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ccron , les continuateurs de Moreïl et plusieurs autres critiques en citent une édition revue et augmentée , Lyon , 4650 ; mais nous pouvons assurer que cet ouvrage n'a eu qu'une seule édition, et que les exemplaires avec la date de 1650 ne diffèrent des premiers que par le frontispice. Cette histoire de Besançon est bien écrite, et elle se fait lire avec intérêt ; mais l'auteur, encore jeune lorsqu'il la publia, affecte trop de montrer son érudition ; il admet aussi sans examen des contes populaires et toutes les traditions fabuleuses des légendes. Dunod a relevé un assez grand nombre cl erreurs de Cliifflet, mais il en a laissé subsister plusieurs. 2* De Loco legitimo concilié Eponen*i$ Observalio, Lyon, 4621, in-4". Chifllct place le lieu de ce concile à Nyon, et Chorier à Epona , village du Dauphiné , près de Vienne. D'autres critiques le placent dans le Valais ( voy. iiHIGUET.) 5° De Linleit seputchralibus Christi Crisis historiea, Anvers, 1724, in-4". Cette dissertation, dans laquelle l'auteur veut prouver la vérité «lu saint suaire que Ion conservait a Besançon , a été traduite en français sous le titre tïUiérolonie Uc Jésus-Christ , ou Discours dts saints suaires de Autre Stig*eur, Paris, 1C3I, in-8°. Il est remarquable que Chifllet, qui a écrit en faveur du saint suaire, a publié uu traité contre la sainte ampoule, en latin, Anvers, 4651. 4° Portus lecius Julii Cuesaris demonslratus, Madrid, 1G2G, in-4"- ed. aucta et recensita, Anvers, 4627 , in-4". Cliifflet place le lieu où César s'est embarqué pour passer en Angleterre, à Mardick , petite ville ruinée , dans le diocèse de St-Omer. 5° Le Blason des armoiries des chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, ouvrage très-curieux, divisé en 14 chapitres, en latin cl en français, Anvers, 4632, in-î". Ce n'est que l'essai de l'ouvrage que Cliifflet avait promis sur cet ordre fameux, mais qu'il n'a point achevé. l»° Opéra politica et historiea, Anvers, 1652, 2 vol. in-fol. C'est le recueil de tous les ouvrages qu'il avait publies séparément contre la France , en faveur de l'Espagne et de la maison d'Autriche. Marc-Antoine Doininicy, David Dlondel, Jacques-Alexandre Lcteuneur, répondirent ù Cliifflet. Toutes ces disputes politiques , dans lesquelles se mêlaient souvent la mauvaise foi et l'esprit de parti, n'offrent plus aucun intérêt. 7" Putois febri fugue orbis Americani venlilalus, Anvers, 1CS3, in-8° ; réimprimé la même année , à Paris , in-4». C'est une déclamation contre le quinquina. Foppcns, en indiquant cet ouvrage dans la Bibliolheca Belgica, a mis le mol vindicalu» au lieu de venttiatus, et , en conséquence , il ne balance pas à regarder Chifllet comme un des défenseurs de culte écorce fébrifuge, au lieu qu'il en était un des plus ardents adversaires. Cette première erreur Ta jeté dans plu» sieurs autres encore plus grossières, et, ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'il cite comme autorité, INiceron, qui dit précisément le contraire de tout ce qu'il lui fait dire. 8" Anastasis Çhilderici prtmi, Franeorum régis, site Thésaurus sepulchralis Tornaci Ncrviorum effossu» et commentant) illuslralus, Anvers, 1655, in-4°, ouvrage rare, curieux et l'un des plus recherches de l'auteur. 11 le composa à
l'occasion de la découverte faite en 1653, ù Tournay , du tombeau de Childéric 1". On trouva dans ce tombeau des Buneaux d'un grand prix , des médailles et des abeilles d'or. Cliifflet conjecture que les abeilles étaient les armes de nos rois de la première race, et il emploie, a développer son sentiment , une partie de ce volume , rempli d'ailleurs d'une érudition prodigieuse, mais un peu superflue Ct étrangère au sujet. W— s.
CHlFFLEï (Pieiwe-Fiunçois), frère de Jean- Jacques, né à Besançon eu 1592, entra dans l'ordre des jésuites, professa la philosophie , la langue hébraïque et l'Ecriture sainte dans différents collèges de son ordre. Quelques ouvrages sur des sujets d'érudition l'ayant fait cunuaitre avantageusement, Colbert l'appela à Paris en 1675, ct lui conlia la garde du médailler du roi. Il mourut en cette ville, le 5 octobre 1682, dans sa 00* année. Les principaux ouvrages du P. Chifllet sont : 1° Fulgentii Ferrandi diaconi Carthaginiensis Opéra, cum notis, Dijon , 1649 , in- î4. 2? Scriptorum velerum de fide catholica quinque Opuscula, cum notis, Dijon, 1656, in-4*. 3° Lettre touchant Bèatrix, comtesse de Chdlon , Dijon, 1656, in-4*. Cet ouvrage est rempli de recherches. Les pièces originales ct les chartes que le P. Cliifflet a fuit imprimer à la fin, et qui ne se. trouvent que la , le rendent précieux pour les |»ersonnes qui étudient l'histoire de France du moyen âge. Il a été réimprimé à Lons-le-Saulnicr, en 1800, in-4* , par M. Dclliorme, à vingt-cinq exemplaires seulement , sous la date de 1556. Les exemplaires de l'édition originale sont faciles à distinguer de la réimpression, en ce que dans les premiers on trouve des gravures en cuivre représentant des sceaux ct des armoiries qui manquent dans les autres. 4" De ecclesim S. Slephani Divionensis Antiquilate, Dijon, 1657 , in-8*. 5° S. Bernardi Clarevaltensis abbalis Genus illustre assertum , Dijon, 1660, in-4'. Le P. Cliifflet n'est que l'éditeur de cette dissertation, à laquelle il a joint d'autres pièces ct quelques remarques ; Paul-Ferdinand Cliifflet , bernardin, l'un de ses neveux, en est l'auteur. 6° Paulinus illustrâtes, sive Appendix ad opéra et res geslas S. Puulini, Kolensis episcopi, Dijon, 1662, in-4°. Lcbrun-Des— marelles , à qui l'on doit une excellente édition des œuvres de St. Paulin, Paris, 1685, in-4", faisait cas des remarques du P. Chifllet. 7* Vicloris Vilensiset Vigitii Tupsensis Opéra, Dijon, 1664, in-4*. 8° Histoire de l'abbaye et de la ville de Tournas , Dijon, 1661, in-4*. Cet ouvrage est peu commun et assez estime. L'histoire de la même abbaye par l'abbé Juenin (voy ce nom ) est cependant plus complète. 9* Disserlattones très ; de uno Dionysio ; de Loco et Tempore conversionis Conslantini magni ; de S. Martini Turonensis Temporum Rattone, Paris, 4676, in-8*. La première de ces dissertations est la plus connue , le P. Cliifflet veut y prouver que St. Denis l'areopagite est venu en France. Il la traduisit luimême en français, et la lit imprimer la même année, in- 12. Son opinion n'a point prévalu. 40» Bedm presbyleri et Fredegarii scholastici Concordia ad senioris Dagobcrti dtfinicndam monarchia perio-
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rfutn , Paris, 1681 , in-4». Le P. Chifflet se propose, dans cet ouvrage, de combattre le sentiment d'Adrien de Valois , qui rixe la mort fle Dagobert 1" à l'année 638. Adrien île Valois eut en sa faveur la plupart des savants de son temps. Le P. Chifflet était certainenœnt un homme fort instruit ; mais il manquait de discernement et de critique. W — s.
CHIFFLET ( PnaiPPE), frère de Jean-Jaques, né à Besançon, le 10 mai 1597, lit ses études à l'université de Louvain. Il s'y lia aver le célèbre Henri Dupuis, plus connu stus le nom d'Erycius Puttanut; et, avec le temps, leur amitié s'accrut encore par la conformité de leurs goûts. Philippe Chifflet entra dans l'état ecclésiastique, et fut nommé chanoine de Besançon et grand vicaire de l'archevêque de cette ville. Il jouissait en même temps de plusieurs bénéfices, était prieur de Bellcfontainc, abbé de Balerne, et avait le titre d'aumônier de l'infant , gouverneur des Pays-Bas. Il employa une partie de sa fortune a former une bibliothèque des livres les plus précieux. H mourut vers 1657 , ou, suivant quelques biographes, en 1663, âgé d'environ 60 ans. On de lui : !• Larmes funèbres sur la mm de Philippe 111, roi catholique , ! ou va in , 1621 , in-4», latin et français, en vers. Colletet , dans son recueil d'épigrammes, en adresse une à Philippe Chifflet , au sujet de cet ouvrage. 2" Le Phénix des princes , ou la Vie du pieux Albert mourant , traduit du latin d'André Trévère et d'Erice Pulean (Henri Dupuis). Cette traduction est imprimée dans l'ouvrage intitulé : Pompa funebris Alberii pii, Belgarum prineipis, a Jacob. Franquart imaginibus expressa, Bruxelles, 1623, in-tol. obi. 3» Histoire du siège de Breda, traduite du latin d'Herman Hugon, en français, Anvers, 1631, in-fol. 4» Histoire du ptieuré de Notre- Dame de BellefoiUaine , au comté de Bourgogne, Anvers, 1«3I , in-4». Son ami Henri Dupuis en a donné une traduction latine. 5" Dévotion aux saintes âmes du purgatoire, Anvers, 1635, in 12. 6» Concilii tridentini Canones et Décréta, cum prafalione et notis, Anvers, 1640, in-12 : les notes de Philippe Chifflet sur le coucile de Trente sont lort estimées ; il s'en est fait un grand nombre d'éditions. 7» Imitation de Jésus-Christ traduite en f.ancois, Anvers, 1644, ii! ,s\ fig., traduction qui a eu jusqu'à sept éditions. 9« Thomœ a Kempis de Imitalione libri 4, ex recensione P/i. Chiflletii, Anvers, 1647 ; 2* édition , 1671 , in-12. Cliifflct est un des éditeurs les plus estimés de ce livre. 0° Deux Lettres touchant le véritable auteur de l'Imitation de Jésus-Christ ; elles sont imprimées avec l'avis de Gabriel Naudé sur le factum des l>énédictins, Paris, 4631 , in-8*. Le P. Niceron, et après lui d'autres biographes, ont attribué à Philippe Chifflet VAvis de droit sur la nomination à Carchevéché de Besançon; cet ouvrage est de Jules Chifflet, son neveu, comme nous le disons à son article. Foppens, qui a copié Niceron dans sa Bibliotheca Belgica, ajoute à cette faute celle de ne pas dire dans quelle langue est écrit cet ouvrage, dont il donne le titre en latin. W— s.
CHIFFLET (Laurent), jésuite, troisième frère de Jean- Jacques, naquit à Besançon, en ihOS, H se
trouvait à Dôle pendant le siège de cette ville par le prince de Condé , en 1636. Son zèle et sa piété ingénieuse ne contribuèrent pas peu à soutenir le courage des habitants. Boyvin, qui a écrit l'histoire de ce siège , lui donne les plus grands éloges. Le P. Cliilïlet a composé un grand nombre d'ouvrages ascétiques, en français et en latin, souvent réimprimés dans le 17* siècle, et même, pour la plupart, traduits en espagnol et en italien , mais oubliés aujourd'hui. Il avait fait une étude particulière de la langue française, et il en a composé une grammaire, attribuée par erreur à son frère Pierre-François. Elle Tut imprimée, pour la première fois, par les soins de quelques-uns de ses confrères , sous le titre d'Essai d'une parfaite grammaire de la langue française, a Anvers, en 1639, in-8*. Allemand, dans ses Observât ton^ sur la langue française , dit (pic cette grammaire est au rang des bonnes. L'abbé Desfontaines dit, au contraire, qu'elle est excessivement mauvaise, ce qui est trop sévère; car elle a été utile dans un temps où il n'en existait pas de bonnes , et , si elle a été abandonnée depuis , c'est que nous en avons de meilleures. Laurent Chifflet a eu part à la révision du Dictionnaire de Calepin , en huit langues, dont il y a eu plusieurs éditions en 2 vol. in-fol., mais qui n'est plus d'aucun usage. Il mourut dans le couvent de son ordre, a Anvers , le 9 juillet 1658. W-s.
CHIFFLET (Jci.es). fils aîné de Jean-Jacques, né à Besançon, vers 1610, fut envoyé au collège de Louvain , où il eut pour maitre Henri Dupuis. De retour en Franche-Comté , il se fit recevoir docteur en droit à l'université de Dôle , et quelque temps après il obtint un canonicat à la cathédrale de Besauçon. Philippe IV le nomma, en IGI8, chancelier de l'ordre de la Toison d'or, et , en récompense du zèle qu'il avait montré dans cette place, il lui donna l'abbaye de Balerne , après la mort de son oncle Philippe. Jules Chifflet fut nommé, en 1658, consciller-clcre au parlement de Dôle , et mourut en cette ville, le 8 juillet 1676, âgé de 66 ans. On lui doit : 1» Histoire du bon chevalier Jacques de Lalain, Bruxelles, 1634, in-4°. L'auteur de cette histoire est Geoige Châtelain. Jules Chifflet la fit imprimer sur un manuscrit qui se trouvait dans la bibliothèque de son père, et l'enrichit d'une préface qui contient des particularités curieuses sur Châtelain. 2* Voyage de don Ferdinand , cardinal infant , depuis Madrid à Bruxelles . traduit en français , de l'espagnol de don Diego Haedo y Gallart, Anvers, 1635, in-4°. 5* Audomarum obtessum et liberatum, Anvers, 1640, in-12. C'est une relation du siège de St Orner par les Français, en 1658. 4» Crux Andreana victrix , seu de cruee Burgundica , calilus m .1rien*i obsidione visa, Anvers, 1642, in-12. Chifflet assure, dans cet ouvrage, qu'en 1641, pendant le siège d'Air, on vit dans le ciel une croix de Sl-André ( c'était celle que les ducs de Bourgogne et de Flandre portaient dans leurs armes), placée au-dessus d'une croix française , et que ce miracle releva le courage des assiégés , qui repoussèrent l'ennemi. 5' Traité de la mm'fon de Rw (1644). in-fol. <■" / r* Mnrrptrs rfVion-
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«rur de la maison de Tassis, Anvers, 4645, in-fol. 7° Aula sacra principum Belgii, Anvers, 1650, in-**. C'est l'histoire de la Stc-Cbapelle des ducs de Flandre. 8» Advii de droit sur la nomination de l'archevêché de Besançon, en faveur de Sa Majesté, Dole,
1665, in-4*. 9* Breviariwm ordinis Velteris aura, Anvers , 1652, in-4*, réimprime dans la Jurisprudentia heroica de Chryatin , chancelier de Brabant, Bruxelles , 1668, in-fol. Il ne Tant pas confondre cette histoire de la Toison d'or avec le Blason des chevaliers de cet ordre fameux, donné par J.-J. Chiftlet. ( Voy. Jean-Jacques Chifflet. ) W— s.
CHIFFLET (Jea«), frère de Jule«, clianoine de Tournay, aumônier de l'infant, gouverneur des l'ays-Bas, était ne à Besançon, vers 1612. lia laissé un graud nombre d'ouvrages d'une érudition peu commune. Le P. Niceron, le P. Lelong et les continuateurs de Moréri, disent que Jean Chifflct était avocat; le bibliothécaire des Pays-Bas, Foppens, assure qu'il professa le droit pendant quelques années a l'université de Dole, et qu'il donna sa démission pour entrer dans l'état ecclésiastique ; mais tous ces biographes se sont également trompés. 11 est certain que Jean Chifflct avait pris les ordres fort jeune, puisque, en 1652, il avait été nommé à un canonicat de Besançon. La cour de Rome ayant nommé à la même place un de ses compétiteurs, il lit des réclamations qui ne furent point écoutées ; ce fut alors qu'il se retira en Flandre, où il fut pourvu de plusieurs bénéfices par le gouverneur de cette province. II mourut à Tournay, le 27 novembre
1666, âgé d'environ 52 ans. On a de lui : 1* Apologelica paranesis ad lingvam sanctam , Anvers, 1642, in-8*. 2* Consilium de saeramento eucharisties, ultimo supplicio affSeiendis non denegando, Bruxelles, 1644, in-8». 5» Palmœ cleri anglicani, seu Narrationes brèves eorum qui in Anglia conligerunt circa mortem, Bruxelles, 1645, in-8*. 44 De sacris inseriptionibus, quibus tabella D. Virginis cameracensis illuslratur, Lucubraliuncula, Anvers, 1649, in-4*. 5» Apologetica Dissertalio de juris ulriusque arehitectis, Justiniano, Triboniano, Gratiano et S. Raimondo, Anvers, 1651, in-4» ; réimprimé dans le Thésaurus juris romsni dT.v. rard Otho. 6* Joan. Macarii Abraxas seu apistopistus quœ est antiquaria de gemmis Basilidianis disquisitio,cimmentariis iWustr., Anvers, 1657, in-4». Cette dissertation de Jean Macarius ou l'Heureux, traite des pierres gravées portant le mot Abraxas, par lequel Basilide, hérétique du 2* siècle, désignait le dieu créateur et conservateur. Elle est curieuse, et le commentaire que Chifflct y a joint est estimé. 7* Annulus ponlificius Pio papa II adscrtus, 1658, in-4*. 8* Velus imago Dviparœ, in 'aspide viridi inscripta, Nicephoro Boloniata, Grœcorum imperat., 1661, in-4». 9* Socrates, sive de gemmis, /jus imagine cœlatis, judicium, 1662, in-4». 40° Aqua virgo, fons Romœ celeberrimus et prisca religione sacer, 1662, in-4* ; réimprimé dans le 4* volume du Thésaurus Antiquitat. de Graevius. 1 1° Judicium de fabula Johannœ papissœ, Anvers, 4666, in-4*. Cette petite dissertation assez curieuse a été réim-
primée dans le Nova librorum Conlectio de Groschuffius, Halle, 1*09 , in-8*. — tttnri-Thomas Chifflet, fils de Jean-Jacques, embrassa l'état ecclésiastique comme ses frères, et devint aumônier de la célèbre Christine, reine de Suède. Il s'appliqua à l'étude des antiquités, principalement des médailles, et publia une dissertation en latin, de Othonibus areis, imprimée à Anvers, en 4656, in-4», avec le traité de Claude Chifilet, son grand-oncle, de Antiquo Numismate, et insérée dans le V volume du Thésaurus Antiquitat. roman, de Salle» grc. Il veut prouver, dans cet ouvrage, qu'il n'existe point de véritables médailles d'Olhon en bronze. C'est le sentiment de son pére qu'il défendait (voy. (hno.-s) ; il reconnut dans la suite qu'il s'était trompé, et l'avoua dans une lettre à Ch. Patin, que celui-ci a fait imprimer dans son ouvrage, intitulé : Imperatorum romanorum Numismata, ex œremed. et mtnim. forma) descripta, Strasbourg. 1671, in-fol. Gui-François Cnim.ET, pctit-lils de Claude, obtint un canonicat à l'église de Dole, et la chaire de professeur en droit canon à l'université de cette ville. Il soutint les prétentions de son chapitre contre les archevé<|urs de Besançon, et publia à ce sujet un petit ouvrage écrit avec force : Disstrtatio canonica, ulrum aliquid -iuris competat illuslr. archiepiscopo Bisuntino, circa visilalionemeeciesiœ Dolancs, Dole, 1C52, in- 12. \V— s.
CHIFFLET ( Ëtiewne-Josepii-Frakçois-Xavier), magistrat distingué, de la même famille que les précédents, naquit à Besançon, le 8 décembre 1717. Il aurait bien voulu, à l'exemple de ses ancêtres, se livrer uniquement à l'étude des lettres et de l'antiquité; mais son père le destinait à la magistrature, et il fit céder l'inclination au devoir. Pourvu, dès 1740, d'un office de conseiller au parlement, quoiqu'il n'eût pas encore voix dclil>éralive, il assistait assidûment aux séances de sa compagnie, et sut se concilier l'estime de tous ses confrères. Les preuves de talent et de capacité qu'il donna dans différentes circonstances le firent promptement connaître, et, lors de la création de l'académie de Besançon, en 1752, il en fut nommé l'un des premiers membres. En 1755, il acquit un oflice de président à mortier; et la même année il rédigea, sur un plan ti és -propre à faciliter les recherches, le catalogue de sa bibliothèque, qu'il fit précéder de notices sur les écrivains de sa famille, avec l'indication de leurs ouvrages imprimés ou manuscrits |1). Persuadé que la résistance au gouvernement doit avoir des bornes, et qu'après avoir employé la voie des remontrances il ne reste qu'à se soumettre aux ordres de l'autorité, le président Chifflct fut du nombre des parlementaires qui crurent devoir, en 1760, consentir à l'enregistrement des nouveaux impôts. Les pamphlets, dans lesquels on le représenta lui et ses collègues comme vendus à la cour, ne lui firent point abandonner la ligne de modération qu'il s'était tracée; et il eut le courage d'y persister en bravant la
(!) Ce uulo(W, trand in-fol., fait aujourd'hui partie des «uo*>
«mu de la biMiolneqne de Besançon.
liaine populaire, moins redoutable alors, il est vrai, l qu'elle ne Test devenue depuis. Cette conduite lixa J sur lin les yeux du ministère ; et, lors de la réorganisation des cours de justice, en 1771 , il fut nom» më premier préaident du parlement de Besançon. Dans celle place, il adoucit autant qu'il le put le sort de ses anciens confrères exilés, et s'employa même près du clumcelier Maupeou pour leur faire obtenir des grâces. ( Voy. le Journal historique, t. 3, p. 519.) Le peu de goiit qu'il avait pour l'opposition ne l'empêcha pas de défendre avec fermeté les privilèges de sa province contre les empiétements du ministère, et il refusa l'enregistrement des édils sur les nouveaux droits d'aides et sur le papier timbré. L'ancien parlement ayant été rappelé, le 28 mars 1775, il dut alwndonncr la place à son prédécesseur, de Grosbois; mais telle était l'estime dont il jouissait qu'il lut presque aussitôt nommé premier président du parlement de Metz. Il se montra dans ce nouveau poste ce qu'il avait toujours été, magistrat intègre et laborieux, et continua de mériter l'estime générale. Chaque année, il venait se délasser de ses travaux dans sa terre d'Esbarres, prés de St-Jeande-Lône. Il y mourut d'une lièvre épidémique, le 20 septembre 1782. On a de lui, dans les recueils de l'académie de Besançon, les ouvrages suivants encore inédit9 : 1° Dissertation sur l'origine du nom de Franche-Comté. L'auteur cherche à prouver que cette province fut nommée franche parce que ses souverains, depuis Olhon-Guillaumc, se sont maintenus indépendants de la France et même de l'Empire germanique. Celte opinion, soutenue avant lui par l'ellisson cl d'autres auteurs, est contestée. 2* Lwamen d'une Dissertation de Dros sur le douaire des femmes nobles en Franche -Comté. 2° Note sur un aqueduc romain. Cet aqueduc, découvert en 1766, dans la maison même du président Cliifflet, paraît une dérivation du canal d'Arcier. ( Voy. Jaquot. ) 49 Observations sur les lois des Bourguignons. Après avoir établi que Gondebaud est le véritable auteur du code bourguignon, et que Sigismoml, dont le nom se trouve dans quelques manuscrits, n'a fait qu'en ordonner une nouvelle
puhlic.it , l'auteur montre le rapport de ces lois
avec celles des Germains, et même avec plusieurs dispositions des lois romaines. \V — s.
CHIFFLET ( Maiue- Bénigne- FEnnÉOL-XAvier), membre de la chambre des députés et pair de France, était fils du précédent, et naquit à Besançon, le 21 février 1766. Il n'avait pas encore achevé ses études, lorsqu'il cul le malheur de perdre son père ; mais les derniers conseils qu'il en reçut restèrent gravés dans sa mémoire et devinrent la règle de sa conduite. Admis, en 1786, conseiller au parlement, sa gravite naturelle et son jugement précoce lui acquirent bientôt l'estime des membres les plus distingués de sa compagnie. La révolution l'ayant forcé de s'expatrier, en 1791, il alla d'abord chercher un asile dans les Pays-Bas, ou le souvenir ds ses ancêtres devait lui procurer, avec un bienveillant accueil, des moyens de continuer ses recherches sur divers points de jurisprudence. Mais,
jaloux de donner des preuves do son dévouement, il renonça sans peine a celle vie paisible pour rejoindre l'armée des princes sur les bords du l\hiu ; et, quoique valétudinaire et même estropié d un bras, il lit la campagne de 1792 comme cavalier noble. Dispensé du service militaire, il revint à ses goûts studieux et visita successivement les principales universités d'Allemague, pour se perfectionner dans le droit public par la fréquentation des plus célèbres professeurs. Dés qu'il lui fut permis de rentrer en France, il se hâta de revenir 4 Besançon ; et, ayant eu le bonheur de recouvrer quelques débris de sa fortune, il les partagea généreusement avec scsso?urs, qu'il avait soutenues par son travail pendant l'émigration. Les souvenirs honorables qu'il avait laissés comme magistrat lu firent, à la réorganisation des tribunaux, en 1811, nommer conseiller à la cour impériale de Besançon, cl il en était président de chambre en 1814. A la restauration, son attachement invariable à la famille des Bourbons le plaça naturellement à la tète des royalistes de Franche-Comté. Envoyé pur le département du Doubs a la chambre de 1815, il y arriva précédé d'une réputation qu'il devait moins a la supériorité de ses talents, comme jurisconsulte ou comme orateur, qu'à la fermeté connue de son caractère cl à son antipathie pour la révolution. Co n'était lias qu'il ne sciilit la nécessité de plusieuis réformes et qu'il n'approuvai même une partie de celles que la révolution avait opérées ; mais, dans son opinion, c'était au roi seul qu'il appartenait d« les provoquer et de les sanctionner ; et c'était du roi qu'il attendait toutes les améliorations compatibles avec la dignité du trône et l'affermissement de U dynastie. Sa conduite à la chambre, si souvent attaquée par les journaux, fut la conséquence de ses principes. Il y prit place à l'extrême droite où siégeaient les royalistes les plus dévoués. Encore effraye de la facilité que Bonaparte, échappé de TU* d'Elbe avec une poignée de soldats, avait eue a ressaisir le pouvoir, il crut que les mesures les plus rigoureuses étaient nécessaires pour garantir le trône de nouveaux périls; et, quoique d'un caractère plein d'indulgence, il provoqua contre les hommes qui tenteraient de troubler l'ordre des peines plus forte que celles que le gouvernement avait jugées suffisantes (1 ). Après avoir fuit adopter divers amendements au projet de loi sur les cris séditieux, il prit part à la discussion sur la loi d'amnistie, et s'attacha, dans un discours imprimé par ordre de la chambre, à justifier la nécessité de bannir les régicides ; et non, comme le dirent les journaux du temps, de prononcer la conliscation des biens des condamnés, puisqu'il remercie le roi de l'avoir abolie par l'article 66 de la charte, mais de prélever
(4 ] Par exemple, il demanda en mimie serret l'expulsion cl l'inrercéraiiou du rédacteur de» séances pour le Jotinal generil de Frétée.
qui s'cijii exprimé librement sur plusieurs profilions de* membre* de la nujur.i'' ; PUIS le président LaM déclara «y* lui seul appartenait la police de U chambre sel, «salure I iasiiUnrc detbilBct, sa proposition a'eut pas de suiie. l>— »-n-
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sur leur fortune les sommes nécessaires pour indemniser l'État des dommages occasionnes par leur révolte. Ou sent assez que de pareilles mesures n'étaient et ne pouvaient être que comminatoires. Il fit, le 13 jan' ;er 1816, un rapport sur la proposition de Castclbajac, qui demandait que le clergé fût autorisé pendant vingt ans à recevoir des dotations en londs de terre, et conclut à son adoption. Le 1rr mars, il parla dans la discussion sur le nouveau projet de loi électorale, et vota pour les élections par cantons. Le 28 avril, il appuya la proposition de rendre au clergé ses biens non veiu'ui, en exceptant ceux qui auraient été légalement cédés à des établissements publics ; et, quelques jours après, il se joignit à de Donald pour demander l'abolition de la loi du divorce. L'ordonnance du 5 septembre ayant prononcé la dissolution de la cbainbre, il en fût écarté |wr l'influence du ministère et n'y rentra qu'en 1820 (I). Sa nomination a l'une des places de vice- président est une preuve que son absence ne lui avait rien fait perdre de l'attacbemcnt de ses collègues. Le 7 mai 1821, il vota pour la modification proposée à l'article 331 du code d'instruction criminelle, comme offrant plus de garanties à l'accusé. •Le 12, en appuyant la proposition d'augmenter les pensions ecclésiastiques, il témoigna la peine qu'il éprouvait de voir « le clergé toujours dans un état « précaire, et dépendant ebaque année d'un budget « pour ses premiers besoins, » Dans la même session, il appuya le projet présenté par le gouvernement pour accélérer l'achèvement des canaux de navigation, et s'attaclia dans son discours à faire ressortir l'imp< -lance du canal destiné à joindre le Rhône au Rhin. ( Voy. Dertiund. ) Une ordonnance du 21 novembre le nomma président de la cour royale de Desançon, en remplacement de Dumontct de la Terrade (Voy. ce nom). J.n 1822, nommé rapporteur du projet de loi pour la répression des délits de la presse, il conclut en demandant l'adoption de tous les amendements introduits par la commission. Toutefois, dans le résumé de la discussion, il consentit à retrancher relui qui avait pour but de faire punir d)unc peine plus forte les outrages à la religion de l'État que ceux qui seraient dirigés contre un autre culte chrétien; et lorsque le projet reparut, amendé par la chambre des irairs, il proposa d'adopter le rétablissement du mot comdluiionnel, que la commission avait retranché de l'article relatil aux outrages à l'autorité du roi. Réélu pour la troisième fois en 1821, il fut continué dans la place de vire-président. Le 7 juillet, dans la discussion du budget, il émit le vœu que le gouvernement réduisit le nombre des cours rovalcs et des tribunaux, en augmentant celui des juges de première instance. Le 14 février 1825, il demanda le renvoi au bureau des renseignements d'une pétition de Rogeri de Beaufort, tendant au rétablissement de la loi sur les Udéicommis. « Les membres
(t) La Gtlerie IMwtffM rf>» contemporain* le fait membre dr b Chambfr An ik-jiulM de ISI7-U ; un», ajoute \« r^atleur, il n y j-miii pis de la mewe faveur que dans ccl!e de 1815-10.
« de la gauche, dit-il, ne s'y opposeront pas, puîs- « que leurs chefs, en recevant des titres, ont accepté o la faculté d'établir des majorais ; ils sont trop parti tisans de l' égalité pour refuser aux personnes non « titrées la possibilité de soutenir leurs familles. » Il parla plusieurs lois dans la discussion de la loi sur l'indemnité, et lit décider que l'héritier serait admis à réclamer I indemnité sans qu'on prtt lui opposer une incapacité résultant des lois révolutionnaires. Le 5 avril, il fil son rapport sur la loi du sacrilège et conclut à son adoption. Il ne parul que rarement à la tribune dans la session suivante (1826) ; cependant il appuya vivement la proposition de Salal>crr de poursuivre le rédacteur du Journal du Commerce pour deux articles injurieux à la chambre ; et il prit part à la discussion que rendit nécessaire l'obligation de régler les formes que suivrait la chambre, lorsqu'elle serait constituée en cour de justice. A l'ouverture de la session de 1827, il l'cra- I»oi ta sur de la Dourdonnayc pour une des places de candidat à la présidence. Membre de la commission chargée de l'examen du projet du code forestier, il prit une grande part à la discussion et réussit a faire adopter plusieurs amendements dans l'intérêt des communes et des propriétaires des bois de sapin. Le 3 novembre, le roi le nomma pair, et peu do temps après vicomte. Admis dans la chambre haute le 3 juillet .828, il fit un rapport sur les pétitions; et le 9 il fut nommé l'un des commissaires chargés de l'examen du projet sur l'interprétation des lois. En 1829, le 14 mars, il prit part à la discussion du projet sur la répression du duel ; le 4 avril, il fit partie de la commission pour l'examen de la loi sur la contrainte |wr corjis, et, dans la discussion, il se prononça pour le maintien de la contrainte envers les tireurs de lettres de change. Le 23 mai, il fit renvoyer au ministère des finances la pétition des communes dn département du Doubs, qui se plaignaient de la surcharge énorme d'impôts qu'elles étaient forcées de payer pour la conservation de leurs Irais, en vertu du nouveau code forestier. Enfin, le 6 juin, il fut désigné commissaire pour l'examen de la loi sur la police du roulage. Privé de la pairie par la révolution de 1830, il se démit des fonctions de premier président de la cour royale de Besançon, et se retira dans une terre à Montmirey, prés de Dôle, où il passa ses dernières années, uniquement occupé des soins qu'il devait à sa famille. L'isolement dans lequel il vivait lui fit éprouver le regret d'avoir pour les débats de la politique, abandonne l'étude qui lui avait procuré tant de consolations dans l'exil. Le rédacteur de cet article l'a entendu, peu de semaines avant sa mort, se reprocher de ne s'être pas, à sa rentrée en France, occupé de refaire sa bibliothèque et de reformer les collections d'antiques et de médailles que la révolution lui avait enlevées. Xavier Cliifflet mourut à Montmirey, le 13 septembre 1833. \V— s.
CH1GI (Fabio), pape. Voyez Alexandhe VII.
CIIILDEDERT l", troisième fils de Clovis, le second né de son mariage avecClotidt, cul en partage le royaume de Paris, et commença son règne en 511 .
D'arcord avec ses frères, il déclara la guerre à Sîrîsniond, roi îles Bourguignons, assiégea Autunen 552, fit |Hîiir Sigismond, avec sa femme et ses enfants, et renferma à jamais Gondomar, qui s'était porté successeur de Sigismond. Ainsi se fondit entièrement dans l'empire français le royaume de Bourgogne, qui avait dure plus d'un siècle. Childebert consentit à l'assassinat de ses neveux, (ils de Clodomir, auxquels appartenait de droit le royaume d'Orléans, et le partagea avec Clotaire. Thcodebert, aussi leur neveu, puisqu'il était fils de Tliierri, roi d' Australie, apprit, par cet exemple, ce qu'il devait attendre de ses oncles; mais comme il était brave, et déjà en âge de détendre ses États, il lit alliance, tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, suivant ses intérêts, et sans leur accorder aucune conliance. Il s'unit avec Childebert pour accabler Clotaire; les deux armées étaient en présence, lorsqu'un orage qui vinlfoudre sur le camp de Childebert fît une telle impression sur l'âme des combattants, qu'ils eurent horreur de se porteries uns contre les autres; ils conclurent la paix, et marchèrent aussitôt contre l'Espagne. Après avoir pris Pampelunc, ils tirent le siège de Sarragosse, qu'ils furent obligés de lever, après avoir |>crdu une grande partie de leur armée. Childebert rapporta de cette expédition l'élole de St. Vincent, en l'honneur de qui il fit bâtir une église, à laquelle on a donné depuis le nom de St-Germain-dtt-Prts. (Voy. Isuard.) Childebert, crovant de nouveau avoir à se plaindre de Clotaire. seconda la révolte de Chramne, (ils chéri de ce dernier; et. peu de temps après, il entra dans la Champagne rémoise, qu'il pilla entièrement. Il mourut peu de temps après à Paris, en 558, ne laissant que des filles, ce qui rendit Clotaire seul roi des Francs; car la famille royaled'Austrasie se trouvait éteinte à cette époque. C'est le premier exemple de la coutume française qui refuse aux femmes tous droits à la couronne, coutume qui ne fut jamais rédigée en loi, et qui n'avait pas besoin de l'être, parce qu'elle tirait saforce des m<mrs d'une nation guerrière, qui, ne voyant dans son roi que le chef des hommes armés, ne supposait pas que des soldats pussent marcher sous la conduite d'une femme. Mal* gré son ambition et sa cruauté, Childebert a été loué, parce qu'il fut charitable envers les pauvres, et rempli de zèle pour la religion ; ce qui prouve que, si le christianisme n'avait point changé subitement le caractère des Francs, il l'adoucissait peu à peu, en leur inspirant de salutaires remords pour îles actions qu'ils étaient loin de regarder comme des crimes avant d'avoir été convertis. Il ne faut pas, comme l'ont fait des écrivains légers, demander compte a la religion catholique des cruautés des rois de la première race, mais admirer l'empire que la morale chrétienne parvint a acquérir sur des barbares, qui, ne connaissant d'autre vertu que le courage, se voyaient toujours suffisamment justifiés par le succès. Il fut enterré dans l'église de St- Vincent. Ce fut sous le régne de Childebert que Pépin déclara la guerre aux Frisons et les contraignit d'embrasser la religion chrétienne. F — k.
CHILDEBEUT II, toi d" Australie , fils de Sigc-
bert et de la reine Brunchaut, succéda à son père en 575, n'étant âgé que de cinq ans. A pie- l'assassinat de Sigcbert, Brunehaut et le jeune Childebert furent arrêtés par ordre de Frédégonde, l'ennemie mortelle de leur famille; mais un seigneur austrasien ayant eu l'adresse de tirer le jeune princede sa prison, le mena en Auslrasie, où les grands l'élevèrent sur le troue, et renversèrent ainsi les projets formés par Chilpéi'ic I*r et son épouse Frédégonde, pour unir ce royaume à leur couronne. Pendant la captivité de Brunchaut, les seigneurs auslrasiens exercèrent la régence, et s'accoutumèrent si bien au pouvoir, qu'a l'époque où célte reine obtint la liberté de venir joindre son fils, elle fut réduite a essayer de reprendre par des intrigues une autorité qu'elle I croyait devoir lui appartenir, comme mère du roi mineur. Childebert II, en âge de gouverner par luiniëinc, montra d'abord beaucoup de déférence pour les conseils de Brunehaut ; elle perdit peu a peu son crédit pour n'avoir pas su le ménager, et l'histoire l'accuse d'avoir Tait empoisonner son fils, afin de régner seule sous le nom de ses petits-fils ; crime qui n'a jamais été prouvé, quoiqu itsoil incontestableque Childebert II périt par le poison, en 596, à l'âge de 2(> ans; mais Frédégonde avait, à la mort de ce prince, un intérêt bien plus grand que celui qu'on [nul attribuer à Brttncbaut. Eu effet, par le testament de son oncle Contran, il avait réuni à i'Auslrasic les royaumes d'Orléans, de Bourgogne, et une partie de celui de Paris, tandis que Clotaire H, fils de Frédégonde, et, comme Childebert, neveu de Gontran, se trouvait réduit au royaume deSoissons. F.a avançant les jours de Childebert, Frédégonde pouvait tout espérer d'une minorité d'autant plus orageuse, qn'ello n'ignorait pas la haine que les seigneurs austrasiens portaient à Brunehaut, cl l'événement prouva combien cette prévoyance abominable était fondée, puisque le fils de Frédégond>: parvint à anéantir la branche royale d'Austrasic, et se trouva seul maître de la France. Childebert II lit la guerre à ses oncles, et porta ses armes en Italie. Celte expédition n'eut point de résultais avantageux, non qu'il manquât de courage, mais parce qu'on ignorait alors le moyen de faire vivre une armée dans les pays lointains, et qu'il fallait penser à la retraite toute les fuis que la conquête n'était pas assez générale pour procurer un établissement. La mort de ce roi eut une grande influence sur les destinées de la monarchie française ; car tous les princes entre lesquels le royaume resta partage après lui étaient mineurs, et les maires du palais purent donner carrière à leur ambition, et commencer à rendre leur autorité rivale de l'autorité souveraine. F — e.
CHILDEBEUT III, fils de Tliierri 1", frère de Clovis III, luisuccéda dans le royaume de France, eu 695, n'étant ftgé que de douze ans : c'est le troisième rot sous lequel Pcpin le Gros exerça la puissance. Non-seulement Childebert n'eut aucune autorité dans les conseils, aucune action directe sur ses sujets, mais Pcpin profita de sa jeunesse cl de la retraita dans laquelle il l'avait tenu jusqu'alors, pour le dépouiller de ce cortège pompeux qui frappe l'inwgi-