‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 5 sur 129 · ABA H · texte numérisé non relu

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Dans la dialectique , Abailard surpassa de bonne heure tous ses rivaux et régna sans partage sur cette partie de la science ; il en étendit le domaine et la portée, il en perfectionna la mélltode et y introduisit plus d'ordre et de clarté. 11 résuma les travaux de ses prédécesseurs et les concilia en produisant une explication nouvelle. Ce premier but atteint, il entreprit d'ineorjiorer la dialectique à la tliéologie et de constituer la philosophie du dogme. L'évolution philosophique qui commence avec J. Scot Érigène et Bérenger de Tours eut en lui sa phase de croissance, et il fut l'un des plus ardents promoteurs de ce mouvement d'émancipation intellectuelle qui devait produire la réforme et les écoles rationalistes. Ses ouvrages, aujourd'hui mieux connus, ont été jugésdi- | gnes de fixer l'attention de tous ceux qui s'intéressent : à l'histoire de l'esprit humain et aux travaux qui en ont favorisé le progrès : on y trouvera, parmi des raisonnements étroits et mal fondés, parmi des minuties et des toiles d'araignées (1), on y trouvera «les conceptions fécondes et liardies, des aperçus profonds, le germe et l'ébauclie de plusieurs systèmes modernes, et l'on reconnaîtra facilement qu'ils n'ont pas été inutiles à des écrits plus récents, derrière lesquels ils sont maintenant éclqtsés. Nous citerons à l'appui de cette assertion le Sic et won, le Oui et le non, récemment retrouvé par M. Cousin dans la bibliothèque d'Avranehes. Cet écrit n'est, comme l'indique son titre, qu'un recueil d'autorités contradictoiresconcernantles points princi|mux du dogme. Quel est le but de cet échafaudage ? L'auteur nous l'apprend dans le préambule, où sa doctrine et sa méthode théologiques sont nettement exposées en quelques lignes. Les Écritures, dit-il, ne s'accordent pas toujours entre elles, ni les Pères entre eux : selon St. Jean et St. Matthieu, par exemple, le Seigneur a été crucifié à six heures; selon St. Marc, ill'aétéàtrois heures. Efl présence de ces témoignages discordants, que faut-il faire pour éviter l'erreur? Douter; la clef de la sagesse, c'est le doute ; le doute amène l'examen, et l'examen, la irrité. C'est la vérité qui nous dit : Cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira. Du doute tliéologiquc d'Abailard au doute méthodique de Descartes et à la liberté d'examen, la route est facile. Le philosophe du 12e siècle se proposait d'accorder la raison et la foi ; celui du 17*, la raison et la science; tous deux avaient pour but de secouer le joug de l'erreur et de la routine. « Abailard a essayé, dit M. Cousin, de se rendra « compte de la seule chose qu'on mit étudier de son o temps, la théologie ; Descartes sut se rendre compte « de ce qu'il était enfin |>ermis d'étudier du sien, « l'homme et la nature. Celui-ci n'a reconnu d'autre « autorité que celle de la raison; celui-là a entrepris « de transporter la raison dans l'autorité. Tous deux « ils doutent et ils cherchent; ils veulent comprendre « le plus |K)ssibIe, et ne se reposent que dans l'évi- « dente. «> La méthode d'Abailard imprimai la marche des études une grande et salutaire impulsion ; l'influence de son école se fit sentir longtemps après

(I) Baron, de Auamentli.

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lui. Deux siècles plus tartl, un pofte sublime, qui était eu môme temps un théologien profond, écrivait, au retour d'un pèlerinage scientilique, à l'université de Paris :

Che non mon' che saper, dubbiar m'aggrada. Il me plaît de douter non moins que de savoir.

L'Aristote du 12* siècle se montra digne du surnom {{'universel que lui décernèrent ses contem|torains; les lettres ne lui furent pas moins redevables que la philosophie, et il mérite de prendre place parmi les premiers restaurateurs du gortt. Abailard s'appliqua I à rendre au latin cette clarté , cette simplicité élégante et facile dont la tradition était perdue depuis longtemps; ses lettres, travaillées comme une composition littéraire, selon l'usage du temps, attestent un jugement supérieur, une science profonde de la vie et du orur humain ; la jwnsée y revêt fréquemment les images et les couleurs de la |ioésie ; Abailard y cite souvent les Pères, les poètes et les philosophes de l'antiquité, et applique justement leurs |iensées. ISHistnria calamitatum est un modèle d'éloquence; l'écrivain y saisit avec bonheur tous les tons qui conviennent à son sujet : l'expression est animée, brillante et pittoresque lorsqu'il peint l'ardeur présomptueuse et les passes d'armes dialectiques de sa jeunesse; tendre et voluptueuse dans le rétit de ses amours ; triste, amère et forte après la catastrophe qui ouvre l'histoire de ses malheurs. Ou sait qu'il cultiva avec succès la jwésie ; mais le temps ne nous a |tas apporté un seul vers de ces chansons d'amour qu'il com|»osait en se jouant , et dont les fraîches images et les grâces musicales s'imprimaient d'ellesmêmes dans la mémoire des ignorants; elles sont perdues ces riantes mélodies qui trouvaient des échos dans toutes les bouches amoureuses, et priaient dans les contrées lointaines l'aimable nom d'Héloïse. — La France ne possède J»s encore une édition complète des o uvres de Pierre Abailard. Ijc conseiller d'État François d'Amhoisc a donné sous CC titre : PeltH Abâ tardi et Hcloïsœ , canjuqit ejus, Optra, mine primum édita ex Mss. ctuld. Francise, Amboesii, Paris, 1010, un volume in-4° qui contient toute l'histoire «les rapports d'AIwilard avec Héloïse, le Comment! ire surlYpitre de St. Paul aux Romains et l'Introduction à la théologie. L'Hexameron in Genesim et la Theologia ehristiana se trouvent dans le Thésaurus norus anredotorum de Martènc et Durand, t. 3. L'Ftbica, seu liber : Scito le ipsum, a été imprimé dans le Thésaurus aneedotorum novissimus de IL Pet, 1721, t. 3. D. Gervaise donna, en 1720, l ie de Pierre Abailard et celle d'Héloïse, son épouse, 2 vol. in 12 ; et, en 1723, une traduction ou plutôt une paraphrase de leur correst>ond.incc sous le titre de Véritables ïxttrcs d' Abailard et d' Héloïse, aree le texte latin en regard, 2 vol. in-12. Parmi les nombreuses traductions de ces lettres, on doit distinguer celle île 1782, 2 vol. in-12 par Basticn, avec le texte en regard. Le libraire Fournier a donné, en 1790, une trés-Mle édition des Lettres d'Héloïse et d' Abailard, avec la paraphrase de D. Gervaise et

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une non velle vie «le ces ce! èbres aman ts par M .Delaul- . naye, 3 toi. in-8°. Beauchamp a traduit ces lettres en vers français. On recherche l'édition latine de ces lettres publiée par les soins de Richard Rawlinson , Londres, 1714, in-H°, et Oxford, 1728. On a publié, en anglais, une histoire d'Héloïse et d'Abailard, sous ce titre : The History of lires of Abailard and Heloïsa , irith theirs original lelters , Birmingham, 1787; Bàlc, 1793. On trouve dans les Archives littéraires de l'Europe, t. 8 (1805), p. 338-302, une vie d'AIwilard , d'après celle qui a été composée en anglais par Jos. Burington, et traduite en allemand par Hahnemann, LeipsicK, 1781), in-8°. Beux Allemands se sont aussi occupés d'Aliailard et d'Héloïse. '1 essler a publié, a Berlin, un ouvrage intitulé : Abàlard und Hrloïsa, 1800,2 vol. in 8". L'historien Schlosser a fait jwraltre l'année suivante, à Gotha, un vol. in-8" intitulé : Abalard und Dulcin , Leben und Meitvtngen e. schwArmers u. e. l'hihsophen. Il s'est principalement attaché a développer les ojtinionsphiloMiphiqueselrcligieuscsd'Abailard,ct,pour mieux faire connaître son esprit, il a traduit \Hcxameron in Genesim. 11 serait à désirer que le savant biographe eût comparé les systèmes et la doctrine d'Alwilard avec ceux de ses eontenqtorains; mais il s'est contenté de les rapprocher des idées de Platon, On ne lira ]>as sans intérêt l'article que M. de Gérando lui a consacré dans son Histoire comparée des systèmes de philosophie, 2e édit. , t. 4 , p. 390-108, même après les laborieuses recherches des bénédictins dans Y Histoire littéraire de la France , t. 9, et dans celle de St. Bernard et de Pierre le Vénérable (par B. Clémencet ). M. Turlot a publié : Abailard et Héloïse, avec un aperçu du 12e siècle, comparé sous tous les rapports ai'ec le siècle actuel, et une rue de Paris tel qu'il était alors, 1 vol. in-8*, Paris, 1822. M. de Longchamps a publié en 1823 : Ancienne Héloïse, manuscrit nouvellement retrouvé des lettres inédites d'Abailard et d'Héloïse, avec des, notes historiques j»ar A. de Puyherland, 2 vol. in-8". M. Villenave, notre collaborateur, a publié en 1831 : Abélard et Héloïse, leurs amours, leurs malheurs, leurs ouvrages, 1 vol. in-8°, extrait de plusieurs articles insérés dans /<i France littéraire. M. Rhcinwald a publié à Berlin, en 1831, le Dialogus inter philotophum judœum et christianum. 11 a paru a Paris, en 1810, une nouvelle traduction des lettres d'Abailard et d'Héloïse, d'après les Mss. de la bibliothèque royale, |>ar M. F. Oddoul, précédée d'un Essai historique par M. et Mme Guizot, 2 vol. in-8*, avec ou sans le texte, édition illustrée. Fnlin nous devons aux savantes investigations de M. V Cousin : Ouvrages inédits d'Abailard pour seirir à l'histoire de la philosophie scolastique en France; Paris, imprimerie royale, 4830, in-4". Ce volume, d'une haute importance philosophique, contient : 1° une remarquable introduction, par M. V. Cousin; 2° le .S'ïc et non, dont nous avons déjà parlé; 3° la Dialectique, divisée en cinq parties, dont la première traite des éléments ou parties de la proposition ; la «ronde, des propositions simples, dites propositions catégo-

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riques, et des syllogismes qui en dérivent ; la troisième , des lieux communs ou principes de toute argumentation ; la quatrième, des propositions et syllogismes hypothétiques; la cinquième, de la division et de la délinition. « Nous pouvons affirmer, dit « M. Cousiu, que cet ouvrage, jusqu'alors inconnu, « contient un monument de dialectique d'une vaste « étendue , parfaitement ordonne , composé avec le « plus grand soin, qui peut représenter à nos yeux « les autres écrits d'Abailard sur les mêmes ma- « tières , et qui nous donne une idée exacte et « complète de ses idées et de ses travaux dialec- « tique*. » 4° Un fragment sur les genres et les espèces, a Nous le publions en entier, avec la con- « viction que nous ne jtossédons rien de plus im- « |>ortant sur la philosophie de cette époque, et

• qu'une fois mis en lumière et livré aux histo- « riens de la philosophie , ce fragment sera désor- « mais la pièce la plus intéressante du grand procès

• du nominalUtnc et du réalisme, dans le siècle d A- « hailard (1), ■ 5" Des fragments de gloses sur l'Introduction de Porphyre, sur les Catégories et sur le traité de l'Interprétation d'Arislote, et sur les Topiques de Boëee. C. W— h.

ABALLA, née aSalerne, appliqua toute sa vie à l'étude de la médecine, et se rendit célèbre dans cet art sous le règne de Charles d'Anjou; elle compasa plusieurs ouvrages , entre autres un savant Traité sur la bile noire [de Atra Bili), dont il a été fait plusieurs éditions. V— VB.

ABANCOL'RT ( Charles-Xavier- JosErn pe Fra.xqleville n'), neveu de Calonne, ministre de la guerre sous Louis XVI, naquit à Douai le 4 juillet 17'»8; il était en 1789 capitaine au régiment de Mestre de camp, cavalerie; ayant adopté la principes de la révolution, il obtint un avancement rapide, et fut porté au ministère après la journée du 20 juin 1702. Décrété d'accusation à la séance du 10 août de la même année, il fut conduit dans les prisons de la Force, de là à Orléans, et ensuite massacré à Versailles, leOseptembre suivant. a\ ec les autres prisonniers de la haute cour. Voy. Bhissac (duc de). — Aba.ncourt ( Charles Frérot d') , adjudant général au serv ice de France, résida longtemps en Turquie. Revenu en France , il hit chargé du dépôt des cartes et des plans militaires, leva une carte générale de la Suisse, et mourut à Munich en 1801. *l£ K.

ABANCOURT (François-Jean Willem vin n'), né à Paris, le 22 juillet 1745, y est mort le 10 juin 1805 « Les pocsiesde cet auteur, disait, en 1772, l'abbé

• Sabatier «le Castres, n'annoncent que de la médio- «crité. » Ce jugement n'est pas trop sévère. On a d'Abancourt : I- Fablet , 4777, in-S" : la plupart avaient été insérées précédemment dans le Mçrcure; 2° /. K . L. Essai dramatique, 1776, in-8"; 3 Epitres. 1780, in-8-; 4 la Mort d'Adam, tragédie en 3 actes et en vers, traduite de Klopslok, 4770, in-8"; !i" le Mausolée de Marie-Joséphine de Saxe , dauphine de France , poème qui a concouru pour le prix de l' Aca-

(<) Coula.

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demie française, 4767, in-4-; 6" plusieurs opuscules en vers, imprimés séparément : Lettre de Aancal à Williams ; Lettre de Gabriclle de Vergy à sa saur ; Epiire à la Vertu ; l'Anniversaire du Dauphin (1767) ; les Vœux forcés, lettre d'une religieuse à sa sœur, qu'on suppose destinée au même état; 7° «piehrue* ouvrages dramatiques : l'École des Épouses, comédie; le Sacrifice d'Abraham, |»oëme dramatique en un acte; la Hienfuisancc de Voltaire, pièce dramatique en unarle; Voltaire à Romilly; la ( onvalesctncede Molière , etc. Il avait fait une riche collection de pièces de théâtre. Lorsqu'elles avaient eu plusieurs éditions, il se les procurait toutes; et quand elles n'étaient point imprimées, il ne négligeait rien pour en avoir un manuscrit. A. B — T.

ABANO (Pierre d'), médecin et astrologue, naquit en I2.">0, au village d'Aliano, près de Padoue. Le nom latin de ce village est Aponus ,c'esi pourquoi Pierre est souvent ap|>elé en latin Peints de Apono, ou Aponensis, On le nomme aussi quelquefois Ptlrus de Padua. Il alla dans sa jeunesse apprendre la langue grecque, les uns disent à Constant inople , les autres seulement dans quelques-unes des lies sujettes de la république de Venise. Voulant ensuite se livrer à l'étude de la médecine et des mathématiques , il revint à Padoue et y resta plusieurs aunces. Il en passa aussi plusieurs à Paris, où il fut reçu docteur en philosophie et en médecine. Padoue le raphia pour professer la médecine, et ce fut pour lui qu'une chaire y fut fondée. Il acquit alors, connue médecin, une grande réputation, dont ou prétend qu'il abusa quelquefois pour exiger des sommes considérables de ses malades; mais les traits que l'on rapporte de son avarice paraissent exagérés. En général , on a débité, sur son compte Iwaucoup de Tables. On lui attribue, entre autres habitudes personnelles, une telle horreur pour le lait, qu'il ne pouvait en voir manger sans éprouver un soulèvement de co ur. On voit par ses ouvrages qu'il avait lu tous les livres de médecine que l'on connaissait «le son temps. On y voit aussi qu'il mêlait à des connaissances réelles les rêveries de l'astrologie judiciaire. Il avait fait peindre sur la voûte de la salle publique, à Padoue, plus de 400 figures astrologiques. I-e feu les ayant détruites en 1420, elles furent repeintes par le célèbre Ciollo. Son entêtement pour cette fausse science, et ses connaissances réelles en philosophie naturelle et dans les mathématiques, sciences peu cultivées de son temps, le firent jwisser pour magicien; il fut aussi accusé d'hérésie. Ces accusations , dont il avait d«jà eu à se défemlre à Paris, furent deux fois renouvelées à Padoue |«r «les médecins et «l'autres ennemis jaloux «le sa réputation. Les uns lui reprochaient , entre autres crimes, de ne pas croire aux démons, tamlis «pie «l'autres accusateurs attribuaient son savoir extraordinaire à sept esprits familiers qu'il tenait, disait-«m, renfermés «lans une bouteille. Après avoir échappé une fois aux impiisiteurs, par le crédit de se» amis, il ne leur échappa une seconde fois que par sa mort, arrivée enl3l6:iletailngcde66 ans. Son procès était commencé et ardemment suivi. Malgré la précaution qu'il prit , eu mourant , de faire devant témoins ,

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et même dans son testament , une profession «le foi orthodoxe , l'inquisition acheva son procès , le jugea coupable d'hérésie, le condamna au feu, ordonna, sous peine d'excommunication , aux magistrats de Padoue d'exhumer son cadavre, pour qu'il fût brûlé publiquement. La servante de Pierre, qui avait été, dit-on, pour lui autre chose qu'une servante, ayant entendu celte sentence, le lit déterrer et enterrer secrètement pendaut la nuit dans une autre église. L'inquisition voulut procéder contre les auteurs et fauteurs de cet attentat; mais le podestat et la commune de Padoue obtinrent qu'elle se contentât de lire en public la sentence, et de brûler le mort en efligie. Ses concitoyens lui rendirent un hommage tardif en plaçant, en 1420, son buste sur la porte de leur palais public, avec ceux deTilc-Live, d'Albert | prédicateur célèbre au 14" siècle ) , et de Jules Paul (jurisconsulte au .Y). Les principaux ouvrages de Pierre d'Abano sont : I" Conciliator differenliamm philosophorum et prirripue medieorum, Venise, 4471 ; ouvrage souvent réimprimé, et qui lit donner à Abano lui-même le surnom de conciliateur : il s'y proposait la tâche difficile de concilier les opinions diverses des médecins et des philosophes. 11 y cite souvent A verras, dont il parait avoir été le premier en Italie à citer et à vanter les ouvrages. 2' De Vrnenis , eorumque remediis , non moins souvent réimprimé que le précédent, tantôt dans le même volume et tantôt séparément. Cet ouvrage, fort rare, a été traduit en français par Lazare Boet, Lyon, 4505. in- 10. .Y E.rpntitio problematum Aristotelis , Mantuœ I 57.1, in- 1*, et plusieurs fois imprimé depuis. 41 La Fisionomie du conciliator Pierre de Apono, Padoue, \ 574, in- S'; la même, traduite en latin: Drcisiones physianomicœ, 15(8, in-8*. La bibliothèque royale possède un manuscrit de cet ouvrage, ou d'un autre sur la même matière, qu'il publia pendant son séjour à Paris, sous ce litre : Lib< r compilations physionomicœ a Petto de Padua in eiritatc Parisiens» rdilus ; il est sous le ri" 2508 , in- fol. 5" Hippocratis de medieorum astrologia lihctlus, ex gr. in lat., Venise, (485, in- 5". (T Quœstione» de febribus , Padoue, 1482 , M s. «te la bibliothèque royale, n' 4X72. 7° Tr.rlus Mesucs noviter emendutus. Pétri Aponi medici clarissimi in librum Jaannis Mesucs additio {id est, de œgriludinibut corporis. et de a-gritudinibus membrorum nutritionis), Venise, 1505, in-8". 8- Astralnbium planum in tabulis ascendens, eontinens quolibet hora atque minuta œquntioncs dnmorum cœli, etc., Venise, 4502, in-4*. 9 (ieomanlia , Venise, (549, in-8". 40' Dionitcides digestus alphabet ica online; Lyon, 4512, in-4". H°Galeni Trartatus variia Petro Paduanolalinitate donali. Cette traduction est conservée en manuscrit dans la bibliothèque tic Saint-Marc, à Venise. 12' La traduction latine de sept traités d'astrologie du célèbre rabbin de Tolède, Aben- Hezra, imprimée ordinairement avec le traité de Dtebut criticis du même rabbin, traduit par un autre auteur. (i — b

ABANT1DAS, fils dcPaséas. usurpa le pouvoir souverain à Sicyone, vers l'an 207 avant J.-C. , en

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tuant Clinias , père d'Aratus, qui était à la tète du gouvernement. Abantidas poursuivait avec fureur tous les parents et les anus de ce vertueux citoyen ; mais Aratus échappa à ses recherches. L'usurpateur se plaisait beaucoup à entendre disputer Diuias et Aristote le dialecticien; ces deux philosophes, vou» lant délivrer leur patrie, lui dressèrent une embuscade et le tuèrent. Sicyone ne devint pas libre i>our cela, car Paséas, père du tyran, se mit sur-lc-champ à sa place. G — R.

ABAQt'A. Voyez MvxmiN.

A B ARC A BOLEA Y PORTUGAL (do.n Jérôme de ) , un des plus grands seigneurs de l' Aragon , vécut au commencement du (0e siècle. Retiré à sa terre de Cadretc à cause de sa mauvaise santé, il com- I»osa une Histoire du royaume d'Aragon, qu'il a laissée imparfaite, et qui n'a jamais été publiée. Zurita. le plus célèbre îles historiens d'Aragon, y a beaucoup puisé, et il avoue que l'ouvrage d'Abarca est écrit avec tant de jugement et d'élégance, que si sa santé lui eût permis de l'achever, il aurait rendu Inutile toute autre histoire de ce royaume — Au 4BCA {Pierre), jésuite espagnol, né à .laca en Aragon, en 1619, enseigna la théologie pendant vingt-cinq ans, et mourut à PalenHa, le p octobre 1095. 11 a publié en latin divers traités de théologie, et en espagnol une histoire d'Aragon sous ce titre : los Reyrt de Aragon en annales historicos distribuidos , Madrid et Salamanque, 1082 et 1084, 2 vol. in-fol. Cet ouvrage . très-estimé, et remarquable par de savantes recberches, est devenu fort rare. ( Fcjf. le Catalogue de Santander. ) CT-I,

ABASCAL (don José-Fernaxoo). capitaine général des armées espagnoles, né en 1745 à Oviédo, où il lit ses études, entra en 1702 au service, où il se "distingua par son ardeur à acquérir les connaissances qui lui manquaient H fut de l'expédition d'Afrique en 1775. et se trouva à la bataille d'Alger. Promu, à trente ans, au grade de colonel, il servit en cette qualité dans la guerre qui fut déclarée à l'Espagne par la république française. Trois ans après, il fut élevé au rang de brigadier par Charles IV, qui l'envoya exercer les fondions de lieutenant de roi à Cuba : il concourut à fortilier les places de cette ile et à défendre la Havane, lorsqu'elle fut attaquée par les Anglais. Son zèle, dansées circonstances, fut récompensé par le commandement général et l'intendance de la Nouvelle-Galice, ainsi que par la présidence de la cour royale de la Guadalaxara. Pris par les Anglais dans la traversée, il s'échappa et se rendit par terre de Rio-Janeiro à Lima. On sait que ce fut alors que les insurrections des colonies espagnoles commencèrent. A peine arrivé, Abascal eut à résister aux attaques de 50,000 Indiens soulevés, qu'il parvint à réprimer. Il obtint, en 1804, avec le grade de maréchal de camp , la vice-royauté du Pérou , et son administration dans cette contrée eut d'abord d'heureux résultats. Mais l'invasion de l'Espagne par Napoléon, en 1808, et les événements qui en furent la suite, causèrent de nouveaux troubles dans les colonies d'Amérique. Le but déclaré des insurges fut désormais de s'affranchir entièrement de toute sou-

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mission à la métropole , qui se débattait entre deux partis rivaux, celui de Napoléon et celui de l'ancienne dynastie représentée par les cortès. C'est en faveur dé ce dernier qu'Abascal parut se prononcer, et ce fut pour prévenir la séparation qu'il forma , sous le nom de volontaires de l'Union espagnole du Pérou, un corps mUiUiirc destiné à maintenir l'esprit de concorde entre les Espagnols et les Américains. Enlin il envoya aux cortès en Europe de nombreux convois de munitions et d'argent , et , grâce à son zèle , le Pérou fut la dernière colonie qui se sépara de la mèrepatrie. Les cortès, pour récompenser son zèle, le proclamèrent, par un décret du 30 mai 1812, marquis de la Concordia espahola del Peru; et la junte des Astories le nomma son député général. Mais les circonstances le contraignirent bientôt à disséminer le peu de forces qu'il avait a sa disposition. Après s'être vu obligé d'envoyer des secours à Buenos- Ayres , attaqué par les Anglais, il dut aussi en envoyer au Chili et à la Nouvelle-Grenade; peut-être eut-il le tort de trop se dégarnir, car le général Pezuela , qui commandait sous ses ordres , ayant eu à réprimer une insurrection qui éclata simultanément à Cusco, à Lima , à Arequipa , à Cliarcas , et dans presque tout le Pérou , ses troupes furent coupées faute de renforts. Il parait que c'est par suite de ce malheureux événement qu'en 1816 Abascal fut révoqué par Ferdinand VU, et remplacé par ce même Pezucla. Il revint à Madrid . où il mourut le 30 juin IK2I. Z.

ABASCANTUS, ou ABASCANTE, médecin, naquit dans le 2* siècle, à Lyon; tous les biographes disent qu'il fut assez célèbre pour mériter I estime de Galien , qui loue son antidote contre la morsure des serpents, connu sous le nom d'antidote d'Abaseanlus. La base de ce topique, peu connu de nos jours , était l'euphorbe , plante caustique qui , en brillant la plaie imprégnée de venin, y détruisait toute faculté d'absorption, et conséquemment prévenait les accidents qui en sont la suite. On ne connait pas aujourd'hui les ouvrages d'Abascantus, que plusieurs raisons font présumer avoir été écrits en grec. Du reste , en ces temps où beaucoup de gens exerçaient la médecine empiriquement, on tâchait de se procurer des formules qui se transmettaient de main en main sous le nom de celui qui les avait faites ou qui les avait données comme siennes; et cela ne j>eut guère prouver que leurs auteurs fussent de grands médecins , ni qu'ils aient écrit sur la médecine. Le fait est que le nom d'Abascantus ne se trouve que dans Galien, qui rapporte de lui trois formules de remèdes. C. et A.

ABASSA. Voyez Abaza et Abbassa.

ABATI, noble famille florentine à laquelle le Dante a donné de la célébrité. Il a placé, dans le 32e chant de son Enfer, Bocca des Abati parmi les traîtres à leur patrie, pour avoir contribué à la défaite de Mont'aperti , et attiré sur Florence le plus grand desastre que cette république eût éprouvé. Le Dante se représente lui-même frappant et maltraitant dans l'enfer la tête de ce traître qu'il y trouve enfoncée dans «les glaces éternelles, et dont il arrache les cheveux pour lui faire dire son nom. Bocca des Abati

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