‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 73 sur 129 · A.LB · texte numérisé non relu

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éditions; la première fut publiée par Soncino, en 1488; quelques écrivains, cilés par Wolfius, le traduisirent en latin. Dans les éditions les plus modernes, le 25» chapitre de la 5* partie, plus particulièrement dirigé contre les chrétiens, a été supprimé. I) — T. ALBOHAZEN. Voyez Alhaze*.

ALBOIN, roi des Lombards, était fils d'Audouin, auquel il succéda en 561 . Il régnait dans la Norique et la Pannonic, (|ui forment aujourd'hui l'Autriche , et partie de la Hongrie ; tandis que Cunimond , roi des Gépides, gouvernait la Dacie et la Sirmic, et que Baian ou Cagan, roi des Avares, achevait la conquête de la Moldavie et de la Valachic. Par sa mère Rodclinde, Alboin descendait du sang illustre des Amales, et d'une sow de Théodoric. Il éjtousa en' première noces Clodosvinde, fille de Clotliairc, et sœur des quatre monarques entre lesquels la France était alors divisée. Narsès, général de Justinicn, qui connaissait la vaillance des Lombards, rechercha son alliance, et obtint de lui des secours dans la guerre contre Tolila. I ne haine violente divisait les Lombards et les Gépides ; Alboin rechercha l'alliance des Avares, et, de concert avec eux , il attaqua Cunimond, dont le royaume se trouvait entre eux et lui. Cunimond, au lieu de s'opposer à l'invasion des Avares, vint offrir la bataille aux Lombards ; il fut défait en 566, périt de la main d'Alboin dans le comlwt, et son peuple fut détruit presque en entier. Cette victoire acquit à Alboin une grande réputation. Après la mort de Clodosvinde, il épousa Rosmonde, fille de Cunimond , qu'il avait trouvée au nombre des captives. L'entière défaite des Gépides fut, jiour Alboin, comme le prélude de la conquête de l'Italie : elle rassembla autour de lui les guerriers des nations voisines. Narsès , qui avait soumis l'Italie à Justinicn, offensé par une cour ingrate, chercha dans Alboin un vengeur. Lorsque ce vieux général apprit que l'impératrice Sophie le rappelait au palais de Constant inoplc pour filer avec le reste des ennuques : « Je lui filerai une toile, répondit-il, que sa vie en- « tiére ne suffira pas à user. » Il invita, en effet, Alboin à passer en Italie. Ce roi en connaissait le chemin : il y avait envoyé, a plusieurs reprises, des troupes auxiliaires a Narsès ; le rappel, et bientôt après, la mort de ce général lui en facilitaient la conquête. La nation lombarde régnait depuis quarante-deux ans en Pannonic, lorsqu'Alboin résolut, en 568, d'abandonner les i>ays soumis à sa domination, pour acquérir un nouveau royaume. Ses États s'étendaient des confins de la Sirmie à ceux du Tyrol , et comprenaient tout le pays situé entre le Danube et les Alpes ; mais ces provinces, dévastées par de longues rrcs, et privées de cultivateurs, ne pouvaient sufù nourrir une nation irai voulait combattre et non travailler. Alboin appela sous ses étendards tous les braves des pays qui lui étaient soumis, et un grand nombre d'aventuriers des peuples voisins, non moins avides que lui de guerres nouvelles. 20,000 Saxons se joignirent à ses Lombards ; les femmes et les enfants suivirent leurs maris à la guerre, et une nation plutôt qu'une armée inonda l'Italie, abandonnant aux Avares, ses anciens alliés, la plus grande

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partie de la Pannonie. Dès la première année de son entrée en Italie, Alboin conquit la Vénétie, à la réserve de Padoue et de Monselicc , et il institua dès lors le premier duché lombard , ou du Frioul , en faveur de Gi/olfe, son neveu. Dans l'année suivante, en 569, Alboin soumit tout le jtays entre les Apennins et les Alpes, à la réserve de Pavie et de Crémone. En 570, il étendit ses conquêtes dans l'Émule et la Toscane, et un de ses généraux nommé Zotton, pénétrant au midi de l'Italie, fonda, en 571, le duché de Bénévcnt. On ne voit pas qu'aucune grande bataille ait été livrée par les Grecs pour défendre l'Italie ; mais plusieurs villes soutinrent des sièges obstinés, et la conquête des Lombards n'eut point la rapidité des autres invasions de barbares. Pavie se rendit enfin en 572, après un siège de plus de trois ans. Alboin, irrité contre ses habitants, avait résolu de les faire tous |>asser au fil de l'épce ; mais on assure que la chute de son cheval à la porte de la ville, chute attribuée à un miracle, lui fit révoquer ce vnni sanguinaire , et que son cheval se releva dès qu'il eut prononcé la grâce des Pavisans. Comme Pavie était alors une ville forte et très-avantageusement située, Alboin et ses successeurs en firent le lieu de leur résidence, et la capitale du royaume dès Lombards. Borné |>ar le duché de Rome, l'cxarcliat de Ravenne, les lagunes de Venise et les Alpes, ce royaume acquit dés lors l'extension qu'il devait garder jusqu'à sa fin. Alboin , après avoir régné 3 ans et demi en Italie, fut massacré le 28 juin 573, à Vé- 1 rone, par un assassin qu'avait armé sa femme Ros- I monde. Dans l'ivresse d'un festin , il avait envoyé à j cette princesse une coupe faite avec le crâne de Cunimond, roi des Gépides, son père, et l'avait invitée ! à boire elle-même, disait-il, avec l'auteur de ses I jours. Rosmonde, déterminée à se venger par un forfait de cette insulte féroce, engagea dans une conjuration Almichilde, noble lombard, qui pouvait prétendre au trône, et lui assura les secours des Gépides; mais Almichilde n'osait point combattre Alboin, le plus vaillant et le plus vigoureux guerrier des armées. Rosmonde clioisit parmi les simples soldats un homme renommé pour sa force extraordinaire, et, ne pouvant le séduire autrement, elle prit la place d'une de ses femmes dont ce soldat, nommé | Péridée, était amoureux. Après un rendez-vous noc- , turne, elle se fit connaître à lui, et ne lui laissa plus j que le clvoix de périr dans d'affreux supplices, victime de la jalousie d'Alboin , ou de servir sa vengeance. Elle l'introduisit dans l'appartement du roi, ' comme celui-ci dormait après le repas ; elle avait eu j soin d'en ôter toutes les armes , excepté une é|>éc , qu'elle avait fortement liée au fourreau. Alboin, réveillé par les coups que lui jwrtait l'assassin, voulut vainement tirer cette épéc ; il saisit ensuite une escabclle, avec laquelle il se défendit quelque temps; mais, affaibli parle sang qu'il perdait, il tomba enfin sans vie. Les assassins, qui s'enfuirent à Ravcnnc, l>érircnt tous ensuite misérablement; Almichilde fut empoisonné par Rosmonde, à qui il fit partager la COUpe qu'elle lui avait donnée. Péridée fut aveuglé à Constantinople. S. S— I.

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AI. MON (Jacqdes), marquis de Fronsac. Voyez Saint-André.

ALBON (Clacde-Camh.le-Fhançois d' ), descendant de jacques d'Albon, maréchal de St-André [voy. Saint-Am>ré) , naquit à Lyon en 1151,41 mourut à Paris en 1789. Il passa sa vie à voyager et à écrire, et fut membre de plusieurs académies ; il était seigneur d'Yvctot en Normandie, et y lit construire des halles , avec cette inscription fastueuse : Gentium commodo, Camillus II l. On a de lui les ouvrages suivants : 1° Dialogueenlrt Alexandre et Titus, où il plaide la cause de l'humanité contre les conquérants. 2° Observations d'un citoyen sur le nouveau plan d'impositions , 1774, in-8». 5" Œuvres diverses , lues le jour de sa réception à l' Académie de Lyon, 1774, iii-80, et, 1778, ii»-12; elles contiennent aussi quelques fables, des vers de société , un mémoire adressé à la société économique de Berne, et une lettre à un évéque suffra^ant. 4° Éloge de Quesnay, 1775, in—8°, et dans le Nécrologe des hommes célèbres. Partisan trés-zélé des économistes, l'auteur ne pouvait se dispenser de jeter des fleurs sur la tombe de leur chef, 5° Éloge de Chamousset, 1776, in-8*. 6° Im Paresse, poème traduit du grec, de ISicandcr, 1777, in-8», traduction supposée : on trouve à la suite le Dialogue entre Alexandre et Tttut. 7" Discours sur cette question : Si le siècle d'Auguste doit être préféré au siècle de Louis XIV , relativement aux lettres et aux sciences ; Paris, 1781, in-8". L'auteur se prononçait en faveur du siècle de Louis X I V ; son ouvrage ayant été critiqué dans le Journal de Paris, il publia sa défense sous le titre de : Iléponse à un Critique du 18e siècle, ISeufchatel { Paris ) , in-8 '. 8" Discours politiques, historiques et critiques sur quelques gouvernements de l'Europe, 1779 et suiv., 5 vol. in-8», Bâlc, 1779-1782, 2 vol. in-8°, nouv. édit.; Neufchatel, 1782, 1 vol. in-8° , nouv. édit., sous ce titre : Discours sur l'histoire, le gouvernement, Us usages , la littérature de plusieurs nations de l'Europe, Genève et Paris, 1782, 4 vol. in-12. La Hollande, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, etc., sont successivement (tassées en revue. Le discours sur l'Espagne mérite d'être lu ; celui qui traite de l'Angleterre fut beaucoup critiqué : l'auteur prétend, non-seulement que la constitution de ce pays tend à le corrompre, mais encore qu'elle est essentiellement mauvaise ; il prétend que le peuple anglais n'est ni heureux, ni libre |«r ses lois, et qu'il ne peut l'être. Ces discours sont regardés comme le meilleur ouvrage de l'auteur , qui avait observé par lui-même les pays dont il parle. 9° Discours prononcé à la séance de la société d'agriculture de Lyon, 1785. in-8». 10* Éloge de Court de Gèbelin , 1785, in-8». 11». Discours surl'Dalie, Berne, société typographique, 1791, in-8». Ce savant était protestant, et ne devait conséquemment recevoir qu'une sépulture de tolérance : le comte d'Albon, qui fut un de ses admirateurs, ayant obtenu l'exhumation, lui éleva un tombeau dans ses jardins , à Franconville , dans la vallée de Montmorency. Ces jardins, dans le genre anglais, étaient tellement remarquables par leur

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beauté, qu'on a publié : Vues des Monuments construits dans les jardins de Eraneonvilie-laGarenne, appartenant à madame la comtesse d'Albon, 1 784, in-8» de 19 planches, sans texte. On en trouve d'ailleurs une ample description dans Y Histoire physique, etc., des environs de Paris , par Dulaurc. La ouvrages philanthropi(|ues et poétiques d'Albon ont fourni à Rivarol (Petit Dictionnaire de nos grands hommes) des plaisanteries assez piquantes. A.B — t.

ALBORNOS (Gii.i.Es-Ai.VARfes-CAnii.i.o), cardinal, issu des maisons royales de Léon et d'Aragon, naquit à Cucnça , et fit ses études à Toulouse. Alphonse XI le nomma successivement aumônier de la cour , archidiacre de Calalrava , et enlin l'éleva , quoique jeune encore, à l'archevêclié de Tolède. Albornos accompagna le roi de Castille dans son expédition contre les Maures d'Andalousie, et sa dignité d'archevêque ne l'empêcha pas de porter les armes; ce fut même lui qui sauva le roi de la mêlée où il s'était engagé, à la bataille de Tarifa. Alphonse, par reconnaissance, l'arma chevalier , et lui donna , en 1515, la direction du siège d'Algésiras; mais, après la mort de ce prince , Albornos ne jouit pas de la même faveur auprès de Pierre le Cruel : choqué du zèle avec lequel ce prélat osait s'élever contre ses mœurs déréglées, Pierre voulut le sacrilier à la vengeance de Marie de Padilla, sa favorite ; mais, averti à temps, Albornos se réfugia a Avignon, où le pape Clément VI l'admit dans son conseil, et l'éleva à la pourpre. Ce fut alors qu' Albornos se démit de son archevêché , en disant : a Je serais aussi blâmable « de garder une épouse près de laquelle je ne puis « demeurer, que l'est don Pédro, roi de Castille, de ■ quitter sa femme pour une maltresse » Innocent VI, successeur de Clément, l'envoya en Italie, en 1555, en qualité de légat et de général, pour reconquérir les États de l'Eglise, qui avaient secoué l'autorité des japes pendant leur séjour a Avignon. Albornos, manquant de soldais , et n'ayant que peu d'argent, recruta néanmoins une petite armée com- |>osée de Français, de Hongrois et d'Allemands, et sut intéresser les Italiens eux-mêmes au succès de son entreprise. Pour être mieux en état de soutenir la guerre, il mit en gage presque toute son argenterie. 11 se ménagea d'abord l'appui des républiques de Florence et de Sienne, et s'attacha les Romains, par le moyen du fameux Colas de Rienzo, qu'il leur avait ramené d'Avignon. Prodiguant ensuite tout à la fois des excommunications contre les usurpateurs du i»atrimoine de St-Pierrc, et des promesses d'indulgences pour ses défenseurs, il se ht ouvrir les portes de Montefalco et de Montcflaseonc ; s'empara de Viterbe, d'Orvieto et d'Agobbio; rallia à son parti Gcntile de Magliano , tyran de Fcrmo , et le punit ensuite de son inlidélité, en le dépouillant. Il réduisit aussi à l'obéissance Malatesti de Rimini , le plus puissant de tous les princes de l'Etat romain ; mais une intrigue de la cour d'Avignon vint suspendre ses succès : il fut rappelé en 1557. Peu de temps après, son successeur ayant commencé à perdre ce qu'il avait conquis, le |>apc s'aperçut de son imprudence, et renvoya en Italie son liabilc légat. AJ-

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bornos réduisit, après une longue pierre , François cita OrdclaDi, seigneur (le Forli, le plus redoutable des ennemis de l'Église, à la nécessité d'abandonner ses Etats. Bologne lui fut vendue et livrée, en 1360, par son tyran , Jean d'Oleggio. 11 exerça même son influence jusque dans le royaume de Naples , où il extermina une nouvelle secte d'hérétiques. Ainsi, la puissance temporelle des pajies, qui n'avait existé jusqu'alurs que dans de vaines chartes également contestées par les empereurs, les grands et le peuple, ne fut plus illusoire, et ce fut par le courage et le zèle d'Albornos que les donations faites à l'Eglise dès le tem|>s de Pépin et de Cliarlcmagnc reçurent leur entier accomplissement. Après avoir achevé la conquête de tout l'Etat romain, il le gouverna plusieurs années , et lit chérir son administration ; Bolognc reçut de lui une nouvelle constitution , et il fonda dans celte ville le magnifique collège des Espagnols; il fit, pour d'autres parties de l'Étal de l'Eglise, des lois pleines de sagesse, qui étaient encore en vigueur dans la Marche d'Anconc quatre siècles après leur établissement. Enfin Albomos annonça à Urbain V qu'il pouvait rentrer et régner sans crainte a Rome. 11 le reçut à Viterbe ; mais le pontife, oubliant un instant les services qu'Albornos venait de rendre au saint-siége, lui demanda compte des sommes qu'il avait dépensées dans le cours de son importante légation. Albornos lui montre alors dans la cour de son palais uncliariot chargé de clcr», et lui dit : « Saint-père, les sommes que vous me de- « mandez, je les ai employées à vous rendre maître « des villes et des châteaux dont vous voyez les clefs. » A cette vue , le pape embrasse son légat, et le remercie. Ce grand liomme accompagna I rlmin V dans la capitale du monde chrétien, et retourna ensuite à Viterbe, où il mourut, le 24 août 1367, regretté du peuple et de son souverain qui, se trouvant dans de nombreux embarras, avait plus que jamais besoin de son appui et de ses conseils. Selon sa dernière volonté, son corps fut transporté à Tolède. Le pape, pour lui rendre les derniers devoirs , accorda des indulgences à ceux qui aideraient à porter le corps du cardinal. Beaucoup de personnes s'empressèrent à mériter ces indulgences, et portèrent le cercueil depuis Viterbe jusqu'à Tolède, où Henri, roi de Casulle, lui fit rendre les plus grands honneurs. On a de lui un ouvrage sur les constitutions de l'Église romaine, imprimé à Jési, en 1473, et qui est fort rare. Son testament a aussi été imprimé. On y trouve plusieurs dispositions curieuses, entre autres celU: qui ordonne que les moines disent pour le cardinal 00.000 messes. Im vie politique d'Albornos a été écrite par Sepulveda, sous ce titre : Historia de bello administrait) in Italia per annns quindecim, et confeelo ab Jîgiiio Albornolm, Bologne, 1643, in-fol. I)— c

ALBORNOS (Diego-Pnimppe), chanoine trésorier de la cathédrale de L'arlhngéne, traduisit de l'italien les Guerres civile» de f Angleterre, du comte Majolino Bissacioni, Madrid, 1638, in 4°; et publia, huit ans après , sous le litre de CartiUa polilira y Christiana, un traité de morale et de politique, à

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l'usage dn jeune roi Charles IL Cet ouvrage n'offre qu'une liste, par ordre alphabétique , des vertus qu'un roi doit pratiquer, et des vices qu'il doit éviter. L'auteur insiste surtout pour qu'on laisse au clergé une grande influence dans l'Étal. Ce traité plut tellement par la suite à l'infant Ferdinand , que ce prince , qui n'avait alors que dix ans , le copia tout entier de sa main. Philippe V, charmé du goût (pie l'infant son fils prenait à une lecture si grave , chargea l'évêque (TOrihuéla, Élic Gomez, de faire une nouvelle édition du livre d'Albornos. Cette édition, dédiée à Philippe V, et très-soignée sous le rapport typographique , parut quelque temps après, en 2 vol. in-12. D— G.

ALBOCYS était juge au tribunal de Cahors, lorsque le département du Lot l'envoya à la convention, en septembre 1702; il vota la réclusion de Louis XVI, et son bannissement à la paix. Son opinion, quoique courte, fut une des plus courageuses cC des plus propres à sauver ce prince , |>arce que ses motifs pour le soustraire à la mort étaient puisés à la fois dans la justice générale, dans le bien de l'État , et dans la constitution elle-même. Revenu dans son département après la session conventionnelle , Albouys y mourut dans l'obscurité. 7.

ALBRANB (Fortuné) , orientaliste et voyageur français, s'était, dès l'Age de vingt ans, familiarisé avec la langue arabe par lu fréquentation des Egyptiens réfugiés a Marseille. Plus tard il en fit une étude particulière à Paris, sous M. Silvcstre de Sacy et dom Raphaël , dont il suivit les cours , et s'embarqua pour l'Ile Bourbon , avec le gouverneur de cette colonie. Il passa ensuite à Madagascar, jiénélra dans l'intérieur du pays , si i>eu connu encore des Européens, y fonda la colonie de Ste- Marie, et y noua des relations avec les indigènes. Il composait un dictionnaire de la langue malgache , lorsqu'il mourut en 1827, à peine âgé de 32 ans. Albrand avait fait de très-bonnes études en EurojH', et il |>osséduit, en outre , l'arabe , le turc , le |>ersan , Tindou , le sanscrit et leurs dialectes. Z.

AL BRECHT (Jeik-Gcillacmb), né à Er[urth le 11 août 1703, fit ses études dans sa patrie, et y devint fort habile dans la langue grecque ; il oblint ime chaire de professeur de médecine à Gocttinguc, et y fut remplacé par naller, qui cite avec éloge ses ouvrages, dont les principaux sont : 1" Observationcs anatnmica, quibus acrrdil de iempestate , Erfurli , 1731 , in-4° ; 2" de E/fectibus musices in corpus animatum, Lipsia; 1734, in-8°; 3" Parœnesit ad arli$ me- : dicœcultores, Goltingœ, 1733, in-4". Albreeht mourut en 1736, Agé de 33 ans, d'une maladie que lui causa sa trop grande application au travail. C. et A — n.

ALBRKCHT (Jean-Sébastien), professeur de philosophie naturelle à Cobourg , né en 1605, et mort en 1774 , s'est attaché à décrire ce que la nature offre de bizarre et de monstrueux. On a de lui un grand nombre de mémoires, insérés dans les Annaltt de r Académie des curieux de la nature. On trouve, dans le tome 4 de cette collecl ion, un mémoire sur une belemnite ornée de figures hiéroglyphiques; dans le 5* vol. , un autre mémoire sur une courge dont

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les semences avaient germé dans l'intérieur du fruit; dans le vol. C, Spiciiegium ad ]hisloriam mluraUm searabari plaiyceri; dans le 7«, description d'un agneau né cyclope ( de Agno n/ciope ) ; dans le 8*. monstruosités d'un raifort; dans les vol. 9 et 10, mémoires sur des pétrifications singulières; dans le Commercium lilterarium , Noriinberg, 1731, sur les effets nuisibles du Solanum furiosum ; ib. année 1732, expériences sur le suc de belladone. ( Yoy. aussi JlKoas.) — Un autre Albhecht ( tienjamh*-Gottlieb ) a donne un ouvrage intitulé : de Aromalum exotuorum A'aro, et noslraiium Pr&stanlia, Erfurtb, 1740, in-l0, dans lequel, après avoir fait rénumération des épiées de l'Inde, qu'il accuse de causer de l'acrimonie et une ardeur brûlante, il dit que Ton devrait leur préférer la passe-rage , le raifort sauvage, le thym, le sarriette, la basilic, et surtout l'ail. D-F-s.

ALBH ECHTS- BER G EH ( Jea>-Georges), savant harmoniste et organiste liabile, né à Klosterneuburg, |>etitc ville de la basse Autriche, le 3 février 1736 , entra fort jeuue au cliapitrc de ce lieu , comme eufant de chœur. De là il passa à l'abbaye de Mtelk , où il fut chargé de la direction d'une école gratuite. Monn, organiste de la cour, lui enseigna l'accompagnement et le contre-point. Devenu lui-même profond organiste après plusieurs aimées d'un travail assidu , il fut appelé en cette qualité à Raab, puis à Maria-ïoferl, et enfin à Mœlk , où il demeura pendant douze ans. Les ouvrages qu'il publia dans cet intervalle ayaut pro|iagé sa réputation, et la place d'organiste de la cour de Vienne étant devenue vacante, il fut désigné en 1772 |kjuien remplir les fonctions. Vingt aas après , on le nomma mai in de chapelle de l'église cathédrale de St-Etienne. L'Académie musicale de Vienne l'admit au nombre de ses membres en 1703, et celle de Stockholm en 1708. Le savant homme est mort à Vienne le 7 mars 1800, et non en 1803, comme on l'a écrit dans le Dictionnaire historique des musicien* (Paris, 1810). Albrechls-Berger avait épousé, en 1768, Rosalie Wciss, fille de Bernard YVeiss, sculpteur, et en avait eu quinze enfants, neuf fils et six filles. De ces quinze enfants , douze •ont morts en bas âge. Ses meilleurs élèves sont : 1° Beethoven; 2° Jos. Tyblcr, premier maître de chapelle de la cour de Vienne; 3° Jean Fuss, mort à Feslh le 0 mars 1811); 4* Gœnsbacher (Jean), qui a succédé à Preindl dans la place de maitre de chapelle de St-Etienne ; 3° J. N. Hanisat, maitre de chapelle du duc de Saxe-Weiniar ; 6° le Iwron ISieolas de Krufft, mort à Vienne le 16 avril 1818; 7° Jos. Freindl , maitre de chapelle de St Etienne cl de St-Fierre, mort a Vienne le 20 octobre 1823; 8° le chevalier Ignace de Seyfried, maître de chapelle et directeur de l'opéra de Vienne. Haydn, Beethoven et tous les grands musiciens de l'Allemagne avaient la plus haute estime pour Albrcchts- Berger, qui était également reconunandable comme écrivain didactique , comme organiste et comme compositeur de musique sacrée et instrumentale. Le nombre des ouvrages sortis de sa plume est im-

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mense. Le prince Nicolas d'Esterhazy Golantha possède en manuscrits les suivants: r vingt-six messes dont dix-neuf sont avec accord d'orchestre, une avec orgue et six A quatre voix et a eapella ; 2° quarantetrois graduels; 3° trente-quatre offertoires; 4° cinq vêpres complètes; 8" quatre litanies; 6" quatre psaumes ; 7° quatre Te Deum ; 8° deux Yeni Sancle spirilui ; 9* six motels ; 10" cinq Salve Regina ; 11° six Ave Regina; 12" cinq Aima Redemptorii ; 130 deux Tantum ergo ; 14" dix -huit hymnes; 15° un Alléluia; 16° dix morceaux tels que de Profundis, introils , leçons des ténèbres et répons ; 17° oratorio : les Pèlerins de Golgolha, l'Invention de la croix, la Naissance du Christ; Apptausus musicui de Kativitate Jesu , de Passione Chrisfi ; 18° neuf cantiques; 10° un petit opéra allemand; 20° quarante quatuors fugués , œuvres 1 , 2 , 5, 7, 10, 11, 16 et 19; 21° quarante-deux sonates en quatuors, œuvres 14 , 18 , 20 , 21 , 23 , 24 et 26; 22° trois Bonates en doubles quatuor, n>uvre 17; 23" trente- huit quintetti pour deux violons, deux violes et basse, œuvres 5, 6, 9, 12, 15, 22, 23 et 27; 25° sept sextuor pour deux violons, deux violes, violoncelle et contre-basse; 25" vingt-huit trios pour deux violons et violoncelle ; 26" treize pièces détachées , telles que sérénades , nocturnes et divertissements ; 27" six concerto pour divers instruments, tels que le piano, la harpe, l'orgue, la mandoline et le trnm!>onc ; 28° quatre symphonies à grand orchestre. Les ouvrages qu'AlbrecliLs-Berger a publics sont les suivants : Fugues pour l'orgue, œuvres 4,5, 6, 7, 8, 9, 10, il, 16, 17 et 18; Préludes pour iorgue, ouvres 3, 12 et 20 ; Fugues pour le piano, o uvres 1, 15, 29 et 27; Dix-huit Quatuor pour deux violons, alto et basse, œuvres 2, 19 et 21 ; Six Sextuor pour deux violons, deux x-ioles, violoncelle et contrebasse, Vienne; Quatuor pour clavecin, deux violons et basse , Vienne, 1702; Six Dxtos pour violon et violoncelle, Leipsick, 1803; Quinletto pour trois violons, alto et violoncelle; Sonates à deux chœurs pour quatre violons, deux altos et deux violoncelles. Vienne, Hudl. Ses ouvrages élémentaires sont : 1° Grundliche anweisung xur composition mit deutlichen und ausfûhrlichen exrmptln zum selbls unttn-ichle erlaatert und mit anhange, von des Beschaffcnheil und anwendung aller jetzt ublichen musinstrumente, [Leipsick, 1790, in-f. Une autre édition de cet ouvrage a été publiée à Leipsick chez Breclkapf et Stiertel, 1818, in-8°. M. Choron en a donné une traduction française sous ce titre : Méthode élémentaire de composition, etc., enrichie d'un grand nombre de notes et d'éclaircissements , Faris, 1814, 2 vol. in -8'. Enfin il en a para une nouvelle édition sous ce titre : Méthodes d'harmonie et de composition , à l'aide desquelles on peut apprendre à accompagner soi-même la basse chiffrée, et à composer toute espèce de musique; ouvrage mis en ordre et considérablement augmenté d'après l'enseignement de l'auteur, par M. le chevalier de Seyfried, maître de chapelle ; traduit de l'allemand avec des notes , par M. Choron, Faris, 1830, 2 vol. in-8". Bien que méthodique, orné d'exemples assez |Htrement écrits, ce

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livTe n'est ]>oint exempt de tout reproclie. L'auteur, en cherchant la concision, est toml>é quelquefois dans la sécheresse et l'obscurité. Les parties les plus difficiles de la fugue, telles que la réponse et les contresujcls, n'y sont qu'effleurées, et les exemples ne sont |x>int assez varies. Néanmoins, tel qu'il est, il mérite l'estime dont il jouit en Allemagne. 11 a remplacé avantageusement le Gradu* ad Pamassum de Fox, qui , basé sur la tonalité du plain-chant , s'éloigne trop du système moderne. Par les soins qu'AIbrot-hts- Berger a mis à la rédaction de ses exemples, il a évite 1rs défauts du Traité de la fugue de Marpurg, qui n'est propre qu'à enseigner le style instrumental 2° h'urzgtfaste Méthode der Generalbast zil erlernen ( M cil iode abrégée d'accompagnement} , Vienne, 1792. 3° h'Iavierschule fur anfanger (École du clavecin |iour les commençants). Vienne, 1800. 4" Ausweichungen au* c dur und c moll in die ubrigen dur und moll tome ( Passage des tons d'ut majeur et d'ut mineur dans tous les tons majeurs et mineurs), Vienne, Leipsick et Bonn. La 2e parlie de Cet ouvrage, intitulée Inganni Trugschlùsse fiir die Orgel oder piano-forte , contient toutes les feintes de modulations. La 3" partie a |>our litre : Vnlerrichl uber der Gebrauch der Yerminderlen und uberm. inlervatlen ( Instruction sur l'usage de* intervalles augmentés et diminues), Lei|tsick, l'élers. Le chevalier de Scyfried a publié une édition complète des œuvres théoriques d'AlbrecliLs-Bcrger sous ce titre : J.-G. Atbrechtt Berger* tammtliche Schriften Uber Generalbast , harmonie und Tœn*ezlkun*t sum selbestunlerrichte , Vienne, Antoine Strauss, 3 vol. in-8e sans date. F — T — s.

ALBUECUT ( Jea>-Lai-kent ), poète couronné, naquit eu 1732, à Gn-smar, prés de Mulliausen. llauchfust , organiste de cette ville, lui donna les premières leçons de musique pendant trois mois; 11 se rendit ensuite à U'ipsick |>our y étudier la théologie, et en 1758, il revint à Mulhausen, où il fut nommé chantre et directeur de musique à l'église principale de cette ville, emplois qu'il conserva jusqu'à sa mort en 1773. Albrccht est également reeomniandablc comme écrivain didactique et comme compositeur. Ses ouvrages , publiés en allemand , sont : 1° Lettre* de Sleffani , avec de* addition* et une préface, 2* édition, Mulhausen , 1760, in-Â". Cette édition de la traduction que VVerckmeister a>ail faite de l'ouvrage de Sleffani, intitulée Quanta cerlezza habbia du tuoi principj la musica , est très-préférable à la première. 2° Introduction raitonnee aux principe* de la musique, Langcnsalza, 1761, in-4", 136 pages. 3° Jugement tur la ditpute entre MM. Marpurg et Sorge , dans les Essais «le Marpurg (Bcytrag.), t. 3, p. 26». 4" Courte Xoticc tur l'état de la musique d'église à Mulhausen , dans le méHM recueil, t. 3, p. 387. 3" Dissertation sur cette question : La musique doit-elle être tolérée dans te service divin? Berlin , 1764, in-4n, quatre feuilles. 6° Dissertation sur ta musique de Masses, Franckcnhausen , 176.*», in-4". Albreeht a été l'éditeur des deux ouvrages d'Adehmg , Musica mechanica organadi et Siebengettirn , Berlin, 1768;

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il a joint au premier une préface avec une notice sur la vie d'Adelung. Ses compositions consistent : Ie en une Cantate pour le vingt-quatrième dimanche cqtrès la Pentecôte , poésie et musique d'Albrecht , 1738; 2° Pauion selon les évangélitlet , Mulhausen, 1759, in-8°; 3° Encouragement mutical pour te* claveciniste* commençants, Augsbourg, 1763, in-8*; 4° Encouragement mutical comùtant en petite* pièce* et ode* pour le clavecin, Berlin, 1763, in-»". F— t— s.

ALBBET (Charles sire n'), comte de Dreux , vicomte de Tartas, était fils d'Arnaud, sire d'Albret , grand chambellan de France sous Charles V. Charles, sire d'Albret, cousin du roi Cliarles VI, se trouva, en 1390, à l'expédition d'Afrique commandée |>ar Louis 11 , duc de Bourbon , et ensuite au siège de Tunis. En 1402 il fut nommé connétable, à la place de Louis de Sancerrc, et en 1403 et 1406 il commanda en Guienne, contre le» Anglais, ayant sous ses ordres les comtes d'Alcnçon , de Clermont et d'Armagnac; il enleva plus de soixante châteaux ou places murées, et serra de si prés la ville de Bordeaux, que les habitants, privés de vivres du coté de la terre , se soumirent à une forte contribution. Pendant les troubles qui suivirent la démence de Charles VI , d'Albret prit le ixirli des Armagnacs; et, la faction de Bourgogne l'ayant em- {Mirté, il fut destitué en 1412; mais, l'année suivante, la faction d'Armagnac prit le dessus, et Charles d'Albret rentra en triomphe dans Paris. L'ennemi commun profitait de ces divisions, et Henri V, roi d'Angleterre, étant débarqué au Havre avec 6,000 hommes d'armes et 30,000 archers, vint assiéger llarlleur, qui fut em|Nirté d'assaut. On reprocha au connétable d'avoir négligé de secourir cette place ; cependant il marcha contre l'ennemi avec 14,000 hommes d'armes, et une infanterie beaucoup plus nombreuse que celle de l'armée anglaise. Celle-ci , épuisée j«ir ses succès même , ne cherchait qu'à gagner Calais en traversant le pays de Caux et le comté d'Eu , pour |iasscr la Somme au gué de Blanquelade, comme avait fait Edouard III en 1346. I^*s mêmes fautes entrainérent les mêmes désastres. Au lieu de garder les iwssages de la Somme, le connétable alla attendre les Anglais au delà de la rivière, au village d'Azincourt ; et, par une suite de la même présomption , il rejeta l'offre que faisaient les ennemis de payer tout le dommage qu'ils avaient fait depuis leur descente en Normandie, et les mit dans la nécessité de vaincre ou de périr. La liataillc d'Azincourt fut livrée et perdue par les Français, le 23 octobre 1413. La gendarmerie français*' y combattit avec le même courage , le même désordre, et le même malheur qu'aux journées de Crécy et de Poitiers, les chefs mettant toute leur gloire à se battre en soldat. L ue foule de princes et de chevaliers furent du nombre des 6,000 Français qui restèrent sur le champ de bataille. Le connétable d'Albret y ml tué à la têle de l'avantgarde. S — v.

ALBRET (CÉsin-PiiÉnts n"), connu d'abord sous le nom de Miossir^s . puis sous celui de Maréchal d'Albret, descendait d'Etienne , bâtard d'Al-

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bret, légitimé, en 1527, par François I". Ce fut un courtisan adroit et assidu , et il dut sa fortune militaire , beaucoup plus à la faveur dont il jouit auprès d'Anne d'Autriche et du cardinal Mazarin , qu'à ses talents. Il devint chevalier des ordres du roi , gouverneur de Guicnne , puis maréchal de France, en 1654 ; ses dignités, sa grande fortune et sa naissance le firent distinguer parmi les amants de Ninon , et les amis de mademoiselle d'Auhigné. St-Évremond a célébré, dans le maréchal d'Albret,

Un maréchal, l'ornement de la Franco, Rare en esprit, magnifique en dépense.

Mais, s'il faut en croire madame Cornuel , à qui le maréchal chercha à plaire dans un âge avancé, c'était un grand faiteur de galimathias. Quand il eut cesse ses poursuites auprès de cette femme spirituelle , elle dit : « En vérité, j'en suis facliéc ; car je commençais * à l'entendre. » Le maréchal d'Albret avait appris le métier des armes sous Maurice d'Orange et Jean de Werth : il se trouva, en 1640 , au siège de Mardick, et, la même année, a celui de Dunkerquc. Cela n empéetia pas l'abbé d'Ammont , qui avait loué à la comédie une loge dont le maréclial s'était cmp ; i n • , de lui dire , en se voyant fora1 de lui céder la place : « Voyez le beau maréchal , il n'a jamais pris « que ma loge ! » Four achever le jmrtrait de ce seigneur brillant et fastueux , nous ajouterons qu'il avait une faiblesse assez ridicule , qui était de se trouver mal à la vue d'une téle de marcassin. Ce qui lit dcinuudcr au maréclial de Clérambault : « Si ce ne « serait |ws se battre avec avantage contre le maré- « chai d'Albret que de se présenter contre lui l'épée « dans une main , une tétc de cochon dans l'autre. » D'Albret mourut en 16T6, à 02 ans. S— Y.

ALBRIC, ALBRICLS, ou ALBRICILS, philosophe et médecin, né A Londres dans le 1 1* siècle. Après avoir étudié dans les universités de Cambridge et d'Oxford, il voyagea pour se perfectionner. Balée, clans sa Seconde Centurie de» écrivains illustra de la Grande-Bretagne , cite de lui divers ouvrages écrits en latin, mais qui n'ont jamais été imprimés; en voici les titres A» de Origine Deorum; 2» de Ratione reneni ; 5° Virtules antiquorum ; 4° Canones specutalivi. On trouve, dans les Myihographi lalini , Amsterdam, 1081 , 2 vol. in-12, un |»elit traité de Deorum imaginibus, également composé |wr un Albric; mais on ignore s'il faut l'attribuer au savant anglais, ou à un autre Albric, évéque d'Ltrecht, qui vivait dans le 8* siècle. L'abbo le Bœuf l'attribue à ce dernier; mais D. Rivet, dans son Histoire littéraire , prétend qu'il n'est ni de l'un ni de l'autre, et le croit plus ancien. N — l.

ALBRIZZI (Isabella Téotociii, comtesse d'}, Tune des femmes les plus distinguées de l'Italie contemporaine. Née à Corfou en 1770, elle quitta de bonne heure sa patrie et apprit la langue italienne, qu'elle parvint à parler et à écrire avec autant de correction que d'élégance. Elle éjtousa d'abord un homme de lettres, Marino, qui la laissa veuve, et elle s'unit en secondes noces au comte Albrizzi. Son ime était naturellement généreuse, et son

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meilleur travail littéraire lui fut inspiré par l'amitié. Elle traça, dans un livre intitulé Rilralli (Portraits), Brescia, 1807, le caractère des hommes les plus remarquables |ianni lesquels elle avait vécu : Césarotti, Bertola, Allieri, l go Foscolo, Quirini, le général Cervoui, etc. Ses jugements se ressentent naturellement du sentiment qui les a dictés, et l'on y trouve beaucoup moins de vérité que de grâce et même d'originalité. \jc même auteur a donné, en 1822, l'œuvre de Canova (Opère di ptastica di Canota), avec un ■perçu sur ce célèbre artiste, et l'a|>précialion de chacune de ses admirables productions. Lord Byron eut de madame Albrizzi l'opinion la plus flatteuse : il avait trouvé sa conversation si attrayante et si animée, ses manières si gracieuses, qu'il ne craignit pas de l'appeler la madame de Slaél de Venise. Elle est morte en 1856. t H. D— z.

ALBl CASIS, médecin arabe, nomme aussi Albucasa, Alblchasiis, Buchasis, Bui.caris-Gai.ap, Alsahahavil's et Azaravu:s, cl dont le véritable nom est Aboijl-Caçeji-Kiialaf-bein-Abbas, était natif d'Alzahrah , ville d'Espagne. Il s'appliqua de bonne heure à l'art de guérir, et y lit des progrès si rapides, qu'il devança de beaucoup ses prédécesseurs , et s'acquit une grande réputation en Es|>agnc et dans les |iays voisins. On a été longtemps dans le doute, relativement à l'époque où il vécut; mais on sait maintenant qu'il mourut à Cordoue , l'an 560 de l'hégire ( 1 106-7 de J.-C. ). Malgré les éloges que lui donne sou premier traducteur, l'aul Bicius , juif allemand et médecin de l'empereur Maximilien 1er, qui ne trouve au-dessus de lui qu'Ilippocrate et Galien , on ne doit le mettre qu'au rang des compilateurs ; il est même le plagiaire de Bliasès; en plusieurs endroits , ce sont les mêmes mots, la même division de chapitres. Ses ouvrages sont réunis sous le litre d'Al-Tacrif, ou Méthode de pratique , qui est divisée eu trente-deux traités. On en a plusieurs éditions latines : celle de Venise , in-fol. , en 1500, a paru avec les écrits d'Octavianus Iloratianus ; une autre , de la même ville, en 1520, comprend la Chirurgie de Pierre de Argillata. Celle d'Augsbourg, 1519, in-fol., est très-rare ; elle est intitulée : Theoriœ nernon Praclicœ liber; celle de Strasbourg, 1532, in-fol., Manualis medicina. La princiitalc a pour titre : Medendi Methodus certa , clara et brevis , pleraque quœ ad medicina partes omnet , pracipue quœ ad ehirurgiam requiruntur, libris tribus exponens , Basilea , 1541, in-fol. Mbucasis était plus chirurgien que médecin ; il est le premier qui ait parlé des instruments de chirurgie, et qui en ait donné des ligures; il est encore bon à consulter sous ce double rapport. Jean Channing a donné à Oxford, en 1778, une nouvelle édition de la Chirurgie d'Albucasis, ivcc une traduction latine , le texte arabe , et les figures des instruments, 2 vol. in-4°, rares en France. Cet A — et.

ALBUMAZAR, ainsi nommé par les Occidentaux , mais dont les véritables noms sont Dj afarben- Mohammed-ben-Omar (Abou-Machar) , naquit!

Balkh, dans le Rhoraçan , l'an 190 de l'hégire (805- 806 de J.-C. ) ; il s'adonna longtemps aux traditions mahométanes ; et, après avoir été violent détracteur

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