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Barthélémy se hâta d'en prendre le commandement ; mais Roldan persista dans sa rébellion, malgré l'amnistie que le frère de l'amiral avait fait publier en faveur de tons ceux qui rentreraient dans le devoir. Il venait de réduire deux chefs indiens qui s'étaient révoltés, lorsque, peu après son arrivée à Santo-Domingo, il eut le bonheur de revoir Christophe Colomb, le 30 août 1 498, après une absence de deux ans et demi. Il le seconda dans ses travaux, et parcourut avec lui les différentes parties de PUfl pour rétablir l'ordre si longtemps troublé. Il était occupé a la poursuite des rebelles qui avaient participé à la révolte de Guevara et de Moxica, tandis que Christophe Colombse trouvait au fort de la Conception, occupé à régler les affaires de la Vega, lorsque, le 23 août 1500, deux caravelles furent signalées à environ une lieue de Santo-Domingo. Elles portaient le commandeur François de Bobaililla, envoyé avee des pleins pouvoirs par la cour d'Espagne. A peine débarqué, Bobadilla agit avec la plus extrême violence, et, après avoir eu l'indignité de faire charger de fera Christophe Colomb, comme il craignait d'éprouver quelque résistance de la part de son frère Barthélémy, en ce moment à la léte d'une force armée et dont il connaissait l'esprit belliqueux et déterminé, il pria le premier d'écrire à son frère de se rendre paisiblement à Santo-Domingo, et de lui défendre de faire exécuter les personnes qu'il retenait en prison. En recevant la lettre de son frère, Barthélémy obéit immédiatement ; il abandonna son commandement et arriva à Santo-Domingo, où il fut de suite chargé de fers et transporté à bord de la caravelle où Christophe Colomb se trouvait déjà. Pendant la traversée, il ne fut pas permis aux deux frères d'avoir de communications entre eux; mais à peine curent ils touché a Cadix, qu'un cri d'indignation s'éleva dans toute l'Espagne contre l'infâme traitement qu'on leur avait lait subir. Les souverains catholiques, la reine surtout, ordonnèrent non-seulement leur mise en liberté, mais les accueillirent avec une haute distinction. Christophe Colomb ayant proposé de tenter une nouvelle expédition, on mit à sa disposition les moyens nécessaires, et tous les préparatifs étant terminés, il mit à la voile de Cadix, le 9 mai 1302, pour son quatrième et dernier voyage de découverte, emmenant avec lui, d'après la permission qu'il en avait obtenue, son frère liarthclemy et son fils Ferdinand. Pendant cette expédition, Barthélémy Colomb visita avec son frère la cote de Honduras, dont il prit possession au nom des rois catholiques, celle de Mosquilos, etc. Ce fut lui qui s'empara ensuite, autant par n:sc que par la vigueur de ses mesuras, d'un cacique nommé Quibian, qui avait soulevé contre les Espagnols tous les habitants du pays. 11 partagea toutes les angoisses que son frère éprouva lorsqu'il se réfugia à la Jamaïque, et soutint son courage dans toutes les circonstances pénibles qu'il eut à traverser. Barthélémy commanda eufin le navire avec lequel ils quittèrent Santo-Domingo pour se rendre en Espagne, où ils arrivèrent le 7 novembre 1o04. Le triste état de la santé de Christophe Colomb ne lui permettant pas d'aller défendre ses intérêts à la
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cour, Barthélémy s'y rendit comme son représentant, accompagnéde son neveu Ferdinand, alors âge de dixsept ans. Mais ses réclamations et celles de don Diego, son neveu, n'ayant pas été écoutées, il alla rejoindre l'amiral. Celui-ci, quoique malade, se détermina alors à se rendre lui-même auprès du roi, accompagné de Barthélémy; mais il ne fut pas plus heureux. L'appui qu'il avait perdu par la monde la reine Isabelle (26 novembre 1504), il espérait le retrouver dans le jeune roi Philippe et dans la reine Jeanne, qui vcnaienld'ari i ver de Flandre pour prendre possession de leur trône de Casiillc. Kc pouvant se présenter lui-même, à cause de ses infirmités, il chargea de nouveau de le suppléer son frère Barthélémy, qui partit pour ne plus le revoir, car il expira quelques jours après leur séparation (20 mai 150G). Après sa mort, Barthélémy conserva toujours l'office d'adelantade. des Indes, quoique Ferdinand le retint en Espagne, par jalousie et patcrainte de son caractère ferme et indépendant, en même temps qu'il employait des hommes inférieurs à des voyages de découvertes. Mais en 1512, le prince ayant reçu des dénoncialionscontre Diego Colomb qui exerçait depuis trois ansàSl-Domingue les fonctions de vice-roi, sans avoir cependant ce titre officiel, il jugea convenable d'envoyer Barthélémy dans le nouveau monde avec des instructions pour son neveu. Il augmenta en même temps ses appointements, et lui donna la propriété et le gouvernement pendant sa vie de la petite lie de Mona, en lui assignant en outre une répartition de deux cents Indiens, avec la surintendance des mines qui pourraient être découvertes à Cuba ; office qui devint très-lucratif. Don Diego, mécontent de la manière dont la cour se conduisait à son égard, partit le 9 avril 1515 pour venir en Espagne se justifier, laissant à Sanlo-Domingo la vice-reine Maria, sa femme, et son oncle l'aJelantade, qui termina peu après sa laborieuse vie. On dit que le roi Ferdinand, qui avait une haute opinion du caractère et des talents de Barthélemy, éprouva un vif regret de sa perte. C'était, dit Hcrrera, un excellent marin, plein de courage et d'un esprit élevé , aussi estimable que son frère, et auquel il n'a manqué que des occasions pour se faire mieux connaître. Après sa mort, le roi reprit le gouvernement de l'ilc de Mona, et transporta à la vicereine Maria la concession de deux cents Indiens, qu'il lui avait faite précédemment. D— z — s.
COLOM B (don Diego), fils de Christophe Colomb Ct de doua Felipa Mum'z Perestrclo, naquit vers 1476, ou de 1 570 à 1474, selon M. de Humboldl, dans file de Porto-Sanlo, où son grand-père maternel possédait des propriétés. Il venait de perdre sa mère, lorsque Christophe Colomb le mena avec lui en Espagne. Accueilli avec une extrême bienveillance par Juan Perez de Marohena, prieur du monastère de Santa-Maria de la Babida, éloigné d'une demi-lieue du petit port de mer de Palos, le jeune Diego fut dirigé dans ses études par ce respectable ecclésiastique, ctil était encore à la Habida en 1 186, époque où la cour étant venue s'établir dans l'antique cité de Cordouc, Christophe alla lui soumettre ses projets ct hii offrir ses services. Lorsque Colomb eut
terminé son arrangement avec les rois catholiques, le 5 avril 14!)2, Diego fut nommé, le 8 mai suivant, page du prince don Juan. Le 25 septembre 14i)5, Diegoct Ferdinand Colomb accompagnèrent leur père qui partait pour son second voyage, cl furent témoins de la brillante réception qu'on lui fit pendant son court séjour à Cadix , ct le long de la roule ; mais ils restèrent tous deux en Espagne, où Diego obtint, en 1498, le titre de page de la reine. Le 14 mars 1502, les rois catholiques, en renouvelant à Christophe Colomb, de Yalença di Torre, l'assurance qu'ils maintiendraient le traité conclu avec lui, l'engagèrent à laisser à son fils Diego le soin de K9J affaires en Espagne. Pour le mettre en état de les connaître parfaitement, ct lui donner les moyens de défendre ses intérêts, Christophe Colomb, avant de partir, remit à son ami, don isicolo Odcrigo, qui avait été ambassadeur de Gènes auprès de la cour d'Espagne , différents documents pour les communiquer a don Diego. Après la mort de Christophe Colomb, arrivée au mois de mai 1506, Diego Colomb, qui était devenu garde du corps de la maison de la reine, au mois de novembre 1502, succéda à tous les droits de son père comme vice-roi et gouverneur du nouveau monde, conformément aux conventions expresses signées par les rois catholiques. C'était, au rapport de tous les historiens, un homme d'unegrande intégrité, rempli de talents et d'un caractère franc ct généreux. Néanmoins, lorsque Mendez, le fidèle compagnon de son père, réclama la charge de principal alguazil de St-Domingue, que Christophe Colomb lui avait promise sur son lit de mort, Diego l avait déjà accordée à son oncle Barthélémy Colomb ; il promit à Mendez un équivalent, mais il ne le lui donna jamais. Ce fut vainement que, de son coté, il réclama l'exécution des engagements faits avec son père ; la reine, protectrice de sa famille, était morte, ct le froid et circonspect Ferdinand le iaissa solliciter pendant plus de deux ans sans rien faire pour lui. Au retour de Ferdinand de Naples, en 1508, Diego Colomb renouvela ses instances sans être plus heureux. Il demanda alors à Ferdinand la permission de poursuivre sa réclamation par les voies ordinaires de la justice, et, en ayant reçu l'autorisation, il intenta un procès à ce souverain devant le conseil des Indes. Il durait déjà depuis plusieurs années, lorsqu' enfin le conseil, à l'honneur de sa justice et de son indépendance, après avoir discuté minutieusement et examiné avec le plus grand scrupule les réclamations de Diego, prononça à l'unanimité en sa faveur. Malgré cette décision solennelle, le monarque espagnol ne manquait ni de moyens, ni de prétextes pour retarder l'exécution d'une sentence qui accordait de si vastes pCivoirs à un de ses sujets. Peut-être n'cût-elle été jaiMis exécutée, si Diego Colomb, devenu épris de dona Mina, fille de Ferdinand de Tolède, grand commandeur de Léon, ct nièce de don Fadrique de Tolède, duc d'Albe, favori du roi, n'eût demande ct obtenu la main de celte jeune daine, dont le père et l'oucle étaient les plus grands seianeurs du royaume, et cousins du roi lui même. Dès lors ses affaires prirent
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une face nouvelle : le roi lui donna, quoique avec répugnance, le tilrc d'amiral, ainsi que toutes les dignités dont jouissait Ovando, qui fut rappelé; mais on évita dans la cédule de le qualifier de vicerai. Le nouvel amiral s'embarqua à San-Lucar, le 9 juin 1509, avec sa femme, son frère Ferdinand et ses deux oncles, don Barthélémy et don Diego; ils étaient accompagnés d'une nombreuse suite de cavaliers, de leurs femmes, et de jeunes demoiselles appartenant a de grandes familles, mais peu fortunées, qu'on envoyait dans le nouveau monde pour y faire de riches mariages. Don Diego Colomb n'avait point officiellement, ainsi que nous l'avons dit, le tilrc de viceroi , mais on le lui donna toujours par courtoisie , et on ne s'adressait jamais à sa femme sans l'appeler vice-reine. Il commença à exercer son autorité avec un degré de splendeur jusqu'alors inconnu dans la colonie ; et la vice-reine, femme d'un haut mérite, établit une espèce de cour qui répandit un grand lustre sur cette Ile à demi sauvage Don Diego se considérait comme exerçant les pouvoirs d'un vice-roi ; mais Ferdinand adopta des mesures qui lui démontrèrent bientôt qu'on était loin d'admettre cette prétention. Sans l'en informer aucunement, on divisa l'isthme de Darien en deux grandes provinces, séparées par une ligne imaginaire, courant à travers le golfe d'Uraba. Alonzo de Hojeda fut nommé gouverneur de la province orientale, qu'on appela Nouvelle- Andalousie; et Diego de Nicuessa devint gouverneur de la province occidentale, renfermant la riche cote de Vcragua, à laquelle on donna le nom de Castille d'Or. Si le monarque espagnol eut agi suivant les principes de justice et de reconnaissance, le gouvernement de cette côte eut été accordé à Barthélémy Colomb, qui avait contribué à sa découverte, et qui avait, en cette occasion , tant souffert, ainsi que l'amiral son frère. Ses talents supérieur», qui auraient dfl le désigner au choix de Ferdinand, furent au contraire l'une des causes qui déterminèrent ce monarque à l'éloigner. Don Diego fut ément affecté de toutes ces mesures prises pari ici pation, et même sans lui en donner connaissance. Mais il eut de nouvelles vexations à éprouver au sujet du gouvernement de l'Ile de St- Jean ou Porlo-Bico, conquise et colonisée à peu près vers cette époque; cependant, après bien des difficultés, les officiers nommés par lui furent en définitive reconnus par la couronne. Comme son père et son oncle, il eut à lutter contre une multitude de Actions ; car les ennemis de Christophe Colomb reportèrent leur haine sur Diego. Parmi les plus acliamés, se faisait remarquer Micltel Passamontc, trésorier du roi, créature de l'évêque Fonscca cl agissant à son instigation. Deux partis divisèrent bientôt l'ile : celui de l'amiral, et celui qni reconnaissait pour chef Passamonte, et qui affectait de s'appeler le parti du roi. Il n'est point de calomnies que ce dernier ne fit circuler contre le jeuneainiral, et de dénonciations plus absurdes et plus mensongères les unes que les aulres, qu'il n'adressât contre lui à la cour. Le roi Ferdinand, alors avancé en âge, s'en rapportait entièrement |>our les affaires des Indes à Fouseca, qui le détermina a établir, en VHL
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1510, à Santo Domingo une cour souveraine , ou audience royale, à laquelle on pouvait appeler de toutes les sentences de l'amiral. Diégo considéra celle mesure comme destinée à lui enlever toute autorité. D'un caractère franc et ouvert, le jeune amiral n'était pas en état de lutter contre de rusés potiliij pour lesquels tous les moyens étaient bons, et habiles pour cliangcr en crimes les plus légères erreurs. Ne désirent que le bien, Diego s'était toujours opposé aux reparlimientos, ou distributions d'Indiens, qui donnaient naissance à toute espèce d'actes de barbarie, et malgré tous ses efforts, il ne put parvenir à détruire les graves abus qui en étaient lo résultat; mais il se fit des ennemis implacables do tous ceux qui en profitaient. En 1510, ayant eu lo bonheur de réduire l'Ile de Cuba sans perdre un seul liomme, il donna avis de ce succès inespéré à Ferdinand, qui en éprouva une grande joie. Néanmoins, comme il avait reçu une multitude de plaintes contre l'administration de l'amiral , bien qu'il les jugeât mal fondées pour la majeure partie , il crut devoir envoyer sur les lieux, en 1512, Barthélémy Colomb , muni d'instructions très-détaillées pour son neveu. Les deux gouverneurs, Hojeda et Nicuessa, n'ayant pas rempli les intentions du roi, Barthélémy Colomb fut autorisé à coloniser la côte de Yeragua, et a la gouverner sous les ordres de don Diego ; mais il était trop tard, Barthélémy cessa de vivre avant d'avoir pu accomplir la mission qui lui était confiée. Les différentes mesures adoptées par le gouvernement espagnol ayant paru attentatoires aux privilèges de don Diego, il demanda et obtint la permission de se rendre en Espagne pour y défendre ses droits, et se justifier en même temps contre les calomnies dont il était abreuvé chaque jour. En conséquence, il partit le 9 avril 1515, laissant à l'Espagnole son oncle et la vice-reine dofta Maria. Il fut reçu à la cour avec la plus grande distinction, et il méritait l'accueil qu'on lui lit, ayant réussi dans toutes les entreprises qu'il avait conçues ou dirigées. Par ses soins, une pêcherie de perles avait été heureusement établie sur la cote de Cubagua ; il avait colonisé les fies de Cuba et de la Jamaïque ; sa conduite n'avait donné lieu h aucun reproche fondé, et les accusations portées contre lui provenaient presque toutes des efforts qu'il avait faits pour améliorer le sort des Indiens. I.- roi ordonna que tous les procès intentés contre lui fussent mis au néant, et le combla de faveurs, mais sans lui rendre l'autorité, ni faire droit à ses justes réclamations, sans même lui accorder l'audience particulière qu'il sollicitait pour se justifier. Dans l'intervalle, Ferdinand mourut, le 23 janvier 1516. Son petit-fils et successeur, le prince Charles, devenu depuis l'empereur Charles-Quint, étant en Flandre, le cardinal Ximéiiès, qui tenait en son absence les rênes du gouvernement, ne voulut pas prendre sur lui de prononcer, et ce ne fut qu'en 1520 que ce prince reconnut la fausseté de toutes les charges portées contre Diego. Celui-ci reçut aussitôt l'ordre de reprendre son emploi, et on cessa de contester ses droits à l'exercice de l'office de vice-roi et gouverneur de l'Ile Espa-
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gnole.et * toutes les terres découvertes par son père. Son autorité fut néanmoins diminuée par les nouveaux règlements et par la création d'un surintendant chargé de contrôler ses actions et d'en rendre compte à ta cour. Don Diego quitta l'Espagne au commencement de septembre 1520, et, à son arrivée à St - Domingue , il trouva que de grands changements avaient eu lieu pendant sa longue absence. Plusieurs des gouverneurs s'étaient rendus indépendants, et avaient abusé de leur pouvoir pour eomniettre toutes sortes d'injustices; les mines avaient été négligées; on s'était adonné presque exclusivement à la culture de la canne à sucre, et on avait importé de la côte d'Afrique un grand nombre d'esclaves nègres qui étaient traités avec la plus grande cruauté, sans pour cela qu'on eût ménagé davantage les Indiens. 11 en résulta que ces malheureux exaspérés se révoltèrent au mois de décembre 1522, et que Diego eut beaucoup de peine a les réduire. Ce fut la première insurrection survenue à St-Domingue. Dans le même temps, les ennemis de don Diego multiplièrent à tel point leurs plaintes et leurs accusations contre lui, et elles lirent une telle impression, qu'en 1523, il reçut des lettres très-dures du conseil des Indes, avec Tordre de rentrer immédiatement en Espagne pour y rendre compte de sa conduite. A peine arrivé, Diego se présenta à la cour et plaida lui-même sa cause avec tant de franchise et de fermeté, que son innocence fut reconnue par le souverain et par le conseil, et que foutes les accusations de ses ennemis furent déclarées calomnieuses. Mais, tout en rendant justice àja pureté de ses actions et à sa bonne administration, on ne fit droit à aucune de ses réclamations. Après beaucoup de sollicitations, il était enfin parvenu à faire décider qu'une commission, composée du moine Loysa, confesseur de l'empereur et président du conseil royal des Indes, et d'autres personnages distingués, prononceraient sur son affaire. Mais ce fut vainement que, pour obtenir une décision, il suivit pendant deux ans la cour de Victoria à Burgos, de Vallado- Ud à Madrid et à Tolède. Pendant l'hiver de 1525, l'empereur étant venu à Séville, l'amiral entreprit de s'y rendre malgré le mauvais élat de sa santé. Oviédo, qui le vit à Tolède deux jours avant son départ, s'efforça vainement, ainsi que ses autres amis, de le dissuader d'entreprendre un tel voyage au milieu de l'hiver, attaqué qu'il était d'une fièvre Jente. Diego persista dans son dessein, en disant qu'avant d'arriver à Séville, il irait faire ses dévotions à l'église de Notre-Dame de Guadalupe , et que, par l'intercession de la mère de Dieu, il espérait recouvrer la santé. Il quitta en conséquence Tolède dans une litière, le 21 février I52fl, après s'être auparavant confessé et avoir communié ; mais, parvenu 6 Montalban, qui n'en était éloigné que de six lieues, son mal empira à tel point, qu'il reconnut bientôt lui-même que sa fin approchait. Il employa le jour suivant à mettre ses affaires en ordre, et le 23 il expira, âgé d'environ 50 ans seulement. Don Diego Colomb laissa de son roaiiago d^ux fils, Louis et Clnistophc, et trois
filles, Marie, qui épousa depuis don Sancho de Cordova; Jeanne, mariée d don Louis deCueva, et Isabelle, qui devint la femme de don George de Portugal, comte de Gelves. D— z— s.
COLOMB (Feroimand), fils naturel de Christophe Colombet de Déatrix Enriqucz (1), naquit à Cordoue. On n'est point d'accord sur l'époque de sa naissance : suivant lepiiaphe placée sur son tombeau, ce fut le 28 septembre 1 488; mais si l'on s'en rapporte à ses papiers originaux conservés dans l'église de Séville, et qui ont été examinés par don Diego Ortiz de Zuûiga, historien de celle ville, il paraîtrait que la date doit être reportée au 29 août 1487. Au mois de mat 1492, il fut nommé avec son frère ainé, don Diego, page du priuce don Juau, (ils et héritier de Ferdinand et d'Isabelle, et après la mort de ce prince, ils entrèrent tous les deux en la même qualité au service de la reine Isabelle, le 18 février 1498: Ferdinand avait reçu une brillante éducalioti. Eu 1502, quoiqu'il n'eût encore que treize a quatorze ans, il accompagna sou père dans son quatrième voyage de découvertes, et supporta toutes les fatigues de celle pénible excursiou avec un courage dont Christophe Colomb parle avec éloge et admiration. Après la mort de ce dernier, il paraîtrait que Fcrdinaud fit encore deux voyages dans le nouveau monde. Il accompagna ensuite l'empereur Charles-Quint en Italie, en Flandre et en Allemagne, cl suivant Zuûiga ( Analn de Scvilla, de 1593, n° 3), il voyagea dans toute 1 Europe, et dans une partie de l'Afrique et de l'Asie. Possédant de grands talents, un excellent jugement et beaucoup d'intelligence, ces favorables circonstances ne furent pas perdues pour lui, et il acquit des connaissances étendues en géographie, en navigation, et eu histoire naturelle. Passionné pour l'étude et pour les livres, il forma une bibliothèque choisie, quoique nombreuse, puisqu'elle s'élevait à plus de 20,000 volumes tant imprimés que manuscrits. Avec l'autorisation de Charles-Quint, il entreprit d'établir à Séville une académie et un cullvge de mathématiques, cl il fit commencer à cet effet la construction d'un somptueux édifice dans l'iuterieur de cette ville, en lace le Guadalquivir, dans le lieu où est situé maintenant le monastère de San-Laureano. Mais sa constitution ayant été altérée par les souffrances qu'il avait éprouvées dans ses voyages, il ue put mener à bien ses projets. Après avoir vécu d'une manière très- honorable dans une retraite studieuse, au milieu de quelques hommes de lettres qu'il avait amenés de Flandre, il mourut a Séville, le 12 juillet 1550, à l'âge de 50 ans 0 mois et 44
H) Nalgte ItartM de qoeMnes bioffranh», don» Betirtt EnriquM, sa mere, appartenant» nnc famille respectable de Cordone,
t'i\Mt point èie marier à Chrtslopue Colomb. La dernière clause du teslament cl ndirîte de Chris.tns.tie Colomb, faile la veille de sa mort, ne permet •ucon donie à re sojrr; n"o porlc : « El je lui eto donne (a son (Ils don Diego) daioir min de Be«trU F.nrlqner. « uirre de dou Fernando, mon OU, de la pwir«oir de (oui te q« n pourra ta fjiro vl\ru lionorable meut, romuie personne envers la- « (juelle j'ai tVtintti ât ti praire vlltyathmt, ri dr ftirt cet» t pair le toittayrment de ma mudmt, farce q*e cela prtr **■«*• « t*»p tur mea ûme. Il n'ai p„,« Utile de» tain ici la fut*, a tSavarfett, ColUcim dip!^i.,n<» 158, 128 )
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jours , ainsi qu'on le lit sur son épitaplie, ou vers 1541, scion M. de Humboldt. Il ne laissa point d'enfants et n'avait jamais été marié. On assure que vers la fin de sa vie il avait embrassé l'état ecclésiastique. Son corps fut enterré, d'après ses intentions, dans l'église cathédrale de Séville, à laquelle il laissa par testament sa belle bibliothèque. Elle fût placée, dit Zum'ga, dans la maison du chapitre de l'église, bâtiment destiné précédemment à former une chapelle royale : les livres y sont dans des cases en acajou, magnifiquement sculptées; les murs et les voûtes sont peints à la fresque : c'est là qu'elle se trouve oubliée et négligée. Don Ferdinand se consacra à la culture des lettres; suivant l'inscription placée sur sa tombe, il avait composé un ouvrage en 4 livres ou volumes dont le titre est effacé sur le monument, et l'ouvrage lui-même est perdu. On doit d'autant plus le regretter, que, d'après Zuftïga, les fragments de l'inscription font .connaître qu'il contenait, outre divers traités d'histoire, de morale et de géographie, des notices sur les contrées que Ferdinand Colomb avait visitées, spécialement sur le nouveau monde, et sur les vopges et les découvertes de son père. L'ouvrage le plus important qu'il nous a laissé est l'histoire de l'amiral son pére, composée par lui en espagnol. Elle fut traduite en italien par don Alonzo de l.'lloj, et c'est d'après cette traduction italienne, qu'ont été faites toutes les traductions qu'on en a données en différentes langues, même la version espagnole de Barcia, tirée, à ce qu'il dit lui-même, del traslado italiano, por no parerer tl original e$panol. Il est singulier que l'ouvrage n'existe en Espagne que sous la forme de traduction de celle d'Ulloa, qui est pleine d'erreurs dans l'orthographe des noms propres, ainsi que dans les dates et les distances. Ferdinand avait été témoin oculaire de quelques-uns des faits qu'il rapporte, particulièrement en ce qui concerne le quatrième voyage, dans lequel il avait accompagné son père. Il avait aussi les papiers et les cartes de Christophe Colomb, et des documents récents de toute espèce qu'il avait pu extraire ; en outre, il connaissait particulièrement tous les personnages qui out figuré dans les événements dont il rend compte. Ferdinand, homme rempli de probité et de discernement, écrivit avec une impartialité qu'on ne pouvait attendre de lui en traitant des matières qui intéressaient l'honneur, l'intérêt et le bonheur de son père. On doit regretter, toutefois, qu'il ait laissé dans l'obscurité la portion de la vie de Christophe Colomb antérieure à ses découvertes, qui occupe une période de cinquante-six ans. Il parait qu'il a voulu jeter un voile sur cette espace de temps, et ne présenter son pére aux lecteurs qu'à l*épo(|ue où, devenu illustre par ses actions, son histoire se confond pour ainsi dire avec celle du monde. Son ouvrage néanmoins peut être considéré comme un document inappréciable, qui mérite toute confiance, et peut servir «le base a l'histoire du continent américain. Quelques écrivains, et entre autres Napione, en ont contesté l'authènticité. D-z-s.
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COLOMB (doji Louis), fils aîné de don Diego et de dofia Maria de Tolède, né à l'Ile Espagnole (St- Domingue), vers 1520, n'avait que six ans à la mort de son père. A peine la nouvelle de co triste événement fut- elle parvenue à la veuvo de don Diego, qu'elle se rendit en Espagne avec toute sa famille pour défendre les droits de son fils aîné. Charles-Quint était absent du royaume lorsqu'elle arriva, mais elle fut reçue très-gracieusement par l'impératrice. Le titre d'amiral des Indes fut immédiatement conféré à don Louis, l'empereur augmenta ses revenus et accorda d'autres faveurs à sa famille. Néanmoins il ne voulut jamais accorder au petit-fils du grand Colomb le titre de vice-roi, quoique don Diego eut obtenu un droit héréditaire à cette dignité peu d'années avant sa mort. En 1538 le jeune amiral, alors âgé d'environ dix-huit ans, était à la cour et avait intenté un procès dei ant les tribunaux compétents pour obtenir le recouvrement de la vice-royauté des Indes. Deux ans après, Parfaire fut arrangée par arbitrage entre son oncle don Ferdinand et le cardinal Loyasa, président du conseil des Indes. Par un compromis, don Louis fut déclaré capitaine général de l'Ile Espagnole, mais avec de telles restrictions que ce n'était à vrai dire qu'un titre sans fonctions. Don Louis fit ensuite voile pour Si-Domingue, mais il n'y resta que peu de temps. Trouvant que ses dignités et ses privilèges n'étaient que des sources de vexations, il se décida à faire un nouveau compromis, par suite duquel il abandonna toutes ses prétentions à la vice-royauté du nouveau monde, et reçut à la place les titres de duc de Vcraguas et de marquis de la Jamaïque. On lui accorda une pension annuelle de 1 ,000 doublons d'or, en compensation du dixième du produit des Indes, auquel il renonça. Don Louis ne jouit pas longtemps de cette substitution d'un revenu certain, quoique modéré, au lieu d'une réclamation magnifique mais improductive, car il mourut peu après. Il ne laissa de son mariage avec dofia Marie de Mosquera que doux filles, Tune nommée Phdippa et l'autre Marie, qui se fit religieuse au couvent de St-Quirce à Valladolid, et un fils naturel appelé Christophe. Don Louis n'ayant pas eu de fils légitime, son neveu Diego, fils de son frère Christophe, lui succéda. Un procès commença entre ce jeune héritier et sa cousine Philippa ; le couvent de St-Quirce, où dofia Marie avait pris le voile, éleva aussi des prétentions, et Christophe, fils naturel de don Louis, en éleva aussi de son ctMé qui furent rejetées. Don Diego et sa cousine éteignirent leurs discussions par un mariage qui fut heureux, mais sans postérité. Diego mourut en 1578, et avec lui fut éteinte la postérité mâle de Christophe Colomb. L'un des procès les plus importants dont le monde ait été témoin commença alors. Don Diego avait deux sœurs, Françoise et Marie ; la première et les enfants de la secoude se portèrent comme ses héritiers. Il s'en présenta un autre nommé Bernard Colombo de Cogoleto, qui réclama comme descendant en ligne directe de Barthélémy Colomb, l'adelantade frère du découvreur du nouveau monde ; il lut repoussé, attendu que Barthélémy n'a-
vait pat d'enfant* reconnus, et surtout de légitimes. Un autre prétendant dont la réclamation fut également rejetec était Baldasscr ou Dalthasar Colombo de Cuccaro et Conzano, dans le duché de Monferrat en Piémont, qui s'annonçaitcoinme étant de la famille de Dominique Colombo, seigneur de Cuccaro, qu'il soutenait avoir été le pére de Christophe Colomb. La cause fut définitivement juy:ée par le conseil de» Indes, le 2 décembre 1608. La ligne mâle fut déclarée éteinte. Don Nuûo Gelvcs de Portugal lut mis en l«)ssession et devint duc de Veraguas. Il était petitlils d'Isabelle, troisième fille de don Diego, fils de Christophe Colomb, par la vice-reine dona Marie de Tolède. Les descendants des deux sœurs aînées d'Isabelle avaient des droits supérieurs, mais leur postérité était éteinte au moment où le procès reçut une décision. Isabelle ayant épousé don George de Portugal, comte de Gelves, il en résulta, dit le P. Chaïlcvoix, dans son Histoire de Sl-Domingue, que les dignité! Cl la fortune de Christophe Colomb passèrent a une branche de la maison de Uragance , établie en Espagne, cl dont les héritiers qui existent encore portent le titre de Portugal, Colomb, duc de Veraguas, marquis de la Jamaïque et amiral des Indes. Lorsque l'Ile de la Jamaïque eut passé entre les mains des Anglais (1655), les héritiers de Christophe Colomb réclamèrent un dédommagement pour Jes rentes perdues dans le marquisat. Après de longues sollicitations, il fut accordé, en 1671 , à Pedro de Portugal une indemnité pécuniaire. Nous dirons, .en terminant, qu'en 1712, Philippe V accorda la graodesse d'Espagne à la famille du duc de Veraguas. D— z-s.
COLOMB ou COLOMBE (Michel), très-habile statuaire français, qui vivait sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII, est un des artistes de cette époque injustement oubliés par un effet de la célébrité de l'école de Fontainebleau, et que François 1" lui-même semble avoir méconnus. Ni d'Argcntré, ni Lobineau, Morice, Taillandier, la Gybonais, Desfontaines, n'ont fait mention de lui daus leurs écrits historiques, quoiqu'ils disent que le tombeau de François II, duc de Bretagne, son principal ouvrage, est un magnifique tombeau, un superbe mausolée , qu'il a été exécuté par un excellent ouvrier, ou par Us plus habiles ouvriers. Montfauron lui-même, qui a publié des gravures du tombeau «le François II, n'en a point indiqué l'auteur : peutêtre ne le connaissait-il pas. Le nom des artistes les plus rccommandablcs est ce qui, pendant longtemps, n le moins occupé nos historiens. Heureusement Mcllier, magistrat de Nantes, qui a composé une description de ce mausolée, à l'occasion de l'ouverture qui en fut faite par ordre du roi en 1727, dit qu'on y trouva une inscription |toriant ces mots : l'ar l'art et l'industrie de il. Michel Colomb, premier sculpteur de son temps, originaire de l'èvéché de I.éon. (G. Mellicr, Ouverture et description du tombeau de François II, etc., Nantes, 1727, in-8°.) Quoique cette inscription paraisse avoir été rapi>ortée par Mellier peu ll.iélcment.elle mérite une pleine confiance. La Marliaiêrc (article Nantes, t. 9) cl
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Piganiol de la Force ( Description de la France, t. 8, p. 287, édition de 175<) en ont reproduit le contenu. Jean Brèche, jurisconsulte, natif de Tours, dans son commentaire publié en Ki52, sur le litre du Digeste relatif à la signilication des mots, au mot ilonumentum, ea rendant hommage aux sculpteurs de l'école tic Tours qui ont exécuté des monuments, parle de Colomb d'une manière plus particulière: a Entre les statuaires, dit il, et les modeleurs, que m notre ville a vus naitre, est Michel Colomb, que a nul certainement n'a surj>assé. » lnler staluarios cl plaslas exslilit Michaei Colombus, homo noslras, quo cette aller non luit prœstanlior ( Johan. BrecIkvus, de Verb. et lier. Signif. Comment., p. 410, 4M.) Fallût-il croire, malgré l'assertion de Brèche, que cet artiste était né en Bretagne dans la ville de Saiiil-Pol-de-Léon, il serait toujours prouvé qu'il appartenait à la savante école de sculpture formée à, Tours, à laquelle l'art français dut à la même é|>oqui> : Jean Juste, à qui nous avons nous-mêmes restitué le magnifique tombeau de Louis XII, qui est un des plus beaux ornements de l'église de St- Denis (ioy. Thébati); J. Tcxicr, né dans la Beauce; François Marchand, né à Orléans; Philippe, né à Chartres, cl d'autres statuaires protégés par Louis XII et par le cardinal d'Amboise. ) Chalmel [Uist. de Touraine, t. 4, p. 115) attribue à Colomb d'autres ouvrages, indépendamment du tombeau de François 11 ; savoir : une statue de St. Maur, en terre cuite, conservée longtemps à Tours dans la sacristie d'une chapelle de Si-Martin; un bas-relief eu marbre représentant la mort de la Vierge, placé autrefois à l'église de Si Saturnin, et qui n'existe plus. Ce ne sont la que des traditions; mais le mausolée de François II existe encore et n'a été que très -peu endommagé. Après avoir été enlevé de l'église des Carmes, il est placé aujourd'hui daus le chœur de la cathédrale de Nantes. Ce monument, qui renferme les corps du «lue François II. de Marguerite de Bretagne, de Marguerite de Foix, ses deux femmes, et le cœur d'Anue de Ifrctagne, reine de France, sa lille, fut érigé en I.'i07, par les soins d'Anne de Bretagne. Il se compose d'un sarcophage en marbre blanc de cinq pieds'de haut, sur lequel sont couchées les figures du duc François et de Marguerite de Foix, plus grandes que nature. Trois anges à genoux, et vêtus, aussi en marbre blanc, soutiennent un coussin sur lequel le duc et sa femme reposent leurs tètes. Le piincc appuie ses pieds contre uu lion ; la duchesse sur un lévrier. Deux rangs de figures placées daus des niches ornent le pourtour du sarcophage. Au rang supérieur, dans la longueur du monument, sont les douze a poires en pied, six de chaque côté; et dans la largeur, Si. François d'Assise et Sle. Marguerite du cote de la tète, Charlemagne et St. Louis du coté des pieds. Ces ligures, de vingt-deux & vingt-quatre pouces de haut, sont en marbre blanc ; les niches sont en marbre rouge, ornées de pilastres et d'archivoltes à plein ceinlre, cl séparées par des plates-bandes revêtues d'arabwques de fort bon goût, et exécutées avec beaucoup de délicatesse. Au rang inférieur sont seize niches
moins grandes que celles du dessus, et roudes, dont six de chaque côté dans la longueur, et deux sur le travers. Ces niches renferment de* ligures de moines et de religieuses à mi-corps, représentés pleurant les défunts ou priant pour eux. Les létes et les mains de ces ligures sont en marbre blanc, les draperies en inarbre noir. Ce monument est élevé sur un socle de six à sept pouces de haut, et sur le socle, aux quatre angles, sont posées debout quatre ligures, représentant la Prudence, la Justice, etc., aussi eu marbre blanc, et plus grandes que nature. On voit que ce monument est composé à |>cu prés sur la même pensée que le tombeau de Louis XII, produit par la même école ; mais avec celle grande différence que daus ce dernier les figures couchées sont presque nues, et que dans celui de François II elles sont entièrement vêtues. Ce monument esl bien conservé ; les ligures seules des religieuses et des moines ont .souffert quelques dégradations. On le voit gravé, mais dessiné d'uuc manière fort incorrecte, daus VMstuire de Bretagne, terminée par D. Lobineau, t. r', p. 800. lie— Do.
COLOMBA. Yoytz Coixiiba.
COLOMBAN (Saint,) l'un des plus illustres cénobites du 6e siècle, était né vers 5-10, daus le pays de Leinster en Irlande. Ses premières études achevées, il lii profession à l'abbaye de Bcuchor, dirigée par Si. Commangel, et dont la réputation s'étendait dans toute l'Europe. L'cxirémc ignorance dans laquelle tous les peuples étaient plongés avait entraîne la ruine des mœurs. La conduite des ecclésiastiques eux-mêmes n'était pas exempte de désordres. Lue réforme générale était nécessaire ; mais pour l'entreprendre, il fallait un homme qui joignit de grands talents a de grandes vertus. Coloinbau obtint la permission de se rendre en France, accompagné de douze religieux. Il en parcourut les différentes province*, et l'éloquence de ses prédications, sa charité, sa douceur, eurent partout les plus heureux elfets. Les écoles épiscupales, qui avaient cessé d'exister, reprirent un nouvel éclat, d'autres furent établies; les églises furent réparées, et les cérémonies du culte observées avec la décence convenable. St. Coloinbau se relira ensuite dans les montagnes des Vosges, où il construisit un monastère; mais le nombre des personnes qui accoururent dans ce désert se ranger sous sa discipline fut bientôt si grand, qu'eu 590, il se vil obligé, pour les recevoir, de fonder un nouveau monastère à Luxeuil. Il en prit lui-même la direction , et l'école qu'il y établit, la plus célèbre du 7* siècle, a été comme une pépinière de saints docteurs et d'illustres prélats. Cependant Contran, roi de Bourgogne, protecteur de St. Coloinbau, était mort, et Childebert, après un règne de trois années, avait laissé la couronne à Thierri, prince faible, qui fut aisément subjugué par liruneliaut, sou aïeule. Brunehaut, irritée de ce que St. Colombau, avait osé reprocher à Thierri ses dérèglements, le lit enlever et conduire à Nantes pour y être embarqué sur un vaisseau qui devait le reconduire en Irlande. Le vaisseau, hatiu de la tempête pendant plusieurs jours, lut rejeté sur la cvlc, et Colomban traversa de uou-
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veau la France secrètement, et vint s'établir près de Ccnève, dans un pays dépendaut du royaume d'Austrasie, posséilé par Théodcbert, frère de Thierri. Il y vécut tranquille pendant plusieurs années ; mais la guerre qui éclata entre les deux frères en 6121e força d'abandonner sa retraite, et de se réfugier en Italie, où, accueilli par Agilulplie, roi des Lombards, il fouda l'abbaye de Bohio, qui acquit dans |>eu de temps une grande célébrité. 11 y mourut en 015, le 21 novembre, dans un âge avancé. Ou célèbre sa féte le 27 du même mois. La règle de St. Coloinbau fut longtemps suivie dans presque tous les monastères de France. On la trouve d^ns le Codex régularum de St. Benoit d'Aniane, imprimé avec des notes de D. Hugues Menard, en 1658, in-4*. La collection des œuvres de St. Colomban a été publiée par Thotn. Sirin, Louvain, 4667, in-fol., avec les notes de Fleming. On y trouve, outre sa règle : i'de Penitcntiarum JUensura taxenda, imprimée dans le 12e volume de la Bibliotheca Patrum ; 2° des instructions, au nombre de seize, dans le même recueil; 5" un poëme lalin adressé à Humalde, l'un de ses disciples, imprimé dans le 2* volume des OEuvres diverses du P. Sirmond, et quelques autres opuscules moins importants, insérés dans différents recueils. 11 avait en outre composé plusieurs ouvrages qui se sont perdus, entre autres un commentaire sur les Psaumes et sur les Evangiles ; un traité contre les Ariens, et deux livres sur la Célébration de la Pâque. 11 partageait l'opinion de Blaste, qui soutenait que la Pâque devait être célébrée le 14* jour de la lune, opinion combattue par ST Irénée et condamnée par l'Eglise comme judaïque. L'abbé Velly désapprouve l'excès de sévérité que St. Colomban montra à l'égard de Thierri. Les bénédictins, auteurs de l'flYa- (oi're littéraire delà France, ont voulu le jusiilier (t. 13, p. 9-17 ) ; mais comme ils s'appuient sur des fuils qui n'ont pour garant qu'un moine nommé Jonas ( voy. ce nom), auteur d'une vie de Si. Colomban (I J, il serait très-possible que leur apologie ne parfit pas convaincante. ( Voy. la Bibliothèque des auteurs écries. d'Ellies Dupiu, et les Vies des Saints de Cailler, au mois de novembre.) VV — s.
COLOMBAN, moine, abbé de St-Tron, mort vers le milieu du 9r siècle, est regardé par i|uelques savants comme l'auteur d'un poème de Origine atque Primordiis genlis Francorum (stirpis Carolinœ). 1 1 fut écrit vers 8 M», et dédie à Charles le Chauve. L'auteur a pour objet de célébrer l'origine des rois de la seconde race, tirée de Ferréolus par Ansbcrt et Blitilde, St. Arnould, Anségise, Pépin Uérisul, Charles Martel, le roi Pépin, etc. Ce poème fut publié, avec des notes, par le P. Thomas d'Aquin, de Si-Joseph , carme déchaussé , Paris, 1fii », in-4". On le trouve aussi dans les Preuves de la véritaùU origine de la maison de France, par du Boucher,
(I) Flodoart, chanoine de IVgtiM- de Reims nu 10' siècle, i mi* en »ers liexaniiU-es Ij \k de Si. Coluniliau el rctU> de tes ilisciflcf, S Aliate et Si. lUrlulle. D. Malnllun a irmre re* trui> pe'iu joi-mes dans ses Atla wuct. ord. S. tltieiirii, et dû le* avoir Uffa d'un manuscrit qui se Irunvail dans la bibJ.oilinjue des carme* déchausses de P-iri*. Cu-s.
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Paris, 4846, in-foL; dans les Vindîeia ttispanicœ de Chifflet, Anvers, 1fi50, in- fol. ; et dans le recueil de D. Bouquet, t. 3. Chifllct croit que ce poème est de Lothaire, diacre. Fonlclte avait dans sa biblioithèf]uc un exemplaire de l'édition donnée par le P. Thomas, chargé de notes et variantes de la main de Baluzc. V— ve.
COLOMBE (Sainte), vierge et martyre à Sens. Plusieurs auteurs, la regardant comme la première martyre de la Gaule celtique, ont placé sa mort avant la persécution des églises de Lyon et de Vienne, et au plus tard, sous le régne de Mare-Aurèle : il parait que Colomln; vivait cent ans plus tard, et, suivant le martyrologe attribué à St. Jérôme et celui de Bède, clic souffrit sous l'empereur Aurélien, soit dans le premier voyage que ce prince fit dans les Gaules en 273, et après la célèbre bataille de Châlons, soit dans le second voyage qui eut lieu l'année suivante. Au reste, si l'on excepte le martyre de Stc. Colombe, que personne ne conteste, on ne | eut regarder comme certain aucun des fait* dont on a composé son histoire. St. Ouen dit, dans la Vie de St. Eloi, que le culte de Ste. Colombe était établi à Paris avant le V siècle, et qu'elle avait une chapelle dans cetle ville sous le règne de Dagohert. Ce monarque fit faire par St. Eloi une châsse magnifique pour Stc. Coîomlie. Elle était placée dans l'église des bénédictins de Sens ; les calvinistes la pillèrent pendant les guerres de religion du 16e siècle. Les martyrologes d'Adon, d'Usuard, et presque tous ceux qui leur sont postérieurs, marquent la fétc de Sic. Colombe au 31 décembre. ( Voy. aussi les Mémoire* de Tillemont, t. 4, et les Mes de* Saints de Baillct, au mois de décembre ) V— VB.
COLOMBE (Sainte), de Cordoue, était fort jeune enrore lorsqu'elle perdit son père. Elisabeth, sa sœur ainéc, était mariée à St. Jérémie que l'Église honore comme martyr. Ces deux époux ayant fait bâtir un double monastère à Talwne, sur des montagnes, à deux lieues de Cordoue, Colombe alla se mettre sous la direction de sa sœur, qui gouvernait la communauté de filles. Les Maures chassèrent les moines et les religieuses. Alors Colombe et ses compagnes se réfugièrent à Cordoue, et se réunirent dans une maison voisine de l'église dcSt-Cyprien ; mais les infidèles continuant de persécuter les chrétiens, Colombe sortit secrètement du nouveau monastère, courut au palais où l'on rendait la justice, se déclara chrétienne, fut arrêtée et décapitée le 17 septembre 853. Son corps, jeté dans le Guadalquivir, mais retrouvé par les chrétiens, fut enterré dans l'église de Sle- Eulalie. (Voy. les Bollandislcs, t. 5 du mois de septembre.) V — vb.
COLOMBEL ( Nicolas ) naquit a Sottcvillc près de Kouen, en 1646, et mourut à Paris en 1717. II fut placé de Iwnnc heure dans l'atelier de Lesueur, et ne tarda pas à devenir le meilleur élève de ce grand maître. Il le quitta pour se rendre à Borne, où les tableaux de Raphaèl il du Poussin furent pour lui l'objet de nouvelles éludes ; il en lit des copies estimées. Le tableau qui représente les A moût s de Mars et de Rhéa le fit recevoir à l'académie, à son retour
5 Paris. Plusieurs ouvrages de Colombe! font encore l'ornement des belles galeries ; ceux qui représentent Orphée jouant de la lyre, Moïse sauvé des eaux, cl Moïse défendant les filles de Jélhro, sont regardés comme ses plus belles compositions. L'ordonnance en est froide et symétrique, mais d'un excellent goût ; la perspective en est savante, et les fonds d'architecture magnifiques. Quelques-uns des tableaux de Colombel ont été gravés. Celui qui représente Jésus guérissant les deux aveugles de Jéricho l'a été par Michel Dossier en 1712. Nicolas Colombel est le seul artiste distingué qui soit sorti de l'atelier de Lesueur. Il avait beaucoup d'amour-propre, et critiquait souvent avec amertume les ouvrages de ses confrères, <jui ne manquaient pas de s'en venger. A — s.
COLOMBET (Claide), jurisconsulte du I7S siècle, donna d'abord des leçons de droit dans sa maison à Paris, et devint ensuite, en 1636, conseiller au parlement. 11 lit imprimer en 1647 des Para' tilles sur le Digeste, avec un Abrégé de la jurisprudence romaine, dont il montrait les rapports avec le droit moderne. Cet ouvrage a été souvent réimprimé i l'édition de 1685 est la plus complète. Antoine Favre, qui l'avait fréquenté quelque temps ù Paris, le trouvait un des meilleurs esprits , |»ur le droit, qu'il eût connus. Colombe! avait revu l'édition des œuvres de Cujas donnée à Paris en 1631,
6 vol. in-fol. — Antoine Colombet, avocat à Sl- Aniour, dans le 16' siècle, a publié : 1* Conciliafore* super Codicem, Lyon, 1551, Borne, 1571, in-8»; 2" un traité sur la main-morte, donné sous le titre assez singulier de Colonia Celtica lucrosa, Lvon, 1578, in-8". B — i".
COLOMB! (Jean). Voyez Coî.cmbi.
COLOMBIER (Jean), médecin, né à Toul, le 2 décembre 1736, fil ses humanités au collège des jésuites de Besançon. Ses premiers pas dans la carrière médicale furent guidés par son père, docteur en médecine, et chirurgien-major. Reçu parmi les élèves de l'hôpital militaire de Metz, le jeune Colombier passa, peu de temps après, à celui de Landau. Ce fut là qu'il obtint en 1758, dans un concours présidé par Bavaton, la place de chirurgien-major du régiment de Commissaire-Général, cavalerie. Le tumulte des armes ne remjiécha point de se livrer à l'étude. C'est au milieu des camps qu'il a recueilli les matériaux de ses ouvrages les plus importants. Il profila de son séjour à Douai pour mettre le complément à son éducation, et obtint le doctorat à l'université de celte ville en 1763. Dans sa dissertation inaugurale, il traite de la cataracte, et préfère l'extraciion du cristallin à son abaissement. En 1767, Colombier fut reçu docteur de la faculté de Paris. En 1780, il fut nommé inspecteur général des hôpitaux et prisons du royaume. Honoré de la confiance des ministres, il eut beaucoup de part à l'établissement de l'hospice de Vaugirard et de l'hôtel de la Force, ainsi qu'aux premières réparations de I'Uotel-Dicu et à la réforme des hôpitaux de Lyon. Les utiles travaux de Colombier ne restèrent pas sans récompense : il obtint d'abord le cordon de Si- Michel, ensuite une pension de 5,000 francs, puis le brevet
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de conseiller d'Etat; eniia on lui offrit l'inspection générale des hôpitaux militaires. Déjà surchargé d'emplois, accablé sous le poids d'occupations aussi multipliées que pénibles, Colombier n'eut pas le courage de refuser un titre qu'il avait toujours vivement désiré. Jaloux de remplir dignement ses nouvelles fonction*, il fut la victime de son zèle et de sa noble ambition. Épuisé par un travail opiniâtre, il mourut le 4 août 1789, au retour d'une mission dans laquelle, quoique malade, il avait déployé une activité prodigieuse. Les écrits de Colombier sont : I* Dissertatio de Suffusione seu Cataracta, 1765, in-12. 2" Ergo prius lacie$cit ehylus quam in omnet corporis humores abeat, ibid., 1707, in-4". 3* Ergo pro muftiplicicalaraclœ génère multipliées ryx«p"i«t«, il»-, 170**, in 4». Code de médecine militaire pour le service de terre, ouvrage utile aux officiers, nécessaire aux médecins des armées et deshôpitaux militaires, ibid., 1772, fi vol. in 12 ,*»'• Médecine militaire,ou Traité des maladies, tant internes qu'externes, auxquelles les militaires sont exposés dans leurs différentes positions de paix cl de guerre, ibid., 1778, 7 vol. in-8». La plupart des objets, seulement indiqués ou ébauchés dans le Code, se trouvent exposés et développés fort en détail dans ce second traité, auquel on reproche d'être trop diffus, et de contenir quelques projets inexécutables. 0» Préceptes sur lasanté des gens de guerre, ou Hygiène militaire, Paris, 1775, in-8*, reproduite sous le titre û'Âvis aux gens de guerre, etc., ibid., 1779, in-8\ Colombier avait une prédilection marquée pour cet ouvrage, et souvent il se félicitait île l'avoir composé. C'est en effet, dit Vicq-D'Azyr, celui où il est le plus original ; il y parle souveut d'après sa propre expérience. Tout ce qui concerne le vêlement, le logement, la nourriture, le service eHa discipline du soldat, tout ce qui est relatif à la santé de l'armée, a sa position, à ses cantonnements, l'administration des hôpitaux tout entière : tels sont les objets que l'auteur examine tour à tour, et sur lesquels il ne laisse rien a désirer. Plusieurs changements utiles dans le service médical militaire sont dus à Colombier. On culassait les malades dans des salles où la contagion en moissonnait le plus grand nombre : Colombier les plaça sous des tentes, et la plupart furent conservés. 11 lit construire pour le transport des blessés un chariot plus commode que ceux dont on se servait avant lui. Les courroies du havresac passaient d'un côté à l'autre de la poitrine, qu'ils gênaient assez dans ses mouvements pour produire des maux très-graves ; il indiqua une autre manière de le porter qui eut un grand succès. 7° Du Lait considéré dans tous ses rapports, 1" partie, ibid., 1782, iu-8°. La régularité du plan adopté par l'auteur, et l'intelligence avec laquelle il avait commencé à l'exécuter, font vivement regretter que l'ouvrage soit resté incomplet. Les détails anatomiques y sont exacts, les vues physiologiques et la doctrine pathologique très-judicieuses. On y démontre, à l'aide d'observations et de laits incontestables, que les maladies généralement désignées sous le nom de lait répandu reconnaissent presque toujours une autre cause. Colombier a rédigé une pharmacie tres-mé-
tbodique, mais trop riche, à l'usage des dépôts de mendicité, lia publié, en commun ovec Doublet, deux recueils de Mémoires sur les épidémies de la généralité de Paris, et une bonne Instruction sur la manière de gouverner les insensés, il de travailler à leur guérison dans les asiles qui leur sont destinés. Enfin ou doit a Colombier l'édition des crimes posthumes du savant chirurgien Pouteau, enrichie d'une préface, de notes critiques, et de la vie de l'auteur, Paris, 1783, 3 vol. in-8°. C.
COLOMBIERES (François de BmQCEVILLR, baron de ), un des plus braves capitaines du 10* siècle, fit ses premières campagnes sous François 1er et Henri II; commanda une compagnie de cent lances dans les armées de François II, et servit avec distinction sous Charles IX, à la tète de corps séparés. Quand les premières guerres de religion éclatèrent , Colombiéres , parent de la princesse de Condé, Éleonore de lloie, suivit, à cause d'elle, le parti de Louis de Bourbon, son mari, et se mil avec Gabriel de Lorges, comte de Montgonimcri , à la tète des religionnaires, en Normandie. 11 perdit, en se déclarant contre la cour, la portion qu'il aurait eue dans le riche héritage de son oncle maternel, le baron de Torci. Colombiéres fil aborder au Havrede-Grâce, en 1303, une flottille anglaise portant deux régiments d'infanterie auxiliaire, quatorze pièces de canon, 130,000 ducats et des munitions de guerre. Il se trouva, en 1308, avec les calvinistes normands, au rendez-vous général indiqué à la Rochelle. Il assista, avec tous les chefs du parti protestant, au mariage de Marguerite de Valois avec le roi de Navarre; mais il eut le bonheur d'éehap|)er à la Sl-Barthélemy. Après ce massacre, le comte de Montgommcri et Colombiéres tirent en Normandie une guerre à mort aux catholiques avec autant de cruauté que de succès ; Colombiéres portait au plus haut degré la bravoure et la fermeté. Après une lutte de deux années, il se vit assiégé dans la ville de St-Lô, en 1374. La veille de la prise de la place, on amena sous les murs le comte de Montgommeri, qui venait d'être fait prisonnier à Domfront, pour l'engager à se rendre, a Non, non, mon capitaine, « lui répondit-il, je n'ai pas le cœur si poltron de « me rendre pour être mené a Paris servir de spec- « tacle à ce sot peuple, dans la place de Grève, « comme je m'assure qu'on vous y verra bientôt. « Voila, dit-il, montrant la brèche, le lieu où je « me résouds de mourir, peut-être demain, et mon a fils auprès de moi ! » 11 tint parole; le lendemain, après un assaut de trois heures cl la plus vive résistance, Sl-Lô fut emporté par les catholiques ; tout fut passé au (il de l'épée, jusqu'aux femmes. Le brave Colombiéres, la pique à la main, resta sur la brèche, animant les siens par son exemple, jusqu'à ce qu'il reçût dans l'œil un coup d'arquebuse qui le tua sur la place. S— Y.
COLOMB1KRE. Voyez Vllson (ob la).
COLOMBIE RE (Claude de la), jésuite, né en ICI l, à Sl-Sympliorien-d'Ozon, entre Lyon et Vienne, professa la rhétorique au collège de Lyon, et s'appliqua ensuite au ministère de la chaire. Il passa, avec l'agré-
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meut de ses supérieurs, en Angleterre, pour y relever le zèle des ratlioli«|ues ; ii y devint confesseur de la duchesse d'York, prêcha avec succès devant Charles II, mais, soupçonné d'avoir pris part à quelques intrigues, il re<.ut l'ordre de quitter l'Angleterre, el se retira à P;iray-!e-Monial, où il devint le directeur tle la célèbre Marie Alaco<|ue; on croit même qu'il est l'auteur de la vie de celte religieuse publiée par Langue». (Voy. Ai.acoqije.) Il coopéra avec elle à faire institcur la Tète du d ur de Jésus, dont il minposa l'oflïee(l), et mourut avec la réputation, d'un saint, le 15 février 1682. Le P. de la Colombière, sans s'être placé parmi les prédicateurs du premier ordre, ne mérite ee|>endaiit pas cette espère d'oubli dans lequel il est tombé. On trouve dans ses sermons delà chaleur, de l'onction, et le style, si l'on excepte quelques tournures cl quelques expressions vieillies, eu est agréable et naturel. Ils ont été imprimés plusieurs luis dans le 17e siècle, en 4 vol. in-8°; la dernière édition est celle de Lyon, de 4757, 6 vol. in-12. En rendant compte de celle édition, l'abbé Trublct s'exprime ainsi : « Tout, dans les discours du P. de « lu Colombière, respire la pieté la plus tendre, la « plus vive : je ne connais même aucun écrivain o qui ait ce mérite dans un degré égal et qui soit « plus dévot sans petitesse. Le célèbre Palru, son « ami, en parlait comme d'un des bommes qui de « son temps pénétrait le mieux les finesses de notre « langue. » On a encore de lui des Iiarangncs latines, composées pendant qu'il professait la rhétorique, des lettres et des Retraites spirituelles, Lyon, 1725, 3 vol. in-12. W— s.
COLOMMM {Saint Jean), fondateur de l'ordre des jésuates, issu d'une famille distinguée de Sienne, fut élu premier magistral de cette ville, et mérita l'estime publique dans l'exercice de ses fonctions. Un jour, accablé île fatigue, el rentrant & midi dans sa maison, il ne trouva point le diner prêt, et lit éclater sa colère. Sa temme, pour le calmer et le distraire, lui donne un livre, en le priant de le lire pendant qu'on bâterait l'instant de se mettre à table. C'étaient les I tV* des Saints. Colombini furieux jette le livre par terre ; mais bientôt, honteux de ce premier mouvement, il reprend le volume, l'ouvre, et tombe sur la vie de Marie Egyptienne. Il la lit, elle l'intéresse : il ne pense plus à son diner. Enlin il s'attendrit, rougit de sa vie passée, et forma la résolution de quitter le monde. Il se démet de sa ebarge, distribue aux pauvres la plus grande partie de ses .biens, embrasse In pénitence, passe les nuits presque entières à prier ; sa maison devient un hospice pour les pauvres et pour les malades, et bientôt un chrétien fervent, nommé François Vincent, se réunit ù lui pour partager ses
(I) Scion loi i crivains anglais, le premier qui cal l'idée de cette «l<"Y.itii>a fui Tlionus lindwin, afmiiiiin, présider» du lollcpc de la Madeleine, a Oxford, cl auteur de plusieurs errits lhéol<>gn|urs el «■ffi.ques. entre autres d'un livre imprime eu 1619 sous ce titre : Car Chmli m mlts trga ptccalores m lerru, la Gilonilneic, penijni son séjour â Lomlic>, eut occmUm de lire «cl Oivnge, dapas lc.;ucl il posa le* règles de U dcvoiinti au wriecœur, «t l'iniroduhu en rrinïe, où nom. la xuvvms leutraienicnt adornî-c aof,WWi D-r-5.
rruvres de miséricorde. Ayant perdu son (ils et sa fille, le saint vendit le reste de son bien, et en distribua le produit aux pauvres elauxéglises. Alors, réduit â une pauvreté semblable à celle des apôtres, il se livra tout entier au service des hôpitaux. Plusieurs disciples se joignirent à lui, et comme ils avaient souvent k la bouche le nom de Jésus, le peuple les appela jésuates. Colombini les réunit en congrégation, sous la régie de St-Angustin, alla trouver à Viterbe le pape Urbain V, qui approuva le nouvel institut, et lui accorda de grands privilèges; niais le saint ne survécut que trente-cinq jours à lapprol»tion donnée à son ordre, et mourut 31 juillet 1367. Les jésuates, qui avaient pour patron St. Jérôme, n'étaient, dans l'origine, que dcslaïques.cts'appliqiiaient à la pharmacie. En 1606, ils obtinrent la permission tle recevoir les ordressacrés. Les premiers disciples de St. Jean Colombini sont presque tous honores d'un culte public par l'Église. L'institut des jésuates fut supprimé, en 1668, par Clément JX. La vie de St. Jean Colombini a été écrite par Paul Morigia, Venise, 1604, in-4°; par J.-U. Ilossi, Rome, 1648. in-4"; et par un anonyme, Rome, 1658, in-4'.( t'oy. le P. Cuper, bollandiste, dans les jteta Satuiorum, t. 7 du mois de juillet.) V— ve.
COLOMBO (Kealdo), célèbre anaiomisle du 16e siècle, naquit à Crémone. Il se livra d al>ord a la pharmacie; mais les leçons de Jean-Antoine Plazii, et surtout celles de l'illustre Vesalc, lui inspirèrent le goût ou plutôt la passion de l'anatomie, qui fut désormais son occupation principale et dont il recula les bornes. Nommé, en 1510, professeur de logique à l'université de Padouc, il fut désigné l'année suivante pour occuper la chaire de chirurgie ; mais le sénat ne confirma point cette élection. En 154*, Colombo fut choisi pour remplacer Vesale pendant son absence, et en 1544 il lui succéda. Au l>out de deux ans, il alla professer à l'université de Pise et enlin à celle de Rome. C'est là qu'il ouvrit le corps de St. Ignace de Loyola, mort en 1556. L'ouvrage auquel Colombo doit sa réputation est intitulé : de Re analumica libri 15, Venise, 1559, in-fol. Parmi les nombreuses éditions de cet important traité, ou distingue celle de Paris, 1562, in-8*; on estime celle de Francfort, 1500;, in-8', à cause des utiles observations de Jean Posthius, dont elle est enrichie. J.-A.-A. Schenck en a publié une traduction allemande, à Francfort, en 1609. Les biographes ne sont point d'accord sur l'époque de la mort de Colombo ; l'opinion la plus générale est qu'il ne termina sa carrière qu'en 1577. Dans c* cas, il dut être vivement llatlé du prodigieux succès de son ouvrage; il portail a l'excès la jactance et la vanité. Il s'attribue plusieurs découvertes qui ne lui appartiennent pas, et montre autant de mauvaise foi que d'ingratitude envers son maître Vesale , auquel il reproche des erreurs imaginaires. Plus juste à l'égard de Colombo, la postérité lui assigne un rang trèsdistingué parmi les anatomistes. Il ne s'est point borné à disséquer des cadavres humains, il a fait des expériences intéressantes sur des animaux virants, C'est ainsi qu'il a observé qfle le cœur se
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resserré quand les artères se dilatent, et réciproquement ; il a vu le mouvement de ce viscère isochrone à celui de la respiration; il a connu et décrit avec plus d'exactitude et de clarté que Scrvcl la circulation pulmonaire, il a même entrevu la circulation générale ; en un mot, il a répandu beaucoup de lumière sur divers points d'anatomic humaine, comparée et pathologique. C.
COLOMBO ( Dominique), poêle italien, mort le 2 avril 1813, à Gabbiano, dans le territoire de Brescia, où il était né en janvier 1719, eut dès sa jeunesse un penchant presque invincible pour la poésie pastorale. Néanmoins, après ses études faites à Brescia, sous les excellents maîtres Zola et Tamburini, par un effet sans doute de la douceur, ou, si l'on veut, de la mollesse de caractère que supposent les goûts champêtres, il se laissa engager, comme malgré lui, dans l'état ecclésiastique, |ioiir lequel il n'était point né. Il raconte lui-même dans une histoire de sa vie, en vers, qu'il adressa en 1809 à son ami le docteur Jean Labus, qui nous l'a communiquée en manuscrit autographe, que lorsqu'il se vit obligé de dire sa première messe, il ne savait trop comment s'y prendre :
Pieno il luogo tli amici e parenti; E io non sapeva ancora l'iDlroîlw.
Chi il ride» che fecero le genti Puo mai narrare?
Quatre ans après, il fut nommé à la chaire des belleslettres de Brescia, et plusieurs des disciples qu'il y forma se distinguent aujourd'hui dans la littérature. Quoiqu'il fut admirateur enthousiaste de la campagne, à laquelle il consacrait tous ses vers, il n'était pas tout à fait indifférent aux charmes que les beaux-arts répondent dans les villes, comme il le prouve dans une dissertation fameuse, où il établit que, si la U-agédie convenait à la nation française, elle était absolument inconvenante en Italie, où il n'y a point de poésie propre pour ce genre, auquel le vers teiolto convient encore moins que le vers lyrique. Il croit que le drame lyrique est exclusivement propre à ce pays, et pense qu'on ne peut composer qu'un style colérique et forcé avec le teiolto tragique imaginé par Allieri, contre lequel il dirigea particulièrement les traits de sa critique. Ou l'attaqua vivement; il se défendit avec art, et se vit même soutenu par J.-B. Cornai», auteur des Stcoli délia lellcratura italiana. Dégoûté des villes par cette querelle , Colombo se consacra tout entier à la vie champêtre, en se retirant dans les champs de Gabbiano, où, vivant au milieu des bergers et des villa* geois, il les chanta tout à son aise. Son inclinalion allait jusqu'à transformer en bergeries les sujets guerriers. Ce fut en deux églogucs qu'il célébra le siège et la ruine de Hrcscia au 15* siècle, et ces deux églogues, qui eurent un très -grand succès, lurent insérée* |«r le célèbre abbé Parini dans le Journal encyclopédique de Milan ( t. 10, ann. 1TSI, et t. î>, ann. 1792). Lors de l'arrivée des Fiançai ; en Italie ( 1796) , Colombo se laissa nommer ofucîcr municipal de sa commune, où, pour Tvoir trop bi*n servi ses clicrs villageois contre les VTIT.
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commissaires charges d'y faire des réquisitions de grains, il mérita d'être arrêté. Emprisonné dans un couvent de capucins de Brescia, il disait, dans une pièce de vers adressée à l'un de ses amis : « La cause « pour laquelle je suis enfermé dans un courent, « c'est
Perché portai un pennacbio sulla testa E perché feci un certo giuramento. »
En une autre pièce de vers, écrite au même lieu, il s'exprimait non moins gaiement en ces termes :
• Io vi ringrario, padre ffc Francesco ; Voslra merce son diventalo un gogo.
Un voslro aiuico, un parligian ledesco. •
Au rétablissement de la paix, Colombo fut appelé, par l'administration du département du Mella, pour remplir au lycée de Brescia la chaire d'éloquence ; il la refusa. Cependant il revenait quelquefois dans cette ville pour y assister aux séances de l'alhénéo dont il était membre, et où il lut plusieurs dissertations ingénieuses ; mais il retournait bien vile dans le village où il a fini ses jours , à l'âge de 64 ans. Parmi ses dissertations , on remarque celles tur le I^serpizio (espèce de gomme), sur la Difficulté et les Moyens de rétablir le bon goilt en Italie, et en lin une sur la Décadence du bon goût dans ce pays. Les ouvrages imprimés de Colombo sont : 1* i Piaceri délia soliludine, Brescia, 1781; 2e il Dramma c la tragedia dCltalia, dissertaxione , Venise, 1791 ; 5» Sciotli campestri, Brescia, 1796. Vers la lin de ses jours, il lit présent à l'un de ses anciens écoliers, André Castellani, de toutes ses autres poésies manuscrites , parini lesquelles se trouvaient ses églogues intitulées : l'Auedio , il Sacco, la Rovina,l Fonlane dt Bretcia. G— i».
COLOHBY (François Cauvigny, sieur de), né à Caen, vers 1588, fut un des premiers membres de l'Académie française. Il était parent de Malherbe, qui lui apprit à faire des vers ; mais il n'était pas né poète, et Malherbe, qui lui trouvait l'esprit bon, ajoute « qu'il n'avait nul génie pour la poésie. » Malgré la médiocrité de ses tairais, il avait réussi à la cour, cl il était même parvenu a se faire donner une pension de 1 ,200 éens , avec le titre d'Orateur du roi pour les discours d'Etat, place créée pour lui et supprimée à sa mort. Dégoûté du monde, il y renonça, prit l'habit ecclésiastique, et ne voulut plus paraître aux assemblées de l'Académie. Il mourut vers 1648; la plupart de ses poésies ont été imprimées dans les recueils du temps. Son poème, intitulé Plainte de la belle Culitton au grand Arittarque, durant sa captivité, a paru séparément, Paris, 1610, in-12. Celte pièce est écrite avec assez de fociliio, et, suivant Goujct, on y trouve une sorte de génie. L'ouvrage le plus connu de Colomb y est sa traduction de Justin, publiée pour la première fois à Tours en 1616, in-8* -, elle a eu plusieurs éditions, dont la meilleure est celle qu'a donnée Tannegui-Lefévrc, à nui mur, en 1672, in-12. Celle traduction est fort inférieure à celle de l'abbé Paul. Colomby avait aussi traduit, mais avec moins de succès, une partie du I" livre des Annules de Tacite, Paris, 1618, ta 8\
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Ou a enrorc de lui quelques petits ouvrages , dont ou trouvera la liste dans YUistoire de l'Académie française, par Pellisson. W— s.
COLOMEKA (le comte de). Voyez vos Mautin.
COLOMEZ (don Ji.vn), jésuite espagnol tt auteur dramatique, ne a Valence, en I74U, fut deporté en Italie , ainsi que tous les membres de sa compagnie, en 47(57, et se fixa à Pologne, où il se lit une grande réputation, en composant trois tragédies italiennes qui ont mérité les éloges de Métastase, d'Albeivati, de Camille Zampieri, et généralement des littérateurs italiens les plus distingués. La première, Coriolan, fut jouée à Home en novembre 1770. Ce sujet ingrat, si souvent traité, cl toujours avec si peu de succès sur la scène, connue on peut le voir par la dissertation publiée par P.-P. Gudin de la Ikcnellciie , en tète de sa tragédie de Coriolan, I77G, a été plus favorable à l'abbé Colomez, cl sa pièce, au jugement des Italiens, est la meilleure de toutes celles qui portent le même litre. Inès de Castro, représentée et imprimée à Liveurne en
1781, offre beaucoup plus d intérêt que Coriolan. Enfui la troisième, Scipion àCarlhagène (et non pas à Carthage, comme on l'a imprimé par erreur dans la première édition de la Biographie universelle), fut jouée et imprimée à Uolognc en 1783. C'est le trait de chasteté du jeune Scipion. L'auteur, dans ce drame, et dans une langue qui n'est pu la sienne, a su imiter la douceur du style de Métastase. Le T. Colomez mourut en 1807. 11 avait aussi composé une tragédie en espagnol, Ilermenildo, et des Poeties castillanes, qui ont été imprimées. Z.
COLONIES (Pal l) , ne à la l\»chelle, le 2 décembre 1038, d'un médecin, alla, dés Page de seize ans, faire 'es cours de philosophie cl de théologie à Saumur. Il apprit l'hébreu sous le célèbre Cappcl. Dans un voyage qu'il lit à Paris en 1G64, il se lia avec Isaac Vossius, qui l'emmena en Uollande. Apres y avoir séjourné un an , Colomiés revint en France et y demeura jusqu'en 108 1 , qu'il passa en Angleterre, où il retrouva Vossius qui s'y était fixe depuis 1670. H embrassa le parti des épiscopaux, et s'attacha à Guillaume Sancrofi, archevêque de Canlor- 1)0 r y , qui le nomma son bibliothécaire : cette bibliothèque était ù Lambeth. Sancrofi, ayauteu assez de fermeté pour ne vouloir jamais prêter le serment de fidélité au prime d'Orange, fut dejiouillé de son temporel en 1li9l. La disgrâce du protecteur lit perdre au protège son emploi et ses émoluments, et Colomiés en mourut de chagrin à Londres, le 13 janvier 1G92. Ce ne fut qu'après sa mort qu'on découvrit qu'il était marié à une lille de basse naissance. Colomiés avait beaucoup de lecture, et ses ouvrages prouvent de grandes connaissances. Il y a cependant commis des erreurs dont quelques-unes ont été rclexées par la Monnoie, mais ce qu'on ne saurait trop louer en lui , c'est sa bonne foi , et, comme dit Vigneul -Manille « cet air d'homiéle « homme qui rend justice à chacun , sans avoir « égard & lu différence de religion. » Il pouvait avoir des ennemis, niais il n'était l'ennemi de personne. Uichard Simon , dans la seconde édition de
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Yllisloire critique du Vieux Testament , l'avait appelé « un auteur à juste prix, et gagé par M. Vosu lias pour faire de petits livres où il ne parle presque « d'autre chose que du grand Vossius. » Colomics, qui avait lu ce trait, n'eu Imita pas moins honnêtement Richard Simon dans les ouvrages qu'il publia depuis. On a de Colomiés : 1° Gallia oricnlalis , la Haye, 1G05, in-P». Cet ouvrage contient les vies des Français qui ont cultivé l'hébreu cl les autres langues orientales; ou, comme l'a dit Baillet d'après le Jour/ta/ des Savants, il parait que Colomiés s'est plutôt proposé île ramasser, de divers livres, les témoignages avantageux et les éloges des Français qui ont su ces langues, que de rapporter les parliçularilés de leur \ie. On trouve de* additions au Galiia orientalis dans les Singularités historiques de 1). LirOO, t. 3, p. 50-2, et dans l'édition de la Bibliothèque choisie, de 1731. 2° Opuscula, Paris, Seb. Mabie- Cramoisy, 1G08, in-12; Litrecht, P. Elzcvir, IGttf, in-12, contenant : Kujat.v.i* Uteraria; — Recueil de particularité:, fait l'an 1GG5; — Cluvis epislvlarum Jos. Just. Scaliyeri; — Clavis epislolarum I*. Casauboni; — Ciavis epistolarum Cl. Salmasii; — Clef des épilres françnites de Joseph Juste de la Scala (Scaliger); — Ad Quinctiliaui ïnstil. oral. nota. Ces notes sont réimprimées dans le Quiniilien de Durmann.5" Bibliothèque choisie, la Rochelle, 1682, in-8"; Amsterdam, 170O, in-8°; nouvelle édition, avec des noies de Uourdelot, la Monnoie et autres, Paris, 1731, in-12. A' Clarorum virorum Episttda singulares, Londres, 1687. 3» Observaliones sacra et Remarques sur quelques passages de la version française du Nouveau Testament de Genève, Amsterdam, 1679, in-12. On trouve à la suite une Lettre à M. Claude sur la version française des Bibles de Genève et les Test (monta doetorum de auctore et ejus scriptis. G0 Paralipomcna de seriptoribus rcclesiasticis {voy. Cave), et pasùo S. Vtctoris Alassi- Itensis, 1680, in-8% «687. in-8°, 1GS9, in-12. Cette dernière impression contient la A" édition de l'ouvrage précédent. 7°floine protestante, ou Témoignage de plusieurs catholiques romains en faveur de la créance et de la pratique des protestants, Londres, 1675, in-8". 8" Theologorum presbylerianorum Iron, 1682. C'est un ramas de passages tirés des oeuvres de quelques savants réformés, lesquels montrent avec franchise les côtés faibles de la réforme. Quoique Colomiés n'ait rien mis du sien dans cet opuscule, il s'attira par là beaucoup d'ennemis, et c'est ù celte occasion que Juricu se déchaîna eoiure lui dans son Esprit de M. Arnauld. Colomiés y e>l qualifie, de grand aulcur de petits livrets. 9" Parallèlt de ta pratique de l'Eglise ancienne et de elle rf i prolestants de France dans l'exercice de leur rcl>gi< n, I6S2, in-12 10° Lettre à M.Justel touchant l'Histoire critique du Vieux Testament du P. Simon, à la suite de l'ouvrage de Vossius : Apprndix observai, ad Pt.mpontum JHctam, Londres, IGN6. in A°. 11° Mélanges hitturiques, Orange. 167.1, iti-ti, réimprimé siuis le titre de Colomesiana dans le recueil de Fabricius. Sous ce nouveau titre de Colomesiana, Dcsmuiseaux a fait réimprimer parmi les
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enivres de St-Evremont le Recueil de particularités ! fait en l'an 1605 et les Mélange» historiques. Il corrigea d'après un manuscrit autographe ces deux opuscules , el les purgea ainsi des fautes grossières et nombreuses qui les défiguraient ; les corrections de Desmaiseaux sont rapportées à la dernière page du recueil de Fabricius. C'est d'après l'étiitiou de Desmaiseaux que le Colomcsiana a été réimprimé avec les Scaligerana, Thuana, Perroniana ei Pithœani Amsterdam, 1740, 2 vol. in-12 if Catalogut manuscript. codicum Isaaci Vottii. Ces douze ouvrages deColomiès ont été recueillis par les soins de J.-A. Fabricius, et publiés par lui sous le litre de Pauli Colometii Opéra, Hambourg, 1709, in-4°, édition tics-incorrecte. La M nnoie a fait sur ce volume des notes qui se trouvent dans l'édition de la Bibliothèque chaîne de 4731. 13« Epigrammes et Madrigaux, la ltoehclle, 1069, in-12. Ces épigrammes n'ont rien de bien saillant. 14» La Vie du P. Jacquet Sirmond, 1671, in-12, réimprimée à la suite de la BiblioUièque choitie, 1731, in-12 ; mais dans cette réimpression, on a supprimé l'Avertissement sur les Mémoires de la reine Marguerite, ce qui doit faire rechercher l'édition originale. 15° Remarques mr les seconds Scaligerana , Groningue, 16(»0, in-12, réimprimées dans le Scaligerana de 100.'», in-12 de 418 p., et dans le Scaligerana de 1740. IC Italia ei Hispania orientalis, ouvrage posthume et dans le même gont (pie le Gallia orientalis, publié par les soins de J.-Ch. Wolf, Hambourg, 1730, in-4». Aneillon dans ses Mélanges de littérature, Jean Fabricius dans son Uisloria tiibl. Fabr,, liai Net dans ses Jugements des savants, Bayle dans son Dictionnaire, Niccion dans ses Mémoires, ont reproché à Colomiès de n'avoir pas donné place dans son Gallia orientalis & Isaac Casaubon. Ce n'est pas dans le Gallia orientalis que les Genevois devaient ligurer ; ils sont placés plus convenablement dans \' Italia orientalis, et Casaubon n'y est point oublié. Kon-seulenvent Colomiès y donne la liste des ouvrages puhliés par Casaubon, mais encore celle des ouvrages qu'il avait promis et commencés; il y transcrit huit lettres inédites de rc savant, ensemble les jugements des divers écrivains sur Casaubon, de telle sorte que son article fait presque le cinquième de l'Ilalia orientalis. 17» Exhortation de Terlullien aux martyrs, traduite en françois, 1673, in-12 réimprimée à la suite de la Bibliothèque choisie de 1731. 18° Ânimadversinnes in Giraldum de poetis, dans l'édition des trams du Giraldi donnée par Jean Jensius, I.eydc, 1806, in-fol. Colomiès a été éditeur des Lettres de la reine de Suède (Christine) et de quelques autres personnes, in-12, sans date ni nom de ville; de G. J. Vossii et clarorum virorttm ad eum Epistola, Londres, 1690, in-fol.; el de S. démentis Epistola duo? ad Corinthios, interpretibus Patricia Junio, Gotlefredo Vendelino et J. B. Cotelerio, Vienne, 1687, in-12, avec des notes, et la vie de Vossius. Colomiès avait promis plusieurs ouvrages de sa composition : 1° Belgium orientale ; 2° Découverte d'auteurs cachés: cet ouvrage était presque achevé en 1664 ; 3" Critiçus
gentilis, rivale dubiis scriptoribu» ethnicit eommmtatio, qu'il n'avait entrepris qu'après avoir vu qu'on ne pouvait plus. espérer la publication du traité de Gaspard Barth sur la même matière ; A" Raretés d'études, qui devaient contenir des particularités curieuses sur les auteurs ; 5° de Plagiariis ; 6» Historia librorum; 7° Historié doctorum; 8* Clef de quelques endroits de Balzac ; 9« une Fie de Casaubon ; et c'est peut être l'article qu'on lit dans Vltalia orientalis; 10° Cupidon sur le trône, ou Histoire des amours de nos rois depuis Dagobert. Bayle regrette beaucoup que ce dernier ouvrage n'ait pas vu le jour, et la publication faite en 1695 à Cologne (on plutôt en Hollande) des Intrigues galantes de It cour de France ( par Vannel ) ne lit qu'augmenter les regrets de Bayle , qui préfère cependant cette édition de 1695 aux réimpressions. Stmvius, dans son Introductio in notiliam rei liileraria; Jugler et Fischer, dans les réimpressions qu'ils ont données de l'ouvrage de Struvius, disent que c'est aux soins d'un Guillaume-Louis Colomiès que l'on doit le Sorberiana d'Amsterdam, 1694, in-12. LYpItrc dédicatoire du Sorberiana de 1691 est signée G. L. Colomyes; cl cette épure se retrouve avec la même signature dans l'édition de 1695. Ce Colomyex était imprimeur à Toulouse. A. B— t.
COLOMMK (Jean-Baptistb-Sébastien), supérieur des barnabites, né à Pau, le 12 avril 1712, mort a Taris en 1788, a composé les ouvrages suivants: »• Dictionnaire portatif de T Ecriture sainte, Paris, 1775, in-8°. C'est une description topographique, chronologique, historique et critique des royaumes, provinces, villes, tribus, rivières, etc. , dont il est fait mention dans la Vulgate. Ce dictionnaire avait été publié en 1773, in-8*, sous le litre de Notice sur l'Ecriture sainte. 2" Manuel des religieuses, ibid., 1779, in-12. 3» Une traduction des Opuscules de Thomas a Kempis, Paris, 1785, in-12. 4° Eternité malheureuse , ou les Supplices éternels des n'prouvés, traduit du latin de Drexélius, Paris, 1788, in-12. Cet ouvrage est précédé d'une longue préface du traducteur contre les incrédules dn 18* siècle, qu'il appelle les N. N. P. P. (noureaux Philosophes ). Le P. Colommc a donné une édition augmentée de l'ouvrage d'à Kempis, intitulé : Vie chrétienne, ou Principes de la sages/e, 1774, et Avignon, 1779, 2 vol. in-12. Dans la 1™ édition de la Biographie universelle, on lui attribue à tort un Plan raisonné de l'éducation publique, etc. Celte brochure, publiée en 1702, dit Barbier, est adressée à MM. les prévôts des marchands et échevins de la ville de Lyon. Ce n'est pour ainsi dire que le prospectus d'un ouvrage plus important, qui n'a point paru. L'auteur se dit compatriote du marquis de Mirabeau , peut-être est-ce le même dont on a un Placct au roi, concernant le bien général de la province de Bretagne , pour la compagnie de Languedoc, Nantes, 1758, in-f" de 9 p. V — TE.
COI.ON (FnANçois), nd 6 Ncvcrs, en 1764, étudia la médecine à l'université de Paris, et alla se faire recevoir docteur à celle de Reims en 1783. Nommé chirurgien de l'hospice de Bicetrc, Colon
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proposa des réformes utiles, qni depuis ont été exécutées au delà de ses espérances. Toujours occupé d'idées philanthropiques , il fut un des premiers et des plus ardents propagateurs de la vaccination en France. Il pratiqua cette oprr.it ion sur son lils unique, transforma, pour ainsi due, sa maison en un hôpital, où étaient admis et vaccinés gratuitement tous ceux qui se présentaient. On l'accusa de mettre un peu de jactance et même de charlatanisme dans sa conduite; en effet, il eut tort de publier isolément un travail qui devait émaner du comité dont il était membre. Peut-être commit-il une inconséquence encore plus blâmable en imprimant son adresse au frontispice de son livre. Sans vouloir le justifier de celte double faute, il est du moins permis de croire qu'il fut entraîné par l'excès de sou zèle, comme il en lait lui-même l'aveu. Colou quitta Paris pour aller exercer les fonctions de maire à Montfort. prés d'Auxerre. C'est là qu'après avoir rendu, avec un noble désintéressement, de très-grands services en qualité de magistrat, de médecin et chirurgien, il a terminé sa carrière !c 17 juillet 1812. Tous ses ouvrages ont pour objet la vaccine: 1" Essai sur l'inoculation de la vaccine, ou Moyen de préserver pour toujours et sans danger de la petite vérole, Paris, an 9(1801), in-8" : traduit en hollandais, par Pruys, Rotterdam, 1800, in-8° ; en espagnol, par l'iguillem, Madrid, 1800, in-8°, etc. 2" Recueil d'observations et de faits relatifs à la vaccine, auxquels on a joinl les prorèiverbaux de la contre-épreuve, etc., Paris, an 9(1801), in v. ô Précis des contre-épreuves varioliques faites sur le fils du citoyen Colon et sur quarante-sept autres vaccinés, etc., ibiil., et même année, in-8". 4" Histoire de Cinslrutlion et des progrès de la vaccine en Fiance, ibid., et même année, iu-8» : l'auteur est le principal et presque le seul personnage célèbre dans cette histoire. 5* Mémoire présenté au premier consul , sur ta nécessité et le* moyens de répandre la vaccine en France, ibid., an 11 (1805), in-8". G* Observations critiques sur le rapport du comité central de vaccine, etc., ibid., et même année. iu-8°. C.
COLOMA (Anoué de), né i Aix en Provence, eu 1617, entra dans l'ordre des minimes, se distingua dans le ministère de la chaire a une époque où Bourdalouc n'avait pasrncorc paru. Il fut aussi grand théologien et canonisle. Colonia est mort à Marseille, en 1088. Il a écrit : 1° Éclaircissement sur le légitime commerce des intérêts, Lyon, 1675, in-8*; 1676; Bordeaux, 1677, 4* édition ; Marseille, 1682. Le Camus, évêque de Grenoble, et Grimaldi. archevêque d'Aix, censurèrent cet ouvrage, sur lequel la cour de Rome et la Sorbonne n'ont jamais prononcé. 2° Ëlogt du roi, à l'occasion de la féte donnée par les ofliciers des galères a l'occasion du i établissement de la santé de Louis XIV, en 1687. V Lettre de Théopiste à Théotine, contenmt un éclaircissement nouveau, théulogique et nécessaire, sur la distinction du droit et du /ait, Aix, 1674, in-8°. 4* Le Calvinisme proscril par la piété héroïque de Louis le Grand, Lyon, 1G86. petit in-12. A. U-t.
COLOMA (Domimqubdb ), de la même famille
que le précédent, né dans la même ville, le 25 août 1660, jésuite à quinze ans, lit les quatre vœux en 1694. Après avoir enseigné dans les basses classes pendant cinq ans, il fut dix ans professeur de rhétorique à Lyon, et professa ensuite pendant vingt-six ans la théologie positive dans la même ville. Le séjour de cinquante-neuf ans qu'il y lit lui fut très-utile pour la composition de ses ouvrages historiques. Il y mourut le 12 septembre 1741. C'était un petit homme plein de leu,d'un« physionomie toute spirituelle ; il devait encore plus à son travail, a ses lectures immenses et à sa mémoire, qui tenait du prodige, qu'à son esprit Alterbury, évêque de Roche*ter, lors de sou passage à Lyon, n'eut rien de plus pressé que d'y voir Lolonia. Dans un voyage que celui-ci lit à Home, il refusa la place que Clément XI lui offrit, d'instituteur des neveux du (tape. Pcrnetti, qui a connu Colonia, et qui en lait le |>orlrail Iktteur que nous avons transcrit, avoue qu'il était susceptible de jalousie, et lui reproche d'avoir souvent profilé des travaux des autres, sans leur en faire lionneur. Il l'accuse surtout de ce tort envers le P. Ménestrier, • dont il a dépecé les manuscrits au point de les « anéantir. » On a de Colonia un grand nombre d'ouvrages : 1» Tragédies et OEuvres mêlées, en vers fiançais, Lyon , 1607, in-12. C'est la réunion, avec un nouveau titre, des pièces publiées par le P. Colonia, de 1693 à 1698. On y trouve : Germanicus, tragédie en 5 actes; fa Foire d'Augsbourg, ou la France mise à l'encan, ballet pour servir d'intermède à Germanicus ; Jovien, tragédie en 5 actes ; Annibal, tragédie en 5 actes ; Juba, roi de Mauritanie, tragédie en 5 actes, et les Préludes de la paix, intermède. Toute ces pièces sont au-dessous du médiocre, et les poésies diverses ne sont pas meilleures. Orationés latina,Prafationes et Epistolainuncupatoria thtseon, Lyon, 1700, in-12. 3° Antiquités profanes et sacrées de la vilU de Lyon, avec quelques singularité* remarquables, etc. , Lyon, 1701 , in-4° avec 2 pl.; ibid. 1702, in-12, avec 9 pl. Les Remarques qui font partie de ce volume se retrouvent dans la première partie de ['Histoire littéraire de Lyon, avec des augmentations considérables. 4° Relation de ce qui s'est pané à Lyon, lorsque les princes y vinrent en 1701, Lyon, 1701, in-12. 5° Antiquités de la ville de Lyon, Lyon, 1738, 2 vol. in-12. Cet ouvrage n'est que la transcription du 1*' vol. de l'Histoire littéraire de lyon, coutenant la partie monumentale. L nc première éditiou avait été commencée dès 1733, mais il n'en parut que le t. 1". 6* Dissertation sur un monument antique ( taurobolii|ue) , découvert à Lyon sur la montagne de Fourvière, au mois de décembre 1704, Lyon. 1705, petit in-12, avec I lig. 7° De Arte rketorica ht. 5, Lyon, 1710, livre qui comptait déjà cinquante éditions , suivant l'abbé Pcmelli , et vingt suivant M. lieuchot, lorsqu'il fut réimprimé , Lyon, 1817, in-12. I..i Rhétorique de Colonia passe généralement pour le meilleur de ses ouvrages; elle est méthodique, bien écrite, et les exemples en vers et en prose dont elle abonde sont parfaitement clioisu. 8» Semait* de St. Françoii Xavier, contenant le
panégyrique de ce saint, avec nctif méditations sur ses vertus, Lyon, 17 10, in- 12. Ouvrage, dit M. l'abbé Labouderie, (|ue personne n'a vu, <|ui n'existe dans aucune des bibliothèques de Paris, bien qu'il eu suit question dans Moréri.dansle Dictionnaire de la Provence et du comtat Venaissin, dans le Dictionnaire da ourrages anonymes de Barbier, enfin dans les lte~ cherches pour servir à l'histoire de Lyon, mais sous la date de 4717. *.V Oraison funèbre de Claude de St-George, archevêque de Lyon, Lyon, 1714, in-t". 1<»" Pratique de pieté pour honorer le bienheureux Réfit, el pour lui faire une neuvaine, Lyon, 1717, in-12. M" Abrégé de la rie du bienheureux Jean- François Régis, de la compagnie de Jésus, etc., Lyon, 1717, in-12. C'est un recueil de trois opuscules avec trois litres différents; le premier est un abrégé de la vie du saint jésuite, écrite parle P. d'Aubfiiion, confesseur de Philippe V, roi d'Es- |>an'ne ; le second est le premier panégyrique qui ait clé prêché eu l'honneur de François Régis, nouvellement béatifié ; le troisième est une pratique de pieté pour honorer le bienheureux Régis et lui faire une neuvaine, extraite de sa vie, par le P. d'AubcnlOll. Barbier pense que ce livre peut être aussi du P. Leelerc. 12* La Religion chrétienne autorisée par le témoignage des anciens païens, Lyon, 1718,2 vol. in-12 avec 2 pl.; 2* édition, reuie el précédée d'une notice historique par M. l'abbé de Labouderie, Paris et Besançon, ,1826, in-8% lig. 15" Bibliothèque janséniste, ou Catalogue alphabétique des principaux livres jansénistes, ou suspects de jansénisme, Lyon, 1722, in-12; 2e édition, augmentée par l'auteur de plus de moitié, et d'un Catalogue de quelques livres des quiclisles, ibid. , 1751, in-12. «Ce livre, dit k .M. Labouderie, où le vrai est mêlé avec le faux, « où le bon grain est fréquemment étouffé par Tint vraie, où les personnages les pluséminenls en doc- « Irine sont confondus avec des hommes justement « condamnés par l'Église, excita partout la plus vive a Indignation, » La sacrée congrégation de l'Index le condamna |>ar un décret «lu 20 septembre 1749, ce qui n'eut pécha pas qu'après la mort du P. Colonia, il ne fût donné une nouvelle édition intitulée : Bibliothèque des livres jansénistes, quesncllistes, buta itistet, etc., Lyon, 1711, 2 vol. in-12. Enfin le P. Patouillot fit de nouvelles additions a cet ouvrage qui, sous le titre de Dictionnaire des livres jansénistes, parut à Anvers, 1752,4 vol. in-12. Dés 1750, un écrivain, se disant docteur de Sorbonne, adressa à un de ses amis de Flandre un lettre remplie de raisonnements captieux contre le décret de la congrégation de l'Index, qui censura cette lettre comme elle avait censure, riix ans auparavant, la Bibliothi que janséniste. Un théologien romain, amateur de la vérité, écrivit en 17o0 à un théologien de Louvain une lettre loucliant la juste condamnation de celte Bibliothèque, et contre la Ijetlre d'un docteurde Sorbonne à un de ses amis de Flandre. Le théologien romain ne manque ni de sagesse ni de modération : on ne peut en dire autant de l'auteur d'une Réponse à la Bibliothèque janséniste, Nancy, 1710, attribuée a l'abbé Lf gros, chanoine de Reims,
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par quelques bibliographes; et par d'autres, tels que Barbier et II. Beuchot , à Osmond de Sellier. H. l'abbé Labouderie est de l'opinion des premiers; il trouve que dans cet écrit on s'aperçoit que l'auteur combat pour sa propre cause, et que les livres notés à tort par le P. Colonia comme jansénistes, dont il a l'air de prendre la défense, sont ceux qui lui tiennent le moins au cœur. 14° Oraison funèbre de la princesse Anne, palatine de Bavière, etc., Trévoux, 1725, in-V*. 15" Mémoire sur l'histoire littéraire de la ville de Lyon, discours lu à l'académie de celte ville, le 29 avril 1727, et imprimé dans le t. 0 de la Continuation des mémoires de littérature et d'histoire du P. Desinolets. Il était inutile de reproduire ce discours, dont plusieurs passages se trouvent mot à mot dans les sections 5, 5, 6 et 7 du ch. 1er, cl dont les autres sonl disséminés dans les chap. suivants du grand ouvrage de Colonia. 16° Histoire littéraire de la ville de Lyon , avec une bibliothèque des auteurs lyonnais sacrés et profanes, distribués par siècle, Lyon, 1728, in-4»; 2* et dernière partie, ibid., 1750, in-i°. En lètc du 1" v* lume est un livre, divisé en 17 chapitres, consacré aux antiquités el a la fondation de Lyon, avec des planches, dont quelques-unes seulement avaient paru dans les Antiquités de Lyon. V Histoire littéraire va jusqu'en 1740 ; clic est divisée |>ar siècles, et les siècles par chapitres ; les articles d'un très-petit nombre d'auteurs sont curieux, mais en général les indications de Colonia sont vagues et incomplètes ; il y a beaucoup «l'omissions. Cependant les Lyonnais dignes de mémoire de Pernetti n'ont pas fait oublier l'ouvrage «lu savant jésuite. 19* Instruction sur le jubilé de l'église primaliale de St-Jean de Lyon, etc., Lyon, 1754, in-12. Le P. Colonia est encore auteur de différents mémoires insérés dans le Journal de Trévoux. On en trouvera l'indication et les titres dans la France littéraire de M. Quérard. Il a laiss«; plusieurs manuscrits, entre aulrcs : Dissertationes in Scripturam sacram, historiam et ecclesiastieam disciplinant ; Erreurs de fait échappées à quelquct auteurs célèbres, etc. On peul consulter avec fruit, au sujet du P. Colonia et de ses ouvrages : les Mémoires de Trévoux (novembre 1741); le Dictionnaire de la Provence et du comtat Venaissin (Aix, 1785, 4 toi. in-4«); enfin l'excellente Notice de M. Labouderie, placée en tète de l'édition qu'il a donnée de la Religion chrétienne autorisée. K.
COLONNA (Jean), cardinal, d'une famille noble et puissante de Rome, fut élevé à la pourpre, eu 1216, par le pape Honoré III. Il était légal «le l'armée chrétienne a la 5* croisade, et contribua beaucoup à la pri>c de Damielte. Demeuré prisonnier des Sarrasins, il fut condamné à être scié par le milieu du corps ; mais le courage avec Ie<juel on le vit se préparer à cet horrible supplice étonna ses Iwurrcaux, et ils lui rendirent la liberté et la vie. 11 revint à Rome, où il fonda l'hôpital de Latran, el mourut en 1245. — Jean Colonn a, son neveu, acheva ses éludes à Paris, et y entra dans l'ordre des dominicains, au grand déplaisir de son oncle, qui employa en vain le crédit de Grégoire IX pour le détourner de celte
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vocation. Nommé archevêque de Messine en 1233, il n'y demeura qtic sept mois, et revint à Rome pendant les troubles dont la Sicile était don agitée. Nommé ensuite vicaire du pape Urbain IV, il s'appliqua à la composiiion de ses ouvrais historiques, et mourut a Rome entre 1280 et 129 ». C'est par erreur qu'on l'a ilit archevêque de Nicosie. Il a composé : 1° Mare historiarum ab orbe eondito adtancli Uallia régit Ludovic» IX tempora inclusive. Cotte chronique, dont on a deux beaux manuscrits à la bibliothèque royale (numéros 4684 et 1G8Î-2], peut être consultée avec fruit pour les événements contemporains. Il ne faut pas la confondre avec cille qui a été traduite en français sous le nom de Mer des histoires. ( Vcy. Bnocvnn.) 2° DeViris illuslribus ethnicis et christianis. Le manuscrit de cette biographie, plus intéressante peut-être que l'ouvrage précédent, se trouve dans la bibliothèque de Si- Jean et St-Paul, à Venise. Montfaucon en parle a\ec éloge, et regrette qu'on ne l'ait pas publiée. 5° Des lettres et quelques ouvrages Ihéologiques, demeurés manuscrits, ainsi que les deux précédents. S — S— i.
COLONNA (Jacques), cardinal créé par ISicolas III, fut, sous le ponlilicatde Nicolas IV, le principal conseiller de la cour de Rome. Ce dernier pape sembla n'avoir d'autre pensée que d'élever la maison Colonna au faite des grandeurs; il nomma cardinal Pierre Colonna, neveu de Jacques; il lit Jean Colonna marquis d'Ancone ; Etienne Colonna, comte de Romagne ; et dans les libelles du temps on peignait ce pape qui sortait avec effort sa tète d'une colonne, tandis que deux autres colonnes, p'acées devant lui, l'empêchaient de voir tous les objets. Après la mort de Nicolas et la renonciation de Célcslin V, tandis que Benoit Cajétau briguait la tiare, les Colonna s'opposèrent de toutes leurs forces à l'élection de ce pontife intrigant et allier. Lorsqu'il fui élu sous le nom de Boniface VIII, il ne tarda pas à vouloir se venger, et il lança en 1207 une bulle outrageante d'excommunication contre les Colonna; il priva Jacques et Pierre de la dignité de cardinaux; il exclut des ordres sacrés tous les Colonna jusqu'à la quatrième génération, et saisit en même temps tous les biens de cette famille; il renversa ses palais, et chargea d<ux légats d'assiéger ses châteaux et de la dépouiller de tous ses fiels. Jacques Colonna se retira en France avec les membres les plus distingués de sa famille. On croit qu'il eut part à la conjuration que Seiatra Colonna et Guillaume de N'ogarel exécutèrent contre flonifàec VIII. (l'oy. Seiarra Colonna et Guillaume ue Nogaket.) Il fut rétabli le 17 décembre I30.*i dans sa dignité de cardinal, ainsi que son neveu Pierre, par Clément V, et la bulle fulminée contre sa famille fut retirée, à l'iutercession de Philippe le Bel. Il mourut eu 1318. S — S— i.
COLONNA (Sciaiira), commandait à Palestiïna, lorsque Bon if ace VI 11 en fit faire le siège en 1299; et, comme celle ville paraissait inexpugnable, Guido de Montcleltro, que le pape consulta sur les moyens de la réduire, n'y vit d'autre expédient que de promettre aux Colonna des conditions qu'on ne leur tiendrait pas; Seiarra fut averti, dés qu'il eut rendu cette
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ville an pape, que celui-ci, loin de vouloir exécuter le traité qu'il avait signé, avait l'intention de le faire mourir. Il s'enfuit par mer ; mais il fut pris par des pirates, qui le mirent à la chaîne. Philippe le Bel. qui le lit délivrer à Marseille, le eboisit comme un des hommes les plus propres à le venger du pape. Seiarra s'associa en effet à Guillaume de Nogaret; il surprit a\ec lui Boniface dans Anagni, le 7 septembre 1305; il le menaça, il pilla son palais, sans attenter cependant à sa personne, quoique des historiens modernes aient prétendu qu'il lui avail donné un soumet. Boniface fut, au bout de trois jours, retiré des mains de ses ennemis par les habitants d'Anagni ; mais le succès des conjurés n'en fut pas moins complet, quoiqu'un remords les arrêtât au moment de l'exécution du crime odieux qu'ils paraissaient avoir médité : la douleur, la rage ou la bonté agirent si puissamment sur l'esprit de Boniface, qu'il mourut, hors de lui, au bout de peu de semaines. Seiarra Colonna, demeuré à Rome, embrassa le parti gibelin avec fureur, tandis que sou frère Etienne demeurait attaché aux Guelfes. Le premier fut but sénateur avec Jacques Savelli en 1328, lorsque Louis de Bavière vint à Komc prendre, malgré le pape, la couronne impériale. Dans la cérémonie, Sci.«rra porta celte couronne. Il eut ensuite la plus grande part aux tentatives que fit Louis IV pour détrôner Jean XXII, cl lui substituer un antipape; mais lorsque, le 5 août de la même année, Louis fut obligé de quitter Rome, tous les Gibelins en fuient chassés avec lui; et Seiarra Colonna, exilé comme les autres, mourut peu après, loin de sa patrie. S — S — l.
COLONNA (Etienne), frère du précédent, et seigneur de Fénarrano, avait été créé comte de Homagne par Nicolas IV, dès l'an 1290, et comme il parvint à une grande vieillesse, il fut, jusqu'au milieu du siècle suivant, le chef de la noblesse et du parti des Guelfes à Rome. A peine son frère Seiarra fut-il chassé de Celte ville, en 1328, qu'il y fut appelé pour être fait sénateur avec Berloldo Or»ini. Pendant près de vingt ans, dés cette époque, il vécut à Borne plutôt en prince qu'en citoyen ; niais sou arlogance et son mépris pour les lois entretenaient l'anarchie que Colas de Rienzi voulut détruire < n 13i7. Le bon liai avait été établi par le Iribun pendant l'absence d'Étiennc Colonna, et ce chef de la noblesse fut obligé à son retour d'en jurer 1 observation. A l'occasion d'une altercation qu'il eut depuis avec le iribun, celui-ci le condamna à mort, et lui envoya même des prêtres pour le confesser; cependant'il lui lit grâce ensuite, croyant s'être ainsi acquis des droits à sa reconnaissance; mais Etienne, des qu'il fut libre, arma ses vassaux de Palcatrinc pour attaquer les Romains; il entra dans la ville par la porte de St-Paul, qu'on avait laissée ouverte: là, ses partisans, saisis d'une terreur panique, l'abandonnèrent. Il y fut tué avec son fils Jean, Pierre Agapil Colonna et plusieurs autres seigneurs de sa maison. S — S— i.
COLONNA (Jacques). filsd'Élienne, eut le courage d'afficher à Rome les excommunications du pape contre Louis de llavière, tandis que cet cnipc-
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îtuir était maître de cotte ville, où il était venu se faire couronner. En incompensé, le pape Jean XX II nomma le jeune Colonna à l'évêelié de Lombez. Il avait étudié à Bologne avec Pétrarque, et, prenant ci poêle sous sa protection, il l'avait introduit auprès d'Etienne, son père, et des principaux lurons de Rome. Ce (ut surtout à Colonna <|uc Pétrarque dut la gloire d'être couronné à Rome, en 1341. S- S— l.
COLONNA (Antoine), neveu du pape Martin V, qui lui-même était de la maison de Colonna, fut l'objet des préférences «le ce pontife, qui travaillait avec ardeur a augmenter la puissance de sa famille. Pour prix de la réconciliation de Jeanne II, de Naples, avec le saint-siége , Antoine Colonna fut investi, en 1419, de la principauté de Salcrue et du duché d'Amalli. La reine, qui n'avait point d'enfants, donna même â entendre qu'elle le désignerait peut-être pour son successeur. En même temps Martin V permettait à Antoine Colonna d'établir des garnisons dans toutes les villes de l'État pontifical. Il avait donné la pourpre à Prospcr, son frère, et le comté de Celano à Edouard ; et, celte famille était tellement puissante, qu'à la mort du pape, en 1431, elle put encore s'emparer du trésor pontifical, qui montait à plus de 200,000 florins; mais Eugène IV, monté sur le tronc, voulut faire rendre à l'Église ce qui lui appartenait; il déclara la guerre aux Colonna ; il les força de dépenser une partie des trésors de leur oncle pour se défendre, et ensuite de lui rendre le reste. En même temps, Jeanne retira aux Colonna la principauté de Salernc et tous les fiefs qu'elle leur avait donnés ; en sorte que celle maison fut de nouveau réduite aux biens qu'elle possédait avant le pontilicat de Martin V. S— S— l.
COLONNA (Prosper), fils du précédent, un des plus grands généraux qu'ait eus l'Italie. La baîne héréditaire de sa maison contre les Orsini lui fit embrasser le parti français en 4494, lorsque Cliarles VIII attaquait le royaume de Naples, parce que Virginio Orsini, son ennemi, s'était aitacbéau parti aragonais. Prosper Colonna fui récompensé généreusement par Cbarles VIII, qui lui donna le duché de Trajetto, le comté de Fondi, et d'autres liefsdansle royaume de Naples. Après l'expulsion des Français, Prosper se réconcilia cependant avec le nouveau roi Frédéric d'Aragon, et il assista le 10 août 1497 à son couronnement. Dés lors il servit contre la France avec autant de lidélilé que de talent et de bravoure; il fut perfectionné dans l'art delà guerre par le grand capitaine Gonsalvc de Cordouc, auquel il Tut quelque temps subordonné. Ce fut lui que Gonsalve chargea de conduire en Espagne César Borgia, qu'il avaii arrêté, et quoique Dorgia et son père eussent été les ennemis acharnés des Colonna, Prospèrent la générosité de ne pas fixer une fois les yeux, pendant tout le voyage, sur son prisonnier, pour ne pas paraître triompher de son malheur. Prosper Colonna, envoyé par Ferdinand le Catholique en Lombardie, remporta en 1315 une grande victoire près de Vicence sur l'Alviane, général des Vénitiens. Il passa ensuite au service du duc de Milan, qui était allie de son précédent maître. Comme il voulait, en Ijlo, fermer
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l'entrée de l'Italie à François 1", il fut surpris le 13 août à Villa-Franca, et fait prisonnier avec tout son clat- major. Il se releva cependant avec gloire de cet échec, prit Milan aux Français en 1521, battit, le 22 avril 1522 le maréchal dcLautrec à la Bicoque, et s'empara de Gênes la même année. En 1523, quoiqu'il l'Ai très-malade, il défendit Milan contre l'amiral Bonnivcl qui l'attaquait avec des forces supérieures, et il le contraignit à se retirer. Il mourut à la fin de la même année d'une maladie qu'on croit avoir été le fruit de ses dél«uches. S—S— l.
COLOiNNA (Fabrice), fils d'Édouard, comte de Célano et duc d'Amalfi, se voua aux armes en même temps que son cousin Prosper, et servit tour k tour avec lui Charles VIII, Frédéric, roi de Naples, et Ferdinand le Catholique. Ce dernier l'élevaen 1507 ù la dignité de grand connétable, qu'il avait ôtée à Gonsalvc de Cordoue. Pendant la guerre de la ligue de Cambray. il enleva aux Vénitiens les places qu'ils possédaient le long du golfe Adriatique, dans le royaume de Naples. Il passa ensuite an service du pape Jules 1 1 . Fait prisonnier à la bataille de Bavennc par Alfonse d'Esté, duc de Fcrrare, il fut traité par ce prince avec les égards les plus flatteurs , et renvoyé ensuite sans rançon. Par reconnaissance, il voulut, après la retraite des Français, faire la paix du duc de Ferrare avec le pa|>e Jules II : il lui cn- Toya un sauf-conduit, sous la garantie duquel ce prince vint â Borne ; mais le pape en profila pour faire attaquer les États de Fcrrare en l'absence de leur souverain , qui éiait gardé à vue dans Rome. Fabrice Colonna, indigné de cette trahison, attaqua les soldats du pape avec ses compagnons d'armes, leurenk-va leduc de Fcrrare, et le reconduisit dans ses Etats. La mort de Jules II, survenue peu après, sauva Fabrice de sa colère. Il mourut en 1320. S— S— i.
COLONNA (Marc-Antoine), neveu des deux précédents, suivit, comme eux, la carrière des armes, et se distingua au service du pape Jules 11, le plus belliqueux des successeurs de St. Pierre. Il défendit Bavennc d'une manière glorieuse en 1312. Passant ensuite au service de l'enqicrrur Maximilien, il repoussa en 1513, dans Vérone, les attaques des Vénitiens et des Français, conduits par Lautrcc. Après la paix de 1517, il entra au service de François I". Comme il s'approchait avec l'armée française, en 1322, des remparts de Milan, que son onelc Prosper défendait, il fut tué d'un coup de coulevrinr, cpi'on dit avoir été dirigé par cet oncle lui-même, qui ne l'avait pas reconnu. S— S— I.
COLONNA •(Poupée), neveu de Prosper, par qui il fut eh vé, embrassa l'état ecclésiastique sans renoncer aux armes. Il étail évêque de Bieti, lorsqu'il profita d'une maladie du pape Jules II pour soulever le peuple contre lui. Son caractère turbulent, impatient et emporté, se manifestait dans toutes les révolutions de la cour de Borne. Nommé cardinal par Léon X, il fut toujours l'ennemi de ce pontife. Eu 1523, il balança longtemps l'élection de Clément VU; mais tout à coup, impatienté des divisions qui se manifestèrent dans ton parti, il donna I sa voix et celles des cardinaux qui dépendaient d«