‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 97 sur 129 · AL M · texte numérisé non relu

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thus et de Tryphiodore . et de deux fragmenta de Hume et de Guldsmith. C'est par erreur que Brunei (Manuel du libraire) attribue ces Aouveaux mélanges à Trocliercau de la Berbère. Allut ne put mettre la dernière main à la traduction qu'il avait entreprise des lettres de lord Chesterlield. Il mourut eu 1780. L— u— x.

ALLLTILS, prince des Celtiberiens. Voyez Scipion l'Africain.

ALLYVOEB.DE?» ( Henbi pe), l'un des biographes de SerTet, né à Stade, daus le duché de Brème, étudia la théologie à l'académie de Helmstadl, sous la direction du savant Mosheim. En terminant ses cours, il pria son professeur de lui indiquer le sujet de la dissertation qu'il devait soutenir, suivant l'usage des universités d'Allemagne. Mosheim , qui dans sa jeunesse avait fait de grandes recherche» sur les livres condamnés au feu, dont il se proposait d'écrire l'histoire (voy. Peignot, Biograpliie de» hommes vivants ), lui remit ses matériaux surServet. Alhvocrdcii les mit en ordre et les publia sous ce titre : llistoria Michaclis Serceli, Helnistadt, 1728, îii-4°, précédé du portrait de Scrvet. Cet ouvrage, devenu rare, est très- recherché des curieux ; on en trouve l'extrait dans les ,4rfa erudit. Lipsiens. , (728, et dans la Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants, I, 328. Mosheim en a donné une traduction allemande avec des additions, Helmsladt, 1748, et un supplément en 1730, in -4°. ( Voy. Mosheim.) VV— s.

ALMAGBO (Diego u' ) , gouverneur du Chili, et marquis du Pérou, était d'une extraction si liasse, qu'il ne connaissait pasmémesa l'amillc. Il pritsonnom du village espagnol ou il naquit, vers 1403. Sobre, infatigable, et doué de beaucoup de patience et d'au dacc, il passa de bonne heure en Amérique, dans la vue de s'enrichir. Apres y avoir suivi la carrière des armes, il s'associa à Pizarre, eu 1520, pour faire la conquête du Pérou. Ce ne fut néanmoins que douze ans après, que, mettant à la voile de Panama, il amena quelques renforts à Pizarre, (tour le seconder dans cette grande entreprise. Almagro dispersa plusieurs corps d'Indiens, et partagea la gloire des premiers conquérants du Pérou. En récompense de ses services, Cliarles-Quinl lui accorda, en 1534, le titre d'adele ntado, ou gouverneur. La juridiction d'Almagro comprenait deux cents lieues de terrain, au sud des provinces du ressort de Pizarre, et s'éteudait même sur le Chili, qui n'était pas encore acquis aux Espagnols. Charge de soumettre toute cette conu-éc, Almagro se mit en marche avec 15,000 Indiens auxiliaires, et 000 aventuriers espagnols, que sa réputation de courage et de prodigalité attira sous ses drapeaux. 11 pénétra le premier dans ce pays inconnu, et combattit avec succès des tribus belliqueuses et indé))endantes ; mais, ayant eu connaissance du soulèvement général des Péruviens, et croyant que Pizarre succomberait, il revint sur ses pas, en 1530, moins pour empêcher les Indiens de reprendre la ville de Cusco, que |>our en chasser les frères de Pizarre : il prétendait que cette capitale faisait partie du gouvernement que lui avait conféré Cbarle^Quint.

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Après avoir disperse les Péruviens révoltés , il se rendit maître de Cilsco par surprise, mil en arrestation les frères de Pizarre, et se fit reconnaître pour capitaiue général. Il attira d'abord sous ses drapeaux, par la ruse, un corps d'E>; agnols que Pizarre lui avait uppusé ; niais celui-ci, après avoir rassemblé à Lima nue nombreuse armée d luiliensel d'Espagnols, marcha con t rc Almagi o, et les deux partis en vinrent aux mains, sous les murs de Cuseo, le 25 avril 1538, Almagto fut vaincu, (ait prisonnier, et condamné à mort à l'âge d'environ 75 ans.: on l'étrangla dans sa prison, avant de le décapiter publiquement. Ce vieux capitaine, après avoir signalé tant de fois son courage dans les combats, montra de la faiblesse en présence de ses juges et dans ses derniers moments. Ses partisans seuls le regrettèrent : il était d'un caractère impérieux et cruel. Il eut encore plus de part que Pizarre à la mort de l'inca Alabualpa. ( Voy. ces deux noms. ) II— p.

ALM AGKO { DlÉuo i>" ), lils unique du précédent et d'une Indienne de Panama. Son père, comme s'il eût pressenti qu'il le vengerait un jour, lui avait résigné sou gouvernement au moment de sa condamnation. Doue de qualités heureuses, le jeune Almagro eut bientôt pour amis tous les anciens officiers de «un père, qui d'ailleurs le regardaient comme son successeur légitime. Aigris par le malheur, ils conspirèrent contre Pizarre, regorgèrent, et proclamèrent, en 1541, Almagro gouverneur général du Pérou; mais ce triomphe ne fut pas de longue durée. Attaqué l'année suivante, et vaincu eu bataille rangée, par le juge royal Yaca de Castro, il fut pris, et condamné à subir le même sort que son père, sur la même place, et par la main du même bourreau. Quarante île ses amis furent exécutés en même temps. B— p.

ALM AIN (JACQUES), natif de Sens, docteur en tltéologie à Paris, eu ISIS, professeur au collège de Navarre, fut enlevé, en IM5, par une mort prématurée. Une vie si courte ne l'empêcha pas de publier un assez grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs font honneur à ses sentiments et à son érudition. Ils consistent en traites de logique, de physique, de morale et tle théologie: les deux plus importants sont : 1" de Autorilate Eccle.iitv, $ru saciontm coneilhrum cam reprœscnlanlium, etc., contra Th. de Vio, gui hit diebus suit srrii>lis ni tus es( Ecclesia Christi sponsor polcslulcm énervai e , Taris, 1512, in-l°. Almain, tout ligueur qu'il était, y défend la doctrine du concile de Kse, contre Cajctau. 2° De Potrstate eecletiasticaetlaicali contra Oc ka m .ouvrage curieux. Les deux traités sont dans l'édition des ouvrages d'AImaiu, Paris, 1517, in-fol. Dupin les a insères dans celle des œuvres de Gerson. On a encore de ce théologien m» ouvrage intitulé : Moralia, Paris, 1525, in-K', gothique ; il ne se trouve pas dans l'édition de 1517. T — D.

ALMAMOl IN ou AL-MAMONT, 7" calife abbasside. Voyez Mamui.x et Mohammed Abek-Amer.

ALMANZOH. Voyez M ansoi u.

ALME1DA ;oo> François d'), comte d'Abrantés, accompagna, jeune encore, Emmanuel, roi de Por-

tugal, à la cour de Ferdinand et d'Isabelle, et servit

avec distinction dans la guerre de Grenade contre les Maures. Nommé vice-roi des Indes portugaises, en 1505. il pas>a en Asie, sept ans après que Vasco de Gaina eut fiayé la route du cap de lionne-Espérance, et contribua teaucoup, par sa prudence et sa valeur, aux vastes complètes de sa nation. En 1508, il détruisit la flotte que le soudan d'Egypte avait armée [wur disputer aux Portugais le commerce de rinde ; il combattit avec le même succès les nombreux ennemis qui s'opposaient à l'établissement des Portugais en Orient, et gouverna les colonies naissantes avec autant de fermeté que de sagesse. Pendant son administration, les Portugais découvrirent les Iles Maldives, Ceylan et Madagascar, à laquelle le vice-roi donna le nom de Sl-Laurent. Il projetait de réduire loule la cote du Malabo- sous l'obéissance d'Emmanuel ; mais, ayant eu de violents débats avec Albuquerque, dont il" refusa de reconnaître l'autorité dans les Indes, il résigna sa viceroyauté, et s'embarqua pour retourner en Europe jouir du fruit de ses longs travaux. Ayant relâché dans la baie de Saldanha, auprès du cap de Bonue- Espérance, les gens de sa suite prirent querelle avec les CafTes, et coururent aux armes, malgré l'avis et les remontrances d'Ahneida. Entraîné lui-même à ce combat indigne de son courage, il fut percé a la gorge d'une flèche qui termina sa carrière, le |«r mars 150!). Il semblait avoir prévu sa destinée. « Eh ! mes amis, disait- il aux Portugais de son équi- « page, où conduisez-vous un homme de soixante « ans, qui a défait tant de flottes et tant d'armées ? » Ferdinand et Isabelle prirent le deuil en apprenant la mort de ce grand homme, dont le désintéressement égala la bravoure. François Almeida laissait en effet îles exemples fie vertus qui furent rarement imités de ses successeurs E— D.

ALMEIDA f DO* L IDHENT n" ) , fils du précédent, suivit son père aux Indes, reconnut lui-même les lies Maldives, et ensuite celle de Ceylan, dont il contraignit le principal monarque .. se soumettre au roi de Portugal. A son retour de cette expédition, il alla joindre la flotte portugaise qni devait assiéger Calicut, et donna de grandes preuves de valeur dans un combat naval contre les Turcs, on il perdit la vie. Affaibli par plusieurs blessures, il se lit attacher au mat, et ne cessa d'exhorter les siens, que lorsqu'un coup de mousquet Peut atteint dans la poitrine. Son père, apprenant cette perte, dit qu'il remerciait Dieu d'avoir accordé a son lils une mort si honorable. B-p.

ALMEIDA (Emuvmtei.), ne à Vizeu, en Portugal, en 1580, entra dans l'ordre des jésuites a l'âge de dix-huit ans, et fut envoyé aux Indes, où, après avoir fini ses études, il devint recteur du collège de Bacaim. Eu 1022. le général des jésuites, Vitellcschi, l'envoya comme ambassadeur auprès du roi de PAbyssinie, sultan Segued. Ce prince eut pour lui beaucoup d'épards; niais son successeur Faeiladas le chassa du royaume, ainsi que les autres jésuites. Hetourné à Goa en 1634. il fuc élu provincial de son ordre daus l'Inde, et inquisiteur. 11 mourut à Goa,

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en 1646. Les ouvrages que l'on a de lui sont : 1" une Hittoire de la haute Ht h iopie , que son confrère Ralthasar Tellez augmenta de plusieurs fails et documents, et publia à Coimbrc, en 166», in-fol. ; 2° des Ullret hittoriques, écrites de l'Abyssinie à son général, et publiées à Home, en italien, 16-20, in-8». Almcida a encore laissé des ouvrages manuscrits sur les erreurs des Abyssins, et contre les faussetés avancées par le dominicain Vrreta dans son Histoire d'Ethiopie. — T7n autre Almeipa [Apollinaire), aussi jésuite, et nommé évéque de Nicée par Philippe IV, se rendit en Ethiopie comme missionnaire, et y fut tué, par ordre de l'empereur, en 1058. — Enfin, un troisième jésuite, du même nom, fut un des plus infatigables missionnaires de l'Inde, et composa un dictionnaire de la langue canique, qui est celle d'une grande partie des habitants de la cote du Malabar. C— S — \.

ALMEIDA (TllÉOMMS), oratorien portugais, né à Lisbonne en 1722 . fut le premier , en Portugal, qui osa secouer le joug de la physique scolastique, et enseigner la philosophie naturelle, d'après la nature elle-même, consultée par des expériences et des observations. Son ouvrage, écrit en portugais, sous le titre de Rrrreaçao filumfiea, en 5 vol. in-8*, 1751, lit une révolution dans les études physiques des Portugais, et aurait attiré des persécutions à l'auteur, si les jésuites n'eussent |>as été chassés de ce royaume, où ils s'étaient déclarés les défenseurs des vieilles chimères. Son attachement pour les prétentions de la cour de Home lui attira, pendant la fameuse rupture entre la roi Joseph Ier et cette cour, des mortifications de la part du marquis de Pomhal, et il se vil obligé de chercher un asile en France, où il resta jusqu'à la retraite de ce ministre. De relour en Portugal, l'académie royale des sciencesde Llslwnne s'empressa, sur son ancienne réputalion. de l'admettre parmi ses membres; mais on s'aperçut bientôt que le P. Almcida n'avait pas suivi les progrès (pie la nation avait fails en vingtcinq ans ; et on le laissa s'éclipser, sans manquer aux égards que méritaient les anciens services qu'il avait rendus aux sciences. Il publia, après son retour a Lisbonne, un roman moral intitulé l Heureux Indépendant, qui eut peu de succès, et cpie la jeunesse appela l'Heureux Impertinent. Ce religieux, d'ailleurs très-estimable par ses tmrurs et sa piété, est mort à Lisbonne en 1 803. C— S— a .

ALMEIDA ( IVico!.Ao-Toi,EyriNo n' ) , poêle portugais, né à Lisbonne en 1745, perdit son père de lionne heure, et, quoique peu favorisé de la fortune, lit très-bien ses premières études, et se rendit à l'université de Coïmbre pour les terminer. Après la mort du roi Joseph et la disgrâce de Pombal, le jeune Almeida. doué d'un talent remarquable |>our la satire, et entraîné par les clameurs du parti (pie ce ministre avait comprimé, fil contre lui une pièce de vers qui fut extrêmement goûtée, et qui lui valut la protection de quelques grands, ainsi qu'une cliaire de rhétorique. Après plusieurs années d'exercice, il obtint, par la faveur de Seabra, une place de commis au département de l'intérieur, véritable sinécure ; car U lut convenu qu'il en toncherail les émo-

luments sans être tenu de se livrer à aucun travail. Son caractère aimable, le charme de sa conversation, égayée par des saillies spirituelles, et surtout ses compositions poeliques , lui procurèrent toutes les douceurs d'une vie exempte de soucis. Depuis sa sa-

I tire contre Pointai, qu'il se repentait d'avoir faite, et qu'il n'a jamais laissé imprimer, il n'attaqua que les vices et les travers, res|>ectant toujours les personnes. Sa supériorité dans ce genre fut tellement reconnue, qu'il n'eut ni rivaux ni imitateurs. C'est surtout dans les stances de cinq vers que ce poêle s'est acquis une réputation, en faisant le tableau des HMFUfl contemporaines. On aiimire la naïveté piquante de son slyle à la fois élégant et facile, et ne descendant jamais au trivial ; lors même que ses tableaux sont du genre |c plus h<,s< il conserve un ton décent et une urbanité qui le placent, sous ce rapport, au-dessus «le tous les poêles satiriques de son pays N'ayant mis, dans sa jeunesse, que peu d'importance à »lcs productions qu'il regardait comme de simples délassements, il n'a publié ses ouvrages que longtemps après les avoir composés. Les plus jolies pièces de sou recueil étaient tellement répandues par «les copies manuscrites, qn'ellt s firenl moins de sensation lorsqu'il se décida enlin à les mettre au jour, (le qui contribua encore à diminuer l'empressement du public, c'est que les matin et les usages avaient entièrement change, cl que plusieurs descriptions du poète ne furent pas même comprises. Malgré ce désavantage, ou les lit encore avec plaisir. Parmi les auteurs portugais, Saa de Miranda est celui dont se rapproche le plus noire jmx'ic. Il a quelques traits de ressemblance avec Gresset. et parfois avec la Fontaine. Almeida est morl a Lisbonne en 1811. 11 avait fait paraître ses poésies en 1802, sous ce titre :

! ObrtU pocticas de Kiculao-Tolentino de Almcida. 2 vol. in-8°. L'édition, imprimée aux frais du gouvernement, fut remise à l'auteur, Lisbonne, 1828, 2 vol in- 10. C— o.

ALMEIDA (Avtomo n'), chirurgien portugais, naquit dans la province de lleira, vers 1761, de parents mal partagés de la fortune. N'ayant reçu que les premiers éléments de l'éducation srotasticpic, il se rendit a Lisbonne, entra à l'hôpital de St-Joseph en qualité d'infirmier, et se livra avec tant d'ardeur A l'étude de l'analomie, qu'en peu de temps il se fil remarquer du professeur Manoel Constaneio qui le pril sous sa protection. Le jeune Almeida, redoublant d'activité, apprit presque sans maîtres le français et le latin, poursuivit avec une persévérance soutenue l'élude de toutes les branches de la chirurgie, et fut

, enfin nommé à la chaire d'opérations chirurgicales

] dans le même hôpital. En 1701. le professeur d'anatomiç Constanrio ayant obtenu de la reine Marie I" l'envoi de plusieurs jeunes chirurgiens en France et en Angleterre pour se perfectionner dans leur art, fit comprendre dans ce nombre son élève Almcida. L'état agité de la France décida le gouvernement portugais à faire partir les pensionnaires pour l'Angleterre. Almcida apprit bientôt la langue anglaise, suivit les cours de l'hôpital de St-Thomas, et vit opérer les principaux chirurgiens de Londres, notam-

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ment 4 Mine, Jean Hunier, Blizard, Ware, etc.; il s'appliqua également aux accouchement*, suivit les leçons de chimie du docteur Higgins, et retourna en Portugal au bout de deux ans. Il est le premier chirurgien portugais qui ait exécuté l'opération de la taille latérale, et il lit un grand nombre d'opéral ions heureuses. l'eu de temps après son retour de Londres, il publia en portugais un traité sur la médecine opératoire, «pie le gouvernement lit imprimer à ses frais, eu abandonnant à l'auteur toute l'édition. Cet ouvrage eut un grand succès, et contribua beaucoup à étendre les connaissances chirurgicales en Portugal. Almcida continua de donner ses cours d'opérations, et forma de nombreux élèves. 11 jouissait d'une considération générale, lorsque, à l'approche du maréchal Masséna, en 1810, la régence ayant fait arrêter et déporter aux Açores plusieurs personnages soupçonnés d'être partisans des Français, Almeida fut compris dans cette mesure. Ce fut par faveur qu'au mois de septembre suivant on le transféra à Plie St-Michel, d'où il obtint de passer en Angleterre. Après quelques mois de séjour à Londres, il se rendit à Rio-Janeiro, et retourna enfin dans sa "patrie, où il est mort en 18.2. Pendant sa dernière résidence en Angleterre, il traduisit en portugais l'ouvrage de Cuvier sur le règne animal. Il a publié, dans les Mémoires de l'académie de Lisbonne, une notice sur l'introduction de la vaccine en Portugal, laquelle est loin d'être exacte. Almeida était un excellent anatomiste et un très-habile opérateur ; mais ses connaissances en pathologie chirurgicale étaient superlicielles. Voici la liste de ses écrits : 1 u Tralado complelo de Medicim operaloria. Lente de opérantes no hotpilal de Sto Jose, Lislionne, 1801, 4 vol. in-8"; 2° Obrat cirurgicas, ibid., 1813-1814, 4 vol. in-8°; 3° Quadro elementar da llisforia natural dot animàe$, Londres, 1813, 2 vol. in-8°. C'est la traduction de l'ouvrage de Cuvier. Le savant Brotero avait fourni à Almeida la nomenclature portugaise de cette traduction. C — o.

ALMEIDA MELLO E CASTRO (DOM Jean d'), comte das Galvéas, ministre d'Etat portugais, né à Lisbonne en 17.*»". entra de bonne heure dans la carrière diplomatique. Soutenu par son oncle, Martinho de Mello, secrétaire d'Etat sous Pombal, il lut successivement ministre à la Haye, à Rome et à Londres, où il résida depuis 1794 jusqu'en 1799, épotpie à laquelle il fut nommé par le prince régent au ministère des affaires étrangères et de la guerre. Pendant sa mission à Londres , partisan décidé de l'alliance avec l'Angleterre , il fut le docile instrument de lord Granville et de ses collègues. Avant son entrée au ministère , il avait engagé M. de Vioménil comme général en chef de l'armée portugaise , poste dont ce militaire toucha les appointements , mais dont on ne lui permit pas d'exercer les fonctions. Par suite des négociations d' Almeida, les Anglais avaient fait occuper Lisbonne , en 1798, par un corps de troupes composé principalement d'émigrés français (les régiments de Mortemart, Castries, Dillom,Royal-Emigrant,Rotalier, artillerie ), lorsque aucun danger réel ne menaçait le pays: mais quand

il fut question de repousser les Espagnols et les Français, à la lin de 1800, l'Angleterre retira ses troupes et se contenta d'offrir au Portugal un modique subside. l.e traité de Radajoz et celui de Madrid , entre la France et le Portugal , ayant mis celte dernière puissance dans les mains de Napoléon , le général Lannes, son ambassadeur, obtint du prince régent le renvoi d Almeida, qui cessa de jouer un ride public en Portugal , et ne rentra dans le ministère qu'au Brésil. Il avait éjHtusé une fdle du comte de Cavalleiros, cousine de la duchesse de Lafôes; mais ce mariage ne fut point heureux. Le confiant duc de Lafôes, pensant que les nouveaux liens qui l'unissaient au ministre l'attacheraient à sa fortune, ne cessa de lui prodiguer des marques d'amitié; mais Almeida, se joignant à son collègue Pinto, aida à renverser le vieux duc. Peu de tenqw avant le depart de la cour pour le Brésil, il fut appelé comme conseiller d'Etat, et consulté sur le parti à prendre. 11 conseilla d'opposer une énergique résistance aux armées française et espagnole ; mais il n'y avait aucun moyen d'exécuter un tel plan. Le gouvernement inspirait peu de conliance, et le mécontentement était au comble. Dans des conjonctures aussi fâcheuses, la cour prit le parti de s'embarquer pour le Brésil , et le comte de Galvéas l'y accompagna. Vers la lin de 1809, après la mort du vicomte d'Anadia, il fut nommé secrétaire d'État de la marine et des colonies. Il est mort à Rio-Janeiro, le 18 janvier 1814. 11 avait été chargé quelque temps auparavant , par intérim , du déparlement des affaires étrangères cl de la guéri t". Le prince régent l'avait créé comte de Galvéas, grand croix de St-Benolt-d' Avii , de la Tour et de rBpëe, etc. C-o.

AL-MELIK. Voyez MÉLIK.

ALMELOVEEN (Théodore Jansson van), mé decin hollandais, né en 1657, à Mydregt, près d'Ulrecht, où son père était ministre de la religion réformée, était, par sa mère, neveu du célèbre imprimeur Jansson, dont il ajouta le nom au sien. Après avoir étudié les bel les- lettres à Ltrecht, sous Gra-vius ; la théologie , sous Leusden ; et la médecine , sous Munnick , il professa successivement, a l Ludovic!» , l'histoire, la langue grecque, et la médecine. Son père le destinait a être, comme lui, ministre de la religion; mais Almcloveen fut rebuté par les disputes des théologiens, et, désespérant de pouvoir les concilier, il se voua spécialement à l'art de guérir, sans altandonner toutefois ses éludes classiques. Les éditions qu'il a données de Strabon, de Juvénal et de Quiutilien , attestent sa profonde érudition. II fut membre de l'académie des curieux de U nature, sous le nom de Celtut iecundut, et mourut à Amsterdam, en 1712, léguant à un de ses amis tous ses manuscrits, et à l'université d'Utrecht toutes les éditions de Quintilien qu'il avait réunies a grands frais. Il eut surtout de grandes connaissances en bibliographie. Les facilités que lui offrait son oncle Jansson influèrent sur cette direction de son esprit, et sur le nombre considérable d'ouvrages que nous avons de lui. Ce sont, en grande partie , des corameataires estimables; en voici la liste : i° Bippocroli»

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Aphoritmi, grâce et latine, Amslelodami . 1685, in-24; 2° Aurelii Celsi de Medicina libri octo, etc. , avec des additions de Constantin , de Casaubon et de lui, etc.; Mi., 1087, in-12, 1713, in-8», Palavii, 1722, in-8°, avec Sereni Sammonici de medicina Fratcepfn taluberrima ; 3° Apicii Calii de Obsonii* et Condimenlis , sive de Arte coquinaria libri 10, également avec beaucoup de notes de Martin Lister, Il.imelbergius, van der Liuden, etc., Amstelod., 1709, in- 8°; 4° une nouvelle édition des huit livres des JUaladics aigùes et chroniques de Cu-lius Aurélia nus , d'après Jean Conrad Amman, avec des remarques de notre laborieux écrivain, Amsterdam, 1709, in-4", avec h'g. ; 5° Bibliotheca promism et latens , à laquelle sont jointes les Epitres de Velscliius, sur les écrits de médecine inédits , Coudes , 1 088 et 1 608, in-8«, 1692, in-12, Nurcmb., 1699, in-8°, mm occmsionibus Rodolphi Martini Melfuhreri; 6° AnaUmie de la Moule, en langue flamande, avec des observations anatomiques, médicales et chirurgicales, Ainst. , 1681, in-8°; 7° Onomasticon rerum inventarum et Intenta nov.-antiqua, id est, brevii enarratio ortus tt progressus arlit medica, Amst., 1684, in -8°: c'est une histoire de la médecine , et particulièrement de ses découvertes, daas laquelle il rehausse extrêmement la gloire et le mérite des anciens; 8- Opus- ?ula, rive antiquitalum e tacrit profanarum Spécimen injectant vêtent m pœtarum fragmenta, et plâgiariorum syllabus, Amslelodami , 1686, in-89. Ce que l'auteur dit dans ce recueil des plagiaires serait susceptible de beaucoup d'additions. Outre divers autres ouvrages de littérature qu'a laissés Almclovecn, tels que Nota ad Juvemlem ; rcterum poetarum Fragmenta; une édition de Strabon, Ainsi., 1707, in- fol., 2 vol.; on lui doit un Tableau des Fastes consulaires de Rome, Amsterdam, in-8°; de Yitis Stepkanorum, Amslelodami, 1683, in 8°. Cet ouvrage ne contient pas tout ce qu'on aurait pu dire de ces célèbres imprimeurs ; mais on y trouve beaucoup de choses curieuses sur leur profession. On a lieu d'être étonné des immenses travaux d'érudition entrepris par les savants, dans le siècle qui suivit le renouvellement des sciences et des lettres en Europe ; mais c'est qu'alors on aima mieux étudier les livres que la nature, tandis que, chez les anciens, l'observation immédiate de celle-ci occupait presque exclusivement les philosophes et les savants. Enfin Almelovcen contribua, avec Drakeslein, à la publication du 6* vol. de YUortut Malabaricus. (Vog. va» Rheede. ) C. et A— N.

ALMENAR ( Jean ) , médecin espagnol du 15e siècle , est un des premiers qui aient écrit sur la maladie vénérienne , et qui aient indiqué la Imnnc méthode d'y employer le mercure. Son traité de Morbo gallico, Venise , 1502, in-4", réimprimé à Pavie, 1516, in-fol., à Lyon, 1528 et 1539, in-8*, à Baie, 1536, in-4°, mérite d'être consulté pour les faits , et surtout pour l'historique de celte maladie, dont l'apparition soudaine en Europe sera toujours pour les médecins philosophes un objet intéressant de recherches. Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'Almenar, trompé par un aveugle attachement à l'ordre ecclésiastique , ne

peut supposer l'existence de la maladie vénérienne chez les prêtres occasionnée par la même voie que chez les autres hommes; il aime mieux la déduire hypotliétiqueraeiit et gratuitement de l'influence et de la corruption de l'air : per quam causam, dit-il, pie credendum est erenisse in presbyleris et reMgiosis. C. et A— n.

ALMÉNARA. Yoyet Heuvas.

ALMENRINGEN ( Lot;is Harscher d'), jurisconsulte, naquit à Paris, le 25 mai 1766, d'une famille noble, originaire de la Suisse. Son père, qui avait été banquier à Francfort, remplissait à cette é|>oque les fonctions de ministre de Hesse-Darmstadt près la cour de France. Mais cette nouvelle position ne lui avait pas nié le goût des spéculations commerciales : il s'y livra comme auparavant, perdit toute sa fortune, et se retira, en 1771, à Lauenstein, dans le Hanovre. Ne pouvant tenir son (ils à l'école, il lui enseigna lui-même les premiers cléments du latin, de l'histoire et de la géographie Le jeune Almendiiigen fit de rapides progrès, apprit sans aide plusieurs langues vivantes, et se livra à une élude approfondie des littératures modernes. A Page de treize ans il n'avait encore formé aucun projet pour le choix d'un état, lorsqu'un de ses parents lui fournit les moyens de passer deux années à l'université de Goeitingue. Il y alla en 1789, et suivit avec une grande assiduité les cours de droit et d'histoire des professeurs Runde, Hugo, Putteret Spitllcr. La protection dont ces savants l'honorèrent, et un prix qu'il remporta en 1791, lui permirent de prolonger son séjour à Goettingue jusqu'en 1792. Vers la lin de cette année il accepta, dans une famille patricienne d'Amsterdam, une place de précepteur, qu'il quitta en 1794 , pour occuper une Chaire de droit à l'académie de Herborn (Nassau). Dès cette é|>oque, déployant une activité prodigieuse, il fit deux cours à l'académie, plaida, comme avocat, devant les tribunaux, et prit une grande pari à la rédaction de la Bibliothèque du droit criminel, ouvrage périodique publié par MM. Feuerbarh et Grollmann. Ce furent surtout les mémoires qu'il composa pour ce recueil qui fondèrent sa réputation. Pendant son séjour à Herborn, six des pre miéres universités d'Allemagne lui offrirent des chaires ; mais il les refusa, pour ne pas se séparer de ses vieux parents qu'il logeait chez lui, et qui ne pouvaient supporter un déplacement. Ceux-ci étant morts en 1802, Almendingen accepta la place de conseiller à la cour d'appel qui venait d'être établie à Hadamar; et dès que le grand-duc de Bergeut pris possession du pays de Nassau-Orange, il passa avec le même titre à la cour de Dusseldorff. Rappelé, en 181 1, au service du duc de Nassau, il devint membre du conseil intime et vice-directeur du tribunal aulique de Wisbadcn, fonctions qu'il cumula bientôt avec celles de référendaire du ministère d'État. En cette dernière qualité, il assista aux conférences des plénipotentiaires de la principauté de Nassau, de la Hesse et de Francfort, relativement à l'introduction du code Napoléon. 11 se déclara pour l'adoption de ce code, mais il insista sur la néces-

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«ité d'y faire des modifications qui le missent en harmonie avec les mœurs de l'Allemagne , et de donner aux autorités administratives et judiciaires une organisation conforme à celle de la France. Les discours qu'il prononça dans ces conférences obtinrent les suffrages des plus profonds jurisconsultes (<), et notamment du célèbre avocat M. Kehberg, qui déclara que, parmi tous ceux de ses coinpatriotes qui avaient écrit sur la législation française, Almendingen seul l'avait envisagée sous toutes ses faces et dans toutes ses conséquences. Nommé, en 1H15, membre de la commission de législation de Nassau, il proposa d'utiles réformes dans la procédure, la publicité des audiences et rétablissement de justices de paix, projets auxquels les événements politiques empêchèrent de donner suite immédiatement, mais irai ont été adoptés plus tard. L'année suivante, il publia un ouvrage intitulé : le Posté, le Prêtent et l'Avenir de l'Allemagne, envisagé* tout le point de me politique ( VVishaden), qu'il avait compose dans le but de défendre la conduite tenue par les petits États de la confédération du Rhin. Cette production remarquable, où il jugea les hommes et les choses avec une sévère impartialité, et heurta de front quelques-unes des opinions les plus accréditées, devint l'objet d'une foule d'attaques, et lui attira l'inimitié de plusieurs grands |>ersonnages. En 4810, lors de la réorganisation de l'ordre judiciaire, il obtint la vice-présidence du tribunal auliquc de Dillembourg, et bientôt après il fut nommé conseiller d'État. Ixmgtemps auparavant, il avait plaidé pour les mineurs d'Anliall-Schaumbourg contre le prince d'Anlialt-Bcrmbourg, dans une affaire relative à la validité d'une donation. Ce procès, qui avait été juge en première instance par le tribunal de Ilalbcrstadt, devant être porté en appel à l'une des cours supérieures de la l'russe, Almendingen céda aux vœux de la mère et tutrice de ses clients, et se rendit à Berlin pour y soutenir leurs intérêts; ce fut en 1815). peu de temps après que la diète eut adopte les fameuses résolutions du congrès de Carlshad, et au moment où la réaction du parti absolutiste se manifesta a\ec le plus de violence. Comme il importait à ses clients que leur cause fût jugée en dernier instance par la cour de révision des provinces rliénanes, et non par celle de Berlin, Almendingen se pourvut à celle lin par-devant le ministre de la justice, qui avait le droit de désigner la cour qui en connaîtrait. 'Coûtes ses démarches pour obtenir le renvoi qu'il désirait étant restées infructueuses, il tenta un dernier moyen : ce fut la publicité. 11 fit imprimer à Brunswick une histoire du procès de la famille d'Anhalt. dans laquelle il se livrait à une critique acerbe de la législation prussienne, et notamment de la disposition qui laissait le choix de la cour d'appel k la discrétion d'un ministre^). Le gouvernement, qui vil dans cet écrit

(«) Ces Usttmn obi ttè pobliè* en S vol. in-8"; Clam, Mit, (J) Voîrt le titre de rel ouvrage, qui indique suffisamment IV*pnl dan* lequel il a été redit : llulnire dn pretc* entre la hranthe ainee tl It brancke cadette de la mauon pnncitre d' AuÂail- flenubcu.ru, sur It ralidtlt de la donation dn château de Zeiti, du rtllêft 4t Btlltiem tl du terre* «* Aichertlten tl Gttertlettn; arec

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une provocation au mépris des lois existantes, ordonna des poursuites contre l'auteur et le fit garder dans son logement. En vain allégua-t-il sa qualité d'étranger, en vain dit-il que son ouvrage avait été publié hors de la Prusse: il fut déclaré justiciable de la chamlire de justice, mais obtint la permission de partir, en fournissant une caution de 4,000 francs. De retour a Dillembourg, il établit ses moyens de défense et les envoya au tribunal de Berlin, qui le condamna àun an d'emprisonnement dansune forteresse. Cet arrêt ne fut pas exécuté, parce que le tribunal aulique de Dillembourg refusa d'y apjioser son exequatur ; mais le gouvernement de Nassau remercia Almendingen. en lui conservant ses appointements à titre de |>ension. Profondément affligé de cette destitution, et condamné à une peine qu'il regardait comme infamante, il devint mélancolique, rédigea mie justification, mais n'eut pas la consolation de la voir publiée, car aucun imprimeur n'osa s'en charger. Depuis celle époque (1822), il ne sortit plus de sa cliambre , et se refusa même à la société de ses amis. Il mourut le 10 janvier 1827. — On a de lui trente et un ouvrages, parmi lesquels se distinguent, outre ceux que nous avons cités : 1° de l'Origine de la guerre et de trtn influence sur la eivilitation, 1788; 2° sur le* Progrès et In Décadence des sciences, 1780; 5° Herherchrt sur les droits et lit forme de la diète germanique pendant la vacance du trône impérial, 1792 ; 4" Essai philosophique sur les lois pénales de la république française, 17! 8; 5*mr les Bationes domestice des Romains du temps de la république, 1801 ; 6° sur l' Imputation légale et tes rapports avec l'imputabilité morale, 1802; 7" Recherches sur la nature des crimes et des peines, 1804; 8° Essais pratiques sur la métaphysique du procès civil, 1806; »* Métaphysique du procès civil, 1808; 10* Mémoires sur la jurisprudence et l'économie politique, 9 vol. (1809-1812), dont les trois derniers contiennent une réimpression de ses discours sur le code Napoléon. Toutes les œuvres d'Almcnriingen sont en allemand, excepté le n" 5, qui est en français. M— \.

ALMERAS (le baron Louis), général français, né le 15 mars 4768, à Vienne en Dauphiné, fut élève des ponts et chaussées, et s'enrôla, en 1791, dans un bataillon de volontaires nationaux du département de l'Isère, où de sergent-major il devint capitaine. En 1795, il fut aide de camp du général Carlaux, qu'il accompagna sous les murs de Toulon. On trouve dans les mémoires de Bonaparte publiés par Montliolon un brillant éloge de la valeur qu'Aimeras déploya alors contre une sortie de la garnison. Devenu adjudant général, il fut employé à l'armée des Alpes. Se trouvant à la tête d'un poste de 200 hommes, il se vit tout à coup enveloppé par 1,500 Piérnontais, qu'il repoussa avec beaucoup de couraïe et de présence d'esprit. Aimeras fut ensuite employé dans le département du Gard, ou il eut à combattre quelques rassemblements de roya

de* ohervaiitm* sur riaieryrelalUm léltereit it* lois, sur la Juive rendue i huit clôt, tl tar la tartan* ai* ta motitrt ie proets, 3 vol. tu-a». tWOet (Ml.

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listes dont il saisit les chefs, St-Chrotol et Dominique Allier. Après avoir fait sous Bonaparte les brillantes campagne» d'Italie, eu 1706 et 171)7, il suivit ce général en Egypte, Il lit toute celte guerre dans l'état-major de KJéber, et se distingua notamment à la bataille d' Héliopolis, ou il reçut deux blessures. Revenu en Europe, le clief du gouvernement parut se rappeler qu Aimeras avait été l'ami cl le confident de Kléber, et le tint éloigné des événements en lui donnant le commandement de l'ile d'Elbe. Abneras occui* ce poste obscur jusqu'au commencement de 1800, où il passa à l'année d'Italie pour y commander une brigade sous le vice-roi, qu'il quitta bientôt pour aller à la grande armée sur les rives du Danube. Il Tut blessé grièvement à Wagram. Dés lors il ne cessa de combattre sous les yeux de Napoléon, qui avait beaucoup d'estime pour sa valeur. 11 fut encore blessé a la terrible bataille de la Moskowa, et nommé lieuteuant général le mois suivant (6 octobre 1812). Fait prisonnier dans la retraite, il fut conduit jusqu'aux contins de la Crimée et ne revint eu France qu'après la chute de Napoléon. 11 fut créé chevalier de Sl-Louis le 50 août 1814, et se relira dans sa ville natale, qu'il u avait pas revue depuis sou enfance. Ce ne fui qu'en 1823 que, s'étant présenté au duc d'Angouléme lors du passage de ce prince à Lyon, et lui ayant offert ses services pour la guerre d'Espagne, il en reçut le commandement de la ville de Bordeaux, qui convenait mieux à son âge et a sa saute que tant de fatigues et de blessures avaient rendue fort mauvaise. Il est mort dans cette ville, le 7 jauvier 1828. Le général l^marque, à cette époque, publia dans les journaux un éloge historique d' Aimeras, qui avait été son compagnon d'armes et son ami . M— d j .

ALMICI (Piehre-Cauili.e), prêtre de l'Oratoire, naquit, à Brescia, d'une famille noble et aisée, le I 2 novembre 1714. Il étudia, dés sa jeunesse, la théologie et les langues grecque et hébraïque, dans lesquelles il devint très-savant. Le texte des saintes Ecritures fut le principal objet de ses travaux, et il y joignit une connaissance approfondie des Pères grecs et latins s mais il embrassa aussi dans ses éludes la chronologie, l'histoire, tant sacrée que profane, les antiquités, la critique, la diplomatique, la science liturgique : rien entin n'était éuanger à l'étendue et à l'activité de son esprit. 11 était aussi accessible que savant, et ou le consultait dans sa patrie comme un oracle : il y mourut, le 5(1 décembre 1779, âgé de 05 ans. On a de lui des Réflexions critique» sur le livre de Febronio, iutitulé : de Statu Ecelesia, et légitima poUtlate rurnani Ponlifieis; quelques dissertations, et autres opuscules, parmi lesquels on eu distingue un sur la Manière d'écrire le» vie» de» hommes illustres, avec un appendicc »ur celle d'écrire sa propi e vie : il a de plus laissé des ouvrages, qui sont restés inédits, entre autres, des Observations sur le» Ittdien» et le» Français comparé» erUre eux; des Méditation» sur la vie et tur le» écrit» de /-V. Paolo Sarpi, etc. ( Voy. son éloge historique, dans la JVourWf» Collection d oputcuU» donnée par Mandelii , vol . 58, art. 8.) G— s.

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ALMODOVAR {le duc d'). Après avoir été ministre d'Espagne en Russie, ambassadeur en Portugal, puis en Angleterre, a l'époque de la rupture qui précéda la guerre d'Amérique, il vint occuper à Madrid une place honorifique, qui lui laissait des loisirs : il les employa à cultiver les lettres, et publia d'abord, en 1781, uue espèce de journal, sous le dire de Décoda cpistolcn, où se trouvent, sur la France littéraire, des détails curieux, au moins pour les Espagnols de ce temps- Ut. Il entreprit ensuite, sous le nom de Malode Luqur, la traduction de l'ouvrage île Raynal, qui, proscrit en Espagne, y était presque inconnu; il y lit des corrections, des additions, des suppressions, et l'Histoire philosophique et polilique de» deux Indes devint ainsi un ouvrage utile, que le sainl-ofliee lui-même ne put trouver dangereux. Le duc d'Almodovar est mort a Madrid, eu 17.4. B — u.

ALMON' (Jean}, écrivain politique et libraire de Londres, s'est rendu célèbre dans son pays, moins par les ouvrages qu'il a composés que par ceux qu'il a publiés suis en être l'auteur. Né à Livcrpool en 173", il s'établit à Londres en 1759. A la mort de George II, en 1700, il publia un Examen du règne de (ieorge If, qui eut quelque succès; en 1701, il publia un Examen de l'administration de M. Pin. Après la mort de ce ministre, Almon publia un volume d'Anecdotes de la vie du comte de Chatam, qui a été souvent réimprimé ; il a donné depuis un recueil d'Anecdote» biographiques, littéraires et politiques, des personnages les plus distingues de son temps, en 3 vol. in-8°; mais ce ne sont pas là les productions qui ont attiré plus particulièrement l'attention publique sur ce libraire; de bonne heur»; il s'était montré le partisan des vvhigs les plus exagérés ; il se rangea constamment du parti «le tous les écrivains qui attaquaient l'administration. Lorsque le fameux vVilkes commenta ses attaques contre le ministère du lord Bute, qui ont eu des suites si éclatantes et si sérieuses, Almon lui offrit ses presses et sa plume. Il publia, à celte occasion, un pamphlet sur les Jurés et sur les Libelles, pour lequel on lui intenta une action criminelle au tribunal du banc du roi ; mais il n'y eut pas de jugement contre lui. On se rappelle les fameuses Lettre» de Junius, qui ont paru eu 1770. La hardiesse des idées, l'élégance et l'énergie du style, et la curiosité qui s'est attachée sans succès jusqu'ici à en découvrir le véritable auteur, ont excité et excitent encore un vif intérêt. Almon n'en était |»as 1 éditeur ; il n'en fut pis moins cité à la cour du banc du roi, pour avoir vendu des exemplaires de la Lettre de Junius au roi, et condamné à payer une amende de 10 marcs, et à donner des cautions de sa lionne conduite |x ridant deux ans. En 1771, Almon forma rétablissement d'un ouvrage oériodique, sur un plan nouveau, qui se continue encore avec succès : c'est le Parliamenlary Mcgister (Journal parlementaire), destiné uniquement à rendre compte de tous les débats des deux chambres. C'est une source de documents précieux pour l'histoire politique de l'Angleterre moderne. II a publié, avant sa mort, une nouvelle édition des lettre»

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de Juniiu, enricliie de notes et d'anecdotes trèsutiles pour l'intelligence de plusieurs passages de ces lettres. On lui doit aussi la publication des écrits de Jean Wilkes, avec des mémoires très-éleudus sur la vie de cet homme célèbre. Almon est mort le 12 décembre 1803. S— D.

ALMONDE (Philippe van), vice-amiral Itollandais, naquit à la Brille, en 1646, et fit ses premières armes sous le capitaine de marine Kleidyk, l'un de ses oncles. Élevé bientôt au grade de capitaine de vaisseau, il eut le commandement du Dortreeh, dans le long combat naval des H, 12, 15 et 14 juin 1(168, où Ruyter s'acquit tant de gloire. Depuis cette époque, Almonde ne cessa de donner des preuves de bravoure et d'habileté. 11 délivra, en 1672, Ruyter, son amiral. envelop|>é |>ar deux vaisseaux ennemis ; l'année suivante, il commanda la Hotte stationnée devant Gorée, rejoignit ensuite dans la Méditerranée l'escadre île Ruyter, et, à la mort de cet amiral, près de Païenne, en 1676, il reçut ordre de ramener en Hollande l'armée navale de la république. Almonde seconda Corneille Trouip dans ses tentatives pour affaiblir la puissance navale de la Suède, et mettre le Danemark bois de danger; mais ce fut à la fameuse bataille de la llogue, en 16i>-2. qu' Almonde se signala le plus : il y commandait l avant-garde des Hottes combinées, et on attribua, en grande partie, la victoire qu'elles remportèrent à sa bravoure et à ses savantes mano uvres. L'escadre française sciant approchée de l'ennemi jusqu'à la portée du pistolet, sans qu'il fût tiré un seul coup de part ni d'autre, l'amiral hollandais, impatient de combattre, tira un coup de canon, qui fut le signal de cette bataille navale, l'une des plus sanglantes et des plus décisives qui se soient jamais livrées. On sait que les Français, dont l'armée était inférieure de plus de moitié à celle des alliés, rendirent la victoire douteuse toute la journée, et tirèrent autant de gloire de leur défaite que les Anglais et les Hollandais de leur triomphe. (Yoy. Rlssei, et Toi nvn.i.t.) Almonde se distingua aussi dans l'expédition dirigée contre les cotes de France et d'Espagne, sous les ordres de l'amiral anglais Rooke. Les deux Hottes combinées cherchaient à s'emparer des galions espagnols venus des Indes; niais, la saison étant déjà trop avancée, l'amiral anglais était d'avis d'ajourner l'expédition ; Almonde seul, montrant la possibilité de vaincre. pro|»osa d'exécuter l'entreprise sans retard, entraîna tous les avis, et réussit comme il l'avait annoncé. Un riche convoi de galions espagnols, escorté par quelques vaisseaux de ligne français, fut pris ou miné dans le port de Vigo. Des lors la renommée d'Alinondc s'étendit dans toute l'Europe. Il termina sa longue et glorieuse carrière dans sa terre «le Haaswyk, près de Leyde, le 6 janvier 1711, à (iti ans. Ses neveux lui érigèrent un mausolée dans l'église de Ste-Catberiue, à la Brille. E— n.

ALNANDER (Jeam\ auteur de l'histoire de l'imprimerie en Suède, était, né vers la fin du 17e siècle, à Nortwping. En terminant ses études à l'université d l psal, il publia sa thèse intitulée :

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Hitlonola artit lypograpkica in Suecta, L'psal, 1722, in-8*. Ce curieux opuscule n'ayant été tiré qu a un petit nomure u exempta'res tut reproduit à Rostock, en 1725, dans le même format. 11 est divisé en quatre chapitres. Dans le premier, l'auteur, après avoir jwrlé du zèle (fuc les Suédois ont constamment montré |>our les lettres, et des bibliothèques qu'ils avaient établies dans les cathédrales et les principaux monastères, arrive à l'introduction de l'imprimerie en Suède. Elle y fut apportée par Jean Snell, artiste allemand; la première édition sortie de ses presses est le Dialogttt erealurarum morittiuUus, Stockholm, 1483, in- 5e. Un seul imprimeur ne pouvant sufllre aux besoins des églises et des écoles de tout le royaume, plusieurs prélats, dès la lin du 13' siècle, firent imprimer des missels et des bréviaires à Nuremberg et à Baie. Le second chapitre contient l'histoire des progrés de l'imprimerie en Suéde depuis le 16" siècle jusqu'au commencement du 18*. On y trouve des détails intéressants sur les imprimeries particulières de Laurent Wallius, professeur en théologie à Upsal ; de burent Paulinus, archevêque de cette ville ; et enlin du célèbre Olaûs de Rudbeck. Le troisième chapitre offre le tableau de l'origine et des progrès tle la typographie dans le Gothland. Dès 1491, une imprimerie existait dans le monastère de Wadstcn ; mais, détruite par un incendie en 14!»5, elle ne fut point relevée. Enlin. dans le quatrième chapitre, l'auteur parle des types ou caractères employés successivement dans les imprimeries suédoises : le gothique, le grec, l'arabe et le runique. On trouve une analyse de cet ouvrage dans les Ac la etwdilor. Liptient., Supplem., t. 8, p. 566. W— «.

ALOADIN, ou ALA-EDDYN. 7* prince des Ismaéliens, connus dans l'histoire des croisades sous le nom d'AssAssiNS [voy. Haçan-Be.vSabkaii), succéda à son père Djelaleddyn, en 618 de l'hégire (1221 de J.-C.), selon Aboul-Féda. Placé sur le trône à l'âge de neuf ans, il fut élevé au milieu des flatteurs, qui corrompirent sa jeunesse, et laissèrent développer en lui un caractère de férocité qu'il montra dans tout le cours de son règne. On lui fit croire que les amis et les ministres de son père avaient voulu l'empoisonner; ils furent tous immolés à ses soupçons. Passant sa vie dans les plaisirs, il laissa le soin du gouvernement à des femmes et aux compagnons de ses débauches. Il se vantait de tenir dans sa main la vie des rois; il faisait trembler les princes de l'Asie et de l'Europe, qui lui envoyaient des présents, dans la crainte d'être assassinés par ses émissaires. La plupart des émirs de la Syrie, les sultans et les califes du Caire et de Bagdad étaient comme ses tributaires : André, roi de Hongrie, Frédéric II, empereur d'Allemagne, à leur arrivée dans la terre sainte, payèrent son amitié par de riches tributs. Chef de quelques misérables peuplades dans le mont Liban, Aloadin enrichissait ainsi son trésor par la crainte qu'il inspirait; l'Europe et l'Asie fournissaient aux dépenses de sa cour. Lorsque Louis IX, après sa captivité d'Egypte, vint dans la Palestine avec les débris de son année,

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Aloadin lui envoya des ambassadeurs. « Vous connais- « si*z sans cloute le seigneur de ia Montagiie, lui « dirent-Us; notre maître trouve étrange qu'il n'ait « point encore eu de vos nouvelles, et que vous « n'ayez point encore cherché a vous en faire un « ami, en lui envoyant des présents. Il nous envoie « vers vous, pour vous avertir d'y penser. » Cette harangue singulière n'intimida ]>oint le monarque français, qui les lit menacer de les jeter dans la mer, et ne les laissa partir qu'en leur ordonnant de revenir, et de lui rapporter des témoignages de la soumission et du resj>ect de leur maître pour le chef des croisés. Ils revinrent, en effet, quinze jours après leur départ; Aloadin envoyait à St. Louis une clicmise, avec un anneau où sou nom était gravé : il voulait marquer par la chemise, celui des vêtements qui touche le corps de plus prés, que le roi de France étail le prince avec qui il voulait avoir une plus étroite union, et par la bague, qu'il désirait lui être uni par un lien indissoluble. Ces symboles d'amitié étaient accompagnés de présents curieux, parmi lesquels on remarquait des figures d'hommes el d'animaux, des échecs, et îles vases de cristal, travailles avec beaucoup d'art. Louis IX, satisfait de la soumission d'Aloadin, renvoya ses ambassadeurs avec des présents pou leur maître, et les fit accompagner par le frère Yves, qu'il cluugea de complimenter le seigneur de la Montagne. « (Juaud le « frère Yves, dit Joinville, fut devent le Viel de la « Montagne, il trouva au chevet du litd'icelui prince a ung livret auquel y avoit en escript plusieurs belles « paroles que Noire-Seigneur autrefois avoit dictées « à monseigneur St. Pierre, lui étant sur terre avant « sa passion ; et quand frère Yves les eut lues, il lui u dist ! Ha! lia! sire, moult feries bien si vous lisies h souvent ce petit livre, car il y a de très bonnes « escriptures; et le Viel de la Montagne lui dit, que, « si faisoit-il, et qu'il avoit moult grand fiance en « monseigneur St. Pierre. Quand frère Yves lui « ouit ainsi parler, il lui enseigna plusieurs beaux « dits et les commandements de Dieu; mais oneques « ne voulut y croire. A son retour, le frère Yves a disoit que quand celui prince de la Montagne che- « vauchoit aux champs, il avoit ung omme devant « lui qui portoit sa ache d'armes, laquelle avoit le « manche couvert d'argent, et y avoit au manche « tout plein de coteaux tranchants, et crioit à aulle « voix, celui qui portait cette ache en son langaige : • Tournes vous arrière ; fuyes vous devant celui qui « porte la mort des rois entre ses mains. » Aloadin avait fait demander à Louis IX d'être délivré du tribut qu'il payait aux templiers, attendu, disait-il, qu'il n'avait pu s'en affranchir en faisant tuer le rhef de l'ordre, qui aurait été remplacé par un autre. Il n'obtint point sa demande, et resta soumis au tribut que les seigneurs de la Montagne payaient aux chevaliers du temple, depuis le règne de Baudouin II, roi de Jérusalem. Aloadin mourut peu d'années après cette ambassade ; sa cruauté et son despotisme lui suscitèrent des ennemis parmi ses sujets, et dans sa propre famille : celui qui faisait trembler les rois fut tout à coup précipité du troue par une conspira-

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tion formée dans sa cour. Son fils Rokn-Eddyn, qui avait été l'objet de sa liaine, lui succéda, et vit, peu de temps après, ses petits États ruinés par lea Tatars. J— M.

ALOABA, veuve de Pandulf, surnommé Têtbde-Fer, prince de Capoue et de Dénévcnt, gouverna ses États avec habileté. St. Ml, rapporte bar. nius, lui prédit qu'en punition du meurtre d'un neveu de son mari, qu'elle avait fait tuer, de peur qu'il ne dépouillât son lils, sa postérité ne régnerait plus à Capoue : prophétie que justifia l'événement. Aloura mourut en décembre ui>2. K.

ALOISI (Balthazah), dit Galanino, peintre, né à Bologne en 1578, était parent et élève des Carrache. 11 excellait dans la composition, parce qu'il se souvint toujours des préceptes salutaires de ses maîtres. Malvasia loue avec enthousiasme une Ft*itation de Galanino qui est à la Charité de Bologne ; mais la fortune ne vint pas seconder les travaux «le ce maître : U fut obligé pour vivre d'aller à Rome et de s'adonner au portrait. En ce genre, il obtint du succès; on reconnaissait ses tableaux a leur force et à leur relief. 11 mourut en 1658. A— 1>.

ALOHPBA (t ), chef de la dynastie actuelle de l'empire des Birmans. Lorsqu'en tî.'ià, Beinga- Rella, roi du Pégou, conquit le royaume d'Ava, il fit son roi Douipdi prisonnier de la manière la plus arrogante ; Alompra, Birman d'une naissance obscure, connu sous l'humble nom d'Aumdzea, ou le chasseur, fut maintenu par Apporaza, frère du conquérant, dans la place de chef du petit village de Manchebou, silué à douze milles de l'Irraouaddy el à l'ouest de Kioum. Cet homme, d'un esprit vif et entreprenant, était alors âgé de quarante-deux ans; il dissimula l'horreur du joug étranger ; mais, indigné de l'insolence des vainqueurs, il s'assura des dispositions de cent amis braves, et lit réfiarer l'enceinte de gros pieux qui entouraient Manrhabou, sans exciter de soupçons. Cinquante soldats pégouans qui formaient la garnison, négligeant de se tenir sur leurs gardes, furent passés au lil de l'épée. Alompra s'efforça de faire considérer ce massacre comme le résultat d'une querelle imprévue, et protesta de son dévouement au roi du Pégou. Apporaza, obligé de quitter momentanément le gouvernement des provinces conquises, enjoignit à son neveu Dotachcou de renfermer le rebelle dans une étroite prison, et une troupe fut envoyée pour remplacer la garnison égorgée. A son arrivée, ce délacl»ement de près de 1 ,000 hommes fut mis en déroute el poursuivi par Alompra à la tète de ses cent [«artisans. Le vainqueur, rentré dans sa forteresse, se prépara aux destins les plus périlleux. Chercliant la victoire ou la mort, il fit ranger plusieurs villes sous l'étendard de la révolte ; puis, profitant de l'indécision de Dotacheou, il marcha sur Ava. A celte nouvelle, tous les Pégouans prirent la fuite ; ceux qui restèrent furent massacrés. Cependant Alompra se décida à rester à Manchabou ; et Schcmbuan, k second de ses fils,

0) Le nom de te prince, en latine on par*. *e pronope* Aw»tns-l,'«oii* OB Amhu*i«a-Pim>i:. A— t.

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fut cliargé du commandement de la capitale. Alarmé de ce» désastres, Beinga-Della tit armer à Syriam une flottille qu'il couda, en janvier 17î>4» à Apporaza. Les Français et les Anglais, qui avaient des facloteries au Pégou, prirent, suivant l'usage, des partis opposés ; les premiers favorisèrent les Pé gouans, et les seconds les Birmans, mais tous d'une manière clandestine et dans des vues mercantiles. La flottille ne put remonter que lentement l'irraouaddy, et quand elle arriva devant la forteresse d'Ava, on lui opjiosa la plus vive résistance. Sommé de se rendre, Scliembuan répondit fièrement qu'il se défendrait jusqu'à la dernière extrémité. Cependant A loi h j u n avait réuni 40,000 hommes et une Uotte. Apporaza préfera une bataille décisive à un siège incertain, et vint offrir le combat ; mais il fut vaincu et contraint de regagner le Pégou. Les Itabitanls de ce pays voulurent .muer la guerre, et, sous prétexte d'une conspiration formée par le vieux roi Douipdi, ils égorgèrent celui-ci (13 octobre 1754), ainsi que tous les Birmans qu'ils purent atteindre. Aussitôt les couqKilriotes de ces derniers coururent aux armes ; les représailles furent terribles ; il ne resta plus de Pégouans sur leur territoire. Le (ils du roi légitime, qui venait de subir un si triste sort, s'était mis à la tète d'une troupe de Quois, nation vaillante de l'est de l'empire; il vint se réunir à Alompra ; mais celui ci lui tit si bien sentir le danger des prétentions de sa naissance, qu'il le réduisit à chercher un asile chez les Siamois ; plus de 1,000 Quois furent massacrés. Iticn ne contraria dès lors l'ambition du chef de Manchabou ; il devint celui de toute sa nation. La guerre entre les Birmans et les Pégouans se continua avec des succès variés : les Français et les Anglais établis à Syriam et à INegrais se trouvèrent forcés d'y prendre part, et, en lâchant de ménager leurs intérêts, ils iinirent par les compromettre. Le 21 avril 1755, une grande victoire fut remportée sur Apporaza à Synyangong, et Alompra établit son canqi sur la place même ou il foula la ville de Kangoun, dont le nom signitie hostilités cessées ou victoire complète. Les vaincus se renfermèrent dans les reliquats de Syriam et de Pégou, leur capitale. Au mois de juin, le vainqueur fut forcé d'aller apaiser quelque troubles dans les parties septentrionales de son empire, envahies par les Quois et les Siamois. En juillet I7.T6, il s'empara de la factoterie tram-aise de Syriam et prit sa forteresse par escalade. Tous les Fran çais devinrent ses prisonniers ; et le fameux Dupleix ayant envoyé des secours aux Français et aux Pégouans, la frégate la Galathêe, trompée par une lettre que M. Bruno, chef de la factoterie détruite, fut forcé d'écrire, s'avança avec couliaiice et fut échouée par la trahison de son pilote birman, a l'entrée de Rangoun. Les lettres trouvées à bord prouvèrent qu'elle portait des secours à Beinga-Della. Les ofiieiers, une partie de l'équipage et les membres de la factoterie furent mis à mort, et l'on voit encore aujourd'hui une petite pyramide et une croix sur leur toml>e , auprès de la ville de Rançoun. Après la saison (les pluies, Alompra mil le si^e devant Pégou, dernière place

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de ses ennemis, et qui renfermait la famille royale. Au bout de plusieurs mois, le blocus produisit la famine; Beinga- Délia demanda la paix en se reconnaissant vassal de son concurrent, et offrit sa fille au vainqueur comme gage d'amitié. Elle était, ainsi qu'Apporaza, dans le camp d' Alompra, lorsque les Pégouans s'aperçurent qu'au milieu de ces apparences amicales, les assiégeants essayaient de s'emparer de leur ville par sUatagème, aliu de ne pas remplir les conditions du traité. Aussitôt la tréve fut rompue, la guerre recommença avec fureur ; mais avec elle les horreurs de la famine reparurent. Alors Beinga-Della, trahissant ses sujets et ses défenseurs, traita pour lui-même, obtint la vie sauve, et livra sa capitale, qui fut abandonnée au pillage en 1757. Alompra soumit Martaban et tout le Pégou oriental jusqu'aux frontières de Siam ; puis, ayant appris la révolte des Cassayens, au nord, il quitta Hangoun et s'arrêta quelque temps a Manchabou, tlevenu la capitale de ses États, pour en régler l'administration. Il s'a \ an, au enfin versMunnipoura, capitale du Cassay, lorsqu'une nouvelle révolte le rappela au Pégou, qu'U lit proiuplement rentrer dans l'obéissance. Ce fut a celte époque (octobre 1759) que, par suite de quelques intrigues el de soupçons fort incertains, les colons anglais de l'Ile de Negrais éprouvèrent un sort aussi affreux que les Fiançais de Syriam : la plupart furent massacrés par surprise. La conquête de Tavoy acheva la soumission du Pégou ; celle de Mergny et de Tenasserim sur les Siamois eut pour but de punir ces peuples, qu'Alompra accusait d'avoir fomenté la discorde chez lui et recueilli ses ennemis fugitifs. 11 résolut de les attaquer au cœur de leur royaume, et j«rut bientôt devant leur capitale. Depuis deux jours les lignes «le circonvallation étaient formées, lorsqu'il donna subitement l'ordre de lever le siège. Attaqué d'une maladie scrofuleuse, il sentit sa fin approcher, et voulut se hèler de mettre ordre aux affaires de l'empire. Il marcha droit vers Manchabou ; mais son mal s'accrut rapidement et la mort l'atteignit à deux journées de Martahan, le 15 mai 1700. D'une taille élevée, d'un tempérament robuste, avec des traits grossiers, un teint noir et un caractère vindicatif, el sévère jusqu'à la cruauté, Alompra fut un de ces personnages prédestinés que la Providence clioisil à de longs intervalles pour exécuter ses décrets en les élevant au-dessus des autres hommes. Il affermit «m empire el sa dynastie sur des bases solides, et eut pour successeur son lils aîné INamdodji-Prou. — On a publié en 1818, à Paris, un ouvrage intitulé l'Usurpateur, ou Testament historique d' Alompra, empereur des Birmans. (J'esl un écrit allégorique sur le règne de Napoléon. B — v— e.

ALOPA (LAunENT-FRAiNCisci de), imprinteur du 15* siècle. Dans l'index des Annal, typograph., t. 5, p. 474, Panzer distingue Laurent de Venise, «le Laurent-Francisci de Alttjn et d'un autre Laurent- Francisci de Venetiis, tous trois imprimeurs dans le même temps à Florence; mais il est évident que c'est le même personnage. Si la version latine de» œuvres de Platon par Ficin, sortie des presses d'A->

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lopa, est, comme le croit Panier, de 1484, c'est à cette date qu'il faut placer rétablissement de son atelier typographique à Florence. Comme la plupart des imprimeurs contemporains, A lopa joignait à la connaissance du latin celle du grec. On assure même qu'il était très-savant dans ces deux langues. M. Peignot, dans son Dieiionn. de bibtiologie. t. 4, p. 15, dit que les éditions «l' Alopa sont les premières dans lesquelles on trouve des lettres capitales à la tète des chapitres. Il est vrai qu'après Alopa plusieurs imprimeurs conservèrent l'usage de laisser en blanc la place de ces lettres, qui était remplie pir les enlumineurs; mais il existe un assez grand nombre d'éditions autërieures a 1484, où l'on voit des capitales gravées et imprimées avec le texte, (loy. ' V Index librmum, «te, du P. Laire, t. 2, p. 410.) Alopa a publié, de 1494 à 1496, cinq éditions imprimées en lettres majuscules grecques, dont le célèbre J. Lasraris (roy. ce nom); qui ue dédaignait pas de lui servir de correcteur, avait retrouvé la forme d'après d'anciennes médailles. Ces cinq éditions, dont on ne peut trop louer l'élégance des caractères et la lieauté du papier, sont : I '. tnlhulogie, 1 594, in-4"; les Hymnes de Callimaque. même année, in-4°; les Sentences (Gnoma mnnostichœ) avec le poème de Musée, sans date, in-4° (I); les quatre tragédies d'Euripide : Médée , Hippotyte, Alcetle et .lw/r";Hfi./H- , sans date, petit in-4°, et Y Argonautique d'Apollonius de Hliodes, 441)6, in-4». Cette suite, dont il existe «les exemplaires sur vélin, sera toujours un des plus précieux ornements d'une bibliothèque. En «496 Alopa donna une éditiou du commentaire de Ficino sur les Dialogues de Platon, in-fol.; et M. Van-Praêt prouve que c'est à (elle même époque qu'il faut rapporter celle de la traduction latine par Firinode l'opuscule de St. Denya PAréopagiie : de myitiea Theologia cl de divinis iS'ominibus, sans date, in-4». [Calai de* livra sur vélin, t. I, p. fiât).) L'édition «les poésies italiennes «le Benivicni, Florence, 1500, in-fol., porte le nom de Laurent Alopa, «pii s'était associé pour cette impression avec Ant. Tubini et André Ghyrlandi. On n'a retrouvé jusqu'il i aucun antre ouvrage sous le uotn de cet imprimeur, ou sorti île ses presses. — Antoine Franeuci ou d« Francesrhn de Venise, «le la même famille qu'Alopa, imprimait à Florence de 1487 à 1492. W— s.

AI.OPEUS (le baron Maximimbn n'), diplomate russe, né le 21 jauvier »74K, à Wi bourg en Finlamle, où son père était archidiacre, lit ses éludes à Al», puis à Goettingue, et fut destiné à l'état ecclésiustique; mais ayant été remarqué du comte Panin, alors ambassadeur de Russie à Stockholm, il devint son secrétaire, et l'ayant suiw à Pcterslwurg, loiv- «pic ce grand seigneur fut nommé chancelier, il obtint par sa protection la place de directeur de la chancellerie de l'empire. Envoyé ensuite vers le

(I) felM Mlilon de Mn*f. dit M. Van-Pract, paroi conrorreninrnt »\rr fcltr .VAM.\ rrsankV 4 tort rnmmp la prcmii-n-. EHr tamftt *ur telle tle Venise l«xir la correction, avant Hé faite «T>|m un NMMN m«W»«U. C*1. iu i.tru ««• Ulm, L a,

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prinee-évéque de Lubeck, et accrédité auprès du cercle de basse Saxe, il re/ut de l'impératrice Catherine, en 1794), une preuve de conliance bien plus remarquable, le titre de minisire plénipotentiaire auprès de la cour de Berlin. Alopeus prit d'abord un tel ascendant sur Frédéric-Guillaume, que, lorsque ce prince se mit à la tète de l'armée qu'il destinait & l'invasion de la France (1792), le ministre russe eut la permission de l'accompagner, bien qu'il eût été décidé «|ue le ministre de l'empereur d'Allemagne seul aurait cet avantage. Alopeus suivit le monarque prussien jusqu'en Champagne, et ne s'éloigna «le son quartier général <jue lorsque la re- Iraitc fut décidée. Revenu alors à Berlin avec le même caractère, il y déploya, dans les circonstances diflieilcs où se trouvait l'Europe, une grande habileté. Lorsque la Prusse se fut séparée de la coalition pv le traité de Baie (1795), il lit au nom de sa souveraine des représentations très-énergiques, et fut plusieurs fois sur le point de quitter Berlin. Il s'é-

j loigna réellement de cette capitale en janvier 1796, époque à la«|uelle il reçut le titre de conseiller d'Élat. 11 alla ensuite résider, comme envoyé de Russie, auprès du cercle de liasse Saxe, puis auprès de la diète de Ralisboune, et en 1802 à la cou rde Prusse, où la Russie avait de plus en plus besoin de son habileté et de son expérience. On comprend toute l'importance de sa mission à l'é|)oque du traité de Presbourg, et surtout lors de la ruplurcavec la France en 1807. Il suivit alors Frédéric-Guillaume à Kanigsberg, et reçut peu de temps après de sa cour une mission extraordinaire pour l'Angleterre. Se trouvant à Londres à l'épo«pic du traité de Tilsill, il fit d'inutiles efforts auprès du ministère anglais, qui ne voulait pas acrcpter la médiation de la Russie si on ne lui donnait connais-

i sance des articles seercis de ce traité (i). Cette mission est la «lernière qu'ait remplie Alopeus. Apre* l'évacuation de l'Allemagne par les Français, il revint encore résitler à Berlin, et reçut un peu plus» tard de son souverain le titre de baron de la noblesse de Finlande. En 1820. il donna sa démission dn service de Russie et alla se fixer à Francfort-surle-Mein. C'est dans cette ville qu'il est mort, le 16 mai 1822. Par deux mariages successifs, dont il n'es» resté tm'une lille, Alopeus s'était allié aux familles les plus distinguées. Ce diplomate a laissé des mémoires manuscrits qui seraient très-précieux pour l'histoire, mais dont il est probable «pie l'intérêt des cours ne permettra pas l'impression. M— n j.

ALOPEUS (le comte D.vvin t»'), frère du précédent, naquit à Wibourg en 1769, et fut élevé & l'école militaire de Sluttgard. Il entra dans la carrière diplomatique sous les auspices de son frère. Envoyé comme ministre «le Hussie à la cour de Suède, en 1809, dans des circonstances extrêmement «lifliciles, il y déploya beaucoup d'habileté sans obtenir des résultais bien satisfaisants. 11 s'agissait de faire adhérer le jeun* roi Gustave IV au système continents) On n* peut te» douter que le mlniMrn- ant-tais n>nt rié trta-|irnm(>ifMcnt nifuriue île c*» article» trcreU, dont la couaaiswnce importait Uni » s* politw|U«. (Af l'art. Aufiuwu.)

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bl, ou plutôt île préparer son esprit à l'invasion rie la Finlande, et de Taire en sorte que ce prince se résignât ou se soumit à la nécessité. 11 n'en fut pas ainsi : malgré toute l'éloquence et les précautions diplomatiques d'Alopcus, Gustave repoussa avec énergie ces ouvertures; et, lorsque les troupes russes enlrérent en Finlande, le gouvernement suédois ayant saisi une correspondance de l'ambassadeur russe, dans laquelle il ne s'agissait de rien moins que des moyens de corruption employés dans l'armée suédoise, Gustave le lit arrêter el le scellé fut mis sur ses papiers. Apres l'abdication forcée du malheureux roi de Suéde, Alopeusfut complètement dédommagé de sa peti te disgrâce : l'empereur Alexandre le nomma eliambellan et membre du conseil privé, en lui donnant une terre de 5,000 roubles de revenu, et le décora de l'ordre de Ste- Anne de première classe. Plus tard il lui conféra le lihe de comte, et le cliargea d'aller complimenter le nouveau roi Charles XIII. (Voy. ce nom.) Ce fut lui qui, en 1K09, signa le traité d'alliance entre la Suéde et la Russie. Enfin Alexandre l'envoya en qualité de ministre de Hussie à la cour de Wurtemberg, et dans la campagne de Saxe, en 1813, il le créa commissaire général des années alliées. Alopeus fut alors fixé par ses fonctions au quartier général des souverains confédérés, et madame d'Alopeus, qui l'y acconi|iagnait, se lit autant remarquer par sa beauté que par les grâces de son esprit. Le comte d'Alopeus fut gouverneur «le la Lorraine, pour la Hussie, en 1815, et il adressa aux habitants, en cette qualité, une proclamation remarquable |>ar son esprit de modération. ISommé peu de temps après ministre plénipotentiaire de Russie à la cour de Berlin, il est mort dans cette ville, le 13 juin 1831 . M — n j.

ALPAGO (Andrk), médirein célèbre, né à Bel* lune, Ilorissait en Italie, au commencement du 16* siècle. A cette époque, la doctrine des Arabes était enseignée dans toutes les écoles, et les ouvrages d'Aviœnne, qu'on préférait aux immortels monuments de la médecine grecque, étaient considérés comme classiques. Alpago, dans son enthousiasme, eut le courage de passer en Orient, seulement pour réduire les livres d'Avicenne à leur véritable leçon. Il avait appris à fond, dans ce seul faut, la langue arabe. La république de Venise venait delui eonller une eliaire de médecine, lorsqu'il mourut subitement. L'édition d'Avicenne. traduite par Gérard de Crémone, Venise, 1544, in-fol., est enrichie de remarques d'Alpago, qui a encore traduit de l'arabe en latin le traité d'Avicenne de Syrupo aertano. C. et A — W.

ALPAIDE, dont la beauté a été célébrée par les anciens historiens français, donna le jour à Charles Martel, et se trouve ainsi l'aïeule de Pépin, premier roi de France de la seconde race, sans qu'on puisse aflirmer qu'elle ait été l'épouse légitime de Pépin d'Héristal. Ce maire du palais, qui pré|>ara avec tant d'habileté l'élévation de sa famille, était marié à Plectmde, dont il avait des enfants. Li trouvant trop vieille, il s'en sépara, et prit avec lui Alpaîde, à laquelle les anciennes chroniques donnent le titre de concubine; titre qui n'était |»as alors déshonorant,

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puisqu'il désignait une femme d'une origine trop obscure pour l'associer publiquement aux dignités dont on était revêtu, mais que cependant on é[ioiisait à de certaines conditions, et dans des formes consacrées par l'usage. Luther a rendu aux princes protestants d'Allemagne cette faculté étrange dans les merurs chrétiennes, d'avoir à la fois plusieurs épouses, et la réformation, sous ce rapport, tendait i ramener la civilisation aux temps que l'histoire regarde, avec raison, comme barbares. L'évéque de Liège, Lambert, ayant refusé de reconnaître l'union de Pépin et u" Alpaîde, on prétend que cette femme,, le fit assassiner, et que le ciel vengea la mort de Pévêque par une maladie qui couvrit de vers le corps de l'assassin, et le força à se précipiter dans la Meuse, [tour linir les tourments auxquels il était livré. Ce mal des vers était alors assez commun, et, en quelque façon, épidémique. A la mort de Pépin d'Héristal, Alpaîde, pour s* soustraire au ressentiment de Plectmde, qui s'empara de l'autorité, se retira dans un monastère, près île Namur, où elle finit ses jours. Son fils, Charles Martel, échappa à Plectmde, et, par son courage, succéda bientôt aux dignités et au pouvoir de son père. F — E.

ALP-ARSLAIS (Liivz-En-Dv.vABOL-Citi t<J\ v), 2° sultan de la dynastie des Seldjoucides de Perse, monta d'abord sur le trône du Khoraçan, après la mort de Daoud, sou père, au mois de redjeb 151, et succéda ensuite à Tltoghrol-Bcyg, son père, suivant les uns ; son oncle, suivant d'autres. Ce dernier était mort sans enfants, à Rey. Le premier soin d'Alp- Arslan fut de renvoyer à Bagdad la femme de Thoghrol-Beyg, et de faire faire la prière publique en son nom. Le prince des fidèles, non-seulement lut accorda sa demande, mais encore lui décerna le litre de Adhnd rd-dyn (soutien de la religion). Alp- Arslan s'occupa ensuite d'écarter différents compétiteurs, et de diriger quelques expéditions dans la Corasmie, la Trausoxane et l'Asie Mineure. Une des plus mémorables fut celle contre l'empereur de Constantinople, Romain IV, surnommé Diogénc, qui avait déjà fait trois expéditions contre les Turcs Seldjoucides, et qui fondait, pour la quatrième fois, sur la Perse, à la tête d'une nombreuse armée. Alp- Arslan alla à sa rencontre avec 40,000 chevaux, el essaya d'abord d'entrer en négociation ; mais le monarque grec exigea des conditions si injurieuses, que le sultan indigné résolut d'en tirer vengeance. Après avoir fait ses ablutions et s'être parfumé, il noua lui-même la queue de son cheval. L'armée entière fit de même, et suivit son souverain, qui la conduisit au combat, tenant d'une main son sabre et de l'autre sa massue. 11 n'avait pas voulu prendre son arc ni ses flèches. Il s'écria, en piquant son cheval : « Si je suis vaincu, ce sera ici le lieu de ma scpul- « turc. » L'action fut terrible; on se battit jusqu'après la chute du jour. Les Grecs restaient maîtres du champ de bataille; mais leur souverain, craignant que l'ennemi ne profilât de l'obscurité pour former une nouvelle attaque, fit sonner la retraite. Les corps placés à quelque distance du quartier impérial crurent que l'on donnait le signal de la défaite, et se

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débandèrent. Les Turcs reprirent courage, assaillirent les vainqueurs, qui furent bientôt en pleine déroute, et laissèrent le champ de bataille joncl>é de mon s. Alp-Arslan, apercevant l'empereur grec ebargé de cliaines, et conduit par un gros de Turcs, mit aussitôt pied à terre, et s'efforça de le consoler, en lui frappant trois fois dans la main, en signe d'amitié. Les auteurs grecs prétendent, au contraire, qu'il lui passa plusieurs fois sur le corps avec son cheval. Le démenti le plus formel de celte imposture, bien digne des écrivains grecs du Bas-Empire, est la liberté rendue, non-seulement au monarque chrétien, mais encore à tous les patrices faits prisonniers. On prétend même qu'une fille de l'empereur fut accordée en mariage au fils du monarque turc. Romain Diogéne n'en paya pas moins une somme considérable pour sa rançon. Celte victoire mémorable, remportée |«r les Turcs en 1071, contribua beaucoup à l'affermissement de la puissance des Seldjoucides, et à étendre les domaines d'Alp- Arslau, depuis le Tigre jusqu'à l'Oxus. Il entreprit même bientôt après de passer ce fleuve, à la tète d'une armée de 200,000 ebevaux. Celte opération l'occupa plus de vingt jours; quand elle fut terminée, il passa lui-même et alla s'établir dans la petite ville de Caryr, dont la forteresse, nommée Bcrzein, était baignée par les eaux du fleuve ; elle fut prise, et le gouverneur Youssef amené devant le trône du vainqueur, qui l'accabla de reproches et d'injures, et ordonna qu'on lui fit subir un supplice ignominieux. Youssef eut le courage de braver le sultan, et alla jusqu'à le menacer. Les gardes allaient se précipiter sur lui, mais le sultan leur ordonna de s'écarter, et, saisissant son arc qu'il maniait avec une grande adresse, il lança contre son ennemi trois flèches dont aucune ne l'atteignit. Youssef fondit sur lui, le blessa à coups de |H»ignard, et les assistants, effrayés, ayant pris la fuite, il sortit avec eux, tenant son arme à la main. I n huissier du palais l'assomma d'un coup de raquette de paume. Mais le monarque ne survécut pas à ses blessures : il mourut le 30 de rebyi 1"465 (le samedi 15 décembre 1072) , Agé de 44 ans, après un régne de 10 ans. On l'inhuma à Mervc. Son fils Melik-Schah lui succéda. Alp-Arslan avait commandé pendant dix ans dans le Khoracan, en qualité de gouverneur, au nom de Thoghrol-Beyg, son oncle. Les historiens orientaux vantent sa bravoure, sa douceur et sa générosité. Il s'acquittait avec une scrupuleuse exactitude de toutes les pratiques de la religion musulmane, quoiqu'il fut d'origine turque, c'est-à-dire tatare, et, en conséquence , idolâtre : mais il professait en public, et sans doute par politique, la religion du prophète. Il prit même le nom de Mohammed. Sa taille avantageuse et la beauté de ses traits lui concilièrent tous les orurs. On compta dans son palais jusqu'à douze cents princes ou fils de princes, qui venaient lui (aire la cour et lui rendre hommage. L — s.

ALPHARABIFS (Jacqi:es), écrivain du 15* siècle, né à Léonessa, dans le royaume de Naples, est auteur d'un traité latin de lisu corimarum tl carton génère apud velerct Romams, dont la première edi-

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