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iler le rappel des proscrits, et proposer des mesures législatives pour encourager les sciences et les arts, pour assurer la propriété littéraire, pour réorganiser l'instruction publique, etc. Il Int appelé au lauteuil le 1» août 1795; ce dangereux honneur devait mettre à l'épreuve son courage , car l'assemblée fut bientôt attaqué* par les sections. Cbénier la défendit avec vigueur, et fut porté dans le sein du comité de salut public après la journée du 13 vendémiaire an 4. Lors Je la création du directoire , il passa au conseil des cinq-cents. Là ses opinions semblèrent encore se modifier. On le vit même se joindre à Louvcl pour attaquer la liberté de la presse , dont on faisait alors un si déplot aide abus, et, dans les débats qu'amenèrent les élections de 171)8, se pronomvr en laveur de mesures i|ui compromettaient gravement la liberté des suffrages. Séduit par les débuts de la révolution du 18 brumaire , il se rallia d'abord au nouveau gouvernement ; mais aussitôt qu'il eut pressenti l'empereur futur sous le jeune consul, Cbénier reprit au tribunal son esprit d'inflexible opposition républicaine, et ses dernières paroles dans cette assemblée lurent une attaque violente contre les tribunaux d'exception. Depuis plusieurs années il n'avait rien écrit |M>ur la scène, lorsqu'à l'époque du couronnement il donna Cyrux, tragédie de circonstance, qui contenait plus «l'une allusion flatteuse pour le conquérant devenu empereur. Celte concession à l'homme et à l'ordre de choses dont il s'était montré le constant adversaire pla«;a Chômer dans une situation des plus fausses. Le soin qu'il avait pris d'entremêler des conseils aux éloges fut entièrement inutile : Bonaparte ne goûta nullement les conseils, et le public protesta par des sifflets contre les éloges , qui lui parurent une prestation de foi aussi déplacée que tardive. Cyrus n'est pas du reste à l'abri de quelques critiques : celle imitation d'une des meilleures pièces de Métastase rappelle un peu trop àlèrope, que rien ne iieul faire oublier ; le style est inégal, cl souvent trop lyrique. In 1803, Cbénier avait été nommé ins|Mi« leur général des éludes ; cet emploi, qu'il remplissait avec beaucoup d'exactitude, lui fut enlevé en 1806, à la suite de la publication de son Epitre à Voltaire. Indigné de se voir comparer à TibèlC , Manoleon avait d'abord ordonné qu'on arrêtât l'auteur : il se contenta ensuite de le priver de ses fonctions, a Un homme qui outrage la religion, « dit-il , «toit cesser de présider à l'éducation de la « jeunesse. » ( Voy. Fouetté. ) Cbénier, réduit par celte mesure à un état voisin de l'indigence, accepta d'abord une place que Daunou lui lit obtenir dans les bureaux des archives; mais une si mince ressource ne pouvant lui suffire, il se décida non sans peine à s'adresser à l'empereur, qui lui accorda Mir- Ic-champ une pension annuelle de 8.000 fr. Marie- Joseph Cbénier mourut peu d'années après, le 10 janvier 1811 , à peine âgé de <7 ans. Son éloge funèbre fut prononcé par Arnault sur le cercueil. Ses manuscrits , légués à madame Lesparda , son amie, devinrent l'objet d'un procès , à la suite duquel la propriété en a été dévolue à l'alné des frères Ché-
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nier, Constantin-Xavier. ( Toy. plus liant son article.) Sa place à l'Académie fut (tonnée a M. de Chateaubriand, qui dans son discours de réception, tout en rendant justice aux talents de Cbénier, ne put s'etnpécher de blâmer ses opinions. I ne commission de cinq membres ayant , selon l'usage, pris connaissance de ce discours , décida qu'il ne pouvait être prononcé. On le porta aussitôt & l'empereur. Celui-ci, après l'avoir hautement désapprouvé , indiqua luimême les corrections qu'il jugeait nécessaires (1| ; mais M. de Chateaubriand ne voulut pas les admettre. Il aima mieux renoncer à l'Académie , qui ne s'ouvrit en cflet pour lui qu'après la restauralion. Les orages politiques, les butes et les travaux littéraires avaient consumé rapidement l'existence «le Cbénier. Doué «l'une amc ardente et passionnée, il porta toujours a l'extrême ses qualités et ses défauts; mais placé dans des circonstances plus propres à faire ressurtir ses défauts «pic ses qualités, il Tut jugé par ses contemporains avec une extrême rigueur. Cbénier ne sut rien pardonner a ses ennemis, et il s'en attira beaucoup par l'exagération de ses opinions, par la hauteur et l'irritabilité fébrile de son caractère. L'âge calma cependant peu à peu la violence de ses haines, et ailoucil l'amertume de ses relations. Il fit arrêter la publication des Deux Missionnairn, satire virulente dirigée principalement contre Laharpc, en apprenant «pre ce professeur était à son lit de mort. Quelques années plus tard, nonseulement il lut sans colère une satire où Nodier l'avait attaqué, mais il la trouva bonne, se laissa présenter le jeune homme, et remplaça lui-même quelques vers par des vers meilleurs. Si Cbénier eut de nombreux adversaires, il cul aussi des anus dévoués. On cite parmi les hommes auxquetsil demeura inviolablement attaché, Gingucné, Carat, Fouclté et le contre-amiral Truguet. Calmnis avait été également du nombre de ses intimes, l-a réunion de ce petit cercle, «lont Suard faisait aussi partie, avait ordinairement lieu chez Fouché, ou à la campagne de Carat. Les tragédies dont nous avons parlé ne sont pas les seules qu'on doive à Marie-Joseph ; il en a laissé plusieurs autres, parmi lesquelles on distingue Philippe .Second, firutus et Catsius, enfin Tibère. Les deux premières n'ont jamais paru sur la scenc. Tibère, représenté le 15 janvier 184î,trcnte-
(O « Mon discours étant prêt, je fus apt<elé a le lire dersnt une « commission nommée pour l'entendre : il fui repoussé. A l'exrep- « tion tic dm on (rois nieiulircs. Il fallait loir 1) U'nriit di-s « Dits républicains qui m émulaient, et que I '1 inl*'- nidjnie de « mes opinions épou»aulail ; ils frémissaient d'indignation M de c frajeur au seul nwt de liberté... Bonaparte déclara que il le d sc eoura eûi été prohoncé. il aurait lai( fermer le» portes de i'Iu- « st. lut, et m'aurait jeté «Laos un eul de basse- fosse.... M. Haro c me rendit "le manuscrit ça et la dreluré. marqué ixb iralo de pa- « rentbéses et de traie* au eravnn par Bonaparte : l'ongle du : on « était enfanté partout, H j'avais une espér*. de plaisir dirriution a a croire le senUr dans mon Qauc J'avais conservera: discours • avec un soin religieux; le malheur a voulu que tout dernière- « ment, en quittant l'infirmerie de Marie-thérése, on a brille une « foule de papiers parmi lesquels le discours a péri. > ( t! virait ries Èttmuirtt inédits de M. de Chateaubriand, i Plus loin, M. d Chateaubriand parle d'une éditiou furtive de ce discours, niais elle a entièrement riisparo, et il ne reste aujourd'hui, selon son expression, que IVdUion de police. -
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trois ans après la mort tic l'auteur, a obtenu de lé- i
pi limes applaudissements. Cette belle étude, dont le style est généralement sage et correct, offre des traces fréi|uentes de la tradition du 18e siècle. Ce quelle a de froidement symétrique n'avait pas échappé à M. Villemain, qui s'exprime ainsi dans une de ses Leçon* : « L'étiquette rigoureuse qui, sous « l'ancienne monarchie , avait dominé le théâtre « français , se conserve dans Tibère avec plus de « scrupule que ne l'aurait voulu la vérité. L'imita- « lion de Tacite y parait éloquente, mais elle n'est « pas complète encore. La pièce de Chénier est « composée avec une discrétion sévère, une retenue a poétique qui n'atteint pas à la perfection de Ra- « cine, et ne sait pas y substituer des beautés hasar- « denses et nouvelles. » Néanmoins de Charles IX à Tibère le progrès est immense , et prouve (pie le poète s'est arrêté au moment où il arrivait a toute la maturité de son talent. Nous rappellerons en passant que le nom de Chénier ne manqua pas de donner l'éveil aux partis, et que sa pièce fut plus ou moins sévèrement jugée par les journalistes, suivant la nuance d'opinion à laquelle ils appartenaient. Chénier a réussi particulièrement dans la satire, à laquelle il s'est trop livré. Dans la cbalcur des querelles politiques et littéraires, il eut le tort d'apprécier sans équité , de traiter sans ménagement , des hommes estimables ; il eut encore celui de sacrifier à l'esprit de son siècle , en outrageant fréquemment la religion et la morale. Du reste , on trouve dans toutes ses satires de l'énergie, du sel et de l'enjouement. La versilication est pure , naturelle, et rarement il tombe dans la déclamation et la Ixmflissure qui déparent quelques-unes de ses tragédies, et qui sont particulières à l'école de la révolution. Des épltres , des discours et des contes en vers , des fragments de plusieurs poèmes , des odes et des hymnes, complètent la couronne poétique de Chénier. Le Chant du Départ, le plus connu de ses hymnes patriotiques, fut composé peu de temps avant la mort d'André. Sans doute Chénier voulait reconquérir une popularité qui lui échappait, et désarmer les bourreaux de son frère. Ce qu'il a fait de mieux en prose est sans contredit le Tableau historique de ta littérature française depuis 1789 jusqu'en 1800, qui lui assure un rang distingué parmi les critiques . bien que l'esprit de parti s'y montre encore quelquefois. Ce tableau présente, dans un style clair et concis, rémunération , l'analyse et l'appréciation de tout ce que cette période de vingt ans a produit de remarquable dans toutes les parties auxquelles r»rt d'écrire peut s'appliquer. Plusieurs chapitres en avaient été lus à la deuxième classe de l'Institut. Académie française. Nous ne parlerons pas des rannorts et des discours prononcés par Chénier dans les diverses assemblées politique» dont il rit partie. Quelques-uns, il est vrai, ne sont étrangers à la littérature ni par la forme ni par le fond, mais on ne trouve ilaus le plus grand nombre que cette exaltation stérile , cette emphase banale, qui caractérisent l'éloquence du temps. Malheureusement Chénier s'était jeté dans un paiti
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qui , a l'exception de quelques liommes éclairés, appréciait moins son talent que l'exagération de ses idées, et qui l'entraîna dans des écarts difficiles à juslilier. On sait qu'il fit le panégyrique de Marat, et qu'il composa des hymnes pour les fêles célébrées par l'athéisme en l'honneur de la raison. Il nous reste à donner la liste des ouvrages en vers et en prose de Marie-Joseph Chénier : 1° ta Mort du duc de Brunstciek, ode qui n'a point concouru pour le prix extraordinaire de l'Académie française, l'aris, 1787. in-8". 2° Azémire, tragédie en Sacles, Paris, 1787, in-8°. 3» Poème sur l'assemblée des notables, Paris on Londres, 1787, in-8°. i° Epilre à mon Père, Paris, 1788, in-8". 5° Dialogue du public et de l'aiiomjme, Hagnol (Paris), 1788, in-P2 de 32 p. Il est dirigé contre Ilivarol. 0° Le Ministre et l'Homme de lettres, dialogue, 1788, in-8*. 7° Lettres à M. le comte de Mirabeau, sur les dispositions naturelles, nécessaires et indubitables des officiers et soldats français et étrangers, 1780, in-8", opuscule devenu trèsrare. S0 De la Liberté du théâtre en France, 1780, iu-8° de Ali p., reimpr. à la suite de Charles IX. 9° Courtes Réflexions sur l'état civil des comédiens, Paris, 1789, in-80; réinipr. la même année. 10" Êpitre au roi, Paris, 4789, in-8*. M" Dithyrambe sur l'assemblée nationale, publié par M. Ducroisy, Paris, 178!). in-8\ 12» Dénonciation des inquisiteurs de la Pensée, Paris, 178», in-8" de Ci p. 13° A Messieurs les Parisiens sur la tragédie de Charles IX, 1780, in-8", brochure publiée sous le nom de Suard, et qui n'a pas été réimprimée dans les truvres de Chénier. 14" Charles IX, ou l'École des rois, tragédie en S actes, Paris, 1790, in-8°; ibid., 1826, in-32. 15° Hymne pour la féte de la fédération, Paris, 1700, in-8". 16" Ode sur la mort de Mirabeau, Paris, 1791, in-80. 17° Opinion sur le procès du roi, 1702, in-8". 18° Jean Calas, ou l'École des juges, drame en 3 actes et en vers, 1702 et 1793, in 8". 10° Henri VIII, tragédie en 5 actes, Paris, 1793, in-8"; réimpr. avec Charles IX, ibid., an 7 (1799), in-8"; seul, ibid., an 9 (1801), in-8" ; ibid., 1803, même format. 20° Férir/on, ou 1rs Religieuses de Cambray, Paris, 1703, in-8°, précédé d'un discours qui n'a point été imprimé dans les oeuvrai de Chénier, en tête de la pièce à laquelle il appartient, mais morcelé dans le t. 4 sous le titre de Réflexions sur la tragédie de Fénelon, ibid., an 11 (1803), in-80 ; ibid., 1820, in-32. 21° Caius Gracchus, tragédie eu 3 actes, Paris, 1703, in-8°. 22" Ix Triomphe de la république, ou le Camp de Crandpré, divertissement lyrique eu 1 acte, musique de Gosscc, Paris, de l'imprimerie nationale (Baudouin, 171)3), in-8"; réimprimé dans les ouvres sous le titre plus counu du Camp de Orandpré. 23° Timoléon, tragédie en 5 actes, avec des chœurs, précède d'une Ode sur la situation de la république durant l'oligarchie de Robes pu rrc et de ses complices, Paris, au 3 (1703), in-8". 2 S" Poésies lyriques, Paris, an 3 (1796), cl 1801 , in-18. 25° Jliédtre, Paiis, an 3 (1790), et 1801, 2 vol. in-18; autre édition, plus complète que la précédente, précédée d'une notice et augmentée d'un volume contenant le Théâtre posthume, etc., Paris, 1818, 3 vol. iu-18,