‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 123 sur 129 · AND C8I · texte numérisé non relu

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femme d'Andronic dans le même cachot d'où son mari venait de sortir ; les gémissements de cette infortunée la firent bientôt reconnaître du captif, qui parut tout à coup à ses yeux comme un spectre sortant d'un tombeau ; il lui confia le secret de sa retraite, vécut avec elle sans qu'on le soupçonnât, et en eut un (ils : il profita même du peu de surveillance qu'on crut pouvoir mettre à la garde d'une femme pour s'échapper ; mais il fut repris, et ce ne fut qu'après douze ans de détention qu'une tentai ive plus heureuse lui lit recouvrer la liberté. 11 traversa la Moldavie, trompa un corps de Valaques qui l'avaient arrêté, et se relira en Russie. Cependant Manuel ayant porté la guerre en Hongrie, Andronic saisit cette occasion pour rentrer en grâce; il persuada aux Russes de s'unir aux Grecs, et contribua lui-même, par sa valeur, à la prise de Zeugminc ; ce qui lui valut un | ardon absolu. De nouvelles offenses, de nouveaux désordres, des pro jets ambitieux déclarés ouvertement, éveillèrent encore les craintes de Manuel; Andronic séduisit successivement l'hilippa, so ur de l'impératrice Marie, et Théodore, veuve de Baudouin III, roi de Jérusalem. Il était enfin relégué à Oenoê, ville du Pont, lorsque la mort de Manuel ouvrit un vaste champ à son ambition. La jeunesse du nouvel enqH'reur Alexis II, l'imprudence de sa mère, l'impératrice Marie, et sa faiblesse |Knir le protosehastc Alexis, dont l'insolent orgueil écrasait l'empire et irritait la noblesse, enfin les troubles auxquels les partis livraient la capitale, firent tourner les yeux vers Andronic, dont les émissaires secrets disposaient adroitement les esprits, et Constantinople courut avec joie au-devant du tigre qui allait l'arroser de sang. Andronic publie qu'il va sauver l'empire ; il ne parle plus que de son dévouement pour l'Etat et pour son jeune prince; enfin il arrive devant Constantinople; la (lotte se rend i lui, le peuple lui livre le protoscbaste, auquel il fait crever les yeux. Cependant on s'égorge dans la ville; Andronic y entre en maître irrité, s'empare de tous les palais, reçoit des délations, multiplie les châtiments, se défait de tout ce qui lui cause quelque ombrage, et prélude aux plus grands crimes, en faisant empoisonner la princesse Marie, s«rur du jeune empereur, pour lequel il affecte cependant un dévouement sans bornes. Il donne ensuite la plus grande pompe au couronnement d'Alexis, et le porte à l'église sur ses épaules, en versant des larmes d'attendrissement; mais bientôt il cherche à irriter ce malheureux enfant contre sa mère, et il le force à signer lui-même l'arrêt de mort prononcé contre cette princesse par les satellites du tyran. Deux jours après, elle fut étranglée. La famille impériale tombait autour du faible rejeton qui occupait encore le trône ; le vertueux Théodose, patriarche de Constantinople, s'éloigna d'une ville où son ministère ei'it été souillé |>ar l'aspect de tant de forfaits. Andronic, délnrrassé de ce dernier obstacle, fit répandre par ses émissaires que, les divisions croissant tous les jours, il fallait mettre a ta tête des affaires un homme cUune expérience consommée. U plus vile populace, exciléo

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par les plus vils moyens, proclama, au mois de septembre 1185, Andronic collègue d'Alexis. Le lendemain, les deux empereurs se rendirent à Stc-Sophie; Andronic scella i»ar un sacrilège les fausses protestations qu'il adressa à sa victime, et, quelques jours après, il fit assassiner ce malheureux prince, dont il insulta le cadavre. » Ton père, dit-il en le pous- « sant du pied, fut un traître; ta mère, une infâme; « et toi, un sot. » Alexis avait été fiancé à Agnès de France, qui n'avait que onze ans. Andronic, sans renoncer à son commerce avec Théodora, épousa la jeune impératrice ; et la fille des rois passa dans les liras d'un vieillard dissolu, l'assassin de son premier é|)oux. Au milieu de tous ses crimes, Andronic invoquait sans cesse l'autorité de la religion, alors si puissante sur l'esprit des peuples ; il voulut même se faire absoudre du meurtre d'Alexis, et quelques cvêques furent assez vils pour prononcer un pardon que le ciel ne ratifia point. Quelques moments de tranquillité, ou, pour mieux dire, de fêtes et de débauches, laissèrent respirer les Grecs effrayés, qui nommèrent ce court intervalle les jours de l'alcyon. Cependant Loparte, Pruse el Nicés n'avaient |«s reconnu l'autorité du tyran; il les assiège, et les deux dernières villes sont liv rées à des horreurs que la plume de l'histoire ose à pi ne retracer, l'n historien rapporte que les arbres des vergers qui environnaient Pruse portaient suspendus autant de cadavres que de fruits. Andronic, de retour à Constanlinople, redoubla de rage et de férocité ; les instruments de ses fureurs en furent eux-mêmes les victimes. La révolte d'Isaac Comnène, dans l'ile de Chypre, devint le prétexte des plus affreuses proscriptions. Cependant le lyran se voyait menacer de tous cotes, ses généraux avaient été battus par le roi de Sicile, excilé par un Comnène ; Andronic, au lieu de réparer leur défaite, s'agite, consulte les devins; ils font naitre des soupçons qui lombent sur Isaac l'Ange, dont toute la famille avait péri par les coups du tyran. ta mort d'Isaac est ordonnée ; Hagiochrislophoritc, l'instrument des fureurs d* Andronic, veut exécuter l'arrêt; Isaac le tue, et se sauve dans une église; le peuple, qui l'aimait, s'y porte en foule ; on maudit Andronic, qui s'effraye de la scdilion ; il veut fuir, nu l'atteint; Isaac est proclamé empereur, le |>alais est livré au pillage. Andronic, chargé de chaînes, fut remis dans les mains de la I>opu!ace, qui, (tendant trois jours, exerça sur lui de telles barbaries, que le récit de son supplice excite la pitié, malgré le souvenir de ses crimes : le ciel sembla prolonger son existence pour prolonger ses tourments; les femmes même, par un raffinement de cruauté, lui firent subir les tortures les plus infâmes. Privé des dents, des cheveux, d'un œil, d'une main, honteusement mutilé, brûlé, lacéré dans toutes les parties de son corps, il ne proféra aucune plainte, et sembla reconnaître la souveraine justice qui le frappait, et dont il invoquait la miséricorde. Pendu par les pieds, dans cet horrible élat il respirait encore, lorsqu'un Italien, lui plongeant son épee dans le corps, mit fin à cette affreuse tragédie, le 12sep- 1185 Andronic avait alors 75 ans; il en

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avait régné 2 ; il était d'une taille colossale, d'une

force prodigieuse, mais d'une figure dure et repoussante. Il avait l'esprit cultive, et une éloquence |>ersuasive. Quelques historiens ont loué sa fermeté dans l'administration. « Andronic, dit Montesquieu, « était le Néron des Grecs; mais comme, parmi « tous ses vices, il avait une fermeté admirable pour « empêcher les injustices elles vexations des grands, « ou a remarqué que. pendant son régne, quelques « provinces se rétablirent. » Gibbon a fait la même observation sur le gouvernement de ce prince ; mais quelques traits de justice et de prudence ne peuvent balancer les crimes et les vices infâmes dont son histoire est souillée. 11 fut le dernier empereur de la famille des Comnène. L— S-B.

ANDRONIC II (P.W.ÉOLOGCS) , empereur de Constantinople, ne vers l'an 1258, était fus de Michel Paléologue, et de Tliéodora, petite-nièce de Jean Ducal Vatare, empereur de Nicée. Apres la mort de Michel, en i28'2, Andronic. ègé de 24 ans, fut reconnu seul empereur. Il avait déjà régné deux *n*, conjointement avec son père ; mais soulagé du fardeau de l'empire par un prince qui à de grands vices joignait aussi de grandes qualités, il avait A peine senti le poids du gouvernemciU. Son premier soin fut de révoquer toutes les mesures adoptées par Michel pour la réunion des Églises grecque et latine, et d'assembler un concile de schismaliques, auquel il demanda humblement pardon d'avoir coopéré à la paix avec les Latins. Ainsi, lorsque, d'un coté, une croisade formidable, dirigée par le pape Martin IV, et commandée par Charles d'Anjou, roi de Naples, menaçait Constantinople , et que, de l'autre , les progrés des Turcs devenaient tous les jours plus inquiétants, le chef de l'empire, au lieu de songer à raffermir son trône chancelant, s'occupait de querelles Idéologiques, et perdait dans ces controverses le temps que réclamait le salut de 1'F.tat. L'exil on la nomination d'un patriarche, les épreuves du feu ou des reliques, moyen* employés, dans ces temps de superstition, pour découvrir les volontés du ciel, telles étaient les occupations de ce prince. Heureusement pour lui, la mort le délivra du roi de Naples et du pape. Peu de temps auparavant, Andronic avait su contracter une alliance avantageuse, en épousant Irène, fille du marquis de Mont ferrât, et nièce du roi d'Aragon, qui venait d'enlever la Sicile à Charles d'Anjou ; mais cette diversion donnait â peine aux Grecs quelque sécurité, lorsque les Turcs s avancèrent vers les frontières de 1 empire, tropène, général habile, courut au-devant de barbares, et les battit en plusieurs rencontres, dis qu'Andronic, au sein du lnxe et de la mollesse, occiqié de misérables intrigues de cour, dépouillait de tous ses biens son propre frère, Constantin Parphyrogénéte, prince rempli de mérite, et, sous de vains prétextes, le faisait jeter dans une cage de 1er. Ce fut alors, en 1295, que, (tour se donner un appui, Andronic associa au tronc son fils, le jeune Michel; mais à ce moment Philantropéne, qui depuis quelques années combattait les Turcs avec succès, r

& se plaindre de la coor. leva

«cés, ayant de la ré-

toile. Ses progrès devenaient de jour en jour (dus inquiétants, lorsqu'il tomba entre les mains de Libadaire, gouverneur de la Lydie, qui lui lit crever les yeux, et étouffa ainsi la rébellion. La situation d'Andronic n'en lut pas plus tranquille; lroui|»é par de lâches ministres, il avait laissé tomber la marine, et les pirates ravageaient les côtes de niclles]>ont. Les Vénitiens vinrent insulter l'empereur jusque dans le port de Coastantinople .les Serviens violaient en même temps le territoire de l'empire, tandis qu'eu Asie, les Perses d'un coté, de l'autre les Turcs, saccageaient les frontières. Dans ces factieuses extrémités, Andronic ebereba des secours étrangers; un corps nombreux d'Alains lui vendit ses services, et bientôt Roger de Flor, célèbre aventurier, lui amena un puissant renfort de Catalans, mais ces nouveaux alliés ne tardèrent pas à devenir plus incommodes que les barbares dont ils devaient délivrer l'Etat. Roger tourna ses armes contre ceux mêmes qu'il avait promis de défendre ; il pilla plusieurs villes et menaçait Andronic lui-même, lorsque ce prince en fut débarrassé par un assassinat. La murt de Roger fut vengée par de nouveaux ravages; des essaims de barbares entamèrent de toutes parts les provinces presque sans défense. Quelques victoires ne suflirent |K>int pour les arrêter, et, dans le même temps, Andronic perdit son lils, qu'il avait associé à l'empire. Ce prince laissait un lils, nommé aussi Andronic, qui prélendit bientôt partager le trône avec son aïeul. Celui-ci refusa d'abord d'y consentir, et, (tendant quelques années, l'État ebancelaut fut encore ébranlé par les divisions de ces princes. Enfin, en 1325, le vieil Andronic fut contraint de reconnaître son petit-lils empereur; mais bientôt, jaloux du crédit que le jeune prince obtenait sur l'esprit du peuple, il lui suscite de nouvelles tracasseries; Andronic, forcé de reprendre les armes contre son grand-père, entre en vainqueur dans ConstanUuople, et se fait reconnaître pour seul souverain. L'empereur détrôné, condamné à ne plus quitter son |wlais, achevait sa carrière dans le mépris et presque dans le besoin; pour comble de maux, il venait de jierdrc la vue, lorsque ceux qui le gardaient, apprenant (pie son petit-lils était dangereusement malade, et craignant de voir le vieil empereur recouvrer l'autorité, le forcèrent, en 1330, à prendre l'habit monastique. On exigea de plus une renonciation en forme à la couronne, et, deux ans après, le 13 février de l'année 1332, Andronic qui, avec le froc, avait pris le nom d'Antoine, mourut presque subitement, âgé de W ans, et après 60 ans de régne. Ce faible prince avait sans doute quelnues vertus; il était sobre, laborieux, exemplaire dans ses mœurs ; au respect pour la religion, il joignait l'amour des sciences ; il savait distinguer le mérite, et se plaisait à le récompenser; mais la marine anéantie, l'empire dévasté, les provinces envahies par les barbares, les monnaies altérées j>our subvenir à des dépenses excessives, et satisfaire l'avarice du prince, le commerce miné, l'appauvrissement de l'État dans Unîtes ses branches, prouvent assez qu' Andronic u'ëtail pas appelé à soutenir le

AND lif»

trône de Constantin dans les jours de sa décadence. On attribue à ce prince un dialogue entre un juif cl un chrétien, dont la version latine se trouve dans le recueil de Stewart, imprimé à Munich, en 1 « 1 0. Andronic avait eu de sa premièt e femme, Anne, fille d'Étiennc, roi de Hongrie, six fils, dont un seul (Michel) a conservé une place dans l'histoire. L— S— l.

ANDRONIC III (I'aléologie), dit le Jeune, empereur de Constantiuople, petit-lils du précédent, et fils de Michel Idéologue, naquit vers l'an 12Uf>. Sa jeunesse fut marquée |wr quelques désordres, qui lui attirèrent l'animadversiou de sou aïeul, jusquela très-prévenu pour lui. Le jeune Andronic, amoureux d une femme galante, crut avoir a se plaindre des visites d'un rival, et résolut de s'en défaire; mais, par une funeste méprise, sis gardes tuèrent son propre frère, Manuel Despote. La douleur que cet événement causa à l'empereur Michel, leur père, le conduisit en peu de temps au tombeau, et le jeuue Andronic, ne voyant plus de compétiteur entre lui et le trône, ne tarda pas à manifester ses prétentions. Si l'on en croit Cantacuzéne, le jeune prince fut poussé à la révolte jKir les soupçons que laissa paraître le vieil empereur, et par les dégoûts qu'il se plut à donner a son petit lils : mais il ne faut pas oublier que Cantacuzéne était l ame du parti du jeuue Andronic. Quoi qu'il en soit, le prince, forcé de quitter Constantiuople, se vit bientôt à la tète d'une armée, mais il ne s'en servit que pour amener son aïeul a une réconciliation, et pour repousser les Bulgares, qui s'étaient avancés jusqu'aux portes d'Andrinople. Il le» battit en plusieurs rencontres, et les poursuivait chaudement, loisque la mort de sa femme et le nouveau mariage qu'il allait contracter avec Anne, princesse de Savoie, le rappelèrent I la cour. Ce fut à cette é|KK|ue, eu 1323, que le vieil Andronic le lit reconnaître et sacrer empereur; mais la bonne intelligence des diux princes dura peu. Le soiqiçonncux vieillard força bientôt son jeune collègue a reprendre les armes. Vainement Andronic, à la tête d'une armée victorieuse, essaya d'en venir à un accommodement ; le vied empereur rejeta toute espèce de proposition. Andronic, contraint de |K>ursuivrc ses avantages, surprit Constantiuople, qu'il ne put sauver du pillage, et, maître de la personne de son aïeul, il lui rendit tout le respect qu'il devait à son âge ; cependant il se garda bien de lui rendre le trône. Désormais seul maître de l'empire, il signala sou nouveau pouvoir par des largesses au peuple, ainsi que par des traits de modération envers ses ennemis, et de sance envers ceux qui l'avaient servi : bientôt il lui fallut quitter Constantinoplc, pour voler au-devant des Bulgares, qu'il poursuivit au delà de leurs frontières. Il reprit en 1329 111c de Chio, que son aïeul avait perdue par sa faiblesse. Quelque temps auparavant, les Turcs avaient fait une irruption sur le territoire «le l'empire en Asie ; Andronic marcha contre eux, quoiqu'infericur en nombre, et les battit en plusieurs rencontres; mais il fut grièvement blessé en faisant tout à la fois l'office de général et

de soldat. Il était a peine rétabli de sa blessure, i qu'une maladie dangereuse le mit au bord du tombeau. Ce fut dans cette conjoncture que le vieil Andronic fut contraint de prendre l'habit monastique : le jeune empereur, guidé par un sentiment de dévotion assez mal entendu, mais qui, dans ce temps, n'était pas rare, voulut aussi donner la couronne au grand domestique, Jean Cantacuzène, comme au plus digne de la porter dans des circonstances aussi difficiles; mais Cantacuzène, qui n'avait pas perdu l'espérance de conserver son maître, le fit changer de résolution. En effet, Andronic ne tarda pas à recouvrer la santé, et son premier soin fut d'aller chasser les Turcs qui étaient (tassés en Thraec ; il repoussa ensuite les Bulgares et les Sorviens jusque dans leurs montagnes, et força ces barbares d'accepter la paix, en 1332. La tranquillité momentanée dont jouissait l'Etat fut troublée par quelques ré» voltes et par des conjurations ; la valeur de l'empereur, secondée par la prudence de Cantacuzène, apaisa les unes et déjoua les autres. La répression des brigandages des Albanais, différentes guerres avec les Turcs, la prise de possession de rAcarnanie, occupèrent Andronic, depuis l'année 1334 jusqu'en 1339. Ce fut alors que, pour s'opposer plus efficacement aux Turcs, dout les progrès devenaient chaque jour plus effrayants, il forma une ligue avec le roi de France, Philippe de Valois, Robert, roi de Naples, le roi de Chypre, le grand maître de Rhodes, et quelques autres princes. Les infidèles, attaqués par la flotte des alliés sur les côies de la Grèce, perdirent 230 navires et plus de 5,000 hommes; mais ce desastre ne les empêcha pas de rentrer bientôt après dans le Péloponése, et d'y commettre de plus affreux ravages qu'auparavant. Andronic, pour résister à tant d'ennemis, crut qu'il lui importait de contracter avec les Latins une alliance durable, cl d'anéantir le schisme qui divisait les deux Eglises ; il s'occupa donc sérieusement de la réunion ; mais les obstacles qu'il rencontra, et le chagrin qu'il en ressentit, joint à une maladie dangereuse, le conduisirent au tombeau, dans la 45- année de son âge. II en avait régné 16, et depuis treize ans il gouvernait seul. Les qualités qu'il développa sur le trône firent oublier les désordres de sa jeunesse. Forcé, par l'injustice et la dureté de son gi-aiid-jjére, de lui ravir le sceptre, il s'en montra digne j»ar son courage, ses talents et sa modération. Il trouva le moyen de supprimer des impôts onéreux, et de conserver néanmoins des armées toujours prêtes à courir à la défense de l'État. On le vit continuellement a la tête de ses troupes, et sa valeur, ses talents militaires, suspendirent les désastres dont l'empire d'Orient était accablé. Andronic avait été marié, en ■ premières noces, à la fille d'un d«c de Bnmswiek : après la mort de cette princesse, arrivée en 1325, il épousa Anne de Savoie, dont il eut deux enfants qu'il laissa en bas âge. L'alné fut Jean Paléologuc. L — S — E.

ANDRONIC IV. Voytx Jean Paléolocle.

ANDRONIC, de Cyrresthes, architecte grec, construisit a Athènes le monument connu sous le nom |

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I de la tour des Vents : c'était un bâtiment octogone, sur cliacune des faces duquel était sculptée la figure d'un des vents. Andronic les avait distingués par divers attributs : on les nommait Solanus, Eurus, Austcr, Africanus, Favonius, Corus, Septentrio, et Aquilo. Au sommet de la tour, s'élevait une petite pyramide de marbre qui supportait une mécanique assez semblable à nos girouettes : elle consistait en un triton d'airain , tournant sur un pivot , et indiquant, avec une baguette, le côté de la tour sur lequel était représenté le vent qui soufflait. On juge, par le style déjà corrompu de l'architecture de ce monument et par la médiocrité des bas-reliefs , qu'il est postérieur au siècle de Périclés. Comme il est construit en gros blocs de marbre, il n'a pas éprouvé de grandes dégradations, et le couronnement seul en est détruit. Tout l'édifice est enterré d'environ 12 pieds. Cliacune des faces avait aussi un cadran; enfin, on croit que ce monument renfermait une clepsydre , ou horloge d'eau. Le toit était de marbre taillé en forme de tuiles : cette manière de couvrir avait été inventée par Byscs de Naxos , 580 avant J.-C. La tour des Vents sert aujourd'hui de mosquée à des derviches. S|K>n, Whcler, J.-D. Leroy et Stuart ont parlé avec étendue de ce monument singulier. L — S— e.

ANDROMCLS CALLISTUS (Jean), ne a Thcssalonique, vint en Italie après la prise de Constantinoplc par les Turcs , et donna des levons de grec successivement à Rome , à Florence cl à Fcrrarc. 11 eut pour disciples Ange Politien , Janus Pannonius , et George Valla. Appelé ensuite â Paris pour y enseigner le grec, après Hermonyme de Sparte, il fut un de ceux à qui l'université de cette ville dut le rétablissement de l'étude de la langue grecque. Il mourut en 1478. On a de lui un traité des Passions , en grec, que David Ho?schelius a fait imprimer, Au.'sbourg, 1593, in-8°, et qui a été réimprimé en 1017 et 1079, à la suite de la paraphase des Morales à Nieomaque. C— ».

ANDROMCUS (Livit s), le plus ancien poète dramatique latin , fit représenter sa première pièce de théâtre, l'an de Rome 514 ( 240 avant J.-C.}, sous le consulat de Clodius Cethegus et de Sempronius Tuditanus , un an avant la naissance d'Ennius. Il était Grec de naissance, fut d'abord esclave , et reçut son nom latin de Livius Salinator, dont il avait instruit les enfants et qui l'affranchit. Il jouait lui-même un rôle dans ses pièces, et l'on dit qu'ayant été atteint d'une extinction de voix , il imagina de faire réciter les paroles par un esclave, tandis qu'il faisait lui-même les gestes : ce fut l'origine de la panlomime chez les Romains. Il nous reste de ce poète i peine deux cents vers, en sorte qu'il ne nons est pas possible de juger de la manière dont il traçait un plan, conduisait une action, développait un caractère. On peut croire toutefois que ses compositions dramatiques trahissaient l'inexpérience et les tâtonnements d'un art dans l'enfance. Quant au style, nous possédons assez de fragments pour en apprécier la facilité liarmonieusc et les formes pures et pittoresques. 11 composa aussi une Odyssée et des hymne» I en l'honneur des dieux. Tite-Live et VaJère-Maxime

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disent que celui qu'il fit pour Junon fui chanté dans toute ia ville, par vingt-sept jeunes lilles, lors des jeux que donna Salinator pour accomplir le vœu qu'il avait fait, pendant la bataille de Sienne , à la déesse de la jeunesse. Les grammairiens et les critiques citent fréquemment ses vers, et ces citations sont tout ce qui reste de lui. Elles ont été imprimées, avec les fragments des autres poètes latins, dans les Comici latini, le Corpus Poe t arum, la Colleelio Pisaur ensit et le Théâtre complet des Latins, de J.-B. Levée. D — T.

ANDRONICUS de Rhodes, philosophe péripatéticien , professa d'abord à Amènes avec peu de succès, puis vint s'établir à Rome, du temps de Cicéron. Tyrannion, l'affranchi de Lucullus, chargé par Sylla de transcrire les livres inédits d'Aristote qui provenaient de la bibliothèque d'Apellicon, communica ces ouvrages à Andronicus. Ce dernier les classa, composa des sommaires et des tables pour les différents livres, et les enrichit même de plusieurs commentaires. On lui avait attribué , jusqu'à présent, une paraplirase des Ethiques à Nicomaque, publiée gr.-lat. par Daniel Heinsius, Leyde, 1607, in-4*, 1617, in-8°, et réimprimée à Cambridge, 1679, in-8° ; mais un manuscrit de la bibliothèque royale, cité par Ste-Croix dans son Examen des Historiens d'Alexandre, p. 524 , indique pour auteur de cette paraphrase Hëliodore de Pruze. D. L.

ANDROQCE. Voyez A.ndoque.

ANDROUET DU CliRCEAU (Jacques), architecte , naquit à Orléans, ou , selon quelques écrivains, à Paris, dans le 46* siècle. La faveur du cardinal d'Armagnac lui procura les moyens d'aller se perfectionner dans son art en Italie. L'arc de triomphe dont on \oit encore des restes à Pôle , en Islrie, attira surtout son admiration, et il reproduisit souvent dans ses compositions les colonnes accouplées qui sont de cltaque coté de l'ouverture de ce monument. Le pont Neuf fut commencé le 50 mai 1578, par Androuet, d'après les ordres de Henri III, dont il était architecte ; mais les guerres civiles ne permirent pas que l'artiste achevât cette construction. Ce ne fut qu'en 1604 , sous le règne de Henri IV, que Guillaume Marchand y mit la dernière main. Les hôtels de Carnavalet, des Fermes, de Brctonvilliers, de Sully, de Mayenne, etc., furent bâtis par Androuet. 11 fut aussi chargé, en 1596, par Henri IV, de continuer la galerie du Louvre , con>mencée par ordre de Charles IX ; mais il ne put la terminer. 11 professait pour la religion réformée un attachement qui l'obligea de s'expatrier, et de laisser à Etienne du Pérac, peintre et architecte du roi, le soin de terminer son travail. Androuet du Cerceau mourut dans les pays étrangers. Cet artiste, qui est regardé comme un des plus habiles architectes de la France , a laisse plusieurs écrits ; les principaux sont : 4° Livre d'Architecture, contenant les plans et dessins de cinquante bâtiments , tous différents , 1559, in-fol., réimpr. en 1611 ; 2» Second Livre d'Architecture, faisant suite au précédent, 1561, in-fol.; 3* les plus excellents Bâtiments de France. ouvrage dédié à la reine Catherine de Mcdicis , et

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imprimé à Paris , en 1576 et suiv., deux parties en 1 volume in-fol. , réimp. en 1607 ; 4° Livre d'Architecture, auquel sont ^contenues diverses ordonnances de plans et élévations de bâtiments pour seigneurs et autres qui voudront bâtir aux champs , 158*2, in-fol. ; 5° Les Édifices romains, recueil de dessins gravés des antiquités de Rome , faits sur les lieux, 1583, in-fol.; 6" Leçons de perspective, 1576, in-fol. Il grava lui-même, à l'eau forte, les planches qui arcom|)agnent ces divers recueils. D — T.

ANDRY ( Nicolas), surnommé Bois-Regaud, né à Lyon en 1658, sans fortune, vint à Paris étudier en philosophie , au collège des Grassins , où il se ht répétiteur pour subvenir aux frais de ses études en théologie. 11 devint professeur au collège des Grassins, et, en 1687, il commença à se faire connaître dans les lettres par sa traduction dv Panégyrique de Théodose le Grand, par Pacatus, et par un ouvrage intitidé : des Sentiments de Cléarque sur le Dialogue d'Eudoxe et Pilante, où il attaquait les opinions philosophiques du P. Bouhours. Dégoûté de la théologie, il étudia la médecine, fut reçu docteur à Reims, et, en 1697, à la faculté de Paris. Un peu de mérite , et un grand talent d'intrigue , le firent connaître et réussir ; il fut nommé successivement professeur au collège royal, censeur, et collaborateur au J(wrn<i/<fr*&iran(«. Malgré les justes préventions qu'avait inspirées la manière adroite dont Andry avait préparé ses succès, et malgré son caractère satirique et emporté , qui ne lui faisait ëpargner ni rivaux ni amis, il fut, en 1724, élu doyen de la faculté. Les premiers temps de son décanat furent marqués par les vues les plus sages; frappé de la supériorité de talent qu'exige l'exercice de la médecine , Andry voulut lui assurer la prééminence sur la chirurgie, et fit conserver à la faculté le droit d'inspection qu'elle avait toujours eu sur les chirurgiens ; mais, en même temps, il voulut assujettir les élèves médecins à des études chirurgicales; il fit aussi décréter que ntd chirurgien ne pourrait pratiquer l'opération de la taille qu'en présence d'un médecin, etc. Bientôt il voulut dominer la faculté ellemême , et aspira dès lors à faire nommer Helvétius, son ami , premier médecin du roi , et protecteur de la faculté; mais, deviné par cette compagnie , qui reconnut dans cette apparence de zèle l'ambition particulière du doyen , il ne lui pardonna pas de lui avoir fait éprouver un refus. Dés ce moment Andry s'efforça de perdre ceux des membres de la faculté qui s'étaient opposés à son projet, et , dans cette vue, il ne rougit pas d'altérer l'opinion que cette faculté avait émise sur la bulle Unigenitus, afin de lui nuire dans l'esprit du ministre. L'affaire se termina à sa honte, en 1726, et, pour prévenir un semblable abus , il fut décidé que les décrets de la faculté seraient dorénavant signés par plusieurs docteurs, afin que le doyen ne piU rien y changer. L'on devine la liaine <jue, dès lors, la faculté |»oi ta à Andry ; elle s'augmenta encore par les querelles particulières qu'il eut avec plusieurs de ses membres, Hecquct, I^mery, le célèbre J.-L. Petit, et par divers écrits polémiques et injurieux auxquels ces querelles don-

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nèrent lieu. Andry ne fut pas réélu doyen. La composition de quelques libelles contre Geoffroy, son successeur , et contre la faculté , parut d'aliord le venger; elle lui valut même la censure, au prix de laquelle on crut acheter la paix ; mais son triomphe ne fut que de courte durée ; le cardinal de Fleury connut enfin les excès dans lesquels le dépit et l'orgueil précipitaient un homme qui devait sa réputation plus à l'intrigue qu'au talent ; il cessa de l'écouter, et devint le protecteur et le vengeur de la médecine et de l'université. Andry mourut le 13 mai 1742, âgé de 84 ans, doyen d'âge des professeurs du collège royal. Voici la liste de ses nombreux écrits : 1° Réflexion* ou Remarques critiqua tur lusage présent de ta langue française, 1080 (le frontispice en fut changé en 1692 ). 2' Traité de la génération des vers dans le corps de l'homme, ouvrage qui a été plusieurs fois réimprimé, traduit en plusieurs langues; la i" édition parut en 1700. Lémery en imprima une critique assez sévère dans le Journal de Trévoux, pour se venger de celle qtf Andry avait faite de sou Traité des aliments; \ alisnieri l'attaqua avec moins de ménagement encore ; il valut à noire satirique l'épithètc d'Aomo vermiculosus, parce qu'il ne voyait que vers partout et dans toutes les maladies. Andry ré|>ondit à toutes ces censures, en publiant, sur le même sujet, en 1701, Paris, in-12, ses Éclaircissements sur le livre de la génération des vers dans le corps de l'homme, contenant des remarques nouvelles sur les vers et les maladies vermincuses. 3° Remarques de médecine sur différents sujets , principalement sur ce qui regarde la saignée et la purgation, l'aris, 1710, in-12. 4" Ia Régime du carême , considéré par rapport à la nature du corps et des aliments, l'aris, 1710, in-12; Traité des aliments du carême , l'aris, 1713, 2 vol. in-12, puis 3 vol. in-12, paire qu'on y a joint l'ouvrage précédent. Dans ces trois productions, l'auteur a pour but de réfuter toutes les opinions d'Hecquet , cl lu discussion des faits n'est pour lui qu'un prétexte de faire la guerre. 3° Le Thé de l'Europe , ou 1rs Propriétés de la véronique, Paris, 1704, Reims, 1740, 1747, in-12. 6" Examen de différents points d'analomie , de chirurgie, de physique et de médecine, l'aris, 1723, in-8*. Ici Andry fait une critique trop amère du fameux Traité sur les maladies des os, de J,-L. I'etil , ouvrage qui étonna alors , et à juste titre, la chirurgie européenne, et contre lequel Andry, daus sou zele amer et injuste, reunit des accusations trts-souveut fausses, telles que celles qui traitaient de chimérique la rupture du tendon d'Achille. 7° Remarques de chimie touchant la préparation de certains remèdes, Palis, 1733, in-12; écrit polémique encore, et dirigé contre la première édition do lu Chimie médicale de Malouin. Ifl léon à Eudoxe, touchant la prééminence de la médecine sur tu chirurgie, Paris, 1738. in 12, ou l'auteur veut prouver, par l'ancienneté des usages et la raison elle-même, la justice de lu conduite qu'il avait tenue à cet égard pendant son décimal. 9» Orthopédie, ou l'Art de prévenir tt de corriger dans Us enfants Ut difformité* du corps, Ml,

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1741, 2 vol. in-12, fig.; Bruxelles, 1743, I vol. in-8°, fig. Andry est encore auteur de quelques thèses. Il a fourni des articles de médecine au Journal des Savants, depuis 1 702 jusqu'en 1739. Dionis, son gendre , a publie de lui un Traité sur la Peste, qu'il avait dicté en français, au Collège royal, par ordre du régent. Du reste , le caractère de tous ces écrits confirme le jugement que nous avons porté sur Andry ; aucune de ces grandes vues spéculatives et pratiques qui rappellent la médecine antique ffHippocrate , l'observation de la nature , et la connaissance de ses lois; tout y est sacrifié à cet esprit de satire qui seul a semblé exciter l'auteur à prendre la plume; aussi, de nos jours, oU l'intérêt dis controverses locales est évanoui, ces productions toutellcs oubliées, et n'orneul-clles plus que la bibliothèque de nos plus infatigables érudils. C. et A — V.

AMH1Y (Cu.\iaE8-Loi;is-Fiusçoi$) , docteur régent de la faculté de Paris, naquit dans cette ville en 1741. Fils d'un épicier-droguiste qui lui laissa 6,000 livres de rente, il était mîntre de choisir sou état ; ce fut par le désir d être utile à ses semblables qu'il se décida pour la médecine. Ses court termines, il reeut ses grades avec beaucoup de distinction , et partagea dès lors son temps entre l'étude et l'exercice de sa profession. Les qualités d' Andry lui méritèrent bientôt l'estime de ses confrère* et l'amitié des savants, entre autres du docteur Sanchès, qui lui légua tous ses manuscrits , et dont il a publié, sous le titre de Précis historique, un intéressant éloge. ( Voy. Sa.nuiès. ) Médecin eu chef des hôpitaux de l'aris , Andry fut un des premiers membres de la société royale de médecine. H eut l'honneur de la présider plusieurs fois, et lui communiqua diverses observations très-importantes. Aussi généreux que modeste, il itoussait le desinUrenscment jusqu'à foxces. Parmi les malades qui réclamaient ses soins, il donnait toujours la préférence aux plus pauvres; à ceux qui , loin de pouvoir lui payer le prix de la visite , avaient au contraire licsoin qu'il leur laissât de l'argent pour exécuter ses ordonnances. Dans sa naïve bonhomie, il se rendait le témoignage que 1'intciél ue l'avait jamais guidé , par ce mol charmant et piltorcMme : « Je puis dire que j'ai gtnttl- « hommisé la médecine. » Outre les nombreuses charités qu'il faisait lui-même , il donnait clwqirc année aux pauvres le dixième de ses revenus. Corvibarl, son ami, l'ayant fait nommer à sou insu l un des quatre médecins m insultants de Honuiiarte, Andry préleva sur le traitement de cette place les fnds de costume qu'il avait été obligé de Ikire, et remit constamment le surplus au maire «le son quartier pour le distrilaicr aux indigents, persuade, disaitil , qu'il ne devait |>as profiter d'un argent qu'il reconnaissait n'avoir inis gagné. Après la restauration, un ministic.ami d'Andry, lui conseilla «le demander une pension pour ses anciens services. — «Comment « me la paiera- 1 on? — Sur la caisse des hôpitaux.— I « Kt c'est moi , dit Andry en colère , qui prendrais | « l'argent des tMiuvrest Tu peux bien ia garder ta « pension ; je n'en veux pas. » Andry cependant ) «tait loin d'être riche. Sur la lin de sa vie, il fut

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obligé de supprimer sa voiture , et fit ses visites a pied, appuyé sur le bras d'un domestique. Enfin les forées lui manquèrent, et il ne sortit plus de son cabinet, où il donnait des consultations gratuites. S'élant tenu constamment au niveau de la science, il n'avait aucun des préjugés des vieux médecins. Il fut un des plus zélés propagateur de lu vaccine, et adopta sans hésiter toutes les améliorations que l'expérience faisait reconnaître. Andry reçut du roi le cordon de St-Michel, sans l'avoir sollicité. II mourut le 8 avril 1829, a l'âge de 88 ans. Par son testament, qui se termine ainsi : « Je ne demande que des prières , » il prescrivit formellement que ses obsèques fussent faites sans pompe, et qu'on ne lui élevât aucun monument. Ses intentions à cet égard n'ont été que trop bien remplies ; et, sans l'auteur d'une notice citée à la fin de cet article , on ignorerait que les restes de cet excellent homme sont déposés au cimetière du Pére la Chaise. Andry laissa une belle collection de livres rares et Curieux dont le catalogue a été publié par MM. Deburc, Paris, 1830, iu-8". Outre des thèses et des dissertations en latin et en français , on a de lui : 1» le Manuel du jardinier, traduit de l'italien de Mandirola, Paris, 1705, in-8", sous le pseudonyme Randy. 2° Matière médicale , extraite des meilleurs auteurs, et «les leçons de Ferrein, ibid., 1770, 3 vol. in-12. 3° Recherches sur la rage, ibid., 1778, 1779, in-8*. Ces deux éditions d'un excellent ouvrage furent imprimées par ordre du gouvernement pour être distribuées dans les provinces. Les mêmes augmentées du traitement fait à Sentis, ibid., 1780, in-12; traduit en allemand, Leipsick, 1783, in-8°. Les Recherches d' Andry ont été insérées dans les Mémoires de lu société de méd.,t. 1", p. 104. 4° Obserrations et Recherches sur l'usage de l'aimant en médecine (arec Thourct), Ibid. , 1783, in-8"; et dans les Mémoires de la société de méd., t . 3, p. 531 . 3° Recherches sur la mélancolie, ibid., 1780, in- J" ; et dans les Mémoires précités, t. 3, p. 89. On lira avec intérêt: Hommage à la mémoire d' Andry, par G. Lardiu , Paris, 1830 , in-8" de 20 pages. W— s.

ANEAC { Barthélémy), dit A.x.m m s, qualifié par la Croix du Maine de poète latin et français , historien, jurisconsulte et orateur, naquit à Bourges vers le commencement du 16* siècle, fut professeur de rhctorûpjc au collège de la Trinité, à Lyon, vers 1530, et en devint principal en 1542. Il suivait d ans ses poésies le goût de son siècle, qui applaudissait aux pointes, aux jeux de mois, et aux éipiivoques souvent grossières. Ce poète mourut d'une mort malheureuse. Le 21 juin 1565, jour de la Fête-Dieu , une pierre ayant été jetée, d'une des fenêtres" du collège , sur le prêtre qui portait le saintsacrement à la procession , le peuple irrité monta en foute dans le collège , massacra Aneau , qu'on crut auteur de cet attentat , sur le soupçon qu'il était protestant. Aneau a laissé cent quatre pièces en vers latins, quelques-unes en vers grecs, et plusieurs autres ouvrages . fiarmi lesquels on remarque ' 1* Mystère de la Nativité , par personnaiges, comjwsê en imitation verbale et musicale de diverses chansons. Ce mystère se trouve dans un volume iu-

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