‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 75 sur 129 · ALD 57T · texte numérisé non relu

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d'Aix-la-Chapelle, se rendit à Metz, où il entra dans

le clergé ; mais l'empereur l'appela à la cour, et le nomma son chapelain et son confesseur. En 852 , il passa à l'évèché du Mans , où il resta paisiblement jusqu'à la mort de Louis le Débonnaire. Lolhaire l'en chassa; il ne fut rétabli que par Charles II, après la défaite de Lolhaire, en 841 . Aldric employa le repos dont il jouit depuis à rétablir la discipline du clergé de son diocèse; il le gomerna avec Itcaucoupde sagesse, l'édilia par ses vertus; il assista à plusieurs conciles, et mourut de paralysie , le 7 janvier 856, après vingt-trois ans d 'épiscopat. Il avait fait un recueil de canons , tirés des conciles cl des décrélales des papes, pour servir de règle au clergé. On regrette la perle de ce monument, connu sous le nom de Capitulaires d' Aldric ; le 9e siècle n'avait rien produit d'aussi savant ni d'aussi judicieux dans ce genre. 11 ne nous reste de ce saint évêque que trois testaments , et quelques règlements de discipline , publiés par Balu/e, qui a aussi publié sur ce prélat une notice curieuse de 178 pages in-8° (Miscellanea, t. 3, in-8", 1689). Sa vie a aussi été écrite par Bollandus. T — d.

ALDRIC1I (Robert), savant évêque anglais, ne ù Burnham, dans le comté de Buckingham, vers la lin du 15e siècle. Il occupa le siège épisco|Md de Carlisle, sous les régnes de Henri \ 111 , d'Edouard VI et de la reine Marie, circonstance qui suffit pour faire connaître son caractère, en démontrant la flexibilité de ses opinions, selon le temps et les intérêts. Il est auteur de divers écrits, |>armi lesquels on distingue les Minants : 1° Epistola ad Gulielmum Ilormannum ; 2" Epigrammala varia ; 3° Décisions diverses sur les Sacrements; 4° Réponses à quelques plaintes concernant les abus de la Messe. Il mourut en 1555. X — Pi.

ALDRICII (Hemu), savant théologien anglais, doyen de l'église du Christ à Oxford , naquit à Westminster en 1047, et lit ses premières cludes dans cette ville sous le docteur Richard Busby. En 1002, il fut admis au collège d'Oxford, où il prit ses degrés de docteur ès arts, le 3 avril 1669. Il entra ensuite dans les ordres et devint professeur du collège d'Oxford, chanoine de l'église du Christ, et enlin docteur en théologie. Aldrich consacra une grande jtartie de sa vie à l'instruction de la jeunesse, pour laquelle il a publié plusieurs ouvrages utiles. Ses principales productions littéraires sont : \° Arlis logica Compendium ; 2° deux traités sur l' adoration de Jésus-Christ dans l' Eucharistie ; 3" deux |>oémcs latins estimés , qu'on imprima dans les Musm Anglicanw, l'un snr l'avènement de Guillaume III au trône «l'Angleterre, l'autre, sur la mort du duc de Glocester. On doit aussi à Aldrich des éditions de différents auteurs grecs, avec la version latine, composées pour l'usage de ses élèves. Il fut chargé, avec i'évéquc Sprat , de la révision et de la publication de l'Histoire de Clarendon. On voit, par quelques pièces de lui , qui se sont conservées, que sa muse s'égayait quelquefois sur des sujets peu conformes à la sévérité théologiquc, et l'on \KUl citer pour exemple l'épigrammc suivante :

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Si hene quiil memini, causa* sunt quinque bilwndi : Hospitis advenlus, pressas silis, atque fiilura, Aul viiii buuitas, aut qiuelibet altéra causa.

Ce savant réunissait, à ses connaissances théologiques et littéraires, des talents |>eu communs connue arelutecte et musicien. Il a donné en latin des Eléments d architecture. C'est sur ses dessins qu'ont été bâties la cluqjdle du collège de la Trinité et la place de Peckvalcr, à Oxford, ainsi que l'église de Tous-les- Saints. 11 avait rassemble une nombreuse collection des truvres des plus célèbres compositeurs, tels que Palesliïna, Carissimi, Vitloria, etc., sur lesquelles il arrangea les paroles anglaises des psaumes et de beaucoup d'antiennes, fl avait forme le projet d'écrire plusieurs traites sur la imisique , et avait jeté ses idées dans plusieurs dissertations renfermées en deux recueils manuscrits qui ont été dé|>osés dans la bibliotbeque du collège du Christ à Oxford ; eu voici les titres d'après Duruey : 1° Theory of organbuilding in tchich are given the measures and proportions of ils teveral parts and pipes (Théorie de la construction de l'orgue; ; 2" Principles of ancient Grvek music (Principes de l'ancienne musique grecque ) ; 3* Mémorandums made in reading ancient authors, relative lo sereral parts of music and ils tffects (Extraits des anciens auteurs, relatifs aux diverses parties de la musique et de ses effets) : 4° Uses

10 vhich music tcas applied by the ancients (L sages auxquels la musique fut appliquée par les anciens) ; 5° Epithalamium ; 6" Excerpta front P. Mcneslricr, proportions of instruments; exotic music (Extraits du P. Meneslrier, prq tort tons des instruments ; musique exotique) ; 7" Argument of ancient and modem perfomance in music ( Comparaison de l'exécution musicale ancienne et moderne); 8°, 9°, IIP et il" dilto; 12° Alisceltanous papers concerning différent joints in the theorg and praetice of music (Papiers divers concernant différents points de la théorie et de la pratique de la musique) ; 13° On the construction of the organ {Sur la construction de l'orgue) ; 14" Fragments of a trralise on counterjtotnt (Fragment d'un traité de contre-point i. Le docteur Aldrich a composé plusieurs offices pour l'Église et un grand nombre d'antiennes qui sont restées en manuscrits, et dont l'académie de musique ancienne de Londres |>osséde une grande partie. Dans le Pleasant musical Companion, imprimé en 1726, on trouve deux morceaux de sa composition ; l'un : Hark the bonny Christ - church - bells ; l'autre intitulé : A smoking Catch, pour être chanté par quatre hommes fumant leur pipe, d'une exécution difficile et d'un effet piquant. Henri Aldrich mourut en 1710, a Oxford, âgé de 63 ans.

11 avait demandé a être enterré, sans aucune potii|>c ni monument, dans la cathédrale de celte villc- F— r. s. et X— jr.

ALDIUGHETTl, médecin de Padoue, enseigna pendant trente-quatre ans avec célébrité dans l'université de cette ville. Il aliandonna les travaux du professorat |»ur se livrer exclusivement à la pratique que réclamait la peste qui infestait sou pays. ]/ cu 'fu(

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atteint lui-même, et mourut en 1631, âgé de 58

ans. Il a fait imprimer un traité des maux vénériens, d'après les instructions du professeur Hercule Saxonia, sous ce litre : Luis renereœ perfeetissimus Trarlatus, ex ore Hereutis Saxoniw , Patarini mediei elarissimi . in academia Patarina , ordinario loco professoris, exceptus. Palavii, 1597, in-i°. C. et A — a.

ALDP1TNCER (Jean), feld maréchal sous le régne de l'empereur Ferdinand II, était d'une famille pauvre et oliscure du LuxcinlHHirg. Après avoir été quelque temps domestique à Paris, il alla en Italie, et devint secrétaire du comte Jean Gattdentius de Madruz, qui commandait un régiment à Milan : il entra, peu de temps après, dans la maison de Charles de Madruz, évéque de Trente. Forcé d'en sortir, il se rendit a Insprurk, décidé a se faire soldat. Des recruteurs l'enrôlèrent, et sa bravoure, ses talents, le firent monter de grade en grade, jusqu'à celui de colonel. L'Empereur lui confia alors plusieurs emplois importants; en 1623, il fut fait seigneur de Hoschitz, et commissaire général auprès de l'année de Wallenstein, dans la basse Saxe ; en 1629, il fut envoyé, avec le titre d'ambassadeur, aux négociations de Lubeck. Il |«ssa en Italie pour faire la guerre au duc de Mantoue, et s'enrichit |»ar le butin qu'il fit, en 1630, â lu prise de cette ville. De retour en Allemagne, il servit dans l'armée de Tilly et dans celle de Wallenstein, se séjKira bientôt de ce dernier, et lit une Irruption en Bavière, où il emporta d'assaut Landsberg et Guntzbourg. Après la mort de Wallenstein, Ferdinand s'étant rendu lui-même à l'armée, Aldringer voulut défendre, contre les Suédois, le patsage de l'Iser, près de Landshut : il n'y réussit pas : Landshut hit emj»orlé, l'armée ini|»ériale prit la ruitc, et Aldringer se noya dans l'Iser. On ignore si sa mort fut volontaire, ou s'il fut tué et jeté du haut du pont par les ennemis. G— t.

ALDHOYANDE ( Fusse Aldboyjutdi ) , professeur à Pologne, né dans cette ville en 1522, d'une famille noble qui subsiste encore, et mort le 4 mai 16t»5, à l'Age de 78 ans, fut l'un des plus laborieux et des plus zélés naturalistes du 16* siècle; il employa presque toute sa longue vie, et consuma sa fortune entière à recueillir les matériaux de sa grande Histoire naturelle, voyageant en différents pays île l'Euro|>e , et entretenant à ses frais plusieurs peintres et graveurs. On croit assez généralement qu'il mourut aveugle dans l'hôpital de Pologne; mais on a contesté, depuis peu, cette dernière circonstance. En effet, il n'est pas probable (pie le sénat de Bologne , à qui il légua son cabinet et ses manuscrits , et qui consacra des sommes considérables pour terminer après sa mort la publicau'on de son ouvrage, lait laissé, de son vivant, tout à fait sans secours; sa veuve témoigne même expressément, dans la dédicace d'un de ses volumes, qu'il fut honoré et soutenu par les magistrats. On conserve encore au cabinet de l'institut, a Pologne, plusieurs îles morceaux qui composaient le sien, et l'on y voit, dans la bibliothèque publique, les manuscrits qu'il a laissés , et dont le nombre est

immense ; mais le recueil des peintures qui ont servi d'originaux aux gravures de son ouvrage a été transporté , pendant la révolution , au muséum d'histoire naturelle de Paris. L'Histoire naturelle d'Aldrovande est en 13 volumes in-fol. , dont il n'a publié lui-même que quatre ; savoir : trois sur les oiseaux, qui parurent en 1590, en 1600 et en 1603, et un sur les insectes, en 1602. Sa veuve publia le volume des autres animaux à sang blanc, immédiatement après sa mort, en 164)6. Corneille Ltcrverius, son successeur, natif de Delft, en Hollande, rédigea, sur ses manuscrits, le volume des solipèdes, celui des pieds fourchus, et celui des |»oissons et cétacés. Thomas Demster , gentilhomme écossais, égaleittMfl professeur à Bologne, travailla, après I terveriits , à celui des pieds fourchus. Un autre des successeurs d'Aldruvande , Barthélémy Ambrosim», s'acquitta du même devoir pour les volumes des quadrupèdes digités , des serpents , des monstres et des minéraux ; et Montalbanus , jiour relui «les arbres. Tous ces volumes |tai tirent successivement à Bologne, en différentes années. Ils y ont été réimprimés, ainsi qu'à Francfort, et il est difficile de les avoir tous de la même édition ; quelques-uns même, comme celui des minéraux, sont beaucoup plus rares que les autres. On ne |>eut considérer les livres d'Aldrovande que comme une énorme compilation sans goût et sans génie ; encore le plan et la matière en sont-ils , en grande |mrtie , empruntés de Gcssncr. Buffon dit , avec raison , qu'on le réduirait au dixième , si l'on en olait toutes les inutilités et les choses étrangères à son sujet. « A l'occasion de l'hisn toire naturelle du coq ou «lu btruf, ajoute ce granil « naturaliste , Aldrovaude vous raconte tout et* <|ui « a jamais été dit «tes «xmis et des Iveufs , tout ee «pie « les anciens en ont pensé , tout ce qu'on a imaginé « de leurs vertus, de leur caractère, de leur courage, « toutes les choses aux<|uelles on a voulu les etn- « ployer , tous les contes que les lionnes femmes en « ont faits, tous les miracles qu'on leur a fait faire « dans certaines religions , tous l«*s sujets de super- ■.' stition qu'ils ont fournis, toutes les comparaisons « que les |»eïes en ont tirées , tous les attributs «pie « certains peuples leur ont accordés, toutes les rc- « présentations qu'on en fait dans les hiéroglyphes, a dans les armoiries , en un mot , toutes les histoires « et toutes les fables «lont on s'est jamais avisé au a sujet des cotjs ou des bœufs. » ISéanmoins cet ouvrage est encore nécessaire aux naturalistes, a cause de quelques ligures et de «pielques detailsqui nese trouvent point ailleurs. Les planches en sont toutes en l»ois, et assez grossières (I). On peut consulter sur Aldro-

(!) Aldrovande n'avait pat préparé moins de matérianx pour écrire sur la botanique qui- mit les autre* branches de l'histoire naturelle; mais il n'eu a paru qu'une ires-pelile partie; elle forme le ii' et dernier volume de son grand ouvrage, suas le litre particulier de ÙfuSrolegUi. Monlalban, qui en fut l'éditeur, nous apprend qu'elle devait être composée de six parties et qne les de<t\ litres qui composent re volume ne sont encore qu'une portion de la première, qui aurait été subdivisée elle-même en sept au tris livre», qui devaient former l'histoire de tons les arbres. Le premier rnmprend les arbres f budiferrs, et le second les pomifère*. L'auteur, suivant son usage, T • rtuoi lottt m qui était tenu a sa connaissance sur les objet* qu'il

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vandc sa vie écrite en italien par Fantazzi, publiée «l'abord à Bologne en 1774 , et ensuite insérée par l'auteur dans ses Scrittari Balogneri, On en trouve un extrait curieux dans la Décade philosophique, an 8, n° 28, p. 31-3». Ginguené a consacré quckpics pages substantielles à ce grand naturaliste, dans son Histoire littéraire d'Italie, 2e édition, t. 7, p. 111-116. Saxius, dans son Onomaslieon , t. 3, p. 362 et 617, indique les autres biographes d'Aldrovande. C— v— H.

ALDBL DE , comtesse de Bertinoro. Voyez Adei.Aitas.

ALDUTN.Foyes Auooiiv.

ALEA (Lkonaud, et non Léon, comme le dit M. Quérard ), né à Paris dans une famille de finances, et mort en cette ville vers 1812, a publié : !• I Antidote de l'athéisme, ou Examen critique du Dictionnaire dr» athées , in-8°, Paris , imprimerie de la Décrie, 1801 , sans nom d'auteur. 11 donna une seconde édition de cet ouvrage, refondue et augmenlir considérablement , sous ce titre : la Ilrliginn triomphant de* attentats de l'impiété, dédiée à M. Portalis. conseiller d'État (depuis ministre des cultes'1 , avec celte épigraphe tin'-e de Cicéron : lnlerest reipuMira" cognosci malos. 2 vol. in-8°, Paris, Moussard et .Maradan, 1802, avec le nom de l'auteur. Cet ouvrage ainsi perfectionné est devenu par son objet, son op[*>rtunité et son exécution, un livre important «M «lont le succès a été complet. C'est la collection la plus utile «pie nous connaissions des I sentiment! des amis de la religion , et «les aveux de ses adversaires. Le cardinal C.erdil en faisait grand cas ; Portalis , qui mettait sa conscience et son bontraite, même sur les arbres de linde, dont on connaissait à peine le* noms. La. tomme dans loutcs le* autres inities de son ouvrage, il supplée a la stérilité de ses connaiss e* positives par «ne exee*slve érudition; ainsi I hhtoire des dieu.* ) est traitée avec la même étendue, la même profusion de savoir que relie du ioq. Il ne faut donc regarder rhanin des articles que comme un répertoire d.-s plus complets dr tout ce qui a ele écrit sur la matière; et. sous cepoiuldc vue, il peut avoir un certain degré d utilité. Cliaque objet décrit est accompagne dune ligure en bois qui donne une idée asseï exacte de sou ensemble ou de vin port, quoique cxeiutce grossicicmcnl. Dans le nombre, il s'en tnmvc quelqm^unes de champignons awr bonnes, et dont queuiues espère» avaii-nl ete inconnues jusqu'alors. Ce volume a été réimprime seul a r'ranrlorl eu W90. eoinroe ayant été entièrement rompost par Monlalban. et seulement dis|»ise suivant la manière d'Aldrovande. Il est précède d'une préface de Ceorgcs Krancus. — Moniallun donne dans sa tlitlMkrtftie Manque une liste Dombrcuse de traites particuliers sur les plaiitrs composés par Aldrovande, et qui sont restes inédits. t>peiidjnt, quelques-uns par leurs litres, semblent faits |iour euiter la curiosité; ainsi il y eu a un sur les différences de formes que présentent les parties principales des plantes, comme les feuilles et le» fleurs. Il avait aussi composé un commentaire fort eleudu sur Dioworide, que Joarhim Caincrariusdît avoir vu. C'était te résumé des leçons qu'AIdrovande avait donnée» pendant quarante années sur cet auteur grec. Il a laisse un Herbier en <6 vol. in-fol. avec un catalogue fort étendu. On voit par cette énumeraliou qu'AIdrovande consacra une partie de sa vie aux progrès de la science, et qne s'il n'a pas mieux renssi, il faut s'en prendre à l'esprit de son temps qui le dirigea plutôt vers l'érudition que vers l'observation de la nature. Son concitoyen Motili a récompensé ses efforts en consacrant a sa mémoire, sous le nom & AI4rora»4a, an genre de plante» remarquable; il ne comprend qu'une seule espèce : c'est une plante aquatique ires-singulierc; elle se soutient a la surface de l'eau par des vésicules remplie* d'air. Elle a été trouvée d'abord en Italie, dans les environs de Bologne, patrie d'Aldrovande, et I ensuite aux Indes orientale». D— »— i

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neur à favoriser le relour «le l'ordre et de la religion , essentiellement liés l'un à l'autre , manifesta hautement sa satisfaction à l'auteur , et lui proposa vainement de le faire entrer dans le conseil d'Etat. Un fait qui n'est pas moins digne d'être remarqué , c'est que Sylvain Maréchal fut l'un des premiers à rendre hommage à la modération de son adversaire. 2° Ruerions contre (sic) le divorce, Paris, 1802, in-8°. Aléa , dit-on , a laissé plusieurs manuscrits relatifs à la révolution française. — V Eloge de iabbè de l'Epée, et essai sur l'avantage du système des signes méthodiques appliqué à l'instruction rli'mentaire , traduit de l'espagnol, Bayonne, 1824, in-8°, est de J.-M. Aléa, parent du précédent. /.

ALEAM)HE { Jérôme ). cardinal, naquit le 13 février 1480 , à la Motte, dans la Marche trévisanc. Son père était médecin de profession , mais descendait des anciens comtes de Landro. Après avoir étudié à Venise et à Pordenone, Aléandrc étant revenu, en 1497, dans sa ville natale , |>orta un déli au professeur qui y enseignait publiquement , le convainquit d'ignorance, et obtint sa place. Il ne savait encore que le latin; il apprit depuis le grec, l'hébreu , le elialdécn et l'arabe ; il apprit aussi, d'un vieux prêtre padouan , l'astronomie, et même l'astrologie judiciaire, à laquelle il eut le malheur d'ajouter foi. 11 se rendit à Venise , où il expliqua les Tusculancs de Cicéron , avec un grand concours d'auditeurs. Le pape Alexandre VI le oliargea d'aller en Hongrie négocier quelques affaires ; mais il tomla malade en roule, fut obligé de revenir à Venise, et de renoncer a cette mission. Il continua de s'instruire et d'instruire les autres; il avait à |>oine vingt-quatre ans, et il était déjà regardé comme un des plus savants hommes de son temps. Il joignait à ses autres connaissances celles des mathématiques et de la musique : il se lia d'amitié avec Aide Manucc et avec Érasme , qui se rendit alors à Venise pour faire imprimer ses Adages, Aléandrc l'aida beaucoup dans ce travail ; ils se brouillèrent «lans la suite ; mais Érasme ne cessa point de rendre justice à ses grandes qualités et à son savoir. La réputation d' Aléandrc franchit les monts; Louis AU l'appela en France, en 1508, pour professer les belles-lettres dans l'université de Paris. Il y expliquait le matin les auteurs grecs, et, le soir, Cicéron : ses succès y furent si éclatants, qu'il devint recteur de l'université , malgré les statuts qui excluaient les étrangers. La peste l'obligea de quitter cette capitale. Après avoir séjourné dans plusieurs villes de France , il s'attacha à Erard de la Marck , évéque et prince de Liège , qui le fit son chancelier, et lui conféra un des cannnicats de son église. Envoyé à Home , par ce prélat , en 4517. il y fut retenu par le pape Léon X, qui le fit, deux ans après , bibliothécaire du Vatican. Le pon life l'envoya, en 1520, nonce en Allemagne, pour s'opposer à l'hérésie de Luther. On peut voir , dans Y Histoire du concile de Trente, par le cardinal Pallavicino, le zèle qu'Aléandre déploya dans cette mission , et les succès qu'il y obtint. Ce fut alors qu'il se brouilla entièrement avec Erasme , dont les opinions et les écrits semblaient favoriser la ré-

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forme. Après la mort de Léon X , il se rendit en Espagne, auprès d'Adrien VI , son successeur, et accompagna en Italie le nouveau pape, qui le recompensa jwr une pension de 500 ducats. Clément VII lui donna l'archevêché de Brindcs , et le nomma en même temps nonce auprès de François 1". Aléandrc alla trouver le roi dans son camp, près de Pavic. La bataille se donna peu de jours après ( le 24 février 1525) : il y accompagna François l*r, en habits épiscopaux , se tint toujours à cheval auprès de lui, et fut, comme lui, fait prisonnier : il fut remis en liberté le 2 mars , moyennant une rançon de 500 ducats. Après avoir fait un voyage à la Motte, dans le Frioitl , et à Venise , il se rendit a Home. 11 y était quand cette ville fut saccagée par le parti des Colonne et par les Impériaux, le 20 septembre 1520; il se retira au château St-Ange avec le pa[>e ; mais sa maison fut brûlée et pillée, en quelque sorte, sous ses yeux. Le même pape lui confia ensuite deux nouvelles nonciatures, l'une en 1551 , en Allemagne, l'autre à Venise, où il était encore au mois de mai 15*5. Paul III le fit alors revenir à Home, et le nomma, en 1538, cardinal du titre de St. Cryaogone. Renvoyé en Allemagne , la même année , en qualité de légat , il était de retour à Home , où il s'occupait de la rédaction d'un ouvrage sur la convocation d'un concile, et peut-être d'un autre, dont parle Paul Jove , contre tous les auteurs des nouvelles doctrines, lorsqu'il fut attaqué d'une lièvre lente, dont il mourut, le 1er février 1542, âgé de

62 ans moins treize jours. Paul Jove dit qu'il eut la faiblesse de témoigner, en mourant, un regret profond de n'avoir pu atteindre l'âge climatérique de

63 ans ; mais cela est sans vraisemblance , comme le prouve son épilaphe, qu'il conqwsa lui-même en vers grecs, dont les deux derniers signifient : Et je suis mort sans répugnance , parce que je cesserai d'être témoin de bien des choses, dont la rue était plus douloureuse pour moi que la mort. Le même I . ■ ■ 1 1 Jove prétend qu'il avait, par malheur |x»ur lui, quelques connaissances en médecine ; qu'il s'occu- |wit trop de sa santé, prenait trop de remèdes, les choisissait mal , et qu'il avançait ainsi lui-même l'instant de sa mort. Il laissa une riche bibliothèque, qu'il légua au couvent de Ste - Marie delï Orto , à Venise. 11 avait écrit un grand nombre d'ouvrages , dont la phqiart n'ont point vu le jour. Les seuls qui aient été imprimés, sont : 1° Lexicon grœco-lalinum, Paris, 1512, in-fol., devenu très-rare. C'est une compilation faite par six de ses écoliers ; il n'y eut d'autre jwrt que de revoir et corriger leur travail sur les dernières épreuves, et d'y faire un grand nombre d'observations et d'additions. 2° Tabula sane utiles grœcarum Musarum adyla compendio ingredi voient ibus , Ârgentorali, 1515, in-4°, réimprimé depuis plusieurs fois. Ce n'est qu'un abrégé de la grammaire grecque de Chrysoloras. 3° Une pièce en vers latins élégiacnics intitulée : Ad Julium et \ea>ram, dans le recueil de Matth. Toscanus, qui a pour titre : Carmina illustrium poetarum ila— lorum. Elle suffirait pour prouver que, s'il s'était livré à ce genre d'écrire, il y aurait réussi. Le traité

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de Concitio habcndo , qu'il ne put achever , et dont il n'avait écrit que quatre livres, fut cependant utile après sa mort : on le consulta souvent avec fruit au concile de Trente. On conservait de lui , dans la bibliothèque du Vatican, un autre manuscrit plus précieux , et que Mazzuchelli regarde même comme ce ifu'Aléandrc a laissé de plus important. 11 contient des lettres , et d'autres écrits relatifs à ses nonciatures et à ses légations , contre l'hérésie de Luther. Le mérite de ces lettres est .suffisamment prouvé par l'usage que le cardinal Pallavicino en a fait dans son Hittmrc du concile de Trente : les premiers livres sont en grande partie tirés de ces lettres et instructions, que le cardinal a soin de citer en marge ; et, pour mieux animer son récit, il met souvent ce qu'il en a tiré dans la bouche d'Aléandre lui-même. André Victorclli a écrit la vie d'Aléandre dans le recueil de celles des pontifes romains et des cardinaux, par Chacon et Cabrera, Home, H 30, 2 vol. in-fol., et Rome, 1677, 4 vol. in-fol. G— É.

ALÉANDRE (Jérôme), qu'on appelle î.e Jei NE. pour le distinguer du cardinal, « tait lils d'un neveu de ce dernier, qu'on nomme ordinairement 1* Ancien. Il naquit, comme lui, a la Motte, en 1574, et lit ses études à Padtnie, où il se lit connaître, dès l'Age de dix-neuf ans, par des poésies latines et italiennes ; ce qui l'a fait mettre, par Raillet, au nombre des enfants célèbres jwr leurs études. Il n'en suivait pas avec moins d'ardeur cille du droit, et il n'avait que vingt-six ans quand il publia un commentaire sur l'ancien jurisconsulte Caïus. Il était aussi très-versé dans les antiquités. S'étant rendu à Home, le cardinal Octave Randini le prit pour secrétaire ; Aléandre remplit pendant vingt ans cette place. I rbain VI 11 l'enleva au cardinal Randini, pour l'attacher au cardinal Fr. Barbcrini , son neveu , avec lequel il l'envoya en France. I.a faible santé d'Aléandre , qui avait résisté aux fatigues du voyage , ne put résister de même à la tonne chère qu'il lit, soit à Paris, soit à Rome, après son retour, avec des amis qui étaient dans l'usage de se rassembler tous les trois jours, et de se donner chacun à son tour de tons repas. Le dérangement total de son estomac fut suivi d'une longue maladie, qui l'enleva le 9 mars 1620, à l'âge de 55 ans. Le cardinal Barberini lui lit faire des funérailles magnifiques, auxquelles assista l'académie des l'moristi, dont il était membre, et dont il avait même été président. Ce furent des académiciens qui portèrent le corps sur leurs épaules , jusqu'à sa sépulture, à St-Laurent, hors des murs, où le cardinal lui lit ériger un tombeau avec son buste, et une épitaphe honorable. Plusieurs écrivains de son temps ont fait de grands éloges de son savoir, de ses talents et de l'élégance de son style. Fontanini, dans son ^mi'nlo difeso, et dans sa Ribliothcque italienne , semble avoir renchéri sur ces louanges, les principaux ouvrages d'Aléandre le Jeune sont: 1° l'salmi pamilentiates , versibus elegiacit erpressi, Tarvisii, 1503, in-4°. 2" Caii .veleris juriseonsulti , institutionum Fragmenta cumcommenlario, Veniliis, 1600, in-4°. 5° Explicatio antiquai labulœ marmoreœ, tdit effigie, symbolique exculpta, etc., Roma,

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1616, in-4°. Cet ouvrage, réimprimé plusieurs fois, et inséré dans le Thetaurut Antiquit. roman, de Gri vius, est celui dans lequel l'auteur a montré l'érudition la plus étendue et la plus solide. 4° Carmina varia, imprimés avec ceux des trois Amaltliée, dont il était neveu par sa mère, et dont il lit luimême imprimer les a-uvres. Venise , 1627, in-8°, ( Voy. Amalthée. ) 5° Le Lagrime di Penitensa, ad imitazione deselte Salmi penilenziali , Rome, 1625, in-8°. L'auteur assure, dans sa dédicace, qu'il avait composé cet ouvrage à seize ans. Le Quadrio en loue beaucoup le mérite (wétique et le style. 6° Difeta delt'Adone. poema del Cav. Marino, etc., Venise, 1629 et 1650. Voyez les titres des ses autres ouvrages dans le P. Niceron, t. 24, et dans Mazzuchelli, Scrittori ilaliani, t. 1 , part. 1 . Enlin Aléandre a laissé un assez grand nombre de manuscrits, qui étaient conservés à Rome , dans la WblioUiéque du cardinal Barberini, et dont Fontanini (Aminla difeto ) avait promis de donner une édition : en voici les titres : Commentarius in legem de Servitulibus; Observaliones variœ; Commenlarius ad têtus kalendarium Romanum sub Valente imperatore scriptum ; Epistolarum lalinarum centuria plures; Paemala latina varia ; Anacreonticorum liber ; Dissertationes ; Italicorum carminum rolumen ; de Domo Moeenica libri duo. G — t..

Al. EAU ME (Lotis), en latin Mealmus, lieutenant général au bailliage et présidial d'Orléans, naquit à Verneuil en 1525 au sein d'une famille riche et considérée. Après avoir fait ses études en droit à Paris, il plaida plusieurs causes avec distinction. « 11 « cust été çrand avocat, dit Loisel, s'il se fust assu- « jetty au barreau ; mais il estoit tomme de livres et « de iiberté, se contentant de son bien et de sa place n de sulistitut au parquet de messieurs les gens « duroy (1). » 11 se rendit rcrommandablc, comme magistrat^ par sa science et son intégrité, « et exerça « l estât de lieutenant général d'Orléans avec beau- « coup d'honneur et de plaisir, s'adonnant aux tonnes a lettres et singulièrement à la poésie latine dont il cs- « toit très-ton ouvrier. » Les pièces qu'il a composées en ce genre se trouvent dans le premier volume desDelicia poetarum gallorum,ctc., coltect. RanutioGhero (Grutcro), Francfort, 1609. Son lils, Gilles Aleaume, liéritier de sa cliargc et de ses vertus (2) , avait d'abord publié ces poésies en un volume in-8° (5) devenu rare. Scévole de Stc-Marthc a donné une place dans ses éloges à Louis Aleaume. Il dit que tous les tommes lettrés lisent les vers de cet auteur ; et que, doué d'un génie heureux, il a su répandre de l'intérêt sur les matières les p lus arides, et traité les sujets les plus ingrats avec une grande fécondité de verve. Il déploya surtout ce genre détalent dans un long poëme intitulé Obscura Clarilas, que ses contemporains apjielérent une énigme, et dont le sujet

(1) Dialogue de* adroeals du parlement' de Pari*, a la suite des Lettre* i»r la pro(et$io* de l'aroeat, par Camps, *' MJtion, *" par M. Dupin, |. |, p. sot.

(3) « Shtml dignitaiis et tinutts bores.» {Srœvol. Elogior., lit».*., p. «i5. in-4».)

(S) J»»emenit des mtemt*, par Baillei, ln-*\ t. S, p. M.

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e«t le mot lanterne. I-oiscl dit que « cette énigme se « pourroit esgaler aux meilleurs poèmes latins qui « ayenl été faictsdece siècle (Il » Aleaume mourut en 15IK> , après avoir exercé pendant |>lus de vingt ans les fonctions de lieutenant général d'Orléans. Il avait épousé Marguerite llrulart , sœur du premier seigneur de Genlis. I. — M — v.

ALEGAMBE (Philippe) . jésuite, né à Bruxelles le 22 janvier 1502. n'avait |K)int encore achevé ses études lorsqu'il passa en Espagne pour être attaché au duc d (Ksone, qu'il accompagna en Sicile. Après avoir pris l'hahit de jésuite à Païenne, il alla étudier la théologie a Rome, et fut ensuite envoyé à Gratz, pour y enseigner la philosophie. Il pncoomt ensuite l'Europe avec le jeune prince d'Eggcmberg, dont il était gouverneur, et se lixa enlin a Home, où il fut nommé préfet de la maison professe des jésuites; il mourut en celte ville, le 0 septembre 1654, à G() ans. Alegambc est connu par une Bibliothèque des Kcrirain* jr'tuilrs. Cet ouvrage, dont Kihadineira avait déjà donné une ébauche, fut imprimé à Anvers, eu 1045, in-fol. Il est remarquable pur son exactitude, quoique l'on y trouve quelques traces de partialité p«Hir l'ordre des jésuites ; il a été réimprimé, avec les additions de Solwel, à Home, 1676, petit in-fol. Alegambc a écrit , en outre , spécialement la vie de plusieurs religieux de la même société : lu Yila J. Caritini, Home. 1040, in- 12; 2° Morte* illutlre* et Getta eorum de toeiet. Je$u qui, in odiumfidri, ab hœretici* tel aliis ocrisi tunt, Rome, Ki.'iT, in-tbl. ; 3" Hérites et rictima* charilalis sneidatis Jetu, Home, 1658, in-4°. C'est la liste des jésuites qui ont sacrilié leur vie pour secourir les pestiférés. Le P. Alegambc était allé jusqu'en 1047; Jean Xadasi, qui publia cet ouvrage, le continua jusqu'en 1657. D— g.

ALÈGRE ( Yves, baron n' ), d'une ancienne maison de l'Auvergne, suivit Chutai VIII à la conquête du royaume de Naples, en 14115. Ce prince le fit gouverneur de la Basilicatc, et l/xiis XII lui donna ensuite le gouvernement du duché de Milan. Compagnon d'armes du chevalier Ha yard, et do Gaston de Foix, due de Nemours, il accompagna ce dernier dans son expédition contre le pape Jules II, et fut fait gouverneur de Bologne, en 1512. I«a même année, il décida la victoire à la bataille de Raveniies, où Bavard et Gaston allaient être cnvelop|K's par les Espagnols, s'ils n'avaient été secourus par d'Alègre. Au moment où il se signalait par un si beau dévouement, il apprend que son hls vient d'être tué en combattant à colé «lu duc de Nemours. Déjà il avait perdu, quelque tettqts aiq>aravant, un autre (ils ; il ne put survivre à celte seconde |»erte : «Je vous suis, « mes enfants. » secric-t-il d'une voix douloureuse! et. se précipitant au milieu des Intaillons ennemis , il trouve la mort qu'il chcrcliait. C "était un des plus vertueux et des plus habiles capitaines de son temps.

(I) • Lots Alrïomc, utant cl bon joec rompe*» un loup |mmw o tien 1<|U>- aiu-orl it d.niiu rr lilre : Ultruru CJanlnt : a;irr> l'avoir « tout If n, j»r. plaisir, un lroti\olto,nr rei rniginr nOlotl rju'imp lan- «t Irrne. » Ihsïourta» Tunte de* fttTùtt.prit et compile de» cahier* 4e feu Fr4me*i><rAm>9itt, par Adrinn d AmSt.lv>, Paris <e*S, p. 10.

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| Gilbert, comte de Monipensier, ne perdit le royaume de Naples que |M»ur n'avoir pas suivi ses conseils. On lui a reproclré trop d'opiniâtreté dans ses projet*, cl c'est en grande |Kirtie à ce défaut qu'on attribua la défaite de Cérignole ; mais ses talents étaient si généralement recounus, et les troupes avaient tant de 000 fiance en lui, qu'il serait |Mtrvenu au commandement en chef, si la mort ne l ent trop tôt arrêté tlans sa brillante carrière. Les d'Alègre se firent

I remarquer, dans le 1 6r siècle, par plusieurs meurtre», dont ils Turent auteurs ou victimes, fies faits, peu

[ <lignes de l'histoire , ont encore été aggravés par quelques biographes, qui en ont fait une famille d'Allée et de Thyeste. Celui de ces fails qu'on peut con-

! sidérer comme le plus authentique est l'assassinat d'Antoine d'Alègre, par son cousin Duprat, baron de

| Yileaux, qui le prit en traître au moment où il sortait du Louvre, en f 571. B — p.

ALÈGRE ( Yves, marquis n' ), maréclial de France, se distingua à la bataille de Fleurus, en 1600, servit ensuite en Allemagne jusqu'à la |>aix

! de Hiswick. et, après s'être signalé à la journée de Nimègue, défendit Bonn contre les alliés. Il fut fait prisonnier en Flandre , lorsque les lignes de Tirlc— mont furent forcées. On le conduisit en Hollande ( 1705), où Ixmis XIV lui envoya de pleins pouvoirs pour traiter avec celle république ; rentré en France après la conclusion de la paix, il reprit son service militaire, en 1712, au siège de Douai, s'empara ensuite de Bouchain, lit, l'année suivante, la campagne d'Allemagne, couvrit l'armée qui força le camp des Impériaux près de Fribourg, et reçut, en 1724, le bâton de maréclial de France. Envoyé en Bretagne |KHir y commander en chef, il présida l'assemblée des états de cette province, en qualité do commissaire du roi, et mourut à Paris, en 1755, à 80 ans. B— p.

ALÈGRE ( ....n* ). liltérateur sur lequel on n'a presque aucun renseignement. Dan* son Itxamen critique des dictionnaire*. Barbier assure que cet écrivain était geniilliomme. Ccitcndanlon ne le voit |ws

[ ligurcr dans le Dictionnaire de la A'oM««epar laChesnaye-Deshois ; et l'on a fait des reclKTchcs inutiles

1 jtour s'assurer s'il descendait de l'ancienne famille d'Alègre en Auvergne. C'est avec la même légèreté que, d'après une lettre sur Baron et mademoiselle ijecaucreur, 1750, in-8", attribuée par les uns à

I l'abbé d'Allainval, et par les autres à l'avocat Coquelet, Itarbier le déchut) le principal auteur de l'Homme à bonnes fortunes et de la Coquette, deux

| comédies qu'il enlève d'un trait de plume à Baron pour les donner a d'Alègre, comme on avait déjà

i tenté de lui enlever l'Andrienne elles Adelphe* pour

1 les donner au P. de la Rue. Mais l'Homme à bonne* fortunes fut représenté pour la première fois le 50 jan\icr 1686 et la Coquette le 28 décembre de la

j même année ; comme il n'est guère vraisemblable

! que ces pièces fussent l'ouvrage d'un homme à peine initié dans les intrigues du monde, il faudra supposer que l'auteur avait au moins trente ans : ainsi

I d'Alègre serait né vers 1056 ; et |»ar conséquent il

I aurait vécu cinquante ans après la représentation de»

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deux pièces, sans que personne , avant l'abbé d'Allainval ou Coquelet, se fut avis* d'en revendiquer pour lui l'honneur. Une autre difliculté se présente encore : quand on a débuté par deux comédies restées au théâtre, et qu'on est doué d'une assez grande fécondité pour en produire deux la même année, il est bien malaisé de se dérendre d'en com- |K>scr d'autres ; c'est là ee|>endant ce qu'il faut admettre pour dépouiller de ces deux pièces Itaron qui s'en est constamment déclaré l'auteur, et pour les donner à d'Alégre qui , selon toute apparence, ne s'en souciait guère. En effet , l'éditeur de son roman de Moneade dit « que d'Alégre a publié plusieurs ou- « vrages, mais qu'il n'a jamais voulu qu'aucun parfit a sous son nom, le titre d'auteur n'étant |>as de vm « goùl » D'Alégre mourut à Paris au mois de décembre 1750. Un connaît de lui : 1" Gulistan, ou l'Empire des roses; Traité des mœurs dts rois, Paris, 1704, in-12. L'ouvrage de Saadi («ay. ce nom ) coutient sept traités. D'Alégre n'a traduit que le premier, relatif aux mœurs des rois ; mais il y a joint plusieurs morceaux Urès des auteurs arabes , |>ersans et turcs ( Journal dts Sarants , 1705 ). 2° Uisloirt de Moneade, dont les principales aventures se sont passées au Mexique, ib., 1730, i part ., in-12, roman très-médiocre. La seconde partie contient une nouvelle espagnole, intitulée le Marquis de Leyra, dont l'auteur est inconnu. 5° L'Art d'aimer, poème, ihid. ( 1737 ), in- 12. VV— s.

AL K MAGNA (GlOSTO D ), iicintrc, est auteur d'une fresque que l'on voit encore sur un mur du couvent de San ta-M aria di Castello, à Gèucs, et qui représente une Annonciation. Le travail en est soigné et Uni, comme celui d'une miniature. L'ange Gabriel, quoique d'un style un peu gothique , est dans une attitude qui ne manque |ias d'élégance. La |ieinture porte cette inscription : Justus de Alemania pinxit , 14-SI . On donne communément, en Italie, le nom d'Alcmagua à ce peintre ; mais nous croyons qu'il s'appelait seulement Juste, et qu'il était né Allemand. A cette époque, on ne signait que son nom de ba|»téme ; on y joignait quelquefois celui de son pays. Les dominicains de Sle-Maric ont fuit couvrir cette fresque d'une glace épaisse, qui la garautit de l'air de la mer et des injures du temps. A—».

ALEMAN (Loi is), cardinal, né en 1390, d'une famille noble du Bugcy. Entré dans les ordres, il parvint par degrés à l'archevêché d'Arles. En 1122, le pape Martin Y l'envoya à tienne |wur diriger la translation du concile de Pu vie dans cette ville; |*»u après , Aleman fut cliargé de réformer la police dans la Homagnc. Louis III , roi de ÎSaples et cuinte de Provence , avait un grand respect |K>ur Aleman. A sa considération, il conlirma les prtvihges que la ville d'Arles avait obtenus sous les régnes précédents. Le |wpe l'honora, en 1420, de la dignité de cardinal, et le lit camerlingue de l'Église. Après la mort de Martin V, Aleman se brouilla avec le |ki|k; Eugène, au sujet du concile de Baie que le cardinal présidait. Dans ce concile, Eugène fut dé|Kisé, et l'on élut à sa place Amédée VIII , duc de Savoie, qui prit le nom de Félix V. Eugène, de son coté,

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excommunia le cardinal , et le déclara indigne de posséder aucun rang dans l'Église: mais lorsque Félix eut cédé la tiare à Mcolas V, légitime successeur d'Eugène, le nouveau |>ape rendit à Aleman toutes ses dignités, et l'envoya, décoré du titre de légat, dans la tasse Allemagne. A son retour, Aleman se retira dans son diocèse , où il s'occu|)a à rétablir la discipline dans le clergé, et à instruire le |>cuple. Il mourut a Salon, en 1450, à l'âge de 80 ans. Fn 1527, le pa[»e Clément VII béatifia cet archevêque , dont le corps fut alors traits] » trié dans la ville d'Arles. D— t.

ALEMAN (Matthieu), né à Séville, vers le milieu du 16e siècle, fut employé comme un des surintendants et lontrùleurs des finances, |»r le roi Philip|)c 11 qui. se liant difficilement a une seule 1 1 rsonne, divisait souvent entre plusieurs hommes les attributions d'un seul ministère. Ayant servi plusieurs années avec honneur, l'amour du repos et des lettres lui lit demander sa démission qu'il obtint. Un ignore l'année rie sa mort, mais on présume qu'il vécut encore | mlant une partie du règne de Philippe III. Un est également peu infonné des motifs qui le firent aller au Mexique, où il était en 1009, époque à laquelle il y publia son Orlografia Castellan , in-4", ouvrage rare aujourd'hui, et qui jouit de quelque réputation. Aleman avait publié à Séville, en 1004, in-4", une Vie de St. Antoine de Padoue, en espagnol, accora]>agnée d'un Encomiasticon in eumdem , en vers latins qui ne manquent pas d'élégance. Ce livre a été réimprimé à Valence , en 1008, in-8°. L'ouvrage qui l'a fait le mieux connaître est celui qui a |>our titre : la Vida y hechos del Picaro Guzman de Atfarache , imprimé pour la première fois a Madrid, en 1599, in-4". (Juoiqne ce roman ne soit |>as com|>arablc à celui de Ihm Quichotte, il peut en être regardé comme le précurseur. Son succès lut prodigieux , en |ieu d'années, il eut six éditions espagnoles, et fut traduit en italien et en Tramais. Voici l'indication dcsiraduclious françaises : 1° Guzman d'Alfaraehe, faiet en français , pur G. Chappuis, Paris, 1000, in-12; 2° le Gaeux, ou la Vie de Guzman d'Alfaraehe ( traduit par Chapelain ) , 1052, deux parties iu-8"; la Vie de Guzman d'Alfaraehe traduite pu- Gabriel lîremoud, I090 , 3 vol. in-12, I709, 3 vol. in- 12; le traducteur retrancha quelques aventures et eu ajouta d'autres; 4° Aventures de Guzman d'Alfaraehe , par le Sage. C'est une imitation plutôt qu'une traduction de l'ouvrage d'AIcman ; elle jwrut d'abord en 1733, puis en 1772, 2 vol., et ce n'est qu'un ubrége de l'ouvrage de le Sage qui a été publié (|iar Alletr) , sous le titre d'Aventures plaisantes de Guzman d'Alfaraehe, 1772, 2 vol. in-12; 1783, 2 vol. in-18. C — S— A,

ALEMAND ( Loi is-Alut sti* ) , né à Grenoble en 1043, après avoir abjuré la religion protestante, se fit recevoir docteur en médecine a la faculté d'Aix , dans l'es|ioir d'obtenir un brevet de médecin du roi sur les vaisseaux. Ses démarches ayant été vaincs , il se rendit a Paris. Pélisson et le P. Bouhours furent amis d'Alemand , qui perdit l'amitié du dernier en obtenant, de l'abbé de la Chambre, ie manuscrit

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des nouvelles observations de Vaugelas, qu'il publia sous ce litre : Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas sur la langue française, ouvrage posthume, avec des observations de M. //..., Paris, 1690, in-12. Alemand mourut à Grenoble, en 1728. On a de lui : 1° Nouvelles Observations, ou Guerre civile des Français sur la langue, 1688, in-12 : celait l'essai d'un dictionnaire liislorique et critique des mots : l'Académie française en arrêta l'impression , se dis|>osant à publier le sien; 2» Histoire monastique d'Irlande, 1690, in-12; 3° Journal historique de V Europe pour l'année 1694, Strasbourg (Paris), 1693, in-12 de 600 pages : on peut, sur cet ouvrage, consulter les Nonvtaux Mémoires d'histoire, etc., de l'abbe d'Arti^ny, 1. 1 ", p. 282 ; 3" une traduction de la Médecine statique de Sanctorius. Alemand se proposait de publier un traite de l'ancienneté des médecins mélbodiqucs, et un ouvrage où il essayait de démontrer que les protestants ne sont pas toujours inutiles à la religion catlwlique. — Son frère , avocat au parlement de Grenoble, avait dédié au P. la Chaise un ouvrage i peu près semblable , contenant un nouveau système contre les protestants. A. B—T.

ALEMANNI ( Niccolo) , antiquaire : ses parents étaient Grecs et originaires d'Audros; il naquit à Ancone le 12 janvier 1583, vint à Rome en 1592, et fut élevé dans le collège fondé imr Grégoire X 1 11 |K>ur les jeunes Grecs; il y lit de grands progrés dans les sciences, et surtout dans les langues latine et grecque. Comme il se destinait à l'état ecclésiastique, il prit le sous-diaconat dans le rit grec, et ensuite dans l'Église romaine. Il enseigna la rhétorique et la langue grecque dans le collège où il avait reçu sou éducation, et où l'on a conservé son portrait. Il eut pour élèves plusieurs personnages distingués, entra autres Léon Allatius ou Allacci , François Arcudi , et Scipionc Cobclluti. Celui-ci, étant devenu secrétaire des brefs du pape Paul V, le lit entrer, en qualité de secrétaire, chez le cardinal Scipionc Borghèse. Alemanni ne remplit pas cet emploi à la satisfaction du cardinal , qui eut souvent à se plaindre des défauts de son style, du peu d'usage qu'il avait des manières du monde, et surtout de ce qu'il mêlait toujours du grec dans ses lettres latines. Il lui fit |x>urtanl obtenir, en 1614, la place de garde de la bibliothèque du Vatican, à laquelle son érudition le rendait si propre. En 1623, Alemanni publia , à Lyon, en un volume in-fol., le 9* livre des Histoires de Piwojte, qu'il accompagna d'une traduction latine et de notes très-savantes. Cet ouvrage a été réimprimé l'année suivante à Home, aussi in-fol ; a Helmstacdt, en 1634, in-4°, et à Cologne, en 1669, in-fol. On le trouve aussi, mais sans les notes critiques d' Alemanni, dans l'édition complète desn-uvresde Proco|>e, Paris, 1662-1663, in-fol. Mazzuchclli cite encore une édition donnée à Home en 1324; mais c'est une faute typographique , puisqu'à cette époque Alemanni n'était pas né. Les notes d' Alemanni sont critiques , historiques , et trés-estimées ; mais on lui reproche d'avoir été quelquefois trop Itardi dans sa manière de traduire ; il a excité de vives réclamations , à cause des crime» dont il charge la mémoire de Justinicn

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( Voy. Procope, Jcstinien, Echrlios. ) Deux ans après, Alemanni publia encore une Description de StJean-de-Utran , où, après avoir tracé l'histoire de cette célèbre basilique, il en décrit les mosaïques et les autres monuments, et eu explique avec une grande sagacité les inscriptions. Cet ouvrage est curieux pour l'histoire c ivile et ecclésiastique du moyen age, et |H)ur celle des arts dans la même période; mais l'auteur s'est attiré de virs reproches de la part des écrivains fram.-ais , et princi|>ulemcnt de le Blanc , dans son Traité des monnaies de Charlemagne, pour ' avoir dit que les enq>ereurs n'avaient jamais exercé dans Rome de souveraineté , et qu'ils n'avaient agi qu'au nom du |«|>c , et comme ses représentants. Cet ouvrage a été réimprimé dans le 8e tome du Thesaunis antiquitatum Italia, 11 en a paru une nouvelle édition à Rome, en 1756, in-4°, avec deux dissertations de César Hasponi et de Joseph-Simon Asscmani. Elle a été publiée par Jean Bottari, et elle est précédée d'une notice sur son auteur. Mazzuchclli fait encore mention d'un aulrc ouvrage d'Alcmanni , qu'il dit exister en manuscrit , sous ce titre : de principis apostolorum Sepulcro ; mais on ignore où il a puisé cette notice. Alemanni *a sûrement composé plusieurs des notes sur YOdegon d'Anastasc le Sinaïte, qui a été publié par Jacques Grctser; il dit lui-même avoir conqiosé une dissertation de Ecclesiasticorum I*ra>lulionc ; mais on doit surtout regretter qu'il n'ait |ws achevé et publié son grand ouvrage sur les A) tiquHés ecclésiastiques , dont-il parle luimême en plusieurs occasions. Le véritable nom de j cet auteur est Alemanni , c'est ainsi qu'il l'écrit tou- ; jours lui-même, cl non |«s Alamanni , comme on le trouve dans plusieurs ouvrages. Cette leçon vicieuse a trompé Jules Negri , qui le compte i«rmi les écrivains nés à Florence, et parmi les membres de l'ancienne et illustre famille Alamanni. On lui doit encore une édition d'une donation faite à l'église de Malte, par Roger, comte de Calabrc,avec la traduction du grec en latin, Rome, 1644, in-fol. Il mourut à Rome, le 24 juillet 1626, à l'age de 43 ans, victime de son zèle pour une mission qui lui avait été confiée : c'était de veiller a ce qu'on n'enlevât rien d'une terre où se trouvaient des ossements de martyrs, et que l'on fut obligé de fouiller pour élever des colonnes dont on voulait orner le grand autel de l'église St-Pierre. A. L. M.

ALEMBERT (Jew le Rono d') , l'un des hommes les plus célèbres du 18* siècle, naquit à Paris le 16 novembre 1717, et fut exposé sur les marches de St-Jean-lc-Rond , église située près Notre-Dame, et détruite maintenant. L'existence de cet enfant parut si frêle, que le commissaire de police qui le recueillit , au lieu de l'envoyer aux Enfants trouvés , crut nécessaire de lui faire donner des soins parliculiers, et le confia, dans celte vue, à la femme d'un pauvre vitrier. Peut-être avait-il déjà quelques instructions pour agir de la sorte ; car, quoique les parcuts de d'Alembert ne se soient jamais fait connaître publiquement , peu de jours après sa naissance , ils réparèrent l'abandon où ils l'avaient laissé : son père lui assura 1200 livres de rente, revenu suffisant alors

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pour le mettre au-dessus du besoin. Le temps a déchiré le voile dont ils ont voulu se couvrir : on sait aujourd'hui que d'Alembcrt était le (ils de madame de Tencin , femme célèbre par son esprit et par sa beauté, et de Destoucbes, commissaire provincial d'artillerie, au nom duquel on ajoutait le mot canon, pour le distinguer de l'auteur du Glorieux. D'Alembert annonça de bonne heure une grande facilité et de l'application. Mis dans une pension à l'âge de quatre ans, il n'en avait que dix lorsque le maître de cette pension , liomme de mérite , déclara qu'il n'avait plus rien i lui apprendre ; ce ne fut néanmoins qu'à douze ans qu'il passa au collège Mazarin , où il entra en seconde. Ses dispositions avaient frappé ses maîtres, au point qu'ils espéraient trouver en lui un nouveau Pascal pour le soutien de la cause du jansénisme à laquelle ils étaient fortement attachés. 11 fit, dans sa première année de philosophie, un commentaire sur l'Epi ire de St. Paul aux Romains, et commença, dit Condorcct , comme Newton avait Uni ; mais lorsqu'il eut étudié les irm thématiques, il prit aussitôt |K>ur elles le gout qu'elles inspirent à ceux qui ne peuvent captiver leur esprit que par des vérités absolues, et t ruiii) ki res|iéraiicc de ses mailrcs en renonçant pour toujours aux discussions iliéologiqucs. En sortant du collège, il prit le grade de maître év-arts, étudia en droit, fut reçu avocat, mais n'en continua pas moins de se livrer aux mathématique». • Sans maître, pres- «que sans livres, et sans même avoir un ami qu'il « pût consulter dans les diflicnltés qui l'arrêtaient, il • allait aux bibliothèques publiques; il tirait qucl- «ques lumières générales îles lectures rapides qu'il «y faisait, et, de retour chez lui, il cherchait tout « seul les démonstrations cl les solutions ; il y réussis- « sait pour l'ordinaire; il trouvait même souvent des a propositions im|>ortantes qu'il croyait nouvelles, et « il avait ensuite une espère de chagrin , mêlé pour- « tant de satisfaction , lorsqu'il les retrouvait dans « les livres qu'il n'avait pas connus. » Ce passage d'un mémoire que d'Alembcrt nous a laissé sur sa vie n'est pas seulement curieux par ridée qu'il nous donné des difficultés que cet homme illustre a eues a surmonter; mais parce qu'il montre combien il s'en fallait alors que les moyens d'étudier les sciences fussent aussi multipliés qu'ils le sont maintenant. Les amis qui dirigeaient la conduite de d'Alembcrt l'engageant i choisir un état qui pût le mener à quelque aisance, il se décida pour la médecine, comme une profession moins étrangère aux sciences que toute autre. Cependant, afin d'éviter les distractions, il voulut éloigner de lui , pour un temps, ses livres de mathématiques ; mais , poursuivi par ses idées , tournées sans cesse vers ce sujet , il les reprit tous un à un , bien avant le terme qu'il s'était fixé : il cessa donc de résister à son gout, et se consacra entièrement i la science où il devait paraître au premier rang. Un mémoire sur le mouvement des corps solides à travers un fluide, un autre sur le calcul intégral, présentés à' l'Académie des sciences en 1739 et 17*0, le firent connaître de cette compagnie, qui l'admit au nombre de ses membres en 1741 ; et bientôt (en 1745) il publia son lïaiU

de dynamique, où, par un principe qui n'est qu'une heureuse énonciation d'une condition du mouvement évidente par elle-même , il est parvenu à réduire aux lois de l'équilibre d'un système de corps la détermination des mouvements que ce système doit prendre. Rappelant ainsi à une méthode uniforme la mise en équation des problèmes de ce genre, qu'on taisait dépendre de principes incohérents, et plutôt devinés que démontrés , il mit fin , dit Lagrange, aux espèces de défis que les géomètres s'adressaient alors sur cette matière. En 1744 parut la première édition de son Traité des fluides, faisant suite à celui dont je viens de parler. D'Alembcrt fut encore obligé, dans cet écrit, de s'astreindre aux hypothèses par lesquelles Jean et Daniel Rernouilli étaient parvenus à rendre le mouvement des fluides accessible au calcul ; mais, en appuyant ses solutions sur le principe qu'il avait appliqué à l«« recherche du mouvement des corps solides, il rectifia quelques erreurs échappées à ses illustres devanciers, et mit à l'abri de toute difficulté ce qu'ils avaient trouvé d'exact. A cet ouvrage succéda la pièce qui a remporté, en 17(6, le prix proposé par l'Académie de Berlin , sur la théorie des vents , et où se trouve le germe de l'application rigoureuse de l'analyse au mouvement des fluides. La société savante qui venait de couronner d'Alembcrt l'adopta par acclamation au nombre de ses membres. Parmi les mémoires qu'il lui adressa, trois ont particulièrement contribué aux progrès de la science : ceux de 1746 et de 1749 sur l'analyse pure, et celui de 1748 sur les cordes vibrantes. Ce dernier a fixé l'attention des géomètres sur le calcul intégral aux différentielles jarliclles, dont Eulcr ne s'était occupé qu'en passant, et saus en faire aucune application. D'Alembert prenait également part aux recherches qui ont complété les découvertes de Newton sur le mouvement des corps célestes , et achevé de changer en théorie Ce qu'on n'avait d'abord appelé qu'un système. Pendant qu'Euler et Clairaut s'en occupaient, il remit, dés 1747, à l'Académie des sciences, une solution du problème des trois corps; problème dont le but est de déterminer les dérangements que les attractions réciproques des planètes causent dans le mouvement elliptique qu'elles exécuteraient autour du soleil, si elles n'obéissaient qu'à leur pesanteur vers cet astre. D'Alembert suivit ces travaux avec assiduité pendant plusieurs années; ils produisirent l'ouvrage ayant pour titre : Recherches sur différents points importants du système du monde ; le premier volume parut en 1754, et le troisième en 1756. Les Recherches sur la précession des équinoxes , publiées en 1749, contiennent la première application de l'analyse à la détermination générale du mouvement de rotation d'un corps de figure quelconque, et font époque dans la dynamiipie, aussi bien que dans l'astronomie physique. VEssai sur la résistance des fluides fut envoyé pour concourir au prix proposé en 1750 par l'Académie de Berlin ; mais ce prix ayant été remis, d'Alembert retira sa pièce et la publia. L'oubli dans lequel est tombée celle qui fut couronnée l'année suivante prouve que le* tracasseries littéraires in-

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Huent quelquefois sur ces décidons , malgré le voile où s'envelopj»ent les concurrents ; car il n'est pas permis de douter que de misérables démêles ne se soient élevés entre Euler et d'Alembert , et n'aient empeclté celui-ci d'obtenir le prix qui lui était dù, non pour avoir résolu la question proposée, puisqu'elle est encore à résoudre, mais pour avoir posé, le premier, les fondements de la théorie mathématique et rigoureuse du mouvement des fluides, et ouvert la route de l'application du calcul différentiel partiel a la physique. La cause de ces démêlés n'est pas bien connue ; mais il y a tout lieu de penser qu'ils devaient leur naissance aux prétentions exagérées de Maupcrtuis , et sa querelle avec Voltaire, qu'Euler avait épousée. Il n'éprouva cependant |iomt à l'Académie des sciences de Paris la même défaveur qu'il avait attirée à d'Alembert. Quoique celui-ci connût la cause du peu de succès de son ouvrage, il détermina sa compagnie à ne pas remettre un prix qu'Euler devait remporter. Les différents écrits dont je viens d'indiquer sommairement l'objet, et qui n'ont occupé qu'environ quinze aimées de la vie de d'Alembert, tracent une carrière brillante, qu'il acheva de fournir par de nombreux mémoires, insérés, pour la plupart, dans ses huit volumes d'Opuieulei. Ils roulent, en général, sur des dévclop|»cments ou des additions ù divers points de ses ouvrages, et contiennent beaucoup de vues importantes. La première ferveur de son goût pour les mathématiques ne Ht que suspendre celui qu'il avait montré pour les belles-lettres, dans le cours de ses éludes, et qui reparut bientôt lorsque , après ses plus tinportantes découvertes, les recherches mathématiques ne lui offrirent plus une moisson aussi abondante de vérités nouvelles, ou qu'il sentit le besoin de délacer son esprit de ces profondes méditations. C'est ce même goût qui donnait à ses préfaces l'intérêt qu'elles présentent presque toutes, par les remarques que l'on y trouve sur la philosophie et la mélaphysiquo de la science ; mais c'est par le Discom-s préliminaire de V Encyclopédie qu'il a commencé sa carrière littéraire ; et ce morceau, ou plutôt cet ouvrage, demeurera le modèle du style dont il faut écrire sur les sciences pour unir la dignité à la précision. D'Alcmbert y présenta, dit-il , la quintessence des connaissances mathématiques, philosophiques et littéraires qu'il avait acquises pendant vingt années d'étude ; et il faut ajouter que c'était aussi la quintessence de tout ce qu'on savait alors sur ces différents sujets. Il rédigea , en outre , la partie mathématique de l'Encyclopédie, pour laquelle il composa un grand nombre d'articles, dont lieaucoup sont remarquables par une énoncialion précise , une discussion approfondie, et souvent un dénoûmcnt très-heureux de quelque difficulté métaphysique de ccuc science. En attachant son nom à ce grand ouvrage, il en partagea en quelque sorte 1a destinée, et se vil lancé dans le monde littéraire, où les tracasseries ne sont peutêtre pas plus vives que dans le monde scientifique, mais sont plus fréquentes et plus prolongées, à cause du grand nombre d'amours-propres qui peuvent y prendre part. Engagé par ce premier pas, d'Alem-

bert , qui fut bientôt reçu à l' Académie française,

continua d'allier la culture des lettres à cello des raatltéroatiqucs. Ses écrits littéraires, constamment dirigés vers le perfectionnement de la raison et la propagation des idées exactes, furent goûtés par tous les bons esprits. Aucun de ces ouvrages n'est do longue Inlcino ; mais tous sont remarquables par une diction pure, un style net, et des pensées fortes ou piquantes. VEssai sur la gens de UUrti les rappelle à ce qu'ils se doivent daus leurs relations avec les grands : la conduite de l'auteur ne démentait pas ses principes; il no flattait point les hommes en place, et l'un de ses ouvrages est dédié à un ministre disgracié, lu» Eléments de philosophie, et les suppléments que l'auteur y a joints, sur l'invitation du roi de Prusse ( Frédéric II ) , étaient bien propres à faire sentir le vide de ce qu'on appelait Cours d» philosophie, dans les collège*. Les Réflexions sur léhculion oratoire el le style , les Oàservalwns sur l'art de traduire , la traduction de quelques morceau ï de Tacite, les Mémoires de Christine, reins de Suède, cl plusieurs articles de littérature et da grammaire, sont des morceaux très-judicieux et dignes d'attention. Enfin , les éloges qu'il a faits, tant de quelques savants que des membres de l'Académie française dont il était secrétaire, écrits d'abord d'un style ferme et soigné, ont pris plus d'abandon, lorsqu'on avançant en âge il s'est cru plus de droits à la bienveillance du public. On lui a reproché de tomber dans la familiarité ; en reconnaissant ce défaut dans les derniers , ou ne peut cependant s'empêcher de convenir que ceux-là même sont remplis de traits piquants. Tous |K>rtent l'empreinte d'une raison supérieure, et respirent l'amour de la justice, la liaine des préjugés ; mais celle-ci contenue dans les bornes d'une scrupuleuse modération. Ce n'est que dans sa correspondance avec Voltaire, publiée après la mort de l'un et de l'autre, que le fond de sa pensée a paru à découvert ; mais son àme s'était déjà fait connaître par un grand désintéressement. Atteint par la persécution suscitée à Y Encydopédis , et dédaigné ] suie gouvernement de sa |iatrie, il refusa néanmoins la présidence de l'Académie de Berlin, et le roi de Prusse la laissa vacante tant qu'il eut l'espérance de l'attirer auprès de lui ; il résista de même aux pressantes sollicitations de l'impératrice de Russie (Catl>crinc 11), qui lui écrivit de sa propre main pour l'engager à se cliargcr de l'éducation de son lils. Les étrangers avertirent sa patrie de tout ce qu'il valait, et il reçut une pension du rot de Prusse , lorsqu'on lui refusait encore celle de l'Académie des sciences, à laquelle il avait tant de droits. Son revenu ne sortit jamais des bornes de la médiocrité, et pourtant il fit un grand nombre d'actes de bienfaisance. Il passa plus de trente années chez la femme qui l'avait élevé, menant la vie la plus simple, et ne quitta ce domicile que contraint par sa santé d'en cherciier un plu* sain. Ou a prétendu que, parce qu'il avait cultivé les sciences abstraites, et qu'il voulait que la raison et la vérité, au moins celle des sentiments, servissent de base à toutes les productions littéraires; on a prétendu, dis-je, qu'il était dépourvu de sensibilité.

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mais les détails de sa longue affection pour mademoiselle de Lespinasse répondent à ce reproche, el prouvent qu'il était susceptible de l'attachement le plus délicat et le plus solide. Chérissant l'indépendance, il évitait la société des grands, des gens en

Rlaee, et ne recherchait que celle où il pouvait se vrer à toute la gaieté et la franchise de son caractère, qui prenait quelquefois une légère teinte de causticité. D'Alembert avait de la malice dans l'esprit et de la bonté dans le cœur, dit la Harpe, qui, d'ailleurs, lui accorde dans la littérature un rang très-distingué. Le jugement favorable d'un critique aussi sévère, et qui, dans ses dernières années, attaquait avec tant d'amertume l'esprit du siècle où brilla d'Alembert, est bien propre à réduire à leur Juste valeur les censures de ceux qui ont traité d'hérésies littéraires les préceptes sages d'un écrivain qui ne pardonnait 4 aucun genre de déclamation. Le crédit dont il jouissait, son attachement constant pour Voltaire, et son propre mérite, lui attirèrent beaucoup d'ennemis ; cependant il eut la sagesse de ne pas répondre aux attaques qu'on lui portait : on ne connaît de discussions littéraires de lui, que celle qu'il eut avec J.-J. Rousseau, à propos de l'article consacré à la ville de Genève, dans Y Encyclopédie. Quant aux disputes , il s'y refusait , et se réfugiait alors, disait-il , dans sa chère géométrie. Cette modération était en lui le fruit de la réflexion , car ses ▼ivacités allaient quelquefois jusqu'à l'emportement ; mais il les réparait aussitôt, lors mémo qu'elles lui étaient arrachées par les longues souffrances qui terminèrent sa vie. Il moutut de la pierre, sans s'être fait opérer, à l'âge de 66 ans, le 2» octobre 1783. Il institua pour ses exécuteurs testamentaires Condorcet et Watelct, et laissa l'un des portraits que lui avait envoyés Frédéric II , à madame Destouches, terne de son père, et qui lui avait toujours donné des marques d'amitié et de considération. Il était membre de toutes les sociétés savantes de l'Europe; et plusieurs ont rendu des hommages publies a sa mémoire. Son éloge, fait par Condorcct pour l'Académie des sciences, est un des meilleurs qui soient sortis de la plume de cet écrivain. L'Académie française proposa l'éloge de d'Alembert pour sujet du prix de 1787 : il ne rat pas remporté ; mais il donna occasion à Marmontel , dans la séance publique du 15 août de cette année , de peindre d'une manière touchante le mérite et les grandes qualités d'un confrère dont il avait été l'ami. Le roi de Prusse témoigna de véritables regrets en apprenant la mort de d'Alembert , qu'il aTait connu personnellement, lorsque après la paix de 1763 , ce savant alla le remercier de sea^bienfaits. D'Alembert et Frédéric entretinrent une correspondance qui fut publiée après la mort du monarque, et dont la lecture est très-piquante. Les ennemis de d'Alembert ont voulu l'apprécier par une espèce de bon mot , en disant qu'il était grand géomètre parmi les littérateurs, et bon littérateur parmi les géomètres : la vérité est qu'en géométrie , il fut au premier rang , et au second en littérature; mais, par l'influence qu'exerce le stvle tur le sort des écrits de tous genres, les traités de

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mathématiques de d'Alembert auront été lus moins longtemps que ses productions littéraires. On n'oserait placer au-dessus de lui aucun des géomètres ses contemporains, quand on considère les difficultés qu'il a vaincues, la valeur intrinsèque des méthodes qu'il a inventées, et la finesse de ses aperçus ; mais cette linesse, qui parait former le trait caractéristique de son talent , le jetait souvent dans des voies détournées, et l'empêchait sans doute de rechercher le mérite d'une exposition lumineuse et facile. C'est peut-être par cette raison, et non par une négligence qui ne saurait s'allier avec le véritable amour de la gloire, qu'en général , il a peu soigné les détails de ses ouvrages mathématiques, si l'on en excepte pourtant son Traité de dynamique, dont il a donné une seconde édition. Dans cet ouvrage même, la tournure des démonstrations et des calculs s'éloigne beaucoup de la marche, à la fois simple et féconde, qu'Euler a tenue dans tous ses écrits; de la vient que les découvertes de d'Alembert ont pris, dans les écrits d'EuIer et de ses successeurs, une forme nouvelle , qui détourne de plus en plus de la lecture des traités où elles ont paru pour la première fois. La simplification des méthodes, à mesure qu'elles se généralisent, fait vieillir assez promptement les ouvrages de géométrie et de calcul ; et la lecture des originaux devient un travail d'érudition. Sous ce rapport, a mérite égal , les grands écrivains ont l'avautagc sur les premiers savants : on ne fait plus que citer les noms de ceux-ci, et on lit toujours ceux-là. Que les hommes donc qui veulent prolonger le succès de leurs écrits dans les sciences ne se bornent pas à les enrichir de découvertes; qu ils ne négligent ni la clarté du discours , ni l'élégance des méthodes, s'ils veulent parler longtemps eux-mêmes a la postérité. Les œuvres mathématiques de d'Alembert ne sont point réunies en collection, elles se composent : 1° du Traité de dynamique, in-4°, 1 vol., dont la 1" édition est de 1713, et la 2e de 1758; il y en a une réimpression, Paris, 1796. 2° Traité de l'équilibre et du mouvement des fluides, in-4°, 1 vol., dont la lr* édition est de 1744, et la seconde de 1770. 3° Hé flexion* tur la cause générale det venlt , in-4», 1747. 4° Recherche* sur la précession des équinoxes et sur la nutation de l'axe de la terre, ln-4*, 1749. 5' Estai d'une nouvelle théorie sur la résistance det fluides, in-4°, 1752. 6° Recherches sur différents points importants du système du monde, 3 vol. in-4°, 1754, 1756. On doit joindre à cet ouvrage les Nouvelles tables de la lune, et Nova labularum lunarium emendalio. 7* Opuscules mathématiques , 8 vol. in-4», 1761-64-67-68-73-80. A la suite des écrits précédents se placent les Éléments de musique théorique et pratique, suivant les principes de M. Rameau , éclaircit , développét et simplifiés , 1 vol. in-8*. Cet ouvrage a eu quatre éditions; la 4» a été imprimée à Lyon en 1779. Les productions littéraires de d'Alembert sont : 1° Mélanges de littérature et de philosophie , 5 vol. in-12, réimprimés plusieurs fois; 2° tur la Destruction des Jésuitts, 1 vol. in-12, 1765, avec un supplément sous le titre de Lettre, etc., 1767 ; 3" Éloges lut dam let séances

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de l'Académie française, 6 vol. in-12, 1779-8T; 4° OEuvres posthumes, publiées par M. Pougens, 2 vol. in-12, 1790 ; 5° quelques opuscules, tels que f Eloge de milard Maréchal, 177», in-12; Dissertalion sur le goût, 1776, in-8»; Apologie de labbi de Irades, 1752, in-8, 3 parties, etc. On a réimprimé à part les morceaux de Tacite avec d'autres traductions, 2 vol. in-12, 1784. Enfin tous ces écrits ont été rassemblés dans les OEuvres philosophiques, historiques et littéraires de d'Alembert, réunies et publiées par M. Basticn, 18 vol. in-8", Paris, 1803. On y trouve plusieurs morceaux inédits , et la correspondance de d'Alembert avec Voltaire et avec le roi de Prusse. L — x.

Des travaux littéraires de d'Alembert. — L'article qui précède indique, mais sans les développer, sans les apprécier, les litres littéraires de cet homme célèbre : c'est une lacune que nous devons combler. On peut dire de d'Alembert qu'il fut littérateur quoique mathématicien ; d'autres, au contraire, tels que Descartes, Pascal, furent mathématiciens quoique écrivains. Chez d'Alembert, le mathématicien domine évidemment le philosophe, comme celui-ci réfléchit les traits de l'homme privé. Kn effet, abandonné par ses parents dès sa naissance, formé de bonne heure et pendant longtemps à la rude discipline de la privation, il apprit à se contenter de peu, à ne demander qu'à son travail les moyens de s'élever au-dessus du besoin ; il n'eut, en un mot, qu'une ambition, celle de se. consacrer au culte de la vérité. Son style, ses ouvrages, sa philosophie, tout se ressentit de ses occupations habituelles et de cette calme disposition d'esprit. Aussi bien subit-il l'influence de son siècle, plus qu'il ne lui imprima la sienne. 11 s'associa au mouvement innovateur de son temps , mais il ne le dirigea pas, comme firent ces deux étonnants génies, Voltaire et Rousseau. Pour qui ne connaîtrait pas celte époque mémorable, les écrits de d'Alembert lui en donneraient le complet résumé. Il n'y faut donc pas chercher la démolissante ironie de Voltaire ou les ardentes convictions de Rousseau , conséqueniment s'attendre à y rencontrer la dangereuse facilité du philosophe de Fcrney, ou à voir couler de sa plume la lave brûlante qui s'exhalait du cœur du citoyen de Genève... On s'y repose, au contraire, des agitations incessantes de ces temps orageux. — C'est qu'il ne s'était pas, comme ces deux grands hommes, tracé à lui même dans ses écrits, jiour y tendre sans cesse, un liut unique. Voltaire veut écraser la superstition, / infâme, comme il l'appelle; Rousseau essaye de ramener a la uature l'homme qui, selon lui, s'en est constamment écarté. D'Alembert, lui, expose ce qui est , mais ne conclut pas. C'est ce qui fait que beaucoup de ses écrits ressemblent à de simples exercices d'esprit. Il a luimême (t. 1" de ses OEuvres complètes) jugé sa manière : « Le style de l'auteur est, disait-il, clair, c net, précis, ordinairement facile, quoique châtié, « quelquefois même un jieu sec , mais jamais de « mauvais t?oùt ; plus d'énergie que de chaleur, « plus «le justesse que d'imagination... » C'est que pour avoir «le l'énergie, de l'imagination, il faut sa-

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voir ce que l'on veut, et, osons le dire, cet homme, remarquable d'ailleurs à tant de titres, ne le savait pas trop ; il ne pouvait donc être animé de cette inspiration qui pousse un homme à jeter dans le public ce qu'il croit toucher à l'avenir, au bonheur des autres hommes. Si donc les mathématiques doivent à d'Alembert des découvertes, on n'en peut pas dire autant de la philosophie ou des lettres. Tout, dans ses écrits, est estimable , mais tout n'y est pas original. — Le Discours préliminaire de l'Encyclopédie, l'œuvre fondamentale du philosophemathématicien , « trace, dit Condorcet, le déve- « lop|*ment de l'esprit humain, non tel que Ihis- « toire des sciences et celle des sociétés nous le « présente, mais tel qu'il s'offrirait à un homme qui « aurait embrassé tout le système de nos connais- « sanecs... La suite de ce discours contient un ta- « bleau précis de la marche des sciences, depuis « leur renouvellement. » Cette appréciation est juste, mais il en résulte en môme temps que la méthode de d'Alembert n'était autre que celle de Bacon; il le reconnaissait d'ailleurs lui-même. C'était, au surplus, la méthode du 18 siècle. Le style du discours est fier , énergique ; c'est assurément le plus remarquable qui soit sorti de la plume de l'auteur. — VEssai sur les éléments de philosophie, qui fait suite au Discours et le complète, témoigne encore de la sage , mais prudente manière de l'auteur. « Aller du connu à l'inconnu, se bor- « ncr à un pelil nombre de vérités incontestables. » Quand donc se présente une de ces questions redoutables, qui de tout tempsont exercé les penseurs, celle de l'immortalité de l'àmc, par exemple, l'auteur répond que a la philosophie fournit des ar- « guments pressants de la réalité d'une autre vie; » puis, énumérant les objections ordinaires, il repreud la magnifique ré|>onse de Pascal , que « la religion « seule empêche l'état de l'homme en cette vie d'être « une énigme. » Ainsi procède d'Alembert : trop sage pour détruire, trop philosophe pour affirmer. — Un essai d'un autre genre , c'est celui sur les gens de lettres : d'Alembert y pouvait prêcher d'exemple ; aussi s'élève-t-il contre l'atteinte portée à la dignité des lettres, par le patronage avilissant du riche ou du grand seigneur, à une époque où les institutions laissaient subsister dans la société des démarcations également réprouvées par la nature et la raison. Ce que voulait d'Alembert [Kiur les gens de lettres, c'était ce qu'il demandait \wur lui-même, le pain et la liberté; c'est-à-dire ce que l'on ne doit demander jamais qu'au travail et à la pensée. Cette netteté de vues, d'aperçus, se retrouve dans quelques autres ouvrages qui rattachaient l'auteur aux questions agitées de son temps. — Le livre intitulé : de la Destruction des Jétuiles en France, à part la tendance ordinaire du siècle à prendre l'effet pour la cause, l'abus pour la chose elle-même, est cependant, quoi que l'on ait pu dire, équitable a l'endroit de cet ordre célèbre. Il dit bien « que cette société a o toujours eu le projet de gouverner les hommes et « de faire servir la religion à ce dessein...., » mais il ajoute que « les maximes que l'on reprochait à

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