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de la philosophie, il se livra, à l'âge de quarante-sept ans, à l'étude des sciences exactes, et, par suite, à l'astronomie et à l'astrologie. Quoiqu'on ne le connaisse guère que |>ar ses rêveries et ses nombreux écrits sur cette dernière science , on ne peut lui refuser une place distinguée parmi les observateurs que l'Orient a produits. La table astronomique nommée Zydj Abou-Mackar a été calculée d'après ses observations ; mais l'ouvrage auquel il doit le plus de réputation est son traité astrologique connu sous le titre de Milliert d'années. Il y soutient que le monde a été créé quand les sept planètes se sont trouvées en conjonction dans le premier degré du bélier, et qu'il Unira lorsqu'elles se rassembleront dans le dernier des poissons. Albumazar est mort a Vacith , en 885 de J.-C. ; il avait, dit-on , alors plus de 1(10 ans lunaires; mais comme cet age n'est pas d'accord avec la date de sa naissance et celle de sa mort , nous supposons qu'il y a erreur dans l'une des deux , ou qu'on a exagéré la durée de sa vie. On a iuq>rimé à Augsbourg, en 1489, in-4°, et réimprimé à Venise, en 1490, 1506, et 1515, in-4°, huit traités astrologiques de cet auteur; à Augsbourg, en 1488 , in-4", Traclatut ftorum aitrologiœ; et, en 1489, in-4°, Intruducturium in atlronomiam. ( Yoy. le catalogue de ses ouvrages, donné par Casiri, Bibl arab.hisp., t. 1 , p. 531.) J— M.
ALBUQTJERQUE (don Juaji Alphonse d'), ministre de Pierre le Cruel , roi de Castillc . descendait du sang royal de Portugal. Alphonse XI , dont il était le premier ministre, le nomma gouverneur de son (ils, Pierre le Cruel ; mais, au lieu de corriger les inclinations vicieuses de son élève , d' Albuquerque ne songea qu'à le flatter, et obtint ainsi la confiance de Pierre qui , à son avènement , en 1550 , lui laissa toute l'autorité , et le nomma grand cliancelicr. Lié avec la reine mère , d'Albuquerquc excita le jeune monarque à faire assassiner Eléonorc de Guzman , maîtresse du feu roi, et à faire périr l'adclentado Garcilasso de la Vega , le seul liomme de la cour cpii put lwlanccr son pouvoir. D'AIhuqucrque se rendit également odieux aux Castillans , en chcrcliant sans cesse à augmenter l'autorité royale , et en favorisant la |mv>ion du jeune roi pour la belle Maria de Padilla. Quand cette liaison commença à nuire à sa faveur , il cherclia à la rompre; mais il n'était plus temps: Pierre , incapable de résister à ses passions , ne vit plus dans son ministre qu'un censeur chagrin et incommode ; il renvoya de la cour toutes ses créatures , et l'écarta lui-même du conseil. b'Albiimtorqnc se retira dans ses domaines avec la rage dans le arur ; et, ne songeant qu'à former une ligue contre Pierre , il s'unit aux seigneurs mécontents , et les détermina à la guerre. Maître de plusieurs places qu'il axait fait fortifier pendant son ministère, il n'attendait plus qu'un moment favorable pour |>énétrcr en Castille, lorsque Pierre , en le prévenant , le forra de se réfugier en Portugal. Ce monarque irrité envoya des ambassadeurs à LisUmnc pour demander qu'on lui livrât son ancien ministre. \jc roi de Portugal le refusa, et d'Albuquenpie , plus animé encore, joignit les seigneurs mécontents , et commença le* liostilités
contre son roi. Il poussait la guerre avec vigueur,
lorsqu'il mourut presque subitement, en 1554. On sou{>çonna que le roi l'avait fait empoisonner par un médecin juif, nommé Paul. La haine que l'on portait a Pierre , et le motif de la disgrâce d'Albuquerque, axaient excité en faveur de ce dernier plus d'intérêt et de considération qu'il n'en avait obtenu pendant sa faveur. B — p.
ALbTQUEHQUE (Alphonse d ), vice-roi des Indes, surnommé le Grand, et le Maks portugais, naquit à Lisbonne, en 1452, d'une famille qui tirait son origine des rois de Portugal. C'était , pour sa nation, le siècle de l'héroïsme , des découvertes et des conquêtes. Les navigateurs portugais avaient déjà reconnu et subjugué la plus grande partie des cotes occidentales de l'Afrique ; ils commençaient à étendre leur domination sur les mers et sur les peuples de rindc. Alhuqucrque passa ses premières années à la cour du roi Jean IL Sous Emmanuel , son successeur, Albuquerque , après une première campagne dans les Indes orientales ( 1505 j , reçut le commandement d'une flotte et le titre de vice-roi des nouveaux établissements portugais en Asie. Ikmé d'un génie vaste et hardi, et fortement préoccupé de la puissance et de la grandeur de sa patrie, il forma le projet de fermer aux Vénitiens et aux Sarrasins la route des Indes par l'Egypte; dans ce but, il s'empara d'abord de l'Ile de Socotora , à l'entrée du golfe Arabique ; il alla ensuite attaquer Zrifadin , roi d'Oramz , battit complètement sa flotte , et le força à se reconnaître tributaire des Portugais , et à lui livrer un territoire pour construire une forteresse. Zcifadin ayant secoué le joug |»eu de temjis après le dé|iart de l'armée victorieuse , Albuquerque revint mettre le siège devant Ormuz ; mais la défection de quelques capitaines de sa flotte le força d'abandonner cette entreprise : il fit voile pour les Indes , où il arriva le 3 novembre 1508. — Toujours grand dans ses desseins, le général imrtugais se proposa de fonder un empire qui s'étendrait du golfe Persique à la prestra'ile de Malaca. Son premier exploit fut la conquête de Goa ( 1510), place très-importante sur la côte du Malabar, dont il lit le centre de la puissance et du commerce des Portugais dans l'Orient. bientôt après il soumit le reste du Malabar, Ccylan, les Iles de la s. unir et la presqu'île de Malaca. La terreur de ses armes se ré|Kindit au loin; les rois de Siam, de Pégu , de Sumatra , dont la domiuation s'étendait jusqu'aux frontières de la Chine , se hâtèrent de lui envoyer des ambassadeurs jiour le complimenter, et lui demander son amitié et si protection. En 1315, il fit voile vers l'occident . |wur ajouter à ses conquêtes les |K>ssesMons qui devaient les compléter ; mais il échoua devant Aden . dont il voulait faire la clef du golfe Arabique. Après avoir passé l'hiver dans l'ilc de Caman , et attaqué de nouveau Aden, mais sans plus de succès que la première fois, il s'empara d'Ormuz , a l'entrée du golfe Persique , et y éleva une forteresse pour s'en assurer la possession et protéger efficacement le commerce portugais. Le roi de Perse, suzerain de celte lie, réclama le léger tribut que ses princes avaient coutume de lui payer;
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Albuquerque, faisant apporter devant les ambassadeurs des grenades, des boulets , des sabres : ■ Voilà, « leur dit-il, la monnaie dis tributs que paye le roi « de Portugal. » Les peuples et les monarques de l'Orient étaient de toutes |»rts à l'ascendant de ce grand homme. Toutes les actions, tous les projets d'Albuquerque caractérisent un génie extraordinaire. Il s'était avancé dans la mer Kougc , |xnir y détruire le port de Suez, où les Vénitiens et les Arabes annaient une flotte, qui devait disputer aux Portugais l'empire de l'Asie; ne pouvant pénétrer avec ses vaisseaux au fond de ce golfe orageux , il voulut obliger le roi d'Ethiopie à détourner le cours du Nil , en lui ouvrant un passage pour se jeter dans la mer Rouge : l'Egypte serait devenue un désert inhabitable ; et le port de Suez , ses armements et son commerce , la rivalité dangereuse dont il menaçait les Portugais, tout aurait été détruit. Mais il n'eut pas le temps d'exécuter ce vaste projet (I) : peu de temps après qu'il en eut conçu l'idée, le» Turcs s'emparèrent de l'Egypte. Alors , tranquille au centre des colonies portugaises , Albuquerquc réprima la licence des troupes , établit l'ordre dans les comptoirs , affermit la discipline militaire, et se montra tout à la fois actif, prévoyant , sage , humain , juste et désintéressé. L'idée de ses vertus avait fait naître une impression si profonde sur les Indiens, que , longtemps après sa mort , ils allaient a son tombeau pour lui demander justice des vexations de ses successeurs. C'est à lui que les Portugais durent la création de cette puissance singulière qui , même après sa ruine, a laissé dans l'Inde des souvenirs ineffaçables. Malgré les services importants qu'il avait rendus à la cour de Portugal, Albuquerque ne put échap])er à l'envie des courtisans ni aux soiq>çons du roi Emmanuel , qui, s'élant laissé persuader que le vice-roi voulait se rendre indépendant, envoya pour le remplacer Lopés Soarez, son ennemi personnel. Ce grand homme était alors malade à Goa. « Quoi! s'écria-t-il à cette nouvelle, Soarez gouverneur desjndcsl Vasconcellos et Diego Pereira, « que j'ai bit passer en Portugal comme criminels , « renvoyés avec honneur ! J'encours la Itaine des o hommes pour l'amour du roi , et la disgrâce du roi « pour Taux •■ ir des hommes! Au tombeau, vieillard « sans reproche, il est temps ; au tombeau ! » Il écrivit une lettre au roi pour lui recommander son fils ; la lettre était courte , et finissait par ces mots : « Je ne « vous dis rien des Indes; elles vous parleront assez « pour elles et pour moi. » Il mourut peu de jours après, à Goa, le t6 décembre 1515. Emmanuel honora sa mémoire par de longs et inutiles regrets. Ce prince voulut que Biaise Albuquerque, lils du viceroi , prit le nom d'Alplionsc, afin que cette conformité lui rappelât plus souvent son illustre père, et il l'éleva rapidement aux. plus hautes dignités de son royaume.— Alphonse i i'Ai m qi'ehqie vécut 811 ans, et publia, en portugais, les mémoires de son père,
(I) Ce projet llfBSlMJM, aiiqm-l Brofr ne «ni pas rmm-, el qai frappa d'etonnemetn Napoléon lui-uèim.', lorsqu'il in «ut romiai»- *»»<-<• pour h première fois a Sle-lldene, AlbuaueT-iiip l'awii «»<rleuttMM propos a toe roi. C. W-a.
imprimés & Lisbonne , en 1 578 , in-fol. , sous ce titre : Commentariot do grando Alfonto de Alboquerque, capilan général dà India, dans la 65* année de son âge. E— d.
ALBl'QUERQUE (Georges n'), succéda, dans le gouvernement de Malaca, à Boderic Brito qui se retira à Goa. Le Portugal était alors (commencement du 16" siècle) gouverné par Emmanuel, son 14' roi. Le premier usage que fit Albuquerque de son pouvoir indisposa les Indiens contre lui. I n homme de celle nation, nommé Ninarhétuen, était chargé de garder les cotes de Malaca. Il occupait depuis longlcmps cet emploi avec honneur. Albuipienpie le lui ola, et le confia au roi de Campar. Le vieux IVinachéluen désespéré ne put survivre a cet affront. Il fit dresser un échafaud orné de fleurs et de parfums, sur lequel était allumé un bfleher de bois odoriférant, et y monta, vétu d'habits magnifiques. C'est ainsi que ce malheureux Indien périt, après avoir rappelé aux nombreux spectateurs les services qu'il avait rendus aux Portugais. Les Indiens, indignés, murmurèrent ouvertement contre le gouverneur. Albuquerque fut informé de tout, mais il garda le silence, s'occupant uniquement de consolider dans les Indes la puissance portugaise. C'est dans ce but qu'il fit demander par Bégic, l'un de ses capitaines, au roi de Cambaie, la permission de bâtir une citadelle à Dion, ville de son royaume ; mais il n'obtint celte permission que pour Surate, ou Bombain, villes situées sur la mer. C'était le tempsoù le grand Alphonse d'Albuquerque (voy. ce nom) forçait les rois d'Ormuz et de Narsingue à hit accorder une place dans leurs États pour y bâtir des forteresses. En 1519, Georges d'Albuquerque fut mis à la tétede treize vaisseaux. Arrivé au Mozambique, il envoya aux Indes quatre de ces vaisseaux, et avec le reste il alla croiser dans la mer d'Arabie, terne il voulait punir le gouverneur de Diou, qui, par sa conduite malveillante, avait excité les plaintes des Portugais, il ordonna à Christophe de Sala d'aller avec trois galères ravager la côte de Cambaie. Sala fit un butin considérable. Deux ans après (1521), le gouverneur de Malaca exécuta une entreprise; plus glorieuse. Un jeune prince, fils du roi de Paeem, qu'un sujet révolté avait fait périr pour usurier sa couronne, se réfugia sur la flotte d'Albuquerque. Celui-ci accueillit favorablement le légitime maître de Paeem, et prit la résolution de le replacer sur le tronc de son père. Avant de commencer son entreprise, il somma Guimal (c'était le nom de l'usnrjwteur) de restituer la couronne au fils de son maître. Guimal répondit qu'il paierait un tribut annuel au roi de Portugal, mais que, pour le sceptre qu'il avait conquis par la force des armes, il ne s'en dessaisirait jamais. Alors Albuquerque fit répondre a l'usurpateur qu'il ertt à se préparer à la puerre ; ce que fit Guimal avec autant de vigueur que d'activité. En peu de jours il eut muni sa capitale de tout ce qui lui était nécessaire pour soutenir un siège. Mais toutes ses précautions furent inutiles : le guerrier portugais eut à peine commencé le siège de Paeem, qu'il s'en rendit maître, après un combat vif où avait
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péri Guimal. Son premier soin fut de rétablir le calme dans la ville, après quoi il remit l'autorité aux mains du légil'unc héritier, en lui faisant prèier serment de fidélité au roi de Portugal, et en lui imposant un tribut annuel. Par eet acte de justice, Georges d'Albwpierquc conquit l'estime des habitants, qui avaient vu avec peine l'usurpation «lu pouvoir. Il se rendit ensuite à Malaca. En 180, il dut à sa prudence et à son courage la conservation «le la ville même où il commandait. Le roi de Itintam, prince ambitieux, envoya contre Malaca, dont il méditait depuis longtemps la conquête, 20,000 hommes commandés par A vélar, renégat jtortugais. L'Indien Laqueximenc devait en même temps l'attaquer par mer. Avec une poignée de soldats, le vaillant gouverneur lit payer cher à ses ennemis leur témérité. Tous s'enfuirent après une sanglante défaite. Peu de jours après, Albuquerque fil bloquer si étroitement le port de liintam. «pie h-s habitants furent obligés de se répandre dans les campagnes pour y chercher leur subsistance. Cependant l'année 1825 les vit tenter de nouveaux efforts contre Malaca. Le hardi général du roi «le liintam, Laquexinune, vint infester les environs de cette ville, et contraignit Albuquerque à rentrer dans la place. Cet affront ne tarda pas «l'être réparé d'une manière éclatante. Le «*ourageux gouverneur lit allatpier ses ennemis, au nombre «leS,000, par d«nix bateaux «lont chacun n'avait «pie cinipianlc ho m mes. La déroute d«;s Indiens fut complète. Georges «l'Albuquerquc sut encore dans plusieurs occasions repousser ces audacieuses entreprises du roi bintamais, cl il termina sa carrière militaire par un glorieux exploit. Connue il naviguait de Malara à Cochim, il rencontra une Hotte de vingt-cin«| <-aturs «pic comman«lait le gouverneur de Porta. Le vice-roi des Indes avait l>eaucoupà se plaindre de ce gouverneur. Avec un seul jonc bien armé, il alta«|ua les vingt-cin«| «-aturs, et en coula plusieurs à fond, après avoir tué deux cents hommes. Il n'avait perdu qu'un seul esclave. Il mourut peu de temps après, et fut remplacé par Pierre Mascaregnos, qui n'eut rien de mieux à faire que de l'imiter en tout point. M-nj.
ALBCQCERQLE (Mathias i> ), général portugais, se livra de bonne heure à l'étude du génie et des fortifications, et fut envoyé, en 1628, au llrésil, |M>ur défendre la province de Pernambuco contre les Hollandais, dont il parvint à rc|»ousser les attaques. Rappelé en Europe en 1633, il embrasai avec ardeur la révolution qui fit passer la couronne de Portugal dans la maison de Braganee. Elevé au commandement «le l'année iwrtugaisc en 1943, il fit la guerre avec habileté contre les Espagnols, leur prit plusieurs villes, et leur livra bataille l'année suivante, a Campo-Mayor, où, charmant lui-même à la tête de ses soldats, il remporta la première \ notoire décisive qui ail signalé cette guerre entre les deux nations rivales. Jean IV, pour le récompenser, le fit comte «l'Alegrelte, et lui donna le titre de grand de Portufjal. En 164a, d'AIhuqucrque ouvrit la campagne par la prise de Telcna ; mais, contrarié dans ses opérations par des officiers jaloux de ses suo:ès.
il se rendit à la cour pour se plaindre, fut reçu froidement, se retira aussitôt, et mourut de chagrin peu de terni» après (1646). — André d'Albl'QLERQI'E, aussi général ]>ortugais , se distingua dans le même temps contre les Espagnols , et fut tué à la bataille d'Elvas, en 1659. B— p.
ALHl Ql EBQl'E Cœltio (Edouard d ) , marquis de Basto, comte de Pernambuco, au Brésil, gentilhomme de la chambre de Philippe IV, se signala dans la guerre du Brésil contre les Hollandais, et particulièrement à San Salvador de Bahia. Lorsque tout le Brésil rentra sous la domination portugaise, il continua à être attaché au parti espagnol, et se retira à Madrid, où il écrivit un Journal de cette guerre, commençant a l'année 1C50, et qui fut imprimé à Madrid, 16H4, in-4°. Edouard d'AIhuqucrque mourut a Madrid en 16.S8. B — p.
ALBLQLEBQLE (le duc d*), de l'une des plus illustres et des plus anciennes familles de l'Espagne ( voy. ce nom ) , jouissait d'une grande considt-ration à la cour de Madrid, lorsque les Français envahirent la péninsule en 1808. Il n'hésita pas à embrasser la cause du roi Ferdinand Vil, et reçut le commandement «le l'un des corps d'armée aux ordres du due «le l'Infanlado. Il se distingua dans plusieurs occasions, notamment à la bataille de Médellin. Il commandait une division sous les ordres d'Areizaga à la bataille d'Ocana , et réussit par d'habiles manuuvrcs à garantir sa troupe «l«'s suites de celle malheureuse journée. Le général Crossard, qui fut témoin de ces manœuvres en qualité «le commissaire autrichien, a rendu dans ses mémoires mie complète justice à l'Iiabileté que le duc d'Albu(|utTi]uc y déploya. Il commandait aussi un coq» d'armée , en 1 81 0 , lorsipie le raarechal Victor s'avança contre Cadix. Forcé de se retirer dans l'Ile de Léon , il soutint par sa présence le courage de la garnison de Cadix, et contribua ainsi puissamment à la belle et longue résistance que lit ce dernier boulevard de la puissance espagnole. Lors«|ue les Français se furent .éloignés, le duc d'Alhiupicrquc réveilla le courage des troupes et le patriotisme des habitants ; et ce fut alors «pic se forma celte junte célèbre qui pourvut avec tant d'énergie et d'activité à tous les besoins d'une résistance aussi difficile, mais qui eut ensuite tant de peine à se dessaisir du pouvoir en faveur de la régence. Le «hic d' Albuquerque crut devoir iutervenir dans ces démêlés, et ce fut évidemment pour l'éloigner et se soustraire à son influence que la junte centrale le fit nommer à l'ambassade d'Angleterre. 11 conçut un tel chagrin de cette es|>èce d'exil dans des circonstances aussi importantes , qu'il mourut à Londres peu de mois après son arrivée (1811) M— Dj.
ALBUTIUS (Titus), philosophe épicurien, vivait dans le 7e siècle de la fondation de Borne. Instruit à Athènes, dès sa première jeunesse, il prit tellement en affection les manières «le la Grèce, qu'il aimail mieux passer potUT Grec «|ue pour Bomain. Afin «le le railler sur cette prétention ridicule, Sca'vola. surnommé V Augure, Iors«pril recevait une vi-
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site de lui, le saluait en grec , et le faisait saluer en la menve langue par tous ses gens. Albutius avait gouverné la Sardaignc en qualité de propréteur ; il demanda au sénat de faire rendre des actions de grâces aux dieux, pour quelques avantages qu'il avait remportés contre les brigands, et n'obtint |toinl cet honneur. Sorvola, et quelques autres , l'accusèrent ensuite de concussion , et le (font condamner au bannissement. Plus libre alors de se livrer à son goût pour les manières grecques, il revint à Athènes, où l'on pense qu'il mourut. Cicéron, dans mmtirutu», dit qu'Albulius eût été un meilleur orateur, s'il n'eût pas eu un penchant si vif jiour l'épicurisme ; qu'il possédait bien la littérature grecque, et qu'il avait composé plusieurs harangues. D— T.
ALBLT1US-S1LUS (Caïus), orateur romain du temps d'Auguste, était originaire de ISovarc, ou il avait exercé les fonctions d'édile ; mais des gens contre lesquels il avait prononcé un jugement l'ayant insulté, il vint à Rome , où il s'associa avec l'orateur M unacius Plancus. Cette union entre deux hommes qui parcouraient la même carrière ne fut pas de longue durée ; Albutius ouvrit seul une école en son nom, et se mit à plaider. Lnc aventure assez singulière, et qui mérite d'être rapportée, l'obligea de renoncer au barreau. 11 crut un jour ne faire qu'une figure oratoire , en disant à l'avocat son adversaire : « Jurez par les cendres et par la mémoire « de votre mére , et vous gagnerez votre cause. » Son adversaire dit aussitôt qu'il acceptait la condition. En vain Albutius prétendit qu'il n'avait eu l'intention que d'employer une figure de rhétorique, et qu'on ne devait |kls prendre à la lettre ce qu'il avait dit : les juges admirent le serment, et Albutius perdit sa cause. Dans sa vieillesse, ce philosophe, étant accablé d'infirmités, retourna à ÎSovare, où il assembla le peuple pour lui représenter, dans une liarangue fort étendue, que l'âge et les maladies lui rendaient la vie insup|K>rtable ; ensuite il se laissa mourir de faim. L" n passage de Quintilien donne a croire qu'Albulius avait composé une Rhétorique. D— T.
ALCAÇAR. Voyez Alcazar.
ALCAÇOVA (dou Pèdre d'), était, en 1.S74, conseiller de Sébastien, 16* roi de Portugal. 11 avait joui d'un immense crédit sous le roi Jean III. C'était un homme souple, adroit, habile dans l'art de feindre. Les courtisans, jaloux de son pouvoir, se liguèrent contre lui et fiarvinrcnt à le perdre dans l'esprit du roi. Aleaçova fut dépouillé de ses charges et éloigné de la cour, qui fut, après son départ, agitée par de continuelles intrigues. Chaque courtisan se disputait l'avantage de devenir le favori de Sébastien, prince faible et passionné , qui ne pouvait se passer de favoris. T.' ne division sérieuse éclata entre le roi et ses ministres. Ce fut cette division qui fournit a dom Pèdre Aleaçova l'occasion de revenir à la cour. 11 demanda la restitution de son poste ; elle lui fut accordée. Dés lors, afin de prévenir une seconde chute, il chercha les moyens de s'assurer l'amitié de Christoval Tavora , favori actuel du roi , en lui demandant la main de sa sœur pour son lils ainé. La
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proposition fut agréée. Sébastien approuva ce mariage et rendit toute sa confiance a Aleaçova, qui, enchanté du retour de ce prince, conçut le projet de devenir lui-même son favori. Il s'appliqua sans cesse à lui plaire. Epiant ses moindres démarches, ses moindres mouvements, il flattait habilement ses passions, et paraissait partager ses vues. Quand les projets du roi offraient des difficultés, il cherchait à les aplanir, il pro|iosait des expédients; mais, pour montrer que ces espédients lui étaient inspires par un zèle désintéressé , il les condamnait quelquefois, et eu pro|H>sait d'autres. Par cette llexibilité, il subjugua tellement l'esprit du roi, que ce prince le revêtit de la surintendance de ses finances. Sébastien, alors en paix avec tous les princes de l'Euro|)C, et n'ayant aucune entreprise à craindre de la part des Maures, songeait à jiasseraux Indes. Comme ce projet contrariait les intérêts et les vues d' Aleaçova, il sut, par d'adroites raisons, détourner son maître de l'exécuter, du moins pour le moment. Il se présenta bientôt une occasion où il rendit un important service au roi. 11 fut cliargé d'aller à la cour de Philippe II, roi d'Espagne, pour négocier le mariage de sou maître avec l'une des filles de ce prince, et pour ménager une entrevue entre les deux rois. Sébastien avait besoin des secours de Philip|>c |x»ur une expédition qu'il méditait en Afrique. Aleaçova réussit complètement. Le roid'Es|kagnc indiqua |>our lieu du rendez-vous la ville de Guadeloupe , située dans J'Estramadure. Le ministre portugais ne retourna à LislKMine qu'en 1576. Lorsque, deux ans après, Sébastien partit |K>ur son cxi>édition d'Afrique, dom Pèdre d'Alcaçova reçut la régence du royaume, concurremment avec dom Georges d'Almada, archevêque de Lisbonne, dom François de Sada et dom Juan Musearégnas. Il avait plein jwuvoir d'expédier avec eux toutes les affaires qui surviendraient pendant l'absence du roi. Peu de temps après, la nouvelle de la défaite et de la mort du roi parvint en Portugal; les trois collègues d'Alcaçova en furent consternés. Quant à lui, dont le lâche cœur était plus occupé de ses intérêts propres (pic de ceux de sa patrie, il se bâta d'informer secrètement Philippe Il de tout ce qui se passait en Portugal. Il ne tartla pas de recevoir la récompense de sa bassesse et de sa déloyauté : le cardinal Henri ayant succédé au présomptueux Sébastien le dépouilla de ses charges et le relégua à vingt lieues de Lisbonne. En agissant ainsi, Henri ne punissait pas une trahison qu'il ignorait, mais les offenses qu'il avait reçues d'Alcaçova sous le règne précédent. En 1581 , Philipjie 1 1 [roy. ce nom), qui venait d'ajouter le Portugal à ses vastes États, rétablit Aleaçova dans la charge qu'il avait occupée sous dom Sébastien. L'année suivante, il l'admit dans son conseil. Mais le nouveau conseiller survécut peu à ce retour de la fortune ; il mourut |>eu de temps après. M — d j.
ALCADINI S, lils de Carsia, médecin célèbre du 12e siècle, professa dans l'école de Salcmc, où il avait fait ses études. Sa réputation s'étendit bientôt dans tout le royaume de Naples, et même en Sicile, où il fut appelé par l'empereur Henri VI, qui se trou-
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vait arrêté dans ses expéditions par une maladie dangereuse. Alcadinus le guérit , et fut nommé son médecin ordinaire ; après la mort de Henri , il resta attaché à Frédéric II, son lils, qui n'avait alors que quatre ans. Ce fut |>our ce prince qu'il composa depuis une suite d'épigranimes latines en vers élégiaques, sur les bains de Pouzzolcs, de Htdnei» Puteolanis. imprimées |>our la première fois dans un recueil intitulé : de Halneis omnibus qum exilant apud Grttcot et Aral**, Venise, 1555, in-fol., avec un opuscule de Halneis Puleohrum , Jiajorum et Pitherumrum . Naples, 1501, ltt-8% et réimprimé plusieurs fois dans d'autres recueils du même genre. Alcadinus laissa de plus deux traités ; i' de Triumphit Ifenrici im}>eralorii; 2" de hix quw a Friderieo II, imperatore, pratclare et fortiler gesta sunl. C.A— m.
ALCAFORADA iMariam*e i>'>, née en Portugal au 17' siècle, fut l'Héloïse de sa nation. Elle vivait dans la paix «l'un couvent de l'Alentejo oii, pour sou malheur, elle vil un officier français qui lui inspira la plus vive passion. File lui écrivit des lettres dont le cliarme fait naître une admiration mêlée de l'intérêt le plus tendre, et qui touchèrent tous les «purs, Iwrs celui de l'ingrat à qui elles étaient adressées. Ces lettres sont écrites avec une énergie brûlante et un enthousiasme entraînant; elles (teignent avec une inexprimable ardeur le sentiment profond, invincible, qui consumait leur malheureux auteur. Ce fut l'oflicier lui-même qui, non content de mépriser la passion qu'il avait fait naître, eut l'infamie de trahir, par un mouvement de vanité fort condamnable, la faiblesse de l'infortunée Marianne eu publiant ses lettres. I n écrivain portugais, à qui l'on doit d'excellentes traductions, Souza (rot/, ce nom) , a fait une notice intéressante sur Marianne d'Alcaforada. Il a examiné avec soin les lettres publiées sous le nom de cette religieuse, et dont les originaux n'ont pu être retrouvés. Il a prouvé que , parmi les douze lettres, les cinq premières seulement appartiennent à Marianne , et qu'une fraude littéraire a évidemment inspiré les sept autres. 11 a restitué à sa langue, avec un plein succès, le chefd'iruvre qu'elle réclamait, et a donné des cinq lettres de la religieuse portugaise une édition nouvelle où le portugais et le français sont placés en regard, Paris, 182», in-12 (I). Z.
(t) Os Mires uni ok- traduites en français ci publiées a Paris, thei Uarbin, 4640, S parties in-IJ. Celle version est attribuée a l'ambassadeur C.uilleraisuc*. (Vej. ce nom, I. 19. p. 106.) Il eu a été fait plusieurs éditions : sous le litre <U- Lettres d'amour iVtmc religieuse portugaise, la Haje, 10*2-1096, in-li; sous le litre «le Lettres gai nuits (une chanoinene porluaaiie, précédées îles t.eltret ùe tendresse et d'amour de Julie à Onde, par M. 1). M. (madame de Maruésia), et des Hrponses d'Onde à Julie, par M. C. (Cailleau). Paris, Cailleiu (sans date), 2 vol. in-12; sou» le titre de Lettres et amours d'une reltaieuic portugaise, euiles an élu t alier de ('., officier français en Portugal, avec les lettre* de la présidente F. (Kerrand) i H. le haron de U. (Breteml), 1710, iii-12. Lenutol-Dufresnoy, qui rite cette ciiilioti dans sa ilibliothéaue des romans, nomme l'ofUcler français Chamill} (rwy. ce nom, I. s, p. 10) comme ajanl Inspiré celte vive passion ,i la religieux portugaise. L'abbé Mercier de St-Léger, qui s'est beaucoup occupe des lettre» qu'elle errait, a rédige «or l'ouvrage et sur l'auteur, fcur le traducteur cl sur les diverse* éditions qui ont été dounées, une notice q(ryn trouve dans
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ALCALA ( DOS Parafas de Rivera , duc u'), vice-roi du royaume de Naplcs, sous Philippe II, roi d'Espaguc, siiccéda au duc d'Albc, et mérita, |wr sa prudence et par la douceur de non gouvernement , l'amour des peuples confiés à ses soins. Lorsque la cour de Rome et Plulip|)e II tirent de concert de nouvelles teutatives pour établir l'inquisition dans le royaume de Naples, le duc d'Aleala s'y opposa avec tant de fermeté et de courage, et il en (it si bien sentir le* dangers a Philippe II , que ce prince déclara, en 1505, que jamais cet effrayant tribunal n'existerait a Naplcs. Sous l'administration vigilante d'Aleala , les Napolitains furent préservés de la disette ; il arrêta la peste dans ses progrès, repoussa les Turcs des côtes , réprima les brigands, et lit dis|mraitre un Matthieu Ikrardi qu'ils avaient mis à leur tète, sous le titre du roi ilarerm. Après avoir assuré l'ordre et la tranquillité, le vice-roi ouvrit plusieurs grandes routes , et fit construire des |K>nls aussi utiles que solides et magnifiques, tels que ceux de la Cava , de la Dovia et du Rialto. D'Aleala mourut à Naplcs, en 1571, à 05 ans, dans la 12 année tle sa vice-royauté, et hit regretté universellement. B— p.
ALCALA (Frvy Peiiiio de), religieux hiéronymite {ainsi nommé du lieu de sa naissance), vivait à la lin du 15* siècle. Après la prise de Grenade en MM, par Ferdinand et Isabelle, il fut envoyé dans celle ville jiotir y travailler à la conversion des Maures, dont l'expulsion d'Espagne n'était [ms encore décidée. Il étudia la langue arabe cl bientôt il s'y rendit très-habile ; on en a la preuve dans l'ouvrage qu'il |Hiblia sous ce titre : Arte para taber la lintjua araviga à rocabulista ararigo en Ultra casteUana, Grenade , 1505, in-19; ce volume est de la plus grande rareté. Le savant Nicol Antonio, liibl. Hitp. nova, t. I, p. 106, avoue qu'il ne l'a jamais vu. David Clément , liibl. curieuse, t. 1 , p. 157, ne cite que la seconde partie, qui contient le vocabulaire ; et d'après un catalogue inexact , puisqu'il dit que le format est in-tJ". Le Catalogue de la bibliothèque dn roi n'indique également que le vocabulaire, t. 10, p. 228. \V— s.
ALCALA Y H EN ARES ( Alphonse de), poëtc espagnol du 17» siècle, établi à Lisbonne. Quoitpte marchand de profession , il se livra à |a littérature, et eouqiosa un ouvrage intitulé : Viiidarium anagrammalieum , et cinq nouvelles , qui firent beaucoup de bruit lors de leur publication , non à cause de leur mérite littéraire, mais à cause de leur originalité. Dans chacune de ces nouvelles, l'auteur s'est astreint a éviter une des cinq voyelles; en sorte que, dans la V, on ne trouve pas un seul a ; dans la 2 |>as un e, et ainsi de suite. Ces puérilités donnèrent à l'auteur plus de réputation qu'il n'en méritait. D — G.
l'édition publiée par P.-K. Aubin, a Parts, ctaei Delanre, 4799, S vol. bHt; ibid., 4806 (avec des additions, de Barbier); nouvelle édition, Paris, Kleffer, IS<C-<82I, in-IS. Les Lettres portugaises en vers, publiées en 173» sous le pseudnnvnie de mademoiselle d'OI***, sont du marquis Ai' Xltncnes. [Yo<j. ce nom, 1.51, p. *2I.) Vey. aussi les Mémoires complets et aslientiaues du due de St-Simen, L S, p. «26. V-
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ALCAMÈNE, fils de Téléolns, de la branche aînée des rois de Sparte , monta sur le trône vers l'an 747 avant J.-C. Il termina la pierre d' H élus, et commença celle de Messènc, en prenant Amphée, l'an 743 avant J.-C; il mourut jieu de temps après, et eut pour successeur Polydorus, son lils. On a attribué à ce prince des apophthegmes , qui se trouvent dans le recueil des Ap<q>hthegmes laconiques, dont on a mal à propos désigné Plntarque comme l'auteur. C— n.
ALCA MÈNES, statuaire, élève de Phidias, était né à Athènes, où sa réputation brilla du plus grand éclat, 428 ans avant J.-C. Il décora sa patrie de plusieurs chefs— d'<ruvre , parmi lesquels on citait la statue de Vénus Aphrodite, dont on vantait surtmit la gorge, les bras et les mains. Il concourut, pour une antre statue de Vénus, avec Agoraerite de Paros; l'ouvrage d'Alcamènes fut préféré; mais il dut moins cette faveur à la supériorité du talent qu'à la prévention des Athéniens pour leur compatriote. {Vny. Aoor iCMITE. ) I. un des plus beaux ouvrages d'Alcamènes fut le fronton jiostérieur du temple de Jupiter Olympien, dont Pausanias a laissé la description. L'artiste y avait représenté le combat des Centaures contre les Lapithes, aux noces de Piritboûs. Pausanias rapporte que, de son temps, on voyait encore une statue de Junon de la main d'Alcamènes , dans un temple situé sur le chemin de Phalère à Athènes. Cioéron et Yalère Maxime |«rlent d'une statue de Vulcain. daos laquelle Alraménes avait fait sentir que le dieu boitait, sans que ce défaut entraînât aucune difformité. La grande réputation de cet artiste lui valut l'honneur d'être placé dans un bas-relief au sommet du temple d'Eleusis. L-8 E,
ALCANTARA. Voyez Gomes.
AI.CAZAR, ou AIjCAÇAR (Loin de), jésuite espagnol , né à Séville en tfkTi4 , enseigna la théologie à Cordoue , et passa une partie de sa vie à commenter Y Apocalypse ; mais le résultat de ses recherches, déposé dans deux ouvrages, dont l'un est intitulé : Vestigatio arcani senws in Apocalypsi , Anvers, 1604 et 1619; Lyon, 1610, in-fol. ; et l'autre : In eas Vrirris Testament i parte» quas respieil Aporalypsis, Lyon, 163», in-fol., prouve qu'il a perdu ses veilles, comme tous ceux qui ont suivi cette route ténébreuse. I-e premier de ces ouvrages, qui lui conta vingt années de travail , parut de son vivant ; il y a joint une dissertation sur les poids et mesures dont il est question dans l'Ecriture sainte , et il a mis, à la fin du second , un discours de malis Medieit. Aleazar pense que Y Apocalypse est parfaitement accomplie jusqu'au 20* chapitre , et il j trouve les deux témoins, sans parler d'Elie ni d'Enoch. Grotius a pris beaucoup de ses idées. Aleazar mourut à Séville, en 1613, à 60 ans. D— o.
ALCAZAR (Baltizar de) (1), célèbre épigrammatistc espagnol, était né, dans le 16* siècle, a Séville , d'une ancienne et illustre famille. On conjecture qu'il avait embrassé la profession des armes et
(i) El non \m Rartaikwjr. comme on l'a dit par erreur dan» plu- Iteun UtfnnMtt,
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qu'il fit plusieurs campagnes en Italie. En quittant le service il se maria et s'établit à Jaen (1), puis à Ronda, où il mourut dans un âge avancé. Cervantes et la Cucva , deux de ses plus illustres contemporains, l'ont comblé d'éloges : le premier, dans son Chant de Calliope. félicite le Bétis d'avoir dans Aleazar un poète qui rendra son nom plus célèbre que ceux du Mincio, du Tibre et de l'Arno; le second , dans son Viage del Sannio, le compare à Ovide et a Martial. Toutes les compositions d' Aleazar sont fort courtes; elles se font remarquer par la finesse des |>ensées et jmr un style simple et facile, doux et gracieux. Elles ont été recueillies par Espinosa dans les Flores de poêlas illustres; on en trouve plusieurs d'inédites dans le Parnasse de Sedano, t. 9 ; enfin Ramir Fernandcz a publié un cltoix des vers d'Alcazar, également inédits, dans le t. 18 de sa Coller lion des poftes espagnols; mais il n'existe aucun recueil complet des ouvrages do ce |»oëte si spirituel. W — s.
Al, CEE, iwéte lyrique grec, compatriote et contemporain de Sapho, ne nous est connu que par des fragments et par le témoignage de l'antiquité. Il naquit à Mytilène, dans l'Ile de Lesbos, et florissait, selon Eusèb', dans la 44» olympiade. Nous possédons peu de renseignements sur sa vie , encore sont -ils disséminés dans plusieurs auteurs qui ne parlent de lui qu incidemment. Tous s'accordent à le présenter comme un homme efféminé , entièrement livré à la paresse et à la débauche. Hérodote raconte, au S* livre de son Histoire, que des hostilités ayant éclaté entre les Mytiléniens et les Athéniens, au su jet d'Achilleium et de Sigée, dont ils se disputaient depuis longtemps la possession, Alcée se fit soldat pour défendre les droits de sa patrie. Mais les fatigues et les périls de la guerre eurent bientôt lassé sa mollesse et effrayé son courage. Dans une rencontre où ses compatriotes eurent le dessous, il jota ses armes et prit la fuite. Les Athéniens suspendirent son Iwuclier dans le temple de Sigée comme un trophée glorieux de leur victoire. Il ne parait pas que le poète ait eu beaucoup de jieine à se consoler de son malheur, à en juger du moins par une ode qu'il adressa a cette occasion à son ami Ménalippe, et dans laquelle il lui annonçait assez gaiement ce qui lui était arrivé : « Alcée est sain et « sauf, disiit-il, mais il n'en est pas de même de ses « armes. » Un autre citoyen de Mytilène, Pittacus, (pie la Grèce a mis au nomlwe des sept sages, et qui servait dans cette même guerre en qualité de général , se signala par son habileté et son courage. Les Mytiléniens, voulant récompenser ses services et en même temps mettre fin aux troubles qui désolaient leur ville, l'appelèrent à exercer sur eut l'autorité souveraine. Pittacus répondit à leur attente, gouverna avec sagesse, mit ses soins à calmer l'agitation des esprits et a faire revivre l'autorité des lois. Alcée, de retour à Mytilène, se déclara contre
(l) On on i la preoTe par Im premiers ters de son Joli pofme intttnie Cena (le Sonper):
Sa Jtia m*i «fU» «V.
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lui et l'attaqua dans ses vers avec une violence
t. On conçoit aisément qu'un homme de ce dut se trouver mal à l'aise sous le gouvernement d'un sage dont les lois punissaient sévèrement l'ivrognerie. Aux soupirs d'amour et aux chants bachiques se mêlèrent de véhémentes invectives contre la tyrannie , et souvent aussi «le grossières injures contre le prince, qui condamna le poêle à l'exil. Alcée, après avoir voyagé inielquc temps eu Egypte et dans d'autres contrées, rassembla autour de lui tous les mécontents cl tenta de rentrer à main armée dans sa patrie. Son entreprise échoua, et il tomba entre les mains de Pittacus, qui lui accorda la vie et la liberté. — Les auteurs mu font mention de ce poète déposent de l'impureté et de l'infamie de ses mœurs. Horace nous apprend qu'il entretint un commerce honteux avec un jeune garçon nommé Lycus. On prétend qu'il aima Sapho; mais les vers qu'Aristole cite à ce sujet sont plutôt l'expression du libertinage que de l'amour. Comme il faisait consister le souverain bien dans les plaisirs des sens, l'argent était l'objet de ses hommages et de son ambition. « L'argent, disait-il, est un grand « liomme ; et le pauvre, un misérable sans prix et a sans valeur. » Toute sa philosophie consistait à bien boire : « O puissant Dieu de l'Inde, toi seul « tu peux relever l'humanité souffrante , en nous « plongeant dans les délices de l'ivresse I » Cette théorie du bonheur a élé reproduite par Horace, qui avait beaucoup étudié Alcée, qui l'a beaucoup imité et souvent traduit. On sait que dans une circonstance importante de sa vie, à Philippe*, le soldat de Brutus se rappela l'exemple de sou modèle et le suivit lidèlement. C'est dans ses poésies politiques ou plutôt séditieuses qu' Alcée a déployé les ressources d'une riche organisation et s'est montre grand patte lyrique. Lorsque, faisant vibrer les cordes les plus sonores de sa lyre, il chantait la liberté et appelait la vengeance du peuple sur la tète des tyrans, son vers exhalait une fierté menaçante, son style était serré, nerveux, rapide et magnifique; Horace lui décernait un archet d'or, Denys d'Haliearnasse l';ip|>elait un poêle admirable , et Ouintilien le comparait à Homère. Pour donner à ses accents pins de vigueur et de noblesse, il inventa un nouveau mètre qui a retenu son nom. Plusieurs biographes lui ont faussement attribué le chant national sur Harmodius et Aristogilon : la mort d'ilippan|ue, qui tond» sous les coups de ces jeunes gens, n'eut lieu qu'un siècle environ après l'époque où tlorissait Alcée. Les fragments de ce pofte ont été publiés par H. Etienne, en grec et en latin, 1.S60, in-10, à la suite de son édition de Pindarc; et par Fulvius l rsinus, à la suite de son recueil intitulé : Carmina novem ittm- Irium feminarum, Ânluerpiœ, 1368, in-8". On les trouve aussi dans le Corput poelarum grœcnrum, grâce et latine, Genève, 1614, in -fol. Ils ont été traduits en français dans les Sentence* illustre* de* poète* lyriques, etc., par G. L. I). T., Paris, 1580; dans les Soirc'ct littéraire*, par Coupé; et dans la collection du Panthéon littéraire, |*ar M. Fal-
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ALCHABITICS, dont le véritable nom est
Abdei.a7.vz, astrologue arabe, virait sous le règne de Séif-Eddaulah, prince de la dynastie des Hamdanites, c'est-à-dire vers le milieu du lu* siècle de notre ère. Sa réputation pénétra jusqu'en Europe, où Jean Hispalciisis' traduisit en latin, vers le 12* ou le 13" siècle, son traité d'astrologie judiciaire. Cette traduction a été imprimée à Venise, en 1303, in-4", sous ce titre : Alchabilius cum commento : au-dessous de cette indication est une figure représentant les cercles de la sphère armillaire. Ce petit ouvrage, de 110 pages, a été réimprimé; mais l'édition que nous venons d'indiquer est la plus recherchée et la plus rare. Panzer cite l'édition de 1473, in-4°, comme la première. S— M.
ALCH1NDUS, ou ALCENDI. (Voyez Kexdi.)
ALCIAT ( Ardre ), jurisconsulte, naquit à Milan, le 8 mai 1492; les uns le croient lils d'un marchand, les autres lui donnent une naissance plus illustre; il est au moins certain que ses parents vivaient honorablement, et que sa famille était riche. Il s'adonna à l'étude de la jurisprudence dés l'Age le plus tendre. Après avoir fait ses humanités à Milan, il alla étudier le droit à Pavie et à Bologne. Bans la première de ces universités, il s'attacha aux leçons de Jason ; dans la deuxième , à celles de Charles Bicinus; et, dans toutes les deux, il fit concevoir de son mérite les plus grandes espérances. A vingt-deux ans, il obtint le grade de docteur, et , dans la même année, il fit paraître l'explication et la correction di-s termes grecs qui se trouvent dans le Digrtte. connu sous le titre de Paradoxe* du droit civil. Cet ouvrage, qu'il avait composé à l'âge de quinze ans, le plaça au premier rang des jurisconsultes. Les différents traités qu'il publia à peu près à la même époque, tels que ses Prcetermissa, celui de Verborum tignificatione, et autres, n'obtinrent pas moins de succès. Nommé, en 1521, professeur de droit a l'université d'Avignon, il obtint dans celte ville de si grands succès, <pjc l'on compta jusqu'à huit cents personnes dans son auditoire ; mais le peu d'exactitude qu'on mit dans le payement de ses honoraires le détermina à retourner à Milan. Alciat fiit un des premiers a sentir que l'étude de l'histoire est indispensable pour ne |»as commettre d'erreurs dans celle des lois, et que la culture des lettres n'est pas moins nécessaire a l'étude de la jurisprudence. Cette innovation lit déserter les chaires des autres professeurs, et suscita à Alciat des ennemis et des persécutions si violentes, qu'il fut obligé, en 1529, de se réfugier en France, où François I", mettant à profit l'aveugle fureur des Compatriotes d' Alciat, le fixa dans ses Etats par ses bienfaits, et lui donna la chaire de Bourges, avec une |iension de 600 énis, qui fut doublée l'année suivante. Alciat était avare, cl l'argent fut toujours le meilleur moyen de se l'attirer. François Sforee, duc de Milan, le réclama ; et, connaissant sa passion, le menara de confisquer ses propriétés s'il ne revenait. Une pareille menace, acconqwgnée à la vérité d'offres de présents, de pensions considérables, et de la dignité de sénateur, détermina Alciat à retourner dans sa |»trie. Il revint alors professer à Pavie ; mais bien-
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tôt il passa a l'université de Bologne; quatre ans après , il vint reprendre sa chaire à Pavie, et, au bout de quelle temps, il se laissa encore attirer k Ferra r? par les largesses du duc Hercule d'Est; et, après avoir professé quatre ans dans cette ville, il revint h Pavic , où il mourut , à l'âge de 58 ans. Alciat était d'une vanité excessive; comme on lui reprochait un jour son inconstance : « Personne, « ré|K>ndit-il, ne trouve mauvais que le soleil par- « coure la terre, afin d'animer toutes choses par sa « clialeur et ses rayons. Si on loue les étoiles fixes, « ajoutait-il encore, on n'a pas l'intention, sans doute, « de condamner les planètes. » Bayle dit, à cette occasion, qu'Alciat devait faire au moins comme le soleil de Copernic, se tenir dans son centre, et illuminer de là tous ceux qui s'en approcheraient. Alciat, en vendant ainsi son érudition et ses services au plus offrant, sut accumuler des honneurs et des richesses immenses. En effet, le jrape Paul 111 lui avait donné la place de protonotaire ; l'empereur Charles-Quint l'avait créé comte palatin et sénateur; le roi d'Espagne lui lit présent d'une chaîne d'or d'un prix considérable; et, partout, il rançonna les nombreux écoliers que la renommée attirait a ses leçons. Malgré son avarice, il avait tellement le goût de la bonne chère, que rien ne lui coulait pour le satisfaire. Avarior habitus est, dit Pancirole, et cibi avidior : celte intempérance fut cause de sa mort, le 12 janvier 1550. Si les défauts qu'on vient de lui reprocher peuvent ternir sa réputation, sous te rapport de la morale, rien ne peut altérer sa gloire comme littérateur et comme jurisconsulte (I). Peu d'hommes ont réuni autant de connaissances, et les ont portées à un aussi haut degré que lui. Associant toujours l'étude du droit à celle de la littérature, il expliqua et éclaircit beaucoup de |»assageS, restés obscurs par le peu de connaissance que les commentateurs avaient de la langue grecque et des antiquités ; il n'y a, suivant l'expression de Terrasson, aucun jurisconsulte à qui les amateurs de la belle jurisprudence aient autant d'obligations. Les œuvres d'Alciat ont été recueillies et publiées à Lyon, 1800, 5 vol. in-fol.; Baie, 1571, 6 vol. in-fol.; Bâlc, 1582, 4 vol. in-fol.; Strasbourg, 1616, 4 vol. in-fol. ; Francfort-sur-lc- Mein.1617, 4 vol. in-fol. L'édition de 1571 contient 53 traités, y compris les deux versions du traité de s Emblèmes (2) , qui , imprimé déjà dans le 5« volume, l'a été avec des corrections et augmentations dans le 6e. Quelques-uns avaient été imprimés à part ; presque tous ces traités sont relatifs à la jurisprudence. On y trouve cependant des Notes sur Tacite ; un traité des Poids et Mesures, etc., le tout en latin. Mais, indépendamment de ces ouvrages, on doit encore a Alciat : 1° Responsa nunquam an-
(t) Avec loi, l'étude da droit cesse d'être an commentaire set-vile des toU romaines, et commence a s'élever a une hauteur tout* philosophiirue; il ; introduit la méthode, l'ordre, l'eianien ; il cherche les principes, le* motifs et les rapports : ses travaux ont fait faire de grands progrès a la jurisprudence, et permettent de le considérer comme le précurseur de la grande école de Cujas. 0. W— ». (1) C'est on recueil de petites pièces latines, de quatre, six, huit ' t réfleiloiu montes. Il a élé traduit en C.W— a.
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tehae édita, Lyon, 1561 ; Baie, 1582, in-fol., publiés par les soins de François Alciat, son parent et son héritier; 2e de Formula romani imperii, Baie, 1559, in-8° ; 3° Epigrammata selccta ex Anthnlogia latine versa. Bille, 1529, in-8"; 4° Rcrum patriœ.seu Historiœ mediolanensis libri quatuor, 1625, in-8°, réimprimé dans le Thésaurus antiquitatumet historiarum Ilaltœ de G . Gnrvius ; 5° de Plautinorum earminum ratione, et de Plautinis rocabulis Lexieon, dans une édition de Plante, Baie, 1568, in-8°; 6° Judicium de legum inlerprelibus parandis, imprimé avec le traité de Conrad Page, intitulé : Methodiea juris Traditio, 1566, iu-8" ; 7° Encomium historiœ, 1530, in-4° ; 8° Palma, dans 1 Amphilheatrum sapientia Socraticœ Dornavii ; 9» Judieiarii proeessus Compendium, 1566, in-8"; 10° Contra vitam monastieam, 1695, in-8° ; 1 1° Notât in Epistolas familiares Cieeronis, dans l'édition de ces Epi très donnée par Thiéry, Paris, 1557, in-fol. ; 1 2° Vingt-sept lettres dans les recueils intitulés : Marquardi Gudiiet doelorum rirorumad eum Epistolœ, 1697, in-4* ; et Illuslrium et clarorum rirorum Epistolœ. Quelques ouvrages d'Alciat ont été traduits en plusieurs langues; nous avons en français : <• le Livre du Duel, ou Combat singulier, Paris, 1359, in-8", traduction anonyme ; 2° les Emblèmes , traduits en vers par Jean le Fèvre, 1536. in-8°; 1540, in-8°; 1543, in-8°; 1550 et 1556, in-16. Le même ouvrage a été traduit, aussi en vers, par Claude Mi gnaul, qui y a joint la vie d'Alciat, 1584, in-12, et par Aneau. ( Voy. \yv.w. ) L'épi taphe mise sur le tombeau d'Alciat, dans l'église de St-Epiphane à Pavie, fait connaître jusqu'à quel degré s'était élevée la réputation de ce savant jurisconsulte : Andrew Alciat (suit rénumération de ses litres), qui omnium dortrinarum orbem absolrit, primus legum studia anliquo resliluit derori. M — x.
ALCIAT ( FRANÇOIS ), de Milan, neveu et héritier du précédent, fut lui-même trés-versé dans la jurisprudence, qu'il professa à Pavie, où il eut pour disciple St. Charles Borroméc. Pic IV l'employa dans la dateric apostolique, et le fit ensuite cardinal. 11 était aussi très-bon littérateur; les écrivains de son temps ont fait de lui cet éloge. Pierre Veltori, entre autres, loue, dans une de ses lettres, l'érudition et le génie de François Alciat. Marc-Antoine Muret, dans une de ses harangues, assure qu'il était l'ornement de son siècle, et l'appui des gens de lettres; il mourut à Borne, en 1580, âgé de 58 ans. 11 avait laissé p!usicureou\Tagcsquin'ontpointéléimprimés. ( Voy. l'article précédent. ) G — É.
ALCIAT (Térence), Romain, se fit remarquer dans l'ordre des jésuites par son savoir en théologie. Urbain VIII faisait grand cas de lui, et disait publiquement qu'il était digne du chapeau de cardinal ; mais il mourut avant de le recevoir, en 1651 , laissant les matériaux d'un ouvrage intitulé : Historiœ eoncilii Tridentini a veritalis hostibus evulgatœ Elenchus. Il l'avait entrepris par ordre du pape, pour réfuter l'histoire de Fra-Paolo Sarpi. Ces matériaux servirent, après sa mort, au cardinal Pallavicino , pour composer une nouvelle histoire de ce concile. G— É.
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ALC [ATI ( Jban-Pacl ), né à Milan dans le 16e siècle, fat du nombre des protestants qui s'éloignèrent le plus de la foi catholique, en niant la doctrine de la Trinité, et en soutenant que Jésus-Christ n'existait pas avant d'être né de Marie. Espérant professer librement ses opinions dans une ville protestante, Alciati, accompagné du médecin Wandrata, de Gribaud, avocat, et de Gentilis, vint à Genève, où ils ne tardèrent pas à être les ennemis des protestants, autant qu'ils l'étaient des catholiques. Gentilis Tut emprisonné, et ses associés se virent obligés de chercher un asile dans quelque autre pays. Ils se rendirent en Cologne, où Alciati et Hlandrata répandirent avec succès leurs opinions. Alciati fut accusé de s'être ensuite fait inahométan ; mais on ne peut douter que ce ne soit une calomnie, fondée sur ce qu'en niant la préexistence «le Jésus-Christ, il se rapprochait, en effet, de la croyance musulmane, qui n'admet qu'une personne dans la nature divine. Son ancien associé, Gentilis, qui était venir le rejoindre en Pologne, et qui y avait eu avec lui de violentes disputes, fut un de "ceux qui contribuèrent le plus à accréditer ce (aux bruit. Hayle en donne une excellente raison : a Deux sectaires qui se brouillent, dit-il, « s'entre-haissent plus qu'Us ne haïssent le tronc du- « quel ils se sont stqnrés. » Griffa et Bèze, ennemis mortels des soeiniens, n'épargnèrent pas les injures à Alciati, et le traitèrent de fou et d'enragé. Alciati se retira, sur la fin de ses jours, à Dant/ick, où il mourut. Ilavait publie deux Lettres à Grégorio Pauli, contre la préexistence de Jésus-Christ, l'une en ISflL l'autre en I*i«5. D -T.
ALCIBIADE naquit à Athènes, dans la 82* olympiade, vers l'an 430 avant J.-C. Clinias, son père, descendait d'Ajax de Salamine; et Dinomaque, sa mère, était fille de Mégaclés, de la famille des Alcm.Tonides. Etant encore enfant, lorsque Clinias fut tué à la bataille de Coronée, il eut pour tuteurs Ariphron et Périclés, fils d'Agaristc, sonir de Mcgaclés, son aïeul maternel. Il fut élevé dans la maison de Périclés, qui, entièrement livré aux affaires publiques, n'ait peut-être pas de son éducation tous les soins qu'exigeait la violence de son caractère. Alcibiade annonça, dès son enfance, ce qu'il serait un jour. Jouant aux osselets dans la rue, aur des enfants de son âge, une voiture survint ; il pria le conducteur d'arrêter, et, sur son refus, il se coucha devant la roue, en lui disant : « Passe maintenant, o si tu l'oses. • Près d'être vaincu à la lutte par un de ses camarades, il le mordit à la main. « Tu mords et comme une femme, dit celui-ci. — IVon, mais a comme un lion,» repartit Alcihiade. Il réussit dans toutes ses études, et se livra avec succès à tous les exercices du corps; il ne voulut ce|tendant pas apprendre à jouer de la flûte, trouvant que cela le défigurait. Sa Iteauté, sa naissance, le crédit de Périclés, son tuteur, lui donnèrent un grand nombre d'amis et de courtisans ; et quelques bruits injurieux sur ses nvrurs en furent la suite. Ce ne fut cependant point à tous ces avantages extérieurs qu'il dut l'amitié du sage Socrate, quoique quelques sophistes d'une époque bien postérieure aient cherché à ré-
pandre sur cette liaison des soupçons démentis par
le silence des écrivains contemporains. Mais Socrate, voyant dans ce jeune homme le germe des plus grandes vertus et des {dus grands vices, se flatta de le diriger vers le bien. Il prit effectivement beaucoup d'ascendant sur lui ; et, quoique entraîné par le goût des plaisirs, Alcibiade revenait toujours vert le philosophe, dans les leçons duquel il puisa cette éloquence |»ersuasive dont il fit un si mauvais usage par la suite. Il lit ses premières armes dans l'expédition de Potidéc ; il fut blessé, et Socrate, qui combattait auprès de lui, le défendit et le ramena. II se trouva aussi au combat de Délium, où il servait dans la cavalerie, qui fut victorieuse ; l'infanterie ayant été défaite, il fut obligé de prendre la fuite comme les autres, et, ayant trouvé Socrate qui se retirait à pied, il l'accomiMigna et veilla à sa sûreté. Alcibiade ne se mêla point des affaires publiques tant que Cléon vécut, et ne se fit connaître que par son luxe et sa dissipation ; ce démagogue ayant été rué l'an 422 avant J.-C., INicias parvint à faire conclure une paix de cinquante ans entre les Athéniens et les Lacédémoniens. Alcibiade, âgé alors de vingt-huit ans, jaloux du crédit de Nicias, et irrité de ce que les Lacédémoniens ne s'étaient |*>int adressés à lui , quoiqu'ils fussent unis à sa famille par les liens de l'hospitalité, et qu'il eût pris soin de leurs couqiatriotes prisonniers, chercha à faire rompre le traité, et prolila pour cela de quelques difficultés qui s'étaient élevées entre les deux peuples. Les Lacédémoniens ayant envoyé des députés, Alcibiade feignit de les accueillir avec un vif intérêt, et leur conseilla de dire qu'ils n'avaient point de pouvoirs, dans la crainte que le peuple athénien n'en abusât pour leur faire la lot. Tronq>és par ces apparences d'amitié, ces députés, appelés à l'assemblée du peuple, dirent qu'ils n'avaient point dé pouvoirs; alors Alcibiade tonna contre eux, leur reprocha leur mauvaise foi, et décida les Athéniens a contracter une alliance avec les Argiens : ce qui entraîna une rupture avec Lacédémonc. Il eut, dans différentes occasions, le commandement des escadres athéniennes qui allèrent ravager le Péloponése. Dans une de ces expéditions, il cherchait à persuader aux Palrécns de quitter l'alliance des Lacédémoniens pour celle des Athéniens; quelqu'un d'eux ayant dit : a Les Athé- « niens nous mangeront. — Cela peut être, répondit u Alcibiade ; mais ce sera par les pieds, et peu à « peu, tandis que les Lacédémoniens vous dévore- « ront en commençant par la tète. » Son goût pour le luxe et la profusion ne le quitta pat, même au milieu des travaux de la guerre. Etant sur les vaisseaux, il ne couchait point sur des planches comme les autres; mais il se Taisait Taire un lit sur des sangles placées dans des entailles pratiquées dans les entreponts. Il était vêtu de la |>ourpre la plus précieuse, et avait un bouclier doré, sur lequel il avait fait représenter l'amour lançant la Tondre, lorsqu'il revenait a Athènes, il (tassait son temps dans toutes sortes de débauches. A la suite d'une orgie, se trouvant dans la nie avec quelques-uns de ses compagnons, il fit le pari d'aller donner un
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soufflet à Hipponicus le riche, et il le lui donna effectivement. Cette action ayant fait beaucoup de bruit dans la ville, Alcibiadc alla trouver celui qu'il avait offensé; et sciant dé|)ouillé devant lui, il lui dit de se venger en le frappant de verges ; Hipponicus, satisfait de son repentir, lui pardonna, et lui donna même, par la suite, sa lille liip|»arctc eu mariage, avec dix talent* M.o(K) liv. ) de dot; mais cette union ne le rendit pas plus sage, et sa femme, qui avait un très-vif autour |iour lui, irritée de ses fréquentes infidélités, le quitta, et se retira chez Callias, son frerc. Voulant obtenir le divorce, elle j alla elle-même, suivant la loi, déposer chez l'épliore lacté par lequel elle le demandait; Alcibiade, en étant instruit, s'y rendit, enleva son c|>uuse, et remporta à travers la place publique, sans que personne s'y opposât. Cette violence ne déplut |>as à llipparcte, et elle ne songea plus à se séparer de lui. Les gens les plus riches de la Grèce croyaient déployer beaucoup de magniliccncc lorsqu'ils entretenaient un char pour les jeux olympiques; Alcibiade en envoya sept à la fois, et rcnqiorta en même temps les trois premiers prix. Euripide célébra cette victoire par un chant, dont il ne nous est parvenu que quelques fragments. Il parait qu'Alcibiade remporta aussi des prix aux jeux pylliiqucs et aux jeux néméens; car Athénée raconte, qu'a son retour d'Olympie, il dédia à Athènes deux tableaux qu'il avait fait faire par Aglaophon (roy. ce nom). Dans l'un , il était couronné par l'Olympiade et la l'ythiade, et, dans l'autre, il était assis sur les genoux de la déesse Nétuée , et paraissait beaucoup plus beau que les trois figures de femmes qui représentaient les déesses des jeux. Ce mépris de toutes les convenances ne jiouvait manquer de lui faire beaucoup d'ennemis, dans une ville où le jicuple était toujours inquiet pour la conservation de sa liberté ; un certain Hyperbolus, de la plus basse classe du peuple, et qui n'était célèbre (pie |>ar son impudence, proposa l'ostracisme, moyen qu'employaient les Athéniens pour se débarrasser de ceux qui leur paraissaient trop puissants ; les trois hommes contre qui cette mesure parut plus |>articulièreincnt diririgée étaient Alcibiade, .\icias, et Plvrax, orateur célèbre : la crainte les décida â se réunir, et ils prirent si bien leurs mesures, qu'ils firent tomber l'ostracisme sur celui-là même qui l'avait pro|>osé, et qui, ne jouissant d'aucune considération, ni |»ar ses talents, ni par sa naissance, ni par ses richesses, ne se doutait |ias qu'on voulut lui faire un pareil j honneur, lœ peuple fut si furieux de voir l'aura- | cisme ainsi profané qu'il l'abolit, et on n'en lit plus 1 usage par la suite. Peu de temps après, les Athéniens, sur la proposition d'Alcihiade, résolurent de faire une expédition en Sicile, et lui en donnèrent le commandement, conjointement avec Mcias et Lamachus. Tandis qu'on faisait les préparatifs nécessaires, il arriva qu'une nuit tous les Hermès furent mutilés, excepté celui qui était devant la |iorte d'An* décide. Le peuple crut que ce sacrilège tenait à quelque conspiration pour attenter à sa liberté ; il ordonna les reclierches les plus sévères, et un cer-
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tain Androclés produisit quelques témoins qui présentèrent Alcibiade comme coupable de cette mutilation, et l'accusèrent en même temps d'avoir profané les mystères d'Eleusis, en les célébrant d'une manière dérisoire dans une maison particulière. Alcibiade voulut se justifier sur-le-champ; mais ses ennemis, craignant d'avoir le dessous, |iarce qu'il avait pour partisans tous ceux qui devaient s'embarquer avec lui, firent remettre le jugement de celte affaire à son retour. Alcibiade ayant ainsi été obligé de s'embarquer, quoi qu'il eût pu dire pour se faire juger avant son départ, arriva en Sicile, où l'armée athénienne eut d'abord les plus grands succès; mais à peine Alcibiade était-il parti d'Athènes, que ses ennemis étaient parvenus à animer tellement le peuple contre lui, qu'on envoya le vaisseau salaminicn pour le ramener, afin de le juger. 11 ne lit |ioint de résistance, et s'embarqua ; mais, arrivé à Thurium, il descendit à terre et se cacha. Quelqu'un lui ayant dit : «> Quoi, Alcibiade, tu ne t'en « rapportes pas à ta pairie? — J eue m'en rap|iortcrais « pas même à ma mère, répondit-il, lorsqu'il s'agit « de la \ ie, de crainte qu'elle ne mit par erreur un a caillou noir au lieu d'uu blanc. » Le vaisseau étant revenu sans lui, on le condamna à mort. A cette nouvelle, il dit : « Je prouverai bien aux Atliéniens « (pic je suis encore vivant. 11 se retira d'abord à Argos, ensuite à Sparte. 11 sut si bien s'accommoder aux mœurs des Spartiates, quelque éloignées qu'elles fussent du genre de vie auquel il s'était livré jusqu'alors, qu'il devint l'idole du |*euple, qui, le voyant rasé jusqu'à la peau, se lavant dans l'eau froide, vivant de gros pain et de brouct noir, ne pouvait concevoir qu'il eût jamais eu de cuisinier, qu'il eut fait usage de parfums, ni qu'il eiit porté des vêtements de laine de Milet. Tinira, femme d'Agis, l'un des rois de Sparte, corn, ut |xnir lui une passion à laquelle il céda, non qu'il lu |iartageât, disait-il, mais p"iir qu'il y cul un roi de sa race à Lacédé— mone. Il paraît qu'en effet on le crut père de I.cotychide. (Hiisque ce prince fut privé du trône pour faire place à Agésilas. Il engagea les Lacédémoniens à envoyer Gylippe aux Nxracusains, à contracter une alliance avec le roi de Perse, et à fortifier Décélie, dans l'Attique ; et, après la malheureuse catastrophe par laquelle se termina l'expédition des Athéniens eu Sicile, les habitants de Chios, de Lesbos et de Cyzique ayant envoyé des députés à Sparte demander des secours pour secouer le joug des Athéniens, il décida les Spartiates à en envoyer d'atiord à ceux de Chios; étant |wrti avec cette expédition, il fit, à son arrivée dans l'Asie Mineure, révolter toute l'Ionie contre les Athéniens, et leur fit beaucoup de mal. Comme on lui attribuait tous les succès. Agis et les principaux S| «niâtes en devinrent jaloux, et écrivirent à leurs généraux en Asie de s'en défaire, en le faisant assassiner ; mais il devina leurs projets, et se retira auprès de Tissapherne, l'un des satrapes du roi de Perse, qui avait l'ordre d'agir de concert avec les Lacédémoniens. Il changea alors de manières, se plongea dans le luxe asiatique, et se rendit si agréable à ce satrape, qu'il ne pouvait
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plus se passer de lui. N'osant plus se fier aux I,acédémoniens, il entreprit de servir sa patrie, et commença par faire entendre à Tissaphcrne qu'il n'était pas de l'intérêt du irrand roi «me les Athéniens fussent affaiblis de manière à ne pouvoir plus résister aux Spartiates; qu'il fallait, au contraire, les laisser se détruire les uns par les autres. Tissaphcrne, d'après ce conseil, ne fournit plus qu'avec |«rcimonic aux dépenses des Laeédémoniens, qui, se trouvant dés lors hors d'état de pousser la guerre avec activité, laissèrent un peu de relâche aux Athéniens. Ces derniers avaient alors à Samos des forces considérables ; Alcibiade lit dire aux généraux qui les commandaient que, s'ils voulaient réprimer l'insolence du peuple d'Athènes, et établir dans cette ville l'autorité des grands, il leur procurerait l'amitié de Tissaphcrne, et empêcherait l'escadre phénicienne de se réunir à celle des laeédémoniens. Ces généraux y consentirent tous, à l'exception de Phrynichus, qui chercha même à |>crdrc Alcibiade dans l'esprit de Tissapherne. Ils envoyèrent alors à Athènes Pisandrc, l'un d'eux, qui lit donner le gouvernement à un conseil composé de quatre cents personnes. Ce conseil, ne songeant qu'a affermir son autorité, ne s'occupa point du retour d'Alcibiade; mais l'armée de Samos l'envoya chercher, lui déféra le commandement, et demanda à aller tout de suite à Athènes l>our renverser les tyrans; il eut le bon esprit de leur résister ; et, ne voulant pas rentrer dans sa patrie avant de lui avoir rendu quelque service, il alla attaquer l'escadre des laeédémoniens, commandée par Mindarus, et la délit complètement. Etant retenu ensuite auprès de Tissaphcrne, ce satrape, qui craignait que les laeédémoniens ne portassent des plaintes contre lui au roi de Perse, le lit arrêter, croyant se justifier par là, et le lit enfermer à Sardes; mais Alcibiade trouva le moyen d'en sortir au bout de trente jours, et répandit le bruit que c'était Tissaphcrne qui l'avait fait échapper. Ayant repris le commandement de l'armée, il livra, auprès de Cyzique, un combat sur mer et sur terre, en même temps, a Mindarus qui commandait les vaisseaux des Laeédémoniens, et à Pharnabaze, satrape du roi de Perse : il les délit tous les deux, reprit ensuite Cyzique, Chacédoine et Hyzance, rendit l'empire de la mer aux Athéniens, et retourna dans sa patrie, où on lavait rappelé par une loi rendue sur la proposition de Critias. Il y fut reçu avec un enthousiasme universel, les Athéniens étant |iersuadés que son exil avait été la cause de tous les malheurs qu'ils avaient éprouvés. On le renvoya bientôt en Asie avec cent vaisseaux ; mais, comme on ne lui fournissait pas d'arpent |>our payer ses équipages, il fut obligé d'aller chercher les secours dont il avait besoin dans la Carie, et il eut l'imprudence de laisser le commandement de la flotte à Anliochus, non pilote, homme vain et présomptueux, que Lysandre n'eut pas beauitiup de peine à attirer dans une embuscade où il fut tué, et perdit une partie de ses vaisseaux. Les ennemis d'Alcibiade, a Athènes, profitèrent de cette affaire |wur l'accuser, et vinrent à bout de faire envoyer d'autres généraux
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à sa place. Ne jugeant pas à propos de retourner dans son ingrate patrie, il se retira à Pactyes, place de la Thracc qui lui appartenait, rassembla des troupes, et se mit à faire la guerre, pour son compte, aux Thraccs libres, sur qui il fit beaucoup de butin, et assura la tranquillité des villes grecques du voisinage. Il contracta, à CCtt6 occasion, des liaisons d'amitié avec quelques rois de la Thracc, qui furent tout étonnés de voir qu'il sup|K>rtait encore mieux qu'eux l'excès du vin. Les généraux athéniens étaient alors stationnés , avec leur flotte , à jEgos-Potamos, à |>eu de distance de celle des Laeédémoniens. Il les avertit du danger de leur position, et leur conseilla d'aller à Sestos, leur offrant d'obliger Lysandre à accepter le combat, ou à demander la |>aix, en le faisant attaquer du coté de la terre par Seulhés, l'un des rois de la Thracc ; mais ils dédaignèrent ses avis, et la flotte athénienne fut défaite peu de tenqvs après, sans qu'il s'en échappât plus de huit vaisseaux. Alcibiade alors, craignant la puissance des laeédémoniens, se relira dans la Bithynie, voulant pavser de là auprès d'Artaxercès, pour l'intéresser en faveur de sa pairie; mais les trente tyrans que Lysandre avait établis à Athènes, sentant qu'il leur serait difficile de contenir le peuple, tant qu'il |«iurrait compter sur Alcibiade, s'adressèrent, jKiur le faire assassiner, à Lysandre, qui s'y refusa, jusqu'à ce qu'en ayant reçu l'ordre de sa patrie, il ne lui fût plus possible de résister. Il chargea Pharnabaze de l'exécution de cet ordre. Alcibiade était alors dans un bourg de la Phrygie, avec la courtisane Timandra, qui lui était restée attachée. Ceux (pie Pharnabaze envoya jwur le tuer, n'osant pas l'attaquer ouvertement, mirent le feu à sa maison. Le bruit de l'incendie l'ayant éveillé, il parvint à s'écliapiicr avec un Arcadien qui l'avait toujours suivi. Les meurtriers n'osèrent pas l'attendre ; mais, se tenant loin de lui, ils le tuèrent à coups de flèches. Lorsqu'ils se furent retirés, Timandra enleva son cor|>s. et lui donna la sépulture d'une manière honorable. Alcibiade mourut dans la première année de la 94* olympiade, l'an 404 avant J.-C. , à l'àgc d'environ 43 ans. Telle fut la fin d'un homme sur qui la nature s'était plu à répandre les qualités les plus opposées, ou plutôt, comme dit Plutarque, qui, semblable au caméléon, était toujours prêt à prendre l'impression des objets dont jl se trouvait entouré. « Chez tous les peuples, dit Har- « thélemy, il s'attira les regards, et maîtrisa l'opinion i publique. Les Spartiates furent étonnés de sa fru- « galité ; les Thraces, de son intempérance ; les Béo- «tiens, de son amour pour la gymnastique; les « Ioniens, de sa mollesse et de sa volupté; les satra- « |H«s de l'Asie, d'un luxe qu'ils ne pouvaient égaler. « Il ne fallait |ioint chercher dans son âme celte élé- « Vttion qu'excite la vertu ; mais on y trouvait cette « hardiesse que donne la conscience de sa supério- « rité. Aucun obstacle, aucun revers ne pouvait ni « le surprendre ni le décourager. 11 semblait per- «suadé que, lorsque les âmes d'un certain ordre « ne iont pas tout ce qu'elles veulent, c'est qu'elles « n'osent pas tout ce qu'elles peuvent. 11 fut, toute
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« sa vie, suspect aux principaux citoyens, dont les « uns redoutaient ses talents, les autres, ses excès ; «et se vit tour à tour adoré, craint et haï du peu- « pie, qui ne pouvait se passer de lui. Comme les « affections dont il était l'objet devenaient des jias- « sions violentes, ce fut avec des convulsions de joie « ou de fureur que les Athéniens relevèrent aux « honneurs, le condamnèrent à mort, le rappelè- « rent, et le proscrivirent une seconde fois. » Alcibiade grasseyait en parlant, et ne pouvait pas prononcer la lettre p (r), ce qui ne l'empêchait pas d'être un des hommes les plus éloquents de son siècle. Il ne faut pas croire aveuglément toutes les anecdotes qu'on trouve sur son compte dans les anciens. Sa popularité lui avait attiré la haine de tous les orateurs de son temps, et les calomnies ne leur coûtaient rien. Nous en avons un exemple dans un discours qui porte le nom d'Andocidc, mais qui n'est pas de lui, où l'orateur entasse contre Alcibiade des accusations |h*u vraisemblables. 11 fallait que les Romains eux-mêmes le regardassent comme un homme bien extraordinaire ; car l'oracle de Delphes leur ayant ordonné, jwndant la guerre des Samnites, de dédier, dans un endroit apparent de la ville, les statues du plus sage et du plus vaillant des Grecs, ils placèrent dans les comices celles de Pythagorc et d'Alcibiade. La vie d'Alcibiade a été écrite par Plutarque et par Cornélius >é|)os. On trouve son jiortrait dans plusieurs ouvrages, et, entre autres, dans le premier volume de \ Iconographie de M. de Visconti. Meissncr a composé en allemand, sous le titre de Alcibiade enfant, jeune homme, homme fait, et vieillard, un roman historique, qui a été traduit par M. Dolamarre. C — R.
ALCIDAMAS, rhéteur, né à Élée, vers l'an 420 avant J.-C., était contemporain d'Isocrate et disciple | de Gorgias ; il avait composé un Art de la rhétorique, cité par Plutarque ; un Éloge de la mort, dont parlent Ciréron et le rhéteur Ménandrc ; et divers autres ouvrages, nommés par Athénée et Diogène Laërcc. 11 ne nous en reste que deux harangues, l'une d'Llyssc contre Palamède; l'autre, qui n'est qu'une déclamation dirigée contre les rhéteurs du temps (nijt S'.'fiorû»). Elles se trouvent toutes deux dans le Recueil de Reiske, t. 8, p. 64 et suiv. L'abl>é Auger en a donné une traduction ù la suite de celle d'Isocrate. A. D— u.
ALC1ME, grand prêtre des Juifs, profita des troubles qui agitaient sa patrie pour s'élever à la souveraine sacriiicature, par la protection d'Antiochus Eupator, l'an 165 avant J.-C.; il s'en était frayé le chemin en se vouant à l'idolJtric, du temps d'Antiochus Épiphanes ; mais Judas Macliabéc l'empêcha constamment d'en faire les fonctions. Alcime rendit son usurpation encore plus odieuse par son avarice et sa cruauté. Mécontent des Juifs, qui refusaient de le reconnaître , il retourna en Syrie pour demander des secours au roi Démélrius , et il l'exhorta à détruire entièrement le |«arti de Judas. Démétrius lui ayant accordé une armée , il se rendit maître de Jérusalem, en cliassa ses ennemis, et entreprit de faire abattre le mur du parvis intérieur
du temple, bâti par les prophètes ; mais il mourut frappé de paralysie, avant d'avoir pu achever cette démolition sacrilège. Les Juifs , d'un consentement unanime, choisirent pour lui succéder Jonathan, frère de Judas Macliabée, qui réunit en sa i i sonne l'autorité de prince du |>euple et celle de souverain pontife. T-D.
ALCIME, ou plutôt Latims Alcimus Alethils, historien, orateur et poète dans le 4* siècle, était né à Agen. Il avait composé quelques ouvrages, où il parlait avec tant d'éloges de Julien l'Apostat et de Sallustc, préfet des Gaules, sous le règne de cet empereur, qu'Ausone ne craint pas de dire qu'ils étaient plus propres à immortaliser Julien que la |>ourpre dont il avait été revêtu, et qu'ils faisaient plus d'honneur à Sallustc que le consulat même auquel il avait été élevé. On ne sait pas, au reste, quels étaient ces écrits d'Alcimc. Scaliger croit que c'était l'histoire de son temps. Il ne nous reste de lui que lépigramiuc suivante sur Homère et Virgile :
Mœonio vali qui j>ar aut proximus esset Consullus l'ean risit, c! ha?c eccinit :
Si [Hiluit nasci quem tu «•qiicrerls, Homère, Nasretur qui te possit, Homère, sequi.
— Un autre Alcime , né en Sicile, dont Athénée et Festus Ponipcius font mention , a écrit un ouvrage sur l'Italie; mais on ignore le lieu où il vivait et l'époque de sa mort. A. B — t.
ALCINOLS, philosophe platonicien, florissa.il au commencement du 2' siècle. Les détails de sa vie ne nous sont |M>int |»arvenus, et nous ne le connaissons guère que |>ar son Introduction à la philosophie de Platon. V Introduction a été imprimée pour la première fois à Venise, 1521, iii-8°, avec l'Apulée, |«r les Aide. On la trouve aussi à la suite de quelques dialogues de Platon, Lcipsick, 1783, in-8u, revue jwr J.-F. Fisbes. On a trois traductions latines de cet ouvrage. I.a plus ancienne est de P. lialbus, évéque de Tropa-a, imprimée à Rome, 1469, iiv-fol., avec Apulée, et réimprimée à Nuremberg, 1472; la seconde est de Marsilc Ficin , imprimée juir les Aide en 1497, in-fol., Venise, avec plusieurs traites de Jainblique, Porphyre, Proclus, Synésius et autres platoniciens. La troisième, due à Denis Lambin, îul imprimée avec le texte et des scolies. Paris, 1567, jn-4". Vascosan réimprima le texte d'Alcinoùs, Paris, 1332, in-8", et la version de .Marsile Ficin, 1555. Celte même version a été revue par J. Charpentier, professeur au Collège de France, et [«r Daniel lleinsius, qui la réimprima à Leydeen 1617, avec le texte en regard à la suite de Maxime de Tyr. La version revue par Heinsius fut imprimée séparément avec le texte grec, à Oxford, 1667, in-8°. Enfin, l'/n/roduction a été traduite en français par Combes Dounous, Paris, 1800. D. L.
ALCIONIl S. Voyez Alcyonh s.
ALCIPIIRON, sophiste grec du 3e ou du 4* siècle, dont il nous reste des lettres , sup|»osécs écrites pir des pêcheurs, des gens de la campagne, des parasites, des courtisanes, etc. Le style en est en général assez naturel ; ce qui pourrait faire supposer qu'AJ-
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cipliron vécut à peu près à l'époque de Lucien. Au ] reste, sa vie nous est absolument inconnue ; la meilleure édition de ces lettres est celle qu'Kt. Bergler en a donnée, avec des notes très-savantes, Leipsick, 1709, ITIS; et Ltrccht, 1791, in-H", et réimprimée, avec quelques additions, par les soins de M . Wagner, Leipslcfc, 1798, in-K", S vol. Le Bavaill Hast a trouvé quelques lettres inédites et des variantes très-importantes dans les manuscrits de la bibliothèque impériale, et il est à souhaiter qu'il donne une nouvelle édition de cet auteur dont l'ouvrage, sans être bien im|K>rtant, renferme «les détails sur les mœurs des anciens Grecs, qu'on aurait de la peine à trouver ailleurs. Ces lettres ont été traduites en français, Paris, 1785, in-12, 3 vol., par l'abbé Richard, qui n'y a pas mis son nom. Cette édition est estimée. Georges Berkeley a fait un livre intitulé : Alciphron, on le Petit Philosophe ; c'est une apologie de la rc— ligion chrétienne.— I n autre Ai.clPliaox, philosophe de Magnésie, et dont Suidas fait mention, vivait au temps d'Alexandre le Grand. C — ».
ALCIPPLS, Spartiate, n'était pas moins distingué par sa bravoure que par sa sagesse. .Ses ennemis l'accusèrent devant les ep! tores de vouloir changer les lois de la république, et le lirenl exiler; non contents de celle vengeance, ils i*tii|KVhèretit Damoercta son épouse, et ses deux tilles, de le suivre, et confisquèrent tous ses biens. Les deux filles d'Alcippus fuient néanmoins recherchées, à cause de la haute considération dont leur père avait joui - les ennemis d'Alcippus lirent défendre qu'on les demandât en mariage. Alors Damocreta . jioussée au desespoir, saisit l'occasion d'un jour de fête solennelle , où les femmes des principaux habitants se réunissaient pour des cérémonies religieuses ; elle se rendit dans le temple avec ses filles, et mit le feu au bob qu'on y avait ramassé pour la cérémonie. Tout le monde étant accouru , elle égorgea ses deux filles, les jeta dans le feu et s'y précipita elle-même. Les I.acédémoniens jetèrent les corps de ces infortunées hors de leur territoire. Cet événement tragique arriva peu de tenqis avant la troisième guerre de Messcne. C — R.
ALCMAN. lyrique grec, lils de Damante, naquit a Sardes, en Lydie, vers la 27' olympiade, sous le régne d'Ardys. bisaïeul de f.résus. Conduit fort jeune a Sparte, il y devint esclave; mais, si l'on en croit Klien, les Muscs le délivrèrent de la servitude. Agésis, son maître, charmé de ses talents, lui donna la lil»erté, et les Lacédcinoniens lui accordèrent le droit tic cité dans le bourg de Messnas. La vie de ce poète s'écoula au sein des plaisirs de l'amour et des festins; son àme n'était ce|>endant pas incapable d'affections délicates et élevées : il brûla d'une flamme pure pour Mégalostrala. jeune et belle vierge aux blonds cheveux, poétesse à la voix harmonieuse, qui fut sa muse terrestre, l'inspiratrice de son génie. Les anciens considéraient Alriuan comme le père du genre érothme. On lit dans Suidas qu'il bannit le premier de la poésie lyrique le vers hexamètre, dont la marche lente et régulière s'accordait mal avec la vivacité légère et inégale de la chanson ; ce fat pour le remplacer qu'il inventa, comme nous
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l'apprend Héphestion, un nouveau mètre qui, de son nom, fut appelé alcmaïque. H avait composé, dans le dialecte dorique, une pièce intitulée les Plongeuses, six livres de seolies à la louange de l'amour et du vin, et des Parthénies, ou éloges de jeunes lilles, et un poème sur les Diosrures, mentionné par Pausanias. Os poésie* faisaient les délices des Spartiates ; il était défendu aux ilotes de les chanter. Athénée et Plutarque mais en ont conservé quelques vers. \ju grâce aimable et naïve qui respire dans ces rares débris, la fraîcheur charmante des peintures qui les colorent, les formes harmonieuses de l'art antique qui s'y retrouvent, font vivement regretter aux amis des Iteautés simples et naturelles la perte à peu [très totale des cnnqtosiiions de ce poète. Ces fragments ont été publiés, en grec et en latin, par H. Etienne, à la suite de son édition de Pindare, L'iOO, in- 1 0 ; et par Fulvitis l i sinus, à la suite de son recueil intitulé : Carmhm nwcm illuslrium feminarum, notit illustrnla, grâce et latine, AnHcerpia, L'îttH, in-8°. On les trouve aussi dans le (orpus poctarum grwcorum, gnree et latine, Genève, H it, in-fol. Les mêmes fragments ont été traduits en français, par Coupé, dans les Soirées littéraire»; et par M. Fatconnet, dans le volume des Petit» Poète* grecs qui se trouve dans la collection du Panthéon littéraire. C. W— n.
ALCM/KON, fils de Mégaclès, de la famille des AlcniTonides. Au milieu des factions qui divisaient la république d'Athènes , il était à la téte de ceux qui ne voulaient aucun changement dans le gouvernement; ce tpii le mil en hutte aux deux autres partis, qui vinrent à bout de le faire exiler, sous prétexte que son père était souillé des meurtres de Cylon et de ses |>artis:ms. Cet exil ne fut pas de longue durée. AlrniTon revint lorsque Soion eut rétabli l'ordre, et il eut le commandement des troupes (pie les Athéniens envoyèrent au secours des Amphietyons, dans la guérit; de Cirrlia, vers l'an :>Sh2 avant J.-C. Il fut exile de nouveau par Pisistrate, l'an 570 avant J.-C., et se retira à Delphes avec ses fils. 11 rendit quelques services aux Lydiens que Crésus avait envoyés consulter l'oracle, et ce prince, l'ayant fait venir à sa cour, le renvoya comblé de présents. Alennon mourut peu de temps après, dans un age avancé, laissant un fils nommé Mégaclès. C — a.
ALC. M. L'ON, de Crolonc, lils de Périthus, fut un des disciples de l'ylhagore. Il se livra parliculière- ' ment à l'élude de la physique et de la médecine, et ne larda pas à jouir d'une grande réputation. Le premier, au rapport de Clialcidius. il essaya de disséquer les animaux, cl s'occupa beaucoup de la structure de l'oit. I n des premiers encore, du moins dans la grande Grèce, il écrivit fur la nature de» choses. Aristote le réfuta ; mais le livre du |>éri|iatéticien est perdu. Voici, d'après Plutarque et Slohée, l'exposé des opinions d'AlcniTon : « Les éléments, ou qualités des choses , sont doubles , opftosés, contraires. — Les astres sont des êtres divins. — La lune a la forme d'une nacelle ; sa lumière est éternelle : lorsqu'elle disparait, c'est que la nacelle se retourne. — Les planètes se meuvent à l'oppositc de»
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étoiles fixes, c'est-à-dire d'occident en orient. — L'âme est immortelle , et mobile par sa nature ; sou mouvement est sans fin, comme celui du soleil. — L'audition s'opère |tar le moyen du vide qui est au- I dedans de l'oreille ; car il n'y a «me les corps vides qui soient sonores. — C'est |«ir la chaleur cl l'humidité de la langue que nous discernons les saveurs.
— Le siège de l'àme est au cerveau, d'où, par aspiration , nous prenons connaissance des odeurs. — C'est la téte qui se forme la première dans le fœtus, et ce fictus aspire sa nourriture par tout son corps, : de même que l'éponge hoil le liquide qui l'environne. — Le sommeil est causé jiar la retraite du sang aux veines ronfluentes; et l'éveil, par la diffusion de ce liquide : son absence totale donne la mort.
— L'isonomie, ou équilibre des facultés eorporell«ïs, c'est-à-dire du chaud, du froid ; de l'humide, du sec; du doux, de l'amer, etc., constitue la santé : l'équilibre rompu, survient la maladie ; ear la faeulté prédominante corrompt toutes les autres. Ihi reste, la cause des maladies est, ou efficiente, par un excès de chaleur, de sécheresse ; ou matérielle, pur surabondance ou défaut d'un principe alimentaire ; ou hydrostatique, |«r l'altération ou les jicrlurbalions du sang, de la bile, des humeurs; ou bien, enfin, ! elle dé|M-nd de causes extérieures, par l'influence du climat, des eaux, etc. » D— l.
ALCOCK (Jean), savant et pieux éveque anglais, était né, vers le milieu du 15» siècle, a Uevcrlcy, dans le comté d'York. Après avoir étudié à (imbridge, où il prit le degré de docteur, il jiarvint, par son seul mérite, aux premières dignités de l'Église et «le l'État; il fut nommé successivement éveipie «le lUtehester, de Woreestcr et d'Ely, ambassadeur prés du roi de Castillc, et grand chancelier. A ses connaissances littéraires et politi«|ues, il joignait un talent distingué en architecture, attesté par plusieurs beaux édifices élevés sur ses dessins. Ce talent lui valut la surintendance des bâtiments royaux. C'est à lui «|u'on doit la fondation du collég«> de Jésus à Cambridge; N obtint du roi Henri VII la permission de l'établir dans un couvent, alors habile par des religieuses si connues par leur incontinence, qu'on appelait leur communauté spiriiualium mere- Iricum arnobium , qu'on |K*ut traduire par rommunaulé religieuse de fille» publiques, Parmi les écrits qui restent de lui, se trouvent les suivants: 1° Mon* perfeetwnit ad Carthusiano* , Londres, 1501, in-f; 8° Gnlti cantus ad confralm stios curai 01 in tynodo apud liarnwcll. 25 septembre 1 4M8, Londres, 1498, in-4° ; 3° Altbniia SpiriOts mneti in pura conreienda, fundala, Londres, 1531, to-4'î i" lt* Psaumes de la pénitence, en vers anglais; 5° llomiliw vulgares; G" Mcditationes piœ; 7" «V Mariage d'une Vierge arec Jésus-Christ, i486, in-4". Aleoek mourut en 1500, à Wisbeach, et fut enterré dans une clia|>ellc qu'il avait fait bâtir \mir lui-même. S— n.
ALCOCK (Jean), docteur en musique, né à l.«>ndres le 1 1 a\ ril 1715, entra, à l'Age «le sept ans, comme enfant «le chœur à l'église deSt-Paul, sous la direction de Ch. King, et lorsqu'il en eut atteint quatorze, on le plaça comme élève sous Stanley, qui ,
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bien qu'il n'eut alors «pie seize ans, était organiste des églises de St-André, d'Holboin ctduTemple. En «737, Alcock devint organiste de l'église de St-André à Plymouth, dans le Dewonshirc. (lin«| ans après son arrivée en ce lieu, il fut invité a prendre jiosscssion de la place d'organiste «le Heading, où il se rendit au mois «le jamicr 1742. Celle d'organiste de l'église cathédrale «le Lichtficltl étant devenue vacante en 1749, on la réunit à celle de premier cl antre et de maître du chœur en faveur d' Alcock ; mais en 1700 il se démit de la place d'organiste, ainsi «pie «le relie de maître du chœur, et ne conserva «pie celle «le premier chantre. Il s'était fait recevoir bachelier en iimsitme à Oxford en 175»; dix ans après, il prit ses degrés de docteur à la même université. Le reste de la longue carrière de <*et homme rcsjiectable s'écoula tranquillement à Lichtlicld, où il mourut au mois de mars IKOO, âgé de 01 ans. 11 n'avait cessé jusqu'au dernier moment de remplir avec exactitude les devoirs de sa place, «pioupie le doyen «le Lkhtficld l'eût invité plusieurs fois à prendre quelque repos. Tendant son séjour à Plymouth, il avait publié six suites de leçons de piano et «lotize chansons. Ces ouvrages furent suivis de six concerts pour divers instruments, d'une suite de psaumes, antiennes et hymnes compofrées pour les enfants de la Charité, et d'une collection d'anciens psaumes à quatre parties; le tout publié a Heading. Une collection de trente-six antiennes de sa composition |mml en 1771. Vingt ans s'écoulèrent entre cette publication cl celle «le mjii Harmania festi, collection de canons, airs et chansons. Alcock ayant recueilli cent six psaumes «le divers auteurs, les arrangea à quatre |wrlies et les publia en 1802, sous le titre de : ilarmnny of Siim. Outre ces ouvrages, les I catalogues «le Preston et de Cahusac indiquent encore les suivants : I" Te Deum and Jubilât; 2° Ma- | gnifical cl .\unc dimittis, 1707; S" Stricke re Seraphic hosts, Uijmn for christtnat Day; 4" 7'roij fr/o* pour deux rivions et basse. F. T — s.
ALCl IN, écrivain célèbre du 8' siècle, né dans j le comté d'Yorck vers 733, ou, selon d'autres, prés de Londres, fut élevé par le vénérable Bède, et par Kcbcrt, archevêque d'Yorck, dont il fût le bibliothécaire, et devint abbé de Cantorbéry. Sa réputation |»ssa les mers; Charleniagne, qui avait eu occasion | de le voir à Parme, l'engagea à venir en France , i et, pour l'y fixer, lui donna les ablrayesdc Ferriércs j en Câlinais, de SI- Loup à Troyes, et le petit monastère de St-Josse. Voulant le tenir auprès de sa |»ersonne, il le lit son aumônier, et prit «le lui des leçons de rhétorique, de dialectique et des autres arts libéraux. C'est de cette époque (780) qu'il faut dater l'établissement de l'école nommée Palatin.', parce qu'elle se tenait dans le palais même où, sous la direction d'Alcuin, les plus habiles instituteurs du temps formaient l'élite de la jeunesse de l'empire ; éi'ole qui lleurit sous ses successeurs, et à laipiellc l'uni versité de Paris se rattache par une succession de maîtres non interrompue. A «rite école, Alcuin I joignit une bibliothè«pie et une sorte d'académie, I dont Cluuiemagnc ne dédaigna pas de faire partie, et
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dont chaque membre emprunta le nom d'un personnage de l'antiquité. Charlcmagncy prit celui de David, et Alcuin, celui de Flaccus Albinus. Alcuin repassa en Angleterre, où il lit un séjour de trois ans; mais il revint tu 792 en France, pour n'eu plus sortir. Ce fut alors qu'il fonda, sous les auspices du prince, plusicuxsécoles florissantes, à Aix-la-Cluqielle, à Paris.clc. Bientôt il joignit, au titre de restaurateur des études, celui de déreaseur de la foi contre Klipand, et Félix, éveque d'Urgel, qui renouvelait en Es|>agnc les erreurs du nestorianisme. 11 eut, dans le même temps, l'abbaye de St-Martin de Tours. Alcuin se trouva puissamment riche, et c'est sans doute au nombre des serfs des monastères dont il était le chef, qu'Elij>and de Tolède fait allusion, lorsqu'il lui reproche d'avoir 20,000 esclaves; mais l'éclat de ces richesses n'éblouit ni ne corrompit Alcuin. Apres avoir servi utilement son prince dans les négociations, et l'avoir accompagné au concile de Francfort, en 794, il ne cessa de demander sa retraite, sans jkiuvoir l'obtenir ; lorsqu'en 799, Charlemagnc l'invita à le suivre à Home, il s'en excusa sur son grand âge et ses infirmités. En 801, au retour du monarque, il ne reparut à la cour que j>our le féliciter sur la couronne inqiériale que ce prince rap(>ortait de Rome, et sollicita son congé avec de nouvelles instances. L'ayant enfin obtenu, il se retira dans son abbaye de Si-Martin de Tours, et ouvrit une école, où sa réputation attira un grand concours d'auditeurs, yuoiqu'éloigné de la cour, il y conserva toute la considération duiit il avait joui, entretint une correspondance suivie avec l'empereur et les princesses, et n'usa de son crédit que |>our se dé|iouiller de ses bénélices. Délivré alors de tout soin temporel, il se livra entièrement à la prière et à l'étude, et lit de sa main une copie Correcte de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ce fut dans ces pieux exercices qu'il mourut, le 19 mai 804, âgé de près de 70 ans. Il avait, par humilité, voulu rester diacre toute sa vie. Ses œuvres ont été recueillies à l*arts, en 1617, in-fol., par André Duchesnc, qui a placé à la tète la vie de l'auteur. Depuis, M. Troben. prince-abbé de St-Emmerande, en a donne une édition plus ample, Katisbonne, 2 vol. in-fol. , 1777. Cette édition est augmentée de près de moitié |»r des ouvrages d'Alcuin récemment découverts, et enrichie de notes précieuses. Le P. Chifllct a aussi public un écrit intitulé : Conftuion d'Alcuin, ItioO, in-4% que D. Manillon prouve être de ce savant théologien. Fr. Pithou a placé, dans son Recueil des Rhéteurs, son dialogue sur la rhétorique, dont les interlocuteurs sont Alcuin lui-même et Charlemagnc. Théologien, philosophe, orateur, historieu, poêle, mathématicien, Alcuin savait le latin, le grec et l'hébreu, el réunit toutes les connaissances de son temps. Sans doute ses écrits se ressentent du goût de son siècle, et ils sont loin dejustilicr aujourd'hui l'estimode ses contemporains, qui l'appelaient le sanctuaire des arts libéraux, arlium liberalium tacrarium; mais il est juste aussi d'insister sur les services tpi'il a rendus aux lettres, dans la nuit profonde dont les ténèbres couvraient alors toute l'Europe, et sur le noble usage
qu'il fit de la confiance de Charlemagnc On nous a conservé, de son intimité avec ce prince, des détail» qui prouvent qu'il était capable de dire la vérité, comme le monarque était digne de l'entendre. Charlemagnc disait un jour, en soupirant : « Plût à Dieu a que je trouvasse douze hommes aussi savants que « Jérôme et Augustin! — Comment, répondit Al- « cuin, le Créateur du ciel et de la terre, Jésusci Christ, pour annoncer son nom, n'a eu que deux « hommes de cette sujiériorilé, et vous, sire, vous « osez en demander douze 1 » Le trait suivant semblerait faire peu d'honneur à sa modestie, si l'on ne devait |»s plutôt y voir une preuve de son discernement. Un jour il rendait compte à l'empereur des soins qu'il donnait à l'instruction de ses sujets : « Je « ne prodigue pas à tous, disait-il, les trésors que je u |>ossède ; je les partage. Je frotte les lèvres de l'un « du miel des saintes Ecritures ; j'enivre l'autre du a vin vieux de l'histoire ancienne ; je nourris un « troisième des fruits de la grammaire ; je fais bribo 1er aux yeux du dernier les scintillations des a étoiles. Cliacun a son lot , et doit s'en conten- « ter. » N— L.
ALCYONÉE, fils d'Antigone Gonatas. Voyez ce nom.
ALCY0N1US (Pierre), naquit à Venise, de parents pauvres et d'une basse naissance, vers la fin du 18* siècle. Il est probable qu' Aleyonius, ou Alcyonio, n'était point son nom de famille, mais qu'il le prit dans la suite, selon l'usage de son temps, pour se donner un air d'antiquité. L'étude des langues latines et grecque fut la princqtale occupation de sa jeunesse. La jwuvrelé le força de se faire correcteur d'imprimerie chez Aide Manuce. Il se présenta, en 1317, pour remplir la chaire que Marc Musurus.son maître, laissait vacante; mais il ne l'obtint pas, malgré son profond savoir dans les deux langues, peutêtre à cause de sa jeunesse. Il s'exerçait continuellement à traduire du grec en latin les harangues d'Isocratc, de Démosthéne, et plusieurs ouvrages d'Arislotc. Ces dernières traductions ont été imprimées à Venise, en 1521 ; celle des harangues ne l'a pas été. L'élégance du style est remarquable ; mais on reproche à l'auteur de nombreuses infidélités. Le savant es|tagnol Jean Gcnesio Sepulveda, qui était alors à Pologne, les releva dans un ouvrage qu'il fit imprimer. Aleyonius fut si sensible a cette critique, (pie, pour l'enq)êcher de se répandre, on dit qu'il en acheta tous les exemplaires et les jeta au feu, et non pas son propre ouvrage, comme <piclqucs écrivains l'ont dit. Il passa, en 1521, de Venise à Florence, où il obtint, |wr la faveur du cardinal Jules de Médicis, la chaire de langue grecque, avec des conditions très-avantageuses ; le cardinal y ajouta une jiension , pour qu'il traduisit en latin le livre de Galicn : de Partibus animalium. Jules étant devenu pape sous le nom de Clément VII, Aleyonius, rempli des plus hautes espérances, le suivit à Rome; mais il n'y éprouva (pie des disgrâces. Blessé d'un coup de mousquet, en 1.Ï27, lorsqu'il accompagnait le pape dans sa retraite au château Sl-Ange, et voyant que Clément Vil ne l'en traitait pas mieux, il se
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jeta dans le parti des Colonne, ennemis du pape ; mais il mourut cette année-là même, 1527, n'étant âgé que de 40 ans. Le plus célèbre de ses ouvrages est son dialogue intitulé : Medicis legatus, sire de Exilto, imprimé d'abord à Venise, chez Aide, 1522, in-4". L'élégance avec laquelle il est écrit donna lieu à une accusation grave contre l'auteur; on prétendit qu'il avait trouvé, dans une bibliothèque de religieuses dont il était médecin, le seul manuscrit qui existât encore du traité de Cicéron de Gloria ; qu'il l'y avait pris, en avait fondu les plus beaux |«ssages dans son dialogue, et l'avait ensuite supprimé, pour qu'il ne restât aucune trace de ce larcin. Paul Manucc fut le premier à former cette accusation, qui fut répétée par Paul Jove, et ensuite par plusieurs autres auteurs. Quelques-uns aussi ont défendu Alcyonius, surtout dans ces derniers temps. Le judicieux Tiraboschi, entre autres, après avoir examiné la question, dans le vol. de Y Histoire de la littérature italienne, a démontré que celte accusation était dépourvue de vérité, et même de vraisemblance. Mcnckeu a fait réimprimer le traité de Exilto en 1707, in-12, à Ldptkfc, avec les traités de Valérianus et de Tollius sur le malheur des gens de lettres, et d'autres écrits sur le même sujet, sous le titre commun d'Analecta de calamilale lilteratorum. Alcyonius était d'un caractère mordant et satirique, et d un ,in mur-propre excessif, qui lui firent beaucoup d'ennemis. Giraldi a dit de lui, dans ses Dialogi de }toetis noxtr. temp., qu'il n'était pas moins impudent qu'imprudent . Sec pudent magit quam prudent. Pour prendre une idée juste de ce littérateur, il faut lire l'article très-soigné que lui a consacré le comte Mazzurhclli,dans ses Scriltori italiani, et le |mssage de Tiraboschi, dont nous avons parlé plus haut. M. Coupé a donné en 1795, dans ses Soirées littéraires, une traduction du traité de Exilio. Alcyonius a tracé de main de maître trois caractères de Jean, de Jules et de Laurent de Mcdicis. G — É.
ALDEBERT. Voy. Ad.w.bbrt.
ALDEGATI ( Marc-Antoine ) , professeur de poésie latine à Ravcnnc, en 1483, a laissé quelques |ioésies inédites. On cite une élégie latine, un |Joëme latin, en douze livres, intitulé : Gigantomaehia, conservé à Mantouc, dans la famille des Aldegali, et le commencement d'un autre poéme intitulé : llereuleidos, à la louange du duc de Ferrure, Hercule I", dont le manuscrit est à Modène, dans une bibliothèque particulière. Enfin, la bibliothèque Laureritienne, à Florence, |>ossède de lui quatre livres d'élégies, dont le chanoine Bandini a donné une notice exacte, et quelques extraits dans son catalogue des manuscrits de cette bibliothèque. Cet auteur a cependant échappé à l'attention de Mazzuchelli. G - K.
ALDEGOÎNDE ( Sainte ) naquit en 050 à Cousolre dans le Hainaul ( aujourd'hui arrondissement d'Avesne). Son père, nommé Walbert, était du sang royal de France; sa mère, Bertilic, ap|iartcnait aussi à une race illustre , et , selon quelques écrivains , à celle des rois de Thuringc. Déterminée à vivre dans le célibat religieux, elle quitta la maison
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paternelle et se réfugia auprès de sa sœur , Ste. Vaudra , qui venait de fonder un monastère à Mons, connu alors sous le nom de Château lieu ( Castri- Locus). bientôt ses parents la rappelèrent, en promettant de lui laisser toute liberté de suivre les mouvements que Dieu lui avait inspirés. Elle demeura donc dans le cltateau de Cousolre , où elle continua de donner l'exemple de toutes les vertus. Après y avoir vu mourir saintement les auteurs de ses jours, clic se rendit à l'abbaye d'Hautmont, prit le voile des mains de St. Amand , évéque de Macstricht, et de St. Aubcrt, évèque de Cambray. Ce fut alors qu'elle consacra sa fortune à l'érection d'un monastère de filles dans un lieu sauvage et inculte baigné par la Sambre. Telle est l'origine du célèbre chapitre des clianoinesses de Maubeiigc. La féte de Ste. Aldegonde est célébrée le 30 janvier , jour anniversaire de sa mort, qui arriva, selon les Bollandistes , en 680 , selon d'autres en 084 , et selon d'aulres encore en 089. Elle fut d'abord inhumée à Cousolre, mais en 090 les religieuses de Maubeuge obtinrent pour leur maison les dépouilles de la vénérable fondatrice. Le culte rendu dans le Uainaut à cette sainte est d'une liaute antiquité , puisque son nom figure dans les caleudriersdu temps de Louis le Débonnaire cités par dom Luc d'Achéry ( Spieilége, t. 10, p. 151) , et dans le marly reloge d'Usuard, qui parut sous le règne de Charles le Chauve. On le trouve aussi dans l'ancien bréviaire d'Autun, dans le martyrologe romain et dans ceux de Raban et de Notkcr. Le testament atti il.ué à Ste. Aldegonde est rapjiorté par Aubert Lcmirc ( Diplomata Itelgiea, t. 3, p. 537 et suiv.). Si cet acte n'est pas faux, comme l'ont avancé quelques critiques, il est au moins suspect d'inter|>olation. On trouve dans les Bollandisles et autres agiographes plusieurs vies de Ste. Aldegonde, que Corneil Sinet a commentées savamment dans les Acta sanelorum Behjii , in-i°, Bruxelles, 1783-1789, p. 291-315. Mabillon a fait imprimer une \ ie de Ste. Aldegonde, écrite l'an 900, par lluchaud, moine de St-Amand. André Triqucta publié : Sommaire de la rie admirable de la très-illustre princesse Ste. Aldegonde , miroir de vertus , patrone de Maubeuge, Liège, 1025. ouvrage a eu sept ou huit éditions , sans compter une traduction latine qui parut à Tournay en 1006. La Vie de Ste. Aldegonde a été encore écrite |»ar le jésuite liinct , Paris, 1025, in-12. On trouve l'histoire de Ste. Aldegonde , fille du duc VVaubert, trés-détaiilée, dans Y Histoire du Hainaut par Jacques de Guyse, publiée en latin et en français |*ar M. le marquis de Fortia, Paris, 1829, t. 0 et 7. La fondatrice des clianoinesses de Maubeuge est aussi l'héroïne d'une comédie { sérieuse ) en vers français par Jean d'En netières, seigneur de Beaumcz, Tournay, 1645, in-12. — l^es religieux prémontrés de Troncluenne ou Drongliem , auprès de Garni, honoraient la mémoire d'une autre Sic. Aldegonde , fille de St. Bazin ; l'abbé Ghesquiérc a démontré qu'il fallait ajouter peu de foi aux actes de cette sainte et du prétendu
roi son pere.
ALDEGILEF ou ALDEGREVER ( Hkmu ) ,
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peintre el graveur, né à Soest, en Wesphalie, en 1502, ftit élève d'Albert Durer, et un de ceux fini ont le mieux imité la manière de ce maître. Préférant la gravure à la peinture , il abandonna en quelque aorte le pinceau pour le burin. Doué d'un p;nie profond , presque toutes ses estampes sont d'après ses com|M)sitions : il en a seulement gravé quelques-unes d'après des peintres allemands. Son ouvre , formé d'abord par le Imurgmestre Six , et complété |wr MM. Mariette, (M composé de 55K) pièces, y compris quelques sujets doubles avec des différences, auxquelles on a joint quelques copies. Cet ouvre s'est vendu, en 1WO>, chez M. de St-Yves, 600 fr. Us sujets les plus recherchés d'Aldegrcver sont les Quatre Evangèlisles , la Lucrèce , Y Histoire de Suxan-ie, te» Travaux d' Hercule et le Portrait de Lucas de Lcifde. On remette que ses dernières années aient été employées à graver différentes planches pour les orfèvres. (>t artiste a peint, dans sa ville natale, plusieurs tableaux qui sont en général d'une assez j bonne couleur. On y remarque surtout une Nativité, qui n'est pas sans mérite, maison l'on trouve les mêmes défauts que dans toutes les productions de ses corn- j patriotes contemporains , c'est-à-dire beaucoup de 1 sécheresse, et un mauvais gortt de dessin. Cet artiste mourut à Soest, en 1558, dans une situation voisine de l'indigence. Il est mis au rang des graveurs qu'on ap| telle petits-tnaitres, tels que Itelsam, Théodore de Brie , etc. , a cause du grand nombre de petits sujets qu'ils ont gravés. 1'— E.
ALDEMANl CE. Voyez M VMCE.
ALDEBEIE ( Diéijo-Gh vcian i»e >, lils de Diégo Garcia, l'un des grands officiers de la maison de Ferdinand et d'Isabelle, naquit a la lin du 15# siècle, et mourut à l'âge de 90 ans, sous le régne de Phili|>|ie H. Sou père l'envoya. Ires-jeune, faire ses éludes à Couvain, auprès de Jean-Louis Vives. Sous un tel maître, il lit des progrés extraordinaires dans les lettres grecques et latines, et dans la philosophie. Charles-Quint le lit son secrétaire particulier , il fut conservé flans la même qualité par Phi- I lq>pe II , et jouit •l'une grande considération à la cour. C'était un homme doué d'une grande piété et d'une grande sagesse , un vrai philosophe chrétien. Il épousa Jeanne de Dant/ick, tille de l'ambassadeur de Pologne auprès de Charles Quint , avec laquelle il M'eut longtemps heureux , et qui lui donna plusieurs enfants, qui tous lui firent beaucoup d'honneur. On a de lui, en cs|»agnnl : 1" une traduction élégante des ouvrages de Xénophon, qui parut, pour la première fois, à Salamanque. en 1552, in-fol.; 2" des traductions de la plupart des ouvrages de l'Iutarque, d'Isocrale, de Dion Chrysostomc, d'Agapet, diacre, du traité des Offices de St. Ambroise ; 3" une traduction de Thucydide, Salamanque, 1554 , infol. Klle passe pour un des meilleurs ouvrages d'AIderete, qui a aussi conqtosé une Histoire de la Conquête de la ville 4' Afrique, sur la cote de llarbarie. Il a laissé une collection d'ouvrages militaires trrecs, latins, français, traduits en espagnol , pour l'usage de ses com|«lriotes , et une traduction des Jrrcls de la Cour d'amour. Son goût pour les lettres, et la
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| considération dont il jouissait, eurent beaucoup < d'influence sur les progrès de la littérature espa- ' gnolc. C — S— a.
ALDEDETE (Joseph et Bernard), deux fre— ses, nés à Malaga, suivirent les mêmes études de belles-lettres, d'antiquités et de droit, avec une ardeur égale rt une égale distinction. Ils entrèrent tous les deux dans l'état ecclésiastique ; leur taille et leur ligure étaient si ressemblantes, que le fameux Gongora les ap|ic!ait les burettes ; et , pour les distinguer, disait-il, il faut les flairer. Cette mauvaise plaisanterie faisait allusion à l'haleine forte de l'un d'eux. Joseph obtint un canonicat de Cordoue, qu'il résigna bientôt en faveur de Hernard , |»our entrer dans la société des jésuites, et devint, quelque temps après, recteur du collège de Grenade. Il avait imprimé, étant déjà jésuite, un vol. in-4", sur l'Exemption des ordres réguliers, Sé ville. 1005, et un autre de Religiosa disciplina luenda, in-40, .Sévi Ile, 101."». Bernard, son frère, fut choisi pour grand vicaire |«r l'archevêque de Séville, don Pédro de Castro; mais il obtint la |K<rmission de demeurer à Cordoue. 11 était un des Espagnols les plus savants de son temps et les plus resjiectés, à cause de sa probité et de sa modestie. Il était très-profond dans le grec, dans l'hébreu, dans les langues orientales et dans tous les genres d'antiquités. On a de lui deux ouvrages très-estimés , écrits en espagnol , le premier : fhigrn de la lengua caslellanu , Boinc, 1606, in-4°, I0H2, in-fol. ; il avoue, dans cet ouvrage, que ton frère Joseph lui a fourni de grands secours pour sa composition ; l'autre est intitulé : Variât antiguedadet de lùpaiia A frira y otra» prm'inciax , in-4", Anvers, 101 !. On a encore de lui une lettre au pape l.'rhain \ III, sur les i cliques de quelques martyrs, Cordoue, 1030, in-fol., et enlin une collection de lettres sur l'Euchariflic. Il avait «unposé une Bwtica illutlrata qui est perdue, et les savants esjognols croient , avec raison , que ce serait un trésor |K«ir leurs antiquités. Joseph était né en 1500, et mourut en 1616. Nous ignorons l'année de la mort de Bernard. C* S A.
ALDEBETE (Bernard , né à Zamora, dans le royaume de Léon, sur la lin du régne de Philippe II, entra , très-jeune , dans l'ordre des jésuites , et se fil de lionne heure distinguer par ses grandes connaissances dans la théologie , dont il devint premier professeur à Salamanque. Il s'acquit dans cette place une grande réputation, et fut, dit-on, le premier jésuite auquel l'université . jalouse de la puissance de cet ordre , consentit à donner la dignité de docteur. Alderete mourut à Salamanque, en 1657. Les ouvrages que l'on a de lui , sont : i* Commenlaria el Ihsjnitnlioncs in terliam parlent S. Thoma», de incarnai» Ver In mystrriis et jierfrrlionibut , 2 vol. in-fol. , Lyon, 1652; 2° «les traités sépares de Visione el Srimtia Dci, de Voluntale Iki, de Réprobation el Prœdestinationc, qui ont été imprimés ensemble. Lyon, \Mi. C— S— a.
ALDESTAN. Voyez Adelst an.
ALDHELM ou ADELM. moine et évêque anglais à l'époque de Ihcptarclûe saxonne, est regardé
ALD
comme fils de Retirée] ou Kcnter, frère d'Ina , roi des Saxons dTOecMeuL Né a Malmsbury, il fut élevé en France et en Italie. I>e retour dans son |«ys, il entra dans l'état ecclésiastique, et fonda un monastère dont il fut le premier abbé. Lorsque le royaume des Saxons occidentaux fut partagé en deux diocèses, Winchester et Sberebran , Aldbelm fut nommé par le roi Ina à ce dernier évêché. 11 alla se faire sacrer à Rome par le pape Sereins I", avec qui il vécut, dit-on, assez familièrement pour lui reprocberun jour, en face, son incontinence. Aldbelm composa plusieurs ouvrages, entre autres un livre en prose et en vers a la louange de la virginité, qui se trouve dans les ()]>uiculrs de lléde. Il fut le premier anglais qui écrivit en latin et qui introduisit la poésie latine chez ses comjiatriotes. Il parait avoir eu connaissance des plus célèbres auteurs de la Grèce et de Rome. Aimant et cultivant la musique; jouant de toutes sortes d'instruments. Il avait compost- plusieurs chansons populaires ap|>elées ballade*, et qu'on chantait encore du temps de Cambdcn. Y oui comment s'exprime à ce sujet ('•uillaumc de Malmsbury : « Il est probable que cet homme illus- « tre s'occupait de ces bagatelles, («irceque le peu- « pie, alors a demi barbare, était |>eu attentif à l'in- « sinietion divine , et avait l'habitude de sortir de » l'église aussitôt que la messe était chantée. Le ■ saint prélat, se plaçant sur un pont qui conduisait « de la ville à la camjwgne, engageait souvent les pas- « sants à s'arrêter, en se disant habile clianteur. Par o cet artifice il obtenait la faveur des gens qui l'enviu ronnuient ; cl en leur adressant |»r occasion desdis- « cours sur les saintes Écritures , parvenait à pro- « duire d'heureux cliangcments dans les muurs de a ses com|Kitriotcs, ce qu'il eût tenté vainement par « une conduite plus sévère. » En rap|iortant des choses extraordinaires de sa chasteté volontaire, on l'a accusé d'avoir mis sur ce point sa vertu à de dangereuses épreuves, et d'avoir poussé l'imprudence jusqu'à faire coucher auprès de lui une jeune et jolie femme. Aldhcbn fut mis au nombre des saints après sa mort , arrivée le 25 mai 709, et sa sainteté se manifesta |>ar des miracles. Il eut iiendanl sa vie la réputation d'un orateur éloquent , d'un grand |>oêtc et d'un excellent théologien ; il obtint le titre de docfor egregius ( docteur oniineut i. Aujourd'hui ses ouvrages ne sont lus de personne, et son nom n'est plus connu que par les dictionnaires. 11 a écrit sur la nature des êtres insensibles, sur l'arithmétique, sur l'astrologie , la discipline des philosophes , et sur les
Imii vices principaux. Delrio lit hnprimeràlbyenoe,
en 1001, s» s traités de ÏMude Yirginum , de l'i'rginilate, de Celebratione Patehatis, et cet ouvrage fut encore imprimé a Londres en 1663, avec quelques traités de Béde , et le dialogue d'Egberl, archevêque d'Yorck. Sa vie, écrite par Guillaume Malmesbury, se trouve dans les Acta Sunel. ordinit S. Jlenrd. Une |«trtie de ses écrits a été insérée dans la Bibliothèque des Pères, S— n et '1 — n.
ALD1M (le comte A.vtoixeI , né à Bologne, en 1756, était neveu du célèbre (ialvani. Après avoir feit ses premières éludes dans sa ville natale , il alla
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étudier le droit à Rome , et il y fit de tels progrès , qu'il fut bientôt nommé professeur de cette science à l'université de Bologne. Il occupait cette place en 1796, lorsque les Français pénétrèrent en Italie sous la conduite de Bonaparte. Aldini se montra dès le commencement un de leurs plus chauds |Kirtisans; il fut récompensé de son zèle |iar l'importante ambassade de France , dés que la république Iranspa— dane fut proclamée. Il séjourna quelque temps à l'aria en cette qualité , et fut ensuite nommé président du conseil desBnciens de la république cisalpine. Les fréquentes relations que ces différentes fonctions lui procurèrent avec les hommes les plus importants de la république française, notamment avec Bonaparte, contribuèrent beaucoup à son élévation. Il réussit très-bien auprès de ce général , cl fut nommé par son influence membre de la commission du gouvernement. Kn 4801 , il vint à Lyon comme membre de la fameuse consulta qui devait pré|«rcr à Napoléon les voies du pouvoir souverain ; la soumission et la complaisance dont il fit preuve en cette occasion furent immédiatement après récompensées par la présidence du conseil d'Etat. Les principes républicains d'Aldini n'étaient pas tellement inflexibles qu'ils ne pussent s'accommoder des titre» cl des honneurs de la monarchie. Dés que le ncu veau royaume d'I talic fut établi, en t ho;;, il fut nommé comte, grand otbcier de la Légion d'honneur, de la Couronne de fer, et trésorier de ce dernier ordre. Au comble de ses vaux, il n'éprouva d'autre contrariété que l'opposition assez vive qu'y apporta le vice-président Melzi. (Voy. ce nom.) Cet autre favori de Na|x>leon parvint à l'exclure du conseil d'État, et, après de vives réclamations , il fallut céder, en recevant t>our dédommagement le titre de ministre d'Etat du royaume d'Italie. Depuis celte é|toquc, le comte Aldini habila presque toujours la France, et il s»; trouvait à Paris en 1814, au moment de la chute de Napoléon. Il ne craignit point alors de se présenter à l'empereur d'Autriche , devenu son nouveau maître. Ce prince le reçut avec bonté, et le cliargca même d'une mission pour Vienne. Lorsque l'Autriche tut pris possession de la Lotnbardic , Aldini alla habiter Milan , ne visitant que par intervalle ses belles propriétés du bolonais, et il se consola ainsi de la perte de ses honneurs par les avantages d une fortune considérable. Il avait acheté le château de Montmorency , prés Paris , et l'avait fait embellir à grands frais ; mais les ravages qu'y exercèrent les étrangers en 1815 l'obligèrent à le vendre aux démolisseurs. Aldini est mort à Milan , le 3 octobre 1826. — Son frère, le chevalier Jean Ai.ni.M , professeur de physique à l'université de Pologne, et membre de l'institut de Milan, fut conseiller d'Etat du royaume d'Italie. 11 a publié, en français et en italien , beaucoup d'ouvrages sur la mécanique et la physique. M — n j.
ALDINI (Tobie), médecin et botaniste italien de Césénc, dans le 17" siècle, était médecin du cardinal Odoard Farnésc, qui l'établit directeur de son jardin botanique. Aldini en lit imprimer une description , sous ce titre : Desciiptio planlarum horli Farnesiani, Romœ. 1625, in-fol., cvm tab. 28, plus connu sou*
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le nom à'Hortut Farnetianui. Aldini a donné d'assez bonnes figures de quelques-unes de ces plantes, et des descriptions exactes, mais surchargées d'érudition. Dans ce nombre, il y a un acacia, ou mimosa, auquel on a conservé le surnom de Farncsiana, qui rappelle la reconnaissance que l'on doit à la mémoire du cardinal Farnése, protecteur et ami des savants, et qui indique le jardin où cet arbre a été cultivé pour la première fois. Il est aujourd'hui naturalisé en Italie et dans les contrées méridionales de la France. L'auteur avait promis de publier beaucoup d'autres figures; mais elles sont restées inédites. Il paraît qu'Aldini ne fut que le prétc-nom de cet ouvrage, et qu'il était réellement de Pierre Castclli, médecin de Home, qui dit expressément dans la préface, qu'il a tout écrit : Omnia scripsi. D-P-s.
ALDOBRANDINI (Sylvestre), Florentin, professa quelque temps le droit a Pisc , où il s'était formé à la jurisprudence à l'école de Philippe Decio et d'autres habiles maîtres. Il se trouva, |Kir la suite, enveloppé dans les discordes civiles qui s'élevèrent à Florence. Ayant toujours été du parti opposé aux Médicis, quand cette famille resta maîtresse de la république, Aldobrandini fut forcé de s'exiler de sa pétrie. Dépouillé de tous ses biens, il mena une vie errante, et remplit différents emplois d'auditeur, de gouverneur, de conseiller de plusieurs princes et de plusieurs cardinaux. Paul 111 l'appela a Home, et le Ht successivement avocat consistorial , avocat du fisc et de la cliambre apostolique. Paul IV voulut aussi l'avoir pour un de ses conseils. Aldobrandini mourut à Rome, en 1558, à l'âge de 58 ans. Mazzuchclli , dans ses Scrillori iial. , t. 1 , part. 2, a donné fort exactement les titres de ses ouvrages de jurisprudence , et rapporté les magnifiques éloges que plusieurs écrivains ont faits de lui. Il laissa plusieurs enfants, presque tous distingués par leur savoir ; entre autres Hippolytc Aldobrandini, d'aliord cardinal, et ensuite pape, sous le nom de Clément VIII, qui fit élever à son j>érc un magnifique mausolée dans l'église de la Minerve; et Thomas, qui est l'objet de l'article suivant. G — É.
ALDOBRANDINI (Thomas), fils de Sylvestre, et frére du pape Clément VIII. On ijmorc les circonstances de sa vie ; on |>eut seulement conjecturer, d'après des lettres de quelques-uns de ses contemporains, qu'elle fut assez agitée sous le pontificat de Pic IV ; sous celui de Pic V, il fut plus tranquille, et remplit, auprès de ce pape, l'emploi de secrétaire «les brefs. Il mourut encore jeune , avant d'avoir pu mettre la dernière main a si traduction latine des Vie» des anciens philosophes, de Diogénc Laërce, avec de savantes notes. Cet ouvrage fut publié à Rome, en 1594, in-fol., grec et latin , par le cardinal IHerre Aldobrandini , neveu de l'auteur. Plusieurs savants ont fait l'éloge de la traduction et des commentaires, entre autres, Isaac et Méric Casaubon. On trouve , dans les lettres de Pierre Vcttori , des traces d'un autre ouvrage de Th.. mas Aldobrandini : c'était une paraphrase laline du dernier livre d Aristote, de physica Auditu.
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Thomas avait envoyé ce travail à P. Vettori , pour lui demander ses conseils, et Vettori lui répond, en date du mois de février 1568, en lui donnant de grands éloges. Les notes de ce savant ont reparu dans le Diogènc Laërce de Meibomius. — On compte plusieurs cardinaux du même nom et de la même famille. G— É.
ALDOBRANDINO, et, par abréviation, DINO, florentin , vécut aux 13* et 14' siècles, et mourut à Florence, en 1327. Il avait étudié en médecine, à Bologne, et y professa ensuite, jusqu'à ce que l'envie des autres professeurs , dont on désertait les écoles pour la sienne, le forçat d'en sortir, et d'aller enseigner à Sienne , d'où il ne voulut plus revenir. Il composa plusieurs ouvrages , |tarliculièremcnt pour expliquer Avicenne, Galien et le traité d'Hippocrate, de la Sature du fatus. Jean Villani , qui raconte sa mort , au livre lu* de son Histoire, fait un grand éloge de son savoir et de ses qualités inorales. Il cultivait aussi les lettres. On a de lui un commentaire de la célèbre chanson de Gui Cavalcanti, sur l'amour. Le savant abbé Lami parle de lui dans ses Nouvelles littéraires, 1748. Voy. aussi les Eloges des illustres Toscans, t. I de l'édition de Lucques, 1771. G— É.
ALDHED, prélat anglais du II' siècle, fut le premier des évëques de son pays qui entreprit le voyage de Jérusalem. Edouard le Confesseur lui confia ensuite une ambassade importante prés de l'empereur Henri II. AIdrcd resta un an en Allemagne , et revint dans son pays, où il .possédait de riches bénéfices; mais son ambition ne s'en contenta pas. Quatre ans avant son voyage de Jérusalem , il avait obtenu l'évéché de Worccster : il se fit donner encore l'administration de ceux de Wilton et de Hcreford , et ensuite obtint l'archevêché d'Yorck , avec la permission de conserver, comme commendataire, l'évéché de Worccster. Guillaume de Malmsbury prétend qu'il ne dut cette faveur qu'à la subornation. Le pape, informé de cette simonie, montra beaucoup de répugnance à confirmer la nomination du roi. La conduite politique de l'archevêque Aldred ne fut pas plus exempte de reproches, et la versatilité de ses principes parut clairement lors des révolutions qui eurent lieu pendant la dernière partie «le sa vie. A peine Edouard fut-il mort , qu'AIdred appuya les prétentions qu'Harold formait sur la couronne. Après la victoire remportée sur ce prince , par Guillaume «le Normandie, à la fameuse journée d'Hastinirs, Stigand , archevêque de Cantcrbury, ayant refusé de couronner le vainqueur, Aldred se chargea de cette cérémonie. Lorsque les habitants d'York et des comtés du Nord, appuyés d'un corps de Danois, se déclarèrent en faveur d'Edouard Atheling, Aldred , soit par chagrin, soit par crainte, tomla malade, et mourut, l'an 1069. On trouve , dans un panégyriste d'AIdred , que ce prélat, qui avait lui-même consacré les prétentions de Guillaume, eut ensuite le courage de lui adresser en face de violents reproches, lorsque ce prince abusa de son pouvoir; mais cette anecdote n'est rapportée par aucun des bons historiens de l'An*
ALB
gletcrre, et elle est démentie (railleurs par le caractère connu de Guillaume. D — t.
ALDHETE. Voyez ALDEnETE.
ALDREW ALD, religieux de l'abbaye de Fleury, était né vers l'an 814, dans le voisinage de ce monastère, où il se distingua par ses connu issances. Nous avons de lui : 1° Histoire des miracles opérés par St. Benoit, depuis qu'il avait été transféré du Mont-Cashn à l'abbaye de Fleury. 11 commence son récit en rapportant la destruction du Mont-Cassin. Aldrcnald aclieva, vers l'an 87G, celte histoire, (|ui a été imprimée dans la Bibliothèque de Fleury et dans la collection des Bollandistes. 2° Lu traité, où il établit contre Jean Scot la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucliaristio, |»r l'autorité des Pères. D'Achérya publié ce traité dans son Spieileyium, t. 12. 3" Fie de St. Ay gui plie , abbé de Lerins et martyr. Comme elle avait paru d'une mauiére inexacte, Mabillon l'a publiée, d'après un manuscrit authentiqua de l'abbaye de Fleury, dans ses Aeta Sanct. ord. S. Ilened., t. 11. Aldrcwald y insinue que les prières adressées à Dieu |K>ur les âmes des damnés peuvent leur procurer quelques adoucissements. Les autres ouvrages que Trithème attribue à Aldrcwald ne sont poiut venus jusqu'à nous. G— v.
ALDRIC ou ALDRI (Saint), archevêque de Sens, né dans le Câlinais (775) , fut élevé dans l'abbaye de Ferriéres et y prit l'habit religieux. En 820, il fut appelé à la cour impériale par Louis le Débonnaire, qui, satisfait de la manière avec laquelle Aldric avait défendu la religion contre quelques impies de ce temps, lui conlia l'école du l'aluis, fondée par Alcuin, et l'admit dans ses conseils. Aldric i|uitta la cour |»our aller gouverner l'abbaye de Ferriéres, et en 829 il fut nommé archevêque de Sens. Dans le coneilc de Paris, il fut, avec Kbbun, archevêque de Reims , chargé de projioser un plan de réforme pour l'abbaye de St-Denis, cl au concile de Tliiouvillc (854), il prit pari aux résolutions arrêtées contre les évéques qui avaient concouru à la déposition de Louis le Débonnaire. Il mourut en 85tt, le 18 octobre, jour où se célèbre sa fête. La première année de son épiscopat, il écrivit à Frotaire, évêque de ïoul, une lettre que l'on trouve dans Duchcsnc, Mabillon et Labbc. Les mêmes écrivains ont, ainsi que d'Achéry, conservé le privilège qu'AIdric accorda au monastère de St-Kcmy de Sens, après qu'il l'eut transféré, d'un faubourg de celte ville, ù Vareilles. Il recommande à ses successeurs de ne |K>int exiger des religieux de cette maison des redevance* trop fortes. Dans les circonstances ordinaires, ils doivent se contenter de recevoir d'eux , cliaquc année, un cheval, un bouclier et une lance. {Spieileyium, t. H, p. 579.) G— v.
ALDRIC (Saint), fils d'un gentilhomme saxon et de Gerildc de Bavière, tous deux issus du sang royal , mais sujets de l'empire français, naquit vers l'an 800, et passa ses premières années à la cour de Charlemagnc. Sa vocation pour l'étal ecclésiastique le lit renoncer aux charges imitortantcs (pie voulut lui conférer Louis le Débonnaire. 11 quitta la cour