‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 72 sur 129 · ALB SIT · texte numérisé non relu

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ALBÏSSON (JlAM), conseiller d'État, né en 1732, à Monltiellicr, se livra dés ses plus jeunes années à l'élude des lois et suivit dans sa ville natale la carrière du lwrreau. Il était, avant la révolution, archiviste et membre du conseil des états du Languedoc. S'étant montré partisan de la révolution, il remplit depuis 1700, dans le département de l'Hérault, des fonctions administratives et judiciaires. En 1800, il fut nommé commissaire près le tribunal d'appel de l'Hérault ; deux ans après (mars 1802) le choix du sénat rnp|>ela au Iribunat. sur la présentation du même département ; et il lit partie en 1804 de la commission chargée de proposer l'élévation de Bonaparte à l'empire. On conçoit aisément qu'une pareille mission rontribua beaucoup à sa fortune personnelle, si l'on se rapplle que Napoléon ne manqua jamais de récompenser libéralement de tels services. Devenu conseiller d'Etat et chevalier de la Légion d'honneur, Albisson prit une part très-active à la confection des Codes civil, de procédure et de commerce. F.n IWMî. le corps législatif le désigna pour adjoint au procureur général impérial, et il fut chargé, l'année suivante, de présenter diverses parties du Code d'instruction criminelle. Atteint peu après d'une maladie douloureuse , il y succomba le 22 janvier 18 10. Son éloge funèbre, prononcé p:>r Faure, son collègue, a été inséré dans le Moniteur. On a de ce jurisconsulte : 1» Lois municipale* et économiques du l.anqurdoc, ou recueil des ordonnances, rdits, déclarations, arrêts du conseil, du parlement de Toulouse, Montpellier (Avignon), 1780 et années suivantes, 7 vol. in-4"; 2" Discours sur l'origine des municipalités diocésaines du hingnedoc, sur tew formation , sur leur nature et sur leur influence dans l'assemblée générale [ pour servir d'introduction au tome 4 des Loi* municipales, etc.), Avignon, 17îS7, in-K", 3" Lettre d'un arocat a un pubhciste, A l'occasion de la prochaine assemblée des états généraux du royaume, Avignon, 1788, in-80; 4° Parallèle de l'ancien Code criminel arec le noureau, Montpellier, 1701, in-8° de 50 pages; 5" Mélanges de législation, ou notions élémentaires de législation A l'usage des élèves de Vérole centrale de l'Hérault , Montpellier, an I» (1802), in 8°; 0° Discours prononcé par Albisson, tribun, l'un des orateurs chargés de présenter le vœu du tribunal sur le projet de loi qui a pour titre : de la Puissance paternelle ; séance du 3 germinal an 9, Paris, in-8" de 14 pages; 7° tribunal : Rapport fait au nom de la section de législation , sur le projet de loi du lit. 4 du second livre du Code eiril , séance du 7 pluviôse an 12, Paris, imprimerie nationale, an 12, in-8* de 19 pagetî 8° Opinion sur le projet de loi concernant le etmtrat de mariage et 1rs droits respectif* de$ époux, séance du 19 pluviôse an 12, Paris, imprimerie nationale, an 12, in-8" de 18 pages; 9* Ditcours prononcé par Albisson , orateur du tribunat , sur le projet relatif uux prêts, séance du 18 ventôse an 12. in-S" de 13 pages; 10 Rapport tur le projet de loi relatif aux transactions, séance du 28 ventôte an 12, iu-8"; 11" Discourt prononcé sur la motion relative au, gouvernement héréditaire, téance ex~

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traordinaire du 11 floréal an 12, imprimerie nationale, an 12, in-8° de 7 pages; 12° PropotUion faite dan» la séance du 29 floréal an 12 a/>rr« ta présentation et la lecture faite par les orateurs du gouvernement du sénalus-consulte organique de la veille, qui défère le titre d'empereur au premier consul , Paris , imprimerie nationale, an 12, in-8° de 2 pages; 13" Discours prononcé sur lescommunicationsrelalives à la guerre, séancé du 4 vendémiaire an 14, in-8° de 4 pages; 14° Discours sur l'inauguration des drapeaux donnés au tribunal par S. SI. l'empereur et roi, séance extraordinaire du 9 nivôse an 14, in-8° de 7 pages. Quelques-uns des rapports et discours d'Albisson ont été recueillis pur M. Favard de Langlade, dans le Code civil des Français, suivi de l'exposé des motifs, des rapports, opinions et discours, 1800, 6 vol. in-12. F — LL.

ALB1TTE ( Antoine-Louis) était avocat à Dieppe et venait de terminer ses études lorsque la révolution éclata. L'exagération de ses principes le fit nommer, en septembre 1791, membre de l'assemblée législative, où il déploya dés le commencement tout le zèle et toute l'activité que sa jeunesse et son exaltation avaient dû faire présumer. Membre du comité militaire, sans avoir jamais porté l'uniforme, il parla avec une incroyable assurance sur toutes les questions ; il proposa un décret sur le mode de remplacement des officiers dans les armées ; s'opposa à ce que les troupes de ligne qui recevaient leurs ordres du roi séjournassent dans le voisinage du corps législatif; combattit sans succès, au mois de janvier 1792, un projet de loi pour l'augmentation de la gendarmerie, qu'il présenta comme dangereux jiour la liberté , parla fréquemment contre les prêtres insermentés, contre les émigrés, contre Bertrand- Molle ville, ministre de la marine , et contre Narbonne, ministre de la guerre, qu'il accusait d'incapacité, de trahison , et dont il demanda la mise en accusation. La déroute que nos troupes essuyèrent à Tournay dans le mois d'avril 1792 donna lieu à de violents débats. Une députation vint à la kirre accuser les généraux. Quelques députés l'accueillirent par les cris : « Chassez ces coquins ! » Mais Albitte prit chaudement la défense des pétitionnaires; il demanda la parole, au milieu du tumulte, contre le président, se fit rappeler à l'ordre, et proposa vainement qu'il fut interdit aux généraux de faire des règlements et que les soldais eussent une plus grande part dans la composition des conseils de discipline et du jury militaire. Le 11 juillet, il fit la motion de démolir toutes les fortifications de l'intérieur. Le 1 1 août, il demanda, avec P. Sers, le renversement des statues des rois et l'érection des statues de la liberté, sur les mêmes piédestaux. En septembre suivant, il fut envoyé avec Lecointrc-Puyravaux dans le département de la Seine-Inférieure, en qualité de commissaire ; il y fit arrêter un grand nombre de suspects, et déporter des prêtres insermentés. On pense bien qu'avec de pareilles dispositions il fut un des principaux promoteurs de la révolution du 10 août 1792. Nommé aussitôt après député à la convention nationale, par le département où il ve-

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nait de signaler ainsi son patriotisme, il y rendit compte, le 27 septembre, de la mission qu'il avait remplie. II provoqua la réduction des pensions ecclésiastiques et la vente des biens des émigrés, et demanda le renouvellement des employés supérieurs de diverses administrations. Il lit rapporter, dans les séances suivantes, le décret qui autorisait les assemblées primaires à rappeler les députes soupçonnés d'avoir trahi la patrie. Le 21 décembre, il fut au nombre de ceux qui s'opposèrent à ce que Louis XVI pùt choisir un conseil ; il vota quelques semaines plus tard la mort de ce prince, sans appel et sans sursis. Le 23 mars 1793, il fit décréta- que les émigrés pris en pays étranger, armés ou non armés, seraient sur-le-champ mis à mort. Il se montra ensuite un des adversaires les plus furieux des Girondins, provoqua l'arrestation des généraux Estourmel et I.igniville, et fit envoyer devant le tribunal révolutionnaire le général Brunei, <nii fut mis à mort le 6 novembre 1793. Quelques mois auparavant, Albitte, nommé avec Dubois-Crancé commissaire à l'armée des Alpes, qui fit, sous les ordres de Kellermann, le siège de Lyon, s'était rendu dans le département de l'Isère. Le 2.» août, il passa avec le même titre à l'armée de Cartaux pour soumettre les insurgés du Midi. ( Voy. Cartaux. ) 11 assista aux premières opérations du siège de Toulon et s'y conduisit avec courage (1), parcourut les départements des Bouches-du-RlMjnc (2), du Yar, des Hautes et Basses-Alpes, et partout signala son passage par des déprédations et des cruautés. Il assista, avec Collot-d'Hcrbois et Fouché, à la démolition de Lyon. Le 21 janvier 1794 il fit guillotiner en effigie les rois d'Angleterre, d'Espagne, de Prusse, de Sardaigne, l'Empereur, le pape, etc. Il fit ensuite brûler, sous la figure d'une femme, la ville de Toulon. Peu de temps après son retour à Paris, il partit pour remplir une mission nouvelle dans les départements du Mont-Blanc et de l'Ain (3) ; il y reprit le

(I) Estait d une lettre d'Albilte oui citoyen matre et offîaert municipaur de Paru: «Le régne de la Méditerranée est aux Anglais « et aux Espagnols combines... Toulon a été livre par ses abomina- « blcs habitants a tous les scélérats qui s'y sont réfugiés, u Dans la même lettre. Albitte expose ainsi les plaus de l'étranger sur le midi de la France : « Marseille, demi-jour plus lard, aurait apparlenn aux « Anglais; ou, pour mieux dire, au tyran de Sardaigne. a qui la l'ru- « vence et le Dauphiné étaient réservés en partage, probablement « pour rétablir l'ancien royaume d'Arles en faveur de Monsieur (de- « puis Louis XVIII), comme on aurait relevé les grands Brfs d'Aqui- « laine, de Bretagne, de Normandie, de Poitou, d'Auvergne, etc. a sous une régence a la Médicis et le régne d'un petit François II on a Charles IX. » {Collection de M. V-ti.)

(4) Il écrivit à la municipalité de Paris: de Marseille, le 9 septembre de l'an S : « Marseille a perdu beaucoup de son énergie; j'es- « père cependant qu'elle se relèvera... : on Joue par mes ordres Bruit lut, Sctrola, Guillaume Tell, etc. Trois fois par semaine je parle h an rtnb, au spectacle, dans les places publiques... On emprisonne « les traîtres et les suspects : le glaive de la loi ea a déjà abattu... « Soulenci la montagne qui a des traîtres ou des lâe bcs. Point do « demi-mesures, etc. » (Même Collection.)

(5) Il avait rédigé cette formate d'abjuration, qu'il faisait signer par les prêtres du département de l'Ain : «Je... âgé de... commune « de... département de l'Ain, faisant le métier de... depuis l'an... sou» a le titre de (prêtre, moine, chanoine on curé), convaincu de* erreur* u par moi trop longtemps professées, déclare, eo preseuce de la mu- « nioipalilé de..., y renoncer a jamais; déclare également renoncer, « i

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cours de ses déprédations et de ses violences. On le vit partout, joignant le cynisme à la cruauté, se servir des pouvoirs illiniités dont il était investi pour assouvir les plus honteuses passions. A Bourg, il mettait en réquisition pour sa table la volaille la plus line de la Bresse, et pour les bains qu'il prenait chaque jour le lait apporté le matin pour la consommation de la ville. Il Ht passer aux jacobins de Paris la liste de ses victimes et celle des prêtres des départements du Mont-Blanc et de l'Ain qui s'étaient déprétrisés, demandant à être reconnu, quoique absent, membre de la société, exception dont il s'était bien rendu digne, et qui fut faite en sa faveur. Cependant, après tant de vexations et de cruautés, Albitte craignit à son tour la vengeance et la réaction. Dés le mois de germinal an 2 (mars 1794) il sollicita de la commune de Paris, alors plus puissante que la convention elle-même, l'approbation de ses fureurs, et il l'obtint. A son retour, il proposa de prendre des mesures cflicaces pour la *ùrcté des lettres, attendu que les adresses des jacobins ne ]»rvenaient plus aux armées. Se trouvant un jour au Théâtre-Français, à une représentation du Caïut Gracchus de Chénier, où le public applaudissait avec enthousiasme cet hémistiche fameux : Des lois et non du sang! il se leva furieux, vomit contre le parterre des menaces et des injures, et s'écria d'une voix d'énerguméne : Du sang et non des lois ! Peu de temps après le 9 thermidor, au commencement de l'an 3, voyant que le mouvement réactionnaire allait l'atteindre, il se plaignit à la convention et aux jacobins du système de dénonciation qui se formait contre les députés. Ce fut vers ce temps que les administrateurs du district de Bourg adressèrent à l'assemblée , contre lui et ses collègues de mission, une longue dénonciation qui fut renvoyée à l'examen des comités. D'autres accusations furent encore dirigées contre lui : on lui reprocliait d'avoir associé à l'exercice du pouvoir son domestique, condamné depuis à vingt ans de fers ; d'avoir cliargé des agents subalternes de ses vengeances, pendant que lui-même se livrait à la débauche. 11 était alors de cette fraction de l'assemblée qui faisait tous ses efforts pour ramener le règne de la terreur, et qui avait mérité d'être nommée la queue de Bobcspierre. L'insurrection du im prairial an 3 (20 mai 1793), suscitée [>ar cette faction, mit un instant la convention en péril ; cette assemblée l'emporta cependant et sévit contre les auteurs du mouvement. Delahaye et Vernier dénoncèrent Albitte comme l'un des chefs du complot : mis en accusation, sur la proposition

kiiSii^Mi^reMi», titres ei lettres.

jM'upIi*, duiut, I , de ne jamais me je renonce; de de toutes mes force*, de »i»re et de de 11 république, une. indivisible et

tel. Fait double et enregistré sur le retende l'an... de la république une,

de Tallien, il parvint à se soustraire par la fuite, avec Prieur de la Marne, à l'exécution du décret, et ce ne fut que comme contumace qu'il put être compris dans le jugement de la commission militaire qui condamna à mort ses complices, Bourbotte, Soubrany , Bomme , Duroy , Duqucsnoy et Goujon. Il resta caché jusqu'à l'amnistie accordée le 4 brumaire an 4 (26 octobre 1793) à tous les délits révolutionnaires. Peu de temps après la clôture de la session conventionnelle, le directoire le nomma commissaire municipal à Dieppe. Il se montra partisan de la révolution du 18 brumaire ; le premier consul, qui l'avait connu au siège de Toulon, l'en récompensa en le nommant sous-inspecteur aux revues; place qu'il a remplie dans les armées pendant toute la durée du gouvernement impérial. 11 fit ainsi la campagne de Bussic en 4812, et il périt de misère dans la retraite , à Bosénié , le 23 décembre de la même année. On raconte qu'il avait soutenu pendant trois jours sa déplorable existence avec les restes d'un flacon d'eau-de-vie qu'il partageait, dans ses derniers moments, avec un sergent d'infanterie. Albitte est un de ces hommes jetés dans la révolution par l'appétit désordonné des richesses et de la domination , et l'un des conventionnels qui ont le plus scandaleusement abusé de leur toute - puissance. Bien n'était plus dissolu que ses manières, ni plus insolent que sa hauteur , durant sa mission dans le département de l'Ain. Son costume contrastait singulièrement par son élégance avec celui des hommes sanguinaires de cette époque, mais pour l'avarice et la méchanceté aucun d'eux ne le surpassa. — Albitte le jeune (Jean-Louis), frère du précédent, fut nommé au mois de septembre 1792 député suppléant de la Seine-Inférieure à la convention nationale ; mais il ne fut appelé à siéger qu'au mois de décembre 1793. Quoiqu'il ne partageât pas toute l'exaltation de son frère, il prit la parole pour le défendre lorsque, après l'insurrection du 1" prairial an 3, un décret d'arrestation menaça ses jours. Il a été longtemps inspecteur de la loterie à Beims. F — ll.

ALBIZZI (Pibrbe), citoyen florentin de l'ordre populaire. Après que l'ancienne noblesse eut été exclue des emplois, quelques familles arrivèrent, par leurs richesses et le grand nombre de leurs clients, à occuper un rang non moins distingué dans la république. Celles des Albizzi et des Ricci usurpèrent, pendant le 1 4* siècle , la principale influence sur le gouvernement, et leur rivalité fut cause de presque tous les troubles de la république, jusqu'à ce qu'enfin les Albizzi, plus adroits et plus puissants, eussent écarté du gouvernement les partisans des Bicci, et fussent parvenus à être considérés comme les principaux directeurs du parti guelfe. Pierre Albizzi , chef de cette famille , eut la principale part à l'administration, depuis 1372 jusqu'en 1378. Il partageait son pouvoir avec Lapo de Castiglionchio et Cltarles Strozzi, et ce triumvirat eut la direction des affaires dans une des époques les plus glorieuses pour la république , la guerre contre Grégoire XI , qu'on nomma la guerre de la liberté; mais, dans le pani opposé, les Ricci, les Albert! et les Médiria, dé-

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vorés de jalousie, ne pouvaient pas consentir à être exclus plus longtemps du gouvernement. Aucune réconciliation n'était |>ossibIe entre des factions trop divisées; les triumvirs convinrent qu'il n'y avait de salut [K)ur eux qu'en chassant leurs adversaires de leur patrie, comme du gouvernement ; seulement ils ne s'accordèrent pas sur le moment d'agir. Lajto pressait l'exécution du complot; Pierre Albi/zi voulut différer jusqu'à la T. te de St. Jean de l'année 1378; et il se laissa ainsi prévenir par ses adversaires. La conjuration des Ciompi éclata [voy. Salvestro DE MÉDICIS, Benoit AtBBRTI , et Micliel HE LAHDO); le parti démocratique et gibelin renqwrta une pleine victoire; Lapo de Casliglionchio fut réduit à s'enfuir Pierre Alhiz/i, demeuré à Florence, était réservé à un sort plus mourcux ; une année après la révolution, il Tut arrêté, accusé d'avoir conspiré contre le parti démocratique, avec un grand nombre d'anciens magistrats. Il aurait pu éviter la prison, s'il avait voulu accepter les services de ses amis qui s'empressaient autour de lui pour le défendre. Il fut examiné par ses ju^pes, sans (pie ceuxci trouvassent aucun rrmtif pair le croire coupable; mais le peuple . rassemblé autour du tribunal , demandait avec des cris furieux la mort de ceux qu'il regardait comme ses ennemis. « Que le juge les enn- « damne, s'écriait il; car, s'il ne les fait pis mourir, « nous les mettrons en pièces, et, avec eux, leurs « femmes et leurs enfants. Tous périront, ainsi que « leur jmre; et leurs maisons seront rasées avec le « palais de justice. » Cante des Gabrielli, le juge devant qui les prévenus étaient traduits, ne se laissant point intimider par ces menaces, prolesta que jamais il ne prononcerait une sentence réprouvée par sa conscience; mais Pierre Albizzi, voyant la fureur du peuple, comprit qu'il n'y avait plus de salut à espérer pour lui; que son supplice sentit plus affreux s'il tombait entre les mains de ces forcenés , et que sa rnort serait suivie de la ruine de toute sa famille. Il engagea ses compagnons d'infortune à s'accuser volontairement avec lui de conspirations dans lesquelles ils n'avaient point trempé. Il appela Cante des Gabrielli pour lui faire ces aveux inattendus , et il marcha au supplice avec grandeur d'à me. S. S — i.

ALHIZZI (Thomas, ou Maso), neveu du précédent, fut le chef de la républiipie florentine, depuis 1582 jusqu'à 1 417. Pendant le triomphe des Alberti et celui des Ciompi, il avait été frappé coup sur coup de plusieurs calamités ; un grand nombre de ses amis avaient péri du dernier supplice ; ses maisons avaient été brûlées, et il avait été envoyé en exil ; mais la fortune sembla prendre à tâche, pendant trente-cinq ans, de le dédommager de toutes ces pertes. Il tira une vengeance cruelle «le ses ennemis; les Ricci, déchus de leur ancien crédit, et sans chef, avaient renoncé à leur rivalité ; mais les Alberti et les Médicis furent exclus des magistratures ou envoyés en exil, et leur chute ne laissa point de rivaux aux Albizzi ; aussi n'y a-t-il pas d'époque dans l'histoire florentine où le gouvernement ail été animé d'une ntaniére plus constante par un seul esprit. Huile autre époque encore n'est signalée par des suc-

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I ces plus glorieux. Les villes de Pise, d'Arenro et de

I Cortone furent soumises; la noblesse immédiate et indépendante dans les Apennins fut forcée à l'obéissance; deux puissants ennemis, Jean GaléasVisconti, duc de Milan, et Ladislas, roi de Naples, cédèrent à la fortune des Florentins ; le commerce, la richesse, les arts, les sciences et l'élégance des manières, élevèrent Florence au-dessus de toutes les autres villes d'Italie ; Maso Albizzi, dont les richesses particulières s'étaient accrues avec la fortune pu-

j hlique, demeura, jusqu'à la lin de sa vie, l'âme (le tous les conseils ; des amis dignes de lui l'entouraient et le secondaient, sans lui disputer jantais la prééminence qu'il devait à la supériorité de son esprit et à la vigueur de son caractère. C'est au milieu de ces prospérités qu'il mourut, en 1417, âgé de 70 ans. Nicolas d'I zzano, son ami et son contemporain, hérita du crédit qu'il avait exercé, jusqu'au temps où Renaud Albizzi, lils de Maso, put prendre la direction des affaires publiques. S. S — I.

ALBIZZI (Be.xald), fils du précédent. Nicolas d'I zzano ( wy. ce nom ) étail demeuré à la téte de la république florentine et du parti Albizzi, depuis la mort de Maso jusqu'à l'année 1429; mais, à celte époque, on vit Renaud manifester son impatience contre la modération et la lenteur d'un vieillard auquel il était forcé d'obéir. Renaud regardait déjà l'administration de l'État comme appartenant à sa famille par un droit héréditaire ; et la jalousie républicaine des Florentins ne servait qu'à exciter davantaire son ambition. Il s'associa, en 1121», avec Cosme et Laurent, lils de Jean de Médicis, pour forcer les conseils, en dépit de Nicolas dTzzano, à déclarer la guerre à Paul Guinigi, seigneur de Luoqucs. Il es|térait signaler l'ouverture de sa carrière politique par la conquête de Lucques, et ne craignit |>as de chercher des appuis contre le vieux ami de son père parmi les ennemis héréditaires de sa ramille, et ceux qui devaient un jour causer sa ruine ; mais celle guerre ne ré|>ondit point à ses espérances; il manifesta une avaria» qui ne pouvait lui permettre des succès. Les Florentins furent obligés, en 1433, d'accorder la paix à la villede Lucques, sans avoir conservé aucune conquête, ou reliré aucun fruit de leurs immenses sacrifices. Pendant cette même guerre, la rivalité entre Renaud Albizzi et Cosme de Médicis avait dégénéré en une haine acharnée. Renaud voulut engager Nicolas d'Lzzano à se réunir à lui pour attaquer les Médicis à force ouverte et les chasser de la ville; mais Uzzano voyait le déclin de son parti, et il voulait éviter une crise qui ne pouvait manquer de lui êlre fatale. L'oligarchie h laquelle Florence s'était soumise n'avait de force que par l'horreur qu'avait inspirée le règne des Ciompi et de la populace ; mais le souvenir s'en effaçait graduellement, et l'on craignait bien plus l'au* lorité sous laquelle on élait opprimé, que le retour d'une tyrannie dès longtemps détruite. D'ailleurs, Nicolas d'I zzano, qui voyait le pouvoir disputé entre Cosme de Médicis et Renaud des Albizzi, craignait autant le triomphe de l'un que celui de l'autre. Il maintint donc la paix jusqu'à sa mort, en 1433,

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Renaud, après cet événement, se trouvant sans rivaux dans son propre parti, lit arrêter Cosmc de Médicis et l'envoya en exil. Il aurait bien voulu se défaire, par une mort violente de ce cher de parti, et exclure | des emplois tous ceux qui lui Taisaient ombrage. Plus tard, lorsqu'une opposition nouvelle se forma dans les conseils, il aurait voulu avoir recours aux armes, et prévenir ses ennemi» par son audace ; mais, dans ebaque résolution vigoureuse qu'il voulait prendre, il rencontra l'opposition de gens qui pouvaient beaucoup perdre à sa défaite, et peu gagner à sa victoire. Les deux partis, près de se combattre, en 1484, acceptèrent la médiation du pape Eugène IV, qui se trouvait alors à Florence. Cosme de Médicis fut rappelé dans sa pairie, et, bientôt après, Renaud des Albizzi fut exilé avec tous ses partisans. On le vit ensuite implorer la protection de V isconti, duc de Milan, et traincr sou existence à la cour et dans les CUBpS des ennemis de sa patrie, sans pouvoir réussir â se faire rappeler à Florence. 5. S — i.

ALBIZZI (Barthélémy) , qu'on appelle aussi

Bahtiiëi.1 m\ de l'isi. ( de Pisis j, né au 14" siècle, | à Rivano en Toscane, fut de l'ordre des franciscains I ou frères mineurs, et s'est rendu célèbre par son livre des Conformités de St. François avec Jésus Ch rist, | qu'il présenta au ebapitre général de son ordre, en 1399. Il mourut à Fisc, le 10 décembre 1401. Le savant Tirabosclii, dans sou Histoire de la Littérature Ualitnne ( t. 5, p. 141, 1" édition ), parle de ce livre avec sa sagesse ordinaire : <* Les traits de simplicité, « dit-il, dont le trop crédule auteur l'a rempli, ont « fourni aux protestants l'occasion d'en faire un grand « bruit contre l'Église catholique, comme si elle ap- I « prouvait tout ce qui est écrit et publie par chacun « des siens. Marchand, entre autres, dans son D c- « lionnaire historique, a cru seize grandes colonnes « bien employées à mettre sous nos j eux toutes lut « éditions qu'où eu a faites, tous les livres qu'on a « publiés contre cet ouvrage, tous ceux dans les- « quels il a été ou abrégé ou étendu, enfin toutes « les injures que les protestants ont vomies à son a occasion contre les deux ordres des frères mineurs « et des frères prêcheurs, injures auxquelles il ne • manque pas de joindre les siennes, u Tiraboscbi a sans doute bien fait de ne pas mettre tous ces détails dans son Histoire, mais il était assez naturel que Prospcr Marchand les mit, lui, dans son Dictionnaire, et comme intéressant la bibliographie, et comme pouvant jeter du ridicule sur une croyance qui n e- i tait pas la sienne. Il est juste aussi d'observer que, du moins, l'ordre dont Albizzi portail l'habit était responsable de toutes les folies qu'il avait débitées dans son livre, puisqu'il le présenta au chapitre général assemblé dans la ville d'Assise, et que ce cltapitre, qui représentait l'ordre entier, pour lui témoigner sa reconnaissance, lui lit présent de l'habit complet que St. François avait porté |iendant sa vie. Ce livre singulier, où l'auteur élève les actions de son héros, non-seulement au-dessus de celles de tous les autres saints, mais au niveau même des actions du (ils de Dieu, fut imprimé, pour la première fois, à Venise, in-fol., sans date, et sans nom d'impri-

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meur. La seconde édition est de Milan, 1510, aussi in-fol., de 250 feuillets en caractères gothiques; la troisième, aussi de Milan, l 1 7, . même format et mêmes caractères, avec une nouvelle préface de Jean Mapelli , franciscain : ces trois éditions sont trèsrares, et l'on n'en trouve guère d'exemplaires qui n'aient été mutilés. Jérémie Bucchi, autre franciscain, en donna une nouvelle édition à Bologne, en 1590; mais il y retrancha beaucoup de choses, et ajouta à la fin un Abrégé historique des hommes illustres de l'ordre de St. François. Cette édition imparfaite ne s'etant pas vendue, on la reproduisit en 1020, en prenant soin de cliangcr les deux premières feuilles, pour la déguiser. On y trouve l'approbation du chapitre général de l'ordre, datée du 2 août 1599. Ce même livre fut réimprimé en 1652, mais avec des changements considérables, à Cologne, in-8", sous ce litre : Antiquitales [runciscanae , sivt Spéculum vitw B. Francitci et soehrum, etc. Le P. \ alcnlin Marée, fiauciscain réformé, ou, tonune on disait en France, récollet, en a donné une éditiou refondue et retouel.ee, en fiançais, sous ce titre : Traité des conformités du disciple avec le muitre, c'est-à-dire de St. François avec Jésus-Christ, en tous les mystères de sa naissance, vie, passion, mort, etc., Liège, 1058, in— 1°. Quoique ce récollet en ait retranché beaucoup d'extravagances, il y en reste cependant encore assez pour amuser ceux qui voudraient le lire (•). C'est de ce livre qu'Alber, élève de Luther, rassembla les absurdités et les inepties, pour en comi)oscr l'ouvrage satirique intitulé YAlcoran des cordrliers, ouvrage publie d'abord en allemand, puis traduit en latin par l'auteur, et enfin en français par Conrad Radius, qui y ajouta un second livre. On attribue encore à B&rtbélemy Albizzi les ouvrages latins suivants : lu six livres delà Vie et des Louanges de la Vierge, ou les Conformités de la Vierge avec Jésus-Christ, Venise, 1590, in-4"; 2° «les Sermons f.our le carême, sur le m< pris du monde, Milan, 1498, in-4'*, et Brcscia, 1595, in-8»; 5U lu Vie du B. Gérard, laïc, restée en manuscrit. G— Ë

ALBO (Joseph I, savant rahbin espagnol, natif de Soria, dans la Gratifie— Vieille, assista, en 1412, a la fameuse dispute sur la religion, qui eut lieu entre les chrétiens et les juifs, en présence de l'antipape Benoit XIII. Albo composa, en 1425, sous le titra de Ilikkarim( Fondements de la foi), un très-grand ouvrage, dont le but était, non-seulement de prouver la vériié des croyances judaïques, mais encore tl'attaquer les dogmes du christianisme. Le do< leur Bossi prétend qu'il composa ce livre |>our affermir dans leur foi ceux de ses compatriotes que la dispute théologique avait ébranlés. Cet ouvrage eut plusieurs

(I) L'ouvrage du I*. Vatenlm Marer, durit le lieu et l'eiwque de naissance, ainsi que h date du dect-s, sont également ignores (orme quatre |>ariies, en S val. in-4". Imprimes de 1636 1 4660, et aujourd'hui très-rares. De Uure, BiHwgrtipkie iiuiriulae, histoire, t. 4, n" 4543, ei le I*. Mircruu, Hrmeim, t. 36, p. U9. n'uni connu que les dru* |<reinieri volumes, l'.revenna osi !<• premier lnliMoj:ra|.he qui ait dé<ril le troisième, t'oy. son Cnlnlvgue rationne, 1775. t. 6, |«. 5ÎB. D( Villenfagne, daus ses Hecherchet iw fhtttirt dt ta ctderent friwiptutt <tt Liojt, Liège. «817, S «Si Ib-H", en i douté une aaaljse «iriecue (t. a, p. S56-W4). C-o-i

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