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naquit au châleau de Comines, prés de Menin, en 1415. d'une illustre famille de Flandre. Il passa sa jeuiit sse à la cour de Philippe le II », duc de Bourgogne, où il fut attaché au service du comte de Charolais. Il le suivit dans la guerre du bien public, et se trouva à la bataille de Monllhéry. Quaml le comte cul succédé à son pére, sous le nom de Charles le Téméraire, Comines continua à jouir de sa confiance et de son intimité. Il était prés de lui, lorsque, irrité d'un manque de foi de Louis XL le duc rtlint ce roi prisonnier à Péronnc. Dans sa colère, il se fût porté a quelque violence insensée contre le roi ; Comines, tout jeune qu'il était, se montra sage et prudent en essayant de calmer son maître, et, ne pouvant y réussir complètement et craignant les efli Is de l'emportement «lu duc, il avertit le rot des points sur lesquels il lallait céder pour ne pas se mettre dans le plus grand danger; puis il conlril ua à la pacification et au traité qui réunirent pour un moim nt ces deux princes. Il fut ensuite employé a diverses négociations, où il se conduisit avec liabi- U le. Cependant l'esprit du duc de Bourgogne s'aigrissait de plus en plus par ses revers, par sou ambition trompée, par ses ruses qui échouaient contre les ruses de Louis XL Lue sorte de frénésie s'emparait de lui et faisait chaque jour des progrès ; les sages conseils l'irritaient. Téméraire à entreprendre, il était imprudent à exécuter. l.ouis XI, qui profitait de toutes les fautes de son rival, mit surtout un grand soin à détacher de lui, peu à peu, tous les hommes habiles et considérables qu'il avait parmi ses serviteurs. Travaillant avec patience à les séduire l'un après l'autre par des promesses, ne se rebutant pas pour avoir été refusé; flattant ceux que le duc outrageait en récompense de leurs prudents avis, il parvint ainsi à lui enlever tous ceux qui pouvaient lui être sccourablcs. Comines passa, en 1472, du service de Dourgogneau service de France. Dans ses Mémoires, il se lait absolument sur ce point important de sa vie. On a beaucoup recherché quels motils avaient pu le porter à abandonner ainsi son maitre; on a voulu excuser celte désertion. Si l'on s'en rapporte à une tradition populaire, Comines, dans sa jeunesse, se trouvant a la chasse avec le comte de Charolais, le prince lui avait commandé de tirer ses bottes ; Comines, abusant de la familiarité qui régnait entre le comte et lui, avait réclamé ensuite le même service de sa complaisance; le prince, mécontent de ce manque de respect, l'avait frappe de sa botte à la téte. d'où lui était reste le surnom de tète bottée. Celte anecdote esl hors de toute vraisemblance; elle s'accorde mal avec le caractère mesuré qu'eut toujours Comines; d'ailleurs, s'il s'était trouvé Offensé par le prince, comment aurait-il (tassé encore dix ans à son service? Une insulte pardon» née |tendant la prospérité de l'ofTenscur, et dont on se souvient pour l'abandonner dans ses revers, serait une méchante excuse. Il est probable que Comines, comme les autres serviteurs de Charles le Téméraire, se dégoûta de servir un maître livre 1 l'esprit de vertige, et se laissa aller au chagrin et au dépit que ressent un Iwmme sage qui voit un
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insensé courir à sa perle. Louis XI lui devait de la reconnaissance, cl, depuis sa prison de Péronne, ■'efforçait sûrement d.: l'attirer à lui. Les exemples «c manquaient pas pour autoriser celle espèce de désertion. Dans ce temps-là, un seigneur pot lait ■SSCZ volontiers ses armes «In côté qui lui promenait plus d'honneurs et de profit. Comines se laissa marchander comme les autres L*n homme d'un caractère moins réfléchi, un guerrier emporte ou insouciant, nous eût raconté les circonstances de ce changement, nous eût dit ce qu'il eut à endurer à la cour de Charles, et ce que lui offrit Louis XI; mais le grave Connues a senti ce qu'il y avait de peu honorable à quitter son souverain malheureux, non pas pour aller vivre dans la retraite, mais pour servir contre lui, et il a jeté lin voile épais sur cette aclion. Mc/crai dit avec sa brusquerie ordinaire : a Si les raisons de Comines « cus-scnt clé honnêtes, il les aurait expliquées, lui c qui raisonnait si bien sur toutes choses. » Louis XI combla de biens l'hilippc de Comines. A peine lui-il à son service, qu'il lui lit donation de la principauté de Tahiiont et des seigneuries d'Olonnc, de la Chaume, Curzon, Château -Gontier, Chastel- Derri, IJrein et Dramlois. Il le maria avec Hélène de Jambes, d'une famille riche et illustre de Poitou, l'aida de ses deniers a acheter la terre d'Argentan, le fit sénéchal de Poitou, et publia hautement dans le:> lettics iKiienles par lesquelles il assura ses bienfaits à Cnmiiies, combien il lui devait de reconnaistance. « Louis, etc., savoir fesons, etc., que comme a notre amé et féal conseiller et chambellan, Phi— « lippe rie Comines, desmontraut sa grande et ferme « loyauté et la singulière amour qu'il a eue pour « nous, se soit des son jeune asgc disposé à nous « servir, honorer et obéir comme Ihui, vray et loyal a sujet doit son souverain seigneur, et nonobstant « les troubles qui ont été et les lieux où il a con- « versé, qui, par aucun temps, nous ont été et en— « cot e sont Contraires, rebelles cl désobéissants, touo jours ait gardé envers nous vraye et loyale fero mêlé de courage ; cl même en notre grande et a entière nécessité, à la délivrance de notre per- « sonne, lorsque étions entre les mains d'aucuns de « nosdits rebelles et désobéissants, qui s'esloienl dé- « clarés contre nous et en danger d'èlre là détenus, « nolreilit conseiller et chambellan, sans crainte du a danger qui lui en pouvoit advenir, nous avertit de « tout ce qu'il ponvoit pour notre bien, et tellement « s'employa, que par son moyen cl aide nous sailo limes hors des mains de nosdits rebelles; et en « plusieurs autres manières nous a faict, el continue « de faire chaque jour, plusieurs grands, louables « et recommandables services, etc. » Comines devint un des serviteurs les plus intimes de Louis XI ; le roi l'employa souvent et le tint habituellement auprès de sa personne. Quelquefois, et même dans des occasions mémorables, il porta le même habit que sert chambellan; d'autres fois, il le fit coucher dans sou lit ; Uiarqui s de laveur que Louis XI avait assez en usage, et qui étaient dans les mœurs simples et cordiales du temps. Cependant le nom de MIL
Comines ne se rattache â aucun des événements du règne de Louis XL Ce prince gouvernait par luimême. Personne ne lui dictait ses desseins, et ceux qui les exécutaient étaient des instruments plus ou moins intelligents et habiles, à qui restait le seul mérite d'une obéissance sensée, mais passive. Les conseils qu'il recevait, qu'il cherchait même, le guidaient pour accomplir ses résolutions, mais non pas pour les former, u 11 était si sage qu'on ne pouvait « faillir avec lui, moyennant qu'on obéit a ce qu'il a commandait sans y rien ajouter du sien. » Comines, plus qu'un autre, convenait au gouvernement de Louis XL II ne fut jamais ni son ami, ni son favori ; mais il lui avait été utile en une circonstance importante, et ne cherchait pas à s'en prévaloir, non plus que des autres services qu'il lui rendaitT Il devait plaire au roi par la droiture de son sens, par son caractère, qui ne cherchait ni l'éclat ni le bruit, par sa prud'homie, comme on parlait alors ; il lui procura des intelligences et des espions chez le duc de Bourgogne. Après la chute de ce prince, il essaya, sans beaucoup de succès, de gagner au roi les villes de Flandre; il y eut mieux réussi peutêtre, si Louis eût suivi les conseils qu'il lui donna, sans insister. Il acheta les bons oflices et les complaisances du comte de Hastings, grand chambellan d'Angleterre, que déjà il avait gagné une fois pour le duc. Ce marché, où toute la lierté du comte consiste à ne pas signer une quittance, est un des récits les plus curieux de Comines. Après la prise «le possession de la Bourgogne, Comines y fut envoyé. Quelques lettres qu'il écrivit à des bourgeois de Dijon, touchant le logement des gens de guerre, se joignant à d'autres légers soupçons, le roi lui retira un peu de sa faveur, et le nomma ambassadeur à Florence. Les Paizi et les partisans du pape venaient d'y échouer dans leurs complots. Le roi voulait défendre les Médicis : Connues leur amena un léger secours du duc de Milan, et leur fut encore plus utile en témoignant hautement combien la Fiance leur ciail favorable. Il passa un an à Florence, et Laurent de Médicis remercia le roi de lui avoir envoyé un si sage ambassadeur; aussi, à son retour, Comines fut-il mieux accueilli que jamais parle roi. Il le trouva malade, et déjà affaibli; il le soigna après sa première altaquc, couchant prés de lui, el le servant «alentour de sa personne, comme « valet de chambre. » Le roi, après s'être un peu rétabli, vint chez lui dans son château d'Argcnion, où il passa quelque temps malade. Comines lut ensuite envoyé en Savoie, pour s'emparer, moitié par ruse, moitié par force, du jeune duc Philibert, et le placer entièrement sous la tutelle et l'influence du roi, son oncle ; ce fut le dernier emploi que lui donna Louis XI, qui mourut deux ans après. Sous le règne suivant, Comines ne jouit pas de la même faveur. Il avait été nommé, de concert entre la cour et les états, membre du conseil créé pendant la régence. Il se rangea du parti des princes, contre le gouvernement sage et paternel d'Anne de Beaujeu. Il fut mêlé à toutes les cabales du duc d'Orléans, et s'attacha surtout au vieux connétable Jean de Doutv
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bon. Lorsque les princes prirent les armes, pour les poser bientôt après, déconcertés par les mesures que la régente avait prises contre celte guerre folle, Comines fut chassé de la cour avec rudet parolei par le duc Pené de Lorraine, et se relira à Moulins auprès du connétable. Il en revint avec lui, au bout de deux ans ; mais ce prince, après quelques menaces et emportements, ayant été apaisé par la cour, renvoya Comines et n'écouta plus ses conseils. Une nouvelle conjuration fut encore ourdie par le comte de Dunois et le duc d'Orléans. Le duc de Lorraine, qui avait déjà confié à Connues son mécontentement de la cour, était entré dans cette ligue secrète. Le complot était sur le point d'éclater, lorsque, sur de bons avis, l'on fit arrêter un homme qui portail des lettres de Comines, des évéques du l'uy et de Montauban, et de quelques autres conseillers. On découvrit ainsi qu'ils traliissaiertlcs secrets de l'Etat ; ils fuient mis en prison. Comines lut traité durement; il passa huit mois à Loches, enferme dans une de ces cages que Louis XI avait mises en usage, « Plusieurs les ont maudites, cl moi aussi, o dit-il, qui en ai talé sous le roi d'à présent. » Quand le duc d'Orléans eut été vaincu et fait prisonnier à Sl-Aubin, et que l'autorité de la régente fut tout à fait assurée, le parlement fit le procès de Comines, et, en 14 8, il fut reconnu, d'après ses propres aveux, « qu'il avait eu intelligence, adhé- « sion et pratiques par paroles, messages, lettres de « chiffres et autrement, avec plusieurs rebelles et « désobéissants sujets du roi, et commis autres cri- « mes et maléfices. » Il fut condamné à être exilé dans une de ses terres pendant dix ans, et le quart de ses biens conlisqué. Il ne semhle pas que celle sentence ait été exécutée ; on fut indulgent envers les coupables pour mieux apaiser les haines et les partis. D'ailleurs, le mérite et l'expérience de Comines étaient connus, et l'on savait qu'il pouvait être utile. En 1493, il assista au traité qui fut conclu à Senlis, entre le roi et l'archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne. Charles VIII l'emmena en Italie, et, après que l'expédition de Naples eut été résolue, il fut envoyé à Venise, dont il était important de maintenir la neutralité. Il y fut fort considéré, et lorsque Pierre de Mcdicis, chassé de Florence, vint chercher un asile à Venise, Comines encouragea la seigneurie à le recevoir, assurant que ce ne serait pas déplaire au roi. Malgré le grand accueil qu'ils avaient fait à l'ambassadeur de Charles VIII, les Vénitiens ne tardèrent pas à traiter secrètement avec ses ennemis, et à conclure une ligue pour s'opposer à la retraite des Français. Connues tint le roi et le duc d'Orléans constamment informés des négociations de la république, et, quand les Vénitiens furent tout à fait déclarés, il vint retrouver le roi à Florence. Il aurait bien voulu bâter un retour contre lequel il voyait s'accumuler tant d'ohstacles ; mais ce n'était plus le gouvernement habile et prudent de Louis XL 11 avait amure à un roi léger dans son caractère et sa conduite, à une rour jeune et présomptueuse ; il hasardait timidement d'inutiles conseils. « Ses affaires avaient été telles au commcncc-
« ment de ce règne, qu'il n'osait guère a'entremet- « tre, afin de ne pas se faire ennemi de ceux à qui « le roi donnait aulorité, qui était beaucoup trop « grande quand il s'y mettait. » Tant fut tardé, que la retraite fut coupée aux Français, et qu'il fallut combattre pour passer. Les deux armées se trouvèrent en présence à Fornoue. Le roi voulut alors parlementer, et chargea Comines de travailler à un accommodement : c'était s'y prendre bien tard. Il tenta sans espoir celle négociation, et, comme il allait l'entamer, le combat commença, et les Français tirèrent le canon ; tant il y avait de désordre dans la conduite des affaires. Comines combattit près du roi dans cette journée, et lui prêta son manteau. Le lendemain, les armées étaient à peu près en même position ; Comines essaya encore de négocier. Les allées et venues enlre deux armées remplies de soldats indisciplinés ne laissaient pas d'Otre dangereuses. La journée se passa ainsi en pourparlers, et, la nuit suivante, l'armée française passa, h l'insu des ennemis, par des défilés presque impraticables. Les négociations continuèrent ensuite, et Comines y fut toujours emp!o)é. Jamais il ne sentit mieux quelle différence il y avait enlre Charles VIII et Louis XL Sans cesse désavoué, employé dans un sens opposé à ses avis, et d'autant plus blâmé de ne pas réussir, qu'il avait annoncé un mauvais succès; trouvant dans les ennemis une défiance qu'autorisait le peu «le fond qu'on pouvait faire sur les Français ; traversé par les intérêts particuliers de ceux qui gouvernaient le roi, desservi par eux auprès de lui; prenant ces contrariétés en patience, et d'autant plus résigné qu'il jugeait de sang-froid les affaires et les hommes. Enlin il conclut le traité de Verccil, qui n'eut rien de trop honorable, après les entreprises et les espérances présomptueuses du roi. Il fut chargé de le faire agréer aux Vénitiens : il y échoua ; puis, de réclamer l'exécution de quelques articles dont le duc de Milan s'écartait : il n'avait aucun moyen pour l'en empêcher, il ne réussit point Ceux qui avaient à la fois traversé et blàïné ses négociations « lurent fort joyeux de celte tromperie et « lui lavèrent bien la tête, comme on a accoutumé à « la cour des princes en pareil cas. Il fut bien iré « et marri. » Il essaya de se justifier sans pouvoir se faire écouter ; d'ailleurs, à quoi sert de convaincre un roi faible et qui se laisse gouverner? Pendant trois ans (pic vécut encore Charles VIII, il ne semhle pas que Comines ait été employé. Louis XII monta sur le trône en 1198; Comines vint rendre ses hommages au nouveau roi, « de qui il avait elé aussi privé o que nulle autre personne, et pour lui avoir été en a tous ses troubles et pertes ; toutefois, pour l'heure, « ne lui en souvint point fort. » Là se termine tout ce que Comines nous apprend de lui, et son nonne se trouve plus prononcé dans l'histoire. Il conserva Pétai riche et honorable que lui avait donné Louis XI, et mourut le 16 août 1509, à Argenton, à l'âge de 64 ans. Son corps fut transféré à Paris, auxtîrands- Augustins, où l'on voyait son tombeau. Commet laissa une fille unique qui épousa René de Rrosscs, comte de Pcnthièvre, et, d'alliance en alliance, le
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sang de Comines se trouve mêlé ans plus illustres
maisons souveraines. Ce fut après le retour d'Italie que Comines, dans sa retraite, commença à écrire ses Mémoire*, à la sollicitation de l'archevêque de Vienne, Angelo Cattho, qui, comme lui, avait été serviteur du duc de Bourgogne, puis de Louis XI. Parmi les historiens moderne?, aucun peut-être n'a été estimé aussi haut que Comines. Aux charmes d'un langage naturel et flexible, qui reçoit toute l'empreinte des pensées et les laisse voir dans leur vraie nuance, à l'intérêt, au récit vivant et naïf d'un témoin oculaire, Comines joint une proronde connaissance des hommes et des affaires. Ce n'est pas en philosophe et en moraliste qu'il juge; ce n'est pas non plus en écrivain politique qui a médité sur les révolutions et les gouvernements; mais ses discours, comme le dit Montaigne, « représentent parci tout, avec autorité et gravite, l'homme de bon lieu o et élevé aux grandes affaires. » Tout en lui respire la froide observation, le jugement droit et sain. Nourri au milieu du mouvement des empires, des intrigues des princes, de la corruption île leurs courtisans dans un temps où l'enthousiasme de la chevalerie et de la religion avait déjà lini, où l'empire du monde commençait à appartenir aux plus prudents et aux plus habiles, Comines s'accoutuma à estimer avant tout la sagesse de la conduite et du caractère. On ne trouve pas en lui un amour noble et élevé de la vertu, de la loyauté ; mais comme la justice, la bonne foi, le respect de la morale sont les fondements «le tout ordre durable, la rectitude de son jugement et la gravité de son caractère les lui font le plus souvent honorer; il voit les hommes comme des instruments de la Providence, ne sait point les haïr ni les aimer. Il se rend si bien compte de leur caractère, lit si bien au tond de leur âme, que leurs actions lui paraissent résulter, par une irrévocable nécessité, de leurs circonstances intérieures et extérieures ; même en fait d'habileté, il plaint les imprudents, plutôt qu'il ne les blâme. Il lui convenait sans doute de s'appliquer à lui-même cette espèce de fatalité, et d'attribuer au m 'i i, plutôt qu'à sa libre volonté, l'abandon du duc de Hourgogneel les intrigues contre la régente. L'on croit entrevoir que si Comines eût été irréprochable, il eût répété moins souvent cet adage qui se retrouve dans tous ses chapitres : .lu demeurant, la Providence te vouloil ainsi ; mais, du moins, il se résigna à ses malheurs aussi froidement qu'à ses fautes. Il dit, en parlant de Charles VIII : « Je crois « que j'ai été l'homme du momie à qui il a fait plus « de rudesses , mais, connoissant que c'étoit en sa « jeunesse, et qu'il ne venait pas de lui, ne lui en « sus jamais mauvais gré. » Les bienfaits de Louis X 1 ne troublent pas davantage son impartialité. C'est bien le héros de ses Mémoire* et le (dus sage homme qu'il ait connu; mais il ne dissimule ni ses fautes, ni ses petitesses. Il blâme son peu de respect pour les lois , et les inurnrs de la France, les nouvelles charges qu'il imposa au peuple, ses cruautés et ses méliances. L'on voit dans Comines, mieux que partout ailleurs, ce qu'étaient alors et les droits des rois