‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 112 sur 117 · CS · texte numérisé non relu

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dans la capitale ; elle était dans la dépendance des grands qui, craignant qu'un changement de religion ne les obligeât de rendre a l'Eglise les biens qu'ils avaient usurpés, assiégeaient leur souveraine, sous prétexte de veiller à sa sûreté, mais dans le dessein d'empêcher aucun étranger de l'approcher. Commendon sut, sans exciter aucune déliance, parvenir jusqu'à Marie; il eut avec elle plusieurs conférences secrètes, obtint tout ce que la cour de Rome désirait, et repartit avec des lettres de la reine pour Jules III et pour le cardinal Paulus, qui vivait alors retiré dans un monastère près de Vérone. Marie le demandait pour légat, et exprimait sa ferme résolution de remettre l'Angleterre sous l'obéissance de l'Eglise. Le plein succès de cette négociation répandit la joie dans Rome, où les réjouissances publiques durèrent trois jours. A cette époque, les papes croyaient avoir le droit d'intervenir dans l'élection des empereurs. Ln 1558, après l'abdication de Charles-Quint, Commendon composa un écrit tendant à prouver que l'élection de Ferdinand était nulle de droit, comme ayant été laite sans l'autorité du saintsiège. Lnrsqu'en 1561, il fut question de continuer le concile de Trente, Commendon, alors évêt|ue de Zante, et auparavant d'Atri, fut envoyé par Pie IV, en qualité de nonce, en Allemagne. Il devait exhorter tous les princes, toutes les villes libres et tout l'Empire à concourir à la célébration du concile. L'Empereur- et le roi de Bohême, son lils, firent à Commendon un accueil très-distingué. I.e nonce montra beaucoup d'adresse et de talent dans cette occasion. II se rendit à Naumbourg, où la plupart des princes protestants se liguaient pour des intérêts communs. Commendon eût voulu ouvrir des conférences particulières avec ces princes, sachant que le seul moyen de les gagner était de les désunir ; mais il ne put être admis qu'en assemblée générale. Il y parla avec éloquence, avec fermeté, et reçut des témoignages d'estime personnels dans la déclaration que firent les princes qu'ils ne reconnaissaient point le |K)ntife romain. Cependant l'électeur de Saxe accueillit honorablement le nonce dans ses Etats. L'électeur de Brandebourg, après l'avoir entendu dans son palais, lui dit en soupirant : « En vérité, révé- « rendissime seigneur, vous me donnez bien à pen- « ser, » et il lui offrit son amitié. Commendon visita ensuite le duc de Brunswick, les électeurs de Cologne et de Trêves, le duc de Clèves, gendre de l'Empereur, et les évêques d'Allemagne, présentant partout les lettres et la bulle du pape ; souvent mal reçu comme envoyé de Rome, toujours bien accueilli pour l'estime que l'on faisait de ses vertus et de ses talents. Il proposa, mais eu son nom seulement, une alliance entre les électeurs ecclésiastiques, les évêques et les princes voisins, afin de s'opposer à la ligue des princes protestants. Sur ces entrefaites, il reçut de Rome l'ordre de se rendre en Danemark, pour indiquer au roi Frédéric II la convocation du concile; mais ce prince refusa de le recevoir Cmnmendon se rendit, par Liège et Aix-la-Chapelle, en Flandre, où Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme, gouvernante des Pays-Bas, lut accorda sa

confiance. Il eut de fréquentes conférences avec le cardinal Granvclle sur les moyens de ramener l'Europe chrétienne à l'unité. C'est dans cette vue qu'il écrivit pour que Baïus et Uessclius fussent admis au concile. Cliargé de se rendre en Suède, il ne put remplir cette mission, le roi lui ayant écrit qu'il s'apprêtait à partir pour l'Angleterre, dans le dessein d'épouser la reine Elisabeth. Le nonce se rendit alors de Lubeck à Hambourg et à Brème, traversa la Hollande, la Frise et la YYeslphalie, et reçut à Bruxelles des lettres qui le rappelaient en Italie. Il partit après avoir conféré avec le duc de Lorraine à Nancy, avec les électeurs de Trêves et de Mayencc. Il venait de déployer les talenis d'un grand négociateur, mais sans a\oir pu avancer en Allemagne les araires du concile. Il se rendit à Trente, et fut envoyé par les légats à Inspruck où se trouvait alors l'Empereur. En 1564, il partit, en qualité de nonce, pour la Pologne. Sigismond-Auguste lui donna d'amples témoignages de son estime et de son amitié. Les esprits étaient alors violemment agités par les troubles qu'excitaient les novateurs. Commendon attaqua vivement le fameux Ochin, si connu par sou inconstance dans les dogmes de la religion, et obtint du sénat un décret qui chassa du royaume tous les étrangers, prédicateurs imprudents de nouvelles doctrines. Le nonce s'attacha ensuite à réunir les évêques divisés. Bientôt, ayant reçu le volume des Vtcrcls du concile de Trente, il le présenta à l'acceptation du roi, dans la diète assemblée à Varsovie, et prononça, en cette occasion, un discours si éloquent, que Gratiani, qui était présent, dit, dans sa Vie de Commendon, que plusieurs sénateurs furent attendris jusqu'aux larmes. Dés que le nonce eut fini de parler, il présenta le livre que tenait Gratiani, et voulut se retirer ; mais Sigismond le retint, et lui dit en souriant : a Vous savez si peu notre langue, « que nous opinerons ici, devant vous, aussi libre— « ment que si vous n'y étiez pas. » L'archevêque de Guesne voulut proposer des moyens dilatoires; un murmure général s'elera, et Sigismond-Auguste, prenant la parole, dit : a Le nonce a parlé avec tant o d'ordre, de jugement et de force, qu'on peuteroire a que Dieu lui-même a inspiré son discours; je me « crois donc obligé de recevoir les décrets du con- « cile, a et la diète les reçut aussi avec acclamation. Cette nouvelle, arrivée à Rome, y causa une grande joie, et Commendon fut fait cardinal (mars 1565). 11 reçut le chapeau à la diète d'Augsbourg, où il avait été envoyé en 1566, en qualité de légal, pour menacer l'empereur Maximilien de la déposition et de la privation de ses Etals, si l'on prétendait traiter dans la diète des affaires de religion : il n'y fui question que des moyens de s'opposer aux Turcs qui menaçaient la Hongrie. Commendon travailla aussi, mais sans beaucoup de succès, à faire recevoir le concile en Allemagne. En 1569, Pie V ayant créé Cosmc de Médicis grand- duc de Toscane, Maximilien cassa cette nomination avec menaces, et le pape chargea Commendon d'apaiser ce différend. On sait quel fut le résultat de celte négociation. Maximilien céda; mais il fallut que Cosme appuyât par une

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ivOmmc assez considérai "le l'éloquence de Commenilon. Lu t37l, lois de la ligue sacrée conclue an Vatican contre les Turcs, Commendoii fut cliaiixé d'engager «Ions la confédération les cours de Vienne et de Varsovie; niais cette négociation n'eut point de succès. Maximilicn montra de l'incertitude, cl Sigismond mourut. Commendon eut ordre de demeurer en Pologne jusqu'après l'élection du nouveau roi. Il (il admirer son éloquence, en 1573, dans la diète de Varsovie, qui, suivant de Thon, était composée de 30,000 gentilshommes assemblés sous des tentes, et qui se termina par l'élection du duc d'Anjou. Commendon devait solliciter la couronne en faveur de l'archiduc Ernest ; mais la cour de Vienne trouva qu'il avait tiop servi les intérêts de la France. Grégoire XIII étant tombé malade, les cardinaux d'Est, de Médiris et plusieurs autres songèrent à élever Commendon sur le trône pontifical ; son élection paraissait certaine, mais Grégoire ne mourut point. Commendon s'était retiré à Padoue, où, après avoir été longtemps tourmenté par une insomnie continuelle, il cessa de vivre le 26 décembre 1384. « La cour de Rome, dit Flècl.ier, n'eut « jamais de ministre plus éclairé, plus agissant, plus « désintéressé, ni plus fidèle. » Il fut employé dans les ambassades les plus importantes, et passa presque toute sa vie dans le maniement des plus grandes affaires de son temps. On imprima à Paris, en 1573, in -5°, son Oratio ad l'olonos, et il en parut, la snëmc année, une traduction française in-8°, par Belleforcst. Antoine-Marie Gratiani composa en latin la vie du cardinal Cmninendon; Roger Akakia, iils de Martin Akakia (coy. re nom), la lit imprimer ii Paris, en 1619, in-12, et elle fut traduite en français, Paris, 1G7I. in-12. Cet ouvrage est estimé; l'original et la traduction sont écrits avec beaucoup (T élégance et de pureté. V — VB.

COMMLRLLL (l'abbéDE), aumônier de la princesse de Lrrwenstein cl membre de la société d'agriculture de Paris, habitait la Lorraine allemande, el s'est occupé de l'économie rurale ; il a fait connaître en France toute l'utilité qu'on pourrait retirer de la culture de quelques végétaux en usage en Allemagne. Vers 178t, il se donna une certaine célébrité en publiant une brochure dans laquelle il piéconisait les avantages prodigieux d'une plante alors peu connue, qui est une variété de la betterave, à laquelle il donna les noms contradictoires de racine d'abondance et de racine de diictle, et que l'on désigne aujourd'hui tout simplement par celui de bet- Uravc champêtre. Il avait sans doute raison de re- QOmiMnder Celte plante très-productive; niais il y a beaucoup à rabattre dans les éloges qu'il en a laits. L'abbé de Coinmerell savait que la rahon setde et la vérité toute nue n'attire pas l'attention du vulgaire. Il avait cultivé lui-même cette' plante el Pavait propagée dans le pays qu'il habitait. Il distribuait au loin les graines qu'il en avait recueillies. Une grêle effroyable ayant ravage en 1788 les campagnes d'une partie de la France, le gouvernement lit répandre une instruction sur les moyens de réparer ses effets désastreux. CununcrcU publia dans le même but:

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1° Mémoire sur ta culture cl les avantages de la racine de disette ou betterave champêtre, Paris, I7Sl\ in-8» ; 2 Supplément à VAcit aux cultivateurs do t les recolles ont été ravatjêes par la grete, Paris, 17S8, in-8- ; 3° Mimoir* sur la culture, l'usage el l'avantage du chou à faucher, in-8° ; 4° Mémoire fur l'amélioration de l'agriculture par la suppression de la jachlrc, Paris. I7N8, in 8", et ibid., I7P8, même lormat. Coinmerell était en 1703 président du district de Sargucmines, mais il fut près de périr sur Fechafaud pour une expression très-innocente découverte dans une de ses lettres adressée à une dame, en lui envoyant des oiseaux étrangers, a Je vous envoie, « éri i> ait-il, les deux charmants émigrés que \ous « désirez avoir. » Arrêté comme conspirateur, il fut traduit au tribunal révolutionnaire, et il eut beaucoup de peine à prouver que ce n était qu'une praisanlerie. L'abbé de Coinmerell vécut encore quelques années, toujours occupé d'observations et de travaux agricoles. D — P — s.

COM MITRON (PntUBBKT)i botaniste, naquit le 18 novembre 1727, à Ch.itillon-lez-Dombes, où son père était notaire et conseiller du prince de Dombes. Ses études littéraires étant linies, il alla étudier la médecine à Montpellier en 17 47, y Tut reçu docteur, et y passa quatre ans pour se livrer à l'étude de la botanique et de l'histoire naturelle. Il commença dès lois un herbier, qui a clé le plus nombreux et le plus riche eu espèces différentes qu'un seul homme ait pu former par lui-même Tous les jeunes médecins qui fréquentaient celle école, ayant été témoins de ses connaissances et de sa prodigieuse activité, portèrent sa réputation jusqu'aux extrémités de l'Europe. Linné lui éciivit, et l'engagea à faire la description et la collection des poissons les plus rares de la Méditerranée, pour la reine de Suéde ; ce travail a formé un • ichlhyologie complète, qui était en état d'être publiée dés ce Icmps-là. Cette commission lui procura les moyens île faire un grand nombre d'observations du plus grand Intérêt. La reine de Suéde lui en témoigna sa satisfaction par des présents qui flattèrent beaucoup son amourpropre. En 17oo, il lit un voyage à Genève, pour herboriser dans les montagnes de la Savoie el de la Suisse, et il alla voir à Cerne l'illustre llaller, avec lequel il était eu commerce de lettres. L'année suiv..ntc, s 'étant lixé à Chàlillon, il y forma un jardtU botanique très- riche, et parcourut les montagnes de l'Auvergne, du Dauphiné et le mont Pilale, près de Lyon. Dès lors il était en correspondance avec Lalande, né dans la même province, et qui a toujours été son ami le plus intime et son admirateur. Ce fut lui qui détermina Conimersun à venir demeurer à Paris, en 1 76 S . Quelque temps après, il fut choisi, comme savant naturaliste, pour faire le voyage autour du monde, dans l'expédition que devait commander Bouaalnville. Le ministre de la marine lui ayant demandé une notice générale des observations d'histoire naturelle qu'il élail possible de faire dans un voyage tel que celui des terres Australes, Cominersou lui présenta un projet qui parut si complet et si bien conçu, que l'on en fit des copies pour aci-

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vir de guide à tous ceux que l'on voudrait charger de pareilles recherches. Il partit au commencement de I7G7, et au mois de mai suivant il arriva à Montevideo; il parcourut cnsuilclesenvironsde Rio-Janeiro et de Bucnos-Aircs. Après y avoir séjourné trois mois, et avoir lait une collection de plantes, il visita les lies Malouincs, la terre de Feu et les côtes du détroit de Magellan. Ses observations prouvèrent que les Patag<ms ne sont pas un peuple de géants, comme quelques navigateurs, qui ne les avaient vus que de loin, l'avaient dit dans leurs relations exagérées. Il Convient cependant qu'ils sont en général d'une liante stature. Il visita ensuite les des de la mer du Sud, et surtout celle de Taili, dont il fit une description qu'il envoya à Lalande, et que ce savant lit insérer dans le Mercure de France, en octobre 1769. Elle diffère en plusieurs points de celle qui a été publiée par Bougaiuville. En revenant, il parcourut les côtes de la Nouvelle-Bretagne, de la terre des Papous, les Moluques, l'Ile de Java, Batavia, et il arriva à l'Ile de France sur la lin de 17(58. Commerson trouva dans cette colonie le voyageur Poivre, qui en était alors intendant, et que le ministre de la marine avait chargé de l'engager à prolonger son séjour dans cette ile, dans celle de Bourbon et de Madagascar, pour connaître et décrire une partie des richesses naturelles qu'elles renferment. Il vit partir avec un bien vit regret ses compagnons de voyage, et il resta pour remplir sa nouvelle mission. Un fragment d'une lettre qu'il écrivit à Lalande, le 18 avril 1771, après avoir passé quatre mois à Madagascar, peut donner une idée de son style et de sa manière de voir : « Quel admirable pays que Madagascar ! Il « mériterait seul, non pas un observateur ambulant, « niais des académies entières : c'est à Madagascar " que je puis annoncer aux naturalistes qu'est la vé- « ritablc terre de promission pour eux; c'est là que « la nature semble s'être retirée comme dans un « sanctuaire particulier, pour y travailler sur d'au- « très modèles que ceux auxquels elle s'est asservie « ailleurs : les formes les plus insolites, les plus nierai veilleuses s'y rencontrent à chaque pas. I.e Diosco- « rides du Nord, M. Linné, y trouverait de quoi o faire encore dix éditions de son Système de la « nature, et linirait peut-être par convenir de bonne « foi, que l'on n'a encore soulevé qu'un coin du « voile qui la couvre, etc. » A Bourbon, il décrivit le volcan qui est au milieu de Pile, et qui était alors terrible. On voit, par les manuscrits de Commcrson, combien il s'était occupé de minéralogie, et qu'il avait de profondes connaissances sur les diverses parties de l'histoire naturelle. A l'exemple de Linné, il voulut que les noms qu'il donnait à ses nouveaux genres de plantes lissent allusion aux personnes auxquelles il les dédiait, et qu'ils exprimassent l'opinion favorable ou défavorable qu'il voulait en donner. Cette sorte d'apothéose, d'immortalité, est un jeu d'esprit puéril dont les botanistes ont souvent abusé. C'est lui qui a donné le nom d'hortensia à la plante originaire de la Chine qui fait aujourd'hui l'un des principaux ornements des jardins et des salons en Europe. Une jeune Bretonne, nommée Barré, qui

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l'avait suivi en qualité de domestique, habillée en homme, le secondait avec beaucoup d'intelligence dans ses herborisations. C'est la première femme qui ait fait le tour du monde; son sexe, ignoré jusqu'alors du reste de l'équipage, fut reconnu à Taïli par les insulaires. Coimnerson mourut à l'ile de France en 1773. Le ministre fit venir à Paris ses papiers, ses dessins et ses collections, qui furent déposées au Jardin du roi. Ce savant, trop occupé à observer et à rassembler des objets qu'il se proposait de décrire dans un grand ouvrage, ne put y mettre la dernière main. Il n'a publié aucun ouvrage essentiel, et on n'a de lui que les fragments de quelques lettres, dont l'une est insérée en entier dans le Supplément au Voyage de M. de Bougainville, traduit de l'anglais par Fréville, Paris, 1772, in-12. Avant son Voyage, il avait composé un Martyrologe de la Botanique : c'était l'histoire de tous les botanistes morts victimes de leurs travaux et de leur zèle pour cette science. Par une honorable exception, l'académie des sciences le nomma un de ses membres, quoique absent, et qu'il ne lui eût jamais ni lu ni envoyé de mémoires. Il aurait été sensible à cet honneur, mais il était mort à l'ile de France depuis huit jours, lorsque cette compagnie savante le lui conférait à Paris. MM. de Jussicu et Lamark ont rendu hommage à sa mémoire, en publiant d'après son herbier, ses dessins et ses manuscrits, un grand nombre d'espèces et même de genres nouveaux. Forster, qui a fait le même voyage de la mer du Sud avec le capitaine Cook, lui a dédié un genre de plantes qu'il a nommé Commersonia. Lalande a fait son éloge historique, que l'on trouve dans les Observations sur la physique et l'hiftoire naturelle, par l'abbé Rozier, année 1775, in-4», t. 1", p. 89. D-P— s.

COMMIRF. (Jean), jésuite, né à Amboise, le 25 mars 1025, mérite une place distinguée parmi les modernes qui ont cultivé la poésie latine. On peut croire que son talent ne se serait pas élevé jusqu'aux grandes compositions; mais il réussissait parfaitement dans les pièces qui, à raison de leur peu d'étendue, n'exigent qu'une application médiocre. Il avait fait une étude particulière d'Horace, et les connaisseurs trouvent que le P. Commue saisit quelquefois dans ses odes le ion de son inimitable modèle. Ses fables n'ont ni l'élégante précision, ni le but moral de celles de Phèdre ; peut-être même sont-ce moins des fables que d'ingénieux parallèles, d'agréables descriptions; mais les charmes du style couvrent si bien les défauts du sujet, qu'on les lit toujours avec plaisir. Ses paraphrases des Psaumes et des prophètes n'ont pas le genre de mérite qu'on leur souhaiterait, et les qualités de l'auteur sont l'opposé de celles qu'il lui aurait fallu pour rendre la majesté et le sublime des livres saints. Le P. Conv mire ne se dispensa point de ses devoirs pour se livrer à des études qui contribuaient cependant a répandre de l'éclat sur son ordre, et, pendant plusieurs années, il professa la théologie; il fournit aussi des morceaux au Journal de Trévoux, entre autres des Remarques sur les poésies de St. Orientas (1701 ). On assure qu'il avait fait sur Ovide dea

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