‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 19 sur 117 · GUI · texte numérisé non relu

GUI

étendues. Il lut a la société royale des sciences de Montpellier, dont il était membre, doux mémoires : l'un sur C Irritabilité des étamines de certaines plantes, l'autre sur les Mouvements particuliers que présentent les fleurs des chicoracies. C.

CHIERICATO (Jean -Marie), l'un des plus savants théologiens de l'Italie, naquit en 1655 , à Padoue, d'une famille obscure. Après avoir achevé ses cours de philosophie et de jurisprudence, il embrassa l'étal ecclésiastique, et fut pourvu d'un bénéfice qui lui permit de se livrer entièrement à son goût pour l'étude. Ses talents ne lardèrent pas à le faire connaître de son évèquc, George Cornaro, qui le nomma sou secrétaire, et l'honora de toute sa confiance. A la mort de ce prélat, en t663. Chiericato voulut se retirer dans la maison des Philippins à laquelle il s'était fait agréger; mais le nouvel évéque de Padoue, Grégoire Harbarigo [voy. ce nom ) l'obligea de continuer ses fonctions de secrétaire. Élevé depuis à la dignité de vicaire général, Chiericato continua d'administrer le diocèse (tendant vingt ans avec un zèle infatigable. Ayant, en 1693, obtenu la permission de se démettre de cette place, il passa le reste de sa vie dans la retraite, partageant son temps entre l'étude et les exercices de piété. Il mourut à Padoue, le 2! décembre 1717. Le cardinal Orsini, depuis pape sous le nom de DenoltXIll, mais alors archevêque de Benevento, avait une telle estime pour Chiericato qu'il célébra un service magnifique dans sa cathédrale, où >l lui fît élever un monument. Ses principaux ouvrages sont : 1° Dicisiones sacramen laies , 1 vol. in -fol. La meilleure édition est celle de Venise, 1757 2* Discordiœ foreuses. L'édition la plus récente que l'on connaisse est celle de Venise, 1787, 3 vol. in-fol. 3° Eralomata ccclesiastica. 4* Via lactea , sive Instituliones juris canoniei. Cet ouvrage a souvent été réimprimé. Le pape Benoit XIV cite plusieurs fois Chiericato dans ses reuvres ; et les décisions de ce grand théologien sont regardées comme une autorité par les congregalions romaines. On peut consulter pour plus de détails : Memoria délia vita di Chiericato e délie sue opère, par Sberti, Padoue, 1790. W— s.

CHIESA (Gioffhedo, della), secrétaire et conseiller de Louis 1*', marquis de Saluées, naquit en 1394, à Saluces. Envoyé par son maître auprès de Louis, dauphin, il y montra tant d'habileté dans les affaires, que ce prince le retint auprès de lui avec la même qualité de conseiller et de secrétaire. Étant allé par son ordre & la cour du roi, il mourut à Paris en 1453. On a de lui une chronique de sa patrie. — Agoslino Franeesco della Chiesa, naquit à Saluces en 1520. D'abord podestat de Carmagnole et de Saluces, il fut créé par le roi de France vicaire général du comté d'Asti , et enfin collatéral dans le parlement royal établi à Turin. Il rédigea un code Je décisions de ce parlement ; on a aussi de lui un traité de Privilegiis tniliium, traduit du latin en italien par Niccolino, son frère, il mourut à Lyon, en 1572. — Ludovico pELt.A Cihesa , fils d'Agostiuo Franeesco , sénateur et conseiller d'État de Chai Ies-EinmaniK 1 Pr, naquit à Saluces en 1368 On

CHl 137

a de lui : Compendto délie slorie di Piemonte, Turin, 1601, in-4'; ibid., 1008, in-4", ouvrage assez raie, auquel on a réuni un discours sur l'origine cl la nobleue de ta maison de Savoie. 2° Discours sur la sagesse civile ou mondaine. 3° De Vita et Geslis marehionum Saluciensium, Viennensium, Delphinorum et eomitum Provineiœ catalogus, Gencva comités, etc. Turin, 1604, in-4'. 4e Des Commentaires sur la coutume du marquisat de Saluces. 5a Un traité de Privilegiis religionis. Il u fait aussi quelques poésies. — Franeesco Agostino della Chiesa, neveu du précédent, conseiller et historiographe de Victor- A médéc 1", et é< éque de Saluces, naquit dans cette ville en 15D3. Ses ouvrages sont : 1° Catalogo degli scrittori Piemontesi, Savojardi è Nizxardi , Turin, 1614, in-4°, souvent réimprimé; 2* Theatro délie donne letlerate, Mondovi, 1620, in-8*, rare ; 3« une partie de la Vie de Giovenale Ancina, évéque de Saluces; 4° une Description abrégée du Piémont , tirée d'une description complète restée manuscrite ; 5* Corona reale di Savoja, Coui, 1655-57, 2 vol. in-4* ; 6° Fiori di ula{oneria ; 7° une Histoire chronologique des prélats nés dans les États souverains du Piémon. Turin , 1615, in-4°, en latin, — Giovanni Antonio, comte della Chiesa, frère du précédent, naquit à Saluces en 1594. 11 fui successivement podestat de Salures, préfet de Mondovi et du marquisat de Salures, conseiller d'État, sénateur ordinaire et président du sénat de Nice. Il mourut à Saluces, eu 1657 Ses Observations sur la pratique du barreau sont estimées, et elles sont écrites en lalin dans un style beaucoup meilleur que celui de ses contemporains. Durandi a donné, dans les Piemontesi tllustn, la vie des hoiar.ics de lettres de la famille Chiesa. D — be.

CHIKSA ( Silvf.stiie J, peintre génois, né en 1623, élève de Lucien lterzoni, répondit aux soins de son maître par des progrès rapides. U n'avait encore que dix-huit ans, que déjà ses ouvrages trouvaient des admirateurs ; ses portraits lui firent une grande réputation. Cet artiste avait un talent remarquable pour saisir la physionomie des personnes qu'il peignait; il lui suffisait de les voir une seule fois pour retracer fidèlement les traits de leur visage. Souvent il faisait leur portrait de mémoire, et ceux même qu'il n'avait jamais vus étaient tout étonnés de se reconnaître dans des portraits qu'il en avait, dit-on, faits d'après de simples renseignements. Chiesa a laissé quelques grandes compositions qui annoncent tout ce qu'il aurait pu devenir s'il eût vécu assez longtemps pour donner un plus grand essor à son talent. Il mourut à Gènes, en 16S7, âgé seulement de 34 ans. A— s.

CHIÈVRES ( G cilla [me de Croy, seigneui de ), gouverneur et ministre de Cbarles-Quint, d'une maison ancienne, qui tire son nom du village de Croy en Picardie, entra de bonne heure dans la carrière des armes, et se signala par sa valeur sous Charles VIII et Louis XII, rois «le France, a la conquête de Naples et de Milan. Sciant retiré ensuite dans le Hainaut autrichien , l'archiduc Philippe le nomma commandant de celte province, lorsqu'il

438 cm

passa en Espagne en 1500. Peu de temps spres, Chièvres lut fait gouverneur et tuteur du jeune Charles d'Autriche, depuis empereur sous le nom de Charles-Qnint , dont il captiva la confiance et la faveur. Ce prince, à son avènement à la conronne d'Espagne, le nomma son premier ministre. Intimement lié avec le chancelier Salvagc, Chièvres montra beaucoup d'avidité, et vendit toutes les cliarges de la monarchie. Cet indigne trafic indis(>osa 1 les Espagnols contre la cour de Bruxelles. Tous les liésors de l'Amérique et de l'Espagne s'écoulaient en Flandre, entre les mains des ministres de Charles. Chiévres passa en Espagne avec ce monarque en 1517. Ses déprédations, et l'élévation de Guillaume de Croy, son neveu, à l'archevêché de Tolède, achevèrent d'indigner contre lui tous les grands, jaloux de son pouvoir. Ils répandirent parmi le peuple qu'il avait fait passer en Flandre un million d'écus, somme énorme alors, et qui avait été acquise par les moyens les plus injustes. L'esprit de sédition se manifesta a Valladol'ut en 1520. L'intention des mécontents était de massacrer Chièvres , le chancelier Gatinara et tous les étrangers ; mais Charles- Quint s'ouvrit un passage au travers des mutins avec sa garde et sa cour. Chièvres le suivit en Allemagne, lorsque ce prince alla se faire couronner empereur. Il mourut a Wornis en 1521 , à l'âge de 65 ans, empoisonné, dit-on, par ses ennemis. Le duc d'Aaischnt , son neveu , lui succéda peu après dans ses charges et dans la faveur de Charles-Quint. L'historien Yarillas a donné la vie de Chièvres en 1681, . avec plus d'intérêt que d'exactitude , sous ce litre : la Pratique de l'éducation des princes, ou l'Histoire de Guillaume de Croy, etc. B — P.

CII1FFLET (Claloe), professeur en droit à l'université de Dole, né à Besançon en 1541, mort à Dole, le 15 novembre 1580, avec la réputation d'un des plus savants hommes de son siècle. On a de lui : 1° de Substilulionibus;de Portionibus legilimis; de Jure fideieommissorum ; de secundo Capite legis Aquitiœ Disquisitio, Lyon, 1584, in-8". L'éditeur, Jean Morclot ( voy. ce nom), nous apprend que Cl. Chifllet avait laissé un commentaire sur les Institues de Justinien, et qu'il se proposait de le publier ; il n'a pas tenu parole, et cet ouvrage est probablement perdu. Les différents traiiés que nous venons de citer ont été réimprimés plusieurs fois dans les collections des jurisconsultes allemands. 2" De Anliquo Numismate liber posthumus, Louvam, 162H, iu-8": celte dissertation a été réimprimée avec celle de Henri-Thomas Chifflet, Anvers, 1656, in-4°, dans le Nummophylacium Luderianum de Rodolphe Capel- 1ns, Hambourg, 1678, in-fol., et enfin dans le t. I" du Thésaurus novus Ânliquilalum Romanarum de Sallcngrc. 3° De Ammiani Alarceltini Yitaet Libris rerumgestarum; item stalus rsipublicœ romance sub Constanlino magno et filiis, Louvain, 1627, in-8*. Cet ouvrage se trouve ordinairement à la suite du précédent; il a été réimprimé en tétede l'édition d'Ammien Marcellin , donnée jku- Adrien Valois Paris, 1681, in-fol. CL Chifflel avait f ut un grand nombre de remarques sur l'histoire d'Ammicn Marccllin; il

les envoya à Cailler, qui en préparait uno édition ; mais ces remarques ont été perdues ou employées sous un autre nom que celui de leur auteur. Il en avait laissé d'autres fort importantes sur Tacite, Horace , Végèce et d'autres écrivains de l'antiquité , mais on ignore ce qu'elles sont devenues. — Jean Chifflet, frère de Claude, docteur en médecine, et l'un des co-gouverneurs de Besançon , sa patrie , mourut en cette ville, vers 1610, âgé d'environ 60 ans. Jean-Jacques Chifflet, son fils aîné, dont il sera question dans l'article suivant, publia le recueil de ses observations sous ce litre : Singulafes ex mrationibus et eadaverum sectionibus (Jbservationes , Paris, 1612, in-8». Cet ouvrage est rare et curieux. Eloy dit qu'on peut le lire avec fruit, et qu'on est seulement fâché que l'auteur montre trop de confiance dans l'astrologie. Jean Chifflet eut quatre (ils, Jean-Jacques, Laurent, Philippe et Pierre-François. Peu de familles ont mieux mérité des lettres, et ont fourni un aussi grand nombre de savants. Voltaire, l'a remarqué lui-même, en parlant de Jean-Jacques Chifllet, le plus célèbre d'entre eux. W— s.

CHIFFLET (Jean-Jacques ), fils de Jean Chifflet, était né à Besançon, le 21 janvier 1588. Après avoir fait ses études à l'université de Dole , alors célèbre, et où plusieurs de ses ancêtres avaient rempli des places de professeurs, il se rendit à Paris, de là à Montpellier, et ensuite a Padoue, dans lu dessein d'étudier la médecine et de profiter des leçons des habiles maîtres que comptaient ces différentes villes. De retour a Dole, il prit ses degrés eu médecine, et publia quelques observations médicales. Sou goût le portait a l'étude des antiquités; ce fut pour le satisfaire qu'il entreprit un second voyage en Italie. H visita Milan, Florence, Bologne, et séjourna pendant quelque temps à Rome, où il obtint le litre de citoyen. De l'Italie, il passa en Allemagne, visilant partout les cabinets des curieux, les bibliothèques, les monuments, et revint enlin dans sa patrie, précédé par sa réputation. Ses concitoyens s'empressèrent de le nommer aux première* places du gouvernement : chargé par eux d'une mission inqiortanle auprès de la princesse Isabellc-Clairc-Eugénie , gouvernante du comté de Bourgogne et des Pays-Bas , il s'en acquitta avec tant de dextérité et de prudence , que la princesse voulut l'attacher à sa personne , en lui donnant le titre de son premier médecin. Le roi d'Espagne, Philippe IV. l'appela auprès de lui avec le même titre, et le cliargca d'écrire l'histoire de l'ordre de la Toison d'or. De retour dans les Pays-Bas, il y reçut successivement plusieurs commissions qui prouvent l'estime qu'on faisait de sa capacité, et mourut en 1060, âgé de 72 ans. Trois de ses fils, Jules, Jean et Henri-Thomas, se sont distingues par leur savoir et leur érudition. On trouvera les titres de ses ouvrages, au nombre de trente-cinq, dans le tome 25< des Mémoires du P. Niceron. Nous nous contenterons d'indiquer ici les principaux, en nous attachant surtout à ceux que les bibliographes ont mal connus : 1° Vcsunlio, eivitat imperialis, libéra, Sequanorum mctropolu, Lyon, 1618, w-4», fig. Le P. Ki-

Page 1