‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 24 sur 129 · A UN · texte numérisé non relu

A UN

ABLANCOURT. Voyez Perrot d'.

ABLAVIUS ou ABLAB1US, préfet du prétoire, Constantin , depuis l'an 526 jusqu'à l'an 357, obtint un grand crédit à la cour de ce prince, et fut consul avec Bassus en 331 . Constantin , avant de mourir, nomma Ablavius conseil de son fils Constance ; mais ce prince, loin de suivre les volontés de son père, commença par ôter à Ablavius sa charge, sous prétexte de se conformer aux désirs des soldats. Ablavius se relira dans une maison de plaisance qu'il avait en Bithynie ; mais quoiqu'il se fût ainsi résigné de lui-même à une sorte d'exil, il ne put jouir du repos qu'il avait espéré. Constance, qui redoutait toujours son crédit, lui envoya quelques officiers avec des lettres par lesquelles il semblait l'associer à l'empire ; mais comme Ablavius demandait où était la pourpre dont il allait être revêtu, d'autres officiers survinrent et le tuèrent. On pense que celte victime d'une si odieuse trahison n'obtint même pas après sa mort les honneurs de la sépulture. Ablavius ne laissa qu'une fille, nommée Olympiade. Elle avait été fiancée à l'empereur Constant, qui, tant qu'il vécut, vit toujours en elle son épouse future; mais, en 530, ce prince fut tué , et, en 360, Constance fit épouser à Olympiade le roi d'Arménie, Arsace. D— T.

ABLE, ou ABEL (Thomas) , ecclésiastique anglais, fit ses études à Oxford, où il fut reçu bachelier; il obtint, en 4546, le grade de mailre es arts, et, après avoir pris les ordres, il devint chapelain de Catherine d'Aragon, femme de Henri VIII, à laquelle il apprit les langues et la musique. L'extrême attachement qu'il montra pour cette princesse , lorsque Henri manifesta l'intention de se séparer d'elle, lui devint funeste. Il publia à celle occasion un traité intitulé : de non dissolvendo Henrici tl Calharinm Matrimonio. Ce livre, oùjl soutenait l'indissolubilité du mariage de Henri avec Catherine, lui attira le ressentiment de ce prince. On l'accusa, en 4554, d'avoir eu part â l'affaire d'Elisabeth Barton, dite la Sainte Fille de Kent, visionnaire qui fut condamnée à mort pour avoir parlé contre le divorce du roi. Able ayant entrepris lui-même de prouver que Henri ne pouvait se reconnaître chef de l'Église anglicane, on lui fit son procès, et il fût condamné à être étranglé, éventré et écartelé. Cette terrible sentence fut exécutée à Smithlield , le 30 juillet 4540. S— D.

ABNER, général des armées de Saùl, son cousin-germain, commandait sous ses ordres daas la vallée de Térébinthe, lorsque David tua le géant Goliath. Ce fut par sa négligence que Saùl fut surpris endormi dans sa tente au désert de Ziph. Après la mort de Saûl, l'ambitieux Abner, assuré de gouverner l'état sous le faible Isboseth, le fit proclamer roi par l'armée. La 6* année du régne de ce prince, ses troupes, commandées par Abner, et celles de David par Joab, s'étant rencontrées à Gabaon, restaient en présence sans oser en venir aux mains , lorsque, sur la proposition d'Abner, acceptée par Joab, douze jeunes gens, armés à la légère, s'avancèrent de chaque côté entre les deux camps, se prirent d'une main aux cheveux, de l'autre plongèrent leur épée

chacun dans le sein de son antagoniste, et périrent tous sur le coup : le lieu où ils s'étaient battus fut appelé le champ dti embûches. Ce combat singulier engagea le ménie jour une affaire générale, dans laquelle Abner, mis en fuite et poursuivi par Azaèl, lé plus jeune des frères de Joab, ne put s'en délivrer qu'en le perçant de sa lance ; puis profilant du retard que cet événement mit dans la poursuite, il rallia les débris de son armée, repassa le Jourdain et revint A Manaim, après avoir perdu trois cents hommes. La guerre ayant continué, Isboseth, à qui les talents et le crédit d'Abner étaient si nécessaires, eut l'imprudence de se brouiller avec lui, en lui reprochant d'avoir admis dans son Ut Raspha , concubine de Saûl. Les suites de cette querelle portèrent Abner à proposer i David de mettre tout Israël sous son obéissance. La proposition fut acceptée arec de grands témoignages de reconnaissance, et la réconciliation solennelle se fit à Hébron. Abner admis, par une distinction singulière, à la table de David, parcourut toutes les tribus pour y faire reconnaître l'autorité de son nouveau rai . Joab, jaloux des honneurs prodigués à son rival, et nourrissant dans son cœur des projets de vengeance contre celui qui avait tué son frère Azaèl, en (il de Tifs reproches à David, et dterelut à lui inspirer des soupçons sur la sincérité d'Abner. Ces insinuations n'ayant pas réussi, Joab alla au-devant d'Abner pour le recevoir à la porte d'ilébron, au retour de sa mission ; et l'ayant pria à part , sous prétexte de lui communiquer un secret, il le tua en trahison. David, affligé d'un tel attentat , ne ae crut pas assez puissant pour en punir le coupable ; il se borna à lui lancer de funestes malédictions, laissant à son fils Sak>n>on le soin d'en tirer une vengeance plus éclatante. Ne voulant pas néanmoins qu'on pût le soupçonner d'y avoir participé , il ordonna à tons les grands de sa cour et A Joab lui-même de déchirer leurs habits, de se revêtir de sacs, et de marcher en pleurant devant le convoi d'Abner. H l'accompagnait en personne, suivi de tout le |ieuple d'ilébron ea deuil; et lorsqu'on fïït arrivé au lieu de la sépulture, il prononça ces paroles sur son tombeau, en l'arrosant de ses larmes : « Malheureux guerrier ! vos « mains n'ont point été flétries par des liens désho- « norants; vos pieds n'ont point été chargés de fers; « mais vous êtes mort victime d'une traliison, comme « meureut ceux qui ont affaire à des hommes raé- « chants. » A ces mots, le peuple redoubla ses pleurs; et après la cérémonie, il reconduisit le roi A son palais, croyant qu'il donnerait un repas funèbre, comme c'était la coutume. Mais ce prince prolesta qu'il ne prendrait aucune nourriture jusqu'après le Couelier du soWl. 11 arrosa de ses larmes le tombeau magnifique qu'il avait lait élever A Abner, et sur lequel on grava une épitaphe que David lui-même avait composée. OuHqnes auteurs ont même cru que ce fat dans cette occasion qu'il composa le psaume 58 ! Seigneur , vous m avtz éprouve", et tout m'avez connu. T — n.

ABNER, rabbin, né A Burgos, vers l'an 12T0, professa la médecine A Yulladnlid . et embrassa le i cette ville, en 1295. Depuis cette

époque, il prit le nom à' Alphonse de Burgot ( Alfonso cl Burgales ) , et obtint la charge de sacristain dans la cathédrale de Valladolid. Étant encore juif, il avait composé un ouvrage sur la concordance des lois, et accompagne de gloses le commentaire d'Abcn- Uezra sur les dix préceptes de la loi; après sa couversion, il écrivit en liébreu une réfutation de l'ouvrage que le rabbin Quinchi avait dirigé contre les chrétiens, sous le litre de ilikhamoth-Uasem, c'està-dire, guerres du Seigneur. Sur la demande de l'infante Blanche, il en fil dans la suite une traduction eqwguole. Alplionsc de Spina traite longuement de cet ouvrage dans le troisième livre de son Fortaiitimm fuie i. Abner mourut vers I an 1546, après s'être signalé par son zèle pour la religion chrétienne. On a de lui un Traité sur la peste ( en espagnol ) , imprimé A Cordoue en 1551, in-4\ D— c.

A BOS ( M aximiliks- François et Gabrux o' ) , deux frères nés dans le Béarn, vers la fin du 17* siècle, d'une ancienne famille, étaient chevaliers de Malte, et avaient déjà fait plusieurs campagnes contre les Turcs, lorsque, étant entrés, en 161)8, dans le port de Nio (l'ancienne lus) arec quatre vaisseaux qu'ils s'apprêtaient A radoulier, ils fuient attaqués parcinquanta galères que le capitan-pacha conduisait au siège de la Canée. Ces intrépides marins, malgré l'infériorité de leurs forces, prennent la résolution de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Ils amarrent ensemble deux bâtiments et les conduisent à l'entrée du port MOT le bouclier : ils s'encouragent réciproquement, s'embrassent avec transport et jurent de mettre le feu aux poudres plutôt que de tomber en la puissance des Ottomans. A peine avaientils fait leurs dispositions , qu'une décharge de toute leur artillerie annonce au capilan-pocha leur audace et leur résolution. Celui-ci , contraint d'en venir à un combat régulier pour les réduire, débarque 5,000 hommes afin de les attaquer par terre et en flanc, et envoie en même temps huit galères contre chacun des deux vaisseaux chrétiens. Le combat devient terrible. Au bout de quelques minutes, le feu se ralentit du coté de la mer, et les seize galères se retirent en désordre ; mais elles sont au même instant remplacées par seize autres que conduit le capi tan-parln lui-même. Bientôt ce dernier est blessé et se voit contraint de prendre la fuite ; alors il ordonne au reste de ses galères d'avancer et de venger l'échec qu'il vient d'essuyer. Le combat recommence avec violence et dure toute la journée. A la fin tous les faix ont cessé; les braves chevaliers sont à leur poste qu'ils ont su conserver ; le rivage est nettoyé du Turcs qui l'occupaient ; trois galères ottomanes ont été coulées à fond , et toutes les autres, endommagées et dégarnies, se sont hâtées de prendre le large. Le lendemain, les frères d'Abos ne craignirent pas de gagner la liante mer pour se mettre à leur poursuite. M a xi mi lien d'Abos survécut peu de temps à cet exploit glorieux. Son frère, le chevalier de Thémericourt , conduisant A Malte une prise de 50,000 écus, fut attaqué par cinq vaisseaux barbaresques , obligé d'abandonner sa prise , et jeté par la tempête sur les côtes de Tunis. Les Tunisiens l'envoyèrent A Con-

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stantinople comme on présent digne d'être offert au Grand Seigneur. 11 rut enfermé dans le cliateau des Sept-Tours, puis transféré à Andrinople, où Mahomet IV faisait sa résidence. Le sultan voulut le voir ; il lui demanda si c'était lui qui , avec son seul bâtiment, avait eu la témérité de se détendre contre cinquante de ses galère*. Le chevalier ayant répondu avec assurance que c'était lui-même, le Grand Seigneur admira sa bravoure , désira l'attacher à son service et l'attirer i la foi musulmane. 11 lui fit en vain les offres les plus magnifiques ; le commandement de ses vaisseaux, avec le titre de capitan-pacha, 100,000 piastres et une princesse du sang musulman, ne purent tenter un jeune homme de vingt-quatre ans, qui répondit avec fermeté qu'il était chrétien et gentilhomme. De la douceur et de la séduction Mahomet passa i la violence ; le chevalier fut mis à la torture et souffrit des tourments affreux. Le sultan , touché de sa jeunesse , allait lui faire grâce , lorsque , cédant aux prières d'un de ses favoris , il ordonna qu'on lui tranchât la tête. Cet ordre fut exécuté dans le parvis du sérail d'Andrinople, où le corps du chevalier, partagé en quatre, et sa tête fichée au bout d'une lance , restèrent exposés avec cette in* scription : ut fléau des mers est mort. M-—n j.

ABOU-BEKB, le f* des quatre califes successeurs immédiats de Mahomet, se nommait Abou-kaab avant l'islamisme, et reçut, après avoir embrassé cette religion , le nom tV Abdallah ( serviteur de Dieu ), et ensuite le surnom à' Abou-Bekr ou Abou- Bikr, c'est-à-dire, père (!•■ la puctlU , qui lui fut donné parce que Mahomet é|M>usa sa fille Afchah encore vierge, tandis que ses autres femmes avaient été déjà mariées. L'un des premiers partisans du prophète , et le compagnon de sa fuite, Abou-Bekr avait rendu témoignage de son ascension nocturne, et mérité par cette déclaration le titre de Siddye ou témoin. Le prophète, dans sa dernière maladie, avait désigné Abou-Bekr pour s'acquitter, en son nom, des fonctions sacerdotales sous le titre de calife ou ueatre. Mahomet étant mort sans avoir désigne son successeur , Abou-Bekr, son beau-père, et Ali, son gendre, se disputaient son héritage, et la guerre civile, près de s'allumer, allait peut-être anéantir tout ce qu'avait fait le prophète, lorsque Omar, se déclarant pour Abou-Rekr, lui fit confirmer la dignité de calife, c' est-a-dire vicaire ou successeur, en réby 1", an 11 de l'hégire (mai-juin 682). Parvenu à la snprême puissance dans des circonstances difficiles, Abou-Bekr prouva qu'il était digne de succéder à Mahomet. Les succès du prophète avaient exalté l'esprit d'une foule d'ambitieux qui , de son vivant même, s'étaient annoncés comme chargés d'une mission divine, et qui crurent trouver dans sa mort une occasion pour renouveler leurs prétentions. Parmi ceux <pii suivaient sa doctrine, tes uns chancelaient dans leur fol, et les autres, fatigués des impôts dont il les chargeait, quittèrent son parti. Abou- Bekr fut obligé d'envoyer contre eux des armées dans l'Arabie déserte, dans le Téhamali, dans l'Oman, dans le Yémen ; et tandis que ses généraux, Omar, Khaled ban Wélyd et Abou-Obeidah , assuraient

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au loin par leurs armes le triomphe de l'islamisme, il s'appliquait au dedans à faire respecter et suivre le Coran, dont les feuilles, jusqu'alors éparses, furent rassemblées par ses ordres en corps d'ouvrage. Aussitôt que, par sa fermeté et par une adroite poli» tique, il eut assuré la tranquillité de son empire, il s'occupa d'en reculer les bornes. Klialed ben Wélyd venait de pacilier l'Arabie et de triompher de l'imposteur Moçailah; Abou-Bekr lui ordonna de se diriger vers l'Irac, tandis qu'Abou-Obéidah marcherait vers la Syrie. Le bruit de cette dernière invasion attira l'attention de l'empereur Héraclius, qui envoya Sergius, avec une armée nombreuse , pour arrêter les progrès de cette nouvelle secte. Mais Klialed, après avoir pris Hyrah , avait déjà fait sa jonction avec Abou-Obéidah, et ces deux généraux réunis battirent les troupes de l'empereur grec. Ce fut dans le même moment qu' Abou-Bekr mourut , le 8 de djoumady 2*, an 13 de l'hégire (9 août 654 de J.-C), à l'âge de 63 ans, et après un règne de 2 ans et \ mois. Ce fut lui qui contribua le plus à répandre la loi de Malwmet, par les voies de la douceur et de la persuasion plutôt que par la contrainte, a Invitez les (teuples à la foi, disait-il « ses généraux, « avant de leur déclarer la guerre ; respectez lesen- • voyés de paix ; triomphez des ennemis par La bra- « voure, jamais par le poison ; fuyez la cruauté. ■ Conservez les jours des vieillards , des femmes « et des enfants. Ne coupez point les arbres fruitiers, i ne dévastez point les champs en culture, s II ne prit jamais dans le trésor que de quoi entretenir un chameau et un esclave, et, à sa mort, on lui trouva pour tout bien trois drachmes. Lorsque son successeur, Omar, eut reçu, d'après ses dernières volontés, son chameau, son esclave et son habit, il dit, en ver» sant des larmes : a Dieu fasse miséricorde à Abouti Bekr ; mais il a .vécu de manière que ceux qui vien- « dront après lui auront bien de la peine à l'imiter, a Les sunnytes, touches de ses éminentes qualités, en ont fait un héros saint. Ils prononcent son nom dans les prières publiques après celui du prophète. Le» chyïtes, au contraire, maudissent sa mémoire. ( Foy. Ali.) J — h.

ABOU-HANYFÉH-EL-NOMAN BEN TSABIT, chef des hanéfy tes, l'une des quatre sectes orthodoxes de l'islamisme , naquit & Koiifah, l'an 80 de l'hégire ( 609 de J.-C. ) , et exerça dans sa jeunesse le métier de tisserand. Il s'adonna ensuite au droit. La calife al-Mansour, instruit de son mérite, le fit venir à Bagdad , dont il voulut le faire juge ( cadi ) ; mais Abou-Hanyféh , effrayé des obligations de cette charge , la refusa. Les prières, les menaces et même la prison ne purent ébranler sa résolution. Ce ne Ait pas en cette occasion seulement que sa fermeté lui coûta le repos. Abou-Hanyféh était un des parti» sans de la maison d'Ali, et déclamait hautement contre l'usurpation des Abbassides, qui le respectaient a cause de ses vertus; mais enfin Abdallah II le sacrifia A son ressentiment. Les habitants de Moussoul, qui violèrent le traité fait avec ce calife, s'étaient soumis à être punis de mort dans le cas où ils se soustrairaient a son obéissance. Abdallah II, ayant

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résolu de les faire périr, assembla ses ulémas (docteurs) pour prendre leurs avis. Tous souscrivirent à sa volonté,* l'exception d'Abou-Hanyfêh. « N'est-il pas évident , dit-il , que cet engagement « est inadmissible; car les hommes ont-ils le droit « de disposer d'une existence qui n'appartient qu'au « maître de l'uni vers ? » Abdallah 11, irrité de sa courageuse résistance , le fit jeter dans les prisons de Bagdad et empoisonner peu de temps après, l'an ISO de l'hégire ( 767 de J.-C. ). Son principal ouvrage est intitulé Mesned ou appui. 11 y établit tous les points de l'islamisme sur l'autorité du Coran et de la tradition. Un homme brutal lui ayant donné un soufflet, ce Socrate musulman se contenta de dire : « Vindi- « catif , je vous rendrais outrage pour outrage ; dé- « lateur , je vous accuserais devant le calife ; mais « j'aime mieux demander à Dieu qu'au jour du ju- « gement il me fasse entrer au ciel avec vous. » Trois cents ans après sa mort , on lui éleva un mausolée, et l'on fonda un collège pour ses disciples. J — N.

ABOUL-CACEM, nommé par quelques historiens grecs Apelchatem, s'empara de Nicée après la bataille où périt Soléiman I", sultan seldjouci de d'iconium, et , dirigeant ensuite ses efforts contre les Grecs , pénétra jusqu'à la Propontide. Alexis Comnène, qui occupait alors le trône de Constantinople , après lui avoir offert inutilement la paix, envoya contre lui Taticius,qui vint l'assiéger dans Nicée. L'arrivée d' Acsancar- Borsky, l'un des émirs de Mélik-Schah ( voy. ce nom ), avec une armée de 50,000 hommes, força le général grec à la retraite , ce qui ne l'empêcha pas ensuite de battre Aboul-Cacem, sorti de la ville pour le harceler. Aboul-Cacem ne se laissa point abattre par cette défaite , et peu après il s'empara de Chio , qui devint son arsenal maritime. Cette action hardie porta l'épouvante jusqu'à Constantinople. Alexis donna alors le commandement de sa flotte à Manuel Kutumite , et a Taticius celui de l'armée de terre. L'armée d'Aboul-Cacem était composée , pour la majeure partie, de cavalerie qui, par le peu d'espace qu'il occupait, lui devenait inutile. Pour remédier à cet inconvénient, il s'écarta de sa flotte, ne laissant qu'un très-petit nombre de soldats pour la garder, et vint camper à Alicas. Ce mouvement irréfléchi causa la perte de sa flotte, qui fut attaquée et incendiée par Manuel; et ce revers fut suivi bientôt après de la déroute de son armée de terre, attaquée par Taticius. 11 semblait qu'après cette double victoire l'armée grecque dût s'emparer de Nicée, où Aboul-Cacem s'était réfugié. Alexis, joignant la ruse i la force, lui fit offrir la paix, et le détermina à venir à Constantinople, où il le plongea dans toutes sortes de délices, tandis qu'une flotte, commandée par Eustliate, s'emparait de Nicomédie, et qu'on v construisait une forteresse au nom et à I'insu d'Aboul- Cacem. Pendant ce temps Acsancar, général de Mélik-Schah, s'avançait à grandes journées sur Nieée , et était pour Aboul-Cacem un ennemi non moins dangereux qu'Alexis. 11 fallait cependant ou se livrer entièrement à celui-ci, ou se soumettre à Mélik-Schah. Aboul-Cacem choisit le premier parti , et implora le

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secours de l'empereur. Alexis lui envoya le général Taticius, qui arbora le drapeau impérial sur les murs de Nicée. Acsancar crut avoir affaire à Alexis Comnène lui-même, et se retira ; mais Mélik-Schah, persistant dans sa haine contre Aboul-Cacem, envoya contre lui une nouvelle armée , sous la conduite de Bouzan ; et tandis qu'il négociait la paix avec Alexis, il offrait de lui rendre les pays conquis par Aboul- Cacem, et demandait sa fille en mariage pour son fils aîné. Alexis, qui ne voulait ni donner sa fille à un musulman, ni favoriser rétablissement d'un voisin aussi dangereux, lui envoya un ambassadeur pour l'amuser par de vaines promesses, et donna secrètement des secours â Aboul-Cacem , qui força Bouazn à lever le siège de Nicée. Mais ces secours , suffisants pour arrêter les progrès de Mélik-Schah , ne l'étaient pas pour le vaincre. Aboul-Cacem, lassé d'être le jouet d'Alexis , résolut d'aller se justifier auprès de Mélik-Schah. Il partit pour Ispahan avec des présents considérables, qui ne purent apaiser son ennemi. A son retour , il fut atteint par trois cents cavaliers, qui l'étranglèrent. Sa mort et celle de Mélik- Schah, arrivée peu de temps après , rendirent la liberté et le trône à Kilidj-Arslan , fils de Soléiman. Ce prince était renommé par ses grandes richesses ; et l'on dit encore aujourd'hui les trésors d'Aboul- Cacem. J — N.

A BOU L-FAR ADJ-AL 1 , célèbre auteur arabe, issu de Merwan , dernier calife des Ommiades , naquit à Ispahan, l'an 2K4 de l'hégire (807 de J.-C), et fut élevé à Bagdad. Doué d'une mémoire prodigieuse, il embrassa toutes les connaissances alors cultivées. La jurisprudence , la médecine , et surtout la poésie et l'histoire, furent l'objet de ses études. Le hn ah Âghany, ou Recueil de$ anciennes chômions arabes, où il a déposé le fruit de ses travaux , est un monument précieux pour l'histoire de la littérature arabe. Le prince Séif-ed-Daulah , auquel il le présenta , le récompensa généreusement, et son docte vizir, Sahebehn-Abad, en faisait un tel cas, qu'il le portait dans tous ses voyages ; parce que ce livre lui tenait lieu , disait-il, de tous ceux qu'auraient portées vingt chameaux. La bibliothèque royale possède un exemplaire de ce précieux ouvrage , en 4 vol. in-fol.' , rapporté d'Egypte, et qu'on a lieu de soupçonner incomplet. Aboui-Faradj en avait composé plusieurs autres sur les généalogies. Ibn-Klialécan nous en a conservé la nomenclature. Il mourut A Bagdad, le i 4 de dzoul-hedjah, 556 de l'hégire (20 novembre 967). J — n.

ABOUL-FAZL ( le cheik Alamt ) , le plus élégant écrivain de l'Inde, suivant Ferichtah, remplit a la fois les fonctions de premier vizir et d'historiographe du Grand Mogol Akbar. La vie politique de ce ministre nous est peu connue ; mais nous savons qu'il eut le talent de plaire infiniment à son maître , et qu'il jouit même d'une faveur capable d'exciter la jalousie de l'héritier présomptif de la couronne , Sélym , nommé ensuite Djihanguyr. Des malveillants avaient trouvé le moyen de semer la division entre le monarque et son fils. Ce fut à cette époque qu'Aboul- Fazl Ait appelé du Dékelian où il se trouvait , pour

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se rendre à la cour. Cet éclatant témoignage de confiance rut la cause de sa perle. Sélym , craignant que ce ministre n'abusât de son crédit pour épaissir le nuage qui s'était élevé entre lui et son père, pria un rajah ou prince indou , de ses amis, sur le territoire duquel Aboul-Fazl devait passer , de le traiter en rebelle et de l'exterminer. Cette invitation était appuyée de promesses magnifiques. Aboul-Fazl fut en effet assassiné , l'an 1(MS de l'hégire (1604) , non par des brigands qui voulaient le dépouiller , comme l'écrit officieusement le courtisan Périclitait , mais par les émissaires de Sélym , comme celui-ci le raconte lui-même dans ses Commentaire s(Voy. Djiii xkciïr). Akbar fut profondément affligé delà perte d'un ministre dont les conseils^lui étaient extrêmement utiles , et dont les travaux littéraires répandaient le plus grand éclat sur son régne. Aboul-Fazl a composé , d'après l'ordre exprés de son souverain , une histoire intitulée ! Akbar-Namih ( livre d'Akbar ) , en 3 vol. in-fol. Le 1" renferme un précis des ancêtres d'Akbar ; le 2", les événements du règne d'Akbar , depuis son avènement jusqu'à la 47* année de son régne, époque de la mort de l'auteur. Ce volume est divisé en deux parties , l'une contient les trente premières années ; l'autre , les suivantes jusqu'à la 47». VAyin-Akbéry, ou Institutes d'Akbar, forme l'autre partie ou 3» vol. C'est un ouvrage indépeudant du précédent , et composé par une société de savants, présidée par AlKwIFazl, d'après l'ordre d'Akbar , qui voulait avoir une description géographique, -physique, historique de l'Indoustan, ainsi que la statistique la plus circonstanciée de ses Etat*. En effet, chacun des seize soubah, ou gouvernemenu de l'Indoustan , y est décrit avec une minutieuse exactitude; la situation géographique et relative des villes , des bourgs , y est indiquée ; 1'énumération des produits naturels et industriels de ces soubah y est soigneusement tracée , ainsi que la nomenclature des princes auxquels ils ont été soumis avant d'être enclavés dans l'empire des Grands Mogols. Le lecteur trouve ensuite l'état militaire de l'Indoustan , et l'énumération la plus détaillée de tout ce qui compose la maison du souverain, l'état de sa garde- robe, de celle de ses femmes, les recettes des parfums, la description des chasses , le menu de sa table, etc. L'ouvrage est terminé par un précis très-bien faitde'la religion brahmanique , des nombreux systèmes de la philosophie udoue, et par des extraits de plusieurs écrits sanscrits , traduits en persan. Ce rapide aperçu suffit pour donner une idée de toute l'importance de cet ouvrage , dont on ne connaissait qu'un exemplaire exact et complet dans toute l'Inde : c'est celui qu'Aboul-Fazl présenta à son souverain , et que l'on conservait soigneusement dans la bibliothèque impériale de Déhly. De cette bibliothèque, il a passé dans la mienne, par une suite d'événements que j'ai racontés dans plusieurs de mes ouvrages. 1-e sable d'or répandu sur chacune des pages de cet inestimable volume atteste son origine impériale. L'écriture en est d'une beauté étonnante, surtout dans les immenses tableaux qu'il renferme. 11 est factieux que , par

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I une reclierclie d'érudition fort déplacée , l'auteur ait affecté d'imiter le style des anciens auteurs persans, des premiers siècles de l'hégire. Ce style est nonseulement très-dur , mais souvent inintelligible. On peut se convaincre de la justesse de cette observation, due à un excellent écrivain persan ( Mohhammed- Chérif-Mo'tamed-Kan ) , par les extraits que j'ai insérés et traduits dans mes notes sur les deux premiers volumes des Recherches Asiatiques, traduction française. Gladwin a publié en anglais un autre extrait très-long et très-bien fait de cet ouvrage, sous le titre de Âyeen-Akbery or the Institut rs of emperor Akbar, etc. ; Calcutta, 1783-86, 3 vol. in-4°. Cette édition est extrêmement rare et chère ; les réimpressions faites à Londres , in-i°et in-8", sont très-incorrectes. Aboul-Fazl traduisit aussi du sanscrit en |iersan YUilodeta de Vichnou-Sanna, qui parait être le prototype des fables attribuées à Pidpaï. 11 profita du séjour de deux missionnaires qu'Abkar avait fait venir de Goa à Agrah , |>our acquérir quelques notions de la religion chétienne. Son érudition était immense, et sa réputation dans l'Inde avait donné lieu à ce proverbe : « Les monarques de la 'terre rc- « doutent encore plus la plume d' Aboul-Fazl , que « l'épéc d'Akbar. » ( Voy. Akbar.. ) L — s.

ABOIL-FEDA (Ismael, connu sous le nom o ), prince de Hamah, surnommé Al-Mélik Al-Mouwayyed et Imad Eddyn ( le roi victorieux et la colonne de la religion), célèbre historien et géographe arabe, naquit au mois de djoumady 1" 672 de l'hégire ( novembre- décembre 1273 de J.-C.) ,* à Damas, où l'approche des Tatars avait forcé sa famille de se retirer. Issu d'Aïoub-Ben-Chady (roy. ce nom), chef des Aïoubites, de cotte famille illustrée par Saladin et la gloire des armes, il ne démentit point la noblesse de son origine. 11 signala sa valeur dans plusieurs guerres des croisades , et les récits qu'il nous en a laissés forment le complément indispensable de nos chroniques d'Occident. "Dès 6R4 de l'hégire ( 1283-6 de J.-C. ) , il assista au siège de la forteresse de Marcah, appartenant aux hospitaliers d« Saint-Jean de Jérusalem, et depuis il se passa peu d'années sans qu'il fit la guerre. En 688 (1289 de J.-C. I , il se trouva au siège de Trijwli, et en 690 ( 1291 de J.-C. ) , à celui de Saint-Jean-d'Acre. Obligé de transporter de Hasn-el-Akrad à Saint-Jean-d'Acre les machines de siège, il eut à combattre les rigueurs de la saison et les difficultés des chemins, et ses troupes souffrirent beaucoup. Par une prérogative particulière, elles formaient toujours le front de l'aile droite des armées impériales. En marchant sur la ville assiégée, leur situation était très- péri lieuse, à cause du voisinage de la mer, d'où les vaisseaux ennemis les assaillaient à coups de flèches : elles avaient en outre devant elles les assiégés qui les attaquaient vivement. Ces obstacles furent , pour les troupes de Hamah, le sujet d'une nouvelle gloire. Les assiégés furent repoussés, et plusieurs de leurs principaux chers tombèrent au pouvoir des vainqueurs. En 691, (1291 de J.-C.) Aboul-Féda accompagna son père Ali dans l'expédition contre le château de Roum (Calaat el-Roum) , situé sur le bord de l'Euphrate;

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et, Tannée suivante, son cousin Al-Mélik Al-Modhaïïcr, prince régnant à llaniah, voulant reconnaître ses services, le nomma émir du Thabelkhanéh. Les Tatars menaçaient alors la Syrie d'une nouvelle invasion. Al-Melek Al-Modliaffer marcha contre eux en 698 (1298-9 de J.-C.), <* l»issa k pouvoir suprême entre les mains d'Aboul-Féda, à qui il était lié par une étroite amitié. Ce prince, chéri des siens, périt la même année. Cette mort, qui semblait devoir assurer la principauté de llamah à Aboul-Féda, suscita dans le cœur de ses deux frères des préten Uons illégitimes. Les démêlés qu'elles occasionnèrent entre eux les privèrent d'un domaine , dont la concorde et la bonne intelligence leur auraient assuré la possession. Le sultan alors régnant , instruit de leur désunion, envoya à Hamah un gouverneur, nommé Cara Sanqr, qui y exerça l'autorité en son nom. C'est ainsi que la maison des Aïoubites fut privée de la possession de Hamah. En 701 (1301-2 de J.-C.) , Aboul-Féda, qui avait déjà mérité la bienveillance du sultan, fit partie de l'expédition contre Sys. A son retour, Ketl>ogha , ce mameluk élevé au trône par ses partisans et déposé par Ladjyn , mourut à Hamah , dont il était gouverneur. Aboul-Féda crut avoir trouvé l'occasion de rentrer dans le domaine de ses pères. Il écrivit au sultan Al-Mélik El-Nassir, 111s du célèbre Kélaoun ( voy. ce nom ) , pour lui demander d'être investi de la principauté de Hamah. Ses lettres arrivèrent trop tard : un nouveau gouverneur était déjà en route pour cette ville. Mais le sultan lui répondit d'une manière affectueuse et promit de remplir ses vœux aussitôt que les circonstances le lui permettraient. Ce nouveau gouverneur, nommé Capdjac, passa au gouvernement d'Alep en 700 ( 1309-10 de J. -C. ). Le sultan, à peine échappé à la catastrophe qui semblait devoir le privet pour toujours d'un trône chancelant, fut forcé, par politique, de donner le gouvernement de Hamah au mameluk Asandemor. Celui-ci, devenu l'ennemi d'Aboul-Féda, cherchait avec ardeur les occasions de le perdre, et sa vie fut même en danger. Rester à Hamah, c'était se livrer à son ennemi. Aboul-Féda écrivit au sultan pour en obtenir la permission de se retirer a Damas. Al-Mélik El-Nassir la lui accorda , le confirma dans la possession de ses domaines a Hamah, et lui assigna des revenus sur ceux de Damas. Enfin, en 710 (1310-1 de J.-C), Asandemor ayant été élevé en dignité, Hamah fut rendu à Aboul-Féda, non à titre de principauté, mais comme un gouvernement. Ainsi, cette ville rentra sous la domination de sa famille, qui en fut privée onze ans rinqmoiset vingtsept jours. Depuis l'époque de son élévation jusqu'en 712 (1312 de J.-C.) , il fut occupé à poursuivre le rebelle Cara Sanqr. Cette même année, il se rendit en Egypte, où le sultan lui fit expédier le diplôme de prince de Hamah, de Raryn et de Moarrah, avec un pouvoir absolu. Ce diplôme, qui nous donne la date précise de son élévation à la puissance souveraine, fut délivré le 15 de reby 2*, 712 de l'hégire (20 août 1312 de J.-C. ). La reconnaissance d'Aboul- Féda envers le sultan fut proportionnée aux bienfait* signalés qu'il en recevait. Chaque année, il envoyait

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des présents considérables au sultan, et souvent il se rendait lui-même en Egypte pour les lui offrir. Al- Mélik El-Nassir, qui l'affectionnait particulièrement, faisait les dépenses du voyage, le comblait d'honneurs, ainsi que ceux de sa suite , cl le renvoyait chargé de tout ce que l'Fgypte produisait de plu» précieux. En 719 ( 1319 de J.-C. ) , quoique Aboul- Féda eôt déjà fait trois fois le pèlerinage de la Mecque , Al-Mélik El-Nassir voulut en être accompagné dans cet acte de piété. Ce fut au retour de ce voyage qu'il le décora du titre de sultan. Aboul-Féda, qui nous a fourni dans son histoire les détails où nous sommes entrés sur sa personne , jouit paisiblement de la principauté de Hamah jusqu'à sa mort, arrivée le 23 de moliarrcm, 732 de l'hégire (26 octobre 1331 de J.-C.) , à l'âge de 60 ans. Jl remarque, dans un de ses ouvrages , que personne dans sa famille n'était encore parvenu à cet Age. Tous les écrivains postérieurs à Aboul -Féda s'accordent à le représenter comme un prince doué des plus éminentes qualités, également propre à la guerre et au conseil. Au milieu des troubles qui agitaient sa patrie , et des incursions fréquentes des Tatars, il cultiva les lettres avec ardeur, protégea et rassembla prés de lui les savants , et n'employa son pouvoir et ses richesses qu'au progrès des sciences. 11 partageait son temps entre l'étude de l'histoire et celle du droit , de la médecine, de la botanique , des mathématiques et de l'astronomie : plusieurs ouvrages ont été les fruits de ses longs travaux. Deux d'entre eux ont suffi pour lui assurer, dans l'Orient et même en Europe, une grande célébrité. Son histoire porte le titre de Al ilokhtastar fy akhbar Albachar, c'est-à-dire , Hittoire abrégée du genre humain. Elle se divise en cinq parties. La. 1r* traite des patriarches , des prophètes, des juges et des rois d'Israël ; la 2°, des quatre dynasties des ançieus rois de Perse ; la 3*, des Pharaons ou rois d'Egypte , des rois de la Grèce , des empereurs romains; la 4* , des rois de l'Arabie avant Mahomet; la '■>'■ traite de l'iiistoire des différentes nations, des Syriens, des Sabéens, des Cophtes, des. Persans , etc. , et enliu des événements arrivés depuis la naissance de Mahomet jusqu'en 729 de l'hégire (1528 de J.-C.), que liait son histoire. En composant cet ouvrage d'un./ grande érudition, Aboul-Féda a suivi le goût de son siècle, ou plutôt des Arabes, c'est-à-dire qu'il n'en a fait qu'une chrotuque exacte, mais souvent trop concise, aride et dénuée des réflexions, des aperçus et du style qui constituent le mérite de l'histoire. Cependant, tout imparfaite qu'elle est, cette chronique abonde en faits tellement curieux et importants pour l'histoire politique et littéraire de l'islamisme, pour celle même des empereurs grecs des 8", 9r et 10* siècles, qu'elle sera toujours lue avec intérêt et consultée avec fruit. Plusieurs parties en ont été traduites et publiées avec ou sans le texte. Dobélius, professeur d'arabe , traduisit , vers le conunencement du 17» sie. clc, pour Antonin de Amico, son ami , la partie qui a rap'KHt à llustoire de Sicile sous les Arabes. De Amico avait intention de faire imprimer cette traduc* tion , mais la mort l'en empêcha. 11 puftlia seulement

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à Païenne, en 1640, la liste des émirs qui avaient gouverné la Sicile pour les califes depuis 852 jusqu'en 904. In veges ayant eu en sa possession le manuscrit de Dobélius, en fil une mauvaise version italienne qu'il inséra dans le 2* Toi. de ses Annale* de la ville de Palerms, publiée en 650. Carusius a donné la traduction de Dobélius dans sa Bibliothèque hittorique du royaume de Sicile, et Muratori l'a réimprimée dans le t. 4"r de la Collection des Hittorien* d'Italie. Gregorio, qui, en 1790, a publié à Païenne, en un vol. in-M. , une nouvelle Collection des fragments sur l'histoire de la Sicile sous les Arabes , a extrait de la traduction des Annales d' Aboul-Féda , par Reiske , la portion qui a rapport à cette même histoire de Sicile. Voici la liste des autres parties de cette chronique , publiées jusqu'à ce jour : 1° de Yila el Rebut gettit Muhamedi» , liber arab. et lut., edenie , cum noti», Joh. Gagnier; Oxonia, 1725, in-fol. La traduction de Gagnier n'est pas toujours exacte, et Koehler l'a souvent rectifiée. 2° Autiarium ad vilam Saladini, extraelutn < r Abul-Feda hittoria univeriali, cum vert. Uu. ab Ali. Schultens, à la suite de Yila et Ret gettes tuUanii Saladini, aut. Bohaedino; Lugd. Battit., 17», in-fol. On refit un frontispice en 1755. 3* I nnales Mutlemici lot., a Jo. Jac. Reitkio; Liptiœ, 1754. Cette traduction, publiée sans le texte, et dont il ne parut que le 1" volume, contient la partie de l'histoire d' Aboul-Féda depuis la naissance de Mahomet jusqu'à l'an 406 de l'hégire (1015 de J.-C.). 4* Abul-Feda Annotée Mutlemici, arabice et latine, opéra et ttudii» Jo. Jacobi Reitkii, etc., nune primum edidit Adler, etc. ; Hafnia, 1789-94 , 5 vol. iu-4". Cette belle édition est enrichie des notes du célèbre Reiske. Sf> M. Silvestre de Sacy a donné, à la suite de la nouvelle édition du Spécimen hittoria Arabum , publiée à Oxford , en 1806 , par les soins de Wbile, VHisloirt de» Arabe* mont Mahomet , avec le texte arabe et une traduction latine. Enfin, la 1" partie de V Histoire universelle a été publiée en 1851 , avec le texte arabe et la traduction latine, |»ar M . Fleisdier, à Leipsick. Les bibliothèques de l'Escurial , de Leyde, celle dite Bodkéienne et la biblioUiéque royale de Paris, possèdent des manuscrits de cette histoire. Mais le plus célèbre et le plus précieux de tous est edui de la bibliothèque royale , qui a le mérite d'être autographe. Le second ouvrage d'Aboul-Féda , sa Géographie, porte te titre de Tacouum El-Boldan, c'est-à-dire , vraie situation des pays. Le mot Taeouym a, je crois , ici le même nui qu'en astronomie, où il sien i lie le vrai lieu des étoile*. Otte géographie est divisée en deux parties ; dans la 1 Aboul-Féda donne un aperçu général des climats, des mers, des lacs, des fleuves et des montagnes; dans la 2*, il décrit par tables les villes, les longitudes, les latitudes et les climats des provinces où elles sont situées. 11 parle en outre des villes anciennes ou détables sont au nombre de 24. Le mérite de ce traité, comme celui de tous les traites géographiques arabes, consiste dans les notices sur l'état des villes, leurs productions et les mœurs de leurs liabitants. L'histoire peut en tirer de grands fruits ; mais la géographie

proprement dite n'y trouvera que des matériaux très-imparfaits, et les données qu'elle y puisera ne pourront point servir à redresser les cartes géographiques du Levant. La Géographie d'Aboul-Féda n'est pas moins célèbre ni moins connue que son Histoire. On en jugera par la nomenclature des différentes parties qui en ont été publiées : 1 • Choratmiœ et Mau-aralnahra , hoc e*t, regionum extra fluvium Oxum Detcriptio , ex tabulit Abul-Fedœ Iimaeli* principi* llamah, arab. el lot., a Joan. Gravio; Londini , 1650, in^. Cette portion a été réimprimée dans la Collection de* petit* Géographes , donnée par les soins d'Hudson, à Oxford, en 1698- 1712, 4 vol. in-8°. On y trouve aussi la description de l'Arabie du même Aboul-Féda, traduite par Greaves. 2° Geograpkia latine fada ex Arabico a Jo. Jac. Reitkio. ( Voy. Busching , Magasin pour l'histoire el la géographie, t. 4 et 5. ) 3" Lapul primum geographia, ex Arabico in latinum trantlatum promulgari jutsit L. A. Muratoriut , in Antiq. ital. med. av., t. 5. 4° Tabula Syriœ, arab. et lal., cum noti* Koehleriet animadrertionibutJo. Jac. Reislcii; Liptiœ, 1766, in-4°. 5° Detcriptio Aigypli, arab. et lat., ed. Jot. Dav. Michaelis, Gottinga, 1776, in-8°. 6° Tabula quadam geographica et alia ejusdem argumenti Specimina, arabice, ed. F. T. Rink , Liptia, 1791 , in-8°. Rink avait déjà publié à Leyde, en 1790 , la INigritic à la suite de l'Histoire des rois musulmans d'Abyssiuie. 7° Africa, arab., cum noti* , excudi curarit J.-G. Eichhorn, Gottinga , 1791. M. Eichhorn a donné, dans le t. 4 de la Bibliothèque théologique univertelle , des notes et additions pour cet ouvrage. 8° Tabula teptima ex Abul-Feda geographia Metopotamiam exhibent , arabice, cura E. F. C. Rosenmuller, notât adtpertit II. E. G. Paulut, 1791 ; dans le Nouveau Répertmrc de la Littérature orientale , vol. 3. 9° Abul-Feda Arabia Detcriptio, commentario perpeluo illuttravit Chr. Rommet; Goeltingua , 1801, in-4°. Gagnier, éditeur et traducteur de la Vie de Mahomet , avait entrepris de donner une traduction de la Géographie d'Aboul- Féda. Dès 1728 il avait publié le prospectus de cette traduction. Les dix-huit premières feuilles en furent même tirées in-fol. ; mais la mort l'empêcha de continuer l'impression de cet ouvrage. De Laroque a en outre placé à la suite du Voyage du chevalier d'Arvieux une traduction française de la Description de l'Arabie. Thévcnot a inséré dans son Recueil de* Voyage* une traduction latine des Climats d'Alhend et d'Alsind d'Aboul-Féda. Herbin a donné en 1803 , dans sa Grammaire arabe, plusieurs extraits de la Descrijition de l'Egypte. Enfin , on a publié à Vienne , en 1807, une traduction en grec moderne faite par II. Démétriua Alexandrides , des |»arties de la Géographie d'Aboul-Féda précédemment .publiées. J— l».

ABOCL- GHAZY-BEHADER, kan du Khawarizme, et prince de la famille de Djenguyz - Kan, naquit l'an de l'hégire 1014 (1605-6), à Ourguendje en kliawarizme, et monta sur le trône en 1054 (1644-5). Il abdiqua peu de temps avant sa mort, qui arriva en 1074 (1665-1), et composa, après son

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