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poussé. Il seconda l'ordre teutonique dans une espèce de croisade contre la Prusse, où le christianisme n'avait pas encore jeté des racines bien profondes. Enfin, des nobles bohémiens s'étant révoltés contre Venceslas leur roi, Albert, qui s'efforçait de diminuer les prérogatives de la noblesse en Autriche, embrassa la cause de la noblesse en Bohème, et entra dans ce pays a la tète d'une armée : mais il fut attaqué subitement d'une maladie dont il mourut, à 46 ans, au mois d'août 1595. Marié deux fois, il ne laissa qu'un fils qui, à sa mort, était âgé de seize ans. Sa première femme fut Elisabeth, fille de l'empereur Cliarles IV; il n'en eut point d'enfants. La seconde fut Béatrix, fille de Frédéric, bourgrave de Nuremberg. B. C. — T.
ALBERT IV, duc d'Autriche, (ils unique d'Albert III, et surnommé le Pieux, était parvenu i l'âge de seize ans lorsque son père mourut, au mois d'août I "'>.'). On a vu, dans l'article d'Albert III, que ce prince avait été dépouillé de la plus grande partie de son patrimoine par son frère I^éopold IL Guillaume, fils ainé de ce Léopold, et qui lui avait succédé, voulut traiter son cousin comme son père avait traité son oncle, et forma des prétentions sur l'Autriche, seule province que Léopold n'eût pas enlevée à Albert III. Albert IV se défendit de son mieux, mais il fut obligé de transiger. Il fut convenu qu'Albert et Guillaume régneraient conjointement sur l'Autriche. A peine cet accommodement avait-il eu lieu, qu'Albert, soit qu'il fût mécontent d'un traité par lequel il avait cédé des droits évidents, soit qu'il se sentit entraîné par un caractère nanirellemcnt romanesque, entreprit le pèlerinage de la terre sainte, laissant Guillaume seul en possession du pouvoir. Les aventures d'Albert, pendant cette pieuse et lointaine course, ont été célébrées par plusieurs poètes et romanciers, en prose et en vers; et il a été surnommé, dans les ouvrages fabuleux du temps, la M errai le du monde; mais comme il n' y a rien d'authentique dans tout ce que l'on raconte de son voyage à Jérusalem, et que ce voyage ne s'associe a aucun fait de l'histoire, nous ne rendrons point ici compte des anecdotes moitié religieuses et moitié chevaleresques rapportées à ce sujet. Revenu à Vienne, Albert IV épousa Jeanne de Hollande, dont il eut un fils. Des dissensions s'étant élevées entre ses oncles, Sigismond, roi de Hongrie, et Venceslas, roi de Bohême, le même auquel le père d'Albert allait faire la guerre lorsque la mort le surprit, Albert se conduisit avec tant deprudence,qu'il se concilia l'amitié des deux parties belligérantes. Sigismond, s'étant emparé de la personne de Venceslas, crut ne pouvoir le remettre en de meilleures mains qu'en celles d'Albert. Leduc d'Autriche traita son oncle prisonnier avec I»eaucoup de douceur, et lui facilita les moyens de s'échapper. Il parvint ensuite à le réconcilier avec Sigismond, et les deux rois furent tellement satisfaits de sa conduite, que tous deux, simultanément, le déclarèrent leur successeur, dans le cas où ils mourraient sans enfants mâles. Albert avait ainsi en perspective l'héritage presque assuré de deux puissants royaumes;
et, pour les mériter, il secondait de toutes les forces de son duché Sigismond, contre quelques seigneurs qui voulaient secouer son joug, lorsqu'il fut empoisonné par l'un d'eux qu'il assiégeait dans la forteresse de Znaïm, de concert avec le roi de Hongrie. Il mourut des suites du poison, dans sa 27e année, le 4 septembre 14 < 4, laissant un fils âgé de sept ans. Albert IV avait le même goût que son père pour la théologie, et ce goût en lui était fortifié par une extrême dévotion. Pion content d'avoir visité le saint sépulcre, il adopta, de retour en Europe, la vie d'un anachorète, autant qu'il lui fut possible. Souvent retiré dans un couvent de chartreux, il s'y faisait appeler le frère Albert, assistait aux matines, lisait à haute voix les prières et les litanies, oliservait les jeunes, et se conformait scrupuleusement à tous les rites prescrits. Nous sommes loin de lui faire un reproche de ces occupations pieuses; mais la même dévotion qui rendait Albert si avide de pratiques minutieuses l'entraîna dans des mesures inexcusables. Du fond de sa cellule, il persécuta cruellement des hérétiques en Styrie, les faisant marinier d'un fer chaud, les plongeant dans les prisons, ou les condamnant i périr dans les flammes. Ces cruautés impriment sur son régne une tache indélébile. B.C. — T.
ALBERT V, duc d'Autriche, connu, comme empereur, sous le nom d'ALBEM II, naquit à Vienne, le lOaoût 1397. Il n'avait que sept ans lorsqu' Albert IV son père mourut, et cette mort prématurée lui donna pour tuteurs les trois cousins germains de son pére, Ernest, Guillaume et Léopold, tous trois fils de ce Léopold qui avait dépouillé Albert III de presque tous ses États. Guillaume avait déjà, du vivant d'Albert IV, formé des prétentions sur l'Autriche. Heureusement pour son neveu, il ne survécut guère au pére de celui-ci ; mais léopold ne se montra ni moins ambitieux, ni moins avide que Guillaume. Ce lut en vain que les états, craignant son administration, appelèrent à la régence son frère Ernest. Léopold avait un parti dans Vienne, et ce parti, d'abord opprimé, parvint à reprendre sa prépondérance, après avoir perdu sur l'échafaud plusieurs de ses chefs. Léopold chassa son frère, se lit déclarer seul tuteur d'Albert V, et vengea la mort de ses adhérents, en condamnant à des supplices cruels quelques-uns des liabitants les plus considérés de la capitale. Le peuple se souleva , Ernest se mit à la tête des mécontents ; le roi de Hongrie et le duc de Bavière se déclarèrent pour eux ; l'Autriche entière fut livrée au plus affreux désordre. Ce fut au milieu de ces troubles qu'Albert fut élevé. Léopold ne négligea rien pour inspirer au jeune prince le dégoût des affaires, et la passion des plaisirs grossiers et des exercices violents ; mais les hommes cliar;;és de son éducation trompèrent les calculs coupables de son tuteur : Albert acquit sous leur direction des connaissances étendues ; et, ce qui vaut mieux pour tous les hommes et surtout |>our les princes, une fermeté de caractère qu'il déploya fréquemment avec succès dans le cours de son règne. Les gouverneurs d'Albert, après avoir travaillé pour l'avenir, crurent que le moment était venu de s'occuper du présent.
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Le principal d'entre eux, Rcmprecht de Waldsée, négocia secrètement avec les états, leur peignit les maux emi résultaient de la longue minorité de son élève, du caractère impérieux et féroce de Léopold, des discussions qui se ranimaient sans cesse entre les habitants de Vienne et ce prince, entre ce prince et ses frères. Entraînés par ses représentations, les états s'engagèrent, par un serment solennel, à ne recevoir d'ordres que d'Albert V, leur légitime et unique souverain. A cette nouvelle, Léopold mourut subitement de rage, le 3 juin 1411 ; le clergé lui refusa les lwnneurs funèbres, et il fut enterré, sans pompe et de nuit, dans l'église de Sl-Étienne. L'enthousiasme du peuple, lorsqu'Albert se montra pour la première fois investi du gouvernement , ne connut point de bornes ; la foule se pressait autour de lui , et lui témoignait par ses acclamations son dévouement et ses es|*éranccs ; mais, au milieu de cette allégresse, Albert avait mille sujets de sollicitude : aucune police n'existait dans ses États, les routes étaient infestées de brigands, les tribunaux sans force, les propriétés menacées, le commerce interrompu ; les nobles abusaient avec audace des avantages de leur rang; les parvenus, de ceux de leur fortune. Albert crut qu'une sévérité inflexible était nécessaire. Dès les premiers jours de son administration, il fit brûler vifs, comme spoliateurs et comme faussaires , deux de ses courtisans, dont l'un avait jusqu'alors possédé sa plus intime confiance. Ce terrible exemple fût efficace ; en peu de mois l'ordre fut rétabli, l'Autriche devint le pays de l'Allemagne dont les liabitants goûtèrent la sécurité la plus complète, et on y disait proverbialement, que, partout où régnait Albert, l'or et l'argent se gardaient eux-mêmes, sur les grands chemins et au milieu des bois. Albert fut fiancé, en 1417, i la fille de l'empereur Sigismond, Elisabeth, qu'il épousa en 1421. Ce mariage rendit à la maison de Habsbourg des droits sur les royaumes de Hongrie et de Bohême ; mais cet avantage fut balancé par de graves inconvénients. Albert se trouva d'abord placé dans une situation difficile entre son beau-frère et Frédéric, l'un de ses oncles, dont Sigismond se déclara l'implacable persécuteur. ( Yoy. Frédéric d'Autriche, 4* du nom. ) Albert n'osa fournir à son parent que de faibles secours pécuniaires, et vit avec douleur, pendant un espace de trois ans, les princes de sa maison mis au ban de l'Empire, et dépouillés de leurs États par celui dont il devait épouser la fille. A peine était-il sorti de cette position pénible, que Sigismond l'entraîna dans la guerre des Hussites, qu'il avait excitée en se rendant coupable d'un exécrable parjure envers Jean Hus et Jérôme de Prague. ( Foy. ces noms. ) Albert fut forcé de partager les fatigues, les dangers, les tristes succès et les honteux revers de cette déplorable guerre : marchant toujours à la suite de son beau-père, il eut à souffrir de l'incertitude, des inconséquences et plus encore de la mauvaise foi de Sigismond, qui semblait se plaire a négocier avec ses ennemis, même quand il aurait pu les vaincre, comme s'il eût préféré au plaisir de vaincre celui de tromper. Albert fit une entrée magnifique à Prague,
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le 20 juin 1420, avec cet Empereur, qu'accompagnaient en pompe les électeurs de Cologne, de Trêves, de Mayeuce, de Brandebourg , l'électeur palatin , le duc de Bavière et une foule d'autres princes ; niais, vingt-quatre jours après, tous ces souverains et leurs troupes prirent la fuite devant une poignée d'Hussiles armés de faux et de bâtons. L'bisloire reproche à Albert des cruautés inexcusables dans sa retraite : il fit brûler, dans un village, deux ecclésiastiques, trois notables et quatre enfants , et ce fut avec peine que l'évéque de Passau l'empêcha de livrer aux flammes tout ce qui se trouvait sur sa route. La fortune le préserva d'assister à la honteuse défaite qui dispersa l'armée allemande dirigée par le cardinal Julien. Tandis que ce cardinal, à la téle de 80,000 croisés, car on avait prêché une croisade contre les Hussites, se faisait battre par 30,000 hommes, Albert contenait, par des mesures très- rigoureuses, mais du moins avec succès, les peuples de la Moravie ; et, l'année suivante , il parvint à chasser de l'Autriche entière Procope, le plus redoutable des successeurs de Ziska. Au milieu de la guerre des Hussites, la mort de Sigismond appela Albert, le 9 décembre 1437, au trône de Bohème. H eut à lutter contre les intrigues de sa belle-mère, Barbe de Cilly, femme de Sigismond. (Voy. ce nom. ) Cependant il fut couronné à Prague le 29 juin 1438 ; mais la guerre suivit de près son couronnement : les Hussites, animés par l'impératrice veuve, s'armèrent contre un prince qui devait sa couronne à l'assassin de Jean Hus ; et les Polonais pénétrèrent dans la Silésie et dans la Bohème, pour soutenir les prétentions de leur roi.. Albert eut à combattre pour sa propre cause dans les pays où il avait si longtemps combattu pour les intérêts de son beau-père. Maître de diriger seul les opérations militaires, et secondé par son allié, l'électeur de BrandetxHirg, il demeura enfin victorieux. Sur ces entrefaites, les Hongrois l'élurent pour roi ; ils se voyaient menacés à la fois par les Polonais et par les Turcs, et, voulant que les soins de leur monarque leur fussent consacrés exclusivement , ils exigèrent de lui la promesse que, si le choix des électeurs le portait sur le trône de l'Empire, il n'accepterait pas cette dignité. Albert, nommé Empereur, fut fidèle à sa parole. « La possession du monde, répondit-il au « messager qui vint lui annoncer son élection , est « d'un moindre prix à mes yeux que la sainteté de « mes serments et le salut de mon âme. » Les princes de sa maison, les pères du concile de Bile, les états d'Autriche, ne purent l'ébranler. Ce ne fut que lorsque les Hongrois eux-mêmes, pensant que l'accroissement de sa puissance serait favorable à leurs intérêts, le délièrent de ses engagements, qu'il se crut libre de placer sur sa tète la couronne impériale, qui depuis resta constamment dans sa famille. L'élévation d'Albert remplit l'Allemagne de joie et d'espérance, et les premières mesures qu'il prit répondirent à l'attente générale ; dans les diètes de Nuremberg et de Mayence, il fit porter une foule de lois relatives à la tranquillité publique et particulière ; il proposa une nouvelle division de l'Allemagne, division qui aurait facilité le maintien de la paix et
la répression des désordres ; il réforma l'administration de la justice, modéra les prétentions arbitraires des juges, et Méfia de restreindre surtout la puissance redoutable et mystérieuse des cours véhmiques ou des tribunaux secrets de la Westphalie ; mais cette institution singulière résista longtemps encore aux efforts des Empereurs. La conduite d'Albert, au milieu de la lutte qui s'était élevée enlre le pape Eugène IV et le concile de Baie, fut remarquable par sa modération et sa prudence ; il n'accepta point la commission fâcheuse de dissoudre ce concile, qui lui fut déférée par Eugène IV ; il ne prononça point entre les deux assemblées rivales ; mais il fit adopter par la diète de Mayence les résolutions des pères de Bàle , qui tendaient à réprimer les empiétements de l'autorité pontificale. L'Allemagne lui dut l'abolition des annates, des réserves, des expectatives, et le rétablissement universel des élections canoniques. Enfin, la sagesse d'Albert et sa fermeté semblaient annoncer la régénération de l'Empire ; mais ces heureux présages s'évanouirent tout à coup. Depuis près d'un siècle , la puissance des Ottomans devenait chaque jour plus menaçante ; Bajazet avait subjugué la Macédoine, la Thessalie, le Péloponèse, conquis la Bosnie et la Bulgarie, et traversé le Danube. Vainqueur de Sigismond et d'une innombrable armée de croisés, il était tombé lui-même suus les coups de Tamcrlan, au moment où il allait investir Constantinople; mais son petit-fils, Amurath II, après de longues guerres civiles , dont les Grecs dégénérés n'avaient pas su profiter , reparaissait plus terrible que son aïeul ; il avait, d'un côté, soumis la Grèce ; de l'autre, dévasté la Transylvanie ; et, forçant le despote de Servie à lui donner sa fille et a lui livrer passage, il méditait l'invasion de la Hongrie. Albert se vît forcé de suspendre tous ses projets de réforme, toutes ses vues d'amélioration, pour s'opposer à ce féroce adversaire. Contrarié par la malveillance de la noblesse, et plus encore par l'épuisement des peuples, il rassembla avec peine une armée de 24,000 hommes, et s'avança contre Amurath, qui en commandait plus de 150,000. Son courage aurait peutêtre suppléé à l'infériorité de ses forces ; mais les maladies et la trahison rendirent tous ses efforts inutiles ; la dyssenteric moissonna ses soldats ; des nobles mécontents entamèrent avec l'ennemi une correspondance coupable. Amurath eut la générosité d'en avertir Albert. Les traitres démasqués poussèrent l'armée à la révolte ; les soldats se débandèrent. Albert, que la contagion n'avait pas épargné, fut contraint à la retraite ; et , succombant aux souffrances physiques et morales qui se réunissaient l>our l'accabler, il mourut dans un j>elit village de Hongrie, le 27 octobre 1439, à l'âge de 42 ans, sans avoir été couronné Empereur, quoiqu'il eût enfin accepté sa nomination. Elisabeth, sa femme, était enceinte d'un fils, qui, né quatre mois après la mort d'Albert, fut surnommé Ladislm le Piaihume. Albert avait eu trois autres enfants, dont deux seulement lui survécurent, Elisabeth, femme de Casimir, roi de Pologne, et Anne, qui fut mariée à Guillaume, électeur de Saxe, seule espérance de l'Allemagne
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pour son repos intérieur, et presque l'unique appui de I'Euroj>c contre les Turcs. AIImtI fut universellement regrette; sa taille était noble et élevée, ses yeux d'un bleu clair ; mais la vivacité de ses regards, et son teint bruni par la fatigue et les exercices militaires, contrastaient avec ses elieveux blonds qui tombaient sur ses épaules. Menacé, dés son enfance, par des factions qu'il eut sans cesse à comprimer, il poussa quelquefois la sévérité jusqu'à l'excès. Entraîné par l'exemple et l'esprit de son siècle, il se livra à des cruautés et à une intolérance religieuse que nous ne concevons plus ; il pomnHit les juifs avec un acharnement aveugle et suis bornes. Imbu de l'opinion alisurde, mais alors accréditée, que ces malheureux enlevaient des hosties consacrées [mur les outrager, il ne leur laissa que le choix du ba|>tênie , de l'exil ou du bûcher ; plusieurs se tuèrent eux-mêmes ; 1 ,200 furent brûlés vifs, et leurs biens confisqués. C'est une tache horrible ; mais c'est la seule qui souille le règne d'Albert. Du reste, ce prince fut tempérant, juste, intrépide, simple dans ses tnrurs, sensible dans ses affections privées. 11 n'exprima qu'un seul regret en mourant, celui de ne pas •errer sur son cn*ur son épouse , qu'il laissait enceinte. Durant dix-huit ans de mariage, il n'avait pas Une seule fois semblé se plaire, même jiassagèrcment, avec une autre femme. On a vu jusqu'à quel point il poussait la fidélité à sa |>arole, puisqu'elle pensa lui faire refuser la première couronne de la chrétienté. B. C — T.
ALBERT de Mecklenbourg , roi de Suède , second fils du duc Albert I" de Mecklenlmurg et d'Kuphémie, fille de Magnus, roi de Suède. Les grands de ce royaume, mécontents de Magnus et de son fils Uaquin, prirent les armes et offrirent la Couronne au duc de Mecklenbourg , qui la refusa pour lui-même, et désigna son fils, qu'il recommanda à la noblesse suédoise. Ce jeune prince fut •fors élu, et reçu à Stockholm, en I3«5, par se» nombreux partisans. Les états s'assemblèrent, et, après avoir déposé Magnus, confirmèrent l'élection d'Albert. Cependant Magnus avait encore dans le royaume un parti qui pouvait tirer des secours du Danemark. Il entreprit de chasser Albert; mais ce prince lui livra bataille en 15«3, le fit prisonnier, et conclut ensuite la paix avec le Danemark , pour régner sans contestation. Cette paix , qui lui avait coûté d'asser grands sacrifices, dura peu; Albert entra dans la ligue des villes hanséatitpies contre le Danemark ; et , s étant rendu maître d'une partie de la Scanie, il profita enfin du retour de la paix pour demeurer tranquille possesseur de son royaume. Mais, voulant affermir et étendre son pouvoir, il commit les mêmes fautes que le roi Magnus qu'il avait détrôné. Il entreprit de rendre son autorité absolue, en introduisant des Allemands «lans son armée, et même dans le sénat , contre les lois expresses du royaume; et, comme les revenus ne suffisaient pas [mur ses favoris et ses mercenaires, il s'empara de vive force du tiers de toutes les rentes du clergé et des laïcs. Ces violences irritèrent la noblesse suédoise, toujours prompte à s'alarmer; elle
I reprit les armes et réclama l'appui de Marguerite, alors reine de Danemark , et surnommée la Sètniramis du Nord. Cette [«"incesse accueillit la demande des noMes suédois , sous la condition qu'elle posséderait la couronne de Suède et la transmettrait à ses héritiers. Elle entra aussitôt dans le royaume; mais le peuple se déclara pour Albert . Marguerite, acceptant un défi qu'Albert lui avait adressé dans une lettre pleine d'injures, le combattit à Falkrrping, le 24 février 1589 , et mit son armée en déroute dans une sanglante bataille ; Albert et son fils Eric furent faits prisonniers et enfermés à Lindholm, en Scanie. On les transféra ensuite à Calmar, où Albert resta détenu sept ans. Le parti de ce prince n'était pas encore détruit , et la pierre qui désola alors la Suède fut une des plus cruelles dont l'histoire fasse mention. Stockholm fut réduit à la plus grande détresse, par le siège qu'en formèrent les troupes de Marguerite, et par la tyrannie qu'exerça la garnison qui tenait pour le parti d'Albert. Enfin, par un traité conclu en 1394. Marguerite consentit à rendre la liberté à Albert et à son fils , sous la condition que Stockholm lui serait livré dans trois ans ; mais le premier usage qu'Albert Ht de sa liberté, fut de se soustraire à cette ignominieuse capitulation, avec l'aide des chevaliers leutoniques, qui lui remirent l'ile de Golhland dont ils étaient en possession. Peu de temps après , ayant perdu son lils Éric , Albert se soumit sans peine aux conditions de son traité avec Marguerite, et lui abandonna Stockholm et tous ses droits sur la Suède. Il passa le reste de ses jours dans le couvent de Dobran, dans le Mecklenbourg, et y mourut, dit-on, en 1412. B — P.
ALBERT, archiduc d'Autriche, gouverneur des Pays-Bas , sixième fils de Maximilien II , naquit eu 153 , fut destiné aux dignités de l'Eglise, et nommé , très-jeune , cardinal - archevê<rue de Tolède. Il sut se concilier l'estime universelle, et Philippe 11 , roi d'Espagne, dont il était le neveu, l'envoya, en 1585 , en Portugal, pour gouverner, en qualité de vice-roi, ce royaume nouvellement conquis. La conduite d'Albert* dans ce pays plut tellement au roi d'Espagne, qu'il donna à son neveu le gouvernement des Pays-Bas, dont les sept Provinces-Unies venaient de se séparer. Non-seulement Philippe II avait |»erdu cette partie importante de ses possessions , mais le sort des autres dépendait de l'issue incertaine d'une guerre ruineuse ; cependaut, comme l'orgueil de ce monarque ue lui permettait pas encore de pro|ioser la paix en son nom à des sujets révoltés, il confia le soin de cette affaire imitante au cardinal Albert , es|iérant tout de la sagesse de son administration. Ce prince, avant de quitter l'Es- [»agne, obtint la liberté de Philip|ie-Guillaunie de Nassau, fils ainé du dernier prince d'Orange , et lit consentir le roi à le rétablir dans ses biens, persuadé que cet acte de bienveillance lui concilierait les Provinces-Unies, et serait utile à la cause royale. Besoin cependant de faire marcher île front la politique et les armes , le cardinal Albert vint à Luxembourg, en 1590, et commença ses opérations militaires par la réduction de Calais, d'Ardres et <to
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Hulst ; mais ces sucées furent plus que balancés par ceux du prince Maurice ; d'un autre côté, les négociations pacifiques échouèrent; cependant, la poix entre l'Espagne et la France ayant été conclue à Vervins , en 1598, Pliilippe II inaria , la même année, sa fille Isabelle-Claire-Eugénie à Albert, qui renonça alors à la pourpre romaine. Depuis cette époque , on regarda les deux époux comme souverains des Pays-Bas catholiques; ils firent leur entrée publique à Bruxelles, avec une grande pompe, en 15(10. Les Hollandais ne marquant aucune disposition pour rentrer sous l'autorité de la maison d'Autriche , l'archiduc recommença la guerre avec vigueur, et attaqua le prince Maurice a Nieuport, le 2 juillet 1600; mais il fut battu, après avoir vu la \Mtoire près ne se décider pour lui au commenre— ment de la bataille. Cependant il tint encore la campagne avec une puissante armée; et, l'année suivante , il fit le siège d'Ostende , qui dura trois ans. Cette entreprise était devenue pour les Espagnols une affaire d'honneur et d'obstination ; elle leur coûta 100,000 hommes et des sommes immenses, et ne leur valut qu'un monceau de cendres. Pendant ce temps, le prince Maurice leur enlevait Grave et l'Écluse, et rendait la situation d'Albert très-critique. Après avoir fait la guerre avec quelque gloire et peu de succès, ce prince s'estima heureux d'envoyer des députés à la Haye pour traiter avec les Hollandais, comme avec mie puissance indépendante ; et il conclut d'abord une trêve de quelques mois, puis une autre de deux ans. Albert profita de ce moment de repos pour régler les affaires intérieures des provinces catholiques, et se rendre agréable au peuple par une administration douce et équitable. Peu de temps après l'expiration de la trêve, il mourut, en 1621 , âgé de 62 ans, sans postérité, et regretté de ses sujets. B — p.
ALBERT l'Ours , dit aussi le Beau, margrave de Brandebourg, comte d'Ascanie, de Wolge et de Bernbourg, fils d'Othon le Riche, né en 1106, fondateur de la maison de Brandel»ourg. La fortune le combla d'abord de laveurs : en 1135, il acquit le margraviat de Lusare, celui de Salzwedel , et l'empereur Conrad II! lui donna le duché de Saxe. Il n'en jouit pas tant que vécut le duc Henri le Généreux ; mats , à sa mort , il voulut s'en emparer de force. Comme il se disposait à envahir aussi Brème, les princes saxons embrassèrent avec tant de chaleur la défense du jeune Henri, surnommé depuis le Lion , qu'Albert fut chassé de ses conquêtes et dépouillé de ses propres États; ilrecouvra ces derniers par un traité conclu à F/ancfort-«ur-le-Mein , en 1145. Dès lors il prit le titre de margrave de Brandebourg, mais il fut obligé de conquérir ce qui lui avait été rendu. Alb'Tt fut malheureux dans la croisade contre les Vénèdcs, et plus encore dans la guerre qu'il eut à soutenir, en 1159, contre le roi de Pologne Jazko , qui s'empara de ses possessions, et prit même la ville de Brandebourg, qu'Albert reprit peu après. Il peupla ses Etats en invitant des Hollandais, des Flamands et autres étrangers ruinés à venir s'y établir. Tranquille posses-
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seur enfin du Brandebourg, il entreprit, en 1188, un pèlerinage a Jérusalem, dont le résultat le plus important fut l'introduction des chevaliers de St-Jean dans son margraviat. A son retour, il s'occupa d'étendre ses domaines et de fonder des villes. C'est à lui, probablement, que Berlin, Francfort-sur-l'Oder, Bernau . I.andsl>erg , etc. , doivent leur origine : il mourut en 1170. G— T.
ALBERT, margrave et électeur de Brandelmurg, surnommé l'Achille et l'Ulvsse de l'Allem agne, à cause de sa prudence et de sa valeur , né à Tangermund, le 24 novembre 1414, était le 5* fils de Frédéric I", à qui l'empereur Sigismond avait cédé la Marclie électorale. 11 fit ses premières armes au service de l'Empereur, et se distingua, en 1458, dans la campagne contre les Polonais. Louis le Contrefait, duc de Bavière , ayant épousé la smir d'Albert , fut menacé par son père, Lotus le Barbu , d'être déshérité, à cause de ce mariage ; il appela Albert à son secours ; celui-ci accourut , battit le vieux duc en plusieurs rencontres, le fit prisonnier, et ne le remit à son cousin, Henri de Landshul, qu'à la charge par le prisonnier de payer les frais de la guerre, qui se montaient à 5,200 florins. La ville de Nuremberg, dont il était bourgrave, lui ayant donné divers sujets de plainte , il entra en campagne contre elle en 1149, et déploya dans ces nouveaux combats une valeur presque incroyable. Un jour, il résista seul à seize ennemis, en disant : « Où pourrais-je mourir « plus glorieusement? » Au siège de Gnrfeuberg, il monta le second à l'assaut, s'élança le premier dans la ville, et s'y maintint jusqu'à l'arrivée de ses soldats. Enfin, après avoir gagné sept batailles, et n'avoir été qu'une fois vaincu , il conclut avec les révoltés, en 1150, une paix dont l'Empereur fut le médiateur. En 1404, la mort de son frère aîné, Jean l'Alchimiste , le rendit maitre de sa principauté de Bareuth, et, en 1470, il parvint, par l'abdication de son second frère Frédéric, à l'électoral de Brandebourg. Se trouvant en possession de tous les pays <pii avaient appartenu à son père, dans la Franconie et dans la haute Saxe, il se mit, en 1474, à la tète de l'année que l'Empire faisait marcher contre Cliar- Ies. duc de Bourgogne, qui assiégeait Neuss; mais ce différend s'étant terminé à l'amiable, Albert n'engagea point d'action. En 1476, il abandonna à son fils, Jean le Cicéron, l'administration de ses États, se réservant la dignité électorale et le droit de conseil : il vécut encore dix ans à Francfort -sur- le - Mein. G — T.
ALBERT, margrave de Brandebourg, premier duc de l*russe, né le 17 mai 1490, fut nommé, en 1510, grand maître de l'ordre teutonique, et refusa de rendre à Sigismond, roi de Pologne, l'Iiomtnage qtfil lui devait a ce titre. Après d'inutiles négociations à ce sujet, la guerre fut déclarée: Albert fit tous ses efforts pour la soutenir avec vigueur; il parcourut l'Allemagne, vendit ses biens pour lever des troupes, et essaya vainement d'engager la diète de l'Empire à lui prêter du secours. L'ordre teutonique avait perdu sa considération et sa puissance : Maximilien I" avait promis au roi de Mogne de
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n'en plus embrasser les intérêts. Charles-Quint reprocha à Albert son refus de rendre hommage à Sigismond, et le pape se contenta de faire des exhortations peu écoutées. Abandonné de tous, et pressé par les Polonais, Albert conclut à Cracovie, en 1525, un traité par lequel, renonçant au titre de grand niai ire et au manteau de l'ordre teutonique, il reçut la Prusse inférieure comme fief de la Pologne, et avec le titre de duché, pour lui et ses descendants, sauf quelques redevances au roi des Polonais. Lihrc ainsi de ses vœux religieux , et n'ayant plus de guerre à soutenir, Albert embrassa la religion luthérienne, et épousa, en 1527, Dorotliéc, fille du roi de Danemark. Ce changement de religion et ce traité lui attirèrent des ennemis. Erich de Brunswick, commandeur à Memel, prit les intérêts de Tordre teutonique, et marcha contre le nouveau duc; mais ses soldats l'abandonnèrent, et il se vit obligé de faire la paix. Cliarles-Quint déclara nul le traité, comme contraire aux intérêts du pape , de l'Empire et des chevaliers teutoniques : Albert fut mis hors du ban de l'Empire. Sans l'éloignement de ses États, et l'entremise de Sigismond, il n'eut pu se soustraire aux coups qui le menaçaient : il dut sa tranquillité aux vives représentations du roi de Pologne. lVevenu paisible possesseur de sa nouvelle principauté, il introduisit partout la confession d'Augsbourg, s'appliqua à améliorer le sort de ses sujets, fonda l'université de Kœnigsberg, et lit prospérer le commerce et l'agriculture. Quelques querelles théologiques troublèrent la fin de sa vie; il mourut en 1568, laissant ses États à son fils Albert Frédéric. G-T.
ALBERT le Belliqueux, dit aussi l'Alcibi adc DE l'Allemagne, à cause de sa beauté, était lils de Camir, margrave deCulmbach, et de Suzanne, princesse de Bavière, et naquit à Quolzbach, le 28 mars 1522. En 1544, il déploya une rare valeur dans les années de Charles-Quint , en guerre avec la France. Ayant embrassé, en 1517 le parti de cet Empereur contre l'électeur de Saxe , le landgrave de liesse, et les protestants, il fut battu à Rochlitz, fait prisonnier par le duc Ernest de Brunswick, et détenu à Gotha; il ne fut relâché qu'après la bataille de Muhlberg, en 1552. 11 prit le parti de la France, et entra dans la ligue formée par Maurice, électeur de Saxe, et quelques autres princes allemands, contre Charles- Quint. A la tête d'un corps d'aventuriers , il fit une guerre de brigandages , exigeant des contributions dans tous les lieux où il passait, brûlant les villes et les villages, et se livrant enfin aux plus odieux excès. 11 força les souverains ecclésiastiques, particulièrement les évèques de Wurtzbourg et de Bamberg , à lui payer de fortes sommes : ce dernier prince fut même obligé de lui abandonner en toute propriété près de la moitié de son diocèse. Albert marcha jusqu'au Rhin, prit Spire, Worms, et ravagea toute la contrée voisine ; dans ces courses, il n'eut aucun égard aux intérêts ni aux remontrances de ses alliés ; et l'on ne pouvait guère connaître à quel parti il était attaché. Lorsque l'Empereur fit une invasion en Lorraine, et vint mettre le siège
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devant Metz, quelques différends qu'Albert eut avec les troupes françaises, commandées par le duc d' Annule, l'engagèrent à s'en séparer ; il eut la témérité de les attaquer avec sa cavalerie, et repassa sous les drajieaux de Charles-Quint. Ses déprédations et ses cruautés l'avaient rendu odieux à l'Allemagne entière, et la etiambre impériale le condamna à renoncer à ses usurpations sur les évèques de Bamberg et de Wurtzbourg. Il refusa d'obéir, et vit se former contre lui une ligue dont Maurice, son ancien allié, fut le chef. Une terrible bataille se donna en 1553, entre les confédérés et Albert : ce prince y fut totalement défait ; mais Maurice reçut une blessure dont il mourut. Albert, mis hors du ban de l'Empire, fut vaincu de nouveau par le duc de Brunswick, et obligé de quitter l'Allemagne. Privé de tous ses États, il languit quelques années dans l'indigence et dans l'exil. 11 se rendait à un congrès que l'Empereur assemblait à Ratisbonne, pour traiter de la paix, lorsqu'il mourut des suites de son intempérance a Pfortzheira, en janvier 1558. Son courage et ses exploits n'ont pas sauvé sa mémoire de la honte dont l'ont souillée sa cruauté, son avidité et ses débauches. On rendit, dans la suite, ses États à ses héritiers collatéraux. G— T.
ALBERT, cardinal, électeur deMayence, fils de l'électeur de Brandebourg, Jean, naquit en 1490, et était déjà arclicvêque de Magdebourg, lorsqu'il fut nommé archevêque de Mayence. Léon X approuva cette nomination, quoique la réunion de deux archevêchés sur la même tête fût sans exemple en Allemagne. Comme Albert ne pouvait payer les 30,00(1 ducats attachés à l'acquisition du manteau, les comtes de Fugger les lui prêtèrent ; pour l'aider à les rembourser, Léon X donna à Albert le droit de vendre des indulgences, et le dominicain Tetzcl fut cliargé de ce trafic. Luther s'y étant opposé, l'archevêque s'efforça d'arrêter et de détruire cette opposition : à cet effet, le |«pe lui envoya, au concile d'Augsbourg, le chapeau de cardinal et une épée consacrée. Comme la réformât ion de Lutlier gagnait de jour en jour, Albert se déclara le protecteur de l'Église catholique, et cependant il se vit bientôt obligé d'accorder aux habitants de Magdebourg et d'Halbcrstadt le libre exercice de leur nouveau culte. 11 aimait la paix, et eût voulu réunir les protestants avec l'ancienne Église ; il s'acquittait fort régulièrement du service divin , tenait à l'adoration des reliques , à l'embellissement des églises, et se plaisait à dire : Dilexi decorem domut Dei. La faveur qu'il accordait aux lettres lui a valu leurs éloges. Erasme et Ulrich de llulten l'en ont comblé : il fonda, en 1506, l'université de Francfort-surl'Oder, et aurait fondé celle de Halle , dont le pape avait déjà reconnu les privilèges , si les troubles ne l'en eussent empêché. Ce fut le premier prince allemand qui reçut et protégea les jésuites ; il mourut à Mayence, en 1545. G— T.
ALBERT (Charles d'). Voyez Luynes.
ALBERT (Loiis-Chables d'). Voyez Lu r nés. ALBERT (Honoré d'). Voyez Cn aulnes.
ALBERT (Louis-Joseph d'), petit-fils du con-
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nétable de Luynes, était le neuvième enfant de Louis- Charles d'Albert, duc de Luynes , grand fauconnier de France. Il naquit en 1672, et porta, dans sa jeunesse, le nom de chevalier d'Albert. II se trouva, en 1688, en qualité de volontaire, au siège de Plultsbourg; en 1690, il reçut deux coups de feu à la bataille de Fleuras; il commanda, en 1695, le régiment Dauphin dragons, et combattit, à la tête de ce corps | à Stcinkerquc , où il fut de nouveau blessé. En 1703, il passa en Bavière avec le maréchal de Villars ; il s'attacha à la cour de l'électeur, qui le créa lieutenant général ; connu alors sous le nom de comte d'Albert, il fut fait successivement chambellan, grand écuyer, ministre, et colonel des gardes bavaroises. L'électeur étant monté sur le trône impérial, sous le nom de Charles VII, en 1742, nomma le comte d'Albert feid-marcchal, et l'envoya en France en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Par un diplôme de la même année, Charles VII créa Albert prince du St-Empire romain, et on l'appela dès lors le prince de Grimberghen, du nom des riches do maines que lui avait apportés en mariage une princesse de Bergbes. Le prince de Grimberghen mourut te 10 novembre 1758, âgé de 87 ans. Il avait conservé le goût des lettres au milieu des affaires publiques et dans les camps. On a de lui : le Songe d'Âleibiade, supposé traduit du grec, Paris, 1755, in-12, réimprimé avec Timandre instruit par ton génie, et plusieurs autres opuscules, sous le titre de : Recueii de différentes pièces de littérature, Amsterdam, 1750, in-8°. On assure, dit Barbier dans son Examen critique , que les ouvrages attribués au prince Albert sont de l'abbé Pic, son précepteur. S— y.
ALBERT, ou ALBÉRIC, chanoine et gardien de l'église d'Aix en Provence, sa patrie, où il mourut, vers Pan 1120, âgé d'environ 60 ans, est auteur d'une histoire de la première croisade, depuis l'an 1005 jusqu'à 1 120, seconde année du règne de Baudouin II, roi de Jérusalem. Albert n'avait point été témoin des événements qu'il raconte ; mais il avait puisé à d'assez bonnes sources, au moins pour le matériel des faits. 11 faut lui savoir gré, comme dit Bon gars , d'avoir donné la vérité toute nue, et avec tous les détails qui la rendent piquante. Comme tous ses contemporains, il se laisse séduire par le merveilleux, et n'épargne pas assez les miracles ; il défigure quelquefois les noms des lieux et des personnages. Rhener Reineck fit imprimer cette histoire , pour la première fois, en 1584, a Helmstcedt, 2 vol. in-4°, sous le titre de Chronicon Ilierosolimitanum. Cette édition est accompagnée de commentaires de l'éditeur, et de réflexions de Mathieu Dresser, où les papes sont peu ménagés. Bongars a réimprimé l'histoire d'Albert d'Aix, dans le premier volume du Oesta Dei per Francos. A. B — T.
ALBERT, ou OLBERT, auteur ecclésiastique du «• siècle, naquit à Ledera, village des Pays-Bas, et embrassa la règle de St-Benolt dans le monastère de Lobbes. Il étudia successivement à Paris, à Troyes et à Chartres, sons le célèbre Fulbert ; devint abbé de Gembloux, puis de St-Jacqucs à Liège, où il mourut en 1048. 11 avait écrit des vies des saints,
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composé des hymnes et quelques autres ouvrages de piété , et seconda utilement Burchard , évêque de Worms, qui avait été son disciple, dans la rédaction du Magnum volumen eanonum. ( Voy. Bcr-
C1IAR0.) Z.
ALBERT le Grand, autrement Albertus
TllELTOMCt/S, FRATER ALBERTUS DE COLOKIA, AL-
bertcs Ratisbonensis, Albertus Grotus, de la famille des comtes de BollsUrdt, naquit, selon les uns, en 1195, selon les autres, en 1205, aLauingen, en Souabe. On a prétendu que le surnom de Grand n'était qu'une traduction de Grot, Groot; en haut allemand, Gross (Grand), nom distinctif d'une branche de sa famille ; mais cette supposition est gratuite, les comtes de Bollstaxlt n'ayant jamais porté ce nom ; d'ailleurs l'étendue des connaissances d'Albert, si étonnante pour son siècle , motive assez l'épithéte que ses contemporains ont ajoutée a son nom. Pour jeter le plus grand éclat , et se placer au premier rang parmi les philosophes, il ne lui a manqué que de naître dans des temps plus favorables au développement d'un grand génie. Il fit ses premières études à Pavie , où il surpassa tous ses condisciples. La rapidité de ses progrès a été consacrée par une fable qui admet plus d'une explication. Découragé, dit la légende, par les difficultés qu'il trouvait dans la carrière des sciences, il méditait de l'abandonner, quand il fut honoré d'une visite de la Ste. Vierge, qui dessilla les yeux de son entendement, et lui promit qu'il serait un jour une des plus grandes lumières de l'Église. Albert s'appliqua de préférence à la philosophie, et sa divine protectrice lui en accorda la faculté. A partir de ce jour, il devint tout autre, et ses progrès devinrent aussi rapides qu'ils avaient été lents jusque-là. L'ascendant d'un de ses maîtres, le célèbre dominicain Jordanus, le décida à entrer dans l'ordre de St-Dominiquc , en 1221. Sa réputation lui ayant fait confier, dans celte société , l'instruction de la jeunesse, on l'envoya bientôt en divers lieux enseigner la philosophie et la physique. Après avoir professé à Cologne, à Ratisbonne, à Strasbourg, à Hildcshcim , il se rendit à Paris, dont les écoles jouissaient alors de la plus haute réputation en Europe. Albert y commenta Aristotc avec le plus grand succès. Ses leçons attirèrent une si grande affluence de disciples, que les salles destinées aux cours s'étant trouvées trop petites, il fat obligé de foire la classe en plein air, sur une place qui, de son nom, retint celui de place de maître Albert, et, par corruption , de place Maubert. Comme la doctrine du philosophe de Stagyre venait alors d'être proscrite tout récemment par une bulle papale, plusieurs des biographes d'Albert ont exprimé leur étonnement et leur doute sur ses cours publies de philosophie péripatéticienne à Paris ; mais, outre qu'un raisonnement ne détruit pas un fait auesté par tous les anciens historiens de sa vie, ce n'est là qu'un exemple de plus de l'inutilité des défenses qui sont en opposition avec l'opinion générale. Albert contribua vraisemblablement à faire revenir le saint-siége sur sa décision , et il lui fut permis d'expliquer publiquement les livres d'Aristote sur la physique.
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Après trois ans de séjour à Paris, il retourna faire ses cours à Cologne. La réputation d'Albert s'accrut tellement dans son ordre, qu'on l'éleva, en 14">4, à la dignité de provincial des dominicaine , en Allemagne. 11 fixa sa résidence à Cologne, ville oui offrait alors, plus que la plupart des autres, des ressources à l'homme studieux , et au savant qui avait du goût et du talent pour l'enseignement. Aussi conserva-t-il une prédilection marquée pour Cologne pendant tout le cours de sa longue et laborieuse vie : ni les bonnes grâces du iwpe Alexandre IV, qui l'appela à Rome et lui donna l'office de maître du sacré palais; ni sa nomination , en 1200, à l'évèché de Ratisbonne, qu'il ne garda (pie trois ans, ne purent l'en éloigner pour longtemps. (Test probablement à Cologne qu'il fit son automate, doué du mouvement et de la jiarolc, que St. Thomas d'Aquin, son disciple , brisa à coups de bâton, à la première vue, dans l'idée que c'était un agent du démon ; ce fut aussi à Cologne qu'Albert donna au roi des Romains, Guillaume, comte de Hollande, ce fameux banquet, dans un jardin de son cloître où, au cirur de l'hiver, la parure du printemps se montra tout à coup, et disparut après lerejias; toutes choses fort extraordinaires dans un siècle d'ignorance tel que celui où il vivait : enfin, le goût qu'il avait pour les expériences, et pour ce qu'il appelle lui-même des opérations magiques (voy. Albert. Maya. Op., t. 3, de An., p. 23, Lugd., 1051), et surtout cette variété de connaissances qui l'élevailsi fort au-dessus de ses contemporains, en voilà sans doute plus qu'il n'en faut pour expliquer, et l'origine des contes absurdes dont nous avons parlé , et le titre de magicien qui lui fut donné. Après avoir payé un tribut à son siècle, en prêcliant, par ordre du souverain pontife, la croisade en Allemagne et en lîohème, et avoir assisté au concile général tenu â Lyon en 1274, il retourna dans sa retraite, à Cologne, où il mourut, en 1280, âgé de 87 ans, et laissant plus d'écrits qu'aucun plùlosnphe n'en avait composé avant lui. L'n dominicain , Pierre Jammi , en a recueilli un grand nombre, et les a publiés , l'an 1651 , à Lyon, en 21 vol. in-fol. ; il n'en existe nulle part un catalogue complet : le plus étendu se trouve dans les Scriptores ordinU prœrfi'cfltorwmdeQuetif et Kchard, où il tient 12 papes in-fol., p. 171, s. du t. I. Beaucoup d'écrits qui lui sont faussement attribués, ou qui sont les ouvrages de ses nombreux disciples, confondus avec les siens, ont sans doute contribué à entier cet énorme catalogue ; mais , en défalquant tout ecqui est pseudonyme ou douteux , il en reste encore assez pour assurer à Alliert le titre du plus fécond polygraphe qui ail existé. Dans la plupart de ses ouvrages , il ne fait que commenter Aristote et compiler les Arabes et les rabbins ; mais il mêle à ses extraits des discussions très-subtiles, et des remarques souvent fort judicieuses. 11 a traité de toutes les parties de la philosophie; et, quoiqu'il n'ait pas proprement de système qui soit à lui et qui diffère essentiellement de celui d'Aristote, on peut tirer de tes écrits un corps de doctrine assez complet (1). (i) Lm écrits d'Albert le Grand embrassent le cercle entier de la
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| Ceux qui voudront connaître l'ensemble de sa métaphysique, et ses idées les plus remarquables en détail, pourront consulter J. Brucker, Hisi. crit. philos., t 3, p. 788-798; Bayle, art. Albert; Uuhle's Uhrbuth der Gestch. de, Philosophie, 5« vol., p. 290- 309, Gocttinguc, 1800, in-8°, et surtout l'ouvrage de feu M. Tiedemann qui a, le premier, donné une analyse lumineuse et complète du système d'Albert, dans son Histoire de la philosophie spéculative, en allemand, vol. 5, p. 309-447. Ce scolastique ne connaissait, parmi les anciens, qu' Aristote , Denys l'Aréopagîte, Hermès Trismégiste, d'après des traductions latines; quelques interprètes d'Aristote, comme Thëmistius et Proclus ; Cicéron et Apulée ; il était beaucoup plus versé dans la connaissance des Arabes et des rabbins. En tltéologie, Pierre lombard était son guide et son modèle. Son ambition aurait été de réconcilier les nominalistes avec les réalistes, au moyen d'un syncrétisme de son invention ; mais il ne lit, comme cela arrive, que multiplier les contradictions et les difficultés, et mécontenter les deux partis. Parmi les ouvrages d'Alliert, on distingue son explication des Sentences de Pierre I. milliard, et ses commentaires sur Aristote, qui remplissent les si* premiers volumes de la collection de ses œuvres. Son commentaire sur l'histoire des animaux | Opus de Aninudibus, Rome, 1478; Mantoue, 1479, in-fol. ( offre des suppléments assez curieux, qui ont fait penser qu'il avait en main des traductions de quelques-uns des livres de ce philosoplie, qui se sont perdus depuis. (Voy. Commentai™ de fontibtu unde Albertus Magnus librorum suorum de Animalibu* ma'eriemlwuserit; CommrnlaiioSoc. Gœtthtgens.,sc., vol. 12, p. 104.) L'aulorilé d'Albert le Grand a beaucoup contribué à faire régner Aristote dans les écoles jusqu'à la renaissance des lettres. 11 serait à désirer qu'un savant parcourût la collection entière de ses œuvres, pour en tirer les faits et les réflexions qui mériteraient d'être sauvés de l'oubli , mais que personne n'a le courage de chercher dans le latin barbare de 21 volumes in-fol. On trouve le catalogue des écrits d'Albert, que contient l'édition de Pierre Jammi, dans Fabricii Uibl. lat. med. et inf. atatit, au mot Albertus. On a un grand nombre de biographies de ce scolastique, dans Bayle, Trithc-
srience rrligieiisr et philosophique; ils ont été d'un grand secours a St. Thomas d'Aquin, a Aml«roisiusSenensK » Thomas Chanlepré et a d'antres théologiens éminenu, dont les noms marquent l'apogec de la philosophie catholique an moyen âge. M. Leroox, dans son reiuarqtuble travail sur la scolastique {Yo%. VEnryeloptAit wurellt, art. Sr«/iTsfii/iu,\ résume ainsi les. opinions- d'Albert le Grand, snr qnelques-nnes des hantes questions que la philosophie et la religion ont |K.«r mission de résoodre: «Suivant Albert, la cause première ré«il n tons lc« êtres créés, par elle. Tout ce qui est dans la nature est or- « panisé : la loinVrausaUte gouverne ions les phénomènes. L'essence
t, (>i distini'ti* île l'existence; l'evïsleiu c se rotutuuniqne et non pas « l'essence : l'essence est en IM-ii, il en iuvestll les crèaiarr-s. mail a ne l'incorpore dans anenne d'elles. Les individus ne sont différents « entre eu. que par l'accident : bien que les rayons de la divine lu- « miere ne brillent pas |KUir Ions d'un nouvel éclat. If même prtn- « clpe les anime, les féconde. D on il soit que l'Iuditiduel est dan» « le temps* c'est-à-dire, comme l'a fait remarquer UnilUne d'Anu vergue, que, dans l'autre vie, tons les élu n'auront qn'UM seule « voiv pour louer Dieu : d'où il snit encore que. dans cette vie même, n tons les phénomènes subjectifs et objectifs sont déterminés par enc a impulsion suprême qui ne comporte juenne liberté.» C. W— «.
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mhis, de Scriploribus eedes.; Pope Bkmnt, Censura ceiebr. nui. > Naudé, Apologie des grand* hommes soupçonnés de magie; Vila Alb. AL, autore Petrode Prussia ( souvent iinprim. ) ; Ristretto délia prodigiosa vila 4el B. Alberto Magna , descritta da Rinaldo Tacera (nom sous lequel s'est caché l'auteur, le dominicain Raphaël Badi), Florence, 1070-78. Le portrait d'Albert est dans Boissard, Bibl. chalcogr., 1. 1 , Set 4, et dans le Théâtre de Freher. Les rapsodles connues sous le nom de Secrets admirables du Grand Albert, et Secrets du Petit Albert , ne sont pas des traductions d'ouvrages d'Albert le Grand. S — n.
ALBERT, abbé du cloître de Stc-Marie, à SUide. Quelques savants l'ont cru Italien, mais ils l'ont confondu avec son contemporain Albert de Pise. Les moines de Stade vivant dans le désordre, leur abbé se rendit à Rome, et obtint une bulle contre eux ; mais elle ne produisit aucun effet, et Albert, trèsafïligé, entra dans l'ordre des franciscains. Il a écrit en latin une chronique qui va depuis la création du monde jusqu'à l'an 1250. André Roier y a ajouté un supplément qui comprend une durée de soixante ans. Cette chronique fut publiée à Helmstœdt, en 1587, in-4°, par Reiner Reincck, qui l'accompagna de notes. G — T.
ALBEBT, bénédictin du cloître de Sigebcrg, prés de Cologne, vivait vers l'an 1450. Il a écrit en latin une Histoire des Papes, depuis Grégoire Ut jusqu'à Nicolas V, et une Histoire des Empereurs romains, depuis Auguste jusqu'à Frédéric III. Ces deux ouvrages se trouvent en manuscrit dans la bibliothèque impériale de Vienne. G — T.
ALBERT, ou ALBERT! (Miciibi,), professeur de médecine à Hall en Saxe, un des plus célèbres élèves deStahl, naquit à Nuremberg, le 13 novembre 1 082. Ses ouvrages se composent, en grande partie, de dissertations propres à combattre le système des mécaniciens, et à faire triompher celui de son maître; U serait trop long de les énumérer. Sagement interprétées, ces dissertations pourraient être un utile flambeau pour les médecins praticiens. Nous indiquerons surtout celle qui a pour titre : Introductio in unhrersam medicmam, S vol. in-4°, Hall. 1718, 1719, 1721 ; c'est une suite de thèses où la puissance de la nature dans les maladies et le danger de la troubler sont toujours démontrés; et son Syslrma jurisprudentim medico-legalis, 1725-47,6 vol. in-4«, renfermant, avec le développement de leur motir, les décisions de la faculté de médecine de Hall sur diverses questions de médecine légale. Albert! était de l'Académie royale de Berlin, et de celle des Curieux de la nature, sous le nom d'Androm'r I". 11 mourut à Hall, en 1757, âgé de 74 ans. Plusieurs hommes du même nom se distinguèrent aussi dans la médecine. C. et A — n.
ALBERT (Jean). Voyex Widmanstadt.
ALBERT ( Jean), avocat au parlement de Toulouse, a publié, en 1686, un recueil d'arrêts rendus par celte cour souveraine. Bouclier d'Argis, dans les Mémoires manuscrits qui ont servi aux rédacteurs de la dernière édition de Moréri, dit que le recueil d'Albert est estimé. Bretonnicr ( Recueil de aues-
Itou* de droit, 1. 1, p. 42) n'en porte pas le même jugement, et assure que les questions de droit y sont traitées assez superikiellement. Néanmoins une nouvelle édition des Arrêts d'Albert a été mise au jour à Toulouse, en 1731, in-4°. Il est à remarquer que les principaux arrêtistes toulousains, tels que Cambolas, la Rocbe-Flavin , Magnard et Catelan, ont été réimprimés à peu prés dans le même temps. Cela conduirait à jtenser que, dans les pays où le droit écrit était en vigueur, le besoin d'éclairer l'application des lois romaines par la jurisprudence se faisait sentir plus vivement. L. M — x.
ALBERT (IlEMU-CiinisTOPHE), né a Hambourg, en 1762, mort en 1800, enseignait la langue anglaise à Hall, et en a donné une excellente grammaire, Hall, 1781, in-8°. Il écrivit aussi en anglais, et pour les Anglais, une grammaire allemande, Hambourg, 1786. Un a encore de lui des Essais sur Shakespeare; des Recherches sur la Constitution anglaise, d'après les données les plus récentes, Lubeck, 1704, et un drame sur la vie et la mort de Charles 1er, Schleswig, 1796, etc. G — T.
ALBERT (A.vtoimb), né à Carcassonnc le 17 janvier 1708, fut docteur en droit civil et canonique, médecin pensionné du roi, ainsi que de la province du Languedoc, pour les heureuses découvertes cliimiques qu'il fit concernant la teinture. Une décision du conseil municipal de Carcassonnc, du 23 juin 1782 (Journal anecdotique de Castdnaudary, 21 janvier 1824), fit placer son portrait dans la salle de ses séances, comme un monument de la reconnaissance publique, avec cette Itonorable inscription : Défenseur (fa droit* et privilèges de la communauté. 11 mourut le 23 juillet 1791 . Z.
ALBERT-BUHER. Voyex Durer.
ALBERT DE R10MS (le comte d'), chef d'esendre des armées navales de France, né en Dauphiné, vers 1740, entra fort jeune dans la marine, et servit avec distinction dans la guerre entreprise par la France pour soutenir l'indépendance des colonies anglaises de l'Amérique septentrionale. En 1779, M. d'Albert, commandant le vaisseau le Sagittaire, de 50 canons, se trouva au combat de la Grenade, où le comte d'Estaing battit l'escadre de l'amiral Byron ; le 24 septembre de la même année, il s'empara du vaisseau anglais l'Erperiment, de la même force que le sien, et portant 650,000 fr. d'argent monnayé. En 1781, montant le vaisseau le Plulon, de 71 canoas, il se fit remarquer dans, tous les combats livrés par l'escadre du comte de Grasse, savoir : le 25 avril, près du Fort- Royal de la Martinique, contre l'amiral Hood ; le 5 septembre suivant, devant la baie de Chesa|teack, contre l'amiral Graves; le 25 et le 26 janvier 1782, près de St-Christoplic, contre l'amiral Hood ; eniin, dans les malheureuses journées du 9 et du 12 avril, entre la Dominique et la Guadeloupe , contre l'amiral Rodney. Cette dernière action, si funeste à la marine française, donna lieu a un conseil de guerre où fut examinée ln conduite de tous les officiers supérieurs : celle du comte d'Albert de Rioms obtint des éloges mérités. L'estime générale et le grade de
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chef d'escadre furent la récompense de ses longs services. Il commandait à Toulon, en qualité de lieutenant général, en 4789, lorsque les premières étincelles de la révolution éclatèrent dans ce port ; rigoureux observateur de la discipline militaire, il défendit aux ouvriers de l'arsenal de porter la cocarde tricolore, et de se faire inscrire dans la garde nationale. Deux charpentiers ayant enfreint ses ordres, il les fit conduire en prison : ce fut le signal d'une insurrection générale. Les troupes de ligne refusèrent de défendre M. d'Albert, qui fut arrêté par les séditieux, avec MM. du Castellet et de Villages. L'assemblée nationale décréta qu'il n'y avait lieu à aucune inculpation contre ces braves officiers, et rendit à leur chef un témoignage honorable. Peu de temps après, le roi lui confia le commandement d'une flotte de trente vaisseaux de ligne qu'on assemblait à Brest, pour soutenir les droits de l'Espagne contre l'Angleterre, dans l'affaire de Noolka-Sund. M. d'Albert, ayant inutilement essayé d'établir l'ordre et la subordination parmi les équipages, dans un temps où tous les liens sociaux étaient rompus, et toutes les autorités légales menacées, prit le parti de quitter le commandement, et de sortir de France; il joignit à Coblentz les princes, frères de Louis XVI, et fit la campagne de 1792, dans un corps particulier, formé par les officiers de la marine émigrés. Après la retraite des Prussiens, et la dispersion des troupes royales, M. d'Albert se retira en Dalmatie, et vécut plusieurs années dans un asile ignoré. Il revint en France, dès qu'un gouvernement réparateur y eut rappelé les h unîmes de mérite que les troubles civils en avaient éloignés , et il eut le bonheur, avant de terminer sa carrière, de voir renaître dans sa patrie les institutions monarchiques, l'ordre et la discipline militaire, dont il avait été toute sa vie le défenseur fidèle et courageux. Il mourut en 1810. E — o.
ALBEKTANO, de Brescia, vécut dans le 13* siècle, sous le régne de l'empereur Frédéric II. Tandis qu'il était podestat, c'est-à-dire juge et gouverneur de Gavardo, il fut fait prisonnier, et écrivit dans sa prison un traité ayant pour titre : de Dilcclione Drietproximi, de formula vilœ honesla. 11 en composa encore deux autres : de Contolatione et Con- $Uio; de Doctrina loquendi et tacendi. Basticn des Rossi, nommé, dans l'Académie de la Crusca, l lnfcrigno, publia, en 1610, à Florence, chez les Giunti, une traduction ancienne et très -estimée des trois traités de morale d'Albertano ; elle fait autorité, ou, comme disent les Italiens, texte de langue. G— i.
ALBERT AS (le marquis Suzanne »'), fils du premier président à la chambre des comptes de Provencc,qui fut assassine à la suite d'un repas qu'il avait donné aux habitants de son pays, le 14 juillet 1790, naquit à Aix vers 1750. Bien que très-opposé au système révolutionnaire et possesseur d'une grande fortune, il n'émigra pas, comme la plupart des nobles de sa province, et traversa sans être inquiété le règne de la terreur; sa fortune s'accrut même, lorsque tant d'autres disparaissaient. D'Al-
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bertas refusa obstinément de brillantes propositions que lui fit Napoléon. Ce ne fut qu'en 1814, après le rétablissement des Bourbons, qu'il accepta de Louis XVIII les fonctions de préfet des Bouches-du- Rhône. Il les exerçait encore dans le mois de mars 181 S, à l'époque du retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe. 11 n'hésita point à se prononcer pour la cause du roi. Lorsque le duc d'Angoulème traversa la Provence pour marclier vers Lyon,il eut beaucoup à se louer du zèle du marquis d'Albertas, qui lui fournit de nombreux secours en hommes et en approvisionnements, et lui envoya même son fils aîné, qui fit cette courte campagne à l'armée royale en qualité de capitaine d'artillerie. Après rentrée de Napoléon à Paris, le maréchal M asséna destitua d'Albertas, qui alla vivre dans la retraite à Gémenos. Il en sortit encore après le second retour du roi, pour reprendre ses fonctions, qu'il quitta de nouveau le 17 août de la même année, en vertu d'une ordonnance royale qui le créa pair de France. Il mourut en 1829. M — d j.
ALBERTI (Benoit), d'une des familles florentines qui agitaient sans cesse la république par leur opposition ; celle d'Alberti se fit remarquer par son zèle pour l'égalité républicaine. Rival de Pierre des Albizzi, et associé de Salvestro de Médicis ( voy. ces noms), Benoit Alberti, en 1378, au moment où les deux partis étaient le plus irrités l'un contre l'autre, et tandis que les Albizzi écartaient du gouvernement tous ceux qui leur faisaient ombrage, en les accusant d'être Gibelins, appela le peuple à prendre les armes, et commença ainsi la terrible révolution des Ciompi. La populace, secouant l'autorité de ses chefs, dépassa le but qu'ils s'étaient proposé; et,pour réformer le gouvernement, elle le renversa. Une épouvantable anarchie, l'incendie et le pillage des plus magnifiques palais, la ruine du commerce, le supplice de plusieurs des hommes les plus considérés, furent la conséquence de la faute qu'avaient commise ceux qui avaient déchaîné la populace; Benoit Alberti luimême contribua à la mort de quelques hommes distingues du parti aristocratique. Cependant on le vil bientôt montrer autant de force que de courage con tre la tyrannie de la populace, qu'il en avait auparavant opposé à la tyrannie des grands. Il demeura fidèle à ses principes ; tandis que tout son parti, parvenu au gouvernement, trouvait son intérêt à les oublier, il se déclara tiautement contre ceux qui abusaient de la faveur populaire, et ne craignit pas de livrer à toute la rigueur des lois Thomas Strozzi et George Scali ( roy. ces noms ), deux de ses anciens associés, qui faisaient un usage tyrannique d'un pouvoir usurpé. La ruine de ces deux chefs entraîna cependant celle de tout leur parti ; en 4382, l'ancienne aristocratie triompha de la faction dirigée par les Alberti et les Médicis ; presque tous les amis de Benoit Alberti furent exilés, et il le fut lui-même en 1387. 11 partit alors pour visiter le saint sépulcre, et mourut i Rhodes en revenant de ce pèlerinage. S. S — i.
ALBERTI (Léon-Baptiste), architecte, peintre et sculpteur, naquit a Florence, en 1404, d'une
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famille noble et si ancienne, que l'Ammirato, voulant relever la noblesse des Goncini, leur donne la même origine qu'aux Alberti.ll reçut une excellente éducation ; à l'âge de vingt ans, il composa une comédie intitulée Philodoxios, dans laquelle il avait si bien imité le style des anciens, qu'Aide Manuce le jeune y fut trompé, et la fit imprimer comme ouvrage original, sous ce titre : Lepidi comici veteris Philodoxios, fabula ex antiqvitate eruta ab Âldo Afanuccio, Lucques, 1588, in-8°; Aide ne fut qu'éditeur. Albert i entra dans les ordres pour se livrer à l'élude avec moins de distraction. En 1447, il était chanoine de la métropole de Florence et abbé de St-Savino, ou de St-Erméte de Pise. Littérateur, peintre, sculpteur et architecte tout à la fois, c'est par ses ouvrages d'architecture qu'il s'est particulièrement immortalisé. On doit le regarder comme l'un des restaurateurs de cet art, dont il possédait également la théorie et la pratique, et à la perfection duquel il contribua par ses travaux autant que par ses écrits. Succédant aux entreprises de Brunelleschi, il mit dans son style plus de grâce et de finesse que son prédécesseur : il avait puisé ces avantages dans l'étude approfondie des monuments antiques, qu'il avait été mesurer lui-même à Rome et dans diverses parties de l'Italie. Alberti a laissé des preuves multipliées de son talent. A Florence, il acheva le palais Pitti, et bâtit le [«lais Ruccellai, la chapelle de cette Camille dans l'église de St-l'ancrace, la façade de l'église de Santa -Maria Novella, et le chœur de l'église de la Nunziata. Appelé à Rome par Nicolas V, il fut employé à réjwrer l'aqueduc de l'Aqua Vergine, et à élever la fontaine de Trévi, où l'eau de cet aqueduc vient aboutir ; mais il ne reste plus rien de cet ouvrage, la fontaine ayant été refaite par Clément XII, sur les dessins de Nicolas Salvi. Alberti proposa de couvrir d'un portique le pont St- Angc, projet dont la mort du pontife empêcha l'exécution. A Mantouc, il construisit, par les ordres de Louis de Gonzague, divers édifices, parmi lesquels on distingue l'église de St-Sébasticn, et surtout celle de St-André, qui, par la grandeur et la beauté de ses proportions, a mérité de servir de modèle à beaucoup d'autres églises. Enfin, à Rimini, il a mis le comble à sa gloire, par la construction de l'église de San-Franccsco, qui passe à juste titre pour son chefd'œuvre. Comme écrivain, Alberti ne mérite pas moins de considération ; il était versé dans la philosophie, les mathématiques, la connaissance de l'antiquité et la poésie : il était de la société intime de Laurent de Médicis. Parmi ses ouvrages de morale, composés en latin , on distingue son dialogue intitulé Momus, ou de Principe, dont on fit à Rome deux éditions dans la même année, 15*20 ; un autre ouvrage, Trivia. rive de cauri$ êenatoriis, etc., Basileœ, 1538, in-4°, eut aussi beaucoup de succès. Cosimo Bartoli, qui a trailuit en italien la plupart des écrits d'Alberti, a fait, on ne sait pourquoi, de son traité de Jure, ou de l'Administration de la justice, les 5* et 6* livres du Momut. Alberti conqiosa, en outre, un livre de cent fables ou apologues, un traité sur la trie et les mœurs (costumi) de son chien, un autre
sur la mouche, et son Hecatomphile, poème en prose sur l'art d'aimer, traduit en italien par Bartoli, en 1568; en français, en 1534 et 1584; enfin inséré, en 1785, dans les Mélanges de littérature étrangère. 11 existe plusieurs autres ouvrages d'Alberti sur la philosophie, les mathématiques, la perspective et l'étude de l'antiquité ; il composa même des poésies italiennes, dans lesquelles il voulut introduire le rhythme latin ; mais cet essai ne réussit pas. Ses écrits sur les arts sont les plus estimés; il composa d'abord son traité sur la sculpture : delta Statua, qui fut suivi du traité sur la peinture, en trois livres, remarquable par la pureté de la diction et l'importance des préceptes : de Pielura, prastantissima et nunquam salis laudata arte, etc., Basileœ, 1540, aussi imprimé à Leydc, par les Elzévirs, à la suite du Vitruve, en 1649. Le dernier et le plus estimé des ouvrages d'Alberti est son traité d'architecture : de Re œdificaloria, en 10 livres, trop peu connu des artistes, le seul cependant que les modernes puissent mettre en parallèle avec celui de Vitruve. Il ne fut publié qu'après la mort d'Alberti, en 1485, à Florence, par Bernard son frère, qui le déxlia à lurent de Médicis, suivant les intentions de l'auteur. Cet ouvrage fut traduit en italien par Pierre Lauro, à Venise, en 1549, et, en 4550, par Cosimo Bartoli, qui l'orna de dessins gravés en bois qui manquaient à l'édition originale. Giacomo Léoni, architecte vénitien, en a publié une très-belle édition à Londres, en 4726, avec des gravures en taille-douce ; et la dernière édition, où sont réunis les trois traités sur les arts du dessin, est de Bologne, 1782, infol. Bartoli traduisit aussi les traités sur la peinture et la sculpture, et les fit imprimer en 1568, avec d'autres opuscules d'Alberti. On connaît une autre traduction du traité de la peinture, par Domcnichi, 1547. L'édition de Paris, 1512, in-4 \ est estimée. Il parait d'abord surprenant qu'Alberti ait eu assez de loisir pour embrasser tant de genres différents , mais les heures qu'il donnait au travail étaient distribuées de manière qu'il ne lui en restait aucune pour l'amusement, on pourrait presque dire, pour le repos. Les qualités de son âme répondaient à ses talents; aimable, généreux, ne donnant aucun ombrage aux autres artistes, parce qu'il ne leur disputait aucuns profits, Alberti vécut paisiblement, entouré de la considération due à son mérite, et mourut en 1475, dans sa patrie, à un âge très-avancé. On voit la sépulture de sa famille dans l'église de Sic-Croix. Sa vie a été écrite par Pozzetti, Florence, 1739, in-4*. C — r».
ALBERTI IAristotile), architecte et ingénieur, connu aussi sous le nom de Ridolfo Fioraventi, né à Bologne, fut un des plus grands mécaniciens du 1 5* siècle ; on a peine à croire les merveilles qu'on lui attribue. Ce fut lui, dit-on, qui, en 1455, transporta tout d'une pièce sur des rouleaux, à une distance de 35 pieds, le campanile de Ste-Marie, garni de ses cloches. Chose non moins surprenante, il redressa un autre clocher, qui penchait de 5 pieds et demi. Cet homme extraordinaire alla en Hongrie, reconstruisit plusieurs ponts sur le Danube, et fit
d'autres travaux qui montraient la hardiesse de son
génie ; aussi le souverain de ce pays le récompensant d'une manière toute |»rtieulière et qui a peu d'exemple : après l'avoir eréé chevalier, il lui permit de l»attre monnaie en son propre nom. On ajoute que la réputation d'Aristotile perça jusqu'en Russie, où il fut appelé, et qu'il y érigea plusieurs églises. C— N.
ALBERTI (Léanore), né à Bologne en 1 179, et mort en 1552, fut dominicain et provineial de son ordre. Ce savant religieux, outre plusieurs vies de saints et autres ouvrages de pieté, a composé en italien : 1" une Histoire de Bologne, sa patrie, dont il ne publia que la 1™ décade et le 1er livre de la 2% Bologne. 1511 et 1515, in-4° ; les 2* et 3» livres ne furent donnés au public «pie longtemps après sa mort, par le P. Lucio Eaecianemiei, qui y ajouta ensuite quelques suppléments; le reste de ce que Léandre Alberti avait conqmsé est demeuré inédit. 2° Chronique des principales familles de Bologne, Vicence, 15!>2, in-4°. 5' Description de toute ï Italie etc., imprimée de son vivant, à Bologne, en 1550, in-fol., et réimprimée plusieurs fois depuis, ouvrage curieux, rempli de recherches, mais dépourvu «le critique, et où l'auteur adopte les impos» tures d'Annius de Viterbe. etc. .Ses ouvrages latins sont : 4a de Yiris illuslribus ordinis pmdiratorum, Ubri sex in unum congesti, Bologne, 1517, in-fol. ; 5° Dinlriha de Incrcmrntis dominii Veneti, et de clari* Virix reipubliea> Veneta-. Ces deux écrits ont été insérés dans le livre deContarini de Magistratibus et de Kepubliea Venelorum, 2e édition, Luqduni Datavont m , 1028. G— É.
ALBERTI (Salomon), élève de Jérôme Fabricio. à Padoue, naquit a Nuremberg en 1540, professa la médecine à Wittemberg, et mourut à Dresde, en 1800. Il fut, avec Vesale, Euslacbi , etc. , un des fondateurs fie l'analomic dans nos temps modernes. On lin doit les découvertes de la valvule dite de Basilius; du limaçon de l'oreille (1), et des conduits lacrymaux; le premier, il a donné une description exacte des reins et des voies urina ires ; il a beaucoup écrit sur l'anatomic , et on estime encore celui de ses ouvrages intitulé : Historia plerarumque humani eorporin partium metnbratim seripta , Wittcmbcrga; , 1585, in 8"; on consulte aussi celui qui a pour titre : Très Orationes, etc., Xarembergw , 1585, in-8', où il discute plusieurs questions de physiologie et de matière médicale. Salomon Alberti a aussi traduit en latin quelques ouvrages de Galien ; il professa la médecine à Wittemberg. — Henri-Christian Alberti, professeur de médecine à Erfurth, sur la fin du 17e siècle . publia un grand nombre de dissertations sur divers objets de médecine. C. et A s.
ALBERTI (CUÉROBINO), peintre d'histoire et graveur, né à Borgo San - Sepolcro, en 1888, élève de son père, Michel Alberti. Il fit dans la peinture des progrés attestés par les belles fresques qu'il exé-
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eu ta à Rome ; mais c'est surtout dans la gravure
qu'il s'est acquis de la célébrité; son œuvre, reclwrché des amateurs, s'élève à près de cent quatre-vingts pièces , dont soixante-quinze sont de sa composition, et les autres sont gravées d'après Michel- Ange, Raphaël, Polydore de Laravaggio, André delSarte, etc. : on les reconnaît à celte marque AB. Moins pur de dessin , moins expressif que son fameux contemporain Marc-Antoine, Chérubino Alberti n'en est pas moins un de ces graveurs laborieux et doués d'un talent réel, qui , ayant eu le soin de ne travailler que d'après de grands maîtres, méritent la reconnaissance des jeunes artistes, et l'estime des amateurs. 11 mourut en 1015, à 05 ans. N — t.
ALBERTI (VAMMTiM), professeur de théologie àLeipsick.nc en 1655, à Lchna, en Silésie, et mort à Leipsick , en 1607. On a de lui un grand nombre d'écrits polémiques contre Puffendorf , Thomasius, le cartésianisme , les Cocrejens , et plusieurs adversaires de la communion d'Augsbourg, surtout Bossuet et le comte Léopold de Collonitsch , évéque de Wienerisch-Neustadt. Alberti attaqua aussi, dans plusieurs pamphlets, l'orthodoxie du pieux Spener, ce Fénelon de l'Eglise luthérienne, accusé, par les théologiens rigoureux de sa communion , de pencher pour le mystieisme. Ceux de ses nombreux ouvrages qui ont été le mieux accueillis par ses contemporains, et le plus fréquemment n'imprimés, sont : Compendium juris naturœ (dirigé contre le livre de Puffendorf), et Intéresse pr&cipuarum religionum rhrislian. On a de Valentin Alberti deux dissertations curieuses : de Fide hareticis servanda, Leipsick, 1662, in-4*. Adelung, qui a donné le catalogue de ses ouvrages, dit que ses poèmes allemands ne sont pas mauvais, eu égard à l'imperfection de la langue et au faux goût de son temps. Son portrait a été gravé par Phil. Kilian, in-fol. ( Voy. Pipping, Memoria theologorum ttostra ataie clarissimorum Décades, t. 5, p. «78, ss.) S— R.
ALBERTI (Michel). Voyez Albert.
ALBERTI (GEoncE-GLiLLAHME) , prédicateur à Tundern, bourg du Hanovre, naquit eh 1723. Après avoir terminé ses études, il séjourna quelques années en Angleterre, et apprit si bien l'anglais, qu'il écrivit dans cette langue un petit ouvrage intitulé : Pensées sur l'Essai sur la religion naturelle de Hume; il prit, sur le titre, le nom d'AlethopMlus Gottingensis. Be retour en Allemagne, il publia des lettres sur l'état de la religion et des sciences dans la Grande-Bretagne , ouvrage plein de traits intéressants et de réflexions utiles, Hanovre, 1752- 54; ainsi qu'un Emoi sur la religion, le culte. Ut mœurs et les usages des quakers, ib. , 1750. 11 mourut en 1758. Q t.
ALBERTI (Jean), qui fut d'abord ministre à Harlem, ensuite professeur de théologie dans l'université de Leyde, naquit en 1698, â Asse, au pays de Drente, en Hollande. A l'exemple d'EIsncr, de' Raphelius, du célèbre Lambert Bos, qu'il avait eu pour maitrc à l'université de Franeker, et de quelques autres théologiens qu'on a nommés philologues sacrés, il recueillit, dans les auteurs profanes, tous
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les passages parallèles qui pouvaient justifier les locutions grecques du Nouveau Testament, et défendre le style des évangélistcs et des apôtres, contre les critiques qui le trouvent barbare et plein d'hébraïsmes. Il publia le résultat de ce travail en 4725, sous oc titre : Obtervaliunes philologica in sacro$ Xovi Faderis libros, Leyde, in-8°. Cet ouvrage, fruit de la plus vaste lecture, fit le plus grand honneur au jeune théologien. Encouragé par ce sua-ès, et par les éloges qu'il reyut des plus savants hommes de ce temps, Alberti donna, en 1727 : l'ericulum criticum, in qun loca quadam cum Ytteris ac Novi FœderiM, tum Hetychiiel aliorum illiulrantur, vindicanîur, entendant ur, Leyde, iii-8*. Dans ce livre, dont le titre annonce suffisamment l'ohjet, Alberti montra une connaissance peu commune des lexicographes et des grammairiens grecs. Quelques années après, il courut le projet d'une nouvelle édition du Dictiouuaire d'Hésychius. Pour donner à ce travail la plus grande perfection possible, il se Ihra à d'immenses recherches, et ramassa de toutes pris de nombreux matériaux. Parmi les papiers qui lui furent communiqués par Fabricius, se trouva un Glossaire inédit des mots du Nouveau Testament; il crut a pro|>os de le publier, en y joignant un commentaire et quelques mélanges de critique. Le livre fut imprimé à Leyde, en 1735, iu-H", sous ce titre : Glossarium grœcum in Micrvt Sovi Fœderit libros. Accedunl misceUanea crilica in Ghssas Nomicas, Suidam , Hesychium, et index aucforum ex l'hotii lexico inedito . Ce ne fut que dix ans après, en 174G, que parut à Leyde le premier volume in-fol. de rHésychius.L'atteiitcdes savants ne lut |«s trompée, et cette édition sembla répondre en tout à la grande réputation d' Alberti. Il était parvenu au k du second volume, quand il fut attaqué de la colique de Poitou, maladie fort commune en Hollande, (tendant l'hiver. Pendant trois uns , il fut obligé de renoncer au travail ; enlin , il put reprendre son édiliou interrompue. Déjà l'impression en était à PU ; le manuscrit était dispoMj jusqu'au mot çsuXmt,;, lorsqu'il mourut le 13 août 1702, à l';ige de ©5 ans. Le second volume d'Hésychius, complété par les soins de Ruhnkcnius, parut à Leyde, en 1700. 11 y a de lui, dans les Miscellanea Observaliones , plusieurs morceaux de critique littéraire sous le nom de Gralianus de Sancto Havane. Quelques fragments de ses lettre» à Fabricius ont été publies par Reimar dans la vie de ce savant. Il a donné en 1723, dans la 8e partie de la Jiibliothèque de H ré me , un Entai d'observation» critiques sur Uèsychius, et c'est par ce morreau qu'il débuta dans la carrière philologique. Il avait eu le projet de donner le Dictionnaire lunnèrique «l'Apollonius, publié depuis avec des remarques savantes p;u de Villoison, Paris, 1773, 2 vol. in -4°; ei après de Villoison, par llemian Tollius, Leyde, 1788. in-a°. li — si.
ALBERTI ni Villanova (François d'), auteur du meilleur dictionnaire français-italien et italien-français que nous ayons, était ne à !\ ice, en 1737 Le succès des trois premières éditions de son dictionnaire l'engagea à le perfectionner dans une quatrième, I