‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 98 sur 129 · ALP 51T · texte numérisé non relu

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tion a été donnée par Woog, à Leipsick, en 1759, in-49. B— M.

ALPHEN (Jérôme van) naquit à Gouda, en 1 740, d'une famille qui a fourni plusieurs hommes distingués à l'Église et à l'Etat. Reçu en 1768 docteur en droit à l'université de Leyde, il fut bientôt après nommé procureur général à la cour d'Ltrecht, puis pensionnaire de la ville de Ijeyde, et enfin conseiller et trésorier général de l'Union. Lorsque les Français envahirent la Hollande en 1795, il résigna ses fonctions, et se retira à la Haye. Van Alphcn juignait le goût des arts et de la poésie à des connaissances étendues en philosophie, en théologie, en jurisprudence et en esthétique. On a de lui : 1" Estai* de poésie» édifiantes, 1771 et 1772; 2° Poèmes et méditations, 1777; S" Chants belges; 4° Poésies pour les enfants, 1781, ouvrage souvent réimprimé, écrit avec une grâce et une bonhomie cliarmantes. et adapté avec un art singulier à l'intelligence des lecteurs auxquels il est destiné; 5" Mélanges en prose et envers; 6° des cantates, genre de poésie dont il a donné l'exemple en Hollande, et dans lequel il n'a pu encore être surpassé ; 7" Essai d'hymnes et de rantiques pour le culte public, 1801 et 1802, recueil dont les pièces les plus remarquables se retrouvent dans les hymnes évangéliques pour les Églises réformées; 8' le Spectateur chrétien; 9° un écrit sur le développement de cette proposition : V Évangile offre à tous les homnm une maxime d'È lal dans le règne de la vérité et de la vertu, 1802; 10° Motse considéré sous le rapport de sa législation comme supérieur à Sofon et à Lycurgue. Cet ouvrage atteste les sentiments religieux dont l'auteur clait pénétré, et qu'il considérait comme la base du système social. Nous pourrions citer «le van Alphcn d'autres écrits; un de ses plus brillants morceaux de iMiésie, et le plus riche d'imagination, est la cantate intitulé Starrerhonel (le Firmament}. Elle est, avec les petits poèmes qui l'ont fait surnommer l'ami de l'enfance, Vun de ses plus beaux titres au rang qu'il tient parmi les premiers poètes de la Hollande. En 1778 il donna la première, et en 1780 la seconde partie du traité de Riedel sur la Théorie des beauxarts, et rendit à cette occasion un hommage éclatant à plusieurs écrivains de l'Allemagne. 11 mourut en 1803. M. N.-G. van Kampen, dans son Histoire littéraire, t. 2, p. 375 et suivantes, a fait de lui un éloge mérité. R— F — o.

ALPHERY (Nikepher, ou Nicéphore), théologien du 17* siècle , était né en Russie , et appartenait à la famille des czars. Des troubles violents s'étant élevés dans sa patrie, et juscpie dans sa propre famille , il fut envoyé en Angleterre avec deux de ses frères : ces trois jeuues princes furent confiés aux soins d'un négociant russe , qui les plaça au collège d'Oxford. Les deux frères d'Alphery moururent de la petite vérole; Alphery, resté seul, se consola, par la religion, de la perle qu'il venait d'éprouver, et embrassa l'état ecclésiastique. 11 obtint, en 1018, dans le Hunlingdonsbire, une cure, dont le revenu suffisait à peine à ses besoins : ce qui ne l'empêcha pas de remplir son ministère avec zèle , et de trou-

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ver quelque bonheur dans l'exercice île ses devoirs. A celle époque , les troubles politiques agitaient encore la Russie ; le pauvre curé de Warley fut rappelé deux fois daas sa patrie pour monter sur le trône, et préféra toujours son presbytère à l'empire qu'on lui offrait. Ce. noble désintéressement ne fut |K)int récompensé : dans les troubles qui désolèrent l'Angleterre . et qui Unirent par conduire un roi a l'échafaud , Alpliery fut persécuté par le parti républicain, qui aurait dù montrer plus de respect pour un homme qui dédaignait une couronne. Il fut citasse de sa cure avec sa femme et ses enfants en lias âge: on jeta ses meubles dans la rue , et , pendant une semaine, il vécut, ainsi que sa famille, à l'abri d'une tente qu'il se lit lui-même sous les arbres du cimetière, en face du presbytère dont on l'avait banni. Lorsque Charles U rentra dans son royaume, Alpliery renlra dans sa cure ; mais il était alors accablé par i'âge; il ne pouvait plus veiller aux soins de son troupeau, et il se (H remplacer par un vicaire ; retiré a Harmmesmith, chez mi de ses fils, il y vécut ignoré, et termina une vie , beaucoup moins remarquable par les événements, que par la singularité de sa destinée. M — D.

ALPHONSE 1", roi d'Oviédo et des Asturics, 31s de don Pedro , duc de Biscaye . descendait du roi Recarède , et se distingua dans la carrière des armes , sous les derniers rois visigoths. Les Sarrasins ayant subjugué l'Espagne , en 713 , il se réfugia en Biscaye, décidé à défendre l'indépendance de cette province contre les vainqueurs. Instruit bientôt des succès qu'avaient obtenus les chrétiens dans les Asturics , Alphonse se joignit à Pélage, à la lèlc d'un parti de Basques al tachés ft sa fortune, et devint le compagnon et le lieutenant de ce héros, qui lui fit épouser sa lille Hermesinde. C'est de ce mariage que sont sortis tous les rois chrétiens qui ont régné pendant plusieurs siècles en Espagne. Favila, lils de Pélage, étant mort sans enfants. Alphonse, qui méritait le trône |«r ses vertus et ses services, fut élu roi des Asturics, en 730. La royauté était, en quelque sorte , élective. Alphonse prolita de la division des Maures pour étendre sa domination. Il pénétra en Galice, en 74V, prit Lugo,Tuy et Orensé: Asiorça et Léon tombèrent aussi en son pouvoir ; mais , faute de troupes . il ne put garder toutes ses conquêtes. Pendant un règne de 18 ans, ce prince ne cessa de foire aux Maures une guerre active et cruelle. Il |»rta ses armes jusqu'à Ségovic et à Salainanquc, Taisant un désert des plaines qui étaient ouvertes à l'ennemi , et se retirant ensuite dans les rochers des Asturics et delà Galice. Ce prince faisait la guerre en dévastateur, selon l'usage de son siècle, et ôtait ainsi aux musulmans les moyens de subsister dans un pays désolé, qu'il fallait traverser |H>ur attaquer les chrétiens dans leurs montagnes. Alphonse mourut en 757, h Cangas, Agé de 64 ans, après •voir soumis le pays de Bioja , et s'être rendu maître d'une partie de la Biscaye. Actif, courageux et habile à se servir des circonstances.il fut le premier fondateur du royaume de Léon. Le zèle qu'il montra pour la religion chrétienne lui fit donner le

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surnom de Catholique ; il réforma aussi les mœurs, rétablit les évoques dans leurs sièges , et fut regretté de ses sujets, qui tirent passer le sceptre à son fils Froila. B — v

ALPHONSE II , 9* roi des Asturics, surnommé le Chaste, non, comme le prétendent quelques historiens, parce qu'il refusa aux Maures le tribut de cent jeunes filles, fait douteux, mais parce que, pour remplir un vœu aussi indiscret qu'impolitiqtic dans un monarque, il vécut avec la reine, sa femme, dans une continence absolue. Alphonse ne succéda point à Froila , son père , assassiné en 768. Ecarté alors du trône par l'usurpateur Manrcgat, son oncle, il n'y monta qu'en 791, après l'abdication de Bermude, ayant été appelé alors par la noblesse du royaume, qui le proclama de nouveau. 11 fi\a son séjour a Oviédo : il rétablit et embellit celte ville , que ses prédécesseurs avaient abandonnée. Les Maures, maîtres alors de presque toute la péninsule, se répandirent dans la Galice. Alphonse les attaqua et les défit près de Logo. Profitant de leurs guerres intestines pour agrandir ses Etats, il passa le Ihiérn en 797, et porta ses armes au delà de ce fleuve. Les Maures d'Aragon ayant fait une irruption en Biscaye, Alphonse vint les attaquer, et obtint des succès décisifs. Malgré les victoires de ce prince, et son administration paternelle , on forma contre lui une conspiration , dont on ne trouve les motifs ni les détails dans aucun historien; on sait seulement que les conjurés l'enlevèrent dans sa tente , en 802 , pour l'enfermer dans le monastère d'Obélia, situé au milieu des rochers de la Galice ; et que, par une révolution encore plus prompte, quelques sujets fidèles , ayant Tcudis à leur tète , volèrent à son secours, et le ramenèrent triomphant à Oviédo. Alphonse ne se vengea de ses ennemis que par des bienfaits. Il eut encore à combattre les trou|ies d'Ahdéramc II; mais la victoire l'accompagna pendant tout le cours de son règne. Ce prince , n'ayant |xiint d'enfants, et se voyant accablé d'années, assembla, en 835 , les grands du royaume , et demanda qu'il lui fut permis de jouir d'un repos auquel le condamnaient ses infirmités et son grand âge. 11 désigna pour son successeur don Bamire , son cousin , lils de Bcrmudc le Diacre , qui gouvernait alors la Galice. Son choix ayant été approuvé, il remit à ce prince les rênes du gouvernement , et vécut encore sept ans simple citoyen , ol»servant aussi exactement les lois qu'il les avait fait observer lui-même. Alphonse mourut à Oviédo en 842 , après un régne de 53 ans. Il fut l'ami et l'allié de Charlemagne, auquel il avait envoyé une ambassade en 797, et ce prince attaqua les Maures de la Catalogne, tandis qu'Alphonse combattait ceux de l'Aragon. B — p.

ALPHONSE III , roi de Léon et des Asturics, dit le Grand , n'avait que dix-huit ans lorsqu'il succéda, en 866, à son père Ordogno. A peine avaitil reçu à Oviédo, sa capitale , le serment de ses sujets, que Froila, comte de Galice, lui disputa la couronne, et le força d'aller chercher un asile en Biscaye. L'Usurpateur se Ht couronner ; mais, s'étant attiré bientôt la haine générale par sa conduite

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tyrannique , les grands le poignardèrent , et rappelèrent leur souverain légitime. Rétabli sur le trône, Alphonse publia une amnistie , et n'en fut pas plus tranquille. Jamais prince n'eut à combattre autant de factions et de révoltes, restes de l'esprit remuant des Gotbs. Les seigneurs, déjà trop puissants, étaient jaloux de voir le sceptre devenir en quelque sorte héréditaire dans une même famille. Alphonse voulut borner leur autorité ; mais plusieurs d'entre eux se révoltèrent dans la province d'Alava et en Galice : deux fois il lui fallut réduire par la force la première de ces deux provinces. Enfin, il put tourner ses armes contre les ennemis du dehors, et illustrer son règne par plus de trente campagnes , et par un grand nombre de victoires remportées sur les Maures. Dés 800, ils avaient voulu proliter des troubles qui agitaient les États d'Alphonse, pour y faire une irruption. Après les avoir défaits, ce prince jiorta la guérie sur leur territoire, passi le Duéro, renversa les murs de Coimbre, pénétra jusqu'au Tage et dans riistramadure , augmenta ses Etats d'une partie du Portugal et delà Vieille-Castille, agrandit et repeupla Hurgos. Il lit un partage des terres entre les nouveaux habitant!, exemple qui fut imité par ses successeurs, à mesure qu'ils étendirent leurs conquêtes sur les musulmans. Tant d'entreprises glorieuses et solides ne mirent point Alphonse à l'abri des conspirations et des révoltes. A peine avait-il étouffé un complot qu'il s'en formait un autre. Ayant été forcé d'augmenter les impùts pour soutenir ses longues guerres , le mécontentement éclata, et Alphonse eut la douleur de voir son propre lils , don Garcie , à la tète des mécontents. Ce prince s'aima contre son père, en «88, et entreprit de lui ra>ir la couronne, sons l'apparence du bien public; mais la fermeté d'Alphonse ne l'abandonna point : il fondit, avec son activité ordinaire, sur les troupes de son lils, et, l'ayant surpris lui-même, il le lit prisonnier, et le condamna a une dure captivité dans le château de Gauson. Cette juste sévérité ne fil qu'irriter les mécontents, et souleva toute la famille royale. La reine Doua Ximena arma ses deux autres lils contre le roi, et forma une ligue puissante en faveur de Garcie. Le peuple et les grands se déclarèrent en faveur de ce dernier, et une guerre funeste déchira l'Etat, jusque ce que, vaincu dans une bataille par ses propres enfant*, le roi céda au torrent de la révolte, et rendit le calme à ses sujets en aUliquant la courenne, qu'il remit lui-même à don Garcie dans l'asf semblée des états. Condamné alors a une vie obscure et si éMgnée de ses inclinations , privé du sceptre par l'ingratitude de ses sujets et de ses enfants , Alphonse voulut encore combattre pour eux ; et ayant obtenu, en 012, de faire une campagne contre les Maures, en qualité de lieutenant de son propre lils, il les battit et revint chargé de leurs dépouilles. Cette expédition fut son dernier exploit. Il mourut a '/.amora , le 20 décembre de la même année , à l'âge de 04 ans. Il en avait régné 40 , jusqu'à son alxlication. Ce prime mérita le litre de (rrand par ses victoires, plus que juir la sagesse de son administration Il avait néanmoins relevé plusieurs villes, et

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protégé les savante. On croit qu'il écrivit lui-même imc chronique , qui finit à la mort d'Ordogno, son père , el remonte à Wamba, vers la fin du 1* siècle. 11 gouverna ses peuples avec un sceptre de fer; son caractère sombre , farouche et souvent cruel , le rendit odieux à sa famille et à ses sujets ; mais on ne peut voir sans étonnement ce prince punir en roi son lils rebelle, le couronner ensuite lui-même, pour mettre fin à la guerre civile , puis lui obéir, et se montrer son plus lidt le sujet. Le royaume , qu'il avait asrandi , comprenait , à sa mort , les Asluries, la Galice, une partie du Portugal et de la Vicille- Castille, avec le royaume de Léon. En séparant la Galice de ses autres États , en faveur d'Ordogno , son second lils , il donna un exemple dangereux a ses successeurs , qui l'imitèrent. B— p.

ALPHONSE 1 V, dit lk Moine, roi de Léon et des Asturies, fils ainé d'Ordogno II, monta sur le troue en 024 : niais , n'ayant aucune des qualités nécessaires pour régner, il abdiqua la couronne, en 027, en faveur de son frère Ramire, et au préjudice de son (ils Ordogno. Il se fit moine dans le monastère dcSahagtin; mais bientôt, ennuyé d'une retraite où la légèreté l'avait conduit, il rassembla ses partisans, et reprit les armes, dans le dessein de remonter sur le trône. La ville de Léon s'était déclarée en sa faveur; il s'y réfugia , poursuivi par Ramire, qui vint former le siège de cette capitale. Ln an après, la famine obligea les habitants de lui ouvrir leurs portes , et de livrer Alphonse. Ce malheureux prince se jeta inutilement aux pieds de son frère, qui , pour n'avoir plus rien à craindre de ses entreprises , lui fit crever les yeux, et le renferma étroitemenl dans le monastère de Ruiforco, près de Léon, où il mourut l'année suivante, 933. B — P.

ALPHONSE V, roi de Léon et de Castille, n'avait que cinq ans lorsqu'il succéda , en 00 .1 , à son père, Bermude 11 , sous la tutelle et la régence de dona Elvirc, sa mère, et de don Melando Gonralès, comte de Galice, qui concoururent l'un et l'autre à en faire un prince juste et vertueux. En 1014 . Alphonse épousa la jeune Elvirc, fille du comte de Galice, et il prit, l'année suivante, les rênes du gouvernement , releva les murs de Zamora et de Léon, fit prospérer ses États, et adoucit les mu urs de ses sujets. Tandis qu'il les faisait jouir des bienfaits d'une administration paternelle, l'Espagne musulmane était déchirée et affaiblie par l'ambition des émirs ou gouverneurs des provinces , qui usurpaient et se partageaient la souveraineté. Jamais occasion si favorable ne s'était offerte aux chréliens pour attaquer leurs ennemis. Alphonse en profita , et suivit le système de ses prédécesseurs : il passa le Duéro , en 1020, à la tète d'une armée bien disciplinée, et vint, l'année suivante, former le siège de Viseu; mais, étant allé sans cuirasse, à cause des glandes chaleurs, reconnaître les murailles de cette place , il fut tue d'un coup de flèche tiré des remparts. Il n'était âgé que de 33 ans , et en avait régné 28. B— p.

ALPHONSE VI , roi de Léon , de Castille et de Galice. Ferdinand le Grand, son rêre, ayant divise:

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