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grandes qualités lui avaient d'abord acquis, s'était refroidi dans ses dernières années, et la longueur de son règne semblait avoir fatigué la patience de Constantinople. Il mourut, fan 1418, de la goutte qu'un froid très-vif fit remonter dans la poitrine. A ses derniers moments, l'impératrice et sa fille Anne Comnène le sollicitèrent vivement d'exclure du trône son fils Jean Comnène, et de mettre la couronne sur la tète de Bryenne, mari d'Anne; il le refusa constamment. Son règne avait duré 37 ans. Les historiens qui ont parlé de ce prince l'ont peint sous des couleurs bien différentes; sa iillc, Anne Comnène, qui a écrit sa vie, divisée en 15 livres, cherche à justifier toute sa conduite : il est certain néanmoins qu'il eut trop souvent recours aux artifices d'une politique insidieuse; mais la faiblesse de ses Etats et la difficulté des circonstances dans lesquelles il se trouva peuvent servir à justifier cette conduite tortueuse. Les histoires de Zonare et de Glycas finissent au régne de ce prince. L — S — e.
ALEXIS II (Comnène), empereur de Constantinople, naquit dans cette ville en 1168; il était fils de Manuel Comnène et de Marie, fille de Ilaimond, prince d'Antioche. Cette princesse, qui avait pris dans un couvent le nom de Xéna, se fit proclamer régente a la mort de Manuel, et se disposa à gouverner l'empire sous le nom du jeune Alexis, qui se trouvait alors dans sa douzième année. Ce prince annonçait un caractère sans énergie, et les ambitieux qui remplirent de troubles les courts moments de son apparition sur le trône eurent soin de l'abrutir, en l'excitant au vice et a l'indolence. L'impératrice mère partagea bientôt l'autorité avec la protosebaste Alexis, son amant ; mais il se forma des partis contre la régente et contre le favori ; tous s'appuyaient du nom du jeune empereur. Marie, sa sœur, femme de César Jean, excita un grand tbmulte dans Constantinople; Andronic Comnène profita de ces désordres pour s'ouvrir un chemin au trône; il s'avança vers la capitale, y fut rc^u comme un dieu tutélaire, s'empara de l'autorité, et cependant fit couronner solennellement le jeune Alexis, auquel il ne laissa que la liberté de chasser, et de se livrer à tous les excès. Le malheureux enfant vil périr successivement tous ceux qui lui étaient attachés, et enfin sa Sœur et sa mère, dont il fut contraint de signer l'arrêt. C'était un crime impardonnable de lui parler des affaires de l'État. Alexis avait été fiancé à Agnès de France; mais le mariage ne fut pas consommé, et Andronic lui fit épouser sa fille Irène. Bientôt le jeune empereur entendit tout le peuple, excité par des manœuvres secrètes, lui demander d'associer à l'empire son perfide beaupère. Alexis avait trop peu d'expérience pour ne pas croire à cet enthousiasme apparent, et, le lendemain, il reçut, au pied des autels, le serment d'Andronic. Cette cérémonie était à peine achevée, que ce dangereux collègue le fit déclarer incapable de régner, et tout le conseil fut bientôt d'accord sur le danger qu'il y aurait à lui laisser la vie. Trois assassins entrèrent la nuit dans son appartement,
et l'étranglèrent avec la corde d'un arc ; sa tète fut jetée dans une fosse destinée aux criminels, et son corps, mis dans un cercueil de plomb, fut conduit en pleine mer, où on le précipita; la barque chargée du dépôt sanglant portail des musiciens,donl leschants et les instruments semblaient célébrer un triomphe. Ainsi périt ce malheureux prince, en 4185. 11 avait porté 5 ans le nom d'empereur. L— S— e.
ALEXIS III ( l'Ange ), empereur d'Orient, usurpa le sceptre, en 1195, sur son frère Isaac l'Ange, que ses vices, sa faiblesse, ses imprudences, et les rêvera dont l'empire était accablé, avaient fait détester des Grecs. Isaac avait comblé son frère d'honneurs et de richesses ; mais l'ambitieux Alexis convoitait le trône, et ses maturuvres secrètes aigrissaient les esprits contre un prince qui les avait tous aliénés par son odieux caractère. Pendant qu'Isaac était occupé d'une partie de chasse, ses officiers et les chefs de l'armée, d'accord avec Alexis, proclamèrent ce dernier empereur. Isaac s'enfuit à Stagyre, où il fut arrêté ; le nouvel empereur lui fit crever les yeux, et le retint dans la captivité la plus dure. Alexis, maître du trône par un crime, voulut s'y affermir par des largesses ; les trésors de l'État furent dilapidés ; les militaires obtinrent des congés, et l'Empire se trouva sans défense contre les irruptions des barbares. Cc- I>cndant les dispositions du peuple de Constantinople étaient incertaines ; en vain l'impératrice Euphrosinc prodiguait toutes les ressources que lui fournissaient sa beauté, son éloquence et son adresse : le nom de l'Ange était méprisé ; on tirait contre Alexis des présages d'un accident ; on favorisait secrètement quiconque proclamait la révolte ; un faux Alexis, qui se disait fils de Manuel, et que le sultan d'Ancyrc a)>puyait, fit des progrès inquiétants ; un assassinat domestique délivra l'empereur grec de ce compétiteur; mais les Turcs continuèrent de ravager l'empire, que les Bulgares attaquaient d'un autre côté. Les pirates infestaient les côtes, et le désordre intérieur était à son comble ; l'intrigue et la vénalité disposaient des places. Euplu usine voulut empêcher ces abus ; on irrita l'empereur contre elle, au point qu'il fit massacrer Vatacc, favori de cette princesse. L'impératrice, après une disgrâce momentanée, recouvra son crédit, et s'efforça de suppléer à la faiblesse de son époux ; mais les invasions et les révoltes se multipliaient ; les Bulgares et les Valaques désolaient la Macédoine et la Thracc ; Alexis n'opposait à ses ennemis que des tentatives incomplètes, et bienlôt abandonnées lâchement. Cependant un orage plus violent s'amoncelait sur sa tête. En 1202, les princes d'Occident se rassemblèrent à Venise pour une nouvelle croisade ; un jeune fils d lsaac l'Ange, Alexis, implora leur secours contre son oncle ; il promit de faire cesser le schisme d'Orient, si les croisés l'aidaient à remonter sur le trône. Cet espoir chimérique, dont les princes chrétiens s'étaient laissé bercer tant de fois, les détermina à prendre la route de Constantinople, au lieu d'attaquer d'abord l'Egypte, comme ils en avaient formé le plan. Au mois de juin 1205, les croisés et le jeune Alexis parurent devant
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la dissipation, n'avait fait aucun préparatif de défet.se; I-ascaris, son gchdre, rassembla dos troupes et tenta de disputer !c passage du Bosphore; les Gtccs furent battus a la vue de leurs concitoyens, et le siège commença aussitôt. Les Lalins déployèrent une valeur qui suppléa à leur petit nombre ; cependant leur camp était menacé par la famine, et insulté à tous moments, soit par des partis répandus dans la campagne, soit par les sorties des assiégés, auxquels le brave Théodore Lascaris inspirait une partie de son courage. Enfin l'assaut général eut lieu, les croisés pénétrèrent dans la ville ; mais on combaltit encore dans les rues, et les succès furent partagés sur différents points. }j& nuit vint suspendre le combat. L'empereur, effrayé des périls de celle journée, s'était réfugié dans son palais; des courtisanes et de lâches ilalteurs lui conseillèrent la retraile. Il prit secrètement ce parti, se jeta dans une barque avec sa fille Irène et ce qu'il put rassembler de ses trésors, el se réfugiait Zagora, ville de Tlirace, abandonnant ainsi le sceptre, l'impératrice et ses autres enfants. On tin» Isaac de sa prison, et ce fut lui qui reçut son fils dans Constantinople. L'usurpateur délrôné lit quelques efforts jK>ur recouvrer l'empire, et s'avança avec des troupes jusqu'à Andrinoplc; mais cette tentative n'eut point de succès. Fn 120», Alexis Murzuphle, que les Latins avaient cliassé du trône de Constantinople, vint se joindre au fugitif Alexis. Celui-ci ne vit dans Murzuphle qu'un compétiteur de plus, il lui fit crever les yeux. Alexis, après avoir erré dans la Grèce, et vu successivement détruire toutes ses ressources, fut contraint, en 1205, de se remettre à discrétion, avec sa femme Euphrosine qui l'avait rejoint, entre les mains de Bonifaoc, marquis de Montferral, alors maître d'une grande partie de l'empire. L'empereur détrôné fut rélégué dans la I-ombardie ; mais, après la mort de Boniface, il obtint sa liberté, et, en 1210, il se rendit en Asie, où Théodore Lascaris s'était maintenu successivement contre les emi>orcurs Alexis IV , Alexis Murzuphle, Baudouin el Henri. Alexis ayant fait réclamer inutilement, par son allié, le sultan d'Ironium, la couronne que I .ascaris ne devait qu'à son courage, marcha contre lui avec des forces considérables; mais Lascaris le délit, s'empara de sa personne, et tua le sultan. Alexis fut confiné dans un monastère de ISicée, où il finit une vie déshonorée par des vices odieux, et par une lâcheté non moins honteuse. L — S— k.
ALEXIS IV (le Jelne), empereur de Constantinople, était fils d'Isaac l'Ange, qui fut détrôné et privé de la vue par Alexis 111. L'usurpateur crut que ce crime suffisait pour assurer le sceptre dans sa main, et laissa le malheureux Isaac jouir de quelque lilterté ; ce prince en profita |K>ur former des relations avec les princes d'Occident. Ce Tut le jeune Alexis, son fils, qu'il cliargea de trouver des secours Ct des vengeurs. Alexis sortit de Constantinople, en •1202, à la faveur d'un déguisement, et se rendit d'abord en Sicile, d'où il implora l'appui tic sa sœur Irène, qui avait épousé Philippe, empereur d'Allemagne et roi de Sicile. Dans ce loomeut les cliefc de
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la cinquième croisade étaient rassemblés dans l'Etat de Venise, plusieurs avaient des ressentlmehts particuliers contre Alexis III. I^e jeune Alexis Ici trouva disposés à embrasser sa querelle, et, malgré la défense du pape et l'opposition de plusieurs croisés, la flotte mit à la voile et cingla vers Constantinople. Elle arriva à la vue de cette Ville au mois de juin. Les premiers succès des croisés les rendirent mailrcs du détroit cl du port. Cependant leur nombre était inférieur à celui des assiégés, chez qui la haine contre les Latins suppléait au peu d'attachement qu'ils avaient pour leur prince. Le jeune Alexis voulut tenter un accommodement : on le reçut à cou|>s de flèches. Enfin , après des combats multipliés , les Français et les Vénitiens se résolurent à livrer un double assaut par mer et i«r terre. Le brave Daiidolo, à la tète des Vénitiens, pénètre dans la ville, et y met le feu, qui s'étend avec fureur, et sépare les combattants par un mur de flammes; Théodore Lascaris profite de ce moment, rassemble les Grecs, el marche contre les Français qui assiégeaient la ville à l'occident. A celte nouvelle, les Vénitiens, arrêtés par l'incendie, se rembarquent |xnir |x;rlcr du secours & leurs ailles que les Grecs menaçaient ; ceux-ci n'osèrent attaquer les Latins, et rentrèrent à la nuit dans Constantinople. !.<• lendemain, le jeune Alexis et les croisés apprirent, avec autant de joie que d'otonnement, que le lyran effraye s'élail sauvé pendant la nuit, qu'Isaac avait été lire de prison el remis sur le trône, et qu'Alexis était attendu pour le partager. Avant de prendre le sceptre, le jeune prince se vit forcé de renouveler les promesses qu'il avait faites aux croisés pour les engager à le secourir. Ceux-ci demandaient à grands cris les sommes qu'on s'élait engagé à leur payer, et, comme l'épuisement de l'empire ne laissait |»as la |>ossibililé de les trouver sur-le-champ, il fallut consentir à ce (pie ces hôtes turbulents prolongeassent leur séjour dans ta capitale ct dans l'empire, et y exerçassent toutes sortes de vexations. Cependant Alexis entreprit une expédition contre le tyran détrôné ; mais, après l'avoir poursuivi quelque temps, il rentra dans Constantinople, où il se livra aux plaisirs et à l'indolence. Sa faiblesse, presque égale à l'imbécillité de son père Isaac, les subsides qu'il fallut lever (tour satisfaire les Latins, la condescendance que leur témoignait Alexis, indignèrent les Grecs. Alexis Duras, surnommé Murzuphle, homme dévoré d'ambition , et qui s'était insinué dans la faveur du jeune emjiercur, se déclara contre les Latins ; il poussa les deux empereurs à des entreprises imprudentes contre les croisés : elles échouèrent honteusement ; mais la haine des Grecs redoubla contre leurs faibles souverains. On agita tout haut leur déposition ; Alexis toujours trahi par Murzuphle, fit demander en secret des secours aux Latins; mais, la nuit suivante, il fut arrêté par son perfide favori ; le vieil Isaac, à celle nouvelle, mourut de douleur. On donna deux fois du poison au jeune Alexis, deux fois il évita la mort. Murzuplde, impatient, descendit lui-même dans son cachot, le 8 février 1204; ct, après avoir dîné avec m victime, U l'étrangla de ses propres mains, et lui
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brisa ensuite les os à coups de massue, pour faire
croire que le prince était mort d'une chute. Alexis n'avait régné que 6 mois; il prouva, pendant ce court intervalle, qu'il n'avait aucune des qualités nécessaires aux souverains. L— -S — s.
ALEXIS V, empereur de Constantinople , surnommé Mtazi phlk, à cause de l'épaisseur de ses sourcils, était de l'illustre famille des Ducas. Son caractère ambitieux et perfide lui fit entrevoir la possibilité de monter sur le trône chancelant de Constant inople, ou se succédaient rapidement les faibles empereurs du nom de l'Ange. Alexis IV venait d'y être replacé avec son père Isaac, par les chefs latins de la 4* croisade. Murztiphle cliercha à s'insinuer dans l'esprit du jeune empereur, pour être mieux à portée de le perdre, en prolitant de ses fautes. Alexis, placé entre ses avides protecteurs et ses sujets turbulents , dont la haine pour les Latins égalait l'imprudence et la lâcheté, avait lui-même trop de faiblesse et d'indécision pour se tirer d'un pas aussi difiicile; Murzuphle se déclara ouvertement contre les croisés , et engagea Alexis à les irriter par des trahisons ou par des attaques imprévues, que le perfide confident faisait échouer secrètement, et dont il se servait pour décrier l'empereur auprès des Grecs mécontents. Un incendie terrible, qui dévora Constantinople pendant huit jours, en 1303, et dont les latins furent la première cause, porta l'irritation à son comble ; le 2f> janvier 1204, le peuple s'ameuta et força le sénat a déposer l'empereur, et à élire un jeune homme nommé Canabe. Alexis, effrayé, fit, par le conseil de Murzuphle, demander en secret du secours aux croisés ; mais Murzuphle profita de cette démarche pour répandre une alarme générale ; et, lorsque la nuit fut venue, il se rendit au palais, épouvanta l'empereur, afin de le déterminer à sortir par une secrète issue, où l'attendaient des satellites qui saisirent ce prince, et le jetèrent dans un cachot. Le lendemain, Murzuphle se fit couronner ; Canabe lui fut livré. Maitre du trône, Alexis Murzuphle songea d'abord à se défaire d'Alexis et de son pére. (Foy. Alexis IV.) Ces malheureux princes perdirent fa vie ; cependant ils laissèrent des vengeurs inquiétants Murzuphle employa toute son adresse pour se rendre les croisés favorables ; mais ses ruses furent inutiles ; les chefs latins reçurent ses propositions avec indignation : et se préparèrent à attaquer Constantinople, que Murzuphle ne songea plus qu'à bien défendre; il en fit rejwrer les fortifications; et, pour se procurer l'argent qui lui manquait, il força à des restitutions tous ceux qui, sous les régnes des l'Ange, avaient commis des dilapidations. Peu sûr cependant de l'affection et du courage des Grecs, il tenta encore d entamer une négociation avec le doge Dandolo. Celui-ci proposa des conditions que Murzuplde rejeta j l'une d* elles était la soumission des Grecs à la communion latine. Tout accommodement devenant impossible, les chefs latins convinrent entre eux du partage de l'empire d'Orient, et, le 9 avril 1204, Us livrèrent le premier assaut. Les Grecs, animés par Murzuphle, et rassurés par la force de leurs murailles, soutinrent vigoureusement l'attaque, et rc-
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poussèrent les croisés ; après quelques jours d'incertitude et de découragement, ceux-ci donnèrent un assaut plus furieux encore, et s'emparèrent des murs et des principaux quartiers. Murzuphle, réfugié au palais bucolèon, s'y barricada ; mais, au milieu ne la nuit, il s'évada, et sortit de h capitale, enqiortaiit avec lui ce que le palais contenait de plus précieux, et accompagné d'Kuphrosiue , femme du vieil Alexis III, et de sa fille Eudocie, que Murzuphle avait épousée, quoiqu'il fut déjà marié deux fois sans avoir été veuf. Il ne s'éloigna de Constantinople »[ue de quatre journées, et taclia de se former un parti dans la Tlirace, où son beau-père Alexis s'était îéfugié pareillement. La nécessité rapproclia ces deux misérables ; après quelques pourparlers, auxquels la défiance et la trahison présidaient, Murzuphle su ren dit avec ses troupes à Mosynople, dont Alexis éta-t maitre. Ce dernier fit à son gendre et à sa fille un accueil bienveillant ; mais, quelques jours après, il les invita à venir prendre le bain, et Murzuphle fut à peine entré, que des soldats se jetèrent sur lui, et lui arrachèrent les yeux, malgré les cris d'Eudocie, qui accablait son père d'imprécations. Murzuphle, abandonné des siens, erra (tendant quelque tcnqis, et se disposait a passer en Asie, lorsqu'il fut arrêté et conduit devant Baudouin Ier, em|>ereur français d'Orient, qui U lit juger par ses barons comme coupable du meurtre de son souverain. Murzuphle se défendit avec audace : il n'en fut pas moins condamné à être précipité du haut de la cokmne que le grand Théodose avait fait élever sur la place du Taurus, à Constantinople. Cet événement eut lieu en 1204. L— S — e.
ALEXIS (le Faux), imposteur, qui, sous le règne d'Isaac l'Ange, en 1 191, profila de quelques trait-, de ressemblance avec Alexis II, et voulut se faire passer pour le fils de Manuel Comnéne. ( Voy. Alexis IL) Le mépris que s'attirait Isaac pouvait un moment accréditer cette fable, et le faux Alexis la débita avec assurance à la cour d'Azeddin, sultan d'Icoiiium, dnot il sollicita le secours. Le mahométan le lui promit d'abord ; mais, détrompé par l'ambassadeur d'Isaac, il se contenta de permettre au rebelle de faire des levées dans ses Etats. Le faux Alexis rassembla 8,000 hommes, se fit proclamer empereur à la tête de cette petite armée, et vint porter le ravage dans tes pays voisins du Méandre. La faiblesse de la cour de Constantinople lui hissa remporter quelques avantages, et son parti grossissait de jour en jour ; mais ses soldats indisciplinés, et la plupart musulmans, commettaient d'affreux ravages, et ne respectaient pas les temples chrétiens. Un prêtre d'Asie, indigné de tant de sacrilèges, pénétra dans h chambre d'Alexis, un jour que cet imposteur était assoupi par les fumées du vin ; et, ayant saisi une épée susj>cnduc au chevet du ht, il lui coupa fa tête, ce qui mit fin à la rébellion. - L. S-e.
AL EX IS-MICHAÉLOW ITZ, czar de Russie, et fils du czar Michel Féodorowitz, naquit en 1650. A fa mort de son père , en 1646, il fut couronné par les soins de son gouverneur Morosou, qui devint l son premier ministre, obtint sa confiance, et essaya
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de le détourner des affaires publiques. 11 lui fit épouser la fille d'un noble peu riche qui dépendait de lui, et prit lui-même pour femme la sœur de sa souveraine. La mauvaise administration de ce favori tout-puissant et de ses agents subalternes occasionna une insurrection dans Moscou. Les mécontents obtinrent la punition de plusieurs des coupables, et ce fut avec peine que le czar parvint à sauver Morosou , en intercédant lui-même en sa faveur. Alexis, ayant ensuite pris les rênes du gouvernement, donna de grandes preuves de vigueur et de capacité. 11 fit la guerre aux Polonais, et recouvra les places et les provinces qui leur avaient été cédées à la dernière paix. Lorsque Charles Gustave, roi de Suéde, fil une invasion en Pologne , Alexis conclut une trêve avec le souverain de ce royaume, en 1656, et, peu de temps après , tourna ses armes contre Charles qui s'était emparé de la Lithuanic. Les succès furent balancés, et la guerre se termina, en 1661, par le traité de Carlis. Pendant le cours de ces guerres, le czar porta la plus grande attention à l'amélioration cl à la prospérité de ses États ; et, quoique privé des avantages d'une bonne éducation, il montra un esprit vraiment éclairé; il lit traduire en russe un abrégé de diverses sciences, et prit un grand plaisir a étudier cet ouvrage ; il rassembla en un seul corps toutes les lois des différentes provinces de son empire, et les lit imprimer ensemble dans la langue russe ; idée heureuse en législation, mais qui, vu l'état encore à demi barbare du pays que gouvernait Alexis, pouvait à peine rien produire de mieux qu'une compilation imparfaite et mal digérée. Il introduisit plusieurs nouvelles manufactures dans son pays, particulièrement pour la soie et la toile ; ajouta deux faubourgs à Moscou, et bâtit, dans divers districts, des villes a marchés, qu'il |>eupla de Polonais et de Lithuaniens. 11 fit défricher plusieurs vastes déserts par des prisonniers de guerre qu'il y établit. Il forma aussi le dessein d'introduire des (lottes sur la mer Noire et sur la mer Caspienne, et envoya chercher des constructeurs de vaisseaux en Hollande. Il reçut des ambassadeurs de la Perse, de la Chine, et d'autres pays de l'Asie, et fut le premier czar qui entretint une corresjHmdanec suivie avec les principales puissances de l'Europe. Désirant augmenter le jiouvoir de la couronne , il suivit ce projet avec la circonspection nécessaire dans un pays où dominait une aristocratie puissante. Il institua uuc chambre particulière pour juger des offenses commises contre lui, et lit presque toujours exécuter la justice en secret. Ses revenus n'étaient pas considérables ; cependant, i ' ir son économie, il |»arvint à avoir une cour magnifique, une année nombreuse, et à laisser un riche trésor. Une rébellion formidable vint mettre des obstacles à ses plans de prospérité publique. Celte révolte, excitée en 1669 par Stenko Razin, chef des cosaques du Don, fut d'abord souillée par de grands actes de barbarie, et longtemps soutenue par la fortune. Stenko s assura d'Astracan ; et, secondé par une multitude de (Kiysans qui avaient massacré leurs seigneurs , il réunit jusqu'à '200,000 rebelles sous les armes. Alexis se montra aussi violent et aussi
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cruel que les révoltés ; mais la sédition ne fut entièrement apaisée qu'en 1671 ; Stenko fut alors livré au czar et mis à mort. Les affaires de Pologne donnèrent lieu à quelques différends entre le czar et te Grand Seigneur. Celui-ci, dans sa correspondance, donnait à Alexis le titre de hotpodar chrétien, tandis qu'il se donnait a lui-même celui de roi de tout l'univers. Le czar, irrite , répondit « qu'il n'était pas « fait pour se soumettre à un chien de mahométan, « et que son sabre valait bien le cimeterre du Grand « Seigneur. » Telles étaient les relations diplomatiques de ce t< ui|»s-là dans ces contrées. Cependant Alexis, qui désirait engager tous les princes chrétiens dans une ligue contre les Turcs, fit porter à Rome des paroles plus dignes de lui ; mais son ambassadeur refusa de baiser la mule du pape. Malgré ce refus, il fut parfaitement accueilli, et obtint de grandes promesses, mais rien de plus. Alexis s'unit ensuite aux Polonais, et, par la division qu'il opéra contre les musulmans , contribua beaucoup à la mémorable victoire <pie Jean Sobieski reiDpotta sur eux près de Vienne. Quand la couronne de Pologne devint vacante, Alexis proposa son fils pour roi, ainsi qu'une union cnlrc la Pologne, la Lilhuanie et la Russie; mais son offre ne fut point acceptée. Durant la guerre contre les Turcs, il s'éleva entre les Russes et les Polonais différents sujets de jalousie, et les Polonais s'emparèrent de toute l'Ukraine. Alexis mourut en 1677, âgé de 47 ans, laissant, de sa première femme, deux fils et quatre filles, et de la seconde, une fille et un fils. Ce dernier fut Pierre le Grand, dont la gloire surpassa celle de son pire, sans la faire oublier. D — T.
ALEXIS (Pêtrowitz), fils du czar Pierre le Grand et d'Eudoxic Lapouskin, naquit à Moscou en 1695, et fut marié , à l'âge de seize ans , à Charlotte de Brunswick-Wolfenbutel, sa-ur de l'impcratrice d'Allemagne, éjuuse de Charles VI. La manière odieuse et barbare dont il traita cette princesse affaiblit l'intérêt qu'inspirent ses propres malheurs. Alexis, né avec un caractère dur et sauvage, élevé par sa mère dans un attachement superstitieux pour les anciens usages de sa nation, et dans un mépris absurde \nour les arts des peuples civilisés, montra , dans ses desseins et dans ses discours, une ovqiosition constante aux réformes entreprises par Pierre le Grand. Ce monarque, craignant qu'un pareil successeur ne détruisit son ouvrage, résolut de le déshériter ; et le czarowitz, soit lâcheté, soit dissimulation, parut lui-même renoncer à l'espérance du trône. Ce[>cndant, à peine Pierre le Grand eut-il commence le second de ses glorieux voyages, que son fils quitta secrètement la Russie, et se retira d'abord à Vienne, ensuite à Iuspruck et a ÎVaples. Cette imprudence fut regardée comme un crime j«r le sévère réformateur des Moscovites; mais l'histoire n'y découvre pas la plus légère preuve du projet vague dont Alexis fut accusé. Rappelé par le czar, il obéit sans hésiter, et vint se remeUre entre les mains d'un pére inflexible. Arrêté à son arrivée, il fut obligé de renoncer solennellement à l'empire, devant les principaux membres de la noblesse et du clergé russe. Pierre
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ne se borna point à cette mesure , qui semblait suffisante pour assurer le succès de ses grands desseins : sa justice eut presque toujours le caractère de la vengeance. Les confidents et les amis de son fils, ceux qui l'avaient suivi dans sa fuite, ceux qu'il soupçonna d'avoir entretenu le jeune prince dans ses idées et dans ses espérances , périrent sur la roue. Eudoxie, sa mère, Tut enfermée dans un monastère près du lac Ladoga , et la princesse Marie, sœur de Pierre, dans la forteresse de Scldusselbourg. Le czarowitz lui-même fut condamné à mort, comme coupable du crime de lèse-majesté. Pour donner à cet arrêt barbare une apparence d'étnùlé, on força le malheureux Alexis d'écrire, de sa main, « que s'il « y avait eu dans l'empire des révoltés puissants qui « l'eussent appelé, il se serait mis à leur tète. » Cette étrange déclaration fut admise comme preuve dans un procès criminel, et la seule supposition d'un cas qui n'était point arrivé fut jugée un attentat digne du dernier supplice, dans le fils d'un empereur. Sou arrêt et sa grâce, qui lui furent annoncés presque en même temps, lui causèrent une révolution si violente, qu'il mourut le jour suivant (1). Le czar manda à ses ministres dans les cours étrangères que son fils était mort d'une apoplexie causée par le saisissement qu'il avait éprouvé. Quelques personnes prétendent que le czar dit au chirurgien <mi fut appelé pour saigner le prince : « Comme la révolution a été « terrible, ouvrez les quatre veines. » Ainsi le remède serait devenu l'exécution de l'arrêt. Le corps du czarowitz fut exposé, à visage découvert, pendant quatre jours, à tous les regards, ensuite inhumé dans la citadelle de Pétersbourg, en présence de Pierre et de l'impératrice Catherine I". Cet événement tragique se passa en 1718. Alexis était alors âgé de 23 ans. Sa mort a fourni le sujet d'une tragédie à Carrion de Nisas. E — p.
ALEXIS, poCte comique, occupe, avec Anliphane «le Rhodes, le premier rang parmi les auteurs de l'ancienne comédie. Né à Thurium, ville fondée dans la Lucanie par les Athéniens, il vint dès sa jeunesse à Athènes, où ses comédies furent jouées avec succès. Ce poète florissait du temps d'Alexandre, vers Tan 363 avant J.-C. Plutarquc rapporte qu'il fut couronné sur le théâtre, et qu'il parvint à un âge très-avancé. Alexis, selon Suidas, fut le maitre de Ménandre. Athénée lui donne l'épithêle de gracieux. 11 produisit fréquemment sur la scène le caractère du parasite, type qu'il n'avait pas inventé, mais qu'il peignit avec plus d'art et sous des traits plus vifs et mieux finis que ses devanciers. S'il faut en croire Suidas, Alexis aurait composé deux cent quarante-cinq comédies. Meursius a receuilli dans les livres des anciens les titres de cent treize, que l'on trouve dans la Bibliothèque grecque de Fabricius. De tant d'ouvrages, il ne nous reste
t<) C'est ainsi que la mon du malheureux Alexis fat expliquée dans une relation ulBrirlIe envoyée a tons les agents diplomatiques dans l'étranger; mais il n'rsl qne trop vrai qu'il eut la léle c juchée par ordre, et même, si l'on en croit quelques historiens par la main de son pire. (Foy.Putu r , cl l'ouvrage allemand intitulé: Fworis russes.
que des fragments très-courts. On en lit quelquesuns dans les Sentences de» quarante-deux comique*, en grec et en latin, édités par Guill. Morellius. Ils se trouvent en plus grand nombre dans la collection d'Hertelius, dans les Excerpta de Grolius, et dans le recueil de Crispiuus, intitulé : Tetustissimorum authorum gracorum georgica, bucolica etgnomica Poemata, etc., 4570, in-16. — Un autre Alexis, de Ta rente, écrivit un traité de la tempérance. — Un troisième, statuaire de l'école de Polycléte, et natif de Sicyone, florissait dans le 5* siècle avant J.-C. — Un quatrième, secrétaire de Pomp. Atticus, est mentionné dans les lettres de Cicéron. — Enfin, un autre Alexis, esclave d'Asinius Pollion, fut aimé et chanté par Virgile. C. W— r.
ALEXIS (Guillaume), surnommé le bon Moine, fut d'abord religieux bénédictin de l'abbaye de Lyre, dans le diocèse d'Évreux , sa patrie, ensuite prieur de Bussy ou Buzi , dans le Perche. Ou ignore les dates de sa naissance et de sa mort ; mais on est certain qu'il vivait encore en 1305. Partageant son temps entre les exercices de piété et le culte des muscs, ce religieux a composé plusieurs ouvrages en vers et en prose, qu'on lit peu à présent, mais dans lesquels on trouve de la grâce et de la naïveté ; les plus estimés et les plus connus, sont : 1° le Grant Blason des faulces Amours, Paris, 1495, in— 4°, souvent réimprimé depuis : on le trouve encore à la suite des éditions des Quinze Joyes de mariage, la Haye, 1726 et 1734, avec des commentaires, par Jacob le Duchat. Le même éditeur a aussi orné le Poème du Moine de Lyre, d'une préface , composée avec les remarques que la Monnoic lui avait communiquées. 2" Le Passe-temps de tout homme et de toute femme, avec l'A B C des doubles, le tout en vers, Paris, in-4% sans date, réimprimé plusieurs fois. Ce titre semblerait annoncer de la gaieté et un poème amusant ; c'est pourtant un ouvrage très-sérieux , et une traduction libre d'un écrit latin en trois livres ( de Vilitale humanœ conditionis ) , attribué au pape Innocent III ; l'auteur n'y parle que des mépris du monde, et des misères humaines. Alexis nous apprend lui-même qu'il l'acheva en 1480; il | i.iiait que, peu de temps après la publication de cet ouvrage, Guillaume Alexis entreprit un voyage à Jérusalem, et qu'il y était en 1486. Ce fut à la prière des personnes qui l'avaient accompagné qu'il composa , dans cette ville, le Dialogue du Crucifix et du Pèlerin, Paris et Rouen , in-4°, sans date ; ouvrage moral , dans lequel il y a beaucoup moins de prose que de vers. C'est a tort que l'auteur du Contre-Blason des faulces Amours, poème attribué sans fondement à Guillaume Alexis, a dit que ce religieux avait été mis à mort par les infidèles à Jérusalem. 11 est certain qu'il revint en France, et qu'il publia encore plusieurs autres ouvrages , sur les titres et les dates desquels on peut consulter les Bibliothèques françaises de la Croix du Maine, de du Verdier et de l'abbé Goujet. Toutes les productions de ce moine sont avouées par la décence, et il n'a jamais perdu de vue les obligations de son état, chose digne de remarque dans
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le siècle où H a vécu. La Fontaine, qui admirait lo tour vif et aisé de la poésie d'Alexis, voulut, [tour marquer l'estime qu'il en Élisait, essayer uuc petite pièce en ce genre, qu'on trouve dans le recueil de les contes. R — T.
ALEXIS (dkl Akco), peintre espagnol, est aussi connu sous le nom d'El Sordillo de Pereda, parce qu'il était sourd et muet, et «pie Pereda fut son maître. Il naquit à Madrid, l'an 1625. Un peut trouver extraordinaire que cet Itomme, si cruellement traité par la nature, soit parveuu à obtenir un rang assez distingué parmi les artistes de son pays. Toutefois il ne montra une supériorité décidée que dans le portrait ; et l'on croira sans peine ce qu'ajoute Palomino Velasco, qu'il réussissait beaucoup moins bien dans l'histoire. Ce biographe n'aurait pas dû alors vanter, comme il le lait, la belle ordonnance des compositions d'Alexis, puisque c'est surtout dans le genre historique que l'on peut se montrer habile en cette partie de l'art. Quoi qu'il en soit , Alexis, bon dessinateur et habile coloriste, lit, outre un grand nombre de portraits, plusieurs tableaux d'église pour sa ville natale. On cite principalement avec éloge une A$$omption et une Conception, exécutées, lorsqu'il était encore trés-jeunc, pour le cloître des Trinitains déchaussés. La chapelle de Notre- Dame de la IVovcna fut peinte en eulicr de sa main, et la chapelle del Santo-Christo, dans l'église do San Salvador, possède de lui une Ste. l'hérite estimée. Alexis mourut à Madrid, eu 1700, a l ige de 75 ans. D — T.
ALEX IUS (Gaspard), ministre protestant, né dans le pays des Grisons, en 1576, acquit le droit de bourgeoisie à Genève, où il professa la philosophie et la théologie pendant seize ans. Il contribua à établir à Sondrio , dans la Valu-line , un collège sur les mêmes bases «pic celui de Genève. Ayant présidé, en 1610, un synode des pasteurs du pays des Grisons, il fut choisi pour aller solliciter des secours en faveur de ses coreligionnaires jiersécutés. Mais sa mission ayant été vue de mauvais tril par la régence impériale d'Itupruck, il fut arrêté dans cette ville en 1620 et jeté dans les prisons, où on le retint plus de deux années. Il alla ensuite reprendre à Genève sa chaire de philosophie, qui lui avait été conservée, et mourut en 16*26. On a de lui : Ditscrlatio physicn de Mixtura, Geneva, 16-25, in-4°. L— m— x.
ALEYN (Charles), poète anglais, du règne de Charles Ier, fut élevé au collège de Sidney, a Cambridge, et vint ensuite à Londres, où, en 1651, il publia, en stances de six vers, deux poèmes sur les batailles de Poitiers et de Crécy. Il mm-iosa , en 1658, un autre ouvrage, égnlement en vers, en l'honneur du roi Henri VU, sous ce titre : Histoire du tage et heureux prince Henri Vit du nom , roi d'Angleterre , avec la fameuse bataille donnée entre et rot et Richard III , prit de Bosworlh. Outre ces trots poèmes, il OOmpoau des vers qui furent imprimés en tèle des ouvrages de quelques autres écrivains : on les trouve surtout dans les premières ediuons des pièces dramatiques de Bcaumont et
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Fletcher. En 4630, Il publia le roman d'EuryaU «1
Lucrèce, par iEneas-Sylvius, traduit du latin en anglais. Aleyn mourut en 1610. D — T.
ALEYHAC. Voyez Dalaïrac.
ALFARAIULS, le premier des philosophe* arabes, naquit à Farab, aujourd'hui Othrar, ville de la Transoxaiie. C'est du lieu de sa naissance qu'il a pris le surnom sous lequel nous le connaissons. Son vrai nom est Mohammed. Turc d'origine, il s'éloigna de sa patrie pour acquérir une parfaite connaissance de l'arabe et des ouvrages des philosophes grecs. II viut d'abord à Bagdad, où il étudia la philosophie sous uu célèbre docteur, nommé Abou Bachar Matley, qui expliquait Anstote. Après un court séjour dans cette ville , il se rendit a Uarrau , où Jean, médecin chrétien, professait la logique avec un grand succès. Alfarabius surpassa en peu de temps ses meilleurs disciples; il vint ensuite a Damas, de la en Egypte, et retourna eniin à Damas, où le retinrent, jusqu'à sa mort, les bienfaits de Seïf-cd-Daulah , priuce de cette ville. Alfarabius, dont tous les moments élaieut consacrés a l'étude, connaissait peu les usages de la société , et encore moins ceux de la cour. Lorsqu'il se présenta pour la première fois devant > il • d-Daulah, il manqua aux usages pratiqués alors. Ce prime, qui voulait s'égayer aux dépens du 'thilosophe, lit part de ses intcnlious à ses gardes, dans une langue étrangère ; mais sa surprise fui extrême quand Alfarabius lui eut prouvé que cette langue lui était counuc, et lorsqu'il eut affirmé qu'il en parlait soixante-dix autres. La conversation étant tombée ensuite sur les sciences en général , Alfarabius s'expliqua avec tant d'érudition et d'éloquence, que les savauLs qui étaient présents furent réduits au silence, cl se munit a écrire son discours. Le prime, charmé de son nouvel bote, et voulant le distraire, lit venir ses plus Itabiles musiciens; mais leurs instruments parurent si peu d'accord à l'oreille délicate d' Alfarabius, qu'il ue put s'empêcher d'en témoigner son impatience. Le prince lui demanda s'il joignait encore à toutes ses connaissances celle de la musique. « Oui, prince, réponditu il , et j'espère vous le prouver. » Alors il prit un luth , dont il joua avec tant d'habileté , qu'il excita tour à tour, dans l'âme de ses auditeurs, la joie, la tristesse et l'abattement. Séif-cd-Daulah ne voulut plus dès lors se séparer d' Alfarabius, et lui fit donner chaque jour quatre drachmes, jusqu'à sa mort, arrivée à Damas, l'an 559 de. l'hégire (9ôO de SA',.).
* Alfarabius , dit un biographe arabe , menait une
* vie très-retirée, méprisait le monde, et ne prenait « aucun soiu d'acquérir des richesses ; il avait U-ouvé « l'art de charmer sa vie par son ardeur pour l'c— a tude. » Le grand nombre d'ouvrages composes par ce philosophe atteste, en effet , son «érudition et son infatigable activité. Il s'était exercé sur la philosophie, la logique, la physique, l'astronomie et les mathématiques. 11 avait surtout une prédilection pAticulièrc pour Aristote, dont il avait lu, disait-il, quarante fuis la Métaphysique , sans en avoir pleinement saisi le sens. Deux ouvrages ont principa-
l'un est une
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pédie (IhM-él-o'loum) où il donne une notice et une définition précise de toutes les sciences et de tous les arts; cet ouvrage se trouve manuscrit à l'Escurial j l'autre est un traité de musique très-célèbre, où il explique les sentiments des Uiéoririens, Tait voir les progrès de chacun d'eux, corrige leurs erreurs, et supplée à l'imperfection de leur doctrine. Dirigé par les lumières de la physique , il met dans tout son jour le ridicule de l'opinion des pythagoriciens sur les sons planétaires et l'harmonie céleste; enlin, il prouve, par cette même physique, l'influence des vibrations de l'air sur les sons, et donne des régies certaines sur la forme et la construction des instruments. 11 faut se rcjiorter au temps où vivait Alfarabius pour apprécier ses principes. ta plupart de ses ouvrages , dont Casiri nous a donné la nomenclature {Hibl. arab.hisp., t. i", p. 1", pag. 190), existent en hébreu. C'est vraisemblablement d'après ces versions que les Européens ont connu les écrits d'Alfarabius. On a imprimé, I" dans les Œuvres philosophiques d'Avicennc, publiées à Venise en I4BS, son traité de Intelliycntiïs; 2° dans celles d'Aristotc , avec les commentaires d'Averrocs, son petit ouvrage de Causis ; 3* et enlin , à Paris , en 1038, ses (Jjntseula varia. J — N.
ALFAIW) Y GAMON (Jcak d'), peintre, naquit a Cordoue, en 1640. Il reçut de Castillo les premières leçons de son art, et acheva de l'étudier à Madrid, dans l'école de Velasqucz, dont il imita d'abord la manière, princi|«dement dans les portraits. Ce dernier, étant premier peintre du roi d'Esjtagnc , lui facilita les moyens de travailler d'après les tableaux qui décoraient les maisons royales. Alfaro étudia de préférence les admirables portraits du Titien, de Hubens et de van Dyck. Plusieurs de ses ouvrages, particulièrement ceux de petite pro|»ortion , se rapprochent de la manière facile et savante de ce dernier maître. Traitant avec su|>ériorité , tant à l'huile qu'en miniature, le genre lucratif du portrait, Alfaro semblait devoir s'assurer par ses talents une existence agréable : il n'en fut eependant pas ainsi. Palomino Yelaseo dit que des incommodités dont il avait été affligé dès sa jeunesse finirent par lui ôter les moyens de travailler, et <pic la mélancolie où il tomba lu lit périr à l'âge de 40 ans. L'Anglais Hiehard Cumbcrland, qui a écrit, sous le titre iïAnccdoIrt, etc., un ouvrage sur les plus célèbres peintres d'Espagne , attribue la mort d' Alfaro a une cause particulière. Voici la substance de son récit, dont Us détails ont un grand caractère de vérité, et peuvent d'ailleurs se concilier facilement avec ce que rapporte Palomino Velasco. Alfaro , s'étant lié d'une étroite amitié avec l'amiral de Castille, demeura dans sa maison jusqu'à l'époque où ce seigneur fut exilé. Désespéré de cet événement , l'artiste ne put plus supporter le séjour de Madrid, et, en 1078, il se retira dans sa ville natale. Vers ce temps, un édit fixa le prix des tableaux : Alfaro, déjà malade du chagrin (pie lui causaient les malheurs de son ami, fut indigné d'un acte administratif si propre à décourager les artistes, et ne toucha plus à ses pinceaux, quoiqu'il eût acquis déjà une grande réputation, et qu'il fui dans toute ht
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force de l'âge. Cet abandon de lui-même l'avait réduit à une grande détresse , lorsqu'il apprit que son ami était rentré en faveur. 11 prit sur-le-champ ta route de Madrid pour l'en féliciter, sans songer que ses facultés ne lui permettaient |ias d'entreprendre un voyage long et |>énible : il comptait sur l'hospitalité de ses c»m|»atriotes , et surtout des religieux, dont les demeures étaient toujours ouvertes aux voyageurs indigents. Arrivé enfin à Madrid , il se rendit à l'hôtel de l'amiral. Soit à cause de son extérieui misérable, soit pour tout autre motif, on lui refusa la porte , et , malgré sa persévérance , il ne put jamais parvenir à être admis en présence de celui qui l'avait autrefois aimé et protégé. Alfaro, profondément blessé de ce refus, et dénué de toutes ressources, ne trouva pas dans son caractère assez de force pour lutter contre ses infortunes, et mourut quelques jours après. Ainsi périt, en l(W0, à l'âge de 40 ans, un des plus habiles peintres que l'Espagne ait produits. .Non-seulement Alfaro fut un bon artiste, mais il écrivit encore sur son art avec succès. Palomino Velasco avoue que ses notices sur la vie du célèbre Yelasquez, de Cespèdcs et de lleccrra, lui ont été très-utiles. Cordoue possède d' Alfaro une Incarnat ion 5 Madrid, un Ange Gardien et un portrait de don Pedro Calderon de la Barca, placé au-dessus de son tombeau, dans l'église de San-Salvador. Ce dernier morceau doit surtout attirer l'attention , si , comme tout l'annonce, il représente l'un des plus fameux poêles dramatiques de l'Espagne. D — t.
ALFENUS VAP.IS, jurisconsulte, célèbre a Rome , vers l'an 7<>4 do la république. 11 naquit à Crémone , d'un cordonnier, dont il quitta la boutique, jeune encore , pour venir étudier à Rome , sous ServiusSulpicius.dont il fut bientôt le meilleur disciple. Il y eut pour compagnon d'école Olius Tubero. A !fenus Varus avait un jugement profond , des mnurs pures. Ces qualités , jointes à des connaissances trèsétendues, lui acquirent une si grande réputation, qu'il parvint a la dignité de consul. C'est à lui qu'on «luit les premières collections du droit civil, auxquelles il donna le nom de I>ige*te$. Aulu-Gellc en l»arlc comme d'un homme qui avait de glandes connaissances de l'antiquité, et le jurisconsulc Paulus a fait un abrégé des quarante livres de Digestes com- I>osés par Alfenus. Quelques auteurs ont confondu Alfenus Yarus avec plusieurs autres personnages du même nom , qui ont vécu a peu près à la même époque. M. Dacier croit que c'est de ce jurisconsulte ipie i«rle Catulle , dans une de ses épigrammes , et Virgile, dans plusieurs de ses églogues; le même savant |>ense que c'est à Alfenus que le poète de Mantoue eut l'obligation de ne pas voir ses terres partagées entre les soldats. Il serait possible , quoique la chose ne soit |>as prouvée, que le consul Alfenus eût rendu ce service à Virgile ; mais il n'est certainement pas l'Alfenus cité par Catulle dans sa dixième épi gramme. On doit croire, dit Baylc à ce sujet, qu'un homme qui s'appliqua à l'étude du droit arec tant d'ardeur, que non-seulement il effaça , par set progrès, la honte du métier mécanique qu'il avait exercé à Crémone, mais qu'il succéda a 8ervius Sttk
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pin n s , le plus grand maître de jurisprudence qui fût alors à Rome, que cel homme, dis-je, a été assez grave pour n'être pas lié d'intimité avec les compagnons de débauche de Catulle, et n'être pas cité par lui comme un de ses complaisants. On ne peut pas non plusexpliquer l'humeur d'Horace contre Alfenus :
Alfenus vafer, omni Abjocto instrumente arlis, clausaque taberna, Sutor erat, sapiens operis sic opliinus ouinis Est opifex sol us, sic rex.
Alfenus Varus n'était point rusé; tous les historiens s'accordent à dire qu'il ne dut sa fortune qu'à son mérite, et le mettent au nomhre des jurisconsultes les plus distingués de son siècle. Ses contemporains eurent pour lui une si haute estime, que ses funérailles furent célébrées aux dépens de la république. M— x.
ALFERGAN ( Ahmed-ben Kotsaïr), astronome arabe, fut nommé Alfergany, parce qu'il était né à Ferghaiiah, ville de laSogdianc. Il excellait tellement dans les calculs astronomiques, qu'on lui donna le surnom de Hacib (calculateur). On ne peut déterminer d'une manière précise l'é|>oquc de sa naissance, ni celle de sa mort. On sait seulement qu'il vivait sous le règne du calife Al-Mamoun , mort en h"». Alfergan est auteur d'une Introduction à l'astronomie, divisée en 30 chapitres : c'est l'abrégé de l'astronomie grecque, cpii commençait à se naturaliser chez les Arabes , vers le temps où Alfergan panit. Le dénombrement des étoiles y est, comme dans YAlmagesle , de 4022, et la précession, d'un degré en cent ans; mais l'obliquité de l'écliptiinie n'y est que de 23" 35'. 11 existe de cet ouvrage trois traductions latines; la première, de Jean Hispalensis , faite dans le 1 2e siècle , imprimée à Fcrrare en 1493, et réimprimée à Nuremberg en 1537, avec une préface de Mélanckthon; la seconde, de Jean Cliristman, d'après une version hébraïque publiée à Francfort en 1590; la troisième a paru en 1609, in-4°; elle est de Golius, qui l'a enrichie de notes savantes, que la mort ne lui a pas ]>ermis d'achever. Alfergan a encore composé deux autres ouvrages, l'un sur les cadrans solaires , l'autre sur la construction de l'astrolabe et son usage. Il en promettait un sur l'obliquité de lécliptique, et sur la manière de l'observer chaque siècle ; mais ce traité ne nous est pas |»arvenu. Son Introduction à l'astronomie est fort superficielle; elle ne renferme rien que ce qu'on lit partout , à l'exception des noms arabes de quelques étoiles, des domiciles de la lune, et de quelques idées trèsinexactes sur les distances des planètes et des étoiles à la terre, et sur leurs diamètres. Il supposait que les orbites des planètes étaient disposées de manière que la plus petite distance d'une planète quelconque était égale à la plus grande distance de la planète inférieure, et la plus grande distance, égale à la plus •petite de la planète supérieure ; ainsi , toutes les orbites se touchaient , et l'orbite de Saturne touchait la sphère des étoiles lixes. D — r, — e.
ALFES (Isaac), rabbin, né en Afrique, dans un village près de Fez, l'an 1013. 11 étaitàgé de soixante-