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Grœcorum Palrum Auditorium novitsimum, grœce ellaline, 1G72, 2 vol. in fol , qui font suite à la Bibliolhcca Palrum. 0° Ecclrùasles grœcus , 1674, in-8\ ouvrage utile aux prédicateurs, et dans lequel le P. Combe lis a fait entrer plusieurs pièces des deux SS. Casile de César te et de Séleucie ; mais il D'à pas donné le texte grec, et, dans ce volume, on n'a qu'une version latine. 7* 5. Maximi Opéra, Paris, 1675, 2 vol. in-fol. : il devait y avoir un 3* tome qui n'a point été publié. 8* Basiliut JWagnut ex iulegro recensilus, etc., 1079, 2 vol. in-8". Le l>. Combclis était au lit de la mort lorsqu'on acheva l'impression de cet ouvrage. 8' Historia Bytanlinœ Seriptores post Theophanem usque ad Aicephorum Phocam, grœce et latine, Paris, imprimerie royale, 16S5, in-fol. Ce volume, qui forme le 19e de l'Histoire Byzantine, et que Combclis entreprit par ordre de Colbert, contient les cinq historiens grecs qui ont écrit depuis Tliéopliane. L'éditeur mourut pendant l'impression de ce volume, et les notes qui devaient y être jointes ont été perdues par la négligence de ceux qui avaient été chargés du soin de si s papiers. Le P. Combclis est aussi l'auteur des notes sur Théophanc, insérées au t. G de la mime collection. 11 avait préparé pour l'impression les œuvres de St. Grégoire de Nazianzc , de St. Athanase, de Paul Diacre et de Michel Psellus. On trouve la liste de ses travaux littéraires dans les Mémoires du P. ISiceron. V— vb.
COMUEH {Thomas}, théologien anglican, né à Wcsterham, dans le comté de Kent, le 19 mars 1641, s'est fait connaître par la publication d'un grand nombre d'écrits de controverse. Les troubles qui agitaient l'Angleterre à l'époque de la naissance île Comber ayant forcé son père de se réfugier en Flandre, sa mère l'envoya à l'école de YVcsIeiliam pour y commencer son éducation. Il la termina au collège de Sidncy-Susscx, à Cambridge, on il fut envoyé à l'âge de quatorze ans. Comber lit des progrès remarquables dans les différentes sciences cl dans les langues orientales, mais il eut longtemps à lutter contre l'exiguïté de ses ressources pécuniaires. Lnlin RI. Jean IIolney, ancien ami de sa famille, touché de son mérite et du zèle qu'il mettait à s'instruire, lui (it cadeau d'une somme assez considérable en lui permettant de recourir à sa bourse toutes les fois que cela lui conviendrait. Il u'eul pas besoin d'user de cette oTfic si libérale, car, après être resté quelque temps auprès de Gilbert bennet, recteur de Stonegrave, dans le comté d'Yoïk, celui-ci résigna en sa laveur ce bénéfice au mois d'octobre 1669; en 1G77 il devint prebendaire de l'église métropolitaine d'York. Comber avait déjà fait paraître plusieurs ouvrages théologiques et de controverse, et il oc( upait depuis 1683 la dignité de precentor d'Yoïk. lorsque Jacques II se mit en opposition avccl'l-'.glise anglicane; Comber en défendit les principes et les droits avec beaucoup de chaleur; ausM lorsque le prince et la princesse d'Orange arrivèrent eu Angleterre pour prendre possession du tronc, Comber é rivit pour justifier la légalité de leur gouvernement. Il fut récompensé en 1001 par sa mmiiflatiun au riche bi-
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néfice de doyen de Durham. Il n'aurait pas tardé, sans doute à parvenir à la dignité épiscopale, s" il n'avait pas succombé à la consomption, en 1699, avant d'avoir accompli sa 55* année. Ses principaux ouvrages sont : 1* le Compagnon au Temple, dont la 1" partie parut en 1672, la 2* en 1674 et In 3° en 1675, reunies dans les nombreuses éditions suivantes. 2" Le Compagnon à l'Autel, etc.. 1684 et 168,'i.3eIei)roJt(ff<</im«, etc., qu'il publia sans y mettre son nom, contre le quaker Elvood , mais il rencontra ensuite un adversaire plus redoutable dans Jean Selden , et répondit a son Histoire des dimes, par sa Défense historique du droit divin des dimes, dont la seconde partie parut en 1681. C'est à tort que la Biographia Britannica, Wood dans son Alhcna, etc., et, d'après eux probablement, la Sédition <!e la Biographie universelle, attribuent ce dernier Ouvrage à un autre Thomas Comber. A" Histoir; scotastique de l'usage primitif et général des liturgies dans l'Église chrétienne, avec une réponse au discours de David Clarksonsur les liturgies, Londres, KilJO, dédiée au roi Guillaume et à la reine Marie. On lui attribue une coopération dans les Anliquilates Ecclesiœ orientalis. Un de ses descendants, appelé comme lui Thomas Comber, a publié, en 1799, les mémoires de sa vie et de ses écrits. — Thomas Combf.h, dont nous avons déjà parlé, né le 1" janvier 1575, dans la province de Sussex, après avoir été doyen deCarlisIe en 1630 et principal du collège de la Trinité à Cambridge en 1G31, lut, en 1642, mis en prison, volé et dépouillé de tous ses bénélices. Il mourut à Cambridge en 1653. On peut consulter sur cet ecclésiastique, qui |K>ssédait de vastes connaivsances dans les langues orientales, YValkcr, sur les Souff rances dudoyrn de Carliste, et son oraison funèbre par itoreman, 1053, in~4°. D— z — s.
COM DÈS (Franç.ois), jésuite, né à Saragosse, en 1tîl5, alla aux Philippines où il professa la théologie et travailla à la conversion des idolâtres. Nommé par sa province jMiur aller comme procureur a Home, les fatigues d; la traversée altérèrent tellement sa santé qu'il mourut peu après son arrivée à Acapuleo, en 1( 63 On a publié en espasnol, après sa mort : Histoire des iles de Mindanao, Solo et autres adjacentes, et des progrès qu'y a faits la religion chrétienne, Madrid, 1067. in fol. Le peu de renseignements <pic l'on possède sur les lies dont il est question dans ce livre le rendent très-precitux. Les auteurs de ['Histoire générale des Voyages y ont eu recours, et l'on voit, par le parti qu'ils en ont tiré, que Conibès n'a rien omis de ce qui peut f.iire connaître le pays qu'il a entrepris de décrire. E— s.
COM CES (oe). Voyez Dhcombes.
COM BEI (Claude), dominicain, né il Lyon en 1614, mort en IGS5, est auteur de trois oraisons funèbres, la 1" du Cardinal de Richelieu, la 2e de Louis XI II (1643). et la 3» d'Anne d'Autriche (1660). ( Voy. les Scriptores orrf. prœdicator. des PP. Ecuar J et Quétif.1 A. P.
COMBLES (... de), et non de Combes, comme écrivent quelques bibliographes, naquit d'une famille noble à Lyon, vers le commencement (!u 18*
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siècle. On ignore l'époque de sa mort et le lieu où il cessa de vivre. Après avoir passé au milieu de la tourmente des passions, et dans le fracas des affaires, les premières années de sa vie; après avoir. séjourné quelque lempsriausle royaume de Naplcs.il sentit le besoin du calme et de la retraite, et se livra aux occupations agronomiques, qui fout aimer la solitude, et donnent encore du mouvement à l'esprit comme de l'acti\ité.au corps. Ce fut dans une belle résidence qui avait appartenu a un ministre d'État, tout près de la capitale, que de Combles entreprit ses divers ouvrages, qui tous parurent sous le voile de l'anonyme. Lorsqu'il prit la plume, il y avait déjà bien des années, ainsi qu'il le dit lui-même, qu'il faisait n du jardinage l'amusement de son loisir et la plus « solide occupation de sa vie. » 11 aimait ce genre de travail; il voulut le connaître à fond. Livre d'abord à un jardinier routinier et présomptueux, comme le sont ordinairement les ignorants, de Combles s'aperçut bientôt qu'il était devenu plus habile (pie celui dont il avait la bonhomie de recevoir les leçons. Le premier fruit des connaissances qu'il avait acquises dans les diverses parties du jardinage fut un Traité sur la culture des pêchers ( 1743, in-12), qu'il rédigea par complaisance et à la recommandation d'une personne qu'il désigne comme étant de la plus haute considération. Ce traité ayant passe manuscrit par plusieurs mains, et obtenu l'approbation des connaisseurs, l'auteur .se décida à le livrer à l'impression. « Si le succès de ce morceau, « dit-il, peut répondre à mon intention, j'en donne- « rai successivement sur la culture des autres fruits, « et sur toutes les autres parties du jardinage. » Malheureusement le Traité sur la culture des pêchers fut accueilli d 'abord assez froidement ; les amateurs des jardins étaient peu nombreux encore. Cependant la 2e édition fut mise au jour en 1754), revue, corrigée et augmentée ; la 3* parut en 1770; la 4e en 1802; la 5* est de 1822. C'est le premier traité qui ait été publié sur cette importante partie de notre jardinage, puisque les Observations de Roger Schabol sur Monlreuil et les pêchers ne furent imprimées qu'en 1753. En 1749, de Combles livra au public le fruit de ses longues observations et de sa pratique éclairée, son Ecole du jardin potager, ou l'Aride cultiver toutes tes plantes potagères, 2 vol. in-12. C'est le plus connu et le plus recherché de ses ouvrages : production très-utile , et qui n'a pas cessé d'être consultée avec avantage. Il y en avait déjà cinq éditions lorsque nous en publiâmes une nouvelle mieux classée et accompagnée de noies, Taris, 1822, 3 vol. in-12. A partir de la 3* édition, qui est de 1780, le nom de l'auteur se trouve sur le frontispice da l'ouvrage. Il avait promis un Traité du poirier qu'il n'a pas donné; mais il a publié un certain nombre d'ouvrages littéraires dont voici les litres : 4* Concubitus sine Lucina, ou le Plaisir sans peine, traduit de l'anglais de Richard Roe, 1730, in-8° et in-12; 2° la Vie de Socrate, traduite de l'anglais de Cooper, 1"S2; les Vies d'Êpicure, de Platon et de Pylhagore, recueillies de différents auteurs et surtout de Diogène Laine, Amsterdam (Paris), in-12.
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Tous ces ouvrages sont anonymes. Dcscssarts attribue à de Combles un Eloge de Uayard qui remporta le prix à l'académie de Dijon eu 17G9, et qui fut imprimé iu-8° en 1770 (1). Ce fut vraisemblablement peu de temps après cette époque que de Combles mourut. Ses ouvrages sont en général écrits avec beaucoup de netteté cl de simplicité; le style ne manque pas de correction, et l'on trouve dans les observations «le la justesse et de l'a-propos. D — B— s. COUR. Voyez Cosme.
COMEIRAS ( Jean-François Delpuecii , marquis de), général Irançais, né à St-Uippolyte dans le département du Gard, le 19 décembre 1729, était fds de François de Comeiras qui se distingua à la bataille de Parme, le 29 juin 1733, et est désigné dans Yllisloire des révoluiions de Corse comme un des plus habiles majors de son temps (2). Le jeune Comciras commença de très-bonne heure la carrière que les services de son |xire lui avaient ouverte. De3 l'âge de cinq ans il obtint des lettres de lieutenant eu second dans la compagnie de Comeiras , au régiment de Rassigny. Au mois de mai 1737, il fut nommé enseigne, et lieutenant le 2 juillet suivant. Après avoir d'abord servi dans le régiment Royal- Corse , il eulra en 1747 comme capitaine dans celui de Saluées, et devint en 1758 aide-maréchal des logis de l'armée d'Allemagne. 11 était colonel-lieutenant des volontaires dcClcrmon»cn1759,et ce fut à la tète de ce régiment qu'il s'empara de la ville de Munster après la bataille de Mindcn (3), et y soutint un siège de trois mois,malgré les efforts d'un corps de 6,0(10 hommes , détaché de l'armée du prince héréditaire de Drunswirk. Ce fut à cette défense opiniâtre que l'armée française dut la possibilité de faire sa rclraite et de sauver ses bagages. Chevalier de St- Louis depuis l'année 1733, Comeiras fut nommé en 1770 maréchal de camp ; il obtint la même année le gouvernement deSt-Hippolyte, et futélevé en 1784 au grade de lieutenant géuéral. Il mourut le G août
1802, laissant un fils. Nous avons puisé le fonds de cet article dans la Statistique du département du Gard par M. Hector de Rivoire, que lui-même s'était aide des Tablettes militaires de l'arrondissement du Yigan, par M. A. Arman. D— z — s.
COMEIRAS (Victor ItELrcECH de), fils du précédent, naquit à St-Hippolyte du Gard, le 1 1 septembre 1733, et fut abbé de Sylvanès et vicaire général de lieauvais. Il mourut à Paris, le 29 mars
1803. On a de lui : 1° une édition entièrement refondue et considérablement augmentée de la Géographie moderne cl universelle de Nicolle de la Croix. Paris, 1800, 2 vol. in 8» : il a gâté ce livre en y mêlant des erreurs sans nombre. 2" La Voix du sage, ou l'intérêt des peuples bien entendu dans
(l i Suivant Detindlne {Cnrewnet acaiimiaues, t. g», p. 170 ),
l'auteur de cet Éloge «l le P. Cotulu-s, de l'Oratoire.
(2) Apres s'f-ire tait remarquer au siège de Bcrg ou Zo.nn, en 1717, François de Comeiras qui avait «Me Uculi'OaiH-colonel dans le régiment Horal-Corse, fui nnmme brigadier des armées, el munrui a Si-Hi|»pnl?ie, le »3 juillet »TT5.
{i\ l'ierre- Lmus de Comeiras, son trere , major des grenadiers de Franc*, fut lue d'un toupie canon a celte touille.
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l'exercice du âroil de guerre et de conquête, Paris, 17119, in 8°. 3" Abrégé de l'Histoire génér ée det voyages, t. 82 à 33 : les vingt et un volumes précédents sont de laharpe ( Voy. ce nom ) 4° Abrégé de l'Histoire générale des Voyages faits en Europe, Paris, 1804, 1803, 12 vol. in-8", mauvais ouvrage. 5« Le Géographe manuel, 18nl, in-8°, 1803, in-8'. Debray a contribué à cette édition. L'auteur primitif est l'abbé Expilly. 6° Histoire politique et raisonnée du consulat, Paris, 1801, in-8°: l'auteur ne se borne pas au consulat romain. 7° Tableau général de la Russie moderne, et situation politique de cet empire au commencement du 19' sietc, Paris, 1802, 2 vol. in-8", avec des cartes: c'est l'ouvrage de Tooke, mal abrégé. 8° Histoire de l'astronomie ancienne et moderne, par Uailly, ouvrage dans lequil on a conservé religieusement le texte, en supprimant Us calculs abstraits, les notes hypothétiques, les digressions scientifiques, Paris, 1806, 2 vol. in-8°. En général, Corne i tas est un des plus mauvais et des plus inhabiles compilateurs. Il y a lieu de présumer que la révolution , l'ayant privé de son état, l'avait forcé de travailler pour les libraires : il leur en donnait pour leur argent. On lui a attribué VExamen de l'esclavage en général, 1K>4, 2 vol. in-8'; mais cet ouvrage est de Valent in de Cullion. 11 a laissé en manuscrit, dit Ersi'b : Histoire de Marie Stuart ; Histoire de ta Pue- lie û'Orléans, et Balance politique des différents Êluts <> f Europe. Dans la édition delà Biographie universelle , on attribuait u Comeiras des Considérations sur la potsibililè, l'intérêt et les mayent qu'aurait la Erance de rouvrir l'ancienne roule de l'Inde, etc., Paris, 1798, in-8% ouvrage «le sou frère, selon Barbier. A. lî — T.
COMEIRAS (Pikhre Jacques Bomiomue he) , né dans le midi tic la France, fut reçu avocat à Paris, le 7 septembre 1775. Louis XVI le nomma, en I787, l'un des six avocats qui formèrent le comité établi pour préparer la réforme de l'ordonnance criminelle de 1070. Chargé |tar ses collègues de comparer la procédure criminelle de France et la procédure ci iminelle de l'Angleterre, et de chercher nans les écrits des criminali.ttcs les plus estimés des princi|»cs sur I s peines, il avait rassemblé quelques matériaux, mais les événements qui survinrent au mois de mai I78S ayant oblige le comité tout entier d'envoyer sa démission a M. <!e l.amoignon, ce travail rrs'a Mtspcudu. Le décret de rassemblée nationale sur la réformalion de quelques points de la jurisprudence criminelle détermina de Comeiras à publier le résultat de ses recherches; il mit donc au jour son Essai sur Us réformes à faire dans notre procédure criminelle, Paris, 1789, iu-S" de 36 p. Cette brochure très substantielle lit quelque sensation ; elle |h uI encore être utile aujourd'hui. De Comeiras fil paraître l'aimée suivante un Mémoire à consulter et consultation pour Louis-l'hilippe-Joseph d'Orléans, 1790. in-8°. Kn «118, i! était résident auprès d s ligues grises, et mourut à Aucune, au mois d'octobre de celte même année. {Voy. la Erance littéraire de Ers h, t. 5.) K.
C0UEIN1US (Jean Ajios), philologue du 17» sic-
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cîc, connu par ses travaux pour perfectionner l'éducation et le* méthodes d'instruction, était Bohémien d'origine, et naquit en 1592, au village de Comna, près de Brumen , en Moravie. La religion protestante, dans laquelle il fut élevé, l'ayant exposé à de fréquentes persécutions, il changea de nom, suivant l'usage des religionnaires de son pays, et se lit appeler Comenius, du nom de son village. On ne sait plus quel était son nom de famille, et le savant Daniel-Ernest Jablonski, son petit-fils, qui le lui avait ouï dire dans sa jeunesse, ayant négligé de le mettre par écrit, l'avait lui-même oublié. Ses parent.;, qui étaient de la secte, qu'on appelle des frères mo~ raves, lui inspirèrent de b.mne heure une tendre, pieté, un ardent amour de l'humanité et un grand fonds de tolérance. Demeuré orphelin fort jeune, son éducation fut négligée, et il nous apprend luimême qu'il ne commença qu'à seize ans à étudier le latin. U fit ses études à Herborn, dans le pays de Nassau, et la vivacité de son esprit lui fil faire «les progrès tels qu'au bout de six ans, il retourna en Moravie, fut faii recteur a Pi erau , puis à Fulnek, et commença en 1 C 16 l'exécution de ses plans de perfectionnement qui , dans son imagination ardente, embrassaient à peu près l'universalité des connaissances humaines. Il ne put longtemps continuer avec tranquillité ces premiers osais: la guerre contre les protestants s'étanl rallumée en 1618, la Bohème el la Moravie furent inondées de troupes impériales, el le bourg de Fulnek ayant été pillé et brûle en 1621 par des soldats espagnols, il y perdit ses livres, ses manusci ils, el toul son mobilier. Poursuivi lui-même av ec une rigueur p.iri iculière, en qualité de ministre protestant, il trouva pmdant quelque temps un asile dans les terres du baron de Zcrotin et ensuite clicz le baron Sadouksy de Siapna en Bohême, [>our le fils duquel il commença ses travaux sur l'éducation. Il y acheva en 1627 sa Didaclira mag/ui. La persécution s'étanl ral umée avec plus de violence, Coménius fui obligé de se réfugier à Lissa ou Lesna, dans la grande Pologne, où il fut nommé recteur de l'école et surimendant ou évèque de la petite église des frèies bohémiens ou moraves. Ce lut là qu'il publia sa Janua linguarum, qui lui fit en peu d'années i:ne réputation véritablement colossale. Les procédés employés jusqu'alors pour l'étude des langues étaient si imparfaits, on consumail un si grand nombre d'années à n'apprendre que des mots, qu'on dul regarder comme un clief-d'iriivrc une méthode qui ne séparait point la connaissance des choses de celle des mots d'une langue en discours suivis, les faisait lous passer sous les yeux en peu de temps, sans offrir l'ennui d'une stérile nomenclature On crut, d'après le système de l'auteur, qu'en ira luisant ce livre en diverses langues, il serait un instrument suffisai t pour les apprendre sans | grammaires ni dictionnaires. Aussi, par un sucrés unique dans l'histoire littéraire, cet ouvrage, au bout de vingt six ans, se trouvait déjà imprimé en douze langues, sans compter 1rs traductions en arabe, Une, persan et mogol qui n'ont jamais été imprimées, mais qui circulaient en Orient dès 1641,
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c'cst-à-dirc, dix ans seulement après la première édition, comme te célèbre Jacques Colius l'apprit d'une lettre que son frère, le P. Célestin de Stc-Lidwine, lui écrivit d'Alcp cette année-là. On a reproché au latin de Comenius de fourmiller de barbarismes ; mais il est juste d'observer qu'ayant eu à parler de tous les objets que présentent la nature et la soriété. il a dû se servir souvent de mots qui n'ont pas été employés par les écrivains du siècle d'Auguste, parce qu'ils s'appliquent à des choses qu'ils ne connaissaient pas. La réputation de Comenius l'étendant de plus en plus , on le regarda bientôt dans tous les pays protestants comme le seul homme capable de reformer le système d'instruction publique, et on l'appelait pour cet objet d'un l>out de l'Europe à l'antre. En 1637, il était en Angleterre, d'où on l'attira en Suèilc en lui faisant les offres les plus séduisantes (I). Son protecteur, Louis de Geer, l'y lit venir â ses frais eu 1642, et le recommanda fortement au chancelier Axel Oxcusticrn; mais Comenius voulut auparavant terminerqitelqucsuns de ses livres élémentaires, et promit seulement d'aider de ses conseils la commission nommée |>our la réforme des études. Retiré à Elbing, il s'y livra, pendant six ans, à la composition de ses ouvrages. En 1658, de nouvelles circonstances le déterminèrent a retourner à Lesna. On croit que ses protecteurs, lassé d'attendre la publication de ses livres élémentaires, cessèrent de lui payer la pension qu'ils lui faisaient à Elbing. Le prince Sigismond Makoizy l'ayant appeléen Transylvanie, il y établit, en HViO, son école, que la crainte continuelle d'une invasion des Turcs l'engagea bientôt à transférer a Patak, près de Tokai. Il la dirigea pendant quatre ans avec le plus grand succès, et revint à Lesna en 1654. La guerre ne tarda pas d'y troubler encore son repos. Les frères raornves de relie ville, ayant célébré avec beaucoup d'éclat les premières victoires de Charles- Gustave, roi de Suéde, furent exposés au ressentiment des armées catholiques lorsque ce prince eut été forcé d'évacuer la Pologne. La malheureuse ville de Lesna fut pillée et réduite en comités vers la (in d'avril 1657, et Comenius y perdit de nouveau ses livres et une partie de ses manuscrits; il en sauva quelques-uns qu'il avait enterrés, et qu'il retrouva encore dix jours après l'incendie. Dcsinarest et Nicolas Arnold lui ont reproché d'avoir lui-ir.é ne attiré ce malheur sur sa patrie adoptive, en célébrant les victoires de Charles-Gustave dans deux panégyriques, où, se livrant à son enthousiasme
(1) Si l'on s'en rapporte aux écrivain* anglaK il ne paraîtrait pas que Comenius s* irous.lt en Angleterre en iG37. Lorsque <v sttaui lit paraître a Londres, en I6&I, la (raduciiun latine tic son ouvrage minute l'antopkitt l'roJroiHU», etc., sur l'éducation île la jeunesse, ici ouvrage, que Jer. Collier a tmluit depuis en anglais en |R5f. excita un tel enitiotiMa^ne, que le puilriiieiii rerlaina l'assistance de l'auteur pour rt former les écoles du rojaome Ku ron.ocquenre. Comenius, ted.ml 1 fCtic pressante mutation, arriva A Londres su mois de sepirmbre IMI; mais 1rs troubles qui rotnnwuçaieut d'agiter l'Ang eterie ne lui permlieiil pas de s'y livrer A tes travaux, ri ce (ut alors qu'il accepta la proposition que lui avaient fait», en I6*»8, les Suédois, par l'iiilein)e<luirc de Louis de Ceer, et qu'il se rendit en Suéde, où il arriva au muis d'uoui
icu. d-i-s.
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prophétique, il annonçait que ce prince serait le sauveur de l'Église évaugélique et le destructeur de la papauté; mais on n'a jamais montré ces prétendus panégyriques, et on voit, par les autres ouvrages de Coménius, que, loiu de se permettre de semblables déclamations, il y montre, en parlant de l'Eulbc romaine, un esprit de douceur et de modération qui le ferait prendre pour un catholique. Obligé de chercher un nouvel asile en Silésie , puis à Francfort sur-l'Oder et à Hambourg, il finit (Kir se fixer à Amsterdam, où Laurent de Geer, (ils de son ancien prolecteur, fournit généreusement aux frais de l'impression de ses ouvrages cl de ses plan* pour l'amélioration de l'instruction publique. Il y publia, sous le titre d'Operu diduetica, la collection de la plupart de ses ouvrages en ce genre. Vers la (in de sa vie, il s'abandonna trop à des querelles théologiqiies contre les sociniens, et finit par se livrer aveuglément aux rêveries de quelques vis onnaires fanatiques. 11 fut aussi un des plus ardents admirateurs de la fameuse Uourignon. 11 mourut a Amsterdam, le 15 novembre 1671, regardé par les uns comme un génie supérieur, par les autres comme un effronté charlatan. Si on lit attentivement ses Opéra didarlica, l'on verra (pie ces deux jugements sont exagérés, et on ne pourra refuser de lui reconnaître une érudition variée et étendue, muis superficielle; un esprit juste, mais peu cultivé, et beaucoup de bonne foi. Bayle dit en parlant des ouvrages de Comenius, qu'ils radièrent a l'auteur un prodigieux travail ; a d'autres, beaucoup d'argent ; «pie cependant les savants en ont tiré peu de profit, et que, dans son opinion, il n'y a rien de praticable dans les vues de l'auteur. Adclung ( llisl. des folies humaines, t. 1", ) donne la vie de Comenius, avec la liste de ses ouvrages, au nombre de quatre v ngldouze. et celle liste n'est pas complète; nous n'indiquerons ici que les principaux : 1° Thealrum divinum, Prague, 1616, in-4°. Ce morceau, écrit en langue bohémienne, est regardé, de même que le suivant, comme un ouvrage classique dans celle li téralurc si peu connue. C'est un tableau de l'ouvrage des six jours ou de la création. 2* Labyrinthe du monde, Prague, 1631. in-4". C'est par erreur qu'Atlelung indique une édition de I6lil, in-8°, puisque Coménius n'avait alors que neuf ans. Cet ouvrage, réimprimé en 1782. in-8°, a été traduit du bohémien en allemand, sous le titre de Voyages philosophiques rl satiriques dmstous les états de la vie humaine, Itcrlin, 1787, in-8° de 26!) p. 5» Une t arte de la Moravie, remarquable surtout pal l'exaclilude delà nomenclature qui s'y trouve en allemand cl eu bohémien, pour la plupart des lieux où ces deux langues sont en tisane ; Visehcr la lit graver de nouveau à Amsterdam en IC27, et ce n'est que plus d'un siècle après qu'elle a été surpassée. 4" Janua tinguarum reterata, Lesna 1631, in-8', trad. en plusieurs langues, et très- souvent réimpr , notamment : Danlztrk, 1634 (en latin, allemand et iiolonai.s) : Stockholm, 16S0 ( en latin, allemand et suédois); Amsterdam, 1661 (en laiin, français, italien, espagnol et I allemand ); ibid., 1662 (en latin, français etbollan-