‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 33 sur 129 · ACH 11S · texte numérisé non relu

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combat, il crut pouvoir éluder cette prédiction en se déguisant; mais ce stratagème fut inutile, et une flèche lancée au hasard lui donna la mort , l'an 898 avant J.-C. Il fut enseveli à Samarie , et des chiens léchèrent son sang, dans le lieu même où ils avaient léché celui de ISaboth. Arliab avait fait rétablir plusieurs villes et construire un palais tout garni d'ivoire. T— D.

ACHiEMÉNÈS, fils de Darius et frère de Xercès, commandait l'armée navale de ce dernier dans son expédition contre la Grèce Ayant été chargé par Artaxcrcès de soumettre les Égyptiens qui s'étaient révoltés , il fut vaincu par eux et par les Athéukns qui étaient venus à leur secours, et perdit la vie dans le combat, l'an 462 avant J.-C. C— r.

ACHJEUS, poète grec, natif d'Érétrie, fils de Pythodore, vivait, suivant Saxius, entre la 74* et la H2* olympiade, c'est-à-dire de 484 à 449 avant J.-C., et fut par conséquent contem|>orain d'Eschyle. Admis était à la fois poète tragique et sat y rique; H composa trente tragédies, selon les uns, et plus de quarante, selon d'autres. Toutes sont perdues, à l'exception de quelques fragments que Grotius a recueillis dans ses Fragmenta tragie. et comieorum graeorum. Acha-us ne remporta le prix de poésie qu'une seule fois. Ses pièces satyriques sont également perdues. Athénée en cite plusieurs. — I n autre poète grec de ce nom, natif de Syracuse, et qui est cité par Suidas , composa aussi des tragédies qui sont également perdues. A— a.

ACHASUS, fils d'Andromachus, frère de Laodicé, femme de Séleucus Callinice, s'attacha au service de Séleucus Céraunus, roi de Syrie, et l'aida à soumettre l'Asie en deçà du Tau rus , dont les rois de Pcrgame s'étaient emparés. Séleucus ayant été assassiné, il vengea sa mort en faisant punir tous les coupables, et quoiqu'il lui eût été facile de se faire reconnaître roi par l'armée , il conserva le trône à Antiochus, frère de Séleucus, qui se trouvait alors à Babylone , et lui montra dans les commencements beaucoup de fidélité. Ce prince, en récompense, lui conféra le gouvernement de toute l'Asie Mineure. Sa grande élévation et ses succès éveillèrent l'envie : on l'accusa de songer à la couronne qu'il avait refusée, et il crut ne pouvoir trouver de salut que dans l'accomplissement du crime que lui imputaient ses ennemis. Antiochus se trouvant alors engagé dans une expédition contre Artabazanc, qui avait soulevé les pays situés entre la Médic et le Pont-Euxin, Achams crut qu'il ne reviendrait pas de cette guerre ; il prit le diadème (219 ans avant J.-C.), et se mit en marche pour s'emparer de la Syrie. S'étant aperçu que les troupes murmuraient et ne voulaient pas combattre contre leur légitime souverain , il les ramena dans l'Asie en deçà du Taurus, où il se lit reconnaître roi , et fit frapper de la monnaie en son nom; mais Antiochus ayant fait une trêve d'un an avec Ptoléntée Philopator, après la bataille de Raphia, revint avec toutes ses forces attaquer AcIltus et le força à se renfermer dans Sardes, où il soutint un siège d'un an. La ville fut prise enfin, et Acbsus se relira dans la citadelle. S'y trouvant étroitement

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resserré, il voulut s'évader. Deux traître*, sou* prétexte île favoriser son évasion , le livrèrent à Antiochus, qui lui fit traneher la tète après l'avoir fait mutiler. Son usurpation n'avait duré que quatre ans. G— t.

ACHAlEou ACHAITJS, roi dÉcossc, fils d'Etwin ou Eltin, fut élevé en 788 sur le troue, par le choix des peuples séduits par ses vertus. Son premier soin fut de rétablir l'union dans la noblesse. Il repoussa les Irlandais et les Anglais qui venaient souvent faire des irruptions en Ecosse, et régna 51 ans avec beaucoup de prudence et de bonheur. Il contracta une alliance avec Cliarlemagnc , auquel il envoya A in un. llokan, Jean Scot, etc. Ce fut, dit-on, pour éterniser la mémoire de cet événement, qu'il ajouta aux armes d'Ecosse un double cliamp semé de fleurs de lis. Achaïus mourut en 819, et il eut |K>ur successeur ( muai 111 T — D.

ACH Mil), surnommé de Saint-Yictoh, né au comté de Domfront vers le commencement du 12* siècle, fut d'abord chanoine régulier de St-Augustin, ensuite deuxième abbé de St-Viclor-lez-Paris, après Gilduin, qu'il remplaça en 1155. Choisi, en 1161, par Henri II, roi d'Angleterre, \tour omq>cr le siège episcopal d'Avranches, vacant par la mort d'Herbert, il mérita, |tar ses vertus et ses talents, la bienveillance et l'estime du monarque anglais. Il fut p»rrain d'Aliénor, lille de ce prince, depuis épouse d'Alphonse IX, roi de (__stille. Achard mourut le 29 mars 1171. Son corps fut inhumé dans l'église de la Trinité, de l'ablaye de la Luzerne, au diocèse d'Avranches , dont il avait été le bienfaiteur. On a de lui : 1 ' de Tentalione Chritli, manuscrit de la bibliothèque de Sl-Victor; 2° de Divisione anima et spiritus, manuscrit de St-Yiclor, dont les bibliothèques de Cambridge et du collège de Iknnet [xjsscdcnt des copies. C'est à tort qu'on lui attribue Yita saneti Geselini, sive Golttlini. dont Arnauld de Raissc a donné une édition, Douai, 1026, iu-12 : cet ouvrage est d'un autre Achard, savant théologien, qui llorissait également dans le 12e siècle, et auquel St. Bernard, dont il fut élève , confia la direction des novices du moiastère de Clairvaux. H -T.

ACHARD ( Antoine), né à Genève en 1696 , reçu au saint ministère en 1722 , dut , en 1724, à sa réputation, l'église du YVerder à Berlin. H eut la protection du prince royal de Prusse; et ayant, en 1730, accompagné à Genève les lils de M. Finkenslcin , il fut admis dans la compagnie des pasteurs. Huit ans après, le roi de Prusse le uomma conseiller du consistoire supérieur, et, en 1740, membre du grand directoire français , avec le titre de conseiller privé. Reçu en 1743 à l'académie de Berlin, il fut ensuite nommé inspecteur du collège français, et directeur de la maison de charité. Il est mort en mai 1772. Acliard avait été en corres|)ondance avec les jésuites Colonia, Tourncmine, Hardouin , Porée , avec leP Lclong, et les Genevois Turrelin , Tronclun et Vernet. Il prècliait souvent devant la famille royale de Prusse, cl il excellait tellement dans la déclamation, qu'un célèbre comédien français qui était à Berlin, et qui y donnait des leçons, conseillait A ses écolier»

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daller aux sermons d' Acliard. Ce ministre avait une constitution très-faible , et pendant vingt ans il ne vécut que de laitage. Les Mémoires de (Académie de Herlin, pour 1745, contiennent le canevas d'un ouvrage considérable, où il aurait prouvé que l'homme était libre, et répondu aux difficultés de Spinosa, de Bayle et de Collins. On a publié ses Sermons sur divers textes de f Ecriture tainle , Berlin , 17T4 , 2 vol. in-8*.— Son fils, François, né à Berlin en 1755, memlwc de plusieurs sociétés savantes, a fourni un grand nombre de dissertations dans le Journal littéraire de Herlin . dans les Mémoires de la Société des Curieux de la nature , dans les Mémoires de l'Académie de Herlin , dans les Nouveaux Mémoires de l'Académie de Bavière , dans les Mémoires de l'Académie de (ioeltingue. On trouve la liste de ces dissertations dans V Histoire littéraire de Genève , par Senebier, t. 3 , p. 209 ; un grand nombre a été recueilli et publié en deux volumes en allemand. A. B — t.

ACHARD (François), né A Genève en 1708, conseiller de justice supérieure à Berlin, membre de l'académie royale de cette ville, y mourut en 1784; il a jniblié des Réflexions sur l'Infini mathématique, où il combat l'opinion de Fontenelle. Cet écrit se trouve dans les Mémoires de l'Académie de Herlin. A. B— t.

ACHARD (C,A-WE-Fram;ois), docteur en médecine, secrétaire de l'académie de Marseille, et bibliothécaire de cette ville, y naquit en 1755, et y mourut en 1809. On a de lui : 1° Dictionnaire de la Provence et du cnmtat Venaissin . Marseille, 1785- 87, 4 vol. in-4". Ixs deux premiers contiennent le vocabulaire français et provençal ; les deux derniers sont consacrés A l'histoire des hommes illustres de la Provence ; Bouche, l'abbé Paul et quelques autres auteurs y ont coopéré. 2° Description historique, géographique et topographique de la Provence et du eomtat Venaissin, Aix, 1787, in-4°; il n'a paru que le I™ vol. 5" Tableau de Marseille, qui devait avoir deux volumes, et dont il n'a paru que le 1". 4" Bulletin des Sociétés savantes de Marseille et des départements du Midi, 1802, in-8». 5° Cours élémentaire de Bibliographie , ou la Science du Bibliothécaire, Marseille, 1807, 5 vol. in-80, compilation assez indigeste, et t res-in correcte ment imprin»ée : A l'exception de quelques paues, c'est un extrait du Manuel typographique de Fournler, du Dictitmnaire de Bibliologie de M. Peignot, etc.; l'immensité des connaissances que l'auteur exige dans un bibliotbécaire dégoûterait «le la science. Achard a aussi publié le Catalogue de la Bibliothèque de Vabbé Bive , 1795, in-8*, et de celle de Marseille. H n'a donné que quatre feuilles du V* vol. d'un Catalogue des Monuments du musée de Marseille. A. B — T.

ACHARD (François-Ch ari.es), chimiste allemand, né A Berlin, le 28 avril 1755 , mort le 20 avril 1821, et directeur, depuis 1782, de la classe de physique de l'académie des sciences de Berlin, se livra de bonne heure A l'étude de la physique, et de la chimie. 11 s'était déjà fait connaître par un assez grand nombre de travaux, sinon bien remarquables, du moins attestant un louable zèle pour les progrès

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de «s deux branches intéressantes du savoir humain, lorsqo'en 1800, il conçut l'idée d'appliquer en grand la découverte que Maregraf avait faite autrefois sur la possibilité d'extraire un sucre cristallisablc du suc concentré de plusieurs racines , et notamment de la betterave. 11 reprit les exj>éricnccs de son prédécesseur, et bientôt apprit au monde savant qu'il avait trouvé des procédés à l'aide «lesquels on pouvait parvenir à tirer, d'un poids donné de racines , une quantité de sucre assez considérable pour mériter de fixer l'attention des spéculateurs et la sollicitude des gouvernements euro|>éens. Toutes les gazettes retentirent de cette annonce ; mais un rapport peu favorable de l'Institut de France vint bientôt refroidir l'enthousiasme , en établissant, d'après un certain nombre d'expériences, que l'extraction du sucre de betterave n'offrirait aucun avantage réel. Cependant Acltard ne se découragea point, et, fort de l'appui du gouvernement prussien , qui le secourut puissamment, il établit une falnrique A Kuncrn, village de la Silésie , prés de Breslau , où une propriété rurale lui avait été concédée dans cette vue. Ses produits ne purent d'abord soutenir la concurrence avec ceux des colonies; mais la proclamation du système continental ne tarda pas à lui assurer des avantages dont il sut profiter avec habileté, et cette fois, du moins, la prohibition , généralement si funeste au commence , tourna au profit de la prospérité nationale. Les bénéfices qu'Acbard en retirait fixèrent de nouveau l'attention , et la fabrication du sucre de betterave acquit dés lors un grand développement , surmonta tous les obstacles , et triompha même des préjugés populaires, après qu'on eut été longtemps obligé de recourir au mensonge jxuir les ménager, lu moment on put croire mie le rétablissement de la paix générale lui porterait un coup funeste, puisqu'il mina la plupart des manufacturiers alorsétablis ; mais des améliorations successivement apportées aux procédés d'extraction, et la construction de machines ingénieuses, ne tardèrent pas à lui faire prendre un nouvel essor. On comptait , dans quarante-six départements de la France, plus de trots cents fabriques de sucre de betterave, lorsque cette industrie fut tout a coup arrêtée dans ses progrès et sa prospérité |mr les mesures fiscales adoptées a son égard par le gouvernentent et les chambres (1857), qui avaient dû prendre en sérieuse considération la détresse des colonies et les intérêts de la marine marchande, menacés de perdre un fret considérable et nécessaire & son existence. Les ouvrages dWchard, écrits en langue allemande, sont : 1» Mémoirtt de phytique el de chimie. Berlin, 1780, in-8"; 2" Colleelion de mèmoirettur la phytique el la ehimie, Berlin, 1784 , in-8°; 5° Recherche* «tir les propriété! de» alliage» métallique», Berlin, 1788, in-4°; 4° Leçon» de phytique expérimentale , Berlin, 1791-1792, 4 vol. in-8°; 5° Inttruetion à l'usage de» gent de la campagne, tur la manière la plut avantageute de former det prairie» artificielle» , Berlin, 1797, in-8°; 6° Traité complet tur le Sucre européen de betterave , traduit et abrégé de l'allemand, par I). Angar, avec des notes et observations, par Ch . Dcrosnc, Paris, 1 8 1 2, in-8° ; 7° Courte et utile inttruetion tur la moyen» de

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mettre let propriété! rurale» à Cabri det détattret cau- »ét par les orage», Berlin, 1798, in-8* ; 8° Inttruetion tur la manière de préparer le tucre brut, le tirop et teau-de-vie de betterave, Berlin, 1800, in-8° ; 9° Preuve de la pottibitité <f extraire en grand le tucre de betterave, et det avantage t que j'ai retiré t de ma fabrique, Berlin, 1800, in-8"; 10° Comment doit être conduite la fabrication du tucre et de l'eau-de-vie de betterave, pour ne ]ws nuire aux douanes royalet, Berlin, 1800, in-8"; 11' Instruction tur la culture det betteraves dont on peut extraire du sucre, Breslau , 1803, in-8"; 12° de l'Influence de la fabrication du turre de betterave sur l'économie domestique et rurale, Glogau, 1805, in-8". Achard est encore auteur d'une foule de Mémoires insérés dans divers journaux ou recueils allemands , et de quelques articles dans un Dictionnaire de tccbnologic qui se public en Allemagne. J — d — n.

AC11ABDS ( Éléazar-Fra.nçois de la Baume des), né a Avignon, le 29 janvier 1679, d'une famille noble, prit l'habit ecclésiastique d l'âge de seize ans, et entra dans le séminaire de St-Cliarlcs d'Avignon , où il resta jusqu'en 1701. Lorsqu'il eut reçu la prêtrise , il se livra entièrement aux missions des campagnes dans le Comtat , la Provence , le Languedoc et le Dauphiné , et après dix ans de travaux, fut fait prévôt de la cathédrale d'Avignon. Lors de la peste de 1720, qui affligea .Marseille et toute la Provence, des Achards se signala par un zèle qui ne se ralentit pas pendant plus de dix mois que dura ce terrible fléau. Benoit XIII, instruit de ses vertus ci de son mérite , le créa évéque d'Ualicarnassc ; et lorsque le saint -siège, fatigué des plaintes des différents missionnaires de la Cochincliine , résolut d'y mettre fin, Clément XII chargea des Achards de cette mission, |Huir laquelle il partit en 1758. Arrivé à Macao après une traversée de plus de six mois, les jésuites parvinrent à le faire emprisonner. Rendu à la liberté, des Achards alla d'abord à Canton, et arriva à la Cochincliine, en mai 1739. Les missionnaires italiens, jésuites, récollcts, franciscains, étaient en rivalité avec les missionnaires français ; et vainement le visiteur apostolique leur proposa la paix. « La paix ! s'é- « cria le P. Martiali , la |wix ! Je ferais la |»aix avec le n diable plutôt qu'avec les Français ! » Après deux ans de résidence inutile dans ce pays , des Achards y mourut le 2 avril 1741. L'abbé Fabrc, d'abord secrétaire de des Achards , protonotairc apostolique , et provisitcur dans la même mission , en a donné une relation intéressante , mais dilTuse , sous le titre de : Lettres édifiantes el curieuses sur la visite apostolique de M. de la llaume, évéque d'Halicarnaste, à la Cochinchine. Venise, 1746, in-4° ; 1733, 3 vol. in- 12. On trouve à la suite : 1° une traduction de l'Oraison funèbre de M. d'IIalicarnasse, prononcée en langue du pays par un prêtre chinois, à Hué, capitale de la Cochh»€hine; 2° une Lettre du R. P. Xorbcrt, capucin, à l'auteur des Lettret , etc. A. B — t.

ACHARIUS [ERIC), botaniste et médecin suédois, naquit à Gcfle, le 18 octobre 1757. Son père, qui était contrôleur des douanes, lui fit faire ses premières études au collège de celte ville. 11 fréquenta les coure

de l'université d'fipsal, où la médiocrité de sa fortune le mit dans la nécessité d'employer beaucoup de temps à donner des leçons particulières. Malgré cet obstacle, il ne tarda pas à devenir un des élèves les plus distingués de Linné. L'illustre professeur lui témoigna même une affection qui piqua singulièrement son zèle et son émulation . L'académie des sciences de Stockholm, frappée des talents d'Acliarius dans le dessin et l'histoire naturelle, lui confia l'exécution des planches destinées à être gravées (jour les ouvrages académiques. Ce fut au milieu des occupations liées à cet emploi, qu'il se mit en rapport avec Bcrgius, Martin et Wilckc, et que, par la fréquentation de ces savants, il acquit des connaissances fort étendues en physique, en chimie, en minéralogie et en médecine. Ce fut aussi en suivant assidûment les hôpitaux, qu'il parvint à se créer ce tact et cette habileté pratiques qui l'ont fait considérer comme un des meilleurs médecins de la Suède. 11 obtint le grade de docteur à Lund, en 1782, après avoir soutenu avec éclat une thèse intitulée : Animadvertiones physicœ et medicœ de Tœnia. Trois ans après, il fut nommé médecin à Landscrona; et, en 1789, il se rendit à Vadslena, dans l'Ostrogothie, avec le titre de médecin de la province, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Les affections vénériennes exerçaient à cette époque de grands ravages dans la contrée. Acliarius proposa de fonder à Vadstena un hôpital pour le traitement de ces maladies; le gouvernement approuva l'idée de cet utile établissement, et lui en confia la surintendance. L'académie l'admit, en 1796, au nombre de ses membres, et, en 1 801 , il reçut le titre de professeur de botanique. Sans négliger les devoirs de sa profession, il se livra a\ec ardeur à sa passion pour l'histoire naturelle, et étudia surtout les plantes cryptogames, dont on s'était |>eu occupé ; l'application qu'il mit à ces travaux mina peu à peu sa santé , et une attaque d'apoplexie, dont il fut frappé à l'âge de 62 ans, l'enleva le 14 août 1819. — Pendant une trentaine d'années, Acliarius s'est occupé avec une infatigable persévérance de l'étude des lichens, à laquelle il avait voué pour ainsi dire sa vie tout entière. 11 a donné une face nouvelle à cette hranche intéressante de la cryptogamie , et conservé pendant longtemps le litre de premier des lichénographes. La plupart des botanistes ont adopté jusqu'à ces derniers temps la méthode de distribution qu'il avait introduite. Cette classification parut |K>nr la première fois ébauchée dans le Lichenographia suecica Prodromus, IJncoping, 1798, in-8". Acharius l'a ensuite perfectionnée ou modifiée successivement dans son ilelhodus qua omnes delecloi lichenet $ecundum organa carpomorpha, ad gênera, sjiecifs et varietates redegit , Stockliolni, 1805, in-8°; dans sa Lichenographia univerttdis, Goetlingue, 1804, in-4°; et dans sa Synopsis methodica lichenum, Lund, 181 4, in-» . Entre ses mains, le genre lichen de Linné s'est partagé en (parante autres , qu'on a encore beaucoup subdivisés depuis ; el, par la considération minutieuse des différences les plus légères , le nombre des espèces a crû dans la même proportion , puisqu'il s'est élevé jusqu'à prés de huit cents. Tout en rctidant justice à l'exactitude

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qui distingue ses observations, ses descriptions et sa synonymie, il est permis de douter que des travaux dirigés d'après l'esprit qui présida aux siens contribuent en réalité aux progrés de la science. Quoique bien convaincu de la variabilité infime des lichens , qu'avec raison lui-même appelait quelquefois des végétaux protéiformes, il n'a pas craint de fonder des espèces sur des différences la plupart accidentelles, ou produites par des circonstances spéciales de localité et d'exposition. Aussi beaucoup de celles qu'il a établies ne sont-elles que des formes diverses d'une seule et même espèce, que souvent on est obligé d'aller chercher dans des genres différents, où il les a disséminées. En opérant d'une manière si peu philosophique, en sacrifiant ainsi l'étude des types principaux à celle de considérations secoudaircs fort insignifiantes, on parvient aisément, sans avoir rien découvert de neuf et d'intéressant , à faire un monde entier de la inoindre partie de l'histoire naturelle, et à rendre la science stérile el rebutante, loin d'ajouter à son étendue réelle. 11 a fallu, dans ces derniers temps, refaire presque tous les travaux d' Acharius, tâche pénible qu'ont accomplie avec succès Frics, Esclnveilcr, Mcyer, Fee, Wallroth, Zenker, Schultz, Rcichenbach et quelques autres behénographes. On a encore d'Acliarius un grand nombre de Traités que l'académie des sciences de Stockholm a fait insérer dans ses Mémoires, notamment sur un ver nommé Acharius, qui se trouve dans les poissons; sur le Bulbocera, nouveau genre d'insectes; sur de nouvelles espèces de licliens suédois ; sur les cliangements à introduire dans la classification des lichens ; sur les lichens qui croissent en Suéde ; sur le genre de lichens nommé Tkelolrema. Son nom a été donné par Tbunberg à un genre de plantes (Aeharia) qui n'a pu encore être rapporté à aucune famille. On l'a aussi donné à quelques autres plantes, telles que Conferv* Acharii, Urceolaria Acharii, Rhizomorpha Acharii. J— D— N.

ACH AH Y, docteur musulman , chef de la secte des Acharicns, naquit en l'an 260 ou de 270 de l'hégire ( 873-4, ou 883-4 de J.-C. ), et mourut à Bagdad , en 324 (336-7). D'abord partisan de la secte de Chafcy, il l'abandonna pour établir une nouvelle doctrine, dont les points fondamentaux sont la prédestination gratuite et absolue, et la prédestination physique, ce qui pourrait faire nommer ses partisans les thomistes du mahométisme. lis soutiennent aussi que Dieu agit par des lois générales et non particulières et propres au bien de chaque individu; qu'étant un agent général , il est l'auteur de toutes les actions des hommes ; mais qu'ils sont libres, et acquièrent un mérite ou un démérite, selon qu'ils se portent vers les choses qui leur sont commandées ou défendues. Comme la doctrine d'Achary était opposée à celle des Hanbalites el des Motazélites, ses disciples redoutèrent tellement la fureur de ceux-ci , qu'ils l'enterrèrent secrètement , de j»eur qu'Us ne profanassent sa sépulture. J— i».

ACHAZ, roi de Juda, se rendit fameux jar ses impiétés el sa barbarie. 11 était âgé de 25 ans lorsqu'il succéda à son père Joail»an. Au lieu d'imi-

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ter la piété de son père, il suivit les traces des rois d'Israël, et sacrifia aux faux dieux dans les bois sacrés; il offrit même ses enfants à Moloch, à l'exemple des princes idolâtres que le Seigneur avait mis en fuite devant les Israélites. Sous son régne, les rois de Syrie et d'Israf I, les Iduméens et les Philistins , devenus les instruments de la vengeance céleste , ravagèrent la Judée , et emmenèrent en captivité un grand nombre d'habitants qu'Achaz ne sut ni défendre ni préserver. Obligé d'appeler le roi d'Assyrie à son secours, il se rendit tributaire de ce prince ; et pour acheter son alliance et se le rendre favorable, il épuisa ses trésors, dépouilla le temple de Jérusalem, substitua le culte des divinités étrangères à celui du vrai Dieu. Achaz mourut vers l'an 726 avant J.-C, après un règne de 16 ans, et fut privé de la sépulture des rois , à cause de son impiété. Sous le règne de ce mauvais prince , l'Écriture fait mention d'un gnomon ou cadran solaire , qui parait être, chez les Israélites, le plus ancien monument de ce genre. C — t.

ACHfi (le comte n"), vice-amiral des armées navales de France, né en 1716, servit avec distinction, mais sans commander des forces considérables, jusqu'en 1757. A cette époque , il fut chargé de l'escadre que le gouvernement envoya dans les mers de l'Inde. Ses revers dans cette partie du inonde lui ont donné une célébrité malheureuse. Presque tous les combats qu'il soutint eurent des résultats funestes ; il perdit en peu de mois tous les établissements que la France possédait sur les côtes du Malabar et de Corotnandel , et laissa détruire presque entièrement le commerce de la compagnie des Indes, qui, depuis longtemps, rivalisait de richesses et d'ambition avec la compagnie anglaise. Le comte d'Aché n'en fut pas moins élevé, à son retour, aux premiers grades de la marine , et vieillit dans les honneurs militaires, sans relever sa réputation par aucune action d'éclat. Il mourut vers la Gn du 18» siècle. E — o.

ACHÉ (Robert»François, vicomte d'), officier de la marine royale , était de la même famille que l'amiral de ce nom . II émigra au commencement de la révolution, et revint, quelque temps après, se mettre à la tête des bandes de chouans qui désolaient nos départements de l'Ouest. Traduit devant le tribunal spécial de Rouen comme ayant pris part à de nombreux actes de brigandage et aux attaques de diligences, il fut condamné à mort, en 1799. II réussit a se soustraire à ce jugement et se réfugia de nouveau en Angleterre. Mais il n'avait pas renoncé au projet de rallumer la guerre civile ; rentré secrètement en France , il entreprit de soulever la Normandie. Un coup de main exécuté, dit-on, sans son aveu, donna réveil au gouvernement. Deux femmes, ses complices, furent arrêtées et condamnées; de nombreux détachements battirent le pays; d'Aché, vivement poursuivi ,crra quelque temps dans les bois et chercha un asile dans la maison de campagne de madame de Vaubadon, sur l'amitié de laquelle il croyait pouvoir compter. Mais cette femme, après l'avoir accueilli avec toutes les marques d'un généreux empressement, et tout en l'assurant de sa

sympathie et de son dévouement , le vendit à Fouché pour une somme de 60,000 francs. D'Aché fut attiré par elle hors de sa retraite et conduit dans une embuscade de gendarmes gardes-côtes ; il se défendit en désespéré et tomba percé de coups, le 9 septembre 1809. C. W— r.

ACHEN (Jean van ), peintre, né à Cologne, en 1556, d'une famille aisée, témoigna dès sa plus tendre jeunesse du goôt pour la peinture, et, à l'âge de onze ans, fit un portrait qui fut trouvé très-ressemblant. Ses parents le laissèrent se livrer à ses dispositions. Après avoir étudié sous un peintre médiocre, il entra dans l'école de Georges ou Jerrigh, habile peintre de portraits. Six années d'étude mûrirent les talents de van Achcn. A vingt-deux ans, il fit le voyage d'Italie, et fut adressé, a Venise, à un peintre flamand, nommé Gaspard Reims. Cet homme n'eut I as plutôt su que van Achcn était Allemand, que, prévenu contre son talent, il l'envoya chez un italien qui accueillait les artistes nécessiteux, parce qu'il trafiquait de leurs tableaux. Van Achen y fit quelques copies; mais ne pouvant oublier la réception que Reims lui avait faite , il peignit son propre portrait et le lui envoya. Celui-ci en fut si satisfait , qu'il adressa des excuses à van Achen , le logea chez lui, et conserva le portrait toute sa vie. De Venise, van Achcn alla à Rome , où il peignit 4 l'huile, sur une plaque de plomb, une Nativité, pour l'église des jésuites. 11 se peignit ensuite de nouj veau lui-même , ayant près de lui une joueuse de luth , et ce tableau passe pour le meilleur qu'il ait fait. A Florence, il peignit une femme poète apjielèc Laura. Revenu à Venise, il y fit un assez grand nombre de tabieaux, et fut mandé à Munich par l'électeur; il y peignit un tableau d'autel destiné à la chapelle du toiribeau de ce prince : le sujet était la Découverte de ta vraie croix. Cet ouvrage satisfit tellement l'électeur, qu'il se fit (teindre avec sa famille. L'empereur d'Allemagne ayant vu un portrait du célèbre sculpteur Jean de Bologne, peint par van Achen, désira que ce peintre vint à sa cour : après quatre années d'hésitation, van Achen se rendit aux désirs du monarque, et alla le trouver à Prague, où il commença un tableau de Vénus et Adonis ; mais il ne le finit point et revint â Munich. Dans un second voyage à Prague, il orna les palais impériaux de ses ouvrages, et mourut dans cette ville, en 1 621 . D — t.

ACHEN WALL (Gooefroy). célèbre publiciste. qu'on doit regarder comme le créateur de la science dite statistique, naquit à Elbing, ville de Prusse, le 20 octobre 1719. Il fit ses études académiques à Iéna, Halle et Leipsick En 1746 , il alla se fixer à Mar-bourg, où il enseigna l'histoire, le droit de la nature et des gens , et enfin cette nouvelle science dont il commençait à se former ime idée nette et précise , mais où il semble n'avoir voulu comprendre, dans le principe, que la connaissance raisonnée des constitutions des divers États. En 1748, Achenwall se rendit à Goettinguc, où, quelques années après, il devintprofesseur. Jusqu'à sa mort, arrivée le 1er mai 1772, il fil partie de celte célèbre université, à la gloire de laquelle il a beaucoup contribué. Acben-

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♦rail avait fait différents voyages er Suisse, en France, en Hollande et en Angleterre. 11 a publié sur l'histoire des États de l'Europe, sur le droit publie et l'économie politique, plusieurs ouvrages destinés surtout à ceux qui suivaient ses cours. La plupart ont eu de nombreuses éditions que leur auteur retouchait et retravaillait avec un soin extrême. Dans ses cours et ses ouvrages historiques, il s'appliquait princifialemenl à saisir, au milieu des événements successifs qu'offrent les annales des peuples, tout ce qui avait pu contribuer à la formation et au développement de leurs constitutions et de leur existence politique. Son principal mérite est d'avoir soumis a nue forme précise et constante , d'avoir traité sous un |»oint de vue neuf et lumineux, la science qui a pour but île faire connaître systématiquement la nature et la somme des forces vivantes d'un État, d'en découvrir les ressources et les moyens de pro«|>érité au physique et au moral. C'est en 1748, A Goettingue, qu'il en publia le premier plan raisonné ; l'année suivante, il en donna le manuel. Avant lui, cette science n'existait que dans des matériaux é|tars ; divers historiens, voyageurs, observateurs, lui avaient fourni ces matériaux. Parmi eux, on doit surtout distinguer Herinann Conring, deHelmstTdt, et Eberbard Otto, syndic de la ville de Brème, qui avaient même tenté "de rédiger en un corps ces faits épars. Achenwall donna à sa nouvelle science le nom de statistique, mi science de l'Étal (seientiastalistica). C'est mal à propos que quelques personnes ont voulu faire de la statistique une simple division de la géographie : la géographie est la description de la terre, et non de ce qui se passe sur sa surface ; sans quoi l'on pourrait aussi prétendre que l'histoire , la diplomatie, même l'histoire naturelle, la minéralogie, la botauique, etc., ap]Ntrticnnent toutes à la géographie; ce qui nous ramènerait à l'enfance grossière des sociétés,'où les diverses branches de nos connaissances n'étaient pas encore distinguées. Il est évident qu'il peut exister mie géographie pour une contrée, quand même celle contrée n'aurait pas d'habitants ; mais, sans habitants, sans l'action de l'homme et de la société, point de statistique : l'une est une science mathématique et d'arpentage ; l'autre est une science dynamique et d'énumération de forces. Le dernier ouvrage d' Achenwall a pour titre : Ob$ertalion$ sur les finuncei de la France. Son principal disciple et son successeur à l'université dcGoeUingue fut le célèbre Schlo*tzer. V — s.

ACUEHY (m» Jean-Uîc l>*), né à Si-Quentin, en 1600, fit profession dans l'abbaye d'isle de la même ville ; mais, voyant qu'on n'y observait pas fidèlement la règle de St. Benoit, fondateur de l'ordre, il embrassa, le 4 octobre 1633, la réforme deSl-Maur, dans l'abbaye de la Sie-Trinité de Vendôme. Bientôt après, il fut attaqué du calcul, ce qui obligea de le transporter à Paris, où il se fixa a l'abbaye de St-Gcrniain-des-Près , jiartageant son temps , malgré ses infirmités qui ne U quittèrent jamais, entre les exercices de piété et l'élude, dont il contribua beaucoup à faire revivre le goôt dans l'ordre qu'il avait embrassé. 11 se livra surtout à la recherche des mouu-

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ments du moyen âge; il mit en ordre la bibliothèque dont l'abbaye lui avait confié la direction, en fit des catalogues exacts , et l'augmenta de plusieurs bons livres qu'il rassembla avec soin. 11 entretint avec la plupart des autres abbayes de l'ordre de St- Benoit des relations qui lui procurèrent beaucoup de |)iéecs intéressantes , restées jusqu'alors ensevelies, et dont la publication lui acquit une grande réputation. Son premier ouvrage fut l'édition de l'Épltrc attribuée à l'apôtre St. Barnabé. Le P. Hugues Ménard, religieux de la même congrégation, qui en avait découvert le manuscrit dans l'abbaye de Corbie , l'avait déjà commentée, ayant te dessein de la publier ; mais la mort l'en avait empêché. Lue d'Achéry la fit paraître sous ce titre : Epistola catholica S. Barnabw apostoli , gr. cl lat., eum notis Aïe. Iturj. Memtrdi, et elogio ejusdem au et ori s , Paris, 1645, iu-4". En 1048, dom Luc rassembla en un seul volume la Vie et les OEntres du bfenheurenz Imh franc, archevêque de Cantorbéry, Paris, 1648, in-fol. La vie de tanfranc, qui est en tête, est tirée d'un ancien manuscrit de l'abbaye du Bec ; et ses œuvres se composent de ses Commentaire» $ur les ÉpUret de St. Paul, d'après un manuscrit de l'abbaye de St-Melaine de Rennes; d'un Traité du eorp« et du sang de Jésus-Christ , contre Bérenger. Les notes qui accompagnent cette édition, et surtout la vie et les lettres de Lanfranc. sont exactes et savantes. L'ap|iendicc contient la Chronique de f abbaye du Uec, depuis sa fondation, en 1304, jusqu'en 1437 ; la Vie de St. Herluin . fondateur et premier abbé de ce monastère ; celles des quatre abbés qui lui succédèrent , et celle de St. Augustin , non pas l'évêque d'Hipjione, comme TeLssier le donne à penser dans sa Bibliothera bibliothecarum, mais Tapotre de l'Angleterre ; des Traités sur l'Eucharistie , l'un par Hugues, évêque de Langres , et l'autre j>ar Durand, abbé de Troarn, contre l'hérésie de Bérenger. Le Catalogue des ouvrages ascétiques des Pères et des auteurs modernes, que d'Achéry composa puordre de dom Grégoire Tarisse , supérieur général, parut dans la même année, sans nom d'auteur, sous ce titre : Asceticorum, vulgo spirilualium opusctilorum , «jimb inter Patrum opéra reperiuntur, Ituitculus, etc., Paris, 1648. in-4°. Ce Catalogue, qui a été réimprimé et augmenté par les soins de dom Jacques Demi, Pari», 1671, in-4", était particulièrement utile aux j»crsonnes qui embrassaient la vie religieuse; l'auteur indique le mérite de chaque livre, l'utilité qu'on en jieut retirer. On y trouve les titres de plusieurs ouvrages mystiques qu'on recherchait dans l'avant-dernier siècle, mais qui sont aujourd'hui totalement oubliés. En 1051, dom Luc publia lu Vie et les OEuvres de Guibert, abbé de Ro- Keiit-sous-Couei , auxquelles il a ajouté un grand nombre de Vies de saints et d'autres pièces , I*aris, 1051, in-fol. Les notes sont savantes et judicieuses; il y fait l'histoire de plusieurs abbayes, et publie îles diplômes et des chartes encore inconnus. On a attaqué depuis , avec raison , la date de quelques-uns ; mais l'erreur vient de ce que ces actes ont été imprimes d'après des copies, et non d après les origi-

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naux. D'Achéry a aussi rais au jour la Règle des Solitaira , du P. Grimlaïe , qu' il a enrichie de notes Ct d'observations, Paris, 1655, in- 12. ( Yoy. Griuilaïc.) Son ouvrage le plus considérable est le Recueil intitulé : Yeterum aliquol scriplorum, qui in Gallim bibliothecis, maxime benedictinorum , lalueranl . Spicjlegium, etc., 1655-77, 13 vol. in-4°. Quoiqu'il n'ait donné à cet ouvrage que le titre de Spieilcge , c'est-à-dire de glanures, on peut le regarder comme une moisson précieuse et abondante ; il contient un grand nombre de pièces du moyen âge, rares et curieuses, telles que des actes, des canons, des conciles , des chroniques , des histoires particulières, des vies de saints, des lettres, des poésies, des diplômes , des chartes tirés des dépôts de différents monastères. Cltacun des treize volumes cbt accompagné d'une préface destinée à faire connaître les pièces qui y sont contenues , et auxquelles d'Achéry a mis des noies qui prouvent sa vaste érudition et ses profondes connaissances. 11 y a dans le 13' tome mie table chronologique. En 1723, le Spicilége de dora Luc étant devenu rare , L.-Fr.-J. de la Harre en donna une nouvelle édition m fol., 3 vol. Les pièces y sont rangées par ordre de matières, ct chaque matière par ordre chronologique. A la tète du premier \ulume, il y a une table chronologique de tout ce que les trois renferment, une seconde table des pièces, selon l'ordre de l'ancienne édition, et une troisième, dans l'ordre alpha bétiipic. De la Barre s'est aussi attaché à corriger le texte , en faisant usage des variantes que Baluzc ct dom Marténe avaient recueillies, et il a ajouté quelques nouvelles pièces. Cette seconde édition n'empêche |«s de rechercher la première, parce que les corrections de la Narre sont souvent intercalées dans les textes que d'Achéry avait respectés, et que ce nouvel éditeur a aussi beaucoup mutilé les savantes préfaces du premier. On doit encore à Luc d'Achéry une bonne partie du Recueil des Actes des Saints de l'ordre de St-Benoit : Acta Sanclorum ordinis Sarcti Itencdicti in sarulorum classes distributa. et cum eo edidit D. Johannes Mabillon, quiel unirersum opus mlis, indicibus illu»travit , Paris, 1668-1701, 3 vol. in-fol. D'Achéry avait fait une ample collection de ces actes ; mais c'est le P. Mabillnn <pii a eu la principale pari à leur publication , et qui les a enrichis de savantes préfaces, de notes, d'observations et de tables. D'Achéry rivait dans une retraite absolue, ne sortait presque point, et évitait les visites et les conversations inutiles : c'est ainsi qu'il se ménageait le temps nécessité pour se livrer aux immenses travaux dont on vient de parler, et qui lui ont acquis l'estime des papes Alexandre- VII et Clément X, dont il reçut des médailles. Il atteignit, malgré ses continuelles infirmités, l'dge de 76 ans , et mourut dans l'abbaye de St-Germain-des-Prés , le 2!) avril 1685. Il fut enterré au-dessous de la bibliothèque dont il avait eu soin pendant plusieurs années. Cette abltayc conservait les lettres qui lui avaient été adressées par divers savants. On trouve dans le Journal des Savants du 26 novembre 1685 , un court éloge d'Achéry ; celui de Maugcndre , qui a remporte le prix d'élo-

quence au jugement de l'académie d'Amiens, est

plus complet; il a été imprimé dans cette ville, en 1775. A. L. M.

ACHILLAS, tuteur, ministre et général de P tournée Dionysos, fils de Ptoléraée Auletès, s'empara de l'esprit de ce jeune prince , ct , pour gouverner sans partage , il le dérida à chasser sa sœur Cléopitre , qui régnait conjointement avec lui. Lorsque après sa défaite à Pliarsale , Pompée vint chercher un asile en Egypte, ce fut Aclùllas qui, d'accord avec deux autres favoris, Plotin et Tliéodote, conseilla à Ptolémée d'accueillir l'illustre fugitif et de l'assassiner. Une bannie quitta le rivage ; Aclùllas la montait avec quelques satellites ; Pompée se confia à lui et fut massacré au moment de débarquer. L'infame ministre cliargea Tliéodote de porter à César la tète de la victime. Le général romain ayant annoncé la résolution de soutenir les droits de Cléopatrc, Achillas prit les armes contre lui et l'assiégea dans le quartier de Pliaros ; mais il fut mis à mort peu de temps après par ordre d'Arsinoé, sœur de la reine. C. W — h.

ACHILLES (Alexandre), noble prussien, qui vécut à la cour d l ladislas, roi de Pologne, et mourut à Stockholm, en 1675, à l'âge de 91 ans. Le roi de Pologne l'envoya comme ambassadeur en Perse , ct l'électeur de Brandebourg lui coulia une mission du même genre chez les Cosainies. On a de lui un Traité sur les causes des tremblements de terre et de l'agitation de la mer, en allemand. lia laissé en manuscrit : Consilium bellicum contra Turcas ; Philosophia physica , etc. G — t.

ACHILLE -TATIUS ou STATIDS, écrivain grec. L'époque de sa naissance est inconnue ; il était d'Alexandrie, suivant Suidas. Ayant embrassé le christianisme vers la tin de sa vie, il devint évèque vers le commencement du 4' siècle. On a de lui : l°un roman , les Amours de Clilophon et de Leucippc, écrit d'un style de rlvéteur, et où les régies de la décence ne sont pas toujours observées, la 1" édition a été donnée par Couunclin , à Heidclberg, 1601, in-8", sur un manuscrit de la bibliothèque palatine. L'auteur de la Bibliolhcca critica, 2* partie , propose des corrections très-judicieuses , ct fait en latin un joli extrait de ce roman. L'édition de Bodcn , en grec et en latin, Leipsick , 1776, in-W, ct celle de Mitscherlich , qui forme le 1er vol. des Seriptores erolici grœei, Biponti, 1792, in-8°, 4 vol., sont peu estimées. \a meilleure est celle de Jacobs , Leipsick , 1820, in-8". On recherche aussi celle qui a paru à Lcydc, 1610, in-12, en grec ct en latin, avec les notes de Cl. Saumaisc. Ce roman a été traduit en français par Jacques de Rochcmaure, 1550, in-16; par Rcllcforét , 1568, in-8"; par Baudouin, 1635, in-K1; par Du Perron de Castéra, 1734. Monllieaull d'F.gly en a publié, la même année, une traduction libre. Clément de Dijon en a donné aussi une traduction en 1800, in-12. On a inséré celle de Du Perron de Castéra dans la Bibliothèque des romans grecs, 1796-97. Enfin, les Amours de Clilophon ct de Lfueippe ont été reproduits en français sous le titre de Nouvel Anlénor. *• Cn Traité sur la Sphère, pour servir d'introducUon au poème d'Aratus. Ce traité s«

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trouve en grec et en latin dans YUranologium du P. Petau. C— h.

ACHILLINI (Alex andre), né à Bologne, le 29 octobre 1 463, se renditcélébre comme médecin et comme philosophe, et professa la plùlosophie, d'abord à Bologne et ensuite à Padoue, avec un tel éclat, qu'on lui donna le surnom peu mérité de second Amtole. 11 eut pour adversaire, dans cette dernière ville, Pierre Pomponace, et disputa souvent avec lui ; mais, quoiqu'il fût un dialecticien très-subtil , Pomponace obtenait toujours l'avantage en mêlant à ses arguments des plaisanteries qui amusaient les spectateurs.Achillini se faisait tort à lui-même par son extrême simplicité, ses distractions, la singularité et la négligence de ses habillements. Il avait adopté les opinions d'Averroès. La guerre de la ligue de Carabray ayant interrompu les études à Padoue, il retourna a Bologne, et y professa jusqu'à sa mort , qui eut lieu le 2 août 1512. U avait étudié avec soin l'anatomie , et y fit des découvertes, entre autres celle du marteau et de l'enclume , deux osselets de l'organe de l'ouïe. 11 est, avec Mundinus, le premier anatomiste qu'ait fourni l'école de Bologne , et qui ait profité de l'édit de l'empereur Frédéric II , pour disséquer des cadavres humains. Cependant, malgré cette facilité que n'avaient pas eue les anciens, ses ouvrages l'anatomie sont encore inférieurs à ceux de Galien , qui n'avait étudié l'organisation de l'homme que sur des animaux qui s'en rapprochent. Les ouvrages plulosophiqucsd' Achillini ont été imprimés à Venise, en 1508, in-fol., et réimprimés aven des additions considérables, en 1545, 1551 et 1568 , in-fol. 11 cultivait aussi la poésie ; mais , à en juger par quelques-uns de ses vers, que l'on trouve dans le recueil sur la mort du poêle Séraphin dair.\<mila, ce ne fut pas avec un grand succès. Voici la liste de ses princqiaux ouvrages d'anatomie et de médecine : (• Annotationts anatomiea , Bononiœ, 1520, in-4°, Yenetii$. 1521, in-8°;2° de Humant eorpori» Anaiomia, Venetiit, 1 521 , in-4° ; 5° in Mundini Analomiam Annotation*!, traité qui se trouve avec le Fateiculut Medicinm de Jean de Katham , Venise , 1522 , in-fol. ; 4" de Subjeelo mederina , eut» annotationibus PamphUi Montii, Yenelii$, 1568; 5°d> chiromantia Principiisetphytiognomiœ, in-fol., sans indication de lieu ni d'année ; 6° de Vniverm- Mus, Bononiœ, 1501, in-fol. ; V de Subjeelo ehiromanliœ et phytiognomia , Bononim, 1505, in-fol.; Papia, 1515, in-fol. Cet A.

ACHILLIM ( Jean— Philotée ) , frère puiné du précédent, né en 1466, à Bologne, où il mourut en 1538, était très-instruit dans les langues grecque et latine , en théologie , en philosophie , en musique , dans l'étude des antiquités , et dans la jurisprudence ; mais il cultiva de préférence la poésie, et ne se garantit point , dans son style, des vices qui régnaient de son temps. U publia , outre plusieurs autres ouvrages , l'un poème scientifique et moral, écrit en octaves, et intitulé : il Yiridario, Bologne, 1513, in-4°, qui contenait l'éloge de plusieurs littérateurs ses contemporains. 2* Il Fedele, autre poème aussi en octaves : ces deux poèmes sont devenus fort rares , parce qu'ils n'ont pas été réimprimés. 5° Pour répondre aux re— I

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proches qu'on lui adressa sur les locutions bolonaises dont ses vers étaient remplis, Achillini fît des remarques sur la langue italienne (Annotazioni délia lingua volgare, Bologna, 1536, in-8°), qui ne sont qu'une satire du toscan et un éloge du bolonai v 4° On lui doit la publication d'un recueil de poésies sur la mort dcSeraphino daU'Aimib, intitulé : Colletanee grtehe, latine e vulgari , per diverri autori moderni nella morte dell'ardenle Seraphino Aquilano, Bologna', 1504, in-8°. G— é.

ACHILLIM (Claude), poète , philosophe , jurisconsulte et médecin, né à Bologne, en 1574, était petit-fils de Jean-Philotée Achillini. 11 s'attacha plus particulièrement aux lettres et à la jurisprudence , qu'il professa à Bologne , sa patrie , à Ferrarc , à Parme, où il acquit une grande célébrité. Des papes, entre autres Grégoire XV et plusieurs cardinaux , lui firent de brillantes promesses de fortune <pii ne se réalisèrent jamais. Etant enfin revenu à Bologne , il passait une partie de son temps à la campagne , dans un lieu nommé il Sauo, où il mourut le 1" octobre 1640 , âgé de 66 ans. Ce poète , ami , partisan et imitateur du Marino, avait l'enflure et le mauvais goût que l'on reproche aux poètes italiens du 1 7* siècle. On trouve tous ces défauts dans le fameux sonnet à Louis XIII , sur la prise de Suze et la délivrance de Cazal , en 1629. Ce sonnet commence ainsi

Sudate, o foebi, a préparer melalli.

( Suez, ô feux ! préparez les métaux. )

Le célèbre Crudeli le parodia dans un sonnet burlesque , dont le premier vers était :

Sudate, o forni, a preparar pagnotte.

( Suez, ô fours f préparez les gâteaux. )

On a cru faussement que c'est pour ce sonnet qu' Achillini reçut de la cour de France une clvalnc d'or de la valeur de 1000 écus : ce présent lui fut envoyé par Bichelieu , à l'occasion d'une pièce de vers pour la naissance du dauphin. I^es |)oésics d' Achillini parurent à Bologne, en 1632, in-4\ On les réimprima avec des nwrceaux de prose du même auteur, sous le titre de Rime e Prote , Venise, 1650 et 1662, in-12. On a encore de lui , en latin , Deea» Epistolarum adJaeobum Gaufridum, etc., Parme, 1635, in-4°. G — É.

ACHIMAAS , fils et successeur du grand prêtre Sadoe, instruit des mesures qu'Achitophcl proposait daas le conseil d'Absalon , se hâta d'en aller rendre compte à David , qui dut son salut à cet avis. Absalon l'ayant fait poursuivre, il écha|>pa à toutes les recherches en se cacliant dans un puils.-à Bathurim, jusqu'à ce que ceux qui le poursuivaient eussent passé outre. Apres la défaite d'Absalon , Joab lui permit d'en porter la nouvelle à David. Il épousa dans la suite Sémach, une des filles de Salomon, et eut pour successeur, dans la souveraine sacrificaturc, son fils Azonias. C — T.

ACHIMÉLECH succéda à son père Achitob, dans le souverain pontificat des Juifs. David, fuyant Saùl , se réfugia citez Achimélech , à Nobé, où était alors le tabernacle. Le grand prêtre lui donna Iea pains de proposition et la lance de Goliath qu'on

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gardait précieusement; il consulta ensuite le Seigneur pour savoir ce que David avait à faire. Doêg, qui se trouvait alors à Nobé, alla aussitôt rapporter toutes ces circonstances à Saûl qui , dans sa colère , fit passer au fil de l'épée Achimélech , ainsi que tous les prêtres, au nombre de quatre-vingt-cinq, et tous les habitants de Nobé. Cette ville fut rasée par son ordre; Abiatliar, l'un des enfants d' Achimélech, échappa seul à ce massacre. T— d.

ACHIOR, chef des Ammonites qui servaient comme auxiliaires dans l'armée d'Holophcrne, général de Nabucbodonosor, au siège de Béthulie. Interrogé par ce général sur la situation des Juifs, il vanta les mœurs , les lois de ce peuple, et raconta les effets merveilleux de la protection de Dieu dans toutes les circonstances où ils étaient restés fidèles à ses commandements, a S'ils se sont rendus couo pables de quelques prévarications , ajouta Achior, « leur Dieu nous les livrera , et nous ne risquons a rien de les attaquer ; mais, autrement , il prendra a leur défense , et nous serons couverts de confua sion. » A ce discours, les officiers de l'armée voulurent le massacrer ; mais Holopherne se contenta de le faire lier à un arbre sous les murs de Béthulie, pour que les assiégés vinssent le délivrer et l'emmenassent avec eux , se proposant de le faire passer au fil de l'épée, avec tous les habitants de Béthulie, quand il se serait emparé de la ville. Les Juifs se saisirent en effet d' Achior, qui les touclia de compassion en leur racontant son aventure. Ozias, chef du peuple, le reçut dans sa maison. Béthulie ayant été ensuite délivrée par Judith, Achior se fit circoncire, et fut reçu parmi les enfants d'Israël . il y termina ses jours. C — T.

ACIIIS. Voyez David.

ACHITOPHEL, natif de Gilo, fut longtemps l'ami de David, qui regardait ses conseils comme venant de Dieu même ; mais il abandonna ce prince pour passer dans le parti d'Absalon, et le Seigneur confondit tous les conseils qu'il donna à ce fils rebelle. Ce fut Achitophel qui, pour ôter tout espoir de réconciliation entre les deux princes, porta le fils à abuser publiquement des concubines de son père. Ce ministre perfide , furieux de voir que le fidèle ChuzaT avait fait échouer son projet de surprendre David qui n'aurait pu lui écliapper, se retira dans la ville de Gilo, et se pendit de désespoir, l'an 1053 avant J.-C. T— D.

ACH M ET, fils de Seirim, vivait, à ce qu'on croit , l'an 820 de notre ère. Il a écrit en arabe un ouvrage sur l'interprétation des songes, suivant la doctrine des Indiens , des Perses et des Égyptiens. L'original de cet ouvrage est perdu , mais il a été traduit en grec. Nie. Rigault l'a fait imprimer en grec et en latin, à la suite de YOnirocritique d'Artémidore , Paris, in-4°, 1603. C— h.

ACHMET, fils aîné de Bajazct II , avait le gouvernement d'Iconium , dans la Natolic , lorsque le sultan , son père , voulant abdiquer en sa faveur, le nomma son héritier, et l'invita à venir s'asseoir sur le tronc à sa place ; mais c'était Sélim que les vœux secrets des janissaires et des grands appelaient à

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régner : Bajazet, vieux et infirme, ne put faire reconnaître son choix ; il lui fallut combattre le rival d'Achmet , Sélim , son second fils , qui , d'abord vaincu et mis en fuite , ne tarda pas à reparaître triompliant et à venir braver son père jusque dans Constantinople. Un parricide fit descendre Bajazet 11 dans la tombe , et monter Sélim 1" sur le trône. Aclunet , ne doutant pas que le même sort ne lui fût réservé, voulut prévenir son frère, et prit les armes pour défendre sa vie. Sélim , à peine couronné, passa le Bosphore , et marcha contre lui. Aclunet , déterminé à vaincre ou à périr, fut accablé par le nombre ; ses soldats restèrent presque tous sur la place , et lui-même , engagé sous son cheval , fut blessé et amené devant le cruel Sélim, qui le fit étrangler sous ses yeux. Ce malheureux prince fut enterré à Pruse, en Bidiynie, l'an de l'hégire 918 (1512de J.-C.). S— Y.

ACHMET 1", 14« sultan des Ottomans, 3» fils de Mahomet III , monta sur le trône à quinze ans, l'an de l'hégire 1012 (1603 de J.-C.) : c'était la première fois que les rênes de l'empire tombaient en d'aussi jeunes mains. Loin d'imiter la cruauté de son père, Achmet fut humain, en épargnant les jours de son frère Mustapha , qui devint depuis son successeur. Il choisit de bons ministres, et les conserva longtemps. Son premier soin fut de combattre les rebelles d'Asie, dont la révolte le mit aux prises avec le sophi de Perse, Schah-Abbas, qui les avait favorisés. I^es armées d'Achmet furent repoussées ; mais cet échec n'eut aucune suite fâcheuse pour le sultan , et , peu de temps après , il donna aux mécontents de la Hongrie et de la Transylvanie, armés contre l'empereur Rodolphe II , les mêmes secours que les sophis avaient accordés à ses sujets révoltés. Le luthéranisme persécuté était le prétexte , et l'ambition, le motif de ces guerres. Les Ottomans, y intervenant, s'emparèrent, au nom d'Achmet, de la ville de Gran , dont le traité de Comorn , en 1606 , lui laissa la souveraineté. Ainsi, arbitre et protecteur des Hongrois , des Transylvains et des Moldaves , mais plus pacifique que guerrier, il négocia sans humiliation avec les Persans, et, s'il ne put vaincre Schah-Abbas, il força du moins son orgueil i pay.-r tribut pour scs conquêtes. Achmet porta le sceptre avec plus de modération et d'équité que de gloire. Des traités utiles au bonheur de ses peuples n'ajoutèrent pas d'éclat à son nom , mais firent aimer et respecter son caractère. Sa modération, toutefois , ressembla souvent à l'indolence , et son poôt pour les plaisirs ne peut être révoqué en doute. Il passa la plus grande partie de son temps dans son harem et à la citasse. On dit qu'il avait un sérail de 3,000 femmes ; le nombre de ses seuls fauconniers, dans son domaine, était de 40,000. Quelque louable et juste qu'ait été ce prince, les musulmans, qui ne reconnaissent le droit de bâtir une mosquée qu'à leurs souverains guerriers et conquérants , virent avec scandale Achmet l*r élever, dans rAtmfilan, le superbe édifice qui a reçu de lui le nom de Sultan Achmet Igionni , et le mufti ne craignit pas de déclarer que les prières des vrais croyants n'y

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seraient pas agréantes à Dieu. Ce beau monument n'en atteste pas moins la magnificence de son fondateur. Quoique Achtnct fût d'une constitution robuste, il mourut en 1617, âgé seulement de 29 ans, après en avoir régné 14. Il laissa trois fils qui régnèrent l'un après l'autre, et dont les noms suffisent |x>ur rappeler des destinées bien différentes. Ottlnnan , Amurath IV et Ibrahim naquirent d'Achmet et de la fameuse sultane Kiosem. S — T.

ACHMET II, empereur des Turcs, fils du sultan Ibrahim, succéda à son frère, Soliman III, et fut placé sur le trône par le 3e grand vizir du nom de Kiuperli, qui continua de gouverner l'empire. Achmet ne commença à régner qu'à l'âge de quarante-six ans, en 1601 . Le princijial événement de son règne, aussi court que malheureux , fut la bataille de Salankemen , gagnée par les inq>ériaux , sous les ordres du prince Louis de Bade ; le grand vizir Kiuperli y |)érit avec 25,000 Turcs , et les vaiuqueurs s'emparèrenl de toute l'artillerie et de la caisse militaire. Ce désastre fut suivi de troubles dans l'intérieur du sérail , de la famine , de la |M»te , de plusieurs incendies à Conslantinople , et d'un violent tremblement de terre à Smyrne. De mauvais vizirs se succédèrent , et augmentèrent le désordre dans l'État ; mais, aux yeux des musulmans, la catastrophe la plus désastreuse fut le pillage de la caravane de la Mecque par les Arabes, dont les hordes, redoutant peu un gouvernement aussi faible, obligèrent Achmet à leur payer tribut. Dans le même tenqs, les impériaux reprenaient Lipjia et YVaradin, en Hongrie ; les Vénitiens battaient les Ottomans en Dalmalic, s'emparaient de l'île de Chio, et menaçaient la ville de Smyrne. Frappé de tant d'humiliations et de revers, Achmet II tomba malade de citagrin , et mourut le 27 janvier 1095 (l'an de l'hégire 1100), après un règne de 4 ans, laissant le tronc à son neveu, Mustapha II. Sorti du sérail pour s'asseoir sur le trône, ce prince était crédule et faible ; et , quoique doué d'un esprit juste et humain , il ne rendit pas toujours justice , pane qu'il fut accessible à la calomnie. Il cultiva la musique et la poésie, compagnes ordinaires des affections douces. Le trait suivant donne une idée de son caractère : son frère, Mahomet IV, avait été déposé : « J'ai été, lui disait a Achmet, prisonnier quarante ans, pendant que vous a étiez sur le trône, et je faisais alors ce que vous sou- « haitiez. Mon tour est venu à présent, et vous au- « rez peut-être encore le vôtre. » Puis il jouait de quelque instrument , et lui disait ensuite : « Mon a frère , vous m'avez laissé vivre, j'en ferai de même « à votre égard , ne vous affligez |K>int. » S — y.

ACHMET III, fils de Mahomet IV, monta sur le trône des Ottomans, en 1703, après la déposition de Mustaplia II , son frère. C'était aux janissaires révolté» qu'il devait son élévation. Quoiqu'il eût fait tomber le» tètes des plus coupables, après avoir recueilli le fruit de leurs crimes, il ne régna pas sans inquiétude ; il changea sans cesse de vizirs , et ne t'occupa qu'à grossir ses trésors , |>ersuadé que l'argent est te premier ressort de lapuissance. Ces trésors lui servirent néanmoins à de nobles entreprises.

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Charles XII , roi de Suéde, s'étant réfugié sur le territoire ottoman, après sa défaite àPultawa, Achmet l'accueillit en prince magnanime. Le monarque suédois remplissait Conslantinople et le sérail de sa renommée et de ses intrigues : il parvint à rallumer la guerre entre les Turcs et la Russie. Mais Achmet III n'était pas un rival digne de l*ierre le Grand, et le vizir Battagi-Mchemed , qui commandait ses armées , n'avait aucune idée de la guerre. Sur les bords du Pruth, en 17l1, il eut plusieurs jours entre ses mains les destinées du czar et celles de la Russie. Pierre le Grand , réduit à la dernière extrémité , gagna le Rrand vizir â force de présents , obtint la paix , et la liberté de se retirer avec son armée ; mais il rendit la ville d'Azof à Achmet. La Moréc fut reconquise sur les Vénitiens dans une seule camiNigne. Moins heureux contre les impériaux , commandés par le prince Eugène de Savoie, le plus habile des généraux qu'ait jamais employés la maison d'Autriche, Achmet fut forcé, par la perte de la bataille de Petenvaradin, la prise de Belgrade et celle de Témcswar, de souscrire au traité de Passarowitz. En 1718, le sultan jierdit Témcswar, 0*- • sova , Rolgrade, la Servie, et une partie de la Valachie ; mais les Vénitiens restèrent dé|H>ui!lés de la Morée. Des succès contre la Perse promettaient de balancer ces revers, lorsqu'en 1730 une révolte précipita Achmet du trône sur lequel une révolte l'avait élevé. Le fameux l'atrona, calife, fut le chef de cette révolution. Forcé de descendre du trône , Achmet alla lui-même chercher son neveu , Mahmoud I", le conduisit à l'Ha/ada, et le saluant comme empereur : * Profitez de mon exemple , lui « dit-il ; si j'avais toujours suivi mon ancienne po- « litique, de ne pas laisser longtemps mes vizirs en a place, peut-être aurais-je terminé mon régne aussi « glorieusement que je l'ai commencé. Adieu, je « souhaite que le vôtre soit plus heureux ; je vous « recommande mes lils et ma propre |>ersonnc. » A ces mots, Achmet 111, vainqueur des Russes et des Vénitiens, alla s'enfermer dans la même prison d'où il venait de tirer son neveu , et où il finit ses jours dans l'obscurité , sans qu'on eût cherché à en avancer le terme. Achmet III , le 3* sultan que les Ottomans aient déjwsé en moins d'un demi-siècle , n'avait ]>as toujours suivi les maximes politiques de son empire et de sa maison. Il est le premier des monarques ottomans qui ait osé altérer les monnaies, et mettre de nouveaux bnpta sur les |»cuples; mais, par une fatalité dont les exemples ne sont |kis rares dans les annales des Turcs, ses fautes n'eurent aucune influence sur la catastrophe qui termina son règne, et , comme plusieurs de ses prédécesseurs, il perdit le sceptre par ses qualités plutôt que par ses défauts. Ce prince avait de l'esprit, de la fmesse, et s'appliquait aux affaires publiques. Cependant ces fêtes brillantes dont Conslantinople conserva longtemps le souvenir, ces concerts de serins et de rossignols en cage qu'il se plaisait à écouter, entouré de toute sa cour, prouvent qu'il oubliait souvent le* devoirs du trône. L'orage qui se forma contre lui , et que sa seule négligence l'empêcha de voir et de

dissiper, prouve qu'il ne pensait pas même à ee que lui prescrivait sa sûreté. 11 ai nia avec passion les plaisirs et l'argent ; il n'en fut («s moins ami des sciences ; et , sous ses auspices, une imprimerie mt établie pour la première fois à Constantinoplc , en 17-27. Des mœurs douces et un caractère humain rendaient Achmet 111 digne d'un meilleur sort; il mourut d'une attaque d'apoplexie, à l'âge de 74 aas, le 23 juin 1736, cinq ans et huit mois après sa déposition. E — D.

ACHMET, dey d'Alger, monta sur le trône le 30 août 18415, à la suite d'une révolution dans laquelle son prédécesseur Mustapha fut massacré. Aussi avare que féroce, il permit à sa milice le pillage des juifs, lit périr par les supplices un grand nombre de personnes, et, en moins de trois ans, combla la mesure de tous les crimes. Sa mince s'étanl soulevée pour lui nommer un successeur, le 7 novembre (808, Achmet voulut négocier , offrit le pillage des Maures , demanda enlin qu'on le laissât partir pour le Levant : tout lui fut refusé. Ses soldats forcèrent son palais , le tuèrent d'un coup de fusil , portèrent sa tète en triomphe dans la ville , et traînèrent sou corps mutilé hors des portes. B — p.

ACIIM ET-BACITA servit sous Soliman ltr au siège de Rhodes, en 1522. D'abord il conduisait une divisiou de la formidable armée des Turcs , commandée par le favori du sultan, Mustapha, jeimc homme sans expérience. Quand Soliman , furieux des pertes que ses troupes avaient laites dans divers assauts, eut destitué Mustapha, Achmet reçut le commandement , et pressa les attaques avec vigueur. Après la plus héroïque résistance, le grand maître Villiers de nie—Adam fut obligé de capituler, et fit présenter à Achmet, par des députés, le traité fait entre le grand maître d'Aubusson et Bajazct, par lequel ce sultan donnait sa malédiction à celui de ses successeurs qui en violerait les conditions. Quand le fougueux Achmet eut jeté les yeux sur ce papier, il le mit en pièces, le foula aux pieds, et chassa les députés. Sacltant toutefois avec quelle ardeur Soliman désirait que la capitulation fut conclue, il traita de nouveau , et accorda même aux chevaliers des conditions assez douces. Il agit ensuite avec assez de loyauté , et réprima le pillage. lorsque l'ilc fut conquise, Achmet, qui avait tant contribué à la soumettre au pouvoir dé Soliman , leva l'étendard de la rébellion contre son prince, et il offrit aux chevaliers de leur rendre la possession de Rhodes; mais il ne put réussir dans ce projet, ayant été tué, peu de temps après, par le hacha Ibrahim, qui envoya sa tête à Constant inoi île. D — T.

ACHM ET-GIEDICK, grand vizir de Mahomet II, surnommé Giédik , c'est-à-dire le brèche -dent, prit Caffa aux Génois, soumit la Crimée, et fit une descente en Italie, à la tête d'une armée nombreuse. Il ravagea la Pouille , et ne poussa pas plus loin ses succès, parce «nie Mahomet, son maître, le rappela pour l'opposer, sur les frontières de la Perse, à Lssum-Cassan , qui menaçait les provinces asiatiques. Achmet-Giédik resta grand vizir du successeur de Mahomet il, 11 rut un des plus grands guerriers dont

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.es annales ottomanes aiept consacré le souvenir; mais il offre, de plus , un des plus beaux caractères qui puissent lionorer une nation. Mahomet 11 faisait la guerre eu Asie , il avait emmené avec lui Bajazet, son fils, encore très-jeune. Au moment de livrer une bataille , le sultan envoya le graud vizir examiner comment le sbézada avait disposé le corps qu'il commandait. Le sévère Acbmct ayant adressé des reproproebes assez vils à l'Iiériticr du trône, devant toute l'année, Bajazct, offensé, le menaça de le punir quand il serait devenu son maître : « Que me « feras-tu? reprit le vieux guerrier. Je jure, par « l anie de mon père , de ne jamais ceindre le ci- « mctciTe pour ton service. » Bajazet, monté sur le trône , passa en revue l'armée ottomane. Le grand vizir Achmet parut à la tète des s|iahis ; mais son cimeterre était attaché au pommeau de sa selle : « Là, « là , mon père , lui dit le nouveau sultan , en s'ap- « procbanl de lui , tu le souviens des fautes de ma « jeunesse? Heprends ton cimeterre, et frappe mes « ennemis avec ta valeur accoutumée. » Achmet ne put résister à tant de grandeur d'âme ; il pardonna, et continua de vaincre pour Bajazet , comme il avait fait pour Mahomet II. Plus sensible à l'honneur ottoman que son maître lui-même , il osa blâmer hautement le traité honteux ]>ar lequel Bajazet II s'était soumis, en 1482, à traiter avec les chevaliers de Rhodes. Offensé de sa hardiesse, et prévenu contre lui par les nombreux enuemisde sa faveur et de ses vertus , le sultan fit jeler Aclunel-Giédik au fond d'une prison. A celte nouvelle, tous les janissaires coururent au sérail , jurant que la lêtc même de Bajazet répondrait de celle de leur vieux général, l'idole du peuple et de l'armée. Le sultan, effrayé, se vit forcé de relâcher sa victime. Achmet excusa sou maître , apaisa la multitude, et rendit au sultan une sécurité qu'il n'espérait pas pour lui-même. En effet, i Bajazct pardonna le crime , parce que les coupables étaient en trop graud nombre; mais il ne pardonna pas le bienfait. Le graud vizir, rentré en apparence dans toute la faveur de son injuste maître, fut attiré par lui hors de la ca^talc, et l'ayant suivi à Andrinople, le vertueux et brave Achmet-G iédik fut étranglé en secret par l'ordre de Bajazct II, vers l'an 1 482. S — Y .

AC1 1 M ET-P AC H A fut choisi pour grand vizir par Soliman I", à l'époque de la fin tragique du prince Mustapha , mis à mort au milieu du camp , dans la propre tente de son père. L'indignation de l'armée venait d'obliger Soliman à déposer Rustan , accusé par la voix publique ; Achmet-Paclia avait la faveur des Ottomans, et la méritait par sa bravoure, par sa justice et sa fermeté ; mais il était liai de Roxclanc. Tous ces titres à l'estime ne forent que des crimes aux yeux de cette sultane , dont l'ambition ne voulait que des complices ou des esclaves soumis. C'était par ses artifices que Mustaplia avait péri ; et , pour frayer le chemin du trône à Bajazet, prince né d'elle et de Soliman , elle faisait verser à ce père aveuglé le sang de ses propres fils. Bajazet , le seul de tous qui fût coupable , suscita un imposteur qui prit les armes sous le nom de Mustapha, Le grand vizir Acluuet eut ordre de marcher

contre lui ; il le combattit , et le fit prisonnier. En vain Roxelane lui envoya secrètement la défense de faire subir la torture au faux Mustapha; Achmct, qui ne connaissait qu'un maitre , livra l'imposteur aux tourments, et arraclia l'aveu de l'odieuse trame, qui devint publique. L'adroite sultane parvint néanmoins à sauver son fils et à perdre le fidèle vizir. Elle le fit accuser de concussion , crime vague et toujours vraisemblable aux yeux d'un sultan. Achmct entrait dans le divan, lorsqu'un cliiaoux vint lui présenter l'ordre du sultan qui demandait sa tête. « Je mourrai, » répondit-il, en regardant fièrement le sinistre messager; et comme celui-ci s'approchait pour exécuter l'ordre de Bajazct : « Retire-toi , « lui dit Achmct, tes mains viles ne sont pas dignes « de toucher à un grand vizir. » Il porta en même temps les yeux sur l'assemblée, et voulut que la main d'un ami jetât à son cou et serrât seule le cordon dont il fut étranglé sans proférer un murmure, l'an de l'hégire 951 ( 1554 de J.-C. ). S — T.

ACIDALIUS (Valens), né en 1567, à Wistoch, dans la Marche de Brandebourg , était encore enfant quand il perdit son père. Il fit ses études à Rostoch ; et dès l'âge de dix-sept ans, il composait des poésies latines. Il accompagna, en 1589, Jean Casel à Hclmstadt pour y continuer ses études, et il y publia quelques-unes de ses poésies qui ont été réimprimées après sa mort, à Liegnitz, en 1603, avec celles de Janus Lernutius et de Janus Guillelmus. On les trouve encore dans le premier tome des De— liciœ Poetarttm germanorum. Plusieurs pièces d'Acidalius ont été insérées dans le deuxième volume de YÂmphitheatrvm Sapienliœ socraticœ joeoseria , de Caspar Dornavius, Hanau, 1619. De Helmstadt, Acidalius se rendit en Italie, où il obtint l'estime et l'amitié des savants les plus distingués. Les letnrs avaient fait jusqu'alors sa principale occupation ; il étudia la médecine , et se lit recevoir docteur, sans abandonner pourtant ses premiers travaux, pour cet art qu'il ne pratirnia même jamais. Avant d'arriver en Italie, il avait commencé à commenter Vcllcius Patcrculus. Son édition de cet auteur parut à Padoue, en 1590, in-12. Il avait adopté le texte de l'édition de Srheîikius ; mais il y inséra les corrections déjà indiquées par divers savants qui lui parurent indubitables , et il indiqua en marge celles qui lui semblaient moins certaines ; il rejeta les leçons qu'il trouva vicieuses ; il plaça dans ses notes ses propres leçons. Son travail a trouvé des détracteurs : Boeder, J. Mercier et Burmann surtout ont accusé Acidalius de trop de hardiesse. On a prétendu qu'il avait condamné lui-même cette production précoce : cependant il faut que ses contemporains lui aient rendu plus de justice, car on a réimprimé ses observations dans l'édition du même auteur qui parut à Lyon , en 1593, in-8°, et on les a encore ajoutées, après sa mort, à l'édition de Tacite qui fut imprimée à Paris, en 1008, in -fol. Acidalius a eu principalement pour antagonistes ceux qui ne veulent rien laisser à l'imagination , et qui n'approuvent que les leçons qui sont appuyées de l'autorité de quelque manuscrit ; mais les plus

liabiles critiques reconnaissent le mérite de son travail, et conviennent qu'il s'est principalement occupé de la latinité ; que ses remarques, toutes critiques , portent sur les passages les plus difficiles et les plus corrompus. Après trois ans de séjour en Italie , il revint en Allemagne et s'arrêta d'abord à Breslau , ensuite à Neiss, où il embrassa la religion catlioUque. Il demeura chez J.-M. Wacker, alors chancelier de l'évêquc et grand ami des sciences, et commença ses travaux critiques, en commentant Quintc-Curce, Plaute, les douze Panégyriques anciens , Tacite et quelques autres auteurs. Il publia lui-même , à Francfort , en 1594 , in-8°, ses Anitnadvrrsiones in Q. Curtium. On a porté sur ce travail le même jugement que sur les interprétations de Patcrculus. Cependant ces commentaires se trouvent aussi dans l'édition de Ouinle-Curce donnée à Francfort, en 1597, et dans celle qui a été publiée par Henri Snakenburg, à Leyde, en 1724, in-4". La mort, qui vint le surprendre, le 25 mai 1595, à l'âge de 28 ans, l'empêcha de donner au public ses autres ouvrages. Ses observations sur Plaute étaient alors sous presse : elles parurent l'année suivante, in-8°, Francfort, 1595 et 1607; elles se trouvent aussi dans la Lampas erilica , de Janus Gruter, in -fol. .Ces observations montrent le savoir et la sagacité de l'auteur : Rarthius en faisait grand cas. Juste-Lipsc a déclaré, dans une lettre à Jacques Monavius, que si Acidalius eût vécu plus longtemps, il aurait été une des perles de l'Allemagne . Ce fut aussi en 1607 qu'on imprima les Remarques d' Acidalius sur les Panégyriques anciens et celles sur Tacite : les premières parurent avec l'édition de ces Panégyriques donnée par Janus Gruter, à Francfort, en 1607, in-12; elles sont discutées et comparées avec les remarques d'autres savants, dans la belle édition des Panegyrici veleres , Utrecht, 1790, in-4°; les secondes furent publiées par Chrétien Acidalius, frère de Valens, Hanau, 160", in-8°. Ces dernières se trouvent aussi dans l'édition de Tacite, imprimée à Paris, 1608, in-fol. ; et dans celle de Jean-Frédéric Gronovius, Amsterdam, en 1655, in-4°, et 1673, 2 vol. in-£°. Le cas que Juste Lipse et Gronovius ont fait de ses observations , puisqu'ils les ont ajoutées à leurs éditions, suffit pour attester leur mérite. Enfin , on a de Valens Acidalius des notes sur Ausone insérées dans l'édition que Jacques Tollius a donnée de cet auteur, Amsterdam , 1671, in-8°, et des notes sur le dialogue de Oratoribus de Quintilicn, qui ont été ajoutées I l'édition de Tacite, par Gronovius, Utrecht, 1721, in-4°, t. 1, p. 507. On voit, par ses lettres, qu'il avait aussi écrit des remarques sur Apulée et sur Aulu-Gclle ; mais elles n'ont pas été imprimées. Chrétien Acidalius, qui a publié les notes de son frère sur Tacite, a aussi fait imprimer à Hanau, en 1606, in-8°, un recueil de ses lettres, intitulé : Epislolarum centuria una , eut aceesserunt Epistola apologeliea ad clariss. virum Jac. Monavium, et Oralio de vera carminis tlegiaci nulura et constilutione . Chrétien , dans sa •préface, cherche à défendre son frère contre les bruits calomnieux que les ennemis qu'il s'était attirés par sa

conversion à l'Eglise romaine avaient fait courir sur l'événement de sa mort. Les uns débitaient que , pendant qu'il accompagnait le saint sacrement dans une procession , il était tombé en frénésie, et qu'on l'avait porté chez loi, où il avait expiré subitement ; d'autres prétendaient qu'il s'était tué lui-même. Chrétien réfute ces impostures , et prouve que la maladie de son frère fut une fièvre inflammatoire causée par ses veilles et par l'application avec laquelle il avait continuellement travaillé à ses notes sur Plaute. Peu de temps avant sa mort, il avait essuyé une violente secousse à l'occasion d'une dissertation qui parut en 1593, et qu'on lui attribuait; elle était intitulée : Mulieres non esse homines, les femmes ne sont pas des hommes , c'est-à-dire , des (1res pensants et raisonnables. ( Voy. Geddicus.) Sa lettre apologétique , adressée à Jacques Monavius , qui termine le recueil que nous venons de citer, lait connaître comment cet écrit lui a été imputé. Le libraire qui avait imprimé ses observations sur Quinte- Curce se plaignait souvent d'avoir perdu ses avances; Acidalius cherchait à l'en dédommager, lorsque celte dissertation, qu'il dit avoir été composée en Pologne où elle circulait depuis longtemps, tomba entre ses mains. Il la trouva fort plaisante, la copia et la donna à ce libraire, qui se hâta de l'imprimer, quoiqu'il lui eût recommandé de bien examiner si quelques plaisanteries un peu libres ne pourraient pas le compromettre. Cette publication excita des plaintes : le libraire fut cité en justice ; il avoua d'où la copie lui était venue : on se déchaîna contre Acidalius, qui s'étonne qu'on puisse tant s'alarmer pour des jeux d'esprit, et prie, par sa lettre apologétique, son ami Monavius d'intercéder pour le libraire auprès des magistrats et des professeurs de Lcipsick, et de veiller à ce qu'on ne fasse rien qui puisse flétrir sa propre réputation. Geisler Ta aussi justifié de cette accusation. Cet écrit , composé contre les théologiens sociniens, pour prouver qu'à leur exemple on peut abuser des passages de F Écriture , a été traduit en français par Querlon, sous le titre de : Problème sur les femmes, Amsterdam, 1744, in-12, et depuis par Charles Clapiès, sous le titre de Paradoxes sur Us femmes, où l'on tâche de prouver qu'elles ne sont pas de l'espèce humaine. Leusclier publia en 1757, à Leipsick , une notice sur Acidalius , danslaquelle il cherche à prouver que cet habile critique n'est pas l'auteur de cet ouvrage. A. L. M.

AC1LIUS GLABRIO ( Manius) , le plus célèbre Ko main de la famille Acilia, qui, quoique plébéienne, parvint aux premiers honneurs de la république. L. Acilius Glabrio, aïeul de Manius, avait été trois fois tribun du peuple. Manius commença par exercer différentes charges , et , avec une seule légion, étouffa en Étrurie une révolte d'esclaves. L'an de Rome 563 ( 191 ans av. J.-C. ) , il fut consul avec P. Corn. Scipion Nasica. Le sort le désigna pour commander en Grèce et combaUrc Antiochus, roi de Syrie. Il traversa aussitôt la mer Ionienne avec 20,000 lion unes d'infanterie, 2,000 chevaux et quinze éléphants. Ayant joint ses troupes à celles de Philippe, roi de Macédoine, alors allié des Romains, il subju-

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gua toute la Thessalie, passa le Sperchius, et ravagea la Phtiotide. Antiochus, qui s'était emparé du fameux défilé des Thermopyles , fit garder les sommets du mont GEta par 2,000 Étoliens. Acilius, sentant la difliculté de les chasser de ce poste, s'adressa à Caton, son lieutenant, qui lui promit de l'enlever, et y parvint après des efforts prodigieux. Cette action éclatante décida du sort de la journée : les Syriens, qui avaient jusque-là résisté courageusement, mais qui d'ailleurs étaient inférieurs en nombre , prirent la fuite et furent taillés en pièces. Alors les Béotiens, qui s'étaient déclarés pour Antiochus, parurent devant le consul dans une attitude suppliante. Acilius les traita humainement : la seule ville de Coronée, qui avait élevé une statue à Antiochus , fut victime de la fureur et de la cupidité des légions. Après avoir traversé en vainqueur la Béotie, Acilius s'empara de Clialcis et de toute l'Eubée; puis, reprenant sa marche vers les Thermopyles, il assiégea Héraclée, et, malgré une vigoureuse résistance, s'en empara, tant par stratagème que par force. La prise de Lamia suivit celle d'Héraclée. Les Etoliens envoyèrent à Acilius une députation pour obtenir des conditions>supportables. Jamais la lierté'des Romains ne- parut plus à découvert que dans la manière dont Acilius reçut ces envoyés. Il leur ordonna de livrer leurs chefs et les rois leurs alliés, et ne répondit aux observations respectueuses qu'ils lui adressèrent, qu'en faisant apporter des chaînes dont il menaça de les faire charger. Les Étoliens indignés se déterminèrent à continuer la guerre, et rassemblèrent toutes leurs forces aux environs de Naupactc. Acilius marcha sur cette ville, après avoir offert, sur le mont OEta, un sacrifice à Hercule. II passa le dangereux mont Corax, où, par l'impéritie de ses ennemis, il n'eut d'autres obstacles à surmonter que ceux que lui opposa la nature des lieux. La vigoureuse résistance des Étoliens arrêta pendant presque tout l'été l'armée consulaire devant Naupactc , tandis que Philippe recouvrait une partie des États qui lui avaient été enlevés. Flaminius, qui avait vaincu ce roi, et qui résidait à Clialcis pour veiller aux intérêts de la république, fit sentir au consul que le roi de Macédoine était bien plus à craindre pour Rome que les Étoliens, et l'engagea à lever le siège de Naupactc. Acilius se rendit à la sagesse de ce conseil ! il accorda une trêve aux Étoliens, et ramena son armée dans la Phocide. Les députés de l'Étolic ne purent obtenir la paix du sénat, et Acilius se préparait à attaquer de nouveau Naupactc, lorsque Lamia secoua le joug. Acilius marcha contre cette place, et la prit de nouveau. Son consulat étant sur le point d'expirer, il hésita s'il remettrait le siège devant Naupactc ; mais les Étoliens l'avaient fortifiée pendant la trêve, et il marclia sur Amphisse, dont il se rendit maître. 11 assiégeait la citadelle, lorsqu'il apprit que L. Corn. Scipion avait débarqué à Apollonie, à la tête de 13,000 hommes de renfort, et venait le remplacer. Acilius lui remit le commandement, ct'rcvint à Rome, où il obtint un triomphe que les dépouilles du roi de Syrie et de ses allies rendirent magnifique. Dana la suite, il disputa la censure à Caton, mais il se désista de ses préten-

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lions. Pour acquitter un vœu qu'il avait fait avant la bataille des Thermopylcs , Acilius fit construire à Rome un temple dit de Ui piiti, qui fut ainsi nommé, parce qu'on l'éleva au lieu où avait été la prison dans laquelle une jeune femme, appelée Térentia, avait allaité son père condamné à mourir de faim. Le fils de Mantus Acilius, étant déceinvir, fit la consécration de ce temple, et y plaça la statue de son pére en or pur. Jusqu'alors, on n'avait encore vu marne statue de ce métal ni à Home, ni dans le reste de l'Italie. D — T.

ACILIUS GLAUHIO, consul sous Domitien, l'an 91 de J.-C., avec M. L'Ipius Trajan, qui depuis parvint a l'empire, était d'une force cl d'une adresse extraordinaires. C'en fut assez pour que I empereur, qui ne voyait dans les plus distingués des citoyens que les-jouets de ses caprices, l'obligeât ù desrendre dans l'arène, pendant son consulat, et à y combattre un lion d'une grandeur prodigieuse. Glabrio le tua sans même avoir été blessé; le peuple applaudit à son courage et iHwssa de grands cris de joie ; mais ces acclamations causèrent la [>ertc de Glabrio : Domitien, jaloux de ce qu'il les avait excitées, le bannit sous un prétexte frivole , et, quatre années après, le fit mourir comme coupable d'avoir tenté de troubler l'État. Baronius a prétendu que l'at tacitement d' Acilius à la religion chrétienne fut la cause de sa mort; mais Dion, dont il invoque le témoignage, n'a rien dit qui put autoriser cette assertion. D — T.

ACINDYNUS ( SEPTiMits), consul avec Valériiis Proeulus, l'an 340 de Rome, est surtout connu par on fait assez remarquable qui eut lieu à Antiocbc , lorsqu'il était gouverneur de cette ville , et que St. Augustin a rapjiorté. I n bomme qui ne payait |M>int au fisc la livre d'or à laquelle on l'avait imposé, fut rais en prison par ordre d'Arindynus , (pii déclara qu'il le ferait mourir, si, à un jour marqué, il ne s'acquittait pas. Le prisonnier avait une très-bello femme , dont un liommc fort riche était épris : ce dernier saisit l'occasion, et offrit la livre d'or a la femme, à condition qu'elle écouterait sa passion ; elle crut ne devoir prendre aucun parti sans consulter son mari, Celui-ci , plus sensible à la conservation de ses jours qu'a celle de son honneur, lui ordonna de se rendre à des désirs si peu délicats ; elle obéit, et reçut dans une bourse l'or qui lui avait été promis; mais cet homme, méprisable sous lotis les rapports, y en suhstihia une autre qui ne contenait que de la terre. Aussitôt «pi'elle eut reconnu la fraude, la femme alla se plaindre au gouverneur, et lui raconta ingénument la vérité. Acindynus se reconnut coupable d'avoir, par ses rigueurs, réduit les deux époux à cette extrémité. Il se condamna à foyer au fisc la livre d'or, et adjugea à la femme le champ d'où provenait la terre trouvée dans la bourse. Baylc et d'autres biographes ont mi qu'il importait d'examiner si , d'après la manière dont St. Augustin raconte celte aventure, il approuve ou non la conduite de cette femme. Dayle soutient l'affirmative, et a trouvé do nombreux contradicteurs. Quoi qu'il en soit, des phrases de St. Augustin, citées jwr Baylc, prouvent au moins que ce saint n'avait pas sur cette affaire des idées bien fixe». D — T.

ACK

ACINDYNUS ( Grégoire), moine grec du 14' siècle, se déclara contre Grégoire de l'okmias , et contre les moines du BMOt Alhos, espèce de quiélistes qui, s'iiuagiiiant voir dans leurs contemplations la gloire de Dieu apparue sur le Thabor, soutenaient qu'elle était incréée et incorruptible, quoiqu'elle ne fût | m - l'essence divine. Acindynus mit beaucoup de chaleur dans celle dispute ; ses adversaires l'accusèrent de croire à cette lumière créée et finie. L'empereur Jean Canlacuzène se déclara pour eux. Le synode de Constant iuople condamna le sentiment et la |tersonne d'Arindynus. Celui-ci, obligé de se cacher, couqtosa divers écrits en laveur de la doctrine proscrite. Gretser a fait imprimer son traité de Euenlia et opération* Dei, en grec el en latin, Ingolstadt, 1616, iu-4°. On trouve dans la Grèce ort(u>duxe d'AUalius un poème qu'il avait composé contre Palamas. avec des fragments d'autres ouvrages. T — D.

ACKER (J.-Uemu), savant professeur dans l'université d'iéna, a donné deux ouvrages estimés, sous ces titres : 1° EpistolatJ.Sturmii Ilicronymi Otorii et alhrum ad Hogerum Aickanium, cun ejtudem epitloiiê nttnquam seonim editis, 1707, in-8°, avec des notes sur les savants dont il rap|>ortc les lettres; 2° Dissertation latine sur le$ éloge» ridicule* ; elle a été insérée dans le t. 2 des IWscellanea lipsientia, Leipsiek, 1713, 5 vol. in-4°. C. T — y.

ACK.KRMANN (Cour ad), comédien célèbre, que les Allemands regardent comme le créateur de leur théâtre, naquit au commencement du 18* siècle. Il monta fort jeune sur la scène et lit avec une troupe plusieurs voyages très-lucratifs à Moscou et à St-Pétersbourg. 11 établit ensuite un théâtre à Ktrnigsberg, puis à Hambourg, en 1769. Ce dernier établissement, qui fait époque dans l'histoire dramatique de l'Allemagne, dut à Lessiug une partie de ses succès. Ackcrmann excellait dans les mies comiques; il mourut à Hambourg, en 1771. — Sa femme, Sophie-Charlotte Bicreichcl, était une actrice fort distinguée; elle saisissait surtout avec une rare intelligence l'esprit et les finesses de ses rôles ; elle survécut à son mari jusqu'en 1792. — Rodolphe \. kerm i w Saxon, né en 1764, fut en Angleterre, avec le chimiste Accum, un des inventeurs de l'éclairage par le gai hydrogène. G — t.

ACKERMANN ( Jean -Christian Gottlieb ), professeur de médecine à Altdorf, en Franconie, naquit en 1756, a Zeulenrode, dans ut haute Saxe, et mourut à Altdorf, en 1801. Fils d'un médecin, il s'appliqua dés son enfance à l'étude de. la médecine, et, à peine âgé de quinze ans, il sauva plusieurs de ses amis d'une épidémie qui régnait dans Otterndorf. H acheva ses études à léna et à Goettingue, sous Baldingcr, et acquit des connaissances classiques fort étendues en suivant les cours du célèbre Heyne. Après avoir pratiqué longtemps son art dans sa patrie et s'être distingué par des traductions d'excellents ouvrages italiens, français et anglais, ainsi que par des compositions originales, il fut nommé professeur de médecine à Altdorf, où il occupa successivement diverses places. Son habileté pratique égalait sa science théorique. H fut membre de plusieurs

ACL

sociétés de médecine. On a œ lui, entre autres écrits : 1* InstUvlbmet hittorim medicinm , Nuremberg, 17»i, in-8°; 2° Manuel de médecine militaire, 2 vol. in-8", Leipsick, 1794-95 (en allemand); 9° Vie de J. Conr. IMppet, Leipsick, 1781 , in-8° (en allemand) ; 4*le«viesd'Hippocrate, deGalien,oteTheophraste, de Diosroride, d'Arétéc et de Kufus d'Kphése, dans l'édition faite par Hurles de la Bibliothèque grecque de Fabridiis. Ces biographies passent pour des chefsd'œuvre. G — T.

ACLOQL'E ( Ajwré-Abkoult), brasseur du feubourg St- Antoine, à Paris, était né à Amiens, et avait servi dans sa jeunesse comme simple carabinier; il était doué d'une force corporelle extraordinaire et passait pour l'un des [dus beaux hommes de l'armée. S'étant réuni à la commune, le 14 juillet 178», il en fut élu représentant, et devint successivement président de son district et commandant de la garde nationale. 11 se trouvait de garde aux Tuileries lorsque le peuple envahit ce palais dans la journée du 20 juin 1792. Dans cette position difficile et périlleuse , le commandant Acloque sut remplir son devoir avec courage et fidélité; il ne quitta |«as un instant le roi, qui, en ce moment critique, n'avait auprès de lui que madame Elisabeth et ce généreux citoyen . Tandis que Louis XVI, refoulé par le tumulte dans l'embrasure d'une fenêtre et coifff du bonnet rouge, s'efforçait de calmer la multitude irritée, Acloque détourna plusieurs fois les piques dirigées contre la personne de ce prince qui se tenait appuyé sur lui. Berfcand de Mollcville rapporte qu'il fut ensuite chargé par la cour de distribuer de l'argent au peuple de son faubourg : les pièces trouvées dans l'armoire de fer paraissent conlirmer cette assertion. Apres l'arrestation du roi, Acloque se retira à Sens, où il fut assez heureux pour échapper k la justice du tribunal révolutionnaire. Sa mort arriva longtemps avant la restauration. C. W— r.

ACLOQUE nE Saixt-AnMié, fils du précédent, exploitait , a Paris , un commerce de moutarde et de vinaigre. Au mois de janvier 1814, Napoléon le nomma chef d'une légion de la garde nationale, à la place de M.deGontaut-Biron.quiavait refusé ce poste. Lorsque l'empereur quitta ftiris pour aller défendre à la tète de l'armée la patrie envahie parl'Euro|tc coalisée, Acloque se réunit aux autres officiers de la garde nationale |»our rédiger et signer une adresse où l'on remarque le passage suivant : « Partez , Sire , avec « sécurité; que nulle inquiétude sur le sort de ce que « vous avez de plus cher ne trouble vos grandes jxmi- « sées : allez , avec nos entants et nos frères, repousser « lt féroce ennemi qui ravage nos provinces; fiers du « dépôt sacré que vous remettez h notre foi , nous t défendrons votre capitale et votre tronc contre tous

c les genres d'ennemis » Deux mois plus tard ,

Acloque envoyait au sénat son adhésion à l'acte de déchéance qui excluait à perpétuité tlu trône de France Napoléon et toute sa famille; le signataire s'exprimait ainsi : « Le sénat et le gouvernement provisoire a Viennent de couronner leur généreuse entreprise, « en proclamant ce prince, dont l'antique race fut, « pendant huit cents ans, l'honneur de notre pays. Lu

aco m

« peuple magnanime , que des malheurs inouïs n'ont « pu abattre, va recouvrer ses droits, que le despo- « Usine du tyran n'avait pu lui faire oublier. La garde « nationale est aj»pelcc à donner à la Fiance l'cxem- « pie du dévouement à son prince et a son pays. J'ad- « hère donc avec empressement ù l'acte constitutionnel a qui rend le trône tic France a Louis-Sunislas-Xavicr a et à son auguste famille. » Louis XV III se montra reconnaissant envers Acloque : il le nomma chevalier de la Légion d'honneur (décembre 1814), et lui accorda, peu après (janvier 1815), des lettres de noblesse qui l'autorisaient a ajouter a son nom celui de la rue qu'il liahitait. Malgré ces faveurs, le chevalier de St- André signa , le tijuillet suivant , conjointement avec les chefs de la garde nationale, une pétition [tour demander la conservation de la cocarde tricolore. Hatons-nous d'ajouter que, le lendemain, il protesta contre le vœu qu'il avait exprimé la veille, et qu'il fut nommé officier de la Légion d'honneur avant la lin de l'année. C. W— h.

ACOLL TU (AnnRé), savant orientaliste et professeur de théologie à Rreslau, né à Bernsladl, le « mars 1654 , mort le 4 novembre 1704. On dit qu'à l'âge île six ans il savait déjà s'exprimer en hébreu. Ses ouvrages les plus remarquables sont quelques surates (ou chapitres) d'un Coran polyglotte, qu'il avait le projet de donner en entier. Voici le titre de ce spécimen devenu très-rare : 1° T«T?an>.i Alcoranica , nht tpecimen Alcorani qundrilinguis, mabici, prrtici, turcici et latini , Berlin , 1701, in-fol., 57 p. ; 2° Obadiat armenu* et latinui , cvm annotationibu* , Leipsick, 1680, in-4°. Pour faire imprimer cet ouvrage , dans lequel il a suivi de mauvais guides (Ainbroisc Theseus et François Kivoli) , il fut obligé de faire fondre à ses frais des caractères arméniens. 5° Andrew Acntuthi. Vratislariensis de aquit iimoris telotupfœ , Leipsick, 1682, in-8° de plus de 500 p. L'érudition rabbiniquey est prodiguée sans mesure, et l'on peut dire sans utilité. Acoluth fut en correspondance avec plusieurs de ses plus célèbres contenqiorains, tels que I-ongucrue, Spanhcim, Lcibnitz, qui n'approuvèrent pas ses idées sur l'identité de l'arménien avec l'ancienne langue de l'Egypte. S-n.

ACOMAT, nommé d'abord Étïeksk, fils de Chcvéchius ou Chersech, prince de Montevera, dans l'Esclavonie, avait été fiancé a la fille du souverain de Servie, l'une des plus belles princesses de son letnps. il allait I causer lorsque son père la lui enleva et l'épousa lui-même. Le jeune prince, au déses|»oir, se retira chez les Turcs, embrassa le mahométisme, et quitta son nom d'Etienne pour prendre celui d'Acomat. Bajazct II, l'ayant accueilli à sa cour, lui donna sa lille en mariage. Acomat accompagna le sultan dans son expédition contre les Vénitiens, et, toujours favorable aux chrétiens dans le cœur, il sauva une jiartie de la garnison vénitienne, après la prise de Modon, en M orée. 11 délivra encore plusieurs esclaves chrétiens par son crédit et même par son argent. Ce fut lui qui détermina Bajazct à faire la paix avec les Vénitiens, et qui obtint du sultan que Jeau Lascaris , envoyé par Laurent de Médicis,

aurait la liberté de fouiller dam toutes les bibliothèques de la Grèce, pour faire une recherche des ouvrages qui s'y trouvaient ensevelis depuis que l'empire d'Oriént avait subi le joug des Turcs. Acomat se distingua par sa fidélité envers Bajazet , dans la bataille que ce prince perdit, en 1 51 1 , contre son iils Sélim. On ignore l'époque de sa mort. B — P.

au >v io (Jacques), philosophe du 16* siècle, dont le véritable nom était GiacomoCojîtio, fut d'abord curé dans le diocèse de Trente, sa |»atrie.Plus tard, ses inclinations de libre penseur le prièrent à se réfugier en Suisse pour y faire profession de la nouvelle réforme de Calvin ; il passa ensuite à Strasbourg, et de là en Angleterre. Ce fut comme ingénieur, et non comme théologien, qu'il reçut une pension de la reine Elisabeth, à qui il fit hommage de son fameux Livre des Stratagèmes de Satan, par une dédicace que Bayle appelle une inscription canonisante, parce qu'elle commence ainsi : Diva Elisabelha , etc. L'objet de ce livre est de réduire à un très-petit nombre les dogmes essentiels du christianisme, et d'inspirer une tolérance générale pour ceux qui ne sont pas compris dans cette classe. Selon cet auteur, ces dogmes sont tous contenus dans le symbole des apôtres , à l'exclusion des diverses confessions de foi particulières , qu'il regarde comme autant de ruses inventées par Satan pour tromper les hommes dans la grande affaire de la religion , pour exciter la cupidité du clergé et entretenir la superstition des peuples. En appliquant à l'eucharistie sa méthode pour faire disparaître toute cause de schisme, l'auteur n'approuve ni les catholiques, qui excluent la simple figure , ni les calvinistes , qui rejettent la réalité. Il ne lui parait pas plus difficile de croire que Jésus- Clirist est présent en plusieurs lieux à la fois , que de croire qu'il est Dieu et homme tout ensemble, et, dans son opinion , ceux qui admettent la présence réelle et ceux qui ne l'admettent point pourraient fort bien vivre en paix et communier à la même table. Ce plan, dans lequel il fait entrer tous les autres sujets de controverses , proposés à une époque où le principe fondamental du protestantisme n'avait pas encore reçu tout le développement qu'on lui a donné depuis , parut prématuré. On n'était pas alors disposé, dans la réforme , à goûter un système de nivellement capable d'inspirer de la prévention contre le nouvel Évangile. Le Livre des Stratagèmes attira à son auteur des critiques amères, et lui ut de nombreux ennemis dans sa propre communion. On lui reprocha de s'éloigner de la doctrine de Calvin, d'ouvrir la porte à toutes sortes d'hérésies, et de conduire à l'indifférence en matière de religion. Il cherelta à se justifier de l'accusation d'arianisme et de sabellianisme, par une lettre que Crenius a insérée dans ses Animadversiones phiMogica et historiées. Aconcio mourut en Angleterre, vers l'année 1565. Ses ouvrages roulent sur un grand nombre de sujets , «t annoncent un homme trés-éclairé. Le plus remarquable est celui dont nous venons de parler, imprimé à Baie, en 1565, sous ce titre : de Slratagemalibus Satanœ in religionis negotio , per superstitionem, errorem, hwresim, odium, caiumniam,

schisma, etc., lib. 8. Selden a appliqué à ce livre ce qui a été dit d'Origènc : Vbi bene, nihtl metius ; ubt mole, nemo pejus. 11 a été souvent réimprimé depuis et traduit dans toutes les langues. La traduction française, qui parut la même année à Bàle, in-4°, a eu plusieurs éditions. On peut considérer ce livre comme un avant-coureur des ouvrages du lord Herbert de Cherburi , et des autres ptiilosophes anglais qui ont réduit à un petit nombre les articles fondamentaux de la religion, et soutenu que la plupart des cultes offrent tous ces dogmes essentiels. On a encore de lui : 1° de Melhodo, sive recta invesligandarum tradendarumque artium ae scienliarum ra~ tione UbeUtu, Bàle, 1558, in-8°, ouvrage qui fut accueilli avec distinction, mais que celui de Descartes, sous le même titre et sur le même sujet, fit oublier. Il a été souvent réimprimé , et inséré dans la collection d Ulrecht, intitulée : de Studiis bene inttituendis, 1658. 2° Ars muniendorum oppidorum, en italien et en latin , à Genève , 1585. Mazxuchclli [Script.) est le seul qui en fasse mention ; Chaufepié nie que cet ouvrage ait été imprimé. Aux connaissances variées que suppose la composition de ces différents ouvrages , Aconcio joignit une étude profonde de la jurisprudence. Le tome 6 des Observationes setecta ad rem lilterariam spectanles, contient des détails intéressants sur Aconcio et sur ses ouvrages. T— o.

ACORIS devint roi d'Egypte après Néphéreus, et se ligua, vers l'an 586 avant J.-C., avec Évaporas, roi de Chypre , les Arabes et les Tyricns, pour faire la guerre à Artaxereès Mnéuvon, roi de Perse. Évagoras ayant été vaincu, Acoris ne voulut plus lui fournir de secours, et resta tranquille pendant quelque temps. Il reprit les armes vers l'an 377 avant J.-C. et rassembla une armée considérable, composée en grande partie de Grecs qu'il avait pris à sa solde , et il fit venir Chabrias d'Athènes , pour les commander. Le roi de Perse, qui était alors en paix avec les Athéniens, s'étant plaint à eux de ce qu'ils permettaient qu'un de leurs généraux lui fît la guerre, ils rappelèrent Chabrias, et Acoris se trouva sans général; mais Artaxereès ayant rétabli la paix parmi les Grecs, avant de tourner ses armes contre l' Egypte, et s'étant ensuite livré à des préparatifs considérables pour cette expédition , Acoris mourut dans cet intervalle, l'an 374 avant J.-C. C — R.

ACOSTA (Joseph d'), né à Médina del CamjK), vers l'an 1 539, entra, avant Page de quatorze ans, dans la compagnie de Jésus, où il avait déjà quatre frères, Jérôme, Jacques, Christophe et Bernardin. Joseph fut le plus célèbre : après avoir professé la théologie à Ocana, il passa, en 1571, aux Indes occidentales, et fut le second provincial du Pérou. 11 revint en Espagne en 1Ô88, et y gagna les bonnes grâces de Philippe II , en l'entretenant de ce qui regardait le nouveau monde. Pour rendre compte de ses travaux dans ce pays, il alla ensuite à Borne, auprès de Claude Aquaviva, général de son ordre, qui le renvoya en Espagne, en 1589, avec la charge de visiteur de l'Aragou et de l'Andalousie. La division était uarmi les jésuites espagnols; quelques-uns

demandaient un général particulier pour l'Espagne: A costa espérait cette charge, mais il se contenta de proposer un chapitre général. Aquaviva, en l'excluant de la cliarge de provincial , le nomma supérieur de Valladolid, et députa en Espagne Alphonse Sanchez , pour engager le roi à ne point assembler le chapitre ; mais Acosta s'étant fait nommer envoyé auprès du pape Clément Mil, qui ordonna la convocation du chapitre, Aquaviva envoya Acosta loger A la pénitencerie de St-Pierre, ordonna qu'on ouvrit ses lettres, et lui fit tout le mal qu'il put; mais ayant eu l'avantage dans ce chapitre , il renvoya Acosta dans sa place de supérieur à Valladolid. Acosta, devenu par la suite recteur à Salamanquc, mourut dans cette ville, le 15 février 1600. On a de lui :

I Hisloria natural y moral de las Indias; Séville, 1590, in-'.,: ; idem, 1591, in-8°, édition revue et corrigée; Madrid, 1606 et 1610, ouvrage fort estimé, souvent cité par Robertson, et dont une traduction flamande, par Jean-Hugues de Linschot, fut donnée en allemand par Gobertus, dans la collection des

Voyages de François de Bry : la traduction française, par Robert Regnault, a eu trois éditions, 1598, 1606 et 1616, in-*". Le traducteur français dit que l'ouvrage original est rare , et que les Espagnols en firent brûler tous les exemplaires. Robert Regnault a probablement voulu, par ce conte, donner du mérite A ses traductions. 2° De N'attira novi orbis libri duo; Salamanquc, 1589 et 1595", in-8", Cologne , 1596, in-88, traduit par l'auteur en espagnol, et inaéré dans l'ouvrage précédent. 5° de l'romutgalione Erangelii apud barbaros; Salamanque, 1588, in-8"; Cologne, 1596, in-8". 4' de Chritlo rerelato libri notent ; Rome, 1590, in-4"; Lyon, 1591, in-8". 5* Concionum tomi 1res; Salamanquc, 1596, in-4° ; Venise, 1599; Cologne, 1600 et 1609, in-8*. Ces sermons sont en latin et d'un style simple (1 ) . A . B — T.

ACOSTA (Ciiiustophe), chirurgien portugais, naquit A Mozambique, vers la lin du 15* siècle. Ayant eu de bonne heure le goot des "voyages , et étant allé en Asie pour y recherclier les drogues que l'on en tire pour l'usage de la médecine , il fut [iris par des pirates, qui l'emmenèrent en esclavage, et lui firent éprouver les traitements les plus durs.

II trouva enfin le moyen de sortir de sa captivité , et continua ses voyages. Ce ne fut qu'après en avoir fait plusieurs, surtout aux Indes orientales, qu'il revint en Europe , et qu'il se fixa à Burgos , où il exerça la médecine et la chirurgie. Sur la fin de sa vie, il se retira dans un couvent de cette ville. Ayant eu connaissance de l'ouvrage de Garcias ab horlo, sur les drogues, il en entreprit un sur le même sujet ; mais au fond ce ne fut qu'une simple copie ou une traduction espagnole, à laquelle il ajouta peu de chose. Elle parut à Burgos, en 1578, in-4°, sous le titre de : Tratado de la* drogas y medicinas de

(i) Le traité it profurandtt InJonmStlUe, en 6 litre*, aen une aernnde édition a Coloçne. <W6, ln-«*. Celui ic CftriMt rerelato, dont le» 4 litre* it Temporisai mtufimii font partie, étant devenu

P. Townemine? a laPfin de son Venochiu», ainsi que relui Jerera Sertfluru mlerfrflandi HatUme UM Ira. On a dit que le P. AeoMa mit ntt en latin les actes du troisième concile de Lima. T.».

las India» orientales, ton sus plantas, et fut traduite en italien jiar Guilandini, Venise, 1585, in-4°. Clusius la traduisit en latin , l'abrégea , y ajouta quelques remarques , et la fit imprimer dans ses Exotiques, A Anvers, en 1582, in-8°, à la suite de Garcias. Acosta y avait joint des figures ; mais quoiqu'il assure qu'elles ont été faites sur le vivant, Clusius les trouva si mauvaises, qu'il en supprima la majeure partie. On l'imprima séparément à Anvers, en 1593. Antoine Colin, apothicaire de Lyon , traduisant en français l'ouvrage entier de Clusius , dans lequel sont réunis les traités de Garcias ab horto , de Monardcs , traduisit aussi celui d' Acosta , en conservant les figures. Cette traduction panit à Lyon, en 1619, in-8°. Christophe Acosta, quoique souvent cité, a rendu peu de services à la médecine et à la botanique. H al 1er le regarde comme un chirurgien ignorant et peu lettré. Acosta publia la relation de ses voyages , et un livre à la louange des femmes, dédié à Catherine d'Autriche, Venise, 1592, in-4°. Il a com|>osé en espagnol plusieurs autres écrits sur la vie solitaire et religieuse, sur l'amour divin et humain. — Gabriel Acosta, chanoine et professeur de théologie à Coimbre, mourut en 1616, après avoir compose des Commentaire* sur le 49e chapitre de la Genèse, sur Rulh, les Lamentations de Jérémie, Jonas et Malaehie, Lyon, 1641, in-fol. — Emmanuel Acosta , jésuite portugais, du 16* siècle, est auteur d'un ouvrage intéressant, traduit en latin par le P. Maffei, sous ce litre : Rerum a societate Jesu in Oriente gesiarum, ad annum 1568, Commentarius, libri 4 ; Dilingen, 1571, in-8°. Cette édition contient encore deux lettres de l'auteur sur les missions du Japon, avec l'histoire de cinquante-deux missionnaires martyrisés dans ce pays. L'ouvrage a eu deux autres éditions, l'une imprimée à Cologne, l'autre à Anvers; celle-ci en 1605, in«». Il a été traduit en espagnol par Jean Inniguez de la Gucrrica, 1575, in-4». D-P— s.

ACOSTA. Voyet Lacoste.

ACOSTA (Uriei,), gentilhomme portugais, d'origine juive, né A Oporto, vers la fin du 16* siècle, reçut une éducation soignée, et partagea, dés ses plus jeunes années, l'ardeur de son temps pour la science. Il s'adonna particulièrement A l'élude de la théologie, et la première partie de sa jeunesse s'écoula dans une pratique sévère de tous les devoirs de dévotion. Peu A peu, il en vint A se faire des difficultés sur les principes de la religion, et son Ame inquiète s'agitait sans cesse pour les résoudre. Au bout de quelques années, il retourna au judaïsme, espérant que cette religion satisferait mieux sa raison. Au jiéril de sa vie, il prêcha cette doctrine A toute sa famille,' la persuada, et abandonnant une partie de sa fortune, un bénéfice assez considérable, et une position heureuse , il passa en Hollande , où il se lit juif, et changea le nom de Gabriel, qu'il avait reçu au baptême, en celui d'Uriel. Il ne tarda guère A trouver (pie les principes des rabbins étaient mal d'accord avec la loi de Moïse. La synagogue l'excommunia. Il supporta d'abord , sans trop s'étonner, cette punition , et se mit à faire un

ai:o

livre pour soutenir son opinion. A force d'examiner l'Ancien Testament, il crut y découvrir qu'il u'y était }H)int question des peines et des récompenses de l'autre vie. Alm-s il embrassa la croyance des sadducéens , et publia un livre où il combattait de toutes ses forces l'immortalité de l'âme. Les nulle déférèrent aux tribunaux 1 Amsterdam , comme attaquant toute espèce de religion, et la synagogue, toute pliarisieune, l'excommunia. Les tribunaux le condamnèrent à une amende de 500 florins , et son ouvrage fut confisque. Il fut mis en prison et rclâclié peu après. Son doute croissant toujours, il en vint à nier que la loi de Moïse fût une révélation île Dieu; et alors, se trouvant tout à fait incrédule, il lui devint indifférent de professer extérieurement un mite quelconque ; il se réconcilia avec la synagogue. Peu après, il fut dénoncé pour avoir détourné deux ebrétiens de se faire juifs, et aussi parce qu'il observait mal les pratiques de sa religion. La synagogue l'excommunia encre une fois, et il passa sept années en butte aux persécutions de sa famille et de tous les juifs de Hollande. Tant de tourments le déterminèrent à subir une expiation , la plus dure et la plus bumiliante qui se puisse imaginer. Sur la foi d'un de ses parents, il n'avait cru qu'à une peine légère : quelle fut sa surprise quand il M > it obligé de Taire une confession publique, de recevoir irctile-iicuf coups de fouet de la main du rabbin , de se laisser fouler aux pieds par toute l'assemblée , suivant les lits judaïques! Il a raconté cette avanie dans un |»etil ouvrage qu'il composa, à ce qu'il semble, au moment où il prit la résolution de s'ùter la vie. Voulant en même temps se venger du parent qui l'avait amené à la subir, îl l'ajusta avec un pistolet. L'arme lit long feu ; Acosta avait réservé pour lui un second pistolet, et se tua sur-le-champ (1047). Cet homme fut un exemple remarquable d'une âme ardente et élevée , égarée par l'orgueil de la raison humaine. Pendant la plut grande partie de sa vie, il ressentit l'insatiable besoin d'une croyance religieuse, et ne s'aperçut pas que ce sentiment est mie preuve qu'il y a un genre de vérité où ne peuvent atteindre les forces du raisonnement. On ne |« m s'enq>écher de plaindre sa vie malheureuse et agitée : il a du souffrir plus encore des incertitudes de son âme. Pour protester contre la sentence d'excommunication, il avait publié son Examen Ivadilionum pharisacicarum collalarum eu m kg* icripla contra anima immortalUatem, Amsterdam, 1625, in-4°. Cet ouvrage fut attaqué par Samuel de Silva, médecin juif, dans un livre portugais, iutitulé : Tratado de l'immortalitadedaalma, Amsterdam, in-8°. Acosta donna alors une traduction en la même langue, de son ouvrage, coin riposta a hum Samuel da Silva , %eu falto calumniador ; ibid , 1624 , in-8°. Son but était de prouver que la loi de Moïse se trouvant, sur plusieurs point essentiels, contraire à la loi naturelle, ne pouvait être considérée que comme une invention purement humaine. Son Bxemplar vite huntana*, où il a fait l'histoire de ses aventures et de ses opinions , a été réfuté |iar Limboreb, et imprimé à la fin de l'Arnica Collatio, etc., de ce

ACR

ACOJJ AVIVA. (Voues Agiuviva.) ACHKL ( Ol.vus ), chirurgien et médecin, né en Suéde, prés de Stockholm, au commencement du 18e siècle, étudia d'abord à Upsal , et se rendit ensuite à Stockholm pour s'y appliquer à la chirurgie, sous des maitres habiles. En 1741 , il entreprit un voyage en Allemagne et en France , séjourna quelque teiiqis à Gtettingue , à Strasbourg et à Paris , et servit pendant deux ans, dans les armées françaises, en qualité de chirurgien. En 1745, il retourna en Suède, et se fixa dans la capitale, où il fut pendant un demisiècle l'oracle de la chirurgie et de la médecine. 11 donna des idées nouvelles sur la manière d'établir des hôpitaux dans les canqts et dans les armées , et {Hiblia en suédois plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : un ini'i' $ur les ptaiei récentes, Stockholm, 1715; des Observation» de chirurgie , ibid. , 1750 ; Dissertation sur l'opération de la cataracte , ibid. , 1760 ; un Discours sur la réforme nécessaire dans les opérations chirurgicales , ibid. , 1767. I-cs talents et le zèle d'Acrel lui firent obtenir des places importantes et des distinctions flatteuses. 11 fut nommé directeur général de tous les hôpitaux du royaume. On lui accorda des titres de noblesse. Créé d'abord chevalier de Wasa , il devint commandeur de cet ordre. L'université d'Upsal lui envoya le diplôme de docteur en médecine, en 1764 ; il était membre de l'académie des sciences de Stockholm depuis 1746, et associé étrange i de l'académie de chirurgie de Paris, depuis 1750. Parvenu à un âge tiès-^vancé, il mourut en 1807. C — D.

ACRON , célèbre médecin d'Agrigeutc en Sicile, vivait, selon Plutarquc, lors de la graude peste qui désola Atbèncs au commencement de la guerre du Pélo|tonèsc, dans la 84e olympiade (444 ans avant J.-C.), suivant le môme biographe, il lit. le premier, allumer des feux ilans les rues pour purifier l'air et arrêter la contagion ; mais cette pratique , sur l'utilité de laquelle on élève maintenant des doutes, était déjà suivie pu les prêtres d'Egypte, au rapport do Suidas. Pline regarde Acron comme le chef de la secte des empiriques : c'est une erreur dans laquelle il est tombé , parce qu'à cette époque où la pliUosophie grecque prenait un grand développement , Acron fit tous ses efforts (wur empêcher qu'elle ne continuât à absorber une science dont il pensait avec raison que la méthode devait être différente. Celte secte des empiriques ne commença que deux cents ans plus tard , d'après Sérapion d'Alexandrie et Philinus de Cos. Acron, après avoir enseigné et jiratiqué la médecine à Athènes, revint mourir dans sa patrie, et demanda aux Agrigenlins un emplacement dans leur ville pour s'y bâtir un tombeau ; mais la jalousie d'Empédoelc . qu'on a dit faussement avoir été son panégyriste, le lui lit refuser. A — N.

ACRON (Hélkkius) est un ancien scoliastc sur lequel on n'a presque aucun renseignement. Fabricius ( Bibl. lai., t. 1, ch. 15) et Sax [Onomastic.,\A) trouvent tant d'obscurité dans le peu que l'on sait de ce grammairien , qu'ils n'osent pas même essayer de déterminer l'époque où il a vécu. Cependant, si, le croient Saumaise et la Monnoic ( Note*

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sur les Jugement* de$ savants de Baillet, t. 1 1 , p. 190), Acron est le véritable auteur d'un commentaire 6ur les Adelphe» de Térencc, dont Sosipater Chnrisius rapporte plusieurs fragment* dans sa grammaire , on peut en conclure qu' Acron était antérieur à Charisius, et |»ar conséquent qu'il llorissait au plus tard vers la fin du 4e siècle. Des divers ouvrages qu'il avait composés, aucun ne nous est parvenu tout entier, l.e plus connu, son Commentaire sur Horace, est incorrect et défiguré par les différentes iutci-polalions des copistes. Ce commentaire, imprimé pour la première fois à Milan, en 1474, grand in-4°, très-rare, a été souvent reproduit dans des éditions d'Horace, à Ja fin du 15* et au commencement du 16» siècle, la Monnoic regardait toutes ces anciennes scolies comme très-sus|>ectes. « Elles demandent , dit-il , « un lecteur judicieux qui sache en faire son profit , « et démêler, comme on dit, les perles dans le fuit micr. » Suivant Scfaoell ( Uist. abrrgée de la littérature romaine), on retrouve dans le commentaire d'Horace une partie des Bcolics de C. Kiniiius, de Julius ModcMus et de C. Térentius Scaurus, les trois plus anciens commentateurs du poète latin. Au justement du I'. Vavasseur, Acron avait moins de goût et de finesse dans l'esprit que Porphyrion , autre scoliastc d'Horace, dont le travail est réuni à celui d'Acron dans plusieurs éditions du lyrique. Quelques philologues revendiquent pour Acron un Commentaire sur les satires de Perse, publié sous le nom de Connu us le grammairien , différent de Cornutus le précepteur de Perse. W— ».

ACROIN1US ou ACRON ( Jeak ) est un médecin et mathématicien , que l'auteur des Athena* Rauricn> a confondu mal à propos avec J. Atrocianus; erreur qu'il est d'autant plus nécessaire de signaler , qu'elle a passé dans les dictionnaires les plus récents ^1). Acron était né vers 1810, dans une petite ville de la Frise, dont il prit le nom, suivant un usage assez commun de son temps. Ayant achevé ses premières études, il vint, en 1542, à Baie pour y perfectionner ses connaissances et en acquérir de nouvelles. Ses progrès dans les mathématiques furent si rapides, qu'au bout de deux ans on le jugea capable d'occuper la chaire de cette science; et, en 1549, on y joignit celle de logique. Acron remplit cette double tâche jusqu'en 1553. Il obtint alors d'être dispensé de l'enseignement de la logique. Dans les loisirs (pie lui laissait le professorat , il étudiait la médecine. S'étant lait recevoir docteur, le 2 mai 1564, il trouva bientôt l'occasion d'exercer ses talents comme médecin dans une épidémie qui causa de grands ravages à Bdle; mais il mourut, victime de son zèle, le 28 octobre de la même année. Suffrid Pétri, contemporain d* Acron, nous apprend qu'il avait composé plusieurs traités d'astronomie : Confrrtin astrolabii et annuli atlront mûri ; — de Sphœra ; — de Molu terra: ( Voy . Seriptor. Frùia, p. 104. ) Ces divers ouvrages Ront

(i) La Mosrsphit mMicale attribue S notre Arron l'édition de Marcel, publiée par Alrorianus. Celle erreur se relrouve accompagnée rte plusieurs autre* dans le Dictionnaire de Feller. 7 édition, qui. après avoir longtemps copie nos articles, a si ridiculement Vrl» notre titre de Bioçrtphu utHreeittlt. M-D j.

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restés manuscrits. Les magistrats de BAle Ayant découvert, en 1559, que le prétendu Jean Brtick (ou van Brugen ), mort en cette ville, trois ans auparavant, n'était autre tpte le fameux David George ( roy. ce nom ) , firent saisir les papiers qu'il avait laissés dans un coffre de fer à Binningh. Acron, avec quelques autres de ses collègues, fut chargé de les examiner et d'en extraire les principaux ]K>ints de sa doctrine. Sur leur rapport, on instruisit contre David George, et son cadavre fut brûlé avec ses livres. Dans une lettre du 28 juillet 1559, Acron rendit compte de cette affaire â un de ses amis. Cette lettre, qui contient un précis de la vie de David George et de sa doctrine, a été publiée par Simon Abbes Gabbema, dans les Clarorttm Tirorum Epittola, p. 140-167. Acron y parle d'un ouvrage auquel il travaillait ( amplissimum et ulilissimum) , que d'autres occupations l'avaient empêché de terminer. « Depuis quatre mois, dit-il, je « n'en ai pas fait un seul cliapitre. Après le calen- « drierquej'ai dressé pour l'année prochaine ( 1560), « tout mon temps a été pris par la secte de David « (Daridica secta occupalus fui). » Acron est l'éditeur des Opéra theologira de son compatriote Régner Pra>dinius (van Vicssem). C'est lui qui a rédigé Tépltro dédicatoire à la régence de Groningue. \V— s.

ACROI'OLITK (George), naquit à Constantinople, vers l'an 1220, d'une famille distinguée, et y reçut l'éducation la plus brillante. Son père, qui était malgré lui attaché au service des empereurs francs ou latins conquérants de Constanlinople, l'envoya, à l'âge de seize ans, à la cour de Théodore Lascaris, qui régnait à Nicée. Aeropolitc fut successivement chargé de différentes missions inqtorlantes, et devint grand logothéte, dignité qui répond à celle de premier ministre. L'empereur Michel Paléologue l'envoya en ambassade au pape Grégoire X , jwur négocier avec ce |iontife la réunion de la communion grecque avec la communion latine. Il assista, l'an 1274, au deuxième concile général de Lyon, où il abjura le schisme, au nom de l'empereur, et reconnut que les dogmes de l'Église latine étaient les mêmes que ceux de l'Église grecque; mais cette réunion ne fut pas approuvée et ne produisit aucun cflct. 11 revint à Constantinople, où il mourut vers l'an 1282. Il a écrit une Chronique contenant l'histoire de l'empire grec, depuis la prise de Constantinople i«r les Latins jusqu'à l'an 1200, époque à laquelle cette ville fut reprise par Michel Paléologue. Iji meilleure édition de cette histoire est celle que Léon Allatius en a donnée, avec une traduction latine et des notes, à Paris, imprimerie royale, 1651, Uk— fol. La position élevée qu'il avait occupée , et la part qu'il avait eue au gouvernement de l'État, lui donnaient un grand avantage pour devenir l'historien de l'empire grec ù l'époque où il vécut. Aussi, malgré l'obscurité du style et le défaut de méthode, sa Chronique, qui fait partie de la Collection byzantine, est-elle recomniandable comme relation détaillée, et probablement exacte, d'événements arrivés, pour la plus grande partie, sous les yeux de l'auteur. On a aussi de lui quelques ouvrage» sur la théologie, qui ne sont pas imprimés. C— il.

ACROPOLITE (Coîssîamin), fils du préce-

m acs

dent , et son successeur dans la charge de grand logothé te, s'attira la disgrâce de Michel Paléologue, par son obstination dans le schisme, mais rentra en faveur sous Andronic. Les Grecs l'appellent le jeune Métaphrastc , parce qu'il écrivit les vies de quelques saints, à l'imitation île Siméon Métaphrastc. On a de lui celle de St. Jean Damascéne, qui se trouve dans les Oollandistcs. Il avait composé divers traités sur la procession du Si-Esprit , l'une des principales questions qui divisent les Églises grecque et latine. 11 n'en reste que des extraits. G — R.

ACROTATUS, (ils aîné de Cléomèncs II, roi de Sparte , de la première branche des Héraclidcs. Les Lacédémoniens avant été battus par Antipalcr, l'an 330 avant J.-C. {voy. Agis 111), ceux qui s'étaient échalotes par la fuite devaient, d'après les lois, être déchus du droit de citoyens ; on proposa de les exempter de cette peine, mais Acrotatus s'y opposa vivement : il s'attira par là beaucoup d'ennemis, qui, s'étanl réunis, l'insultèrent en différentes occasions. Dans ces circonstances, les Argentins étant venus demander du secours contre Agathoclés, Acrotatus partit avec eux, sans le consentement des éphorcs , n'emmenant que quelques vaisseaux. Il fut jeté par la tcm]>ètc à Apollonie, sur les bords du golfe Adriatique, et trouva cette ville assiégée par Glaucias, roi des 111 y riens, qu'il força de se retirer. 11 aborda ensuite à Tarente, et décida les Tarcntins à envoyer vingt vaisseaux au secours des Agrigentins. Tandis qu'on faisait les préparatifs, il se rendit à Agrigente, où il donna d'abord les plus grandes es|>éranccs ; mais bientôt il se plongea dans la débauche , et se livra à toutes sortes de déprédations. A la fin, ayant tué en trahison Sosistrate, l'un des princi()aux exilés de Syracuse, il craignit que le peuple ne se soulevât contre lui , et s'étant embarqué furtivement durant la nuit, il retourna à Sparte. Il eut par la suite, suivant Pausanias , le cornu landemcnt d'une armée que les Lacédémoniens envoyaient contre Aristodémc , tyran de Mégalopolis, et il fut tué dans une bataille sanglante où les Lacédémoniens furent défaits. 11 laissa un fils nommé Aréus. C— R.

ACROTATUS , pelil-lils du précédent, étant encore très-jeune, défendit, en l'absence de son père Aréus, la ville de Sparte assiégée par Pyrrhus à la sollicitation de Cléonyme. 11 parvint à se maintenir dans la place jusqu'à l'arrivée des secours qu'il attendait , et força les assiégeants à se retirer. Acrotatus monta sur le tronc à la mort de son père , vers l'an 268 avant J.-C. Plutarquc rapporte qu'il fut tué, l'année suivante, dans l'expédition contre Aristodème, qu'il lui attribue avec plus de vraisemblance. 11 laissa un fils en lias âge, nommé Aréus. C — R.

ACSENCAR-AL-BOL RSK.Y, nommé par les historiens des croisades BoRSEgui.f, Borgel, Burgoi-Das ou Bunso, fut un des principaux officiers de Mélik-Scliah, et joua un grand rôle sous le régne de ses successeurs. En 478 de l'hégyrc ( 1086 de J.-C), ce prince l'envoya dans l'Asie Mineure pour réduire tous les petits émirs qui s'étaient rendus indépendants après la mort de Soliman. ( Voy. Abotl- Cacem.) Mohammed étant parvenu au trône après

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Barkiarok, son frère, donna à Acsencar le gouvernement de Bagdad, et, en 1114, celui dcMoussoul, dont le prince venait de tomber sous le glaive des Ismaéliens. 11 eut alors plusieurs affaires avec les croisés, fut tantôt vainqueur, tantôt vaincu, et laissa une grande idée de son courage et de son habileté. Mohammed lui ôta ensuite le gouvernement de Moussoul, et, en 1118, Mahmoud, son fils, le nomma gouverneur de Bagdad. Pendant les années liât et 1142, il fut employé à rétablir la paix entre Mahmoud et Maçoud , son frére , et à délivrer Bagdad et le calife Mostarehed , du rebelle Dobaïs. Acsencar épousa , vers le même temps , la sœur de Maçoud , et reçut, (>our prix de ses services, la ville de Moussoul et ses dé|H.'ndances , à litre de fief. En 1 1 24 , il retourna à Moussoul pour y combattre les Francs , mais il y fut assassiné par les Ismaéliens. J — n.

ACTISANÈS , roi d'Ethiopie. Selon Diodore de Sicile, il déclara la guerre à Aménophis, roi d'Egypte, et fut secondé par les Egyptiens, qui se joignirent à lui pour chasser leur souverain. Ils déférèrent ensuite à Actisanès le sceptre , en reconnaissance de ce qu'il les avait délivrés de la tyrannie de leur roi. Actisanès réunit alors sous son gouvernement l'Egypte et l'Ethiopie. Maître de deux grands empires, il jouit de sa puissance avec modération, el foula aux pieds le luxe de ses prédécesseurs , ]K>ur ne s'occuper que de ses sujets, qui furent constamment heureux sous son règne. Il délivra ses Etats des brigands qui les infestaient. Au lieu de faire périr les coupables , il se contentait de leur faire couper le ne/ , pour leur imprimer une flétrissure qui les distinguât des autres citoyens, et les reléguait dans une ville qu'il avait bâtie dans les déserts, entre l'Egypte et la Palestine , et où la nécessité les rendit laborieux. Devenu célèbre par sa sévérité, et chéri pour son équité, Actisanès aurait pu se clwisir un successeur dans sa famille ; mais il voulut laisser aux Égyptiens la liberté de se donner un roi après sa mort. T — n.

ALTON (Joseph), ministre de Naplcs, naquit à Besançon, le 1er octobre 1737, et fut le second lils d'Edouard Acton, ou plutôt llccton, nom que Joseph changea en celui sous lequel il est connu. Edouard, Irlandais de naissance el baronnet, était venu s'établir à Besançon en 1735, et y exerça la médecine avec succès. Après avoir reçu une bonne éducation, dont il profita peu , son fils entra dans la marine royale , y éprouva des' désagréments , et , quelque temps après , quitta la France , où il ne revint pins. 11 |>arcourut une partie de l'Italie, se fixa en Toscane , et obtint du grand-duc Léopûld le commandement d'une frégate, puis celui de loutc sa marine Lorsque le roi Charles 111 entreprit contre les Barbaresques une expédition qui ne réussit pas, Acton commandait les vaisseaux toscans réunis à ceux de l'Espagne, et il parvint à sauver un grand nombre d'Espagnols , qui auraient {>éri sans son secours. Leur armée, attirée dans l'intérieur, ayant été cernée de tous côtés, n'échappa à une destruction totale que par la présence d'esprit d' Acton , qui , au risque de perdre les frégates qui lui étaient confiées, les embossa de manière à faire porter tout le feu de leur artillerie

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ma la cavalerie algérienne, forte de 24,000 hommes, au moment où elle manœuvrait pour occuper toute la plage vers laquelle les Espagnols se retiraient. Cette belle action lui fit, dans toute l'Europe, une brillante réputation, et lui ouvrit le chemin d'une grande fortune. La France lui offrit le grade de capitaine de vaisseau : il demanda celui de chef d'escadre , qui lui fat refusé. Il fut plus heureux à Naplcs , où le roi , d'après le conseil du marquis délia Sambuca , son ministre , lui offrit du service , qu'Acton accepta , après en avoir obteuu la permission du grand-duc. On prétend que ce prince , dans sa réponse au roi de Naplcs , vanta les talents d'Acton , mais lui dit en même temps que celui-ci avait le caractère disposé à l'intrigue. Bientôt, parla faveur de la reine, il fut nommé ministre de la marine , et lit dans ce département des économies qui donnèrent une lieureuse idée de son administration. Peu après, il eut le ministère de la guerre, et profita de son influence pour donner une autre organisation au ministère des finances , dont les fonctions furent confiées à un conseil composé par lui. Ce fut d'après sa demande que la reine eut entrée au conseil, et dés ce moment son crédit n'eut plus de bornes. Use ligua étroitement avec Hamilton, ministre d'Angleterre. Une haine constante contre la France fut le mobile de toutes ses actions. Cette puissance avait coutume d'acheter des bois de construction dans le royaume de Naples : Aclon, sous prétexte du besoin qu'on aurait de ces bois pour la marine qu'il avait le projet de former, engagea le roi Ferdinand à en refuser l'exportation. Lorsqu'un tremblement de terre désola la haute Cala Dre , Acton refusa de recevoir une frégate chargée de grains , que le gouvernement français avait envoyée pour aider le roi de Map les à secourir les victimes de cette calamité. Le roi d'Espagne enjoignit alors à son fils d'éloigner le ministre qui avait tenu une conduite si révoltante ; mais la reine soutint Acton , et il fut conservé. Le cardinal de lierais vint inutilement à Naples pour faire cesser cette lutte scandaleuse d'un fils contre son père et contre le chef de sa famille ; mais rien ne put ébranler le crédit du ministre. Acton répondit, le

10 décembre 1792, à la lettre que le grenadier Belleville apporta au roi des Deux-Siciles, de la part de Latoucbe-Tréville , amiral de la flotte française. Les propositions que contenait cette lettre furent acceptées, dans la crainte du bombardement. En 1793,

11 lit prévenir le divan, pour l'engager à ne pas recevoir Semonville comme ministre de France. 11 dirigea, en 1794, la commission dite junte d'État, créée pour l'arrestation des hommes suspects au gouvernement. Il donna sa démission au mois de mai 1795. Ses ennemis se réjouirent de cet événement, parce qu'ils crurent que son crédit était tout à fait perdu : leur joie ne fut pas de longue durée. Le roi lui conserva la dignité de conseiller d'État, la grande croix de St-Janvier, et lui accorda une pension de 4,000 ducats, réversible à sa mort sur la tète de la personne qu'il désignerait ; de plus, S. M. l'autorisa à correspondre pour les affaires de quelque département que ce pût être, et ordonna a tous les bureaux de se conformer aux dépêches signées de sa main, comme si

elles venaient de la part du roi lui-même. A la suite de la paix conclue en 1797 (an 5), avec la république française , les journaux français publièrent qu'Acton avait encouru la disgrâce de la reine, pour cette pacification conclue sans qu'elle y eût participé ; mais , loin de là , on vit encore son crédit s'augmenter. De concert avec cette princesse, il ne tarda pas à déterminer le roi à recommencer les liostilités contre les Français qui occupaient l'État romain , et il accompagna son souverain dans l'expédition si célèbre par la défaite de Mack. Lorsque la paix eut été de nouveau conclue, Acton fut sacrifié à la politique imposée à la cour de Naplcs par la nécessité , et renvoyé , sur la demande du ministre français. Depuis ce temps, il ne dirigea plus les affaires d'une manière ostensible ; il chercha même , dans les douceurs de l'union conjugale , l'oubli ou la consolation de l'influence qu'il avait perdue. On peut reprocher à ce ministre, qui conduisait d'ailleurs avec beaucoup de fermeté les affaires du royaume dont le soin lui était confié, de s'être laissé quelquefois influencer par les subalternes et par des préventions auxquelles un tomme d'État ne doit jamais céder, quand surtout elles naissent de ses mécontentements particuliers. Son aversion pour la France , au service de laquelle il se plaignait d'avoir éprouvé un passe-droit, fut en grande partie la cause de la partialité que , dans toutes les occasions, il montra pour l'Angleterre, et de la haine ardente qu'il porta à la révolution française et à tous les individus qui, dans le royaume de Naples, furent soupçonnes d'en être les partisans. S'il eût mieux connu les ressources et l'opinion du pays qu'il administrait, il aurait peut-être évité de l'engager dans des entreprises qui , n'étant ni proportionnées à sa population , ni analogues à l'esprit public qui y régnait, 1Y[ misèrent sans utilité jiour la cause commune. ( Voy. Caroline et Ferdinand IV.) Renvoyé du ministère pour la dernière fois, en 1803, sur la demande de l'ambassade de France, il se retira en Sicile, où il passa les dernières années de sa vie. Quoique depuis longtemps il eût perdu ta faveur de la reine, il ne cessa pas d'être consulté souvent sur les affaires de l'État, et cette princesse l'honora d'une visite quelques jours avant sa mort, qui eut heu dans le mois d'aoïït 1811. Sa femme, beaucoup plus jeune, lui a survécu longtemps en Angleterre , puis en France. — Acton (le général ), frère cadet du précèdent, mourut à Naples, le 12 janvier 1830, à l'âge de 93 ans. Il était né à Besançon. Entré au service de France dès sa jeunesse, il fut présent à la bataille de Rosbach. Lors de la révolution, il émigra et se rendit à Naples, où il obtint, en 1799, le grade de colonel. En 1806, il suivit le roi en Sicile, et revint avec lui à Naples, où il fut nommé gouverneur de Gaête. M— n j.

ACTt AR1TJS ( Jean ). Ce nom , qu'ont porté tous les médecins attachés à la cour de Constantii>ople, était un office de la cour ; mais il a été plus particulièrement donné à un médecin grec qui s'appelait auparaî vant Jean, fils de Zacharie. 11 vivait, selon Wolfgang- Justus, dans le 11" siècle; selon Réné Moreau, dans I le 12*. Fabricius le place dans le 13\ et Lambeciui

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au commencement du U* C'est le premier auteur I grec qui ait introduit dans la pratique l'usage des purgatifs doux, de la casse, du séné, de la manne; c'est aussi le premier qui ait parlé des eaux distillées. Il est supérieur aux écrivains arabes, mais bien inférieur aux grands médecins de sa nation : Galicn , j Aéliuset Paul d'Egine, sont ceux qu'il a le plus particulièrement suivis. On a de lui : 1° une Thérapeutique en six livres, dont il n'y a aucune édition grecque, mais dont Henri Malhisius de Bruges a donné une traduction latine complète, sous ce titre : Mtthodi medendi libri ter , Venetiis, in-4\ 1554; Parisiis, 4506, in-8°. Cet ouvrage fut fait par Actuarius, pour un chambellan de la cour envoyé en ambassade dans le Nord. 8" Deux livres sur les Êsfnils animaux , dont Goupil donna une éditiou grecque à Paris, en 1557, in-81, dont une version latine est jointe a la traduction de îliathisius, et que Fiscticr a réimprimée en grec, ÀLeipsick, en 1774, in-8", avec l'addition de deux livres d' Actuarius, sur le régime. 5° Sept livres sur les Urines , qui n'ont jamais été imprimés en grec, mais dont Anibruise Levon de Noie publia en 1519, in-4", une version latine, que Goupil ensuite a revue, enrichie de notes, et réimprimée sous ce titre : de Vrinis libri srplem, Parisiis, 1548, in-8"; Basile*, 4558, in-S"; l'Urajeeli, 4670, in-8°. 4° I n j Traité sur la composition des médicaments , avec des commentaires de Jean Rucllius, qui n'est qu'une impression séparée des 5e et 6" livres de la Théra- l peulique d' Actuarius. Les œuvres médicales de J . Actuarius furent recueillies en 4520, Paris, m hiblioth. Aldina, in-8°; puis en 1586, atmd Bom-Turrisa- ' nu m , in Biblioth, Aldina, in-#°. Henri I- tienne publia, eu 1507, une édition in-fol. de tous ces ouvrages, traduits par différents auteurs, dans l'édition Medicœ artis Principes. 41s ont aussi été imprimés réunis : Aeluarii opéra , Paritiis, apud Morellum , in-8°; Lugduni, apud Jo. Turnesium , 4556 , in-12, 3 vol. Tous les ouvrages de Jean , dit Actuarius, sont pleins de faits pratiques; cependant l'auteur y montre la préférence qu'il donne à la médecine raisonnée. On trouve dans plusieurs bibliothèques dés ouvrages d' Actuarius qui n'ont pasété imprimés. G. et A — s.

AGI. ISA ( don Antomo-Osoiuo n' ), évéque de Zamora, sous les règnes de Fcrdiuand le Catholique et de Cliarlev-Cunnt. A|>pelé |«u* sa naissance aux plus hautes dignités, il fut envoyé par Ferdinand le Catholique en amlwssadc auprès des rois de France et de Navarre , puis nommé à lé vérité de Zamora , qu'il occu|iait en 151!), après l'avènement de Charles-Ouint , époque célèbre ilans la monarchie espagnole, et malheureusement trop favorable au développement des passions et du caractère fougueux de ce prélat. Des inimitiés (icrsonnellcs entre le comte d'Alba de Li-sle et lui divisaient en deux |mrtis la ville de Zamora. L'absence de Charles-Quinl ayant laissé le champ libre à 1 insurrection des communautés, connues sous le nom de sainte ligue, les peuples de la Castille se livrèrent d'abord à une anarchie tumultueuse, que la faiblesse du cardinal Adrien, vice-roi de la Péninsule, ne lui permettait pas de réprimer. Celte anarchie avait prie en fort peu de

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temps une force imposante , et pouf ainsi dire constitutionnciic , puisqu une assemoiee «les (ie|*utes, ou procureurs de la nation, traitait avec les ministres dé l'empereur, qui la reconnaissaient. Elle aurait infailliblement changé la face de l'Espagne, si <cs princi|)«ux chefs de la sainte ligue avaient et) l'audace et la fermeté de l'évéquc de Zamora. Oblige de s'éloigner de son siège , à cause des tracasseries rie son rival ( le comte d'Alba de Lisle ) , Acuna s'était rendu à Tordesillas au moment où les députes de ta sainte ligue s'y réunissaient ; il se jeta aussitôt dans leur jwrti , et fut accueilli avec empressement. On lui donna des soldats et des canons, avec lesquels il marelta droit à son rival , qui ne l'attendait point, et il se joignit aux forces du cardinal çouverneur. Dès cet instant , Antonio Acuna devint l'un des principaux chefs de la ligue populaire. U leva un régiment de prêtres, qu'il conduisit lui-même au combat. Il était alors dans sa soixantième année , et tous les auteurs espagnols s'accordent à dire qu'il avait le feu d'un jeune homme et l'adresse du militaire le plus exercé dans le maniement des armes. Dès qu'il s'agissait de fondre sur les ennemis, ce prélat sexagénaire piquait le premier son cheval, en criant : A qui mis clerigm ! « A moi , mes prêtres l » Au premier recensement des troupes de la ligue dans le bourg de Tordesillas, il parut à la tète de 5,000 hommes, parmi lesquels on remarquait soixante-dix lances qui étaient à son service particulier, et 1.000 hommes d'infanterie, dont 500 étaient des prêtres de son diocèse , sans compter un grand nombre d'habitants de Zamora qu'il emmenait également à sa suite. Les forces de la ligue devenaient cha<nie jour plus redoutables. 1..- cardinal Adrien et les grands restés fidèles à l'empereur employaient les moyens de douceur et de persuasion pour réduire ou diviser les chef* de la ligue; mais rien ne put adoucir l'esprit du prélat , et le président de la chancellerie de Yalladolid étant venu en députation auprès de lui ( il était campé avec 5,000 hommes dans un village de Castille, appelé Villa— braxima ) , pour lui ext>oser les fâcheux résultats de sa conduite , cl l'ordre du souverain de déposer les armes, non-seulement il répondit avec audace, mais il plaça nne embuscade sur le chemin du président pour l'enlever à son retour de Rioseco, lui et toute sa suite : celui-ci en fut averti , et eut beaucoup de peine à l'éviter. Acuna avait pris pour sa devise « qu'on ne saurait revenir sur ses pas, une fois « qu'on s'est avancé autant qu'il l'avait fait vis-à-vis « de son souverain ; » et il le disait hautement. 1 .-s ligueurs s'étaient rendus maîtres de Tordesillas, de la sœur de Charles-Quint , ainsi que de la reine Jeanne la Folle , sa mère, et enfin du cardinal de Tortose, son lieutenant général en Espagne. L'état lrabituel d'imbécillité de la reine mère n'empêchait pas qu'on n'en tirât un grand jwrti dans l'esprit des peuples. \Àt comte de Haro, qui connaissait l'importance de retirer Jeanne des mains de la ligue, vint attaquer les troupes qui la gardaient; après un combat opiniâtre, ce seigneur s'empara de la ville, et porta un coup mortel aux ennemis de son maître. Le régiment des prêtres soutint seul le choc des troupes

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impériales. Les historiens racontent qu'un de ces prêtres tua lui seul onze soldats du comte de liaro. Le mauvais succès de l'affaire de Tordesillas fut imputé à la faute ou à la trahison des généraux de la ligue; don Pedro Giron, fils du comte d'I rena, général en clief, (ut obligé de céder le commandement; mais Acuna ne |«rdtt point son influence, et de\int chaque jour plus redoutable, par les brigandages qu'il exerçait à la tétc des siens, et |)ar des entreprises dignes d'un guerrier consommé. Une négligeait aucun moyen de nuire à ses ennemis: ses lettres, ses émissaires parcouraient l'Es]âgnc, et fomentaient partout le soulèvement; mais ne |ierdant |>as de vue l'objet particulier de son ambition, il trouva le moyen de pénétrer dans la ville de Tolède , assiégée par les royalistes , et défendue par doua Maria Pacl»eeo , épouse de Jean de Padilla. Devancé dans cette ville par sa grande renommie, il fut proclamé archevêque de Tolède par le peuple, conduit à l'église, et revêtu de ses habits poutiticaux. Sun amour-propre satisfait, il songea à se procurer de l'argent, et disposa des ornements et des richesses de l'église |>our sul>venir à la solde de ses troiqx-s, qu'il alla bientôt rejoindre, et qu'il conduisit au siège d'Avila. 11 est à remarquer qu'un autre prêtre, don Antouiu de Tolède, prieur de l'ordre de Malte, ennemi jwrticulier d' Acuna, commandait également une division de royalistes, et que ces ministres de paix se faisaient l'un à l'autre une guerre plus cruelle que celle des militaires des deux partis opposés. Enfin, Jean de l'adilla, général eu chef de la suinte' ligue, ayant été battu à Villalar.le Î4 avril 1521, et Tait prisonuier avec ses l>rincipaux officiers, cet événement étouffa la ligue, et tous les chefs de cette révolution populaire portèrent leur tète sur l'éehafaud. L'évéque de Zamora cherclia à se sauver en France , et pénétra , à la faveur d'un déguisement, jusqu'aux frontières de la Navarre, où il fut reconnu et arrêté. Cliarles-Quint le lit transférer au château de Simancas. C'est dans cette prison, où il était gardé avec assez d'égards, qu'il fendit la tête à l'alcayde, ou gardien de la forteresse, avec un morceau de brique qu'il avait substitué à son bréviaire , placé ordinairement dans une bourse de cuir. Le fils de l'alcayde, étant accouru au bruit , rencontra l'évéque qui s'échappait, et parvint à l'arrêter. Ce crime fut le dernier d' Acuna. Après l'avoir tenu en prison deux ans dans le cliâteau de Simancas, Charles- Quint lit usage d'un bref qu'il avait obkmu du pa|>e, |»r lequel le prélat, dépouillé de son caractère épiscopal, fut soumis à la justice ordinaire. L'impitoyable alcayde Konquillo, le même dont langueur avait exaspéré les esprits au commencement do l'insurrection, recul l'ordre d'aller mettre a exécution le jugement déjà rendu contre don Antonio, et il fut décapité dans la prison même. Son corps fut suspendu et exposé à l'un des créneaux de la forteresse. Telle fut la fin de cet homme , remarquable par l'activité et la férocité qu'il déploya dans un Age et dans une profession qui auraient dù ralentir la fougue de son caractère. Il s'était Tait remarquer par la pureté de ses mœurs, jusqu'à l'époque des révolutions de son pays, et U avait été utile à son pince, par des mis-

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sions inqMirtantea. U>s autres chefs de la rébellion,

tels que Jean de Padilla, Jean Bravo, François de Maldonado et Pierre Pimcntel furent exécutés , immédiatement après leur capture, sans aucune formalité de justice, et vu ht notoriété du faU. ( Voy. Padilla . ) J. B. E — u.

ACINA (Ferdisasd d'), né à Madrid, au commencement du 16e siècle, fut un des personnages les plus remarquables de son temps , par la valeur qu'il déploya dans l'armée de Charles-Quint, et par le succès qu'obtinrent ses essais |>oélique«. U traduisit d'abord en vers espagnols l'ouvrage d'Olivier do la Marche, intitulé le Chevalier délibéré, et y ajouta un livre entier de sa composition. Cette traduction (Anvers. 1555, in-8°, lig., rare ) plut beaucoup a l'empereur. Acuna composa ensuite, dans le mètre italien, des sonnets, des stances et des égk»gues, dont les |>ensécs sont naturelles et l'expression élégante. I/églogue de Silvain, entre autres, renferme de belles pensées, et présente un tableau riant de la vie chanqtélrc. Acuna réussit également eu traduisant Ovide, et surtout la dispute d'Ajax et d'Ulysse, au sujet des armes d'Achille , quoique ce morceau soit en vers de onze syllabes, mètre que les Espagnols regardaient comme le plus difficile dans leurs poésies. Acuna commença aussi à traduire le poème do Roland amoureux, du Boyardo; les quatre citants qu'il ajouta à cette traduction parurent dignes de l'original. Il mourut en 1580, à Grenade, où il s'était rendu pour soutenir un procès au sujet du comté de Hucndia, dont la possession lui était contestée. Sa traduction du Chevalier délibéré fut réimprimée à SulamaiU|Ue, en 1575, comme je l'ai dit plus haut, sous ce litre : el Cavallero delerminado , avec des changements et des additions qui n'ont point nui à l'original. On a recueilli après sa mort ses poésies diverses, Varias poexiat, Salamanca, 151>1, in-4", qui eurent l'approltation de ses i m mporains, surtout du célèbre Garcilasso de la Vega, son ami. I) — u.

ACI NA (noAi Pedhu d') , chevalier de Malte, gouverneur des iles Philippines sous Philippe 11, se montra d'abord favorable aux Chinois, qui, se voyant en grand nombre a Manille, se révoltèrent en 1003. Don Pedro les tailla en pièces cl rétablit la tranquillité. En 1605, ayant reçu l'ordre de poursuivre avec vigueur la guerre contre les Hollandais, il mit en mer avec une Hotte de trente-cinq voiles et 3,000 hommes de débarquement. U se rendit maître de l'Ile de Tcrnatc, et,avec les secours du roideTidor, fit la conquête de toutes les Moluques, amenant prisonniers le roi de Ternatc, son fds et les principaux seigneurs de sa cour , il entra avec eux en triomphe, le 10 juin 1606.dans la capitale de sou gouvernement ; mais il ne jouit i>as longtemps de ses succès : des envieux l'empoisonnèrent, et il mourut le 3 juillet 1606. Il a publié une relation esjwgnole du soulèvement des Chinois à Manille. B— r.

ACI NA ( Christophe d' ), missionnaire espagnol , né à Burgos en 1597, entra dans l'ordre des jésuites à l'Age de quinze ans. U passa ensuite en Amérique, où il travailla pendant plusieurs années à la I conversion des Indiens du Chili c» du Pérou. Nou>

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mé successivement recteur du collège des jésuites de Cuença, au Pérou, et professeur de théologie morale, il fut choisi, en 1638, par le conseil de Lima, pour accompagner le général portugais Tcxicra dans son voyage entrepris pour reconnaître le fleuve de l'Amazone jusqu'à sa source. Ce voyage avait aussi pour objet d'ouvrir la communication du Brésil au Pérou. D'Acuna eut pour collègue le P. André d'Artieda , professeur en théologie. Ayant reçu de la chancellerie de Quito des instructions particulières, et l'ordre de repasser en Espagne après son voyage, pour rendre compte au roi de ses observations, il partit de cette ville au mois de février 1639, avec le général portugais, s'embarqua sur sa flottille qui avait remonté l'Amazone, et il n'arriva à l'embouchure du fleuve et dans la ville de Para qu'après neuf mois de navigation . Dans le cours de ce voyage célèbre, le P. d'Acuna reconnut de nouvelles peuplades d'Indiens, et trèspeu d'anthropophages; il tira des informations curieuses des fameux Topinambous, originaires du Brésil, qu'il ne Ht pas difficulté de comparer aux peuples les plus distingués de l'Europe. Les Topinambous confirmèrent au P. d'Acuna qu'il existait de vraies amazones , dont le fleuve a tiré son nom. Les preuves que ce jésuite apporta en faveur d'un fait si longtemps douteux furent ensuite adoptées par le savant Condaminc, et fortifiées |»r ses propres recherches. Le jésuite observateur désigna l'Ile du Soleil , à l'embouchure de l'Amazone , comme la clef du fleuve et de tout le pays, et proposa à son gouvernement d'y établir deux forteresses. C'est par ce résultat politique de ses observations que le P. d'Acuna termina la relation historique de son voyage, qui eut pour témoins et pour garants plus de trente Es|»gnols et Portugais. 11 la publia à Madrid, en 1641 , avec permission du roi, immédiatement après son retour dans cette capitale et sous ce titre : Nuero Deseubrimiento del gran rio de las Amazones, in-4°. Il donne dans cet ouvrage une longue description, et il y parle beaucoup des amazones, non point comme en ayant vu lui-même , mais sur la foi de gens dont il assure qu'il n'est |»s possible d'infirmer le témoignage. Tous les projets de l'Espagne sur la communication entre le Pérou et le Brésil s'évanouirent dés que la maison de Bragance fut sur le tronc. 11 y avait lieu de craindre que la relation du P. d'Acuna n'apprit aux Portugais à remonter l'Amazone jusqu'à sa source. Cette considération détermina Philippe IV à faire enlever tons les exemplaires. Ils devinrent si rares, que, vingt ans après, on n'en connaissait que deux : celuiqui était dans la bibliothèque du Vatican, et un autre appartenant à Marin Leroi de Gombcrvillc, qui le traduisit de l'espagnol en français, sous ce titre : Relation de la rivière des Âmazmet, Paris, 1682, 2 vol. in-12, avec une dissertation curieuse; mais, dans plusieurs passages, Gomberville n'a pas rendu fidèlement le texte. Cette traduction a été réimprimée dans le tome second de la Croisière autour du monde de Woode Hogers . Le P. d'Acuna fit ensuite un voyage à Rome, en qualité de procureur du collège de sa province, et il revint en Espagne, avec Pcmploi de qualificateur de l'inquisition. Après y

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avoir demeuré quelques années, il retourna aux Indes occidentales. Il était, en 167S, à Lima, au Pérou, où il est mort sans qu'on sache précisément dans quelle année. B— P.

ACUNA. Voyez Cunha ( da ).

ACUS1LAS ou ACUSILACS, historien grec, né à Argos, vivait, selon Josèphe, un peu avant l'expédition de Darius contre la Grèce , et vers le temps où Cadmus de Milct écrivit le premier l'histoire en prose. L'ouvrage d'Acusilas était intitulé : les Généalogies, parce qu'il y rapportait celles des princijwles maisons de la Grèce. Suidas prétend qu'il les avait tirées de quelques inscriptions gravées sur des tables de bronze que son père avait trouvées en fouillant la terre dans un coin de sa maison. Mais Josèphe et Clément d'Alexandrie disent qu'il les avait tirées d'Hésiode. Il faisait commencer les temps historiques à Plwronée, fils d'Inachus, et il comptait

! 1020 ans depuis lui jusqu'à la première olympiade, l'an 776 avant J.-C. Il ne nous en reste que des fragments recueillis par Sturz , qui les a placés à la fin de ceux de Phérécydes; Géra», 1798, in-8". Plusieurs auteurs ont cité les Généalogies d'Acusilas, et quelques-uns l'ont mis au rang des sept sages, au lieu du tyran Périandrc. C— n.

ACDTO (Jean), dont le nom véritable était IUvt kwooo, célèbre condottiere anglais, rassembla une bande d'aventuriers en Angleterre et en France, et en formata redoutable compagnie anglaise blanche, dont il vendit successivement les services à plusieurs princes et républiques d'Italie. Envoyé, en 1363 , par Barnabos Visconti , au secours de Pisc, réduite aux abois par Florence, il contribua, par la crainte qu'il inspirait, ainsi qu'un autre aventurier, Anichino Baumgarten, à la paix qui fut signée le 1 7 août entre les deux villes rivales ; puis, l'année suivante, il devint l'instrument le plus actif de Jean .dcIPAgncllo, qui s'empara de la souveraineté de Pise, par le conseil de Barnabos, et se fit d'abord nommer doge et ensuite seigneur. En 1 371 , au contraire, nous le retrouvons dans la ligue formée par le pape Grégoire X I contre les Visconti, et il bat deux fois les troupes de

' ces seigneurs de M ilan (5 janvier et 8 mai 1 572} sur le l'anaro et au pont de Chiesi. Trois ans après , toujours par l'ordre du pape, ou pour mieux dire de son légat, Guillaume de Noellet, il ravagea le territoire de Florence ; et les Florentins , pour se racheter d'une destruction complète, furent obligés de lui compter 130,000 florins d'or. Les troubles de Naplcs lui donnèrent ensuite l'occasion d'exercer ses talents. Charles III se l'attacha en 1382, et il parait que c'est surtout |>ar le conseil d'Acuto que ce prince prit le sage parti de laisser se fondre d'elle-même , par le besoin et sans jamais risquer d'action générale, l'armée de son compétiteur Louis d'Anjou. En 1387, Acuto se mit à la solde de François 1" de Carrare , seigneur de Padoue , alors allié de Barnabos , contre Antoine délia Scala de Vérone et les Vénitiens. La compagnie d'Acuto contribua activement aux succès qu'obtinrent les alliés et qui amenèrent la ruine de la maison délia Scala, et, peu après, celle des Carrare eux-mêmes, par une atroce perfidie de

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Barnabos. Lorsqu'en 1390 éclata la guerre de Florence et de Bologne contre les Viseonti et leurs allies, les Florentins opposèrent à l'Iiabile Jacques Del Vennc, général des confédérés ennemis, Àcuto et 6,000 hommes de cavalerie, et Jean III, comte d'Armagnac, qui devait en amener 4,000 dans la Lombardie. Acuto , sans doute auteur du plan de campagne, s'était avancé jusqu'à Brescia et à 4 milles de Milan (1391). Les deux chefs devaient éviter tout engagement important jusqu'à leur jonction. L'imprudence du comte d'Armagnac sous Alexandrie, sa déconfiture, sa mort, compromirent singulièrement Acuto, qui fit retraite vers la plaine véronaise et assit son camp sur un tertre. Del Vernie, qui le suivait, Uclia les digues qui retenaient les eaux de l'Adige, et fit ainsi du jkjsIc d' Acuto une Ile, puis lui envoya, par un trompette, un renard enfermé dans une cage. L'Anglais répondit que le renard n'avait pas l'air triste et savait sans doute comment s'échapper. Effectivement, il partit en plein jour avec ses 6,000 chevaux, ayant de l'eau jusqu'au poitrail, glissant sans cesse dans la fange et le limon, marcha ainsi toute une journée d'été et une partie de la nuit, parvint à Castelbaldo sur la digue de l'Adige , passa ce fleuve à sec, et revint en Toscane à peu prés sans perte. Acuto mourut peu de temps après cette expédition. P— OT.

ADA, reine de Carie, fille d'Hécatomnus, épousa Hydriéus , son frère , selon la coutume des Carions, et, après la mort d'Artémise, régna pendant 7 ans sur la Carie, conjointement avec son frère et son époux. Ce prince étant mort ( 344 avant J.-C.), les Cariens, conformément à sa dernière volonté, déférèrent l'autorité à Ada, qui gouverna seule pendant quatre ans; mais Pexadorus, leplusjeune de sesfréres, voulant régner à son tour, se ménagea l'appui du satrape Orontobatès , favori du roi de Perse, et se fit accorder l'investiture du royaume de Carie. Ada se défendit avec courage; dé|»uilléc enfin de ses États, elle se retira dans la forteresse d'Alinde, et s'y maintint jusqu'à l'arrivée d'Alexandre en Asie. Lorsque ce prince victorieux pénétra dans la Carie, Ada vint à sa rencontre et implora son secours. Alexandre chassa le satrape Orontobatès, et remit Ada en possession de son royaume, l'an 334 avant J.-C. Sensible à ce bienfait, Ada adopta Alexandre, dans la vue de l'établir son héritier; mais Plutarque n'est point d'accord avec Arricn à ce sujet. 11 soutient que l'adoption fut faite par Alexandre, qui depuis appela Ada sa mère. Pendant le séjour qu'il fit en Carie, cette princesse eut soin de lui envoyer les mets les plus recherchés, et lorsqu'il quitta le royaume, elle lui fit présent de ses plus liabiles cuisiniers. On ne sait pas à quelle époque mourut Ada, qui fut la dernière reine de Carie. B— p.

ADAD. L'Ecriture fait mention de plusieurs j>ersonnages de ce nom. Le premier, descendant d'Ésaû , successeur d'Husam dans le royaume d'Idumée, régnait à Arith; il défit les Madianitcs dans le champ de Moab. Le second était un prince du sang royal d'Idumée, qui échappa dans son enfance au massacre de tous les mâles de cette contrée, ordonné

par Joab. 11 se réfugia en Egypte , où le Pharaon

l'accueillit, et lui fit éjwuser la sœur de sa femme. Après la mort de David et de Joab, Adad retourna en Idumée, monta sur le trône de ses pères, fit la guerre à Salomon, exerça de grands ravages sur ses terres, et servit d'instrument à la vengeance de Dieu, pour punir ce prince de son idolâtrie, \& troisième Adad fut le dernier roi d'Idumée, successeur de Balanam. Le nom d'Adad, ou d'Adab , était commun à tous les rois de Syrie. T— n.

ADA1K (James— Makittrick) , médecin, né en Ecosse, s'est distingué par son habileté dans sa profession et par sa libéralité. Une excessive présomption et la susceptibilité de son caractère l'entraînèrent malheureusement dans des querelles multipliées avec plusieurs de ses contemporains, notamment avec Ph. Thicknesse (voy. ce nom), qui n'était pas d'humeur plus pacifique. Adair, longtemps établi à Bath, fut ensuite médecin du commandant en chef et des troupes coloniales à Antigua. Les vicissitudes de sa vie et la guerre de plume qu'il eut i soutenir ne l'empêchèrent pas d'atteindre un âge très-avancé. Il mourut à Ilarrowgate, dans le comté d'York, en 1S02. Quelques particularités de sa vie et de ses démêlés se trouvent dans un de ses écrits publié en 1790 : Anecdote» sur un médecin métaphoriquement défunt, par Benjamin Goosequil, etc., in-8°. Parmi d'autres productions de sa plume nous citerons : 1° Conseils aux valétudinaires , spécialement à ceux qui fréquentent les eaux de Bath, 1786, et avec des additions, 1787 ; 2° Objections sans réplique contre l'abolition de la traite des noirs, 1789, in-8". L'auteur fut interrogé sur ce sujet par le conseil privé. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que la réplique n'a jkis manqué à ses objections. 3° Essai sur les maladies à la mode ( fashionablc discases ), 1789, in-8°. L.

ADALARD, ou ADALHARD, né vers l'an 753, eut pour père le comte Bernard, fils de Charles Martel, et fut ainsi neveu de Pépin le Bref, et cousin germain de Charlemagne. Élevé à la cour, il s'en dégoûta , et embrassa la profession monastique à Corbie , en 772. Le désir d'une plus grande obscurité l'engagea à quitter ce monastère pour celui du mont Cassin ; mais la cour de France le rappela, et, quehnies années après son retour à Corbie, il en fut élu abbé. Ses talents et ses qualités le firent nommer conseiller et principal ministre de Pépin, en 796. lorsque Charlemagne donna à ce prince le royaume d'Italie, Adalhard gouverna avec tant de sagesse, qu'il conserva son rang auprès de Bernard, fils et successeur de Pcpin. Cependant Cltarlemagne le rappelait quelquefois en France pour se servir de ses lumières. Après la mort de ce prince, il fut victime de la jalousie de quelques courtisans : Louis le Débonnaire l'exila dans l'Ile de lléro, aujourd'hui Noirmoutier. Sa disgrâce s'étendit sur toute sa famille. Rappelé sept ans après, en 821 , Adalhard reprit son abbaye de Corbie, et fut même admis à la cour. 11 parut avec distinction à l'assemblée des états qui se tint à Compiègne, en 823. La même année, ii établit la célèbre abbaye de Corwcy, ou la Nouvelle-

Gorbie, en Saxe, dont son frère avait jeté les premiers fondements. Il mourut le 2 janvier 826, et eut |>uur successeur Wala, son frère. Paschasc Radbert, son disciple, écrivit sa vie , ainsi que Gérard , abbé de Sauve-Majeure; elle se trouve dans Bollundus, dans Mabillon et dans les Viet det Saint-, par Baillet. Il ne reste que des fragments des écrits d'Adalliard. Mabillon, qui devait donner une édition de ses œuvres, s'est borné à faire une liste des sommaires, au nombre de cinquante-deux, des divers sujetsqu'il avait traités dans ses discours à ses moines, et a fait imprimer depuis, dans son Muteum ilulicum (t. I"), un jugement rendu par Adalliard lorsqu'il était ministre ou régent du royaume d'Italie. Le plus important écrit d'Adalliard était un Traité touchant l'ordre ou l étal du palait et d$ toute la monarchie française. Il était divisé en deux parties, et n'est \ms parvenu jusqu'à nous. Les Slatula antiqua Abbuliœ Corbeiensis, |tar Adalliard, se trouvent dans le tome 4 du Spicilége de d'Achery. A. B— t.

ADALBERON, archevêque de Reims, et clianeelicr du royaume, sous les régnes de I^otluiire et de Louis V, fut un des plus savants prélats de France au 10* siècle. Devenu archevêque, en 909, il assembla plusieurs conciles pour rétablir la discipline ccclcV «astique , et sut la faire observer par sa fermeté et son exemple. Il attira des savants ù Reims, et donna aux écoles de cette ville une nouvelle splendeur. En 087, Adalberon sacra Hugues Cajtct, qui le continua dans la dignité de grand chancelier. Il mourut le ?> janvier 988. On trouve plusieurs de ses lettres parmi celles de Gerbert, et deux de ses discours dans lu Chronique de Moissac. L'église do Reims lui était redevable de la plus grande partie de ses biens. T— D.

ADALBERON, surnommé AjCBLfJV, évêque de Laon, naquit au milieu du 10* siècle, en Lorraine, fut élève de Gerbert dans l'école de Reims, et fit de tels progrès dans les lettres, qu'il passa dans la suite pour un des hommes les plus savants du royaume H sut gagner la faveur de Ixtthairc, qui le fit nommer, en 077, à l'évèché de Lion. Adalltcron ap|>orta à son église des sommes immenses qui lui appartenaient en propre. Il joua un rôle odieux dans la révolution qui fil passer la couronne des Carlovingiens aux Capétiens. Cliarles, duc de Lorraine, en défendant ■es droits à la couronne , après la mort de Louis V, avait pris Laon et battu son compétiteur Hugues Capet, qui voulait reprendre cette ville; Adalltcron était flans les intérêts de Hugues, et ce prince fut introduit dans la place par l'évéque, qui eut la lâcheté de lui livrer le duc Charles, et Arnould, archevêque de Reims, auxquels il avait donné asile. Adalberon assista aux conciles de St- Basic et de Chelles; il eut des démêlés très-vifs avec Gerbert, devenu son métropolitain, conserva sa faveur auprès des deux rois Hugues et Robert, qu'il avait si bien servis, gouverna l'église de T-aon pendant K5 ans, et mourut le 19 juillet 1030, un an avant le roi Robert. Ses liaisons avec la veuve de tolhaire avaient nui k la réputation de l'un et de l'autre. Adalberon cultiva les lettres, et i au roi Robert un poème satirique et allégoride 430 vers, sur les affaires du royaume, ou il

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n'épargne ni ses ennemis ni les moines. Adrien de

Valois le fit imprimer en 1663, à la suite du Panégyrique de l'empereur Iiérenger, in-8'\ On le trouve plus correct dans le 10e volume des JIi$torien$ de France. Quoique cet ouvrage soit d'un style obscur et de mauvais goût, il est utile à ceux qui étudient l'état des mœurs, de la société cl du gouvernement à celte époque. On voyait à la bibliothèque de l'abbaye de Laubes un autre poème de ce prélat, intitulé : de Sancla Trinilate, qui était aussi adressé au roi Robert. Adalberon a aussi cumposé un 'lui h- de dialectique: ces deux ouvrages n'ont jamais été publiés. — Deux autres Adalberon furent évèques de Metz. T — n.

ADALBERT, ADELBEHT, ou ALDEBERT, fameux imposœur du 8e siècle, qui se vantait d'avoir reçu, [Kir le ministère d'un ange, des reliques admirables, au moyen desquelles il pouvait obtenir de Dieu tout ce qu'il lui demandait. Le peuple, les gens de la campagne surtout et les femmes se laissèrent séduire ; on le prit |iour un thaumaturge ; il ne marchait plus que suivi d'une foule immense. Des évéques ignorants et gagnés à prix d'argent lui conférèrent l'épisnopat. 11 distribuait ses cheveux et les rognures de ses ongles, comme uu objet de dévotion. Persuadé qu'il était au-dessus des apolrcs et des martyrs , il refusait de leur consacrer des églises , iionneur qu'il se réservait pour lui seul. On vit en peu de temps, sur le bord des fontaines et dans les bois, s'élever de* croix ut des oratoires qui faisaient déserter les églises. Il dispensait de la confession, sous prétexte que, pénétrant dans l'intérieur des consciences, il n'en avait pas besoin ]>our absoudre. Enfin, les évèques, fatigués de ses extravagances, le condamnèrent, lui et ses livres, au concile de Soissons, en 744. Adalbert se moqua de leur sentence. II fallut que le pape Zacharic en assemblai un plus considérable à Morne, à la sollicitation de St. Boniface, où ce fanatique fut de nouveau condamné, ainsi qu'un autre extravagant hibernois qui faisait les mêmes folies en Allemagne. Carloman et Depin l'avaient fait enfermer après le concile de Soissons. 11 est vraisemblable qu'il finit ses jours en prison. Ses écrits, jugés dignes du feu dans le concile de Rome, n'étaient qu'un tissu d'impostures et d'absurdités. Ils consistaient dans l'histoire de sa propre vie , dont il ne reste plus que le commencement; dans une prétendue lettre de Jésus-Christ, apportée du ciel par St. Michel, qu'on trouve, quoique im peu mutilée, dans l'Appendice des Capilulairct de l'édition de Baluxc ; enfin, dans une formule de prières à l'usage de ses sectateurs 11 en a été conservé quelques fragments dans les Actes du concile romain et dans les lettres de St Boniface. T— D.

ADALBERT 1", fils de Boniface II, comte de Lucques, marquis et duc «le Toscane. Boniface avait été dépouillé de ses fiefs par l'empereur Lothairc Ier. Son fils Adalbert fut rétabli dans le duché de Toscane dès l'année 847. Le règne de ce prince fut long et glorieux; ce lut lui qui éleva les ducs de Toscane au premier rang parmi les feudataires italiens. Comme le pape Jean VIII, trop favorable à

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ta coarotinc de l'Empire, Adalbcrt, qui soutenait le I parti de Carloman , marclia contre Home avec son beau-frère Lambert, duc de Spolêto, et contraignit le pape à se rémgier dans la basilhpic de St-Picrrc, força les Romains à prêter serment de fidélité à Carloman, et méprisa, jxmr arriver à son but, l'excommunication dont il fut frappé. Adalbcrt mourut entre les années 884 et 890. Il eut pour successeur son (ils, de même nom que lui. S. S— t.

AD ALBERT II, fils du précédent, régnait à l'époque où la maison carlovingienne venait de s'éteindre : les seigneurs italiens se disputèrent les deux couronnes de Lomlmrdie et de l'Empire. Adall*rt II était alors le plus puissant des grands feudataires, sa cour était la plus riche et la plus somptueuse, et quelque goftt pour les lettres et les beaux-arts commençait à s'y introduire. Il aurait pu prétendre a la couronne, a aussi juste titre que Guido, duc de Spoléte, et Bércngcr, duc de Frioul ; il aima mieux assurer l'indépendance et la prospérité de ses États héréditaires, et tenir la balance entre les monarques rivaux. Il s'attaclm d'abord à l'empereur Guido, qui était son onde ; mais il cliangea plus d'une fois de parti, et, au milieu des divisions de l'Italie, sa fortune se démentit souvent. Arnolphc, roi d'Allemagne, le fit arrêter, en 894, comme il était venu lui rendre hommage. Lambert, fils de Guido, le battit, en 898, I prés de San-Donnino, et le fit |m'sonnier. Louis de Provence, qu'il avait apjiolé en Italie en 900, le fon;a par son ingratitude a se détacher de lui. On croit qu'il mourut en 917. Iash dernières années de sa vie et le sort de sa famille sont envelopj»és de beaucoup d'obscurité. Muratori le regarde comme l'un des ancêtres de la maison d'Esté. Ermcngardc (roy. ce nom), fille d' Adalbcrt II, épousa Adallxrt, marquis d'ivrée. Guido, son fils, lui succéda au duché de Toscane. S. S— i.

ADALRERT, roi d'Italie, fils de Bércngcr H, ftit associé par lui au trône le 1 8 déeembrc950. Cette association était destinée à garantir son droit de succession; mais il ne partageait point l'autorité de son pére; aussi n'avait-il point encouru avec lui la haine publique. Lorsipi'Olhon Ier entreprit, en 961, la conquête de l'Italie, Adalhert s'avança sur I'Adige avec une année de 60,000 hommes; mais, au lieu de combattre, les chefs de cette armée déclarèrent que, si Bérenger ne renonçait pas à la couronne en faveur de son fils, ils le sépareraient sur-le-champ. Bérenger refusa de transmettre à son fils des droits qu'il voulait conserver, et les grands feudataires quittèrent aussitôt Adalbert, et retournèrent chez eux avec leurs vassaux. Otlion n'éprouva plus aucune résistance; et, tandis que Bérenger s'enfermait dans la forteresse de St-Léo, Adalbert parcourut l'Italie sous divers déguisements, s'efforçant vainement de ranimer le zèle de ses sujets. Il fut enfin obligé de se réfugier & Constantinople, à la cour de Nicéphorc Phocas. Après l'année 968, l'histoire ne parle plus de lui. S. S— I.

ADALBERT, marquis d'ivrée, épousa Gisèle, fille de Bérenger I«r, et de ce mariage naquit Bérenger II, roi d'Italie. Le marquisat d'ivrée, qui comprenait la plus grande partie du Piémont, était

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