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autres principaux ouvrages de cet homme universel sont : 1° Glossarium manuale ad scriplores médite et infimœ latinitalis . Halle , 177-2-84 , 6 vol. in-80. C'est un abrégé du Glossaire de Ducangc et des additions de Charpentier. 2° Trois Grammaires allemandes ; la première est un Traité sur l'origine, le» vicittitudet, la structure et toutes les parties de la langue, 2 vol. grand in-8°, Leipsick, 1782, rempli de recherches utiles , et qui a contribué à répandre des notions justes et profondes sur la nature, la syntaxe et les idiotismes de l'allemand. Cet ouvrage est comme le commentaire d'une Grammaire usuelle , en 1 vol. in-8°, Berlin, 1781, 1800, etc., adoptée dans les écoles, et d'un Abrégé destiné aux commençants, et souvent réimprimé. 3° Traité du style allemand. Berlin, 1785, 1788, 2 vol.; la 3« édition est de 1790 : c'est un des meilleurs livres sur la philosophie de la rhétorunic qui existent en aucune langue. 4° des Suppléments, 2 vol. in-4", au Dictionnaire des gens de lettres de Jœcher, 1 784 et 1787 ; ils s'arrêtent malheureusement à la lettre J. 5° Histoire des folies humaines, ou Biographie des plus céltbres nécromanciens, alchimistes, exorcistes, devin*, etc., 7 parties, Leipsick, de 1785 à 1789. 6° Tableau de toutes les sciences, des arts el métiers qui ont pour objet de satisfaire aux besoins ou d'augmenter les agréments de la vie, 4 |»rtics, Leipsick, 1778, 1781, 1788. Cette petite encyclopédie est un modèle de précision et de clarté; aucune des nombreuses divisions des connaissances humaines, ou des arts pratiques , n'y est traitée superficiellement. Cet ouvrage est celui qui a le plus contribué à faire considérer Adelung comme le premier lexicographe et le législateur de sa langue. 7° Essai d'une histoire de la civilisation du genre humain, Leipsick, 1782, 1788. 8» Histoire de la philosophie , 3 vol., ib. 1780, 1787, grand in-8". Ces deux écrits, exempts de rêves métaphysiques et de vaines subtilités, sont pleins d'aperçus lins et d'idées lumineuses, mais ils manquent de profondeur. 9" Un Traité fort étendu sur l'orthographe allemande, in-8°, 1787. Plusieurs grands écrivains de l'Allemagne (Wicland entre autres) ont eu le bon esprit d'adopter les principes d* Adelung, et de se soumettre à celles de ses décisions qui n'étaient pas évidemment erronées : cette déférence, également honorable pour ce célèbre grammairien et pour les hommes qui se rallièrent à lui, contribua beaucoup à remédier aux inconvénients du défaut d'une académie et d'un centre national pour les travaux relatifs au perfectionnement de la langue. iOf La plus ancienne histoire des Teutons, de leur langue et de leur littérature , jusqu'à l'époque de la grande émigration des peuples , Leipsick, 1800, grand in-8". \\» Milhridate, ou Tableau universel des langues , avec le Pater en cinq cents langues ou idiomes, Berlin, 1806, in-8°. Le premier volume, qui contient les langues asiatiques, fut imprimé peu de temps avant sa mort ; le second, qui a paru en 1809, et qui traite des langues de l'Europe, fut achevé par un savant philologue, M. Jean- Sévcrin Valer, professeur à Kœnigsbcrg. La i« partie appartient seule à Adelung ; elle comprend
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les langues cantabrique ou basque, celtique, germanique , et un commencement de recherches sur la langue qu'il appelle thracico-pelasgico-grecque et latine. M. Vatcr a complété le travail d' Adelung en faisant la revue des dialectes csclavons et des idiomes des Lcttes , des Finlandois , des I .<i I >u h s , des Hongrois , des Albanais et des Yalaques. Le 5* et dernier volume, qui embrasse les langues d'Afrique et d'Amérique, est presque en entier son ouvrage, et il doit son principal mérite aux matériaux que MM. de Humboldt (nobile par fratrum) ont mis à la disposition de l'éditeur. Les deux derniers ouvrages d'Adelung, fruit des travaux de sa vieillesse, quoique très-rccommandablcs par une vaste érudition et des discussions lumineuses, n'égalent pas les premiers. Cependant son Milhridate surpasse encore celui que Conrad Gessner avait publié deux siècles auparavant sous le même titre. Adelung ayant, jusqu'à sa mort, consacré quatorze heures par jour à des travaux purement littéraires, il est fort simple que sa vie n'offre aucun événement remarquable. H ne fut jamais marié ; sa femme, disait-on de lui, c'est sa table à écrire ; ses enfants, ce sont 70 volumes grands ou [tetits, tous sortis de sa plume. 11 aimait la bonne chère, et sa seule dépense était de se procurer une grande variété de vins étrangers ; sa cave, qu'il avait coutume d'appeler bibliotheca selectissima, en renfermait de quarante espèces. Une constitution robuste lui permettait de travailler sans relâche ; et ce qui contribua sans doute à lui conserver sa santé, ce fut une gaieté franche qui le faisait rechercher de ses nombreux amis. Adelung a laissé un neveu, M. Frédéric Adelung, précepteur des grands-ducs de Russie, qui futanobli par l'empereur Alexandre, et qui, nommé par ce prince directeur de l'institut oriental à St- Pétersbôurg et conseiller d'État, a hérité du goût de son oncle pour les études philologiques. 11 a déjà publié des Documents sur les anciennes poésies allemandes, qui ont passé de la bibliothèque palatine aVHeidelberg dans celle du Vatican ; une Description des portes de bronze de l'église Ste-Sophie à Abvogorod; les biographies d'Heberstcin et Meyerberg, les plus anciens voyageurs en Russie; et plusieurs dissertations sur la langue sanscrite. 11 s'occupe depuis longtemps d'une Bibliotheca gloltica. V — s et S — a.
ADEMAR ou AYMAR, moine de St-Cybar d'Angoulême, puis de St-Martial de Limoges, se rendit célèbre dans le M* siècle par l'ardeur avec laquelle il soutint la querelle sur le prétendu ajiostolat de St. Martial, d'après de faux actes récemment fabriqués. Il mourut dans un voyage à la terre sainte, en 1030. Sa Chronique de France va depuis l'origine de la monarchie jusqu'en 1029. Quoiqu'il n'y soit point exact pour la chronologie , et que les événements y soient rapportés sans ordre, elle ne laisse pas d'être un monument utile pour notre lùstoire , principalement depuis le temps de Clwrles-Martcl. Elle a été donnée au public par le P. Labbe, dans sa Nouvelle Bibliothiqut des manuscrits, avec des retranchements et des corrections, et elle a passé depuis dans la plupart des compilations sur l'histoire de France.
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Le P. Labbc a encore fait imprimer Commemoratio abbalum S. Marlialis, depuis 848 jusqu'en 1020, où l'on trouve plusieurs traits de l'histoire du diocèse de Limoges. On a , dans les Ânalecta du P. Mabillon, la grande lettre d'Ademar sur l'apostolat de St. Martial, et quelques vers acrosticlies. Il avait composé d'autres ouvrages qui sont restés manuscrite. T— D.
ADENES ou A DANS, trouvère du 13e siècle et roi des ménestrels de Henri III , duc de Brabant et poète lui-même. Parmi les trouvères, Adenés n'occupe point le premier rang par le mérite de ses œuvres, et dans l'ordre chronologique il est un des derniers. Il apparaît sur la limite de la grande époque des poèmes épiques de la chevalerie ; mais, par cette raison même , il a pu offrir des qualités de style qui ne se rencontrent point chez les poètes qui l'ont précédé. On a peu de renseignements sur Adenés ; les chroniqueurs contemporains ne sont point entrés dans les particularités de sa vie. On sait cependant qu'il naquit en Brabant vers l'année 1240. il a lui-même résumé son enfance dans ces vers :
Ménestrel au bon duc Henri
Fui, cH m'aleva et norri
Et me fist mon mestier aprendre.
Après la mort de son Mécène, Adenés, qui avait environ vingt ans , trouva la même protection active dans ses successeurs; et lorsque Marie de Brabant, fille de Henri III, appelée à être reine de France, vint a Paris { 1274) , le poète la suivit, et demeura attaché à la cour, au sein de toutes les faveurs. Comme les poètes d'alors, il chanta la gloire et les vertus des grands. On pense bien que la plupart de ces chants devaient être inspirés uniquement par la flatterie. Toutefois, Adenés se rend à lui-même ce témoignage, que ses panégyriques lui étaient dictés i»r un sentiment de naturelle bienveillance. Tels sont les seuls détails positifs qui nous soient parvenus sur ce poète ; mais ses ouvrages du moins nous sont restés; il dit lui-même, au commencement de son dernier poème, Ctéomadèi :
Ql qui fit d'Ogier U Danoit Et de Bertain gui fu au boit Et de Hun-un de ComarcMs, Ai un autre livre entrepris.
Ainsi les Enfaneet d'Ogier, Bertain, c'est— à— dire Bertke et non pas Bertrand du Boit, comme l'ont traduit légèrement quelques historiens ; Buevon de Comarchit, et non pas Buenon de Commarehit; enfin Cléomadét , sont les œuvres authentiques et incontestées du roi Adenés. De tous ces poèmes, le plus connu , depuis quelque temps du moins , et celui qui mérite le plus de l'être , c'est li Roman» d* Berte au$ grant pié$. Ce roman , qui n'existait qu'en manuscrit, a été livré à l'impression il y a quelques années, et a obtenu un véritable succès dans le cercle, aujourd'hui assez étendu, des hommes qui s'occupent desanciens monuments de notre littérature. C'est une œuvre gracieuse et naïve où la poésie se
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peut-être que dans le style, simple d'ailleurs, naturel et flexible. L'action s'y développe d'une manière facile et sans trop de longueur, qualité rare chez les ancien» poètes! et offre souvent un vif et piquant intérêt, de telle sorte que le lecteur arrive tout d'un trait et sans fatigue au dénouement. L'héroïne du poème est cette reine Berthe dont le souvenir, comme celui du roi Dagobert, a survécu dans les traditions; la reine Berthe qui filait, comme nous l'apprend le proverbe; la reine Berthe qui avait un grand pied , un pied d'oie, la reine Pedauque enfin , que tous les amateurs d'architecture ont certainement remarquée sur le portail de quelque vieille église gothique. Le poète raconte, au commencement du roman de Berthe, comment il en trouva les matériaux : « à l'issue d'avril, un a temps dous et joli , » étant à Paris, il s'en alla un vendredi à St-Denis pour y prier Dieu, et dut A la courtoisie d'un moine de voir • le livre as ystoi— « res, » où il trouva celle « de Bertain et de Pépin « aussi. » Ce passage, s'il n'est pas une fiction poétique imaginée pour donner plus d'autorité au récit, et c'est peu probable, démontre qu' Adenés avait séjourné à Paris av ant que sa royale protectrice fut devenue reine de France; car il n'a composé depuis le mariage de Marie de Brabant, et par ses conseils, que le roman de Cléomadit, véritablement assez long pour occuper le reste de sa carrière poétique (on y compte environ 19,000 vers). Ainsi Adenés aurait probablement accompli ce voyage vers 1260, après la mort du duc Henri , et le poème aurait été écrit dans le Brabant. Le roman de ÏEnfanct d'Ogier le Danoit y fut également composé, par l'ordre de Gui, comte de Flandre, et dans le but de rétablir la vérité de l'histoire de l'enfance d'Ogier, que les jongleurs avaient altérée. Fnlin on attribue encore à Adnés le roman d'Aymeri de Narbonne . et l'un des romans de Guillaume au corné» (court nez). — Voici une notice que l'on a donnée des copies manuscrites des œuvres d'Adenès qui existent à la bibliothèque royale : 1* fonds du roi, n "M 88, 1 vol. in-fol.; 2° ancienne bibliothèque Colbcrt. n° 3128, 1 vol. in-4"; 5° supplément du fonds du roi , n° 428, 1 vol. in-fol.; 4° fonds de la Valliére, n* 52 , 1 vol. in-4* ; 5" copies de Mouchet , t. 4 , 1 vol. in-fol. Tous ces manuscrits contiennent en outre des poèmes qui n'appartiennent point à Adenés. La bibliothèque de l'Arsenal possède également un beau vol. in-fol. à 5 colonnes, avec miniatures, vignettes et initiales, qui comprend Cléomadét, les Enfances dOgier, Berte au» grant piét, Buevon de Comarchit , et d'autres poèmes qui ne sont point du roi Adenés. La notice bibliographique de notre 1 " édition porte que YHittoire du Languedoc, par Catel, renferme quelques extraite du roman de Guillaume au court nez, à l'article Guillaume d'Orange; que celui d'Ogier le Danoit a eu plusieurs traductions en prose imprimées dans le 10* siècle; enfin, que Cléomadit a été également traduit en prose par Philippe Camus, et imprimé plusieurs fois, sans date, in-4», Paris et Troyes. La publicalion de Berte aut grant piét , par M. Paulin Paris, est de 1836, Paris, in-H2.-On peut consulter sur Adenès la savante dissertation qui
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précède celte édition , le travail de Roquefort sur la littérature française au 12» et au 13* siècle, et aussi Y Histoire littéraire de la France, t. 7, 8 et 10. H. D-z.
ADER (Guillaume), médecin de Toulouse, au iV siècle, est auteur d'un ouvrage iutitulé ; Enarraliants de .Egrotit et Morbis in Evangelio; opus in miraculorum Christi Domini amplUudinetn Ecctesi* Christian» eliminaium, Tttlata, 1620, in-4". Dans ce traité, l'auteur chcrclic à prouver que toutes les guërisons opérées par Jésus-Christ ne |iouvaient l'être par les secours de l'art, et sont réellement miraculeuses. Méad avait traité en partie cette question dans son commentaire de Morbis biblicis. Vigneul-Marvillc dit qu'Ader n'avait composé ce livre que pour en taire oublier un autre, où il avait d'abord soutenu le contraire. Ader a écrit un ouvrage latin sur la peste, de Petlii cognitione, provisions et remediis, Tolosœ, 1628, in-K'. On a encore de lui : 1° luu Catounel Gascoun, 1612, in-8°; 2° lou Gentilhomme Gasroun, 1610, in-8°. C'est un poème macaronique en patois gascon, à la louange de Henri IV. Cet A— K.
ADGILLCS Ier fut le premier prince chrétien qui gouverna la Prise. Mis à la tète de ce duclté ou royaume par Clotaire , roi des Francs, qui s'en était rendu maître, il lit beaucoup pour le bonheur de ses sujets. Sous son règne, la religion chrétienne s'étendit de plus en plus , et c'est aussi à Adgillus que la Frise doit en partie son existence actuelle, car il fut le premier qui songea à mettre ce pays à l'abri des Ilots de la mer par des digues. A cet effet, il lit »-!«•• ver des tertres ou lerpes, jwur servir d'asile aux habitants et à leurs trou[icaux lors des grandes inonda-, tions. Plusieurs de ces constructions existent encore. — AnniLLi s II, qui lui succéda en 710, suivit un plan de conduite tout op|>osé , se déclarant ouvertement contre le christianisme, et ramenant le |»euplc à son ancienne idolâtrie. D — G.
ADHAD-EDDAULAH, empereur de Perse, 4« prince de la dynastie des Bouidcs, et lils de Rokn- Eddaulah , naquit à Ispahan • ' an ■"»-■'' ^ l'hégire ( 930 de J.-C. ), succéda, en 949, à son oncle Imad- Eddaulah, et, partageant l'empire des Bouides avec son père , ne régna d'abord que sur le Farès et le Kirman. Mansourl", le Samanide, inquiet et jaloux de l'accroisscmcut de puissance des Itouides, leur déclara la guerre. Adliad-Eddaulah marclta sur le Khoraçan , tandis (|ue son [1ère résistait à l'armée eunemic, et, après avoir ravagé cette province, il revint tomber à l'improviste sur les derrières de l'armée des Samanides ; mais une négociation suspendit les hostilités, et la paix fut cimentée par le mariage de Mansour avec la lille d' Adhad-Eddaulah. Son cousin Azz-Eddaulah, qui régnait à Bagdad, s'étant attiré le mépris des Turcs de son année par sa conduite déréglée , ceux-ci se révoltèrent : trop faible pour les réduire, il appela à son secours Ad- | hud-Eddaulah , qui les oliassa et reprit Bagdad ; mais le pouvoir d'Azz-Eddaulah avait cessé le jour où Adhad-Kddaulah était venu dans sa capitale. Ce pripee ambitieux employa toutes les ruses de la politique pour déterminer son cousin à abdiquer , et
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l'ayant mandé auprès de lui, il le constitua son prisonnier; mais forcé d'obéir à son pére, alors cl>ef de la maison des Bouides, qui le menaçait de marcher contre lui avee une armée, s'il ne rendait pas la liberté et le sceptre à Azz-Eddaulah , il obéit et retourna dans le Farés. A la mort de son père, arrivée en 976, il eut en partage le Farès, le Kerman et l'Aimas, jusqu'au territoire de Bagdad, et ses frères s'engagèrent à le reconnaître pour chef de leur maison. Adltad-Eddaulah, en rendant le sceptre à Azz- Eddaulah, avaient obéi aux circonstances, mais il enviait toujours la possession de l'irac. Rokn-Eddaulah avait à peine fermé les yeux que son fils se dirigea vers Bagdad. Azz-Eddaulah, trop faible pour s'opposer à cette invasion, abandonna sa capitale , et se retira vers la Syrie ; mais ayant obtenu des secours d'Abou-Tagblab , qui régnait à Moussoul, il marcha contre Adhad-Eddaulah. La bataille eut lieu prés de Tckryt, le 50 mai 978; elle fut opiniâtre, et se termina par l'entière déroute de l'armée de Tagldab et d'Azz-Eddaulah. Ce dernier tomba au pouvoir du vainqueur, qui le fil périr sur-le-rhatnp. Cette victoire valut à Adhad-Eddaulah la complète du Dyar-Bekr et du Dyar-Modhar; et dès lors sa puissance surpassa celle de ses prédécesseurs. Les savants fréquentaient sa cour , et les poètes chantaient à l'cnvi ses louanges ; mais une affreuse maladie vint interrompre ses prospérités. Il ressentit des atteintes d'épilcpsie qui le privèrent de la mémoire, et menacèrent bientôt ses jours. Cependant la fortune sembla vouloir le consoler jiar de nouvelles faveurs : l'empereur grec et le prince de l'Yémen lui envoyèrent des ambassadeurs et recher^ citèrent son amitié ; le calife Tliayi lui accorda la main de sa fille ; les Kurdes réprimés redoutèrent sa puissance, et ses généraux, vainqueurs de Cabou et de Fakhr-Eddaulah son frère , réunirent à son empire le Djordjan et le Tabaristan. Mais sa maladie prenant tous les jours un caractère plus alarmant, il s'écria douloureusement : « A quoi m'auront servi « mes richesses et ma puissance, puisqu'elles m'a- « bandonnent aujourd'hui ? » Adhad-Eddaulah mourut le 24 février 983 (372 de l'hégire), à l'âge de 48 ans. Il avait ajouté aux contrées possédées par ses prédécesseurs, le Dyar-Bekr et le Dyar-Modhar. Il fut le premier dont on prononça le nom immédiatement après celui du calife dans les prières publiques. Si la morale condamne sa conduite à l'égard d'Azz-Eddaulah, la politique, si impérieuse chez les princes, le justifie en quelque sorte. C'était de Bagdad, do cette Rome du monde musulman, que le calife ou pontife donnait ses décrets d investiture, en faveur des princes barbares qui s'arracliaient les débris du royaume de Perse et de l'empire de Mahomet. Il importait donc à Adlad-Eddaulab de s'emparer de cette ville, dont la |>ossession devait consacrer son autorité aux yeux des peuples. L'usage qu'il fit de sa puissance sembla faire oublier les moyens qu'il avait employés j)our l'obtenir. Sous son régne, les infirmes et orphelins trouvèrent dans ses bienfaits une existence et des secours assurés. « Le fleuve de sa géné- « rosité, dit un poète persan, fertilisa les campagne»
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t M désaltéra le philosophe et le savant. » Des hôpitaux et des mosquées furent construits à Bagdad , et Moussoul brilla d'une nouvelle splendeur. 11 bâtit une nouvelle ville, près de Chyras, et s'immortalisa par la construction de la digue appelée Bend- Emyr; enfin, de superbes mausolées reçurent les dépouilles d'Ali, d'Hocéin, et Médine fut entourée de murs. Tel est le tableau qu'offre le règne d'Adhad- Eddaulah, dont le vrai nom est Fma-Khotrou. Adhad-Kddaulah est un surnom qui lui fut donné par le calife , selon l'usage , et qui signifie le tovtien ou F aide de Vmptre. 11 laissa quatre fils, entre lesquels il partagea ses États. J— «.
ADHED-LKDIN-ALLAH ( Abou- Mohammed Abdallah al), 14* et dernier calife fathémide, et le H» qui ait régné en Egypte, était petit-fils du calife Hafëdh. Placé sur le trône l'an 555 de l'hégire (1160 do J.-C. ), par l'autorité du vizir Thélaï , après son cousin Faïer., qui était mort enfant et en état de démence , Adhed venait d'atteindre l'âge de puberté, et le vizir lui fit aussitôt é|M)user sa lillc. Ce ministre s'était readu odieux par son orgueil et ses rapines : il fut assassiné quelque temps après en se rendant au palais. Avant d'expirer, il envoya son fils Zarik reprocher sa mort au calife. Adhed protesta d'abord de son innocence, mais il finit par avouer qu'une de ses tantes était accusée d'avoir ordonné cet assassinat; et il n'eut pas lionte de livrer cette princesse, que Thélaï lit poignarder en sa présence. Le fils du vizir obtint la place de son pére, quoiqu'il n'eut ni son éloquence, ni ses talents politiques et militaires. Zarik, qui s'était arrogé le titre de Mclik el Adel ( le rot juste), le démentit bientôt. 11 prit parti pour son neveu Haçan, dans ses démêlés avec Cliawer, gouverneur de Said ( la Thébaïde ) , qui, privé de son emploi, et poussé à bout par les outrages et les hostilités de son rival, rassembla des forces dans le dé~ sert, battit toutes les troupes qu'on lui op|>osa, s'empara du Caire, et se lit confirmer par le calife dans la charge de vizir, que la soldatesque lui avait donnée. Zarik, n'ayant pas osé lui tenir tête, s'était enfui avec les pierreries et l'argent du trésor public. Surpris et dépouillé par les Bédouins, il fut livré à Cliawer, qui le ht mettre à mort ( 1 162 ). Cliawer fut bientôt renversé par Dargham, qui s'empara du vizirat, et lit périr les principaux partisans de son rival. Celui-ci se réfugia à Damas, d'où il revint, eu 1164, avec une année que l'atabek Nour-Eddyn lui donna, sous les ordres d'Asad-Eddyn Chyrkouh. Rétabli dans sa dignité, Cliawer se délit de Dargluuu et de ses anus, et acheva ainsi de priver l'Egypte de ses plus braves défenseurs. Il avait promis à Nour-Eddyn de payer les frais de l'expédition et un tribut équivalent au tiers des revenus de l'Egypte; mais, ayant violé sa promesse, il eut recours aux Francs pour se mettre a l'abri de la colère du roi de Damas. Amaury, roi de Jérusalem, avait envoyé des troupes à Dargluuu ; elles étaient encore en Egypte. Cliawer les prend  son service pour cliasser les Syriens, et force Chyrkouh de se renfermer dans Balbéis. Il y est assiégé par les Égyptiens et par
Araaury; mais une diversion opérée par Nour-Eddyn oblige le roi de Jérusalem à voler au secours de ses États, après avoir proposé à Chyrkouh une capitulation honorable. Ce général évacua l'Egyptè moyennant une somme équivalente au tribut promis par Cliawer. Nour-Eddyn, séduit |«ir le tableau que lui fit son général de l'opulence, de la faiblesse de cette contrée, et des facilités que présentait sa conquête, consentit à l'envoyer à Bagdad, pour Ikirc sanctionner par le calife abbasside une invasion dont le succès devait mettre lin au schisme qui divisait les musulmans depuis trois siècles. MoNtauujcd, qui régnait à Bagdad, accorda sans peine et sans fiais l'autorisation demandée, et promit les récouqicuses célestes à ceux qui délivreraient l'islamisme de la secte impie des fatbémides et de l'anti-calife qui en était le chef. Adhed, ou plutôt son vizir, jtour conjurer l'orage, se jeta dans les bras des chrétiens. Amaury vendit son secours pour 400,000 pièces d'or, dont la moitié devait lui être payée comptant. Le calife voulut bien ratifier ce Unité. 11 lit plus: lui qui ne sortait que deux fois l'an, et la tête voilée, pour aller à la grande musquée, et cpii ne laissait approcher de sa personne aucun étranger, et surtout aucun chrétien, dérogeant à cette étiquette, admit en sa présence les deux députés francs, fit relever le voile enrichi de |>crles et de pierres précieuses qui le cachait à leurs yeux, et leur tendit la main en signu d'approbation. Sans entrer dans le détail des événements militaires qui ont été rap|H>rtés dans les articles d'AMAtur, de Ciiaweh, de Cnviikotii et de Nouu-Eddïn, et auxquels le calife Adhed demeura complètement étranger, il suflit de dire que, jouet tour à tour des chrétiens et des Syriens que sou vizir llattait ou trompait alternativement, ce faible monarque écrivit lui-même au sultan |iour réclamer son assistance ; et afin de rendre sa lettre plus touchante, il y mit des cheveux de ses femmes. Nour-Eddyn ne put résister. Chyrkouh et son neveu Saladin se rendent pottr la troisième fois en Egypte, l'an 1168. Chawcr leur tend des pièges; mais il est lui-même arrêté dans leur camp, et le calife fait demander sa tête, en envoyant les insignes du vizirat au généra syrien. Celui-ci meurt au bout de deux mois, |>ar suite de son intem|iérance, et son neveu lui succède par le choix du calife, qui s'était flatté en vain que cette nomination sèmerait la division parmi les chefs syriens. Des intrigues se forment dans le sérail ; les eunuques noirs se révoltent ; Saladiu tue leur chef, et les remplace tous par des eunuques blancs à sa dévotion. Adhed était sorti de sa létiiargie pendant ces Uxmbles; il avait fait entendre sa voix, et donné quelques ordres; mais il était dangereusement malade, lorsque Saladin , forcé d'obéir aux ordres de Nour-Eddyn que le nouveau calife de Bagdad , Mostadhi, pressait de remplir sa promesse, se mit en devoir d'anéantir l'autorité et le nom du faible priticc qui lui avait donné le titre de mélik el natter (roi défenseur). Déjà Saladin ava*t inu-oduit dans les écoles la doctrine des Abbassidcs, qui anathématisait les fatbémides comme hérétiques. Cette innovation excita une violente sédition au Caire. Adhed,
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ignorant les projets de son perfide vizir, ordonna à sa garde de repousser le peuple qui accourait aux portes de son palais, pour le réveiller sur le bord de l'ablmc. Enfin, le premier vendredi de moharrem 567 (8 septembre 1171 ), le nom de Mostadhi fut solennellement substitué dans te kholiibah ou prière publique à celui d'Adhed, et cet acte de souveraineté mit fin à la dynastie des falhémidcs, qui avait duré 272 années lunaires ou 261 années solaires. Cette révolution n'excita aucun trouble. Elle fut même ignorée d'Adhcd-Lcdin-AIteh, qui mourut cinq jours après, se croyant encore calife, (l'oy. Saladin, Mostadhi et Obeid-Allah al Mahdv.) Les jours de ses enfants furent respectés. Dépouillés de leurs biens, ils reçurent de modiques pensions et vécurent dans l'obscurité. A— t.
ADHÉMAR DE MONTEII, (Lambert d'), prince d'Orange, fut le chef de l'ancienne et illustre famille de ce nom. On voit, par un acte |>assé à Metz, qu'il épousa dans cette ville, le 9 janvier 785, Madeleine de Bourgogne. 11 fut fait duc de Gènes |»r l'empereur Charlcmagne, en 800, pour récompense de ses services dans les guerres que cet empereur eut à soutenir contre les Sarrasins qui ravageaient l'Italie. Adhémar les chassa de cette contrée , et plus particulièrement de la ville de Gênes , les poursuivit eu Corse , où ils s'étaient réfugiés, et fit la conquête de cette Ile, après les avoir battus sur terre et sur mer. Il s'empara de tous leurs vaisseaux, et en coula à fond quatorze des plus considérables. 11 fut suivi dans cette expédition par trois de ses petits-neveux, fils de Hugues Adhémar, baron de Hombert en Albigeois; tous les trois périrent dans différents combats livrés aux Sarrasins. — Adclme AnnÉMAR, religieux de St-Benoit, au 9* siècle, fut cliapelain de Cl»arlemagne. Il a écrit une Histoire de France, qui a été transcrite par Aimon , et incorporée dans la sienne, comme il en fait l'aveu au livre 4* ( Vossi us.de h i$torict latine, etc.). — Aimar n' Adhémar , petit-fils de Lambert d'Adhémar, duc de Gênes, fut élu archevêque de Maycnce en 820. — D'autres individus du même nom se distinguèrent dès lors dans les armes et dans l'Église. M— d j.
ADHÉMAR DE MONTEIL (Aimar), évêque du Puy en Vclay, de la même famille que les précédents, avait embrassé le métier des armes avant d'entrer dans l'état ecclésiastique, et fut sacré évêque le 3 mai 10UI. Ce fut lui qui, le premier, au concile de Clermont, tenu par Urbain II, en 1005, se présenta pour demander la croix. Le pape le nomma son légat auprès de l'armée des croisés. Adhémar, a la tête d'un clergé nombreux, et d'une foule de guerriers accourus sous ses drapeaux de l'Auvergne, de la Provence, du Limousin, partit pour te terre sainte avec Raimond , comte de Toulouse. Arrivé sur les frontières de l'empire grec, après avoir traversé les Alpes et te Dalmatic, il fut surpris par les Albanais, et courut risque de perdre 1a vie Alexis Cotnnènc, assis sur le tronc de Constantinople, redoutait les entreprises des croisés; il essaya tour à tour les promesses et les menaces pour intimider ou corrompre les principaux chefs des
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Latin v Après de longues contestations, pendant lesquelles les Grecs et les Francs en vinrent plusieurs fois aux mains , les chefs de te croisade jurèrent foi et hommage a Alexis ; Adhémar se soumit comme les autres , et c'est sans fondement que Voltaire assure que ce prélat conseilla aux croisés de commencer te guerre sainte par le siège de Constantinople. Adhémar, en quittant te capitale de l'empire grec, se rendit au siégé de Nicée, où il réussit, par ses discours et son exemple, à entretenir l'union , la discipline et te bravoure dans une armée où l'on comptait 600,000 combattants. 11 se distingua dans plusieurs combats livrés aux Sarrasins, maîtres de l'Asie Mineure; mais ce fut surtout au siège d'Antiochc qu'il montra toutes les qualités d'un chef habile et le génie d'un politique profond. Les croisés, qui s'étaient rendus maîtres de la ville par surprise, se trouvèrent bientôt livrés à te plus horrible famine, et assiégés à leur tour par une armée nnombrablede Sarrasins commandés par Kerboga, prince de Mossoul. Ils n'avaient plus d'espérance que dans la protection du Dieu pour lequel ils avaient pris les armes ; tout à coup, le bruit se répand dans la ville qu'on a découvert te lance dont fut percé le flanc du Sauveur ; et bientôt une lance, trouvée sous le maltre-autel de l'église de St-Pierre , est montrée en triomphe aux soldats de Jésus-Christ. Cette vue ranime leurs forces et leur courage ; ils brillent de combattre les musulmans. Malgré le silence des historiens contemporains, on est porté à croire qu'Adhémar ne fut point étranger à cette pieuse fraude, qui fut reconnue quelque temps après, mais qui sauva l'armée des croisés. Us firent une sortie dans laquelle ils tuèrent 100,000 musulmans, et rapportèrent un immense butin. L'évêque Adhémar était au centre de l'armée , portant te lance merveilleuse, et cxliortant les croisés à vaincre ou a mourir pour Jésus-Christ. Au milieu de la bataille, plusieurs cavaliers vêtus de btene parurent tout à coup sur les montagnes voisines ; Adhémar éleva te voix , et dit à ses compagnons que les martyrs SS. Georges et Démétrius venaient combattre avec eux ; les paroles d'Adhémar, répétées de rang en rang . redoublèrent la bravoure des chers et des soldats, et décidèrent te victoire. Dés lors les chrétiens n'eurent plus d'ennemis à combattre pour arriver dans te Palestine. Adl>émar mourut quelque temfis après ( 1er août 1098), à Antioche, atteint de la peste, qu'il avait gagnée en visitant les malades. 11 fut vivement regretté de l'armée, qui , après sa mort, se livra A des discordes funestes, et souffrit tous les maux qu'amènent l'imprévoyance , te désunion et l'indiscipline. Guillaume de Tyr et tous les historiens des croisades s'accordent à louer sa modération , son courage et son éloquence ; le Tasse nous le peint comme un pontife saint et révéré ; usant du privilège de la poésie, il le fait mourir au siège de Jérusalem, d'un coup de flèche lancée par Clorinde ; tandis que l'histoire, qui le représente comme un autre Moïse, le fait mourir d'une épidémie , avant qu'il eût pu voir la terre promise. — Son frère, Guillaume-Hugues d'Adhémar, prieur de Donzéres, l'avait suivi à la terre sainte, et mourut à Jérusalem en 1099.— Son
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cousin Rambaud d' Adhémar, prince d'Orange, fut
tué au siège de cette ville. M— d.
ADHÉMAR ou AZEMAR (Guillaume), troudu 12* et non du 15* siècle, comme le préi tort l'abbé M illot, naquit au château «le Marveys ou Marveil (Marvejols sans doute), en Gévaudan. On ne sait pas très-bien l'époque de sa naissance. Son père, qui était, à ce que l'on croit, un genulbomine du nom de Gérard, avait obtenu à titre de fief, de l'empereur Frédéric le château de Grésignan ou Grignan, devenu depuis le berceau des Grignan , dont l'un des chefs épousa une demoiselle de Sévigné. C'est ce qui explique comment madame de Sévigné pouvait se croire une descendante des Adhémar. Celui dont nous racontons la rie fut un de ces troubadours dont, à cette époque, le caractère n'avait pas encore reçu d'altération sensible, bien qu'alors déjà il ne résidât plus uniquement dans les mœurs, et qu'il commençât à passer à l'état de convention, de Uiéorie, indice certain de la transformation plus ou moins prochaine d'une société. — Coin n te Bertrand de Born et d'autres, mais avec moins d'éclat, Adliémar fut à la fois guerrier et poète. Après avoir été » comme son père, l'objet des bienfaits de l'Empereur, il passa au service du comte de Provence (sans doute Alphonse V ), qui l'arma chevalier. Néanmoins il ne parait pas que son état de fortune lui permit de faire brillante ligure ; et peut-être cette circonstance lui devint-elle funeste ; car, bien qu'il fut aimé de la comtesse de Die, poète comme lui, et dont il disait discrètement les vers sans en faire connaître l'auteur, il lui arriva cependant un jour de douter des sentiments de sa noble maîtresse, et de croire qu'elle lui préférait un rival plus puissant, le comte d'Embrun, qu'elle allait, disait-on, épouser. Le coup fut terrible pour le jeune troubadour : il ne le supporta point, et la douleur le conduisit rapidement aux portes du tombeau . La comtesse, avertie trop tard, vint avec sa mère visiter celui qu'elle n'avait pas cessé d'aimer. Elle tendit au mourant une main sur laquelle il exhala, avec un baiser, son dernier souffle. Son amante lui demeura fidèle : elle se retira dans le monastère de St-Honoré de Tarascon, s'y fit religieuse, et, minée par le cha grin, succomba à son tour quelques années après. On peut placer la mort d' Adhémar vers 1 190. Ste-Palaye donne quelques-unes de ses chansons. Nous avons tout lieu de croire, à n'en juger que par le style, que celle que donne Y Histoire de» troubadour» n'est pas d' Adhémar. Il composa en outre un Catalogue des dames illustres, dédié à l'impératrice Béatrix de Bourgogne, femme de Frédéric I,r, mais ce livre ne s'est pas retrouvé. I.a Croix du Maine attribue encore à Adhémar plusieurs comédies. Des comédies à cette époque, et dans l'état où se trouvait alors la France, sont chose assez peu vraisemblable; mais peut-être bien des jeux-^parlies ou dialogues, fort en usage dans le monde des troubadours. Nous croirons plutôt, avec Nostradamus, aux droits d' Adhémar à un autre titre, celui d'inventeur d'un jeu où les assistants se parlaient a l'oreille. Un tel jeu. ajoute gravement Nostradamus, était singuliè-
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confidences d'amour I V. R— n.
ADHÉMAR de Monte) L , né en Languedoc, de la même famille que le précédent, fut doyen du chapitre de Toul, puis évèque de Metz en 1527. Ce prélat fut un de ces ecclésiastiques qui ont pensé que le glaive n'est point déplacé dans les mains des ministres d'une religion de paix. L'humeur belliqueuse qu'il tenait de ses aïeux , et qu'il sembla léguer i plusieurs de ses successeurs, l'entraîna à commettre des actes d'hostilité contre les possessions de Raoul duc de Lorraine (1340), l'un des plus vaillants guerriers de ce temps. Le sort des armes fut incertain pendant plus d'une année, jusqu'à ce qu'un traité de paix vint suspendre leurs divisions. La guerre éclata de nouveau entre eux, lorsque Isabelle d'Autriche , régente de Lorraine , fit bâtir, prés d'Araclécourt (au lieu où s'est élevée depuis la ville de Château-Salins), une forteresse qui, dominant les frontières du pays Messin, semblait menacer la puissance de l'évèque souverain. Adhémar irrité vint mettre le siège devant ce château N'ayant pu le réduire, il se vengea en portant le fer et la flamme jusque sous les murs de Nancy. Enivré de ces succès, il marcha à la rencontre d'une armée que la régente avait rassemblée à la hâte. Mais cette fois la fortune l'abandonna ; il fut mis en déroute, et laissa 2,000 hommes sur le champ de bataille. Le duc Raoul , qui pendant ce temps avait fait la guerre en Bretagne , étant revenu , fit lever le siège de Château-Salins , et poursuivit jusqu'à St-Avold l'évèque Adliémar, qui reprit ensuite l'avantage, et gagna une bataille où le duc courut de grands dangers. Le roi Philippe de Valois, qui avait trouvé dans Raoul un puissant auxiliaire, interposa ses bons offices pour faire cesser une guerre dont l'issue ne |touvait être que funeste aux deux États. La paix ayant été conclue par cette puissante intervention, l'évèque de Metz fit édifier sur son territoire, à l'oppositc de Château-Salins, un fort qu'il appela Reaurepaire. Plus tard, Adhémar, n'ayant pu se procurer les sommes qu'il s'était obligé d'acquitter, engagea cette forteresse à la duchesse de Blois, devenue régente après la mort de Raoul à la bataille de Crécy. Une fois nantie de ce gage, elle ne voulut plus s'en dessaisir. Adhémar, indigné de ce manque de foi, rassomma toutes ses forces, vint assiéger Lnateau- salins, s'en empara, et le détruisit de fond en comble, ainsi que plusieurs autres forteresses appartenant à la maison de Lorraine. Moréri commet une erreur en faisant renverser par Adhémar la ville de Salins, en Franche-Comté, qu'il a confondue avec Château- Salins. L'évèque de Metz eut bientôt à soutenir une autre querelle : les troupes de Robert, duc de Bar, avaient maltraité quelques-uns de ses soldats; n'ayant pu obtenir réparation, il envahit le Barrois, pritConflans, et se fit justice par la force des armes. Pour supporter le poids de tant de guerres, ce prélat avait été obligé de recourir à la voie des emprunts. 11 engagea des terres considérables du temporel de son siège , entre autres les villes de Ncuviller et de Sarrebourg, la châtellcnic de Turquestein, etc. Ces occupations belliqueuses ne le détournèrent pas en-
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fièrement <lu soin de son diocèse. Meurissc (Histoire des év/que* de Mets, p. 499 et suiv.) et dom Calmct (Hi$(oire de Lorraine, p. 004 et suit.) donnent d'auv pies détails sur les améliorations qu'il introduisit dans les établissements religieux soumis à son autorité. Au commencement de son épiseopat , il avait résolu d'achever la cathédrale dont Thlcrrl , l'un de ses prédécesseurs, avait Jeté les fondements. II écrivit une lettre circulaire pour exhorter les peuples à seconder se» vues ; mais il ne put terminer ce jjrand monument, dont la nef ne Tut achevée qu'en 1480. Adhémar mourut en 1361 , et Ait Inhumé dans la chapelle des évêques, qu'il avait fondée. L — M — X.
ADHÉMAR (le vicomte François n') DE Pan vt fat croc maréchal de camp le 1" janvier 1748, après avoir fait d'une manière distinguée toutes les camjKigncs d'Allemagne, de Flandre et d'Italie sous Villars cl le maréchal de Saxe. Nommé gouverneur de l'hotcl des Invalides en 1733, il devint, en 1738, licuténant général. — Son neveu, François- fouis, chevalier de Pas at, maréchal de camp et commandeur deSt-Louis, mourut le 1" mai 1791. — Jean d'A- DHémar * colonel du régiment de Cambrcsis, fut accusé, en 1792, d'avoir voulu livrer aux Espagnols la place de Perpignan , où il était cri garnison. Décrété d'accusation par l'assemblée nationale , il fut envoyé devant la haute cour qui siégeait à Orléans, pu»«> transféré à Versailles avec d'autres prisonniers, on des assassins les égorgèrent {voy. Bmss.-.c), ainsi que ses deux enfants, qui n'avaient pas voulu se séparer de lui. — François- Louis AdiiémaR, «orale de Pas at, maréchal de camp, fat nommé député de la noblesse de Rouerguc aux états généraux de 1789, signa tontes les protestations de la minorité contre les innovations révolutionnaires, et, Byant émigré, mourut à Limbourg, le 12 avril 1792. M— n J.
ADHERRAL, général carthaginois, commandait en Sicile pendant la première guerre punique, et allait être bloqué dans le port de Drcpanc par les Romains, lorsqu'il mit en mer avec un grand nombre de galères , et attaqua la flotte de Claudius avant qu'elle eot le temps de se ranger en bataille. Adhcrbal remporta , Tan 230 avant J.-C. , la victoire navalo la plus complète dont aient jamais pu se glorifier les Carthaginois. Les Romains perdirent 93 vaisseaux, 8,000 hommes , tant tués que noyés , et curent 20,000 prisonniers. Après avoir ravitaillé I.ylibéc et Drcpanc , Adherbal retourna & Carthage, où il reçut les honneurs et les récompenses dus à son ljabileté et a son courage. R — p.
ADHKRRAI, , roi de Numidic, fils de Micipsa, allié des Romains, hérita de la couronne avec son frère Hicmpsal, et Jugurtha, son cousin, que Micipsa avait adopté. Ces trois princes se iKirtagèreot la Numidic; mais Jugurtha, pour s'en assurer la possession entière , assassina Hicmpsal , et chassa Adhcrbal de ses Etats. Ce malheureux monarque, s étant réfugié à Rome pour implorer la protection du sénat, trouva la majorité des sénateurs corrompus par l'or de son cousin. Une décision Inique , un faveur de Jul, fut suivie d'un nouveau partage : Adhèrbal