‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 34 sur 129 · ADA 4M · texte numérisé non relu

ADA 4M

I un des flefs les plus importants de Ntahc ; son seigneur | -Minuit offrir ou fermer aux Français le passage des Alpes; et Adalbert, non moins jaloux do l'autorité royale que les autres grands feudataires, ap|iela deux fois, en 899 et 921, «les concurrents français à la couronne d'Italie, |>our en déjiouiller son beau-jière. Deux fois aussi il fut vaincu, et obtint son pardon de la clémence de Bérenger I". Ermcngardc, fille d' Adalbert II, duc de Toscane, qu'il épousa en secondes noces, l'entraîna, par son ambition et ses intrigues, dans le parti de Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, et hâta ainsi la ruine de Rérenger. Adalbcrt mourut en 9-25, avant d'avoir vu l'accomplissement des projets de sa femme. S. S — l.

ADALBERT (Saint), évêque de Prague, né en 939, d'une famille noble de Bohême, étudia à Magdebourg, auprès de l'archevêque Adalbert, dont il prit le nom. De retour à Prague, et sacré évêque, il fit d'inutiles efforts pour corriger les mœurs du clergé de Bohème, qui le persécuta et le força de s'enfuir à Rome, où le pape Jean XV le dégagea de ses obligations envers son diocèse. Il entra alors (fans un couvent, où, par hnmil'té, il faisait le service de la cuisine. I^s Bohémiens le redemandèrent , et le peuple de Prague le rcrut avec des transports de joie ; mais la corruption, toujours croissante, de son troupeau, l'en rliassa encore : sa pieuse austérité s'accordait mal avec les vices des Bohémiens. Il se retira de nouveau à Rome; l'archevêque de Mayencc se plaignit au pape de ce qu' Adalhert abandonnait son église. I^a Hongrie venait de se convertir au christianisme; l'évêque de Prague se rendit auprès du prince Geysa, et prêcha l'Évangile aux Hongrois, à l'aide d'un interprête. H exerça le même ministère en Pologne, d'al>nrd à Cracovic, et ensuite à Gnescn, où il fut archevêque. Mais son zèle, et peut-être l'inquiétude naturelle de son caractère , avaient besoin d'une tache plus pénible et plus dangereuse : la Prusse était encore idolâtre; la foi chrétienne n'avait jamais été prèchée à ses habitants; il s'y rendit avec une faible escorte, et obtint d'abord les plus grands succès à Dantzick , alors Gédanie; entraîné par son zèle, il aborda dans une petite Ile dont les sauvages habitants le reçurent fort mal. Le ton impérieux avec lequel il leur ordonna de quitter leurs dieux excita leur indignation; ils le saisirent et l'enchaînèrent; ses compagnons tremblaient : « Ne vous affligez pas, leur dit-il, « qu'y a-t-il de plus glorieux que de mourir pour « le Christ?» Les barbares, offensés, le percèrent de coups de lance, à l'instigation dcScgo, prêtre païen; et il obtint ainsi les honneurs du martyre. Cet événement arriva en 997. Sa fête est célébrée le 29 avril. On l'appela Y Apôtre de ta Pruste. Le prince de Pologne Boleslas racheta son corps pour mie quantité d'or d'un poids égal. Il passe pour l'auteur du chant guerrier Bnga-Rodzica , que les Polonais ont coutume d'entonner avant une bataille. G — T.

ADALBERT, apôtre des peuples slaves, fut, en 961, tiré du monastère de St-Maximicn et envoyé en, Russie. La princesse Olga, la Clotildc de la nation russe, était allée à Constantinople (956), pour y

140 ADA

recevoir le baptême. ( Yoy. Olga. ) Mécontente de l'accueil qu'elle avait reçu à la cour de IVmpereur Constantin Porphyrogénétc , aussitôt après son retour à Kiow, elle envoya des ambassadeurs à l'empereur Othon 1er , et lui demanda un évêque et des prêtres. L'empereur jeta les yeux sur Adalbcrt pour remplir cette mission importante. Ce religieux fut ordonné éveque, et Othon fournit généreusement aux frais du voyage. La nation russe étant encore plongée dans la barbarie, Adalbcrt fut attaqué en chemin; et quelques personnes de sa suite furent mises à mort avant qu'il arrivât à kiow. Lui-même ne se sauva qu'avec |>eine. Il fut reçu avec bonté par Othon qui, en 966, lui donna l'abbaye de AVeisscnbourgen Alsace. Ce prince, désirant répandre parmi les nations slaves les lumières de l'Évangile et de la civilisation, prit la résolution d'ériger une métropole à Magdebourg. Adalbcrt, choisi pour en être le titulaire, fut envoyé à Rome afin d'obtenir l'approbation du souverain pontife. Le paj>c Jean XIII l'accueillit avec joie et lui donna le pallium (968). Il accorda au nouveau siège archiépiscopal plusieurs privilèges, entre autres celui de tenir le premier rang parmi les sièges de la Germanie septentrionale, et d'aller de pair avec ceux de Cologne, de Mayence et de Trêves. Adalbcrt, établi métropolitain des nations slaves, fut chargé de fonder parmi elles des évêchés à Zcitz ( transféré depuis à ÎSauembourg ) , à Meissen, à Mcrsbourg, à Brandebourg, à Havclberg et à Poscn. Le pape lui adjoignit deux légats qui devaient l'aider dans cette ccuvre importante. Adalbcrt, consacré à Magdebourg, ordonna les six évêques suffragants de sa métropole. 11 gouverna son église jusqu'à sa mort, en 981. Ce prélat avait formé plusieurs disciples, entre autres St. Adalbert, évêque de Prague. G— v.

ADALOALD, roi lombard, fils d'Agilulfe et de Théodelinde, naquit en 602, et fut proclamé roi, conjointement avec son père, dès l'an 604, par les chefs de la nadon lombarde, assemblés dans le cirque de Milan. Il fut en même temps fiancé à la fille de Théodcbert II, roi d'Austrasie, dont Agilulfe voulait s'assurer l'alliance. Son père mourut vers l'année 61 5, et sa mère fut chargée de sa tutelle. Théodelinde était catlioliquc , tandis que la nation lombarde , presque entière, était aUachée à l'arianisine. Cependant la piété de la reine, qui rétablit les églises, les couvents et les hôpitaux détruits pendant les guerres précédentes, fit beaucoup de prosélytes à la religion de la cour. A sa mort ( vers l'an 625 ) , des disputes de religion entre les ariens et les catlioliques troublèrent le règne d'Adaloald. 11 voulut sévir contre les grands qu'il trouva rebelles à sa volonté , et en envoya douze au supplice. La nation attribua cette violence à une folie subite dont il avait été atteint, et le déposa, malgré les représentations du pape Honorius 1" et de l'exarque de Ravenne. 11 mourut peu après, et son beau-frère Arivald, duc de Turin, qui était arien, lui fut donné pour successeur. S. S — I.

ADALRIC , ATHIC ou ETHICON, <roe l'on croit fils de Lcuthairc , duc d'Alémanic, obtint, vers l'an 662, de Childéric H, roi de France, le duché d'Al-

ADA

saec et le territoire de Munster. Il avait épousé Berclisinde ou Bcrwinde, tante de St. Léger, évêque d'Autun, de laquelle il eut six enfants. Une de ses filles, nommée Odile, naquit aveugle. Soit par superstition , soit par cruauté , Adalric ordonna de la faire mourir; mais Bcrwinde parvint à lui sauver la vie, et la fit élever secrètement dans une communauté religieuse. Odile recouvra la vue, et n'en fut pas moins un objet d'aversion pour son père, au point que Hugues, un des fils d'Adalric, ayant tenté de le fléchir en faveur de sa soeur, fut tellement maltraité par lui, qu'il mourut, dit-on, de ses blessures. Adalric revint cependant à des sentiments plus humains et plus paternels envers sa fille. Il lui concéda le château de Hohcmbourg, où Odile établit un monastère dont elle fut la première abbesse, et qu'elle illustra par sa science et par des vertus qui lui ont mérité dans l'Église un culte public. Sur la fin de sa vie, Adalric se retira dans l'abbaye de Hohcmbourg avec Bcrwinde, s'y livra aux exercices de la pénitence, et y mourut le 20 février 690. Adelbert ou Albert, son fils ainé, lui succéda. Les libéralités d'Adalric envers les monastères lui ont attiré de grands éloges de la part des chroniqueurs de cette époque, dont plusieurs ont poussé la flatterie jusqu'à lui donner le nom de saint. C'est d'Adalric que tirent leur origine les maisons de Habsbourg, d'Autriche, de Lorraine et de Bade, qui ont fourni tant de princes et d'empereurs à l'Allemagne, et qui ont formé des alliances avec presque toutes les familles souveraines de l'Europe. ( Voy. Rooolphe 1er.) P — rt.

ADAM, le père du genre humain. Dieu le tira du néant le 6e jour de la création, grava sa propre image sur son front et dans son âme, l'établit roi" de toute la nature, en soumettant à son empire tous les êtres auxquels il venait de donner l'existence, et lui associa une compagne , formée de sa propre cliair, afin que , par leur 'union , ils pussent se perpétuer dans la postérité qui naîtrait d'eux. Le jardin d'Éden, où ils furent placés, leur offrait des arbres de toute espèce, dont le spectacle était ravissant , et dont les fruits délicieux devaient servir à leur nourriture. Dieu ne leur avait interdit que le seul arbre de la science du bien et du mal , planté au milieu de ce jardin. Adam, séduit par Ève, transgressa cette défense. A l'instant, les yeux des deux époux n'ouvrirent; toute la nature changea de face; leur nudité, qui ne les avait point encore frappés, mit le trouble dans leurs sens, et les couvrit de confusion ; ils voulurent la cacher sous une ceinture faite de feuilles de figuier. En vain Adam chercha à se soustraire à la présence de Dieu ; en vain il voulut rejeter sa faute sur la compagne qu'il en avait reçue, comme pour la rendre en quelque sorte responsable de sa prévarication : Dieu prononça irrévocablement un arrêt de malédiction sur toute la nature. Adam, déchu de l'état d'innocence où il avait été créé, se vit condamné à toutes les misères de la vie et à la mort. Il fut cliassé honteusement, et pour toujours, du jardin de délices qui devait être le séjour de son bonheur. Réduit à se couvrir de vêtements faits avec la peau des animaux, ce ne fut qu'à la sueur de son front que la

ADA

terre lui produisit de quoi 8e nourrir. Après cette terrible sentence, il eut trois enfants, Caîn, Abel et

Seth, et il mourut âgé de 950 ;

deTa-

tien, qui soutenait qu'Adam n'était pas sauvé, a été censurée par les anciens Pères. Les Grecs célèbrent sa féte le 19 décembre, et plusieurs martyrologes latins la placent au 24 avril ou au 24 décembre. L'histoire d'Adam se conserve, plus ou moins altérée, dans les traditions de tous les anciens peuples : sa chute est le fondement de presque toutes leurs théologies. Dans Phérécide, il est question de l'ancien serpent, ennemi de Dieu ; dans Hésiode, de l'homme formé du limon de la terre, du eliaos et de l'Érèbe, ou de la lumière qui succède aux ténèbres; dans Sanchoniaton , du vent Colpiah , qui fait naître les deux premier» humains, ce qui rappelle Adam et Eve, sortant du néant à la voix de Dieu, et animés par son souffle. Les traditions des Chaldéens représentent toutes les nations descendant d'un seul et même homme, doué d'une intelligence que le Dieu suprême lui avait donnée en le créant. Les livres des Persans avaient conservé l'histoire d'un seul homme et d'une seule femme, dernier ouvrage de la création, et premiers pères du genre humain, placés dans un jardin délicieux. Ils l>arlent de leur tentation, de leur chute, du grand serpent, leur ennemi et l'ennemi de leur postérité. Créés d'abord l'un et l'autre comme les branches d'un arbre sur un même tronc, tous deux destinés à vivre heureux, tous deux devenus malheureux par leur désobéissance, après s'être laissés séduire par Arimanc, le rusé, le menteur. Strabon assure que l'âge d'or, qui a précédé la chute de l'homme, était connu des Indiens. Abraham Boger, qui avait passé vingt ans dans l'Inde, et en savait parfaitement la langue, atteste qu'il y a trouvé l'histoire des premiers auteurs du genre humain, telle à peu près, pour le fond, que ce que Moïse en raconte. L'Edda, ou la tliéologic des anciens peuples du Nord, dit que l'homme et la femme étaient originairement unis, et ne formaient qu'un même corps. 11 n'est pas jusqu'à leurs noms qui n'aient été conservés dans (pielqucs-uncs de ces traditions. On lisait dans les livres des anciens Zabiens, des anciens Perses, des anciens brachmanes, que le premier homme fut Adimo, Yen font de la terre : c'est effectivement ce que le nom d'Adam signifie dans la langue hébraïque. Cest ainsi que tous les monuments de l'antiquité païenne, en s'amalgamant avec ceux de l'antiquité juive et chrétienne, attestent une source commune qui, dès les premiers temps, s'est transmise par les différents canaux de la tradition, soit orale, soit écrite, pour mettre hors de contestation l'histoire de nos premiers parents. Adam a donné lieu à une secte d'hérétiques nommée adamites, qui, dans leurs temples, paraissaient tout nus, sous prétexte que la mort de Jésus- Christ avait rétabli les hommes dans l'état d'innocence où Dieu avait créé Adam et Ève. Cette secte, renouvelée à Anvers, dans le 15» siècle, par un nommé Taurroède, qui, suivi de 3,000 brigands, enlevait les filles et les femmes, fut portée en Bohême, au 15* siècle, pur un Flamand nommé Picard, et passa de là en Pologne, où l'on croit qu'elle subsiste encore. T— d.

ADAM de brème, ainsi nommé, non parce que Brème était sa patrie , mais parce qu'il y fut chanoine, naquit, selon quelques historiens, à Meisscn. Il se voua de bonne licurc à l'état ecclésiastique , et fit ses études dans un couvent. En 1067, Adelbert , arclievèque de Brème, le fit chanoine, et directeur de l'école de cette ville , place alors non moins importante qu'honorable , puisque ces écoles étaient les seuls établissements d'instruction publique. Adam consacra sa vie entière à ses fonctions, à la propagation de la foi , et à la composition d'une Histoire ecclésiastique intitulée : Hisloria eeclesiastica Ecelesiarum Hamburgemis et Bremensis vicinorumque loeorum sejitentrionaiium, ab anno 788 ad an. 1072, Copenhague, 1579, in-4°; Leyde, 1595, in-4°; Ii.lmsn.lt , 1670, in-4°. Cette dernière édition, publiée par Jean Mader, est la meilleure. Cet ouvrage, divisé en quatre livres, est le plus précieux et le plus détaillé que nous ayons sur l'histoire de l'établissement du christianisme dans le nord de l'Europe. Comme l'archevêché de Brème était le centre des missions , qu' Adam y fut employé lui-même, et qu'il parcourut les contrées du Nord qu'Ansdiaire avait visitées deux cents ans auparavant, il tira des renseignements importants soit des archives de I archevêché , soit de la bibliothèque de son couvent , soit enfin des conversations qu'il avait eues avec les idolâtres et les missionnaires. Adam vivait dans le temps où le haut clergé , après avoir longtemps travaillé uniquement à la propagation de la foi , commençait à s'occuper de ses intérêts temporels. Il avait, entre autres, à écrire l'histoire de son protecteur, l'archevêque Adelbert , homme ambitieux, courtisan adroit , en faveur auprès de .rcnqicrcur Henri III , et toujours occupé d'étendre et d'élever le diocèse où il régnait. Il s'acquitta de cette tâche difficile avec plus de sagesse qu'on ne s'attend à en trouver chez un chanoine du 1 1* siècle. ( Voy. Adelbert.) Il avait beaucoup lu, et aimait à citer; mais il semble, à son inexactitude, qu'il citait presque toujours de mémoire. Son style est simple et coulant, sans antithèses, mais verbeux et lâche. Il lit un voyage en Danemark, et le roi Suénon Estrithson , avec lequel il s'entretint plusieurs fois, lui donna des détails précieux sur l'histoire de ce royaume. De retour à Brème, Adam écrivit un Traité géographique sur les Etats du Nord , d'après ce qu'il avait recueilli de la bouche même du roi Suénon , et ce qu'il avait puisé dans l'ouvrage d'Anschaire. Cette description fut publiée d'abord à Stockholm ; sous le titre de : Chronographia Seandinaviœ, 1615, in-8°, et ensuite à Leyde, sous ce titre : de Situ Dania» et reliquarum tram Daniam regionum Natura, 1629. Ce petit traité est joint à l'édition que Mader a donnée de Y Histoire ecclésiastique de Brème : quoique plein de fables , il est curieux , comme le premier essai de géographie qui ait été écrit sur l'Europe septenfcrionale, notamment sur le Jutland et sur plusieurs lies de ta mer Baltique. On doit aussi à Adam de Brème les premières notions de l'intérieur de la Suède, dont Other et Wolfstau ne connaissaient que les cotes, et de la Russie , dont auparavant le nom seul était

ADA

connu de l'Europe chrétienne. H s'étend même sur les Iles Britanniques, qu'il n'avait point visitées, et sur lesquelles il se contente de répéter les contre merveilleux de Solin et de Martianus Capella. Cette description des pays du Nord, si précieuse pour la géographie du moyen âge, a été conservée par Lindenbrog dans ses Scriptores rerulh Gcrm. tcplcn- Monal., Hambourg, 1706; ctMuray, l'un des professeurs les plus distingués de l'université de Gcettingue, l'a enrichie d'un savant commentaire. ( Vov. PfoV. Comment, gœtlingrns , t. i.) Adam de Brème avait apjKirté licaucoup de soin et de patience dans le rassemblement des faits. On ignore l'époque précise de sa mort. G— t.

ADAM, de St-Virtor, chanoine régulier de l'abbaye de St-Victor-ler-Paris, surnommé le liottu, né à Arras, mort en H 77, lut inhumé dans le cloître de cette abbaye. Dans les dix vers qu'il avait composés pour son épitaphe, et que l'on voyait encore sur son tombeau avant la révolution , on remarque ceux-ci :

Unde mperbil boiuo; eujus coneeplio culpa, Nasci pœna, labor vita, necesse mori.

11 avait fait quelcmcs ouvrages de dévotion. Sa Prote en r honneur de la Vierge a été traduite en français dans le Granl Martial de la Mère de Vie, 2 vol. in-4», 1S3». A. B— r.

ADAM, dit l'Écossais, parce que sa famille était originaire de l'Ecosse, ou Le Piiémo.xthk, parce qu'il était religieux de mordre, vivait dans le 12» siècle. St. Nortbert, instituteur des prémontrés , l'envoya en Ecosse enseigner l'Écriture sainte et professer la théologie. Il fut depuis tiré de cet emploi , pour être évéque de Withern, et mourut en 1480. C'est tout ce que nous savons de sa vie. I ne partie de ses œuvres fut imprimée en 1518. On en a fait une édition plus complète en 1659, à Anvers, inful. Ce sont «les sermons, des traités dogmatiques et des lettres pieuses. Dans un temps où la science était très-rare, tout ce que des savants écrivaient était précieux et précieusement recueilli. Voilà ce qu'il faut souvent se dire, en lisant dans ce Dictionnaire les titres d'une foule d'ouvrages que l'on ne counalt plu» depuis longtemps. G s.

ADAM DE LA II A LE ou DE LA HALLE, dit le Boçu d'Akhas, trouvère du 13« siècle, ligure avec distinction jarmi les premiers fondateurs du tl»éâlre français. C'est dans ses vers, et dans ceux de quelques poètes ses contemporains, qu'il faut chercher le peu de détails que nous possédons sur les circonstances de sa vie, où nous rencontrerons quelques particularités qui ne sont |ias sans im|>ortance historique — Ce |Kx-te était fils d'un bourgeois d'Arias, capitale du comté d'Artois; il lit ses études dans l'an-

yarH,\s; et « >• ru*

oit ecclésiastique. Mais 1 amour, qui ne s'efTraye pas des robes noire*, vint le détourner de sa vocation ■ au sortir de l'école, Adam lit rencontre d une bcllê jeune fille dont la vue captiva soudain son errur Par uu l»cau jour de printemps, Marie lui apiurut en haut bot, près de claire fimttnelk, au chant des I

ADA

Pris fa, dit-il, an premier boni ion, Tout droit en le varde ( verre ) saison Et en l'aprescbe de jouvrnt {Et dans l'ardeur de jeunette) Où li cosc a plus grant saveur.

La jeune fille , sûre de sa victoire , se montra fière et cruelle ; Adam perdit la téte et se maria. Son bonlieur dura peu ; les tracas et les cliarges du ménage eurent bientôt dissipé ses illusions ; celle qu'il avait vue parée de tant d'attraits,

Kians, amoureuse et dengle (tvelte ), ne tarda pas a lui paraître

.... pale et sore (jaune),

.... crasse {gratte), mantaitlie (mal taillée),

Triste et tenchans {chicanière).

Le mariage ne convenait ni a ses goftts , ni à son caractère inconstant et mal rangé. Au bout de (pielque temps , fatigué d une union formée inconsidérément, il abandonna sa femme, reprit la soutane, et s'en vint cliercher fortune à Paris. On lit dans une pièce qu'il comjwsa à cette occasion .

Segnrnr, sarés pour eni mon ablt canglet? (changé) 1 ai esté avec Terne, or revois (revient) au clergiet

Si m'en vois (voit) à Paris. (Li jus Adam.) Les vers d'Adam ne nous offrent pas de traces de son séjour à Paris. Tout ce que nous savons sur cette éiwquc de sa vie , c'est qu'il était de retour à Arras avant 1263. Vers cette même année, deux événements désastreux vinrent jeter la désolation et le trouble parmi les habitants de cette ville. Une ordonnance de St. Louis mit hors de la circulation les gros tournois. Cette mesure liscale avait pour but de faire préférer la monnaie du roi à celle des barons, et de rendre peu à peu à la rnvauté l'un des privilèges les pins importants de l'autorité souveraine , que la féodalité usurpait depuis quatre siècles. Arras fut en outre frappé d'une taille extraordinaire de 20,000 livres tournois. Une circonstance fâcheuse contribua encore a aggraver le [>oids de cet impôt énorme, et remplit la ville de troubles et de haines. Le maire, les éehevins et un abbé, chargés de la répartition , forent accusés de l'avoir faite Inégalement et d'avoir levé une somme plus forte qu'ils ne le devaient. Le mécontentement se manifesta par des injures et des violences ; les poètes , organes du sentiment public, exercèrent leur verve saurique contre tes prévaricateurs, et s'attirèrent la colère do plusieurs personnages puissants qui les firent chasser de la ville.— Arras était alors un Heu de dissipation et de plaisirs ; ses riches bourgeois aimaient les vers et la musique, les spectacles, les jeux et les rêtes; aussi leur ville était-elle la patrie et le rendez-vous des trouvères et des jongleurs. Nous laissons à penser quelle fut la douleur de maître Adam lorsqu'il lui fallut s'éloigner du théâtre de sa gloire et de tes plaisirs. Il nous reste des témoignages de ses regrets dans plusieurs de ses eliansons et dans li Confiée Adan, qui a pour sujet ses adieux à sa ville natale. Le poète se réfugia à Douai avec son père : ils s'en

Souspiranl en terre estrange.

ADA

Adam s'attaclta plus tard au comte d'Artois, Robert I! , neveu de St. Louis, et, en 1282, il suivit à Naplcs ce seigneur , qui allait aider son oncle , Charles d'Anjou , a tirer vengeance des Vêpres siciliennes. La langue et la littérature françaises étaient à cette époque très-répandues en Italie ; nos fabliaux, nos romans, nos chansons et notre musique même y étaient furt goûtés ; aussi la personne et les vers du trouvère artésien furent-ils honorablement accueillis dans la capitale des Deux-Siciles. Ce fut alors qu'il composa, pour les divertissements de la cour de Naplcs, le Jeu de Robin et Èiarion , comédie jiastorale qui fut représentée avec le plus grand succès. Adam mourut à Naplcs vers 1286 ou 128T. Les renseignements qui nous restent sur les dernières année* de ce poète se trouvent dans le Jeu du Pèlerin , prologue écrit à sa louange, et peu de temps après sa mort, par un trouvère d'Arras dont le nom est inconnu. Le personnage principal de cette petite pièce y feit le récit qu'on va lire:

Je suis moul lassés; esté ai a Luserne,

Eo terre de Labour, en Toscane, en Sczile;

Par Puille m'en reving, où on tint maint concilie

[où l'on t'entretient beaucoup) D'un clerc net el souslicu (jut/ïf/grascicus et nobile Et le nornpcr du mont; nés fu de teste ville ; {qui n'avait pas ton pareil au monde) Maistre Adam li bochus étoit chi apelés,

Et la Adam d'Aras

Cbis clerc dont je vous conte

Ert (était «niés et prlslés et lionnerés dou conte D'Artois ; »i vous dirai mout bien do quel atonie :

(à quel propot) Cbieus maistre Adam savoit dis et clmns conirouver, El li quens (le comte) déslrroit un ici honte à trouver. Quant acointiés en fu, si li al.t rouver [prier) Que il feTsl un dis pour son sens esprouver. Maistre Adam, qui on seul 1res bien à chief (bout) Tenir, En fist un dont il doit mout très bien sottsvenir, Car biaus est a oîr et lious à retenir, Li quens u'en vaurroil mie cinechens livres tenir,

[ne le donnerait pas pour cinq cents livres). Or est mors maistre Adam; Mes li Tache merchil A se tombe ai esté; dou Jhesu-Crist, merchi! Li quens (comte) me le tnonslra, le soie jjranl merchi! Quant jou I fui l'autre an.

Nous citerons encore les vers suivants, qui sont, pour ainsi dire, l'oraison funèbre du poète, et ajouteront quelques traits a cette, esquisse biograjihique ;

. . . Maître Adam, le clerc d'onneur, Le joli, le largue donneur, Qui ert de toutes vertus plains, De tout le mont doit être plains ; Car mainte hèle grâce avoit, Et seur tous biau diter savoit, Et s'estoit parfais en chanter.

La nom d'Adam de la Hnlle se trouve, dans le* origines de notre thcltre, avant les auteurs de mystères, de moralités et do sotties ; il appartient à cette période de l'histoire dramatique ou les laïques

ADA 14

commencent à s'emparer des arts scéniques, exclusivement exercés jusque-là par le clergé , dans l'intérêt du culte chrétien. Ses Jeux ont agrandi le domaine de l'art , en introduisant pour la première fois sur la scène les sujets profanes et la langue nationale. Au reste , il ne faut considérer ces monuments primitifs que comme les ébauches d'un art encore dans l'enfance : ils n'offrent ni action suivie, ni intrigue, ni caractères savamment tracés : ce sont des scènes détachées, des dialogues sans suite, où l'un des personnages passe en revue les ridicules et les vices de ses compatriotes, qu'il désigne par leurs noms propres, comme dans l'ancienne comédie des Grecs. On rencontre toutefois, parmi ces bouffonneries, des traits d'un vrai comique, des saillies vivo» et fines et qui révèlent un véritable talent d'observation. Mais l'intérêt de ces essais dramatiques réside principalement dans la |>cinttire naïve des mœurs du peuple et de la bourgeoisie au IS" siècle. La grossièreté de ces mœurs se trahit dans le langage licencieux des acteurs ; les noms de la Vierge, du pape et des saints se mêlent continuellement dans leur bouche aux projios les plus obscènes, à des plaisanteries dont s'effaroucheraient , de nos jours , les oreilles d'un auditoire de farceurs forains : la lecture du Jeu Adam ne permet pas le doute à cet égard. Le Jeu de Robin et Horion , la dernière et la meilleure pièce de l'auteur se recommande par une action mieux conduite et plus intéressante , par des sentiments nlus délicats et |«r une expression généralement plus décente ; on y sent partout , dans la pensée comme dans le style , l'influence d'une cour élégante et polie. Les chansons d'Adam soutiennent avantageusement la eoni[>araison avec les rltansons provençales; elles ont plus de finesse et de variété ; le style en est facile et doux ; on y trouve de Ih-IIcs coupes lyriques, des pensées ingénieuses, des gniecs naturelles, une mélancolie vraie et touchante. — Ce trouvère s'est encore exercé dans un genre plus élevé ; il a célébré en vers alexandrins la sagesse, la valeur et les liâmes qualités de Charles d'Anjou, roi de Naples. Le i>oênic du Roi de Sicile s'arrête à l'arrivée du frère de St. Ixtuis à Rome ; on y remarque des \crs heureux, comme celui-ci , où l'auteur se plaint de la décadence des sentiments chevaleresques :

Nus n'aime par amors; on le veut contrefaire.

(C est du roi de Sésile.)

Adam de la Halle composait lui-même la musique de ses pièces et la notait suivant le système inventé par Gui d'Arezzo, au 11* siècle, et qui devint d'usage général au 15'. Il choisissait de préférence, comme les plus populaires, les modes usités dans les églises ; ses airs offrent des phrases assez chantantes, la mélodie en est facile et naïve, et plus rhythmique que le plain-c haut ; mais, sous le rapport de l'harmonie, ils accusent un art encore dans l'enfance : les intervalles de quarte , de quinte et d'octave y dominent et se heurtent d'une façon désagréable à l'oreille. Ces compositions sont un curieux monument de

1*4 ADA

Fart musical au temps de St. Louis ; elles peuvent servir à apprécier les progrès de la science du contre-point dans les siècles suivants. Li Jus Adan, ou du Mariage , a été imprimé pour la première fois par M. Monmerqué, à trente exemplaires, dans les Mélanges de la toeiétédet bibliophiles français, Paris, 1828, in-8°. Li Jus de Robin et de Marion a été publié par le même, dans les Mélanges de la même société, Paris, 1822, in-8°. Avant cette publication on ne connaissait de cette pièce que les extraits donnés par Legrand d'Aussy, dans ses Fabliaux. Li Congiés Adan d'Aras a été publié par Barbasan, et réimprimé dans l'édition des Fabliaux de Meon, Paris, 1808. Le poème Cesl du roi de Sézile a été publié par M. Buchon, dans le tomo 7 du sa collection des Chroniques nutionales françaises, Paris, 1828. Enfin, quelques chansons, motets, rondeaux, ont été donnés par Roquefort, dans Y Etat de la poésie française aux 12" et 15* siècles, et par M. Monmerqué dans les Observations qui précédent les Jeux qu'il a publiés. C. W — h.

ADAM, abbé de Perseigne, fut d'abord clianoinc régulier ; il se lit ensuite bénédictin à Marmouticr, et entra en dernier lieu dans l'ordre de Clteaux, qui l'accueillit avec faveur et le dispensa des épreuves du noviciat. Bientôt après, il fut élu abbé de Perseigne, au diocèse du Mans. On ignore la date de sa nomination à cette dignité. On sait ce|>endaiit qu'il en était revêtu en 1180; c'est ce qui résulte d'une charte par laquelle Robert, comte d'Alençon, fondait à St-Vincent du Mans l'anniversaire de son fri re, mort dans le courant de cette même année : la signature d'Adam, abbé de Pcrseignc, se lit au bas de ce document. — Adam fit un voyage à Home avant 1 1 u*i ; il rencontra dans cette ville le fameux abbé de Flore, Joachin, qui prétendait posséder le don de prophétie : ce visionnaire lui annonça que l'Antecbrist se trouvait alors dans Rome, mais encore fort jeune. — De retour en France, l'abbé de Perseigne prit une part très-aetive à la prédication de la quatrième croisade, et seconda efficacement Foulques de ISeuilly. Après la mort de ce missionnaire, il continua de travailler au salut des pécheurs, et obtint un grand nombre de conversions. Telle était la confiance qu'inspiraient ses vertus et la profonde connaissance qu'il avait des choses divines, qu'on le considérait généralement comme le guide spirituel le plus sûr et le plus capable de conduire les aines dans les voies du ciel. De tous cotés on sollicitait ses conseils, on lui demandait des instructions pour vivre chrétiennement : les personnes du rang le plus élevé, dans le monde et dans l'Église, se plaçaient sous sa direction et se soumettaient respectueusement à la sévérité de ses remontrances. La date de sa mort ne nous est \m connue : mie charte émanée de lui constate qu'il vivait encore en 1204. — Adam de Perseigne a laissé des lettres et des sermons. Les lettres, au nombre de vingt-huit, ont été publiées par Etienne Baluzc et D. Martène; elles sont en général fort longues et traitent des vertus chrétiennes , de l'humilité , de l'amour de Dieu , de l'éducation religieuse, de la discipline et des devoirs du clergé. Quelques-unes de ces lettres sont fort intéres-

ADA

santés sous le rapport historique : on y trouve des informations curieuses sur quelques personnages et événements considérables de l'é|>oquc, sur l'état des mœurs, sur la vie des moines et du clergé séculier, sur les occupations de la société, sur la cour et la mode. 11 recommande à la célèbre comtesse Maliaut de Blois, qui lui avait demandé des conseils sur la manière de vivre saintement dans le monde, de ne point perdre son temps aux jeux de hasard, ni aux éclices, ni aux farces des histrions. Autre part, il censure la luxe que les femmes étalent dans leur parure, et s'égaye sur les rol*es à longues queues : « Les femmes «de nos jours, dit -il, avec leurs robes traînantes, « dont elles sont si fières, ressemblent à des renards ; « comme ces ignobles bêtes, elles fout consister leur « gloire dans la longueur de leur queue. » — Pour remercier la comtesse de Chartres, chez qui il avait passé quelque temps, il lui écrit une longue lettre sur la vanité des grandeurs, et s'excuse, en termi. nant, de ne pas se servir de la langue vulgaire ; mais il s'était aperçu qu'elle avait quelque connaissance du latin. La 7e lettre offre une satire véhémente des scandales de la cour et des dérèglements des mauvais prêtres ; dans son indignation, il va jusqu'à dire que les chrétiens de son temps sont pires que les juifs. Il use largement des privilèges de l'amitié en écrivant à Odon de Sully, évêque de Paris, avec qui il avait étrf étroitement lié. Après lui avoir reproché les intrigues dont il s'était servi pour supplanter Pierre le Cliantre, qui avait plus de droits que lui au siège épiscopal, Adam finit par cette ironie mordante, au sujet d'une taille imposée par le prélat sur les prêtres de son diocèse : « Si c'est pour payer vos « dettes, cela est en quelque sorte excusable, parce « qu'il n'est que trop ordinaire que les évoques meu- « rent insolvables. » — Comme prédicateur, Adam de Perseigne jouit d'une grande réputation auprès de ses contemporains. Sa parole était simple et facile ; son éloquence naturelle et sans cesse alimentée par la lecture de l'Évangile; il improvisait le plus souvent ses sermons, et puisait son sujet et ses effets dans la circonstance , le moment , l'auditoire même. Thomas de Cantimpré rapporte que la comtesse de Champagne, fille de Louis VII, se sentant près de sa fin, envoya chercher Adam de Perseigne. L'abbé se mit en route, mais, quelque diligence qu'il eût pu faire, il n'arriva qu'après la mort de sa pénitente. Les valets, occupés à se partager les effets de la défunte, le firent attendre longtemps à la porte. 11 pénètre enfin dans la chambre, et trouve le cadavre de la princesse presque nu et abandonné sur la paille. Saisi d'une inspiration soudaine à la vue de ce spectacle, il fait aux assistants un discours pathétique sur la vanité des grandeurs de ce monde. 11 nous reste de lui plus de deux cents sonnons dont la plupart sont demeurés manuscrits. On n'a imprimé que ceux qui contiennent les éloges de la Vierge. Ils ont été publiés sous ce titre : Ada abbatis Pertema, ordinit eislereiensis, Mariale, sive de beata Mariai laudibus Sermone* aurei, et Fragmenta nunc primum édita et notis illuslrala studio et labore Bippolyti Maraceu, Romce, 1662, in-8*. C. W-a.

ADA

ADAM DE FULDE, moine de Franconie, auteur l d'un traité sur la musique dont on ne connait qu'un seul manuscrit , qui se trouve dans la bibliothèque de Strasbourg , et que l'abbé Gerbert a inséré dans ses Scriptores ecclesiast. de mus. $aer. , t. 5, p. 529. Ce traité a été achevé le 5 novembre 1 490 , car l'auteur a consigné cette date à la (in de son ouvrage. Il est divisé en quatre livres : le 1*r, composé de sept chapitres, traite de l'invention des diverses parties de l'art ; le 2% en dix-sept chapitres, traite de la main musicale, du chant, de la voix, des clefs, des nuances, du mode et du ton. Le 3', qui est le plus important, est relatif à la musique mesurée; et le 4», aux proportions et aux consonnances. On ignore la date précise de la naissance d'Adam de Fulde, mais elle a du avoir lieu vers 1450; car il dit, chapitre 7 du i" livre, qu'il fut presque le contemporain de Guillaume Dufay et de Busnois, qui vécurent dans la première moitié du 15» siècle: Et eirea meam cetatem doclissimi Wilhelmus Dufay, ac Antoniut de Bufna quorum, etc. Il prend le titre de musicien ducal , musicus ducalit, au commencement de sa dédicace. Glareau nous a conservé dans son Dodecacorde (p. 262) un cantique à quatre voix d'Adam de Fulde. t'est un morceau fort Dien écrit et l'un des plus anciens monuments de compositions régulières a plusieurs parties. Dans YEnchiridion det chants religieux et det ptaumet, Magdebourg , 1673, on trouve aussi, p. 50, le chant: Aeh kutp my Leidt und senlig klag, sous le nom d'Adam de Fulde. F— t— s.

ADAM D'ORLETON, ne à Herefort, évèquc de cette ville, puis de Vorchester, et enlin de Winchester, dans le 1 4e siècle, joignit à des lumières et à des lalents un esprit intrigant et facétieux , et n'a figuré dans l'histoire qu'en prenant une part trop active aux troubles qui ont agitf le règne du faible Edouard II. Il ne mérite même une place dans ce dictionnaire que par une anecdote très-suspecte, quoique rapportée par quelques historiens, mais qui offre un trait assez singulier de l'esprit des temps auxquels elle appartient. On prétend qu'ayant été consulté par les factieux qui servaient les vues ambitieuses et cruelles d'Isabelle, femme du roi , pour savoir s'il convenait de tuer ce malheureux prince, lévêque répondit , comme les oracles de l'antiquité, par une phrase à double sens : Edicardum oceidere nolite timere bonum est. On voit qu'en plaçant une Tirgule après nolite, ou en la transportant après timere, cela pouvait signifier, ou : « Gardez-vous « de tuer le roi , il est bon de craindre ; » ou bien : « Ne craignez pas de tuer le roi, c'est une bonne aca tion. » Il est difficile de croire qu'un homme d'esprit ait pu espérer, par un si misérable subterfuge , échapper a l'imputation d'avoir réellement conseillé le meurtre. Adam d'Orleton mourut en 1373, aveugle et dans un âge avancé. S— d.

ADAM (Melchior), né dans le 16* siècle, en Silésic, de parents peu fortunés, fit ses études dans le collège de Brieg, sous la protection des ducs de ce nom ; fut précepteur, puis recteur d'un collège à Heidelberg , et mourut en 1622. Ses ouvrages

ADA 14.1

sont : 1° Âpographum monumcnlorum Jleidelbergemium, Heidelberg, 1612, in-4°; ce n'est pas, comme on l'a prétendu , une description des monuments d'Heidelberg , mais un recueil d'épitaphes, ainsi que l'annonce le titre, qui signifie : Copie écrite des monuments , etc. 2° Parodia et Meta— phrases horalianœ, Francfort, 1616, in-»0. 3° Vitm germanorum Philosophorum , Heidelberg, 1615-20, 4 vol. in-8°, consacrés, le 1*' aux philosophes, c'està-dire aux poètes, humanistes et historiens, le 2e aux théologiens, le 3* aux jurisconsultes, le 4* aux médecins. 4° Décades duce, continentes vilas Theologorum exterorum principum , Francfort, 1618, in-80; ces deux derniers ouvrages ont été réunis et réimprimés à Francfort, 1653, 5 vol. in-8°, et en 1706, 1 vol. in-fol., sous ce titre : Dignorum laude virorum, quos musa vetat mori, Immorlatitas. « Je me « sens, dit Bayle, très-redevable aux travaux de Mel- « ehior Adam. » Moréri l'a souvent mis à contribution. « Les luthériens, dit Maillet, reprochent à notre « auteur d'avoir insulté quelquefois à la mémoire de a ceux qui ont rendu les plus grands services à la « nouvelle religion; mais les calvinistes, dont il suite vait les dogmes, ne lui font pas ce reproche; au « reste , il faut avouer que ces vies des hommes ilu lustres (tous protestants, à l'exception d'une ving- « taine allemands ou flamands) sont un ouvrage de « grand travail ; l'auteur s'étant donné la peine de « tirer ce qu'il dit de la vie et des écrits de ceux dont « il parle, de leurs ouvrages mêmes ou des éloges « qu'un a faits d'eux après leur mort. » Adam ne parle «pie de personnages du 16* siècle et du commencement du 17* siècle. Henning Witte a donné, à l'exemple de Melchior Adam, les vies des théologiens du 17* siècle, sous le titre de Diarium biographicum, etc. Melchior Adam a fait réimprimer à Heidelberg, en 1617, le dialogue d'Érasme : de optimo Génère dieendi, et en 1618, avec quelques notes de sa façon , YOratio pro M. Tutlio Cicérone de Scaliger contre Érasme. VHistoria ecclesiastica Eeclesim hamburgensis et bremensis, que le Catalogue d'Oxford attribue à Melchior Adam, est d'Adam de Brème. (Voy. ce nom.) A. B— t.

ADAM (Jean), jésuite, natif du Limousin, prêcha le carême, en 1656, au Louvre, en présence du roi et de la reine , et mourut supérieur de la maison professe de Bordeaux , le 12 mai 1684. Il s'est acquis plus de réputation par son zèle contre les nouveaux disciples de St. Augustin , qu'il appelait le docteur bouillant et l'Africain échauffé , que par ses ouvrages, dont les principaux sont : 1° des Sermons pour un Avent, Bordeaux, 1685, in-8°; 2° une Octare de controverse sur le saint Sacrement de l'autel, où les paroles de J.-C. sont prises en figures par les protestants,, et en vérités par les catholiques , Bordeaux, 1675, in-8"; 3° Triomphe de la trés-sainte Eucharistie, etc., contre le ministre Claude, Sedan, 1671, in-12; Bordeaux, 1672, in-8°. Le père Adam, en prêchant, en 1655, h passion i St-GermainrAuxerrois, fit un rapprochement des Parisiens avec les Juifs, et compara la reine à la Vierge, et le cardinal Mazarin à St. Jean l'évangéliste. Ce sermon

416 ADA

fut tres-mal reçu à la cour ; sur quoi un seigneur dit à la reine qu'il était prradamite. La reine lui demanda ce que cela voulait dire : o C'est que je ne « crois pas, madame, lui répliqua-l-il , que le Père « Adam soit le premier des hommes [i ). » A. B — T.

ADAM (Jacques), de l'Académie française, naquit en 1603, à Vendôme. Comme il était le plus jeune de huit enfants, ses parents le destinèrent à l'état ecclésiastique, et il fut placé cliez lc< pères de l'Oratoire, qui dirigeaient le collège de sa ville natale. Après qu'il eut achevé ses études d'une manière brillante, ses maîtres l'envoyèrent à Paris avec mie lettre pour Hollin. En voyant un entant à peine âgé de quatorze ans, et qui paraissait encore plus jeune, Rollin eut peine a se persuader qu'il avait sous les yeux le sujet qui lui était recommandé. Mais Adam montra dans toutes ses réponses tant de sagesse et de modestie, qu'il n'hésita pas à le présenter à l'abbé Fleury, qui chercliait un homme instruit pour l'aider dans ses recherches sur l'histoire ecclésiastique. Fleury en fut très-satisfait. Cliarmé de sa douceur, de l'étendue de ses connaissances et de son application au travail, il se l'associa non-seulement dims ses recherches historiques, mais dans l'éducation du prince de Conli. Après la mort de Fleury (1723), Adam fut élu son successeur à l'Académie française. D'Alembert raconte , dans l'éloge qu'il a douné de cet académicien , qu'Adam n'étant |kis gentilhomme, le prince de «...nu , son élève , pour concilier ce qu'il croyait devoir aux préjugés avec le désir de lui donner le titre de gouverneur de son lils, lui proposa de prendre momentanément l'iiabit ecclésiastique. Mais Adam s'y refusa (2), ne voulant pas adopter un habit qui lui imposerait des devoirs qu'il ne pourrait remplir; après quelques jours de réflexion, le prince rendit justice à sa délicatesse, et le nomma sans condition (3) . 11 resta l'ami de son élève, devint secrétaire de «es commandements et chef de son conseil, et, dans ces diverses fonctions, justifia sa confiance. 11 l'accompagna au siège de Philisbourg (1734), mais les fatigues de la campagne épuisèrent ses forces. Dès lors il ne lit ente languir, et mourut d'une colique, à Paris, le 12 novembre 17" .. laissant plusieurs enfants sans fortune. 11 eut pour successeur à l'Académie française l'abbé Scguy . Adam possédait à fond les langues ancieunes , et savait bien la plupart de celles de l'Europe. Ses confrères le nommaient un dictionnaire vivant , et ils le consultaient toujours avec fruit. Il a traduit de l'italien les Mémoires de Monlécuculli ( voy. ce nom ) , et la ReLaion du atrdinat de Tournon, imprimée

(1) Ce root a .té ausM ïttribué i Voltaire. AnrUîon, dans ws JMMftt criliqut, detilUraUre, pnhlie* par snn H!,, Bile. I6M. 9 roi. in-4*. t. I. p. 5». cl dan* I, rn-apre^n fuite par Lerlere. en 17M. m-li, et Amsterdam. t706. m-u. ,,. as. minime re mut » madame Marie Dumoulin ; ainsi VulLiir.-nV.i riait -lue i edm, «vivait! ce dernier témoignage. On le trouve encore attribue a Benxerade. dam kH 4»«W« rofliqne,, U M. C.-T-r.

(î) Maigre a-la quelques biographes font d'Adam un aiht.

(S) Ceci n'es! pas exact. I n laïque «eul ponxjil avoir l'emploi et l0 litre de gouverneur; un abbe n'était jamais que prrreptour. Se &erail-ee [as le contraire qu'il ratidnil lire? Pnitqne Adam fut nomme pMverarvr. ne teda-t-il pas aux insune». dit prince, et ne quittant pas l'babil ecclésiastique pour prendre l'habit *e< ulier? V-v«

ADA

tlans les Anecdotes sur l'état de la religion à la Chine. ( Voy. Tournon. ) Il a eu part à la traduction de Y Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou. ( Voy. ce nom, depuis 1513 jusqu'en 1G07.) Mais son principal ouvrage est une traduction complète d'Athénée qu'il se proposait de publier avec une nouvelle édition du texte grec dans lequel il avait corrigé 2,000 passages. Le manuscrit de cette traduction, qu'on crevait perdu, fut enfin retrouvé, et remis à fabbé Desaunays, garde de la bibliothèque du roi, pour le publier. Mais informé queLcfehvre de Villchrunc s'occupait depuis longtemps d'une version d'Athénée, l'abbé Desaunays lui confia celle 6" Adam pour en tirer le parti qu'il jugerait le plus convenable. I.cfebvre n'en a publié imc les deux premiers livres, après les avoir corrigés, ayant eu, dit-il, tles ressources qu'Adam n'avait pu avoir de son temps. Il ajoute que le surplus de cette traduction lui avait été tout à fait inutile (Athénée , 1er avertissement, p. 7). Un exemplaire de Pindarc, couvert de notes manuscrites d'Adam , a été vendu à Paris en 1830 [Cal. de M. Nodier, n" 288). W— s.

ADAM ( Limbert-Sioisbert), sculpteur, né à Nancy, le 10 février 1700, fut le lils ainé de Jaiolv- Sigisbert Adam, qui exerçait la sculpture, et s'était acquis dans sa province quelque célébrité. A l'âge de dix-huit ans, il se rendit a Metz ; mais le désir d'étendre sa réputation le conduisit bientôt a Paris, où il arriva en 17 19. Après quatre années de travaux, il obtint le premier prix , et alla, en qualité de pensionnaire du roi, à Rome , où il passa dix ans. Le cardinal de Polignac hii lit restaurer douze statues en marbre, dites lu Famille de Lyconu'de, que l'on venait de découvrir dans les ruines du |>alais de Marins. Adam s'acquitta avec succès d'un genre de travail qui ne donne pas aux artistes une réputation proportionnée aux difficultés. Il restaura également divers morceaux de sculpture antique dont le roi de Prusse fit l'acquisition dans la suite, et qui furent transportés à Berlin. Lorsqu'on eut l'intention d'ériger à Rome le vaste monument connu sous le nom de Fontaine de Trévi , Adam fut l'un des seize sculpteurs que l'on chargea de donner des dessins a ce sujet , et sa composition , riche et spirituelle , fut adoptée par le pape Clément XII; mais les artistes italiens, toujours jaloux des talents ullramontains, firent différer l'exécution de celte fontaine. Au moment où Adam allait enlin s'en occuper, les offres avantageuses que lui lit le gouvernement de sa patrie le portèrent à revenir en France. Il partit, après s'être fait agréger à l'académie de St-Luc de Rome, et à celle de Bologne. Sa première production , après son retour en Frauce , fut un groupe de la Seine et la Marne, pour la cascade de St-Cloud. U travailla ensuite à Choisy, pour le duc d'Antin , etc. , et fut reçu , le 23 mai 1737, membre de l'Académie, dont ou le nomma dans la suite professeur. Son morceau de réception représentait Neptune calmant les flot*, et ayant à ses pieds un triton, et non Prométhée rnr haine au rocher, connue l'ont dit quelques biographes. Ce dernier ouvrage fut le morceau de réception de Nicolas-Sélwstien Adam, frère de Lambcrl-

ADA

Sigisbcrt. Parmi plusieurs autre» ouvrages, Adam fit alors le groupe de Neptune et Amphitrite pour le bassin dit de Neptune, à Versailles. 11 y employa cinq années, et obtint, outre le prix de son travail , une pension de 500 livres. La ligure de St. Jérôme, qu'il fit pour les Invalides, et que l'on voit maintenant a St-Roch, fut regardée comme un de ses meilleurs ouvrages. Elle suflirait pour donner une idée précise de sa manière et de ses* talents. On y reconnaît que cet artiste travaillait bien le marbre, et qu'il ne manquait ni d'une certaine correction dans le nu , ni de quelque élégance dans les draperies ; mais le mauvais goût qui régnait de son temps l'entraîna dans une finisse route. Au lieu de s'en tenir à la majestueuse simplicité de l'antique, et de ne demander à son art que ce qu'il en |H)uvait obtenir, Adam, à l'exemple du Bernin et de quelques autres sculpteurs, semble avoir voulu rivaliser avec la |>einturc , en eberebant à produire des effets auxquels celle-ci |»eut seule atteindre En un mot , ce maître, qui attachait une grande importance au travail de son ciseau, ne sera jamais placé que dans la seconde ou même la troisième classe des sculpteurs, et ses ouvrages ne rappelleront qu'une é|>oque de décadence. Ses autres ouvrages sont : le groupe de cinq figures et de cinq animaux en plomb bronzé , à Versailles ; le lias-relief de la chaj>elle de Ste-Élisabeth, en bronze ; deux groupes en bronze, représentant la Chaste et la Pèche, à Berlin ; Mars caressé par V Amour, à BcUcvuc; une statue représentant T Enthousiasme de la Poésie. Adam publia a Nancy, en 1754, un Recueil de Sculptures antiques grecques et romaines, dont il avait fait les dessins. C'étaient les gravures de morceaux de sculpture qu'il avait achetés pour la plupart des héritiers du cardinal de Polignac. Il mourut d'une attaque d'apoplexie, le 15 mai 4759. D— t.

ADAM (Nicoi. as-Sébastien), sculpteur, frète du précédent, né à Nancy, le 22 mars 1705, étudia sous son père et à Paris, jusqu'à Page de dix-huit ans. A cette époque, il travailla {tendant dix-huit mois à un château prés de Montpellier, puis il |»rtit pour Rome en 1720. 11 obtint, en 1728, au Capitule, l'un fies prix de l'académie de St-Luc. Son frère ainé et un troisième frère, François-Gaspard Adam , étaient alors dans la même ville. Ils travaillèrent de concert, et, après neuf ans de séjour, Nicolas-Sébastien Adam revint à Paris. Après quelques contrariétés il fut reçu à l'Académie. Il devait donner pour son morceau de réception, Prométhée dévoré par le rautour; mais il ne termina cet ouvrage que dans la suite. L'année suivante, il exécuta, |K>ur la chajtelle du roi, à Versailles, un bas-relief en bronze, représentant le Mar~ lyre de Ste. Victoire sous l'empereur Décius. II seconda quelque temps s<t»i frère dans les travaux du bassin de Neptune; mais il est assez rare que deux frères, lorsqu'ils exercent le même art , vivent en bonne intelligence. Il abandonna l'ouvrage avant qu'il fut terminé, et travailla pour l'hôtel Soubise, la chambre des comptes et l'abbaye de St-Denis. Il concourut pour le Mausolée du cardinal de Fleury, avec Boucha nlon et Lemoyne, et le public lui accorda

ADA 147

le prix ; mais Lemoyne fut coargé de l'exécution de ce monument. Le Tbmfcrau de la reine de Pologne, épouse de Stanislas, fut le plus important de ses ouvrages : il l'exécuta dans l'église de Bon-Secours , prés de Nancy. Le Prométhée jmrut enfin au salon de 1763, et le roi de Prusse en fit offrir à l'artiste 50,000 fr. ; mais Adam eut la délicatesse de répondre que ce morceau, fait pour le roi son maître, ne lui apjiartenait pas. Nicolas-Sébastien Adam mourut le 27 mars 1778. Ce qu'on a dit de la manière de son frère peut aussi lui être appliqué. Le travail du marbre et la recherche d'idées ingénieuses fixaient surtout son attention. Il demandait tous les jours à Dieu, dans sa prière, de n'être ni le premier ni le dernier dans son art, mais de se tenir dans un milieu honorable, pour éviter d'exciter la jalousie ou de tomber dans le mépris. Sa prière fut à jteu près exaucée. D— T.

ADAM f Fr ançois-Gasparo ), frère des précédents, naquit a Nancy, en 1710, et fut comme eux élève de leur père. Le produit de quelques ouvrages qu'il fil dans le Barrois le mit en état d'aller, en 1728, rejoindre ses frères a Home. Son frère ainé lui apprit à travailler le marbre. Framtois-Gas|tard Adam, revenu à Paris, gninia le f" prix de l'Académie, et retourna, en 1742, à Borne, ou il acheva ses études. Arrivé de nouveau à Paris, il agit de concert avec son frère ainé pour aller a Berlin â la place de Nicolas-Sébastien, qui avait été mandé par le roi de Prusse. Ce dernier ne crut pas devoir réclamer con tre cette supercherie ; et , après avoir travaillé plusieurs années à Berlin, François-Gaspard Adam revint à Paris, où il mourut en 1759. D— t.

ADAM (Nicolas), né à Paris, en 1716, fut élévé de Louis le Beau, et , à son tour, professa pendant plusieurs années avec distinction l'éloquence au collège de Lisieux. Le duc deChoiseul, qui avait beaucoup d'amitié pour lui , l'envoya a Venise , comme chargé d'affaires auprès de la république. Adam y resta douze ans. 11 revint en France, où il donna quelques livres élémciilaircs, et mourut à Paris en f792. On a de lui : 1° la Vraie Manière d'apprendre une langue quelconque, rivante ou morte , par le moyen de la tangue française, 1787, 5 vol. in-8", plusieurs fois imprimés; ils contiennent : 1" Grammaire française; 2° Grammaire latine; 5° Grammaire italienne ; 4* Grammaire anglaise ; 5* Grammaire allemande. 2° Les Quatre Chapitres, de la Raison, de F Amour de soi, de l'Amour du prochain, de la Vertu, 1780, in-8"; ouvrage que l'auteur, dit Desessarts, avait présenté sous quatre faces, en bon et en marnais latin, en bon et en mauvais français. 5" Traduction littérale des UEuwcs d'Horace, 1787, 2 vol. in-8". 4° Traduction littérale des (/Eurrrs de Phèdre. 5" Traduction italienne de Phèdre. G" Traduction littérale de Rastclas , roman de Johnson. 7* Traduction littérale de (aton. tragédie d'Addison. 8° Traduction littérale de l'Essai sur l'homme, de Po|K>. 9° Traduction littérale de la première Suit d'Voung. 10° Estai sur l'Education de ta jeunesse, Londres et Paris, 1787, in-8". Adam savait presque toutes les langues de l'Europe , et possédait

448 ADA

à un rare degré le lalent de communiquer ce qu'il savait. A. B — T.

ADAM (Robert), architecte célèbre, né en 1728, à Kirkaldy, dans le comté de Fife en Ecosse, fit ses études à Edimbourg. 11 manifesta de bonne heure un goût décidé pour les arts du dessin, et s'appliqua avec ardeur à l'étude de l'architecture. 11 lit le voyage d'Italie aux frais du gouvernement d'Angleterre, qui , à l'imitation de celui de France , entrelient à Rome un certain nombre d'élèves. Avant de revenir dans sa patrie, il visita différentes parties de l'Italie, pour y étudier les monuments des arts, et il y conçut le plan d'un ouvrage qu'il publia ensuite , et dont on parlera plus en détail à la fin de cet article. De retour en Angleterre, il s'établit à Londres, où il construisit plusieurs édifices qui lui firent une grande réputation, quoiqu'ils n'aient rien de distingué dans les grandes parties de l'architecture. Le talent particulier de l'artiste ne se montre que dans l'art des distributions intérieures, et surtout dans les ornements, où il a montre de l'originalité et de la variété , et quelquefois même de la grandeur. Il fut nommé, en 1762, architecte du roi; mais, en 1768, il donna sa démission de cette place, parce qu'il fut nommé député au parlement britannique , comme représentant du comté de Kinross en Ecosse. Il mourut, en 1792, de la rupture d'un vaisseau dans la poitrine , et fut enterré avec une pompe extraordinaire ; beaucoup de personnes de distinction et un grand nombre d'artistes accompagnèrent son convoi, •et sa famille lui a fait élever un monument dans l'abbaye de Westminster. La noblesse de son caractère, la supériorité de ses talents et l'étendue de ses connaissances faisaient rechercher sa société. 11 fut l'ami de Hume , de Robcrtson , d'Adam Smith , de Fcrguson, etc., et vécut dans l'intimité de plusieurs autres personnages illustres de la Grande-Bretagne. Il a construit un grand nombre d'édifices, tant publics que particuliers, à Edimbourg et à Glascow ; et ces bâtiments sont d'un goût d'arcliitecture plus noble et plus pur que ceux qui existaient auparavant dans ces deux villes. 11 a construit aussi, dans plusieurs campagnes, des châteaux et des maisons particulières dont on ne peut pas louer le bon goût de composition. La plupart sont dans le style gothique; mais en cela l'on peut croire qu'il s'est plutôt assujetti au goût des propriétaires qu'il n'a suivi le sien propre : c'est une disposition qui parait naturelle aux Anglais. Les princi|»es de l'architecture grecque y ont été importés par des hommes d'esprit qui avaient voyagé en Italie ; ils ont été suivis par quelques architectes qui ont bien étudié leur art. Ils ont été appliqués avec succès à un assez grand nombre de bâtiments : mais, en parcourant l'Angleterre, en examinant la multitude d'églises , de maisons et de cliitcaux, répandus dans les villes et dans les campagnes, on s'aperçoit que le goût dominant, et (tour ainsi dire le goût national, est pour l'architecture gothique. Robert Adam s'était associé dans tous ses travaux un frère, architecte comme lui, mais qui avait plus d'habileté dans la partie mécanique de l'art que de génie et d'iuveuUon : ce dernier mé-

ADA

rite appartenait tout entier à Robert. I.u plus considérable des constructions qu'ils ont laites à Londres est une suite de maisons bâties sur un plan uniforme sur le bord de la Tamise, et qui a conservé le nom d'Adelphi, comme étant l'ouvrage des deux frères. Un Anglais, qui a vu les ouvrages des Adam, et qui en parle en juge éclairé de l'art , mais avec une partialité que nous ne pouvons approuver, a écrit crue le style de l'architecte écossais est certainement « très-supérieur à celui de tous les archi- « tectes français , sans exception , qui ont vécu sous « Louis X V. » L'auteur de cet article ne connaît point les bâtiments dont les Adam ont décoré Edimbourg et Glascow, mais il a vu ceux qu'ils ont construits à Londres, et il ne peut pas croire qu'ils aient fait nulle part rien de comparable à l'église de Ste- Geneviéve, aujourd'hui PanUiéon, et à l'école de médecine de Paris. La réputation que Robert Adam s'est acquise se serait concentrée dans son i>ays, s'il n'avait donné de son talent d'autres preuves qui l'ont fait connaître au dehors. Il a publié une espèce d'ouvrage périodique, consistant en dessins, |iarticulièrcment d'ornements d'architecture, qui ont contribué à répandre un meilleur goût pour tout ce qui tient A la décoration et à l'ornement , non-seulement en architecture , mais encore dans les manufactures et les arts où le dessin entre comme objet essentiel. Celle de ses productions qui assure le plus solidement sa réputation , est la Description des ruine$ du palais de l'empereur Dioclélien, àSpalalro en Dalmatie. dont il fit faire les dessins et les gravures en Italie, et qu'il publia à Londres , en 1764, grand in— fol. Ce magnifique ouvrage , aussi intéressant par la grandeur du monument qu'il met sous nos yeux, que précieux par la beauté de l'exécution , est digne de faire suite aux Ruines de I'almyre et de Balbeck, que l'on doit aussi à des conqmtriotcs de Robert Adam. Il a mis à la téte une introduction assez étendue et très-bien écrite , qui jette de nouvelles lumières sur l'architecture des Romains, dont il ne reste guère que quelques édifices publics, tandis qu'une foule de bâtiments élégants et superbes, habités par des citoyens de Rome, ont entièrement disparu. A peine reste-t-il quelques vestiges de ces maisons de campagne innombrables dont l'Italie était couverte , quoique les Romains eussent prodigué, pour les élever et les embellir, les richesses et les dé|x>uilles du monde. Robert Adam déplore la destruction de toutes ces habitations particulières. Les mines du palais de Dioctétien, à Spalalro , sont le seul monument de ce genre que le temps ait épargné : c'est le jialais où Diocléticn , après avoir résigné l'empire, passa les neuf dernières années de sa vie. On connaît le goût de cet empereur poui l'architecture ; il avait fait construire un grand nombre de l)caux édifices : ses bains publics, qu'on voit à Rome, sont un des anciens bâtiments les plus magnifiques et les plus entiers qui se soient conservés. Tous ces motifs déterminèrent Robert Adam , lorsqu'il était en Italie , à entreprendre le voyage de Spalatro. M. Clérisscau, architecte français, dont on connaît le talent et les coimaissances dans lesanuqui-

AD A

tés, accompagna l'architecte anglais, qui avoue avec regret qu'il ne put trouver aucun artiste de sa nation en état de le seconder dans ses travaux. Il faut voir, dans l'introduction dont nous avons parlé, les difficultés de plusieurs genres que Robert Adam eut à surmonter pour mener à lin celte grande entreprise. Il y déploya autant d'intelligence et de courage qu'il a montré de réle et de talent dans l'exécution de l'ouvrage , qui recommandera son nom à la postérité. Les dessins de ses ouvrages d'architecture ont été gravés et recueillis à Londres, en 1778, 2 vol. in-fol. S — u.

ADAM (Alexander), savant écossais, naquit en 1741, d'un pauvre fermier, dans un liamcau du comté de Moray. A l'université d'Édimbourg, où se terminèrent ses études , il n'avait d'abord d'autres moyens d'existence que la guinéc que lui donnait, à chaque trimestre , un condisciple dont il était chargé de hâter les progrés ; mais l'aptitude qu'il montra , dans diverses occasions , pour l'enseignement , lui fit confier la direction de la haute école d'Édimbourg , qui est la première du nord de la Grande-Bretagne , par l'ancienneté et par la réputation. La Grammaire latine deRuddiman était alors en usage dans toutes les écoles d'Ecosse *. Adam entreprit d'y substituer une autre méthode par laquelle la grammaire anglaise était enseignée en même temps que la grammaire latine. Cette Grammaire latine parut en 1772. Il n'y eut aussitôt qu'un cri contre cette innovation. I n écrivain spirituel, mais malveillant, l'historien Gilbert Slewart, s'attacha surtout à verser le ridicule sur le grammairien. Le corps municipal se prononça contre l'innovation; et, malgré les suffrages de lord Kames et de l'évéque Lowth, le recteur fut le seul dans la haute école qui mit en pratique sa méthode. Alcxander Adam ne se laissa pas toutefois intimider, et les éditions de sa Grammaire latine se multiplièrent malgré les obstacles. Persuadé que l'acquisition des connaissances générales devait aller de front avec les études classiques, il comi>osa , pour la favoriser, un Précis (Summary) de géographie et d'histoire , accompagné des cartes de d'Anvillc. La 1" édition, donnée à Edimbourg , fut suivie de plusieurs autres , notamment celles de Londres, 1794 et 1809, in-8°. Un autre ouvrage utile, Y Abrégé des antiquités romaines, fut pour Adam un objet de soins scrupuleux, et resta trois années sous presse , toujours retouché et amélioré. Le succès ré|>ondit à ses efforts. U livre fut traduit en allemand, en français (par M . le comte Emm. de Laubépin ) et en italien. La jeunesse de diverses parties de l'Angleterre accourut en grand nombre aux levons du savant instituteur, qui continua de partager sa vie entre ses fonctions et le travail du cabinet. Sa Biographie classique parut à Edimbourg , en 1800. On y remarque paruculièrement la notice sur César. L'auteur travaillait depuis longtemps à la composition d'un dictionnaire latin sur un plan étendu ; mais des considérations pécuniaires l'ayant détourne de le livrer à 1 impression, il en fit un abrégé qui parut en 1805 , sous le titre de Lexicm linguas Un nue çotnpendiariutn. Yers ce

ADA

même temps, une association de maîtres d'école écossais se forma a l'instar de celle d'Angleterre, dans le but d'établir un fonds de secours en laveur des veuves et des familles des instituteurs : Adam y contribua de sa bourse et de son crédit, et fut caissier de ce fonds de bienfaisance. Depuis environ quarante ans, il était à la tête de la haute école, lorsqu'il mourut le 18 décembre 1809. L.

ADAM (maître). Voyei Billault.

ADAMAN. Voyez Adamnak.

ADAMAKTIUS, médecin, était, à ce qu'on croit, Juif de nation , et demeurait à Alexandrie. 11 passa ensuite à Constantinople, et s'y fit caUiolique. II dédia à l'empereur Constance ou ouvrage en deux livres sur la physiognomonie, qui nous est parvenu et qui a été imprimé plusieurs fois avec d'autres auteurs du même genre. Quoique rien ne soit plus conjectural que l'art dont Adamantius a traité , il aurait pu mettre dans son livre plus d'ordre , de méthode, et surtout ne pas tomber dans des contradictions choquantes. On trouve cet ouvrage dans un des volumes de l'édition d'Aristote donnée par Sylburge, et dans IcsSen'p/orM physiognomoniœ veteres, gr. lai., cura J. 6. Fied. Fransii, Allcnburgi , 1780, in-8°; collection donnée avec peu de soin, comme toutes les éditions de Franzius. C — R.

ADAMjEI S (Théodoric), philologue du16' siècle, naquit à Schwalenberg. dans le comté de la Lippe, et mourut en 1540. On a de lui : 1° de christiani orhis Concordia, Paris, Wéchel, 1532, in-4». C'est un discours adressé a Charles-Quint et à François 1". 2" De Insula Iihodo et militarium ordinum Institutione, ibid., Wéchel, 1536, in-8°. On trouve dans le même volume trois opuscules de deux autres auteurs : de Bello rhodio , de Jacques la Fontaine, jurisconsulte de Bruges; Melila l)escriptio,dc Yenlit et nautica Buxula, ventorum indice, Traclalus, de Jean Quintin , professeur en droit canon et chevalier servant dans l'ordre de Malte. 3" Des notes jointes à la traduction latine de l'ouvrage de I*rocope, de Justiniani imperatoris AVdifieiis, donnée jwr Fr. Cranevcld, ibid., 1537, in-4*. 4° I ne traduction latine du Tableau de Cébés, Cebetis Tabula, ibid., 1539, in-8°. 5° Une édition grecque de Y Abrégé du droit civil de Constantin Harménopule, ibid., 1539, in-4°. C'est la première fois que fut imprimé l'ou-

vrage du jurisconsulte grec.

Page 1