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lui a Julien de Médicis, depuis Clément VII. Il ne resta pas longtemps en paix avec ce pape. A peine avait-il été réconcilié avec lui, en 15Î6, qu'il essaya de l'enlever avec huit cents chevaux et 3,000 fantassins. On assure que si Clément ne s était pas mis eu sûreté dans le château Sl-Ange, le cardinal Colonna l'aurait fait mourir. Cependant l'année suivante, lorsque Clément VII fut prisonnier du connétable de Dourlion, ce tut Colonna qui travailla avec le plus de zele à son élargissement. Il rentra ainsi dans les Donnes grâces du pontife, et fut rétabli dans sa dignité, dont il avait été privé l'année précédente. Il mourut en 1532. S— S— l.
COLONISA (François), religieux dominicain, se rendit célèbre, dans le 15* siècle, par un livre bizarre écrit en italien, et plusieurs fois traduit en français, sans être plus intelligible dans l'une que dam l'autre langue. Il est intitulé, en latin : Poliphili Uypnerolomachia; le second mot signilie combat du sommeil et de l'amour; le premier ne contient point le nom de l'auteur, mais celui de la jeune |»ersonne qui le faisait ainsi rêver. On dit qu'elle s'appelait Ippolila, par abréviation Polita, tt ensuite Point, Poliphilus signilie donc amant de Polia; et ce nom se trouve lié avec celui de l'auteur, si l'on rassemble, en les mettant de suite, le» lettres initiales de tous les chapitres du livre. Elles forment celte plirase latine : Poliam fraler Francisent Columna adamavit, c'est-à-dire « frère Fran- I v çuis Colonna a aimé Polie, Polile ou Hîppolyle. * Ré à Venise, il entra fort jeune dans l'ordre de Si-Dominique. Il était professeur de grammaire et de belles-lettres dans le couvent de cet ordre, à 'J révise, en UCT; il l'était de théologie en 1473, à Padoue, et y reçut le doctoral. La règle des dominicains exigeait que l'on eut quarante ans pour le recevoir; il ne mourut qu'en 1527; il vécut donc (M ans, et de celte longue vie, il n'est resté qu'un longe obscur et presque inintelligible. « Heureux, « dit le savant Tiraboschi, celui qui parvient, je ne « dis |ias a l'entendre, mais seulement à savoir en a quelle langue il est écrit, taut on y voit un confus « mélange de fables, d'histoire, d'architecture, d'an- « tiquités, de mathématiques et de mille autres cho- <i se» avec le plus étrange entassement de mots grecs, « latins, hébreux, arabes, chaldéens, lombards et « italiens. Aussi certaines gens, qui admirent da- « vantage à proportion qu'ils cnlcndcnt moins, ont- « ils cru y voir réuni tout ce qu'on peut savoir au u monde. » L'édition originale de ce singulier 00vrage parut à Venise, chez Aide Manuce, 1 509, in-fol.; réimprimé, ibid., 1543, in-tol. C'est sans doute sur cette seconde édition que lut faite la traduction française publiée sous ce titre : l'IIypnerolomachie, ou discours du Songe de Poliphile, Parti, 1346, iu-fol., lig., qui est d'un chevalier de Malle, et que l'on attribue à tort à Jean Martin : celui-ci n'en fut que l'éditeur, l'ayant reçu des Utint de Jacques Gohori, ami du traducteur. Une seconde édition de relie traduction fut donnée en 13'iî, cl une troisième par Jacques Gain ni, en 1 5Gl, in- fol. ; c'est la seule édition que l'on cilc çn Italie.
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ttérould de Ikrville fit quelques changements à ectto traduction, qu'il reproduisit en 1600, grand iu-V, avec un beau litre gravé cl une table des matières. Il l'a intitulée : le Tableau des rickej inventions couvertes du voile des feintes amoureuses qui sont représentées dans le songe de Poliphile dévoilées des ombres du Songe, et subtilement exposées. Par la suite, on supprima le frontispice gravé, qu'on remplaça par un aulrc en caractères mobiles, avec la date de 1637. J.-G. Legraml a donné une traduction libre du Songe de Poliphile (vog. Leorand) ; et, comme ses prédécesseurs, il a eu soin de commencer chaque chapitre par la même lettre que dans l'original, la Mounoie, dans le Jlîcnagiana de 1713, t. 4, et Prospcr Marchand dans son Dictionnaire, ont parlé longuement du Songe de Poliphile et de son auteur. G — É et A. 1; — t.
COLONNA (Mario), poêle italien du 16' siècle, descendait du laineux Sciarra, seigneur de Palestrina. ( Yoy. Sciarra Colonna.) Son père, Etienne, commandait les trou|>es du grand-duc de Toscane. Né vers 1340, à Home, Mario cultiva les lettres des son enfance, et lit des progrès si rapides dans les langues qu'il égala bientôt les plus habiles maîtres. Ayant rejoint son père à Florence, il y vit l'unimclta Sodérini, dame non moins distinguée par son espril que par sa beauté, et, louché de ses charmes, il les célébra dans plusieurs sonnets, concurrem- I ment avec Pierre Argelio, son rival, sans cesser d'être son ami. Le talent de Mario, déjà si remarquable dans ces essais, ne pouvait manquer de s'accroilre encore, s'il ne fût |ias mort à la fleur de l'âge. Ses poésies, imprimées en 1589, avec celles de f Argelio (vny. ce nom), l'on! élé depuis dans le t. 2 de la Sceltu di sonetli de Gobbi. L'édition des Opère de Jean de la Casa, Venise, 1728, contient plusieurs pièces de Mario. { Voy. la Série de' Testi de M. Gamba.) La bibliothèque Sererio/ana possédait un recueil de poésies inédites de Mario, contenant des sonnets, deux églogues, un chant pastoral el des épigrammes très-bien tournées. Crescimbeui a inséré plusieurs de ces pièces dans sa Storia délia volgarc Poesia, t. 1", p. 138, et t. 4, p. 86. W— s.
COLONNA (Victoire), marquise de Pescairc, l'une des femmes les plus illustres de l'Italie, naquit eu 1400, de Fabrice Colonna, grand connétable du royaume de Naph-s, et d'Anne de Monlcfcltro, fille de Frédéric, duc d'Lrbin. Dès l'âge de quatre ans elle fut promise à un enfant du même age, Ferdinand François d'Avalos, fils du marquis de Pescairc. Le mariage se lit lorsqu'il! curent tous deux dixsept ans. Ils joignaient aux avantages du rang, do la fortune et de la ligure, l'éducation la plus cultivée. Victoire savait parfaitement la langue latine, écrivait élégamment dans la sienne, en vers et en prose, et |iossédait, avec lotis ces dons de l'esprit, les plus rares vertus. La guerre la sépara de son époux. Pendant son absence, elle n'eut d'autre consolation que son souvenir, les lettres qu'elle lui écrivait et qu'elle en recevait régulièrement, et l'étude. L'audition, l'histoire, les belles- lettres et particulièrement la poésie italienne, l'occupaient loor a four.
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Le marquis, fait prisonnier en 1512, à la journée de Ravenne, composa, dit-on, dans sa prison, non des poésies, mais un dialogue en prose sur l'Amour, qu'il adressa de Milan à son épouse. En 1525, quoique blessé a la bataille de Pavie, il Tut exposé a manquer de foi à l'Empereur, dont il commandait les troupes : les princes italiens lui offrirent de le laire roi de Naples, s'il voulait se ranger de leur parti. La tentation était forte; on n'a su à quoi attribuer l'incertitude qu'il montra en ce moment. (Voy. Ferdinand-François d'Avalos.) Ce fut la généreuse Victoire qui le retint dans le devoir. « Sou- « venez-vous, lui écrivit-elle, de votre vertu, qui « vous élève au-dessus de la fortune et de la gloire « des rois. Ce n'est point par la grandeur des États « ou des titres, mais par la vertu seule que s'ae- « quiert cet honneur, qu'il est glorieux de laisser à a ses descendants. Four moi, je ne désire point être « la femme d'un roi, mais de ce grand capitaine qui « avait su vaincre , non-seulement par sa valeur « pendant la guerre, mais dans la paix par sa ma- « gnanimité, les plus grands rois. » D'A valus mourut à Milan des suites de ses blessures. Victoire était partie de Naples pour l'aller joindre; elle avait passé par Home et était arrivée à Viterbe lorsqu'elle apprit sa mort. Elle revint à Naples, où elle resta plusieurs années plongée dans la plus profonde douleur. L'époux qui était le seul objet de ses pensées le rat aussi de ses chants; elle ne cultiva plus son talent poétique que pour exprimer sa douleur. Elle n'avait que trente-cinq ans; sa beauté était encore dans tout son éclat, sa renommée littéraire croissait de plus en plus : des princes désirèrent sa main ; ses propres frères la pressèrent de faire un choix ; mais elle resta (idéle à l'époux qu'elle avait perdu, et fut pendant sept ans uniquement occupée de lui. La religion vint à son secours; et, depuis ce moment, elle fut un exemple de piété sincère, comme elle l'avait été d'amour conjugal. Elle n'écrivit plus que des poésies sacrées. Après quelques années de séjour à l'orne, elle se retira, en 1541, dans une maison religieuse, d'almrd à Orviéte, ensuite à Viterbe. De retour à Rome, au commencement de l'année 1547, et logée dans le palais de Césarini, appelé Argentina, elle y tomba malade, et mourut ver» la fin de février, dans sa 58e année. Elle avait été liée avec tous les hommes les plus célèbres et les plus vertueux de son temps, lis ont unanimement loué dans leurs ouvrages sa beauté, ses vertus, ses talents, et il lirait qu'il n'y avait rien d'exagéré dans leurs éloges. Ses poésies la mettent au rang des plus heureux imitateurs de Pétrarque. Sa modestie eut à souflrir de se voir donner le titre de divine dans plusieurs éditions. La première parut à Parme, en 1558, in-8»; après deux autres qui suivirent de près, on en fit encore une plus complète, sous ce titre : Rime de la diva Vittoria Colonna de Pescara; nuovamenie aggiunlovi 24 tonelti spiritual^ le tue ttanse, ed uno Irionfo délia eroee di Crïito, nonpiu slampalo, Venise, 1544, in-8". Plusieurs ont été données depuis ; on distingue celle de 1558, par Ruscelli, avec un commentaire de Ri-
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naldo Corso, in-8» ; les deux d'Antonio Bulifon, Naples, 1692 et 1695, in-12; et enfin celle de Bcrgame, 1760, in-8", avec une vie de l'auteur fort bien écrite par Jcaii-Uapliste Rota. On trouve aussi quelques détails sur Victoire Colonna dans les Vies des litliraleure catholiques , par le comte de Sl-I>aphaél, Turin, 1780. G— É.
COLONNA (Marc-Antoine) le jeune, duc de Palliano, a eu le bonheur d'attacher sun nom au plus grand fait d'armes du 16* siècle, la bataille de Lésante. H avait de bonne heure embrassé la carrière des armes, par laquelle un si grand nombre de ses parents s'étaient couverts de gloire; mais les circonstances étaient bien moins avantageuses pour la noblesse immédiate du saiuusiége. Les grandes puissances qui se disputaient alors l'Italie et l'Europe entière ne voulaient plus de eondoltiei ï, et leurs puissants sujets voyaient avec jalousie l'élévation des étrangers. Marc-Antoine Colouna chercha donc à se placer auprès du pape son souverain. Il lut nommé, en 15.0, général des douze galères pontificales que Pie V avait jointes à la flotte des Vénitiens et «lu roi catholique pour la défense de Chypre. Arrivé dans l'ile de Candie, au port de la Sutle, rendez-vous de toutes les forces chrétiennes, il réclama le commandement de la flotte entière, au uom du pape qu'il représentait. Jeau-Amlré Donu, qui avait amené au même rendez-vous quarante-ncut galères du roi d'Espagne, croyait y avoir plus de droit encore, tandis que Girolauio Zeno, qui lui seul avait sous ses ordres près de cent soixante vaisseaux vénitiens; qui, de plus, était jiailie principale dans une guerre où les autres n'étaient qu'auxiliaires, était loin de vouloir céder son rang. Leurs contestations arrêtèrent les armes des chrétiens pendant que les musulmans soumettaient Nicosie, Cériues et presque toute l'Ile de Chypre. Ce fut pour éviter une aussi honteuse inaction que l'année suivante Philippe II donna le commandement de sa flotte à son frère naturel, don Juan d'Autriche. Marc-Antoine Colonna consentit à recevoir ses ordres. Il le suivit à Lépante, et, dans la grande bataille du 7 octobre 1571, il commandait une des ailes de l'armée, et l'on assure qu'il y déploya beaucoup de valeur et de talent militaire. On lui donna pour la part du pape, dans le butin, dixsept galères et quatre galiotcs prises sur l'ennemi. La cour de Rome, mettant de la vanité à ce qu'une aussi insigne victoire eût été remportée sous les auspices du général pontifical, lui prodigua toutes les marques d'honneur qui pouvaient rendre son retour plus glorieux. Quand il entra dans Rome, le 16 décembre de la même année, le sénat et les magistrats de la ville vinrent à sa rencontre, et l'accompagnèrent au Capitole, à l'audience du pape et i l'église de Ste -Marie d'Ara-Cœli, où il déposa ses trophées. L'enthousiasme du peuple, qui s'était cru menacé du joug ottoman, rendit celte cérémonie plus semblable encore aux anciens triomphes décernés dans cette même Rome. Cependant lorsque, l'année suivante, Marc-Antoine Colonna alla reprendre le commandement de la flotte pontificale, les jalousies
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des différents chefs recommencèrent, et Ton ne lira aucun parti d'une victoire qui aurait pu être décisive. Colonna joignait à une réputation militaire, qu'il devait peut-être en partie à sa bonne fortune, celle de 1 élégance des mœurs, de l'amour des arts et des lettres, de la réunion des qualités qui, dans ce grand 1G* siècle, étaient jugées nécessaires pour former un chevalier accompli. Philippe 11 l'avait engagé à son service, et l'avait nommé vice-roi de Sicile. En I5S4, il lui donna or.lre de lui amener dix galères siciliennes qu'il avait fait armer; mais à peine Marc-Antoine Colonna était débarqué, qu'il lut saisi à Mcdina-Orli d'une maladie si violente, qu'on soupçonna qu'elle était l'effet du poison. Il mourut presque immédiatement, le 2 août 1384. — Son lits (Ascagne), cardinal et vice-roi d'Aracon. a laissé un traite contre Karoniu* : de Mnnarehia Siciliœ. On le trouve, avec la réponse de Paronius dans la 3e partie du Tlitsaur. Anliq. Sicilia de G revins. S — S— I.
COLONNA (Fabio, ) botaniste, plus cénéraTement connu sous le nom latin de FaBIOS Colimna, naquit a Naples, en 1507; il était lils de Jérôme, petit-lils de Jean, et arriére -petil-lils du cardinal Pompée Colonna, vice-roi île Naples. Jérôme Colonna, littérateur distingué, mort en 1.%86, et éditeur des fragments d'Knnius, eut trois lils de sa femme Artemire, de l'illustre famille des Frangipani : Jean, qui a cultivé les belles-lettres, comme son père, lequel lui dédia les fragments d'Ennius, dont il fut 1 éditeur, Naples, 15i>0\ in-4»; Pompée, qui fut éveque, et Fabio, le plus célèbre des trois, par ses connaissances en histoire naturelle, et surtout par ses immortels travaux sur la botauique. Dés sa plus tendre jeunesse, il montra beaucoup de goût pour cette science. Son pète ne négligea rien pour son éducation ; mais il le dirigea principalement vers l'étude des langues savantes, latine et grecque. Il se rendit fort habile dans les mathématiques, la musique, le dessin, la peinture, etc. Parvenu à l'adolescence, il entra dans la carrière du droit, suivant l'usage qui en était alors presque général cher la noblesse d'Italie ; mais se trouvant sujet à l'epilepsie, il chercha les moyens de se guérir de celle terrible maladie. Ayant pris sans aucun succès une quantité de médicaments, il se mit à lire tout ce que l'on avait écrit là-dessus; et, s'apcrcevantquc les modernes u'avaieut fait que copier les anciens, il voulut remonter aux sources et parcourut les ouvrages de Dioscorides ; il (trouva que ce botaniste recommande comme un scellent autiépileptique une plante à laquelle il Ion ne le nom de phu. Après bien des recherches, il reconnut que c'était la valériane ( valeriana phu, ou la valcnana sytvotris, Liim ), et, par l'usage qu'il fil de la racine, il obtint sa guétison. Cependant, par un principe religieux-, il ne l'attribue pas lui-même entièrement à la vertu de la valériane, mais aussi à l'intercession de la Ste. Vierge. Déjà Fabio Colonna eiaii devenu un savant botaniste, et ayant remarqué que l'on avait commis beaucoup d'erreurs eu cherchant à reconnaître les plantes dont les anciens ont parlé, et que l'on avait mal appliqué,
leurs noms, il résolut de les soumettre à un nouvel
examen. Il annonça son but, et donna le commencement de son travail dans un ouvrage qu'il publia à l'Age de vingt cinq-ans. sous ce titre : 1° c, jt-C****»^ •lté Plantarum aliq<ot Historié, inqua dtscribuntur diversi generis plantas veriore$, ac magit facie viribus respondentes anliquorum Ineophrasti, Dioteoridis, Plinii, Galeni, atiorumque delineatiunibus, ab aliishuc usque non animadvei sœ . Accessit t'ruuprrpiscium al i quoi, plant arumque novarum kislorut, Naplcst13!)2,in-i%avec37pl.; Florence, 17 14, in-V. Cet ouvrage a été réimprimé à Florence, en 1744. ( Voy. Jean BtvNClti. ) Le litre de Phylobatanns est un mot grec composé, qui veut dire torture des p antes, parce que Colonna conqarail les recherches qu'il faisait sur chacune d'elles à la question que l'on tait subir aux malfaiteurs. Ce livre le plaça au rang des plus grands botanistes. Cependant on ne peut pas «lire que dans toutes ses recherches il ait été plus heureux que ceux qui l'avaient précédé ; quelquefois il remplaça des erreurs par d'autres erreurs ; mais ce qui rendit cet ouvrage rccomniandable, ce fut l'exactitude des descriptions et la correction , la beauté des figures. Colonna avait eu l'attention de mettre à côte les parties de lafructilicaliou détachées, afin d'en faire mieux voir les détails. 11 avait été précédé en cela par Ccsner et par Joachim Gainerai ius. Il est le premier qui ail fait graver des ligures de piaules sur des planches eu cuivre, à la place de celles en bois, les seules dont on se lut servi auparavant (I); mais depuis lors l'usage des planches en cuivre devint général. Ou y a gagné d un côté par l'élegauce des uaits; mai-., d uu auurt, ou y a perdu par les frais de l'exécution. On a prétend* longtemps que Fabio Colonna avait gravé lui-même ses planches ; tuais plusieurs passages de ses ouvrages prouveut qu'il se servait d'un artiste. Il est vrai qu'il possédait parfaileuieut l'art du dessin, et qu i! s ciait mis au fait des procèdes de la gravure ; nos il n'en fil usage que pour diriger les artistes qu'il employait. Après la publication de <x. ouvrage, il fut chargé par Marcio Colonna, son parent, d'aller dans sa principauté d'Équicoli, Cuinola et Cauipoclari ; s'y étaul fixé quelque temps |>our terminer des différends sur les limites avec les seigneurs voisins, il se trouva dans un pays très-riche en productions naturelles, et qui n'avait pas encore été visité par les botanistes. Séjournant ensuite dans la 1 ouille, il y fit encore une abondante moisson, s'occupa à décrire et à peindre les plantes les moins communes de ces contrées ; il en fit un second ouvrage soi» le titre d'ErpArasis,* et, comme la mer qui baigne les côtes lui avait offert îles poissons et d'antres animaux peu connus, il donna la ligure de quelques-uns. h dédia cet ouvragé à Marcio Colonna, ainsi qu'il avait dédié le premier au cardiual Marc Antoine Colooua, En voici le line entier ; Minus <■.,,„,.', i. u«i rarv>
(0 Car on m doit |v« fompirr pour ta *£l,««. r«ui ,inU ha, deux an» JUIWJV4M. I.- mon* Cim rariu* ihos f-t t"*»(.~M. Ou nip »u>m une .-diiion dr Ho,iUiS fj,ro i*je, »»« *» pUochnt «a cuivre ; auLa luui paru i croire qu'elle» cuieM M
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rumque nottro caeîo orientiumstirpium E*op*«n;. îtem de aquatilibus conchit, aliisque animalibut, libellut, Rome, 1606, in-4°, avec 161 lig. C'est vers ce temps qu'il fut appelé à Rome pour concourir à h fondation de l'académie des Lyncécs. (Foy. Frédéric CÈsi.) Le but de cette société savante était de substituer l'observation de la nature à une stérile érudition, et rien ne convenait davantage au talent de Colonuaet 6urtout à ses goûts. Dès lors il prit la qualité de Lyncéc dans tous ses ouvrages. Ce fait, tjui devait être généralement connu, a pourtant donné lieu à une singulière méprise : Boccone, qui était Sicilien et en relation avec tous les savants d'Italie, dit dans ses lettres, qUeFabio Colonna fut nommé Lyncée à cause de la perspicacité de sou génie dans la recberebe et l'observation des eboses naturelles. Fabio Colonna, à la sollicitation du prince G si, publia, en 1616, la 2* partie de son Ecphrasis, ornée de son portrait gravé en bois. L'ouvrage entier parut alors en 3 tomes réunis en un seul volume in-4*. L'édition fut faite à Home, chez Mascardi, imprimeur de l'académie des Lyncécs. L'auteur dédia celte seconde partie au cardinal Odoard Faruése. célèbre par son goût pour la botanique, comme le témoigne XHorlus Farnesianus, publie par Aldini C est dans cet ouvrage <|ue Colonna posa les vrais principes de cette science, eu indiquant la marche qu'il faillit suivre, et en établissant les genres. Gesner, longtemps avant lui. ci ensuite Césalpin et Catnérarius, en avaient déjà énoncé l'idée; mais il l'exécuta, et l'appuya l' ir des observations. En réimprimant la i " partie de son Ecphrasis, il y ajouta une lettre apologétique contre Quatramius, docteur en théologie, et professeur de botanique à Ferrare, qui l'avait attaqué vivement sur l'opinion qu'il avait aunoncée relativement au phu de Dioscorides. Dans cette lettre. Colonna donne sur sa vie quelques détails que l'on aurait ignorés sans cela. Il publia aussi, à cette époque, les deux ouvrages suivants . 3* De Purpura, *b animali ttstaceo /usa, de hoc ipso animali aliisque rarioribus testaceis quibusdam tractatus, Rome, 1616, 1618, in-49, avec 44 lig. Ce traité, dans lequel 11 fait connaître le coquillage qui produit la pourpre, et que l'on employait chez les Tyriens pour teindre l'étoffe précieuse à laquelle on donnait ce nom, a été réimprimé à Kicl, en 1675, in-4*, par les soins de Jean Daniel Major, médecin allemand, avec des notes et des tables pour l'arrangement des coquillages. 4° De Glossopetris. Dans cette dissertation, l'auteur prouva que ces fossiles étaient des dents de chiens de mer ou de requins ; on la trouve aussi avec un ouvrage d'Augustin Scylla sur les corps marins. Le prince Ces- engagea Fabio Colonna à retourner à Naples, pour y présider, à la plate de Jean-Baptiste Porta , la colonie de Lyncécs qu'il y avait établie. C'est là qu'il publia en italien un traité sous ce titre : o" Sttmbueu lincca, ocero deli instrumente musico perfelto, UbriS, Naplcs, 1M8, in-4°, ouvrage estimé et rare. C'est la description d'un instrument de son invention, composé de cinquante cordes ; il en expliqua les avantages et la manière de s'en servir. 11 y joignit un petit traité sur lorgne