‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 71 sur 129 · ALB 3S · texte numérisé non relu

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qu'il donna à Marseille en 179C, 9 vol. ln-4". Son Ihsionario mniversale crilico encictopedko délia lingua itaiiana, imprimé à Lucques en 1797, est fort estime, et peut tenir lieu, à des étrangers, du dictionnaire de la Crusca. Alberti était occulté a en donner une nouvelle édition , lorsqu'il mourut à Lucques, en I m ni L'abbé François Fcderighi, son collaborateur, resta chargé par lui d'en publier le dernier volume. Cette édition a paru en 1805, Lucques,

0 vol. in-4". G— K.

ALBERTI (Domimqi k), célèbre musicien italien , né à Venise, vers la fin du 17' siècle, se fit à Rome une grande réputation comme joueur de clavecin , et inventa une nouvelle manière de toucher cet instrument. H mit en musique VEndymion de Métastase, et publia quelques œuvres de sa composition. C. »— R.

ALBEIVTINELLI (Mariotto m Bagio) était élève de Cosimo Hosselli, en même temps que Baccio délia Porta, plus connu sous le nom de Fra Bartolomeo; ils devinrent amis et travaillèrent ensemble, jusqu'à la retraite de Bacrio dans un couvent. Leur manière était si semblable, qu'on confondait leurs ouvrages : Baceio oyant laisse1 imparfait son tableau du Jugement dernhr, Alberlinelli le termina, et on crut qu'il était de la même main. Il peignit seul plusieurs tableaux d'éfjlise. parmi lesquels on cite celui qu'il fit pour la Chartreuse de Florence. Albertinelli était d'un esprit inquiet et inconstant ; il aimait les plaisirs et la bonne chère; et, dans l'espoir de satisfaire ses goûts avec plus de liberté, il abandonna la peinture pour se faire aubergiste. 11 quitta bientôt cet état pour aller dans un eouvent prés de Viterbc, ou il commença un tableau; mais, avant qu'il l'eût fini. Il lui prit fantaisie de voir Borne. A son retour, il s abandonna à toute la fougue de ses passions, tomba malade d'épuisement, et expira a Florence, vers l'an 1320. à

1 ilge de S.*i ans. Il fut enterré dans l'église de Jst- Pierre- Majeur. Albertinelli eut plusieurs élèves, parmi lesquels on distingue particulièrement Gulliano Buitiardini, Francia Bigio et le Yisino, tous trois Florentins. C — N.

ALBERT INI (Paul peuli), né a Venise vers l'an 1430, entra, dès Vùiic de dix ans, dans l'ordre des servîtes, cl y lit profession à seize ans. Après avoir professé la philosophie, et s'être distingué dans la carrière de la prédication , |Mir ses talents et jmr son zèle, il fut proposé à l'évrché deToreello; mais ce fut un autre qui l'obtint. La république de Venise l'employa dans des missions IwtHirables, et même, assure-l-on , ilans une ambassade auprès du sultan des Turcs. Albertini mourut dans la force de l'âge, en 1475; sa réputation était si grande à Venise, qu'on frappa en son Itonneur une médaille en bronze, après sa mort. Il laissa, selon le Snnsovino, plusieurs ouvrages écrits en latin, tels que : de fruitia Dei; de condendo christ iano Testamento; de Ortu et Progressa soi erdinii, et une Exjdication du Dante, aussi en latin, ouvrages que le P. Posscvin a faussement attribués, dans son Apparat sacré, au frère I Paul Nicolletti, ermite de St-Augustin. G— t.

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ALBERTINI (Fhançois), ecclésiastique florentin , et savant antiquaire , florissait au commencement du 16* siècle. Il a publié : 1* de Mirabilibus nova et veterit urbit Ronue , ouvrage divisé en trois livres, et dédié à Jules 11, Rome, -1506, in-40, réimprimé en 1510, 1515, 1519 et 1520. On a eu, depuis, de meilleurs ouvrages sur le même sujet; mais celui d'Albertini jouit encore de quelque estime. 2" Traetattu brevit de laudibus Florentin et Saonœ (Savone). 11 composa ce traité en 1500 : on le trouve ordinairement réuni à la 3" édition de l'ouvrage précédent, qui est de 1515. 3° Un Mémoire en italien, sur les statues et les peintures qui sont à Florence , de la main d'habiles maîtres , anciens et modernes, Florence, 1510, in-4°. G — É.

ALBERTINI (François), jésuite napolitain, né à Cantazaro dans la i a labre, professa la théologie et la philosophie à Naples , où il mourut le 15 juin 1619. Il a donné une théologie sous le titre de Corollaria (heologiea ex principiis philosophicis deducta, Naples, 1606 et 1610, 2 vol. in-fol. , Lyon, 1616, id. Il se lit encore remarquer par un livre intitulé de Angelo custode, où il soutient que les brutes ont aussi leurs anges gardiens. C.T — v.

ALBERTRANDY (Jean-Ciirzciciei. ou Chrétien), prélat et historien polonais, naquit à Varsovie en 1731, fils d'un boucher, et entra à l'âge de seize ans dans la société de Jésus. Après avoir enseigné douze ans dans les maisons de Pultuck, de Plock , de Nieswicz et de Wilna, il fut appelé par Joseph Zaluski, qui le nomma son bibliothécaire et le chargea du classement de ses livres. En 1764, l'archevèque-primat Lubicnski lui confia son neveu, Félix Lubienski. Apres avoir dirigé les études de ce jeune homme, Albertrandy l'accompagna dans ses voyages, notamment en Italie. Le jeune Lubienski offrit au roi Stanislas- Auguste , en 1775, la collection d'anciennes médailles qu'il avait recueillies en Pologne et dans ses voyages : le monarque l'ayant apprécié, le nomma son lecteur et directeur de son cabinet d'antiquités. Albertrandy, admis à l'intimité du prince, lui parla des documents de l'histoire de Pologne qui se trouvaient dans les bibliothèques et archives étrangères. Le roi le cliargea de les rassembler. Albertrandy se rendit en Italie (1782), où pendant trois ans il fut occupé à transcrire dans la bibliothèque du Vatican et dans différentes archives tout ce qui se ratlacliait à l'histoire de son pays. Ces copies ou , comme il les appelait , ces excerpla, écrites de sa main, formaient une collection de 110 volumes in-fol. Pendant l'é]ioquc malheureuse où les princes de la maison de Wasa commandèrent en Pologne, un grand nombre de livres, de diplômes et de manuscrits avaient été transportés en Suède. Par exemple, les jésuites de Braunsberg, en Warmie , avaient une riche bibliothèque ; Gustave-Adolphe en fil don à l'Académie dTpsal, lorsqu'en 1626, il se fut emparé de Braunsberg. Albertrandy, revenu de l'Italie, alla en Suède pour y faire le même travail. Admis dans les bibliothèques et dans les archives de Stockholm et dTpsal , mais sans avoir pu obtenir, comme en Italie , la pernùs-

sion de prendre des copies, il passait la journée a lire attentivement , et en rentrant chez lui il faisait ses excerpta. Doué d'une mémoire très-heureuse, il pouvait mettre sur le papier tout ce qu'il avait lu. Ainsi il composa une nouvelle collection qui, jointe à ce qu'il avait recueilli en Italie, formait un manuscrit de 200 volumes in-fol. Ces richesses étant déposées dans la bibliothèque du roi de Pologne , Naruszewicz et Albertrandy en ont fait usage pour les travaux qu'ils ont publiés sur l'histoire de ce royaume. De la bibliothèque du roi la collection passa entre les mains de Thadée Czacki , qui l'acheta pour la bibliothèque du gymnase de Krzémiéniecz en Wolhynic , où elle doit se trouver aujourd'hui. Le prince Adam Czartoryski a aussi acquis , pour sa bibliothèque de Pulawie, un grand nombre de diplômes qui ont rapport à l'histoire de Pologne. Stanislas - Auguste , voulant témoigner sa satisfaction à Albertrandy, le nomma son bibliothécaire, et lui donna l'évéché de Zénopolis. 11 lui conféra aussi les insignes de l'ordre de St-Stanislas et la grande médaille d'or qui porte l'inscription Merentibus. Chargé de mettre en ordre la belle bibliothèque de ce monarque , Albertrandy en fit un catalogue dans lequel on trouve des remarques critiques sur chacun des ouvrages. Ce catalogue, composé de 10 volumes in -8", a été, par les soins tic Tiiadée Czacki , transporté avec la bibliothèque royale à Krzémiéniecz. C'est à Albertrandy que la ville de Varsovie doit l'érection de son académie, connue sous le nom de Société des Amis des sciences ; il la présida jusqu'à sa mort , arrivée au mois d'août 1808. Albertrandy avait reçu de la nature de rares talents , qu'il sut perfectionner par une constance de travail peu commune. On l'appelle le Polyhistor polonais. Il saisissait promptement, et savait ranger ses idées avec ordre et méthode. Sa mémoire était si sûre , qu'il rendait moi à mot les passages les plus étendus qu'il venait de lire. Il écrivait avec pureté dans sa langue maternelle. Il savait le grec, le latin, l'hébreu et la plupart des langues européennes, comme le français, l'anglais, l'italien et l'allemand ; il écrivait même correctement quelques-unes de ces langues. Aucune branche des connaissances humaines ne lui était étrangère ; mais il s'était juarticulièrcment exercé dans la littérature classique et dans les antiquités. Après sa mort , son élève Félix Lubienski , alors ministre de la justice, lut une notice sur lui à l'Académie de Varsovie. Ses ouvrages publiés sont : 1° les Annales de la république romaine, depuis la fondation de Rome jusqu'aux temps des Césars, d'après Marquer, avec des additions qui ont rapport à l'histoire, à la géographie, aux mœurs , aux formes du gouvernement , aux spectacles, aux sacrifices, aux fonctions et dignités chet les Romains, etc. (en polonais), Varsovie, 1768, in-8°. L'auteur en a fait paraître une seconde édition bien préfet ablc à la première, Varsovie, 1806, 2 vol. in-8°. 2° Annales du royaume de Pologne (en polonais), Varsovie, 1768, in-8°. L'auteur avait pris pour modèle Y Abrégé chronologique d« f'Ail-

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loire de Pologne, par Fréd.- Aug. Schmid, Varsovie et Dresde, 1763, in-8°. Albertrandy y ajouta le régne d'Auguste III ; et, d'après les changements qu'il avait faits à l'ouvrage , il doit en être considéré comme l'auteur plutôt que comme le traducteur. S" Le Moniteur qui a paru à Varsovie depuis 1761 jusqu'en 1784 contient un grand nombre d'articles donnés par Albertrandy. 4* Le$ Entretiens agréables et utiles parurent en polonais à Varsovie, depuis 1769 jusqu'en 1777. Ce recueil périodique, dont nous avons 16 volumes, fut fondé par Naruszewicz , et continué par Albertrandy ; les volumes qui appartiennent à ce dernier ont été réimprimés. S* Antiquités romaines éclaireies par Us médailles frappées dans Us temps de la république et des seixe premiers Césars, et conservées dans le cabinet de Stanislas-Auguste , roi de Pologne : mémoires lus par Jean Albertrandy en différentes séances de l'Académie royale de Varsovie ; ils se trouvent dans ceux de l'Académie , d'où ils ont été tirés et réimprimés à part à l'imprimerie des Piaristes, 3 vol. , 1803, 1807 et 1808. Le second volume est intitulé : Monuments pour l'histoire ancienne , en particulier pour celle de Rome , d'après les médailles de la république romaine et des Césars , jusqu'à l'empereur Commode. 6° On trouve aussi dans les Mémoires de l'Académie de Varsovie un grand nombre de dissertations et discours prononcés aux séances de l'Académie, ta dissertation sur les Muses , insérée dans le premier volume des Mémoires de l'Académie, a été publiée séparément, Varsovie, 1801, in-8", et traduite en latin j*r l'auteur même, Varsovie, imprimerie des Piaristes, 1801 , in-8*. La dissertation sur le Soleil, comme divinité païenne, insérée dans le tome 4 des Mémoires de l'Académie, est remarquable par l'étendue des recherches. Tous les ouvrages d'Albertrandy sont écrits dans un style pur, élégant ; ses pensées sont fortement exprimées, les périodes sont pleines, arrondies; on sent que c'est un Polonais qui a étudié et qui possède parfaitement la langue de Tite-Live et de Cicéron. Comme fondateur et président de l'Académie de Varsovie, Albertrandy avait ouvert la première séance. Il parut, contre son discours, une brochure anonyme adressée à la Société des amis des sciences (en polonais), Varsovie, 1801, in-8°. On y reproche à Albertrandy d'avoir étouffé les mouvements de son cœur, et parlé contre sa conviction. Le prélat, déjà septuagénaire, ne crut point devoir répondre à une critique, d'ailleurs assez modérée. Albertrandy a laissé en manuscrit : 1° Histoire de Pologne , pour les trois derniers siècles, expliquée par les médailles de l'époque ; 2* Choix des annales polonaises jusqu'au règne de Vlndislas IV; 3° Histoire d'Etienne Battori. Ces manuscrits étant tombés entre les mains des parents du défunt , on n'a publié jusqu'à présent que l'Histoire de Battori (en polonais), Varsovie, 1823, in-8*. G — r.

ALBERY, ou ALLBERY (GeorgrI, né à Cliarmes, petite ville de Lorraine, sur la Moselle, poète médiocre, fut secrétaire de Charles III, duc de Lorraine Doni Calmet dans la Bibliolhèauc de

Lorraine, n'indique ni l'époque de sa naissance

ni celle de sa mort ; mais on est assuré qu'il vivait encore en 1616, puisqu'il publia, cette même année, la Vie de St. Sigisbert, roi dAustrasie ; à la suite de cet ouvrage , imprimé à Nancy, in-8°, se trouve une description de la Lorraine, et en particulier de la ville de Nancy. On a du même auteur : Cantique sur U Miserere, Nancy, Garnich, 1613; Hymnes sur V Ascension de N.-S., Nancy, Garnich , et une pièce en vers pour être chantée. Os ouvrages doivent être extrêmement rares, puisqu'ils avaient éeliappé aux recherches de l'abbé Goujct , qui ne les indique que d'après dom Calmet. W — s.

ALB1 (He.nri), né i Bolène, dans le comtat Venaissin , en 1590, entra chez les jésuites à l'âge de seize ans. Après y avoir professé les humanités pendant sept ans, il étudia la tliéologic, qu'il professa avec la philosoplue pendant douze ans, et fut successivement recteur des collèges d'Avignon , d'Arles, de Grenoble et de Lyon. Il mourut à Arles, le 6 octobre 1659. On a de lui : 1° Eloges historiques des cardinaux français et étrangers, mis en parallèle, Paris, 1644, in-4", ouvrage très-superficiel , dont le P. Lelong cite une édition , sous le litre de : Histoire des cardinaux illustres qui ont été employés dans les affaires d'État, augmentée des Vies des cardinaux de Bérulle , de Richelieu et de la Rochefoucault , Paris, 1653, in-4\ ¥ V Anti-Théophile paroissial , Lyon, 1649, in-12. Bonaventurc Basséc, capucin, avait publié à Anvers, en 1635, le Theophilus parochialis. Benoit Puys , curé de St- Nizicr, à Lyon , en donna une traduction en 1649. Le traducteur déclarait avoir entrepris son travail pour répondre i ceux qui déclamaient contre la messe de paroisse. Albi publia alors Y Anti-Théophile , où il attaque avec emportement Puys, qui répliqua par sa Réponse chrétienne, etc. Albi reprit la plume, et fit imprimer : 3" Apologie pour i Anti-Théophile paroissial, Lyon, 1649, in s , sous le nom de Paul de Cabiac. L'année suivante, les deux adversaires se réconcilièrent. 4° Une traduction de Y Histoire du royaume de Tunquin et des grands progrès que fa prédication de l'Évangile y a faits depuis Cannée 1627 jusqu'à l'année 1646, composée en latin par U P. Alexandre de Rhodes, Lyon, 1651, in-4-, ouvrage curieux , mais dont le style est pesant. 5" Les Vies de plusieurs personnages pieux , et quelques ouvrages de piété, dont on trouve la liste dans le t. 33 des Mémoires de Nicéron. A. B — T.

ALBICANTE ( Jean-Albert) , mauvais poète milanais, vivait au 16e siècle; la médiocrité de son talent ne l'empêchait pas d'être rempli d'orgueil ; il était même si sujet aux emportements et à la colère , qu'on lui donna les surnoms de Furibondo et de Bestiale ; il eut des querelles très-bruyautc* avec le Doni et Pierre Arctin : ce dernier était surtout un adversaire digne de lui. On a de l'Alhicante : 1° un poème italien, en 277 octaves, sans division de elwnts, intitulé : Histoire de la guerre du Piémont, imprimé à Venise, en 1539, in-V;

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*> une espèce de poème allégorique, intitulé : l'Anaiomie d'amour; 3° un autre sur l'entrée de Charles-Uuint à Milan, et uu qui a pour titre : Us Faits glorieux de l'empereur Charles Quint , imprimé à Home, en 1567, iii-8°, pointe dont il parle dans la dernière stance de son Histoire du Piémont , et qui , par conséquent , est bien de lui , quoiqu'on l'ait voulu attribuer à Jules-César Albicante, moine olivelain , que quelques-uns ont cru être son fils. Les lettres et les sonnets de l'AIbicanle se trouvent dans plusieurs recueils de sou temps, dans le livre d'Antoine Doni, intitulé : la Zucca , etc. G— È.

ALH1CUS, arebevéque de Prague dans le 15e i siècle, montra des dispositions favorables à Jean Hus et autres réformateurs. Il a conqiosé trois I traités de médecine , savoir : Praxis tnedendi , Renimen sanilatis, Régime» pcstilenlia> , imprimés à Leipskk en «484, longtemps après la mort de l'auteur. C. T— V.

ALB1GNAC (Louis- Alex ammie n ), né le 22 mars (739, à Arrigas, près du Yigan, entra au scr- , Tice à l'âge de seize ans, avec le grade de souslieutenant, dans le régiment de llainaut infanterie, et se trouva l'année suivante au siège deSl-Phiiippe, dans l'Ile de Minorque. Le région ut de llainaut ayant été ré formé après la guerre de sept ans, Albignac alla joindre en Amérique celui de boulonnais, dans lequel il obtint une compagnie. Plus lard il lut appelé au coin mandement de la Piéve d'Istria, en Corse; il y resta jusqu'au 30 décembre 1772, et Tut alors nommé lieutenant-colonel du régiment de l'on- 1 dichéry, qu'il commanda en l'absence du colonel. 1 En 1778, le général anglais Muiiro vint l'aire le siège de cette ville avec une armée de 22,000 hommes; la garnison, commandée par d'Albignac sous les ordres du général Bellecoiubc, gouverneur de la place, n'était que de 700 hommes. Elle lit néanmoins une longue défense, et obtint une capitulation honorable. La conduite qu'avait tenue d'Albignac {tendant ce siège lui valut le titre de colonel du régiment de Pondichéry, de brigadier d'infanterie dans les colonies (22 août 1780Ï, et, l'année d'après, une pension de 2,400 fr. sur le trésor royal. 11 continua de servir dans l'Inde, où il fut employé a la fois romme major général de l'armée et comme brigadier. Le 13 juin 1783, il se trouvait, avec la brigade d Austrasie qu'il commandait, et le reste de l'armée j française forte de 10,000 liointnes, au sud de Goudelour, seule place que la France posséd.it encore sur le continent indien, lorsque le général anglais Stuart, à la téle de 17,000 hommes, vint attaquer notre armée, et menacer cette place. I n conduit meurtrier s'engagea : un eoi|>s de Ci payes français prit la fuite dés le commencement de l'action : les Français Turent reçusses et mis en désordre sur presque tous les points: mais la division d'Albignac, après avoir défait le corps anglais qui lui était opposé, se porta au secours des régiments qui pliaient, rétablit le combat, et força les Anglais à la retraite. Ce succès, dont le résultat était important, puisqu'il l nous conservait Goudelour, notre dernier pied à

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terre dans l'Inde, fut dû principalement au baron

d'Albignac, et surtout a la manière liabile dont il se servit de l'artillerie, qu'il ne cessa de diriger luimême. Le bailli de Sulïren l'en félicita par une lettre tlalieusc; la cour le nomma brigadier au département de la guerre, et lui accorda une pension de 4,000 francs sur le trésor royal, et de 1,000 francs sur les invalides de la marine. Le baron d'Albignac ramena sa brigade en France après la paix (1784); le » mars I78H il lut nommé maréchal de camp, et employé en cette qualité, le 8 novembre 1790, dans la neuvième division de l'intérieur (1). La conduite qu'il avait tenue comme commandant des troupes de ligne du département du Gard, au milieu tics trouhles qui agitaient cette contrée, l'ut approuvée par l'assemblée constituante dans sa séance du 23 février 1791. Chargé d'une expédition contre le camp de Jalés, il était parvenu, à la tète de 7 a 8,000 hommes, tant de gardes nationaux que de troiij es de lignes, à dissoudre ce camp, à s'emparer des princi|iaux chefs des insurgés, et a disperser les autres, sans effusion de sang et sans tirer un coup de fusil. A la lin de septembre suivant, il fut l'un des trois commissaires designés |»ar le roi |>our l'exécution du décret qui réunissait a la France le comtat Venaissin; mais il se dégoûta bientôt de cette mission difficile, et s'en démit «lés le commenceinimt de décembre. Le 22 mai 1792. le roi le nomma lieutenant gênerai. Au mois de juillet il parvint à réprimer quelques tentatives de désordre qui eurent lieu en Auvergne. Au commencement de la guerre, le luron d'Albignac reçut l'ordre de se rendre à l'année des Aljies, qu'il commanda par intérim en l'absence du général en chef kellermann ; il passa, le 8 avril 1793, à l'armée du lihin, et n'y resta que jusqu'au 1" juin suivant. Hentré alors dans se» foyers, un arrêté du directoire exécutif, du 9 tlwrmidor au 7, le nomma commandant de la dixième division militaire : il quitta délinilivement le service le 7 fléoral an 9, après quarante-six ans île travaux. Retiré au Yigan, il y est mort vers 1820. Le baron d'Albignac était chevalier de 2k- Louis depuis 1774; le roi le nomma commandeur du même ordre le 27 décembre 1814; un décret du 8 germinal un 13 ( 29 mars 18415 ) l'avait nommé chevalier de la Légion d'honneur. Fnc notice sur ce général , ornée de son portrait, a été imprimée dans les Tablettes militaires du département du Gard, et séparément, sans date, in-8" de 10 pages. F — ll.

ALBIGNAC ( PiiicirrE- François-Maurice, comte »' J, licutenant-géneral, issu de la même famille, mais d'une autre branche que le précédent (2), était né le 7 juillet 1775, à Milhaud, dans le Rouer-

(I) OIU' division filait alors forme*' de* départements de l'Arderbr. de h Ldii rp, du Card, dr l'Atrynin. du Tarn rl de l'ilrranll.

(î) l.c (Mirai d'Albivnar, dont l'arttrle prerrde, «Mail de la hranclie des d'AUtignar, baruiiii d'Arre; Min prre avait rte capitaine d'infantenr, cl plusieurs dr ses amèlre* s'étaient distiugurs dans li-s armes. \>' line dr tanin d'Arre avait rie runfcrr a Charles (TAlWttnac, wn Irtlltat, tn 1604. pour ntnnipenser si taleur au sie(te de Crwseil. t.e comte PliUipjw-KrajicoB Maurice etail d'Albignac de

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gue. Il fut élevé aux pages du roi (1) et entra en- I suite dans un régiment, axec le grade de lieutenant. | En 1792, il émigré avec son |iére et rejoignit Par- 1 méc des princes; il y servit comme aide de camp de son grand oncle maternel, le comte de Monlboissicr, commandant des compagnies rouges, et passa ensuite au service d'Autriche. Il rentra en France I après le 18 brumaire, et plu* tard prit du service dans les gendarmes d'ordonnance de la garde impériale, commande par le comte de Latal- Montmorency. Il y avait le grade de colonel, lorsque ce corps ayant été licencie (I808\ le comte d'Albignac passa au service de Jérôme Bonaparte, roi de VV«tplialie, qui le nomma son aide de camp, puis son grand écuyer, et lui conféra le titre de gênerai de brigade : il remplissait en même temps les fonctions de ministre de la pierre. L'année suivante, le comte d'Albignac eut le commandement de l'avant-garde du dixième corps de l'armée d'Allemagne, et fut chargé de |K»ursuivre le fameux chef de partisans ^chill ( roy. ce nom ) , sur lequel il prit le fort de Doinitz. Par lettres patentes du 5 mai 1810, Jérôme Bonaparte créa d'Albignac comte de Ricd, et lut donna le lit T de ce nom; mais on dit que le zèle de ce général à réprimer les dilapidations et les désordres lui avait attiré l 'a n iniad version de la cour du nouveau roi. A la suite de quelques intrigues dirigées contre lui. il eut une entrevue avec Jérôme, auquel il offrit sa démission. Le roi la refusa. Imita son ministre avec une affectueuse Ixinté, et lui reprocha en teintes bienveillants son ingratitude; puis le Moniteur wcstplialien du lendemain apprit à M. d'Albignac que sa démission avait été acceptée jiour cause de santé, et qu'il devait partir pour le midi de la France; qu'au surplus son traitement lui était conservé intégralement. D'Albignac rejeta cette dernière faveur et quitta sur-le-champ Cassel. A son retour en France, il fut employé comme chef d'étal- major du sixième corps de la grande armée, s jus les ordres du maréchal Gouvion-Sl-Cyr, et lit ainsi la campagne de Russie. En 1815 il fut nommé commandant du déparlement du Gard. Le retour des Bourbons, l'année suivante, le fit mettre d'abord à la demi-solde; mais il fut nommé, le 8 juillet 1814, chevalier de St-Louis ; le 24 aoûl , officier de la Légion d'honneur. Lors du débarquement de Bonaparte sur les eûtes de Provence, il accourut à Paris, accompagna le maréchal Gouvion - Si - Cyr à Orléans, comme son chef d 'état-major; et, après la défection des troupes dans celte ville, il se rendit sur les Imrds du Rhône, auprès du duc d'Angouléme, qu'il rejoignit à Valence, lorsqu'il ne restai! plus à ce prince d'autre parli à prendre que celui de la rclrailc. D'Albignac se retira dans sa famille, au

(1} Noos répétons relie assertion d'après le* Biographies qil naos ont prrrèdrs, en faisant observer que son nom ne se trouve pas dans le» liste», j la venle, bien inrunptele», des pages de la rbamhre, de la grande et de la petiie étorie. insérées par N. de Si— Allais dans son Nokliwe «si», de Frtnct, t. 5, p. 8*7 et suit., e| qoe nous l'avons aussi vainement cherche dans celles que fournil l'Atuumêck dt fernillu, de 17W a I7W.

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j Pont-St-Fsprit , et pendant que le duc d'Angou- I lême était prisonnier dans la même ville, il pénétra 1 jusqu'à lui, et en reçut des pleins pouvoirs, avec lesquels il se rendit à Lyon, puis dans les Pays-Bas, auprès de Louis XVIII. Il rentra en France avec le roi, et fut nommé, en juillet 1815, secrétaire généra- ( du départi ment de la guerre sous le maréchal Goul vion, place qu'il conserva jusqu'à la retraite de ce ministre, au mois de septembre suivant. D'Albignac fut nommé peu après commandant de l'école militaire de St-T.yr, et promu au grade de lieutenantgénéral le 25 avril 1821. Il avait fait partie en 1810 du conseil de guerre qui condamna a moi! par contumace le général Lallcmand jeune. ( Voy. ce nom. ) En 1822 il quitta la direction de l'école de St-Cyr, et se retira du service. Il était atteint déjà de la maladie douloureuse qui, après deux années de souffrances, termina ses jours, le 51 janvier 1X21. Aux titres que nous avons éniimérés, le comte d'Albignac joignait ceux d'inspecteur général d'infanterie et de membre de la commission pour organiser la défense du royaume (1818); de commandeur de l'ordre de St-Louis, et de l'ordre saxon de Sl-llcnri. F— LL.

ALBIGXAC (le baron n'), maréchal de camp, né à Ba veux en 1782, entra au service comme simple cavalier, et arriva par tous les grades à celui d'ollieier, dans la campagne de 180-i. Sa bravoure l'avait déjà fait distinguer par le maréchal [Ncy , qui se Pattacha comme aide de camp. 11 lit avec ce général les campagnes d'Espagne de 1808 a 1812, lé suivit dans l'expédition de Russie, et partagea, pendant la retraite qui mit fin à celte gigantesque entreprise, les périls et la gloire du maréchal. Il eut les pieds et les mains gelés, et se trouvait au nombre des cent vingt hommes qui , seuls du troisième corps d'armée, repassèrent le Niémen les armes à la main. A loin et turc de la campagne suivante, il fut nomme colonel du 158* régiment d'infanterie; il se trouvait avec ce régiment à la bataille de Leipaick et prit part a la mémorable campagne entre la Seine et la Marne. lorsqu'il vit que tout espoir était perdu pour la cause de NaiMiléon, il fit sa soumission au roi, et .son régiment n'ayant |ias été conservé dans la nouvelle organisation de l'armée, il fut promu au grade de maréchal de camp. Au mois de mars 1815, le baron d'Albignac fut du nombre des officiers généraux désignés [Kir le roi pour commander les volontaires qui se réunissaient à Vincennes. Les événe» menu ayant rendu inutile toute résistance en faveur de la cause royale, il se retira dans sa province, où il fut nommé membre de la chambre des représentants. Il se rendit à son poste, ne s'y fit nullement remarquer, et resta dévoué au jiarti royaliste. Louis XVIII, après son retour, le nomma président du collège électoral de Bayeux ; mais il ne fut jKiiitt apiielé a la députalion. Il a fait depuis |iarlie de différents comités militaires établis par les ministres de la guerre; en 182() il fut nommé inspecteur général d'infanterie; devint, en 1821, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, et fut désigné, en 1823, pour commander une brigade du premier

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corps de l'armée qui , sous les ordres du duc d'An- I goulémc , se rendait en Espagne. Cette brigade , après avoir pris part au siège de St-Sébastien, fut dirigée sur les Asturies ; elle défit A Fuente de Ticras le général espagnol l*alarca. D'Albignac contribua cucore à la prise île la Corognc, et, après avoir soumis la Galice, il reçut ordre de conduire sa brigade en Castillc; mais atteint dés lors d'une maladie inflammatoire, causée par les fatigues de la marc he dans un pays montueux, il n'arriva à Madrid que pour y mourir, le 29 octobre 1823. Un mois auparavant il avait été promu au grade de grand officier i de la Légion d'bonncur. F— tL.

ALBIM (François-Joseph, baron d'), homme d'État célèbre, naquit en 1748, à St-Goar sur le Khin, où son père ( mort en 1796 ) remplissait les fonctions de directeur de la chancellerie du grand-duché de liesse. Après avoir étudié le droit à Pont-à-Mousson, Dillingen et Wurzbourg, il exerça pendant deux ans la profession d'avocat au conseil aulique de Vienne, et débuta dans la carrière politique en qualité de conseiller de cour et de gouvernement du prince-évéque de Wurzbourg. En 1774, il devint assesseur à la cour impériale ( KammertjerirlU ) de Wctzlar ; et en 1787, l'électeur de Maycnce, Frédéric- Charles, le nomma référendaire intime de l'Empire, ce qui le mit en relation directe avec le gouvernement de Joseph IL Ce prince, qui l'honorait de son amitié, lui confia, en 1789, des missions extraordinaires auprès de plusieurs cours de l'Allemagne, et le mit, plus tard, à la tète des finances de l'Autriche. Après la mort de l' Empereur, l'électeur de Maycnce choisit le baron d'Albini |K>ur son représentant à l'assemblée électorale de Francfort, et le nomma en même temps chancelier aulique et ministre d 'État , fonctions qui centralisèrent dans ses mains toute la liaute administration du pays. Ail uni justifia la confiance de son souverain en déployant un zèle et une activité extraordinaires ; mais tous ses efforts devinrent inutiles devant les progrès de la révolution française. Albini se trouvait à Maycnce lorsque cette ville fut assiégée en 1792, et fit partie du conseil qui régla les articles de la capitulation. Après que les Prussiens eurent repris cette place, en 1793, il y organisa les troupes de l'électeur. En 1797, il assista au congrès de Rastadt, en qualité de ministre plénipotentiaire de Frédéric-Cliarles, et, quelque peu considérable que l'influence de son souverain fût dans cette assemblée, Albini déploya une grande énergie, notamment à l'époque où les troupes autrichiennes abandonnèrent aux Français la place de Maycnce, en exécution des articles secrets du traité de Caïupo- Formio. La note qu'il remit sur cet événement aux plénipotentiaires français ( publiée pour la première fois dans le t. 5 de la collection intitulée Mémoire* tirés des papiers d'un homme d'État) fait beaucoup d'honneur à son caractère, et jette un grand jour sur la politique de ce temps-là. En 1799, il conclut pour l'électeur un traité de subsides avec l'Angleterre, et bientôt après il organisa la levée en masse (landsturm) de Maycnce, dont il prit lui-même le commaudemeut. Avec cette milice ramassée à la hàtc,

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et tout à fait indisciplinée, il entreprit de nombreuses expéditions, dans lesquelles il montra beaucoup plus d'habileté qu'on n'en pouvait attendre d'un homme étranger à la profession des armes ; il sortit notamment vainqueur d'un combat contre un corps hollandais sous le général Dumonccau, et harcela longtemps et vivement Augercau qui, plus d'une fois, s'est plaint, dans ses rapports au directoire, du mal qu' Albini faisait à ses troupes. Dans le mois de septembre 1801, l'électeur lui décerna un sabre dont la poignée d'or enrichie de diamants portait cette inscription : Frédéric-Charles- Joseph à son Albini. Les combats de la Sidda, dAschaffembourg et de Seultoff. Albini remplissait les fonctions de président de la députation de Maycnce, à Katisbonne, à l'époque où mourut rélecteur Frédéric-Charles. Aussitôt qu'il fut instruit de cet événement, il reçut de l'armée et des autorités civiles le serment de fidélité à l'héritier de la couronne. Celui-ci lui conserva ses places, de sorte que toutes les affaires iin|x>rtantes du gouvernement continuèrent à passer par ses mains. Lorsque l'État de Maycnce, jwr l'accession de son souverain à la confédération du Khin, obtint un agrandissement de territoire, le zèle d'Albini ne fit que s'en accroître; et, quelque difficiles que fussent les circonstances, ce ministre rendit encore de très-grands services à son |wys, soit comme militaire, soit comme administrateur. Les monarques al liés lui donnèrent en 1813 une preuve de leur estime, en lui confiant la présidence du conseil gouvernemental du grand-duché de Francfort, qu'ils venaient de faire occuper par leurs trou|>cs. Quelque temps après, Albini fut ap- I»elé a Vienne, et accepta les fonctions de ministre d'Autriche près la diète germanique à Francfort; mais en se rendant à son nouveau poste il tomba malade, et mourut à Dicbourg le 8 janvier 1816. Le baron d'Albini avait composé, pour sa réception au grade de docteur en droit à l'université de Wurzbourg , une dissertation inaugurale , ayant (tour I objet d'établir que la décision solennelle de la cour de Wctzlar, rendue en 1624, ne concernait pas les corps de métiers. Outre cet ouvrage, imprimé en latin en 1771, et en allemand l'année suivante, on ne connaît de lui que des articles insérés dans le Recueil de questions de droit ( Rechtsfàellen) , publié par Iloscher M — a

ALB1NOVANUS (C. Peoo), poète latin qui vivait sous Auguste et sous Tibère, avait composé des élégies, des épigrammes, et un poème sur le voyage de Germanicus dans l'océan septentrional. Il ne reste de lui que les ouvrages suivants : 1" une élégie adressée à Livie, sur la mort de Drusus, son fils ; elle est d'un style pur et noble. On y trouve des passages touchants, mais, étant composée de 474 vers, elle est un peu longue pour un de ces sujets où il est difficile d'éviter la monotonie. 2° Une élégie sur la mort de Mécénas , beaucoup plus courte que l'autre, mais moins estimée ; quelques critiques ont même pensé qu'elle n'était pas d'Albinovanus, et l'attribuent à Ovide, ainsi que la suivante. 3° Une autre élégie, ayant pour titre : Us Dernières Paroles

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de Mécénat. Elle était jointe à la précédente dans les manuscrits; Scaligcr crut devoir l'en séparer. Jean le Clerc, sous le nom de Théodore Goralle, a donné, en 1703, à Amsterdam, une édition in-s" de ce qui reste des poésies d'Albinovanus, avec des notes de Scaliger, d'Hcinsius, etc. Il a adopté l'opinion du premier de ces savants, et pense qu'Albinovanus ne fit que mettre en vers les propres paroles de Mécénas. 4" Enfin, un fragment du poème sur le voyage de Germanicus, cité ci-dessus. Ce morceau, en vers hexamètres, et une description des dangers qui menacèrent le prince et ses soldats, sur une mer peu connue des Romains. Il a été conservé par Sénèque, qui le préférait à tout ce que les autres auteurs latins avaient écrit sur de pareils sujets. Martial a également donné des éloges à Albinovanus. Ovide se félicite, dans une épitre en vers qu'il lui adressa pendant son exil (ex Ponto, lib. 4, epist. 10), de ce que, malgré sa disgrâce, il conserve toujours l'amitié d'Albinovanus. I) — T.

ALBINUS { Dbcimls - Claddils ), issu des illustres familles romaines les Céiones et les Posthumes, à Adrumète, en Afrique. On lui donna le surnom Ol Albinus, parce qu'il était d'une extrême blancheur en venant au monde; il apprit le grec, fit des progrès dans les lettres, et composa un traité sur l'agriculture, ainsi que des contes du genre des Fables mili tiennes ; un gout invincible l'entrai na dans la carrière des armes , et souvent, en parlant de ce penchant que sa raison combattait, il citait ce vers de Virgile, que sa fin malheureuse put faire considérer comme une espèce de prophétie :

Arma amens capio, nec sat rationis in armis.

En l'an 175 de J.-C. , 15° du règne de Marc-Aurèle, il empêcha l'armée qu'il commandait en Kit h y nie de se joindre au rebelle Avidius Cassius. Le consulat fut, dit-on, le prix de sa fidélité; il est vrai que Marc-Aurèle ne laissait aucune action estimable sans récompense ; toutefois , on doit observer que le nom d'Albinus ne parait point à cette époque dans les Fastes consulaires. Gouverneur des Gaules sous Commode, il battit les Frisons, et commanda ensuite dans la Bretagne. Commode, qui craignait que deux chefs militaires ne méditassent une révolte, voulut s'assurer d'Albinus; il lui écrivit, et lui permit de prendre , à la tête de l'armée , le titre de César ; mais Albinus , pressentant la chute prochaine de ce monstre, refusa prudemment ses offres. Un faux bruit de la mort de Commode s'étant répandu en Angleterre , Albinus y ajouta foi , et fil à son armée la proposition de rétablir la république. En agissant ainsi, Albinus se rendit cher au sénat; mais Commode, irrité, envoya en Angleterre Junius Severus, pour remplacer Albinus. Ce nouveau gouverneur n'était pas encore arrivé dans l'Ile, lorsqu'on y reçut la nouvelle, authentique cette fois, que Commode avait été immolé à la vengeance des Romains. Sévère, proclamé empereur , avait pour concurrents Julien et Pescennius Niger; il écrivit à Albinus imc lettre par laquelle il lui temoifrnait le désir de l'adopter, et lui donnait le nom de César. Albinus se conforma t.

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aux intentions de Sévère, et se revêtit , en présence de son armée , des marques de sa nouvelle dignité; mais Sévère n'avait ainsi contribué à l'élévation d'Albinus que pour diminuer le nombre de ses propres ennemis : lorsqu'il eut vaincu les principaux d'entre eux , il résolut de se défaire d'un rival aussi aimé du sénat que lui-même en était haï ; Albinus soupçonna les projets de Sévère , et fit arrêter les assassins qui devaient employer contre lui le fer et le poison : les tortures leur firent avouer la vérité. Albinus alors prit le titre d'empereur, et passa d'Angleterre dans les Gaules. Sévère, de son coté, se hâta de revenir d' I llyrie , et de marcher contre lui. Dans une bataille qui avait précédé son arrivée, ses troupes avaient été défaites : il n'en fut que plus déterminé à accélérer sa marche , et envoya une armée en Italie |>our empêcher son compétiteur d'y entrer. Le sénat, qui avait témoigné tant d'affection pour Albinus, s'empressa aussitôt de le déclarer ennemi de la patrie. L'année suivante, Sévère passa les Alpes, et s'approcha de Lyon, d'où Albinus avait le dessein de se rendre en Italie. Ce dernier rassembla promptementses troupes, et obtint d'abord un nouveau succès , en battant Lupus , un des généraux de Sévère ; ensuite , les deux rivaux se livrèrent une grande bataille, le 10 février 107, dans une vaste plaine , près de Trévoux ; chaque armée était composée de plus de 150,000 hommes, et la victoire fut longtemps disputée ; a la fin, l'aile gauche d'Albinus fut entièrement défaite, et son camp pillé; l'aile droite , au contraire , commença par remporter un si grand avantage , que Sévère , selon Hérodien , fut contraint de fuir, après s'être dépouillé des ornements de sa dignité. A ces détails, Sparlien ajoute que Sévère fut blessé, et que l'armée , qui le croyait morl , eut l'intention de proclamer un nouvel empereur ; Dion dit qu'il eut un cheval tué sous lui, et que, s'étant jeté l'épée à la main au milieu de ses soldats qui fuyaient, il parvint à les ramener au combat, et à remporter la victoire. L'armée de Sévère, poursuivant les vaincus , entra dans Lyon , et y mit le feu; Albinus, qui s'était retiré dans une maison sur les bonis du Rhône, se donna la mort, selon Dion. Si l'on en croit d'autres historiens, il se fit tuer par un de ses soldats , ou bien , ayant reçu une blessure mortelle , il fut traîné devant Sévère , qui le vit expirer. Le vainqueur fit fouler aux pieds de son cheval le cadavre de son ennemi, et voulut qu'il restât exposé sur le seuil de la porte , jusqu'à ce qu'il fût dévoré par les chiens ; on en jeta les lambeaux dans le Rhône, et l'on porta sa tête à Rome, où elle fut exposée dans la place publique. Sévère se vengea d'une manière terrible sur la femme , les enfants et les amis d'Albinus; il les Ht tous massacrer, et écrivit au sénat cette phrase effrayante : « Je « vous envoie la tète d'Albinus , afin que vous puis- « siez sentir «pie vous m'avez offensé, et être frap- « pés des effets de mon ressentiment. » Les sénateurs et le peuple furent d'autant plus épouvantés , qu'ils savaient que Sévère avait en sa possession tous les papiers d'Albinus. D— T.

ALBLNLS, romain, de la classe plébéienne , mé-

rita, par son respect pour les dieux et leurs ministres,

d'occuper une place dans l' histoire. Lors de la prise de Home par les Gaulois , les vestales s'enfuirent avec le feu sacré , et les autres objets du culte auxquels on pensait que le salut de la république était attaché ; Albinus emmenait sur un chariot sa femme et ses enfants, lorsque les vestales arrivèrent au Janiculc. Il s'aperçut qu'elles étaient aecablées sous le |>oids de leur pieux fardeau , et qu'elles avaient les pieds ensanglantés : aussitôt il lit descendre sa Dimillc , et conduisit les prêtresses à Céré, bourgade d'Ftruric, où elles reçurent un accueil plein d'humanité, et continuèrent a exercer leur ministère. On prétend que le nom de cérémonie* fut alors donné , pour la première fois, à leurs rites religieux. D — t.

ALBIN L S , philosophe platonicien , vivait à Smyrne, sous le règne d Antonio le Pieux, et fut contemporain de Galicn , qui suivit ses leçons. Il est auteur d'une Introduction aux Dialogue* de Platon, que Fabriciusa insérée dans le 2e volume de sa Bibliothèque grecque : on la trouve aussi dans l'édition gr.-lat. de trois Dialogues de Platon , donnée par Guill. Etwal, Oximii , lyp. Clarend., 1771, in -8». Fischer a aussi placé cette Introduction à la téle de son édition de YEulhyphron de Plato«. D. L.

ALBINUS ( Pierre ) , historien distingué , né a Schneeberg, dans la Misnie, s'ap|>elait proprement Weiss ( le blanc ) . Après avoir fait ses études à Leipsick et à Francfort , il fut nommé professeur de poésie à YYïttcnbcrg, et, peu après, historiographe et secrétaire privé de la maison de Saxe, place qu'il remplit sous les électeurs Auguste et Christian I". 11 mourut à Dresde en 15!H*. Les défauts de son style et de sa manière historique sont plutôt ceux du temps que les siens, et son exactitude , son érudition lui ont valu de justes éloges, Parmi ses nombreux ouvrages, les principaux sont : 1°unc Chronique de Mitnie. publiée à \Vitlerd>erg et a Dresde, en 1580 et 1590 ; 2° Scriploret rarii de Huttorum religione , Spire, 1582; 3° Tablette* généalogiques de la maison de Saxe (en allem.l, Leipsiek , IMS; 4° ilittoriœ Tkuringorum novat Spécimen : il se trouve dans les Ântiquit. regni Thuringici , de Sagittaire. G — T.

ALBINL'S ( Bermahd), dont le vrai nom était Weiss , naquit à Dessau, dans la province d'Anhalt, en 1653, d'un bourgmestre de celte ville. Après avoir étudié successivement a Brème et à Leyde, il prit, en 1676, le grade de docteur en médecine, voyagea ensuite en Flandre, en France, en Lorraine, et revint, en 16X1 , occuper une chaire de professeur à Francfort-su r-TOder. Il lit preuve alors des grands talents qu'il avait annoncés des sa jeunesse, et que son 7ele pour l'étude avait développés de la manière la plus heureuse. Il devint successivement le médecin des électeurs de Brandebourg, cl fut comblé par eux de richesses et d'honneurs. Lu de ces princes lui ayant donne lecaiionir.it de Magdobourg, en l'exemptant toutefois des devoirs qui y étaient atlacliés, Albinus eut la générosité de renoncer à celte place; , pane que la haute fortune dont elle le faisait jouir pouvait faire ombrage à

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ses confrères. Longtemps le désir que ces princes

avaient de retenir Albinus auprès d'eux l'cmpéclia de répondre aux offres qui lui étaient faites par les principales universités de l'Europe ; mais enlin , en 1702, d se rendit à celle de Leyde, et y professa dixneuf ans, jusqu'à sa mort, arrivée en 1721 : il avait alors OH ans. On a de lui plusieurs traités et mémoires relatifs a la médecine, entre autres : 1°df Corpusculi* in sanguine contentit; 2° de Tarantula mira; 3" de sacro Frcyenicaldensium Fonte. Carrére, dans sa Bibl. de la Médecine, rapporte les titres de vingt-deux ouvrages d Albinus. Ilcrman Boérhaavc prononça en latin, après la mort d'Albinus, un éloge académique , qui a été imprimé , et qui contient les principaux détails de la vie de ce savant médecin. G. et A — n.

ALBINL'S ( BKRXARn-SiFtiov ), lils du précédent , naquit à Francfort-sur-l'Oder en 1607 , et mourut en 1770, à Leyde , après cinquante ans de professorat. < l'est un des plus grands anatomisles dont la médecine ait & s'honorer. Instruit |«ar son père , et jiar les célèbres professeurs de l'école de Leyde , Uau, Billion, Boérhaavc, il vint néanmoins en France en 1718, où il se lia avec Winston et Scnac, et entretint dans la suite avec eux cette corres- |iondauce si utile à l'anatomie, leur science favorite. 11 reçut, un des premiers, l'impulsion que donnait alors à l'anatomie le système mécanique de Boérhaavc ; ce système , remplaçant l'application chimique des phénomènes de l'économie animale par des applications et des vues toutes mécaniques , dut nécessaire ment faire étudier plus en détail la texture de chaque partie , puisque , d'après lui , la moindre variété de forme devait entraîner des différences dans l'action. Ce système obligea aussi à décrire avec plus d'attention et d'exactitude ce que les travaux antérieurs de \ csalc , de Fallopio , d'Fustachi , avaient fait connaître seulement dans l'ensemble. Albinus travailla dans cet esprit ; on lui doit les descriptions les plus précises, et les planches les plus belles en analomic, particulièrement sur les muscles et sur les os. Pour obtenir de bonnes figures, où la perspective ne nuisit pas a l'exactitude, il choisissait le (dus beau des cadavres , le suspendait à une grande distance des dessinateurs , et en faisait faire un grand nombre de copies ; puis , sur chacune de ces copies , il faisait dessiner, dans sa place convenable , un muscle qu'il avait disséqué avec soin , de manière à laisser bien visibles les lieux d'attache et d'insertion; après ce muscle, il en faisait dessiner un autre de la même manière , et ainsi de suite. Dés 1720, Albinus fut nommé professeur d'anatomic et de chirurgie à l'école de Leyde, en remplacement de Hau , et ce choix d'un jeune homme de vingtdeux ans fut , tout à la fois, un liommage à la mémoire du père, et un encouragement pour les talents prématurés du lils. Kn 1725, parut son premier écrit, sons le titre modeste d'index fuppellcclili* anatomicai Ravianœ , l.ug. liât av. , in-4°, dans lequel il payait un tribut d éluges à la mémoire de son prédécesseur et de son maître Bau , exposait sa méthode de faire l'opération de la taille,

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publier que les travaux de ce chirurgien, mais faisait déjà connaître plusieurs opinions qui lui étaient propres. En 1726, il publia une histoire des os: de Ossibus eotporit humani, Lug. Ualav. , in-8°, dont il donna, en 1762, une édition plus complète, où sont réunies l'élégance de style , la justesse des descriptions, et la beauté des figures, lu (731, il donna une histoire des muscles, Histaria musrufornm hominis , Lug. Balav. , in-4° , laite a\ec les précautions (pie nous avons indiquées; aussi, selon Huiler, dont le témoignage ne peut être suspect , après les jalouses diseussions qu'il eut avec lui. c'est l'ouvrage le mieux fait en anatomie ; il est parfait dans son genre ; on ne peut lui faire qu'un reproche , c'est que tous les muscles sont dessinés sur la même échelle, de sorte que les plus petits sont un peu confus. Successivement parurent des traités sur le système vaseulaire des intestins , sur les os du fie— tu» , 7 planches sur la situation naturelle du fœtus dans l'utérus; 4 volumes in-4' û'AnnoUttionet aeademicce , avec figures, etc., tous ouvrages distingués par l'exactitude des faits, la clarté «lu style, et la richesse des ligures qui éclairassent le texte. Ce qui est peut-être aussi glorieux pour Albinos, c'est que, malgré tous ces titres, il ne dédaigna pas de devenir l'éditeur de plusieurs anatomistes dont il appréciait le mérite, et publia successivement les écrits d'Harvée, les (ru vies ilMtomitpics et chirurgicales de Vesale, les ouvrages anatomiques de Fabricio d'Aquai>endcnte , et enfin les belles planches anatomiques de liarthélemy Kustnrhi. — Ix» frère de cet illustre anatomiste, Christian-Bernard Ai.bi.m s, .se distingua aussi, dans la même science qu'il professa à l'université d'I trecht ; il écrivit deux ouvrages : 1° Spécimen analomieum, exhibent nnram Icnuium hominis Intertinorvm deteriptionem , Lug Balav. , 1722, in-40; 1724 , in-8" ; 2" de Anatome errorrt detegenle in medieina, 1723, in-4*, l trecht. 11 . mourut en 1752, âgé de 56 ans. — Ix s bibliographes citent encore deux autres Albi.m s .Jacques, natif de Hambourg, qui donna, en 1620, une dissertation sur le scorbut; et Eléaiar, qui a écrit une histoire des insectes d'Angleterre, Suturai History of english insects, Londres, 1720, in-4"; 1730 , 4 t. en I vol. in-4"; 1740, avec des notes de W, Derham; trad. en latin, 1i5l , in-4u ; une Histoire natif elle de» araignée», en anglais, avec 33 planches, 17341, in-4°; et une Histoire naturelle des oiseaux , traduite en français, la Haye, 1750, in-4% 3 vol., avec des estampes coloriées : ce dernier ouvrage n'est qu'un recueil de ligures médiocrement exécutées, avec quelques descriptions et des remarques par W. Derham, mais sans érudition ni critique; cependant il est rare et cher. C. et A — M.

ALRINL'S ( Frédéric-Bernard), professeur à Leyde, était le frère des précédents. Il mourut en 1778. On a de lui ; 1° Oratio de ambulatione vita maxime neeessaria, Leyde, 1709, in- S"; 2° de A'atura hominis libeliut, Ixyde, 1773, in-4'. Cet ouvrage, suivant Blumenbach, fut composé pour servir de table aux écrits anatomiques de Bernard Siffroy. C. T— v.

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