, a laissé des sirventes (esi>èce de satires) adressées au comte d'Astanac, contre les mœurs du siècle, sur la décadence de la noblesse et de la jonglerie, sur la tyrannie et l'avarice des grands, contre le clergé et les moines : ces pièces, plus hardies que spirituelles, peuvent servir à faire connaître les mœurs du temps. P— x.

AMELIN ou HAMELIN (Jean n') , traducteur de Tite-Live , était de Sarlat en Périgord. Il embrassa jeune la profession des armes, fut attaché comme gentilhomme à la personne d'Armand de Biron (voy. ce nom ) , depuis maréclial , et , à son exemple , il chercha dans la culture des lettres un délassement aux fatigues de la guerre. Dans le temps que le roi Henri II était au camp de Crèvecœur, on lui remit un poème en vers français qu'Amelin avait composé à sa louange ; et ce prince en fit témoigner sa satisfaction à l'auteur dans des termes qui l'encouragèrent à tenter de nouveaux essais. Ce fut, comme il nous l'apprend , sous la tente qu'il acheva la traduction des Conciones ou Harangues tirées de Tite-Live, dont il s'empressa d'offrir la dédicace au roi. Elle fut imprimée par Vascosan, Paris, 1554, in-8"; niais il y a des exemplaires sous la date de 1567 et de 1568. Amclin traduisit ensuite la troisième Décade de Tite-Live , cl la lit imprimer à Paris , 1359 , in-fol. Celte version fut reproduite en 1585 par Biaise de Vigenère, resuyvie presque tout à neuf (1). Dans le second livre de ses [ «"mes, Ronsard parle ainsi de la traduction de Tite-Live par Amelin :

Maintenant les François auront son bel ouvrage, Traduit lidètement en leur propre langage Tar le docte Auielin, lequel avoit devant En cent façons montré combien il est savant, Soit en philosophie, ou en l'art oratoire, Soit à savoir traiter les faits de notre histoire, Ou soit pour contenter l'oreille de nos rois Et par les vers latins et par les vers françois.

On apprend par ces vers qu'Amelin avait composé plusieurs ouvrages, entre autres une histoire de France. Elle est citée par Lacroix du Maine et par le P. Lclong ; mais le manuscrit en est perdu , ainsi que toutes les productions de notre auteur en latin et en français. Il faut en excepter, avec la traduction de Tite-Live , un Hymne à la louange de M. le due de Guise, Paris, 1558, in-8°. W— s.

AMÉLIME (Claude), né à Paris, en 1635, d'un procureur au Châtclct, suivit quelque temps le

(4) nuise de Vigenère vent faire entendre par la qu'il a rern la traduction d'Amrlin ou d'Ilamclin avec le plus grand Min, et qu'il en a fait, pour ainsi dire, uue m une lie version. Mais tonl re grand travail, ou, comme il dit, celle rttuyle, se borne au changement de quelques tours et a la substitution de quelques mou a d'autre» qui avaient cesse d'eue en usage.

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barreau, se dégoûta ensuite du monde, et entra aans la congrégation de l'Oratoire, le 29 avril 1660. Ce ne fut que malgré lui qu'il fut fait grand chantre de l'Église de Paris, dignité qu'il permuta avec Claude Joly, pour celle de grand archidiac rc ; il mourut à Paris, en septembre 1700 , âge de 71 ans. Il a laissé : 1" un Traité de la Volonté, Paris, 1684, in— 1 2 ; 2° Traité de l'amour du souverain bien , Paris, 1099 , in-12. Quelques-uns lui attribuent l'Art de vivre heureux, Paris, 1600, in-12, que d'autres croient cire de Louis Pascal. C. T — Y.

AMÉLILS, philosophe éclectique, natif de Toscane, fut contemporain de Porphyre, et, d'abord, eut pour maître Lysimaquc, qui lui donna les principes de la philosophie stoïcienne. Les écrits «le Numénius lui firent ensuite connaître et adopter les dogmes de Platon; mais enlin il se rendit disciple de Plotin, vers l'an 240 de l'ère vulgaire. Pendant vingt-quatre ans , il n'abandonna point ce maître, et ne l'eût sans doute jamais quitté, si Plotin , |>our raison de santé, ne se fût retiré dans la Campanie. Amélius alors alla s'établir à A pâmée en Syrie. C'est sans doute son long «'jour dans cotte ville qui a induit Suidas en erreur, en lui persuadant qu' Amélius y avait pris naissance. Le mot Amélius , en grec , signifie négligent. Jamais défaut ne fut plus éloigné du caractère du philosophe toscan; aussi Porphyre rapportc-t-il qu'il aimait mieux êU e ap|iclé Amérius, et c'est sous ce dernier nom qu'Eunapc le désigne dans les Vies des sophistes grecs. Ses disciples lui donnèrent aussi répithete de noble. Amélius composa près de cent traités, dont aucun n'est lervenu jusqu'à nous. L'un «le ces traités avait pour objet la différence des doctrines de Numénius et de Plotin. Il mit en ordre les ouvrages de ce dernier, dont il possédait si bien les principes, que souvent Plotin le chargeait de répondre aux arguments de ses disciples; et, ce qui fera connaître plus particulièrement le génie de l'éclectisme , Eusébe , Théodore! et St. Cyrille rapportent un passage d' Amélius, dans lequel il cite le commencement de l'Evangile de St. Jean, en confirmation de la doctrine de Platon, concernant la nature divine. Amélius eut un lils adoptif, nommé Justin Hcsychius, auquel il légua tous ses écrits. On ignore l'époque et le lieu de sa mort. D. L.

AMELOT DE L.4 HOCSSAYE (Nicolas, et, selon quelques-uns, Abi;aiiam-!Nicolas) , né à Orléans en février 1654, fut, en 1609, secrétaire du président St-André , ambassadeur de France à Venise, et demeura quelques années dans cette ville. On ignore les autres particularités «le sa vie ; seulement on sait qu'il mourut à Paris, le 8 décembre 4706, et qu'il fut enterré a St-Gervais. L'emploi qu'il avait rempli à Venise lui lit diriger, pendant un temps, ses études du côté de la politique ; il passa une grande partie de sa vie à composer «les ouvrages, ou à faire des traductions. Malgré ses travaux , il serait tombé dans la misère sans les secours «pic lui donnait un abbé. « Le style d'Ainelot, dit Niceron, «est un peu dur; mais sa fidélité, son exactitude, «et k solidité de son jugement, dédommagent de

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« ce défaut. » Voici la liste de ses principaux écrits : 1° Histoire du gouvernement de Venise, avec le supplément et l'examen de la liberté originaire (traité traduit de l'italien de Marc Velferus) , at*c det notes historiques et politiques, Amsterdam, 1705, S vol. in-12 ; cet ouvrage , rempli de traits satiriques, mais cependant très-propre à faire connaître le gouvernement de Venise, déplut au sénat, qui s'en plaignit à la cour de France ; on prétend même «pic l'auteur fut enfermé à la Bastille. 2° Histoire du concile de Trente de fia Paolo Sarpi , traduit* par le sieur d* la Mothe Jouet al. Amelot, <nii s'est caché ici sous ce dernier nom , ne fit pas sa traduction sur l'original italien, mais sur la version latine, peu fidèle, de Newton : aussi celle traduction a-t-elle été effacée par celle du P. le Couraycr. 3° L'Homme de cour . traduit de l'espagnol de Baltliasar Gracian , j684 , in— 4 " ; le P. Courbcvillc en a donné une nouvelle traduction en 1750 , in-12 , sou» le titre de Maximes de Ballhasar Gracian. 4° Le Prince, de Nicolas Machiavel, traduit de l'italien, avec des remarques, 10X5. 1686, in-12. Amelot a prétendu justifier Machiavel, en soutenant «pi'il dit ce que les princes font, et non ce «pi'ils doivent taire , et qu'ainsi son ouvrage n'est qu'une critupie de leur politi«pie ; opinion «pie Niccron traite de paradoxe, et Laharpe, de rêverie. 5° La Morale de Tacite, 1686, in-12. Le mal qu'il disait de la traduction de Tacite par Perrot d'Ablancourt lui attira une vive critique de la part de Frcmont d'Ablanoourt , neveu de Perrot, qui y défiait Amelot de faire une meilleure traduction. 6° Tacite, avec des notes politiques et historiques, 1092 et 1755, 10vol. in-12; les 4 premiers volumes sont d'Amelot, et contiennent la traduction des 9 premiers livres qui nous restent des Annales de Tacite. Les 6 autres volumes sont de François Bruys, et sont inférieurs aux premiers. 7° Lettres du cardinal d'Outil, Amsterdam, 1708 , 5 vol. in-12. 8° Mémoires historiques, politiques, critiques et littéraires, 1722, 2 vol. in-8°; 1737, 5 vol. in-12. M. Coqucley en a donné une nouvelle édition, 1741, 3 vol. in-12. «Amelot, dit <« le P. Niceron , n'est pas certainement l'auteur de s tout l'ouvrage , qui ne fut imprimé qu'après sa «mort.» Ces mémoires sont très-fautife ; ils sont disposés par ordre alphabétique; mais ce recueil est incomplet, puisqu'il ne va pas jusqu'au milieu de l'alphabet. 9° Histoire de Philippe-Guillaume de Nassau , prince d'Orange , et d'Èléonore-Charlotte de linurbon , sa femme , avec des notes politiques , littéraires et critiques, 1754', 2 vol. in-12; cet ouvrage fut publié par l'abbé Sepher. 10° Abrégé du procès fait aux juifs de Mets , avec plusieurs arrêts du parlement, 1670, in-18; cet ouvrage est généralement attribué à Amelot; on en trouve la réfutation dans la Bibliothèque critique de Richard Simon , t. 1er, p. 109. Pour les autres ouvrages d'Amelot, on peut consulter le t. 35 des Mémoires de Niccron. A. B — t.

AMELOT ( Sébastien— Michel ) , évéque de Vannes, né à Angers le 5 septembre 1741, était issu d'une ancienne famille , qui a donné un grand nomt>rc de magistrats au pai icmeni de t ans , un areneve-

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que A PégtlM de Tours, un ambassadeur à l'Espagne , sous Philippe V, dont il contribua puissamment à consolider le tronc; un ministre des affaires étrangères sous Louis XV ; enfin un ministre de la maison du roi sous XVI. I.e marquis dcCliaillou, son père, était colonel d'un régiment d'infanterie. Le lils, destiné de bonne beure à l'état ecclésiastique, s'attacha a M. de Boisgclin, qui le nomma sou grand vicaire à Lavaur, ensuite à Aix. Il fut, ainsi que son archevêque, nommé, en 1772, membre de rassemblée du clergé; le 23 avril ITT5, il fut sacré évèque de Vannes. Louis XVI lui conféra, en 1780, l'abbaye St-VIncent de Besançon; et en 1787, sons le ministère du maréchal de Caslries, la direction du collège de la marine, fondé depuis peu a Vannes. Amelot administrait avec une sage modération son diocèse et les établissements confiés à ses soins. Ne suivant point un usage alors introduit dans le haut clergé de France , au lieu d'aller passer l'hiver à Paria , il résidait assidûment dans son diocèse, surveillant les détails de ses administratioas, et entretenant avec son clersé lis relations les plus amicales. Lorsque la révolution éclata , il refusa de prêter le serment à la constitution civile du clergé, et la plupart d< s ecclésiastiques de son diocèse suivirent son exemple. On peut bien penser qu'il signa V Exposition que les évequesde France publièrent sur la constitution civile. Le parti qui dominait sur la lin de 17110, prévoyant que , tant que ce prélat résiderait dans son dioeèse , il serait difficile d'y introduire le nouvel ordre de choses , suscita contre lui deux soulèvements qui exposèrent sa vie aux plus grands périls. Ajant quitté sa ville épiscojtalc, il apprit dans sa retraite qu'on lui avait signifié l'ordre de s*- rendre à la barre de l'assemblée constituante. Afin de s'y conformer, il revint à Vannes |iendant la nuit. Conduit à Paris par la gendarmerie, il reçut seulement loi tire de ne point quitter son logement , avec injonction de se présenter a l'assemblée le jour où il en Serait requis. Lorsque la constituante eut terminé sa session, il passa en Suisse. Instruit qu'une expédition se préparait pour les cotes de la Bretagne, il se pro|xisa d'aller Joindre M. de Hem1, évèque de Bol On sait quel sort eut cette expédition appelée de (Juihcron. L'évèquc de Bol fut une des victimes immolées à Vannes. Amelot , apprenant en chemin celle catastrophe , revint en Suisse , où il signa Y Instruction que quarante-huit évéques adressèrent, le IS août 1708, aux fidèles de France. L'armée française ayant envahi la Suissé, le prélat se relira à Augsbourg, d'où il passa à Londres en 1800. Il habitait cette ville lorsque, après la conclusion du concordat, il fut invité par Pie VII à donner la démission de son siège. Les dix-huit évéques qui se trouvaient alors en Angleterre délivrèrent sur la conduite qu'ils avaient à tenir. Cinq envoyèrent leur démission ; les treize autres, au nombre desqttels se trouvait l'évèque de Vannes, écrivirent atl pape le 27 septembre 1801 , le priant de suspendre toute mesure jusqu'à ce qu'ils lui eussent exposé leurs motifs. Pie VII repondit le 1 1 novembre par un bref qui ne fut reçu que le 0 janvier 1802. Les treire prélats persistèrent dans leur

refus , dont ils donnèrent les motifs par une lettre du 5 février 1802 , qui a été imprimée. Amelot, avec vingt-trois autres évéques, adhéra à une lettre qui fut adressée au souverain jiontife ; il prit ensuite pari aux actes des évéques non démissionnaires, aux Acclamations du 6 avril 1803, à la suile de ces acclamations, du 15 avril 1801 , et à la Déclaration sur les droits du roi, du 8 du même mois. Cependant il ne cherchait aucunement à exciter des divisions dans l'Église ; il n'exerçait aucun acte de juridiction , et ne détournait |M>int ses ecclésiastiques de rentrer dans le diocèse [tour se soumettre au concordat. En 181 î, après lu restauration, M. de Bausset, évèque de Vannes , lui écrivit pour l'engager à venir reprendre son siège, lui offrant pour cela de donner sa démission. Amelot n'accepta |*>int celte offre. Cependant vers la lin de 1813, le grand aumônier ayant, par ordre du roi, fait savoir aux éu'qucs non démissionnaires que Sa Majesté négociait a\ec le saint-siège, et qu'elle verrait avec plaisir qu'ils levassent tout obstacle aux accommodemenls projetés en se démenant de leurs sièges, ils envoyèrent tous leur démission. Amelot rentra en France , et assista à plusieurs réunions d'évêques, qui eurent lieu vers la lin de 1813; mais il resta étranger à toute démarche ultérieure, et il disait souvent de Blanchard et des autres anticoncordataires : Ce sont des insensés. Ce prélat avait perdu un iril en Angleterre, et il devint tout à fait aveugle i>eu après son retour en France. Son ancien diocèse était toujours l'objet de ses affections, et il lit passer a son successeur une somme assez considérable , tant pour le soulagement des pauvres que pour le séminaire de Vannes. Amelot mourut à Paris, le 2 avril 1829, après une Courte maladie. — Amelot, ministre de la maison du roi sous Louis XAI, fut incarcéré pendant la terreur, et mourut dans la prison du Luxembourg en 1704. On a prétendu qu'il avait dit : «S'il n'y avait pas de « lettres de cachet , je ne voudrais pas être ministre , « le roi m'en priât-il à mains jointes. » Mais il n'est guère probable que le ministre d'un monarque qui lit si peu d'usage de cette mesure ait tenu un tel pro|Mis. Ouant a la longue captivité de Lalude que les ennemis d'Amelot Un ont Imputée , il suffit de comparer les dates pour reconnaître la fausseté de cette accusition. ( Voy. Masers nn Laitue. ) C— v.

AM FLOTTE (Bemsj, prêtre de l'Oratoire, né à Saintes en 1006, entra dans cette congrégation en 1630, et mourut â Paris le 7 octobre 1078. La |>art qu'il eut au despotisme du P. Bourgoing, général de l'Oratoire, le rendit odieux à ses confrères. Son attachement aux principes de St. Augustin et de St. Thomas ne l'empêcha pas de marquer la plus forte prévention contre les théologiens de Port-Boyal. S'il est vrai (pic, dans la guerre qu'il leur lit, son projet fut de s'avancer dans l'Église, il manqua son but ; car toutes ses démarches |K>ur obtenir l'évêché de Sarlat furent inutiles. Nicole se chargea de venger ses collègues. On dit que, pour peindre son original au naturel, il alla lui faire une visite, alin de mieux rendre son air grotesque, et les grimaces dont il accompagnait tous ses mouvements. Le P. Amclotte

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s'en vengea en détournant le chancelier Séguicr, dont il était le théologien, d'accorder le privilège pour la traduction du Nohvcau Testament, connu sous le nom de Mont. Il craignait d'ailleurs que cette traduction ne nuisit à celle qu'il était sur le point de publier lui-même, et qui parut en 1006-07 et 68, 4 vol. in-8°, reliés en 3. Dans l'épitrc dédicatoireà M. de Péréfixc, archevêque de Paris, MM. de Port-Royal, sans être nommés, se trouvaient peints des plus noires couleurs. Cette épltre fut supprimée après la mort de l'auteur et du Mécène, et remplacée, dans l'édition de 1688, 2 vol. in-4°, par une dédicace différente à M. de Harlay, successeur de ce dernier. Cette, traduction, sur laquelle est principalement fondée la réputation du P. Amclotte, a été souvent réimprimée avec des notes ou sans notes : elle était mieux écrite qu'aucune de celles <pii l'avaient précédée. Le protestant Conrart, regardé comme un des Iwmmes de France qui savaient le mieux leur langue, l'avait renie pour le style. Aussi, quoiqu'elle manque d'exactitude, quoique les notes pèchent souvent contre les régies de la critique, elle fut autrefois fort en vogue, et elle est encore aujourd'hui d'un usage assez général. On sut mauvais gré à l'auteur d'avoir représenté l'invitaUon de quelques évoques j»our la composer, comme un ordre du clergé de France. Port-Royal l'accusa de plagiat ; il est vrai qu'il avait eu communication de la traduction manuscrite de ces savants solitaires. Richard Simon, son confrère, lui reprocha de s'être vanté dans sa préface d'avoir consulté tous les manuscrits de l'Europe. 11 est certain, et sa corres|»ondancc en fait foi, qu'il s'était donné beaucoup de peines et de soins pour se procurer les différentes leçons des meilleurs manuscrits conservés dans les principaux dépôts litléraires de France et des pays étrangers. Le P. Amclotte avait composé quelques écrits sur les affaires du jansénisme, qui ne valent pas la peine d'être tirés de l'oubli ; les vies du P. de Condren cl de la somr Marguerite du St-Sacremcnt, qui sont pleines de mysticité ; plusieurs livres de dévotion, dont quelques-uns sont restés entre les mains des fidèles. T— d.

AMELUNGHI (Jérôme), poète burlesque italien du 10e siècle, était de Pise, cl sans doute bossu ; car on l'appelle il Gobbo da Pita, le bossu de Pise. On a de lui un |>oêmc intitule la Giganlea ( la Guerre des Géants), qu'il publia sous le nom de Forabosco, à Florence, en 1566, in-12, avec un autre poème du même genre, intitulé la Nanea ( la Guerre des Nains), d'un certain Franccsco Aminta, d'ailleurs tout à fait inconnu. Ces ])oêmcs ont été réimprimés à Florence, en 1612, in-12, avec la Guerra de' Motlri, d'Antoine Grazzini, dit le Lasca. Ce sont les premières productions d'un genre dans lequel les Italiens ont excellé , mais auquel ils se sont trop livrés, pour l'honneur de leur littérature. On trouve aussi, parmi les Canli carnascialetchi (Chants du carnaval ), un chant original d'Amelunghi, sous le titre de gli Scolari ( les Écoliers). G — É.

AMENTA (Nicolas), né à Naples en 1659, fut, pendant ses quatorze premières années, affligé d'une

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maladie des yeux, qui le força de rester tout ce temps enfermé dans une chambre, sans voir le jour. Dès qu'il en fut guéri, il fit des progrès rapides dans ses études, fut reçu docteur en droit, et se distingua bientôt, à Naples, dans la profession d'avocat. 11 lit son délassement de la culture des lettres, et s'appliqua surtout à l'étude de la langue toscane, qu'il écrivit avec une grande pureté, et sur laquelle il a laissé des observations, et d'autres écrits. On a de lui : 1° sept comédies en prose, savoir : la Costanxa, il Força, la Fante, la Somiglianta, la Carlotla, la Giutlina, el le Gcirurife, que l'on compte parmi les meilleures de son temps. 2° Rapporti di Parnato, etc., 1" partie, qui n'a pas été suivie d'une 2e, Naples, 1710, in-4°. Ces rapports sont dans le genre des Ragguagli di Parnato de Boccalini, sinon que ceux-ci roulent souvent sur la politique et sur la morale, au lieu que ceux d'Amenta n'ont pour objet que l'histoire littéraire et des matières d'érudition. 3° Des observations sur il Torto cl dritlo del non si puô, etc., ouvrage sur la langue italienne, par le P. Daniel Bartoli, sous le nom de Ferrante Longobardi, publiées avec l'ouvrage même, dans l'édition de Naples, 1717, in-8°, et réimprimées de même avec des remarques de l'abbé Cito ; Naples, 1 728, in-8\ 4° Délia Lingua nobile dltalia, etc., autre ouvrage sur la langue, divisé en deux parties, publié à Naples, en 1723, in-4°. 5° Les vies de deux hommes de lettres, monsignor Scipion Pasquale de Cosenza, et Lionardo, poète napolitain. 6° Vingtquatre Capiloli, ou pièces satiriques, dans le genre des Capiloli du lierai, du Lasca, et autres poètes burlesques, Naples, 1721, in-12. 7° Des Rime, ou poésies diverses, éparses dans différents recueils. Amcnta mourut à Naples, le 21 juillet 1710. G — É.

AMERBACII ( Vjtls), natif de VVendingen, en Bavière, fit ses études de philosophie, de droit et de théologie à Wittcnberg, et se rangea parmi les sectateurs de Luther ; mais, de retour dans sa patrie, il rentra dans le sein de l'Église catholique, devint professeur de philosophie à Ingolstadl, et y mourut, âgé de 70 ans, vers 1557. Ses ouvrages philosophiques sont un livre de Anima ; de Philotophia naturali, etc., anliparadoxa, eu m orationibus de Laudibus, de Palria, el de Ratione tludiorvm; il publia des commentaires sur Us Officet de Cicéron, et sur le Discours pour le poète Archias ; sur les poèmes de Pylhagorc et de Phocylidc; sur les Tritlet d'Ovide, et sur l'Art Poétique d'Horace. Il traduisit aussi du grec en latin les Discours d'Isocratc et de Démosthène, le traité de St. Chrysostomc tur la Providence, et celui d'Epiphane «ur la Foi catholique. On a de lui des epigrammes, des épitaphes, et plusieurs autres pièces de vers, qui prouvent que l'érudition n'avait pas étouffé en lui le goût de la poésie. N — L.

AMERBACII (Jean), célèbre imprimeur du 15* siècle, natif de Rullingen, en Souabe, et établi à Bàle. On lui doit l'invention des caractères ronds, qu'il substitua aux italiques et aux goUiiqucs, moins agréables à la vue, et plus diflicilesà la lecture. Il donna, en 15(10, la première édition de St. Augustin, qu'il avait lui-même revue et corrigée, et le caractère dont

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il se servit porte encore le nom de taint-augutlin.

Il avait commencé le même travail sur St. Jérôme ; mais sa mort, arrivée en 1515, ne lui permit pas de l'achever. Il laissa ce soin à ses enrants, qui remplirent ses intentions. Les éditions de Jean Aracrbadi sont estimées pour leur exactitude. — Bonifaee Amerbach, son fils ainé, mort en 1562, occupa pendant vingt ans la chaire de jurisprudence à Bâle, passa par toutes les places de la municipalité, et jouit d'une grande réputation de savoir et de probité. Il existe de lui quelques ouvrages. On imprima, en 1659, à Bâle, in-4°, Bibliotkeca Amerbachiana, etc.; cet ouvrage, peu commun, est du nombre de ceux qui servent à l'histoire de l'imprimerie, parce qu'il fait mention de plusieurs anciennes éditions qu'on ne trouve pas facilement dans les plus grands catalogues. C'étaient Erasme et Bonifaee Amerbach, son exécuteur testamentaire, qui avaient jeté les premiers fondements de cette Bibliothèque. T— n.

AMEBBACII ( Basile), jurisconsulte, était petitfils de l'imprimeur de ce nom. ( Voy. Amerbach. ) Né en 1534, à Bâle, il fut admis, en 1549, à l'académie de cette ville ; et l'année suivante, il obtint le doctorat dans la faculté de philosophie. Ayant, à l'exemple de son père, embrassé l'étude du droit, il se rendit à Bologne ; et, après avoir fréquenté les cours de cette fameuse université, il y reçut le laurier doctoral. De retour à Bâle, il fut nommé recteur de l'académie, charge à laquelle les suffrages du sénat et des curateurs des études le portèrent dans la suite encore quatre fois. Élu professeur du Code en 1561, il succéda, deux ans après, dans la chaire des Pandectes, à son père, homme d'un rare mérite, qu'il remplaça également dans la charge de syndic. Dans l'espace de quelques semaines, il eut la douleur de perdre, avec son père, sa femme et son fils unique, victimes d'une maladie contagieuse. Comme syndic, il eut l'occasion de rendre d'importants services à sa patrie. Il donna une somme considérable pour établir au gymnase une nouvelle classe qui porte encore son nom. Atteint de la maladie à laipielle il a succombé, il résigna tous ses emplois, et mourut deux ans après, le 25 avril 1591. Il fut inhumé dans le couvent des Chartreux, à côté de son père. Sa soeur, Faustine Amerbach, les réunit sous la même épitaphe rapportée dans les Monumenta basilientia, p. 321 . En lui finit son illustre famille, chère à tous les amis des lettres. Il possédait un cabinet précieux, commencé par son père, mais qu'il avait enrichi d'un grand nombre de médailles et d'antiquités. On conserve de lui plusieurs ouvrages de droit dans les manuscrits de la bibliothèque de Bâle. Voy. son éloge dans les Athena Rauricm, p. 115. W— s.

AMER BIAKHAM-ALLAH ( Aboc-Ali-Al-Mansocr), V calife fatltémide d'Egypte, avait à peine cinq ans lorsqu'il succéda à son père Mostaly, l'an 495 de l'hégire (1161 de J.-C.), par les soius du vizir Afdal, qui fut chargé de la régence, et qui, à l'intronisation du nouveau souverain, lui donna le titre de Biakham-Allah (celui qui fait observer la loi de Dieu). Abou Mansour Nezar, oncle du jeune prince, refusa de le reconnaître, et alla se renfermer

dans Alexandrie, où, soutenu par le gouverneur, il se fit proclamer calife sous le nom de Mostofi Eddin ; mais il y fut bientôt assiégé par Afdal, qui, s'étant rendu maître de la place, fit prisonniers les deux rebelles, et s'en défit secrètement. Le vainqueur entra dans l'ancienne capitale de l'Egypte avec le jeune calife, que conduisaient ses nourrices et ses gouverneurs. Les chrétiens, qui sous le règne du père d'Amer ( voy. Mostaly ) avaient conquis Jérusalem, continuaient d'enlever au souverain de l'Egypte ce qui lui restait en Syrie ou en Palestine. L'an 497 (1164), le roi Baudouin, soutenu par une flotte génoise, assiégea Acre par terre et par mer, et l'emporta d'assaut. Le gouverneur, étant («arvenu à se sauver avec une partie de la garnison, se relira en Égyptc. Le régent Afdal envoya l'année suivante une année sous les ordres de son fils, pour réparer ces échecs ; mais le général musulman, n'étant point secondé par les princes de Syrie, fut vaincu entre Ascalon et Jaffa. Les habitants de Tripoli de Syrie, abandonnés par leur prince qui était allé implorer le secours du calife de Bagdad, se donnèrent, l'an 561 ( 1168), au monarque égyptien, qui ne se rendit à leurs vœux que pour les dépouiller de leurs richesses. Mais deux ans après, Baudouin, Tancrèdc et le comte de St-Gillcs s'emparèrent de ceue place en présence d'une flotte égyptienne, qui, retenue à l'entrée du port par les vents contraires, ne put y amener des secours. Les vainqueurs prirent Sidon ; et, poursuivant leurs conquêtes en Phénicie et en Syrie , ils assiégèrent Ascalon , dont ils se seraient rendus maîtres par la trahison du gouverneur, si les habitants indignés ne lui eussent coupé la téte qu'ils envoyèrent en Égyptc. Baudouin ne réussit pas mieux devant Tyr, qui, dépourvu de troupes égyptiennes, fut secouru par celles de l'émir de Damas jusqu'à l'arrivée d'une flotte que le vizir d'Egypte y envoya avec des présents pour son généreux allié et pour les principaux officiers de ce prince. L'an 511 (1118), Baudouin fit une invasion en Égyptc, où il prit et brûla Farama ; il aurait poussé plus loin ses conquêtes, si la mort ne l'eût frappé subitement près d'El- Arisch. On vante la sagesse et la douceur de l'administration du vizir Afdal, qui fut, dit-on, l'âge d'or de l'Egypte. Depuis longtemps la mésintelligence régnait entre le vizir et son maître. Celui-ci, jaloux de la puissance ou plutôt des richesses et du mérite de son ministre, avait témoigné le désir d'être affranchi d'un joug qui lui semblait insupportable ; mais il est douteux qu' Afdal ait voulu faire empoisonner le calife, qui ne pouvait lui porter ombrage, et encore moins qu'il n'ait pu y réussir, s'il est vrai qu'il l'ait tenté plusieurs fois. Quoi qu'il en soit, un jour que le vizir rentrait au Caire, incommodé par la poussière que faisait voler devant lui le corps de cavalerie qui précédait sa marche, il prit les devants avec deux de ses gardes. Trois Bathéniens apostés, dit-on, par le calife, l'assaillirent, et le percèrent de leurs poignards. Ils furent presque aussitôt massacrés par les cavaliers qui accoururent au secours de leur maître; mais Afdal expira en arrivant dans son palais. Amer parut toucité de la mort de son vizir. Il

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lui fit taire de magnifiques obsèques, où il récita luimême les prières funéraires; mais il ne laissa pas de s'erajMrcr de l'immense fortune que ce ministre avait amassée pendant les vingt-huit ans qu'il avait été à la tetc des affaires. On assure qu'il fallut quarante jours et quarante nuits pour transporter les effets et trésors de toute espèce qui avaient appartenu à AMal, de ses palais dans ceux du calife. Ainsi périt Afdal, l'an 515 (1121), à l'âge de 55 ans. Trois ans après, la ville de Tyr fut perdue pour l'Egypte La garnison qui la défendait la rendit par capitulation aux chrétiens qui l'assiégeaient depuis cinq mois. Le calife Amer mourut l'an 5*4, de ht même manière que son vizir. Dix «athéniens Bpostés par les grands de la cour, parents ou amis d Afdal, l'assassinèrent à Djizeh, au retour de la promenade. 11 était âgé de 54 ans, et en avait régné 59 et demi. Amer ne fut ni plaint ni regretté de ses sujets, il était savant, il écrivait bien ; raaisees qualités, stériles et souvent dangereuses dans un despote, ne peuvent faire oublier la miaulé, la dissimulation, les débauches , l'orgueil et surtout l'ingratitude qu'on lui reproche. Plusieurs monuments illustrèrent son règne ; mais ils furent ordonnés, dirigés et payés en grande partie par le célèbre vizir Afdal. Tels sont un palais sur le mont Mocatta, une mosquée à Djizeh, une autre à Alexandrie, le bazar Mirdjousch au Caire, le canal qui porte le nom d'Aboul Mouncdjah qui en fut l'entrepreneur. Amer ne laissant |»int d'enfants, mais seulement une de ses femmes enceinte, son cousin fut élu régent; mais la veuve d'Amer étant accoucliée d'une fille, il fut inauguré calife sous le nom d'Hafedh Ledin-AUah. A— t.

AMERGIN, ou AMERGliNUS, archidniide des anciens Seots- Irlandais, et l'un des chefs de la colonie seytho-milésienne, qui, selon les annales de ces peuples, vinrent, plusieurs siècles avant J.-C, fonder en Hibernie et la monarchie suprême , el les dynasties subordonnées que les Anglais y trouvèrent encore existantes dans les mêmes rans, lors de leur première invasion en Irlande, l'an 1170. Amergîn avait un grand nombre de frères, fils, ainsi que lui, d'un prince établi dans le nord de l'Fsimgnc, nommé d'abord GaUamh , mais surnommé emphatiquement Mitragh-Easpain, ou le Champion d' Espagne, surnom qui a fait oublier le nom primitif, (tarée qu'après les bardes, les historiens l'ont employé couramment, et que, selon les divers idiomes, on a écrit et dit : Mileagh, Mile*, Mile$iu$, Mileiieut. Quoique prêtre, Anurgin comlwtlit aussi ardemment que ses frères, pour soumettre l'Ile (pilla étaient venus conquérir. C'était même pour lui un devoir, énoncé avec précision parmi les préceptes de sa doctrine.

Aria praepositus slt doctior, aptior armis,

a dit le savant O'Flaherty, en renflant par un vers latin les deux vers hiberno-celtiques qui avaient anciennement consacré cette maxime :

En science, en valeur, ministres des autels, Songez à surtaxer le reste des mortels.

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Après la victoire acipiise an prix du sang le plus précieux, Héber, Hérémon et Amcrgin, survivant aux autres fils de Milcagh, s'occupèrent de fonder leur établissement politique. Les deux premiers prirent le titre de roi, en se partageant l'Ile, sur laquelle Ucrémon ne devait pas tarder à régner seul. Le troisième ne voulut d'autre caractère que celui de druide suprême. Les bardes ont dit de lui , dans leurs vers : « La nature l'avait fait poète et philo- « sophe ; la loi le lit pontife et historien : il fléchis- « sait devant les autels des genoux plus blancs que « la neige. » C'est en répétant ces bardes et leurs successeurs immédiats, qu'O'Flaherty dans son Ogygia, sir .lames Warc et Harris dans leurs Amiqui tes, O'Connor dans ses dissertations , U'ilalloran dans son histoire, ont appelé Amergin le premier auteur qu'ait eu l'Irlande.

Prlmus Amcrginus genu-candidus uuthor lerua?, Vaies, bbtoriens lege, poêla, Boston*.

Dans une tragédie inédite, dont le sujet est la restauration de la monarchie irlandaise, interrompue par une conspiration plébéienne au 1" siècle de notre ère, et dont la scène est à Cruacan, autrement la Montagne de l'Aigle, chef-lieu des druides en Ir lande, un de ces druides , expliquant à uu étranger dans quel séjour il a porté ses pas, lui dit :

Ici, tandis qu'llcber et l'heureux Hérémon De vingt peuples divers formaient la nation, Leur frère Amerginus, héros, sage et druide. De nos rites sacres devint le premier guide, Et, dédaignant le trône, aima mieux enseigner Aux uns à se soumettre, aux autres à régner.

[Voy. les articles Mile vrh, Hékémon.) L— T — L.

AMÉRIC VESPUCE ( Ameiugo Vespi cci), ne à Florence, le 9 mars 1451. d'une famille distinguée, fut élevé par son oncle George-Antoine Ye*puce, qui présidait à rinstructiou de la noblesse florentine, et jouissait d'une grande réputation de savoir. Le jeune Amène Ht de grands progrés dans la physique, l'astronomie el la cosmographie : telle était alors l'éducation des nobles de Florence, qui, [>our la plupart, se destinaient au commerce, et devaient être versés dans toutes les Sciences qui ont quelque rap|»ort avec la navigation. Comme le commerce avait contribué à la prospérité de la république, il devait se trouver dans chaque famille un citoyen qui servit sa patrie en suivant cette carrière. Améric fut choisi, dans la famille des Vespuce, pour marcher sur les traces de ses ancêtres. Il jvtrlit de Florence en 4490, et se rendit en Esjwgne pour y dire le commerce. Il se trouvait à Séville en 1495, lorsque Christophe Colomb se préparait à entreprendre un nouveau voyage, et (pie la passion des découvertes commençait à enflammer la plupart des navigateurs. Les succès de Colomb réveillèrent l'émulation d'Améric, qui résolut d'abandonner les intérêts de son commerce, pour aller reconnaître un monde dont rEurope venait d'apprendre l'existence. Le 10 mai 1497, il commença son premier voyage, et partit de Cadix avec cinq vaisseaux, sous les ordres d'Ojéda. Celte petite flotte se dirigea vers les lies For-

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tunées, et, faisant voile à l'ouest , parvint jusqu'au continent d'Amérique, après trente-sept jours de navigation : elle visita le golfe de Parias, l'île de Ste- Margucrite, et côtoya la teiTc ferme, dans un espace de plus de 44M) lieues. Après un voyage de treize mois, elle revint en Espagne, et mouilla à Cadix, le 45 octobre 1498. Améric, qui, par ses connaissances, avait beaucoup contribue au succès de rexpédiliou, fut très-bien reçu à la cour de Séville. Au mois de mai 1409, il repartit de Cadix pour le cap Vert, passa en vue des iles Canaries, et, quarante-quatre jours après son départ d'Espagne, aborda à une terre inconnue, située sous la zone torride. Cette contrée était la continuation de celle qu'il avait découverte dans son premier voyage. Après quelques courses le long de la cote, il revint a l'Ile espagnole de Santo-Domingo , où Ojéda eut des démêlés avec les Européens, qui, six ans auparavant, y étaient venus avec Christophe Colomb. La Hotte se dirigea ensuite au nord, et découvrit plusieurs lies, dont Améric fait monter le nombre à plus de mille, calcul que son biographe se contente d'ap|>eler une exagération poétique. L'amiral Ojéda voulait continuer sa route ; mais les plaintes de l'équipage le forcèrent a revenir en Europe. Au retour de la flotte, Ferdinand et Isabelle , à qui Améric présenta plusieurs productions du nouveau monde , lui firent l'accueil le plus flatteur. Lorsqu'on apprit à Florence les découvertes de Vespure, la république lit des réjouis- I sances, et s'ivonora d'avoir vu naître un grand homme. Séduit par les promesses d'Emmanuel, roi de Portugal, Améric quitta le service d'Espagne, et partit de Lislumne, le Ht mai 1801) avec trois vaisseaux portugais. 11 arriva au cap St-Auguslin, et côtoya presque tout le Brésil jusqu'à la terre des Patagons. Assailli par des tempêtes, il fut obligé de revenir en Portugal, où il arriva le 7 décembre 1502. Emmanuel, satisfait de ce voyage, voulut qu'A méric en entreprit un autre, et le navigateur florentin s'embarqua, pour la quatrième fois, le 10 mai 1505, sur une flotte de six vaisseaux, avec le projet de trouver, par l'occident, un nouveau chemin pour aller à Malacca. Cette expédition fut moins heureuse que les précédentes. Après avoir perdu un vaisseau et couru les plus grands dangers, la (lotte portugaise entra dans la baie de Tous-les-Saints au ilrésil , et ne tarda pas à retourner en Europe. Améric demeura en Portugal jusqu'en l'année 4506, époque de la mort de Colomb. 1* cour de Séville rendait alors de grands honneurs à la mémoire de cet illustre navigateur, et songeait à réparer la perte qu'elle Tenait de foire ; elle rappela à son service Améric Vespure. qui s'embarqua de nouveau, en 4507, sur une flotte espagnole, avec le titre de premier pilote. Pendant ce voyage, les Indes occidentales commencèrent i porter le nom du navigateur florentin, honneur qui aurait du être réservé a Colomb. « Ainsi , < dit Raynal, le premier instant où l'Amérique fut « connue du reste de la terre est marqué par une « injustice. » Améric vécut assez longtemps pour jouir de cette gloire usurpée, et pour revoir plusieurs fois le vaste continent qui portait son nom. II

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mourut en 4516, au service du Portugal. Emmanuel,

pour honorer sa mémoire, lit suspendre les restes de son vaisseau dans la cathédrale de Lisbonne, et Florence combla d'honneurs sa famille. L'abbé Banditti a publié, en 1745, 1 vol. in-4°, Yilu t Letlere di Amerigo Yespvcci, etc. Cette notice, beaucoup trop étendue, et chargée de détails inutiles, n'est qu'un panégyrique continuel du navigateur florentin, auquel l'historien n'hésite pas d'accorder l'honneur d'avoir découvert l'Amérique. D après les dates (m il donne des deux premiers voyages d'Araéric Vespuce, et que nous avons suivies dans cet article, il |«raitrait que le navigateur florentin aurait eu connaissance, le premier, du continent de l'Amérique ; mais les auteurs espagnols reculent de deux ans les époques de ces deux voyages, et placent le premier en 1490, au lieu de 4497. Au reste, cette question bera discutée à l'article Christophe Colomb. Tout le monde s'accorde à dire qu'Amène ne commanda jamais en chef une expédition , qu'il ne voyagea qu'en qualité de géographe et de pilote, et qui] ne partit pour faire des découvertes qu'après le retour de Christophe Colomb. Améric dut sans doute sa gloire à son mérite, à ses travaux ; mais il dut aussi quelque chose à son caractère, et principalement à la fortune qui se mélc de tout. Tandis que Colomb accusait hautement ses envieux, et que sa gloire importunait les maitres de la Castille, Améric,

modeste et paisible, ne donna | i d'ombrage aux

rois ni à ses rivaux ; la moitié de la terre prit son nom , sans qu'il eût cherché cet honneur, et sans que l'envie put y prendre fjarde. Amélie. Vespuce a laissé un journal de quatre de ses voyages, imprimé en latin, Paris, 1552; Baie, 1555, et ensuite traduit de l'italien en français, Paris, 1519. On a imprimé à Florence, en 1516, quelques-unes de ses lettres, en italien, petit in-4" de 22 feuillets, tiré à très-petit nombre, et sur lequel on peut consulter le /Irperloire de bibliographies spéciales, etc., de M. Peignol, 1810. in-8°, p. 159. Ces lettres, adressées à Pierre Soderini et à Laurent de Médieis, annoncent un homme supérieur dans les connaissances de la navigation. En 1788, le comte de Durfort, ambassadeur de France en Toscane, a proposé un prix au meilleur discours sur les titres qu' Améric Vespine avait eus pour donner son nom au nouveau monde, et le P. Canotai a obtenu ce prix. M— n.

AMERVAL, ou plutôt AMER LAN (Éloi n), né à Bétbunc vers la fin du 14» siècle, était maître des enfants de chœur dans sa ville natale. Cet auteur n'est connu que par un ouvrage rare et curieux, intitulé : U Livre de la Diablerie , en rimes et par personnaiges, Paris, 4308, in-foL; 4531, in-4\ Il est divisé en deux parties; les deux principaux personnages sont Lucifer et Satan, qui rapportent, tout au long, et sans rien requérir. Us abus, [nulles et péchiez que les hommes commettent journellement. Les discours des deux démons sont appuyés de passages tirés tant de l'Écriture sainte que des anciens poètes, et enfin de toute l'érudition du 45* siècle. R — T.

AMES ( Guuxaomb) , théologien anglais, né à

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Norfolk, en 1576; son zèle |>our le calvinisme l'obligea de se retirer en Hollande, où il occupa, |»cndant douze ans, la place de professeur en théologie de l'université de Franckcr. Il mourut à Rotterdam, en 1635. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on distingue les suivants : 1° Puritanismus anglieanus, in-8", 1610; et, en anglais, Londres, 1641; 2° Medulla Iheologica, in- 12. Franeker, 1623; Amsterdam, 1627, 1628, 1634, 1641; et, en anglais, Londres, in-12; 3° de Conscientia , etc., Amsterdam, 1650, 1651, 1643, in-12; et, en anglais, Londres, in-4", 1643; 4" Demonstratio logicœ verae, in-12, Lcyde, 1632 ; 5° Teehnomelria, Amsterdam, in-8°, 1632 ; 6" Traité contre let cérémonie* humaines observées dans le culte divin, in-49, 1633. Les autres ouvrages de G. Ames sont des écrits de controverse contre le cardinal Bcllarniin et le théologien Grevinchovius. Il était tellement prévenu en faveur de sa secte, que, dans son Purilanismus anglicanus, il semble regarder les puritains comme les seuls lwnnêtcs gens de l'Angleterre. X — si.

AMES (Joseph ), antiquaire anglais, qui vivait dans le 18* siècle. Il commença par être marchand d'allumettes dans le quartier de Wapping, à Londres ; et il était parvenu a un âge assez avancé, lorsqu'il étudia les antiquités. Il devint alors membre de la société royale de Londres, et secrétaire de la société des antiquaires. Il a publié les Antiquités typographiques, ou Précis historique de l'origine et des progrès de l'imprimerie dans la Grande-Bretagne, avec des notices sur ses premiers imprimeurs, et un catalogue des livres par eux imprimés depuis l'an 1471 jusqu'à l'an 1600, avec un supplément, contenant les progrès de l'imprimerie en Ecosse et en Irlande, 174», 1 vol. in-4°, réimprimé avec des additions considérables de Guill. Herbert, 1785-90, 3 vol. in-4°. Ames a rédigé les Parentalia d'après les manuscrits de Wren. 11 est mort en 1759. X— n.

AMESTRÏS, fille d'Otanes, l'un des sept grands de la Perse qui tuèrent Smcrdis le Mage, fut mariée à Xercès, fils de Darius , et se rendit fameuse par les cruautés qu'elle exerça contre la femme de Masistès, dont Xercès était épris. Elle lui lit couper le nez, les oreilles, les lèvres, et la renvoya ainsi défigurée à son époux. Dans sa vieillesse , elle fit enterrer vifs quatorze enfants des deux sexes des principales familles de la Perse, espérant, par cette pratique superstitieuse et barbare , prolonger ses jours et apaiser les dieux des enfers. C— I ■

AMFREVILLE, nom célèbre dans la marine française. H y avait trois d'Amfreville à la malheureuse bataille de la Hogue, en 1692 ; ils étaient frères. L'alné (le marquis), chef d'escadre , commandait l'avant-garde ; le second montait le vaisseau ï Ardent, de 70 canons, et le troisième commandait le Ver mandais, de 60. Tous les trois combattirent avec la plus grande intrépidité. I/;ur nom se retrouve à toutes les époques glorieuses de la marine, sous le règne de Louis XIV. Le marquis d'Amfreville mourut lieutenant général des armées navales , dans un Age très-avancé. E^d.

AMHEBST(Jbfferv, lord), général anglais, né

AMH

en 1717, eut dès l'Age de quatorze ans une commission d'enseigne dans les gardes. Vers 1741 il était aide de camp du général Ligonier, et fut en cette qualité, puis comme officier d'état-major du duc de Cumbcrland, présent aux batailles de Haucoux, Dettingen, Fontenoy, Laufeld et Hastenbeck. Il obtint, en 1758, le rang de major général de l'armée. La guerre qui éclata vers ce même temps entre la France et l'Angleterre, et dont l'Amérique septentrionale fut le théAtre, fournit surtout à Jeffery Amherst des occasions de signaler ses talents, et ce fut sous son commandement que les trou|ies anglaises, après avoir réduit successivement Louisbourg, le fort Duquesnc, le fort Niagara, Ticonderago, Crownpoint, Québec, et enfin Montréal, devinrent maltresses du Canada. Le général victorieux reçut , en 1761, l'ordre du Bain , fut nommé commandant en chef de toutes les forces anglaises dans le nouveau monde, et gouverneur général des diverses provinces. Revenu en Angleterre après que la paix eut été signée, il entra dans le conseil privé du roi, et fut, en 1776, élevé à la pairie avec le titre de baron Araherst de Holmcsdale, dans le comté de Kent. Ses derniers services publics rendus A son pays furent les mesures promptes, sages et humaines qu'il adopta pour calmer une effroyable révolte qui éclata dans Londres en juin 1780. Il avait été récemment nommé feld-maréclial, lorsque la mort l'enleva en 1797, dans sa 81* année. Z.

AMHURST (Nicolas), écrivain anglais, né A Marden, dans le comté de Kent, vers la fin du 17* siècle. C'était un homme de beaucoup d'esprit, mais sans mœurs. Sa mauvaise conduite l'ayant fait chasser d'Oxford, où il était membre du collège de St- Jean, il s'en vengea par deux poèmes satiriques, intitulés : Oculus Britanniœ, et Terra filius. H alla s'établir A Londres , où il publia un volume de Mélanges, et quelques autres essais ; mais il est plus particulièrement connu comme ayant eu part à la rédaction d'un ouvrage périodique intitulé : the Crafstman, auquel travaillèrent aussi lord Bolingbroke et Pulteney, depuis comte de Bath. Cette feuille, dirigée contre le ministère du clievalier Robert VValpole, eut un succès si prodigieux, qu'il s'en débitait 10 à 12,000 exemplaires par jour. Ce succès n'augmenta point la fortune d'Amhurst , qui , après la chute du ministre , quoiqu'il fut un de ceux qui y avaient le plus contribué par leurs écrits, ne reçut aucune récompense , n'obtint aucune place, et fut entièrement oublié du parti qu'il avait si bien servi. Il mourut, A ce qu'on croit, de chagrin, en 1742, et dans un état si misérable, que son imprimeur, Richard Franklin, fut obligé de payer son cercueil. On a aussi de lui une ËpUre à sir John BUmnt, 1720 ; le Général anglais, poème consacré a la mémoire de Jean , duc de Marlborough ; Strephon vengé, satire contre les toasts d'Oxford ; la Convocation, poème en cinq chants, dirigé contre le haut clergé ; la traduction de quelques poèmes latins d'Addison. S— d.

AM1C0 (Antomn d'), de Messine, chanoine de l'église cathédrale de Païenne, et historwgraphe du

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roi d'Espagne Philippe IV, était très-versé dans

l'histoire et les antiquités de Sicile. Il écrivit sur ce sujet un grand nombre d'ouvrages , dont quelquesuns seulement sont imprimés : les autres passèrent, après sa mort, dans les deux bibliothèques du duc de Madonia et de monsig. Palafox , archevêque de Palerme. On en trouve le catalogue à la fin de l'un de ses ouvrages imprimés, et dans la Bibliolheca Sicula de Mongitore; ses livres connus sont : 1° Trium orientalium latinorum ordinum, post captant a duce Gothofredo Hierusaiem, etc., Noliliœ et Tabularia, Palerme, 1636, in-fol. 2° Dissertatio historica et chronologica de antiquo urbis Syracutarum archiepiscopatu, etc., Naples, 1640, in-4°. Cette dissertation, relative aux discussions très-animées qui eurent lieu entre les trois églises de Syracuse, de Palerme et de Messine, pour savoir à laquelle avaient anciennement appartenu le titre et les droits de métropole, a été réimprimée, avec les dissertations contradictoires, dans le 7* volume du Thésaurus anliquitalum Sicilia, Lugd, Batav 1723, in-fol. 3° Sériai ammiratorum insula Sicilia, ab an no Dom. 842, tuque ad 1640, Palerme, 1640, in-4°. 4° De Messanensis prioratus sacra) hospitalUatis domus mililum taneli Joannis Hierosolymilani origine, Palerme, 1640, in-4°. 5° En espagnol : Chronologia de las Vireyes, présidentes, y de olras personas, que han governado el Reyno de Sicilia, despues que sus Reyes han dexado de morar y vivir en el, Palerlhe, 1640, in-4°. Amico mourut à Palerme en 1641 , l'année qui suivit l'impression de ces quatre derniers ouvrages. G— K.

AMICO ( Barthélémy), jésuite, né à Anzo, en Lucanie, en 1562, professa la philosophie et la théologie au collège de Naples, et y fut longtemps préfet des études. Il y mourut en 1649. Son principal ouvrage est un recueil volumineux sur la philosophie d'Aristote, intitulé : in universam Aristotelis philosophiam Nota et Dispulationet , quibus illustrium scholarum, Averrois, D. Thomm, Scoti, et nominalium sententiœ expenduntur, earumque luendarum probabiies modi afferunlur, 1 vol. in-fol. Ces sept volumes, dont le 1er a deux parties, parurent successivement à Naples, depuis 1623 jusqu'en 1648. On peut voir les titres de ses autres ouvrages dans Alegambc (Biblioth. script, soc. Jesu). G — É.

AMICO ( Bersardin ), de Gallipoli , dans le royaume de Naples , religieux franciscain , était prieur de son ordre à Jérusalem, en 1596. Pendant un séjour de cinq ans, il dessina et décrivit avec exactitude les saints lieux ; et, de retour en Italie, il publia en italien cet ouvrage curieux pour les arts : Trattato délie Pianle (des Plans, et non pas des Plantes, comme on l'a imprimé et réimprimé en français), e immagini de' sacri edifizi di Terra Santa, detignate in Jerusalemme, etc., d'abord à Rome, et ensuite à Florence, 1620, petit in-fol. Les gravures de ce livre sont du célèbre Callot. G — É.

AMICO ( Yito-Marie), noble de Catanc en Sicile , né en 1696, entra dans la congrégation du Mont-Cassin , professa , pendant plusieurs années , dans sa patrie, la philosophie et la théologie, et se

rendit célèbre par son érudition , et par l'étendue de ses connaissances dans les antiquités de la Sicile. Il fut élu prieur de son ordre en 1743. On a de lui 1° Sicilia sacra, disquisilionibus et nolitiis illustrata, etc., dont la dernière partie seulement est de lui , et qui fut imprimé à Venise , sous la fausse date de Palerme, 1733, 2 vol. in-fol. Mécontent de cette édition, il fit réimprimer à Catane la partie qui lui appartenait, sous ce titre : Sicilia sacra libri quarti intégra pars secunda, etc. , 1733, in-fol. 2° Caiana illuslrala, sive sacra et civilis urbis Catana ilisloria, Catane, f vol. in-fol., 1741-1746. G— É.

AMICO (Etien.ne o' ), de Palerme, autre religieux de la congrégation du Mont-Cassin, né en 1562, fut prieur, abbé, et vicaire général de son ordre. Etant abbé de l'abbaye de St-Martin, il en accrut considérablement à ses frais la bibliothèque , et fit aussi construire , pour ce monastère , de super lies bâtiments. Il mourut en 1662. Mongitore, qui fait de lui de très-grands éloges , nous apprend , dans sa Bibliolheca Sicula, qu'il donna, sous le nom de Fanesto Musica, un recueil de ses poésies latines, intitulé : Sacra lyra , variorum auctorum cantionibut contexla, in latina epigrammata conversU, Palerme, 1 650, in-1 2. De ces deux noms supposés, le premier, Fanesto, est l'anagramme de Stefano, en français, Etienne. G — É.

AMICO ( Philippe ) , de Milazzo , en Sicile , né en 1654, a publié des Réflexions historiques sur ce que des auteurs d'anciennes chroniques ont écrit au sujet de la ville de Milazzo, Catane, 1700 , in-1°. Cetouvrage est écrit en italien : Riflessi istorici, etc. , et non point en latin, comme l'a dit Lenglet-Dufrcsnoy, tome 2 de sa Méthode pour étudier l'histoire. — Plusieurs autres littérateurs italiens du même nom ont publié des ouvrages peu importants. G — t.

AMICO (Diomède), médecin, né à Plaisance, vers la fin du 16* siècle, a publié : i°de Morbis cornmunibus liber ; ejusdetn traclalus de Variolis, etc. , Venise, 1596, in-4°; 2° de Morbis sporadibus, opus novum, etc., 1fi03, ^-4°. G— É.

AMICO (Faustix), de Bassano, poète du 16* siècle, mourut en 1558, n'étant âgé que de 24 ans. Il annonçait un talent extraordinaire, et fut vivement regretté. H avait adressé à son plus intime ami, Alexandre Campesano, une épître en vers latins , aussi remarquable par l'élégance et la pureté du style que par la forme des pensées et l'art de la composition : elle fut imprimée, après sa mort, sous ce titre : Faustini Amici , Bassanensis , anno œtatis sua 2i immalurata morte prarepli, Epistola ad Alexandrum Campesanum, Venise, 1564, in-4". Ses poésies italiennes sont éparscs dans divers recueils, entre autres dans celui des poètes de I tus— sano, et dans la collection du Gobbi. G— É.

AMICO (Louis), comte de Castellalfero , né à Asti en 1757 , reçut sa première éducation à l'académie des nobles de Turin, et se consacra a l'étude de la diplomatie, qu'il alla finir à l'université de Goettingue. De retour en Piémont , il commença sa carrière diplomatique sous le roi Victor-Amédée III, et fut envoyé ministre de Sardaigne à Naples, puis à

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Vienne. En 1798, lors de l'occupation du Piémont par les Français , il se trouvait ministre en Prusse. Fort opi»sé aux nouveaux changements politiques, et très-attaché à son souverain , Amico refusa de rentrer dans sa |>atrie jusqu'à ce qu'on l'eut menacé de confisquer ses biens et de le considérer comme émigré. Il revint alors en Piémont, s'attaclia même à la nouvelle cour de la princesse Borghèsc { roy. ce nom ), et fut nommé son chambellan. En 1810, il assista aux fêles du mariage de Napoléon à Paris ; mais après la chute de celui-ci , en 1814, il revint à l'ancienne cour, fut nommé ministre plénipotentiaire prés du grand-duc de Toscane, des cours de Lucqucs et de Parme. Doyen des diplomates, il termina sa carrière à Florence, le 17 mai 1832, et avec lui s'éteignit une des plus anciennes familles de ce pays. G — <; — v.

AMIGONI, ou AMICONI ( Jaoues) , peintre, né à Venise en 1073, voyagea en Flandre, et, j>our perfectionner son coloris , copia les grands maîtres de cette école. Zariclli parle de lui au*c éloge. On demanderait chez cet auteur un jtcu plus de relief, moins de soin pour faire briller à la fois toutes les parties de sa coiujiosilion : les peintures d'Amigoni enchantent, au premier abord , les faibles connaisseurs. Jacques Tut bien accueilli en Angleterre , en Allemagne, et en Espagne, où il mourut en 1732, avec le titre de |>eiiitre de la cour. 11 fit en Angleterre des |M)i'traits et des compositions historiques. Les amateurs de musique étaient dans l'usage de se faire peindre par lui. L'architecte Kent, qui avait voulu être |>einlre , sans ituuvoir y parvenir , avait disposé les escaliers des maisons qu'il construisait de manière à ce qu'il fût difficile de les enrichir de peintures : ccjKMidant Amiconi eut occasion d'en peindre plusieurs ; mire autres, celui de Powi-Ilousc, dans la rue d'Ormond, à Londres, où il représenta, en trois compartiments, Y Histoire de Judith. 11 exécuta aussi les .1 mou rs de Jupiter et d'Io, dans la salle du château de More-Park , en Hertlbrdsliire. 11 y avait chez le musicien Farinelli , à Bologne , une grande quantité de tableaux de Jacques Amiconi, où il avait représenté ce célèbre soprano recevant des récouqienses «le plusieurs souverains. A— u.

AMILCAR, général carthaginois, fils de Magon, fut chargé, l'an 484 avant J.-C., du commandement d'une expédition formidable contre la Sicile, et, ayant débarqué à Panorme (Palerme), ouvrit la campagne par le siège d'Ilimére; nuis, surpris par Gélon, tyran de Syracuse, au montent où il ofTrait au botd de la mer un sacrifice à Neptune , il |R;rit au commencement de l'action. Les Syracusains taillèrent son armée en pièces, et livrèrent aux flammes la plupart des vaisseaux carthaginois. Cette débite, presque sans exemple , eut lieu le jour même du combat des Thermopyles. Carthage consternée s'estima trop heureuse d'acheter la paix par un traité dont Gélon dicta les conditions , et par la perte de tout ce qu'elle avait en Sicile. I.cs vainqueurs et les vaincus publièrent qu'Amilcar avait dis|»aru après le carnage de ses lrou|ies, sans qu'on eût jamais pu le retrouver. B— p.

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AMILCAR, fils de Glsoon, envoyé en Sicile arec une nombreuse armée au secours de Syracuse, contse Agathoclc, l'an 310 avant J.-C., lut assailli par une violente tempête, qui submergea soixante vaisseaux et deux cents transports. Malgré ce désastre, Amilcai* aborda en Sicile, réunit prés de 50,000 hommes , livra bataille, prés d'Hiinère, â Agathoclc, le défit, réduisit un grand nombre de villes, et mit le siège devant Syracuse. Agathoclc, qui s'y était renfermé, s'embarqua pour aller attaquer les Carthaginois en Afrique, etAmilcar, continuant de presser Syracuse, donna un assaut général, et fut rc|>oussé avec perte. Forcé d'envoyer une partie de son armée au secours de Carthage , et vivement attaqué rnsuitc par les Syracusains, qui firent une sortie générale, il fut fait prisonnier, et les Syracusains lui coupèrent la tête, qu'ils envoyèrent àAgathocle en Afrique, l'an 309 avant J.-C. B — P.

AMILCAR , antagoniste de Régulus. Voy. R6-

GULLS.

AMILCAR, surnommé Barca, père d'Annibal, appartenait a une famille chère au peuple, cl qûi faisait remonter son origine aux anciens rois de Tyr. Très-jeune encore, il fut chargé du commandement de l'armée en Sicile, Où les Carthaginois avalent presque tout {>erdu : c'était dans la 1sc année de la première guerre punique. Amilear parut d'abord aicc une Hotte vers les côtes d'Italie, ravagea les terres des Lot riens et des Brutlièns, revint en Sicile avec de riches dépouilles, y débarqua SeS troupes, lit des incursions chez les alliés de Rome , déconcerta toutes les mesures des consuls, et termina glorieusement une campagne qui fut regardée à Carthage comme un chef-d'œuvre d'habileté. Pendant cinq ans il désola l'Italie, Ct disputa la Sicile aux Romains; mais Ilannon, amiral de Carthage, ayant été vaincu i«r le consul Lutatius , dans ùn combat naval près des îles Egates, l'an 242 avant J.-C., les Carthaginois résolurent de hieltre fin à une guerre donl ils ne pouvaient plus supporter le fardeau. Chargé des négociations de la paix, Amilear signa, en frémissant, un traité qui mettait sa patrie dans la dépendance de Rome. Là conduite révoltante des Romains pendant les négociations rte fit qu'augmenter l'aversion qu'Amilcar avait conçue pour ces rivaux ambitieux. De retour en Afrique, il fut le défenseur, ou plutôt le libérateur de sa patrie dans la guerre des mercenaires , qui , au nombre de plus de 20,000, réunis à des hordes de Numides, assiégeaient Carthage même. Non-seulement Amilear les repoussa des murs de la capitale , mais il reprit les villes dT tique et d'Ilip|>one, et, après avoir détruit ces rein-Iles, il châtia les Numides, étendit la domination de Carthage, et rétablit le calme dans toute l'Afrique. Bientôt après, le ciur toujours ulcéré contre les Romains, il forma le projet de h* rendre maître de toute l'Espagne, espérant y lever assez de soldats pour résister aux troupes que l'Italie fournissait à la rivale de Carthage. Les services qu'il venait de rendre à sa patrie lui firent obtenir aisément le commandement de l'armée d'Espagne ; il se rendit à Abyla avec des forces Inipo-

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santés, et, mettant à la voile, il traversa le détroit, débarqua en Esjiagne, et t'établit d'abord à Cadix , capitale de la partie de l'Espagne alors au pouvoir de Cartilage. Amilcar amenait avec lui son fils Annibal , âgé de neuf ans , et ce fut à son arrivée en Espagne qu'il lui fit jurer une haine éternelle aux Romains. Selon Appicn et Polybe, Amilcar se proposait deux vues dans cette guerre : la première, de mettre Carthage en état de se venger des outrages qu'elle avait reçus ; et la seconde , de s'absenter de sa patrie , qui était alors divisée par deux partis puissants, dont l'un avait (tour chef, dans le sénat, Hannon, son ennemi, et dont l'autre, qui avait épousé ses intérêts, s'appelait la faction Barcine. Amilcar commanda neuf ans en Espagne, subjugua plusieurs nations, fonda Barcelone, et soutint son crédit à Carthage, pon-seulement par les heureux succès de ses armes , mais encore jwr les grandes richesses qu'il y fil passer. L'histoire ne nous a pas conserve le détail de ses conquêtes dans cette contrée ; elle ne fait mention que de la bataille qu'il livra aux Vécûmes , peuples de la Lusilanic , et dans laquelle il fut tué , Van 228 avant J.-C. Polybe dit qu'Aniilcar eut une fin digue de son mérite, en mourant sur le champ de bataille, à la tête de ses troupes. L'armée élut à sa place son gendre Asdrubal. B— r.

A M ! N-BE N-l I A RO L" N , U' calife de la race des Abbassidcs. Voyez Amvn.

AMIOT (le l'ère), jésuite français, de la mission de Pékin, né à Toulon, en 1718- Les trente dernières années du siècle qui vient de s'écouler ont été celles où nos connaissances sur la Chine ont fait le plus de progrès. Les missionnaires, dans cet intervalle de temps, se sont empressés de répondre à une foule de questions qui leur ont été adressées d'Europe. Parmi eux, se distingua le P. Amiot, et c'est à lui surtout que nous devons les renseignements les plus exacts et les plus étendus sur les antiquités, l'histoire , la langue et les arts des Chinois. Ce jésuite arriva à Macao en 17,'iu, et à Pékin, où il fut bientôt appelé par les ordres de Pempereur, le 22 août (7i>l : il ne quitta plus cette capitale jusqu'à sa mort; et outre le zèle qui l'avait conduit à la Chine, il y porta des connaissances sur toutes les parties de la physique et des mathématiques , des talents pour la musique , un esprit juste , une mémoire heureuse , et une infatigable ardeur pour le travail. Une étude opiniâtre lui rendit bientôt familières les langues élu p< mm- et tatarc. et, muni de cette double plef, il puisa dans les livres anciens et modernes des nouons saines et vraies de l'histoire, des sciences, et de Unité la littérature de la Chine. Les fruits de tant d'études et de travaux ont été recueillis par la France, où le P. Amiot n'a pas cessé de faire passer , soit des ouvrages , soit un grand nombre de mémoires. Nous lui devons : 1° Éloge de la ni U il i' Moukden, pot me chinois compote par l'empereur Xhian-loung, traduit en français, Paris, veuve Tilliard, 1770, iu-8°, Kg. ; le traducteur a joint à sa version un grand nombre de notes historiques et géographiques sur la ville et la contrée de Moukdeu, ancienne patrie des Tatars-Mantchoux , aujourd'hui

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