‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 103 sur 117 · COL R · texte numérisé non relu

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hydraulique de Héron. Dansée livre, qu'il dédia au

pape Paul V, il développa de grandes connaissance» sur la théorie de la musique; mais, quelque lempi après, cet ouvrage fut attaqué par Jean -Baptiste Povius, qui, dans un ouvrage intitulé : Prœslantia muiicœ veterum, prétend qu'on n'a rien produit do plus inepte, tout en rendant justice à Colonna pour ses autres travaux. Le prince Cési, voulant faire paraître un abrégé de YHistoire naturelle du Mexique de Hernaiulez, fait par Recchi, invita tous les membres de l'académie des Lvncées d'y faire des notes. Colonna se réunit à eux, et l'ouvrage fut imprimé en 1051, in-ful. Les observations de Colonna font un corps séparé à la suite de cet ouvrage ; il y développa avec une grande clarté les principes de la botanique. C'est là qu'il proposa, le premier, de se servir du mot de pétale, pour désigner la partie brillante de la fleur «pie* l'on nommait feuilles, évitant par là toute équivoque. 11 y ajouta encore quinze ligures de plantes, parmi lesquelles il y en a une qu'il nomma casia, en l'honneur du prince Cési, et une autre qu'il nomma cardianlis, en la dédiant au cardinal Barberini. C'est maintenant la lobelia cardinalië : ce nom a prévalu, parce que ces fleurs ont la couleur |k>ui pre des vêtements des cardinaux. On lui a attribué les tables ph\ toscopiques qui se trouvent à la suite de cet ouvrage, et qui fout une philosophie botanique des plus complètes; mais Stclluti, qui en fut l'éditeur, les donne positivement comme du prince Cesi. Il est probable que Colonna a contribue â leur exécution. La mort de ce prince retarda longtemps la publication de ce grand ouvrage, qui ne fut mis au jour qu'en 1631, quoiqu'il fut achevé dès 1628. Ces observations furent le dernier lra\ail de F-bio Colonna. Ses attaques d'épilcpsie le reprirent vivement, cl il parait qu'alors |a valériane fit peu d'effet. Celle maladie affaiblit par degrés les facultés de son esprit , et il passa les dernières années de sa vie dans un étal d'imbécillité. H mourut à Naplcs, en 1650, âgé de 83 uns. Colonna avait parlé avec peu d'égards de MaltUiole, dont il avait fait voiries erreurs c: surtout les impostures. Aldini, ou, sous son nom, Pierre Caslelli, prit vivement le parti du fameux botaniste siennois. Colonna (tarait être le seul plulxsophc de sou siècle qui ait apprécié et senti l'importance des principes lumineux que Césalpin avait établis |K>ur la botanique. Il Ait en correspondance avec tous les rutuialistcs de son tenqis, particulièrement avec Lécluse et Gaspard Bauhin. Tourncfort a rendu un témoignage éclatant à son génie, en déclarant que c'est lui qui a ouvert la route pour la formation des genres. On doit à ses recherches la connaissance de plus de quatre-vingts piaules très-rares. Les botanistes ont donne à quelques-unes le surnom de coluuma. Plumier a consacré un genre à sa mémoire D— P— s.

COI.O.VXA (LALur\T-ONupHaE),dcGioëni,d»c de Taliacoti, prince de Palliano et de Casliglione, né à Home, épousa, en 1661, Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin, alhauce qui semblait lui assurer les moyens de satislaire son ambition. Marie, amc- 1 née à l'âge de quinze ans à la cour de France, avait

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attiré un instant les regards de Louis XIV, et s'élût même flaltéc de déterminer ce prince à l'épouser. Le mariage du roi avec l'infante d'Espagne, en la détrompant, n'avait pu détruire tout d'un coup un sentiment qu'elle avait longtemps nourri, et ce ne fut (|ue par déférence aux volontés de wtt oncle qu'elle consentit i épouser le prince Colonna. Les premières années de cette union furent heureuses; mais, soitque le prince cessât d'avoir les mémessoins, soit qu'elle regrettât toujours en secret la cour de Trnnee, elle forma le dessein de s'enfuir «le Rome, et l'exécuta à l'aide de la duchesse Mazarin , sa scrur. Elle se relira d'abord en France, et, (tendant plusieurs années, erra dans différentes villes, tourmentée de la crainte qu'on ne la forçât à rejoindre son mari. Elle crut être plus tranquille en Flandre; niais elle y fut arrêtée par ordre du roi tf Espagne, conduite a Madrid sous une escorte, et enfermée dans un couvent. Le prince Colonna venait d'être nommé vice-roi d'Aragon. Il employa tous les moyens pour engager sa femme à revenir avec lui, et, pour mieux vaincre sa résistance, la mit sous la garde du gouverneur de Séirovïe, homme d'un caractère sévère, qui la tourmenta sans lasser sa |tatience. Enfin, lorsque le prince Colonna vil qu'il ne lui restait aucun espoir de décider son é|touse à remplir ses devoirs, il consentit au divorce qu'elle demandait froy. Marie Mancini), et, avec la permission du pape, enlra dans I ordre de Malte, dont il fut nommé grand-croix en 1680. En qualité de grand connétable du royaume de Naples, il présenta au souverain pontife le tribut pour l'investiture du royaume. Il remplit ensuite les fonctions de vice-roi de [Saples pendant deux années, et se relira à Home, ou il mourut le 13 avril 1(189. — Philippe-Alexandre Colonna, fils du précèdent, né a Home.cn 1663, succéda à son père dans la place degrand connétable du royaume de INaples. C'était le neuvième de la famille qui lût honoré de celte place importante. Pendant la guerre de la succession, le pa|tc, qui avait reconnu Philippe V pour roi d'Espagne, imposa, en août 1707, une amende de 500 écus par jour sur tous ceux qui laisseraient les armes «le l'archiduc sur leur palais. Le connétable Colonna sut concilier tous les partis, en laisant abattre le portail de son palais, sous prétexte «len faire bâtir un plus magnifique; les ouvriers travaillèrent avec tant de lenteur, qu'il ne lut achevé qu'à la paix générale. Le prince Colonna mourut le 6 novembre 1714, dans sa 52e année. W— s.

COLONNA ( Auge-Michel), peintre, né à Ravenne,en 1600, fut amené dans sa jeunesse à Bologne , par un oncle qui le plaça dans l'atelier de Gabriel Ferrentino, où il apprit les principes de la peinture, Bentone lui enseignait dans le même temps la quadrature Colonna sut si bien profiter des leçons de ces deux habiles maîtres. qu'Augustin Mételli, «|ui était à celte époque le premier ptiutre à fresque <|uadratoriste de Hulogne, le trouva digne d'être associe a ses travaux ; ils tirent en société plusieurs ouvrages pour différents primes d'Italie, et furent appelés en Espagne par Philippe IV,

qui leur Ht donner des pensions c des gratifications, avec la promesse de sa protection, s'ils faisaient à sa satisfaction les ouvrages qu'il leur ordonna. Les tableaux exécutés par Colonna à lEscurial lui lirent le plus grand honneur. Comblé des bienfaits du roi d'Espagne, il revint à Bologne, et fit pour les églises et pour les palais de cette ville différents tableaux qui accrurent encore sa réputation, il y mourut en 1687. Le Temps, la Fortune et Promélhée, qu'il a peints [mur le palais Alhergati, sont ses plus beaux tableaux. A — s.

COLOISNA ( Jean-Paitl), natif de Bologne, maître de chapelle de Ste-Pélrone, membre de l'académie des philharmoniques, dont il fut quatre fois président, était un des plus habiles compositeurs de la fin du 17* siècle. Sa science était profonde, son style brillant, vivement accentué, savamment modulé. H ne travailla guère que pour l'Eglise. On a de lui : 1" quatre œuvres de Psaumes, a 3, 4, 5 et 8 voix, de 1681 à 1694, in-4'; 2° deux livres de motets, à 1, 2 et 3 voix, 1681, in-8° ; 3* trois messes à 8 voix, et autres pièces, 1684-1691 ; 4* les Litanies delà Ste. Vierge, 1682; S* les fomentations de la Semaine sainte, 1680; en tout douze «Tuvres. On a aussi de lui un opéra d'Amilcar. Dans une église de Venise on conserve de ce maitre de nombreuses compositions manuscrites, dont, suivant l'usage «les Italiens, on ne laisse point prendre de copies. Colonna mourut en 1693, et fut enterré a Ste- Pétrone avec beaucoup de pompe. On lui érigea un monument. R.

COLONISR ( G il. le ), en latin JEgioics a Co- LI'MNa, ou jEcioics Kouakhs, théologien de la fin du 13' siècle, de l'illustre famille Colonna de ÎVaples. entra dans l'ordre des augustins, dont il fut général en 1292. 11 avait étudié à Paris, sous St. Thomas d'A«|uin, et fut le premier de son ordre qui enseigna dans l'université de cette ville, où il mérita d'être appelé Doelor /undolissimus. Philippe le Hardi le choisit pour être précepteur de son lils (Philippe le Bel ), et c'est piur ce prince qu'il composa un traité de Regimine pn'nopw. Il fut fait archevêque de Bourges en 1294, se trouva au concile de Vienne en 1311, et mourut à Avignon, le 22 décembre 1516. Son corps fut porté à Paris, où Ton voyait son tombeau dans l'église des Grands-Auguslins. Il affectionnait beaucoup rette maison, et lui avait légué sa bibliothèque, qu'on y voyait encore en 1610, selon le témoignage d'Aubert Lemire. On a dit qu'il avait été nommé cardinal par Bouiface VIII, ennemi juré «le sa famille, parce que son traité de Renunciatione papm avait puissamment contribué à dissiper les doutes qu'on avait voulu élever sur la légitimité de l'élection de ce souverain pontife. Gille Colonne avait composé un grand nombre d'ouvrages; Trithéme en cite trente-deux, «lopt plusieurs étaient «léjà perdus de son temps : ils roulent tous sur des matières de théologie ou de philosophie scolasliqiic ; ceux <|ui nous sont parvenus ont été recueillis par le P. Paulin Berti, Venise, 1617, in-fol. Le traité de Regimine principis, imprimé pour la première fois en 1473, in-fol., sans nom de

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Ville, a été traduit en français par Simon de Hesdin, Paris, 4497, in-fol. ta vie de Gille Colonne, composée par Angelo Doccha, se trouve a la téte de son Drfensnrlum seu Correctnrium corruptorii librorum S. Thomat Aquinalis , Naples. 1644, in-4», quoique quelques auteurs aient attribué ce Defcnsoriumis Jean Pans. C. M. P.

COLONNE (Fiunçois-Mxrie-Pompeb), fils naturel de Pompée Colonne, prince de Gallicano, et né en Italie vers 16(9, visita la France en 1669, retourna l'année suivante dans sa patrie, qu'il abandonna de nouveau peu de temps après, pour se fixer a Paris, où il périt en 1726, par l'incendie de la maison qu'il habitait. C'est lui que Voltaire désigne quand il raconte [Diclionn. phil., art. Astrologie) « que le célèbre comte de Boulainvilliers, et un ltac lien nommé Colonne, qui avait beaucoup de répu- « tation à Paris, lui prédirent l'un et l'autre qu'il « mourrait infailliblement à l'âge de trente-deux a ans. » On sait qu'ils se trompèrent de cinquante-six ans. François Colonne avait des connaissances trèsétendues, surtout en mathématiques ; il ne manquait pas non plus d'esprit, cependant il s'adonna sérieusement aux sciences occultes, et presque tous ses écrits offrent les preuves d'une crédulité bien rare dans son siècle. On lui doit : 1° Introduction à la philosophie drs anciens, par un amateur de la vérité, Paris, 1698, iu-12. Cet ouvrage, où l'on trouve un grand nombre de citations d'Hermès Trismégiste, de Bernard deTrévisan, IcGéber et autres alchimistes, n'est autre cln»se que l'Escalier des sages, ou Trésor de la philosophie des ancien*, publié a Groningue, 1689, in-fol., par Barent Comders van Helpen. Colonne n'a guère fait que reloucher le style. 2» Les Secrets les plus caches de la philosophie des anciens, découverts et expliqués à la suite d'une histoire des plus curieuses, sous le i>scudonyme de Crosset de la Baumerie, Paris, 1722 ; ibid., 1762, in-12. 3* Abrégé de la doctrine de Paracelse et ses arehidoxes, avec une explication de ta nature des principes de la chimie, etc., Paris, 1724, in-12. L'auteur s'y désigne sous l'anagramme sum incola francus. 4» Les Principes de la nature selon Us opinions des anciens philosophes, ou Abrégé de leurs sentiments sur la décomposition des corps, Paris, 1725, 2 vol. in-12, sans nom d'auteur, ainsi que l'écrit suivant. Nouveau Miroir delà fortune, ou Abrégé de Géomance pour la récréation des personnes curieuses de cette science, Paris, 1726, in-12. 6° Principes de la nature ou de la génération des choses, Paris, 1751, in-12, ouvrage posthume, et publie, comme le suivant, par Gosmond, ami et élève de Colonne. 7* Histoire naturelle de l'univers, dans laquelle on rapporte les raisons physiques sur les effets les plus curieux et les plus extraordinaire de la nature, Paris, 1731, 4 vol. in-12. Celte histoire, bien conçue, mais fort arriérée, principalement sous le rapport de la botanique, est dédiée au due de Bichclieu, qui protégeait l'auteur. On attribue encore à François Colonne : Plusieurs expériences utiles sur la médecine, la métallique, etc., sous le nom -I .1- Uxandre Letrom. Paris, 1719, in-12; — Vade Me-

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eum philosophique, sous le même pseudonyme, ibid., i 7 1 9, in- 1 2;— Suite des Expériences utiles, etc. , ibid., 1723, in-13. Dans les Principes de la nature, il renvoie plusieurs fois à ses irait?* chimiques. Probablement il désignait ainsi les deux volumes publiés sous le nom du sieur Lecrom, qui était une espèce d'apothicaire demeurant rue St- Denis, à Paris. François Colonne a laissé manuscrits un Traité du mouvement, et un ouvrage intitulé : liaisons physiques de l'astrologie. Cil — s.

COLONNE (Gui delle.) Foyer Bellebcom et Dares.

COLOT. On compte plusieurs chirurgiens de ce nom, tous descendant d'une famille protestante : — Laurent Colot, médecin de la petite ville de Tresnel, prés de Troycs, et dont Paré parle atec éloge. Octavian De\ille, élève de Marianus Sanctus, venu de Borne en France pour tailler ceux qui auraient recours à lui pendant sa tournée, se lia d'amitié avec Laurent Colot et lui fit part de ses procédés. A peine de retour à Rome, Devillc mourut, et Colot, demeuré seul possesseur du secret, acquit une telle célébrité que Henri il l'engagea à se fixer i Paris, en 1536, créant pour lui une charge héréditaire de lilhotomistc de sa maison. On ignore l'époque de la mort de ce praticien. — Philippe Colot, petit-fils du précédent, né en 1593, mort à Luçoo, en 1656, ayant hérite du procédé et de la réputation de ses prédécesseurs, avait peine à suffire au giand nombre de ceux qui s'adressaient à lui. Obligé d'ailleurs de suivre la cour de Henri IV, il prit le parti de renoncer au monopole de la taille, et il forma deux élèves, l'un Reslilut Girault, auquel il maria sa fille aînée, à condition qu'il instruirait Philippe Colot, son lils, et l'autre Severin Pineau, qui épousa sa cousine, fille de Philippe Colot. Severin Pineau, n'ayant point d'enfanLs, se préparait à instruire dix élèves, d'après les ordres de Henri IV, lorsque la mort l'cmpécha d'accomplir son projet. — François Colot, lils de Philippe second du nom, et le dernier de sa famille, élait élève de Girault (ils, et vivait dans le commencement du 18* siècle; il soutint la réputation de ses ancêtres. Attaqué luiinèmc de la maladie pour laquelle il avait clé si utile à d'autres, il fut opéré pur son fils. François, sur la fin de ses jours, rassembla ses observations; il était sur le point de les publier, quand la mort le surprit. On trouva dans la bibliothèque de son héritier cet ouvrage qui parut sous le titre suivant : Traité de l'opération de la taifle, avec des observations sur la formation de la pierre et la suppression, d'urine, ouvrage posthume de François Colot, auquel on a joint un discours sur la méthode de Franco et sur celle de Raw, Paris, 1727, in-l^ Cet ouvrage offre l'histoire développe du grand appareil, celle de la taille en deux temps, et des notices sur les ancêtres de l'auteur. L'éditeur l'a orné d'une préface où il prouve combien il est nécessaire que l'opérateur soit guidé dans sa conduite par les lumières de la médecine. 11 parait que ce dernier Colot était au-dessus des reproches qu'on fait communément aux chirurgiens, de travailler

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plus de !» main que de la tête ; on est dn moins porté à te croire, d'après le témoignage môme du médecin qui a rédigé son travail. « Sa réputation, « dit-il, se répandit tellement dnns toute la France, « en Italie, en AncleUTre, en Allemagne, qu'on ve- « naît à lui de toutes parts; aussi fut- il recherché « de tout le monde. Les autres opérateurs, jaloux, ne « purent lui refuser leur bienveillance. Ils lui doi- « vent leurs lumières ; il était souvent le réparateur « discret de leurs fautes; mais de tels bienfaits ne a sont pas ceux qui attirent le plus la reconnais- « sanec. » P— R— L.

COLOTÈS, ou COLOTUÈS, sculpteur grec, était contemporain de Phidias, qui le fit travailler avec lui a la fameuse statue de Jupiter Olympien. Colotès avait déjà si-nalé son habileté en faisant le bouclier d'une statue de Minerve; mais son chcf-d'u'iivrc était un Escuta|ie en ivoire, qu'on voyait à Cyllèno, petite ville d'Élidc. L» table d'ivoire et d'or, sur laquelle on déposait a Élis les couronnes destinées aux vainqueurs, était un autre ouvrage fort précieux de cet artiste. Suivant des traditions rapportées par Pausanias, Colotès descendait d'Hercule; d'antres se bornaient a dire qu'il était né à Paras, et que son maître se nommait Pasiièle, personnage qu'il faut se garder de confondre avec un autre Pasitéle, sculpteur grec plus connu et moins ancien, qui vi* Tait à Rome vers l'époque de Cicéron. Mais Colotès, suivant Pline, était disciple de Phidias, d'où l'on peut conclure qu'il eut deux maîtres, et non pas qu'il y ait eu deux sculpteurs grecs célèbres nommés Colotès. — Il y eut cependant un autre peintre grec du même nom ; il était de Théos, et Donnait dans la 95* olympiade. 11 concourut avec Timanlbe pour le célèbre tableau du Sacrifice (Tlphigénie. ( For/. Tim \NTE. ) L— S— t:.

COLPANI ( le chevalier Joseph), 'poêle italien, naquit à Brescia, en I7."W, cl fit marcher de front les mathématiques et les bulles- lettres, les science! physiques et la poésie. Collaborateur du journal littéraire le Café de Milan, qui eut un succès populaire en Italie, il s'y distingua par la variété de ses connaissances et par Quelques beaux morceaux de poisie. Déjà voisin de la Vieillesse, lorsque l'Italie supérieure ressentit le tontre-coup de la révolution française, il ne prit aucune part aux affaires polithpies dont sa patrie devint alors le théâtre. Il vit grandir, il vit tomber l'immense empire de Napoléon, sans chanter sa splendeur, sans insulter à sa chute, et mourut le 21 mars 1822 d.:ns sa ville natale, léguant toute sa fortune à un établissement piertx de Breseia, consacre au soulagement des familles pauvres de ce pavs. Les œuvres complètes de Colpani, publiées à Breseia, en 1817, forment 6 vol. in-8°, et se composent principalement de poésies didactiques relatives aux phénomènes naturels: telles sont J'.4un>rr boréale, les Coiuètes, etc. On le Toit : ce n'est pas seulement de ce côté-ci des Alpes que ce genre envahissait la littérature. Aux «■livres complètes, qui ne sont points complètes, il faut joindre, si l'on veut avoir tout Colpani, ses dernières poésies [Ultime Poésie dcl cavalière G. Col-

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pani), avec un éloge de l'auteur, Drcscia, 1S2$, in-8\ Val. P.

COLPOYS ( Jean ), amiral anglais, était sans doute d'une condition fort obscure, car on n'a aucun renseignement sur ses premières années. Il entra dans la marine en 1766, et se trouva aux sièges de Louisbourg et de la Martinique. En t77t, il n'était encore que troisième lieutenant à bord da Xorlhumbrrland, qui portait le pavillon de sir Robert llarland. et qui allait se rendre aux Indes pour y surveiller les mouvements des Français. Chargé de Taire la presse au moment du départ, Colpoys y mit beaucoup de vigueur; niais quelques rixes s'élevèrent à celte occasion entre les matelots et la populace, et un homme périt dans le tumulte. Il fallnt que Col|K)ys restât à terre pour être soumis à l'enquête d'usage en pareil cas; et provisoirement sa place fut offerte au second lieutenant de la Princesse Amélie (Gower), qui, naturellement, ne voulut point abandonner une position supérieure. A quoi tiennent les événements ! Gower, au bout de quelques années, revint premier lieutenant. Colpoys, qui, débarrassé du jugement qu'il avait à subir pour la forme, avait rejoint l'escadre de sir Robert Ilanland, vil rapidement la mort celai ici r les rangs au-dessus de lui; et dés 1773 il était capitaine en second, et commandait en celle qualité le Xorlhumbtrland. Revenu en Angleterre en 1774, il Tut porté successivement au commandement de plusieurs navires, et prit part aux opérations navales dans toutes les mers. En 1779, il commandait le vaisseau amiral le Royal George, de cent canons, à P époque ou la Hotte combinée espagnole cl française parut dans la Manche, malgré la croisière anglaise, elvinl faire quelques captures dans la baie de Cawsand et en vue de Pljmoulh. La conduite des officiers de la flotte de la Manche, en celte occasion, leur fit peu d'honneur aux yeux de l'amirauté, el Colpoys seniil l'effet de cette espèce de disgrâce ; car en 1780 il passa sur un bâtiment inférieur, l'Orphée, de trente canons. La prise île lu (régate américaine la Confédération, dont il s'empara de concert avec Roebuck, le releva bientôt. Après la paix de 1785. il fut envoyé à la station de la Méditerranée, où il resta trois ans. Lors de l'armement (pie l'Angleterre envoyait à la baie de Nontka (1790). il fut nommé capitaine de l'Annibal (vaisseau de soixante-quatorze); mais l'arrangement des différends entre ce royaume et l'Espagne ramena l'expédition dans les ports britanniques, et Colpoys y resta jusqu'au commencement de la guerre de la révolution. Il suivit en 17!)3 le conlre-arniral Alan Garduer en Amérique, prit part à sa tentative prématurée sur la Martinique, el, lorsque cel officier remit à la voile pour l'Angleterre, fut dirigé avec VllcAor pour renforcer la slatiou de la Jamaïque. Promu l'année suivante au grade de contre-amiral, il acompagna la grande flotte sous le commandement de lord Ilowe à la croisière dans le golfe de Gascogne. Envoyé en 179o avec une escadre de cinq vaisseaux de ligne cl quatre frégates, il s'empara d'une corvette, de deux frégates et d'une autre voile française. Celle campagne lui valut le

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grade de vice-amiral. C'est en cette qualité qu'il croisait devant Dre<>t le 15 décembre I79fi, Iorsi|iic l'expédition française aux ordres de Mornrd de Galles et de Hoelie mit à la voile pour l'Irlande. TJne violente tempête avait séparé les vaisseaux croiseurs; et, quand ils purent reprendre leur poste, Colpoys aperçut devant lui six voiles qui n'avaient pu suivre le gros de la flotte française. H leur donna l.i citasse ; mais relles-ci effectuèrent très- habilement leur retraite et se mirent à co-iverl dans le port de Lorient. L'année suivante fut signalée par la grande mutinerie des matelots de la flotte de Portsmnuib. L'art profond et le seerct avec lesquels lès germes de la révolte furent répanlus trompèrent le gouvernement non moins que lc">of|iciers eux-mêmes sur le véritable esprit de la flotte : ceux-ci se trouvèrent dans l'impossibilité de vaincre la forée d'inertie des matelots ; puis, lorsque de la résistance passive ils passèrent à l'emploi de la force, ou ne put maîtriser leurs violences. Colpoys déploya la plus grande fermeté dans toute Cette crise, s'opposa formellement à ce que ta parlementaires des séditieux montassent à bord de son navire, et même lit tirer sur eux. Cinq tombèrent blessés à mort. Mais cette vigueur n'intimida point les rebelles, qui dés lors se préparèrent a combattre, et sommèrent le vire-amiral et sesofliciers de se rendre. La résistance était impossible : Colpoys céda. L' S matelots voulaient tuer le lieutenant qui avait donné l'ordre de Taire feu : il les arrêta, prenant sur lui toute la responsabilité de cet acte, qu'il avait commandé lui-même, et que d'ailleurs lui préservaient les instructions de l'amirauté. On lui demanda ces instructions : il les exhiba. Désarmés par ce s;:nu'-froid, les mutins se contentèrent de confiner les officiers dans. leurs chambres; puis, quatre jours après, ils les descendirent attire, non pas sans avoir mis en délibération s'ils ne vengeraient pis leurs camarades par la mort du vice-amiral. Le roi récompensa les efforts et la fermeté de Colpoys par h décoration de l'ordre du Bain. Le vice-amiral partit ensuite (1798) pour la croisière, et à son retour, le t*r janvier 1801, il reçut le titre d'amiral de la Bleue. Le renouvellement de la guerre contre la France le lit passer au commandement en chef de Plymoutli ; et il ne l'abandonna en 1804 à l'amiral sir William Young que pour devenir lord de l'amirauté. En 1816, il succéda comme gouverneur «le Fhôpital de Grccnwich au vicomte Ilood. Il ne lui survécut que de cinq ans, et mourut le 4 avril 4821. Val. P.

COLQUHOUTÏ (Patrice), économiste anglais, né à Dumbartun en Ecosse, descendait de I ancienne famille de Colquboun, dont les baronnets de la Nouvelle-Ecosse forment la branche aînée. tVéle 14 mars 17 -ÎG, il n'avait encore que quinze ans lorsqu'il perdit son père. Orphelin et peu riche, il fut retiré du séminaire où il avait commencé ses études sous le docteur Suiollelt, un des condisciples de son père, Ct partit pour les colonies anglo-américaines, afin de s'y livrer au commerce. 11 lixa sou séjour en Mary- Iand, dans celle péninsule de cote nord-est que longe la baie de Chésapcak. Tous les ans, il traversait

deux fois ce. bras de mer pour se rendre aux assemblées semestrielles des notables de la colonie qui se tenaient à Richmond en Virginie . son assiduité, son aptitude aux affaires l'y tirent bien vile remarquer malgré sa jeunesse ; ct plus d'une fois la con-% fiance di s assistants le chargea de missions ou de transactions de quelque importance. Tout en se livrant aux opérations du commerce, ct en suivant les assemblées coloniales, Colquhoun s'appliquait ù. compléter son éducation si brusquement interrompue; ct, dans ce but, il fréquentait surtout les hommes versés dans l'étude des lois. Les conversations qu'il eut avec ces légistes, jointes à ses propre; observations ct aux réflexions qu'il lit sur tout ca qu'il voyait en Amérique, lui donnèrent sur les matières relatives au commerce et à la législation commerciale des notions aussi lucides qu'exactes VI variées. Toutefois il n'était pas de ces pessimiste (pii voient dans l'Angleterre la sangsue des colonies , et ses idées ne tendaient qu'à des améliorations graduelles, volontaires de la part de la métropole, et de nature à ne point rbanger les rapports entre les colons et leur patrie. 11 ne songeait pas surtout à presser les conséquences de ce principe, que ceux-là seuls peuvent être imposés qui discutent l'impôt par Ues représentants. Il faut avouer du reste que nulle de ces questions n'était eiicorc agitée, lorsqu'un derangement de santé força Colquboun, à peine âgé de vingt ans, à se rembarquer pour son pays natal, après cinq ans de séjour dans l'Amérique anglaise. C'était en l7t»G. Le climat européen le rétablit graduellement, cl il ouvrit à Glascow un établissement de commerce, qui parvint en quelques années à un baut degré de prospérité. A l'instar de son père, il s'unit alors (1775) à une parente de sou nom. L'insurrection américaine, qui, peu de temps après, lança ses premières étincelles, fut, pour le loxal négociant de Glascow, l'occasion de prouver syi» patriotisme. I'u Virginie ct en Maryland, il n'avait été frappé que de l'état florissant des colons; il regarda donc comme frivoles les plaintes formulées par les créoles, et ne vil dans leurs demandes que des prétentions séditieuses ou des réves d'utopistes. Plein de ces idées, il fui un des quarante principaux souscripteurs qui contribuèrent pour offrir un régiment au roi. Ce zèle fut sans doute pour quelque rbose dans l'accueil que lui fit lord Norlh en 177». Ce ministre conclut plusieurs marchés avec Colquboun, qui l'année suivante revint à Londres et réussit à faire passer au parlement un bill de baute importance pour le commerce de l'Ecosse et principalement de Glascow. Celle ville le récompensa en le nom» niant membre du conseil de la Cité. Le uouvel élu marqua son entrée au conseil en faisant adopter ( 1781 ) l'idée de bâtir un cafe, rendez-vous du commerce de Glascow, et d'embellir le Change. Ces deux projets, bientôt réalisés, ajoutèrent autant à la prospérité qu'à l'ornement de la ville. Porté par le choix de ses concitoyens au poste de lord-prévol de Glascow (178*2), c'est tandis qu'il occupait celle * magistrature, la première de la ville, qu'il rédigea le plan d'uuc cliambic du commerce et des manu-

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