ADE ITI
nommé bibliothécaire de l'électeur à Dresde , où il mourut le 10 septembre 1806. Adelung a fait , à lui seul, pour sa langue, ce que l'Académie française et celle de la Crusca ont fait pour le français et l'italien. Son Dictionnaire grammatical et critique, qui parut à Leipsick, 1774, 1786, in-4ù (les 4 premiers volumes ont chacun 1800 pages environ; le 5* est moins considérable, la 2* partie ayant du contenir des suppléments qui n'ont pas été donnés), est très-supérieur au Dictionnaire anglais de Johnson dans tout ce qui concerne les définitions, la filiation, l'ordre des acceptions, et surtout l'étymologie des mois ; il lui est inférieur pour le choix des auteurs cités à l'appui des significations ; soit qu'à l'époque où Adelung pré]«ara les matériaux de son travail, un grand nombre des meilleurs écrivains de l'Allemagne ne hissent pas connus, ou n'eussent pas encore l'autorité qu'ils ont acquise depuis, soit que les préventions d'Adelung pour les auteurs nés dans la Saxe su| Prieure lui aient fait injustement négliger ceux dont la patrie ou le style ne lui inspirait pas assez de confiance. Il avait pris pour type du bon allemand le dialecte du margraviat de M isnie , et réprouvait tout ce qui est contraire à l'usage des liautes classes de la société dans cette province, et des auteurs les plus célèbres qui en sont sortis. Persuadé que les langues sont l'ouvrage des nations, et jamais celui des individus, même les plus distingués, et donnant à juste titre à l'idiome misnique , comme au plus riche et au plus anciennement cultivé de l'Allemagne, la préférence sur les autres, il oublia trop peut-être (nie la langue des livres est, dans ce pays plus que dans tout autre, l'ouvrage des hommes de lettres , et que le manque d'un centre politique, joint au dédain des cours pour l'idiome national , avait imposé aux écrivains la loi et leur avait donne le droit de tirer du fonds de la langue toutes les richesses qu'il offrait, et de mettra à contribution les dialectes |tarticuhers. L'esprit sage et méthodique d'Adehing fut sans doute effrayé de l'espèce d'anarchie et du déluge de mots nouveaux dont l'organisation sociale de l'Allemagne et les droits de création illimitée que quelques beaux génies s'arrogèrent, menaçaient la langue ; mais il ne lui rendit pas toute la justice qu'il avait d'ailleurs tant d'intérêt à lui rendre , et méconnut sa prodigieuse flexibilité , ainsi qu'une des propriétés qui lui sont communes avec le grec, celle de se prêter indéfiniment , et sans nuire à la clarté ni à la noblesse, à tous les développements avoués par l'analogie. Le traducteur d'Homère, Jean-il. Voss. et Joa.-li . Campe ont vivement, et peut-être avec trop peu d'égards, reproclké à Adelung les lacunes de son Dictionnaire, et sa partialité dans le choix de ses autorités. L'un et l'autre ont promis et déjà commencé de remédier à ces défauts en refaisant le Dictionnaire critique de la langue sur un plan plus étendu. Celui d'Adehing a été réimprimé en 4 vol . in-4", à Leipsick , de 1 705 à 1 804, avec des augmentations qui ont donné plus de prix à ce bel ouvrage , mais qui ne sont en aucune proportion avec l'accroissement des richesses et te perfectionnement de la langue durant l'intervalle da temps qui s'était écoulé depuis la 1" édition. Lca