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ADAM (Adam), bénédictin, né à Mulheim, prés de Cologne, en 1610, abbé de Murhart en Souabe, et évrquc d'Hiérapolis. En 1043, les prélats du duché de Wirtcmberg le cliargércnt de les représenter dans la négociation du traité de Westphalic. 11 écrivit l'histoire de ce traité sous ce titre : Arcana pacit weslphalico? , Francfort-sur-le-Mcin , in-4". Cet ouvrage est fait avec esprit et impartialité. Comme la I" édition était très-fautive, J.-God. de Meicrn en donna une nouvelle en 1737, sous ce titre : Hit-* torica Belaiio de pacificatione Osnabrugo-Monaste— riensi, etc. Cette édition fut faite sur le manuscrit original qui se trouvait à Hildesheim. G— t.
ADAMI (Liohardo), né le 12 août 1690, à Bolsena en Toscane, était encore entant lorsqu'il fut en -
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voyé à Rome, chez son onde, l'abbé Andréa Adanii, excellent musicien, attaché au cardinal Pietro Ottoboni. Ce prélat le fit entrer au séminaire, où il fit tant de progrés, qu'au bout de deux ans il avait terminé son cours de physique. Mais alors il eut le malheur de prendre |>art a une espèce de révolte qui eut lieu dans le séminaire, et s'enfuit à Livonrne, où il s'enrôla sur un corsaire français. 11 parcourut la côte de Barbarie , et assista à un corn liai que son vaisseau, réuni a d'autres de la même nation, livra aux Anglais , qui furent vaincus et conduits à Toulon. 11 entra alors au service de France , et fut fait prisonnier, dans mie bataille, par les Hollandais; mais il trouva le moyen «le s'évader et revint en France. Ennuyé de cette v ie errante , après vingt-six mois d'absence, il songea à retourner dans sa jwlrie, et il obtint le ]>ardou de son oncle ; le cardinal fjttoboni lui procura son congé. De retour a Home, il s'appliqua a l'étude, prinrqalement à celle de la langue grecque, dans laquelle il fit «les progrès si rapides, qu'en moins d'un an il fut en état «le corriger et de commenter les auteurs avec une facilité' etonnanU'. Les langues hébraïque, arabe et syriaque devinrent aussi l'objet de son application. Sa réputation engagea, en 1717, le cardinal Imperiaii a lui confier la garde «le sa nombreuse bibliothé«|iie ; et il remplissait cette charge lors«pi'il fut enlevé aux lettres. 11 mourut à 28 ans, le 9 janvier 1719, «l'une maladie de poitrine, suite de sa trop grande application, et fut enterré H Rome, dans l'église de St-I-aurent in Uamaso. Il a laissé un savant ouvrage qu'il fit imprimer à Homo, en 1716, in-4", sous ce titre : Leonardi Adami Volsiniensis t.ï èv ipxxit» Philoelis sï'pci Areadienrum valumen primum. Ce I" volume est dédié au cardinal Ottohoui , qui avait fait les frais de l'impression. Il contient, en quatre livres, l'histoire de l'Ardic, depuis les temps les plus reculés jusqu'au règne d'Aristocrate le jeune, son dernier roi. Cet ouvrage est tellement rempli d'érudition , et renferme un si grand nombre de jtassases d'auteurs anciens, «pie Jacopo Faeciolati, ami d'Adami , le comparait à une ville dans laquelle il y avait plus d'étrangers «pie «le citadins. Non-seulement Adami y a réuni avec le plus grand s'tin tous les passages relatifs a l'Arcadie; mais , plus critique qu'historien , il les a discutés et corrigés, ce qui le force souvent à interrompre son récit. Son ouvrage contient d'excellents matériaux pour cette partie de l'histoire et pour trllo de la Grèce entière. Le 2* volume (levait comprendre le reste de l'histoire de l'Arcadie , depuis la 2S" olympiade ; sa publication avait déjà été annoncée dans le tome 29 du Giomale dr' T.elterati d'Italia ; mais la mort prématurée de l'auteur l'empocha de le faire paraître. Adami avait entrepris d'autres ouvrages qu'il n'a pu achever, et dont il a légué les manuscrits au cardinal Imperiaii. De ce nombre sont tune Histoire du Pelnponcsr ; une édition en plusieurs volumes «les OEurres dr l.ibanius, augmentée de divers Discours et l-ettres inédits de cet auteur ; une édition de Y Histoire dr Jornandès; un recueil considérable d'inscriptions, la plupart inédites ; quatre livres de Varietate fortunée, de Poggio de Florence ; |
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enfin cinq Sortîtes qui manquent au code de Théodose. A. L. M.
ADAMI ( Erm est— Daniel) natjuit à Idung, dans la grande Pologne, le 19 novembre 1716, et, après avoir été correcteur et directeur de musique À Landshut, fut, depuis 1763, jwsteur à Pomeswitz, dans la haute Silésie. lia publié, en 1 750, à Liégnitz, un ouvrage en allemand, sur le triple écho qui existe à l'entrée de la ftirèt «l'Aderbach ( dans le royaume de Hohénie ) , 1 vol. in— 4", et en 1755 , des Dissertation* sur les beautés sublimes du chant dans les cantiques du service divin, in-8°, Lcipsick, 17.15. On ignore l'année de sa mort. P — \.
ADAMI ( Amuik ) , maître de la chapelle pontificale, au commencement du 18° siècle, publia un ouvrage ayant |iour titre : Osserrazioni per ben rego- ■lare il coro dei cantori délia capclla pontificia, tanto nclfe funziani nrdinarie cbe straordinaric , 1 vol. in-4", Home, 1711. Cet ouvrage, assez curieux, renferme les portraits de douze principaux clianteurs de la rhajH'Ile pontificale, avec des notes sur leur vie. p x.
ADAMI | A.\ToiNE-PiiiurrE), littérateur, naquit vers I7"20, a Florence, d'une famille patricienne. Son frère, le P. Haintoiido,scrvilc, devint profc&scur à PLsc, et fut l'un des rédacteurs du Giomale dei letterati. Philippe embrassa l'état militaire, et, dans les loisirs «me lui laissaient ses fonctions, cultiva la phiUjsophic et les lettres, ce qui lui mérita la bienveillance «lu grand-duc, letjuel le nomma chevalier de M-Eliennc. H avait formé le projet de donner la collection «les historiens de Florence. En 1755, il en publia le prospectus (I). La même année, il fit imprimer à Home, format in-4", la I" édition de la Crvnica délie cose dllaliu, de Paolino Pieri . Cette chronique, <|ui s'étend de 1 080 à 1 5(15, est assez curieuse ; mais elle diffère, sur plusieurs faits, de l'histoire de Jean de V illani. La poésie occupa les dernières années d'Adami. 11 travaillait à une tragédie de la Conjuration des Pazzi (2), quand il fut enlevé par une mort prématurée, vers la fin de l'année 1761. Il était membre de l'académie des Apatisli. Outre «un iques opuscules sur l'agriculture et l'économie politique, on a de lui : 1° i Canlici biblici cd altri salmi délia sacra Scri'.lura, con i treni di Geremia , espt\&ti in versi losrani da un academiro Â\mthta , Florence, 1718, iii-4\ C'est la traduction d'après la Ynlgate de tous les morceaux lyriques qui font i*artie «lu bréviaire romain. Elle passe |>our fidèle, mais on reproche à l'auteur «l avoir trop peu soigné son style. 2" Dimoslrazione dell' esisttnsa di Dio, prorata con quella délit contingenza délia wateria, Livonrne, 1755, in-8'. On trouve l'analyse de cet ouvrage dans le Journal étranger, août 1754. Le critique français en parle avec éloge. 3° Odi poney iriche a C ruire , Florence, 1735, in— roi. 4° Poésie, con una dissertazionc sopra la jtoesia drammatira e
(1) Protf.'lto ilt una wuoro compi!a:hnc délia Sloria f'iorem/iM âa moi prim ipf tinn êtf ttUnttsm délia cota de' Medui, eipctlo m Ire dis»erlàtumi, \'i*r, 175», in-4*.
(2) Ce sujet awll rte (mile, «U s 1665, en italien, par Selta*!. ar~ |tl Aiiimii. BQMevkSSUa, SmM Maffei rite ta |>i«'fe avec etoge. AlCrri a tail aussi uik tragédie sui la ronjuntion «tes Pazii.
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mimica dcl teatro, ibid., 1733, in-8°. Il y a de Tesprit, de la grâce, de la douceur, dans les poésies d'Adami. On en a traduit pirateurs morceaux dans le Journal étranger. Dans b dissertation sur la mimique, il s'attache à maintenir la supériorité de la musique italicuue sur la musique française. 5" Une traduction en fera sciolli de Y Estai sur l'homme de Pope, Arezzo, 1730, in-8\ Venise, 1761. M. Lombard! ne parle poiut d'Adami dans son Histoire de la littérature italienne au 18' siècle; et l'article qu'où lui a douné daus la Biographie italienne est tresincomplet. W — s.
ADAMNAN (Saint), fut élu, vers l'an 064, abbé du monastère que St. Columban , avait Fondé, dans le 6* siècle, à Ily ou Mu, île située sur les «otes, entre l'Irlande et l'Ecosse. ( Elle est au.ssi appelée iledeSl- Columban ou Kohlmhitl. ) Adamnan vint à la cour d'Alfred , roi de Northumbre , jiliu d'ob-icrver les pratiques de l'Église anglicane. Étant de retour dans son monastère, qui suivait la règle de Si-Benoit, il représenta a ses religieux que leurs usages étaient routrairesàceux que suivaient l'Église romaine et celle d'Angleterre ; mais il ne fut écoulé que pur un petit nombre. 11 mourut âgé de 80 ans, le 23 septembre 7<t3. Nous avons de lui : I" Adamanni Seotohibemi , Abbatis celeben'imi, de Situ terrœ sanetœ (t quorumdam aliorum locorum, ut Alexandrie et Constanlinopoteosjibri 1res, anlc annos nongentos et amplius eonsrripli, et nunc primum in lurcm prolali , Ingolstadt, 1611), in-V'. Cette édition, publiée par le P. Gretser, étant devenue très-rare (I j, et Mabillou, n'ayant pu se b procurer, lit faire des recherches et uécouv rit b Description d'Adamnan dans deux manuscrits, l'un appartenant à la bibliothèque de Corbic, l'autre à celle du Vatican. L'n de ses amis lui ayant lait venir d'Allemagne un exemplaire de l'édition de Gretser, il ht paraitre : Adamnani, abbatit hiiensis, lîbri 1res , de Locit tandis , ex relation* Arcul/i, episcopi galli, daus les Acta sanrtor. <nd. sanet. Uenedieti, t. 4 , p. 502. Cette Description des lieux saints par Adamnan , trés-estiméc au moyen âge, a servi de livre classique jusqu'au temps des croisades. Bède nous en a donne l'historique dans son EeeUt. Hirt. Anqlorurm, t. 3, p. 16. « Adamnan, dit-il, abbé « de Mu, en Hibcrnie, a écrit sur les lieux saints « un livre très-utile. L'n évéque des Gaules , appelé • Arculfe , ayant été, à sou retour de la lerre sainte, a jeté par b tempête sur les cotes occidentales de la « Brillante, fut reçu par Adamnan, auquel il com- « murmura des détails très-exacls sur les lieux que « ce prëbt avait visites. Pendant son séjour à Hu , « Arculfe mit sa reblion par écrit, en y joignant des « gravures. Adamnan alla offrir cette Description « au roi Alfred , qui , afin de b répandre, eu lit faire « un grand nombre de copies. » Apres cette introduction , Bède rapporte ce qui se trouve dans l'ouvrage , dont il a donné un abrégé plus étendu que celui qiU l'on trouve dans son Histoire ecclésiastique (2). 11 faut lire l'ouvrage même d'Adamnan,
J o "is! ' U" rsrmi'I,ire 1 11 biblio,bt<ic"' r0*a,<'' *°us 11 1(,t-
(») BHt, I. 5, p. S63.
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quand on veut bien connaître b terre sainte telle qu'elle était vers le milieu du 7* siècle. L'édition de Mahillon est plus complète que celle de Gretser. 2° Saneti Adamnani scoti libri 1res, de sanrto Çolumbo teolo , presbylero et eonfessore , qui rirca annum Domini 365 floruit , Anvers, 1723, dans le Thésaurus Monum.eecles. Candii.,'m-îo\., 1.1, p. 674. St. Columlwn fut le fondateur et le premier abbé du monastère de Dy. St. Adamnan, son historien, fut le 6* de ses successeurs. Mabillon a aussi publié cette vie de St. Columban dans les Art. ord. sanct. Bened., I. L'édition de Canisius est meilleure, G — v.
ADAMOLI (PiEiutE ), né à Lyon, le ">aoi'tt 1707, fut garde des ports, jKinLs et passages de cette ville. Bibliophile et antiquaire éclairé, il passa b plus grande partie de sa vie à former une collection de livres, de manuscrits cl de médailles, qu'il légua à l'académie royale des sciences et arts de Lyon. D'après ses intentions , cette bibliothèque devait être Ouverte au public une fois par semaine , et b direction n'en |X>uvait êlre confiée qu'à un académicien , père de famille , jamais à un moine membre d'une congrégation , ni à un libraire qui viendrait altérer sou legs en le mélangeant de livret sans râleur et sans utilité , qu'on nomme bouquins. Lors de b dissolution de I académie, en 171(3, les livres d'Adauioli furent mis sous le scellé, puis transportés à la bibliothèque de b ville. L'académie, avant été réinstallée, en réclama et en obtint la restitution, en 1825, de sorte que la bibliothèque de cette société se compose actuellement de pies de 12,000 volumes de choix. Adamoli avait fondé deux prix, l'un de 3îN> francs, et l'autre d'une médaille d'argent de la valeur de 23 francs, pour être distribués aux auteur • qui auraient le mieux traité des questions que l'académie étaitappelée à pro poser sur des sujets d'histoire naturelle ou d'agriculture. Le prix fut décerné, en 1776, à MM. Costc et Ville met, pour un mémoire sur la substitution , dans la médecine , des plantes indigènes aux végétaux exotiques. Adamoli mourut a Lyon, le 5 juin 1760. Il est auteur de trois Lettres ii M. de Uigieu, sur la découverte d'une jambe de cheval eu bronze, retirée de b Saône, prés de l'église d'Ainay , en 1706, Lyon, 17 66 et 07 , in-8". A. P.
ADAMS ( GuM. u.ME ) , na vigateur anglais, était né à Giiiinghain, dans le comté de Kent. Dis l'âge de douze ans il fut envoyé à Limehoute. flan» le voi. sinage de Londres, pour y apprendre la navigation. Il sortit de celte éiole à vingt ans, et servit cemme | ilotc sur les bâtiments de l'État, Les négociants qui faisaient le commerce de la cote de Barbarie remployèrent ensuite; mais Adams, j«ssionne pour les ravages lointains, saisit , en 1398, l'occasion de fattbarquer comme pilote avec le Hollandais Jacques de Mahu, amiral d'une flotte de cinq vaisseaux destines pour les Moluqucs; elle appareilla de l'embouchure de b Meuse , le 27 juin , et , par b mort du coimnan dant , passa sous les ordres de .^imon de Cordes. ( Voy. ce nom. ) U ne restait plus que deux vaisseaux à b (in de novembre 1300 , époque à laquelle les Hollandais n'étaient encore qu'à l'Ile Ste- Marie, sur b cote du Chili. Adams était alors sur le
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bâtiment ae Gérard van Beuningen. On s'attendait à être attaqué par les Espagnols. Un matelot qui avait fait le voyage du Jajwn avec les Portugais conseilla de se diriger vers cette contrée, où l'on serait sûr de vendre avantageusement la cargaison de drap que l'on avait à bord. Le 24 janvier 1600, Beuningen fut séparé par un coup de vent de l'amiral que l'on ne revit plus. Les maladies avaient enlevé la plus grande partie des matelots , et parmi ceux qui restaient, il n'y en avait pas dix qui pussent se tenir debout. Adams , se liant aux cartes , qui étaient fautives , clierchait le port de la capitale du Ja|K>n sous une latitude trop basse; enfin, le 19 avril, lorsque six hommes seulement étaient encore en état de faire le service , le navire mouilla près de la cote de Bougo, dans Pile de Kiusiu. Les Japonais, suivant leur usage , mirent une garnison à bord du navire , puis le conduisirent dans un port excellent. Un jésuite et un Portugais, envoyés pour servir d'interprètes aux Hollandais , essayèrent de les faire passer pour des pirates; neuf jours après, un ordre de l'empereur enjoignit d'amener leurs cliefc à Osaka, où il tenait sa cour ; le capitaiue fit partir Adams et deux matelots. Après leur audience , ils furent conduits dans une prison où on les traita bien. Une seconde entrevue avec le monarque fut suivie d'une détention dans un lieu différent. Ensuite Adams et ses compagnons furent renvoyés à leur navire, qui fut mené dans le port de Surunga ; on leur restitua la valeur de ce qui leur avait été pris. Adams, par son intelligence et son habileté dans la pratique de divers arts, parvint à gagner h faveur de l'empereur. Grâce à son crédit, au bout de deux ans, le capitaine obtint la liberté de sortir de l'empire, et celle d'y commercer. Mais ce marin fut tué, un an après, dans un combat prés de Malaca, et les lettres dont Adam l'avait chargé furent perdues. Celui-ci, ne recevant pas de ses nouvelles, confia d'autres lettres à des navires japonais. Enfin il en arriva une à Bantam; elle était du 22 octobre 1611 , avec cette singulière suscription en anglais : A mes amis et à mes compatriote! inconnu* , que je prie de faire tenir cette lettre ou une simple copie , ou seulement lei nouvelles qu'elle contient , à quelques personnes de ma connaissance , soit à Limehouse , soit à Gillin— gham. Les avis qu'elle contenait ne furent pas négligés. Guillaume Saris jeta l'ancre près de Firando, en 1613; les Hollandais y avaient un comptoir depuis 1609. Adams servit d'interprète à Saris, qui fit le voyage de ledo : l'empereur le chargea d'une lettre pour le roi de la Grande-Bretagne , et d'un acte accordant aux Anglais le privilège de commercer au Japon. Ceux-ci en profitèrent pendant quelque temps. Adams, quoique retenu au Japon, put cependant en sortir comme pilote sur les vaisseaux de ses compatriotes qui allaient dans les contrées voisines: toujours il revenait dans le pays où il jouissait d'une grande considération et où il possédait des terres ; il différait sans cesse son retour en Angleterre ; la mort le surprit a Firando , en 1620 ou 1621 . On peut le regarder comme ayant facilité aux Hollandais la faculté , qu'ils ont conservée depuis , de faire le ! avec le Japon , et ils lui sont redevables
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de la permission de faire le voyage de ledo. Charlevoix , qui le qualifie chevalier , prétend que, par ses insinuations auprès de l'empereur , il nuisit beaucoup aux Espagnols et aux chrétiens. Le tome 1" du recueil de Purchas contient deux lettres d'Adams où il raconte ses aventures et donne des observations sur le Japon. On trouve, dans le même volume, la relation du voyage de Saris , de ses négociations a la cour du Japon , et de l'établissement d'un comptoir anglais à Firando ; diverses lettres d'Edouard Cox , que Saris avait laissé dans ce port (elles vont jusqu'en 1620) ; une lettre d'Arthur Hatch, qui n'avait quitté ce pays qu'en 1625. Tous ces morceaux sont intéressants pour l'histoire de la navigation et du commerce des Anglais, ainsi que pour l'ethnographie du Japon. Le Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement et aux progrès de la compagnie des Indes orientales offre des |>arlicularités curieuses sur Adams , et sur un Hollandais qui , venu au Japon avec lui , vivait encore en 1630. E — s.
ADAMS { William ) , théologien anglican , né à Shrewsbury, en 1707, fit ses études à l'université d'Oxford, et se lia dès lors avec Samuel Johnson d'une amitié qui ne cessa qu'à la mort de cet liomme célèbre. 11 occupa plusieurs places, et mourut archidiacre de Landaff et principal du collège de Pembrocke d'Oxford, en 1789. On a de lui un volume de Sermon* , 1777, et un Essai sur \ Essai de Hume touchant les miracles, 1752, in-8", regardé longtemps comme une des plus liabiles réponses faites aux assertions de ce sceptique. Adams avait d'ailleurs usé de tant de ménagement dans l'expression à l'égard de son antagoniste , que celui-ci , l'ayant rencontré , s'empressa de l'en remercier. Ils dînèrent ensemble , et se visitèrent réciproquement. L.
ADAMS (Samuel ), membre du congrès américain, fut un des principaux auteurs de la révolution des Élats-l nis. Il était né à Boston, le 27 septembre 1722. Après avoir fait partie de la législature américaine pendant dix ans, il devint, en 1 774, membre du congrès général, et se montra dés lors l'un des chefs les plus audacieux du parti de l'indépendance. Ce fut à lui que l'on dut en grande partie l'opposition si vive qui se manifesta de bonne heure dans cette province contre les lois fiscales de l'Angleterre. Quoiqu'il fût déjà fort âgé à l'époque des premiers troubles, il ne cédait à personne . ni par la vivacité de ses idées , ni par son activité à les mettre à exécution. C'est lui qui , le premier, donna l'idée d'organiser les sociétés populaires de manière que toutes correspondissent ensemble, et eussent un point central dans celle de Boston. Cette organisation , qui créa une espèce d'État dans l'État.fut un des plus puissants leviers de la révolution. Adams s'impatientait de ce que les hostilités ne commençaient pîis assez t6t entre les colonies et la mère patrie , et on l'entendit s'écrier , à la nouvelle des premiers coups de fusil tirés à la bataille de Lcxington : « Quelle glorieuse matinée que celle-ci 1 » 11 fut aussi le premier à élever ses vues vers l'indé- ]>cndance , même au moment où les partisans les plus chauds de la liberté américaine ne visaient encore qu'au redressement de quelques griefs. Élu
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plusieurs fois, par l'État de Massachusset , membre du congrès, il y soutint vivement le parti de l'indépendance. U voulait qu'il n'y ciH point de troupes réglées, et qu'à l'imitation des Romains, tous les Américains fussent soldats. Il n'aimait pas Washington; la prudence et la circonspection du général ne pouvaient plaire à cet esprit ardent et inquiet. On pense même qu'il ne tut pas étranger au projet formé, en 1778, pour lui ôter le commandement de l'armée , et le donner au général Gates. Sans songer aux obstacles inséparables d'une grande entreprise , il aurait voulu qu'on cxécuUU ses plans avec la même rapidité qu'il les formait. U fut un des auteurs de la constitution de l'État de Massachusset , et devint membre du sénat «piand elle fut adoptée. Partisan outré de la démocratie , on lui reprochait de consulter plutôt sa bibliothèque que l'expérience , et de frasser toujours par les Grecs et les Romains pour arriver aux Anglais et aux Américains. Cependant il parait qu'il était revenu depuis à des idées plus saines , car il employa dans la suite toute son inlluence à former une armée et à établir un gouvernement mixte. Son extérieur simple et mesquin semblait contraster avec la force et l'étendue de sa pensée. U eut le bonheur de vivre assez longtemps pour voir les efforts qu'il avait faits pour l'indépendance de son pays couronnés du plus heureux succès. U est mort pauvre, comme il avait vécu. On l'a surnommé le Caton de l'Amérique. Ses écrits ne consistent qu'en quelques brochures et différents articles politiques insérés dans les journaux. Sa correspondance avec le président John Adams a été imprimée en 4800. Il— A.
ADAMS (Joh.v , président des États-Unis d'Amérique. L'histoire l'a placé au nombre des premiers nommes d'État de son pays. Issu de l'une des premières familles qui fondèrent, en 1630, la colonie de Massachussel-Bey, il naquit à Braintrée, dans cette colonie, le 19 octobre 1755. Avant la révolution qui éleva son pays au rang des États indépendants, il exerçait la profession d'homme de loi , dans laquelle il avait acquis une grande réputation. A l'époque des premiers troubles , il se signala comme le défenseur des droits de son pays, dans une belle dissertation sur les lois canoniques et féodales. 11 soutint vivement le parti des colonies , et publia une Histoire de la querelle entre l'Amérique et la mère patrie , qui fut insérée dans la gazette de Boston , et produisit un grand effet sur l'esprit de ses concitoyens. Le bruit de ces écrits parvint jusqu'à Londres , où ils furent réunis en un corps d'ouvrage et imprimés en 1708. Le gouvernement anglais, juste appréciateur de ses talents, mais non pas de son caractère, essaya de le détacher de la cause nationale en lui offrant le poste lucratif d'avocat général près la cour de l'amirauté ; Adams refusa sans hésiter. Quoiqu'il fût l'un des principaux chefs de l'opposition qui se manifesta dans le Massachusset contre le gouvernement anglais , il combattit toujours les mesures violentes, et il défendit avec beaucoup d'éloquence , devant la cour criminelle de Boston , le capitaine Preston et ses soldats qui , dans l'émeute de celte ville du 5 mars 1770,
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avaient tiré sur le peuple et tué plusieurs personnes. Preston fut acquitté , et le crédit d' Adams n'en souffrit qu'auprès de ceux qui ne voulaient pas voir que l'infraction des lois criminelles est le caractère à la fois le plus évident et le plus effrayant de l'anarchie et du despotisme populaire. Il fut élu au congrès en 1774 , et réélu en 1775. Adams fut un des premiers à s'apercevoir qu'une réconciliation franche et durable avec la mère patrie était devenue impossible. 11 lit partie du congrès qui se réunit à Philadelphie en 1774 , et prit part à la déclaration solennelle de droits et de principes qui appela le peuple à la résistance , et ferma au commerce anglais les ports de l'Amérique. Il se prononça fortement pour l'indépendance, et fut l'un des principaux promoteurs de la fameuse résolution du 4 juillet 1776, qui déclara les colonies d'Amérique États libres, souverains et indépendants. Lorsque les États-Lnis, se trouvant pressés par les armes de l'Angleterre , tournèrent les yeux vers F Europe, en 1 777, John Adams fut envoyé avec Franck lin, près la cour de Versailles , pour négocier ce traité d'alliance et de commerce qui a si puissamment aidé à l'émancipation de l'Amérique. A son retour, les habitants de Massachusset invoquèrent ses lumières pour la formation d'un plan de gouvernement , et c'est à lui que cet État est principalement redevable de sa constitution. En 1780, il vint à la Haye, revêtu de tous les pouvoirs du congrès, et, peu de temps après, les États-L nis le nommèrent leur ministre plénipotentiaire prés les étals généraux des Provinces-l nies. Son habileté contribua beaucoup à entraîner la Hollande dans la guerre contre la Grande- Bretagne. 11 négocia et conclut un traité d'amitié et de commerce avec les états généraux, et obtint des emprunts qui furent d'un grand secours aux Américains. Il vint ensuite à Paris ( 1782 ), où il fut un des négociateurs du traite de paix avec l'Angleterre , qui reconnut l'indépendance des États-Unis. C'est principalement à sa fermeté et à son adresse que les Américains doivent le droit qui leur a été accordé par ce traité de faire la pêche sur les bancs de Terre- Neuve. Après la paix , il conseilla des mesures de modération envers les loyalistes : ce qui lui attira l'inimitié des républicains , qui commencèrent dès lors à le regarder comme un partisan de l'Angleterre. En 1785, il fut envoyé à Londres pour négocier un traité de commerce qu'il ne put conclure. Cependant , les circonstances où les États-L nis se trouvaient , et surtout la forme du gouvernement , donnaient des inquiétudes aux liommes prévoyants. En effet , quelle sécurité , ou quel espoir de stabilité pouvait inspirer un gouvernement qui était autorisé à déclarer la guerre , et ne pouvait se procurer les moyens de la faire que par le consentement de treize États indépendants? Quelle conlianoc devait inspirer un État qui |K)iivait contracter des dettes, et n'avait de droits, pour se créer des fonds alin de les payer, que par la volonté de treize souverainetés distinctes? Tous les
i s esprits désiraient un cliangcincnt qui donnât plus
de force au gouvernement central : John Adams, qui était encore en Europe , fut un des premiers à le proposer. Washington, Hamilton et d'autres liom-
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mes, qu'on appela dans la suite fédéralistes, se joignirent à lui; le changement eut lieu , et amena la constitution de 1788; Wasliington fut élu président, et John Adams vice-président. Cette constitution eut de nombreux ennemis, auxquels on donna le nom de républicains , et à la télé desquels on {Jasait Jefferson. Ils soupçonnaient les fédéralistes de vouloir établir l'aristocratie , et peut-être même la royauté. John Adams excitait particulièrement leurs craintes ; on connaissait son opinion sur la nécessite d'une balance entre les pouvoirs , et l'on sup|MJsait que la conséquence de cette opinion conduirait à des ordres distincts et héréditaires. On lui re|>rochait d'entretenir un état de maison semblable à celui d'un monarque. Les haines entre les deux |>arlis s'envenimèrent davantage, lorsque la révolution commenta en France, et que la guerre éclata entre cette puissance et la Grande-Bretagne. Les fédéralistes voulaient garder la neutralité , et les républicains désiraient qu'on se déclarât pour la France. L'exaspération fut au comble , lorsque le gouvernement de» Ktat.vl nis conclut un traité de commerce et de navigation avec l'Angleterre. Ce traité, qui donna de justes motifs de (>l noir au gouvernement français , aurait assuré aux républicains la supéiïorilé , sans les excès auxquels on venait de se livrer en France , et sans la conduite impolitique des agents du Directoire exécutif en Amérique. Julm Adams seconda constamment l'administration dans toutes ces circonstances. Il fut réélu vice-président sous la seconde présidence de Washington. A la troisième élection , \Yashing1on , ayant déclaré son inteution formelle de se retirer des j a ûaires publiques, les républicains se crurent mus de la victoire, et se llaUerent de porter JelTersonàla première magistrature. Ils furent encore trompés (Uns leur atteulc , par le zèle irréiléchi de l'agent du gouvernement français qui, au moment des élections, écrivit au secrétaire d'État une lettre dans laquelle il reprochait au gouvernement des Llat-Fiiis sa partialité pour l'Angleterre , et son ingratitude envers la France. Il semblait vouloir en appeler du gouvernement au peuple. Cette lettre fut imprimée le lendemain de sa date daits une gazette. File produisit un effet contraire à celui que son auteur s'était proposé. Tout le monde se mit en garde contre l'influence étrangère dans un moment si important. Beaucoup de républicains votèrent |K>ur un fédéraliste ; Adams remporta sur JefTerson , et fut porté à la magistrature suprême, où il suivit le plan de conduite qu'il avait adopté depuis longtemps. Il le suivit peut-être d'autant plus volontiers, qu'il était persuadé que le gouvernement républicain serait de courte durée en France. Pendant son administration, les contestations avec le Directoire furent trèsvives (1) , et auraient fini par une rupture, sans la sagesse du gouvernement qui fut établi à l'époque du 18 brumaire. A la lin de la présidence de John Adams , Jcfferson fut élu à sa place. Adams, devenu vieux, se
(rj On peut voir dans le t. 6 do la rollivlion des Utmoirt* é*n homme fF.UI, rte rjuok hontfui m«»< ns le Direr toire et «un ■Umirc Talleinuil se «mirent pour irraibrr aux enroyei des Battrais As confessions fuient. (.V«r« de rÊéuesr.)
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retira des affaires, et alla se reposer de ses travaux dans sa maison de campagne, à Quincr. 11 mourut a New- York, le 4 juillet 1826, à l'âge de 91 ans, cinquante ans, jour pour jour, après la déclaration d'indépendance, et non point en 1 803, comme il a été dit par erreur dans la première édition de la Biographie universeUe, et dans plusieurs autres ouvrages qui ont co pié jusqu'à ses fautes. Au bruit des cloches qui célébraient ce mémorable anniversaire, il rassembla ses dernières forces et dit : ■ C'est le glorieux 4 juillet 1 «que Dieu le bénisse, et vous bénisse tous! Oui, a c'est un grand et glorieux jour! » et il expira. John Adams a {tublié en anglais : Défense de la constitution et du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique, ou de la nécessité d une buMmcc dans les pouvoirs d'un gouvernement libre , avec cette épigra|thc , tirée de Pope : • L'opposition de toute la nature tient toute « la nature en paix; » Londres, 4787-88, t vol. in-8". Ce livre est en forme de lettres. L'auteur en lit paraître une nouvelle édition entièrement refondue , sous le litre d'Histoire des principales républiques du monde , Londres, 1794, 3 vol. in-80. L'ouvrage de John Adams a été traduit en français sur la première édition, avec des rctranctiements, par Leriget ; la traduction est enrichie de notes et observations par de Lacroix, professeur de droit (Hiblic, Paris, 1792, 2 vol. in-8°. Le principal but de l'auteur est de prouver que la démocratie pure est le pire de tous les gouvernements, et il en lburnit des preuves nombreuses par des faits historiques. — On a quelquefois confondu John Adams avec M . Johu (Jjuincy Adams, son (ils, qui a été , comme lui , président des Ftats-l nis, de 1820 à 1828. B — a.
ADAMS (John h dit ie patriarehc de hic de Pitcairn, naquit en Angleterre , vers 1764. 11 servit des son enfance dans la marine royale, et se trouva comme matelot à bord du Bounty, commandé |«r le capitaine Bligh, qui arriva a Olahiu au mois d'octobre 4788. Lorsque, l'année suivante, ce navire eut repris la mer, Adams souleva l'équipage contre Bligh, et força celui-ci et le peu d'hommes qui lui étaient restés lidélcs à descendre dans la chaloupe et à prendre le large. Devenus maîtres du Bounty. les révolté* cinglèrent vers l'ile de Tobuai ; mais ne pouvant établir des relations avec les habitants , iU revinrent à Otabiti. Adams, qui ne s'y croyait point à l'abri des recltcrclies du gouvernement anglais, résolut d'aller habiter quelque Ile moins connue des Européens. Huit seulement de ses compagnons , avec leurs familles et quelques Otahitiens des deux sexes, s'embarquèrent ave* lui pour ce nouveau voyage. Ils voulaient d abord se rendre aux lies Marquises de Mcndoza; mais sur la proposition de l'un des Anglais , qui avait acconi|iagné Carterel dans son voyage de 4767, ils se dirigèrent vers celle de Pitcairn , comme étant plus convenable à l'établissement qu'ils se pro|>osai<mt de former. Le 23 janvier 1790, ils arrivèrent à leur âcstination , et , après avoir débarqué tout ce qui pouvait leur être de quelque utilité , ils brûlèrent le navire. Adams choisit un emplacement propre a bâtir un village , et distribua le reste du terrain entre ses compatriotes. Les hommes de couleur ne reçurent
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rien , et furent réduits à l'esclavage. Les Anglais vivaient paisiblement, et les Otahiticns supportaient avec patienee leur triste sort, jusqu'à ce que l'un des premiers , qui avait perdu sa femme par une mort subite , menaçât ses comparons de les quitter s'ils ne lui en procuraient une antre. Les colons, jaloux de conserver cet homme qui était un habile armurier, lui donnèrent la femme d'un Otahiticn , et dès lors les compatriotes de celui-ci méditèrent une vengeance sanglante. I n combat opiniâtre s'ensuit it, dans lequel plusieurs Anglais succombèrent. Cette inimitié dura jusqu'à la mort du dernier homme de couleur ; de sorte qu'en 1793, la population de l'Ile se trouva réduite à Adams, trois de ses compatriotes, dix femmes d'Otahiti et quelques enfants. L'un des trois Anglais, qui était parvenu à distiller de l'cau-devie de la racine du ti ( diacetna terminant ) , perdit la raison A force de boire, et se précipita du liaut 1 d'un rocher dans la mer. Un autre, qui voulut s'em- ; parer de la femme de son compatriote, fut tué par le mari. Ainsi, en 1799, il ne restait d'autres hommes à Pitcairn qu'Adams et un nommé Young. Les scènes terribles qui avaient eu lieu , et la perte de tous leurs amis, firent naître en eux de graves réflexions sur les devoirs qu'ils avaient à remplir envers la jeune gé-
nÀt*^lîi\n W \ ' \i \ i~*J | !■ Mmnuinii^Mnl «j, |A luxa •*
net .mon . il » lurs ira cviiiiiRn<™rviii u cviiiirer re— guliérement le service divin , à introduire dans les familles l'usage des prières du matin et du soir, à enseigner aux entants à lire et à écrire. Youn-r, qui n'était pas dépourvu d'instruction, et qui, dés 1793, avait tenu un journal de tout ce qui s'était passé daas l'Ile, montra un grand zèle dans cette louable tâche. Lorsqu'il mourut, en 18M, Adams se trouva seul chargé de l'administration de la colonie. Dans l'éducation desentants, dont dix-neuf étaient alors âgés de sept à neuf ans, il fut secondé par les femmes otahitiennes, qui étaient d'un caractère très-doux et exécutaient ses ordres avec empressement. De cette manière, ki petite colonie prospéra , et ses habitants formèrent une société heureuse et bien organisée. Des bruits vague» de l'existence de cet établissement étaient déjà parvenus en Angleterre, lorsqu'une frégate de ce pays, le Hreton, irai à son retour du Chili, en »8M, toucha à Pitcairn, nqiporta sur cette île des renseignements plus certains. A cette époque, la population était de quarante-hait individus. Le commandant de la frégate proposa à Adams de le ramener en Aneletrrre , et lui lit espérer le pardon de son attentat sur le capitaine Bligh ; mais les habitants vinrent se prosterner devant celui qu'ils appelaient leur patriarche , et le conjurèrent , les larmes aux yeux, de ne pas les quitter. Dans son troisième voyage autour du inonde , le capitaine Otto de Kotzebue trouva , à Otahki , une femme indigène <mi avait liabité Pitcairn, et qui attendait impatiemment une occasion d'y retourner ; elle fit le plus grand éloge d'Adams , et disait, dans son enthousiasme , qu'il n'y avait homme vivant qui pot lui être comparé. I* même femme avait été chargée par Adams de prier les missionnaires d'Otahiti de lui envoyer quelqu'un qui fut capable de le remplacer un jour. Le capitaine anglais Baechy visita Pitcairn en 1 825. Adams, qui était alors
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âgé de soixante ans, et très-vigoureux encore, vint à bord de son navire, le premier sur lequel il était monté depuis son arrivée dans File. Ce qu'il y vit lui causa une émotion qui s'accrut par l'accueil familier que lui firent des hommes qu'autrefois il avait été habitué à regarder comme ses supérieurs. Adams avait conservé le costume, l'allure et les gestes d'un matelot anglais. Les jeunes gens qui l'accompagnaient, au nombre de dix, avaient une taille sveltc, une physionomie douce et des manières décentes. Le nombre des habitants s'élevait déjà à soixante-six, et parmi eux il ne se trouvait que deux nouveaux-venus. Depuis l'établissement de la colonie jusqu'à cette époque ( 1823) , on comptait 32 naissances et setdement 8 décès naturels. Comme la ]>opulalion s'augmentait d'une manière si rapide, Adams craignit que la partie labourable de l'Ile, qui comprenait seulement deux lieues carrées, ne devint insuffisante poinr la nourrir, et il pria M. Bcechy d'en instruire le gouvernement anglais. Sur ses instances et pour tranquilliser sa conscience , cet officier le maria, d'après le rit de l'Eglise anglicane, à une femme avec laquelle il avait vécu très-longtemps, et qui était alors aveugle et alitée. Un missionnaire anglais, M. Buffet, qui vint à Pitcairn en
1828, fut si charmé de cette Ile, qu'il résolut de ne plus la quitter. Cet ecclésiastique accepta, outre les fonctions de pasteur, celles de maître d'école. Au service divin, Adams récitait les prières, et Buffet lisait à haute voix un sermon qu'il répétait, selon les circonstances, deux ou trois fois, afin de le mieux inculquer dans l'esprit de ses auditeurs. D'après une lettre écrite par Buffet au capitaine Becchy, Adams est mort, par suite d'une tourte maladie, le 5 mai
1829, à l'âge de 63 ans. Sa femme ne lui a survécu que de quelques mois. Le portrait de cet homme extraordinaire se trouve dans le Voyage à la mer Paeifîqve et au dftroit de lifting , par Bcechy , Londres , 1831, in— 1°. Les événements à bord du Bouvty, que nous avons rapj>clés dans le commencement de cet article, ont été décrits par 1*1. J. Barrow, dansun ouvrage intitulé : Histoire de la rr'rolte et de la prise du narire de S. M. le Bouvrv, Londres, 1832, in-8". M— a.
ADAMSON { Patrick ), théologien écossais, né A Perth, en 1513, après avoir fait de bonnes études dans l'université de St-André, se lit maître d'école dans un village. Il accomi>agna ensuite en France le fils d'un gentilhomme, pour lui faire suivre l'étude du droit à l'université de Paris , qui attirait alors beaucoup d'élèves étrangers. A la naissance de Jacques I", Adamson publia un pofmc latin dans lequel il donnait au prince nouveau-né le titre de sérénissime et très-noble prince d'Ecosse, d'Angleterre, de France et d'Irlande. Cette dénomination choqua la cour de France, qui fit arrêter le poêle et le tint en prison pendant six mois. Lorsqu'il fut en liberté, il se retira avec son pupille à Bourges. Ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'arriva l'horrible massacre de la St-Barthélemy. Les deux Écossais n'échappèrent à la proscription générale qu'en restant cachés dans un appartement de l'hôtellerie où ils étaient logés ; mais le propriétaire de la maison paya cher cet acte d'humanité : il fut dénoncé, et,quoique âgé
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de soixante-dix ans , on le précipita du toit de sa propre maison dans la rue, pour avoir donné asile aux hérétiques. Adamson avait composé pendant sa détention une traduction en vers du Livre de Job, et une tragédie latine sur la mort d'IIérode ; ces deux ouvrages lurent imprimés en 1572. La vie de ce théologien était destinée aux agitations et aux dangers. De retour dans sa patrie, il y prit les ordres, et fut nommé ministre de Paisley. Le comte de Norton, régent d'Écosse, l'ayant choisi pour être membre d'une commission chargée de régler la juridiction et la police de l'Église nationale, Adamson y montra un zélé en faveur de l'épisoopat, qui engagea le régent à le proposer pour l'archevêché de St-André. Ce clwix éprouva une vive opposition de la part des presbytériens, qui, dans une assemblée générale, voulurent le soumettre à un examen sévère, et ne lui conférer l'épiscopat qu'avec des limitations très-rigoureuscs. Cette op|>osition n'empêcha pas le chapitre de St-André d'élire Adamson ; mais l'assemblée presbytérienne attaqua la validité de l'élection, qui ne fut confirmée qu'aux conditions qu'il lui plut de prescrire , et auxquelles le nouvel archevêque fut obligé de souscrire. On lui a reproché d'avoir montré dans toute cette affaire une grande pusillanimité, qui ne fit qu'encourager la violence de ses ennemis, et qui le rendit la victime d'une éternelle persécution. Des accusations sans cesse renaissantes le tenaient dans un état de défensive humiliant et pénible. Une aventure extraordinaire vint aggraver sa situation : il fut attaqué d'une maladie dangereuse qui résistait à tous les moyens que les médecins purent employer. N'attendant plus rien des secours de l'art, il consentit a faire un remède qui lui fut proposé ]iur une vieille femme inconnue, et ce remède eut un effet aussi heureux que prompt. L'archevêque fut accusé d'avoir eu recours au diable pour se guérir d'une maladie regardée comme incurable ; la vieille femme fut dénoncée comme sorcière, emprisonnée et soumise à un jugement. L'ignorance et la crédulité publiques étaient égales à la fureur de l'esprit de parti ; et les juges, entraînés |nu* l'effervescence populaire, condamnèrent la malheureuse femme à être brûlée. Le roi Jacques étant venu, en 1*>83, visiter la ville de St-André, Adamson prononça devant lui un sermon et soutint une es|>éce de thèse de controverse, dans laquelle il défendit avec autant de zèle que de talent les droits de l'Église épiscopalc ; le roi fut si satisfait de lui dans cette occasion, qu'il le nomma son ambassadeur auprès de la reine Elisabeth. Adamson prêclia devant cette princesse d'après les mêmes principes, avec tant d'éloquence et de succès, que la reine, jalouse de la popularité naissante de Jacques, défendit au prédicateur de remonter en cliaire. De retour en Ecosse, Adamson continua de servir les desseins du roi |>our rétablissement de l'épiscopat dans ce royaume, et il lit |tasser au parlement plusieurs actes favorables à ce plan. Sa conduite ne lit qu'exaspérer de plus en plus la rage des presbytériens ; et comme ce parti était celui de la majorité de la nation, il parvint ailt à rompre toutes les mesures du roi, et à se
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venger sur le prélat qui en était le principal instrument. Un synode tenu à St-André, en 1586, excommunia formellement l'archevêque Adamson, qui, de son côté, excommunia le modérateur du synode. On intenta contre lui diverses accusations, et l'on nomma une commission pour en faire un rapport. Une des accusations était d'avoir violé une loi existante dans l'Église d'Écosse, en mariant le comte de Huntley sans lui avoir fait souscrire une profession de foi ; l'archevêque fut condamné. Pour mettre le comble aux disgrâces d'Adamson, il ne lui manquait plus que d'être abandonné par le prince au service duquel il s'était sacrifié, mais à qui il ne pouvait plus être utile. Jacques accorda le revenu de l'archevêché de St-André au duc de Lcnox , et laissa le malheureux Adamson dans une telle détresse, qu'il ne pouvait , à la lettre, donner du pain à sa famille. Abattu par la misère, il prit le parti d'adresser à l'assemblée presbytérienne un désaveu formel de toutes les opinions qu'il avait soutenues sur la discipline ecclésiastique, et qui avaient donné de l'ombrage aux presbytériens. Cette démarche ne fut pas suffisante pour désarmer la haine de ses ennemis, qui la regardèrent comme dictée par la nécessité, et il ne parait pas qu'elle ait contribué à améliorer sa situation. Adamson ne trouva de moyens de subsister que dans des contributions charitables , et il termina sa malheureuse vie à la fin de 1591 . Une teinte de fanatisme , jointe à une extrême faiblesse de caractère , a été la source de ses malheurs. 11 ne sut ni modérer ses opinions, ni les soutenir avec la fermeté et l'adresse que les circonstances exigeaient. Quant à ses talents, ils se réduisaient à faire d'assez bons vers latins et à prêcher avec une éloquence populaire. Tliomas Wilson, son gendre, à la tête de l'édition in-4° qu'il a donnée, en 1619, des ouvrages de son beau-père, n'a pas craint de le présenter comme un miracle de la nature, qui paraissait ' plutôt une production immédiate du Dieu tout-puissant, qu'un être sorti du sein d'une femme. S— d.
ADANSON (Michel), botaniste, naquit à Aix en Provence, le 7 avril 1727. Son père, Ecossais d'origine, s'était attaché à M. de Yintimille , alors archevêque de cette ville. Ce prélat ayant quitté ce siège pour celui de Paris , Adanson fut amené dans cette capitale à l'âge de trois ans. Son éducation fut très-soignée, et il y répondit par des succès prématurés. Comme il était d'une petite stature, il fxtraissait plus jeune encore qu'il ne l'était; et il excita une admiration générale, lorsqu'on le vit remporter les premiers prix de l'université, et qu'il se trouva, pour ainsi dire , caché sous un Pline et un Ariatote. Needham, naturaliste célèbre par ses découvertes microscopiques, témoin du triomphe de cet curant, lui fil présent d'un microscope, et lui dit : o Puisque, jusqu'à présent, vous avez si bien appris « à connaître les ouvrages des hommes, vous devez a étudier ceux de la nature. » Ces circonstances entraînèrent Adanson vers l'histoire naturelle. Bientôt il voulut, comme Pline, l'embrasser tout entière, et , comme Aristote, en lier toutes les parties. Il ne négligea cependant aucun genre de connaissances ,
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et suivit assidûment tous les cours ou collège royal. Réaumur et Bernard de Jussieu furent ses principaux guides. Il partagea son temps entre le Jardin du roi et les cabinets de ces savants, si connus par leur affabilité. La nomenclature des plantes cultivées dans cette enceinte lui devint bientôt familière , ce qui était loin de suffire à son activité. Le système de Linné, qui commençait à se propager, excitant son émulation , il en imagina de nouveaux qui lui présentèrent plus de certitude, et, dès l'âge de quatorze ans, il en avait esquissé quatre. Ses parents lavaient destiné à l'état ecclésiastique, et on lui avait donné un canonicat ; il y renonça , ne voulant pas prendre un état dont les devoirs ne lui auraient pas permis de se livrer tout entier à son goût pour les sciences. Entraîné par le noble désir de contribuer de tous ses moyens à leur progrès , il voulut voyager dans des contrées qui n'eussent pas encore été visitées, et il se décida pour le Sénégal , pensant que le climat insalubre de ce pays s'opposerait longtemps aux recherches de tout autre naturaliste. Plusieurs botanistes célèbres s'étaient transportés avant lui aux extrémités du globe ; mais ils y avaient été invités par des souverains, dont la muni licence leur assurait un juste dédommagement de leurs dépenses et de leurs dangers. Adanson donna le premier l'exemple d'un plus grand dévouement : il lit cette entreprise à ses frais, et y sacrifia la plus grande partie de son patrimoine. Ce fut en 1748, âgé de vingt et un ans, qu'il exécuta ce projet courageux. Dans la traversée, il visita les Açores et les Canaries ; et, dès qu'il eut débarqué à l'ile de Goréc sur la cote du Sénégal , il se livra aux recherches de tout genre, avec une ardeur si persévérante , qu'il recueillit des richesses immenses dans les trois règnes de la nature. Les décrire et les conserver eût été pour tout autre une occupation assez grande ; mais il alla beaucoup plus loin : il découvrait , par son expérience journalière, les défauts et l'insuffisance des méthodes employées jusqu'alors pour classer les êtres naturels , et pour donner à ceux qui les voient pour la première fois le moyen de les reconnaître. Les auteurs les plus célèbres, tels que Tournefort et Linné, l'avaient exposé à des méprises. Voyant que les défauts de la méthode et du système de ces grands botanistes tenaient à ce qu'ils les avaient fondés sur un petit nombre de caractères , il s'attaclia à perfectionner cette partie importante de la science , et il créa une méthode établie sur l'universalité des parties. Ce fut d'abord aux plantes qu'il en fit l'application ; mais il reconnut bientût qu'elle devait s'étendre à tous les êtres , et , suivant son expression , à toutes Us existences. Il adressa plusieurs lettres a son maître , Bernard de Jussieu , pour lui faire part de sa découverte. 11 fit aussi , pendant son séjour au Sénégal , et durant sa traversée, des observations météorologiques suivies jour par jour, et il leva des plans trés-détaillés des contrées qu'il parcourut, d'après lesquels il dressa une carte du cours du fleuve du Sénégal , à une assez grande distance. De plus, il recueillit des vocabulaires des langues des diverses peuplades nègres qu'il avait été à portée
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de fréquenter. Ce fut avec toutes ces richesses qu' Adanson revint dans sa patrie, après cinq ans de séjour dans un climat brûlant et malsain : elles suffisaient bien pour le dédommager de ses fatigues et de ses dangers ; mais il serait difficilement parvenu à les faire connaître , s'il n'eût trouvé de puissantes ressources dans la fortune et l'amitié de M. de Bombarde, amateur zélé des sciences. Stimulé par ses conseils, et aidé de ses secours, il fit paraître, en 1757, son Histoire naturelle du Sénégai, 1 vol. in-4°, avec une carte. Jamais on n'avait fait connaître un pays éloigné avec autant de détails; et ce n'était cependant qu'une petite partie des matériaux recueillis par l'auteur. Cet ouvrage est terminé par une nouvelle classification des testacéi ou animaux à coquilles. Jusqu'à ce moment , leurs dépouilles brillantes avaient seules occupé les naturalistes , qui les regardaient plutôt comme une décoration des cabinets , que comme un sujet d'étude. Adanson fit connaître [>our la première fois les animaux qui les formaient , et les rangea suivant sa méthode universelle , dont il commençait ainsi à donner un aperçu. 11 se borna cependant à leurs formes extérieures, les seules qu'il eût étudiées. Un demi-siècle devait s'écouler avant qu'un de nos savants les plus distingués nous fit connaître leur anatomie. Adanson saisit encore cette occasion pour faire un autre essai , celui d'une nouvelle nomenclature. Elle consiste à désigner cliaque être, regardé comme espèce, par un nom primitif, ne tenant a aucune langue , et étant exclusivement affecté à cette désignation. Cette innovation , ipi'on peut au moins regarder comme ingénieuse, trouva quelques partisans et beaucoup de détracteurs. Honoré du titre de correspondant par l'Académie dès sciences, pendant son voyage en 1750, à son retour, en 1756, il se fit connaître plus particulièrement de cette illustre compagnie, en lui lisant un mémoire sur le baobab, qui hit inséré d'abord dans les Mémoires des Savants étrangers, et ensuite dans ceux de l'Académie pour l'année 1761. Avant cette époque, on ne connaissait ce végétal que par le rapport de quelques voyageurs , et on était tenté de mettre au rang des hyperboles, qui ne sont que trop fréquentes dans leurs relations, le volume de 29 à 50 pieds de diamètre qu'ils lui donnaient. Adanson rendit non-seulement témoignage de la vérité de leur récit , mais, de plus, il fit connaître l'accroissement progressif de cet arbre extraordinaire, ainsi que la famille des malvacécs, à laquelle il le rapportait. Sous tous les rapports, ce mémoire est un chef-d'œuvre qui n'a point encore été surpassé. Ce fut sur les mêmes principes qu'il donna , dans les Mémoires de l'Académie, l'histoire des arbres qui produisent la gomme dite d'Arabie , l'un des principaux objets de commerce du Sénégal. Ces ouvrages méritèrent à Adanson, en 1759, la place d'académicien titulaire ; mais ce n'était encore que des essais , auxquels il s'en serait peut-être longtemps tenu , si M. de Bombarde, par ses sollicitations et par les secours généreux qu'il lui fournit , ne l'eût déterminé à publier ses Familles a>$ Planta,
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2 vol. in-8°; elles parurent en 1763. Adanson a rassemblé dans ces deux volumes des connaissances immenses, et cet ouvrage devait faire prendre une nouvelle face à la botanique , en la débarrassant à jamais des liens systématiques, en la ramenant à l'étude des rapports naturels. Mais Linné , qui soutenait l'opinion contraire , avait pris un tel ascendant sur sou siècle, qu' Adanson ne put le surmonter. Ou profila de quelques accessoires qui donnaient prise à la critique; telle était, entre autres, la tentative J'uue nouvelle ortliograplie ; et bientôt celte excellente production parut tombée dans l'oubli. Cependant elle n'a pas été négligée par tout le monde ; car, depuis sa publication , on a présente comme des découvertes des faits qui s'y trouvent énoncés. Il est vrai que dans l'état où sont les Famtttei des Plantes, on ne peut les compter au nombre des livres élémentaires ; mais il n'en est aucun qui puisse donner autant de connaissances à ceux qui ont vaincu les premières difficultés. L'auteur ne tarda |>as à reconnaître lui-même les taches, ou, pour mieux dire , les bi/arivries qu'on lui avait reprochées ; et il résolut de donner, cinq ans après, une nouvelle édition de son ouvrage. 11 y avait l'ait les changements nécessaires et des additions nombreuses; mais, entraîné par des idées gigantesques, il conçut le plan d'une encyclopédie complète. On lui avait fait espérer que Louis X V favoriserait cette entreprise. Bercé par celle espérance, il ne s'occupa qu'à en rassembler les matériaux. En peu de temps, ils devinrent immenses, et, en 1775, il les soumit à r Académie, «mis ce litre : Plaint Tableau de me» ouvrages manuscrits et arec figures, depuis l'année 1771 jusqu'en 177,'i, distribues suivant une méthode naturelle découverte au Sénégal en 17'»!). I" ouvrage : Ordre universel de la nature , ou Méthode naturelle comprenant tous les étret connus , leurs qualités matérielles et leurs facultés spirituelles, suivant leur série naturelle, indiqués jxir l'ensemble de leurs rapporté, -21 vol. in-8"; '2T : Histoire naturelle du Sénégal, H vol. in-8", 3' : Cours d'histoire naturelle; 4*: Vocabulaire universel d'histoire naturelle , serrant de table à l'ordre universel , t vol. in-fol. de 1000 pages; 5r : Dictionnaire d'histoire naturelle ; 6e : 40,000 figures de 40,000 espèces- d éli es connus; 7' : Collection de 54,000 espèces d'êtres conservés dans mon cabinet. On peut imaginer quel fut rétounement «me produisit une telle annonce. Les commissaires, nommés sur sa demande |K>ur examiner son plan, trouvèrent ce travail prodigieux; niais il ne leur parut pas également avancé dans toutes les parties; par exemple, les 40,000 ligures n'étaient autre chose que la collection de toutes celles qui avaient été |wibliées jusqu'alors. Cet examen donnait une haute idée des connaissances et de l'activité d" Adanson , mais il n'eut pas le résultat qu'il en attendait. 11 avait cru que le gouvernement, sur le nqtport qui en serait fait , lui fournirait les moyens de l'exécuter. On s'accoutuma dès lors à le regarder comme livré a la poursuite d'un projet chimérique. Le tort d'Adanson n'était pas de tenir à ce plan, niais de croire qu'il |X>uvait l'exécuter à la fois et
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d'un seul jet ; s'il eût voulu le publier par parties, successivement , on ne peut douter, vu son application au travail et sa longue carrière, qu'il ne fut parvenu à le réaliser. La seconde édition des Familles était réellement l'encyclopédie de la botanique. Sa classification des coquilles du Sénégal démontre '|it'il était en état de traiter tout le règne animal d'une manière aussi complète. Quant aux autres sciences, il est certain que, malgré l'éteuduc de ses connaissances , il y aurait eu de la témérité de sa mi» de prétendre les tirer de son propre fonds : aussi n'était-ce |ms son intention, et l'étal même de ses manusc rits le prouve. L'étaient des cadres dans lesquels il voulait enchâsser les matériaux pris ailleurs. 11 ne Tut pas découragé j>ar ce défaut de succès , et il continua à augmenter ses matériaux. Chaque année , il croyait atteindre au terme ; cependant il ne publia pltis aucun ouvrage considéraWe. Il se borna à donner à l'Académie des sciences un petit nombre de mémoires, dont l'importance et le mérite font regretter ce qu'il ne publia pas. C'est ainsi qu'en 1706, il traita la grande question de savoir si les espèces des plantes changent par le mélange des poussières des étamines, ou si elles sont invariables. Il avilit, d'après Linné, adopté la première opinion dans ses Familles de$ Plantes; mais de nombreuses observations lui prouvèrent le contraire. En 1707, il avait observé des plantes aquatiques, auxquelles il donna le nom de tremrlla, et qui paraissent avoir des mouvements ipontanés. Ce n'est que depuis |»eu que des naturalistes les ont observées de nouveau , et ont conlinné ses découvertes. 11 publia, en 1707, des observations sur les ravages de l'hiver précédent; par là, il lit connaître avec un peu de détail sa manière d'observer les phénomènes météorologiques. Enfin, en 1773, il fut cliar^é ne faire les articles de botanique concernant les végétaux exotiques, pour le Supplément de Y Encyclopédie. La botanique avait été extrêmement négligée dans cet ouvrage, et, pour réparer ce défaut, on l'avait choisi avec le baron de Tscboudi ; celui-ci se chargea des arbres indigènes et de ceux qui sont naturalisés. Rien de plus opposé que la marclie de ces deux collaborateurs. Tscboudi s'était beaucoup occupé de la culture des •rives et arbustes de pleine terre ; il intéressa par des phrases brillantes, qui couvrirent le peu de profondeur de ses connaissances. Adanson y mit , au contraire, mut l'appareil de l'érudition; chacun de ses articles fut un traité complet de la plante qui en est le sujet. 11 donna encore par là l'idée de la manière dont il voulait traiter l'universalité des plantes; mais cette extension était inconciliable avec les milites dans lesquelles il fallait se renfermer, et les éditeurs l'arrêtèrent à la quatrième lettre. Dans quelques au très mémoires, Adansou fit connaître l'étendiue et la variété de ses connaissances, d'abord en faisant 1 nia toire des tarels , ou des vers destructeurs des navires; ensuite en indiquant l'électricité comme Is eiiu.se de la commotion que font sentir certains poissons, la torpille et le gymnotu*. Il fut aussi le premier qui annonça la propriété de la tourmaline : ce
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fut dans une lettre adressée au comte de Buflbn, sous le nom supposé de Ruga Carafa , publiée in-4° en 1759. Il avait, en 1755, fourni à l'administration de la compagnie des Indes un vaste plan |>our former sur la côte d'Afrique une colonie où l'on pourrait cultiver toutes les plantes qui produisent les denrées coloniales, sans vouer les nègres à l'esclavage. Ce plan , qui pouvait conduire sans trouWes à l'abolition de la traite , fut dans le temps mieux apprécié par les étrangers que par les Français. Les Anglais surtout , qui s'étaient emparés du Sénégal en 1760, lui firent les propositions les plus avantageuses pour l'engager à communiquer ce plan, ainsi que les renseignements qu'il avait rap|>orlés sur ce pays; mais il s'y refusa jwr un sentiment d'amour de la patrie qu'il jmrtait jusqu'à l'exaltation. C'est un établissement de ce genre que cette nation a formé, depuis quelques années, sur les côtes de la Sierra-Leona . (Je fut avec le même désintéressement qu' Adanson , vraiment philosophe, rejeta les offres brillantes qui lui furent faites, en 1760 par l'empereur d'Autriche, en 1766 par Catherine II, et enlin par le roi d'ICspa^ne , pour venir se fixer dans leu* Etats. Malgré ses nombreux travaux, il fit plusieurs voyages dans les différentes parties de la France. Il visita les côtes de l'Oeéau et celles de la Méditerranée. En Provence, il découvrit l'araignée si célèbre sous le nom de tarentule, qui passait autrefois pour être si dangereuse dans le royaume de Naples. Elle existe vraisemblablement de toute antiquité en Provence , sans s'être Jamais fait remarquer ftar l'effet de son venin. Adanson avait été nommé censeur royal en 175!» : le traitement de cette place, celui d'académicien et les [ pensions qu'il avait olvtenues successivement, lui procurèrent une aisance qui aurait été fort au delà de ses désirs; mais, toujours dominé par l'idée qu'il pourrait un jour réaliser le vaste plan qu'il avait eomu , il sacrifiait tous ses moyens jiour en accélérer l'exécution. La révolution arriva, et ces moyens lui furent enlevés. La perte à laquelle il fut le plus sensible fut celle d'un jardin dans lequel il suivait depuis plusieurs années des expériences multipliées sur la végétation. Il y avait particulièrement réuni un grand nombre de variétés de mûriers, et il eut la douleur de le voir ravager en sa présence, Il continua néanmoins ses travaux , malgré le dénùmeut auquel il était réduit. On l'eût peut-être longtemps (noté, si l'Institut , lors de si création, ne l'eut invité à venir prendre place parmi ses membres. Il répondit qu'il ne pouvait se rendre à cette invitation, parée qu'il n'avait pas de souliers. Le ministre de l'intérieur lui fit accorder une {tension. Il avait acquis, des débris de sa fortune, une maison, petite, incommode et malsaine, avec un jardin, dont le peu d'étendue ne lui avait permis de réunir, pour ainsi dire, que des représentants de cliacune de ses familles. Adanson avait reçu de la nature un tempérament robuste ; mais l'excès du travail , et surtout un long séjour dans le Sénégal , l'avaient altéré ; il était trés-sensiblc au froid , et il lui était survenu ta douleurs rhumatismales ; il se plaignait que le |
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siège de son mal était dans les os. l'n jour, en allant de son lit à un fauteuil , il sent fléchir une cuisse ; il s'écrie qu'elle est cassée, ce qui se trouva vrai. Reporté sur son lit, il y languit encore six mois, {tendant lesquels il conserva toutes ses facultés morales. 11 s'entretenait de son grand ouvrage, qu'il se flattait de faire imprima dès qu'il serait rétabli. H mourut le 5 août 1806. I n petit nombre d'ouvrages imprimés a marqué sa carrière littéraire; mais il a laissé une immense quantité de manuscrits. Pour juger de leur mérite, il faudrait que son chef-d'o'uv re, les Familles des hautes, reparût dans une 2* édition, avec les changements et les additions qu'il voulait y faire. L'auteur de cet article s'est chargé de cette entreprise, la jugeant utile à la mémoire d'Adanson et à l'avantage «le la science. Des circonstances particulières en oui enqWVhé jusqu'à présent l'exécution. Adanson attachait trop peu d'importance aux agréments extérieurs, et aux ménagements «m'exige la société : aussi n'a-t-il pas joui de ses avantages. H s'emportait et se calmait facilement, et, dans toutes les occasions, il manifestait avec excès la vivacité et la franchise de son caractère. Son amourpropre était extrême; mais la l onhomic et la naïveté avec lesquelles il l'exprimait le faisaient excuser,
et n'offensaient personne, si on lui témoignait de lintérét, il était susceptible de la plus vive reconnaissance. On l'a vu , {icu rte jours avant sa mort , oociqié à faire des vers latins adressés à l'Empereur et à M. «le Clmmpagny, alors ministre de l'intérieur, pour les remercier d'un bienfait qu'il venait de recevoir. 11 était de petite taille, mais bien projtortiouné , Irés-adroil ; ses cheveux étaient roux ; sa ligure ne plaisait pas au premier altord ; mais , quand il partait , St physionomie s'animait par de gn^, et ses yeux étîneelaient. Le buste «pi on a fait d'Adanson est très-ressemblant. On en a tiré son portrait , dans une gravure «seulement esquissée , qui a paru dans le n°XIU des Annales des voyages. Itcraard de Jussieu , fnqqté des connaissances qu'annonçait Adanson par son mémoire sur le baobab, avait nommé adansnnia le genre «le ce végétal. Mais Adanson a constamment refusé cet honneur, à cause de la différence de son opinion sur la nomenclature. Linné ne voulait admettre que les noms grecs ou latins, et, à leur défaut, ceux «jui proviennent des botanistes, traitant les autres de barbares : Adanson, au contraire, voulait conserver avant tout les noms de pays. Peu «le temps après la mort d'Adanson, M. Le Joyand lit paraître une Xotiee sur sa vie. M. Cuvier, en 1807, a payé à sa mémoire le trilnit académique. L'auteur «le cet article a puisé dans ces ouvrages «|uelques-uns des prinrqtaux faits ; mais il en a ajouté d'autres, qu'il tient de la bouche d'Adanson, ou «pi'il a trouvés dans ses manuscrits. D P — s.
ADASCHEFF ou ADASCHEW ( Alexis), ministre d'Ivvan IV (wy. ce nom), fut le seul homme qui put obtenir «pichpie influence sur l'esprit de ce prince féroce. Après «|ue le czar, fatigué de l'esclavage où le tenait Zouiski ( voy. ce uom ) , eut livré à la mort ce ministre despote , Adaschcff parvint à obtenir le pardon du petit nombre de
proscrits qui avaient écliappé à la fureur d'Iwan. Il 1 fut secondé dans ses intentions généreuses par la princesse Anastasie, qui é|x>usa le czar en 1547. Depuis ce moment , il se fit à la cour et dans le gouvernement un changement auquel on ne s'attendait point; et c'est alors que fut proclamé en Russie, par l'influence du ministre, une sorte de code qui fut approuvé par des états généraux réunis au Kremlin. Le clergé , qui assistait à cette assemblée, fut prié de revoir les lois ecclésiastiques , et de les réunir dans un code. Ce fut aussi par les soins d'Adascheff qu'un Saxon, nommé Schlit, alla chercher en Allemagne des artistes et des savants , et qu'avec la permission de l'empereur Charles-Quint il en rassembla plus de ceut, qui arrivèrent à Moscou, vers 4552. Adasclieff accompagna son maître dans l'expédition de Casan , et négocia les conditions de la trêve qui termina cette guerre. Dans le même temps, il avait formé des liaisons avec l'Angleterre ; et Richard Cliancellor (voy. ce nom) vint de Londres, en 1553, pour établir des relations de commerce avec l'empire russe. Il imposa aussi à la Livonie des conditions avantageuses au commerce russe. « Vous « payerez le tribut pour Dorpat, dit-il aux ambassa- « deurs du grand maître ; vous y rétablirez , ainsi « qu'à Rcvel et à Riga , les églises grecques ; vous a ne contracterez point d'alliance avec le roi de Poo logne , et l'importation en Russie par vos ports a sera libre. » Les ambassadeurs tirent des observations. « Cela sera ainsi , dit fièrement Adasclieff, ■ sinon guerre. » Les états de Livonie ayant refusé de souscrire à ces conditions, Iwan lit marcher 40,000 hommes ( 1557 ) , qui envahirent toute cette contrée, et la réunirent à l'empire russe, malgré les déclamations de la Suède et du Danemark. Tout cela fut préparé et négocié par Adascheff , l'un des politiques les plus lutbilcs de cette époque. Ses sucdés irritèrent l'envie ; et de perfides insinuations lui firent perdre son crédit auprès d'Iwan. S'étant aperçu de ce changement , et craignant les violences de ce prince sanguinaire , il demanda et obtint le gouvernement de Livonie -, mais la liaine de ses ennemis le poursuivit dans cette retraite ; et le soupçonneux czar fit emprisonner dans la forteresse de Fellin l'homme qui lui avait rendu tant de services ; il le fit ensuite transférer à Dorpat , où l'infortuné ministre mourut , dit-on , de la lièvre , mais plus probablement par le |>oison. — Son frère, Daniel ADAS- CHEFF, militaire distingué, fut chargé parlwanlV d'une expédition contre les Tartares de la Tauride , qu'il battit complètement. 11 envahit toute cette contrée, et revint à Moscou chargé de butin, et amenant à sa suite un grand nombre de prisonniers. G — Y.
ADD1NGTON (Antoine), médecin anglais, fit ses études à Oxford, au collège de la Trinité, où il prit le grade de maitre ès arts, en 1740, et celui de D. M. en 1744. Il fut admis dans le collège des médecins de Londres, en 1750, puis s'établit à Beading, où il fut très-rcflierché, surtout jiour le traitement des aliénations, et fit une fortune considérable. Son intimité avec lord Chatam était si grande , que le
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parti du lord Bute le choisit pour négocier secrètement la rentrée de ce ministre, qui venait de se retirer après la paix de 1762. Addington a rendu compte de cette négociation dans mie brochure. 11 mourut en 1790. Ses ouvrages sont : 1° Essai sur le scorbut, suivi d'une méthode pour conserver l'eau douce à la mer, 1753, in-8° ; 2" Essai sur la mortalité des bestiaux, in-8°. Addington était le père de Henri Addington, depuis ministre et vicomte Sidmoulh. Il ne faut pas le confondre avec le docteur Etienne Addington, prêtre non conformiste, qui a publié une grammaire grecque, et une vie de St. Paul, in-8°. B — r j#.
ADDISON (Lancelot). né en 1632, àMauldismaburne, dans le VVestmoreland fut élevé à l'université d'Oxford, et se destina à l'état ecclésiastique. Il se signala par un zèle extraordinaire pour Charles I", dès le commencement des troubles dont ce prince fut la victime. Dans une thèse publique, que le jeune théologien soutint en 1658, il fit une satire si violente contre le parti républicain, que cette faction alors dominante l'obligea de faire une rétractation publique, et de demander pardon à genoux. La honte et le dégoût l'engagèrent à quitter l'université. A la restauration , il n'obtint, jwur récompense de son zèle, que la place de chai>clain de la garnison de Dunkerquc, d'où il passa à Tanger avec les mêmes fonctions. Ce ne fut qu'en 1683 qu'on le nomma doyen de Liclitlield. 11 fut un des membres de la convocation ecclésiastique qui se tint en 1689, et il y exprima si ouvertement son attachement aux princi|)cs torys qu'il s'ôta toute espérance d'avancement sous le gouvernement qui venait de se former. Il mourut en 1703. On a de lui plusieurs ouvrages estimables, dont les principaux sont : I la Barbarie occidentale, ou Courte Relation des révolutions opérées dans les royaumes de Fez et dt Maroc, imprimée en 1674 ; 2° V Etat présent des Juifs, particulièrement de ceux des Étals barbaresques, Londres, 1675, in-8° ; 3° Modeste Apologie pour le clergé. Ce qui honore le plus la mémoire de cet ecclésiastique, c'est d'avoir donné naissance au célèbre Addison,, qui fera le sujet de l'article suivant. S— D.
ADDISON ( Joseph ), né le i" mai 1672, i Miston dans le Wiltsliire , bourg où son père était recteur ( curé ), fit ses premières études dans le lieu de sa naissance, et les acheva à Lichlfield, où son père avait été nommé doyen. Ses dispositions précoces annonçaient les talents qui l'ont distingué dans la suite. A quinze ans, il fut envoyé à l'université d'Oxford, où il s'appliqua plus particulièrement a la poésie latine. 11 y composa plusieurs poèmes qui excitèrent l'admiration de ses maitres, et furent publiés dans un recueil intitulé : Musarum anglicarum anaiccla. Il avait vingt-deux ans lorsqu'il commença à écrire dans sa langue, en prose et en vers. Son premier essai fut une traduction en vers de la plus grande partie du 4* livre des Géorgiques de Virgile. Il s'était destiné, jusque-là , à la carrière ecclésiastique ; mais sa réputation naissante lui ayant procuré la connaissance du célèbre lord Somers et de milord Montague, alors eliancelier de l'échiquier, et depuis lord Halifax, il trouva en eux des protecteurs di*-
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posés à s'occuper de sa fortune, et celte circonstance développa peut-être en lui Jes germes de l'ambition qui devait le conduire à des honneurs pour lesquels il ne paraissait pas né. En 1695, il adressa un poème au roi Guillaume, qui n'avait aucun goût pour la littérature ni pour les arts, mais qui avait le sens assez droit pour estimer tout ce qui portait un caractère de supériorité d'esprit, et qui, sur la foi de ses ministres, plus éclairés que lui , n'eut pas de peine à accorder quelque encouragement à un jeune Itomme d'une si grande espérance. Addison témoigna le désir de voyager , et il obtint , pour cet objet, une pension de 300 livres sterling. Il passa en France, et s'arrêta une année entière à Blois, vraisemblablement pour y apprendre la langue du pays. 11 traversa ensuite le royaume pour aller en Italie, l'objet principal de son voyage. Dans un court séjour qu'il fit à Paris, il vit Boileau, à qui il présenta un exemplaire de ses poésies latines. On prétend que Boileau, après les avoir lues, dit à l'auteur que, s'il les avait connues plus tôt, il n'aurait pas écrit contre Perrault, parce qu'il les trouvait dignes d'être comparées aux plus beaux ouvrages de l'antiquité. Cette anecdote a peu de vraisemblance : Boileau, recevant d'un étranger un témoignage d'estime, ne pouvait se dispenser d'y répondre avec politesse et de louer, peut-être avec un peu d'exagération, les poèmes dont Addison lui faisait hommage ; mais il est difficile de croire qu'il les ait comparés aux écrits de Virgile ou d'Horace, quand on se rappelle le peu de cas qu'il faisait de la latinité des poètes modernes. On conçoit plus aisément qu'un compatriote d' Addison, M. Smith, n'ait pas craint d'appeler son poème sur la paix de Hiswick, le meilleur poème latin qui ait paru depuis l'Ênéide. 11 faut convenir cependant que la latinité d' Addison a un caractère d'originalité qui la distingue , et qu'il s'était formé un style d'après l'esprit général de la langue latine , et non d'après l'étude et l'imitation d'un auteur particulier, comme on l'a remarqué de la plupart des poètes et même des prosateurs qui ont écrit en latin depuis la renaissance des lettres. Addison vit l'Italie plus en poète qu'en observateur politique ou moral, si l'on en juge par la relation de son voyage , où il rappelle avec complaisance tous les passages des auteurs classiques qui peuvent s'appliquer aux lieux qu'il parcourt et aux objets qui le frappent ; mais , sous ce rapport même , ton voyage est particulièrement intéressant et instructif : on en a lait plusieurs éditions en Angleterre, et il a été traduit en français. Pendant son absence, il s'était fait de grands cliangements dans le ministère; ses protecteurs, Montaguc et Somers, avaient perdu leurs places. Sa pension ne lui étant plus payée en Italie, il fut réduit, pour être en état de continuer son voyage et de revenir, a se charger de ramener en Angleterre un jeune Anglais qui avait perdu son gouverneur en Italie. De retour à Londres, il se trouva dans un état de dénûment assez pénible, mais qui ne fut pas de longue durée. La bataille de Blenheim vint enivrer de joie la nation, en 1704. Les poètes médiocres s'empressèrent a l'envi, comme t'est l'usage, de célébrer cette victoire. Le lord
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Godolphin se plaignit un jour au lord Halifax de ce que ce glorieux événement n'était pas célébré comme il devait l'être, et témoigna le désir qu'une si noble tache fût confiée à quelque grand poète. Halifax lui répondit que le génie ne trouvait pas d'encouragements, tandis qu'on prodiguait le revenu public à des hommes sans mérite , en négligeant ceux dont les talents pouvaient être employés d'une manière honorable pour leur pays Godolphin convint du fait, et promit des récompenses distinguées pour le poète qui chanterait plus dignement le triomphe national à Blenheim. Halifax nomma alors Addison, mais exigea, en même temps, que Godolphin vit lui-même cet écrivain, et lui proposât le travail dont il voulait le charger. Cela fut exécuté, et Addison n'avait pas encore achevé son poème, que, jwur récompense de son zèle , il obtint la place de commissaire des appels, que quittait le célèbre Locke. En 1705, il accompagna lord Halifax à Hanovre; l'année suivante, il fut fait sous-secrétaire d'Etat. Il s'établit alors à Londres un opéra italien, qui excita une grande division dans toutes les classes de la société. Cette nouvelle musique était encouragée dans le grand monde, par air plus encore que par gont; mais elle déplaisait aux oreilles qui n'y étaient point accoutumées, et choquait surtout les préventions naturelles du peuple anglais contre tout ce qui est étranger. Au milieu de cette effervescence des esprits, Addison tenta de faire entendre un drame musical en langue anglaise. 11 composa l'opéra de liosamtmde, sagement conduit et élégamment écrit; nuiis, soit que la musique en fut mauvaise, ou que lVtion manquât d'intérêt, l'opéra n'eut aucun succès au théâtre. L'auteur, persuadé que l'ouvrage serait mieux jugé à la lecture, le fit imprimer, et le dédia à la duchesse de Marlborough, femme intrigante, généralement haïe, qui n'avait aucun goût pour la littérature, et n'en avait pas même la prétention. Celte dédicace fit peu d'honneur au caractère d'Addiso». Le marquis de Warton ayant été nommé vice-roi d'Irlande, Addison le suivit comme secrétaire du gouvernement, et fut en même temps nommé garde des archives de la tour de Birmingliam, place à peu prés sans fonctions, avec un traitement (le 300 livres sterling par an. C'était un contraste assez bizarre que l'association de deux caractères aussi différents que ceux de Warton et d'Addison : le premier était un jeune homme impie, débauché, non-seulement dépourvu de toute vertu, mais nu me affichant ouvertement tous les vices. Addison, au contraire, montrait dans toute sa conduite un grand respect pour la religion et pour la morale; mais ils étaient l'un et l'autre des agents du même parti, et, à cette époque, l'esprit de parti était en Angleterre à son plus haut degré d'effervescence. C'est pendant son séjour en Irlande que Stecle, avec qui il était uni d'amitié dès l'enfonce, conçut le projet d'une feuille périodique d'un genre nouveau, à laquelle il donna le titre de Tailler ( le Babillard ). Il n'avait point communiqué son secret à Addison , qui cependant ne tarda pas à reconnaître l'auteur , et s'associa bientôt à l'entreprise. Le Babillard ne fut continué
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que quelques mois, et fut remplacé par 'un autre ouvrage du môme genre, mais conçu bur un plan plus étendu, pin» réfléchi, plus particulièrement consacré à la peinture des mœurs, et à l'application des principes de la monde aux devoirs habituels de la vie sociale. 11 eut pour titre le Spectateur, ouvrage qui a été traduit dans toutes les langues, qui a obtenu partout à peu près le même succès, et qui semble avoir contribué à la célébrité de son auteur plus qu'aucune autre de ses productions. Avant le Tattler, il n'avait jwru en Angleterre aucun ouvrage qui eût le même but et la même forme. On y connaissait, depuis longtemps , des feuilles j»ériodiques qui avaient |x>ur objet la politique cl les nouvelles; mais le Tattler et le Sectateur furent les premières où l'on se proposa de présenter un tableau des mœurs du temps, en peignant les caractères, en censurant les vices, en relevant les ridicules et les travers dominants dans la société, et en employant alternativement la gravité de la raison, le ton du sarcasme et de l'ironie , et quelquefois les formes ingénieuses de l'apologue et de l'allégorie. Dans ces différents genres d'esprit et de style, Addison est celui qui a montré le plus de talent et le meilleur goût. 11 a servi de modèle à beaucoup d'écrivains distingués qui pendant longtemps ont coopéré à l'en vi aux nombreuses imitations du Spectateur qui ont paru depuis en Angleterre. On ne peut nier que ce genre d'ouvrage n'ait eu une influence aussi étendue que salutaire sur les mœurs de la nation ; et cet effet s'explique aisément, si l'on considère le caractère général des Anglais, leur manière de vivre, plus intérieure et domestique que dans tout autre pays, et le goût de lecture et dinsUuction répandu dans presque toutes les classes de la société , depuis le laliourcur et le manufacturier jusqu'au plus grand seigneur du royaume. Les différences de gouvernement et de mœurs expliqueront aussi pourquoi les ouvrages écrits dans d'autres pays, a l'imitation du Spectale u r, n'ont pu y obtenir ni le même succès, ni la même influence. En 1713, Addison se montra au monde littéraire avec un nouveau caractère : il fit jouer sa tragédie de Caton. U en avait, dit-on, conçu le plan et esquissé les premières scènes dans son voyage en Italie. Plusieurs années après son retour, il en avuit composé les quatre premiers actes, et il fut arrêté par les difticultés qu'il trouva à eu faire le dénottment. 11 en vint cependant à bout, cl se détermina à faire jouer sa pièce. Elle eut un succès extraordinaire : trente-cinq représentations , données sans inlcrruption, purentà peine rassasier la curiosité publique. Elle fut également admirée et applaudie dans les représentations qu'on en donna ensuite , tant à Londres que dans d'autres villes de l'Angleterre. On voyait, pour la première fois, sur le théâtre anglais, une action tragique conduite avec régularité sans événements bizarres, des scènes intéressantes sans les mouvements exagérés des passions, un style constamment noble et élégant, sans enflure et sans disparate. Voltaire a parlé de cette tragédie avec autant de goût que d'impartialité : « M. Addison, dit-il, est le pre- « rater Anglais qqi ait fait une tragédie raisonnable.
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a Je le plaindrais s'il n'y avait mis que de la raison « Sa tragédie de Colon est écrite, d'un bout à l'autre, u avec cette élégance mâle et énergique dont Corneille, « le premier, donna cliez nous de si beaux exemples « dans son style inégal, lime semble que cette pièce u est faite jiour un auditoire un peu philosophe et trésa républicain. Je doute que nos jeunes dames et nos a petits-mal très eussent aimé Caton en robe de chambre, «lisant les Dialogues de Platon, et taisant ses réa flexions sur l'immortalité de l'arac. » Mais il n'y a aucun théâtre en Europe où la scène de Juki et de Siphax ne méritât d'être applaudie comme un chefd'œuvre de caractères bien développés, de beaux conu-astes, de sentiments élevés, et d'une diction continûment élégante et pure. Mais il faut convenir que ces genres de mérite n'auraient pas sufti pour exciter à ce point l'admiration du peu plu anglais, si elle n'avait été échauffée et soutenue par un intérêt plus puissant encore que celui oui naissait du fond du sujet et do la perfection du style . Addison , constamment attaché au |>arli des whigs, c'est-à-dire , à celui dont les principes de liberté avaient une tendance plus républicaine , flattait |«rticuliérement ce parti par les sentiments exaltés de liberté qu'il mettait dans la bouche de Caton, cl par l'éloquente énergie avec laquelle il savait les exprimer. A cette époque, la lutte des whigs et des torys agitait avec violence la nation anglaise. Le succès de Colon fut donc un triomphe pour la faction des whigs. Cependant, comme Addison, en taisant parier des Komams, n'exaltait la lilierté que d'une manière générale, sans aucune allusion directe aux factions qui divisaient l'Angleterre, les torys ne voulurent pas se montrer les ennemis de cette liberté , qu'ils voulaient ainsi que les whigs, mais qu'ils voyaieut dans l'augmentation du | khi voir monarchique, tandis que ceux-ci la chercliaient dans l'augmentation du pouvoir populaire. Ainsi, les torys affectèrent de joindre leurs applaudissements à ceux du parti opposé ; et Dolingbroke , qui était le chef du parti tory, assistant à la première représentation de Cnlon , ht veuir dans sa loge l'acteur Dooth, chargé du principal rôle, et lui remit une bourse de 50 gui nées, comme une « ré- « compense, dit-il, de ce qu'il avait si bien défendu « la cause de la liberté 'contre un dictateur périt pétuel. » Les whigs dit Pope, se proposaient de taire aussi un présent à Booth, mais Ua attendaient qu'ils pussent l'accompagner d'une phrase aussi heu-, reuse. Lorsque la chaleur des factions se fui amortie, l'effet de cette tragédie s'affaiblit insensiblement au tltcâtre, où bientôt elle parut trop languissante dans l'action et trop dénuée de mouvement et d'intérêt. Ou fut frappe de l'insipidité des scènes d'amour que l'auteur y avait introduites, pour se conformer à l'usage. Lorsque après quelques années on essaya de remettre cette pièce au tliéâtre, on parut beaucoup moins louché des beautés qu'on y avait admirées autrefois, que des défauts dont l'effervescence des esprits avait affaibli l'impression; elle l'ut froidement accueillie, et, depuis, presque entièrement abandonnée; mais c'est un ouvrage que les gens de goût liront toujours avec intérêt, cl où ils admireront
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. une versification élégante et harmonieuse, mais encore des descriptions animées et poétiques, de» scènes touchantes, et une foule de sentiments nobles, exprimés avec énergie. Le Calon fut censuré à Oxford, comme un ouvrage de parti ; mais il y trouva de chauds défenseurs. Peu de lemj»s après sa publication, il fut traduit en italien par Salvini, et la traduction fin représentée sur le théâtre de Florence; d'un autre coté , les jésuites de St-Omcr en donnèrent une traduction lutine qu'ils firent jouer par leurs écoliers. Les pièces de vers qui furent composées dans le temps à l'honneur de Calon sont innombrables. Addison s'essaya aussi dans la comédie : il composa le Tambour, ou la Maison otl il retient des etprit», joué en 1715. 11 ne s'en fit |>as ïltre jwur l'auteur, même à ses amis. Quoiqu'on dans cette pièce beaucoup d'esprit, des scènes et un caractère original bien tracé, la représentation n'eut aucun succès, L'imitation qu'en a faite Destouehes, sous le titre du Tambour nocturne, * été mieux reçue sur notre théâtre , où elle est restée comme pièce de répertoire. Après h mort de la reine Anne, Addison fui porté, par les circonstances, à divers emplois publics. 11 alla, [K>ur la seconde Ibis, en Irlande, en qualité de secrétaire du Tire-roi, le comte de Sunderland ; il fut fait ensuite lord du bureau du commerce; enfin, en 1717, il se vit élevé à la place de secrétaire d'État. Dans l'année précédente, il avait épousé la comtesse douairière de Warwlck; mais ce mariage ne contribua pas plus a ■on bonheur, que son élévation au ministère n'ajouta à l'opinion qu'il avait donnée de son esprit et de ses talents. Il n'était parvenu qu'à force de temps et de soins à obtenir la main de la comtesse, femme vainc, qui croyait descendre de son rang en s' unissant à un homme sans titre et sans dignités. Klle consentit à l'épouser, dit Samuel Johnson, à |h>u près sur le même pied qu'une princesse du sang ottoman ëi>ouse un sujet turc; le Grand Seigneur, en kl mariant, lui dit : Fille, je te donne cet homme pour esclave. Quant à la place de secrétaire d'État, Addison ne tarda pas à faire remarquer son incapacité à en remplir les fonctions. Dans la chambre des communes, il se montra hors d'état de prononcer un discours, et, par conséquent, d'appuyer et de défendre les mesures du gouvernement. On a conservé l'anecdote suivante. Peu de temps après son entrée dans la chambre des communes , Addison se leva pour parler sur une question importante ; et, s'adressant à l'orateur, suivant l'usage, il dit : Monsieur, je conçois Puis,
voyant tous les yeux fixés sur lui, il se troubla, répéta trois fois, en bégayant, les mêmes mots ; enfin, ne pouvant trouver le lil de ses idées, il se rassit fort confus. Alors un membre tory, se levant , dit d'un ton très-grave : « Monsieur, les trois avorle- « ments dotit nous venons d'être témoins, de la part « d'un auteur connu par sa fécondité, prouvent évi- « demment la faiblesse de la cause qu'il voulait dé- « fendre. » La figure des avortements excita dans la chambre un grand éclat de rire, qui contribua sans doute à dégoûter tout à fait Addison de l'ambition tic
Dans les détails de l'ad-
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ministration, il ne pouvait ni donner un ordre, ni écrire une lettre , sans ]>erdrc un temps précieux à soigner son style , à rorriger ses phrases , et à rechercher une élégance , très-inutile en pareille circonstance. On i>ourralt citer son exemple comme une preuve de l'opinion accréditée par ces esprits routiniers, qui sont si vains d'une certaine aptitude aux détails de l'administration où se distinguent tant d'hommes médiocres, que les gens de lettres ne sont pas propres aux grandes affaires. Une foule d'exemples d'hommes d'État du plus grand mérite, et qui, en Angleterre même, joignent au talent des affaires ceux de la littérature, a prouvé le contraire; cl si Newton , Locke, Addison se sont montres au-dessous des places qu'ils ont occupées , c'est que leur esprit ne pomail, comme on l'a tlit, s'abaisser à des détails trop |K'u dignes de fixer leur attention. En considérant Addison comme homme de lettres, il se présente sous différents aspects ; il a public un assez grand nombre d'ouvrages dans des genres trèsdivers ; dans aucun, il est vrai , il ne s'est élevé au degré de supériorité qui dislingue les génies du premier ordre , mais dans tous il s'est placé fort audessus de la médiocrité, et dans quelques-uns il a montré une réunion d'esprit et de raison, de boa goût et de bonne plaisanterie, aussi rare que ce qu'on appelle le génie. Comme jioëte, il a commencé par des |4H*mcs latins Tort admirés dans le temps, mais qu'on ne connaît guère hors des Mes Britanniques, où vraisemblablement ils sont incuic peu lus aujourd'hui. 11 a roui|K>sé en anglais uu assez grand nombre de pièces de vers sur différents sujets, dout la plupart sont des traductions ou imitations de Virgile, d Horace et d'Ovide. Le plus considérable comme le plus célèbre tle ses poèmes est celui qu'U a composé sur la bataille de Dlenheim , et qu'il a intitulé la Campagne {the Campaign). 11 y a de grandes beautés dans cet ouvrage, mais plus encore d'enthousiasme patriotique que de verve poétique ; et la victoire qu'il a célébrée a donné plus d'éclat au poéme qu'elle n'en a reçu. Addison est regardé par le* gens de goût, en Angleterre, comme un poète ingénieux et sage, toujours élégant et harmonieux, nuis jamais original ni sublime. On le place généralement au-dessous de Dryden et de Pope; des criliques éclaires lui préfèrent même Gray et-Coopcr, qui sont venus après lui. Comme poète tragique, il n'occupe qu'un rang très-inférieur. Sans parler de Sliakspeare , à qui les Anglais ne comparent rien , les bonnes tragédies d'Otway, de Rowe , et beaucoup d'autres dont les auteurs sont moins célèbres, mais qu'on joue tous les jours avec succès, sont préférées avec raison au Caton, qui a des beautés supérieures, mais qu'on ne peut plus mettre au théâtre. « Dans « celte tragédie d'un patriote et d'uu philosophe, a « dit Voltaire, le rôle de Calon me parait surtout un « des plus beaux personnages qui soient sur aucun « théâtre. Il est bien triste que quelque chose de si « beau ne soit pas une belle tragédie ; des scène» « décousues qui laissent souvent le diéâtre vide ; des « a|Kirtc trop longs et sans art ; des amours froid* « el insipides; une conspiration inutile à la pièce;
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a un certain Sempronius, déguisé et tué sur le théâ- « tre, tout cela fait, de la fameuse tragédie de Caton, « une pièce que nos comédiens n'oseraient jamais « jouer, quand même nous penserions à la romaine « ou à l'anglaise. La barbarie et l'irrégularité du « théâtre de Londres ont percé jusque dans la sa- « gesse d'Addison. Il me semble que je vois le czar « Pierre, qui, en réformant les Russes, tenait encore « quelque chose de son éducation et des mœurs de « son pays. » La comédie du Tambour se joue encore, mais rarement et avec un effet médiocre. On ne |>eut pas compter l'opéra de Rosamonde, quoique beaucoup mieux écrit que presque tous les drames destinés à être mis en musique. Parmi ses ouvrages en prose , on trouve : 1° la relation de son voyage en Italie, dont on a parlé plus haut ; ->• un Dialogue sur les Médailles , qui paraîtra superficiel aux antiquaires, mais où les bons esprits trouveront une érudition choisie, un bon goût de littérature , et une instruction agréable et facile ; 3* l'ébauche d'une Défense de la religion chrétienne, qu'il n'a pas eu le tcmjw d'achever ; 4° un grand nombre d'essais sur la littérature , la morale et la politique, insérés dans le Tailler, le Spectalor, le i Guardian ( le Tuteur), le Free-Holder (le Franc- Tenancier) et le Whig Examiner (l'Examinateur Whig). C'est dans ces essais, surtout dans ceux du Spectateur, qu' Addison se montre tour à tour un sage moraliste , un observateur pénétrant de la nature humaine, un censeur, tantôt sévère, tantôt plaisant , des vices et des travers de son temps, et surtout un écrivain pur, clair, élégant , et qui a contribué plus qu'aucun autre à lixer la langue anglaise au degré de perfection où elle est parvenue. « Tout écrivain, dit Johnson, qui voudra se former a un style véritablement anglais , familier sans trice vialité, noble sans enflure, et élégant sans affecta- « tion, doit étudier jour et nuit les ouvrages d'Ad- <t dison. » Dans la critique littéraire , Addison a montré un goût sain plutôt qu'étendu , et un esprit «age , sans originalité ni profondeur dans les vues. Il y a d'excellentes observations dans l'analyse du Paradis perdu de Milton, qui occupe plusieurs feuilles du Spectateur ; mais ses principes sur la nature et les règles de l'éi>opée sont évidemment calqués sur la doctrine poétique d'Aristote ; et même, dans quelques endroits, il parait copier le Traité sur le Poëme épique du P. Bossu , ouvrage presque oublié aujourd'hui. On a dit, avec raison, que les règles d'Aristote ne se trouvaient observées ni dans Y Iliade, ni dans Y Odyssée; elles sont bien moins applicables encore au Paradis perdu. On ne peut pas douter cependant que les articles du Spectateur sur ce poème n'aient puissamment contribué à ramener l'attention des Anglais sur ses beautés originales, et à préparer la grande réputation qu'il a obtenue depuis. Mais cette justice tardive rendue à Milton ne fut pas l'ouvrage d'Addison seulement : on avait déjà fait une nouvelle édition du Paradis perdu , qui avait eu beaucoup de succès ; plusieurs geas île goût «'occupaient à faire revenir leurs nmtenqwrains de l'espèce d'oubli où ils avaient laissé tomber un des
plus beaux ouvrages qui existât dans leur langue ; et ce furent les protecteurs même d'Addison, le lord Somcrs et le marquis d'Halifax, qui l'engagèrent i écrire sur ce sujet. Il avait conçu l'idée d'un dictionnaire de cette langue sur le même plan que Samuel Johnson a suivi pour la composition du sien. Il pensait aussi, comme Swift, qu'il y aurait un grand avantage à établir à Londres une académie uniquement occupée, comme l'Académie française, des moyens d'épurer, de fixer et de perfectionner la langue. Swift a développé cette idée dans un morceau très-bien écrit. Addison a eu une conduite constamment irréprochable du iV.tr des mœurs : il était sincèrement attaché à la religion, mais sans austérité et sans superstition ; grave et réservé dans son maintien , timide et même embarrassé dans la société, il parlait peu devant les personnes qu'il ne connaissait guère. « Je n'ai jamais vu, disait le lord Cbes- « tcrfield, un homme plus modeste et plus gauche. » Cependant, lorsqu'il était avec ses amis particuliers, et que surtout le plaisir de la table et un peu de vin animaient son imagination, il parlait avec beaucoup d'intérêt et de grâce, et sa conversation cliarmait tous ceux qui l'entendaient. Son caractère n'a pas été à l'abri de tout reproche. On l'a accusé d'être jaloux des talents et des succès des autres, et les mémoires du temps ont conservé quelques anecdotes qui semblent autoriser cette imputation. Il suffit de rappeler, à ce sujet, les vers aussi mordants que spirituels que Pope a insérés dans son Èpitre à Arbuthnot. Ces vers ont été rendus par Delille, avec le rare talent qui dislingue ce grand poète. Les voici :
Mais représentez-vous un écrivain vanté, Plein de grâce et d'esprit, sachant penser et vivre, Charmant dans ses discours, sublime dans un livre ; Partisan du bon goût, amoureux de l'honneur; Fait |K>ur un nom célèbre, et né |H>ur le bonheur; Mais qui, comme ces rois que l'Orient révère, Pense ne bien régner qu'en étranglant son frère ; Concurrent dédaigneux, et cependant jaloux, Oui, devant tout aux arts, les persécute en vous ; Blâmant d'un air poli, louant d'un ton perfide; Cherchant à vous blesser, mais d'une main timide ; Flatté par mille sots, et redoutant leurs traits; Tellement obligeant, qu'il n'oblige jamais; Dont la haine caresse et le souris menace; Bel esprit à la cour, et ministre au Parnasse; Faisant d'une critique une affaire d'État; Ainsi que son héros (Caton), dans son petit sénat, Réglant le peuple auteur; tandis qu'en son extase, Tout le cercle ébahi se pame à chaque phrase.... Parle, qui ne rirait de ce portrait sans nom ? Mats qui ne pleurerait si c'était Addison?
Il ne faut cependant pas s'en rapporter aveuglément au témoignage de Pope : il avait été l'ami d'Addison, et ils s'étaient brouillés sans aucun motif apurent. Pope était très-susceptible, jaloux, vindicatif et satirique amer : uu tel caractère est justement suspect. Addison avait été longtemps tourmenté d'un asthme dont les accès étaient fréquents. L'hydropisie s'y étant jointe sans que l'art pût y apporter aucun secours, il mourut le 17 juin 1719, âgé seulement
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de 48 ans. Nous terminerons cet article par un trait qui peint et honore le caractère de cet homme illustre. Lorsqu'il éfiousa la comtesse de VVarwick , elle avait un fils dont il voulut soigner l'éducation, mais qui répondit très-mal à ses instructions. Ce jeune homme se livra à tous les vices où peuvent entraîner le goitt du libertinage et le défaut de principes. Addison, se sentant prés de sa fin, fît venir le jeune lord, et, le faisant approcher de son lit, lui donna encore quelques conseils paternels, et finit par lui dire d'un ton attendri : « J'ai désiré que vous as- « sbtassicz à mes derniers moments , afin que vous « vissiez avec quel calme meurt un chrétien. » On a une belle édition des Œuvres d'Addison [Addison's Works), Birmingham, Baskcrville, 1761,4 vol. in-4". Le Speclalor a été réimprimé en 1797,8 vol. in-8*; le Guardian, 1797,2 volumes : les morceaux qui, dans ces deux derniers, sont signés du mot Cït'o, sont d'Addison ; le Tailler, 1797, 4 vol. Les traducductions françaises sont : 1° Remarquct sur divers lieux d'Italie faites en 1701, 1702, 1705, formant le 4* tome du Voyage de Misson , Utrecht, 1723, in-12. 2° Le Babillard, traduit par Armand de la Chapelle, 1 734-55, 2 vol. in-12 ; 1 737, 2 vol. in-8°. 5° Le Spectateur, traduit en partie par Jean-Pierre Moêt, 1754-55, 9 vol. in-l2ou 3 vol. in-4°. 4° Le Mentor moderne, traduit par van Kfîcn, Rouen, 1725, 3 vol. in-12; Amsterdam, 1727, 4 vol. in-12. 5° Le Free-Holder, ou V Anglais jaloux de sa liberté, 1727, in-12. 6° Coton, tragédie ; l'abbé Dubos a traduit les trois premières scènes de cette pièce. Deschamps a fait un parallèle entre un Caton de sa composition et celui d'Addison. Boyer et Laplace ont l'un et l'autre donné une traduction de cette tragédie. M. Dampmartin en a donné une nouvelle à la suite de la Rivalité de Carthage et de Rome , 1792, 2 vol. in-8°. Cliéron-Labruyèrc en a donné une imitation en vers français et en 3 actes, 4789, in-8*. 7° Remarques sur le Paradis perdu de M il t un , traduit |wr Dupré de St-Maur ou BoUmorand, par Barrctt; et i la tète de la traduction de Milton, en vers français, par Delille. s De la Religion chrétienne, traduit par G. Scigneux de Correvon, Lausanne, 1757, 2 vol. in-8"; Genève, 1772, 3 part. in-8*. 9° Dialogue sur les Médailles, traduit par Jansen, dans les deux volumes in-8° de l'Allégorie, publiés en 1799. La Vie d'Addison, par Johnson, a été traduite par Boulard, avec celle de Milton, Paris, 1805, 2 vol. in-18. L'on a encore celle de des Maizeaux, en anglais, Londres, 1733, in-12. On a imprimé à Yverdun, en 1777, l'Esprit d'Addison, ou les Beautés du Spectateur, du Babillard , du Gardien, 3 vol. in-8"; et à Paris, en 1803, les Beautés du Spectateur, en anglais et en français, in-12. On a publié à Londres, Addisoniana (en anglais), 1804, 2 vol. in-8°. S — D.
ADDY ( William ) , auteur anglais , né au commencement du 17e siècle, a publié Velus et Xovum Testamentum anglicum , lilleris tachygraphicis im— pressum, Londres, 1627, in-16; Méthode slénographique , ou Art <f écrire par abréviations , Londres, 1693, us-S\ On a beaucoup écrit en Angleterre sur cet art d'abréviation, parce qu'il y est d'un usage
I fréquent et important. Ce sont les premiers essais d'un art très-commun en Angleterre, et que le gouvernement constitutionnel a aussi rendu très-utile dans d'autres pays. S— D.
ABEL, ou ABIL, roi de Suède , régnait dans le 6" siècle. Considérant comme un devoir de venger la mort de son père qui avait |* ri dans une bataille contre les Banois, il attaqua leur pays par mer. Après une bataille sanglante , qui dura trois jours , Jarmcrick, roi de Bancmark, obtint la paix en é|x>usant la princesse Swavilda , sœur d'Adcl ; mais ce mariage, loin de cimenter l'union des deux peuples, fut l'occasion d'une guerre encore plus terrible. Swavilda, accusée d'entretenir un commerce criminel avec Ilrodcr son beau-fils , fut condamnée à être mise en pièces par des chevaux sauvages. Adcl , à cette nouvelle , fit une irruption en Danemark, assiégea Jarmcrick, le lit prisonnier, lui enleva ses trésors , et le fit périr dans les supplices. 11 réunit ensuite plusieurs provinces du Danemark A la Gothie ; et , laissant ce royaume sous la domination de Broder, fils de Jarmcrick, il obligea ce prince à payer un tribut annuel à la Suède. A son retour, Adel triompliant offrit en action de grâces des sacrifices aux dieux d'Upsal , et, comme il faisait à citeval le tour du temple , il tomba , se démit les vertèbres du cou , et mourut après 6 ans de règne. Le tronc de Suède fut ensuite occupé |»r Ostan, ou Eisten. B — p.
ABÉLA1BE , impératrice , était fille de Rodolphe II, roi de Bourgogne , l'un de ceux qui disputèrent le royaume d'Italie à Hugues, comte de Provence. Ces deux rivaux, ayant fait la paix en 933, con vinrent qu' Adélaïde épouserait Lothaire, fils de Hugues. Cependant ce mariage ne s'effectua qu'en 947, lorsqu' Adélaïde fut parvenue à sa seizième année : en même temps , sa mère Bcrtlte, veuve depuis dix ans, épousa Hugues lui-même. Le mariage d'Adélaïde avec LoUiaire fut empoisonné par des craintes et des chagrins continuels. Bérenger, marquis d'Ivréc, avait pris les armes contre Hugues, et l'avait forcé de résigner la couronne à son fils ; mais il n'était point satisfait de cette première révolution : il voulait régner lui-même, et l'on croit qu'il lit empoisonner LoUiaire en 950. Alors il se fit couronner sous le uom de Bérenger 1 1 ; en même temps, il voulut faire épouser Adélaïde à son fils Adalbert ; et cette princesse s'y étant refusée, il la fit enfermer au château de Garda, au bord du lac de même nom. Retenue au fond d'une tour, elle n'y avait qu'une seule femme pour la servir ; mais sa beauté, sa sagesse et sa piété lui avaient gagné tous les cœurs, et quiconque l'avait connue ne songeai* qu'i l'arracher à cette affreuse captivité. Un prêtre, nommé Martin, réussit enfin i creuser un souterrain qui jiénétrait jusque dans la tour, et A faire évader la reine avec sa suivante. Il les conduisit à l'autre extrémité du lac de Garda ; et n'osant se confier à personne, il les cacha parmi des roseaux, les nourrissant du poisson qu'il pêcliait lui-même dans le lac. Pendant ce temps, Alberto Azzo, seigneur de Canossa, qui d'avance avait été prévenu par le prêtre
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réunit une troupe de cavaliers , arec laquelle il vint enlever Adélaïde, et la conduisit dans sa forteresse. Canossa, dans le district de Reggio, près du fleuve Enza, était bâtie sur un rocher isolé et taillé a pic : sa situation la rendait imprenable. Cepeiulant les seigneurs italiens, irrités contre Bérenger, avaient invoqué contre lui les secours d'Otlion de Saxe. Le monarque allemand entra en Italie peu de mois après la fuite d'Adélaïde; il arriva jusqu'à Pavie sans éprouver de résistance, et Alberto Azzo lui conduisit, dans cette ville» Adélaïde, qu'Olhon épousa aux fêtes de Noël «le l'an 951 . Ce mariage ne donnait pas à l'empereur de nouveaux droits sur le royaume d'Italie ; mais l'amour qu'avaient les Italiens pour leur belle et malheureuse princesse lui en facilita la conquête. Adélaïde , (tendant le règne de son second mari , et celui de son lils Olhon II, se rendit toujours plus chère à ses sujets par sa piété et ses vertus. Le clergé, reconnaissant de sa munificence , l'a canonisée. Le pape Silvestre II l'ap|>elait Y effroi de* royaume» et la mère de» rois; mais Othon II se plaignit quelquefois de son excessive libéralité. En 978, le fils et la mère se brouillèrent , et Adélaïde , éloignée de la cour, fixa sa résidence à l'avie. Elle fut, en 980, réconcilié* à l'empereur |*ar les soins de 8t. Ma y cul, abbé de Gluny. Olhon III, son petit- 01s, écoutant trop la jalousie de Théophanic sa mère, ('éloigna de nouveau de la cour ; mais une mort subite ayant enlevé Théophanie , on obligea Adélaïde de se cliarger de la régence. Détachée en quelque sorte du monde , cette princesse ne regarda plus la puissance dont elle était revêtue que comme un fardeau. Cependant elle se livra avec un soin infatigable a l'adnunistration des affaires ; et, loin de se venger des auteurs de ses maux (tassés, elle chercha les occasions de leur faire du bien. Forcée quelquefois de montrer de la sévérité, elle la ternirait par la douceur. L'ordre et la régularité de sa maison offraient l'image d'un monastère. Adélaïde lit de pieux établissements en diverses provinces, et surtout dans la ville de Magdebourg, où elle résida longtemps. Klle ne négligea rien [>our ojiérer la conv ersion des Rugiens et autres idolâtres du Nord. Dans la dernière année de sa vie, elle entreprit un voyage en Bourgogne, pour réconcilier le roi Rodolphe, son neveu, avec ses sujets ; elle mourut en route, à Scllz, en Alsace, le 16 décembre 999. Son nom ne se lit |»,hr dans le Martyrologe romain ; niais sa piété lui a valu une place dans plusieurs calendriers d'Allemagne, et l'on conserve une (tortion de ses reliques dans une belle chasse qui fait partie du trésor de Hanovre. St. Odilon, abbé de Cluny, a écrit sa vie , ainsi que G* Ang. de Breitenbach (en allcm.). S. S— !.
ADELAÏDE, marquise de Suzc, fut contenqtorainc de Mathildc , la grande comtesse de Toscane. Kilo gouverna le Piémont avec sagesse et fern»eté, et partagea avec Mathildc l'admiration de son siècle ; mais plus douce dans ses sentiment» et plus modérée dans ses (lassions , elle s'offrit plusieurs fois comme médiatrice entreGrégoire VII et l'empereur Henri IV; et elle s'efforça de terminer les guerres de l'Empire et de l'Eglise , autant que Mathilde essayait de les
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ranimer. Fille et unique héritière d'Odelrie Manfred, marquis de Suzc, elle fut mariée successivement à un duc de Souabc, à un marquis de Montferrat, et à un comte de Mauriennc. Chacun de ces mariages, promptement dissous par la mort, augmenta sa puissance; et le marquisat de Suzc devint entre ses mains un des fiefs les plus importants de l'Italie. Sa fille Berthe, qu'elle avait eue d'Odon, comte de Mauriennc, é|»ousa l'empereur Henri IV. Aussi, lorsque Adélaïde mourut, en 1091, Conrad, fils de Henri , prétendit-il recueillir sa sucression. Les fils de Frédéric , comte de Savuie , et frère du comte de Maurieune , réclamèrent de leur côté l'héritage d'Odon et d'Adélaïde. Ils l'obtinrent jtar des guerres et des négociations dont on ignore le délai! ; et c'est de cette époque que commença la puissance de la maison de Savoie en Piémont. Ainsi Adélaïde est considérée comme l'une de ses fondatrices. S. S — I.
ADÉLAÏDE de Fi ance , éjMMise de Louis le Bègue , vécut |>eu de temps avec ce prince, qui, |tour s'unir à elle , avait répudié Ausgardc , sa femme légitime , quoiqu'il en eût deux enfants. 11 prétendait suivre en cela les volontés de Charles le Chauve , son père ; cependant le pape Jean VIII refusa de reconnaître la validité du divorce, et de couronner la nouvelle reine. Adélaïde était enceinte lorsque Louis le Bègue mourut, le 10 avril 879, à l'âge de 55 ans; le 17 tep-> tembre suivant elle accoucha d'un fils qui régna sous le nom de Charles le Simple. F — E.
ADÉLAÏDE, ou ALIX DE SAVOIE, fille de Humbcrt, comte de Mauriennc, épousa, en 1114, Louis VI, dit le Gros, roi de France, avec lequel elle Técut dans une union jiarfaitc pendant vingt-deux ans. Après la mort de ce monarque, dont elle avait eu six lils cl une fille , elle cjiousa en secondes noces Matthieu de Montmorency, connétable, qui luimême était veuf; mariage moins disproportionné dans les mœurs de ce temj>s, qu'il ne le parait de nos jours; aussi ne perdit-elle rien de la considération qu'elle s'était acquise par ses mœurs pures et son zèle |»ur la religion. Elle eut du connétable de Montmorency une fille quifulmariéc à Gaucher de Chatillon. Après avoir vécu quinzeansavec son second mari , Adélaïde obtint de lui la permission de se retirer à l'abbaye de Montmartre qu'elle avait fondée; elle y mourut l'année suivante, 1 151 , étant presque sexagénaire. F — E.
ADÉLAÏDE , nommée communément Ai.eid,ou Ai.yt van PiTXOEEST, à cause de la famille hollandaise de ce nom dont elle était issue , gagna |iar sa beauté le «rur du duc Albert de Bavière , et devint sa maltresse. Née hautaine cl ambitieuse, elle se mêla des affaires d'État, et s'attira la haine d'un parti puissant. Guillaume , fils d'Albert, indigné de voir son père dans les chaiurs d'une concubine qui dictait des lois aux nobles, et déjiouillait de leurs dignité! tous ceux qui ne lui étaient pas dévoués , entretenait dans le corur de ceux-ci la haine qu'il avait luimême conçue contre Adélaïde. In complot fut formé contre la vie de cette femme , et les conspirateurs , ayant |>énétré la nuit dans son appartement , l'assassiDt~ni à couds de poignard , l'an 1392. Le duc.
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furieux, se mit en campagne contre les meurtriers , qui étaient la plupart des nobles hollandais; mais ils S'étaient déjà retirés dans leurs châteaux forts. Ils furent cités à coni[>araltre à la cour du duc ; et, sur leur refus d'obéir , on confisqua leurs biens. Le (ils d'Albert essaya en vain d'obtenir leur pardon. Son attachement a leur cause le lit soupçonner d'avoir pris part a l'assassinat de la maltresse de son \h tc , et il fut obligé de s'enfkiir. D— c.
ADÉLAÏDE (Madame) de France, fille aiuécdc Louis X V, et tante de Louis X VI, naquit à Versailles, le 5 mai 1732, et passa les premières années de sa vie au milieu de la brillante cour de. Versailles, ne se faisant guère remarquer que |tar la plus touchante amitié pour sa sœur cadette la princesse Victoire. ( Yoy. ce nom). Lorsque leur père fut mort, ces deux sn>iirs Habitèrent le château de Hellevue , et elles y vécurent presque toujours dans la retraite jusqu'à l'époque de la révolution. En 1791, elles demandèrent au roi la |iermission de sortir du royaume , à cause des troubles dont il était agité, et elles quittèrent Paris le 19 février 1791. Ces deux princesses furent arrêtées d'abord à Moret, puis a Arnay-le-Due. Il fallut des ordres précis du roi et de l'assemblée nationale pour qu'on leur |x:imit de continuer leur route. Elles se retirèrent à Home, dans le palais du cardinal de Demis, et y résidèrent jusqu'à l'approche des armées françaises, eu 1799. Alors elles se rendirent à Naples, puis à Trieste,où Madame Adélaïde mourut, le 18 février 1800. Sa s<rnr Victoire était morte six mois auparavant. La même tombe les réunit dans h cathédrale de cette ville. Lorsque Louis XVIll fut remonté sur le troue, en 1813, il envoya une frégate pour y recueillir les dépouilles mortelles des princesses ses tantes; et ces dépouillas, revenues en France, furent déposées solennellement dans le caveau royal de St-Dcnis, en janvier 1817. On a publié, en 1805, les Mémoires historiques de Mesdames Adélaïde et Virtnire dr Franre , par Ch. Montigny , 2 vol. in-12. L'éjKNjue de celle publieatiou prouve assez qu'elle ne |«uvait être ni exacte ni complète. On trouvera sur ces deux princesses, principalement sur leur émigration, des renseignements plus vrais et plus compléta dans la Relation du voyage de Mesdames, publiée par M. de Chastellux, en 181(5. M — D j.
ADELARD, ou plutôt ATNELUAKD , .savant moine bénédictin de Rath , en Angleterre , vivait sous le règne de Henri I", et fut, pour cette é|K>que, un homme très- instruit. Alin d'augmenter ses connaissances , i| voyagea non-seulement dans les principaux pays de 1'Eurojie, mais en Egypte et en Arabie. Ayant appris l'arabe , il traduisit , de cette langue en latin, les Éléments d'Euetide, avant qu'on en eut découvert un seul exemplaire grec. Il traduisit encore un ouvrage arabe sur les sept Planâtes. Il écrivit un Traité sur les sept Arts libéraux, désignés alors sous le titre de ferrie de llnstruethn, qui comprenait le tririum, ou la grammaire, la rhétorupie et la dialectique, le quadrivium.ou la musiipic , l'arithmétique , la géométrie et l'astronomie, ton principal ouvrage est intitulé : Per diffieiles
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quostionti naturales {eirca 1472), ln-4°. On lui en attribue plusieurs autres sur la physique et la médecine. Enfin, on doit considérer cet ecclésiastique comme l'un des hommes les plus savants de son siècle, et comme celui qui contribua le plus efficacement à introduire dans le nord de l'Europe l'étude du grec et des langues orientales. Les collèges de Corpus-Christi et de la Trinité, à Oxford, possèdent quelques-uns de ses manuscrits. D— t.
ADÉLAHDS ( Gullalue-Marciieselu des}, chef de la faction des Guelfes, à Fcrrare , y partageait l'autorité , d'à l>ord avec Guy de Saxe, sur,nommé Salinguara I", puis avec Torello son lils, pendant la guerre de Frédéric Darberousse contre la première ligue lombarde. Les tombants d'Ancone, assiégés, en 11 74. par l'archevêque Christian, lieutenant de Frédéric, implorèrent le secours de Guillaume des Adélards, et d'AIdrudc, comtesse dcDertinoro. Guillaume engagea tout son patrimoine pour se procurer de l'argent et lever des soldats. Aldrude, demeurée veuve à la fleur de son âge , avait assemblé à Hertinoro une cour brillante, où se réunissaient tons les chevaliers distingués par leur bravoure et leur galanterie. Elle leur proposa la délivrance d'Ancone comme une croisade d'amour. Guillaume et Aldrude forcèrent en effet l'archevêque à lever le. siège , au moment où les habitants d'Anedne étaient réduits par la famine aux plus horribles extrémités, Guillaume des Adélards vit mourir successivement son frère et tous les héritiers mâles de sa famille. Alin que ses malheurs tournassent du moins à l'avantage de sa patrie, il voulut que sa nièce Marchesella, son unique héritière, épousât Arriverio , fils aîné de Torello, et il la confia dés l'âge de sept ans à ce dernier, pour l'élever dans son palais, espérant ainsi réunir les deux partis par l'alliance des deux familles qni les avaient formés; mais, à la mort de Guillaume, vers 11K4. quelques nobles de Fcrrare, du |wrti des Adélards, mécontents de Torello, appelèrent à leur tête le marquis d'Est [voy, ce nom); et , secondés par Traversari , puissant seigneur de Havenne, ils enlevèrent la nuit, à- main armée, la jeune Marchesella, et lui firent épouser le marquis Ohizzo 1", chef de leur faction. S. S — i.
ADELDERT , archevêque de Rrémc et de Hambourg, reçut cette dignité en KM3, des mains de l'empereur Henri III et du pape Dcnolt IX. 11 était d'une naissance illustre , d'une stature imposante , ambitieux , magnifique , éloquent , habile à faire servir sa magnificence et ses talents an profit des desseins que l'époque à laquelle il vivait semblait faite pour inspirer et faire réussir. Le pouvoir temporel du clergé devenait redoutable ; le désir de l'étendre s'emparait de la plupart desecclésiastiques: Adelbert en fit le but de sa vie. Toujours occupé de son ambition personnelle , il gagna la faveur de l'empereur Henri III , qui le consulta sur toute* les affaires de l'Empire. L'archevêque lui suggérait les déterminations les plus favorables au clergé, et s'assurait ainsi les moyens de suffire aux dépenses qu'entraînait la pompe qu'il avait introduite dans le culte divin. Il fit démolir les murailles de Brème, pouren
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employer les pierres à la construction de l'église; un couvent magnifique s'éleva par ses ordres. L'inimitié des ducs de Saxe n'arrêta ni ses intrigues , ni ses projets; il avait pour les princes tem|»orel s une aversion déclarée, et ne s'inclinait jamais devant eux. H accompagna néanmoins l'empereur dans ses voyages en Italie, en Flandre, en Hongrie, cl lui servit partout de négociateur. A Rome, en 1046, il eût pu obtenir la tiare ; mais il aima mieux la faire donner à Svidger, évéque de Bambcrg , sous le nom de Clément II. En 1051, il dirigea le concile de Mayencc. L'empereur le comblait tous les jours de nouveaux Dienfaits, et l'Europe entière lui témoignait une haute considération ; il reçut du roi de France et de l'empereur grec d'honorables marques d'estime et d'amitié. L'inllucncc dont il jouissait dans les Etats du Nord était telle, que le roi de Danemark, Suénon , qui avait épousé une de ses proches parentes, fut forcé de Ut répudier , par les ordres de l'arche— véque, qui le menaçait de l'excommunication. Non moins actif qu'impérieux , Adclbcrt multiplia et protégea les missions chrétiennes dans les États des souverains qu'il assujettit au pouvoir ecclésiastique. Le désir d'ériger son archevêché en patriarcat l'occupa sans cesse ; le soin du christianisme naissant citez les barbares septentrionaux lui fournit un prétexte spécieux; mais la mort de Henri III attira dans l'Allemagne méridionale son activité et sonainhilion. Appelé à la régence pendant la minorité de Henri IV, il exerça le souverain jiouvoiravec le dc*|»otismc qui lui était naturel. Peu inquiet de la haine de ses ennemis, tant qu'ils n'aspi raient |kis à devenu ses rivaux, il ne chercha point à s'entourer de partisans, et sembla ne vouloir que des flatteurs. Comme son amourpropre égalait sonainhilion, il désirait prcstnic autant être loué que de régner. « Au milieu de
* la plus violente colère , dit Adam de Brème , « son historien, il se laissait apaiser par une llatte- « rie , et ses regards , naguère irrités , se tournaient
• avec un sourire gracieux vers l'adroit complaisant. » Séduit par son goût pour le faste et l'éclat , il porta ses projets et ses dépenses au delà de ses moyens ; son diocèse fut chargé d'impôts ; les grands et le peuple se soulevèrent. Henri fut sommé de le renvoyer ou d'abdiquer. Adelbcrl sut engager l'empereur à s'enfuir la nuit suivante, avec les joyaux de la couronne ; mais le projet transpira ; le palais fut entouré, et peu j'en fallut que l'archevêque ne devint la victime de son opiniâtreté. De retour dans ses propres États , il eut à soutenir une guerre désastreuse contre Ordulf, duc de Saxe, et son fils Magnus. Vaincu, fugitif, dépouillé des deux tiers de ses domaines , il se voyait réduit dans Brème à une existence tranquille et presque obscure , lorsqu'il fut rappelé à la cour impériale, où ses ennemis avaient cessé de dominer. Il reprit avec ardeur la direction des affaires ; mais l'âge avait diminué les forces de son corps : une sombre mélancolie s'empara de son esprit , et il mourut à Goslar, le 16 mars 1072 , lassé , mais non rassasié de faste et de pouvoir. G— t.
ADELBOLD, 19 évéque d'Otrccht,né vers la fin du 10* siècle , d une famille noble de lévêché de
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Liège , lit ses études avec un grand succès dans cette ville et dans les écoles de Reims. 11 fut, dans la première de ces deux villes, élève de Notgcr, qui en était évéque. Sa réputation de savant s'étendit en Allemagne , et l'empereur Henri H, l'ayant attiré â sa cour, l'admit dans son conseil, le nomma son chancelier , et lui fit obtenir le siège épiscopal d'L trecht. Cette faveur augmenta son ambition , et le jeta dans des entreprises peu convenables pour son état. Ne pouvant obtenir du comte Didéric la cession de Mcrwc, lie située entre la Meuse et le Wahal, il prit les armes et ravagea la Hollande. Non content de cette vengeance , il rendit le comte suspect â l'empereur, lui suscita d'autres ennemis , tels que l'évf-que de Cologne et le duc de lorraine ; et , aidé de leurs secours, il fit longtemps à Didéric une guerre sanglante. Forcé enfin de faire la paix , il cultiva les sciences , fonda des églises dans son diocèse , et montra un grand zèle pour la religion. La cathédrale que Raldoleus avait fait commencer â C trecht fut abattue par ses ordres , et remplacée par une aulre beaucoup plus belle, donl il reste encore une partie. Quand cetédilice fut achevé , la dédicace s'en fit en présence de l'empereur et de douze évêques. Adelbold rebâtit aussi et fonda la collégiale de Riel. L'activité avec laquelle il travaillait à la prospérité de son évéché ne cessa qu'à sa mort, le 27 novembre 1027. Ce prélat a écrit la vie de son bienfaiteur Henri II ; ouvrage estimable , mais dont il ne reste plus que la première |wrlic. La préface contient des règles très-judicieuses sur les devoirs d'un historien , règles dont Adelbold ne s'est point écarté : la fidélité et l'exactitude qu'on remarque dans son ouvrage font regretter qu'il ne soit pis parvenu tout entier jusqu'à nous. Ce précieux fragment a paru, pour la première fois, dans les Vies des Sain!» de Uamberg, données par Gretscr, en 1611 , puis dans Surius et dans les Bollaiidistcs. Lcibnitz l'a fait réimprimer dans le 1" vol. des Seripl, rer. Brutuwic. On a aussi de ce savant prélat un traité de Ratinne inceniendi erassitudinemSpharœ, précédé d'une lettre au pape Silvcstre II , son ancien maître à Reims, et inséré par B. Pez, dans le 3" vol. de son Thésaurus aneedotorum. Les bibliothèques renferment en outre divers ouvrages et manuscrits d' Adelbold, tels que la Vie de Sic. Walburge, Éloge de ht Sie. Vierge, les Louanges de la Crois, quelques Sermons , etc. Son style, clair , facile, et même élégant , le place parmi les bons écrivains de son siècle. D — o.
ADELBURNER ( Michel ), mathématicien et médecin, né à Nuremberg, en 1702, fils d'un libraire. Destiné à la même profession , il s'appliqua à l'étude des sciences , et suivit plusieurs cours à Altdorf. En 1735, il publia son Commercium Aslronomicum, qui le fit nommer membre de l'Académie royale des sciences de Prusse. Appelé en 1743 à Altdorf, pour y donner des leçons de mathématiques et de physique , il fut fait professeur de logique en 1746, et mourut en 1779. Ses principaux écrits sont : 1° Commercium litlerarium ad Attronomiv lit* crementum inter hujus scientiœ amaiores commun* consilio instUulum, Nuremberg, in-8"; 2° Phino-
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mènts célesUs remarquables : il en paraissait une feuille tous les mois ( en allemand ). G — t.
ADELER ( Cort Siversek ) , grand amiral de Danemark , naquit en 1622 , à Brcvig , en Norvège, où son père était directeur d'une saline royale. La passion du jeune Adeler pour la navigation le conduisit de bonne heure en Hollande , où il fit ses premières armes sous l'amiral Tromp. S'étant rendu ensuite à Venise , il entra au service de cette république , sous le nom de Curlius Siversen , et parvint , de grade en grade , au commandement d'une flotte. Venise fut redevable à son habileté et à sa bravoure des succès qu'elle obtint contre les Turcs dans le W siècle. Pendant quinze années, il remplit du bruit de ses exploits l'Archipel et la mer Adriatique. 11 signala particulièrement sa valeur le 16 mai 1654, à l'entrée de l'Hellespont : une flotte turque de soixante-dix-sept bâtiments ayant attaqué les Vénitiens, qui n'avaient que vingt-deux voiles, Adeler, avec un seul vaisseau, brûla ou coula à fond quinze galères turques; 5,000 musulmans périrent dans les flots; la nuit séjwra les combattants. Le lendemain, Adeler rencontra la capitane turque, montée par Ibrahim -Pacha, qui aussitôt donna ordre d'atlaqucr a l'abordage le vaisseau <TAdeler. II s'ensuivit un combat terrible ; le pacha et le capitaine norvégien se rencontrèrent le sabre à la main ; Ibrahim périt , et Adeler lui enleva sa riche armure , qui est encore conservée comme tropliée dans le muséum de Copenhague. La république reconnaissante l'éleva au rang de chevalier de Sl-Marc, le fit lieutenant-amiral, et lui assura une pension de 1 ,400 ducats , réversible à ses héritiers jusqu'à la 5* génération. Adeler vit ses services recherchés par l'Espagne , la Hollande et d'autres puissances ; mais ses exploits n'avaient [>oint échappé à l'attention de ses compatriotes du Nord; Frédéric III le rappela en Danemark, en 1663, et lui confia le commandement de ses forces navales. Adeler revint en Danemark par Amsterdam , où il se maria à une femme d'un rang distingué. La flotte danoise était dans un état déplorable, ou pour mieux dire, elle n'existait plus. Adeler , aussi Imbile constructeur , aussi sage administrateur ip«e guerrier intrépide, créa des vaisseaux, des matelots et des officiers ; en moins de douze ans, le Danemark eut une marine respectable. Adeler fut anobli, et nommé général-amiral en 1675, au commencement de la guerre contre la Suéde ; mais la mort le surprit la même année, au sein des honneurs , dans la 53* année de son âge , au moment où il se préparait à mettre à la voile contre les Suédois. Il a laissé des descendants dignes de lui, qui ont en vain demandé aux ingrats Vénitiens le lavement de la rente qui leur était due, et dont heureusement la famille Adeler n'a aucun besoin. M. B— w.
ADELGISE , roi lombard , fut associé au trône en 759, par Desiderio ou Didier, son père (wy. Desiderio ), et marié en 770, à Gisèle, «mr de Charlemagnc , en même temps que ce monarque et Carloman son frère devaient épouser deux srrurs d'Adelgise. Le pape Etienne III , qui, à plusieurs reprises, avait armé les Francs contre les Lombards,
employa vainement son crédit pour empêcher ce triple mariage , qui semblait devoir donner une garantie inébranlable à la monarchie italienne. « C'est « le comble de la honte et de la folie , écrivait-il à « Charlemagnc , que d'allier la noble nation des « Francs, la plus éminente de toutes, et la glorieuse « race de vos rois, avec la perfide, la dégoûtante « nation lombarde ; nation par qui la lèpre nous « a été apportée ; nation détestable et abominable, et « qui ne peut pas même être comptée parmi les na- « lions. » Charlemagnc épousa ce|>cndant Desiderata ou Désirée, fille du roi lombard ; mais il la répudia l'année suivante, et le lien qui semblait devoir unir les deux familles fut cause de leur inimitié. En 773, Cliar lemagne envahit la Lombardic ; Adclgise l'attendait pour le combattre dans les défilés du Piémont ; mais son armée , saisie d'une terreur panique , se dissipa tout entière sans combat. Desiderio s'efforça de défendre Pavic. Adelgise s'enferma dans Vérone, et, lorsque son père eut été fait prisonnier , il passa en Grèce pour demander des secours aux empereurs Constantin Coprouyme et Léon IV. 11 fut traité avec distinction à Constantinople , et revêtu de la dignité de patrice ; mais, pendant treize ans, on le nourrit de vaines promesses , sans lui donner aucun secours. Enfin Constantin VII, fils de Léon, l'envoya, en 787, en Sicile, avec une armée destinée à porter la guerre dans le midi de l'Italie. Le roi lombard comptait sur l'appui d'Arigise, son beau-frère, qui était alors duc de Bénévent ; mais ce duc mourut à cette époque même, et son fils Grimoald , élevé à la cour de Charlemagne , était attaché au parti français. Adelgise, ayant débarqué en Calabrc (788), fut vaincu dans une grande Intaille où l'on assure qu'il resta parmi les morts. D'autres pensent qu'il retourna en Grèce, où il mourut peu de temps après. S. S — î.
ADELGISE, prince de Bénévent, succéda, en 854, à Radelgaire son frère. Il fut appelé, pendant tout son règne, à combattre les Sarrasins, qui dévastaient l'Italie méridionale. Défait par eux vers l'année 856, dans le voisinage de Bari, d'où il avait voulu les chasser, il vit, pendant six ans, ses États désolés par ce peuple barbare , et fut contraint , en 862, d'acheter la paix moyennant un tribut. Cette humiliation n'assura pas sa tranquillité, car les Sarrasins, ne subsistant en Italie que par la guerre et le brigandage, se détachaient de celui de leurs chefs qui avait fait la paix pour suivre le premier qui offrait de les conduire à de nouveaux combats. Adelgise recourut alors à l'empereur Louis II, et celui-ci conduisit une armée contre les Sarrasins de l'Italie méridionale. Les empereurs grecs, Constantin et Basile, et le roi de Lorraine, Lothaire, frère de Louis, lui envoyèrent des secours. Enfin Bari se rendit aux chrétiens, au mois de février 871, et le sultan sarrasin qui commandait dans cette ville demeura prisonnier d'Adcl'-risc. Mais le long séjour de l'empereur et de ses troupes dans le duché de Bénévent avait été plus à charge à cette province que les dévastations mêmes des Sarrasins. Les habitants étaient poursuivis jusque dans l'intérieur de leurs maisons par l'orgueil , l'avarice ou l'intempérance
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des Francs, tandis que les murs des villes les mettaient à couvert des insultes des infidèles. Adelgise luimême n'avait pas moins à se plaindre que ses sujets. Il était devenu vassal de l'empereur d'Occident; tous les ordres étaient donnés dans ses États, dans sa capitale , dans son propre palais , par un monarque étranger ; et Angellicrga, femme de l'empereur, faisait seutir davantage encore la pesanteur du joug im|K)sé aux Bénéventins. L'orgueil et l'avarice de cette princesse étaient également insupportables; clic affectait en toute occasion de témoigner son mépris jwur les Lombards, et d'humilier la nation au milieu de laquelle elle se trouvait. Le sultan de Bari , toujours prisonnier d'Adelgisc , jouissait des humiliations qu'éprouvait son vainqueur. Mais, après que Louis l'eut vengé du prince de Bénévent, il Voulut que celui-ci le vengeât de Louis. Dans ce dessein, il éveilla son ressentiment, échauffa sa colère, rendit plus sensibles toutes les mortifications qu'il lui voyait éprouver, et l'engagea enfin dans une conjuration contre l'empereur. L'armée des Francs, qui était dis|>crséc dans les villes et les châteaux du duché de Bénévent, fut attaquée et désarmée partout en même temps par les Lombards (25 juin 871) ; à midi, Adelgise, suivi des conjurés, se présenta devant la porte du palais ; la garde française se mit eu défense; mais les Bénéventins mirent le feu aux portes , et Louis fut contraint à se réfugier avec sa femme dans une tour élevée , où il se défendit jusqu'à ce que la faim le forçât à se rendre. Adelgise n'eut pas plutôt l'empereur d'Occident entre ses mains, qu'il vit avec cITroi les conséquences de son entreprise. Les monarques carlovingiens, qui occupaient presque tous les trônes de l'Europe, se préparaient à délivrer et à venger le chef de leur maison ; tous les feudataircs de Louis et tous ses soldais se mettaient en mouvement pour venir à son aide ; en môme temps, une nouvelle armée de Sarrasins avait débarque à Salcrne et menaçait les Lombards. Adelgise , effrayé , offrit à son prisonnier de traiter avec lui, et lui rendit la liberté le 17 septembre, ainsi qu'à sa femme et à sa fille, après lui avoir fait prêter le serment le plus solennel de ne jamais tirer vengeance de l'affront qu'il avait reçu, et de ne jamais rentrer lui-même, ou renvoyer d'armée dans le duché de Bénévent. Mais, après une aussi mortelle offense, les serments du monarque étaient une faible garantie pour Adelgise. Dans une diète du royaume d'Italie cl de l'Empire, tenue à Rome, Adelgise Tut déclaré ennemi de la république et du sénat romain ; le pa|>c Adrien II dégagea Louis de son serment. Celui-ci ne voulut pas cependant conduire lui-même son armée dans le duché de Bénévent ; mais il en donna le commandement à sa femme , moins \mir éviter le parjure que pour n'être pas envelop|»é dans son châtiment , si Dieu voulait le châtier. Adelgise op|>osa une égale bravoure à l'année d'Ermcngarde, à celle des Sarrasins débarqués devant Salcrne, et à une troisième armée que Louis, qui avait surmonté ses scrupules, conduisit contre lui, en 873. Le pajie Jean VIII, voyant alors que l'empereur commençait à désespérer du succès, rétablit la paix entre ces
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deux souverains. Choque année cependant, les Sarrasins, maitresde la Sicile, faisaient de nouvelles tentatives sur les côtes d'Italie, et Adelgise, épuisé par de longues guerres, ne luttait plus contre eux qu'avec désavantage. Il éprouva deux grandes défaites en 875 et 87G, et fut contraint d'acheter la paix à des conditions honteuses. Il mourut peu après, eu 878 ou 879, assassiné par ses gendres et ses neveux. Gaiderise, fils de sa fille, fut élu pour lui succéder. S— s — t.
ADELGREIFF ( Jean-Albert) , fanatique du 17e siècle, était fils naturel d'un curé de village, près d'Elbing. 11 disait que sept anges l'avaient cluirgé de représenter Dieu sur la terre, d'en bannir le mal, et de battre les souverains avec des verges de fer. Il se donnait les titres d'empereur, roi du royaume des deux. Dieu le père, juge des vivant* et des morts, etc. Ces prétentions étaient dangereuses , dans un siècle où la folie n'excusait pas l'impiété. Il fut arrêté à Kœnigsbcrg, accusé d'hérésie, de magie, condamné à mort, et exécuté le II octobre 1636. Il savait parfaitement le grec, le latin, l'hébreu et plusieurs langues modernes. En mourant, il soutint qu'il ressusciterait le troisième jour. Ses douze articles de foi furent supprimés avec tous ses écrits. G— T.
AD EL M AN, clerc de l'Éi;lise de Liège, où il fut fait préfet des écoles, dans le 1 1" siècle, avait fait ses études à Chartres, sous le célèbre Fulbert, et y avait eu pour condisciple Bércnger. Il écrivit à cet hérésiarque, qui uiait la présence du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'eucharistie , une lettre pour le ramener à la foi de l'Église. Nommé, en 1048, à l'évéché de. Brescia , il mourut dans cette ville, en 1U6U. Sa lettre à Bérengcr fut imprimée pour la première fois à Louvain , avec d'autres écrits sur la même matière, en 1551. Elle a reparu dans les différentes éditions de la Bibliothèque des î'ères, Paris. 1575, 1581, etc. Le chanoine Gagliardi en a donné une édition avec des notes, à la lin des Sermons de St. Gaudeucc, Patavii, Typis Jos. Comini, 1720. in-4". Adchnan composa un poëme rhyUimiquc : de Yiris illustribus sui temporis. Ce poème est nommé alphabétique , parce que chacun des tercets qui le com|>osent commence par une des lettres de l'ai— pliabet. U a été publié (tour la première fois p,n- Mabillou, dans le tome 1er de ses Ânalecta, et conjointement avec la lettre sur l'eucharistie, dans l'édition ci-dessus, donnée par le chanoine Gagliardi. G — É.
ADELSTAN , ou ATIIELSTAN, 8* roi d'Angleterre, de la dynastie saxonne. Fils naturel d'Edouard l'Ancien ( t 0y. ce nom ) , l'amour et les suffrages du peuple le portèrent sur le trône en 925, de préférence à ses deux frères qui, rendant eux-mêmes justice à son mérite, le laissèrent régner paisiblement. U remplit l'espérance qu'on avait conçue de lui. Dans ces temps où l'on voyait |>cu de vertus sans tache et |*eu de héros qui ne fussent trop souvent barbares, Adelstan est cité jiour n'avoir jamais répandu que le sang de ses ennemis, à la tète de ses armées cl dans des guerres justes, l u seigneur anglais conspira contre lui , fut découvert et légalement convaincu ; sa seule punition fut d'être exilé du pays qu'il avait voulu troubler. Les Danois de Noiihuinjbrie , ou
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Northumterland, voulurent se détacher de ta domination anglaise, et rétablir ce royaume, qui avait été un des sept de l'hcptarchie : ils furent défaits. Les vaincus, conduits par leur chef AmlafT, fil» deSitrick, se réfugièrent en Écosse, et engagèrent dans leur parti Constantin, roi de cette contrée, qui , oubliant sck traités avec Àdelstan , fondit à l'improviste sur les provinces anglaises, et y porta d'aliord les ravages et la désolation, Adelstan courut arrêter ce torrent, déconcerta les ruses de la perfidie, et, dans les plaines de Bromfeld, força ses ennemis d'en venir a une bataille rangée, qui dura trente heures, tant ta nuit que le jour. Il s'y conduisit en héros, et sa valeur puisait encore de nouvelles forces dans la justice de sa cause , a invoquant en même temps , disent les « historiens, le Dieu des batailles et lê vengeur des « parjures. » Il fut exaucé : la victoire se déclara enfin pour lui, et fut décisive. Cinq rois ou chef» écossais, irlandais, gallois, furent trouvés morts sur le champ de bataille parmi des milliers de leurs soldats. Adelstan, poursuivant sa course, conquit toute l'Ecosse, et, content d'avoir fait sentir sa puissance au prince qui l'avait bravée , il lui rendit ses États, en disant a qu'il est plus glorieux de faire des « rois que de les détrôner. » Il marcha aussitôt contre les princes de Galles et de Cornouaillcs , qui étaient entrés dans la ligue des Danois , dompta leur férocité, rendit les uns tributaires, et réduisit les autres à s'enfermer dans leurs cavernes et leurs mines d'étain. Adelstan, désormais sans ennemi ct^ans rival, couvert de gloire, et d'une gloire pure, en chercha une plus douce encore dans ses soins coutiouels pour assurer le bonheur de son peuple. Il renouvela et perfectionna les bis de son pére, et se montra infatigable dans sa vigilance pour préserver ses sujets des attentais du crime , et clément jusque dans les laines qu'il inlligeait aux cou|»ahies. Après un règne trop court, qui n'avait duré que 16 ans, il mourut en 041 , adore de ses peuples, respecté des élrangors et laissant l'Angleterre dans la paix et l'abondance. Les historiens oui célébré les présents que son bcau-frére Hugues le Grand lui envoya en demandant sa sorur Ogine. Parmi ces dons, ils ont distingué l'épée de l'empereur Constantin, au pommeau de laquelle était enchâssé un des clous de la vraie croix ; une couronne d'or enrichie de diamants , qui avait été sur le front deCharlemagne ; la lance dont ce monarque s'était servi, et la bannière de St. Maurice, qu'il avait bit porter devant lui dans ses batailles contre les Sarrasins. Adelstan eut pour successeur son frère Edmond, lamé des fils légitimes d'Edouard l'Ancien. L—T—i.
ADELUNG ( Jban-Chiustophb ) , littérateur et grammairien allemand, né le 50 août 1754, à Spantekow en Poméranie, fit ses premières études tant au gymnase d'Andam qu'à l'école de Closterbergen, près de Magdebourg, et les acheva à l'université de l i.i I li En 17b0, il fut nommé professeur au gymnase d'Erfurth, qu'il quitta au bout de deux ans pour se fixer à Leipsick, où il se livra, jusqu'en 1767, aux immenses travaux qui furent si utiles à la langue et à la littérature allemandes. Dans cette année, il fut