GC . CHE
réimprimes en 1821 , avec «ne analyse par Lcmercii-r, de l'Institut. 26* Le Vieillard d'Ancenis, poème Hir la mort du général Hoche, Paris, an G (171)8), in-18 ; réimpr. dans les anciens Mémoires de l'Intlilut (t. 5, 4801). 27" Êpitre sur la calomnie. 4* édit., suivie du Vieillard d'Ancenis, Paris, au 6 (l"«J8), in-18; presque entièrement refait sous le litre de Discours en vers sur la calomnie, ibid,. même année et même format. 28° Pie VI el Louis XVIII, conférence théologique et politique trouvée dans les papiers du cardinal Uoria, Paris, an 6 (17H8), in-8°. Oitc traduction, supposée de l'italien, n'a pas été admise dans les œuvres de l'auteur. C'est une satire impie et obscène qui fait peu d'honneur à Chenier. Elle a été réimprimée, Paris, 1830, in-18. 29° Discours prononcé à ta cérémonie funèbre célébrée au champ de Mars, te 20 prairial an 7, etc., Paris, an 7 (17D9), in-18. 30* Le Docteur Pancrace, satire contre Hœdercr et Lezay de Marnezia, Paris, an 7 (1799), in-18 31° Discours sur les progrès des connaissances en Europe el de l'enseignement public en France, prononcé à la distribution drs prix des écoles centrales, le 20 thermidor an 9, Paiis, 1801, in -8°. C'est plutôt un morceau d'histoire littéraire qu'une harangue. 52* Les Nouveaux Saints, satire, Paris, 1801, m s', réimpr. plusieurs fois la même année. La 6* édition, 1802, est augmentée d'oojrrvahons sur te projet d'un nouveau dictionnaire français, et sur le Dictionnaire de l'Académie. Trie traduction italienne des Nouveaux Saints a été imprimée à Paris, même année. 33° Les Miracles, ou la Grâce de Dieu, conte, sous le pseudonyme de l'abbé Mauduit, Paris, an 10 (1802), in-8° ; V édit., augmentée «'une Lettre à Geoffroy, cl du Maître italien, nouvelle, ibid., et même année. 34" Petite Êpitre à J. Delille, Paris, 1802, in-16, réimpr. en tête des Deux Missionnaires. (Voy. le numéro suiv.). 33" ici Deux Missionnaires, ou Laharpe el Naigeon. Paris, 1803, in-16, satire dont Chénier anéantit, presque toute l'édition au moment de la mise en vente. Elle a eu cependant deux réimpressions in-8*, précédées l'une et l'autre de YÉpitre à J. Delille. On s'est contenté de supprimer dix ou douze vers. 3li° Êpitre d'un journaliste à l'empereur, salire contre Geoffroy, Paris, sans date, in-8*. 37° Discours en vers sur les poèmes descriptifs, Paris, an 12(1805], in 8° île 8 p. 38* La Retraite, sans lieu d'impression ni date (180G), in-16 de 3 p. ; réimpr., Paris, 1809, in-18. 31)' Discours prononcé à i Athénée de Paris, le 13 décembre 180» (pour l'ouverture du cours de littérature), Paris, 1806, in-8". 40° Êpitre à Voltaire, Paris, 1806, in-4* et in-8° ; ibid., 1820, in-12, (tort. ; ibid. , avec /« Coteries d'Alexis Lagarde,1820,iu-12. \\" Discours prononcé aux funérailles de M, Lebrun, Paris, 1807, in 8". 42° Discours adressé à S. M. I. en son conseil d'État, le 27 février 1808, au nom de la classe de la langue et de la littérature française. Palis, 1808, in-4* et in-8" ; réimpr. avec quelques changements en lêtcdu Tableau historique. 43° Hommage à une belle action, Paris, 1810, in-18. WOEuvresdiverses et inédites, contenant la Bataviade, poime, etc., *vec des noies (par M. Mellinct), Bruxelles, 1810,
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in 8*. T.es pié/cs qui composent ce volume- ont étd réimprimées dans les OEuvres complètes. 4.V Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789, Paris, 1816, 1818, 1821, in-18, et réimpr. plusieurs fois depuis. 46" fragments du cours de littérature fait à l'Athénée de Paris en muet 1807, Paris, 1818. in 8°. 47° Poésies diverses. Paris, 1818. in-8°. 48° Tibère, tragédie en S actes, Paris, 1819, in-88; 182»», in-32 ; 1814, in 8°. 49° Poésies, suivies d'une irailuelion de la Poétique d'Aristotc, Paris, 1822, 2 vol. in-18. W Choix de Poésies diverses, Paris, 1822, in-18; réimpr. sous le titre d'Oliuvres choisies, ibid., 1820, iu-18. M*el 32" l/* Théâtre de Chenier se trouve dans le Panthéon littéraire, à la suite des OEuvres complètes de Ducis, Paris, 1839, 1 vol. grand in-8°, à 2 col., et un choix de ses œuvres a été imprimé récemment, Paris, 1 vol. grand in-18, qui fuit partie de la Bibliothèque Charpentier. 53* Enlin OEuvres complètes (anciennes et posthumes), précédées d'une notice histoiiqne par Arnault, revues et mises en otdre par D.-Ch. P.cbert, Paris, 1824-26, 8 vol. in-8°avec port, et fac-similé. Paimi les ouvrages qui ont paru pour la pi entière fois dans ce recueil, on remarque ; trois tragédies, Cgrus, Philippe Second, Bi utus et Cassius; des discours en vers, sur l'Erreur, sur l' Intérêt personnel, sur la Raison ; une admirable élégie intitulée la Promenade ; des fragments de trois poèmes, sur tes Principes des arts, sur les Campagnes d'Italie, sur l'Art du théâtre; le Concile de Conslance, le Coucou, la Lettre de cachet, contes ; «les imitations et traductions en vers du Nathan le Sage de Lessiug, de Y Œdipe à Colonne el de YOEdipe-Roi do Sophocle, de Y Art poétique d'Horace, cl de plusieurs morceaux de Virgile ; une traduction du Dialogue sur les orateurs, attribué à Salluste ; enlin des leçons sur les poêles et les historiens français jusqu'au régne de Louis XII. Chénier a fourni beaucoup d'articles aux journaux du temps, el surtout au Mercure, dont il fui, en 180.1 el 1810, un des principaux collaborateurs. Son Rapport sur les prix décennaux, inséré dans le recueil de Nlislitut, année 1810, est justement estimé, il. Quérard, dans sa France lilléraire, cite plusieurs opuscules de Chenier, qui, |»our différentes raisons, n'ont ps été admis dans les OEuvres complètes. 11 a aussi relevé les litres do presque toutes les apologies et les critiques dont ce poêle a été l'objet. — La Revue des Deux- Mondes (t. 5 de la nouvelle série, p. 210 à 321) contient un excellent morceau de critique littéraire dans lequel les ouvrages et le caractère de Maiie-Josepb sont appréciés par M. Ch. Labilte avec autant d impartialité que de talent. Cil— s.
CHKMOT (Atuu), médecin, naquit à Luxembourg en 1721. Son père, qui était meunier, lut donna cependant une éducation assez soignée. Il se rendit en 1746 à Vienne pour y étudier l'art do guérir, sous van Swiéten, qui le fit envoyer, en 1";»à, à Cronstadt, pour y traiter la peste, qui y faisait de grands ravages. Les habitants niaient, comme ils le firent plus lard à Moscou, la présence de la maladie. Chcnoi la déclara pour ce qu elle eiait
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réellement, et il donna pendant deux ans des preuves de son intrépidité et de son dévoilement pour Recourir les malheureux : ii fût nommé ensuite médecin do la peste [physicus contagionis) à Hermanstadt. L'impératrice Marie-Thérèse lui conféra, en 1770, le médaille d'or de première classe cl !c nomma trois ans après protomédecin de Sicbenburg. C'était une récompense bien faible pour les services qu'il avait rendus. Il mourut le 9 mai 1789. Ses écrits sont : 18 Traclalus de peste, Vienne, «766, iu-8'; trad. en allemand par Schweighart, Dresde. 1776, in-8". 2° Ilisloria petli$ Transilvanicœ annorum 4770 et 1771. opus posthumum, jutiu regioedidit et prafatus est F. Schvaud, Bade, 179î>, in-8°. On a encore publié en 1798 des écrits posthumes qu'il a laissés sur les établissements de police médicale dans la prsle. G— T— R.
CHENU (Jean), avocat, né à Bourges, le 29 décembre 1559, partagea son temps entre les devoirs de son élat et la composition de plusieurs ouvrages, dont les uns concernent la jurisprudence, et les autres l'histoire de sa province, dont il avait fait une étude particulière. Il mourut le 16 décembre 1627, à 68 ans. Thomas de la Thnumassière a inséré son éloge dans le t. 1" de son Histoire du Berri, p. 75 et suiv. On trouvera le catalogue de ses écrits dans Niecron, t. 49, p. 163. Nous en citerons les principaux : 1» jlrc/itep»cr>porMii» et episcoporum Galtia chronologica Ilisloria. Paris, 1621 , in-4% assez exact, mais superficiel, et d'ailleurscfTacé par la Galliatlhristiana. {Voy. Ste-Martiie.) 2° Chronologia hislorica patriarcharum , archiepiseoporum Bituricens. et Aquitaniarum primatum, Paris, 1621, in-4* : cette 2* édition est la meilleure. 3" Recueil des antiquités et privilèges de la ville de Bourges et de plusieurs autres villes capitales du royaume, Paris, 1621, in-4". Il laissa manuscrit une Conférence de la coutume de Bourges et de plusieurs autres villes capitales des pays voisins, et eu ordonna l'impression par son testament : néanmoins cet ouvrage n'a jamais été publié. , W— ».
CHEOPS, qu'on croit le mémo que Chembés, dont parle Diodore de Sicile, devint rni d'Egypte vers l'an 1178 avant J.C., suivant les calculs de Larchcr. Il changea en tyrannie le gouvernement, qui avait toujours été très-raoderé , lit fermer les temples, interdit les sacrifices, et s'empara des revenus des prêtres, qui étaient très-considérables. Il accabla ses sujets de travaux insupportables, en leur faisant fouiller des carrières, tailler des pierres et construire des chaussées, uniquement pour élever la grande pyramide qu'il destinait à lui servir de tombeau. Cliéops poussa la dépravation jusqu'au point de prostituer sa propre fille. Il mourut après avoir régné cinquante et un ans et eut pour successeur Chéphren, son frère, qui marcha sur ses traces. Leur histoire est peu certaine. Hérodote, qui assure en outre que ces deux règnes durèrent cent six ans, convient lui-même qu'il n'en sait que ce qu'il avait entendu dira aux préiras, et il ne parait pas y ajouter beaucoup de foi. [Voy. aussi Diodore, I. 1.) C— R.
CHEOU-SiN. ou TCHEOU, dernier empereur
de la secende dynastie chinoise, appelée Chang, parvint à l'empire l'an 1151 avant l'ère chrétienne. Ce prince fut mi monstre sur le trône ; le luxe, la débauche, la tyrannie et la cruauté, y montèrent avec lui. Né avec un caractère violent, ennemi de la contradiction, faux, dissimulé, lâche, mais vain et présomptueux jusqu'à l'excès, il ne fut retenu ni par l'autorité des lois, ni par la crainte des peuples. Son nom est aussi abhorré à la Chine que celui de Néron l'est dans l'Occident. Ses crimes, qui se succédaient chaque jour avec plus de fureur, le précipitèrent enlin du trône, et il entraina dans sa ruine sa dynastie môme, qui avait subsisté avec gloire pendant le cours de six cent quarante-quatre ans. Son épouse, Tan-ki. fut la principale cause de toutes les atrocités qui souillèrent son règne. Jamais femme n'unit à tant de beauté un caractère plus féroce et plus sanguinaire. L'empereur ne se conduisait que par ses conseils, et ceux qu'elle lui donna ne tendirent qu'à le rendre barbare. Elle lui répétait sans cesse que la terreur est là plus sûre garde des souverains, et qu'il n'aurait de sujets soumis qu'autant qu'il les épouvanterait par l'appareil des supplices. Elle eut l'affreuse gloire d'en iuventer plusieurs, un, entre autres , qui consistait en une colonne d'airain , creuse en dedans, et munie d'une ouverture à sa base, par où l'on introduisait du feu ; on cm luisait extérieurement cette colonne de poix et de résine, et on la faisait rougir à uu feu violent. Le patient, dépouillé de tout vêlement, y était attaché avec des chaînes de fer, et ce malheureux était obligé d'embrasser des bras, des cuisses et des jambes, cette colonne enflammée, qui consumait ses chairs jusqu'aux os. Tan-ki se faisait un amusement d'assister avec l'empereur à cet horrible supplice, et souvent elle manifestait par des éclats de rire, l'affreux plaisir qu'elle goûtait à enlendrc les hurlements et les cris que la douleur arrachait à ces misérables victimes. Le luxe et les profusions de cette femme ne connurent point de bornes. Entre autres édifiera, elle lit construira en marbre une tour, qu'on appela la tour des Cerfs. Le sol de cette enceinte fut orné d'un superbe parquet, et l'art prodigua les matières les plus précieuses pour sa décoration intérieure. Lorsque cet édifice fut achevé, Tan-ki y fit allumer et entretenir une si prodigieuse quantité de flambeaux et de lanternes, que leur éclat égalait celui du soleil. C'est là que cette impératrice s'enfermait avec son époux pendant six mois de suite, oubliant la succession des jours et des nuits, et ne s'occupant, au milieu d'une foule déjeunes gens des deux sexes, que du soin de varier ses plaisirs, qu'elle poussait jusqu'à la dissolution la plus effrénée. C'est à ces longues orgies nocturnes que quelques auteurs rapportent l'institution de la féte annuelle des lanternes, si célèbre en Chine. Les ministres et les grands de la cour gémissaient sur tant d'excès, et cherchaient les moyens de détourner les malheurs qui menaçaient l'Etal. L'n d'entre eux, nommé Kieom-keou, crut qu'une passion nouvelle pourrait détacher l'empereur de celle qui l'asservissait à l'odieuse Tan-ki, et que, si I on parvenait à lui inspirer du gout pour
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une Tomme d'un caractère opposé, celle-ci réussirait peut-être à clianger le arur de ce prince, cl à le ramener sans violence à la raison et à l'humanité. Plein de cette idée, il ne relléchit pas assez sur le danger auquel il allait exposer l'innocence. Luimême mil une fille qui, aux charmes de la ligure, joignait tous les agréments de l'esprit, et qui était aussi vertueuse que l>cllc. Il lui lit part de ses projets. Cette icunc personne en fut d'abord épouvantée ; mais son inexpérience, sa soumission, et l'espoir, dont on la flattait, de sauver l'Etat, la firent enfin consentir à paraitre dans cette cour. Kllc fut présentée a Chcou-sin, qui parut frappé de tant de beauté, de grâces et de modestie ; elle fut même accueillie de Tan-ki, qui se proposait sans doute de lu rendre dans peu la compagne île ses dissolutions. Tout ce que la séduction peut mettra en œuvre d'artifices, tout ce que la passion a de plus tendre, lut inutilement employé |>ar l'empereur pour corrompre la lillc de Rieou-heou : sa vertu fut inébranlable. Las enfin d'une résistance qui l'Iiumiiiait, et qu'il n'était point dans son caractère de supporter longtemps, ce prince, furieux et désespéré, au moment où il venait d'essuyer de nouveaux relus, saisit celte aimable lillc par les cheveux, et la |>oig[iarda de sa main sous les yeux de Tan-ki. Aidé de celte mégère, il coupe ensuite ses membres en morceaux, les l'ait apprêter au feu, et envoie cet horrible mels à son malheureux |>ére, qu'il ordonne qu'on égorge aussilôl qu'il aura reconnu ces déplorables restes de sa fille. D'autres atrocités, commises froidement et sans passion, peignent peut-être mieux l'àme féroce fie ce monstre couronné. Il lui prit un jour fantaisie, ainsi qu'à sa cruelle e|jousc, de si voir comment les enfants se forment et prennent leur accroissement dans le sein de leur mère. On rassembla, par leur ordre, un certain nombre de jeunes femmes enceintes à différents termes, et ils les firent éventrer successivement pour satisfaire leur barbare curiosité. Peu de temps après, succéda une autre expérience. Dans les jours les plus rudes d'un hiver rigoureux, quelques hommes traversèrent à la nage un fleuve couvert de glaçons, et montrèrent une vigueuret une agilité qui étonnèrent tous les spectateurs Chcou-sin donna ordre qu'on les lui amenât, et leur fit briser les jambes, pour découvrir, disait-il, dans la conformation de leurs muscles, le principe de la force extraordinaire qu'ils avaient déployée. On n'osait plus hasarder de remontrances; toutes avaient été funestes à leurs auteurs. Pi-kan, oncle de l'empereur et l'un de ses ministres, homme d'une inflexible probité, eut cependant encore le courage de tenter un dernier cforl pour le rappeler â ses devoirs; comme il le pressait vivement de changer de conduite, le tyran furieux l'interrompit, et lui dit : « J'ai ouï raconter, mon oncle, « (pic le cupur des sages avait sept ouvertures dill'e- « rentes; je ne m'en suis pas encore éclairci, mais je « veux m assurer aujourd'hui si ce fait est certain. » Se tournant en même temps vers quelques-uns des scélérats qui l'accompagnaient toujours, il fait massacrer Pi-kan, et ordonne qu'on lui arrache le cu?ur. Des attentats ausVt multipliés avaient répandu Ja
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terreur dans tout l'empire. Les grands et tout oc qui restait de princes de la famiiic impériale, avaient aliandonné la cour pour se mettre à l'abri des caprices du tyran. La plupart ne ces illustres exilés s'étaient retirés à la cour de Tchéou, prés de Ououang, le plus vertueux comme te plus puissant des princes feudalaires ; tous unirent leurs prières pouf le conjurer de sauver l'Etat, en chassant du trône un mont Ire qui le déshonorait depuis trente-deux ans. La réputation de sagesse dont jouissait Ou-ouang, la paix et le bonheur que goûtaient les peuples soumis à ses lois, et sa puissance presque égale à celle des empereurs, le faisaient regarder comme le seul qui put mettre un terme aux fureurs insensées d'uu couple abhorré; tous les vœux, tous les suffrages publies l'appelaient à l'empire. Ce prince hésita Ion-temps; sa probité délicate lui faisait redouter le nom d'usurpateur. Cependant les maux de l'Etat croissaient, et les instances devenaient si pressantes, si universelles, qu'il se détermina enfin a prendre les arme* et à marcher contre Cheou-sin. Dès qu'on le sut à la tête de ses troupes, tout l'empire parut s'ébranler; on accourut eu foule se ranger sous ses drapeaux. Un grand nombre de gouverneurs de villes et de provinces, et la plupart des princes tributaires se rendirent dans son camp, suivis des renforts qu'ils lui amenaient. Chcou-sin , de son cote, s'était mis à la tête de forces considérables qu'il avait rassemblées. Les deux armées se rencontrèrent dans la plaine de Mou-yé, l'une des plus vastes de la province de Ho-nan. La bataille qu'elles s'y livrèrent fut terrible, et les troupes impériales y furent entièrement défaites. Le Chou-king rapporte qu'il y eut tant de sang répandu, « qu'il s'en * forma des ruisseaux sur lesquels flottaient les mor- « tiens destinés à piler le mil et le riz. » Cette victoire sauva l'empire, et en assura la conquête au prince de Tel, mu. Le lâche Chcou-sin fut un «les premiers à se sauver du champ de bataille; il courut à toute bride se renfermer dans le palais de sa capitale, où, des qu'il fut arrivé, il se para de ses plus riches bijoux et de ses vêlements les plus somptueux, et lit mettre le feu à tout l'édifice, pour ne pas tomber vivant entre les mains du vainqueur. Aussitôt que la nouvelle en fut parvenue à Ou-ouang, il fil partir un détachement de son armée pour aller éteindra I incendie, ou l'empêcher au moins qu'il ne se communiquât au reste de la ville. L'impératrice Tan-ki n'avait |«s eu le courage de mourir avec son époux ; celte femme détestée eut l'inexplicable effronterie de vouloir paraître aux yeux de Ou-ouang. Ornée de ses plus riches atours et parée avec tout l'art d'une coquetterie recherchée, elle s'était mise en marche pour aller le trouver; mais ayant été rencontrée par les troupes qui se portaient au secours du palais en feu, les officiers qui commandaient ce d facilement la firent enchaîner. Ils en donnérenl aussitôt avis au prince de Tchéou, qui envoya l'ordre «le la mettre à mort. Cette révolution, qui mil fin à la longue dynastie des Chang et donna naissance à celle des Tchéou, appartient, selon les liistoriens, à l'an 1 12i avant J.-C. G— n.
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CHERADAME (Jeah), né au commencement du 16* siècle, d'une famille originaire d' Argentan, prend a la têle de ses livres tantôt le surnom à'Ùippocratét, parce qu'il avait étudié la médecine, tantôt celui de CAarauriw. composé de deux mots grecs qui désignaient allégoriqucment son ardeur pour l'élude. On ignore la date de sa mort ; mais on sait qu'il s'acquit l'estime des gens de lettres qui contribuèrent à l'établissement du collège royal, de ceux qui en furent les premiers professeurs, cl qu'il y occupa lui-même une chaire de grec vers 15(0. On a de cet habile helléniste : 1° Ùramatica isagogica. Taris, 1521 , in-4' ; cette grammaire est claire et méthodique. L'auteur eu donna depuis un abrégé avec un parallèle mystique des lettres hébraïques et grecques, sous le litre d'Inlroduciio alfthubetica, etc., Lyon, 1537, in-8°. 2* Lexicon gracum, Paris, 1523. 3° Alphabetum Unguet sancl* mystico inlellectu referlum, 1532, in-8°. Ce n'est qu'un exposé de la valeur de chaque lettre de l'alphabet hébreu, accompagné d'un sens mystique assez conjectural. 4« Lexicopator etymon, 15-15, in-fol. C'est le plus Important des ouvrages de Chéradame. Mais les étymolo^ies n'en sont pour la plupart fondées que sur des conjectures. Cependant l'explication des termes grecs est ordinairement bonne. On trouve à la lin divers opuscules grecs, pour faciliter l'étude de cette langue aux commençants. 5* In omnes Erasmi Chiliades Epitome per Adrianum Barlandum, cum additamentis etaccurata Cheradami recognitione, 1526. Il se plaint dans l'epHre dédicaloire a Doudct, évèque de Langrcs, du peu de soin qu'on mettait alors à imprimer correctement les livres grecs et latins, « au point, disait-il, que si Aristote revenait, il ne reconnaîtrait passes propres ouvrages. »6° Des préfaces en grec sur chacune des neuf comédies d'Aristophane, dont il avait revu le texte, 1528. Duvcrdicr attribue à Chéradame une traduction française du livre d'Ulric de Hutten, intitulé : de ta Médecine du bois dit guaxac pour chasser la maladie de Naptcs, indûment appelée française, Lyon, sans date. — Jean-Pierre-René Chéhadame, né en 1738, ù Argentan, probablement de la môme famille que le précédent, fut membre de l'académie de médecine et trésorier de l'école de pharmacie à Paris ; concourut à la rédaction du Codex medicamentarius, et mourut le 24 août 1824. T— D.
CHERCHEMONT (Jean), né en Poitou, d une famille noble et illustre, sur la terre du Plessis- Ciierchcmont, près de Pailhcudes, vers la lin du 15* siècle, se livra à l'étude du droit, entra dans les ordres sacrés, plaida à Paris devant le parlement, et s'y lit remarquer par son éloquence. Devenu clerc du roi, il revint dans son pays, pourvu des fonctions de doyen de l'église de Poitiers. En 1520, Cherchemont était chancelier de Charles, comte de Valois, et il ne tarda pas a devenir évèquc de Noyon. Une plus haute position l'attendait ; car, légiste et prêtre, savant en droit et en théologie, le roi Charles le Bel éleva cet illustre Poitevin à la dignité de cliancelier de France, le choisit, en 1325, pour un des exécuteurs de sou testament, et lem-
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ploya, la même année, dans les négociations qui curent lieu pour la prorogation d'une trêve entre la France et l'Angleterre. A l'avéucmcnt de Philippe de Valois, Cherchemont remplit d'abord les fonctions de chancelier ; mais il ne tarda pas à cMrc remplacé. Retournant alors dans sa province, il lit une chute de cheval qui occasionna sa mort, et on l'inhuma à Poitiers, dans une chapelle qu'il avait fondée. On a reproché à ce chef de la justice un amour excessif de l'argent. Les confessions qu'il se lit faire, dans la ville d'Orléans, îles domaines dont le roi avait la libre dis|>osilion ; les poursuites dirigées contre ses héritiers en 1528, cl autorisées par le roi pour restitution de droits de sceau perçus exclusivement, et à outrance, à son profit, donnent lieu de penser qu'un homme aussi distingué que Jean Cherchemont sous les rapports politiques ne fut pas sans reproche pour ce qui concerne la probité : lout au moins on peut dire qu'il montra souvent une avidité qui se rapproche beaucoup du défaut de délicatesse. F— T— E
CHERCHEMONT (Jean de), neveu du précédent et (ils de Guillaume, docteur en droit, naquit a Poitiers. Destiné à l'Église, il fut d'abord chanoine de Stc-Hadegoiide de Poitiers et de Sl-Quentin, puis doyen de St-Gcriuain-l'Auxcrrois à Paris, et ensuite évéque de Troyes, siège qu'il changea pour celui d'Amiens, qu'il occupa de 1525 à 1373. Entré fort avant dans la confiance du roi Philippe de Valois, il finit par devenir chancelier de France, et mourut subitement, le 2G janvier 1575. Ce prélat fut inhumé dans la chapelle de Si-Sébastien de sa cathédrale, où on lui éleva un beau tombeau à lames de cuivre, sur lesquelles on grava une épitaphe eo vers latins. F— t — E.
CHÉIŒA (Cassics), Iribun d'une cohorte prétorienne, fut le chef de la dernière conspiration qui se forma ronlre Caligula. Il avait servi avec distinction dans les guerres d'Allemagne sous Tibère. Ses mœurs étaient austères; la répugnance et la lenteur qu'il mettait à faire exécuter les ordres sanguinaires «le Caligula le faisaient considérer comme uu homme sans coeur par ce prince, qui le traitait souvent de lâche et d'efféminé. Chérea, révolté des crimes de cet empereur, et offensé des railleries auxquelles il se trouvait chaque jour exposé, résolut de s'en venger, et de délivrer l'empire romain du tyran qui le gouvernait. Il se réunit à plusieurs personnages puissants, auxquels il confia son dessein. Calixte, Cornélius Sahinus, Minucianus, etc., se joignirent à lui. On convint que l'exécution du complot aurait lieu à l'époque îles jeux palatins établis en l'honneur d'Augii'lc. Chérea espérait que le prend concours de monde qu'y attirait cette solennité lui donnerait beaucoup de facilités pour son projet; mais trois jours se passèrent sans qu'il put s'exéculcr. Craignant enfin que son secret ne vint à se découvrir, il détermina les conjurés ù se réunir à lui le quatrième jour de ces fêles. Caligula prit sa place au spectacle, où. contre son ordinaire, il resta fort longtemps; mais Asprenas, l'un des conjurés, l'ayant engagé d aller prendre un bain, Calcula rculra dans son
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cas
palais, et, lorsqu'il traversait un passage souterraiu où se trouvèrent les conjurés, Chérea, en lui demandant le mot d'ordre, lui porta le premier coup. (Voy. Cauoui.a.) Ce prince resta bientôt mort sur la place. Cliérea fit ensuite assassiner Césonic, femme de CaliTula, et Drusille sa fille. Ce chef de la conspiration, <|ui voulait ramener les soldats aux lois de la république, essaya de les haranguer pour les empêcher d'élire un nouvel empereur ; mais il ne Tut pas écoulé. Quoiipie Caligula fïit un méchant prince, Claude, son successeur, voulut venger sa mort, afin de punir le crime d un traître. 11 (il mourir les principaux conjurés, avec Clicrca, qui reçut la mort avec courage. T— ».
CHÈREAS, historien grec, dont Polybc parle avec beaucoup de mépris. Ce que Cliéréas raconte, dit-il, ne mérite aucune croyance, et peut être assimilé aux fables débitées dans la boutique d'un barbier, ou recueillies parmi le bas peuple. On ignore à quelle époque cet historien a vécu. [Voy. l'olybe, I. 5 et 5.) K.
CHEREAU (François), né a Rlois, en 1680, vint à Paris étudier l'art de la gravure, sous Gérard Audran, et s'appliqua particulièrement au genre du portrait, dans lequel il a parfaitement réussi. Son burin est brillant et moelleux, ses télés sont en général d'un beau travail. Parmi une multitude de portraits intéressants qu'il a gravés, on distingue celui de Pécourt, ceux des cardinaux de Polignacet de Fleury ; son St. Jean, d'après Raphaël, est aussi tort estimé. L'académie de peinture le reçut au nombre de ses membres, et le roi le nomma graveur de son cabinet; mais il ne jouit pas longtemps de ces honneurs, et mourut â Paris, en 1729, agn de 49 ans. — Jaequet Ciureau, son frère, né à Mois en 1694, et mort à Paris en 1759, a gravé aussi de très- beaux portraits, entre autres celui de Féveque de Sencz. Sa Sainte Famille, d'après Raphaël, et son David tenant la téle de Goliath, d'après le Féli, sont estimés. Son goût pour le commerce, auquel il finit par se livrer entièrement, l'cmpécha de multiplier ses productions, et ce fut une perte pour les arts. P — z.
CHRREBERT. Voyez C*niBERT.
CI1EHEFEDDIN. Voyez Chervf-ED-DT.n-Ai.i.
C11ERILE. historien et poèïc grec, de Samos, naquit vers la 75» olympiade. Obligé de quitter sa pairie, il vint à llalicarnassc. et se lia étroitement avec Hérodote. Le roi de Macédoine. Archélafis, faisait de ce |H)6ie Un si grand cas, qu'il lui assigna un revenu de quatre mines par jour. Dans un pointe dont Aristote ( in Wietor.) et Joséphe {in App , I ), nous ont conservé quelques vers, Chérile avait célèbre la victoire remportée par les Grecs sur les troupes deXercès; l'orgueil national en fut si flatté, que les Athéniens firent compter au poète jwnégyriste une pièce d'or pour chacun de ses vers. Il mourut en Macédoine, après avoir écrit un poème *ur la Guerre de Darius dont Slrabon nous a transmis un fragment, et quelques attires ouvrages mentionnés par Suidas. ]| ne faut pas confondre ce Chérile avec un méchant poélc du même nom, qui
vivait sous Alexandre le Grand, c'est-à-dire vers la 4 13' olympiade, et qui suivit ce prince dans ses expéditions, pour les chanter en mauvais vers. Alexandre, quoi qu'en dise Horace (Epïil., 1. 2, 1, v. 252, ttq. ), se dissimulait si |ieu l'extrême médiocrité de son poëtc, « qu'il eût mieux aimé, « disait-il , être le Thersitc d'Homère, que l'Ait chiite de Chérile. » Il lit même avec lui un assez plaisant marché : ce fut de lui faire donner un philIppe pour chacun de ses bons vers, cl un soufllct pour les mauvais. Compte fuit, lorsque l'ouvrage fut achevé, il se trouva que le poète avait reçu en tout T philippcs. Ce n'était pas le mcycn de faire fortune : aussi le pauvre Chérile mourut-il de faim, ou, scion quelques autres, des nombreux soufflets que lui méritèrent ses mauvais vers. — Suidas fait mention d'un troisième Ciiébile, poète tragique d'Athènes, qui fleurit vers la 64* olympiade. 11 avait composé cent cinquante pièces de théàlre, cl reinporté treize Tois le prix. Ce fui lui qui inventa, diton, las masques et le costume théâtral. A— D— n.
CIIEHIN (HF.it.NAnn), né à Ambonville, en Champagne, le 20 janvier 1718, généalogiste et historiographe des ordres de St Lazare, deSt-.Michcl cl du Si- Esprit, commissaire du conseil et censeur rayai, mettait, dans I'cxamcn des titres qu'on lui présentait, une probité si sévère, que l'on disait qu'il était a injuste à foire de justice. » H écrivait à un ministre, en 1776 : « On n'est point généaloa giste [wtur avoir compilé des généalogies dans le « Moréri, ou dans d'autres livres de cette espèce, ci qui soûl malheureusement eu trop grand nombre; a mais quand on a travaillé dix et quinze ans sur « les litres originaux et sous de bous maîtres. » Il se plaignait ensuite du grand nombre de généalogistes eliambrtlanlt qui, depuis quelque temps, s'étaient répandus dans Paris, « gens sans étude, qui a déguisent sous divers titres, et donnent au public « des ouvrages qui depuis longtemps sont en ire ses « mains; qui, pour de l'argent, bercent les particuo liers d'idées chimériques de noblesse ou de gran- « deur, etc. » Chérill mourut à Paris , le 21 mai 17K5. Son fils lui lit élever un monument dans l'église des Augusiins. V— vb.
CHÉRIN (l.oLts-Xicot.AS-IlENni), fils du précédent, né à Paris, en 1762, conseiller de la cour des aides, généalogiste des ordres du roi, commissaire pour l'expéd ition des jugements et autres actes concernant la noblesse, avait publié diverses généalogies, et un bon ouvrage sur la jurisprudence nobiliaire, lorsque, dans les premières années de la révolution, il suivit la carrière des armes. Il était adjudant général à l'armée du Nord en 1795, et il fut nommé général de brigade pour avoir, dit-on, excité les soldais d'un bataillon de l'Yonne à tirer sur Dumoiiricz, qui piit la fuite. Chérin suivit le général Iloche dans les déparlements de l'Ouest, et le général Humbcrt dans l'ex|>édition d'Irlande. Il fut nommé, en 1797, commandant de la garde du directoire; il servit ensuite en qualité dégénérai de division, fut chef de l'état-major de l'armée du Danube, et mourut le II juin 1799, des blessures
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qu'il reçut en Suisse. On a de lui : 4* Généalogie de la maison de Monletquiou-Fe:ensae, Paris, 1784, in-4». L'abbé île Vergés, intendant des archives de l'ordre de St-Lazare, tut part à cet ouvrage. 2* La Noblttte eoniidirir tout tes différents rapports dan$ Ut atsembliet générales el particulières de la nation, Paris, 1788, in-8v 5" Abrégé chronologique d'édilt, déclarations , règlanenlt, arrélt et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait de noblesse, Paris, 1788, in-12. Cesl un code de jurisprudence nobiliaire, extrait principalement du recueil des ordonnances imprimées au Louvre, et des registres de l'armoriai de France ; il est précédé d'un discours sur l'origine de la noblesse, ses différentes espèces, ses droits i-t ses prérogatives, la manière d'en dresser les preuves et les causes de sa décadence. V — ve.
CHÉRISEY (Louis, comte de), d'une famille originaire de Champagne el dont la noblesse remonte au 12* siècle, naquit à Me|z, le 1er juin 1667. Fils d'un capitaine au régiment de Touraine, qui commanda depuis les gardes du corps du duc de Lorraine, il fut tenu sur les fonts baptismaux par le maréchal de camp Louis de Bcauvau et madame de Heppe, veuve de l'ambassadeur de Suéde à la cour de France. Il porta dans ses premières années le titre de baron, et entra au service en 1683. Louis XIV, par ordonnance du 22 janvier 1688, voulant, pour bonnes considérations, entretenir te sieur baron de Chérisey en qualité de lieutenant réformé de cavalerie, lui ordonna de se rendre dans le régiment de Tilladet. Capitaine le 20 août de la même année, mestre de camp le 12 mars 1705, enseigne des gardes du corps le 18 mai 1711, Chérisey fut décoré de la croix de Sl-Louis le lendemain de son arrivée à Versailles. Le 1*r juin 1717, il eut la lieutenance de la compagnie des gardes du corps où il servait ; fut élevé, le 1" janvier 1719, au grade de brigadier de cavalerie, cl reçut, le 20 février 1734, le brevet de maréchal de camp pour se rendre sous les ordres du maréchal de IJerwick, commandant les armées de la Moselle, de la Sarre et du Rhin. Au mois de juin de la même année, il combattait en Allemagne sous les ordres du maréchal d'Asfeld. Nommé gouverneur de Marseille, en remplacement de Villars, Cheriscy fut envoyé presque en même temps sur les frontières des Trois-Évérhés, sous les ordres du maréchal de Bourg, gouverneur d'Alsace. L'année suivante, il rejoignit en Allemagne l'armée du maréchal de Coigny, el fut appelé, le 1" novembre, au poste qu'il avait occupé sous le maréchal de Bourg. Le 1" mars 1738, Louis XV le créa lieutenant général, en récompense de ses vertus, de ta valeur, de ton instruction el de tuut let lalentt que Sa Majesté pouvait désirer dans un officier detliné à commander tet troupes. Il servit, en 1712, à l'armée du maréchal de Noailles, et fut chargé de diriger les bataillons stationnés sur la Meuse. Le 16 mars 1743, il reçut la croix de commandeur deSt-Louis, avec une pension de 3,000 fr. Il se mit peu après à la tête de la maison du roi, pour gagner Franckemlal, signala son courage par 1
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divers faits d'armes, et mérita les éloges de la cour et de toute l'armée, le 27 juin, dans la journée d'Ktlingen : blessé de deux coups de sabre a la tète, il lit voir que l'âge n'avait point glacé son ardeur, et qu'il était encore digne de commander a la troupe la plus brave de l'Kurope. Le roi le décora du eordon rouge, et la reine lui dit, entre autres choses flatteuses, que, si elle se fût trouvée là, elle eût ellemême étanché le sang qui coulait de ses blessures. A peine était- il guéri, qu'il alla commander sur la Sarre, sous les ordres de Coigny, puis, en Flandre, sous le maréchal de Noailles. Retiré à Metz avec une pension de 6,001 livres, il y mourut le 8 février 1730, à l'âge de 83 ans, ayant la satisfaction de laisser deux fils héritiers de sa valeur et de sa gloire : l'un, Louis- Jean-François, marquis de Chérisey, fut maréchal de camp, lieutenant d'une coiiqiagnie de gantes du corps, commanda en chef la garde nationale de Metz, et présida, en 1789, le corps de la noblesse lors de l'élection des députés aux états généraux ; l'autre, Cliarlcs-Paul-Émile, eomte de Chérisey. est mort capitaine de vaisseau. Le marquis de Chérisey eut un (ils, brave militaire, décédé â Chérisey, le 16 septembre 1827, a l'âge de 70 ans. Il était officier supérieur des gardes du corps, lieutenant général, et grand cordon de l'ordre de St- Louis. ~» Ses deux (ils ont suivi la même carrière; l'ainé était colonel d'un des régiments il infanterie de la garde royale, et est maréchal de camp en retraite ; le second, capitaine d'étal-major, a donné sa démission depuis 1b30. R — n.
GUEULER (Pau.) a donné quelques écrits relatifs à l'histoire de bïde, sa ville natale : 1° Encomium urbis Basilees, carminé heroico, Bile, 4577, in- 4». 2" Eccletia et académies Basil. Luctus, hoc est epilaphia seu etegia funèbre* 32 virorun iliustrium el juvenum, qui in urbe tt agro Bas. peste inlerierunl anno 4354, Baie, 1565, in-** de 147 p., livre rare et curieux. On y trouve, entre autres, l'épitaplie d'une Bàloise (Dorothée Werkerin) qui avait survécu à ses onze maris ; elle se termine ainsi :
Hulc totidem versus, fueratquot nnpta marilis, Fecimus, undecimus sed bene lalis erit.
Apla vlro nul h fœmlus, digna mori.
CHERI.ER (Jean-Henri), médecin et botaniste du 17* siècle, était citoyen de Baie, et fil ses études à l'université de celte ville, où il prit le bonnet de docteur. 11 épousa la fille de Jean Bauhin, et se montra digne d'une telle alliance en se livrant a la recherche des plantes, et en aidant son beuu-père daus la composition d'uno histoire générale des plantes. Il en fit paraître l'esquisse six ans après la mort de ce savant. ( Vuy. Jean Baujjin.) La grande histoire ne parut qu'en 1650 el 1651, en 3 vol. info l , après la mort de l'un -et de l'autre, dans la même ville d'Yvcrdun (£6râdunum), par les soins de Graiïemicd de Berne et de Chabiée. 11 s'y trouve plusieurs plantes qui ont été découvertes par Cherler, nommées et décrites par lui pour la première fois; aussi leur a-l-on donné le surnom de
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V.herleri. Telles sont, entre antres, nnc espèce de trèfle et un ononis. Il est difficile de connaître la |>art que Cherler a prise à cet important ouvrage; ce n'est que par quelques mots échappés ça cl là que Ion peut savoir quels sont les articles qu'ils a faits. C'est ainsi que, dans l'histoire de l'orme, il dit que, dans un ouvrage particulier sur les insectes, il sera dit ( par moi Cherler ) la différence qu'il y a entre Icrjmips et le eonops deTliéophraste. Ce passage apprend aussi que Cherler avait entrepris de faire un traité sur les insectes; mais il n'a pas été publié. Cherler avait voyagé dans le midi de la France ; il avait parcouru les environs de Narhonne et de Montpellier, ensuite les Alpes et le mont St- Golhard pour en observer les plantes. Haller consacra a sa mémoire, sous le mira de Cherleria, un genre qu'il forma d'une plante qui tapisse les endroits humides des hautes Alpes ; cette dénomination a été adoptée par Linné et par tous les autres botanistes. D— R— s.
CHÉRON (Anne) Foyes Bbemond (Gabrielle).
CHERON (Charles) graveur, naquit à Lunéville, en 1035. Ses talents dans la gravure lui méritèrent à Rome la charge de premier graveur du pape. Luuis XIV, inlonné de l'habileté de cet artiste, engagea son ambassadeur auprès du saintsiège à déterminer Cberon à passer en France. L'honneur d'avoir mérité l'attention d'un prince qui rassemblait autour de son trône tous les grands hommes de l'Europe attira Chéron à Paris Le roi le chargea du soin de graver toutes les médailles que les Français faisaient frapper à la gloire de leur monarque triomphant , et ce prince lui donna un logement au Louvre avec une pension. Chéron mourut à Paris, le 30 juillet 1699. A — s.
CHERON (Elisabeth-Sophie), naquit à Paris, en 1648, d'un peintre en émail de la ville de Meaux. Celle femme célèbre réunissait à un i minent degré différents genres de talents , dont un seul eût pu lui faire une réputation distinguée. Si elle obtint des succès dans la musique, dans la poésie, elle enleva tous les suffrages par ses travaux et ses gravures. Dés son enfance, elle réussit parfaitement dans le genre du portrait, dont la plus exacte ressemblance était le moindre mérite; par la suite, elle lit beaucoup de tableaux d'histoire qui ne lui firent pas moins d'honneur. Ses ouvrages sont en général d'un dessin très-correct , il'une couleur vraie et vigoureuse ; ses draperies sont jetées avec goût, son pinceau est facile, et ses effets harmonieux. Mademoiselle Chéron a beaucoup dessiné d'après l'antique ; peu de personnes ont réussi comme elle à rendre le caractère et la linesse des pierres gravées. Sa Descente de croix, d'après Zumbo, son Livre de principes à dessiner, en 56 planches, Paris, 1766, in fol. ; et l'imitation de plusieurs cornalines, sous le titre de l'ierres gravéei tirées des principaux cabinets de France, sans date ni indication de lieu, 41 planches iu-fol., sont ses principales gravures. La réunion de tant de talents lui acquit des distinctions bien mélitees; l'académie de peinture l'admit en 1672, sur sou portrait peint par elle-même ; telle de Ricovrati
de Fadotte la reçut en 1699 , sons le nom de h Muse Erato; en tin Louis XIV lui accorda une pension de ftOO livres. Elevée dans le calvinisme par son père, elle se convertit au catholicisme, et lit abjuration. Modeste dans ses habits, très-charitable envers les pauvres, mademoiselle Chéron pratiqua avec exactitude les principales vertus du christianisme. Elle avait épousé , à l'âge de soixante aus, l.ehay, ingénieur du roi ; celte union avec un homme d'un âge à peu près égal au sien n'avait d'autre but que île faire des avantages à un ami pour lequel depuis longtemps elle avait une parfaite estime. On a imprimé de cette femme célèbre un Essai de Psaumes et de Cantiques {en vers), Paris, 1691, in-8% avec figures gravées par son frère; les Cerises renversées, pièce ingénieuse en 3 chants, que J.-B. Rousseau estimait beaucoup, et qui ne fut imprimée qu'en 1717, in H* avec la JJalracliomyomachie d'Homère, en vers français par Doivin. ainsi que la traduction en vers du Cantique d'Uabacue et du Psaume 103, in-4°. Son Oile sur le Jugement dernier est un de ses meilleurs ouvrages en ce genre. Les Cerises renversée ont été traduites en vers latins par Raux. Mademoiselle Cheron avait l'hébreu et le latin. Une dame extrêmement coquette s'étant fait peindre par mademoiselle Chéron , lui demanda cinq copies do son portrait. « Eh! mon Dieu! disait-on, pourquoi « cette emme multiplie-t-cllc tant son portrait ? a Mademoiselle Chéron répondit par ce verset d'Isaïe : Quoniam mulliplicata «uni iniquitales ejus. Elle avait une telle facilité pour saisir les ressemblances, que souvent elle peignait de mémoire des portraits, qui se trouvaient très-exacts; celui de madame Dcshoutiéres nous donne une grande idéo de ses talents. Mademoiselle Chéron est morte à Paris, le 3 septembre 1711, universellement regrettée. P — e.
CHÉRON (Louis), peintre et graveur, frère d' Elisabeth-Sophie, naquit à Paris en 1660 ; lit, avec le secours de sa so?ur, un voyage en Italie, où il étudia les chefs-d'o-uvre de Raphaël et de Jules- Romain; mais s'il approcha du caractère de dessin de ces grands maîtres , il en était fort loin sous le rapport des grâces et même du coloris. Les principaux tableaux que nous avons de lui sont : Hcrodiade tenant la U'te de St. Jean ; le Prophète Agabut devant St. Paul, qu'on voyait à Notre-Dame, et une Visitation qu'il avait faite pour le maître autel des jacobins «le "a me St-Jacques. Les estampes de Chéron sont d'une assez bonne manière, mais elles sont froides et manquent généralement d'effet. Obligé de passer en Angleterre lors de la révocation de lédit de Nantes, il y fut bien accueilli, et mourut i Londres, en 1723. P — e.
CHÉRON (Locis- Claude), né à Paris, le 28 octobre 1758, devait succéder à son père, attaché a l'administration des forêts, et cultivait les lettres sans prétention, lorsqu'en 1790 il fut nommé administrateur du département de Seine-et-Oise. et, en 1791, député à l'assemblée législative, où il manifesta des opinions sages et modérées : il y fut membre du comité des domaines. Emprisonné sous le règne de la terreur, il ne recouvra sa liberté qu'a-
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près le 9 thermidor. Élu membre élu conseil tirs cinq-cents en 4798 , il refusa de remplir ces fonctions, et, dans sa retraite , s'adonna tout entier aux lettres. Il fut, en 1803, nommé préfet du département de la Vienne, et mourut à Poitiers, le 13 octobre 1807. On a de lui : 1» le Voile anonyme, comédie en 2 actes et en vers, Paris, 1785 , in-89 de 59 p. Celte pièce , le début de l'auteur, ne lut pas représentée; elle a trop peu d'action ; mais elle est en général élégamment écrite: nous remarquerons cependant une licence un peu trop forte que Cliéron s'y permit quelquefois, celle de retrancher les i de la seconde personne des verbes , au milieu d'un vers. 2» Co»on d'Utique, tragédie en 5 actes et en vers, imitée d'Addison , ibid., 4789, in 8«. 3« L'Homme à senti me nit , comédie en 5 actes et en vers, ibid., 178*), in 8*. La première représentation eut lieu le
10 mars. En 1801 ( le 21 octobre ), l'auteur reproduisit sa pièce en 5 actes et en vers, sous le titre du Moraliseur, et la fit imprimer la même année sous celui de Vahain et Ftorville ; enfin, en mars 1805,
11 l'avait remise en 5 actes, et la lit jouer sous le titre du Tartufe de mature, qu'elle a définitivement gardé, et sous lequel elle fut réimprimée la même année, in-8', et depuis, Paris, 1817, in-8». C'est une imitation du Ihe School fur scandale de Sliéridan. 4° Conduite du maire de Parie (Pétition) , à for r «ion de ta société des feuillants, 1792, in-8". 5» Réponse à A. -P. Montesquiou sur les furéls nationales, suivie d'un Projet de loi sur l'administration forestière, 1797, in-8*. 6* Une traduction des Leçons de l'enfance par miss Maria Edgrworth, Paris, 480$, 5 vol. in-16, avec le texte en regard. 7* Traduction des Lettres sur tes principes élémentaires d'éducation, par Elis. Hamilton, 4805,2 vol. in-8«. 8» Tom Jones, ou Histoire d'un enfant trouvé, traduite de H. Ficlding, ibid., 4804, 6 vol. in-12. La traduction publiée par Laplace de ce chef-d'œuvre des romans était abrégée; la traduction entière, donnée par Laveaux , avait eu peu de succès; le nouveau travail de Cbéron fut bien accueilli par les gens de goût, et ce n'est que dans sa traduction que les personnes qui ne savent pas l'anglais peuvent lire Tom Jones. Il a laissé en manuscrit une comédie en 5 actes et en vers, et deux comédies en 1 acte, reçues au Théâtre-Français ; une autre comédie en 5 actes et en vers, qu'il était sur le point de présenter ; une tragédie d'Othello, en 5 actes et en vers; une traduction des meilleures odes d'Horace, enfin des poésies lugitives. A. B— t.
CHÉliON (François), frère du précédent, naquit à Paris en 17434. [\eveu de l'abbé Morellet , il reçut de cet académicien , ainsi que son frère , les premières leçons de la bonne littérature. Jeune encore lorsque la révolution commença . il se montra fort opposé a tous les excès et rédigea dans divers ' journaux des articles qui le firent proscrire après la journée du 10 août 4792. Arrêté pendant la teneur, il ne recouvra la liberté qu'après la chute de Robe* pierre. Associé dés lors à toute» les entreprises du pai ti royaliste , il courut de grands dangers aux 2 et 3 prairial an 5 (mai 1795), et plus encore au 13
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vendémiaire an 4, où il fut proscrit nominativement comme président d<: la section du Houle, et forcé do prendre la fuite. Cliéron ne reparut qu'après le triomphe de Bonaparte au 18 brumaire. Il revint alors dans la capitale, et composa, avec Picard, l'excellente comédie de du Haut-Cours. Nommé chef de division au trésor public , il conserva cet emploi jusqu'à, la chute de Napoléon en 1814. A cette époque, il embrassa la cause de la restauration avec ardeur, et fut nommé censeur de la Gazette de France, puis cmplojé dans différentes occasions par le duc do Rlacas , et chargé de la direction du Mercure dtt France, que voulut alors rétablir la liste civile ; mais le retour de Bonaparte, en mars 1813, lit abandonner cette entreprise. Après le second retour de Louis X VIII , Cliéron fut nommé chevalier de la Légion d'honneur, censeur du Constitutionnel, censeur dramatique, et enlin commissaire du roi près le Théâtre-Français. Il mourut subitement à Paris, le IG janvier 18:8, d'une attaque d'apoplexie. Cbéron rédigea plusieurs articles pour les premiers volumes de la Hiographie universelle. Il avait publié : t* Napoléon , ou le Corse dévoilé, ode, 1814, in-8"; 2* Tribut d'un Français, ou quel' ques chansons faites avant et depuis la chute de Bonaparte. 1814, in-8*; 5° sur la Liberté de la presse, 1814, in-8". Il a encore été le collaborateur de Bellin dans la comédie des Deux Espiègles. — Augustin Athanase CtiÉuoN, chanteur de 10jM?ia, qui n'avait de commun avec le précédent que le nom, naquit en 1760, à Evreux, et mourut vers 1850, à Tours, où il s'était retiré avec sa femme. C'était un acteur assez distingué par sa voix et par une belle stature. Il brillait surtout dans les rôles d'Agamcmnon A'OEdipe à Colonne, et du roi Ormus de Tarare. M— oj.
CIIEURIER (Sébastien), chanoine régulier, curé de Neuville et de Pierrelitte au diocèse de Toul, né à Metz, le 11 mai 16:9. a beaucoup travaillé pour l'instruction de l'enfance , et principalement sur la manière de lui apprendre à lire. Voici la liste de ses ouvrages : 1* Méthode familière pour les petites écoles , contenant les devoirs des mailrcs et des mailresses d'école, avec la manière de bien instruire; on y a joint un traité de la prononciation et de l'orthographe française, Toul, 1719, in-12; 2" Méthodes nouvelles pour apprendre à lire aisément et en peu de temps , même par manière de jeu et d'amusement , aussi instructives pour les maîtres que commodes aux pères et mères, et faciles aux enfants, avec les moyens de remédier à plusieurs équivoques et bisarreries de l'orthographe française, Paris, 1755, in-12. Cet ouvrage, qui est sans contredit le meilleur de l'auteur, contient un examen critique des diverses méthodes mécaniques inventées pour apprendre ù lire et à écrire , jusqu'à l'époque où il écrivait lui-même. La même année, il en fit imprimer séparément les alphabets, sous le titre (V Alphabets lattns et français extraits des méthodes nouvelles, in-fol.; enfin l'ouvrage a été reimprimé en entier, avec le titre de Manuel des madrés et mattresses d'école, et Grammaire française tirée des
meilleurs auteur 's, in-12. 3° Histoire H pratique de la clôture des religieuses, selon l'esprit de l'Eglise et la jurisprudence de France, Pari*. 4701, in -12. 4° Equivoques et Bizarreries de l'orthographe française, Paris, 1766, in-12. ouvrage utile, mais qui aurait pu être plus approfondi. — 11 ne faut pas confondre cet auteur avec l'abbé Claude CiiEHRiEH, censeur de la police, mort en juillet 1738, et connu pour être l'auteur du Pulissoniana, ou Recueil de lurlupinades, quolibets, rébus, jeux de mots, etc., Amsterdam, 1722, nouvelle édition, 1725, in-12. Cet ouvrage est un recueil de rébus, de calembours, et non de plaisanteries indécentes ou orduriéres, comme le titre semblerait l'indiquer; cependant l'abbé Cherrier n'y mit pas ton nom, et même , par la suite , il signait ses approbations du nom de Passart. On lui attribue encore l'Homme inconnu, ouïes Equivoques de la langue, dédié à Bûcha Bilboquet, Dijon, 1713, in-12; réimprimé a la suite du Polistoniana. B— G T.
CUEnSlPIlUON , architecte, appelé par divers auteurs anciens, Ctésiphon , Archiphron , Crésiphron, etc., naquit à Gnosse, dans l'Ile de Crète. Il traça le plan et commença la construction du fameux temple d'Epliése , continué après sa mort par son fils Métagènes , après celui-ci , par Oémetrius, surnommé le serviteur de Diane, et par Péonius, ou plutôt Poenius d'Epliése , et mis dans la suite au nombre des sept merveilles du monde. Encouragé par le vœu des peuples ioniens de l'Asie, qui continuèrent tous aux frais de la construction, Chersiphron développa dans le plan la plus grande magnificence. L'édifice formait un parallélogramme d'environ quatre cent vingt-cinq pieds romains de long, sur deux cent vingt de large, ou environ trois cent quatre-vingt-cinq pieds de roi sur deux cents, et, eu nouvelle mesure , cent vingt-cinq mètres sur soixante-cinq, y compris dix marches qui régnaient tout autour. Il offrait un diptère octostyle, c'est-àdire qu'on y voyait deux la.ades opposées l'une à l'autre, présentant toutes deux un frontispice à Imit colonnes. Du double portique, élevé sur les dix marches, entourait la cella ou le corps du temple. Le nombre total îles colonnes s'élevait à cent vingtsept, ce qui, en admettant un double rang de quinze sur la longueur des portiques, peut taire croire qu'on en comptait soixante-seize au dehors de l'édifice, et cinquante et une dans l'intérieur. Celles du dehora avaient soixante pieds romains de haut, ou cinquanlc-qualre pieds et demi de roi ; elles étaient d'un marbre tiré des environs d'Epliése, d'une seule pièce et d'ordre ionique. Chersiphron inventa, pour transporter ces grandes niasses, ainsi que les pierres de l'architrave, des machines décrites par Vitruve, et dont Léon Alberti a fait graver des dessins dans son Traité d'architecture. L'édifice fut élevé sur l'emplacement qu'avait occupé auparavant un temple bâti par Créant et Ephésus . incendié et ensuite restauré ou reconstruit par les Amazones. De la venait apparemment la fausse tradition, conservée par Justin et par Solin. qu'il était l'ouvrage de ces femmes guerrières. Suivant un manuscrit de Pline, qui
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a appartenu au cardinal Ressarion, et que l'on conserve a Venise dans la bibliothèque de M -Marc, ou employa cent vingt ans à le construire; celui auquel Hardouin s'est conformé porte que l'ouvrage ne fut entièrement terminé qu'au bout de deux cent vingt années : ce dernier texte est le plus conforme à l'histoire. Les auteurs anciens ne disent point positivement a quelle époque l'édifice fut commencé, mais nous trouvons dans Dio-éne Laërce et dans Uésychius de Milet, que ce fut Théodore de Samos, architecte et sculpteur, (ils de Hhécus ou de Téleclés, qui conseilla de placer du charbon dans les fondements ; il doit suivre de là qu'on entreprit la bâtisse, et que inconséquent Chersiphron llorissail vers la 20» olympiade, ou, au plus tard, dans la 24* ( 684 ans avant J.-C. ). Crésus, roi de Lydie, qui régna de l'an 53» * l'an 515 avant J.-C, donna une partie des colonnes qui décoraient l'extérieur. Cet édifice fut incendié par Erostratc, la première année de la 106' olympiade, 35tt ans avant notre ère; mais quoique Slrabon semble dire que le feu le détruisit entièrement , et qu'on en éleva un nouveau , il serait facile de prouver par le texte même de cet auteur, et par d'autres considérations, qu'il n'y eut que le toit de consumé. Les Ephésiens se chargèrent seuls do la restauration, qui fut dirigée par l'architecte Dinocraie ou Cheiromocrate, et , vingt-deux ans après , il était déjà rétabli dans son ancienne splendeur. Ainsi ce riche monument, qui , sous les Itomaius, n'avait pas cessé d'exciter une si vive admiration, était toujours l'ouvrage de Chersiphron. Cet artiste composa, de concert avec son fils Mctqgènes, un écrit ou il publia le plan, et où il détermina les proportions de l'ordre ionique. Son écrit subsistait encore au temps de Vitruve. Les Goths incendièrent le temple d'Epliése, sous le règne de Gallien, et il ne fut plus restaure. Les colonnes qui ne furent point enlevées sous les empereurs d'Orient l'ont été dans les temps modernes par les sultans Bujazet et Soliman , qui les oui fait servir a l'ornement de leurs mosquées. Des fragments de marbre rouvrent encore le terrain une lieue à la ronde. On peut consulter, pour l'histoire de ce monument, la dissertation de Gio Poleni , imprimée dans la 2* partie du t. 4" des Mémoires de l'académie de Cortone, et le Voyage en Grèce de Choiseul- Couf. er. (Koy. ce nom.) Ec-Dd.
CHÉHUHIH (le Père), capucin d'Orléans, sous le régue de Louis XIV, sut allier les pratiques austères de sou ordre avec la culture des sciences exactes. Adroit mécanicien et bon géomètre, il s'appliqua principalement a l'optique, et servit utilement cette science en fabricant de bons instruments , en en perfectionnant la construction, et en composant des ouvrages qu'on peut encore consulter avec fruit. Il s'atlaclia surtout à perfectionner et à faire connaître le télescope binocle, imaginé par son confrère le P. llheita. et il présenta au roi, en 4670, un de ces instruments, qui, par la clarté et l'augmentation du champ , avaient un avantage réel sur les lunettes astronomiques dont on se serrait alors , mais que l'usage, devenu général, des télescopes à réOexioo ,
a lait abandonner; il est pourtant vraisemblable que celle invention «'adapterait avantageusement aux lunettes acbroma tiques, f.c P. Chérubin s'était aussi appliqué à perfectionner l'acoustique, et on voit par une de ses lettre» à Toinard, datée du 2T février 1 »;:;;, que , dans une expérience faite en présence d'un des généraux de l'ordre, il fit « entendre très- « distinctement à quatre-vingts pas de distance, et « discerner les voix des particuliers dans une mulli- « lude qui parlaient ensemble, quoique dans le wi- « lieu on ne les put aucunement entendre , car ils «ne parlaient qu à voix basse, et néanmoins on « n'eu perdait pas une syllabe. » Le supérieur de Tordre lui lit déiense de divulguer un pareil secret, qui pouvait devenir dangereux pour la société civile, et contre lequel on n'a aucun moyen de défense , connue on a les rideaux pour se précaulionuec contre les lunettes de longue vue. Le P. Chérubin se conforma scrupuleusement a la défense qui lui fut faite ; il avoua cependant à Toinard que, dans une seule occasion, où il s'agissait de l'intérêt de l'ordre, il avait fait usage «le son mécanisme , qui, quoique volumineux, pouvait se cacher sous le manteau : c'est à l'occasion d'une division qui arriva dans l'ordre , vers 1 6o2, entre les ïveions et les Claudions. ainsi nommés des PP. Claude de Bourges et Yves de Ncvcrs. chefs de chaque parti. Le P. Chérubin, arec son acoustique sous son manteau, découvrit plusieurs secrets des Cluudions lorsqu'ils parlaient ensemble , et son parti, qui était celui des Yvetons (1), s'en servit avantageusement. Le P. Chérubin a publié: 1» la Dioptrique oculaire, ou la théorique, la positive et la mécanique de Coculaire dioptrique en toutes set espèces, P.uis, 1671, in-fol., avec 60 planches et un frontispice; 2» lu Vision parfaite, ou le Concours des deux axes de la vision en un seul point de Cobjet, Paris, 1677, in-tul.; l'année suivante, Il le publia en latin : de Visione perfecta, in-fol.; 3° la Vision parfaite, ou la fus distincte, t. 2, 1681 , in-fol. : c'est une suite de l'ouvrage précédent ; 4° Effets de la force de la conliguilé des corps, par lesquels on répond aux expériences dt la crainte du vuide et à celles de la pesanteur de l'air, Paris, 1679, in-12 de 466 p.; l'auteur parle, dans cet ouvrage, d'une machine télesgraphique avec laquelle il dessinait les objets éloignes, et il s'y plaint du Journal des Savants, qui avait cité avec éloge les microscopes de llooke, qui n'étaient pas si bons que les siens ; 5<> l'Expérience justifiée pour l'élévation des eaux par un nouveau moyen, à telle hauteur et en telle quantité que et soit, Paris, 1681, in-12; 6° Dissertation en laquelle sont résolues quelques difficultés prétendues au sujet de l'invention du binocle, in-12, sans date. U P. Bernard de Bologne cite encore de lui quelques ouvrages sur l'impénéirabilité du verre, sur le télescope et le microscope binocle, sur la nature et la construction du télesco]ic ; enlin sur la machine télesgraphique , espèce de pantographe à dessiner la perspective, tel que celui qu'un jésuite avait décrit en 1651 {voy.
tl) r<>f. la Lettre de l'abbé Haulrtcoffle i U. neurdeUt, sur le mty» 4c pcrftciimm toute, du JO suat lïtw, Pari», 1702, ia-*1».
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Sciieinér ) ; mais ce bibliographe des capucins no donne aucun détail sur les éditions de ces divers ouvrages. C. M. P.
CHÉRUBIN SANDOL1NÏ (le Père), capucin d*TJdine, s'appliqua aux mathématiques et surtout à la gnomonique, et publia sur cette dernière science un ouvrage volumineux sous ce titre singulier : Taulcmma Cherubicum calholicum , univtrsalia ae particularia continens principia sive instrumenta ad horas omnes italicas, bohemicas, §allicas atque babylonicas diurnas atque nocturnas dignoscendas, et ad componendum per universum orbem earum multiformia horologia exquisilistimum, Venise, 15*»8, 4 vol. in-fol., divisés en 12 livres. Ce bon religieux laissa en manuscrit plusieurs autres ouvrages mathématiques. — Le Père Cbèmjbin de HoiUlMK, capucin, se distingua par sou zèle et ses talents dans la mission entreprise pour la conversion des calvinistes du Chablais. ( Voy. François de Sales.) D'un grand nombre de discours et de controverses qu'il avait composés à celle occasion, on n'a imprimé que ses ilefa dispulationis habita eum quodam minislro harelico, cireadiv.euchaiislia sacramenlum, 1595, sans lieu d'imprrssion. Ce pieux missionnaire mourut à Turin, en 1G0G, en odeur de sainteté. C. H. P.
CI1EIUJBINI (Laehzio), né à Norcia , dans le duché de Spolctle en Ombrie, au 10* siècle, conçut le projet de recueillir les constitutions et les bulles des papes, depuis Léon Iw, et commença à publier cette grande collection à Borne, en 1617, sous le litre de Bullarium, ; elle fut continuée par ses fils, réimprimée à Lyon en 1655 et 1675. La dernière édition, qui est aussi la plus estimée, fut donnée a Luxembourg, en 1742 et années suivantes. Elle contient des additions très-considérables. Le Bullarium magnum s'étend jusqu'à Benott XIV, et forme 19 tomes, ordinairement reliés en 12 volumes in-fol. Après avoir joui de l'estime de Sixte V et do sés successeurs , Laêrzio Chérubin! mourut sous le pontificat d'Urbain VIII, vers 16*26. — Angelo- Maria Chèhudi.m, religieux du ftlonl-Cassin, fui le principal collaborateur de son père, et son continuateur après sa mort. Il publia à Rome, en 16'j8. les constitutions d'Urbain VIII. — Flavio Cheuum.ni donna un Compendium du bullaire, Lyon, 1624, 3 tomes en 1 volume in-4\ V— vb.
CHEBUBINI (Marik-Louis-Ciubles-Zam)Bi- Salvatouk), célèbre compositeur, naquit à Florence, le 8 septembre 1760; lui-même a donné celle date , mais dans d'autres notes il a aussi indiqué par erreur le 14 du même mois, jour de son baptême, iclaidé en raison de la faible constitution «lu nouveau-né, qui devait cependant fournir une carrière de quatrevingt-deux ans. Sa mère se nommait Verdiana Bnzzi ; Barthélémy Cherubini, son père, tenait le clavecin au théâtre de la Pergola; il lit commencer l'étude de la musique à son fils dés l'âge de six ans A neuf ans il était en étal d'aborder la composition. Il nous apprend encore lui-même que ses premiers maîtres furent Barthélémy et Alexandre Felici; ces deux professeurs étant morts.il prii des leçons île Pierre Bizarri et de Joseph Caslrucci ; l'un cl l'auU c enseignaient le
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citant el la composition. D'après certains renscignemciils pris à Florence, nous croyons qu'il travailla aussi avec Disma Lgoiini, bien qu'il ne le nomme pas parmi ses maîtres. Le jeune Cherubini monira île bonne heure une application qui fit prendre a ses dispositions naturelles un rapide développement. A l'âge de treize ans, il écrivait sa première messe ; à dix-sepl, il en avait déjà compose deux autres, quatre psaumes, deux lamentations, un Te Drum, un oratorio, deux Intermèdes, une cantate et plusieurs airs ou duos d'église et de théâtre. Vers la lin de {777 ou au commencement de l'année suivante, Léopold 11, ce prince qui a laissé dans la Toscane une réputation si bien méritée de goût, de bienfai- «inre et d'amour pour le peuple a la tète duquel sa naissance l'avait placé, frappé de la haute intelligence musicale du jeune Cberubini, lui accorda une pension pour aller prendre à Bologne des leçons du célèbre Farli, qui tarait alors sa résidence en cette ville. 11 travailla quatre ans sous cet illustre maître, et puisa dans son excellente école cette habitude de goût, de grâce, de correction exigée en ce temps de tout artiste italien qui voulait obtenir quelque renommée. L'excellente habitude «le Sorti, de faire composer |»ar ses élèves ses airs des seconds rôles et de les former ainsi à écrire pour le théâtre, et à obtenir, cachés sous le nom du maître, les applaudissements du public, était aussi utile qu encouregeant". Les partitions composées par Sarti, tic 1778 à 1782, contiennent un assez grand nombre d'uirs appartenant en réalité à Cherubini, qui avait aussi pendant ce temps beaucoup travaillé pour son propre compte. D'abord, grand nombre de morceaux d'église alla Paleslrina, c'est-à-dire à plusieurs voix et sans aceompagnement ; des airs de théâtre, des sonates d'orgue et de clavecin, et enfin, en 1780, le Quinto Fabio, en 3 actes, écrit jwur le théâtre d'Alessandria délia Paglia; l'auteur venait d'accomplir sa dix-neuvième année lorsqu'il fit représenter ce premier opéra; au carnaval de 1782, il donnait à Florence Ârmida, en 5 actes, et trois mois plus tard, Adriano in Siria, pour l'ouverture de la nouvelle salle à Livourne. Cinq autres ouvrages donnés à Florence. » Home, à Venise, à Mantoue. sans parler de quantité d'airs déiaehés, l'occupèrent jusqu'à la /in de 1781, époque à laquelle il quitta l'Italie pour se remire a Londres. Arrivé en cette ville en qualité de compositeur du Théâtre-Italien, Cherubini écrivit quantité d'airs ajoutés aux opéras de Dcmetrio et du Marehete di Tulipano", le plus grand éloge que l'on puisse taire de ces morceaux est de dire que, dans ce dernier ouvrage, les parties intercalées soutinrent sans aucune peine le voisinage des admirables mélodies de Paisiello. Deux opéras, l'un bouffbn, l'autre sérieux, achevèrent de marquer son séjour a Londres, qu'il quitta au mois de juillet 1786, pour se fixer à Paris, où son ami Viotli était établi depuis quelque temps. Présenté à la reine Marie- Antoinette, qui lui témoigna le désir d'entendre fca musique, il reçut bientôt de Marmontcl l'opéra de Démnphon, écrit d'abord pour Vogel, mais constamment retardé par les habitudes intempérantes