‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 6 sur 129 · ABA SI · texte numérisé non relu

ABA SI

combattait à la bataille de Mont'aperti près l'Arbia (le -t septembre 1200) : gagné par les Gibelins et par les Sicnnois, il abattit d'un coup d'épée la main de celui qui portait l'étendard de la république, et par là il répandit la terreur dans l'armée florentine. Les Guelfes , croyant la lutaille perdue , ne songèrent plus qu'à s'enfuir; 2,500 Florentins demeurèrent sur le champ de bataille, et plus de 1300 furent faits prisonniers. La perte des alliés fut encore plus considérable, et l'on fait monter à 10,000 le nombre des morts. Florence fut abandonnée aux ennemis, et les Guelfes chassés de toute la Toscane. — En 1304, un prêtre de la même famille, nommé Néri Abati, mit le feu, pendant une sédition , au quartier qu'habitaient les Gilielins; 1700 maisons furent brûlées , et les familles les plus riches réduites à la mendicité. S — l.

ABATI ( Antoine ), de Gubbio, poète ilalien de beaucoup de réputation pendant sa vie, florissait vers le milieu du 17' siècle. Il fut attaché à l'archiduc l.éopold d'Autriche, et voyagea dans les Pays- Bas et en France. De retour en Italie, il fut successivement gouverneur de plusieurs petites villes de l'Etat ecclésiastique. Il mourut à Siuigaglia, en IG67, après une longue maladie. L'empereur Ferdinand III lui lit l'honneur stérile de composer à sa louange mi mauvais acrostiche italien : il eût mieux fait de pourvoir à ses besoins, qui étaient quelquefois urgents . comme on le voit dans plusieurs de ses poésies. Il a laissé : 1* Ragguaglio di Parnaso contra poetaslri e parlegiani délie naziùni , Milan, 1G38, in-8°; 2' le Fraschcrie , fasci Ire, poésies satiriques , mêlées de prose, Venise, 1651, in-8"; 3 Poésie poslume, Bologne, 1671, in-8 ; A» il Consiglio degli Dci, dramina per musica, etc., à l'occasion de la paix entre la France et l'Espagne, et du mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne, Bologne , 1671. L'auteur l'avait dédié, en 1660, au cardinal Mazarin. G — é.

A BATI A ou ABBATIA | Bernard ), médecin et aslrologue, était né vers 13-10, à Toulouse. S'étant rendu très-habile dans toutes les sciences cultivées de son temps, il vint en donner des leçons à Paris. La Croix du Maine, seul contemporain d'Abbatia qui ait conservé quelques détails sur ce savant personnage, nous apprend qu'il a professé le droit , la médecine, les mathématiques et l'astrologie, tant en public qu'en particulier; cependant rien ne prouve qu'il ait occupé réellement des chaires à l'université de Paris. Suivant ta Croix du Maine, Ab- Iwtia mit en lumière une Pronostication sur le mariage de Henri , rot" de Navarre, et de Marguerite de France , son épouse, Paris, 1572. Cette pièce est tellement rare, qu'elle n'est citée par aucun autre bibliographe , et qu'elle n'a même pas été connue desautcursde la Bibliothèque hisloriquede la France. Il avait fait, vraisemblablement sur le plan adopté par Fuchs, une description générale des plantes, sous le titre de Grand Herbier. Cet ouvrage important n'a point été imprime, et l'on ignore ce que le manuscrit est devenu. Les rédacteurs de la Biographie toulousaine, après avoir dit, sans indiquer sur quelle autorité, qu'Abbatia composa divers traités

22 ABA

dont les auteurs parlent avec beaucoup d'éloge, ajoutent qu'il mourut vers l'année 4590, âge d'environ 60 ans. W— s.

ABATJNZA (Pierre), deSéville, est un des commentateurs des Décrétales, dont l'ouvrage est intitule : Ad tilulum XV, de sagiltariis libro V, Deerelaliumpraleetio.Son traité, autrefois tres-eslimé, est contenu dans le .Voeu* Thésaurus juris eivilis et canonici, de Gérard Meermaun, 7 vol. in-fol., imprimés à la Haye, 1751-4754. ( Voy. MEEftMAHR. } Abaunza est mort en 1019, à l'âge de 50 ans. 11 a laissé en manuscrit un commentaire espaguol sur quelques livres de Martial , entrepris pour venger son compatriote, Laurent Rendrez de Prado, des critiques d'un écrivain français caché sous le pseudonyme de Musambert. Laurent Ramirez de Prado avait fait, étant encore fort jeune, un commentaire sur Martial, que l'on a trouvé dans l'édition de Paris, 1007, in-rol.; et le prétendu Musambert n'était autre que Théodore de Mareilly, professeur à Paris. M-.\.

ABUZIT (Fmimin), descendait d'un médecin arabe qui s'était établi à Toulouse au '.)" siècle. Né à l'zès, le 11 novend»re 1079, de parents reformés qui y vivaient avec aisance, il |>erdit sou père à l'âge de deux ans. En 4085, sa mère, appelée Anne Darlle, se vit, par la révocation de l'édit de Nantes, enlever ses deux (ils pour être élevés dans la religion catholique romaine. Elle réussit cependant à les tirer du collège d'Uzès, et les envoya secrètement, en 1089, à Genève, où elle vint se lixer après être sortie de la prison dans laquelle sa désobéissance l'avait fait enfermer. Firiuin, qui était l'alné, lit ses études avec les plus brillants succès. Les langues anciennes, l'histoire naturelle, la physique, les mathématiques, l'astronomie, la géographie, l'histoire, les antiquités, la théologie, furent successivement les objets de ses études. Après avoir terminé ses cours en 1098, il visita l'Allemagne, ensuite la Hollande et l'Angleterre , et chercha partout à lier connaissance avec les savants les plus distingués, tels que Bayle, Basnage , de .lurieu , Saint- Évremond , Newton, dont il gagna l'estime et l'amitié. Sa tendresse filiale lui fit quitter Londres, où le roi Guillaume voulait le retenir , et il revint à Genève auprès de sa mère. 11 y vécut entièrement livré à l'élude , et consentit seulement à entrer dans la société qui s'était formée pour la traduction française du Nouveau Testament, qui a paru en 1720, et la compagnie des pasteurs le fit remercier des importants services qu'il rendit dans cette occasion. L'académie lui offrit une chaire en 1723 ; son goût pour rindé|>endance la lui lit refuser : il accepta cependant la place de bibliothécaire surnuméraire de la bibliothèque publique, maisons appointements, alin d'être plus libre. 11 put ainsi puiser dans ce riche trésor littéraire, auquel il se rendit très-utile. En 47i7, le gouvernement de Genève voulut lui donner une marque particulière de son estime , et lui accorda sans rétribution le droit de bourgeoisie, ce qui était une distinction honorable; il est mort à 87 ans , le 20 mars 4707,

ABA

I dans une petite maison voisine de la ville où il s'était retiré depuis quelque temps. Abaurit s'était fait une grande réputation ; on n'a pourtant de lui que quelques morceaux peu étendus , qui ont pour la plupart ét é pu bl iés à son i nsu . Tous ceu x qui le voyaient admiraient son jugement et sa vaste érudition. Les plus grands hommes recherchaient sa correspondance et le consultaient sur les questions les plus diflicUes. Newton, en lui envoyant son t'.ommercium epistolieum, lui écrivit ; « Vous êtes bien difrnede décider en- « tre Leibnitz et moi. » Le jugement que le savant Pococke jwrta de ses connaissances en géographie ne lui est pas mollis honorable; après l'a\ oir entendu parler sur l'Egypte, la Palestine et les autres contrées de l'Orient, que lui-même avait visitées, il ne put se persuader qu'Abauzit n'y eût pas séjourné longtemps et n'en eût pas fait, comme lui, une étude j>articulière. I n autre fait prouve combien il était versé dans l'histoire. M. Lullin , professeur à Genève , avait composé un discours sur un point particulier de l'histoire ecclésiastique, dont il donnait un cours. Il s'agissait de Virgile , évêque de Saltzbnurg au Hc siècle , qu'on prétend avoir été censuré publiquement . et même excommunié par le pape Zacharie. pour avoir avancé qu'il y avait des antipodes. Il alla voir Alwuzit , et lit tomber la conversation sur ce sujet ; il ne fut pas peu surpris «le le lui entendre discuter à fond comme s'il venait de l'étudier; il le fut bien plus encore, lorsqu'Abauzit l'assura qu'il y avait plus de trente ans qu'il n'avait rien lu sur cette matière. La même chose lui arriva avec J.-J. Rousseau, à qui il donna DOOrsofl IHetionnaire des reniai qias excellentes sur la musique des anciens. Rousseau crut qu'Abauzit faisait dans ce moment une étude spéciale de celle partie de l'antiquité, et il y avait fort longtemps qu'il ne s'en était occupé. Rousseau avait pour les mo-tirs et les vertus d'Abauzit la plus sincère estime. On peut en donner |>our preuve le magnilique éloge qu'il Ht de lui dans la Nouvelle Hèlvïsc. Cet éloge est d'autaul plus remarquable que c'est le seul que Rousseau ait adressé à un homme vivant. « Non , ce siècle de la philosophie « ne passera |>as sans avoir produit un vrai philoso- « plie ; j eu connais un , un seul , j'en conviens ; « mais r'est beaucoup encore , et pour comble de « bonheur, c'est dans mon pays qu'il existe. L'ose- « rai-je nommer ici , lui dont la véritable gloire est « d'avoir su rester peu connu ? Savant et modeste « Al soi/ ii ! que votre sublime simplicité pardonne à « mon ca-ur un zèle qui n'a point votre nom pour « objet. Non , ce u'est pas vous que je veux faire a connaître à ce siècle indigne de vous admirer; « c'est Genève que je veux illustrer de votre séjour; o ce sont nos concitoyens que je veux honorer de o l'honneur qu'ils vous rendent.... Vous avez vécu « comme Socrate ; mais il mourut par la main de « ses concitoyens , et vous étés chéri des vôtres. » Abauzit était encore savant antiquaire ; il connaissait bien les médailles et les autres monuments, et déchiffrait les inscriptions avec facilité. On trouve dans l'édition de V Histoire de la ville et de l'État de Genève , par Jacques Si»on, publiée â Genève en

ABA

4T50, 2 roi. in-4°, t. 2, p. 580 , et i vol. in-12, t. 4, p. 437 . plusieurs dissertations latines, dans lesquelles Abauzit explique quelques inscriptions difficiles. Il a aussi donné, dans le Journal helvétique de 4743 , une dissertation sur un bouclier Totif qui avait été trouvé dans l'Ane , près de Genève, en 4721. sur lequel on a gravé une allocution et une largesse de l'empereur Valentinien II. Scipion Maffei a adressé à Abauzit la dixième lettre du recueil intitulé : Galliœ Antiquitates quœdam tclectœ, Paris, 4733, in-4", dans laquelle il lui communique Jes corrections qu'il a eu occasion de Taire au texte de plusieurs inscriptions fautivement rapportées par Gruter dans son grand recueil. Enfin, Abauzit, sans vouloir embrasser l'état ecclésiastique , s'était beaucoup occupé de théologie ; il était surtout très-versé dans la critique sacrée, et fut souvent consulté par les théologiens sur le» passages les plus difficiles. Sa philosophie était principalement fondre sur les principes d'un pur soe'mianisme. On a de lui plusieurs traites qui ont été publiés après sa mort par Vegobrc, sous ce litre : Œuvres diverses de M. Firmin Abauzit , contenant ses écrits d'histoire, de critique et de théologie. Genève , 477» : il n'en a pain que le premier volume ; IJérenger en a donné une édition plus complète : OEuvres de feu M. Abauzit , Londres (Hollande), 1773, 2vol. in-8\ Le premier recueil ne contient que buit dissertations tur la religion naturelle et la révélation judaïque; sur les Epitrcs de St. Paul aux Romains et aux datâtes; sur l'idolâtrie > tur l'eucharistie ; sur l' Apocalypse; sur la controverse, et une explication des ch. 44 et \lde Daniel. Les éditeurs du second recueil n'ont donné de ces pièces .que les Rt flexions sur l'eucharistie et sur l'idolAtrie , et l'Essai sur l'Apocalypse , contre l'orthodoxie duquel Vincent Fassini écrivit en 4778 , et qui a été aussi l'objet de la critique de liergier , dans son Traité historique et dogmatique de la religion , t. 8. Ils y ont joint les Réflexions sur les mystères de la religion, des explications de plusieurs passages obscurs de l'Ancien et du ISouveau Testament ; des dissertations sur la connaissance de Jésus-Christ, tur l'honneur dù à Jésus-Christ, sur le Suint-Esprit (4); et plusieurs dissertations sur des points de littérature et d'antiquités; tels que sur celte question : S'il est vrai ipie Virgile ail fait, à la fin de sa vie, quelques changements à l' Enéide; sur quelques méprises du dictionnaire de la Martinicrc ; sur les aurores boréales: tur le disque d'argent trouvé près de Genève ; les ruines de Pœslum ; le camp de Galba; les monuments d'Aix, en Savoie; un prétendu écu d'or du prince de Coudé, en 1307; sur les réductions du calendrier ; sur le passage des Alpes par Annibal; des lettres sur différents sujets. Les meilleures productions d'Abauzit sont ses additions, dissertations , corrections , notes, plans, carte des BOT troua du lac Léman, qui ornent l'édition de Yllisloire de Genève , de 4730. Il a laissé des dissertations

(«) On die <tr Firmin Ahanzil nn litre dancerrax sons te t.lre: ntfutms impHtoe* «r (m Etmtila. (Vuy. Etfrii des Jour- •m, nui ms, p. 3*9 ei suit.) t.

ABA 23

manuscrites sur les éclipses de lune ; tur 'la pesanteur; sur les Raechides et la C.asinade Plaute;tur l'antiquité des Assyriens , etc ; mais la plupart de ces manuscrits ont été brûlés A Uzès par le zèle religieux de ses héritiers (roy. Baiyx ci-après), et il n'en existe plus qu'une correspondance avec un de ses oncles , ministre protestant , sur des questions de théologie et de sciences. Abauzit n'était pas moins rccommandahle par son caractère que par l'étendue •le ses connaissances. Il était religieux par principes, et chrétien par conviction ; il ne blâmait jamais les autres de penser autrement que lui. Laliarpe a dit qu'il était respectable par une longue carrière, passée tout entière dans les études de la philosophie et dans l'exercice de tontes les vertus; un trait suffira pour donner une idée de son extrême douceur. Il passait pour ne s'être jamais mis en colère : quelques personnes s'adressèrent à sa servante pour s'assurer s'il méritait cet éloge. Il y avait trente ans qu'elle était à son service : elle affirma que pendant tout ce temps elle ne l'avait jamais vu en colère. On hu promit une somme d'argent si elle pouvait parvenir à le fâcher ; elle y consentit ; et. sachant qu'il aimait à être bien couché, elle ne lit pas son lit. Abauzit s%i aperçut , et le lendemain matin lui en lit l'observation. Elle répondit qu'elle l'avait oublié : il ne dit rien de plus. L« soir, le lit n'était pas fait : même observation le lendemain ; elle y répondit par une excuse vague , et encore plus mauvaise que la première. Enfin , à h) troisième fois il lui dit : « Vous n'avez pas encore « fail mon lit : apparemment que vous avez pris « voire parti là-dessus, et que cela vous parait trop « fatigant; mais après tout il n'y a pas grand mal , « car je commence à m'y Taire. » Attendrie par tant de patience et de bonté, la servante lui demanda pardon, et lui avoua l'épreuve à laquelle on avait voulu mettre son caractère. A. L. M.

ABAZA, pacha de Rasnie, tirait son origine du pays des Alwres ; il est célèbre dans l'histoire ottomane par sa bravoure , ses talents, et les circonstances extraordinaires dans lesquelles il s'est tromé. Il se fit connaître vers l'an de l'hégire 4033 (1023 de J.-C.). Après la mort du malheureux Othman II, Abaza, pacha d'Erzeroum, leva l'étendard de la rébellion, sous prétexte de venger le jeune prince que les janissaires avaient fait périr. Tous les pachas envoyés contre lui, partageant en secret sa haine, cherclièrènt plutôt a le Tavoriser qu'à le détruire. Aussi ne doit-on pas s'étonner des' grands progrès que lit la révolte d'Abaza sous Mustapha I", qui ne gouvernait que de nom, et .sous Amurath (Mourad) IV, trop jeune encore pour se faire craindre. Des milliers de janissaires, dans les provinces asiatiques, étaient tombés sous les coups de ce terrible ennemi. Les janissaires demandèrent à grands cris à marcher contre lui ; trois grands vizirs l'attaquèrent inutilement. Enfin Khosrou -Pacha le rejeta dans Erzroum, et le força de se rendre prisonnier, en Ifi23, après une résistanre de cinq jours. Abaza, charge de chaînes, fut amené aux pieds d'Amurath IV ; le sultan lui pardonna, et, non content de lui laisser la vie, il le lit beyglerbeygde lu Bosnie. Cet exemple de clémence, uni-.

Page 1