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tionnalre de droit, un traité de Slatutis, des Commentaires sur les Pandectes, sur le Code. M— x.
ALBERMALE ( duc n' ). Voye: HORCK.
ALBÉRON I", évèque et prince de Liège , en 1125, n'était pas, comme on le dit communément, frère de Godefroid le Barbu, fils de Itenri II, comte de Louvain, mais fils d'un premier mari d'Adélaïde, épouse de Henri II. C'était un prélat recommandable par la pureté de ses mœurs et la douceur de son caractère. Son règne n'est remarquable que par la suppression du droit de mainmorte qu'il abolit dans ses terres longteitqts avant Henri III, duc de Brabant. ( Voy. Bhaba.yt). Ce droit, dit le laborieux M. Dewez, consistait dans l'obligation de céder au seigneur, quand un père de famille mourait, le plus beau meuble de la maison ; ou, pour le racheter, il fallait couper la main droite du défunt et la pritenler au seigneur. Cette coutume singulière n'est rien moins que prouvée. M. Dewez a copié ces | détails dans Desrocbes, qui, ainsi que l'auteur de la Bibliothèque det coutumes et Furetiére, les a empruntés au Magnum Chronicon Belgicum, d'où Chapeauville les avait extraits. Mais on n'en trouve aucune trace dans les monuments législatifs. Le savant Moser, dans ses Palriotisch fanlasien, a prouvé que les serfs seuls n'étaient pas mainmortables, mais que des évéques même l'étaient a l'égard de l'empereur, des chapitres à l'égard des évéques, etc. Kluit a fait une dissertation curieuse sur cet objet, touchant lequel on trouve aussi des renseignements dans les Recherches sur la ville de Gand du chev. Diéricx. Albéron mourut le 1er janvier 1128. R— g.
ALBERONI (Jli.es), cardinal et ministre d'État, était fils d'un jardinier. Il naquit le 30 mars 1(164, à Firuenzola, village du Parmesan, reçut l'éducation nécessaire pour entrer dans l'état ecclésiastique, et commença par être clerc-sonneur à la catltédrale de Plaisance. Sa fortune rapide a donné lieu à des anecdotes apocryplies, recueillies sans examen par quelques biographes, et que nous ne réfuterons que par un récit plus exact. Doué d'une rare intelligence, Alberoni devint, en peu de temps, chanoine de Parme, chapelain et favori du comte de Roncovicri, évéque de St-Donnin. Lorsque le duc de Parme envoya ce prélat auprès du duc de Vendôme, commandant en Italie les armées françaises, Alberoni l'accompagna, cl fut admis auprès du général français, qui goûta son esprit vif et enjoué, devint son protecteur, l'emmena en France et à l'armée d'Espagne, où il le chargea de commissions secrètes pour Philippe V, auquel il le liteonnattre avantageusement. Après la mort du duc de Vendôme, Alberoni revint en France, et ce fut à Paris que le duc de Parme, son souverain, lui adressa l'ordre de se rendre à Madrid, pour y résider comme son agent politique. La célèbre princesse des Ursins était alors toute-puissante par ses intrigues; Alberoni forma le projet de la supplanter et de gouverner l'Espagne à sa place. Ce fut dans ce but qu'il négocia, à l'insu de la favorite, le mariage de Philippe V avec Elisabeth Farnèse, héritière de Parme. Ses mesures furent si bien combinées, que la princesse des Ursins n'apprit
qu'avec toute la cour l'événemeat qui allait renverser tout son crédit. Alberoni su! exciter avec tant d'adresse la jalousie de la nouvde reine contre la favorite, qu'il la lit exiler; il obtint toute la confiance d'Elisabeth, et fut nommé, succesivement, premier ministre, cardinal et grand du royaume. Arbitre de l'Espagne , il entreprit, dès 1715, de lui rendre son ancien éclat ; se montrant digne de son élévation, il rétablit l'autorité du roi, réforma les abus, créa une marine, organisa l'armée espagnole comme celle de France, et, enlin, rendit ce royaume plus puissant qu'il ne l'avait été depuis Philippe II. Il s'occupa ensuite à réaliser les vastes plans qu'il avait conçus pour rendre à l'Espagne tout ce qu'elle avait perdu en Italie, à commencer par la Sardaigne et la Sicile ; et, trompant les puissances de l'Europe, et nommément le pape, sur le Lut de ses armements, il chercha d'abord, par des négociations secrètes avec les princes d'Italie, à ruiner, dans cette contrée , la puissance de l'Autriche ; mais, contrarié par le duc d'Orléans, régent de France, il vit avec douleur ce prince renoncer à l'alliance de l'Espagne, pour s'unir à l'Angleterre. La quadruple union , sourdement préparée entre ces deux puissance, la Hollande et l'Empire, ne changea point ses réfutions ; il se contenta de couvrir ses projets d'un voie impénétrable, et de méditer en silence les moyendont il pourrait se servir pour se venger à la fois dsrcgent et du roi d'Angleterre. Bientôt il lève hardi «en t le masque, attaque l'Empereur, lui enlève la Sadaigne, envahit la Sicile, et fait triompher de nouveau la marine espagnole; ces succès encourageant en ambition, il rejette les ouvertures que l'ambasadeur anglais Slanhope vient lui faire à Madrid. Nais la fortune ne seconda pas ses vastes desseins : la flotte anglaise, aux ordres de l'amiral Byng, détruisit l'escadre espagnole à la hauteur de Syracuse. Alberoni , loin d'être abattu par ce désastre, travail! avec une nouvelle ardeur à rassembler d'autres armées de terre et de mer, sans s'effrayer de la diffkilté de soutenir la guerre conUe les trois plus grands puissances de l'Europe. Ses plans, conduits habilemat et avec beaucoup de secret, tendirent dès lors a opposer une coalition à celle qui venait de se former contre l'Espagne, et à unir cette puissance avee la Russie, la Suède et la Porte Ottomane. Déjà il rvait contribué au rapprochement de Pierre le Grand et de Charles XII, si obstinés dans leur haine ; déjà le prince Ragotski , encouragé par l'or et les promesses du cardinal, se préparait à exciter une gterre civile en Hongrie avec le secours des Turcs; et «ifin une conspiration audacieuse, fomentée en France par ordre d' Alberoni et conduite par Cellamare, n'attendait plus que les derniers ordres de Madrid \Mir renverser le duc d'Orléans et déférer la couronnes Philippe V, lorsque le secret fut révélé au cardinU Dubois. Le régent s'unit alors encore plus étroitament au roi d'Angleterre, et déclara la guerre à l'Espagne, en 1719, après avoir exposé, dans un majesté, les intrigues du cardinal italien Alberoni pe fut point effrayé de ces attaques , personnelles, d de la mort inopinée de Charles Xlf, qui lut faisaiî perdre l'es-
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péranoe d'une utile diversion. Résolu de soutenir une , lutte inégale, il brava la quadruple alliance, et suivit avec courage le projet de détrôner Georges I", et d'exciter une guerre civile en France. Mais une tentative que fit le Prétendant en Angleterre échoua ; une armée française, après avoir franchi les Pyrénées, s'empara de St-Sébastien et de Fontarabie; Alberoni marcha, avec Philippe V, à la défense des frontières, moins pour repousser les Français par la force des armes, que dans l'espoir de les entraîner à une défection contre leurs chefs : ses tentatives furent sans succès. Tandis que la constance de Philippe était ébranlée par tant de pertes arrivées coup sur coup, et par la crainte de voir l'ennemi pénétrer jusqu'au cœur de l'Espagne, il fit inutilement des propositions de paix : le renvoi d'Alberoni fut la première condition imposée par l'Angleterre et la France. La reine, à l'instigation de Laura, sa nourrice, gagnée par le régent, abandonna le ministre, qui reçut, le 5 décembre 1719, l'ordre de sortir dans vingt- quatre heures de Madrid, et dans quinze jours du royaume. Livré, par l'ingratitude de son roi, à toute la haine que lui avaient vouée les puissances de l'Europe, Alberoni ne savait pas où se retirer. Rome, refuge ordinaire des princes de l'Église, ne lui offrait pas même un asile assuré. 11 n'était pas encore au delà des Pyrénées, qu'on attaqua sa voiture ; un de ses domestiques fut tué, et lui-même, pour échapper à une bande d'assassins apostés, fut obligé de se travestir et de continuer son voyage à pied. On prétend que la cour d'Espagne s'aperçut qu'Alberoni emportait le testament par lequel Charles II avait institué Philippe Y héritier de la monarchie, et qu'il fallut user de violence pour obliger le ministre disgracié à rendre ce titre précieux, dont il aurait pu se servir pour gagner la confiance de l'Autriche. Il traversa le midi de la France, escorté par un officier chargé de le surveiller, et d'empècher qu'on lui rendit aucun honneur. Arrivé aux frontières de Gênes, il erra d'abord sous un nom supposé, n'osant s'exposer au ressentiment de Clément XI, qu'il avait trompé, pour obtenir de lui le chapeau de cardinal, et qui menaçait de lui faire son procès. Fatigué d'une vie si pénible, Alberoni hasarda de fixer sa résidence à Sestri di Levante, dans le territoire de Gènes; mais il y fut bientôt arrêté, à la sollicitation du pape et de Philippe V, qui se joignit à ses persécuteurs. Cette ligue des potentats de l'Europe contre le fils d'un paysan obscur est bien digne de remarque, et elle a beaucoup contribué à la renommée et à la gloire d'Alberoni. Honteux d'avoir violé le droit des gens à son égard, les Génois lui rendirent la liberté, et la mort du pape Clément mit enfin un terme à cette longue persécution. Il ne quitta sa retraite que pour se rendre au conclave, après la mort de Clément XI. Innocent XIII le fit juger légalement ; le libertinage de sa vie privée fut au nombre des accusations qu'on fit peser sur lui ; il fut condamné à quatre années de réclusion dans un couvent; mais sa peine fut réduite a une année, qu'il passa dans la maison des jésuites; enfin, il fut entièrement absous, dans un consistoire du 20 décembre