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C1IAZELLES (Jean-Matthieu de), né a Lyon, te 24 juillet 1657, y fit ses études, et n'avait que dixhuit ans quand il vint à Paris. Duhamel , secrétaire de l'académie des sciences, voyant les dispositions du jeune Chazclles pour l'astronomie, le présenta à Cassini, qui le prit avec lui à l'Observatoire. «Il « travailla sous M. Cassini, dit Fontcnelle, à la n grande carte géographique , en forme de plani- « sphère, qui est sur le pavé de la tour occidentale « de l'Observatoire, et qui a vingt-sept pieds de dia- « mètre. > Chazellcs aida en 1683 J.-D. Cassini dans la prolongation de la méridienne. Le duc de Mortemart voulut l'avoir pour maître de mathématiques, remmena & la campagne de Gènes, en 1681, et lui procura, en 1685, une nouvelle place de professeur d'hydrographie pour les galères à Marseille. Quelques campagnes que les galères firent en 1C80, 87 et 88, donnèrent occasion au professeur de montrer la pratique de ce qu'il avait enseigné , et de faire des observations par le moyen desquelles il il. mua ensuite une nouvelle carte des côtes de Provence. Il leva aussi les plans de quelques rades, ports ou places. Chazclles et quelques officiers de marine avaient eu l'idée qu'on pourrait avoir des galères sur l'Océan, « et, en 1690, dit encore Fon- « tmellc, quinze galères nouvellement construites « partirent de Rochefort presque entièrement sur sa 0 proie, et donnèrent un nouveau spectacle a 10- « céan ; elles allèrent jusqu'à Toi ba y en Angleterre, « et servirent à la descente de Tingmouth. » Chazellcs fit dans cette expédition les fonctions d'ingénieur avec une intrépidité et une exactitude qui étonnèrent les ofiiciers généraux. Les galères hivernèrent à Rouen , et Chazelles employa le temps qu'il passa dans celte ville à mettre en ordre ses observations sur les cotes du ponant. «En 1693, il « parcourut la Grèce, l'Egypte, ta Turquie, toujours « te quart de cercle et la lunette i la main. En
■ Égyple, il mesura les pyramides, et trouva que
■ les quatre cotés de la plus grande étaient exposés « précisément aux quatre régions du monde, a d'où l'on conclut l'invariabilité des méridiennes (1). A son retour, il fut en 1695 associé i l'académie des sciences, et retourna a Marseille reprendre ses fonctions de professeur. Lorsqu'en 1700 on reprit les travaux pour la méridienne, il accompagna et aida encore J.-D. Cassini. Revenu a Paris l'année suivante, quoique malade, il communiqua i l'académie le vaste dessein qu'il méditait d'un portulan général de la Méditerranée. Les neuf dernières années de sa vie, quoique aussi laborieuses que les autres, furent presque toujours languissantes. Une fièvre maligne, qu'il négligea dans les commencements, l'enleva le 16 janvier 1710. Le Heptune français, publié a la lin du 17» siècle, contient beaucoup de cartes de Chazelles. Z.
CHAZELLES ( Laurent-Marie de), né à Metz, le 28 juillet 1724. D'abord avocat au parlement de Metz, Chazellcs passa conseiller au même siège. Il
(Il No«ct, par des «mares plmexjctes, s'est assuré que r»t|. i cOt« de cette ursuidc detliut itn l'MCSt dcO°iS'aa.
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avait à peine trente ans lorsqu'il fut revêtu de la toge de président. Élu membre de l'académie de Metz lors de sa fondation, en 4760, H présida celte société en 1764, 1765, 1768. A l'époque de la révolution, il se retira dans le château de Lorry-devantle-Pont, qu'il avait fait bâtir, et dont les immenses plantations furent respectées au m ieu du désordre universel. Chazelles ne sortit de sa 'retraite qu'en 1800, pour présider le conseil général du département, ce qu'il fit durant cinq sessions consécutives. 11 mourut â Metz, le 28 mai 1806. On lui doit la traduction de l'anglais du Dictionnaire de Miller, auquel il a ajouté beaucoup de plantes inconnues et un Supplément, avec planches, qui parut à Metz, en 1789 et 1790. Plusieurs exemplaires de cet ouvrage, tirées sur beau papier, ont été enluminés par l'auteur lui-même. B — N.
CHAZELLES DE nus Y, que M. Dupetit- Tliouars a confondu avec le précédent dans le 8* volume de notre 1" édition, faute qui a été reproduite dans toutes les biographies publiées depuis, était doyen des présidente à mortier au parlement de Metz. Il fut nommé, en 1790, président de la comptabilité nationale, qui remplaça la chambre des comptes au commencement de la révolution. Ce magistrat était le neveu de l'abbé de liadonvilliers, précepteur de Louis XVI. S'étant rendu au palais des Tuileries, dans la nuit du 9 au 10 août 17'JS, il y fut massacré avec les auires défenseurs du trône. Cliazelles se délassait des fonctions pénibles de la magistrature par l'étude du jardinage et des plantes étrangères, et c'est ce qui a donné lieu à la confusion de personnages que nous venons de relever. Z— o.
CHAZET (Andrb-René-Baltrasar Alisson de), littérateur, naquit à Paris, où son père était payeur de renies, le 23 octobre 1771. Il fit d'excellentes études au collège de Juilly, et suivit, en 1792, 6on parent M. de Mackau, ambassadeur à Naples. De retour â Paris, en 1797, Chazet concourut à la rédaction de plusieurs journaux, particulièrement à celle du Déjeuner, avec Emmanuel Dupaty ; mais comme les principes qu'il y professait étaient opposés à ceux du gouvernement, les directeurs le comprirent dans la déportation du 18 fructidor an 5. Cliazet ne quitta cependant point Paris : il s'y tint caché, et ne reparut qu'après la révolution du 18 brumaire. Il avait déjà publié différentes poésies, et pris part à plusieurs pièces de théâtre. Résolu de se consacrer entièrement à la littérature, il recherclia l'amitié des chansonniers et des vaudevillistes en vogue, et se fit connaîtra par une foule de couplets, de petits vers de fêtes et de circonstance, en même temps qu'il donnait aux théâtres secondaires, seul ou avec l'aide de ses amis, un grand nombre de pièces, qui la plupart eurent du succès. On lui a reproché cependant des traits de mauvais goût , et trop de recherche dans la pensée ; mais un critique a dit, avec assez de raison, que si Chazctcourait après l'esprit, au moins l'attrapait-il fort souvent. En 1815, il fut un des poètes qui accompagnèrent Marie-Louise dans son voyage de Cherbourg, et il
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reçut, à cette occasion, les insignes de Tordre de la Réunion. Chazet accueillit avec enthousiasme la restauration de 1814, et dès lors son dévouement pour la famille royale ne se démentit plus un instant. Pendant les reut jours, Malié lui ayant attribué, dans le Patriote de 1789, la chanson qui a pour refrain : Rendes-nout notre pire de Gand, Cliazet fit insérer dans tous les journaux , avec sa signature et â la date du 15 juin 1815, une lettre qui se terminait ainsi : « Je déclare que cette chanson a n'est pas do ntoi. Si j'avais eu â traiter une ques- « tion d'une si haute importance, ce n'est pas par a un calembour que j'aurais exprimé mon opinion « sur un prince aussi respectable par ses vertus que « par ses malheurs. » On croit cependant assez généralement que Chazet est le véritable auteur de la chanson , et qu'il ne l'a désavouée que pour faire naître une occasion de manifester des sentiments que beaucoup n'osaient alors avouer. DésqueLouis X VIII fut remonté sur le trône , Chazet obtint une pension et fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, bibliothécaire du roi, puis rereveur particulier des finances à Valogues. 11 remplissait les mêmes fonctions à Avranches, lorsque la révolution de juillet éclata. Fidèle à ses principes, il refusa de servir le nouveau gouvernement , et donna sa démission. Chazet était cependant loin d'être riche. Plus lard , on lui procura, pour l'aider â vivre, la direction des bains de Tivoli , place qui ne lui convenait nullement, et dont il fut obligé de se démettre. On lui conserva néanmoins son logement dans l'établissement, et c'est là qu'il est mort, le 47 août 1844. Chazet se distinguait dans le inonde par l'aménité de ses mœurs et la politesse exquise de ses manières. Beaucoup de ses ouvrages ne s'élèvent guère au-dessus du médiocre; mais, dans presque tous, on retrouve l'esprit et la facilité qui caractérisaient son talent, apprécié par les écrivains du parti libéral avec une extrême rigueur. Il nous est impossible de donner les titres de toutes ses pièces, nous ne citerons que les suivantes : 1° II faut un état, ou la Revue de l'an 6, comédie-vaudeville en 1 acte, Paris, 1798, in-8'. ¥ La Revue de l'an 11, ou Qu'il etl malheureux, vaudeville en 1 acte, ibid., 1804, in-8*. 5° Mademoiselle Gauuin, comédie- vaudeville en 1 acte, ibid., 1805, in-8». 4» L'Impromptu de Neuilly, divertissement en 1 arte, ibid., 1807, in-4». 5» La Comédie au foyer, épilogue en vaudevilles, ibid., 1808, in-8». 6* Le Jardinier de Schœnôrwnn, ibid., 1810, in-8*. 7* La Double Mtprite, comédie en 1 acte, ibid., 1810, in-8». 8" La Fête du château, ibid., 1810, in-4». ô» La Grande Famille, ou la France en miniature, comédie en 1 acte et en vaudeville, ibid.,' 4811, in-8». 10» L'Officier de quinte ont, divertissement en 1 acte, à l'occasion de la naissance du roi de Rome, ibid., 1811, in 8". 1 1» Lee Art» rivaux, intermède en 1 acte et en vers, ibid., 1821. in-4°. 12" La France et C Espagne, ou Ut Deux Familles, intermède en 1 acte et en vers, ibid., 1823, in-4°, â l'occasion du succès de ta guerre d'Espagne. Les meilleures pièces auxquelles a eu part Cliazet, sont, avec Cadet de Gassicourt ; Finot,
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ou l'ancien portier de il. de Bièvre; — avec Désaugiers et Lafurtelle, Chacun son tour, ou l'Écho de Varit; — aver Dubois, Molière ches Ninon ; le Salomon de la rue de Chartres ; Je m'émancipe ; if* Femmes officiers ; la Cendrillon des écoles ; — avec Francis, Caponnet, ou l'Auberge supposée; — avec Francis et Lafortcllc, l'Hôtel de Lorraine; du Belloy,ou les Templiers ;V Ecole des gourmands ;— avec Lafortelle, rimant soupçonneux; avec Moreau, Cassandre aveugle, ou le Concert d'Arlequin;— avec Ourry, la Ligue des femmes; le Mari juge et partie; M. Asinard, ou le Volcan de Montmartre; le Fils par hasard; — avec Scvvrin, la Famille des Innocents; la Famille des Lurons; Janvier et Nivôse; Romainville, ou la Promenade du dimanche. {Voy. Caiilt de Gasnicourt; Dubois; Francis, etc.) Chazel a laissé en outre plusieurs ouvrages en vers et en prose : 4* la Lyre d'Anacréon, ou Choix de romances, rondes de table, etc., Paris, 1801-3, 3 vol. in-12. 2° Etrennes à Geoffroy, iliid., 1801, in-8*. 5° Le Bouquet de roses, ou le Chansonnier des Grâces pour Van 9 (1801), ibid., 1800, in-18. Ce recueil paraissait depuis 1797. Les années antérieures à 1801 n'ont pas été publiées par Chazct. 4° L'Esprit de VAlmanach des Muses depuis sa création jusqu'à ce jour, ibid., sans date, 2 vol. in-18. 5* Eloge de la Harpe, prononcé à l'ouverture des séances du Lvcée de Paris, où Chazel était alors professeur de littérature, ibid., 1805, in-8a. 6* Eloge de P. Corneille , qui a obtenu la première mtntion honorable, au jugement de la classe de littérature et de langue française , ibid. , 1808 , in-8° de 56 p. 7« Charles et Emma, ou les Amis d'enfance, trad. de l'allemand d'Aug. Lafontaine, ibid., 1810, 2 vol. in 12.8° L'Art de causer, ipilre d'un père à son fils, ibid., 1812, in-8« de 16 p. 9» Les Russes en Pologne , tableau historique depuis 1762 jusqu'à nos jours, avec la traduction polonaise en regard , ibid. , 1812, in-8". 10° Tableau des élections depuis 1789 jusqu'en 1816, su ici de quelques idées sur les élections prochaines, ibid. , 1817 , in-8°. 1 1" Les Trois Journées , ou Recueil de discours en vers adressés au nom de la garde nationale parisienne, les 12 avril, 5 mai et 8 juillet 1816. 1817 et 1818, au roi et à S. A. R. Monsieur, ibid., 1818, in-8°. 12* Eloge historique de S. A. R. monseigneur le due de Berri, ibid., 1820, avec port, et fac-similé. 15" La Nuit et la Journée du 29 septembre IH20, ou Détails authentiques surtout ce qui s'est passé le jour de la naissance de monseigneur le duc de Bordeaux, ibid., 1820, in-8°. Ce volume renferme des pièces de différents auteurs , et entre autres les Scène* en l'honneur de la naissance de monseigneur le duc de Bordeaux par Désaugiers et Gentil. 14° Relation des fêtes données par la ville de Paris, etc., en l'honneur de la naissance et du baptême de monseigneur le duc de Bordeaux, ibid., 1822, in-12. 15° Les Royalistes à la chaumière, opuscule en vers, ibid., 1822, in-8' de 8 p. 16" L'Inauguration de la statue de Louis XIV, ode, ibid., 1822, in-4". 17° Le Conciliateur, ou trente Mois de Vhisloirede France, ibid. ,1821, in-8«.18° LouisXVIIl à son lit de mort, ou Récit authentique de ce qui s est
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patte au château des Tuileries, les 13, 14, 15 *H6 septembre 1824, ibid., 1*21, broebure in-8>. Chazet était un des joyeux auteurs des Diners du Vaudeville et du Cerceau moderne. On lui attribue la chanson : Halte-là, la garde royale est /d, qui eut un succès |>opulaire. 11 a dirigé la publication des OEuvres posthumes de ilarmonlel , Paris, 1820, in-8'. ( Voy. Maiimontel.) Cii— s.
CHlîBYH-EN-ZÉID, l'un des plus fameux guerriers arabes du 1er siècle de l'hégire , uai|uit l'an 26 de cette ère, d'un musulman distingué par sa naissance et d'une esclave nommée Djohairéh, qui embrassa l'islamisme, et dont le courage n'est pas moins célèbre que celui de son fils. Ce capitaine, irrité du gouvernement despotique de Heiljadj {voy. Heojapj ), prit parti pour les Karadjytes, et forma avec .Salch, l'un des chefs de cette secte, le projet de l'assassiner a la Mecque. Ce dessein n'ayant pu être mis à exécution, il leva l'étendard de la révolte vers l'an 76 de l'hégire ( 695 de J.-C. ), cl pendant une année, fut la terreur du califat et de lledjadj. D'abord il se rendit maître de Moussoul, ou il sa lit proclamer calife, et résista aux efforts de plusieurs généraux. Enhardi par ses succès, il marcha sur Koufah, et, prévenu par Hedjadj, qui y entra avant lui, il le força néanmoins à se retirer dans la citadelle, et l'y assiégea, lledjadj fut forcé d'avoir recours au calife, qui lui envoya des troupe*. Ces forces, jointes à celles qu'il avait, le mirent en état d'attaquer son adversaire. Chébyb ne put lui résister, et prit la fuite, après avoir vaillamment combattu, ainsi que sa mère et sa femme, qui restèrent sur le champ de bataille. Il erra longtemps, cbercltant à échapper à un parti de Syriensqui s'étaient attachés à ses traces ; mais, comme il le disait lui-même, a le Très-Haut avait décrété sa « mort. » En passant sur un pont le bras du Tigre qu'on nomme Dodjailéh, son cheval se cabra, et le jeta tout armé dans ce fleuve, où il se noya, l'an 77 de l'hégire (696). Son corps, ayant été trouvé sur le rivage , lut porté à Hedjadj, qui le fit ouvrir pour en retirer le cœur, croyant sans doute qu'il se distinguait de celui des autres hommes , autant par sa forme matérielle que par les qualités brillantes dont il avait été doué: il se rencontra en efTet, si nous en croyons les historiens orientaux partisans déclarés du merveilleux, qu'il était dur comme une pierre; on le fendit, et on trouva dans sou intérieur un autre arur plus petit, dont il provint du sang. La mémoire de Chébyb s'est conservée jusqu'à ce jour parmi les Arabes, et les poêles de celte nation se sont toujours plu à clianter une vaillance aussi extraordinaire. J — w.
CHEDEALX ( Pierre-Joseph), né à Metz, le 31 août 1767, fut destiné de bonne heure au commerce, et l'apprit à Lyon, où il était, en 1790, chef d'une fabrique de soieries. Revenu dans sa ville natale cinq aunéesaprés.il jeta les premières bases du grand établissement de broderies que possèdent aujourd'hui ses associés, et composa plusieurs mémoires pour améliorer l'état du commerce. En 1806, on lo nomma juge au tribunal de commerce. En 1810,
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il devint membre de la société d'agriculture et des arts, et fut chargé, l'année suivante, de transmettre au ministère des renseignements sur le mouvement de l'industrie dans les grandes foires d'Allemagne. Appelé, en 1S13, au conseil général ducouunerce de France , il prolita de cette position pour adresser au gouvernement un travail sur les moyens d'occuper la classe indigente dans les grandes villes. 11 reçut, en 1814, la croix de la Réunion, et envoya au ministre un nouveau mémoire sur les moyens d'affermir le crédit et d'établir une grande circulation. Ayant fuit partie, la même année, d'une députalion chargée de présenter à Louis X VIII les hommages du commerce messin, Cliedeaux saisit la circonstance pour exposer an gouvernement les avantages qu'un transit général procurerait à la France. Maire de Metz en 1815, il fut ensuite président de la chambre du commerce. Pleine de conlianre dans la droiture de ses vues , la députalion de la Moselle le pria , en 1816, de s établir à Paris afin d'obtenir pour Metz un entrepôt; établissement d'un avantage équivoque , mais dont Cliedeaux ne cessa de caresser l'idée et de poursui v re l'exécution. Ce fut sur sa proposition, et d'après ses plans, que le conseil municipal de Metz, dont il faisait partie , institua une société de bienfaisance, qui fut si utile pendant la disette de 1817. L'année suivante, dans un conseil des ministres auquel assistaient toutes les députalions de l'Est ainsi que celles des ports, il plaida avec chaleur la cause des entremis et des transits, et reçut, la même année, le brevet «le conseiller du roi au conseil général du commerce. Peu après, il parla, dans le même conseil, présidé par le ministre de l'intérieur, en faveur des entrepôts de Metz et de Paris. Il fit en 1826 un voyage sur les frontières de Prusse et des Pays-Bas, pour chercher les moyens d'ouvrir un débouché aux produits surabondants de nos vignobles, et transmit, à cet égnnl, beaucoup de documents au président du bureau du commerce. Ses produits manufacturiers lui liretil obtenir des médailles décernées aux expositions de 1823, 1820, 1848, el à celle du Louvre de 1827. Maire, pendant les cent jours cl en 1831, d'une ville où les [tartis se heurtaient violemment, Chedeaux agit avec beaucoup de prudence, mais avec des intentions plus droites qu'éclairées. Il désirait vivement une candidature à la chambre des députés; plusieurs fois il se mit sur les rangs, et toujours il en fut écarté. Aux élections de 1830, malgré de grandes chances de succès, il se désista pour assurer l'élection d'un député de l'opposition libérale, sacrifice dont ce parti le récompensa par ses suffrages en 1831. Après neuf mois de fatigues dans la capitale, il se disposait à regagner ses foyers, lorsqu'il succomba, le 13 avril 1832, au terrible fléau qui désolait la France. Indépendamment des mémoires cités dans cet article, il a publié : 1» Réflexion* sur la mcrssiiê d'établir de* entrepôt» sur tout Ut point* principaux de la France, et particulièrement à Mets, Paris; 1800, in-8° de 24 p. ; 2° Projet d'établissement d'une foire européenne à Mets, 1822, in 8° de 70 p. ; 3« enfin plusieurs opuscules dont on trouve les titres dans la Biographie
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de la HI o selle, publiée par l'auteur de cet article. Cho« deaux n'était ni un orateur ni un brillant écrivain, mais il avait un sens droit, el il nous appartient, à nous qui l'avons vu corriger lui-même ses manuscrits, de repousser l'injuste reproche de ceux qui se refusent a l'en croire l'auteur. B— n.
CUEDEL (QuEMiN-PiERiii-. ), graveur, naquit à Châlons en Champagne, en 1705. Ses facultés se développèrent rapidement au collège. Envoyé à Paris pour achever ses études, il fit de nouveaux progrès; mais, au lieu de suivre celle carrière, il se livra à son goût naturel pour le dessin et la gravure à l'eau-forte. Les jolis paysages qu'il gravait d'après ses compositions, d'une pointe légère et originale, furent les premiers fondements de sa réputation. Travaillant dès lors sans relâche, il grava avec une égale facilité le paysage, l'histoire et les tableaux de genre, il traduisit les cliarmantes compositions de Téniers de la même main qui venait de retracer la Priteet l'cmbiatement de Troie. Celle dernière gravure est d'après un fort beau tableau de Breughel d'Enfer ; on la regarde comme un des bons ouvrages de Chedel. H a gravé quelques portraits qui trouveront leur place clans l'Iconographie moderne, dont s'occupe le rédacteur de cet article ; mais c'est à ses paysages qu'il doit la plus grande part de sa réputation. Chedel semble avoir gravé alternativement d'après les meilleurs paysagistes de l'école hollandaise et les peintres en vogue de son temps; après avoir représenté, d'après quaire petits chcfs-d'truvre de Téniers, l'Ouvrage du malin, l'Heure du dîner, l'Après-midi et tet Adieux du toir, il a gravé quatre paysages ornés de ruines, de grottes et de chaumières, d'après Boucher, Walleau et Wouwcrmans : Pierre et Hubert van Iloeck sont tour à tour ses modèles. Adam Willaers, van der Mculen, Bibbiena, Jean Breughel et B. Dreemberg l'ont aussi plus d'une fois heureusement inspire ; les gravures qu'il a faites d'après leurs meilleures compositions forment la partie la plus recherchée de son truvre. Occupé par les libraires, il a dessiné et gravé pour eux, à l'eauforte, un grand nombre de petits sujets ; mais sa trop grande assiduité au travail ne tarda pas à affaiblir sa santé. Contraint par de précoces infirmités de renoncer à la gravure, il se relira à Châlons, où il mourut en 1702. L'œuvre de cet artiste laborieux est très-considérable: quoique sa manière soit facile et légère, on reproche à ses gravures de manquer d'effet A- s.
CHEFFONTAINES (Christophe pe), en latin, a Capitb Fontiuu; en bas breton, Pesfe^eniou (1), naquit dans l'évèehé de Léon, en basse Bretagne, vers l'an 1532, d'une famille noble et ancienne. Il entra de bonne heure dans l'ordre des frères mineurs, au -couvent de Cuburien, prés de Morlaix. 11 était docteur en théologie, et professait
(I) Noos rapparions les (rois noms de tet anlenr, parte qu'il prend, dans ses ouvrages latins, celui de Ctpite Foniium, et, dans sis ouvrages français, celui de Chrittofie ou Chrestofie de Chtflo*laiiut, auquel il ajoute ordinairement relui de Pr»/e*/e*yoii. Co nom, suivant UMounoie sur ta Crois du Manie, d»il tire cent /'«*feuuttw», de »*»,etde ftuniftyou, foattwc.
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cette science avec succès, lorsqu'il fut élu général de son ordre en 1 571 . Nomme archevêque de Césaréc vers l'an 1588, il exerça les fonctions épiscopalcs dans le diocèse de Sens, en l'absence du cardinal de Pellcvé, qui en était titulaire. Quelques théologiens avaient attaqué ChefTontaincs sur ses opinions, lorsqu'il n'était encore que professeur. Il alla se défendre A Home, et si son mérite fut la cause réelle de son élévation, on peut dire que la haine de ses ennemis en devint l'occasion. Pendant son séjour A Home, ChefTontaincs vit, dans le court espace de sept années, cinq pontifes atsis sur le premier siège de l'Église : Sixte V, Urbain VII, Grégoire XIV, Innocent IX et Clément VIII, qui tous lui donnèrent des preuves de leur estime. Il mourut à Rome, le 26 mai 1595, âgé de 63 ans (1). Chcffontaines est plus connu aujourd'hui des savants et des bibliographes que des littérateurs, parce que la plupart de ses ouvrages sont singuliers, rares et recherchés. Il écrit bien en latin, et il a de la force dans le raisonnement. Versé dans la tangue latine, il avait étudié l'hébreu, le grec, le français, l'italien, l'espagnol, et il avait une connaissance plus approfondie du bas breton. Il publia : i" la Dé fente de la foi de notancétret, contenant quinte chapitret, où tont dé, larét Ut itratagèmet et ruttt det liérétiquet de notre tempt, Paris, 1570, in-8*. 2" La Défente de la foi de not aneétret, où la prétenee réelle du eorpt de Noire-Seigneur ett prouvée par plut de troit cent cinquante raitont, Paris, 1571 et 1586, in-8*. Ces deux livra doivent être réunis, comme formant un seul et même ouvrage. L'auteur en donna lui-même une version latine sous les litres suivants: Fidei majorum notlrorum Deftntio, qua harelicorum tateuli nottii attut ac ttratagemata detegunlur, Anvers, 1575, et Venise, 1581, in-8»; et : Defentionit fidei majonm notlrorum liber teeundut, in quo veritat corporit Chritli in cucharittiœ taeramento, etc., dtmonttratur et probalur, Rome, 1576 ; Cologne, 1587, in-8». 5* Réponte familière à une épUre écrite contre le libre arbitre et le mérite det bonnet croix ei, par laquelle on donne une couverture d'accord, fort aitée tt amiable, pour vider tout let différendt et controveriet qui tont entre Ut chrélient, touchant letditet matièrei, Paris, 1571, in-8». Chcffontaines traduisit en latin celte réponse, sous le titre de Contultatio cpitlola cujutdam contra Uberum arbitrium et mérita, Anvers, 1576, in-8». Un jurisconsulte protestant avait fait imprimer une lettre adressée à son frère, pour l'engager à renoncer A la religion catholique, et cherchait à lui persuader que la doctrine de l'Eglise sur le libre arbitre et sur les mérites était contraire A l'Écriture sainte et A l'ancienne doctrine. ChefTontaincs, dans sa réponse, entreprend de prouver le libre arbitre de l'homme par divers lissages des livres saints et des Pères. 11 dit que l liommea été créé libre; que sa liberté a été allaihlic par le péché d'Adam, et rétablie par la grâce de Jesus-Clirist. 11 cherche A accorder la grâce et le
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libre arbitre, sans entrer dans les questions de l'école. Il traite succinctement du mérite des nés œuvres, en établissant que la vertu doit avoir une récompense éternelle. 4» Chrétienne Confutation du point d'honneur, sur lequel la noblette fonde aujourd'hui tet querellée et monomachiet, déduite en un traité de quatre chapitret. et, outre ce, en troit dia loguet entuivantt, Paris, 1568, 1571 et 1579, in-8*. Après s'être élevé contre le préjugé qui favorise le duel, Chcffontaines attaqua les vices de la théologie scotastique dans le plus rare et le plus fameux de ses ouvrages, qui a pour litre ' 5° Fart'i Tractatut et Ditputalionet correelionit nonnullarum communium opinionum theologia teholattica, Paris, 4586, in 8»; ce n'est que la I" partie d'un livre qui fut mis a Home A l'index, et celte censure empêcha l'auteur de le continuer. Les exemplaires en sont, pour la plupart, mutilés et imparfaits. On a substitué A la feuille signature E, la même feuille d'un autre traité de ChefTonlaines, intitulé : de Veteri Ritu ceUbrandi mitiam, et, dans celle substitution, il n'y a d'autre rapport que celui de la lettre de signature et celui des chiffres des pages. Quelques savants ont pensé que Chcffontaines expliquait, dans la feuille supprimée par ordre de ses supérieurs, des décrets du concile de Trente, ce qui était défendu. On trouve des exemplaires où la feuille de la signature E a été réimprimée. Au reste, ChefTontaincs ne condamne point dans cet ouvrage (dédié A Sixte V) la théologie srolastique; il la juge même si néressairc, qu'il ne croit pas qu'on puisse être parfait théologien sans s'être exercé dans cette science. 11 voudrait seulement qu'on se servit, pour l'enseigner, d'une méi hode plus facile et plus sûre, qui éviterait la confusion et la diversité d'opinions qu'on remarque entre les théologiens scolasiiques. D'ailleurs son but principal est de prouver que le sentiment commun des scolasiiques sur l'interprétation de ces mots : Ceci ett mon eorpt, ne peut s'accorder ni avec l'Écriture ni avec le concile de Trente, et il trouve que les théologiens scolasiiques ont eu sept opinions différentes sur ce sujet. 6° Perpétua Maria Virginie ac Jotephi tponti ejut virginitatit catholica Defentio, Lyon, 1578, in-8*. 7° Epitome nova itluttralionit chrittinna fidei advertut impiot, libertinot et atheot, etc , Paris, 1586, in-8*. 8* Compcndium privilegiorum Fratrum minorum, Paris, 1578, in-8*. 9* Apologie de la confrérie det pénitentt, érigée et intlituée en la ville de Parit par Henri III, Paris, 1583, in-8*. Uy De Ut Vertu det parolet par tetquellet te fait Ut contécration, 1585, in-8*. 11° Deux sermons latins sur la Sainte Vierge ; Varia Disputationet de eo quod tit utile ae necettarium, et plusieurs autres traites moraux ou dogmatiques, moins estimés, moins recherchés, mais annonçant un esprit qui, supérieur A son siècle, cherche à le dégager de quelques préjugés. V— VI.
CHEHAU-EDDYN (Abdel-Rahmav ), né à Damas, Tan 509 (1500 de J.-C ), occupe un rang distingué parmi les historiens arabes du 7* siècle de l'hégire, pour l'histoire de Noradin et de Satadin, dout il est auteur et A laquelle il a donné le litre de
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