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« Guignard et aux jésuites sur le meurtre des rois « étaient alors celles de tous les ordres religieux et « de presque tous les ecclésiastiques.... » Puis il rend justice aux jésuites : « Aucune société religieuse ne « peut se glorifier d'un aussi grand nombre d'hom- « mes célèbres dans les sciences et dans les lettres... « La société doit à la forme de son institut cette va- « riété de talents qui la distingue. Elle n'en rejette « d'aucune espèce, et ne demande point d'autre con- « dilion pour être admis que de pouvoir être utile. » — Les Eloget de d'Alembert sont empreints de ce même esprit , conçus dans ce même style impartial et contenu. Ils font exception pour la plupart à ce que l'on appelle le style académique : le panégyrique n'y exclut pas une critique mesurée. Nous citerons en particulier les éloges de Bossuet, Colbert, Fléchicr, Massillon, quoique l'on puisse en effet, comme on l'a dit, y rencontrer quelquefois un peu de recberche. La Correspondance avec le roi de Prusse, avec Voltaire, publiée dans les œuvres posthumes (édition Bastien, 4821), mérite d'autant plus d'être lue qu'elle retrace l'homme tel qu'il fut. Et rien n'y dément, nous le croyons, notre appréciation. D'Alembert, surtout dans les confidences qu'il fait à Voltaire, se laisse bien parfois entraîner à l'opinion de l'homme qui à lui seul faisait l'opinion de son temps; il s'y élève, il est vrai, comme le maître, contre Vinfàme (la superstition) ; et l'on souffre à entendre un esprit si judicieux parler comme il le fait dans une lettre qui porte la date du 3 août 1762 : a L'air doux qu'on « respire en France nte fait supporter l'air du fana- « Usine dont on voudrait l'infecter, et je pardonne « au moral en faveur dtuphysique. » Jusque-là rien de trop fort ; mais il ajoute : a 11 faut faire dans ce « pays-ci comme en temps de peste, prendre les « précautions convenables, et ensuite aller son chco min et s'abandonner à la Providence, «' Provia denee il y a. » Quelle parole et quel siècle ! Mais disons tout de suite que partout ailleurs d'Alembert redevient lui-même et sait, quand il le faut, en appeler des jugements et des colères du dominateur de Fcrney. — Et celui que Rousseau éclipsa si complètement, dans la question soulevée à propos de l'article Genève de Y Encyclopédie , écrivait cepenpant à Voltaire (8 septembre 1762) pour le prier de ménager son imposant adversaire : « Les amis de « Rousseau répandent ici que vous le persécutez ; a que vous l'avez fait chasser de Berne et que vous « travaillez à le chasser de IVeufchâtcl.... Je suis « persuadé qu'il n'en est rien, et que, malgré les « torts que Rousseau peut avoir avec vous, vous ne « voudriez pas l'écraser à terre. Je me souviens d'un « beau vers de Semiramis :
La pillé dont la voix ,
» Alors qu'on est vengé, fait entendre ses lois.
« Souvenez-vous d'ailleurs que si Rousseau est per- « sécuté, c'est pour avoir jeté des pierres, et d'assez « bonnes pierres, à cet infâme fanatisme que vous « voudriez voir écrasé et qui fait le refrain de toutes « vos lettres.» — A cette occasion, nous devons dire quelques roots de cette querelle devenue célèbre
entre Jean-Jacques et d'Alembert au sujet des spectacles. Peut-être l'immense succès de la lettre du premier n'a-t-il tenu qu'au terrain choisi par l'autre. Dès qu'il donnait occasion à Rousseau de comparer la vie simple d'une ville de second ordre telle que Genève, à celle des grandes capitales, il devait arriver nécessairement que le grand peintre, le grand panégyriste des choses de la nature laissât sans voix le défenseur d'une civilisation avancée, affaissée sous son propre poids. Cependant il faut reconnaître que d'Alembert ne fut pas pour cela au-dessous de sa tache, R s'exprima logiquement et avec noblesse. a La vie est si courte, dit-il, reprenant l'objection de « Rousseau, et le temps si précieux! Qui en doute, « monsieur ; mais en même temps la vie est si mal- « heureuse et le plaisir si rarel Pourquoi envier aux « hommes, destines presque uniquement par la na- « ture à pleurer et à mourir, quelques délassements « passagers qui les aident à supporter l'amertume « ou l'insipidité de leur existence?... Mais ce n'est « pas seulement un jouet qu'on a prétendu donner « aux hommes, ce sont des leçons utiles, déguisées « sous l'apparence du plaisir. » Assurément si le théâtre donnait toujours de ces leçons , Vadmirable lettre de Rousseau ne serait encore qu'un sophisme admirablement soutenu. — Viennent les œuvres de pure spéculation, où l'auteur s'exerce sur des sujets divers : des Réflexions sur l'éloquence, dont la définition est neuve , sinon les régies qui l'appuient. l\ définit en effet l'éloquence, le talent de faire passer avec rapidité et d'imprimer avec force dans l'âme des autres le sentiment profond dont on est pénétré ;
— des Réflexions sur la poésie, — aur l'histoire, où se rencontrent parfois des vues utiles, judicieuses. A propos de l'ode , d'Alembert dit fort bien que ce qui rend froid ce genre, c'est l'absence de faits, et il aurait pu ajouter d'un cycle poétique, qui la puissent inspirer. Et quant a l'iùstoire, il préfère les abrégés chronologiques, parce qu'ils se bornent à ce qu'elle contient d'incontestable , bien «me les mémoires et lettres lui paraissent mériter la (dus grande couliance. D'Alembert oubliait que la vérité y disparaît souvent devant l'amour- propre de l'homme ;
— puis des traductions de quelques passages d'auteurs tels que Cicéron, Tacite, Bacon, précédés d'utiles préceptes que le traducteur s'efforce, non sans succès, de mettre en pratique. Les morceaux traduits de Tacite rappellent la vigoureuse brièveté du maître, sans reproduire son inimitable animation. — On a ensuite de d'Alembert quelques autres essais : sur la musique; sur la liberté de la musique. Ses principes en cette matière, il le dit lui-même, sont ceux de Rameau; — Enfin quelques dissertations : sur Vabus de la critique en matière de religion ; sur l'abus de la philosophie en matière de goût. On retrouve encore ici le disciple de Bacon. « Une demi- « philosophie nous écarte du vrai, dit-il, et une phi- « însophic mieux entendue nous y ramène. » Les œuvres complètes de d'Alembert ont été réunies en deux éditions ( Paris, Bastien, 1805 et 1821 ). Cette dernière est sans contredit la plus complète. On en avait publié une, en 1779, sous le titre à Œuvre,
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potlhumet , faisant suite aux cinq volume» des Milangti; mais il ne s'y trouve rien que ne donne celle de 4821. V. R—D.
ALENÇON (seigneurs d' ). Le territoire d'Akraçon eut pour seigneurs : 1» de» comte»; 2° des due». — lVESDI BELLBMB, OU IVES DE Cheil, fut le preiuicr seigneur d' Alençon qui ait eu un titre connu dans l'histoire. Comte de Bclléme, il le devint d'A- Iençon vers 940 ou 942. Il était frère de Sigefroy, évéque du Mans. Le Perche et le territoire d'Alençon, qui embrassait alors le territoire de l'évéché de 8oex, furent ainsi réunis dans la même main au milieu du 10e siècle. La maison de Ikllême donna cinq comtes à Alençon : oc furent Ives, Guillaume I", Robert Ier, Guillaume il, et Arnoul ou Arnulphc. Ives était grand n mitre des arbalétrier» de France. En sa qualité de Normand, le comte d'Aleneon se concerta avec Osmond, gouverneur du jeune duc Richard, pour le tirer de» mains de Louis d'Outre-Mcr. Il parait que ce fut pour prix d'un tel service, quo le duc de Normandie, Richard 1", rendu ù la liberté, fit don au comte Ives et du territoire d'Alençon et de celui de Domfront. — Guillaume Talvas l«r, fils ainé d'Ives de Bclléme, eut en sa puissance le» États de son père, vers 998. Ce surnom de Talvas ou Talevas vient d'une sorte de bouclier qu'il portail, et mm pu de sa dureté, comme I n prétendu Ordcric Vital, qui ne lui pardonnait |ws sa fermeté contre le» ecclésiastique». Ce fut ce Guillaume qui lit bâtir à Alençon et à Domfront deux châteaux dont il est souvent question dans les guerres sanglantes et interminables du moyen âge. L'intérêt que Talvas |wrUiit à Avesgaud, son frère, qui était évèque du Mans, le détermina a faire souvent la guerre au comte du Mans, Herbert Éveillo- Chien. Cette guerre fut mêlée de succès et de rêver», et n'aboutit qu'à faire verser inutilement dusang. Il n'en fut pas de même de celle que Guillaume eut à soutenir contre le duc de Normandie, Robert l,f, qui l'assiégea dans Alençon et le força, en 1088, de se soumettreaux plus humiliantes conditions. Il rut inhumé à Domfront, à peu de distance de l'abbaye de Lotilny qu'il avait fondée, mais qui n'était pas encore prête A le recevoir. — Robert Ier, second fil» du précé» dent, lui succéda, parce que Foulques, l'alné des lils de Guillaume, avait été tué, en 1028, au combat <le Blavou. Moins heureux que son père dans ses guerres avec le comte du Mans, Robert ftit battu et fait prisonnier, pour avoir aussi pris la défense de l'évêque Avesgaud, qui était toujours aux prises avec les seigneurs de son diocèse. Il ftit massacré dans sa prison vers 1035 .— Guillaume IL Secondé puissamment par Se» seigneurs de son comté, il reprit aux Manseaux les places que son père avait perdues, et, grâce a sa modération, il conserva longtemps en bon état se» diverses possessions. Toutefois il fit la guerre à Geoffroy, seigneur de Mayenne. Un acte de cruauté, dont il se rendit coupable à l'égard d'un de ses vassaux les plus puissants, attira longtemps sur ses terres le ravage et l'incendie. Geoffroy Martel, comte d'Anjou, et qui s'était rendu maître du comté du Mans, attaqua Guillaume et s'empara d' Alençon ainsi que de Domfront. Forcé de fuir, le comte d' Alençon se
retira avec sa fillo Mabilo chez Roger II de Montgommery, l'un des plus grand» seigneurs normands de cette époque, et qui vivait dans l'intimité de ce Guillaume le Conquérant qui n'était encore désigné que par le sobriquet de Bâtard. Roger épousa Mabile, et cette union fit peu après passer la seigneurie d'Alençon de la maison de Belléme dans celle de Montgomme ry. — Arnoul. H ne fut comte d' Alençon que pendant un petit nombre d'années. 11 était fils de Guillaume II, et fut assassiné par son frère naturel. La maison de Montgommery donna sept seigneurs à Alençon : Roger, Robert II, Guillaume III, Jean 1", Jean II, Guillaume IV et Robert M. — Roobr de Montgommery. Geoffroy Martel, ayant fait alliance avec Henri I", roi de France, continua la guerre contre le» comtes d' Alençon. De son côté, Henri pénétra jusqu'à Montgommery qu'il prit cl pilla; mais Guillaume le Bâtard ayant atteint ses ennemis au passage de la Divc à Varaville, vers 1040, les battit. Bientôt Français et Angevins furent chassés de la Normandie ; Alençon et Domfront repris, et Roger remis en possession de ses Etats en 1048. Roger seconda puissamment le duc de Normandie dans la conquête d'Angleterre, et eut une part considérable dans la dépouille des vaincus. Il commandait l'avant-garde normande à cette bataille d'Hastings, en 1086, qui décida du sort des Anglais. Ses acquisitions nouvelles furent les comtes de Montgommery et de Pembrok. C'est do lui que descendit la branche anglaise des Montgommery. II seconda toujours- puissamment le Conquérant pendant les guerres qu'il eut à soutenir dans ses nouveaux Etats et sur le continent. Resté en Angleterre, il fit passer ses possessions normandes à Robert, l'alné de ses dix enfants. — Robert II. Plus connu dans l'histoire sous le nom de Robert de Belléme, que sous celui de Robert de Montgommery, parce que Bclléme était alors la place la plus importante , de ses Etats, ce seigneur était instruit, habile et entreprenant. Ileut le tort fort grave de prendre parti pour RolwrtCourtehcuse contre Guillaume le Conquérant, son père : la perte momentanée do son comté s'ensuivit, et il n'y rentra qu'en 1087, à la mort de ce monarque. Favori du duc Robert, il participa à sa bonne comme à sa mauvaise fortune, jusqu'en 1090, époque de sa réconciliation avec Guillaume le Roux. Le duc Robert, s'étant brouillé avec le comte d'Alcncon, le fit mettre en prison au château de Falaise;, où il resta jusqu'à ce que Roger de Montgommery, son père, parvint à le réconcilier avec son seigneur suzerain. Les historiens du temps |>cigncnt le comte d'Alençon comme un prince cruel, qui fut toujours en guerre avec ses vassaux, ses voisins et les ecclésiastiques , qui lui résistèrent plus longtemps que Philippe Ier, roi de France, dont il défit l'armée dans le Vcxincn 1090. Il seconda vaillamment Guillaume le Roux dans la complète du Maine, dont il reçut la garde. A la mort de ce monarque, en 1100, Robert de Montgommery, qui n'aimait pas Henri, son successeur, parce qu'il lui avait enlevé Domfront, s'unit au due Robert pendant ipielque temps, et finit par se soumettre, après avoir perdu une grande partie de ses roneresscs en Angleterre, rendant tes oc Dais
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de Henri I", roi d'Angleterre, et de Robert, duc de Normandie, le comte d'Alençon prit parti pour le dernier : c'était bien lo parti de la justice, mais ce ne rut pas celui de la fortune. L'infortuné duc fut battu et pris, en 1106, à la bataille de Tinchebray. Le comte y commandait l'arriêro-garde, et fut obligé de prendre la fuite. Henri feignit de l'épargner, parce qu'il avait besoin de le ménager ; mais, ayant trouvé moyen de s'emparer de sa personne, il le confina dans la prison de Verliam en Angleterre, où il mourut misérablement. — Guillaume III. Il Ait surnommé Talvas, comme plusieurs de ses prédécesseurs. Fils de Robert II, et à ce titre comte d'Alençon, il devint comte de Pontliieu du chef de sa mère. Henri avait disposé de ces possessions; mais, aidé par Foulques, comte d'Anjou, Guillaume y rentra en 1118, et eut beaucoup à combattre pour s'y maintenir. Il se croisa, et partit pour la Palestine en 1147 avec son fils, qui mourut à Epbèse. Fondateur de plusieurs monastères, le comte d'Alençon mourut le 89 juin 1178.— Jean 1". LMrf de vérifier les dales prétend que ce prince fut le premier seigneur d'Alençon qui ait pris le titre de comte dans des actes non contestés. Toutefois ses prédécesseurs sont appelés comtes par tous les historiens, et il est diAicile de leur contester ce titre. Jean prit le parti des fils de Henri II, son souverain, et attira ainsi la guerre sur ses États, que toutefois il conserva. 11 mourut le 84 février 1191. Son frère lui succéda. — Robert III. 11 se issi et suivit Richard Cœur-de-Lion en Pae, où il resta quelque temps encore après le départ de son souverain. De retour i Alcnçon, et indigné de la conduite de Jean-sans-Terre, il se soumit à Philippe-Auguste, auquel il remit sa principale place. Mort vers 1818, il laissa pour successeur un fils posthume ( Robert IV ) , qui ne vécut que deux ans. •>ous n'avons pu donner de détails sur Jean II, ni sur Guillaume IV, parce que ces princes vécurent trop peu pour attacher leur nom à Bucun événement remarquable.— Robert IV étant mort dans l'enfance, la branche des Montgommery d'Alençon se trouva éteinte. Philippe-Auguste réunit ù la couronne de France le comte d'Alençon, en 1919. La maison royale de France fournit à Alençon seize seigneurs, y compris deux reines qui portèrent le titre de duchesses de ce domaine.— Louis IX donna Alençon pour apanage à son cinquième fils. La commence la brandie des Valois d'Alençon.— Pierre 1". Il avait accompagné en Afrique son père, qui mourut au siège de Tunis. De retour de cette funeste expédition, il passa en Italie pour venger les Français victimes des Vêpres siciliennes. Blessé gravement dans un combat, il alla mourir à Salerne, en 1282. Ce prince étant mort sans enfants, le comté d'Alençon retourna à Philippe le Hardi, son frère, qui en disposa en faveur de son troisième fils, au mois de mars 1284. — Charles 1*'. Il eut presque toujours les armes à la main, et combattit vaillamment en Catalogne, en Flandre, en Guienne, et dans le royaume de Naples. Cette dernière expédition Ait la moins heureuse. 11 avait eu une grande part à la proscription des Templiers et à lésinai juridùii
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qu'il fit réliabiliter pour tacher de calmer les remords
de sa conscience. Sa mort eut lieu le 1 6 décembre 1 388. (C'est à tort que dans la l'« édition de la BiographU universelle, t. 1, p. 489, on fait mourir ce prince en 1415, à la bataille d'Azincourt. ) — Charles II. 11 fut d'abord investi du comté d'Alençon, quo son père lui retira ensuite pour lui donner celui de Chartres ; mais enfin, par les partages de 1S88, Il lui rendit le comté d'Alençon avec une partie du Perche. Charles 1 1 de Valois était fils de Charles 1". Pendant les guerres sanglantes qui eurent lieu entre Philippe de Valois, son frère aîné, et le roi d'Angleterre, Charles montra beaucoup de bravoure et d'habileté. Il mourut 1rs anues à la main, le 88 août 1540, à la bataille de Crécy. Ce fut en sa faveur que, vers 1588, le comté d'Alençon Ait érigé en pairie. — Charles III. A peine âgé de neuf ans lorsqu'il perdit son père, il Ait par la suite profondément affligé des malheurs de la France : il se décida, en 1559, a prendre l'habit monacal, fut sacré arelievèque de Lyon le 13 juillet 1565, et mourut dix ans après. Il eut pour successeur son frère Pierre de Valois. — Pierre III. .Avant d'être devenu comte d'Alençon en 1507, il se rendit en Angleterre pour servir d'otage au roi Jean, dans le courant de 1560. De retour en France seulement en 1560, Pierre combattit, en 1578, sous les ordres de Duguesclin, et contribua avec ce grand capitaine à la défaite des Anglais en Bretagne. Le Gris et Jean de Carrouges, ses chambellans, sont fameux par le duel célèbre du 89 décembre 1580. Pierre mourut le 80 septembre 1404. — Jean III. Né en 1585, il prit lo titre de duc à l'époque de l'érection d'Alençon en duelié-pairie, le 1" janvier 1414. Pendant les sanglants débats entre la faction d'Orléans et celle de Bourgogne, il prit parti |>our la première, et finit par périr à la bataille si désastreuse d'Azincourt, le 25 octobre 1415, en combattant comme Charles [•*, et succombant sous les mêmes destins. — Jean IV (appelé mal à propos Jean 1 1 dans la 1" édition de la Biographie ) , naquit à Argentan, le 2 mars 1409, et succéda a son père en 1415. Le roi d'Angleterre, descendu on Normandie le 14 aortt 1417, lui enleva Alençon le 99 octobre suivant. Fait prisonnier à la bataille de Vcrneuil, le 17 aoât 1484, il fut renfermé au Crotoy, et n'obtint à force d'or sa liberté que le 21 mai 1489. 11 assista a la première entrevue que Jeanne d'Are eut avec le roi, et il eut l'honneur de combattre plus d'une fois à cùté de cette héroïne. Sous les ordres du duc, et grâce aux inspirations de l'intrépide amazone, les Français conduisirent Charles VII a Reims, où il Ait sacré. Jean y représenta le duc de Bourgogne, premier pair, et, après le couronnement, servit le roi à table. Les Anglais, battus sur tous les jioints, Airent bientôt chassés de la Normandie. Alors le duc d'Alençon rentra dans ses domaines. On le voit figurer comme témoin, en 1 456, dans la révision du procès de la Pucelle, à laquelle il rendit les plus honorables hommages. Le point le plus délicat de l'histoire de Jean IV est l'affaire dans laquelle il se trouva impliqué comme conspirateur en faveur de l'Angleterre contre le i son i tarent son ami et son
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Quelques historiens ont douté de la réalité de cette conspiration, dont ou ne trouve aucunes traces dans les recueils d'actes publics, tels que la grande Collection de Rymer, le Catalogue des rôtet français, normands et gascons, les pièces recueillies par Bréquigny et par le Noir. La persécution de la cour ne signifie rien contre lui, et ses aveux, arrachés par des promesses fallacieuses, navaient pour objet que de faire tomber ses fers. D'ailleurs le roi d'Angleterre, Henri VI, monarque pusillanime et indifférent aux événements, n'élait guère propre à fomenter chez ses voisins une conspiration difficile à conduire. Quoi qu'il en soit, le duc fut arrêté en 14*16, et condamné à mort le 10 octobre 1458. Ce jugement rigoureux fut généralement blâmé. Le roi commua la peine en un emprisonnement |>erpétuel. Jean fut conduit au cliâteau de Loches, et y reste jusqu'à l'avénement de Louis XI, qui lui rendit la liberté. A son retour d'un pèlerinage à St-Jacqucs de Compostelle, Jean, excité à la vengeance, et par ses propres ressentiments , et |>ar les intrigues de quelques moines, conspira celte fois en faveur d'Edouard, roi d'Angleterre. Louis XI le lit arrêter le 8 mai 1470, cl reconduire à Loches, puis livrer à une commission qui le condamna encore à la peine de mort le 1 4 juillet 1 471 . La peine fut encore commuée, et le duc, mis en prison, y mourut en 1476. Ce prince avait fait quelques vers que l'on trouve dans le manuscrit des poésies de Charles, duc d'Orléans. (C'est à tort que, dans la 1 "édition de la Biographie universelle, 1. 1 , p. 489, on date le second procès du duc d'Alençon de 1474, et le premier de 1458; et qu'on assure qu'il avait recouvré sa liberté en 1475 : il n'en avait eu que la promesse. ) — Re\è. Fils du précédent, il fut d'abord en grande faveur auprès de Louis XI, qui l'appelait son mignon, mais qui ne put le retenir à sa cour. Ce qui s'y passait ne pouvait guère rassurer un prince aussi timide que l'était René. Il allait se retirer auprès du duc de Rrctagnc, lorsqu'il fut arrêté en 1481, et conduit au château de Chinou, où on l'enferma dans une cage de fer pendant trois mois. Jugé [mi des commissaires réunis au parlement, et sans égard aux prérogatives de la pairie, l'infortuné René, qui n'élait coupable que de quelques propos légers, mais innocents, et d'une tentative d'évasion, fut condamné à mort le 22 mare 1482, comme simple comte du Perche. L'arrêt ne îut pas mis a exécution; mais René ne recouvra sa liberté qu'à la mort de Louis XI. Charles Mil lui rendit justice entière, et lui restitua ses biens, ses dignités cl ses droits d'apanage et de pairie. Après avoir sagement administré ses biens, le bon René mourut à Alençon, le 1" novembre 1492, à l'âge de 52 ans. Sa femme, Marguerite de Lorraine, fit plusieurs fondations pieuses, et mourut rcligiease de Sté-Clairc à Argenten, le !•» novembre 1521, après avoir réformé la coutume du Perche. Plusieurs auteurs ont écrit la vie de cette princesse. — Charles IV. Né à Alençon le 2 septembre 1489, il était lils de René et de Marguerite, qui lui fit épouser l'illustre Marguerite de Valois. Cliarles fit ses premières armes en Italie , où il accompagna Louis XII en r507 ; il y retourna
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en 1500, et combattit vaillamment à la bataille d'Agnadel, où les Vénitiens furent battus. Beau-frère de François 1", il représenta au couronnement de ce monarque le duc de Bourgogne, et fut nommé premier prince du sang, puis gouverneur delà Normandie, de la Bretagne et de la Champagne. 11 retourna une troisième fois en Italie, et se trouva, en 1515, à la bataille de Marignan Dans la campagne des Pays-Bas, il obtint le commandement de Pavantgarde, qui revenait au duc de Bourbon , et cette injustice fut une des principales causes de la trahison du connétable. Jusque-là, Charles avait élé sans reproches : il n'en fut pas de même à la désastreuse bataille de Pavie, où, chargé de commander Parriêregarde, il négligea ses devoirs, et prit la fuite, le 24 février 1525, pour sauver, pendant qu'il en était temps encore, les débris de l'armée qui, plus tord, eût trouvé toute retraite fermée à travers les Alpes. Poursuivi jwr les plus outrageants reproches, accablé des dédains de sa propre femme, il mourut de chagrin à Lyon le 11 avril 1524. Comme ce prince n'avait pas laissé d'enfants, le duché d'Alençon devait être réuni à la couronne ; il ne le fut lias encore : le roi en laissa la jouissance à sa snw bienaiméc. ( Voy. Marguerite de Valois.) A la mort de cette princesse, la réunion du duché d'Alençon fut prononcée en 15-19. — Catherine de Médicis fut duchesse d'Alençon de 1559 à 1566. Le 8 février de cette année, Charles IX composa l'apanage de son plus jeune frère (François) du duché d'Alençon et du comté du Perche. Ce prince, plus connu sous le litre de duc d'Anjou ( voy. Anjou), naquit le 18 mars 4554, cl à sa confirmation changea son nom d'Hercule en celui de François. Il prit possession d'Alençon le 9 juin 4570. Après le massacre delà St-Bartliélcmy, François, qui témoigna son mécontentement de celte horrible mesure, quitta la cour le 45 septembre 1575, et se retira à Alençon, où il fut bientôt joint par le roi de Navarre (Henri IV). Au mois de mai 1577, François retourna à la cour, où les désagréments qu'il éprouva le déterminèrent à l'abandonner de nouveau pour reprendre secrètement ta route d'Alençon, en février 1578. Il mourut le 40 juin 1584, non pas i 29 ans, mais à 50 ans et prés de 3 mois. — Le duclié d'Alençon fut de nouveau réuni à la couronne par déclaration du 9 août 4584. — Marie de Médicis. Henri IV avait vendu à titre d'engagement le duché d'Alençon en 1605 au duc de Wurtemberg, qui le posséda jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1608, et le transmit à son fils, qui en jouit jusqu'en octobre 1612. Marie de Médicis ayant remboursé ce qui était dù à ce duc, obtint la jouissance de cet apanage par lettres patentes du mois de septembre 1612. — Lorsque Louis XIV partagea avec son frère, Gaston d'Orléans, la succession de Marie de Médicis, Gaston eut dans sa part le duclié d'Alençon en 1646. En 1660, à la mort de ce prince, sa femme, Marguerite de Lorraine, jouit en douaire du duché d'Alençon, qui passa en 4667 à sa seconde femme, Elisabeth d'Orléans, connue d'abord sous le nom de mademoiselle d'Alençon. Née le 25 décembre 1646,
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elle épousa, le 4 5 mai 1667, Louis-Joseph de Lorraine, duc de Guise. Ce fut à cause de ce mariage que Louis XIV donna à cette princesse le duché d'Alençon : ce qui fut conlirmé par lettres patentes du mois de novembre 1667. Le duc de Guise mourut le 30 juillet 4674, laissant un fils (François- Joseph, duc d'Alençon), né le 28 août 4670, et qui mourut le 46 mars 1675. — La veuve du duc de Guise se rendit, le 11 septembre 1676, à Alençon, où clic se décida à passer une partie de l'année. Elle mourut à Versailles le 17 mars 1096. Le duché d'Alençon fut encore réuni au domaine royal. — Au mois de mai 4710, Louis XIV en lit le chef de l'apanage de son petit -fils, Charles, duc de Berry, qui mourut le 4 mai 1714, et qui était né le 31 août 4686. C'est le Charles V du duché d'Alençon. — Son fils Charles de Berry, né à Versailles le 26 mars 4713, mourut au bout de quelques jours, le
16 avril de la même année. Il avait reçu le titre de duc d'Alençon. — Les domaines qui avaient formé l'apanage du duc de Berry furent réunis à la couronne par édit d'août 1714. — Le dernier duc d'Alençon fut Louis-Stanislas-Xavier, alors Monsieur, né le
17 novembre 1755, mort roi de France le 16 septembre 1824. Louis XVI lui avait donné en supplément d'apanage, au mois de décembre 1774, le duché d'Alençon, à l'exception du comté de Montgommery et de quelques autres parties peu considérables de cette ancienne seigneurie. D— B-s.
ALENÇON (.....»'), était fils d'un huissier au parlement de Paris, et avait été reçu dans la même charge; mais il la faisait exercer. Il était bossu, et dévoré de la passion de passer pour homme d'esprit , quoiqu'il n'en eût que médiocrement ; aussi l'abbé de Pons , autre bossu , disait de lui, avec une espèce d'indignation : « Cet animal-là « déshonore le corps des bossus. » D'Alençon est auteur de deux comédies jouées au théâtre italien : la Vengeance comique, en 4718, et le Mariage par lettres de change, en 1720. Elles ne sont pas imprimées. 11 a donné une édition des Œuvres de lirueys et Paiapral, 5 vol. in-12. Il avait recueilli les Œuvres de Rivière Dufresny, imprimées en 1747, 6 vol. in- 12, et les pièces fugitives de l'abbé Pons, qui furent publiées, en 1738, sous le utre de Œuvres de labbé de Pons , avec son éloge , par Melon. D'Alençon est mort au mois d'août 1744. A. B— T.
ALENIO (le P. Jules), missionnaire, naquit à Brescia, en 1 582. A dix-huit ans, il embrassa la régie de Si- Ignace; et, après avoir achevé ses cours de philosophie cl de théologie, il fui envoyé par ses supérieurs à la mission de la Chine. Débarqué, en 1610, à Macao, il y professa les mathématiques en attendant une occasion favorable pour passer en Chine. Ce ne fut que trois ans après qu'il parvint à pénétrer dans cet empire, dont l'entrée était alors sévèrement interdite aux étrangers; et dès lors il se consacra tout entier aux fonctions jiéniblcs et dangereuses de l'apostolat, avec un zèle qui fut couronné de succès. Le premier, il prêcha l'évangile dans la province de Xan-si ; celle de Fo-kien lui dut un grand nombre d'églises. Enfin, après avoir
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employé trente-six ans à projiager et à maintenir la foi catliolique dans cet empire, il mourut au mois d'août 1649, à l'âge de 67 ans. On a du P. Alcnio plusieurs ouvrages, tous écrits en chinois , et par celte raison peu connus en Euro|>e, même des curieux. Les principaux sont : une Vie de Jésus-Christ, ornée de planches en bois copiées sur celles dont Wieri.x, excellent graveur, a décoré le bel et rare ouvrage du P. Jérôme Natali [voy. ce nom); le Dialogue entre ràme et le corps , par St. Bernard , trad . en vers chinois ; un grand traité de cosmographie [Theairum orbis), dont on conservait un exemplaire en 2 vol. in-fol. dans la bibliothèque des jésuites à Rome; les vies de plusieurs missionnaires, entre autres celle du P. Matth. Ricci, fondateur de la mission de la Chine. ( Voy. Ricci.) On peut consulter pour quelque détail la Bibl. soc. Jesu du P. Southwel, p. 529-30. W-s.
ALEOTTI (Jean-Baptiste), né dans l'Etat aa Ferrare, d'une famille pauvre, fut mis en apprentissage chez un maître maçon, s'y distingua par se* dispositions pour l'architeclure, étudia les matltnmatiques, cultiva les belles-lettres, et finit par être en état d'écrire sur ces madères. Il publia quelques ouvrages à l'occasion des inondations qui ravagcreiK les États de Bologne, de la Romagnc et de Ferrare, vers le commencement du 17" siècle, et il proposa des moyens d'arrêter ces dévastations. Le pape Clément VII le cliargea de construire la citadelle de Ferrare, et l'on voit à Mantoue, Modéne, Parme et Venise, plusieurs monuments exécutés sur ses dessins. Aleotti mourut en 1630. C — N.
ALER (Paul), jésuite, né en 1656, à St-Guy, dans le Luxembourg, fit ses études à Cologne, et entra, en 1676, dans l'ordre de St- Ignace. 11 fut professeur de philosophie, de théologie et de belleslettres dans la même ville jusqu'en 1691. Appelé, en 1701, à l'université de Trêves, il y donna des cours de théologie, et fut nommé, en 1703, régent du gymnase. Ses supérieurs lui confièrent l'organisation et la direction des gymnases de Munster, d'Aachen, de Trêves et de Julicrs; il mourut en 1727, à Dueren, dans le duché de Juliers. Ses principaux écrits sont : 1° Tractatus de Artibus humanis, Trêves, 1717, in-4°. 2° Philosophiœ tripartUm pars 1, sivelogica. Cologne, 1710; pars 2, sive physica, 1715; pars 3, seu anima et metaphysica, 1724. 3° Gradus ad Parnassum. Cet ouvrage est resté le livre élémentaire dont se servent les écoliers qui étudient la poésie latine : il a eu un grand nombre d'éditions; ce n'est cependant qu'une nouvelle édition de celui qui parut en 1652 à Paris, sous le titre de : Epilhelorum et Synonymorum Thésaurus, attribué au P. Chatilton, jésuite, réimprimé plusieurs fois, avec le second titre de Gradus ad Parnassum, sous lequel le P. Alcr le publia, avec des corrodions, à Cologne, vers 1680. 4° Plusieurs tragédies launes: Joseph, Tobie, etc. G— t.
ALES (Alexandre), né à Edimbourg, le 27 avril 1500, d'une famille qui se prétendait de la race royale d'Ecosse, écrivit d'abord contre Luther ; mais, ayant voulu disputer contre Patrice HanùJtonpourle
ramener à la religion catholique, il se laissa lui-même ébranler sur sa propre croyance. H était chanoine de la métropole d'Edimbourg. Le prévôt, mécontent de la manière dont il censurait le clergé, le fit mettre en prison. Aies trouva le moyen d'en sortir, et il profita de sa liberté pour aller faire profession du luthéranisme en Allemagne (1532). Lorsque Henri VIII ae fut constitué en état de schisme, Aies revint à Londres en 1535, et y enseigna publiquement, tous la protection de l'archevêque Cranmer. La disgrâce de ce prélat l'obligea de retourner en Allemagne, et il devint professeur de théologie à Francforltur-l'Odcr en 1540. Cboqué ensuite de ce que les magistrats refusaient d'établir uno peine contre les fornicateurs, il se retira en 1542 à Leipsick, où il remplit les mêmes fonction* jusqu'à sa mort, arrivée le 17 mars 1565. Aies était grand ami de Mélanehthon; il assista avec lui. en 1354, aux conférences de Marbourg, où il s'agissait d'apaiser les querellée tliéoiogiqucs de la Prusse, et, l'année suivante, à celles de Naucmbourg, convoquées pour faire cesser les dissensions excitées par les disciples d'Osiandcr. L'électeur de Brandebourg l'avait député, en 1541, aux conforonccsdcWorms, où le cardinal Granvcllc, qui y préaidait pour Cliarles-Quint, ne voulut pas lui pcrmcllic de disputer. Aies a composé un grand nombre d'ouvrages qui tirent du bruit dans le tenq>s. Ce «ont des commentaires sur les Psaumes, sur l'Evangile de St. Jean, sur l'Épitre aux Romains; les deux à Timolhéc, celle A Tilc; des traités de controverse sur Jésus-Christ considéré comme unique médiateur, contro Osiandcr; sur la Trinité, contre Valenlin Gcnlilis ; sur la divinité de Jésus-Christ, contre Servet ; uno Hépoitsc aux trente-deux articles des docteurs do Louvain.etc— Un autre Ai.es {Jean), naquit à Oxford, en 1584 . d'abord calviniste , il se ht catholique, et fut regardé comme un bon théologien. Il composa plusieurs écrits remarquables par une aage tolérance, entre autres, un traité du schisme, et mourut en 1 656, a 72 ans. T — d.
A LES (Pierre— Alex ajîdrb o'), vicomte de Corbet, issu d'une ancienne famillo de Touraiiie, naquit le 18 avril 1715. A l'âge de dix-huit ans, il fut reçu dans les mousquetaires, et se trouva l'année suivante au siège de Keld ; il passa ensuite comme officier dans un régiment de la marine, où il resta jusqu'en 17 'il, époque à laquelle des infirmités le forcèrent à demander sa retraite. Les marécliaux de France le clioisirent pour leur lieutenant et juge du point d'honneur dans le Hlaisois, la Sologne et le Dunois. Des travaux littéraires et les soins de l'agriculture occupèrent ses loisirs. 11 embrassa avec quelque chaleur les doctrines des économistes. Un assez grand nombre d'écrits anonymes sont sortis de sa plume. Le principal a pour titre : de l'Origine du mal, ou Examen des principale* difficultés de Bayle sur cette matière, Paris, Ihicliesne, 1758, 2 vol. in-12. Ce traité n'est pas seulement une réfutation solide des doctrines de Bayle sur le mal physique et le mal moral, extraites de ses écrits; c'est aussi un bon résumé des différentes opinions émises sur ce sujet par les philosophes les plus distingués, tels que Ma-
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lebranebe, Leibnitz, etc., et même par quelques
écris ains que l'auteur ne place pas à une assez grande distance des premiers, tels que Crousaz, Leclerc, Jaque h etc. 11 venge la Providence des torts apparents don) on l'accuse, et rend à la liberté morale de l'homme toute la spontanéité d'action dont on voulait la dë|>ouiller. la méthode qu'il adopte n'est pas toujours bien suivie dans ses déductions, sa métaphysique est quelquefois enveloppée de nuages ; mais, au reste, on doit s'étonner qu'un livre aussi estimable n'ait pas conservé le succès qu'il parait avoir ob* tenu lors de sa publication. On attribue au vicomte d'Alés une Dissertation sur les antiquités d'Irlande, 1749, in-12, qui a paru sous le nom de Filt-Patrich. A ce sujet il est bon de faire connailre que la famille d'Alés se vantait de descendre d'une des plus illustres tribus de cette Ile. Aies de Corbet avait lu dans plusieurs séances de l'Académie d'Angers, dont il était membre, des mémoires sur l'origine de la noblesse d'armes; il les lit imprimer en 1750, Avignon, in-12, sous le titre de Recherches historiques sur l'ancienne gendarmerie française. Quoiqu'on pùl désirer que le sujet fût plus approfondi, ces recherches ne manquent pas d'intérêt et peuvent servir de supplément à l'histoire de la milice française. On attribue aussi à cet écrivain; 1 ° Hxamen des principes du gouvernement qu'a voulu établir fauteur des Observations sur le refus du Chàtelet de reconnaître la chambre rnyair (sans date), 1753, in-U, ¥ Nouvelles Observations sur les deux systèmes de la noblesse commerçante ou militaire, Amsterdam (Paris), 1758, in-12; 3* Origine de la noblesse française, Paris, Deeprez, 174i6, in-12. On ignore l'époque de la mort du vicomte d'Alés. — /ferre d'Alés, comte 4e Corbet, père du précédent, eut onze enfants dont trois seulement lui survécurent. Après la mort de sa femme, il embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu d'un canonicatau chapitre de la cathédrale de lUois. 11 engagea avec le célèbre généalogiste d'Hoxier une discussion relative à l'article que celui-ci avait consacré A sa famille dans r.4rmorùw" général. Un des écrits qu'il publia à ce sujet est intitulé : Mémoire critique sur un des plus considérables articles de l'Armoriai général de M, d'Uosier de Scrigny, 4756, in-12. La France littéraire de 1769 l'attribue par erreur au vicomte son fils.— Albs pe Corbet {Geneviève), depuis dame du Lude. Sa fille a fait paraître l'Abrégé de la vie de M. Lepellelitr, mort à Orléans en odeur de sainteté en 1756, Orléans, 1760, in-12. L. — M— x.
ALESIO (M atthieu-Pisrre), peintre et graveur, né à Rome, fut élève de Michel-Ange, et eut assez de génie pour bien saisir la manière de ce grand artiste. Jeune encore, il alla en Espagne pour y exercer ses talents : il commença par faire un grand nombre de dessins, dont il grava plusieurs A l'eauforte. S'étant fixé A Séville, U peignit A fresque, dans la cathédrale de cette ville, un St. Christophe, figure gigantesque, dont les jambes ont, dans leur plus grande largeur, plus de 4 pieds. Cette ligure excita l'admiration générale ; finie avec soin dans toutes ses parties, elle offre un très-grand ca-
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raotè*. »t le dessin an est d'un* rare correction. La carton «o Ait longtemps placé dan» la grande salle du palais de Sévillc. Quelques éloges qu'Alésio ait reçut pour ses ouvrages, et surtout pour cette (U gure, mi franchise et » modestie étaient telles, qu'il reconnaissait la supériorité du peintre espagnol Louis de Vargas, «on contenqiorain. Contamplaut un jour un tableau d'Adam el Eté, par cet artiste, il vanta surtout le raccourci d'une des jambes d'Adam, et dit que cette jambe seule valait mieux que tout un St. Christophe. Il Ht plus encore : malgré l'estime générale dont il jouissait, il prit le parti de retourner on Italie, parce que, disait-il, on n'avait pas besoin do ses Udeuto dans un i«y» qui avait donné le jour à un aussi grand inaitre que Louis de Vargas. Alesio mourut en 16Û0. D— t.
ALESSANDRI ( François ) , médecin, était fil» d'un praticien de Yeroeil, ou il naquit en 1520. Reçu docteur a l'université de Pavia, il acquit bientôt une grande réputation et fut nomme médecin du duc Emmanuel-Philibert de Savoie, qu'il accompagna dans ses campagnes de Flandre, ainsi que lo conseiller Hugues Michaud, dont il était l'ami. (Voy. Savoie.) On a de lut; i ' Birium virtutis, Papim, 4551. D'après l'avis de l'historien Ranra, cet ouvrage est écrit avec élégance, i° Apollo, onrnm conporitonm et timplieium normam sua fulgor* ita irradiant, ut tjvs meridùtna lueecmtenli mdiei et phumweopolm, omni librontm copia neglecla, umni Ut mque erroris nMi fugata. ad qumvis opéra facillimr H acringert ralentit', iib, \% , Fm#tii*,\m, in-fol.,et Franeofurti, 16*4. On a encore de cedootaur plusieurs poésies latines, et l'ouvrage suivant, dans la préface duquel l'auteur exprime sa gratitude envers le duc de Ëavoie, Emmanuel-Philibert: Pestis et pestilentium Febrium Traetalus, in- i", YtreêitU, 1578, et Taurini, 1586. Les bistoriens Tirabosebi, Gesnerus, Bovius et Orico ont fait de grands éloge* du médecin Alessandri, quo, suivant l'observation de Maauuchelli, il ne fout pas confondre avec le Florentin Alessandrini son contemporain. Un frère d'Alessandri passa au service du roi de France, eteut un commandement dans la marquisat de SaJuces.-"- Un autre frère fut aussi médecin et publia des poésies tous ce titre : Altmandri ex Alexan- Un* J'rimitim ai Franeiteum fralrm, ad ejui uput cujus tilulut Âpollo, Venetiis, 1565. G — o. V,
ALESSANDRI (Jbak Dtou). né à Florence le 8 septembre 1765, d'une famille patricienne, se livra dès sa jeunesse A la culture des beaux-arts. Las connaissance* qu'il y avait acquises fixèrent sur lui l'attention de Ferdinand Ht , grand-duc da Toscane, qui, en 1796, le nomma vice-président da l'Académie des beaux-art», emploi qu'il conserva sou» Louis 1", infant de l'arme, en faveur de qui la Toscane, d'après le traité de Lunéville, avait été érigée en royaume d'Etrurie. Aleesandri, qui dans des temps difficiles avait consacré une partie de sa fortune à la prospérité de l'Académie, lui donna un nouvel éclat en appelant dans son sein le peintre Benvenuli et la sculpteur Genova. Mais bientôt une autre carrière s'ouvrit pour lui : la Toscane ayant
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été réunie à la France en 1806, il fut décora de la Légion d'honneur et député au corps législatif par le département de l'Arno. Douze princes souverains, au m un desquels se trouvait Ferdinand III, alors grand-duc de Wurtzbourg, assistèrent 4 rouvertura de la session de 1809; dans celle do 1610, Alessandri coopéra à la rédaction du Code pénal, plus sévère que celui que le grand-duc Lcopold avait donne à sas États en 1766; mais les observations des députés de l'Italie à ce sujet restèrent sans effet. Après les événements de 1 6 U et le retour de Ferdinand III à Florence, Alessandri reprit, par ordre de ce prince, la direction de l'Académie des beaux-arts, et fut envoyé è Paris en 1815, en qualité de commissaire du grand-duc, pour réclamer les objets d'art dont les conquêtes des Français avaient enrichi les musées et les bibliothèques de cette capitale. La manière dont il s'acquitta de cette commission lui valut des éloges et des récompenses de la part de son souverain. U mourut à Florence, le 30 septembre 1848. On a de lui des discours pour les distributions do prix, insérés dans les Actes de l'Académie des beaux-arts de Florence. G— o — t.
ALESSANDRO ALESSANDRI ( Altxandcr ab Alexandre), jurisconsulte napolitain, «est rendu célèbre par son ouvrage intitulé : Oçnialium dierum libri e. H était de l'ancienne et noble famille des Alessandri de Naplea. Né vers l'an 1461. il étudia à Rome sous trois habiles maîtres , IV. phidelpbe, Nicolas Perotti et Caldcrino. 11 exerça d'abord à Naples la profession d'avocat ; mais il y renonça bien, tôt, dégoûté, disait-il, par l'iniquité des jugements, plu» que par les difficultés de la science des lois. Il se livra entièrement aux lettres, surtout à la philologie et à l'étude de l'antiquité. Rayle s'est trompé dan» son Dictionnaire critique, en disant qu'il avait été protonotaire apostolique. Il allègue l'autorité de Paneirole, dans son traité de Claris legum interprelibus} mais Paneirole dit qu'Alexandre fut protonotaire royal, et non pas apostolique. On ignore l'époque de sa naissance, et l'on a beaucoup varié sur celle de ta mort. Le savant Apostolo Zeno l'a fixée, d'après un renseignement positif, au 2 octobre 1525. (Voy, Disserta*. Vossiane, t. 3, p. 186.) Alexandre mourut à Rome, A l'âge de 62 ans. 11 était alors abbé commandalaire de l'abbaye de Carbonne, da l'ordre de St-Basila, située dans cette partie de l'ancienne Lucanie qu'on nomme la Ilasilicate. Son livre Genialium dierum est un ouvrage dVirudition et de philologie, fait sur le modèle dés Nuits attiques d'Aulu-Gelle, des Saturnales de Macrobe, du Poiicmticus de Jean de Salisbury, etc. On a beaucoup loué l'érudition dont ce livre est rempli, et l'on s'est -moqué, avec raison, des preuves de crédulité que l'auteur y donne en parlant des sortilèges, des apparitions d'esprits, et de l'explication des songes. Tiraboschi se tient, à son ordinaire, dan* un sage milieu entre la louange et le blâme, en parlant de cet ouvrage singulier, « On peut le com- « parer, dit-il, à un grand magasin où I on trouva « des marclundises de toute espèce ; parmi la con- « fusion el le désordre qui y régnant, et au milieu
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a de beaucoup d'objets feux, douteux ou supposés, « on en trouve aussi de très-précieux ; mais il faut « une main habile et expérimentée pour les choisir, « les repolir, et en foire un bon usage, p La première édition parut à Home, en 1522, in-fol., sous ce titre : AUxandri de Alexandro dirt Géniales. André Tiraqucau en donna un docte commentaire, intitulé Semeslria, qui fut imprimé, pour la première fois, à Lyon, en 1586, in-fol. Christophe Colerus et Denis Gotefrid, ou Godefroy, y ont fait aussi de savantes notes. Elles furent imprimées, avec le commentaire de Tiraqueau, à Francfort, en 1594, aussi in-fol. On estime l'édition de Paris, 1582; mais la meilleure de toutes est celle de Leyde, 1673, 2 vol. m-8°, où l'on a réuni les trois commentaires cidessus, et quelques autres. Alexandre, avant ce livre, en avait publié un autre à Rome. in-4s, intitulé : Alexandri J. C. Navolitani Dissertât ione s quatuor de rébus mimirandis, etc., sans date et sans nom d'imprimeur. Le reste du titre annonce qu'il y parle des choses admirables arrivées dernièrement en Italie, des songes qui se sont vériliés, d'après les rapports d'hommes dignes de foi, de Junian Mains, grand interprèle des songes, des démons qui ont trom]>é les hommes par de fausses apparitions, de quelques maisons de Home regardées comme infimes, parce qu'il y revient souvent des esprits et des fantômes, que l'auteur lui-même a vus presque toutes les nuits. Ce premier ouvrage, dont on peut juger sur ce seul titre, a été entièrement fondu dans le second. Le livre Genialium dierum n'est point du tout rare, mais les quatre dissertations le sont beaucoup, parce qu'elles n'ont jamais été réimprimées à part, et elles ne méritent d'être rcchercltées que pour leur rareté. G— É.
ALESSI (Galbas), architecte, né à Pérousc, en 1500, suivit le style de Michel-Ange, qu'il sut heureusement imiter. Depuis longtemps célèbre en Italie, il fut appelé à Gênes, en 1552, pour y élever l'église de Ste-Maric de Carignan, qui passe pour un des plus beaux morceaux d'architecture de cette ville. Vasari, dans la Vie de Léon Léoni, parle de plusieurs ouvrages importants d'Alessi. Cyprien Pallavicini, archevêque de Gênes, lui fit construire la coupole de la cathédrale, et ordonna que le chœur frtt refait à neuf, sur ses dessins. On doit a Alessi le palais Grimaldi et le palais Pallavicini, dans la même ville. 11 bâtit aussi, à St-Picrre d'Aréna, le palais impérial. On a gravé à Anvers, en 1665, quelques-uns des monuments élevés par Alessi, et dont Kubens lui-même avait fait les dessins. Cet architecte mourut à Pérousc, en 1572; on trouve des détails exacts sur ses ouvrages dans la Fia des Peintres, des Sculpteurs et des Architectes modernes, de Léon Pascoli, Rome, 1730, 1736, 2 vol. in-4°. A— D.
ALESS10, dit Mahchis, né à Naples en 1700, étudia la peinture, et s'attacha particulièrement à composer des paysages. La galerie de Weymar possède plusieurs de ses tableaux : on en voit aussi dans les galeries de Naples et de Florence. Les ouvrages de ce maître manquent au musée royal. Il imita beaucoup Tempcsta, et prit de lui sa ina-
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nier* piquante d'éclairer les objets : il est resté cependant inférieur à ce peintre. Alessio mourut vert 1740, après avoir travaillé à Rome quelques années. Il faut prendre garde de confondre les compositions d'AIessio avec celles de Zuccherclli qui, dans son premier style, eut beaucoup de celui d'AIessio ; mais alors Zuccherclli n'était pas dans la force de son talent. A— d.
ALEXANDER (Joh>), jeune écrivain anglais doué de beaucoup d'esprit et riche d'instruction, mourut en 4765, à l'âge de 30 ans; il exerça le ministère évangélique parmi les non-conformistes. L'ouvrage périodique intitulé the Library (la Bibliothèque) contient plusieurs morceaux de sa composition dans lesquels on trouve d'ingénieuses satires, entre autres une apologie ironique de la persécution , des essais sur la sottise, sur le sens commun, la misanthropie, l'étude de l'homme, l'inconduite des parents, le moderne métier d'auteur, le sort des écrits périodiques. On a publié après sa mort sa Paraphrase, avec des observations, du 15e chapitre de la première Épltre aux Corinthiens ; et un Commentaire sur le 6», le 7* et le 8* chapitre de PÉpItre aux Romains, Londres, 1766, in-4°.— Son frère, Ilenjamin \i i \ \nder, médecin, mort en 1768, a traduit en anglais l'ouvrage de Morgagni, de Scdibus et Causis morborum, Londres, 1769, 3 vol. in-4°. L.
ALEXANDRA, tille d'Hyrcan II, épousa Alexandre, fils d'Arislobule II, son cousin, dont elle eut deux enfants, Aristobule et Mariamne. Après la mort d'Antigone, son beau-frère, elle força Hérode, qui avait épousé sa fille, à faire grand prêtre Aristobule, son fils, qui n'avait que dix-sept ans. Ne bornant pas là son ambition, elle voulut le faire reconnaître roi, et elle s'adressa, dans ce dessein, à Cléopâtre, reine d'Egypte; Hérode, en ayant été averti, fit périr Aristobule, qui était le dentier rejeton de la race des Asmonéens. Alexandre se conduisit de la manière la plus lâche lorsqu' Hérode fit mourir Mariamne, $o4ille : elle l'accabla de reproches, dans l'espérance d'échapper par là aux soupçons du tyran ; peu de temps après, elle essaya de se feire livrer les deux châteaux de Jérusalem pour se rendre maîtresse du gouvernement, et Hérode, en ayant été instruit, la fit mourir, l'an 29 avant J.-C. C — h.
ALEXANDRA, femme d'Alexandre Jannéc. Voyez Alexandre Jaw\ée.
ALEXANDRE, fils d'Amyntas, roi de Macédoine, que sa magnificence fit surnommer le Riche, tua, du vivant de son père, des envoyés persans qui s'étaient |>ermis d'insulter sa mère et ses sœurs. Étant monté sur le trône, l'an 504 avant J.-C., il se présenta aux jeux olympiques pour concourir à la course des chars ; comme les Grecs pouvaient seuls y être admis, on lui fit quelques difficultés, mais il prouva qu'il était Grec et originaire d'Argos. Il suivit Xercès dans son expédition contre la Grèce. Ce prince étant retourné en Asie après la bataille de Sa lamine, Mardonius, qu'il avait laissé en Europe, envoya Alexandre aux Athéniens, pour les détacher des autres Grecs, en leur faisant les offres les plus avantageuses ; ;mais les Athéniens se refusèrent à cet.
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propositions . Toujours attaché aux Grecs, Alexandre I eut soin, la veille de la bataille de Platée, d'avertir Pausanias qu'il serait attaqué le lendemain. Devenu tres-riche par la libéralité du roi de l'erse, il envoya 4 Delphes et à Olympie plusieurs statues d'or. 11 attira à sa cour Pindare, le |>oête lyricjue. ainsi que les musiciens les plus célèbres de son temps. 11 mourut vers l'an 468 avant J.-C., et eut pour successeur Perdiccas, son fils. C. — b.
ALEXANDRE II, fils d'Amyntas II, monta sur le trône de Macédoine Tan 367 avant J.-C. Étant passé dans la ThessaUe, à l'invitation des Alcnades, qui voulaient renverser Alexandre, tyran de Pliérés, il reprit Larisse et Cronon, où il mit garnison pour son compte. Rappelé dans la Macédoine, par la révolte de Ptolémée Alorites, il perdit bientôt ces deux places, qui lui furent enlevées par Pélopidas; et il se vit même obligé d'appeler ce général à son secours. Pélopidas fit rentrer les rebelles dans le devoir, et contracta une alliance avec Alexandre, qui lui donna en otage Philippe son frère. Peu de temps après son départ, Alexandre fut assassiné, au milieu d'une fête, par Ptolémée Alorites, à l'instigation d'Eurydice, sa propre mère, dont ce Ptolémée était l'amant. Il ne régna qu'un an. C— H.
ALEXANDRE, tyran de Phérés, était lils de Polydore, que les Thessalicns avaient choisi pour chef, conjointement avec son frère Polyphron. Ce dernier ayant assassiné Polydore [tour gouverner seul, Alexandre, sous prétexte de venger la mort de son père, tua lui-même Polyphron, s'empara de l'autorité, l'an 368 avant J.-C., et chcrclia bientôt à subjuguer toutes les villes de la Thessalie. Magnifique dans ses dons, terrible dans ses vengeances, d'un caractère très-belliqueux, il se fit, de tous les hommes pervers, d'avides et zélés partisans. Les dépouilles des citoyens furent le partage de ses soldats. Les Thessaliens, accablés d'un tel joug, eurent d'abord recours à Alexandre II, roi de Macédoine, et ensuite aux Thébains, qui leur envoyèrent Pélopidas avec une armée. Le tyran fut réduit à venir embrasser les genoux de Pélopidas, dont les reproches l'alarmèrent : il s'évada avec ses gardes, et rassembla une armée. Ce fut alors que le général thebain eut l'imprudence de venir , pour traiter avec lui, sans escorte et sans armes. Le tyran, le voyant ainsi sans défense, le fit plonger dans un cachot, et ne le remit en liberté que lorsqu'Epaminondas, à la tête d'une nouvelle armée, vint le menacer de la vengeance des Thébains. II recommença à négocier, et on lui accorda une trêve, à condition qu'il n'entreprendrait plus rien contre la liberté des peuples; mais à peine les Thébains furent-ils éloignés, que le tyran reprit les armes, et renouvela ses violences et ses cruautés. Il entre dans Scotusse, ville de lu Thessalie, convoque une assemblée générale des citoyens, et, les ayant fait entourer [Kir ses trotqtcs, les fait tous massacrer. La ville de Mélibée éprouva le même sort. Pélopidas, rappelé par les cris d'une nation au désespoir, arrive avec 7,000 hommes, et marche contre Alexandre, qui lui en oppose 20,000 ; malgré cette inégalité de forces, Pélopidas obtint
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plusieurs avantages, et défit complètement le tyran dans la plaine de Cynocéphale ; mais il périt luimême au milieu de sa victoire. Alexandre, affaibli et Vaincu, fut obligé de rendre toutes les places, et s'engagea par serment à ne phis prendre les armes contre les Thébains, qui ne lui Arcnt que la seule ville de Phérès. N'osant p' • « euerre sur terre, il se livra a la pire '<*» vaisseaux pour ravager les Cyclade* , niens près de Pé|»aretos, et eut l'audace u le Pirée. Devenu odieux même à sa famille, assassiné par ses beaux-frères, que sa femme Thébé introduisit, pendant la nuit, dans la chambre où il était couché et endormi. Quoiqu'elle lui eut ôté son épée, ses frères hésitaient de frapper ; mais elle les menaça de l'éveiller, et de lui tout dévoiler : ils regorgèrent, l'an 357 avant J.-C. Ce monstre se plaisait a faire enterrer des hommes vivants, et à lâcher des chiens affamés sur des malheureux couverts de peaux d'ours et de sangliers. Il conservait avec vénération la lance avec laquelle il avait tué son oncle Polyphron, et lui offrait des sacrifices comme à une divinité. Un jour qu'il assistait à une représentation de la tragédie des Troyennrt d'Euripide, il quitta brusquement le théâtre ; et, comme on lui en demandait la raison : « Je serais honteux, dit-il, si l'on me « voyait pleurer sur les malheurs d'Andromaque et « d'Héeubc, moi qui n'ai jamais eu pitié de périt sonne. » K.
ALEXANDRE le Grand, fils de Philippe, naquit à Pella, le 6 du mois hécatombœon de la 1 " année de la 106' olympiade (le 20 septembre 356 avant J.-C), la nuit même que fut consumé le temple de Diane a Ephèse. Il descendait d'Hercule par son père (1 ) ;etsa mère, Olympias, fille de Néoptoléme, roi d'Épire, était delà race des JEacides. Né avec les dispositions les plus heureuses, dés son enfance il annonça un grand caractère. Lesamt»ssadeurs du roi de Perse étant venus a la cour de Philip|ie, loin «le les questionner sur des frivolités, comme on devait l'attendre d'un enfant, il s'informa de ce qui concernait l'administration de ce royaume, de sa io|x>graphic, de ses forces, du caractère «lu prince régnant ; et , ce qu'il y a de plus remar«|uable , du nombre des journées de marche de la Macédoine à Suze (2). Comme on le pressait un jour d'entrer en lice pour disputer le prix de la course aux jeux olympiques : « Oui, répondit-il, si a j'ai des rois pour concurrents. » Les victoires de Philippe l'attristaient, a Mon père, disait- il aux « enfants de son âge , ne me laissera donc rien à « faire? » De pareilles dispositions avaient besoiu
(1) Comme tous les iiriiirw de Macédoine jusqu'alors, la I de» torankJes, qui s'éteignit «Uns les miles avec les deux Bis d'Ale\anrtre, se disait heracllde; mais rien de moins démontré que celte origine. Vil. t,
(«) Ce Ut s'il est vrai (ce que nous peusons). ne prouve qu'une idée de la conquête de l'empire médo-perse par les
chose, c'est que l'i
Grecs devenait populaire. L'expédition de Clrarque, en du jetuic Cyrus, en avait donne l'idée; le» campagnes d'Agesilas avalent semble en entamer la réalisation ; l'IUusire Jasun de Pberes y pensait (rer». son article); et personne n'Ignore que Philippe s'y disposait lorsqu'il fui assassiné. C'est ainsi qu'en 1811. les enfanu même ne partaient que de guerre de Russie, demandaient eorablca d'étapes de Moscou a Pétersbourf. ft
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