COM C
et les privilèges des peuples. Il témoigne pour les Anglais, qui déjà savaient mieux que toute aulrc nation maintenir leurs libertés, une grande considération ; tout aussi bien qu'au roi de France, qui sut conserver cl exercer son pouvoir. Le caractère des divers peuples de l'Europe est souvent peint d'une manière qui n'a pas cessé d être vraie. Enliu il n'existe pas un livra de politique plus applicable et plus pratique; il est plein d'une science positive, fruit de l'expérience, sur laquelle n'ont inllué ni opinions, ni systèmes. « Princes et gens de cour • y trouveront de bons avertissements, à mon avis,» dit-il; et on doit le reconnaître avec lui. Ce n'est point par vanité que Comines a écrit ses Mémoire*, ni par cette espèce de plaisir qu'ont trouvé beaucoup de vieux narrateurs à faire des récits où ils étaient pour quelque chose. Les Mémoire* de Comines n'ont pas le caractère français ; il avait bien la dextérité et la lacilité aux affaires de notre nation, muis un calme cl une dignité qui s'y voient rarement ; il se plait moins à raconter qu'à observer, et une imagination plus vive se montre dans beaucoup d'historiens du vieux temps. Il parle peu de lui, et seulement pour attester qu'il est sûr de la vérité des choses, parce qu'il y était. Les circonstances les plus importantes dé sa vie sont omises, et il eût été embarrassé de les rapporter; à peine indique-t-il qu'il a été utile à Louis XI lors du traité de Péronne. Il ne dit rien de sa retraite de chez le duc de Bourgogne, et ne rappelle qu'en passant et par occasion ses malheurs sous Charles VIII; aussi sa narration laissc-t-tlle une lacune compètle entre la mort de Louis XI et l'expédition de Charles VIII. La première édition des Mémoire* de Comines, donnée par le président Jean deSelve (Paris, 1523, in-M.), ne contient que le règne de Louis XI, 1461 à 1483; Nicolo la traduisit en italien, Venise, 1569, in-8*. Elle est divisée en 6 livres; les deux derniers livres, contenant l'histoire de Charles VIII jusqu'à l'an 1498, parurent pour la première fois dans l'édition de Paris, 1528, in-fol. Denis Sauvage, sieur du Parc, donna une nouvelle édition des Mémoire* de Comines, revu* et corrigés sur un exemplaire pris à l'original de l'auteur, Paris, 1552, ln-fbl., souvent réimprimé ; l'éditeur a mis en tète le sommaire de la vie d'Angelo Cattho. L'édition donnée par Denis Godefroy, Paris, 1449, in-fol., est corrigée et augmentée. Jean Godefroy, fils de l'éditeur, en donna une enrore plus complète, Bruxelles, 1700-1713, 4 vol. in-8", augmentée de nouvelles preuves, de notes historiques, de portraits en taille-douce, et de la Chronique scandaleuse ( on donne ce nom à la chronique de Louis de Valois, de 1460 à 1485). Les exemplaires de ce livre qui portent la date de 1714 sont d'une contrefaçon faite à Rouen et pleine de fautes. L'édition la plus complète et la plus recherchée est celle qu'a donnée Lcnslet Dufresnoy, Londres et Paris, 4717. 4 vol. in-4° ; on y joint 50 portraits gravés par Odieuvrc, et les plans des batailles de Montlhéry et de Nancy. Les Mémoires de Comines se trouvent aussi dans la Collection de Mémoires relatif* à Ihitloirt de France de Perrin (Paris, 4785-
1806,72 vol. in-8»); dans celle de Petilot (ibid., 4819, iu-8* ), cnlin dans relie qui fait portie du Panthéon littéraire {Mû., 1836, grand in-8°, â 2 col.). Ils ont été traduits en anglais, d'abord en 1590, et ensuite en 1712. par Uvcdale, 2 vol. in-8". On trouve dans le Ducatiana, p. 4M, îles remarques sur les Mémoirei de Cominet de I édition de Bruxelles, 1706, et sur la Chronique scandaleuse, b — B. f.
COMIISO (Juskpii), habile typographe, était de Citailella, château dans le Padouan. Les frères Volpi lui confièrent la direction de l'imprimerie qu'ils éta* blirent à Padoue en 4717, et d'où il est sorti un si grand nombre d'ouvrages recherchés des amateurs pour leur élégance et leur correction. Comino contribua beaucoup par ses soins à donnera cet établissement la célébrité dont il jouit; et la postérité le comptera parmi les meilleurs typographes du 18e siècle. Il mourut en 1762.— Angeîo Comi>o, son fils, employé depuis son enfance à la bibliothèque de l'académie de Padouc , racheta des héritiers Volpi le fonds de l'imprimerie, et publia jusqu'en 178I plusieurs réimpressions d'auteurs classiques, en conservant sur le frontispice le nom de son père. Il mourut, en 1814, a l'âge de 80 ans. Le catalogue des ouvrages sortis de cette imprimerie célèbre a élé publié sous ce titre : Annali de la tipografia Volpi Cominiana, Padouc, 1809, iii-8", volume auquel on doit joindre un Appendice, 1817, in 8° de 33 p. | Voy. VoiPl.) W-s.
CO.MITOI.O ( Napoléon), prélat et jurisconsulte de Pérouse, né au milieu du 16* siècle, était le dernier rejeton de la famille des comtes de Collemczzo [de Colle medio). Après avoir enseigné quelque temps le jurisprudence, il obtint une abhaye, fut nommé auditeur de rote, et fut évoque île Pérouse en 1591. Cette ville lui doit la fondation d'un collège et de quelques maisons religieuses. Il mourut octogénaire, le 24 ou le 50 août 1621, pleuré des pauvres, auxquels il distribuait la plus gtamle partie de ses revenus. 11 cooiposa quelques livres liturgiques, un recueil de décisions du tribunal dclla Rota, et une Histoire des évoques de Pérouse.— Paul Comitolo, probablement de la même lamille, né à Pérouse en I5S5 cmra fort jeune dans l'ordre des jésuites, où il enseigna la rhétorique et la théologie morale, et moulut dans sa patrie, le 18 février 1626. Il Induisit du grec en latin un recueil des meilleurs commentateurs du livre de Job, Catena illustrium auctorum in Ubrum Job, Lyon, 158B, in-4°; Venise, 1587, in-4\ Il publia aussi eu latin et en italien quelques ouvrages de controverse et de morale oubliés depuis longtemps. C. H. P.
COMMANDINO ( FnLnÉmc ), l'un des plus savants mathématiciens d'Italie au 16* siècle, naquit a Urbin, d'une l.miillc noble, en 1503. Attaché d'abord au pape Clément VII, en qualité de camerier secret, il quitta Home après la mort de ce pontile, et vint à Padouc pour étndier la langue grecque, la philosophie et la médecine. Au bout de dix ans, il fut revu docteur à Ferrai e en celte dernière faculté; mais son esprit, naturellement juste, trouva tant d'incertitude dans la médecine, telle qu'on l'ensei-
COM
gnait alors, qu'il s'en dégoûta bientôt, et se tourni tout entier du côté des mathématiques. Il fut appelé à Vérone pour les enseigner au duc d'I'rbin, Gui Lbalde de Monte-Feltro. Il les enseigna ensuite au jeune duc, François Marie II, (ils et successeur de Gui Lbalde, et mourut le 5 septembre t575. Il n'a pas fait de découvertes dans les mathématiques; mais il a rendu un plus grand service aux sciences par Ici bonnes éditions et traductions qu'il a données d'un grand nombre d'anciens mathématiciens. Montucla le regarde comme le modèle des commentateurs en ce genre ; ses notes vont droit au fait, sans être trop longues ni trop courtes. Sa traduction latine des quinze premiers livres d'Euclide parut à Pcsaro, 1572, et 1619, in-lol. ; les livres 1 a 6, 11 et 12 de celte traduction ont élé très-souvent réimprimés en Angleterre, où on les regarde comme un ouvrage classique, et cette version fut traduite par ses ordres en italien, et revue par lui, Lrbin, 4575, in-fol. Sa traduction latine du livre d'Archiméde, de lis qua tehuntur in aqua, dont le texte grec est perdu (Bologne, 1565, in-4°), est encore la meilleure que nous ayons. Joseph Torelli a cependant jugé à propos d'y faire quelques corrections dans son édition d'Archiméde. Commandino avait publié précédemment une partie desautreso?uvi-esd'ArchimèdelVenise,1558.in-rolJ, aussi traduites en latin avec des notes. Sa traduction latine (aussi accompagnée de notes) des collections mathématiques de Pappus est la seule qui ait paru, et, sans lui, cet ouvrage si important pour l'histoire des sciences mathématiques serait peut-être encore enseveli dans la poussière des bibliothèques. Il y travailla longtemps, et l'ouvrage ne parut qu'après sa mort, Pesaro, 1588, in-fol. On lui doit aussi des traductions latines des quatre premiers livres des Coniques d'Apollonius, Bologne, 1566, in-fol., avec les commentaires d Futocius cl les Ltmmes de Pappus ; du livre d'Àristarquc, de Magnitudinibus et Disiantiis solis el luna, 1572, in-4°; de la Géodésie, attribuée à Mabonut Bagdedin (roy. Bacoedin), dont l'original lui fut fourni par Jean Dée, géomètre anglais, Pesaro, 1570, in-40 : il en publia ta même année une traduction italienne. Le lexle des deux traités de Ptolémée, celui des Planisphères c\.del'A~ nalemme était perdu; il n'en existait que des traductions latines très-déleelueuscs, qui avaient été faites sur des traductions arabes : Commandino eut assez de patience et de savoir pour retoucher ces traductions, corriger les contre-sens, remplir les lacunes, et tout éclaircir par des suppléments et des notes. Ce service modeste n'est |»as le moindre qu'il oit rendu à la science. Il publia le premier traité à Venise, »558, in-4°, assez belle édition, et le second, auquel il ajouta un petit traité de sa composition sur les Horloges, à Home, 1562. Sa vie a été écrite par Bernardin Baldi. ( Voy. Balm.) C. M. P.
COY1MAN Vll.l.K (Eciiaiid, connu sous si qualité d'abbé de), prèlre au diocèse de Houcn, vivait a la lin du 17e siècle et du commencement du ls*. On a de lui : 1e Histoire de tous les archevêchés H èvèchét de l'univers, arec un Dictionnaire où ion trouve l'explication de tout ce qu'il y adepltucurieu.r,
COM